Liberé, délivré, c'est décidé je m'en vais...




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I walk a lonely road
Isha Cornwell
Matricule n°001
I walk a lonely road
Jeu 4 Mai - 6:38

23 decembre 2015


Robin avait rongé son frein, il avait fini par céder et par accepter de se nourrir. Il n’ouvrait plus la bouche ni pour essayer d’argumenter, ni pour essayer d’attaquer Logan, il avait assez à faire avec ses hallucinations et le manque. Il ne respirait et ne se laissait pas aller que pour une seule raison : retrouver sa Louve et son bébé.

Il tremblait à l’idée qu’elle soit morte ou blessée, qu’elle ait besoin de lui. Les hallucinations le harcelaient avec des cauchemars épouvantables où elle subissait les pires sorts en l’appelant en vain. Il se sentait inutile et au bord de la folie de ne pas savoir la sauver et d’être enchainé dans cette cave sordide.
Penser qu’elle pouvait avoir besoin de lui, qu’elle était peut être entre la vie et la mort ou aux mains des sbires, le rongeait.

Il avait arrêté d’essayer de négocier. Il avait arrêté d’essayer de menacer. Il avait arrêté de parler, même à ses hallucinations. Son vieux était toujours là, moqueur et insultant, les bikers du garage lui rodaient toujours autour le mettant dans des états de panique, Logan aussi venait pour garder le silence ou lui cracher son mépris, Bruce passait de temps à autre, pour lui compter le sort réservé à sa Louve, quant à elle… quand il la voyait…  elle était toujours au plus mal implorant son aide. Il fallait qu’il sorte vite de cette prison.
Il ne se concentrait que sur le petit morceau de métal tordu qui était son salut. Il avait le sentiment que chaque minute qui passait pouvaient être fatale à sa femme.

Logan avait peut-être prévu beaucoup de choses pour garder son protéger enfermé, mais il n’avait jamais eu l’occasion d’apprendre que ses frères le surnommaient passe murailles a bon escient. Il avait mis du temps à forcer la minuscule serrure de ses menotte, avec le ressort qu’il avait réussi a tiré du matelas et à détendre. Les coutures avaient résistées plus longtemps que la serrure en elle-même. Cela aurait été impossible pour presque tout le monde, mais pas pour un fils Cornwell.  Quant au verrou de la cave, il avait été un jeu d’enfant à ouvrir.

Il avait attendu « le bon moment » avec difficultés tant il était pressé par le sentiment d’urgence. Il patienta jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un bruit dans la bâtisse pour s’échapper, gardant avec lui les fameuses menottes.

Avec nervosité, il rentra dans l’antre de son geôlier, priant pour ne pas croiser une des habitantes de la maison. Il n’avait pas envie de tomber nez à nez avec la rouquine prise de tête qui servait de p’tite copine à Logan, comme il n’avait pas envie que choupette ne le voit dans cet état.

Il fut soulagé de trouver la maison vide et un peu étonné de constater le bordel régnant chez Logan. Un matelas dans le salon à peine trouvable avec les brols éparpillés partout. C’était encore pire que quand ils vivaient ensemble. Avoir une meuf ne lui réussissait pas. Ça ressemblait plus à un squat de marginaux qu’à la maison de père de famille en couple.

Il n’avait pas le luxe de faire l’inventaire de cette baraque ou de se poser des questions. Le temps était compté car il n’avait aucune idée de quand Logan aller se re-pointer.  Il fouilla nerveusement dans le bordel et trouva quelques fringues propres, dont un T-shirt jaune affreux. Putain, Joy avait vraiment des gouts de chiottes si elle lui laissait mettre ça. Ses réflexes de voleurs revinrent vite, on ne peut pas renier ce que l’on a toujours été. Malgré ses tremblements, le stress que le colosse reviennent à tout moment ou l’envie de tout retourner pour choper des médocs, il resta méthodique dans sa façon de faire. Avalohn lui donnait la force de ne pas se perdre dans les méandres du manque et des hallucinations.

Le père Cornwell avait suffisamment brutalisé ses enfants pour en faire de bons voleurs.  Robin trouva rapidement deux couteaux de cuisine, il en cacha un dans sa manche et garda l’autre à porté de mains. Il prit le temps de se décrasser un minimum, histoire de ne pas attirer trop l’attention avec son odeur de mec enfermé dans une cave depuis des jours. Logan avait laissé pas mal de bouteilles vides, cela alarma un peu la part d’Isha en Robin car, à sa connaissance, Logan ne buvait jamais autant même dans ses soirées déprimes. Robin renvoya au placard Isha en lui remémorant qu’il ne devait penser qu’à sa femme. Il se servit d’un reste d’alcool pour nettoyer son poignet. La plaie n’était pas belle. A force de tirer dessus et de ne pas se laisser soigner, il s’était sacrement blessé et ça avait vraiment une sale gueule. Il la banda avec un morceau de linge qui lui semblait propre.

C’était épuisant de lutter contre son instinct qui lui hurlait de se tirer d’ici sans plus attendre, mais il n’avait pas le choix s’il voulait vraiment se barrer sans crever ou être repris dans 10 m.

Il prit donc le temps de regarder par la fenêtre et cru avoir une hallucination. On était à Mysteria Lane ou quoi ?

Un quartier qui avait l’air tranquille où les gens semblaient … vivre normalement ?  Il se demanda s’il n’était pas encore dans la cave à délirer avec le manque ou s’il n’avait pas loupé un épisode, genre la fin de l’air Zombies. Sauf qu’en y regardant mieux, il y avait des palissades au loin, et des gens semblaient monter la garde.

Merde.  

Sortir de là allait être coton. Il était en mauvais état, déjà en nage à cause du manque, et sans sa volonté d’aller sauver sa femme, il serait en train de chercher une dose ou de se laisser aller au sol.

Il trouva une casquette d’aussi bon gout que le T Shirt et la veste trop grande, il fourra ses maigres affaires dans un sac plastique qui trainait, fini un reste de bouteille avant de se lancer dans les rues de Fort Hope à la recherche de « sa porte de sortie ».

Il était discret et estima être passé inaperçu avec toujours ce petit doute d’avoir été repéré sans s’en rendre compte. Malgré le froid, il était brulant et couvert de sueur. Ses mains tremblaient terriblement, il se sentait mal après être resté enfermé et entravé si longtemps, mais il était tenace.

La palissade était haute et bien gardée. Ça allait être très compliqué de la passer en plein jour sans corde et dans son état. Mais attendre que Logan s’aperçoivent de son absence et donne l’alerte était certainement encore plus risqué…

Il errait à la recherche désespérée d’une faille, quand il repéra son salut sous la forme d’un postérieur familier dépassant d’une voiture : celui de Godiche qui cherchait il ne savait quoi entre les sièges d’un véhicule. Personne aux alentours, c'était presque trop facile.

Il aurait aimé ne pas avoir à faire ce qu’il allait faire, autant Isha que Robin. Quel que soit le monstre qu’il était devenu, il ne prenait aucun plaisir à menacer ou à faire du mal, mais pour sa femme il était vraiment prêt à tout.
Sans crier gare il arriva derrière elle et la poussa dans la voiture en lui pressant la main sur la bouche et le couteau sur les reins. Il se détestait de faire ça à la mère de choupette.  La fillette le haïrait si elle le voyait maintenant.

« Un seul cri et je te saigne. »

Il attendit de voir qu’elle avait compris la situation et d’être certain qu’il la maitrisait pour enchainer.

« Bien. Désolé pour toi Godiche, c’est pas ton jour de chance, mais si tu fais bien ce que je te demande, tu seras rentrée saine et sauve pour le souper pendant que je pourrais sauver ma femme et mon gosse. »


Tout en parlant il lâcha sa bouche pour lui passer les menottes sur le volant. Avec une boite automatique Godiche pourrait conduire malgré l’entrave et ça lui éviterait d’imaginer qu’elle pourrait s’en sortir sans bobo si elle tentait de faire la maligne.

« Si tu fais la conne par contre je peux te jurer que je suis suffisamment désespéré pour que t’aime pas la suite. »


En disant ses mots il appuya un peu plus sur la lame de son couteau. Serait-il vraiment prêt à la tuer ? Au final, il préférait ne pas se poser la question, Isha et Robin n’étaient pas en accord sur la réponse. Sauf que c’était pour retrouver Skye et que c’était Robin aux commandes.

« Je veux que tu me fasses sortir d’ici et que tu me déposes dans Detroit, ensuite tu te barres où tu veux, tu reprends ta petite vie tranquille et je t’assure que tu ne reverras jamais ma sale trogne de ta vie. Alors Godiche, on a un accord ou je dois me débarrasser de toi avant de poser la question à quelqu’un d’autre ? »

Il espérait que son ton soit suffisamment ferme pour qu’elle comprenne qu’il ne déconnait pas et qu’elle ne le force pas à faire un truc atroce pour elle et Choupette.

