Alliance ou tensions ? ~ feat. Avalohn S. Inverness



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I walk a lonely road
Andy Rodwell
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I walk a lonely road
Lun 1 Mai - 14:49

La température était toujours extrêmement fraîche, saison oblige, et la visibilité diminuée par la finr chute de neige qui recouvrait lentement les rues de la ville. Combien de kilomètres parcourus ? Quelle distance avalée ? Combien de véhicules trouvés puis abandonnés par manque d'essence ? Le compte avait été arrêté bien vite, et tout ça pour quoi ? Toujours aucune information, aucun moyen de savoir où se trouvait la raison de son pèlerinage en terre morte. Partout où se posaient ses yeux, Andy avait droit au même spectacle. Des vitres explosées, des bâtiments à moitié détruits, des lambeaux de chair putride odorants malgré le froid ambiant, et la mort qui continuait de se mouvoir malgré un cœur arrêté. Le monde avait sombré dans la folie et le chaos depuis longtemps maintenant, mais il était impossible pour quiconque de dire qu'il s'était habitué à cette situation noire.

Un soupir s'échappa des lèvres du New-Yorkais, dégageant une fine brume de sa bouche qui se dispersa rapidement dans la froideur qui lui glaçait le visage. Sa capuche bien serrée avait au moins le mérite d'épargner ses oreilles, mais son nez et ses yeux étaient assez incommodés par la fraîcheur. Un jour comme un autre en Enfer, en somme. Les corps se mouvaient, isolés, à la recherche de quelque chose à mordre, d'une vie à corrompre, mais la température les rendait plus lent qu'à l'accoutumée. Sans être devenu un expert, Andy avait appris depuis le temps certaines choses sur ces choses. Elles n'aimaient ni le froid, ni les grandes étendues d'eau, étaient incapables de courir (à quelques exceptions près) et ne faisaient preuve d'aucune pitié. En plus d'être extrêmement résistantes... Sa fidèle arme bien serrée dans la main droite, il arpenta les rues à la recherche de tout ce qui pourrait être utile. Renseignements, vivres, matériel, survivants.

Il  n'était pas rare de trouver des êtres humains encore sains, du moins physiquement, mais ces derniers étaient soient des vagabonds comme lui, soit des personnes installés durablement dans des zones qu'ils s'efforçaient de nettoyer au quotidien pour espérer passer une nuit un minimum paisible. S'établir à un point fixe, en plus de ne pas servir ses objectifs, représentait un risque majeur au yeux de l'évadé. Après tout, qui pouvait faire confiance à des inconnus dans l'époque troublée qu'ils vivaient ? Certainement  pas lui, même s'il avait déjà eu recours à des haltes temporaires dans des camps de fortunes. Ses pas écrasaient la fine couche de poudreuse recouvrant le goudron de ce qui était une ville animée et vivante autrefois. Animée, elle l'est toujours en quelque sorte. Mais par la mort.

La poigne bien ferme, Andy dressa lentement son pieu de métal en s'approchant d'un de ces errants fouillant une poubelle en poussant des grognements inhumains. Sans plus attendre, il planta immédiatement l'extrémité acérée de ce qui composait une lance dans le crâne du monstre, le laissant inanimé après quelques secondes à se débattre. Là était la seule solution de les éliminer : les fuir ou leur perforer le crâne. Ca, il l'avait apprit à ses dépends, lorsqu'en passant près d'une tête tranchée, cette dernière parvint à le mordre, plantant ses dents pourries dans l'épaisseur de sa botte gauche. Ni vivant, ni vraiment mort. Ces rôdeurs n'étaient rien d'autre qu'un cerveau commandant de tuer encore et encore...

