Only death can bring forgiveness. Life isn't that sweet. || Juliet



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Lun 1 Mai - 16:03

Juliet & Lïnko
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Quelques jours plus tard après la folle expédition "chasse au loup", Lïnko était paisiblement retourné à son quotidien. Pièges, surveillance, garde, bichonner un peu Nanna, butter des zombies... Ouais, les jours continuaient de s'enchaîner, sans que quelque chose de trop mauvaise augure ne se manifeste. Avisant le lit qui occupait la place sous un fenêtre, il se décida finalement à le déplacer, espérant ne pas faire non plus masse de bruit. Ayant changé la disposition de la pièce, Ice fut satisfait. Selon le plan de chambre précédent, il avait l'impression de se retrouver dans l'espèce d'infirmerie aménagée, quelques mois auparavant. Sérieux, quasiment le même lit, sous la fenêtre. Et plus loin, le lit d'une autre personne touchée par ce virus à la con. Sauf que cette, fois, les deux tableaux ne collaient pas. Ici, le nordien était seul. Pas de petite fille souriante et curieuse. Juste lui.

Rapidement accaparé par un sentiment d'angoisse et d'énervement mélangé, il posa par chance les pièges défaillants qu'il avait pour but de réparer. Bien. Voilà qui lui occuperait suffisamment l'esprit jusqu'au début de la soirée. S'accroupissant vers les outils de trappe, il s'installa plus confortablement, à même le sol.Comme il l'avait prédit, son occupation s'acheva assez tard dans la fin de journée, et il faisait presque nuit quand il entendit qu'on donnait des coups à la porte. Évidement, il n'attendait personne. Chassant de sa tête toute idée ayant attrait à de la pure parano, il se contenta de se diriger vers la porte, sans trop se presser non plus. Si Maxwell était pété comme un rat, il allait lui refaire le portrait. Ouvert un peu prestement la porte, l'expression de son visage changea du tout au tout quand il reconnu malgré tout le fin visage de la jeune femme qui se tenait devant lui. Juliet...? Par Odin... C'était pas du tout prévu ça... Les yeux arrondis par une légère stupéfaction, l'islandais resta planté un instant devant elle, la fixant sans rien dire.

Retrouvant un semblant de contenance et de politesse, il s'écarta de l'entrée, désignant l'intérieur de sa maison d'un signe de tête. « Juliet... Euh, rentres, si tu veux. » Aïe. Au vu de tout ce qui avait pu se passer... Ice appréhendais la scène qui allait suivre. Une chose était sûre, la brune était clairement pas ici pour lui faire des compliments, et elle était en droit de gueuler un coup. Un peu désarmé par tout ça, et ne sachant tout simplement pas comment les gens normaux réglaient ce genre de choses, il s'affaira à allumer quelques bougies, avant de s'asseoir sur le bord de son lit. Ce n'est que maintenant qu'il réalisa que Juliet avait enmené Nanna avec elle. En avait-elle parlé ? Aucune idée ! Pour l'heure, le barbare était muet comme une carpe, et pas très à l'aise. Aussi, au passage de la mini-chèvre, il l'attrapa et la prit nerveusement sur ses genoux.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Lun 1 Mai - 22:32

Le froid avait rougi le nez et les joues de Juliet, mais cela ne semblait pas suffisant pour la pousser à retourner s’abriter, au chaud dans son salon. Décidée à tuer le temps, qui s’écoulait bien trop lentement à son goût, la brune avait rejoint le jardin du camp, dont le sol était gelé et couvert de neige. Tandis que son regard balayait le sol qui accueillerait leurs plantations quand le temps se montrerait plus clément, la jeune femme souffla sur ses doigts, avant de frotter ses mains l’une contre l’autre, non sans grimacer. Elle avait hâte que les beaux jours reviennent, et qu’elle puisse s’atteler dans le jardin, à entretenir les pousses qu’ils finiraient par manger. Au moins, elle aurait l’impression de se rendre un peu plus utile qu’à l’heure actuelle. Elle s’accroupit pour ramasser une poignée de neige, et ne tarda pas à être rejointe par Nanna, la petite chèvre de Lïnko. A la simple pensée de son propriétaire, Juliet sentit une certaine colère monter en elle. « -Vas-t-en ! » lança-t-elle à l’intention de l’animal, bien consciente qu’elle n’obtiendrait aucune réponse, avant de la pousser gentiment du plat de la main, comme pour l’inciter à changer de direction. Mais la bête semblait têtue, et elle ne tarda pas à revenir à la charge, donnant au passage un petit coup de tête dans la jambe de Juliet, qui se releva vivement :« -Sérieusement ? Aussi pénible que ton propriétaire apparemment ! » râla-t-elle, avant de lâcher la neige qui glaçait ses doigts, pour attraper précautionneusement la biquette entre ses bras.

