And Then There Were Three [Nounours, Godiche et Potiche ♥ ]



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Ven 24 Mar - 12:37


27 Décembre 2015

Planté devant l'entrée, Logan observait les tâches de sang sur le parquet, toujours plongé dans le même silence abattu qui était devenu son quotidien depuis de longues semaines. Quelque part dans son dos, dans l'une des pièces composant l'appartement, il entendait les déplacements discrets de Juliet. Il ne savait même pas vraiment ce qu'elle comptait récupérer ici, comment elle parvenait à se tenir debout au milieu de toutes ces choses sans se sentir défaillir de nouveau, mais avait insisté quand même pour venir avec elle. C'était à peine la cinquième fois qu'il passait la porte de l'appartement de son ex et pourtant, tout lui semblait beaucoup trop familier. Les photos dans les cadres, les jouets oubliés, les vêtements pourrissants dans les coins. Toute une vie laissée à l'abandon depuis plus d'un an. C'était déjà un spectacle d'une effroyable tristesse en soi, mais que cette vie soit celle de sa famille rendait le tout encore plus douloureux. Il y avait un peu de chacun d'entre eux, ici. Beaucoup de Juliet, trop d'Eulalie... Le sang d'Isha sur le parquet, qu'il avait fait couler lui-même en revenant ici avec le gamin quelques mois plus tôt, lorsqu'il avait découvert ce qu'était devenu celui qu'il avait appris à aimer comme un fils et qu'il avait été obligé de le frapper pour s'assurer que jamais Bruce ne douterait de la fidélité de sa nouvelle recrue. Le mégot de sa propre cigarette, écrasé sur un morceau d'assiette sur la table basse.

Doucement, l'homme prenait un peu plus confiance et osa faire quelques pas dans le salon, poser les yeux sur les objets qui lui rappelaient tous violemment l'échec cuisant de son existence. La culpabilité et la douleur étaient encore là, elles refusaient de le lâcher, de le laisser respirer, mais il apprenait à vivre avec. À se faire à l'idée que jusqu'à la fin, désormais, il sentirait ce poids sur son cœur et même à se convaincre qu'il l'avait bien mérité. Il continua d'avancer, de visiter les pièces sur sa route, prit le temps de décrocher un dessin d'Eulalie épinglé sur le frigo pour le plier soigneusement et le ranger dans sa poche, en se faisant la réflexion que leur fille avait hérité du talent de sa mère et que comme pour elle, il n'aurait jamais la chance de s'exprimer vraiment.

Et finalement, ses pas le menèrent vers le couloir qui allait jusqu'aux chambres, la partie de l'appartement qu'il connaissait sans doute le moins. Mais pas besoin de connaître cet endroit comme sa poche pour savoir tout de suite quelle porte était celle de la chambre de la fillette. Juliet se tenait dans l'encadrement, à regarder à l'intérieur sans y entrer vraiment. Trop dur, sans doute. Un mois tout juste venait de s'écouler. C'était trop tôt, Logan l'avait su dès qu'elle lui avait parlé de son intention. Mais il n'avait pas eu la force de le lui refuser, il n'avait plus la force de faire grand chose, à vrai dire. Le plancher craquait sous ses pas quand il s'approcha de la jeune femme et, toujours en silence, il s'arrêta derrière elle pour poser une main sur son épaule, la presser légèrement. Ses yeux se perdirent à leur tour dans la contemplation de la chambre. Tout avait été renversé, probablement par des pillards ou des survivants passant par là dans l'espoir de trouver quelque chose d'utile ou juste un endroit où passer la nuit. Combien de maisons, de chambres d'enfants avait-il lui-même retournées lors de ses explorations ? Pourtant, tout à coup, cette idée le mettait hors de lui. Comment ces gens osaient-ils se servir comme ça dans la vie des autres ? Ça n'avait plus d'importance, malheureusement et il était bien trop tard pour y faire quelque chose, alors Logan se força à serrer les dents et à envoyer valser sa colère pour se concentrer sur la jeune femme près de lui.

« Tu veux que j’aille chercher quelque chose pour toi ? » demanda-t-il doucement, en posant les yeux sur elle. Il ne se sentait probablement pas beaucoup plus le courage qu'elle d'entrer vraiment dans la chambre, mais c'était tout lui : toujours prêt à prendre sur lui pour rendre service. Et plus encore s'il pouvait réduire un tout petit peu la peine de Juliet, si tant est que ce soit possible. Il n'aurait jamais du accepter de la laisser venir maintenant. « On peut aussi rentrer si tu... » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un bruit sourd vint perturber le silence pesant qui les entourait. Précipitamment, il détourna les yeux pour regarder dans le couloir. C'était trop étouffé pour venir de l'entrée, mais plus probablement de l'étage d'en dessous. La galerie ? Au moins, ça réglait la question de savoir s'ils entraient dans la chambre maintenant ou pas. Retrouvant son calme et sa maîtrise, Logan s'éloigna de la jeune femme et sortit son arme, prêt à affronter ce qui menaçait leurs vies. « Reste derrière-moi. » lâcha-t-il à l'adresse de Juliet en remontant le couloir à grandes enjambées. Il avait abandonné depuis longtemps l'idée que quelqu'un accepte de rester sans rien faire pendant qu'il prenait les choses en mains, mais si au moins elle acceptait de ne pas se mettre en danger pour rien, tout ne serait pas perdu.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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We have ashes, fire and hope
Sam 25 Mar - 12:27

Elle avait pris sa décision sur un coup de tête, il n’y avait pas d’autres mots. Au milieu d’une de ses nombreuses nuits d’insomnie, tandis que Kelly dormait tranquillement à côté d’elle, la décision avait semblé s’imposer d’elle-même. Il fallait qu’elle retourne chez elle, dans l’appartement où elle vivait avec sa fille, il fallait qu’elle piétine de nouveau les couloirs de sa galerie, qu’elle détaille les tableaux qu’elle connaissait pourtant déjà par cœur. L’idée avait germé dans son esprit quelques jours plus tôt, et depuis, elle tournait lentement, mais sûrement, à l’obsession. Il fallait qu’elle y aille, c’était en train de devenir comme un besoin vital. Il le fallait, point. Fin de la discussion. Cette nuit-là, Juliet avait fini par se recoucher sagement, les yeux brillant désormais d’une conviction qui ne faillirait pas. Pas même lorsque le lendemain, elle irait affronter Logan, et lui exposer son envie, qui elle le savait, ne lui plairait pas. Elle savait qu’elle se heurterait à son refus, et qu’il lui faudrait démontrer force arguments pour remporter la partie. Et pourtant, ce fut moins pénible qu’elle le pensait. Oh certes, il ne fut pas particulièrement emballé par l’idée, mais il semblait las, si las, que Juliet n’eût pas à insister longtemps. Il voulait simplement faire partie du voyage, mais ça aussi, elle s’en était doutée.

C’était comme ça qu’ils s’étaient retrouvés à errer comme deux âmes en peine dans les rues de Détroit, jusqu’à l’appartement qui avait été celui de Juliet. Elle n’avait marqué aucune hésitation sur le seuil de la porte, et était entrée d’un pas décidé, qui avait perdu son entrain peu à peu. Le salon était sans dessus-dessous, une tâche de sang maculait le parquet, tandis que le discours d’un Isha paumé lui revenait subitement en tête. Il lui avait affirmé que c’était son sang sur le sol, l’œuvre de Logan, mais un simple coup d’œil à ce dernier ravisa Juliet de poser la moindre question. Quelle importance, maintenant ? Elle délaissa le salon en bordel, la décoration qui en avait pris un coup, les murs lacérés, et emprunta ce couloir dans lequel elle avait déjà marché des centaines, des milliers de fois, et au bout duquel se trouvait la chambre d’Eulalie. La porte en était ouverte, et Juliet fut bien incapable de se souvenir si c’était encore le cas lorsqu’elles étaient parties. Ce dont elle se souvenait, en tout cas, c’est de l’ordre qui régnait dans les lieux à leur départ, et qui contrastait avec la panique que ressentait Juliet à l’époque. Aujourd’hui, il ne restait rien de cet ordre, et la chambre était comme les pensées de la mère, dans un désordre sans nom. Quelqu’un était passé par là depuis leur départ, peut-être même plusieurs personnes. Sans pouvoir s’en empêcher, elle s’imagina toutes ces mains qui avaient touché les affaires de sa fille, qui les avaient souillées, et un profond dégoût monta au plus profond d’elle. Elle était révoltée, révoltée par ce que la race humaine était désormais obligée de faire pour survivre … mais la peine l’emporta bientôt, tandis que son regard s’était posé sur tous les dessins de la main de sa fille.

Malgré toute la volonté de Juliet, elle sentit bientôt ses yeux se baigner de larmes, ce qui l’agaça plus qu’autre chose. Elle avait l’impression de n’être plus que ça, une machine à pleurs, une pauvre petite chose, qui se laissait uniquement dictée par ses sentiments. Et autant dire qu’elle détestait ça. Le parquet craqua derrière elle, mais elle ne fut pas effrayée, et bientôt, elle sentit la main de Logan étreindre son épaule. Elle ne devait pas oublier que lui aussi avait perdu sa fille, et qu’il était sans doute dans le même état qu’elle, et pour la millième fois depuis ces trente derniers jours, elle se répéta qu’elle devait être forte, pour lui. Elle se laissa malgré tout aller légèrement contre le torse du mécanicien, puisant dans ce contact la force dont elle avait désespérément besoin. Elle voulut lui dire que oui, qu’en le laissant aller chercher l’album photo qu’Eulalie avait elle-même fait ce serait sans doute moins douloureux pour elle, mais elle ne pouvait pas s’y résoudre. Il fallait que ce soit elle qui y aille. Elle ne savait pas exactement pourquoi, ça dépassait sans doute le moindre entendement, et Juliet n’aurait su l’expliquer. Il fallait que ce soit elle, c’est tout. Alors pour toute réponse, elle secoua doucement la tête de droite à gauche. Non, ça devait être elle. Il fallait juste qu’il lui laisse du temps, suffisamment de temps pour qu’elle rassemble son courage, et qu’elle parvienne à passer le seuil de la porte.

Logan fut plus rapide qu’elle à réagir, et elle suivit son regard, observant un couloir…vide. Pourtant, ils n’avaient pas pu rêver tous les deux, et il y avait bien eu un bruit. Elle sortit son couteau de son étui, et serra les dents lorsque Logan lui intima de rester derrière lui. Juliet ne fut guère surprise, pas un instant elle ne l’aurait imaginé l’envoyer devant, tandis qu’il attendait sagement qu’elle vienne lui faire un rapport de la situation. Pourtant, elle aurait voulu, au moins rien qu’une fois, qu’elle puisse être celle sur qui il se reposait, le temps de quelques instants. Cependant, le bruit se répéta, et elle estima que ce n’était sans doute pas le moment idéal pour une discussion. Elle lui emboîta donc le pas, silencieusement, et ils arrivèrent bientôt devant la porte d’entrée de l’appartement. Là, aussi délicatement qu’elle en était sans doute capable, elle tâcha d’entrouvrir la porte, et jeta un coup d’œil dans le couloir, qui était toujours aussi vide. Il n’y avait plus aucun doute, les bruits venaient du rez-de-chaussée. De sa galerie. « -Il faut qu’on aille voir ! » chuchota-t-elle, en lançant un regard insistant à Logan. Elle savait qu’elle perdrait son temps à lui expliquer qu’il s’agissait de sa galerie, et que la simple idée que des inconnus en foule le sol la rendait malade. Elle avait mis tellement d’années à bâtir sa vie, et tout s’était effondré tellement rapidement lors de l’apocalypse. De ses nombreux sacrifices, il ne restait désormais que des tableaux jetés au sol sans aucune considération, lacérés, tagués, des bancs renversés, de nombreux détritus accumulés sur le sol. Autant dire, pas grand-chose. Alors aussi stupide cela pouvait-il être, si elle pouvait empêcher un inconnu de saccager un peu plus les lieux, il fallait qu’elle le fasse. Elle tourna une nouvelle fois son regard azur vers Logan, et hocha doucement la tête. Puis elle s’avança dans le couloir, et entreprit de descendre les marches qui menaient à une autre porte, celle qui ouvrait sur la pièce qui lui avait servi de bureau. Elle se blottit derrière l’imposant bureau désormais en pagaille, et attendit que Logan la rejoigne. De là où elle était, elle ne voyait rien, mais les bruits, eux, n’avaient pas cessés. Si ça n’avait tenu qu’à elle, elle aurait sans doute foncé, tête baissée, estimant qu’elle n’avait désormais plus grand-chose à perdre. Mais si elle fonçait, Logan foncerait sans doute aussi, et il était hors de question qu’elle le mette en danger. Elle tendit l’oreille, comme si elle essayait d’identifier la source des bruits, mais en fut bien incapable. « -Rôdeurs…ou humains ? » demanda-t-elle en chuchotant à Logan, voulant connaître son avis. L’expérience lui avait malheureusement apprit que les deux représentaient désormais le même danger, mais il était toujours bon de savoir ce qu’il en était avant de se jeter dans la gueule du loup.