Levant les yeux, le métal encore fermement planté dans la boîte crânienne, ou ce qu'il en restait, de sa victime, Andy vit les mouvements autour de lui s'intensifier. Les monstres avaient sûrement été attirés par le bruit de la poubelle s'étant renversée et arriveraient pour lui dans peu de temps. En affronter un était gérable, deux possibles, mais une horde entière était impossible pour tout individu seul. La fuite, dans ce cas-la, était la seule option et il ne tarda pas à se décider. Le pied appuyé sur la tête de la créature, Andy en retira son arme avant d'accélérer le  pas en direction de l'enchaînement de bâtisses. Il y en aurait bien une déserte où il pourrait se cacher un peu, en attendant que le nombres de gardes diminue. Trouvant son bonheur au détour d'une ruelle, il s'engouffra dans un petit local, semblable à une petite salle de réunion, avant de refermer la porte derrière lui et d'observer par la petite lucarne.

Le souffle court, et les poumons le brûlant sous l'afflux de l'air froid emplissant sa cage thoracique, le jeune homme fut également incommodé par la forte odeur émanant de la pièce : l'humidité, la moisissure et, bien évidemment, la putréfaction. Heureusement, aucun corps au sol, juste des débris  comme un bras ou un pied, généreusement nécrosés.  Soupirant une nouvelle fois, le regard toujours porté sur la lucarne, il vit avec satisfaction que ses poursuivants ne semblaient pas savoir où il était et s'accorda un temps de répit avant de sortir. Sans avoir entendu, dans l'écho de sa respiration, les pas arriver derrière lui et ne sentit pas le coup arriver. Le trou noir.

Combien de temps était-il resté inconscient ? Il n'en savait absolument rien, évidemment. L'impression qu'un marteau lui broyait le crâne lui fit se passer la main sur l'arrière de la tête et il sentit un liquide poisseux collant ses cheveux. Les yeux toujours clôt, il se risqua à les ouvrir, s'attendant à être assailli par une forte lumière. Mais il n'en fut rien, rien que l'obscurité et un très fin fil de lumière émanant d'une petite fenêtre. Portant sa main à ses narines, il reconnu l'odeur du sang pour la côtoyer au quotidien, et parvint à reconstituer la petite scène jusqu'au black out. On l'avait donc assommé. En se redressant, le corps courbaturé, il resta assit au sol appuyé contre un mur.

- Putain...

Tâtonnant autour de lui, le froid lui fit réaliser un nouveau point : il n'avait plus ni son arme à première vue. On lui avait laissé son épais manteau mais pas le moyen de se défendre, forcément... Sortant de sa poche la flasque de whisky, il en versa quelque goutte sur sa main avant de la plaquer sur son crâne douloureux, grimaçant au passage, avant d'en avaler une bonne rasade. Heureusement qu'ils n'avaient pas fouillé ses poches.

- C'est quoi ce merdier, encore... ?

Incapable de savoir où il était, il ne fit pas plus attention à la silhouette planquée dans les ténèbres d'un coin du local où il se trouvait...
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Jeu 4 Mai - 17:07

La pénombre s’appréciait presque dans cette petite cellule qui sentait la mort et la peur. Elle était d’un calme incroyable en cette nuit qui s’annonçait pourtant assez agitée. Avalohn avait eu la bonne idée de partir en exploration seule, laissant Lobos et Harvey dans son van aménagé, à l’abris des dangers et des morts. Depuis sa fuite de chez les Punishers, elle savait bien que sa tête était mise à prix, mais l’idée de devoir rester en cage la rendait folle à liée. Elle devait traquer, pourchasser, faire quelque chose de sa vie qui l’occupait à ne pas ruminer ses idées sombres et noires. Elle devait chercher de la nourriture, des armes, des survivants, des petites personnes à poursuivre et torturer. Elle voulait vivre, simplement.

Elle se pensait grandiose, il fallait bien qu’elle utilise sa pression et sa cruauté quelque part et sur quelque chose. Elle n’avait plus de limite pour protéger sa meute, et ne voulait plus redevenir comme Isha l’avait transformé. Faible, apeurée, soumise, inquiète. Elle n’avait pas été aussi en colère depuis longtemps, et cet état la rendait dingue. Elle n’était pas le genre de copine idéale qui craquait sous la pression, se pliait aux ordres d’un tel ou d’un autre, la parfaite petite ménagère au sourire divin, toujours bien coiffé et au top de la forme.

