You Can Fly! You Can Fly! You Can Fly!



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I walk a lonely road
Peter Collins
Matricule n°001
I walk a lonely road
Dim 30 Avr - 16:57

Peter ne savait pas combien de temps il avait dormi. Son épuisement avait pris le pas sur sa méfiance naturelle. Il se réveilla néanmoins en sursaut et en panique dans la caravane, ne sachant plus où il était ni comment il était arrivé ici.

Il mit un certain temps à se remémorer l’homme et le chien… d’ailleurs où étaient-ils ? Peter avait peur, la caravane n’était pas bien grande, aussi comprit il rapidement qu’il était seul. Une vague d’affolement le submergea quand il se rendit compte que la porte était verrouillée !!!

On l’avait enfermé !!!

Peter était au bord des larmes. On allait forcement lui faire du mal, voir le manger !! Bien entendu, dans sa terreur, il ne réalisait pas qu’avec sa petite taille et sa maigreur, il ferait un bien piètre festin.

Après avoir cherché une cachette pour lui et Stitch, Peter se rendit compte que la caravane contenait des fenêtres. Certes elles n’étaient pas larges, mais Peter n’était pas non plus bien épais.

Après avoir empilé ce qu’il avait trouvé, sans se soucier de laisser du bazar derrière lui, il réussit à se faufiler par l’ouverture, non sans avoir de grosses difficultés pour faire passer le fusil de papy. Dans la manœuvre la photo que sa maman lui avait laissée de son papa quand il était encore vivant.

Mince.

Impossible d’y retourner sans risquer d’être coincé.

Peter renonça donc et parti aussi vite que ses jambes pouvaient lui permettre, craignant que l’homme et ses amis ne viennent pour le cuire à la broche. Les histoires d’ogres avaient pris une triste réalité depuis que les morts s’étaient relevés et que les vivants devenaient fous.

Peter ne savait absolument pas où il était ni comment retrouver son chemin vers le Canada. Ce ne fut que lorsqu’il estima, très essoufflé, qu’il était suffisamment loin de la caravane qu’il prit le temps d’essayer de se repérer avec le soleil pour marcher vers le nord.

Il croisa un mort qui se mit à sa poursuite. Il n’osa pas tirer de peur d’attirer du monde et accéléra le pas. Très vite un deuxième et un troisième vinrent rejoindre le premier. Peter garda le rythme. Sauf qu’au bout d’un certain temps, un point de côté fit son apparition et devient de plus en plus douloureux à chaque foulée.

A force de regarder derrière lui, Peter manqua de peu de se jeter sur un autre mort. Il ouvrit la bouche dans un cri muet avant de l’éviter de justesse et de réussir à grimper a un arbre.

Il avait l’impression d’être le pompon d’un manège et que les morts étaient très motivés pour un tour gratuit. Il voulu se saisir de son arme, mais, risquant de perdre son équilibre, il la lâcha et un coup sonore parti tout seul quand elle tomba au sol, hors de sa porté.

L'enfant était au bord des larmes devant ce désastre. Au fond de lui il savait qu'il venait non seulement de perdre son ticket de sortie, mais aussi d'attirer tout ce qui pouvaient être dangereux dans les environs.

Il ne pouvait que serrer fort sa peluche dans ses bras en priant pour un miracle.
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Jeu 4 Mai - 21:08

En quelque sorte, Cyrius était apaisé. Le chant des oiseaux le berçaient dans des souvenirs de forêt qu’il connaissait bien. Il se rappelait des bruissements des feuilles mortes sous ses chaussures, l’odeur des pins mouillés, le cri des hiboux mais aussi le grognement des ours. Tout ce qui l’entourait lui rappelait sa jeunesse où il n’avait qu’été en communion avec la nature. La forêt avait un coeur qui battait pour lui.

Et ce jour là, posé sur son hamac accroché dans son food-truck gigantesque, une des fenêtres grandes ouvertes pour laisser l’air s’insinuer dans ses poumons, il se sentait en osmose parfaite. Ses cheveux tombaient sur ses yeux fermés, mais il voyait des scènes qu’il avait déjà connu. Le sourire de sa mère, les explications de son père sur la souche des arbres, ses frères et soeurs sautés dans le petit lac qui leur était destiné. Il avait passé la plus douce des enfances.