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Ven 5 Mai - 17:06

C’était devenu un rituel. Pas vraiment par nécessité, mais plutôt pour s’occuper plus qu’autre chose. Une fois par semaine, Juliet vidait son sac à dos, et en faisait l’inventaire. Pas tellement pour vérifier qu’il ne manquait rien, ou qu’elle était vraiment prête en cas de départ précipité, mais parce que ça occupait dix minutes de sa journée, dix minutes où elle n’avait plus à penser qu’Eulalie était partie. Elle renversa le contenu du sac sur le lit, et entreprit de tout ranger une nouvelle fois, checkant mentalement la liste de ses maigres possessions qu’elle connaissait par cœur. La peluche d’Eulalie, les lettres de Maddie, son carnet à dessins. Tout était là. Il ne resta bientôt plus que son vieux trousseau de clés devenu désormais inutile, celles de sa galerie. Les attrapant, Juliet poussa un long soupir, avant de s’assoir sur son lit, et se perdre dans ses pensées. Machinalement, elle fit passer ses clés d’une main à l’autre, sans même s’en rendre compte, pendant de longues minutes, mais le trousseau finit par lui échapper des mains, et par tomber sur le sol dans un bruit sourd. Juliet ne mit que quelques secondes à le ramasser, et s’apprêtait à le ranger dans le sac avec le reste, lorsqu’elle s’arrêta net dans son geste. Ce qui rendait la taille de ce trousseau aussi imposant, ce n’étaient pas tant les clés qui se trouvaient dessus, mais plutôt les sans doute trop nombreux porte-clés qu’elle avait décidé d’y accrocher. Et à cet instant précis, ce fut l’absence de l’un d’entre eux qui avait interpelé Juliet. Mais où était donc passé cette petite tour Eiffel qu’elle avait toujours eu, symbole de la ville qu’elle avait rêvé de visiter, et où elle n’irait jamais. La brune se mit à quatre pattes par terre, vérifia sous le lit, sous la table de nuit, mais elle ne trouva rien d’autre que de la poussière. Elle râla à voix basse, avant de frotter son front, et de se rappeler de tous les endroits où elle avait bien pu aller, et finir par perdre cette foutue tour. Elle avait déjà vérifié la chambre, ainsi que le salon, et finit par aller vers l’entrée, plongeant ses mains dans les poches de son manteau. Mais ses doigts se refermèrent…sur le vide. Cette fois, Jules ne se donna pas le temps de râler, elle enfila ses bottes, son manteau, puis quitta la maison en claquant la porte derrière elle. Peut-être qu’elle l’avait perdu dans sa voiture, sans faire attention. Au fond, elle ne croyait pas vraiment à cette hypothèse, mais elle préférait vérifier malgré tout, juste pour en avoir le cœur net. Les rues de Fort Hope n’étaient pas très animées en cette période hivernale, et ce n’était pas si mal, car elle ne se sentait pas vraiment d’humeur à faire la conversation. Il ne lui fallut que quelques instants pour rejoindre sa voiture, qu’elle ouvrit d’un geste un peu brusque. Elle ne prenait plus la peine d’en fermer les portières, à quoi bon, personne ne lui volerait dans l’enceinte protégée du camp. Là, pliée en deux, Juliet passa ses mains entre les sièges, se pencha au possible pour regarder en-dessous de ceux-ci, glissa sa main sous le siège conducteur, jusqu’à ce que ses doigts sentent un petit bout de métal froid.

Elle allait se relever pour vérifier qu’elle avait bien retrouvé l’objet de ses recherches, mais au moment où elle se redressait, elle sentit quelqu’un derrière elle, ce qui la fit sursauter, et accéléra les battements de son cœur. Juliet se raidit instantanément lorsqu’elle sentit une main couvrir sa bouche, et des paroles menaçantes à son oreille. Tout un tas de scénarios défilèrent dans sa tête, tandis qu’elle tâchait de trouver un sens à ce qui était en train de se passer. Est-ce que des survivants malveillants avaient fini par trouver leurs traces, et s’apprêtaient à prendre leur refuge par la force ? Elle avait beau porter son regard par le pare-brise, ou la vitre côté passager, elle ne vit aucun étranger prêt à en découdre. Juliet se débattit, mais elle ne tarda pas à sentir une pointe menaçante entre ses reins, qui la convainquit de rester un peu plus tranquille. Jules ne tarda de toutes façons pas à avoir les réponses à ses questions, quand la voix derrière elle prononça ce surnom qu’elle avait entendu des tas de fois. Isha retira finalement sa main de la bouche de la brune, mais sa poigne sur le bras de la jeune femme l’empêchait de tenter le moindre mouvement. « -Isha ? Qu’est-ce-que… » Jules ne termina pas sa phrase, incapable de détacher ses yeux des menottes que le jeune homme était en train de lui passer autour des poignets. Ce n’était pas vraiment comme ça qu’elle avait prévu de passer sa journée. Au bout de quelques secondes supplémentaires, la brune tourna la tête vers Isha qui avait repris ses menaces, elle le fusilla du regard, avant de lâcher d’un ton glacial :« -Ça va, j’ai pigé ! » répondit-elle avant de glisser un coup d’œil vers le couteau que le jeune homme gardait serré dans sa main.

La dernière fois qu’elle l’avait vu, il était dans un état bien pire qu’aujourd’hui, même s’il était clair qu’il ne respirait pas la forme non plus. Il semblait néanmoins avoir repris un peu du poil de la bête, et pendant quelques secondes elle se demanda s’il était vraiment sorti de sa spirale infernale de toxico, mais elle n’eut pas le temps de s’épancher un peu plus sur le sujet qu’il reprenait déjà la parole, en expliquant à la jeune femme ce qu’il attendait d’elle. Elle ne le quitta pas du regard durant toute sa petite tirade, avant de plisser légèrement les yeux en se demandant s’il lui ferait vraiment du mal si jamais elle refusait de coopérer. Il avait l’air déterminé, plus que jamais, et il avait même dans le regard un petit quelque chose d’inquiétant qui n’était pas pour rassurer la jeune femme. De toutes façons, il était hors de question qu’elle pousse quelqu’un d’autre dans les bras d’Isha, au risque que ça se termine en bain de sang. Peut-être prendrait-il le fait qu’il la connaissait, qu’elle était l’ex de son père, et que ça ferait une petite différence au final. Pas bien grande, elle en était consciente, vu le peu d’estime qu’il lui portait. Il la tenait, cela ne faisait aucun doute, mais elle s’en accommoderait pour que personne ne soit blessé. « -C’est Juliet, espèce de crétin. Et j’espère que tu sais faire démarrer ce truc sans clés, parce qu’elles sont restées chez moi… » lança-t-elle, en haussant les sourcils, tout en le fixant de ses prunelles froides. Elle ne doutait pas que ce ne serait pas un problème pour le jeune homme, qui saurait régler ce léger détail s’il voulait aller où que ce soit. Isha poussa ses jambes sans ménagement, bien qu’elle tentait de lui dégager au maximum l’accès au fil sous le tableau de bord, et le moteur ne tarda pas à ronronner. Juliet eut une petite moue déçue en constatant que sa voiture venait effectivement de démarrer, et qu’elle n’avait d’autre choix que de se plier aux volontés du jeune homme. Pendant les quelques brefs instants que ça lui avait pris de démarrer la voiture, la brune n’avait pas pu s’empêcher de lancer des regards tout autour de la voiture, à la recherche d’un survivant qui serait passé par là inopinément, et dont elle aurait pu attirer l’attention. Mais il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait personne. Personne…ce ne fut qu’à cet instant que ça fit tilt dans l’esprit de la jeune femme, et que les pièces du puzzle semblèrent s’emboîter, avec difficultés. « -Attends…comment t’es sorti de la cave ? » demanda-t-elle, d’une voix un peu plus forte que ce qu’elle avait prévu. Il n’y avait aucune chance que son père l’ai laissé sortir sans rien dire, ce qui pour Juliet ne voulait dire qu’une seule chose. « -Isha, t’as fait quelque chose à Logan ? Ou à Joy ? » reprit-elle, d’une voix où elle n’arrivait pas à cacher la peur qui venait de s’emparer d’elle. Le jeune mécanicien n’était clairement plus lui-même en ce moment, et elle craignait ce qu’il ait pu faire pour s’échapper de cette cave, et aller retrouver celle dont il lui avait parlé la dernière fois. En plus, il l’avait dit lui-même, il était désespéré, et le désespoir pouvait pousser les gens à faire des horreurs sans nom. Elle ne pouvait dissiper l’image qui c’était imprimée sur sa rétine de Logan et de Joy, en train d’agoniser, baignant dans leur propre sang. Malgré le couteau qu’il tenait toujours à la main, elle le menaça, en l’air elle en avait bien conscience, de refuser de démarrer tant qu’il ne lui aurait pas avoué comment il était arrivé là, et ce qu’il avait fait. C’était stupide, elle en avait bien conscience, lui était armé d’un couteau et elle ne doutait pas qu’il sache s’en servir, tandis qu’elle-même était menottée à son volant, incapable de pouvoir se défendre.

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Isha Cornwell
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Sam 6 Mai - 12:37

« C’est Juliet, espèce de crétin. Et j’espère que tu sais faire démarrer ce truc sans clés, parce qu’elles sont restées chez moi… »

Robin eu le plaisir de lui lancer un sourire narquois en dégageant la protection de plastique sous le tableau de bord. Il s’amusa même à la « bousculer » pour atteindre les fils. C’est avec l’aisance d’un mécanicien passionné de moteurs qu’il lança celui de la voiture de Godiche. En un autre temps, il aurait certainement fanfaronné sur sa prestation qui, il en était sûr, n’avait pas été anticipé par l’ex de Logan.

Elle savait pourtant qu’il était son apprenti au garage ? Certainement qu’elle avait fait aussi attention à lui qu’il avait fait attention à elle par le passé. Quoique lui avait un avantage sur elle, car, sans qu’il ne demande rien, Logan lui avait quand même pas mal parlé d’elle. Il doutait qu’il avait fait pareil avec elle.