Au final elle avait vendu Isha à Logan, et elle ne le retrouverait surement pas avant un bout de temps. De là commençait des idées à lui trotter dans la tête, ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire si ils se revoyaient, les décisions importantes qu’elle prendrait pour eux deux, mais surtout pour elle. Penser à quelqu’un d’autre dans cette Apocalypse ne semblait pas être une bonne option. Comme toujours elle avançait seule.

Et redevenir un pion dans la vie de quelqu’un comme elle l’avait été, ça elle se l’interdisait. Elle se disait bien qu’un coup de faiblesse arrivait à tout le monde, mais elle avait plus vécu des mois d’horreurs dans l’attente et la souffrance. À cause d’un homme qui ne la comprendrait surement jamais. On l’avait abandonné, ravagé et souillé encore une fois, et la Bronxarde était persuadé de s’en relever plus forte, plus belle, plus caractérielle que jamais.

Ce soir là, elle avait donc décidé d’enfiler son blouson Los Lobos pour s’accoupler à la nuit. Pouvoir être une louve à part entière. Être l’essence même de pourquoi elle est née. Parfois elle se disait que l’Apocalypse l’avait ramené à la vie, sur des principes qu’elle avait connu dans la rue, voir même dès son berceau, l’alcool et la drogue à portée de main. La violence et les hurlements alors qu’elle ne savait même pas marcher. Elle avait voulu changer, l’avait fait, mais au final, tout lui ramenait à la face que le béton du Bronx coulait dans ses veines. Et rien ne pourrait le drainer ou l’arracher de ses veines.

Ses armes et quelques provisions avec elle, elle était en proie à chasser la lune, trouver des rations de nourriture qui lui manquait cruellement, avoir des informations de son ancien groupe qui la recherchait activement. Elle n’aimait pas s’avouer faible, mais devant les Punishers, qu’elle avait martyrisé pendant des mois avec une main de fer, elle risquait sa peau à chaque fois qu’elle posait un pied dehors.

Elle s’était aventurée trop loin, trop profondément dans la ville de Détroit. Pendant qu’elle fouillait un vieil immeuble, des pas s’intensifiaient dans les étages. Lorsqu’elle avait forcé une des portes, le bruit du verrou avait explosé et avait résonné entre les murs du bâtiment. Un groupe de survivant avait établi depuis quelques semaines un campement protégé.

Avalohn venait de poser sa patte dans un endroit privé sans le savoir. Pendant sa quête de provisions, elle trouva un masque qui la fit sourire. Elle ne savait pas pourquoi il était là, mais un personnage de son ancienne vie la rattrapa assez rapidement. Taiyo, son neveu japonais dont elle avait fait la connaissance juste 6 mois avant l’épidémie. À son premier regard, elle en était tombée folle amoureuse de ce petit bout de paradis de 11 ans. Il parlait peu anglais, et lorsque Skye le gardait chez elle pour une soirée, il se regardait les séries des Miyazaki sans regarder les heures passées.

Elle tenait entre ses mains le masque de San, la fille des loups. Elle s’était énormément identifiée à cette fille forte, où sa place entre la nature et l’homme était difficile à prendre. Elle était cette princesse qui n’était personne. La fille des loups.

Elle le prit sous le bras en reprenant ses affaires, un sourire de tendresse accrochée à son visage. Puis un coup au visage, un dans le dos et les bras entravée. Elle n’avait pas entendu les trois survivants arriver silencieusement derrière elle. Elle sentait un souffle chaud et moite dans sa nuque tatouée, lui murmurer des mots interdits.

- La petite coquine… Tu voulais un peu de compagnie sur ton petit cul tout froid?

Elle lança l’arrière de sa tête dans son visage, se débattant tant bien que mal. On lui mit un coup de pieds dans l’arrière des genoux, avant de la traînée hors de la salle, des hurlements lui arrachant la gorge.

On l’avait laissé pourrir dans cette cellule pendant un jour. Ses armes avait disparu, et elle n’avait que son paquet de bonbon au citron pour se nourrir. Quelqu’un passait toutes les trois heures pour voir son état, et à chaque fois, elle lançait des insultes, des cartons, tout ce qui lui passait sous la main pour exprimer sa colère.