Plantée devant la maison de Lïnko, Juliet avait finalement relâché Nanna, et avait commencé à taper du poing sur la porte d’entrée, sans vraiment faire dans la délicatesse. Ne pas tomber sur celui qui était devenu un ami pendant tout ce temps aurait du être impossible, pas dans une communauté aussi petite que la leur, et Juliet avait fini par aboutir à la conclusion que Lïnko la fuyait, et refusait de la voir. La raison de cette attitude, Juliet était quasiment certaine de la connaître, et pourtant, elle aurait préféré l’entendre de vive voix. Elle avait malgré tout copié le comportement du nordiste, et force était de constater qu’ils avaient très bien réussi leurs coups, puisque les deux jeunes gens ne s’étaient pas adressés la parole depuis que le survivant avait quitté l’infirmerie de fortune du camp. Sur ses pieds, contrairement à Eulalie. Juliet répéta son manège, en tapant encore plus fort, ses doigts rendus douloureux par le froid. Elle entendit quelques bruits à l’intérieur, la preuve que Lïnko était bien là, et la porte ne tarda pas à s’ouvrir sur le visage de ce dernier…qui ne s’attendait visiblement pas à sa visite. Il parut mal à l’aise, ce qu’elle pouvait totalement comprendre, et pourtant, cela ne détendit pas le visage crispé de la brune. Pendant quelques brèves secondes, aucun d’entre eux ne prit la parole, tandis qu’ils se contentaient de se regarder, Lïnko surprit de trouver Juliet là, tandis qu’elle-même se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir lui raconter à présent. Nanna profita de ce silence gêné pour entrer dans la maison, arrachant Juliet à la contemplation du visage figé de Ice. Merde, et maintenant ? Elle s’apprêtait à faire demi-tour, à rentrer simplement chez elle, mais Lïnko finit par prendre la parole, lui proposant d’entrer. Elle porta son regard à l’intérieur, avant de croiser les bras sur sa poitrine. « -Non, je suis bien dehors. » répondit-elle plus froidement qu’elle ne l’aurait voulu, laissant la fierté parler pour elle. Bien sûr qu’elle n’était pas bien dehors, elle était en train de se les geler d’ailleurs, chacune de ses respirations était ponctuée d’un petit nuage blanchâtre.

Lïnko, lui, préféra s’installer sur son lit, attrapant Nanna pour un espèce de câlin improvisé. Il était gêné par sa présence, cela sautait aux yeux, et cela blessa davantage la jeune femme. Il n’avait jamais semblé si réticent à sa présence par le passé, et ne l’avait jamais traité comme une étrangère…pas comme ces dernières semaines. Juliet l’observa de longues secondes supplémentaires, avant de briser le silence, d’un ton bien trop sec à son goût. « -Alors…tu ne vas pas me demander comment je vais depuis tout ce temps, ou ce qu’il y a de neuf dans ma vie ? » demanda-t-elle, repensant à toutes ces conversations d’avant, qui commençaient plus ou moins comme ça. Et puis, mieux valait commencer par cela plutôt que de lui dire sans détour le fond de sa pensée, ou tout ce qu’elle pensait du comportement de l’islandais. Elle avait eu besoin de lui, d’un ami à qui parler, mais au lieu de ça, elle avait dû faire face au silence et à l’absence de Lïnko. A vrai dire, si Nanna n’était pas venue l’embêter un peu plus tôt, Juliet ignorait même si elle aurait un jour trouvé le courage de venir toquer à la porte du blond, pour lui demander des comptes. Mais la biquette en avait décidé autrement, et à mieux y penser, Juliet pensa qu’après tout, il allait bien falloir qu’ils finissent par avoir cette conversation tant redoutée.