La seule qui aurait pu lui raconter des choses sur son « Tonton Shaha » était Eulalie. Et elle n’allait pas aller bien loin avec des infos pertinentes du genre qu’il savait bien faire le loup, qu’il faisait les voix des petits poneys quand il jouait avec la petite, où qu’il était assez nul au cache-cache pour ne pas la trouver même quand ses pieds dépassaient de dessous de la table.

Bref, elle ne savait rien de lui.

Godiche pouvait se la jouer reine des glaces, elle n’était plus sur son trône, c’était lui qui avait le pouvoir pour le moment. Et après la scène dans la cave où ça avait été facile pour elle de l’envoyer bouler pendant qu’il était enchainé et suppliant, il y avait une certaine ironie dans la situation actuelle.

Mais il n’avait pas le temps ni la tête à jubiler. Il devait faire vite pour sa femme.

« Attends…comment t’es sorti de la cave ? »


Il ne lui répondit pas et garda son sourire mauvais en la voyant paniquer. Il préférait garder le mystère sur son évasion la laissant imaginer ce qu'elle voulait. Il en profita pour se caler au pied du siège passager, légèrement penché vers elle pour continuer à la menacer sans être vu pendant qu’elle roulerait.

« Isha, t’as fait quelque chose à Logan ? Ou à Joy ? »

Il arqua un sourcil a cette idée. Faire quelque chose à Logan ? Autrement que de se faire étaler ou droguer par la montagne de muscles ? Quant à Joy, celle-là, moins il la voyait, mieux il se portait. Il avait failli crever à leur dernière rencontre.

Il hésita à la laisser trembler, mais visiblement elle allait faire la bourrique et il était pressé. Par contre il préférait garder un minimum de pression histoire qu’elle aussi se sente prise par le temps.  

« Au moins tu comprends maintenant ce que je vis depuis que vous m’avez gardé dans cette putain de cave à me demander si ma femme est morte ou agonisante sans savoir aider. Mais tu vois, comme je ne suis pas un vrai connard, moi, je ne vais pas te faire mariner. Ils vont bien mais ils seront contents que tu reviennes les délivrer. Alors dépêches!! Plus vite tu me feras sortir de là, plus vite tout le monde sera heureux ! »

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Juliet I. Whitman
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Lun 8 Mai - 16:32

A cet instant, Juliet se sentait vraimet impuissante, menottée comme elle l’était au volant de sa propre voiture. Elle riva son regard azur vers Isha lorsqu’il finit par répondre à ses interrogations, lui jetant un regard froid : « -Je pouvais pas te libérer ! » répondit-elle aussitôt d’une voix vive à ses accusations, comme elle n’avait pas cessé de le lui répéter ce jour-là. Elle n’avait pas les clés, et elle ignorait tout des raisons pour lesquelles Logan l’avait enfermé au sous-sol de sa maison.  Alors c’était donc ça ? Il refusait de lui dire ce qui était arrivé à son père pour se venger de sa captivité dans la cave, de tous ces instants d’incertitude qu’il avait eu concernant celle qu’il aimait. Et ça la fit rager à voix plus ou moins basse. Le jeune homme lui répondit malgré tout que Logan et Joy allaient bien, ce qu’elle n’était cependant pas certaine de pouvoir croire malgré tout. Le doute persistait. L’angoisse aussi. Elle le traita de petit merdeux entre ses dents, et tira sur ses menottes, les agitant dans tous les sens. Elles tenaient bons, et la jeune femme finit par arrêter, comprenant qu’elle n’avait sans doute pas d’autre choix que d’accéder aux demandes d’Isha. Elle jeta un nouveau coup d’œil au couteau que ce dernier tenait entre ses doigts, avant de serrer les dents. Juliet n’avait probablement plus d’autre choix désormais, et elle finit par accélérer doucement, les faisant enfin bouger.

Arrivée près des palissades, la brune serra le volant un peu plus fort entre ses doigts, non sans ressentir une certaine appréhension. Elle ignorait ce qu’elle aurait préféré. D’un côté, elle aurait voulu que quelqu’un remarque les menottes et comprenne que quelque chose clochait, qu’elle soit finalement détachée et puisse aller jeter un coup d’œil dans la maison de Logan. Mais d’un autre côté, Juliet n’était pas certaine de ce qui allait se passer si on se rendait compte de la présence d’Isha dans sa voiture, et de la réaction qu’il aurait. Se montrerait-il violent, au point de tuer quelqu’un ? Elle n’aurait su le dire, et au fond, elle n’était pas certaine d’avoir envie de prendre un tel risque. Si bien que Juliet tâcha de rester la plus détachée possible en quittant Fort Hope, adressant un simple signe de tête à celui qui se trouvait là. Quelques secondes plus tard, qui parurent pourtant durer une éternité, elle s’autorisa à lâcher un peu la pression, et également un petit soupir. Personne n’était mort, du moins pour l’instant, et tout c’était bien passé. Ses doigts se détendirent un peu sur le volant, tandis que Juliet accélérait pour les éloigner des fortifications qui protégeaient le camp, et les mètres commencèrent à défiler sous les roues du véhicule.

Jules jeta un nouveau coup d’œil à Isha, furtivement, avant de fixer une nouvelle fois la route. Elle avait beau faire tourner son cerveau à cent à l’heure, elle ne trouvait aucune solution pour se sortir de là. Elle avait bien pensé à envoyer sa voiture dans un tronc d’arbre en espérant très fort que ça sonnerait Isha, mais que se passerait-il après cela ? Elle n’avait toujours pas les clés des menottes pour se détacher, et rien ne laissait penser qu’elle-même ne se blesserait pas dans l’opération. Juliet n’avait aucune arme sous la main, et de toutes façons, elle doutait de parvenir à s’en prendre à Isha, il n’était pas n’importe quel étranger qui avait croisé sa route. Ils s’étaient connus avant la fin du monde, il avait connu Eulalie, et Logan le considérait comme un membre de sa propre famille. Juliet se souvenait de l’admiration que le jeune homme portait à celui qui était devenu comme son père, et elle se demanda comment les choses avaient pu prendre cette tournure, si dramatique. « -Qu’est-ce que tu foutais dans la cave de Logan ? » demanda-t-elle finalement, alors qu’elle laissait son regard parcourir les environs, pour vérifier qu’aucun danger ne les guettait. Elle ignorait ce qu’elle cherchait à faire en essayant d’établir le dialogue avec Isha, il avait l’air plutôt déterminé à aller au bout de son plan. L’inquiétude la rongeait, et c’était la première chose qui lui était passé par l’esprit. Et puis pour être honnête, il fallait bien avouer qu’elle s’était posée la question, plus d’une fois même, depuis qu’elle avait vu le jeune mécanicien menotté sur un lit dans la cave de son ex. Puisqu’Isha assurait que c’était la dernière fois qu’elle verrait sa tronche puisqu’elle le conduisait à Détroit, ce serait peut-être l’occasion d’avoir quelques réponses.

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Lun 8 Mai - 17:23

Robin était tendu. Sa survie et son plan ne dépendait que de la coopération de Godiche. Et cette femme, l’archétype même de tout ce qui le renvoyait à son image de rebus de la société avant l’apocalypse, n'avait pas l'air bien décidée sur la suite a donner à sa requête pourtant tranchante.

Il avait toujours eu du mal à comprendre la logique des gens nés dans un foyer douillet, avec une famille aimante et le confort de ne pas avoir à voler et se battre pour manger. Il eut un rictus de mépris quand Juliet affirma qu’elle ne pouvait pas le libérer.

Se mentait elle a elle-même ou essayait-elle de l’amadouer ?

Il préféra garder le silence et se concentrer sur le délicat moment de quitter ce putain de camps. Le coté bisounours du lieu s’estompait en arrivant à la palissade avec des gens armés et visiblement prêts a en découdre. Godiche semblait rager de cette perte de contrôle, et hésiter.

Robin la regardait avec angoisse, prêt à tout pour forcer le passage si elle le trahissait. Mais il avait plus de chance de crever dans l'opération que de réussir a s'en sortir.

Heureusement pour lui, la sortie se fit tranquillement. Les hommes en garde ne furent pas très regardant et Juliet résista à l’envie de donner l’alerte.

Robin attendit néanmoins qu’ils s’éloignèrent un peu de Fort Hope, et de cette cave de merde, pour commencer à souffler et à s’installer sur le siège passager. Il se risqua même à un sourire, le premier vrai depuis des jours. Il allait retrouver sa femme. Il avait fait la première étape. Les autres seraient compliquées, mais il était tenace.

Son chauffeur par contre semblait de plus en plus nerveux au fur et a mesure qu'ils s'éloignaient.

Il rangea son couteau. Il l’aurait bien laissée se barrer tout de suite, à part dans un lit et de façon consentante, il ne prenait aucun plaisir à voir une femme attachée. Sauf que c’était trop risqué qu’elle arrive à donner l’alerte et qu’il se retrouve à nouveau enchainé chez Logan. Sans parler que de la laisser sans arme, ni voiture, même a quelques miles du camps, semblait, pour Robin, une condamnation à mort de "l'artiste" qui n'avait pas l'air bien débrouillarde. Et il n'avait pas envie qu'elle ne meure. Il fallait croire qu’il n’était pas si rancunier que cela.

C'est Godiche qui amorça le début de conversation.