Elle, qui voulait sortir pour être libre, se retrouvait encore une fois à l’emprise d’une cage.

Cette nuit là, elle n’était pourtant pas seule. On avait jeté un corps dans sa cellule, qui ne bougea pas pendant des heures. Elle l’avait fouillé, tâté, bougé pour le réveiller. Son temps était compté et elle devenait dingue à rester dans cette pièce qui puait l’humidité.

Elle avait attendu deux grosses heures qu’il puisse bouger seul. Elle avait enfilé son masque, son ennui à l’extrême.

- Putain… C'est quoi ce merdier, encore... ?

Il s’adossa au mur difficilement, sa voix rauque résonnant dans la pièce. Elle pencha sa tête vers la droite, le regardant derrière son visage dissimulé. Elle s’avança doucement, plutôt basse sur le sol.

- L’Enfer.

Arrivée à sa hauteur, elle s’accroupie, les avants-bras posés sur les genoux.

- Tu vas être mignon et tu vas m’aider à sortir d’ici. T’as pas d’armes, moi non plus, et je pourrie ici depuis quelques jours. J’ai faim, j’ai soif, je suis en colère et si tu veux pas que je t’arrache les yeux pour me calmer un peu, tu vas te montrer utile. Okay honey?

Son accent du Bronx s’accentua au fur et à mesure qu’elle lui parlait, assurée et autoritaire.

- J’m’appelle Skye. Allez, debout. Lèves ton petit cul.

Elle se releva aussi en lui tendant sa main tatouée.

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Andy Rodwell
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Jeu 4 Mai - 19:52

Essayant toujours de comprendre où il avait atterrit, et surtout pourquoi on l'avait jeté ici au lieu de simplement l'abattre, Andy n'entendit pas la silhouette cachée se mouvoir doucement, annonçant sa présence par une simple réponse à sa question, qu'il croyait s'être posé à lui-même.

- L'Enfer.

Redressant instantanément le regard vers la provenance du son, le jeune homme du plisser les yeux pour entrapercevoir un mouvement léger approchant dans sa direction, jusqu'à ce que la fameuse silhouette ne s'arrête à son niveau. Accroupie, les avant-bras sur les genoux comme pour assurer un équilibre instable, le captif essayait de détailler la personne lui faisant face.

Elle n'avait pas l'air d'être très grande, à vrai dire peu de détails étaient remarquables à part quelques tatouages, la faute à un grotesque masque lui couvrant le visage. Et cet artifice le troubla un temps, étant persuadé de l'avoir déjà vu quelque part, sa mémoire lui jouant des tours suite au choc subit peu avant. Enfin, peu avant, encore faut-il pouvoir estimer le temps qu'il avait passé inconscient sur le sol froid et dégueulasse de ce local immonde. Rien à espérer d'ici, enfermé avec un allumé qui devait être partisan de ces malades ayant profité du chaos pour laisser libre court à leur folie sectaire réfrénée depuis trop de temps.

Jusqu'à ce que la voix se fasse encore entendre. Féminine, assurément, couplée à un ton qui ne trompait personne. Cette personne était issue d'une banlieue sensible, vu la manière de s'exprimer et les mots employés. Tentant de faire le ménage dans sa tête, il écouta brièvement les propos tenus par sa compagne du moment.

- Tu va être mignon et m'aider à sortir d'ici. T'as pas d'armes, moi non plus, et je pourri ici depuis quelques jours.

Elle était toujours aussi agréable que ça ? Alors la oui, elle l'avait convaincu et il était prêt à se donner corps et âme pour l'aider, à n'en point douter. Probablement une de ces racailles persuadées qu'un ton menaçant ou qu'une arrivée en groupe suffit forcément à obtenir gain de cause. Andy soupira à  l'entente de ces mots, loin d'être les derniers.

- J'ai faim, j'ai soif, je suis en colère et si tu neveux pas que je t'arrache les yeux pour me calmer un peu, tu va te montrer utile.