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Jeu 4 Mai - 9:42

Juliet & Lïnko
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Un peu démuni de l'arrivée soudaine de l'ex de Logan, l'islandais s'appliqua à allumer des bougies pendant que la survivante imprégnait peu à peu son aura dans la pièce. Au vu du ton qu'elle avait employé pour s'adresser à lui, il imaginait bien l'humeur dans laquelle elle était. Mais bon, malgré son petit air renfrogné, elle allait pas continuer à se cailler les miches dehors, ce qui était visiblement le cas. Toujours est-il que, maintenant assis sur le rebord de son lit, Ice n'en menait pas large. C'était tellement bête comme situation... Juliet était vraiment une femme qu'il appréciait, et s'être éloigné d'elle de la sorte après la période du virus, il avait du mal avec ça. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Rester sur un non-dit, mettre en place un processus d'évitement, tout cela n'était pas la solution, mais sur le moment, ça avait été la meilleure option pour Lïnko. Ou, la plus facile.

Gratouillant l'oreille de Nanna, il s'appliquait à lisser son poil laineux. Un tic qu'il avait pris, sans trop s'en rendre compte. Mais bon, l'animal semblait s'en accommoder, même si, pour l'heure, il avait les oreilles dressés en direction de la jeune femme, comme près à porter attention à la discussion qui allait suivre. Toujours sur un ton assez sévère, Juliet brisa finalement le silence que semblait laisser planer l'islandais. Affichant son éternel regard froid et fixe, il se contenta de répondre « Je le sais plus ou moins. Pas dans les détails, bien sûr, mais... Je te vois. » puis, après s'être lissé une partie de la moustache, il ajouta « Pas comme avant. Mais je sais que tu souffres beaucoup, Juliet. »

Évidement qu'elle souffrait. Fallait pas être voyant pour le savoir. Seulement... Même en essayant de se calmer, et en choisissant ses mots aux mieux, le barbare était finalement mal à l'aise avec la situation. Jamais il n'avait été doué pour le dialogue, et pourtant, il savait qu'il fallait que cela se déroule au mieux. Dans le cas contraire, Juliet ne lui adresserait sûrement plus la parole, déjà qu'elle avait de bonnes raisons de le faire. Et il ne voulait pas perdre la jeune femme de sa maigre liste de personnes importantes dans son coeur de glace. Inspirant un coup en baissant les yeux quelques secondes, il reprit « Je suis pas doué pour les trucs comme ça, tu sais ? » Bon, le plus dur était certainement à faire. Doté tout de même d'une petite fierté, Lïnko n'était pas le genre à aimer s'excuser, mais là, c'était quelque chose d'important. Et il fallait qu'il soit parfaitement sincère. Levant les yeux pour observer les prunelles cendrées, il finit par s'excuser. « Désolé, Juliet. De... T'avoir laissée, et de ne pas l'avoir fait. »

Car dans le fond, c'est là qu'était le problème. Une fois qu'il eût été guéri, jamais Ice n'aurait dû prendre autant ces distances avec la brune, et il le savait très bien. Mais pire, il aurait dû la laisser définitivement, en partant à la place d'Eulalie, peut importe qu'il se rende ou non au Valhalla. Ça, ça aurait été juste. Comment pouvait-on admettre qu'un type puisse se sortir d'une maladie l'ayant mis au plus mal, alors que sa propre fille n'en réchappe malheureusement pas...? C'était impossible. Et dans la conscience de Lïnko, s'était pareil. Lui qui fuyait tout lien et régissait son quotidien en éliminant tout vivant embêtant un an auparavant, voilà qu'il s'était trouvé confronté à quelque chose d'extrêmement pénible et douloureux : la sphère de l'affect, des émotions.  

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We have ashes, fire and hope
Sam 6 Mai - 15:27

Les bras toujours croisés sur la poitrine, Juliet affichait une mine renfrognée au possible, fermée. Pourtant, Lïnko devait la connaître un minimum, il aurait dû se douter que tout cela n’était au fond qu’une façade. Juliet détestait être en froid avec les personnes qui lui étaient chères, elle détestait d’ailleurs les conflits de manière générale, et se sentait toujours profondément mal à l’aise dans ces cas-là. Et à cet instant, malgré l’air dur qu’elle arborait face à son ami, Jules était assez mal à l’aise. La brune ne quitta pas des yeux Ice lorsqu’il daigna enfin lui répondre, annonçant qu’il semblait savoir comment elle se sentait. Elle haussa un sourcil lorsque l’islandais dit qu’il la voyait, et Juliet s’apprêtait à lui répondre que non, justement, ils ne se voyaient plus, et que c’était bien ça le problème. Mais il fut plus rapide qu’elle, et reprit vite la parole, expliquant à la jeune femme qu’il savait qu’elle souffrait. Juliet serra la mâchoire par pur réflexe défensif, soutenant pendant quelques secondes le regard de Lïnko, avant de finir par détourner les yeux, un peu malgré elle. Souffrir ? Oui, elle souffrait, il n’y avait pas de doute à ce sujet. Elle avait l’impression qu’on s’évertuait à essayer d’arracher son cœur de sa poitrine, elle avait mal chaque minute, chaque seconde qui passait, et il n’y avait qu’elle ne puisse faire pour alléger cette peine.