Cela lui manquait. Il pensait sans cesse à revenir à Yellowstone, étant persuadé que sa tribu avait survécu. Si il avait su, si il avait pu, il aurait emmené tout le monde. Pourtant, son avarice et son égoïsme l’avait mené à retourner à sa vie de patachon, retournant à ses occupations de businessman et de fêtard. Il regrettait être devenu comme ceux qui l’avait haït et victimisé pendant des années.

Il avait été un héros, et se retrouvait comme le vilain petit canard de sa propre histoire. Il n’était plus le « Jolly Coeur », le pirate des coeurs. Ses yeux vairons n’attiraient plus aucun regard, ni son sourire, ni ses histoires enchantés, ni les décimales de Pi.

Aujourd’hui, c’était marche ou crève. Il ne voulait pas de cette vie là, mais se trouvait chanceux de tenir encore son food-truck en vie, les petites banquettes et les tables se remplissaient à l’arrière du véhicule, lui en cuisine, un oeil sur ces survivants qui ne demandait qu’à être nourris et écoutés. Il se faisait des connaissances, des amis, des alliés, malgré tout. Il vivait comme ça, et ne mourrait jamais de solitude bien longtemps.

Il ouvrit les yeux en se frottant le visage, se redressant, une jambe dans le vide. Il se faisait tôt et n’était pas encore prêt à ouvrir. Il voulait souffler, se balader, humer un peu l’air de la verdure avant de recevoir des victuailles pour préparer un repas en échange de biens intéressants.

Son marché était bien, il faisait du bon travail, faisait ce qui lui plaisait malgré l’Apocalypse. Il ne pouvait pas rêver mieux. À part peut être entendre les voix de sa famille, trouver un remède et revenir dans un monde où tout est à reconstruire. Il ne savait pas vraiment, et il ne le voulait pas.

Le coup de fusil le fit sursauter dans ses pensées, le tressaillement fit bouger le hamac un peu fort et Cyrius manqua de se fendre la tête sur une des gazinières. Il se rattrapa de justesse, évitant l’irréparable.

Dans un instinct héroïque qui lui collait presque à la peau depuis des lustres, il s’empara de son blouson ainsi qu’un couteau de cuisine, fourra les clés de son food-truck dans la serrure, avant de partir en expédition. Si quelqu’un était proche, ce n’était pas une personne qu’il pourrait connaître. Cette partie de la forêt lui était dédié, c’était son havre de paix, son jardin secret. Personne ne venait dans cette partie. Sauf lui et The Fox’s Eye.

Il fit quelques mètres avant de voir entre les arbres plusieurs rôdeurs se diriger ensemble vers un même point précis. Il devait y avoir de la chaire fraîche. Mais comment savoir si c’était un animal ou un humain? Il n’en savait rien.

Il fit quelques pas silencieux, avant d’arriver vers un groupe de rôdeur, les bras levés. Caché par un tronc d’arbre, il se pencha pour apercevoir silencieusement et secrètement un visage juvénile. Il voyait bien ce qui ce passait, n’était pas aveugle : un petit garçon était perché entre les branches, s’accrochant dessus comme pour sauver sa vie.

Il délira dans sa tête, se demanda comment cela pouvait être possible qu’un enfant aussi jeune puisse survivre. Cela faisait 1 an qu’il n’en avait pas croisé d’aussi près. Il réfléchit assez vite avant de prendre la décision d’intervenir. Il ne pouvait pas laisser un petit gars sur la cime d’un arbre. Son père se retournerait dans sa tombe.

Ils étaient environ 5, et plutôt frais. Cyrius pensa vite, bien, et brièvement.

Le fusil était à terre inatteignable et à terre. Ni une ni deux, il imita le hululement plutôt doux d’une chouette, ce qui attira deux d’entre eux. Cyrius se pencha juste assez pour plaquer son index sur sa bouche et capter le regard du gamin.