«Qu’est-ce que tu foutais dans la cave de Logan ? »

Cette fois il explosa juste de rire.

« Sans déconner, t’en es toujours là ? Tu lui n’as même pas demandé à ton ex pourquoi il m’a fait ça ? Putain, ça t’as pas travaillé de savoir que je vivais l’enfer dans cette cave de merde?!!! Je savais que tu pouvais pas voir ma tronche mais je ne pensais pas à ce point là bordel. T’as du bol d’être la mère de Choupette et que je n’ai qu’une parole, parce que franchement, l’idée de t’aider a « te mettre à la place des autres » est vachement tentante. »


Il enchaina rapidement en essayant de détendre la femme, déjà si nerveuse derrière son volant.

« Arrêtes de flipper, je veux juste aller sauver ma femme, et j’ai vraiment pas prévu de te faire du mal, dès qu’on arrive en ville je te libère et tu pourras retourner t’occuper de la puce comme si de rien était. T’auras qu’à éviter de lui dire que son tonton Shasha est passé sans aller la voir. Car je me doute qu’après ça je ne serais plus le bienvenu chez vous. »

Ca faisait un peu mal à « la partie Isha » de Robin de se dire qu’il ne rêverait certainement jamais Choupette, mais, au moins, il la savait en sécurité avec ses parents. C’était plus que beaucoup de gosses en cette période sombre.

Juliet ne semblant pas répondre, pour meubler l’étrange silence pensant qui s’installait et pour combler son besoin d’avoir au moins un semblant de nouvelle de cette petite qui comptait tant, Robin questionna de façon anodine son otage.

« Elle est toujours accro aux petits Poney ou elle est passée a autre chose?»

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Juliet I. Whitman
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Mar 9 Mai - 13:20

Fort Hope venait de disparaître dans le rétroviseur de la voiture de Juliet. Le dos droit, crispé par une angoisse qu’elle ne parvenait pas à dissiper, la jeune femme ne cessait de balayer les alentours des yeux, à la recherche de tout ce qui pourrait se révéler être un obstacle pour eux. Mais les environs semblaient calmes, et à part quelques rôdeurs solitaires, aucun danger ne semblait guetter ce duo inattendu. Aucun d’entre eux n’avait parlé depuis leur départ du camp, si bien qu’un certain silence pesant commençait à emplir l’habitacle. Ce fut la brune qui prit la parole en premier, se décidant enfin à demander à Isha ce qu’il faisait dans la cave de Logan, les raisons qui expliquaient sa captivité. La question était revenue plusieurs fois en tête de Juliet, la distrayant pendant quelques instants de la morosité qui rythmait désormais chaque jour de sa vie. A peine eut-elle terminé sa question que la réaction du jeune mécanicien ne se fit pas attendre. Et pourtant, seul le silence de la jeune femme répondit aux remarques du jeune brun. Bien sûr qu’elle s’était posée la question, des tas de fois même, mais elle n’avait rien demandé à Logan. Sans doute parce que pendant qu’Isha vivait l’enfer dans cette cave de merde, comme il le disait lui-même, Juliet traversait elle aussi de son côté l’enfer, prise au piège de ses propres émotions, tandis qu’elle tâchait de faire son deuil, une longue opération dont elle ne s’était pas encore remise. Et pour cet enfer-là, il n’existait aucune clé susceptible de la libérer, aucune échappatoire, aucune fuite possible. Pourtant, ce n’avait sans doute pas été les occasions d’aborder le sujet qui avaient manqué, Logan et elle ayant passé beaucoup de temps ensemble durant les semaines qui venaient de s’écouler. Mais durant ces moments-là, ils ne parlaient pas vraiment, la plupart du temps ils étaient simplement dans la même pièce, ou assis côte à côte, en silence. Il n’y avait sans doute pas grand-chose à dire lorsque deux parents venaient de perdre leur enfant, la chair de leur chair, aucun mot, aucun geste capable d’apaiser le feu de la douleur qui brûlait en eux. Alors non, ils n’avaient pas parlé d’Isha, pas même une seule fois. Et ce que pouvait bien penser Juliet du jeune homme, ou de sa tronche comme il disait, n’avait rien à voir avec cette absence de questionnement de la part de la jeune femme. La perte d’Eulalie avait pris toute la place dans sa vie, et elle ne s’était préoccupée de rien d’autre que de ne pas sombrer dans le désespoir.

Juliet n’eut pas l’occasion d’en placer une, de toutes façons, rien ne lui venait en tête à cet instant. Elle ne savait pas quoi répondre à ce jugement médisant d’Isha, qui semblait lui reprocher de ne pas s’être inquiétée de sa petite personne alors qu’il souffrait le martyr, quelques mètres plus loin, et qu’elle n’avait rien fait, cautionnant silencieusement sa captivité.  Elle se moquait bien de ce qu’il pouvait penser d’elle de toutes manières, il ne l’avait jamais porté dans son cœur, et elle n’avait sans doute rien fait pour arranger cela. Et ce n’était certainement pas maintenant, alors qu’il affirmait que leurs chemins ne se croiseraient plus, qu’elle allait faire quoi que ce soit pour changer leurs relations. La bouche de la brune était toujours close lorsqu’Isha reprit la parole, en annonçant qu’il ne lui ferait aucun mal. Juliet hocha doucement la tête, comme pour lui affirmer silencieusement qu’elle avait bien compris, mais elle se stoppa brusquement en serrant la mâchoire, et en se raidissant subitement. Venait-il vraiment de lui dire qu’elle allait gentiment pouvoir retourner auprès de sa fille une fois leur virée en voiture terminée, ou avait-elle eu une hallucination auditive ? Juliet se tourna d’un bloc vers Isha, les sourcils froncés, la bouche légèrement entrouverte, tandis qu’il continuait sur sa lancée, sans même se rendre compte des sentiments qui étaient en train de se déchaîner chez la jeune femme. Reportant son regard sur la route, le visage décomposé, certaine d’avoir perdu des couleurs, Juliet se ferma, n’entendant même plus les paroles prononcées par Isha. Son cœur se contractait violemment dans sa poitrine, sa mâchoire était serrée au possible, et la jointure de ses doigts avait pali tant ils étaient crispés autour du volant. Il ne savait donc pas. Logan ne lui avait pas appris la terrible nouvelle. Isha ignorait tout de ce qui était arrivé Eulalie, et restait persuadé que la petite fille était encore en vie, probablement en train d’attendre que Juliet rentre à la maison.

Se sentait-elle capable de lui dire la vérité ? Y était-elle seulement obligée ? Juliet pouvait tout aussi bien garder le silence jusqu’à ce qu’elle dépose Isha quelque part dans Détroit, et il n’apprendrait jamais la nouvelle, puisque leurs routes étaient vouées à rester séparées. Ce que l’on ignorait ne pouvait pas nous causer du tort, ni nous blesser, et s’il ne savait pas qu’Eulalie était morte, il n’aurait pas à porter sa perte. Pourtant, Jules ne pouvait ignorer la petite voix dans sa tête qui lui murmurait qu’aussi dure soit la nouvelle, Isha avait le droit de savoir. Il faisait partie de la famille, et ce depuis que Logan l’avait accueilli chez lui. Et si la brune se fiait à toutes ces histoires que la petite lui avait racontées, à chaque fois qu’elle la récupérait chez Logan, Isha et elle avaient noué un lien particulier, si bien que Juliet avait compris qu’il tenait à Eulalie. Il suffisait d’entendre les termes qu’utilisait le jeune mécano pour parler d’elle. Il avait donc le droit de savoir. La jeune femme ignorait depuis combien de temps elle n’avait pas prononcé le moindre mot, mais ce ne fut qu’en sentant le regard lourd d’Isha qui la fixait qu’elle sembla se reconnecter avec la réalité. Après un bref échange visuel, Juliet regarda une nouvelle fois, droit devant elle, réfléchissant à la meilleure façon de lui annoncer la nouvelle. Elle n’avait qu’à se montrer directe, qu’à prononcer les mots tant redoutés rapidement, comme pour se débarrasser de cet aveu douloureux, un peu à la manière d’un sparadrap qu’on arracherait d’un coup sec pour ne pas avoir trop mal. Son premier réflexe fut de prendre une longue inspiration lorsque sa bouche s’ouvrit, tandis qu’elle articulait finalement, d’une voix éteinte : « -Elle est morte, Isha. » dit-elle d’une toute petite voix, si doucement qu’elle ignorait même si Isha avait pu l’entendre. Voilà, il n’y avait rien d’autre à ajouter. Quatre petits mots avaient suffi à expliquer tout le tragique de la situation.

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Isha Cornwell
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Mar 9 Mai - 16:46

«Elle est morte, Isha. »

*Morte ?*


Robin resta un long moment silencieux, incapable de lui demander de répéter, de préciser, telle une célèbre interface informatique, son esprit avait buggué. D’un côté il avait très bien entendu et parfaitement bien compris, de l’autre il refusait en bloc ce qui venait sortir des lèvres de Juliet.