Lïnko reprit finalement la parole, arrachant Juliet à ses pensées, qui riva une nouvelle fois son regard azur sur le visage du jeune homme. Il annonça alors qu’il n’était pas doué pour ce genre de conversation, et elle hocha doucement de la tête. Elle non plus, elle n’était pas douée pour parler à cœur ouvert, elle avait toujours eu du mal quand il s’agissait de parler de ce qu’elle ressentait, et ça lui avait joué tellement, tellement de mauvais tours dans le passé. Tout serait tellement plus simple si elle parvenait simplement à s’ouvrir, sans dresser toujours des barrières parfois infranchissables autour d’elle. A cet instant précis, les deux jeunes gens semblaient aussi mal à l’aise l’un que l’autre, et Jules réalisa à quel point c’était stupide qu’ils se retrouvent dans cette situation de non-dits qui allait vraiment finir par venir à bout de ce qu’il restait de leur amitié. La brunette se mordilla la lèvre inférieure, et ce fut là que Lïnko finit par lui présenter ses excuses…des excuses qui firent froncer les sourcils de la jeune femme. Tout d’abord incapable de réagir, parce que tout s’emmêler brusquement dans sa tête, Juliet finit par pousser un petit soupir, avant de décroiser les bras de sa poitrine, et de finir, enfin, par entrer à l’intérieur de la maison. Malgré tout, elle garda une distance assez conséquente entre Lïnko et elle, incapable de faire disparaître complètement ses défenses. Elle prit appui contre la table de la pièce, les mains crispées sur les rebords de celle-ci. C’était bien beau d’être venue jusqu’ici, mais ils ne parviendraient pas à arranger quoi que ce soit si elle n’arrivait pas à mettre sa rancœur de côté. « -Tu sais que j’avais besoin de toi ? » commença-t-elle d’un ton accusateur, avant de s’arrêter presque aussitôt en secouant doucement la tête. Non, ce n’était pas par ça qu’elle voulait commencer, d’ailleurs, elle n’avait même aucune idée que c’étaient ces mots-là qui allaient sortir de sa bouche sans prévenir.

Juliet pinça les lèvres en détournant le regard pendant quelques brèves secondes : « -Excuse-moi, c’est pas ce que je voulais dire… » dit-elle en se passant une main dans les cheveux. La situation était déjà bien assez tendue sans qu’elle n’en rajoute une couche avec son sale caractère. Elle était têtue, Jules ne le niait pas, mais lorsqu’il le fallait, elle savait mettre de côté ses mauvaises habitudes. Et en l’occurrence, la situation l’exigeait.  « -Ecoute…c’est stupide tout ça… » dit-elle, en englobant la pièce du regard. Dire qu’elle non plus n’était pas du tout à l’aise avec les situations comme celles-ci était un euphémisme, il suffisait de voir à quel point elle pataugeait à l’heure actuelle. « -J’ai pas eu l’occasion de te dire que…je suis vraiment contente que tu t’en sois sorti Lïnko… » reprit-elle au bout de quelques instants, en pensant chacun des mots qu’elle venait de prononcer. Elle ne voulait pas qu’il soit désolé d’avoir survécu, elle ne l’était pas, et elle refusait qu’il le pense. Il avait eu plus de chance qu’Eulalie et avait fini par quitter l’infirmerie en vie, mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait le haïr pour cela. La vie était trop courte, et désormais bien trop moche, pour tourner délibérément le dos à ses amis, et leur en vouloir pour quelque chose sur lequel ils n’avaient eu aucun contrôle.

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Sam 6 Mai - 17:57


   
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A dire vrai, cela faisait un bon moment que l'ex-détenu n'avait pas été confronté à ce genre de situation. Ce qui était une bonne chose, vraiment. En cet instant, il donnerait beaucoup pour obtenir le secret magique permettant de se sortir des impasses du genre. Probablement dans une suite de pensée identique à la sienne, Juliet fini par passer le pas de la porte. Comme il en avait l'habitude, il évalua la nouvelle venue dans sa globalité d'un long regard. La brune était vraiment mince. Très mince. Il ne se souvenait pas de l'avoir déjà remarqué à ce point... Prenait-elle convenablement soin d'elle ? Mieux ne valait pas poser la question, il était bien trop tôt pour cela, et la réponse aurait été presque évidente. La mine toujours fermée, elle s'appuya sur la table, et lui lança une froide question, à laquelle, elle n'attendais visiblement pas de réponse. A cet instant, elle semblait plus perdue qu'en colère, à se mordre les lèvres, et secouer brièvement la tête en alignant des mots sans vraiment leur donner sens.