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On nous apprend à compter les secondes, les minutes, les jours, les années...mais personne ne nous explique jamais la valeur d'un instant. ♛ by endlesslove.
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We have ashes, fire and hope
Maddie Purple
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Sam 25 Mar - 18:49

Maddie se rendait vraiment compte que la survie, seule, ça n’avait rien à voir avec la survie avec ses amis d’air soft. Déjà être privée de presque tout leur matériel avait été une nouvelle épreuve, mais c’était aussi le succès qu’elle rencontrait auprès des motards et des morts qui rendaient les chosent encore plus compliquées.

Si elle avait eu autant de prétendant avant l’apocalypse, elle aurait forcement trouver le bon dans le tas. Mais là ça devenait épuisant. Impossible de faire un pas dans cette ville sans faire de rencontres écœurantes. Et pourtant après plusieurs d’année avec un vieux mari texan incontinent dont elle avait dû changer les couches comme la bonne épouse qu’elle avait voulu être, il lui en fallait beaucoup pour l’écœurer.

Ça lui permettait de garder un certain sang-froid même devant la décrépitude des morts mais pour ce qui était des vivants. C’était une autre paire de manche. Et cette ville grouillait de motards complétement fous qui ne pensaient qu’à piller ou lui faire un remake d’un mauvais gonzo bondage.

Elle aurait aimé savoir être comme l’une de ses héroïnes capables de grimper sur les immeubles et de sauter de toit en toit dans une combinaison moulante jusqu’à ce que le si viril sergent de police au muscles saillants lui passe les menottes… mais bon, si on oubliait le beau policier de la saga « la justice implacable de l’ours », et la combinaison, elle avait le vertige sur un tabouret… de ce fait elle était condamnée à essayer de tracer son chemin au sol comme beaucoup trop de choses à son gout.
Mais elle était gniste et qui mieux qu’une gniste savait le sens du mot « adaptation ».

Avec sa cagoule et son masque d’air soft ainsi que sa cote de mail. Difficile de reconnaitre la féminine rouquine sous cet attirail. Après son kidnapping raté de l’autre jour elle avait redoublé de prudence, mais elle était pourtant obligée de violer toutes les règles élémentaires de sécurité pour venir régulièrement au même endroit, le seul lien qu’il lui restait pour retrouver Juliet et Eulalie.

C’est avec ses lunettes de vision nocturne d’air soft qu’elle s’était aventurée dans les obscures couleur de la galerie e Juliet pour aller déposer une nouvelle lettre sur la pile déjà bien importante de celles déjà laissées.

Code:

Juliet,

Une nouvelle lettre, une nouvelle bouteille lancer dans l’océan avec l’espoir qu’enfin tu la trouves. J’ai encore dû changer d’adresse. Je crois que j’ai tapé dans l’œil de types à moto, crois-moi, si j’ai l’occasion d’écrire un nouveau livre, je sais qui seront les méchants de l’histoire.

Pour le moment je ne peux pas rester à une adresse fixe, entre les morts et mes nouveaux « soupirants » ça devient un peu compliqué. Je vais faire mon possible pour passer ici vraiment toutes les deux semaines. Si a un seul moment tu lis mes mots, je t’en prie, laisse-moi un signe, et si tu ne veux pas laisser une adresse, laisse-moi au moins un signe prouvant que c’est toi pour que je t’attende.

J’ai tellement hâte de vous serrer dans mes bras Eulalie et toi.

Ta Maddie
En ce moment SDF

Elle prit une minute pour contempler ce tableau qu’elle adorait tant elle l’avait toujours trouvé drôle. Elle sourit encore de voir la tête de Juliet quand elle l’avait acheté… Mais un bruit la fit sursauter. Du genre de personnes qui renversait les meubles à l’entrée de la galerie.

Elle se statufia en entendant des voix grasses.

« T’es sur qu’elle est là c’te pétasse ?
- Bret t’as dit qu’elle vient ici tout l’temps, cette fois on se fera pas baiser par cette salope ! »


Mince, ils étaient plus tenaces que des contrôleurs d’impôts ! Pas d’issus possible, pas de cachette évidente que de coller un mur et serrer les fesses avec l’obscurité. Elle senti la tension monter quand, avec un amusement de gosses de primaire qui cherchent le mot « zizi » dans le dictionnaire, ils commencèrent a vandaliser un de tableau de nu pourtant très artistique.

Ils la surprirent à nouveau en tirant sur un autre en se marrant. Elle comprit, alors, que ses exercices de shiatsu ne suffiraient pas pour gérer son stress. Ils étaient plusieurs ? combien ? Il fallait qu’elle se reprenne, mais le son de l’arme automatique sonnait comme le glas de fin d’histoire.

Avec son fusil même si elle en tuait un les autres auraient le temps de réagir. Elle n’avait rien pour se mettre à couvert sauf un vieux sofa dont elle doutait de la résistance aux balles.

Tant pis, elle ne se rendrait pas sans se battre. Elle se mit a terre, comme a l’air soft sans mouvement brusque. Ils la cherchaient mais pas au bon endroit et mal.

« LAaaaaaAAAaaaaAA RooOooOOoOOoooqUUuuuIIiiIiinnnneeeu !! Vient voir papa ! on va bien s’amuser tous ennnnsemble. »


Elle prit le temps de viser. Avec le silencieux, elle espérait qu'ils ne la repèrent pas tout de suite. Celui qui venait de parler tomba au sol pendant que ses amis, incrédules, restaient a regarder la scène comme s’il faisait juste le con. Elle en visa un autre, avec l'efficacité et la précision qu'elle avait toujours eu en air soft. Il qui tomba à son tour.
Il en restait deux. Sauf que là… ils avaient compris.

« PUTAIN !!!! On est attaquééééééééééé !!! »

Et commençait à tirer dans tous les sens y compris le sien. Impossible de répliquer sans se dévoiler.

« Salooopppeeeuuuu !! on va te saigneeeeerr !»

Et visiblement les câlins n’étaient plus d’actualité. Comment savaient ils que c'était elle? Et si elle s'en sortait, comment contacter Juliet sans avoir accès a la galerie?

Les tirs passèrent pas loin du sofa et elle sera les fesses, en nage, espérant qu'ils gâchent bêtement leurs munitions et qu'elle puisse encore tirer.
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Dim 26 Mar - 19:47

Le bruit recommença et Logan posa un regard bien plus inquiet sur Juliet. Elle voulait aller voir, évidemment. C'était probablement la meilleure chose à faire s'ils voulaient sortir de là en un seul morceau, il fallait régler le problème avant qu'il ne s’aggrave vraiment, mais cette idée l'enchantait assez peu. En fait, en voyant la jeune femme ignorer sa demande et prendre les devants, Logan réalisa pleinement que ça n'était pas tant la situation qui l'inquiétait, mais seulement de risquer de mettre son ex en danger. Il avait déjà pris bien assez le risque de la faire tuer en acceptant qu'elle sorte aujourd'hui et maintenant, ils allaient se lancer dans un affrontement contre Dieu savait quoi... Il se serait senti plus serein si elle avait seulement accepté de rester là sagement pendant qu'il gérait le reste, mais il ne fallait pas trop rêver, pas vrai ? Ils étaient chez elle, ici. C'était sa maison, ses affaires que quelqu'un ou quelque chose était en train de piétiner avec assez de violence pour qu'ils l'entendent... Il ne gagnerait pas ce combat, cette nana était une insupportable tête de mule qui l'avait rendu fou plus d'une fois à cause de ça.

Alors tant pis...  Il prit seulement le temps de lever les yeux au ciel et de raffermir sa prise sur la crosse de son revolver, sans même chercher à la réprimander de marcher devant alors qu'il venait juste de lui dire de rester derrière lui et il la suivit dans le couloir et dans les escaliers en s'assurant bien d'être toujours pratiquement collé à elle. Si jamais il lui tombait un truc sur le coin du nez, elle n'aurait pas le temps d'être surprise qu'il aurait réglé le problème, parole de Carter ! Ils réussirent à atteindre son bureau sans aucune difficulté, mais ça ne suffisait clairement pas à laisser Logan se détendre et encore moins quand les sons venant d'à côtés se firent plus distincts. Il s'agenouilla avec elle derrière le bureau, toujours accroché à ses talons comme s'il était devenu son ombre, large et imposante, l'enveloppant pour prévenir du moindre risque et il se concentra à son tour pour essayer de comprendre.

Juliet le perturba en posant une nouvelle question pourtant primordiale et malheureusement, il n'eut même pas besoin de prendre la parole pour qu'elle obtienne une réponse. Quelqu'un venait de tirer, c'était clairement un coup de feu et jusqu'à preuve du contraire, une seule espèce en était capable pour le moment. Il croisa le regard de la jeune femme, de plus en plus tendu. « Bientôt les deux s'ils continuent de faire autant de bruit. » lâcha-t-il à voix basse.  Ça commençait peut-être un peu à mal tourner. Les rôdeurs, ça ne l'inquiétait jamais vraiment beaucoup, il se convainquait facilement qu'en faisant attention, ça n'était même plus tellement un problème, tout juste un petit désagrément. Mais les vivants... Ils étaient trop imprévisibles et ceux-là, à en croire la manière assez bruyante dont ils s'exprimaient, lui semblaient d'autant plus dangereux. Comme pour faire écho à ses pensées, de nouveaux coups de feu retentirent dans l'autre pièce.

La vraie question, maintenant, c'était de savoir comment ils allaient se sortir de cette merde. Hors de question de débarquer tranquillement dans la galerie au milieu de ce qui ressemblait à des tirs croisés, pas sans savoir qui ou qu'est-ce qu'était la cible exactement et combien de tireurs il y avait. Sauf qu'ouvrir la porte allait très probablement attirer l'attention sur eux... Il releva les yeux pour regarder la pièce autour d'eux, à la recherche désespérée d'une autre manière de procéder. Une fenêtre à sa droite semblait donner sur une ruelle sur le côté de la galerie... C'était jouable, s'ils restaient discrets, du moins et qu'aucun des tireurs ne regardaient vers la vitrine ou du moins ce qu'il en restait.

« Je peux passer par l'extérieur pour régler ça. » murmura-t-il à Juliet en reposant les yeux sur elle. « Tu veux bien rester ici et ne pas bouger, s'il te plaît ? Et si ça tourne mal, je veux que tu te tires aussi vite que possible, sans regarder en arrière, compris ? » Il l'entendait déjà refuser, essayer d'argumenter pendant des heures seulement pour n'en faire qu'à sa tête et ça l'épuisait d'avance, alors, il reprit rapidement, histoire de couper court à la dispute inutile. « Je te promets de faire attention et de ne prendre aucun risque, mais ce sera plus simple si je te sais en sécurité aussi. » Il l'observait toujours, le regard presque suppliant. Elle lui avait fait promettre des semaines plus tôt d'être prudent et s'il s'était abstenu de le dire en ces termes à ce moment-là, il le faisait maintenant et il s'y tiendrait du moment qu'elle en faisait autant. Dès qu'il fut suffisamment convaincu qu'elle resterait plus ou moins en place, il se redressa et alla ouvrir la fenêtre pour jeter un coup d’œil à l'extérieur. La rue était encore dégagée, la neige et le froid retenaient suffisamment les rôdeurs pour leur donner un peu d'avance et heureusement, car les types dans la galerie semblaient bien décidés à vider leurs chargeurs. Lui, il n'avait pas la chance de posséder une arme automatique, ce serait beaucoup plus difficile s'il ne réussissait pas du premier coup, mais il se devait bien d'essayer...

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Dim 2 Avr - 20:52

Quelqu’un était en train de toucher à ses affaires, de saccager les tableaux qu’elle avait pris le parti d’exposer dans sa galerie, de ruiner tant d’années de dur labeur. Ne pas savoir de qui il s’agissait la rendait encore plus folle, comme si ce simple détail pouvait encore avoir de l’importance à l’heure actuelle. Elle avait beau tendre l’oreille, Juliet était incapable de savoir si ce qui était de l’autre côté du mur avait encore une part d’humanité, ou si ce n’était plus qu’un morceau de chair en putréfaction qui se traînait lamentablement en quête de chair fraîche. Elle ne tarda pas à avoir la réponse à sa question tandis que des éclats de voix parvenaient soudain à ses oreilles, en provenance de la galerie. Elle fronça les sourcils, tandis qu’instinctivement, elle consultait Logan du regard, comme s’il avait la réponse aux interrogations qui se pressaient dans sa tête. Si on les trouvait ici, Juliet n’était pas certaine du sort qu’on leur réserverait, mais elle était certaine que ce ne serait pas une partie de plaisir, pas au vu des mots et du ton employé par les inconnus. Elle n’eut pas l’occasion de se poser plus de questions sur le sujet que des coups de feu se firent entendre, bien trop proches au goût de Juliet, qui se tassa un peu plus derrière le bureau, par pur réflexe. Ça commençait sérieusement à chauffer, et il fallait qu’ils fassent quelque chose, avant qu’on ne leur tombe dessus.