*Morte ?*


Robin pensait que c’était un piège, une ruse perfide et cruelle d’une bourgeoise se croyant tellement supérieure aux petites gens qu’elle tapait n’importe pour faire mal. Isha, lui, savait, qu’elle aimait trop sa fille pour lancer un mensonge aussi affreux. Et puis, il avait vu les signes sans les comprendre. Logan épuisé, le bordel dans sa maison, les bouteilles d’alcool vides…

*Morte ?*


Il y avait à nouveau un désaccord violent entre les deux facettes de son être sauf que, cette fois, il ne s’agissait pas de survivre dans une fosse aux lions, il ne s’agissait pas de se battre pour obtenir ce que qu’il voulait coute que coute. La défaite avait sonné avant même qu’il n’arrive dans l’équation, du moins le pensait-il. Et pour le coup, Robin ne servait à rien, ne pouvait rien.

Il n’y avait plus de refuge sentant le citron en lui, plus de murailles pour le couper de la douleur. C’est une fin. Mais une fin incompréhensible. Comment la fillette avait pu survivre aussi longtemps avant d'arriver dans un cadre aussi paisible pour y mourir ?

*Choupette est morte....*


----------

Je sens malgré moi les larmes couler le long de mes joues, je reste à regarder Godiche comme si je découvrais qu’elle était là. Sauf que j’aimerais qu’elle soit partout sauf ici. Je me sens déchiré entre la douleur, l’urgence pour ma femme, mon impuissance dès qu’il s’agit de sauver quelqu’un. Ou étais-je quand c’est arrivé ? Quand est-ce que c’est arrivé ? Pourquoi Logan ne m’en a pas parlé ?

Petit à petit le chagrin laisse place à une vieille amie, la colère. C’est assez étrange de revenir pour la retrouver presque aussi rapidement. Mais chacun ses mécanismes de défense peut être ? Je sens mon souffle être court et mon regard se durcir malgré les larmes.

J’ai chaud et envie de vomir, pas qu’à cause du manque. Cette nausée c’est juste une baffe que la réalité est e train de me foutre dans la tête.

*Tu es impuissant, t’as foiré avec Franklin, t’as même pas essayé avec Choupette et tu sais quoi, là t’es en train de merder avec Skye aussi. *


« Arrêtes la voiture s’il te plait… »

J’arrive à peine à souffler cette phrase entre mon envie de vomir et la crise de panique qui est en train de monter. Merde ce n’est pas le moment de s’étouffer sur place. Je suis essoufflé comme si je venais de courir un marathon. Et les roulis de la voiture n’arrangent rien.

« J’ai dit : ARRÊTES CETTE PUTAIN DE VOITURE !!! »

Quand enfin elle freine je reste à la regarder avec toute l’incompréhension et la tourmente que je peux ressentir. Il y a trop de mots et trop de questions qui veulent sortir de ma bouche en même temps. Résultat, je reste juste à chialer et à la regarder complétement désarmé. La colère bouillonne.

Je ne sais pas quoi lui dire, qu'est ce qu'on peux dire a une mère qui a perdu sa gamine? Je ne sais même pas pourquoi je lui en veux alors qu’elle doit douiller mille fois plus que moi. En fait, si, je sais. Je lui en veux parce que je ne comprends pas pourquoi ils ont tous fermé leur gueule. Pourquoi ils subissent ça en me foutant à part.

*Parce que tu n’es rien pour eux. Tu ne l’as jamais été et tu ne le sauras jamais. *


« MAIS TA GUEULE ! PUTAIN FERMES TA GUEULE !!! »

Je tremble vraiment beaucoup. Je me rends compte que Godiche ne doit rien suivre. Je me crispe sur le manche du couteau que je sers comme si cela me permettait de ne pas sombrer a nouveau.

*Comme si t’en avais un truc à foutre de sa gueule. *

Mais oui j’en ai un truc à foutre de sa gueule bordel. Je me sers la tête entre les mains, la douleur est affreuse, je voudrais m’enfoncer un couteau dans l’œil pour faire taire cette saloperie de voix dans ma tête. Je n’en peux plus.
C’est tendu de douleur que je me re-concentre sur Godiche. J’ai ma voix serrée par la souffrance de la lutte intérieur que je livre.

« Demi-tour, on retourne chez Logan ! Je crois qu’il va falloir qu’on cause lui et moi.»


*Tu fais une connerie bordel, Skye va crever parce que tu perds du temps pour un gosse déjà morte. *

Non il n’y avait pas que Choupette dans l’équation. Je revoyais le chaos de la maison et les images de Logan qui était le fantôme de lui-même.[/b]

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Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Mer 10 Mai - 15:02

Voilà, elle l’avait dit. Ça avait été dur, comme à chaque fois que Juliet devait prononcer ces mots à voix haute, mais elle y était finalement parvenue. Elle regardait droit devant elle, fixant un point imaginaire un peu au-dessus du capot de la voiture. Elle ne voulait pas voir quelqu’un d’autre s’effondrer en apprenant la nouvelle de la mort de sa fille, parce qu’elle savait que ça la renverrait tout droit à sa propre douleur, qu’elle avait tant de mal à museler. Les larmes des autres faisaient bien trop souvent naître des larmes sur son propre visage, et la brune n’en pouvait tout simplement plus de pleurer tout le temps, encore et encore. Toutes les larmes du monde n’auraient pas suffi à lui rendre son bébé, ça elle l’avait bien compris. Eulalie n’était plus là, et Isha avait partagé tant de temps avec la petite qu’il avait bien le droit de savoir ce qui était arrivé à la gamine. Cependant, malgré cette certitude, Juliet devait bien avouer qu’elle ne s’était pas attendue à une telle réaction de la part d’Isha, elle devait bien avouer qu’elle ne l’avait pas vu venir. En tournant la tête vers lui, elle remarqua les larmes sur ses joues, la douleur sur ses traits, il semblait dévasté d’apprendre la triste nouvelle. Mais peu à peu, sa respiration devint saccadée, comme s’il était en train de courir un sprint, et l’expression de son visage laissa place à une autre émotion, qui n’échappa pas à Juliet.

Lorsqu’Isha lui demanda d’arrêter la voiture, elle fronça les sourcils, pas certaine de comprendre ce que voulait vraiment le jeune homme. Avait-elle mal compris sa demande ? Il n’y avait rien ici, ils étaient encore loin de tout, et il lui faudrait sans doute une éternité pour rejoindre la jeune femme qu’il s’était mis en tête de sauver, sans même savoir si elle était vraiment en danger. Elle se tourna une nouvelle fois vers lui, les sourcils toujours froncés, prête à lui demander ce qui lui prenait, mais Isha lui demanda à nouveau de s’arrêter, lui criant littéralement dessus. Sans comprendre pourquoi il s’emportait à ce point, la brune pila, avant de se tourner vers le jeune mécano, qui la fixait d’un air quelle avait du mal à saisir. La douleur pouvait parfois s’exprimer de façons inattendues, mais elle avait l’impression qu’Isha n’était plus que colère et rage à cet instant précis. Ils étaient désormais arrêtés au beau milieu de la route, Isha en proie à des pensées qui échappaient totalement à la jeune femme, qui sursauta malgré elle lorsqu’il hurla une nouvelle fois, en lui demandant de se la fermer. Tout le problème résidait sans doute dans le fait qu’elle n’avait pas ouvert la bouche depuis l’annonce du décès d’Eulalie, et qu’elle n’avait prononcé le moindre mot. Elle ne comprenait définitivement pas ce qui était en train de se passer, et ne savait pas ce qu’elle pouvait dire, ou faire, pour calmer Isha, qui était clairement en train de péter les plombs. Voilà, elle avait compris ce qu’il faisait dans la cave de Logan. Il était en train de devenir complètement timbré, et son père avait décidé de le garder près de lui en attendant de trouver comment l’aider. « -Isha, calme-toi… » souffla-t-elle néanmoins, tout en sachant pertinemment que ses paroles n’auraient aucun effet. Elle ne pouvait rien faire de mieux, même en le voulant, elle était pieds et poings liés, quasiment littéralement même. Les menottes entravaient toujours ses poignets, et même si elle avait pu bouger, elle ne savait pas trop ce qu’elle pouvait faire pour aider Isha. Elle doutait même que dans son état il accepte la moindre aide venant de la brune. Il lui faisait désormais un peu peur, avec son arme en main, et cet air un peu fou qui déformait ses traits. « -Pose ton couteau Isha... » dit-elle d’une voix mal assurée en fixant la lame. Elle n’avait pas tant peur qu’il finisse par la blesser elle, mais qu’il commette elle ne sait quel geste désespéré, alors qu’il semblait livrer un combat intérieur dont elle ignorait tout. Elle était interdite, incapable de se ressaisir, de rebondir, alors qu’Isha se prenait la tête entre les mains, en proie à une douleur visiblement intense. L’impuissance refit surface, sans crier gare. Ce sentiment qu’elle n’avait que trop bien connu ces dernières semaines, et dont elle savait à quel point il pouvait ronger un individu. C’était exactement ce qu’elle ressentait à cet instant précis. Elle était impuissante, incapable de faire quoi que ce soit pour comprendre le problème, et par conséquent essayer d’y trouver une quelconque solution.