Lorsque les deux marcheurs s’approchèrent, il recula de quelques pas avant de souplement mettre un coup de couteau dans le crâne d’un deux. Un peu coincé, il eut du mal à retirer son arme, l’autre moisi s’approchant de trop près et Cyrius frôla un coup de mâchoire dans son avant-bras.

Une suée lui prit, avant de mettre un coup de pied dans le ventre du dernier. Pas assez frais au final. Ses tripes tombèrent d’un coup, salissant les chaussures de ranger qu’il portait. Une mimique de dégout passa sur le visage du jeune homme, avant d’asséner un coup de couteau dans son oeil gauche.

Avec vitesse, il saisit une pierre pour la lancer plus loin, invitant les trois autres à s’éloigner quelques instants. Les voyant se diriger vers l’arbre où le garçon était accroché.

- Eh, eh ! Toi là haut, ça va? T’es tout seul?

Avant qu’il ne puisse prononcer un mot, Cyrius grimpa lui aussi à l’arbre, ses vieilles habitudes d’enfance lui revenant dans les veines. Avec son père, il grimpait aux arbres depuis qu’il savait marcher. Un de ses anciens passe-temps favori. Il s’accrocha à une branche en dessous, le dévisageant. Il serrait quelque chose de bleu dans ses bras, plutôt atroce. Ses yeux étaient mouillés et apeurés. L’homme aux yeux vairons se demandait fortement à quel point il devait être traumatisé par ce monde pourri jusqu’à la moelle. Il lui sourit doucement, poussant sur ses bras pour arriver presque à sa hauteur.

- Comment il s’appelle ton copain dans tes bras? Moi c’est Cyrius. Et toi?

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Jolly Coeur
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Peter Collins
Matricule n°001
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Ven 5 Mai - 23:00

Peter était désespéré. Il ne voyait pas comment il pouvait se sortir de ce mauvais pas. Malgré sa peur, il entendit clairement un drôle d’hululement, le genre d’imitation qu’il faisait avec les autres scouts à l’époque où il pouvait encore jouer et rire.

Il chercha du regard la source de ce son et vit un « Monsieur » qui observait la scène. Ce n’était pas vraiment un Monsieur comme celui avec la caravane, lui, il avait l’air plus jeune. Mais ça n’en restait pas moins « un grand ». Et il ne savait que trop ce que les grands pouvaient faire. Ce n’est pas pour rien qu’il vivait loin des gens « vivants » et qu’il venait de quitter l’angoissante caravane où on l’avait enfermé.

Peter était donc méfiant, mais c’est avec un certain espoir qu’il vit l’homme lui faire signe de rester silencieux. Allait il l’aider ?  Peter resta silencieusement à l’observer. L’homme ne pouvait pas deviner que, même s’il l’avait voulu, aucun son ne sortait plus de sa bouche depuis longtemps. Il se contenta donc d’hocher timidement la tête au grand garçon pour lui montrer qu’il avait compris le message.

Il se raidit en voyant deux morts aller vers lui. C’est transit qu’il le regarda le combat, craignant, à chaque moment, que l’homme ne se fasse morde, tendant le cou pour mieux voir. Mais les morts ne faisaient pas le poids. Il fut surpris quand le « grand » lança un gros caillou et que les zombies allèrent vers l’objet comme des chiens après un bâton. C’était malin.

« Eh, eh ! Toi là-haut, ça va? T’es tout seul? »

Peter sursauta à cette question et manqua de paniquer quand il vit l’homme grimper l’arbre. C’est avec une aisance étrange pour «un grand » qu’il arriva à son niveau sur sa branche à la plus grande surprise de l’enfant. Peter manqua de basculer et de lâcher Stitch mais il se rattrapa en retenant sa précieuse peluche. Le Monsieur était vraiment un jeune en fait. Il avait des yeux bizarres, un peu comme le chien de papy. Le bon Dieu avait pas dû savoir se décider quelle couleur il voulait pour lui aussi. Sans raison logique, cela rassurait un peu Peter.