Sans parler, elle suivit le regard de Logan, tandis qu’il détaillait la pièce, et que ses yeux semblaient soudainement s’illuminer lorsqu’ils se posèrent sur la fenêtre. Elle connaissait ce regard-là, et était prête à parier qu’une idée avait germé dans l’esprit du mécanicien. Une idée qu’elle était d’avance quasiment certaine de détester. Logan proposa donc de passer par l’extérieur de la galerie, ce qui lui permettrait d’accéder à la vue de l’intérieur, et elle était sur le point d’acquiescer d’un geste de la tête pour valider ce plan, lorsque le brun reprit la parole, provoquant un froncement de sourcils progressif de la part de Juliet. Rester ici, et ne pas bouger ? Non, c’était hors de question. Elle n’allait pas rester sagement planquée derrière un meuble tandis qu’il allait risquait sa vie pour aller voir ce qui se passait à côté. Et autant dire qu’il rêvait totalement s’il pensait qu’elle allait partir sans se retourner, et le laisser planter là. Soit ils rentraient tous les deux à Fort Hope, soit personne ne rentrait, c’était aussi simple que ça. « -Alors, tu… » Elle n’eut jamais l’occasion de terminer sa phrase que Logan enchaînait déjà, faisant cette promesse qu’il avait pourtant eu tant de mal à formuler lorsqu’ils s’étaient retrouvés dans l’obscurité de cette chambre, quelques semaines plus tôt. Il promit de faire attention, et Juliet ouvrit la bouche…pour la refermer presque aussitôt. Elle aurait voulu argumenter, lui dire qu’elle refusait de rester en arrière et de ne pas savoir ce qui lui arrivait, de le laisser aller seul au-devant du danger. Mais elle comprenait ce qu’il voulait dire. En restant sagement ici, cela évitait à Logan d’avoir à s’inquiéter pour elle, d’avoir à surveiller le moindre de ses mouvements, le moindre faux pas. En sachant Juliet dans le bureau, à l’abri, il pourrait s’occuper de ceux qui se trouvaient à proximité, sans penser à la protéger coûte que coûte en même temps. Il serait sans doute plus concentré, elle en était certaine, et si cela pouvait lui éviter de prendre des risques inutiles, Juliet était partante. Même si cela lui coûtait clairement de rester en retrait, et de ne pas pouvoir venir avec lui. Alors pour toute réponse, elle hocha lentement la tête, promettant silencieusement qu’elle resterait sagement dans le bureau, et qu’il la trouverait là à son retour. Puis le barbu se leva et s’éloigna, se dirigeant vers la fenêtre. Jules aurait voulu le retenir, se convaincre qu’il devait bien exister une autre solution, mais la vérité était qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre, et se terrer éternellement dans l’ancien appartement de la brune ne leur serait pas d’un grand secours. Alors elle fit tout ce qu’elle pouvait faire à ce stade de la situation, et lança un hochement de tête franc à Logan lorsqu’il s’apprêta à rejoindre l’allée, incapable de savoir si c’était elle, ou lui, qu’elle essayait de convaincre que tout se passerait bien.

Elle n’entendit pas Logan se déplacer aux abords de la galerie, pas plus qu’elle n’entendit ce qu’il fit ensuite. Il y eu de nouvelles paroles, tout aussi amicales et chaleureuses que les précédentes, et les échanges de tirs n’avaient toujours pas cessé. Juliet ignorait combien de temps s’était écoulé depuis que Logan était parti, et qu’elle s’était retrouvée seule, aussi minuscule que possible derrière son bureau, son couteau serré fermement dans sa main, comme si elle se préparait à réagir à n’importe quelle éventualité. Toute son attention était focalisée sur ce qui se passait de l’autre côté de la porte, et dont elle ignorait tout. Cela était d’autant plus angoissant qu’elle n’était sûre de rien, et ne faisait qu’imaginer ce qui pouvait être en train de se passer, ou ce qui pouvait arriver à Logan. Au bout de ce qui ressemblait à une éternité, les coups de feu cessèrent enfin, et un silence presque glaçant prit le relais, d’autant plus oppressant. Et maintenant, que devait-elle faire ? Attendre indéfiniment le moindre signe de la part de Logan ? Prudemment, elle se redressa lentement, jusqu’à faire dépasser ses yeux du bureau, et elle fixa la porte pendant un long, très long moment. Mais rien ne se passa, et l’inquiétude lui rongeait les sangs. Il fallait qu’elle bouge, qu’elle fasse quelque chose, elle ne pouvait pas rester à rien faire. Et pourtant…pourtant, elle avait donné sa parole à Logan, elle avait accepté de rester. Juliet était en plein dilemme, tout simplement. Tant qu’elle ne bougeait pas…de la pièce, elle tenait sa parole, non ? Doucement, à pas de loup, et en faisant preuve d’une prudence à toute épreuve, Juliet quitta la maigre protection du bureau derrière lequel elle se cachait, et se rapprocha de la porte, en se plaquant contre le mur. Là, elle attendit de nouveau, l’oreille collée à la porte, mais elle n’entendit aucun bruit significatif, aucune preuve que Logan était toujours dans les lieux, ou toujours en vie. Elle ignorait si les sales types à la voix si douce avaient fini par attraper leur rousse. Elle était dans l’ignorance totale, et autant dire que ça la rendait dingue. Ouvrir la porte pour jeter un coup d’œil dans la galerie risquerait fortement de trahir sa présence, et elle ne pouvait pas non plus rester là indéfiniment. Elle prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage, et retraversa la pièce, en direction de la fenêtre. Là, elle se hissa, et rejoignit l’allée couverte de neige, se plaquant contre la façade, accroupie sous la fenêtre. Si une autre personne que Logan franchissait la porte de son bureau, l’allée représentait son seul et unique moyen de s’enfuir, elle qui était certaine que la porte de son ancien appartement ne ferait pas longtemps l’affaire si on cherchait à y entrer de force. Juliet resta donc là, dans le froid, recroquevillée sur elle-même, à l’affût du moindre bruit, venant aussi bien de l’intérieur de la galerie, que de la rue face à celle-ci, d’où quelques macchabées assez tenaces, malgré la neige, pourraient finir par se montrer.

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Lun 3 Avr - 14:07

Maddie était dans de sales draps. Ces types canardaient un peu dans tous les sens entre deux menaces bien salaces. Sans rire, ils espéraient vraiment qu'elle sorte de là en les écoutant lui promettre le pire dès qu’ils auraient mis la main sur elle ? Qu’elle vienne à eux la bouche en cœur, parce que, à la réflexion, entre se prendre une balle perdue dans la tête ou "se faire saigner lentement comme une sale chienne qu’ils allaient besogner jusqu’à la faire crever » pourrait lui paraitre une bonne option ?

Maddie se demanda s’ils étaient naïfs ou juste cons. Mais, au regard des munitions gâchées sans aucune réflexion ou stratégie et du boucan qu’ils faisaient dans leur désorganisation, elle avait sa réponse. C'était à se demander comment ils avaient fait pour survivre aussi longtemps.

En attendant elle n’osait pas bouger de sa cachette de peur de se faire avoir par ces abrutis. Même dans ses romans de la série action passion, elle n’avait osé imaginer une scène aussi pathétique. Ses lectrices ne lui auraient pas pardonné des « vilains » aussi stupides.

Elle n’avait pas le choix que d’attendre qu’ils soient en panne de munitions et de prier qu’elle ne se prenne pas une balle perdue avant.

Ensuite… et bien… elle arriverait peut-être à en tuer au moins un à distance…. Avec le revolver dans sa poche et un peu de chance, le deuxième y passerait aussi. Merde. Voilà à quoi elle était réduite sans sa team d’air soft !!! Quand une grosse partie d’une stratégie reposait sur le facteur chance, c’est là que l’on pouvait se douter que le plan était foireux.

Quand enfin il y eu une accalmie, Maddie risqua un œil, et se mordit la lèvre. Le pire était effectivement qu’ils étaient en train de recharger, donc ils allaient certainement arroser la zone d’une nouvelle avalanche de tir e rafale, mais il y avait aussi le fait qu’ils rechargent en même temps qui agaçait Maddie. Aucune coordination, aucune organisation, aucune maitrise ni subtilité, et pourtant, c’était peut-être eux qui allaient avoir sa tête. Quelle honte !

Maddie sursauta en voyant par la fenêtre une silhouette qu’elle aurait reconnue entre mille : gros nounours !!!! Logan était là ? Elle se demanda si elle n’était pas en plein fantasme hallucinatoire quand il passa devant une autre fenêtre. Il se dirigeait vers la porte d'entrée!!!!

Il était bien là ! Elle en aurait pleuré de joie et de soulagement si la situation ne restait pas aussi délicate. Elle le pensait seul et elle doutait qu’il est une visibilité à l’intérieur. Il risquait donc de rentrer à l’aveugle dans la galerie et de se retrouver au centre des tirs des idiots.

Et ça, elle ne le permettrait pas. Jamais.

Maddie attrapa des lettres qu’elle bourra sous sa cote de mailles en priant pour que Stan n’ait pas été qu’une grande gueule en vantant la qualité de ce modèle lorsqu’il l’avait faite faire sur mesure par un artisan sois disant réputé au canada. Elle prit le colt en main tout en calculant mentalement le temps qu’il faudrait à gros nounours pour arriver à la porte de la galerie.

Lorsqu’elle estima qu’il devait y être elle prit une grande respiration et se leva en tirant sur les types sans grande précision et en leur gueulant :

« Logan, ils sont deux à ta gauche ! Kalac...»


Les tirs convergèrent vers elle et elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Elle eut le souffle coupé par la douleur et bascula en arrière complétement sonnée en espérant que les bruits qu’elle entendait étaient ceux de l’ours virils en action.
Au moins, elle était sure d'avoir réussi sa diversion.
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Lun 3 Avr - 15:05

Ça l'emmerdait profondément de laisser Juliet toute seule, de ne pas l'avoir sous les yeux pendant ne serait-ce qu'une minute, mais... C'était toujours mieux que de la regarder se faire tirer dessus, alors tant pis. Logan sauta sur le bitume de l'autre côté de la fenêtre et prit quelques secondes pour réfléchir à un plan. En fait, il n'avait pas tellement l'embarras du choix. Il passait difficilement inaperçu et son seul angle d'attaque serait de passer par la porte d'entrée tout simplement... Alors, il sortit son revolver de l'étui à sa ceinture et traversa la ruelle. Les grognements sur sa gauche quand il arriva sur l'axe principal confirmait déjà sa première théorie : ces idiots étaient en train de rameuter tout le voisinage. Heureusement qu'il faisait froid et que la neige rendait leurs déplacements plus compliqués. Il avait le temps de voir venir et de toute manière, les morts l'inquiétaient vraiment moins.

Il ne perdit pas de temps et passa devant la galerie aussi vite que possible, histoire qu'on ne le remarque pas trop quand même. Il ne voulait même pas regarder à l'intérieur, pas maintenant en tout cas, c'était un coup à se faire repérer s'il venait coller le nez contre une fenêtre et il rêvait de faire ça vite. Parce qu'il comprenait le besoin de Juliet de préserver sa galerie, mais il n'irait pas crever pour quelques tableaux, quand bien même il lui aurait juré sans mal qu'il ferait n'importe quoi pour elle. Quand il arriva derrière la porte, Logan s'arrêta quelques secondes et colla son oreille sur le battant, écoutant avec attention. Les coups de feu avaient cessés, mais il entendait encore du bruit. Qu'est-ce qu'ils foutaient, sérieusement ? Peut-être qu'il était trop naïf ou seulement pas aussi stupide que ses futurs adversaires, mais il doutait quand même sérieusement qu'ils soient en train de perdre leur temps à recharger. Quelle utilité ? Les balles se faisaient rares, quoi qu'ils veuillent à l'intérieur, ça ne devait pas valoir de risquer sa vie, quand même...