Jules n’avait toujours pas détourné ses yeux du jeune homme lorsqu’il releva finalement la tête vers elle, lui ordonnant de faire demi-tour pour retourner au camp, où il devait, selon ses dires, avoir une conversation avec Logan. Si la jeune femme fronça les sourcils à cette nouvelle, elle ne fit cependant aucune remarque, et exécuta son demi-tour au milieu de nulle part sans broncher. Elle n’osa pas prendre la parole pendant quelques instants, ignorant quelle serait la réaction d’Isha à ses propos, lui qui avait explosé de façon inattendue à peine quelques minutes plus tôt. Et pourtant, Juliet ne pouvait pas rester muette, pas plus longtemps : « -Tu peux pas lui en vouloir de t’avoir rien dit… » commença-t-elle, se demandant si elle avait vraiment débuté comme elle aurait dû. Inutile de préciser de qui elle parlait, la brune savait pertinemment qu’Isha comprendrait où elle voulait en venir. Elle garda le regard fixé droit devant elle, avant de poursuivre malgré tout : « -Il a perdu sa fille, Isha…sa fille ! Il avait bien le droit de gérer son deuil comme il l’entendait… » reprit-elle, sans détourner son regard de la route. Elle ignorait pourquoi Logan avait voulu tenir Isha à l’écart, et pourquoi il ne lui avait rien dit, mais il avait sans doute ses raisons. Et ce n’était certainement pas Juliet qui allait lui demander le moindre compte à ce sujet.

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Isha Cornwell
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Mer 10 Mai - 17:19

Elle fait demi-tour… je ne suis pas sûr de savoir ce que je veux. En fait si, je sais ce que je veux: remonter dans le temps. Arriver a temps pour la sauver. Pour la sauver elle, à moins que ca ne soit pour sauver Logan, Avalohn ou moi...

Tout s’embrouille vite dans ma tête et j’ai chaud bordel. J’ouvre la fenêtre pour que l’air glacé m’aide à garder le contrôle. J’ai peur qu’il ne revienne. Qu’il ne me laisse pas parler a Logan. D’ailleurs je veux lui dire quoi ? Je suis tellement en colère que je sais que c’est une mauvaise idée d’aller lui parler.

* Sans compter qu’il va nous refoutre dans sa jolie cave puante et que la Louve va crever par TA faute. *


Je sers toujours plus fort le couteau en espérant que la douleur de ma main va le chasser.

« Isha, calme-toi… »

Je sursaute en me rappelant la présence de Godiche. J’aurais préféré qu’elle ne me voit pas comme ça. Je lui fais peur, je le sens, ça attise encore plus ma colère. Même si c’est rationnel qu’elle soit effrayée d’être attachée avec moi, qui pète une durite, je lui en veux d’une façon complémentent illogique. De la même façon que j’en veux à Logan et à la terre entière.

Mes lèvres brulent de lui balancer une des horreurs gratuites que je sais si bien vomir à la gueule des gens. Surtout quand je vais mal. D’habitude c’est à des personnes susceptibles de me défoncer proprement la tronche que je cherche des poux. Mais là, y’a qu’elle.

*Et alors, ca te ferait tout aussi mal qu’elle chiale ? Parce que c’est bien de ça dont il est question non ? *

J’essaye de me retenir mais j’en tremble encore plus.

« Pose ton couteau Isha... »

Je la regarde avec étonnement avant de jeter un œil au dit couteau. Je le vois sans vraiment comprendre ce que j’ai sous les yeux. Mon cerveau met un certain temps à imprimer que je pisse le sang à force de serrer cette putain de lame. Le pire c’est que je n’ai presque pas mal.  

*Non tu as trop mal ailleurs pour te rendre compte de cette petite douleur de merde. Nuance. *

J'ai beau essayé, je n’arrive pas à desserrer mes doigts. Je n’arrive qu’à grogner en essayant de lâcher cette putain de lame et d’arrêter de trembler comme un lévrier nain sans sa doudoune en plein hiver.

*Tu n’y arriveras pas sans moi ou sans dose. Abandonnes, on gagnera du temps et on pourra aller sauver une personne qui est encore vivante ELLE.*


Je me concentre sur ma main et au prix d’un effort monstrueux, j’arrive à ouvrir mes doigts petit à petit pour les déplacer vers le manche. Godiche, inconsciente de ce qui se passe dans ma tête et des risques qu’elle encourt si je me foire, semble prendre mon silence pour une invitation à faire la psy de comptoir. Bordel, c’est le genre a penser qu'elle va tout solutionner en parlant parce qu'elle a lu un article dans femme actuelle dont le thème était "le délinquant que mon ex a essayé de sortir du trou vient de me prendre en otage et je sais gérer sans soucis".

« Tu peux pas lui en vouloir de t’avoir rien dit… Il a perdu sa fille, Isha…sa fille ! Il avait bien le droit de gérer son deuil comme il l’entendait… »


Je la regarde horrifié. Comment peut-elle me dire ça ? Comment ose t’elle prendre sa défense ? Elle voit pas que je suis déjà blessé a crever et qu’elle ne fait qu’enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie là ? Moi j'ai perdu quoi? Rien? Je ne suis rien? Je n'ai pas ma place ici?

Je voudrais ne pas gueuler, mais je ne contrôle pas plus ma voix que mes larmes et ma respiration ou mes tremblements.  

« Putain me dis pas ce que je dois faire bordel de merde ! Et ne me dis pas ce que je dois penser !!!! Tu crois qu’il y a que vous qui avez le doit de décider ? Parce que je ne suis qu’une merde ramassée en bas d’un trottoir je ne ressens rien ? Y’a que vous qui pouvez chialer ? Sa mort n’est qu’à vous ? C’est ça l’idée Godiche ? Le débile dont ton ex s’est encombré afin d’arrêter à penser à sa pétasse d’ex qui s’est barrée en le privant de sa gamine, l’erreur de casting qui aurait jamais dû entrer dans vos vies si t’avais pas fait la conne avec lui, ce connard là, il n’a aucun droit ? Il n'a perdu personne?… »

J’avais essayé de me retenir mais voilà, ma rage sort avec la même violence que ce qui se passe en moi. J’ai beau savoir que ce n’est pas elle qui est visée, que la seule vraie personne à qui j’en veux ici, à qui je veux faire du mal, c’est moi, c’est elle qui prend.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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Jeu 11 Mai - 7:59

Elle ignorait comment ils en étaient arrivés là. La journée avait pourtant commencé d’une façon horriblement banale, ennuyeuse à crever. Jamais Juliet n’aurait pu imaginer dans son emploi du temps qu’elle allait se faire prendre en otage par le gamin qu’avait recueilli Logan des siècles plus tôt. Il fallait croire que la vie réservait parfois d’étranges surprises. Jamais non plus elle n’avait pensé qu’elle serait celle qui aurait à annoncer au jeune mécano la nouvelle de la mort d’Eulalie, en toute logique, elle avait pensé que Logan s’en était chargé. Mais les paroles d’Isha, sa façon désinvolte de parler d’Eulalie avaient fait comprendre à Juliet qu’il ne savait rien, et maintenant qu’elle avait craché le morceau, force était de constater qu’Isha en voulait à Logan comme pas possible. Ils venaient de faire demi-tour, le jeune homme abandonnant sa mission sauvetage pour retourner au camp discuter avec son père. Et la brune craignait que ça ne ressemble pas vraiment à une gentille petite discussion de famille. Logan allait déjà suffisamment mal ces derniers temps, il n’avait sans doute pas besoin de subir en prime les foudres mal placées d’Isha. Mais visiblement ce dernier ne l’entendait pas comme ça, et il ne tarda pas à reprendre la parole, se remettant à crier sur la jeune femme. Aux paroles qu’il prononça, Juliet serra sa mâchoire de toutes ses forces, jusqu’à en avoir mal, mais cela ne la convainquit pas de desserrer les dents pour autant. Elle encaissa chacun des mots d’Isha, avant de freiner brusquement, et de s’arrêter au beau milieu de la route, ses doigts agrippant le volant comme si elle essayait de le réduire en poussière dans sa main.

S’est était trop. Elle ne pouvait plus entendre un mot de plus. Elle en avait marre d’encaisser tous les coups que la vie avait jugé bon de lui donner, sans jamais qu’elle ne réplique. Aujourd’hui, elle allait riposter. Parce qu’elle n’était pas la godiche qu’Isha avait toujours vu en elle, parce qu’elle n’en pouvait plus de supporter son mépris à tout va. Ce n’était sans doute pas la meilleure chose à faire, sans doute même la dernière chose à faire vu l’état d’Isha, et le couteau qu’il tenait toujours à la main. Et pourtant, rien n’arrêta Juliet, ni les tremblements du jeune homme, ni cet air furieux qui ne le quittait plus, ni l’arme dans sa main. S’il voulait s’en prendre à elle, qu’il le fasse, ce serait peut-être lui qui la sauverait de sa douleur au final. A son tour, et sans que rien n’ai pu le laisser présager, elle explosa de colère, lui répondant avec ce même ton plein de rage et d’agressivité dont il l’avait gratifié : « -Ferme là Isha ! Ferme là ! » lui hurla-t-elle, tandis qu’elle se débattait une nouvelle fois avec ses menottes, qui ne cédèrent bien sûr pas. Elle détestait se sentir si entravée dans ses mouvements, et elle se rendit compte que cela ne fit que rajouter une couche à la colère qui bouillonnait en elle. Finalement, peut-être que ce n’était pas plus mal qu’elle se retrouve les mains attachées, elle qui mourrait d’envie de foutre une bonne claque à Isha, pour lui remettre les idées en place. Sauf qu’il avait un couteau, et qu’elle était totalement désarmée, le combat ne serait donc pas vraiment équitable. Sans compter qu’Isha était plus massif qu’elle, il aurait eu tôt fait de la maîtriser. Juliet tira une nouvelle fois sur ses menottes, avant de lâcher un juron à voix haute, et de reprendre : « -Tout ne se rapporte pas toujours à toi, malgré ce que t’as l’air de croire. T’es pas le putain de centre du monde ! » Juliet ne comprenait pas cette réaction, elle venait de lui apprendre qu’Eulalie était morte, et la seule chose qui semblait désormais tourner en boucle dans l’esprit d’Isha, était de régler ses comptes avec Logan, de savoir pourquoi personne ne lui avait rien dit avant. Il voulait pleurer ? Mais qu’il pleure bon sang, Juliet ne retiendrait aucune de ses larmes. S’il traitait tout le monde avec aussi peu de considération qu’il la traitait elle, il ne fallait pas vraiment qu’il s’étonne d’être mis à l’écart. Pourquoi continuait-elle à crier d’ailleurs ? Elle n’avait jamais été une adepte des disputes, des hurlements sans fin, de ces instants où deux personnes réglaient leurs comptes en essayant au passage de faire le plus de mal possible à l’autre. Faire du mal, ça n’avait de toutes façons jamais été dans sa façon de faire, elle détestait cela. Juliet savait pourtant qu’elle avait échoué dans cette tâche, elle savait qu’elle avait fait beaucoup de mal dans le passé, et la vie voulait que l’on blesse toujours ceux que l’on aimait le plus. Mais là n’était pas le sujet.