« Comment il s’appelle ton copain dans tes bras ? Moi c’est Cyrius. Et toi? »

Peter hésita. Il ne savait pas trop quoi faire. Il était fatigué d’être seul, épuisé d’avancer dans la peur. Une petite voix en lui lui hurlait que le « grand » voulait peut être le manger, mais il avait besoin de cette main tendue, d’espérer que, comme ce n’était pas non plus un adulte, il ne serait pas un vilain.

C’est tout tremblant qu’il tendit les fesses de son précieux compagnon de route, sur l’étiquette un peu grise, en dessous de « Stitch et Lilo » et au-dessus de « made in China » il y avait une personne aimante qui avait brodé « Peter C. » pour être sûr que son petit-fils ne perde jamais son doudou.

Il montrât du doigt la couture avant de désigner, puis montrât le nom de la peluche avant de la retourner pour que Cyrius puisse voir la tête élimée mais joyeuse de l'extraterrestre bleu.

Il ne quittait pas « le grand » des yeux, guettant avec angoisse le geste qui pourrait être le signal que le grand n'était peut être pas un gentil et qu'il fallait fuir vite.
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Lun 5 Juin - 14:54

Cyrius prit la peluche un peu sale, une étiquette blanche accrochée aux fesses de la peluche souriante. il fronça les sourcils en souriant, la prenant de ses grandes mains. Il regardait la broderie pendant que le petit garçon se désignait avec son doigt. La jeune homme hocha la tête, comprenant que cette abomination bleue était en fait un « Stitch », faisant référence à un vieux dessin animé qu’il avait du voir deux-trois fois avec ses frères et soeurs. Il l’examinait sous toutes les coutures en le tournant et le retournant.

- Peter, je suis enchantée de faire ta connaissance.

Il ramena ses grands yeux vairons vers le petit bonhomme tout tremblant, le visage sale et amaigrie, son énorme sac à dos sur le dos. Ses yeux perlaient un peu, de jeunes larmes formant des rigoles sur ses joues creuses. Un pincement au coeur surprit Cyrius, qui fronça les sourcils. Il savait y faire avec les enfants, mais ne savait pas vraiment comment prendre en charge un enfant traumatisé. À vu d’oeil, il devait avoir à peine 11 ans.

- Mon père a toujours dis que les arbres donnent leur confiance à ceux qui montent dessus. Si les branches cassent, ils sont mauvais. Si ils s’y sentent à l’abris et protéger, ce sont des gens biens. Et mon père ne s’est jamais trompé. il est… Enfin, il était Gardien de la forêt de Yellowstone. Il prenait soin des animaux, des arbres, des plantes.

Il jeta un regard à l’enfant.

- Mais je n’ai pas suivi le chemin de mon père qui voulait que je reprenne le flambeau de la famille, être un Gardien ça demande du temps : parler avec les animaux, régler les problèmes de voisinage entre les biches, marier des écureuils, psychanalyser les arbres…

Il fronça les sourcils en levant les yeux au ciel, soupirant par le nez. Il écoutait la nature quelques secondes, de vieux souvenirs remontant dans son coeur et dans sa tête. L’odeur des pins, le cri des chouettes, les pattes d’un mulot froisser des feuilles… C’était la musique de sa vie.

- Enfin bon. C’est la vie. Au final je suis devenue un cuisinier nomade. Je parcours les routes seul. Et d’ailleurs je manque cruellement de personnel…

Il retira son bonnet pour recoiffer sa mèche brune qui lui tombait sur le visage. Il s’y appliqua en marmonnant un peu seul, comme si il s’adressait à lui même.

- Être tout seul aux commandes du navire c’est pas vraiment rigolo. Puis mine de rien, j’ai besoin d’un acolyte pour prendre les commandes, m’aider en cuisine, faire le ménage.

Il soupira une dernière fois, mimant de remarquer encore la présence de Peter sur l’arbre.