Mais ce qui l'étonna encore plus, juste quelques secondes avant d'entendre de nouvelles rafales à l'intérieur, ce fut d'entendre son nom. Qu'est-ce que... Il n'avait pas la moindre idée de qui pouvait bien se trouver là et il ne devait pas être si malin que ça, parce qu'il n'avait pas reconnu la voix, même si elle lui semblait assez familière, que ça n'avait aucun sens du tout, pourtant, il pensa immédiatement à Juliet. Il savait que ça n'était pas elle, elle lui avait promis, ce n'était pas sa voix. Il le savait. Mais sa logique s'était éclipsée assez vite et il ouvrit la porte à la volée, son revolver pointé droit devant lui et tira avant même d'avoir vraiment la vision sur quoi que ce soit. Ils n'étaient que deux. Il vit le corps de la rouquine tomber sur le sol juste avant que l'un des tireurs ne la rejoigne, mais ça ne faisait pas encore tout son sens là-haut et il se préoccupa plutôt de l'autre. Il avait beau avoir l'effet de surprise de son côté, il n'était malheureusement pas un tireur d'élite et le premier tir manqua de peu la seconde cible. C'était exactement le genre de situation qui lui faisait regretter amèrement de ne posséder qu'un semi-automatique. Oh, il avait certainement beaucoup de charisme avec cette connerie de revolver, mais ça n'allait pas aussi vite que ce face à quoi il se retrouvait présentement. Il plongea au sol au moment où l'autre tirait de nouveau. La surprise était passée. Logan sentit une légère chaleur sur sa joue, juste avant de s'écraser sur le sol et de tirer à nouveau. Dans le genoux. Le type tomba à son tour, lâchant un joli cri de douleur au passage et Logan eut le temps de se redresser pour viser le crâne, cette fois. Il espérait peut-être un peu que personne n'en parlerait à Joy, parce qu'une fois de plus, il n'avait pas tenu sa promesse. Mais en même temps, là... Elle allait peut-être lui pardonner de rentrer vivant, non ?

Il prit le temps de se mettre à genoux et d'essuyer sa joue, constatant au passage qu'il saignait, avant de regarder autour de lui. Les quatre corps sur le sol, le bordel innommable de la pièce. Et l'autre personne à terre. Il rangea son revolver dans sa poche et se remit debout, accourant pour s'agenouiller devant la jeune femme, la reconnaissant au passage. MADDIE ?!!? « Maddie ?! Maddie, ça va ? » Il l'avait vu tomber, certes, mais elle était toujours vivante, il ne voyait pas de sang. Merde alors. Elle était sûrement la dernière personne au monde qu'il s'attendait à trouver. « Juliet ?! » Maintenant que le danger était visiblement écarté -du moins celui représenté par les vivants- elle était libre de sortir de sa planque et elle risquait d'être mille fois plus intéressée que lui par ces retrouvailles fortuites.

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Juliet I. Whitman
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Lun 3 Avr - 21:13

De l’allée, Juliet entendit encore quelques coups de feu, des rafales en provenance d’armes qui, elle le savait sans être une spécialiste, devaient faire de gros dégâts. Elle ignorait le temps qui s’était écoulé depuis le départ de Logan de son bureau, ou même depuis qu’elle avait trouvé refuge dans l’allée. Le froid mordant engourdissait ses doigts, rougissait le bout de son nez, et un nuage blanc ponctuait chacune de ses respirations, pourtant, malgré la situation, Juliet restait aussi immobile que possible, tendant l’oreille pour capter des bruits susceptibles de l’éclairer sur ce qui se passait à quelques pas de là. Quelques gémissements et râles lui parvenaient depuis la rue de la galerie, assez lointains pour éviter qu’elle se mette à paniquer brusquement, mais tout de même suffisamment proche pour qu’elle reste sur ses gardes. Si les brutes à l’intérieur de la galerie n’avaient pas eu raison de Logan et d’elle, c’étaient bientôt les rôdeurs qui auraient ce privilège, s’ils ne se décidaient pas à bouger assez vite.

Juliet n’aurait su dire à quel moment précis retentit le dernier coup de feu, mais il lui fallut encore quelques minutes pour décider de ce qu’elle devait faire désormais. La jeune femme mourrait d’envie de retourner dans la galerie, et de savoir, enfin, ce qu’il s’y était passé. Quelle idée elle avait eu, aussi, d’accepter sans chercher à négocier les mots de Logan, sans même essayer d’arriver à un compromis. Désormais, l’angoisse de ne pas savoir ce qui lui était arrivé prenait le pas sur le reste, et elle se connaissait assez bien pour savoir qu’elle n’allait pas pouvoir supporter de rester dans le flou encore bien longtemps. Il fallait qu’elle sache, qu’elle entende simplement sa voix, s’assurer qu’il était encore en vie. Elle se rassura en se disant que Logan réagirait probablement de la même manière qu’elle, et qu’il serait lui aussi prêt à prendre des risques pour elle, des risques qu’elle savait inconsidérés. Malgré la situation, malgré leur passé tourmenté, ils en étaient toujours là, à se préoccuper l’un pour l’autre, à s’inquiéter au-delà du raisonnable dans des situations comme celles-ci. Elle se redressa doucement, constatant que son bureau était encore vide, et raffermissant sa prise sur son couteau, Juliet avança de quelques pas dans la ruelle. Pourtant, un cri lointain, l’appel de son prénom peut-être, lui fit faire volte-face, très rapidement. Sans chercher à être discrète, elle emprunta le chemin inverse, repassa par la fenêtre, et approcha à pas rapides de la porte du bureau. Il ne lui fallut qu’une fraction de seconde pour qu’elle se décide à ouvrir ladite porte, et d’un regard, elle embrasa la scène qui s’offrait désormais à ses yeux.

La galerie était sans dessus-dessous. Des tableaux étaient jetés par terre, leur toile déchirée, le sol était jonché de détritus en tout genre, mais malgré ce désordre sans nom, ce fut autre chose qui accrocha son regard. Derrière ce qui avait été jadis un canapé, et qui ressemblait désormais à un vieux gruyère parsemé de trous, Logan se trouvait agenouillé, au pied d’une jeune femme, allongée au sol. La brune ferma brièvement les yeux en serrant la mâchoire lorsqu’elle constata que son ancien compagnon était toujours en vie, et ne semblait pas blessé. Elle s’avança vers lui en courant, ne le quittant pas des yeux durant le court trajet qu’elle effectua, comme si elle avait peur qu’il disparaisse subitement de sa vue, et que l’inquiétude ne refasse surface. Arrivée à sa hauteur, elle remarqua bien vite la traînée de sang sur la joue du barbu, et s’agenouillant à ses côtés, elle attrapa son menton entre deux doigts, comme pour constater les dégâts de ses propres yeux. « - Ca va, t’as rien ? J’ai vraiment eu… » peur. Le mot resta coincé au moment où ses yeux se posèrent finalement sur l’inconnue. Juliet resta interdite, incapable de bouger pendant quelques secondes. Non…impossible. Pas après tout ce temps. Pas après toutes ces lettres sans réponse. Pourtant, elle était bien là, juste sous ses yeux. Inconsciente, certes, mais bel et bien là. D’une main pas aussi assurée qu’en temps normal, Juliet repoussa une mèche rousse du visage de celle qui avait été sa meilleure amie, depuis aussi loin qu’elle pouvait s’en souvenir, avant de relever son regard paumé sur Logan. « -Il s’est passé quoi ici ? » demanda-t-elle, tandis qu’elle laisser ses yeux courir sur le corps de Maddie, à la recherche d’une blessure qui pourrait expliquer l’inconscience de son amie. Mais il n’y avait pas de sang, nulle part, et cela réconforta un peu Juliet, qui attrapa doucement la rousse par l’épaule, pour la secouer légèrement. « -Maddie ? Tu m’entends ? » Elle secoua un peu plus fort, juste assez pour essayer de réveiller la jeune femme. Ils ne pourraient pas traîner dans le coin bien longtemps, Juliet en était consciente, et plus tôt Maddie émergerait, mieux ce serait pour tout le monde. Elle reprit donc son petit manège, son visage penché au-dessus de celui de la rouquine, dont les paupières ne tardèrent pas à papillonner, comme si elle allait ouvrir les yeux, d’une seconde à l’autre.

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Maddie Purple
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Mar 4 Avr - 22:09

Maddie étendait les voix autour d’elle mais était encore sonnée par le choc de l’impact. Dieu que c’était douloureux de se faire tirer dessus !!! A l’air soft ca piquait moins quand même.

Elle sourit malgré tout avant même d’ouvrir les yeux, juste en reconnaissant les voix de Juliet et de Logan l’appeler et pas à la façon d’une chorale angélique. Même si, une infime partie d’elle-même, suspectait qu’elle soit morte et qu’elle ait retrouvée ses amis dans l’au-delà, la rouquine était beaucoup trop optimiste pour donner du crédit à ce scenario. Et tant bien même il s’avérait que la cote de mailles de Stan ait été une merde infâme en aluminium aussi vite perforée que le pseudo pucelage d’une actrice porno, au moins, elle était avec Juliet et gros nounours. Elle n’avait donc pas tout raté.
Elle fit un effort pour ouvrir les yeux. Elle voulut parler mais toussa à la place, ses poumons n’avaient pas apprécié de se faire comprimer par l’impact. Elle n’avait jamais été si heureuse d’avoir mal, puisque ça prouvait qu’elle était toujours vivante.  

Juliet était bien là, et, visiblement, elle était bien vivante aussi. Logan saignait, mais ça n’avait pas l’air trop grave. De toute façon, Maddie ne voulait pas s’inquiéter pour le moment. Elle voulait juste savourer ce moment. Elle avait rêvé de cette scène, avec juste Juliet’, des semaines et des semaines. Alors la vivre en vrai, avec comme bonus son ex sexy, et peut être actuel (qui pouvait dire si ces deux là avaient enfin compris qu’ils étaient faits l’un pour l’autre) ça méritait bien de s’accorder quelques minutes non ?

Sans leur laisser vraiment le temps de comprendre, et avec la vitesse d’un serpent qui saute sur une souris, Maddie se redressa pour serrer Juliet dans ses bras. Elle étouffa une petite grimace de douleur dans le cou de sa meilleure amie. Ça ne devait pas être agréable avec la cote de mailles, mais tant pis, Maddie en avait trop besoin après des mois de stress et de recherches.

« Je savais que je finirais bien par te retrouver !! Je suis désolée d’avoir mis autant de temps à descendre du Canada et… pour ne pas avoir fait attention que j’étais suivie par ces débiles de Punishers… tu vas m’en vouloir pour tes tableaux ? Mais pour le moment je m’en fous, je suis trop contente de t’avoir enfin retrouvée, pas que je doutais hein ?... Mais je commençais à trouver le temps long… »

Elle releva le nez du cou de son amie pour faire signe au fantasme de ses lectrices en chair et en os de venir se joindre à elles pour le câlin des retrouvailles. Elle était euphorique et ca s'entendait dans sa voix.   

« Et toi, comment tu as réussi à être encore plus musclé et sexy même après une invasion de morts vivants !!? Et avec cette balafre !! un vrai pirate !! Heureusement qu’il y a moins de femmes vivantes à courir les rues, sinon ça serait l’enfer pour toi !!! Et je suis sure qu'elles seraient plus vigoureuses que les morts pour essayer de croquer tes petites fesses!! Je te préviens Juliet, si tu me dis que tu n’es pas encore retourner avec ton Logan tu vas te le faire piquer !»

Avec cette petite habitude si nerveuse qui lui appartenait, Maddie enchaina sans leur laisser le temps de réagir, digérer ou même répondre. Elle voulait juste les serrer contre elle, les sentir vivants… C'est donc avec une nouvelle accolade qu'elle lança:

« Dieu que je suis contente de vous voir vivants tous les deux !! Vous m'avez manqués!»
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Mar 4 Avr - 23:42

Il n'arrivait pas à le croire, ça semblait tellement improbable. Mais il s'agissait bien de Maddie, même sans l'avoir vu depuis des années, difficile d'oublier cette fille. Elle respirait encore, il s'était permis de poser ses doigts froids dans son cou pour s'en assurer et il n'y avait pas de sang. Elle devait seulement s'être cognée en tombant ou Dieu sait quoi... L'important restait que tout allait plus ou moins bien, maintenant. Il faudrait se sortir de là avant de se retrouver avec une horde sur les chevilles, mais ils allaient s'en sortir, si mademoiselle se réveillait. Aussi, Logan appela Juliet. C'était son amie, après tout et il n'y avait plus rien à craindre. Avec ce qu'elle traversait en ce moment, il osait espérer qu'elle serait au moins un peu heureuse de retrouver celle qu'il pensait être sa meilleure amie. Ce ne serait jamais comme retrouver leur fille, mais ça... Personne ne pourrait jamais rien y faire.