Toutefois, Lïnko avait clairement compris la missive pilote de ses propos. Juliet lui en voulait de l'avoir laissée. Elle s'était senti délaissée, et les choses avaient continuées. Ce qui était, comme la survivante venait de le souligner, stupide. Cherchant certainement ses mots, comme l'islandais l'avait fait quelques secondes auparavant, elle détailla rapidement la pièce avant de poursuivre. Sa déclaration sincère l'atteignit en plein coeur. Il eut la brève impression d'être empli d'un vent agréablement froid. Juliet, la femme, la mère, qui avait perdu son innocente petite fille, se disait contente qu'il s'en soit sorti. Pendant un court laps de temps, c'est la rage qui cristallisa insidieusement dans les veines du barbu. La rage de l'impuissance. Mais finalement, face au regard lumineux de celle qui était son amie, ce sentiment s'atténua, et permis l'établissement nouveau d'un passage silencieux. Bien évidement, Ice souhaitait exprimer sa reconnaissance, mais il ne savait pas comment tourner sa phrase.

Tant pis, il resta sur sa première formulation, et se laissa légèrement gagner par un truc proche de l'émotion, si on s'en fiait à sa voie, moins assurée que d'ordinaire. « Mais je le suis pas, moi. » Lïnko la fixa d'une étrange façon. Avec un air de défi, légèrement déformé par ce qui ressemblait à de la tristesse. « J'aimerais tellement qu'Eulalie soit là, à ma place. C'est comme ça que tout aurait dû se passer. C'était l'ordre des choses. » Le souffle plus court, le barbare laissa Nanna s'éloigner, et se leva pour rejoindre Juliet aux abords de la table. Sa respiration devenant irrégulière, il fixait toujours la femme. « J'aurais dû crever, et pas elle. C'est ça place ici. Pas la mienne, BORDEL DE MERDE !! » se laissant emporter, il frappa un grand coup sur la table en hurlant les derniers mots. Se ressaisissant tout de même assez vite, il s'assura que la brunette n'aie pas trop une tête de choquée, soutint un instant l'éclat de ses yeux en amande.

Comme pour s'excuser d'avoir haussé le ton -ce qui avait, au passage, fait fuir la biquette naine dans un coin de la pièce-, le nordien passa nerveusement une main dans sa barbe avant de la poser sur la table, non loin des doigts fins de la jeune femme. « ... Désolé. Ça me fait péter les plombs, d'être inutile et impuissant face à tout ça. » Aaah... Le légendaire sentiment d'être trop incompétent, trop faible, trop insignifiant pour pouvoir changer le cours d'un évènement. Le pire de tous, selon le barbu. Se mordillant lui aussi les lèvres, il fronça les sourcils en reprenant : « J'ai pas pu, Juliet. J'ai pas pu être à tes côtés. J'ai été faible et... Je regrette sincèrement. » Pas besoin de s'étendre plus pour l'instant. C'était déjà beaucoup pour quelqu'un d'aussi renfermé et têtu. Mais, pour sa défense, il avait une belle concurrente en face, aussi !


   
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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Lun 8 Mai - 20:46