Levant les yeux vers le regard factice du masque, Andy senti un fin sourire en coin s'étirer sur ses lèvres. Elle se donnait vraiment bien dans ce personnage. Peut-être un peu trop bien pour que ce soit faux. Peut-être avait-elle connu les difficultés, l'appel de la rue, le monde du crime en gang. Un personnage comme il en avait tant côtoyé au cours de sa détention, et qu'il avait appris à gérer de différentes manières. Même si la violence était la principale, il y avait probablement mieux à faire, dans l'immédiat, que de répondre à ces provocations puériles.

- Okay honey?

Il secoua doucement la tête, amusé par les propos et l'audace de celle qui l'avait précédé dans ce lieu restreint et odorant. Ouais, il allait falloir sortir d'ici c'était une évidence. Mais si elle n'avait pas trouvé la solution depuis qu'elle était là, il allait falloir se montrer forcément coopératif. Et la situation n'augurait rien n'allant dans ce sens.

- J'm'appelle Skye. Allez, debout. Lève ton petit cul.

Il se redressa douloureusement, rapidement imité par la personne masquée, qui lui tendit une main tatouée, confirmant le sentiment d'Andy quant à son appartenance à un gang probablement précédant l'apocalypse. Son nom, en soi, il n'en avait rien à faire. Surtout maintenant qu'il se rappelait de la provenance du personnage illustré par le masque.

Serrant brièvement la main qu'elle lui tendait, il répondit doucement aux propos tenus.

- Andy.

Regardant autour de lui, il détailla rapidement la pièce. Sale, puante, pleine de morceaux de cartons et autres détritus inutiles en apparence. Sortir d'ici allait s'avérer  être une sacrée épreuve. Surtout avec cette lucarne adaptée ni à sa taille, ni à celle de sa partenaire forcée.

- Et je suppose que Mononoké a déjà une idée pour sortir d'ici ?

Tournant la tête vers la porte les retenant prisonniers, elle n'allait ni céder sous la force de ses captifs, ni être crochetée sans outils. Soupirant doucement, il reprit, sans regarder le masque grotesque.

- Va falloir que tu m'aides. A quel moment ils viennent voir dans quel état on est ? Et pourquoi ils nous gardent ici ?

Ouais, la seule solution semblait être la plus clichée. Attendre qu'un de leurs geôliers ne viennent les voir et aviser sur l'instant. Encore fallait-il qu'ils s'intéressent à leurs captifs, ne se contentant pas de les laisser moisir ici jusqu'à ce que mort s'ensuive.
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Lun 8 Mai - 17:41

- Andy.

Si le Père Inverness avait bien appris quelque chose à Avalohn et à son jumeau, c’était la poignée de main. Ferme, jamais délicate, toujours assuré, sans flancher ni tituber. Pourtant, celle avec cet inconnu n’était pas de bonne augure. Bref, sans presque aucun regard, comme si elle n’était rien. Elle renfrogna son air boudeur, son effet théâtral ne l’ayant pas marqué plus que ça. Avalohn était comme ça, malgré qu’elle était enfermée depuis des jours dans une prison. Elle aimait qu’on la regarde, qu’on l’admire, qu’on l’idole malgré le fait qu’elle pouvait crever d’une seconde à l’autre. Elle croisa ses bras sur sa poitrine pendant qu’Andy inspectait la petite pièce sordide dans laquelle ils étaient enfermés.

- Et je suppose que Mononoké a déjà une idée pour sortir d'ici ?

Avalohn eut un mouvement de recul par le petit pic qu’il venait de lui lancer. Elle retira son masque en plantant ses yeux azurs sur cet individu qui ne la connaissait pas, et commencer à faire du sarcasme la chauffait. Il allumait des cendres qui ne demandaient qu’à s’enflammer. Malgré sa connaissance en animation japonaise qui impressionnait presque la jeune femme, si il lui rentrait dans le lard, elle n’hésiterait pas à sortir les ongles et les crocs.

- Va falloir que tu m'aides. A quel moment ils viennent voir dans quel état on est ? Et pourquoi ils nous gardent ici ?

Si il se croyait malin à vouloir jouer la situation en mode héros, il se fourrait le doigt dans l’oeil. Elle traina ses pieds jusqu’à la porte pour s’appuyer dessus, essayant de capter le regard d’Andy.