Les paroles d’Isha lui revenaient en tête, déchaînant la bête de colère qui sommeillait en elle. Elle en avait marre d’être traitée comme une moins que rien par le jeune homme, marre de ses jugements de valeur, marre qu’il lui refoute dans la gueule ses erreurs du passé. Lui aussi en avait fait des erreurs, lui aussi avait pris des décisions débiles au long de sa courte existence, et pour cela, il n’y avait personne d’autre à blâmer que lui-même. « -Et arrête de jouer les pauvres victimes à deux balles. Peut-être que si t’étais un peu moins con, un peu moins égoïste aussi, tu te rendrais compte tout seul de la merde que tu débites ! Logan t’as toujours considéré comme un membre de sa famille, on l’a tous fait ! » rajouta-t-elle, en se rappelant des premières fois où elle avait rencontré Isha. Eulalie l’avait tout de suite adopté, il fallait dire qu’avec son grand cœur, et sa joie de vivre, il était difficile de résister à la petite fille. Juliet trouvait cela tellement injuste comme comportement, Isha se posait en pauvre petit martyr détesté alors même que le barbu lui avait offert un foyer, et un semblant de stabilité, ce qui manquait cruellement à sa vie d’antan. « -Peut-être même que si t’avais un peu plus d’estime pour toi-même, tu te rendrais compte que le seul qui te considère comme une petite merdre ramassée en bas d’un trottoir, c’est toi ! Pas moi, pas Logan, mais toi seul ! » cracha-t-elle une dernière fois, chaque muscle de son corps tendu au possible, la poitrine se soulevant avec plus de force que précédemment. Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle se rendit compte qu’elle avait serré les poings si fort que l’empreinte de ses ongles s’était imprimée dans la paume de ses mains. Juliet ignorait de quand datait la dernière fois qu’elle s’était mise à crier comme ça, une éternité peut-être, mais elle ne pouvait pas nier tout le bien que ça lui avait fait. Comme si sans s’en rendre compte, hurler, pas forcément après Isha d’ailleurs, était la clé pour libérer toute la tension qui s’était accumulé en elle au fil du temps, sans qu’elle ne puisse rien faire pour l’évacuer : la fin du monde, la mort de ses parents, Joy, la mort d’Eulalie, son couple qui battait de l’aile. Toutes ces choses accumulées qui l’avaient miné un peu plus chaque jour, alourdissant ses épaules sans même qu’elle ne s’en rende compte. Et d’une façon étrange, une partie de ce poids venait subitement de s’envoler. Ses mains tremblaient quand elle tâcha de reprendre le volant, à moins que ce ne fut son corps tout entier. Le souffle court, elle regardait droit devant elle, et fut presque étonnée de voir, au loin, les palissades de Fort Hope qui s’élevaient. A croire que la colère l’avait rendue aveugle. Oh, elle se doutait bien qu’il allait riposter, elle était même prête à en mettre sa main à couper, et ce ne serait probablement pas beau à voir ni à entendre. Mais Juliet se raccrocha à la petite voix dans sa tête qui lui disait que plus vite elle aurait rejoint l’intérieur du camp, plus vite elle serait débarrassée d’Isha. Se mordant l’intérieur de la joue, et prenant sur elle, elle accéléra rapidement, réduisant aussi vite que possible la distance qui la séparait de Fort Hope, et de sa libération.

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I walk a lonely road
Isha Cornwell
Matricule n°001
I walk a lonely road
Jeu 11 Mai - 9:51

Je manque de me cogner la tête quand elle freine brutalement avant de commencer à me hurler dessus. Sans deconner… elle est vraiment en train de m’engueuler là ?

Je reste sans voix face à la réaction inattendue de Godiche. La fille insipide, sans caractère et sans réels reliefs à mes yeux me surprend. Jusqu’à maintenant, elle n’avait jamais été autre chose que la mère de choupette et l’ex de Logan. Une personne froide et guindée, incapable d’éprouver des sentiments aussi bas que ma colère comme le commun des mortels. La petite fille sage qui fait ce qu’on lui dit sans faire de vague. Toujours polie, posée, à l’écoute, bref la plante verte sans consistance qui ne donne pas envie de plus qu’un plan cul.

Pendant quelques secondes je me demande  qui est la personne assise à côté de moi et si je ne suis pas train d’avoir encore une de ces putains d’hallucination. Je reste à la regarder avec stupeur et attention cherchant le signe que mon cerveau me trompe à nouveau.

Mais non, ça a l’air vrai. Vu comment je douille, c’est sûr que je ne dors pas. Et puis elle semble vraiment là en train de s’époumoner devant moi.

J’ai du mal à imprimer tout ce qu’elle me balance. C’est tellement étrange de découvrir que cette nana est autre chose qu’une belle image fade et sans personnalités. Je crois que je m’attendais à la voir figée et tremblante comme la bourgeoise apeurée qu’elle avait toujours semblée être. En fait non, je ne m’attendais à rien venant d’elle. Je voulais juste me faire du mal en culpabilisant de la voir avoir souffrir à cause de moi.

C’est tordu ?

Possible. Maintenant, y’a pas mal de choses que je ne capte pas toujours dans mes réactions. Et, au regard de la situation, ça ne s’arrange pas vraiment dans ma tête. C’était quoi déjà les mots utilisés par les assistantes sociales en même temps qu’elles se refilaient mon dossier ? Chien fou ou enragé ?

Bref, je découvre une nouvelle facette de cette étrange femme. Elle était déjà comme ça avant ou c’est nouveau ? Est-ce que je me serais trompée sur elle ? Parce que là, c’est vraiment une nouvelle Godiche que je vois. Une qui peu mieux coller à la vision de « l’amour de la vie » de Logan.

Après cette étrange leçon de morale, un silence étrange s’installe. Seul le bruit du moteur martyrisé par Juliet, qui visiblement était enfin décidé à conduire autrement que comme une mamie, vient rythmer l’habitacle. Personnellement je suis en train de méditer ses propos qui, petit à petit, arrivent à mon cerveau.

Je suis vraiment à vif avec mes émotions. Impossible de contenir quoique ce soit. Et, alors que nous nageons en pleine horreur, malgré moi… je commence à pouffer. Un ricanement qui devient vite un rire.

« Putain, tu t'es trouvés des couilles quand toi ? »


Ca me fait mal partout. Je ne me souviens même plus quand je me suis marré pour la dernière fois. Elle doit vraiment me prendre pour un fou. En même temps, je crois aussi que je le suis. Pourtant il y a bien quelque chose de risible à la situation. J’ai presque envie de lui dire « oui maman » et d’aller bouder tout penaud dans mon coin. Je viens de me faire éclater par Godiche. Voilà ce qui est si drôle.

Le pinscher vient de saigner le pitbull.

J’ai besoin de me calmer un peu avant d’être capable d’enchainer.

« Ouai, t’as carrément raison, je fais de la merde et je pars en vrille. Je … je suis désolé de te balancer tout ça dans la tronche, je le pensais même pas, mais quand j’ai mal j’ai besoin de mordre, c’est plus fort que moi. J’aimerais bien te dire que je regrette de t’avoir embarquée dans cette merde, mais… sans toi je n’aurais jamais su… »

Fin de l’amusement. J’essaye quand même d’atténuer le truc avec mon humour de merde qui agace tant Ava.

« Et puis ça aurait été dommage que je parte sans savoir que tu pouvais te foutre en boule toi aussi. Putain, ça colle tellement pas avec ton image de nana tranquille… »

Je lâche un soupir en essayant de de me caller mieux dans mon siège.

« Ca n’arrange rien, ça ne la fera pas revenir, mais avoue que gueuler un coup, dès fois, ça soulage. Je sais que t’es inquiète pour ton ex, mais si je pose pas les choses maintenant, je le ferais jamais et… y’a eu des trucs dans la cave des deux cotés… »

Je chuchote presque la fin de ma phrase. Je m’en veux a mort des horreurs qui ont été balancées. Me faire tabasser à côté n’est pas grand-chose. J’ai passé ma vie à me faire cogner, ou à chercher les gnons. L’être par Logan est déjà plus dérangeant, même si je l’avais bien cherché. Non, le seul truc pour lequel je lui en veux au point de ressentir la colère, à nouveau, toquer à la porte, c’est qu’il ne m’a rien dit.