Il faisait bien meilleur à l’intérieur de la maison, et ce ne fut qu’à cet instant que Juliet se rendit compte d’à quel point elle avait pu avoir froid à l’extérieur, où sa fierté mal placée l’avait poussé à rester bien trop longtemps. Toujours adossée contre la table, elle avait fini par ouvrir son manteau, non sans quitter Lïnko des yeux. Ils étaient à présent comme deux étrangers, incapables d’avoir une conversation civilisée, et ça serrait le cœur de la jeune femme dans sa poitrine. Il avait fallu qu’ils soient aussi têtus l’un que l’autre, et que parler de leurs sentiments ne soient pas l’une de leurs activités favorites. Malgré tout, Juliet avait tenté de se plier à l’exercice, tâchant d’expliquer à l’islandais ce qu’elle pensait vraiment. Elle tenait à lui, et le voir sur pieds, visiblement en bonne santé, lui réchauffait le cœur. Pourtant, ces paroles ne semblèrent pas bien accueillies, puisque Ice lui répondait désormais que lui ne semblait visiblement pas content d’avoir survécu. Pas d’avoir survécu, pensa-t-elle aussitôt, mais plutôt d’être de ce monde, alors qu’Eulalie n’y était plus. Ce qu’il ne tarda d’ailleurs pas à confirmer lui-même, sans quitter Juliet du regard. Elle voyait bien à son regard qu’il était triste, confus, coupable même. La brune le laissa approcher, sans tenter de rétablir la distance de sécurité entre eux qu’elle s’était imposée en entrant dans la pièce, et Lïnko ne tarda pas à la rejoindre. Elle fixa ses prunelles glaciales encore quelques brèves secondes, avant que les nouvelles paroles du barbu ne lui fassent détourner les yeux. Jules serra les dents face à l’accès de colère dont il fut atteint, mais tâcha malgré tout de rester aussi stoïque que possible. Qui était-elle pour lui faire remarquer sa colère, elle qui avait saccagé la chambre de l’une des maisons du camp, quelques jours à peine après le décès d’Eulalie. La rage avait guidé chacun de ses mouvements ce soir-là, mais le plus triste était sans doute qu’après avoir fracassé contre le mur tout ce qui lui passait sous la main, le vide qui s’était ouvert dans la poitrine de Juliet n’avait pas été comblé pour autant. La colère était mauvaise conseillère, elle le savait bien, et pourtant, elle n’avait pas su résister à son appel.

Jules resta donc immobile contre la table, tandis que Lïnko tournait finalement son regard azur vers elle. Craignait-il qu’elle prenne la fuite après l’avoir vu perdre toute contenance ? Sans doute. Et pourtant, elle restait là, n’esquissant aucun geste vers la porte. Dans ses moments les plus sombres, Juliet aussi s’était dit que c’était lui qui aurait dû y passer. Lui, elle, n’importe qui d’autre, mais pas Eulalie. Elle était trop petite, si innocente, et n’aura jamais profité pleinement de tout ce que la vie avait à lui offrir. C’était une terrible injustice, et malheureusement une injustice irréparable. Il n’y avait plus rien que Juliet puisse faire, si ce n’était peut-être faire en sorte que jamais personne n’oublie sa magnifique petite fille. « -On peut rien faire, Lïnko… » souffla-t-elle doucement, d’un ton où semblait percer une certaine pointe d’acceptance, pourtant feinte. Elle avait compris malgré elle qu’en vouloir à la Terre entière, prier tous les dieux existants au monde, ne pas dormir, manger, se murer dans la solitude, rien ne ramènerait jamais Eulalie. Pas même la rage de l’islandais. « -Tu peux pas te torturer avec ça, d’accord ? La vie t’as offert une deuxième chance, ne laisse pas la colère et la culpabilité gâcher ça… » reprit-elle, avant de glisser doucement ses doigts sur ceux de Lïnko, comme pour donner un peu plus de poids à ses paroles. Lui avait la chance de vivre, il ne pouvait pas laisser cette rage qui semblait brûler en lui, cette impuissance dont il parlait, devenir maître de son existence.

En d’autres circonstances, Juliet se serait sans doute amusée de leurs ressemblances à cet instant, de ces tics de nervosité ou de gêne qu’ils exprimaient tous les deux, du malaise qui semblait les posséder, de leur flagrante incapacité à communiquer. Mais pas aujourd’hui, la situation lui semblait trop tendue, presque désespérée. Il avait raison, il n’avait pas été là, pas quand elle avait sans doute eu besoin de lui plus que jamais. Elle avait eu besoin d’un ami, d’une épaule sur laquelle se reposer, de quelqu’un avec qui partager sa peine, et Lïnko n’avait pas été là. Pourtant, elle le croyait lorsqu’il affirmait qu’il regrettait son attitude, il semblait vraiment se sentir mal pour son comportement, et Juliet ne voulait plus retourner le couteau dans la plaie. Si bien qu’aux paroles du barbu, elle acquiesça doucement de la tête : « -Hé bah…tu pourrais être là…maintenant… » dit-elle finalement, en plongeant une nouvelle fois ses yeux bleus dans ceux plus clairs de Lïnko. Ils avaient déjà passé tant de temps sans s’adresser le moindre mot, et laissés des non-dits gâcher leur amitié. Il fallait désormais qu’ils laissent cette période sombre derrière eux, pour se donner une autre chance de pouvoir être les amis qu’ils étaient devenus avec le temps.