- Mais bon, je comprends, c’est difficile de faire confiance aux gens avec ce qui est arrivé. Il y a des personnes qui font des choses moches, et ça fait du mal à voir. Mais je suis en sécurité là où je suis, d’ailleurs si un jour tu passes à mon Food-Truck, je te ferais une ristourne, t’as l’air malin et vif pour grimper aux arbres. Alors… À plus !

Cyrius se retourna pour se pendre par les bras, faisant bien attention de ne pas attirer l’attention des rôdeurs, encore trop proches à son goût. Arrivés sur ses jambes, enfin sur le sol, le jeune homme blêmit en se demandant ce qu’il faisait. Il jouait la carte de l’appât, donner faim pour attirer. C’était une technique qu’il avait apprise au fur et à mesure que sa mère pondait ses frères et soeurs. Pour participer aux corvées, arriver plus vite au bus de l’école… Ça marchait la plupart du temps.

Sauf que ce petit bonhomme, Peter, n’était qu’un étranger. Et il ne savait pas comment il allait réagir.

Cyrius marcha droit devant lui, ramassant au passage le fusil et le déposant contre l’arbre. Les couteaux dans les mains, il priait un certain seigneur que le gamin le suive jusqu’au Food-Truck, au moins pour le mettre à l’abris une nuit, checker qu’il aille bien, qu’il n’est pas tout seul, juste perdu.

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Jolly Coeur
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Peter Collins
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Jeu 8 Juin - 16:08

L’enfant était sur ses gardes, prêt à fuir au moindre geste brusque, sauf qu’en face de lui, Cyrius restait calme. Au fur et à mesure qu’il parlait, Peter se détendait. Il n’avait pas l’air d’un méchant, et ce qu’il disait savait capter l’intérêt de l’enfant. Au moins, pendant quelques minutes, il était plus qu’un gamin perdu en bout de course, il était juste un jeune garçon écoutant attentivement un plus grand sans crainte de se faire manger.

Peter n’avait aucune idée de ce que pouvait être un gardien de la forêt. Une sorte de Ranger comme au Texas ? En tout cas ça sonnait bien aux oreilles. Il écouta attentivement je jeune homme qui, patiemment essayait de le rassurer sans le brusquer. Un luxe au regard de la situation, mais c'était si important pour le petit garçon perdu dans cet arbre.

Il se redressa presque, tel une mangouste à l’affut, quand Cyrius lui annonça qu’il était « un cuisinier nomade ». Ce n’était pas seulement la faim qui avait éveillé son intérêt mais, dans l’imaginaire de l’enfant, Cyrius était sur un chameaux à distribuer des loukoums dans le désert. Il ouvrit la bouche en proie à mille et une question, mais la referma résigné quand aucun son ne voulut en sortir. Il cherchait quelqu’un pour l’aider !! Peter trépignait de lui dire qu’il voulait bien faire le ménage et prendre des commandes sur le chameau contre ne serait-ce qu’un petit bout de loukoum.

Quand Cyrius le salua et descendait de l’arbre, Peter était au bord de la panique et des larmes. Il le regarda incrédule en espérant qu’il se retourne pour venir le chercher. Mais le jeune homme n’en fit rien.

La curiosité, la faim, ou le fait que Cyrius était malin et habile avec un petit bonhomme de 10 ans, eurent tôt fait de lui faire oublier toute méfiance. Peter, se laissa vite glisser en bas de l’arbre et du faire dei tour pour récupérer son arme, avec la précipitation il avait failli oublier le fusil de son papy.

Il courut aussi vite que ses maigres jambes lui permettaient pour rattraper le « cuisinier nomade ». Il ne pouvait pas crier de l’attendre, et c’est donc un peu essoufflé qu’il arriva a lui attrapé la manche pour le retenir et attirer son attention.
Il prit quelques secondes pour retrouver son souffle et sorti un carnet où il nota :

« Si tu me promets de pas me manger, je sais faire le ménage et j’aidais bien mamie à la cuisine, et je sais attraper des lapins… »

Il lui montra le carnet avec l’écriture griffonnée à la hâte et le regarda avec des yeux aussi suppliants qu’un cocker sur une publicité d’adoption des chiens errants.
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