- Honey, plusieurs scénarios sont à envisager. Ca va faire un jour que je suis là, sans eau ni nourriture. Je croyais que comme ma tête était mise à prix à cause de mon passif à Détroit c’était pour me ramener à General Motors. Mais au final si ils t’ont mis là, je pense que non. On peut être tombé tout simplement sur des survivants qui troquent les humains dans les marchés noirs, ou alors on est devenu une source de nourriture pour eux. Et je sais pas toi mais je tiens pas mal à ma plastique de rêve et ma gueule d’ange.

Elle colla sa langue dans ses molaires, l’air sérieux.

- Ils t’ont mis ici il y a deux heures. Le tour de garde se fait dans une heure. Ils frappent d’abord en me demandant de me lever, les mains visibles. Ils entrent en me mettant en joue. Ils posent des questions et vérifie que j’ai rien touché. Ils sont toujours trois ou quatre.

Avalohn fit quelques pas dans la pièce, recoiffant ses longs cheveux d’un coup de main gracieux.

- J’avais pensé à soulever le faux plafond mais il est trop haut pour moi. Et je n’ai rien trouvé pour me mettre en hauteur. Il n’a pas l’air très solide. De ce que j’ai compris des bribes de conversations ils ne restent qu’à cet étage là. Donc soit on passe par le dessus et on trouve un conduit, soit on fait une mise en scène pour qu’ils soient obligés de nous sortir.

Elle ouvrit son blouson délicatement en se tournant vers Andy, arrivant à sa hauteur, le regardant en plissant les yeux, le visage levé et fier.

- T’es prêt à aller jusqu’où pour survivre dis moi?

Avalohn avait une idée sordide, farfelue et glauque qui lui trainait derrière les yeux. Elle laissait deux secondes à Andy pour réfléchir avant de mettre son plan en action. Qu’il y passe ou pas.

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Andy Rodwell
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Lun 8 Mai - 21:44

Ayant retiré son masque, en révélant un plus assuré composé des traits de son visage. Elle fixa un temps le jeune homme de ses expressifs yeux bleus révélant une détermination qui en disait long. Elle n'était pas le genre de personne à se laisser dépasser par les évènements et à prendre peur dans le paysage actuel. Son passé dans la délinquance se confirmait par quelques aveux physiques, et Andy savait pertinemment qu'il n'y avait aucune chance d'attendre d'elle une attitude fiable à l'extrême. La partie de poker menteur allait commencer avec une main défavorable pour chacun des joueurs, à eux de bonifier le tout.

Traînant les pieds jusqu'à la porte qu'avait observé l'évadé, elle s'appuya dessus agrippant de nouveau les yeux bruns de son vis-à-vis.

- Honey, plusieurs scénarios sont à envisager. Ca va faire un jour que je suis là, sans eau ni nourriture.

Pas de vivres, pas de moyens de se protéger ou se soigner. La raison de leur captivité devenait étrange.

- Je croyais que comme ma tête était mise à prix à cause de mon passif à Détroit, c'était pour me ramener à Général Motors. Mais au final, s'ils t'ont mis là, je pense que non.

Après les gestes, les mots venaient confirmer que cette demoiselle était bien issue du milieu du crime des banlieues, petite protégée d'un chef probablement à voir son attitude assurée et si hautaine. Clairement pas le genre à accepter des ordres, ou des brimades. Intéressant. Il avait remarqué, au loin, cette usine dont elle parlait, source de quelques rumeurs. Il serait peut-être profitable d'aller y jeter un oeil à l'avenir. S'ils parvenaient à sortir d'ici.

- On peut être tombé tout simplement sur des survivants qui troquent des humains dans les marchés noirs, ou alors on est devenu une source de nourriture pour eux. Et je sais pas toi, mais je tiens pas mal à ma plastique de rêve et ma gueule d'ange.

Andy retint un rictus, amusé par la haute estime d'elle-même qu'avait ladite Skye. Il savait qu'il ne devait pas trop tirer sur la corde, pas par crainte mais par intérêt. Tout seul, il serait bien plus compliqué de trouver une issue. Mais l'attitude qu'elle adoptait montrait une détermination un peu trop appuyée.