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Dim 14 Mai - 14:36


 
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  Juliet & Lïnko
 
 

 
Tous les deux à se fuir de regard pendant un temps, à se mirer d'un air étrange durant un autre. Ouais, la situation était bien étrange, mais surtout, inconfortable. Autrefois proches et amis, les survivants vidaient aujourd'hui leur coeur, ayant l'impression d'être face à une personne étrangère. Du moins, c'est comme ça que Lïnko le ressentait. Pourtant, il se sentait soulagé, quelque part, d'être avec Juliet. Peut-être parce que cela faisait longtemps, bien trop longtemps. Malgré ses propos un peu rude, la brune ne sembla pas s'offusquer. Elle lui parla de deuxième chance, aussi, il s'immobilisa un instant. Bien sûr, la jeune femme avait raison. Seulement, c'était difficile de voir les choses de cette manière. Les dieux l'avaient poussé pour qu'il continue son chemin. Il devait donc y avoir une raison, et il lui fallait accepter cela. Facile à dire.

Quand Juliet posa doucement sa main sur la sienne, une vague de chaleur réchauffa l'intérieur de sa cage thoracique. Comment pouvait-elle faire preuve d'autant de sérénité, et d'écoute, alors qu'il l'avait lâchement laissée de côté...? La vision de l'islandais se brouilla légèrement, aussi, il s'appliqua à fixer les doigts fins de son amie, qui semblaient d'ailleurs encore plus fins qu'à l'ordinaire. Ses derniers mots lui permirent de reprendre un peu contenance. Reniflant l'air de rien, il acquiesça lui aussi d'un hochement de tête déterminé. Sans trop savoir ce qui le prenait, il passa prestement sa main libre sur la nuque de la survivante, et l'attira contre lui. Peinant à trouver une respiration normale, il se concentra sur la sensation du contact des longs cheveux bruns pris entre ses doigts. « Je serais là, maintenant. Par Odïn, je te le promet. » murmura-t-il.

Relâchant doucement son étreinte, il attendit que Juliet s'écarte pour la considérer d'un oeil troublé par les larmes. « Comment tu gères tout ça, aujourd'hui ? » l'avisant rapidement de haut en bas pour appuyer ses dires, il ajouta « Tu manges correctement ? » Car oui, il s'inquiétait pour elle. Quoi de plus normal ! Non seulement ils partageaient le même groupe depuis un laps de temps à peu de choses près similaire, mais il appréciait beaucoup Juliet. Il savait qu'ils étaient semblables sur divers points. Et puis, même. Il l'appréciait, point. Le nordien imaginait les phases qu'elle avait traversé. Imaginait, seulement. Car il avait choisi de rester à l'écart de tout ça. Et, de plus, il supposait que personne ne pouvait réellement comprendre ce qu'elle pouvait ressentir, à défaut d'avoir vécu la même chose, bien sûr. Ce qui n'était pas son cas. Perdre un enfant était chose montrée comme la pire expérience qui soit, ce qui était vraisemblablement exact.

 
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We have ashes, fire and hope
Dim 14 Mai - 22:05

La vie était désormais trop courte, et s’il arrivait un jour quelque chose à Lïnko, sans que Juliet et lui ne se soient parlés de nouveau, elle s’en serait voulu pour le reste de ses jours. Elle avait besoin de son ami pour égayer un peu sa vie de survivante, et elle espérait qu’il en était de même de son côté. Du moins, que ça l’était à l’époque où ils parvenaient encore à s’adresser la parole. Ce ne fut qu’en entrant dans la maison de Lïnko, en voyant son air penaud et désolé, que Juliet s’était rendu compte d’à quel point sa présence pouvait lui manquer. Heureusement que la petite biquette étaitvenue embêter Jules, car il n’était pas certain que sans elle les deux têtes de mules qu’étaient l’islandais et la brune auraient fini par se reparler. Nanna était intervenue, certes, mais il semblait aussi qu’ils aient fait tous les deux un gros travail pour exprimer le fond de leurs pensées, et ce qui les avaient tenus séparés jusqu’à ce jour. Le travail était néanmoins payant, puisqu’ils semblaient désormais capables de communiquer un peu plus, sans que personne ne crie ou n’adresse de reproche à l’autre.  