En attendant qu'elle arrive, Logan resta près de la rouquine, se demandant quand même si elle allait se réveiller rapidement. Si elle était mal tombée, ils allaient peut-être avoir un problème finalement. Et Juliet qui mettait tellement de temps à revenir ! Qu'est-ce qu'elle fabriquait dans ce bureau ? Il entendit finalement la porte et releva les yeux vers la brune. Il aurait voulu lui sourire, mais il n'y arrivait plus, même maintenant. Elle vint s'agenouiller près de lui, attrapant son visage pour observer sa plaie. « C'est rien, t'en fais pas. » Il l'avait échappé belle, mais bon, ça elle n'avait pas besoin de le savoir. Il avait seulement hâte qu'elle réalise enfin qui le Destin venait de remettre sur leur route et bon sang ce qu'elle prenait son temps ! Enfin, après une éternité, elle sembla réaliser et elle l'oublia vite pour se concentrer sur la jeune femme. Logan s'imaginait déjà qu'il n'avait plus rien à faire là. Du moins, si Maddie se décidait à se réveiller. Il n'avait jamais été que le mec de Juliet, pas vrai ? Ils leur arrivaient de traîner ensemble, parfois, mais ils ne formaient pas vraiment ce qu'on aurait pu appeler un trio. Alors, il se reposa sur ses talons pour s'éloigner un peu sans vraiment disparaître. C'était totalement idiot puisqu'il venait juste de perdre quelques centimètres de hauteur plutôt que de leur laisser de l'air, mais bon... « J'en sais vraiment rien, Jules, mais on s'en fout, ok ? » répondit-il à la question de son ex. Qu'est-ce que ça pouvait faire ? Ils étaient vivants tous les trois et en ce moment, il ne demandait vraiment rien de plus à la vie. « On est vivants, c'est tout ce qui compte. Tous les trois. » Il parvint quand même à étirer un peu ses lèvres dans une sorte de pâle sourire et il glissa une main dans le dos de la jeune femme, lui prodiguant une vague caresse qu'il voulait réconfortante.

Elle se pencha de nouveau sur son amie et la princesse en détresse se décida enfin à reprendre conscience. Difficilement, mais tout de même. Et Logan resta en retrait, sans vraiment lâcher Juliet, sans vraiment disparaître, lançant des regards derrière lui pour voir comment évoluait la situation par la fenêtre. Les rôdeurs ne pointaient pas encore le bout de leurs nez, c'était déjà ça. Il écoutait distraitement, mais se sentit obligé de se préoccuper de nouveau de leurs retrouvailles en constant, assez perplexe, que même après tout ça, Maddie n'avait rien perdue de sa personnalité d'autrefois. Ce qu'elle pouvait être bavarde ! Il aurait presque eu envie de rire. Malheureusement, c'était toujours un presque. Du moins, jusqu'à ce qu'elle s'intéresse un peu plus à lui. Merde, il avait pratiquement réussi à oublier qu'elle était aussi... naturelle. Peut-être un peu trop. Il ne considérait toujours pas vraiment avoir sa place là-dedans, mais il accepta quand même plus ou moins l'invitation et se joignit à l'étreinte, passant un bras autour de chacune d'entre elles et cachant son visage dans les cheveux de son ex. C'était con, mais il avait vraiment envie de croire que ces retrouvailles feraient du bien à Juliet. Et il était vraiment heureux pour elle. Maddie n'avait sans doute pas plus les capacités qu'un autre de réparer les blessures qu'ils venaient de subir, mais ça le soulageait de savoir qu'elle serait là, maintenant. Que Juliet ne serait plus seule. Parce qu'il avait beau la suivre comme son ombre ces temps-ci, il n'en restait pas moins tout aussi morose et déprimé qu'elle, même s'il faisait de son mieux pour ne pas trop le lui montrer. Un peu de joie de vivre, ça lui ferait le plus grand bien. Hélas, cette gonzesse n'avait pas changé d'un poil et ça ne faisait même pas deux minutes qu'elle était là qu'elle mettait déjà les pieds dans le plat. Violemment. Logan s'éloigna doucement, lâchant juste un petit rire désabusé. Mais il ne répondit rien et se contenta d'observer son ex-compagne une seconde avant de détourner les yeux. « Content de te revoir aussi. Tu soignes ton entrée, comme d'habitude. » lâcha-t-il finalement, en essayant d'avoir l'air détaché, comme pour noyer le poisson.

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Juliet I. Whitman
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Mer 5 Avr - 21:24

Elle était là, juste sous ses yeux, elle pouvait la toucher, et pourtant, malgré cela, l’information avait encore du mal à s’imprimer dans son cerveau. Maddie était toujours en vie. Et elles s’étaient retrouvées. Si on lui avait dit un jour que ce moment arriverait, Juliet ne l’aurait jamais cru. Pourtant, il fallait bien croire qu’au fond, jamais la jeune femme n’avait perdu espoir, elle qui continuait à écrire des lettres à sa meilleure amie, même après l’apocalypse, et le bombardement de Détroit. Même dans ses rêves les plus fous, Jules n’aurait pu imaginer de telles retrouvailles. Et pourtant, Maddie était bien là. Toujours inconsciente, cependant, ce qui ne manquait pas d’inquiéter son amie. Juliet était toujours en train de la secouer doucement, quand elle s’arrêta brusquement en se rendant compte…quoi, elle souriait vraiment là ? Et puis soudain…ses yeux s’ouvrirent, enfin, après ce qui ressemblait à une attente interminable, et Juliet se rendit compte à quel point elle avait été tendue, inconsciemment. Ses épaules le relâchèrent d’elle-même, et bien qu’elle essaya de montrer à son amie à quel point la trouver ici était une surprise, une agréable surprise sur laquelle elle n’aurait jamais parié, Juliet ne parvint pas réellement à le lui montrer, à lui adresser un de ces larges sourires dont elle avait autrefois le secret. Elle n’était plus certaine de savoir comment faire, même plus certaine d’en avoir vraiment envie maintenant qu’Eulalie n’était plus là.

Juliet ne broncha cependant pas lorsque Maddie se releva vivement, et la serra dans ses bras. Pourtant, malgré le fait indéniable qu’elle était on ne peut plus contente de retrouver enfin son amie, la brune resta immobile un instant, les bras ballants, comme incapable de réagir. Elle marqua une seconde d’hésitation, et finalement, il sembla qu’elle parvint à reprendre le contrôle d’elle-même. « -Toi aussi tu m’as manquée… » souffla-t-elle en réponse au monologue de la rousse, tandis qu’elle resserrait finalement ses bras autour de Maddie.  Elle n’avait jamais été une grande fan des câlins, à quelques personnes près, mais pourtant, elle accueillit son amie contre elle sans protester, bien au contraire. Elle la serra contre elle, fort, essayant de se rappeler de quand datait la dernière fois qu’elle avait eu ce privilège, ou même des derniers mots qu’elles avaient pu échanger. Mais ça n’avait plus d’importance, plus aucune. Logan avait raison, ils étaient vivants, tous les trois, et c’était déjà une sacrée victoire. Ce dernier ne tarda d’ailleurs pas à se joindre à leur petit câlin improvisé, et entre les bras de deux des personnes qu’elle aimait le plus au monde, Juliet s’autorisa à fermer les yeux quelques secondes, comme pour profiter un peu plus de ce bref instant de répit. Le répit fut pourtant de courte durée, et sa meilleure amie ne put s’empêcher de reprendre la parole, débitant tout ce qui lui passait par la tête, façon Maddie, quitte à proférer au passage quelques paroles qui mirent la jeune femme mal à l’aise. Sérieusement ? Une gaffe, déjà ? C’était bien sa Maddie, il n’y avait aucun doute sur le sujet. Elle était certaine que Logan ressentait cette gêne lui aussi, pour la simple et bonne raison que dès que les choses en venaient à leur relation, Jules avait l’impression qu’il s’agissait d’un sujet tabou, qu’il fallait à tout prix éviter d’aborder. A son tour, Juliet s’éloigna doucement, tâchant de cacher la gêne qui venait de s’emparer d’elle, en levant les yeux au ciel. Si elle ne pouvait que soupçonner tout ce qu’elle avait loupé depuis leur dernière conversation. Elles en avaient, des choses à rattraper. C’était presque étrange de la retrouver comme avant, du moins en apparence, comme si la fin du monde n’avait pas eu d’emprise sur elle, et sur son caractère si enjoué.

Dans un geste affectueux, elle cala une des mèches de cheveux de Maddie derrière son oreille, avant de s’informer de l’état de santé de la jeune femme : « -Ok…est-ce que tu arrives à te lever ? » demanda-t-elle, en glissant un coup d’œil sur le corps de la rouquine, pour vérifier une nouvelle fois l’absence de blessure. L’euphorie des retrouvailles passées, Juliet se doutait qu’ils ne pourraient pas rester là bien longtemps, à parler du bon vieux temps, de ce qui leur était arrivé depuis le début de l’épidémie, et qu’il faudrait qu’ils se décident vite à bouger. « -Attends, je vais t’aider… » lança-t-elle au bout de quelques secondes, en se redressant, et en tendant ses mains à Maddie, pour l’aider à se remettre sur pieds, doucement. Une fois qu’elle fut debout, Juliet considéra une nouvelle fois la jeune femme, et ne put résister à l’envie de la serrer une nouvelle fois contre elle, à croire que l’émotion la rendait subitement sentimentale. Au bout de quelques secondes, Jules se recula, laissant un peu d’air à son amie. Sans réfléchir, elle jeta un nouveau coup d’œil tout autour d’elle, aux corps qui se trouvaient désormais étendus sur le sol, dans une mare de sang. Puis elle reporta son regard sur le duo à ses côtés, et c’est là qu’elle le vit, pile entre Logan et Maddie. Le tableau. Cet horrible tableau acheté par son amie, qu’elle avait accepté d’exposer dans sa galerie, au nom de leur amitié. Et qui était maintenant criblé de balles. C’était ironique de dire qu’elle le trouvait presque plus à son avantage à présent. « -Je crois que tu peux dire adieu à ton tableau… » lança-t-elle à l’attention de son amie, en montrant ledit tableau d’un signe du menton. Elle s’approcha de quelques pas, comme pour constater les dégâts par elle-même, et ce fut là qu’elle les vit. Des lettres, une belle pile de lettres, dont elle reconnut immédiatement l’écriture sur l’enveloppe. Juliet s’en empara, non sans éprouver une certaine forme d’émotion qu’elle tâcha de cacher tant bien que mal, sans doute en vain. Même après tout ce temps passé loin l’une de l’autre, sans aucune nouvelle, les jeunes femmes partageaient toujours ça. S’écrire, toujours, pour tout se dire. Elle les fourra dans son sac sans attendre, où elles rejoignirent toutes celles qu’elle avait déjà lues, et relues, mais qu’elle n’avait jamais pu se résoudre à jeter, et qu’elle avait tenu à emmener dans son paquetage quand la petite et elle avaient quitté la maison familiale. Eulalie…la jeune femme eut un pincement au cœur en pensant à ce moment où elle allait devoir annoncer la nouvelle à Maddie, où elle aurait à lui apprendre que sa filleule n’était plus de ce monde. Elle ne s’en sentait pas la force, ni aujourd’hui, ni demain, ni probablement jamais. Elle évita soigneusement le regard de sa meilleure amie à cette simple pensée, et tandis qu’elle remettait le sac sur ses épaules, elle reprit d’un air entendu, comme pour éviter à tout prix que ce sujet épineux n’arrive sur le tapis « -On devrait y aller, non ? » proposa-t-elle, tout en consultant Logan du regard. Les ennuis n’allaient pas tarder à arriver, elle le savait, et elle ne tenait pas à ce qu’ils restent dans le coin.

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Jeu 6 Avr - 10:28

Maddie se redressa avec peine. Elle se sentait aussi déséquilibrée que si elle avait bu. Se faire tirer dessus finalement, c’était avoir les mauvais côté d’une soirée picole sans les bons. L’aide de Juliet fut la bienvenue et Maddie accueillit avec bonheur la nouvelle accolade de son amie.

Elle aussi avait besoin de ces contacts physiques. Outre le fait qu’elle avait toujours été très tactile dans sa façon d’être et de communiquer, là, maintenant, c’était surtout le besoin d’être certaine que Juliet n’était pas juste une illusion, qu’elle était vraiment là et pas seulement dans sa tête.
Elle avait tellement de questions à poser, de choses à raconter… mais pour le moment, juste dans cette étreinte, il y avait presque plus que tous les mots qu’elle pouvait exprimer sur la joie et le soulagement de l’avoir enfin retrouvée. Même si le débat de « qui à retrouver qui » aurait été intéressant à lancer.

C’était presque angoissant quand Jul’ la lâcha. Maddie avec presque peur de la voir disparaitre à nouveau. Elle prit sur elle et s’obligea à s’occuper pour ne pas rester à la coller. Elle en profita pour soulever ses vêtements, sans se soucier du fait que ses gestes pouvaient faire craindre un striptease incongru à gros nounours. Juliet était, très certainement, habituée depuis fort longtemps à la spontanéité exubérante de la rouquine.