D'un air plus sérieux, elle enchaina sur le temps qu'il avait passé lamentablement inconscient.

- Ils t'ont mis ici il y a deux heures. Le tour de garde se fait dans une heure.

Deux heures entières. Ils avaient du frapper fort pour faire entrer son cerveau avec sa boîte crânienne de la sorte. En se passant instinctivement la main sur la plaie, encore douloureuse, il l'écouta poursuivre.

- Ils frappent d'abord en me demandant de me lever, les mains visibles. Ils entrent en me mettant en joue. Ils posent des questions et vérifie que je n'ai rien touché. Ils sont toujours trois ou quatre.

L'idée principale d'assommer le garde venait instantanément de tomber à l'eau. Contre quatre personnes armées, les chances d'en sortir indemne tout en neutralisant la totalité des assaillants étaient quasiment nulles. Pour refuser d'admettre qu'elles étaient impossibles.

Il fut tiré de ses pensées par les quelques pas que fit sa codétenue, se passant la main dans les cheveux d'une manière se voulant sûrement gracieuse comme dans ces publicités débiles pour des shampoing et autres produits de beauté féminins.

- J'avais pensé à soulever le faux plafond mais il est trop haut pour moi. Et je n'ai rien trouvé pour me mettre en hauteur. Il n'a pas l'air très solide.

Levant brièvement le regard vers le plafond en question, il était un peu haut pour elle, en effet. Mais avec un très léger socle, Andy devrait l'atteindre sans trop d'effort. Pourrait-il s'y appuyer, en revanche ?

- De ce que j'ai compris des bribes de conversations, ils ne restent qu'à cet étage la. Donc, soit on passe par le dessus et on trouve un conduit, soit on fait une mise en scène pour qu'ils soient obligés de nous sortir.

Une mise en scène... Ca rejoint l'idée principale qu'avait eu le garçon, mais il doutait soudainement de la tenue de la comédie. La chance de se retrouver dans le rôle du con n'était pas si mince que ça, elle avait des infos qu'il ignorait. Peut-être même mentait-elle sur certains détails...

Finissant sa petite trotte dans le petit espace qu'ils occupaient, la tatouée ouvrit le blouson qu'elle portant en reportant son attention sur l'homme qui réfléchissait à grande vitesse. Elle le toisa du regard, levant fièrement le visage comme pour affirmer qu'elle aurait gain de cause et qu'il l'aiderait. De gré ou de force.

- T'es prêt à aller jusqu'où pour survivre dis-moi ?

Croisant les bras, il toisa à son tour la jeune fille. Elle était sûre d'elle, vraiment. Et son sentiment quant à une méfiance à adopter était amplifié. Pas de peur, juste être sur ses gardes pour éviter un sale coup. Dans le climat de tension et d'horreur qu'ils vivaient, la survie étant le maître mot.

- Tu as donc autant besoin de moi que le contraire ?

Fixant à son tour son regard dans les yeux bleus brillants de détermination, il glissa les mains dans ses poches et en sorti à nouveau la flasque afin d'en avaler une petite gorgée.

- Ou tu me vois comme un stupide pion sur ton échiquier ?

Détournant le regard, et les pieds, il s'approcha du tas de gravats et fouilla lentement à travers, en dégageant des morceaux de pierres afin d'assembler un escalier de fortune, instable à l'extrême. Grimpant dessus d'un pas peu assuré, il tapota doucement sur le plafond qui renvoya un son creux. Elle avait vu juste.

- Bon, voyons ça.

Il eu la surprise, agréable, de devoir forcer un peu pour dégager une partie de ce faux plafond. Il devrait supporter un poids comme le sien. Toujours sur son support improvisé, il tourna le regard vers  Skye, décidant la position à adopter.

- Je monte. Pas de coup fourré, je viens te chercher par la porte.

Si elle avait une autre idée, c'était l'instant ou jamais. Même s'il y avait peu de chances que cela soit à son avantage personnel. Prenant appuie des deux mains sur l'espace libéré dans le plafond, il allait amorcer son ascension. Ou sa tentative, plutôt...
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