Si elle fut surprise lorsque Lïnko l’attira soudainement à lui, Juliet n’en laissa rien paraître, et elle glissa ses bras autour de la taille de l’islandais, se serrant un peu plus contre lui. Les tensions qu’elle ressentait, cette gêne qui avait entravé chacun de ses gestes depuis qu’elle était entrée, tout s’envola subitement, alors qu’elle fermait les yeux et se laissait un peu aller contre Lïnko. Finalement, et bien trop tôt au goût de la jeune femme, son ami relâcha son étreinte, et Juliet recula de quelques pas, restant toujours face à lui. Sa question ne manqua pas de la crisper un peu, et la brune se mordilla la lèvre, se demandant si elle parviendrait vraiment à y répondre, sans fondre en larmes. Mais Lïnko reprit bien vite la parole, tandis que son regard bleu la détaillait, des pieds à la tête, d’un air légèrement désapprobateur. Manger ? C’était devenu secondaire, tout comme dormir. Non pas que Juliet refusait de s’alimenter, ou de se reposer un peu, mais elle n’y arrivait tout simplement pas. Tout lui paraissait fade, sans goût, et la moindre bouchée lui donnait presque automatiquement la nausée. Lïnko avait raison de s’imaginer qu’elle avait perdu du poids, mais Juliet ne voulait pas l’inquiéter, et elle haussa les épaules, d’un geste qu’elle voulait désinvolte : « -Oh, euh…j’ai commencé un petit régime, pour être au top avant l’été… » lui répondit-elle, dans une piètre tentative de détendre l’atmosphère, pourtant sans parvenir à esquisser le moindre sourire.

Ce n’était sans doute pas la réponse appropriée, mais elle doutait qu’il y en ai vraiment une. A vrai dire, elle ne savait même plus de quand datait le dernier vrai repas qu’elle avait pris, mais ça lui importait peu. Lïnko ne l’avait toujours pas lâché du regard, et la brune pressentait qu’elle ne s’en tirerait peut-être pas si facilement. Elle ne tarda donc pas à reprendre la parole :« -Lïnko, ne t’inquiètes pas pour moi…je vais…bien. » finit-elle par dire, en terminant sa phrase après quelques secondes d’hésitation. Bien n’était sans doute pas le mot le plus adéquat, et il y en avait tellement d’autres qui se bousculaient dans sa tête, plus justes. Triste, vide, blessée, détruite, anéantie. Au fond, Juliet était tout, sauf bien. Mais le dire à voix haute ne changerait rien à la douleur qui avait pris possession d’elle depuis ce jour-là, et qui vrillait chacune de ses cellules, à chaque instant. Elle serra les poings, et les dents de concert, en sentant son cœur se contracter violemment. Et, malgré les bonnes résolutions de Juliet, elle sentit peu à peu ses yeux s’embrumer, et sa vue se troubler. Elle avait beau se répéter d’être forte, et de tenir bon, les larmes dans ses yeux enflèrent, jusqu’à ce qu’elles finissent par rouler sur ses joues, et s’écraser sur le sol de la maison de Lïnko. « -Elle me manque tellement… » finit-elle par souffler, incapable de relever son visage pour affronter le regard du blond. Avant ce jour, Juliet ignorait qu’on pouvait autant ressentir l’absence de quelqu’un. A côté de ça, son départ de Burlington, les deux mois passés loin d’Eulalie, la mort de ses parents, tout semblait dérisoire. Rien n’aurait pu préparer Juliet au choc que représentait le décès de sa petite fille, et au gouffre dans lequel son départ la plongerait. La brune s’essuya les yeux du revers de la main, mais de nouvelles larmes perlèrent au coin de ses yeux, et dévalèrent les joues de Juliet, dans le sillon de celles qu’elle venait tout juste de sécher. « -Je devrais y aller… » murmura-t-elle au bout de quelques secondes, des trémolos dans la voix, sentant venir la crise de larmes. Ça lui arrivait encore, de temps en temps, quand elle n’arrivait plus à contenir le flot d’émotions qui ne la quittait plus ces derniers temps. Elle craquait, et se mettait brusquement à pleurer, sans pouvoir rien faire pour s’arrêter. Les larmes coulaient, encore et encore, ses épaules étaient secouées de tremblements, et un vilain mal de tête finissait généralement par pointer le bout de son nez, épuisant encore un peu plus Juliet. Et elle ne voulait pas que Lïnko la voit dans cet état, si brisée.

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"I see humans, but no humanity"
On nous apprend à compter les secondes, les minutes, les jours, les années...mais personne ne nous explique jamais la valeur d'un instant. ♛ by endlesslove.
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