Maddie arrêta « l’effeuillage » à la cote de mailles, imitation médiévale, dont elle palpa les anneaux serrés qui lui avaient sauvés la vie, à la recherche de la balle. Le métal avait été sacrement malmené et déformé par l’impact mais il avait tenu. Stan ne s’était donc pas fait arnaquer avec cet investissement. Elle eut du mal à extirper le projectile qui l’avait clouée au sol et le coïncidera avec une petite grimace. Il y avait du sang dessus.

Eu égard à Logan, c’est par le col qu’elle inspecta les dégâts sous sa protection. Bon elle serait quitte pour un gros bleu et une estafilade. Ce qui n’était rien vu le calibre qu’ils avaient utilisé. Ils auraient été plus près… ou auraient visé la tête… sa protection n’aurait pas été d’un grand secours.
Maddie secoua la tête pour chasser ces idées noires. Ce n’était pas arrivé, à quoi bon s’enquiquiner avec ce genre de scenario ? Ils étaient ensembles, tous les trois vivants, et elle ne comptait plus quitter Juliet d’une semelle. Qui plus est, elle avait hâte de retrouver Eulalie et de lui montrer sa robe de princesse elfe.

« Je crois que tu peux dire adieu à ton tableau… »


Maddie se retourna pour voir Juliet contempler les restes de cette œuvre d’art incomprise et particulièrement colorée.

«Oh Nonnnnheu !!! Pas le tableau !!! Moi qui voulait le récupérer !!! »

Maddie sur-jouait un peu dans le comique pour feindre un détachement par rapport à cette toile. Même elle avait remarqué le coté grotesque et vulgaire de cette œuvre qui lui avait couté un bras. Mais, pourtant, ces dernières semaines, ce tableau avait joué un rôle fondamental dans son équilibre mentale, une sorte de fenêtre sur un passé heureux. Un petit vestige de bonheur qu’elle aurait vraiment voulu conserver. On disait que ce qui comptait le plus dans un tableau, ce n’était pas ce que l’artiste avait voulu représenter mais plutôt les émotions qu’il suscitait pour ceux qui le regardaient.
Elle en voulait encore plus à ces hommes qui lui faisaient vivre un enfer pire qu’une mauvaise partie de paint ball mal scénarisée.

Elle adressa, malgré tout un petit sourire à ses compagnons quand ils évoquèrent la judicieuse idée de quitter l’endroit avant qu’une autre épreuve ne leur tombe sur le dos.

Avec des gestes précis et rapides, elle ramassa ses armes et s’assura qu’elles étaient prêtes à l’emploi. Elle prit en plus une hache de secours restée sur le mur. Il était improbable qu’elle arrive à s’en servir sur un être vivant mais cela pouvait toujours être utile.

« je suis prête! Bon, vu que j’ai des bikers aux fesses depuis quelques temps et qu’ils m’ont déjà grillé pas mal d’adresses, ça vous embête si c’est plutôt moi qui migre chez vous ? J’ai ma voiture garée à deux rues si vous avez besoin d’un taxi… »

Les garçons l’avaient aidé à la faire démarrer sans clé et lui avait expliqué le principe pour y arriver toute seule. Sur le moment elle n’avait pas mesuré à quel point cela pouvait s’avérer utile même si, une fois sur trois, elle se prenait un bon coup de jus au lieu de réussir à lancer le moteur.
La mécanique n’était vraiment pas son truc.
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Mar 25 Avr - 14:46

Plongé dans le silence, Logan se redressa rapidement après que Maddie ait gentiment tendu l'atmosphère avec sa question et il fit quelques pas dans la pièce, s'approchant des cadavres qu'ils venaient de semer pour les observer. Il ne lui en voulait pas, elle ne pouvait pas deviner tout ce qui était arriver pendant son absence, mais il n'avait absolument aucune envie d'être dans les parages si Juliet se décidait à répondre à ça, ce qu'elle ne semblait pas vouloir faire. Tant mieux. Lui, il tâchait de retrouver ses esprits et son calme légendaire en fouillant grossièrement les cadavres. Il n'y avait pas de petites économies, comme on disait et il avait bien l'intention de ramasser tout ce qui pourrait être utile à son groupe. De toute manière, eux n'en auraient plus besoin. C'est ainsi que pendant que les deux jeunes femmes essayaient de remettre Maddie sur ses pieds, Logan se retrouva avec plusieurs armes de bon calibre et une belle collection de balles dans les bras. Autant de choses qu'il pourrait ajouter à l'armurerie de Fort Hope et qui leur serait d'une grande utilité le jour où Bruce se déciderait à venir lui faire une petite visite surprise, car il ne doutait pas que ce jour viendrait.

Il ne se désintéressa des victimes de ce carnage que quand Juliet se tourna vers lui alors qu'elle proposait de partir. C'était effectivement la meilleure chose à faire et il valait mieux s'y mettre rapidement, avant qu'une horde ne se presse contre la vitrine déjà plus que fragilisée par exemple. Il répondit d'un simple hochement de tête et s'approcha de la porte, prêt à sortir, mais se stoppa pour leur faire face quand Maddie reprit la parole. Une voiture pouvait certainement les amener plus rapidement à leur destination dans la bonne saison, mais là... Aucun chasse-neige ne passerait avant un moment pour dégager la voie et leur petite expédition risquait de se transformer rapidement en dimanche après-midi à la patinoire. Cela dit, ce serait toujours mieux que de passer les deux prochaines heures à marcher dans le froid, comme ils l'avaient fait pour venir. « Va pour la voiture. » Il ne prenait même pas la peine de lui répondre concernant le fait d'aller chez eux, ça lui semblait tellement logique qu'il aurait presque été vexé qu'elle pose la question.

À l'extérieur, la situation n'était pas encore vraiment critique, mais ça commençait à chauffer. La horde la plus importante venait par la droite, se déplaçant lentement et difficilement dans la neige, mais sans jamais se fatiguer. Il leur restait encore une centaine de mètres à faire avant de devenir un problème. Des autres côtés, à gauche, en face, venaient d'autres rôdeurs. Moins nombreux, mais bien réels. Certains rampaient directement au sol, Logan en vit même un glisser en tournant au coin d'une ruelle et s'écraser par terre, mais rien ne pouvait le convaincre de changer de destination et il continua de se frayer un chemin vers la galerie, même en étant sur les genoux. Ceux-là étaient bien plus proches, à portée pour devenir un problème rapidement. « Faut qu'on fasse vite. » informa Logan à voix basse, comme si les deux jeunes femmes ne l'avaient pas constaté d'elles-même. Il avait juste besoin de le dire, pour se motiver tout seul à se bouger. Mais ne sachant pas vraiment par où aller, il laissa Maddie prendre la tête de l'expédition et la suivie dans les rues, son khukuri fermement coincé dans sa main, à surveiller les rôdeurs du coin de l’œil. Le silence était perturbé par leurs pas crissant dans la neige ou par le bruit étouffé des corps qui tombait sur le manteau glacé quand il enfonçait sa lame dans les crânes les plus proches d'eux. Il restait concentré et silencieux, ne faisait même plus attention de savoir si elles disaient quelque chose ou pas, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la voiture de la rouquine et qu'il se glisse derrière le volant sans vraiment demander leur avis aux filles. Rien qu'à voir les câbles dépassant bien largement sous le tableau de bord, Logan comprit qu'il était inutile de demander les clés à Maddie et il se débrouilla tout seul pour faire démarrer le véhicule, prenant même son temps pour régler le siège avant de se mettre en route. D'un coup d’œil dans le rétroviseur, il observa la banquette arrière une seconde, se permettant un léger sourire. Ça ne changeait pas grand chose à l'horreur ambiante dans laquelle ils étaient tous plongés maintenant, mais il était quand même assez content de la tournure que prenait cette journée. « Votre carrosse est avancé, mesdemoiselles. Prochain arrêt : notre petit coin de Paradis. » lâcha-t-il d'un ton qu'il aurait voulu un peu plus léger.

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Juliet I. Whitman
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Jeu 27 Avr - 17:30

Maddie était bel et bien sur ses pieds désormais, et semblait se sentir suffisamment bien pour marcher, et leur permettre de quitter les lieux. Ce qu’ils ne devraient pas tarder à faire, s’ils voulaient éviter de finir par avoir de sérieux ennuis, que le petit groupe n’arriverait peut-être pas à surmonter avec autant de chance cette fois-ci. Sa meilleure amie commença à ranger ses affaires, et Juliet se dit donc que c’était le moment ou jamais de s’éclipser. Elle laissa là Maddie et Logan, puis regagna son ancien bureau, et enfin, les escaliers qui menaient à son appartement. Cette fois-ci, la jeune femme sembla se montrer moins émotive envers les lieux, sans doute parce que l’urgence guidait ses pas, et qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas se permettre de traîner. Malgré elle, la brune marqua cependant un temps d’arrêt sur le seuil de la chambre de la petite, avant de se reprendre bien vite. Ce n’était qu’une pièce, elle pouvait le faire. Juliet serra donc les poings, entra dans la chambre d’Eulalie d’un pas raide, se dirigea droit vers la table de chevet de la petite, y prit l’objet de ses convoitises, puis fit demi-tour aussi rapidement que quand elle était arrivée. Une fois dans le couloir, Juliet s’arrêta malgré elle, et adossée contre le mur, elle examina la couverture de l’album photo, décorée par les bons soins de sa fille, qui avait passé des heures penchée dessus, pour que tout soit exactement comme dans sa tête. Elle avait toujours eu le sens du détail, et tenait sans doute ça de Juliet. Quoiqu’il en soit, elle aurait bien le temps de se montrer sentimentale plus tard, et elle finit donc par fourrer l’album photo dans son sac à dos, juste à côté des lettres de Maddie, puis sans un autre regard en arrière, sans même penser une seule seconde que c’était sans doute la dernière fois qu’elle mettait les pieds ici, elle redescendit les marches, et retrouva le duo dans la galerie dévastée. « -C’est bon, on peut y aller ! » lança-t-elle à leur attention, avant de lancer un regard entendu à Logan. Elle avait tout ce qu’elle était venue chercher, la raison de leur petite escapade, et désormais, plus rien ne les retenait ici.

Il ne leur fallut que quelques instants de plus pour se décider à quitter la galerie, direction la voiture de Maddie, qui se trouvait visiblement dans le coin. A peine eurent-ils mis le nez dehors que Juliet se rendit compte que les rôdeurs s’étaient effectivement rapprochés, prêt à venir se repaître de leurs corps encore chaud. Il ne fallait pas traîner, elle en avait conscience, et la petite piqure de rappel de Logan ne fit que presser un peu plus ses pas dans la neige. Ce fut Maddie qui mena leur petit trio à travers les rues enneigées, tandis que les marcheurs se rapprochaient, lentement, mais sûrement. Logan se chargea de ceux qui s’aventuraient un peu trop près d’eux, leurs corps mous s’affaissant au sol sur leur passage. Juliet serra son couteau fort entre ses doigts, n’hésitant pas à s’en servir au besoin. Elle collait les talons de Maddie, craignant sans doute de la voir blessée une nouvelle fois, alors qu’il semblait clair que la rouquine maîtrisait parfaitement la situation. Heureusement pour eux, la voiture n’était pas loin, et Jules eût tôt fait de s’installer sur la banquette arrière, aux côtés de sa meilleure amie, tandis que Logan prenait place derrière le volant. La brune jeta un coup d’œil par la fenêtre à côté d’elle, avant que le mécanicien ne les interpelle, elle et Maddie, annonçant qu’ils étaient prêts à partir pour leur petit coin de Paradis. Malgré elle, la jeune femme accrocha le regard de Logan dans le rétroviseur, avant de détourner les yeux. Fort Hope n’était plus vraiment le Paradis, plus depuis quelques temps déjà, mais Juliet ne se sentait pas à cœur d’aborder le sujet, ni même à répondre à son ex. Au lieu de quoi, elle se renferma, s’isolant dans une espèce de bulle loin de la voiture, laissant son regard divaguer par la fenêtre. Si bien qu’elle ne réagit pas tout de suite lorsque leur petit groupe arriva devant les protections de Fort Hope, là où Logan et Juliet vivaient, avec quelques autres survivants. Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas fait attention à la route un seul instant, pas plus qu’elle ne s’était montrée présente pour Maddie. Jules se racla donc doucement la gorge, avant de se tourner enfin vers sa meilleure amie : « -Bienvenue chez toi ! » lui lança-t-elle d’un ton faussement enjoué, qui elle l’espérait, passerait inaperçu. Elle aurait pu lui dire qu’elle était certaine qu’elle allait se plaire ici, entre les remparts rassurants du camp, que les survivants étaient plutôt sympas, dans l’ensemble, et qu’elle se ferait sûrement quelques amis, mais aucun mot ne franchit la barrière des lèvres de Jules, qui se contenta d’attraper son sac à dos, et de sortir de la voiture en attendant les deux autres.

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Ven 28 Avr - 20:28

Maddie était surexcitée, oui elle avait failli mourir, oui elle avait mal, oui son tableau préféré était mort, oui, aussi… elle avait tué des gens MAIS elle avait retrouvé Jule et gros nounours !!! Alors franchement, la fin du monde à côté de ça c’est rien.

D’ailleurs, elle ne voyait vraiment pas ce qui pouvait maintenant gâchée cette journée.
Elle avait hâte de retrouver Eulalie et de raconter, avec emphase, censure et humour, ses péripéties.

Elle avait bien perçu les mines graves de ses amis, mais, comme à son habitude, de tous les scenarios possibles, son cerveau choisi le plus joyeux : ils étaient au taquet avec les zombies du coin et les Punishers qui avaient tendance à pulluler.

Elle se retint de faire la moue pour la forme lorsque Logan décida de servir de chauffeur. Avec le temps et le peu de sagesse dont elle disposait, elle avait fini par apprendre qu’il était important de "caresser l’ego masculin dans le sens du poil". La télécommande et la voiture étaient deux sujets pour lesquels ces messieurs avaient, étrangement, besoin de démontrer qu’ils géraient. Donc elle se contenta d’afficher une mine soulagée de le voir prendre les choses en mains. Ralalala les hommes seraient perdus sans les talents d'actrices des pseudo princesses en détresses.

Après, c’est vrai que malgré ses stages de pilotage, avant l’apocalypse elle avait été radiée de presque autant d’assureurs qu’elle n’avait eu de « petits accrochages ».

Malgré tout elle aimait conduire, c’était juste la conduite qui ne l’aimait pas.

Maddie respecta difficilement le silence pesant qui régnait dans le véhicule. Elle avait beau essayer de se persuader que c’était juste pour que le pilote se concentre, elle savait, intuitivement, qu’il y avait autres choses. Logan et Juliet ne pouvaient pas imaginer la torture qu’elle s’infligeait pour ne pas déverser des flots de paroles tant elle ressentait la tension du moment.

Elle réussit, avec grande difficultés, à garder les lèvres closes jusqu’à l’arrêt complet du véhicule. Mais, au lieu de se réjouir de découvrir ce petit morceau de quartier préservé, où elle semblait être généreusement accueillie, elle restait focalisée sur un mauvais pressentiment.

Une petite voix vicieuse qui l’obligeait à se poser LA question. S’ils étaient sortis tous les deux, qui gardaient Eulalie ? Elles les connaissaient bien tous les deux, et même s’ils avaient changé, jamais ils n’auraient pris le risque de priver la petite fille de ses deux parents d’un coup en sortant ensemble et en la laissant derrière. Ils avaient leurs défauts, mais ils étaient de bons parents aimants et attentifs.

Aussi, attaqua-t-elle immédiatement, avec toute la subtilité et la finesse d’un bulldozer dans un champ de mines. Elle essaya d’y mettre de l’humour, mais les tremolos dans sa voix trahissaient son état d’esprit.

« Bon il se passe quoi là ? Vous êtes mal à l’aise parce que vous n’êtes pas encore remis ensembles et que ma remarque vous a embêtés…»

Elle les regardait tours à tours dans les yeux notant, avec de plus en plus d’effrois, tous ces petits signes qu’elle ne voulait pas voir.

« Dites-moi que j’ai dit ou fait une connerie, limite que vous vous êtes engueulés et que vous êtes en attente de réconciliations sur l’oreiller, ou que Logan a appris pour les livres et qu’il est furibond, voir que Jule est furax pour le relooking de la galerie… Je veux bien entendre n’importe quoi et m’excuser de tout, du moment que ça implique que dans les prochaines minutes je vais avoir mon elfette préférée qui va sautiller partout en apprenant que j’ai une robe de princesse pour elle que je me traine depuis le Canada… »


Elle les regardait d’un air implorant et espérait, dans quelques minutes, exploser de rire de s’être fait de tels films.
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Lun 1 Mai - 21:40

Le silence était plutôt pesant dans l'habitacle de la voiture, même pour Logan qui était pourtant forcé de se concentrer sur la route pour naviguer au travers de la neige et des obstacles. Pourtant, il ne fit rien pour le rompre. Peut-être que les deux amies n'osaient tout simplement pas parler devant lui, qu'elles attendaient d'être seules ou bien qu'elles étaient tout aussi concentrées que lui à regarder par la fenêtre. Il ne cherchait pas à savoir, conduisant simplement en tâchant de ne pas les envoyer dans le mur, trop lentement pour que ce soit vraiment apaisant. La tension lui donnait l'impression que quelque chose d'horrible allait se passer, l'obligeant à redoubler d'attention.

Et il avait raison. Quelque chose d'horrible arriva finalement, mais la voiture était arrêtée pour de bon derrière les murs sécurisés de Fort Hope à ce moment-là. Juliet avait même prononcé quelques mots. Ça sonnait faux aux oreilles de Logan, mais il n'avait rien dit, rien fait. Il ne faisait même pas le moindre geste pour montrer qu'il était peut-être temps de sortir de là pour rejoindre la maison de quelqu'un. Dès qu'ils sortiraient, il faudrait expliquer l'absence d'Eulalie et il ne savait pas encore comment faire. Il ne voulait pas laisser Juliet s'en charger toute seule, même s'il ne faisait rien de plus que rester silencieux à ses côtés pendant qu'elle annonçait la nouvelle à Maddie, il voulait être là. Un genre de soutien moral, tout au plus. Mais ils n'avaient pas bougé, ils restaient dans la voiture, échangeaient des regards les uns après les autres. Et l'horreur arriva, créant un malaise plus grand encore.

Maddie avait cette façon d'être et de parler toujours tellement... directe. Trop. Aucun détour, aucun moyen d'éviter le sujet qu'elle voulait aborder. Ça avait toujours été comme ça. Logan l'avait écouté en l'observant par le rétroviseur, il n'osait même pas se tourner pour lui faire face et il pâlissait à vue d’œil. Il ne comprenait pas tout ce qu'elle disait, mais la conclusion était claire, limpide. Et la réponse... Il hésita un instant, détournant son regard de la rouquine pour chercher celui de son ex. L'un d'eux devait parler, mais lequel ? Il eut envie de noyer le poisson encore un peu. Avouer à Maddie qu'ils ne s'étaient pas remis ensemble, non, qu'il était revenu à Détroit au milieu de l'apocalypse pour retrouver l'amour de sa vie, mais qu'il s'était perdu en chemin, s'était entiché d'une gosse, une rouquine comme elle et qu'il avait poussé Juliet dans les bras d'une autre. Et rien d'autre. Pas d'autre problème à l'horizon. Elle lui passerait un savon et il l'aurait bien mérité. Elle le taquinerait sur la ressemblance entre elle et Joy, il aurait même de quoi en rajouter une couche en mentionnant l'optimisme et la joie de vivre parfois insupportables de sa femme et ils finiraient par rire tous ensemble. Comme avant. Et tout irait bien.

« Maddie... » Oui, il allait dire tout ça. Parler de Joy, faire comme si Eulalie attendait sagement à l'intérieur avec sa belle-maman de vingt ans et que tout serait parfait dans quelques secondes. Ils lui diraient la vérité, bientôt, mais pas tout de suite, pas maintenant. « Écoute, c'est... Je suis désolé... » Pourquoi est-ce que sa bouche n'obéissait pas aux ordres de son cerveau ?! Non, non. Non. « Ça fait tout juste un mois... » Il baissa les yeux, observant ses doigts crispés sur le volant. Il n'avait peut-être rien dit, dans le fond, mais elle comprendrait. Oh oui, elle comprendrait à merveille et ça allait lui briser le cœur. S'il avait eu encore des larmes à offrir, il aurait sûrement pleuré. Il sentait la douleur revenir avec une brutalité insoutenable. Mais au lieu de pleurer, il chercha une nouvelle fois à croiser le regard de Juliet. Peut-être qu'elle aurait eu envie de le faire elle-même et qu'il s'incrustait dans son moment comme un égoïste.

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Juliet I. Whitman
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Ven 5 Mai - 21:51

Juliet avait lâché ces quelques mots du bout des lèvres, mais elle savait très bien qu’ils étaient tombés à plat, et qu’aucun des deux autres survivants n’y croyait vraiment. Même elle n’y croyait pas. Mais si personne ne fit la moindre remarque, cela ne détendit pas pour autant l’atmosphère, chargée d’électricité au possible. Juliet savait bien que désormais, il n’était plus qu’une question de minutes avant que la jeune femme ne doive avouer la vérité à Maddie, qu’elle ne finisse par prononcer ces mots qui la rebutaient toujours autant. Elle aurait tant voulu qu’il existe une alternative. Peut-être qu’elles pouvaient tout simplement aller chez Jules, et la rouquine se rendrait compte d’elle-même de toute la tristesse de la situation. Au fond, tout le problème était qu’elle se sentait totalement incapable d’avouer la vérité à Maddie, c’était trop…dur, elle n’y arriverait tout simplement pas. Juliet savait à quel point cela blesserait son amie d’apprendre la vérité, et elle refusait d’avoir à affronter la peine de la jeune femme, sans doute parce qu’elle était encore bien loin d’avoir réussi à surmonter la sienne. Voir sa meilleure amie s’effondrer ne ferait que raviver la douleur éprouvée par la mère de famille, et elle aurait voulu ne jamais avoir à affronter cela.

Mais tout finissait toujours par se savoir, et cela était précisément vrai avec les choses que l’on aurait voulu taire pour toujours. Juliet fronça doucement les sourcils aux nouvelles paroles de Maddie, et elle se rendit compte qu’elle n’aurait peut-être pas besoin de dire quoi que ce soit, car cette dernière semblait avoir déjà mis le doigt sur ce qui clochait. Elle était nerveuse, il suffisait d’écouter la diarrhée verbale dont elle était atteinte à cet instant pour le savoir, et si Juliet aurait voulu l’arrêter, lui dire qu’elle se faisait des films, et que tout allait au mieux dans le meilleur des mondes, si on exceptait les rôdeurs et les brutes épaisses, sa bouche resta hermétiquement close. Elle n’y arrivait pas, c’était au-dessus de ses forces. Pire, Juliet se renferma un peu plus, refusant de détourner son regard de la fenêtre de la voiture, comme si inconsciemment, elle refusait de prendre part à la suite de la conversation. Elle ne voulait pas dire à la marraine de sa fille qu’elle n’était plus là, et qu’elle ne reviendrait jamais. Ses yeux la brûlaient, et chaque muscle de son corps lui criait de quitter cette voiture en courant pour ne pas assister à la suite des événements. Et pourtant, lorsqu’elle entendit la voix de Logan prononcer le prénom de Maddie, Jules se rendit compte qu’il était égoïste de sa part de le laisser gérer ça toute seule, et que ça devait être aussi difficile pour lui que ça l’était pour elle. Juliet pinça doucement ses lèvres, cherchant comment confirmer à Maddie ses soupçons, mais Logan fut plus rapide, et avant même qu’elle ne comprenne comment ils en étaient arrivés si vite à cet instant, la rousse connaissait la vérité. Durant les quelques mots prononcés par le barbu, Juliet fut incapable de détourner son regard de son profil, de son visage qu’elle découvrait plus émacié, plus cerné que jamais auparavant. Elle aurait voulu trouver une solution miracle pour prendre une partie de sa peine, et lui rendre son deuil moins pénible, mais le fait ai qu’il n’y avait rien qu’elle puisse faire, rien d’autre que d’essayer d’être présente. Juliet croisa le regard fatigué de Logan dans le rétroviseur, elle aurait voulu le remercier d’avoir été celui qui avait fini par dire la vérité, parce qu’elle en aurait été tout bonnement incapable, mais une fois encore, les mots restèrent bloqués.

Au lieu de cela, Jules tourna lentement la tête vers Maddie, redoutant déjà de voir l’expression sur le visage de cette dernière, qui lui fit serrer violemment la mâchoire. C’était toujours bien trop pénible de voir nos proches souffrir. « -Elle a pas été mordue, tu sais, c’était une mauvaise fièvre… » parvint finalement à articuler la jeune femme, pour couper court aux milles scénarios que Maddie pourrait s’imaginer, et qui risquaient de rendre la nouvelle encore plus douloureuse. Si bien que Jules n’avait pas pu s’empêcher de le dire, comme si ça pouvait faire une différence, ou rendre la situation plus acceptable. Mais ce n’était pas le cas, et rien ne rendrait jamais la situation plus facile à vivre. Eulalie n’était plus là. Juliet chercha le regard de sa meilleure amie, avant de déglutir péniblement : « -Je suis vraiment désolée Maddie… » murmura-t-elle, glissant sur le siège pour se rapprocher de sa meilleure amie, sachant que ça aussi, ce n’étaient sans doute que des mots en l’air. Dire qu’elle était désolée n’allègerait pas la peine que ressentait la jeune femme à cet instant, ça n’avait pas apaisé la sienne lorsqu’on lui avait répété ce mot, encore et encore. Juliet tâcha de prendre Maddie dans ses bras, ce qui ne s’avérait pas très pratique dans une voiture, mais tant pis si elle devait se contorsionner pour cela. Elle n’avait pas exactement imaginé que ces retrouvailles prendraient cette tournure, même si elle avait su à l’instant où ses yeux bleus s’étaient posés sur son amie qu’elles allaient devoir aborder le sujet, à un moment ou à un autre. Tant bien que mal, la brune parvint à glisser une main jusqu’au siège de Logan, et serra doucement son bras entre ses doigts, espérant lui transmettre un peu réconfort dans ce maigre geste. Finalement, au bout de quelques instants, Juliet se recula, essuya ses joues mouillées, et regagna sa place initiale. « -Je suis sûre qu’elle aurait adoré ta robe de princesse… » reprit-elle au bout d’un long moment, en attrapant la main de Maddie pour la serrer fort dans la sienne. Que pouvait-elle dire d’autre ? Maintenant que la rouquine connaissait la vérité, il n’y avait rien d’autre à dire, et Juliet savait que tous les mots du monde ne parviendraient pas à étancher la douleur écrasante qui devait comprimer la poitrine de Maddie.

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Maddie Purple
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Dim 7 Mai - 23:32

Les informations étaient claires et confirmaient les pires pressentiment de Maddie. Pourtant, elle était dans l’incompréhension la plus totale. Du moins elle refusait de comprendre l’intolérable. C’était le choc. Le vide avant les prémices à la vague de douleur qui allait arriver.

Maddie avait vécu des moments pénibles, mais aucun n’avait été plus difficile que celui où on lui avait annoncé qu’elle avait perdu sa fille. Une enfant qu’elle n’avait jamais connue, dont elle n’avait jamais vu les traits que sur une échographie, mais qu’elle avait pourtant aimée de toute son âme. Elle se souvenait de sa souffrance, de ces gens qui lui disaient des mots de compassions qui n’apaisait rien la brulure vive qui la rongeait. Elle ressentait encore les affres de la culpabilité de ne pas avoir su protéger cette petite âme sans défense. Elle se souvenait de ses larmes. Des moments où elle ne pensait plus avoir d’émotion tellement le chagrin avait tout balayé sur son passage ne laissant qu’un champ de cendre derrière lui dans son cœur. Ça avait été affreux, sans mot, sans image assez forte pour savoir ce qu’elle avait dû enfouir au fond d’elle-même, derrière des faux sourires et une apparence de force.
Parce que, dans cette délicate période, il y avait aussi eu les autres. Ces personnes qui viennent vous parler alors que vous avez envie d’être seule, vous confier leur tristesse, alors que vous ne savez déjà pas gérer la vôtre. Maddie se souvenait trop de ce qu’elle avait vécu pour infliger cela à Logan et Juliet.

Alors, quelques soit l’horreur de ce qu’elle pouvait ressentir dans l’immédiat, l’envie de se mettre en boule et de rester à pleurer en espérant qu’elle se réveillerait de ce cauchemar, elle allait tout garder à l’intérieur de sa carapace et certainement pas accepter que Logan et Juliet doivent subir cela en plus du reste. Elle était balayée par ses émotions, sauf qu’elle ne pouvait pas se permettre de sombrer. Elle n’avait pas le droit de les accabler encore plus avec sa peine. Elle ne le tolèrerait pas plus qu’elle ne pourrait se le pardonner.

Pourtant elle était assaillie de ces moment de joie simple avec Eulalie, de ses crises de rires si communicatives, de ses projets fous qu’elles avaient vécu et qu’elles auraient dû pouvoir vivre. C’était trop, c’était une tempête inextricable qui s’abattait sur elle.
Sans un mot elle serra Juliet contre elle et posa sa main sur l’épaule de Logan. Ce n’était pas grand-chose, mais ça allait au-delà des mots. C’était sa façon à elle, étrangement muette, de leur témoigner plus que son soutien: un message qu’ils n’étaient pas seuls, un message de force.

Elle prit le temps de calmer la boule de sanglots qui montait dans sa gorge et, c'est les yeux rouges et la voix un peu tremblante qu’elle réussit à dire.

« Je me doute bien qu’elle n’a pas été mordue, ça aurait été impossible avec des parents aussi formidables que ceux qu’elle a eu la chance d’avoir. Quoiqu’il soit arrivé, je sais que vous vous êtes battus de toutes vos forces pour elle… et je suis sure qu’elle aussi. Alors arrêtez d’être désolés, la seule qui puisse l’être ici, c’est moi d’être arrivée si tard. Et je refuse de l’être parce que où que soit Eulalie maintenant, je ne veux pas qu’elle me voit comme ça… »
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Jeu 11 Mai - 9:10

Et maintenant ? Les deux parents avaient parlé, chacun leur tour, avoué à Maddie ce qu'elle ne voulait pas entendre, ce que personne n'aurait jamais envie d'entendre. Logan sentait de nouveau ce poids oppressant sa poitrine, mais il restait planté droit comme un i sur le siège de la voiture, une main posée sur celle que Juliet venait de mettre sur son bras pour le réconforter un peu. Ça ne marchait pas bien, mais il ne lui en voulait pas. Il en voulait un peu à Maddie, de les obliger à passer de nouveau par ce moment difficile. Mais c'était fini, maintenant, non ? Il n'y avait plus personne, tout le monde savait.

Il entendait vaguement les paroles de Maddie, en essayant de se convaincre qu'elle avait raison, qu'ils avaient fait de leur mieux pour leur fille et que tout ça n'était pas leur faute. Mais ça fonctionnait tout juste. La seule chose qu'il voulait entendre, là, c'était ce qu'ils étaient supposés faire. Ça, ça l'aurait aidé. Mais quelque chose lui disait qu'aucune des deux jeunes femmes ne le savait plus que lui. Ils improvisaient, toujours, tout le temps. C'était ça, la vie, maintenant. « On entre ? » demanda-t-il donc après quelques secondes de silence supplémentaire. C'était idiot, certes, mais l'ambiance dans la voiture était oppressante et désagréable. Ça ne venait pas de la voiture, mais c'était la seule idée qui lui venait pour se débarrasser un peu de cette tension. Alors, après un rapide regard aux jeunes femmes, il ouvrit la portière, attrapa son sac sur le siège passager et se glissa sur le bitume glacé au dehors.

Ils étaient devant l'infirmerie, juste entre leurs deux maisons. Ça rendait la suite encore plus difficile. Logan ne rêvait que de s'échapper, ne surtout pas participer à une longue et éprouvante conversation sur tout ce que ce monde avait apporté d'horreur à Maddie ou à eux. C'était mal ? Il aurait du rester, sûrement, mais il se rassurait en se disant que la rouquine n'était pas tellement son amie, elle était celle de Juliet, mais lui il n'avait joué que le rôle secondaire masculin dans leur comédie romantique. « Je vais vous laisser un peu tranquille. Vous devez avoir tellement de choses à vous dire. » tenta-t-il dans un piètre sourire. « Je serais à la maison, si vous avez besoin de quelque chose. » Il ne pouvait rien de plus pour elles, de toutes façons. Alors, à quoi bon ? Pourtant, avant de partir, il fit un pas vers elles et, sans demander l'autorisation, les enlaça de nouveau longuement. Ça ne lui ressemblait pas trop, mais rien ne lui ressemblait plus vraiment dans sa vie d'aujourd'hui. « Je suis vraiment content qu'on t'ait retrouvé. » murmura-t-il à l'adresse de la rouquine. Une ou deux secondes plus tard, il les laissait tranquille et se détournait pour rejoindre sa maison.

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Juliet I. Whitman
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Ven 12 Mai - 22:19

Des parents formidables. L’avaient-ils vraiment été, puisqu’au final, leur petite fille n’était plus de ce monde ? Juliet s’était posé la question des tas, et des tas de fois. Qu’aurait-elle pu ou plutôt dû faire différemment ? Eulalie aurait-elle survécu si Juliet l’avait amené plus tôt voir Katherine ? Tant de questions qui se bousculaient, qui restaient, et resteraient sans réponse, et qui faisaient douter Juliet sur le fait qu’elle ai effectivement été une mère formidable, elle qui avait échoué dans le rôle de sa vie. Aux paroles de Maddie, la brune détourna simplement le regard, parce que c’était plus simple que d’affronter les yeux rougis de sa meilleure amie. Lorsque Logan finit par proposer qu’ils quittent la voiture, Juliet hocha doucement de la tête, et récupéra son sac à dos entre ses jambes. L’air glacial qui fouetta son visage lorsqu’elle ouvrit la portière du véhicule lui fit du bien, et Juliet en profita pour prendre une profonde inspiration, comme si ce simple geste pourrait chasser la tension qui crispait ses épaules.

Ils se retrouvèrent finalement tous les trois devant l’infirmerie, où Maddie devrait sans doute faire un tour pour s’assurer que le coup qu’elle avait reçu était bénin. Logan ne tarda pas à briser ce silence qui s’était de nouveau installé entre eux, annonçant qu’il allait laisser les deux jeunes femmes à leurs retrouvailles. Juliet hocha de la tête, pourtant pas vraiment certaine qu’elle avait envie de se lancer toute de suite dans le récit de tout ce qui lui était arrivé depuis le début de la fin du monde, sa fuite de Détroit, l’hôpital, la caserne, Kelly, Joy,… Bien sûr qu’elle en parlerait à sa meilleure amie, elle lui raconterait même tout dans les moindres détails, deux fois s’il le fallait. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, elle avait juste envie de s’assoir et de profiter du retour totalement inattendu de Maddie, sans parler de choses qui faisaient mal. Elles avaient eu leur dose de souffrance pour la journée. Maintenant qu’elles s’étaient retrouvées, Juliet n’avait aucune intention de laisser partir sa meilleure amie, et elles avaient toute la vie devant elles pour se raconter tous les déboires qui leur était arrivé depuis qu’elles s’étaient vues pour la dernière fois. La brune allait donc répondre à Logan qu’il pouvait rentrer tranquillement, et qu’elle savait où le trouver au besoin, mais elle n’en eu tout simplement pas le temps, le barbu s’avançant rapidement pour les serrer contre lui. C’était plutôt inattendu, ce n’était pas vraiment son genre, mais ce n’était certainement pas Jules qui allait s’en plaindre, et elle fit glisser ses bras dans le dos de Logan et de Maddie, les blottissant un peu plus contre elle. Le répit ne fut que de courte durée, mais il fut tout de même le bienvenu, et ce fut légèrement à contre-cœur que Juliet s’éloigna pour libérer les deux survivants. Logan leur tourna finalement le dos, et se dirigea vers sa propre maison, tandis que les deux demoiselles restaient sur place. Juliet se tourna donc la rouquine, avant de désigner du menton la maison dans laquelle venait de s’engouffrer son ex : « -Logan habite là, Kelly et moi vivons ici, et ça, c’est l’infirmerie, où tu vas aller faire un tour ! »  lui dit-elle, tandis qu’elle montrait les différentes maisons successivement. Finalement, Juliet attrapa Maddie par le bras, l’entraînant sans tarder vers la maison devant laquelle elles étaient plantées.

Il ne leur fallu qu’une poignée de secondes pour gagner l’intérieur de la bâtisse, dans laquelle la température était considérablement plus élevée. Par chance, Katherine était présente, et après les présentations de rigueur, légèrement expédiées, Juliet laissa Maddie aux bonnes mains de la médecin, tandis qu’elle restait à attendre en dehors de la pièce. Lorsque la consultation fut terminée, la brune sauta de nouveau sur sa meilleure amie, sans même attendre que la docteur ne se fut éloignée : « -Alors, tout va bien ? » demanda-t-elle, sans chercher à cacher son inquiétude, en consultant les deux jeunes femmes du regard. Mais elle fut bien vite rassurée, et après quelques minutes supplémentaires à l’infirmerie, Juliet finit par trainer la rousse une nouvelle fois vers l’extérieur, avant de l’emmener chez elle. Kelly était absente, comme bien souvent ces derniers temps, probablement en train de surveiller le camp, et il régnait dans la maison un silence de mort. « -Tu veux rester ici ce soir ? » finit-elle par demander, d’un air qu’elle voulut détaché. Mais au fond, Juliet aurait voulu lui dire qu’elle n’avait plutôt pas intérêt à dire non à sa proposition, parce qu’elle refusait de la voir partir si vite. Et même si elle allait s’installer dans une autre maison, il n’était pas exclu que la brune viendrait lui tenir compagnie pour autant.

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