J’aimerais bien demander à Juliet comment Eulalie est morte. Si elle est devenue une moisie aussi. Mais je n’y arrive pas. C’est au-dessus de mes forces pour le moment et j’estime que c’est pas à elle de faire ça.

Elle n’a jamais signé pour en chier avec moi. Je suis un choix de Logan, tant avant l’apocalypse que maintenant. Je reconnais volontiers que je suis paumé et déchiré entre cette voix intérieure qui me harcèle pour que j’aille chez les Punishers chercher Avalohn et tuer Bruce et mon instinct qui me commande d’aller crever l’abcès avec Logan qui doit vivre l’enfer.  C’est présomptueux d’imaginer qu’il puisse avoir besoin de moi dans un moment pareil.

Je me rends compte que ce choix me dépasse et que ce n’est peut-être pas à moi de le faire. Car ma décision va avoir un impact sur d’autres vies, au final, c’est pas moi qui vais vivre dans ce jolie quartier avec plein d’amertumes. Je suis le mec sans plan et mal équipé qui va certainement finir, tôt ou tard, attaché derrière la moto de Bruce.

« Juliet, c’est la merde dans ma tête, alors vu qu’est chaude pour le rôle de conscience, je te laisse décider de la suite. C’est toi qui vois si tu le sens de me ramener à Fort Hope pour que je cause à Logan, sans garantie que ça se passe bien, ou si tu preferes me déposer à Detroit pour que j’aille sauver ma femme et tuer le Fossoyeur. »

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
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Ven 12 Mai - 7:53

C’était étrange de se dire que désormais, elle se sentait un peu plus légère, comme si une partie du poids qui voûtait ses épaules, sans même qu’elle en ai eu conscience pendant tout ce temps, venait subitement de disparaître. A chaque mètre qu’avalait les roues de la voiture, Juliet sentait la colère qui l’habitait se dissiper peu à peu, et son calme revenir. Contrairement à ce qu’elle s’était imaginée, Isha n’explosa pas suite à ses propos, et un nouveau silence régna dans la voiture qu’ils partageaient. Si Jules avait pensé un instant qu’il allait simplement la planter de son couteau, et que s’en serait fini de sa petite existence, plus les secondes passaient, plus elle commençait à en douter. S’il avait voulu s’en prendre physiquement à elle, il l’aurait déjà fait, non ? Se focalisant uniquement sur la route, Juliet essayait de rester concentrée sur la distance qui séparait la voiture des portes de Fort Hope, se disant qu’ils y seraient bientôt, et que ce calvaire serait bientôt terminé. Et pourtant, lorsqu’elle entendit un ricanement sorti de nulle part, elle ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux, et de se tourner d’un air interloqué vers Isha…qui venait de partir dans un fou rire. La brune le regarda pendant de longues secondes, se demandant vraiment ce qui était en train de se passer, et s’il n’avait pas, définitivement, perdu toute sa tête. Quelques minutes plus tôt, il lui hurlait dessus, lui paraissait menaçant et plus fou que jamais, et maintenant, il se tordait de rire comme si elle lui avait raconté la blague du siècle. Elle n’y comprenait plus rien. A sa remarque, Juliet lui lança un nouveau regard en biais, se demandant si c’était la réaction qu’elle avait eu qui le faisait marrer à ce point. Quoi, elle était si peu crédible que ça quand elle s’énervait vraiment ? Au fond, ce n’était pas plus mal qu’il en rigole, c’était sans doute le scénario le plus pacifiste qui puisse exister.

Juliet n’avait toujours pas lâché le moindre mot, lorsqu’Isha reprit la parole, provoquant de nouveau cet air surpris sur le visage de la brune. Quoi ? Elle avait bien entendu ce qu’il venait de dire, là ? Il venait de dire qu’elle avait raison, et il s’était excusé ? Impossible. Elle avait dû rouler sur quelque chose qui les avaient envoyés dans une sorte de dimension parallèle, car il n’y avait sans doute aucune chance pour que dans la réalité qui était la leur, Isha se mette à lui présenter des excuses pour son comportement. Ils venaient d’avoir un échange plutôt violent, et Juliet reconnaissait volontiers qu’aucun d’entre eux ne s’était montré particulièrement tendre avec l’autre, et voilà qu’ils semblaient maintenant avoir une conversation plus posée, comme si de rien était. Malgré tout, Jules tendit l’oreille, décidée à ne pas en louper le moindre mot, se disant que c’était sans doute la première, et la dernière fois, que le jeune mécanicien lui présenterait des excuses. Il semblait sincère qui plus est, et elle se contenta d’hocher doucement la tête à ses paroles, comme pour lui dire silencieusement qu’elle comprenait, plus ou moins. Chacun avait sa façon de réagir face à la douleur. Elle, elle avait l’habitude de se fermer au monde extérieur, et de s’isoler dans une espèce de bulle d’où les autres étaient exclus. Isha, lui, sautait sur celui qui avait le malheur de passer par là au moment-là. A cet espèce de trait d’humour qu’il se sentit obligé de rajouter, Juliet ne put que lever les yeux au ciel, avant de répondre sur le même ton que lui : « -Ouais, bah tu sais, même les nanas tranquilles ont leurs limites… » lui dit-elle, avant de le regarder d’un air entendu.

Juliet fronça doucement les sourcils lorsque le jeune homme reprit la parole lui demandant d’être celle qui choisisse ce qu’il devait faire à présent. Elle n’avait jamais voulu être la voix de la conscience, comme il le disait si bien, elle avait juste dit ce qu’elle pensait, ce que les paroles douloureuses d’Isha avaient suscité en elle. Fort Hope n’était plus qu’à quelques mètres, et pourtant, Juliet immobilisa une nouvelle fois son véhicule, sans aller plus loin. « -Isha…c’est pas une décision que je peux prendre pour toi. Y’a que toi qui peux décider de ce que tu dois faire. » Devait-elle lui rappeler qu’à peine quelques minutes plus tôt, il lui hurlait justement dessus qu’elle n’avait pas à lui dire ce qu’il devait faire, ou même penser ? S’en était presque ironique. «-Ecoute, je sais pas ce qui s’est passé dans cette cave, et ça me regarde sans doute même pas, mais peut-être que ce serait pas plus mal que vous ayez une conversation, Logan et toi, non ? » commença-t-elle, en haussant une épaule. Au vu de la sortie du camp en catimini d’Isha, Juliet ne se faisait aucune illusion sur ce qui avait dû se passer dans la cave de son ex. Ça devait être mauvais. Sans doute même très mauvais, Isha le lui avait plus ou moins confirmé un peu plus tôt. « -Et puis…pour ce que j’en dis, ta mission sauvetage ressemble plutôt à une mission suicide. T’as pas l’air au mieux de ta forme, je doute que tu aies un plan, et t’as quoi…un pauvre couteau ? Contre des Punishers ? Plutôt maigre, non ? » reprit-elle en lâchant un soupir. Elle ne voulait pas décider à sa place, elle n’avait pas à le faire. Elle essayait juste de lui présenter la situation comme elle l’était. Juliet pouvait comprendre l’urgence que ressentait Isha à l’idée de vouloir venir en aide à celle qu’il l’aimait, au besoin de réagir et de se battre en la sachant en danger, pour la simple raison qu’elle en aurait fait de même. Mais agir sans y être vraiment préparé ne revenait-il pas à signer son arrêt de mort ? Juliet jeta un nouveau coup d’œil aux palissades de Fort Hope, désormais à quelques mètres, droit devant eux. La voiture était toujours à l’arrêt, et elle le resterait tant qu’Isha n’avait pas pris sa décision. « -A toi de décider. Si tu veux parler avec Logan, on rentre à Fort Hope, et advienne que pourra. Et si tu veux aller sauver ta femme…détache-moi, et tu pourras repartir avec ma voiture… » reprit-elle, en tournant son regard azur, très sérieux, vers lui. Avec un véhicule, il pourrait aller où il le voulait, et se rapprocher au plus près de celle qu’il devait sauver.

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Isha Cornwell
Matricule n°001
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Ven 12 Mai - 16:30

Je reste à regarder Juliet avec autant d’étonnement que d’amusement. C’est peut etre pas une Godiche finalement. Du moins, pas que. En fait, soyons honnête, Ava mise à part, y’a aucune nana qui n’a jamais essayé de me recadrer, et encore moins réussi, aussi loin que je me souvienne.

Ma sœur est morte avant mes six ans, je ne crois pas avoir vu ma mère, de son vivant du moins, autre part que vissée a ses telenovelas ou à la recherche d’une veine encore praticable. Y’a bien des assistantes sociales qui ont essayé, mais elles se sont toutes cassés les dents.

Je lui souris avec un air défaite en minant le fait que je rends les armes.

« Tu sais que t’es chiante d’avoir raison ? »

Je reprends vite un air plus sérieux. Outre le fait que j’ai une décision à prendre et que je me sens bof en état de le faire, y’a un truc qui me gêne dans son discours. Elle a pas l’air de savoir qui je suis et ce que j’ai fait. En tout cas, juste au ton de sa voix je la sens pas hyper fan des Punishers.

* Un souci, t’assumes pas de pas un putain de moutons comme elle ?*

Je me crispe à nouveau en entendant cette voix intérieure qui me rappelle que je ne dois pas me relâcher. Je reste à fixer le village du Fantôme qui n’est pas bien loin. Parler à Logan… vaste projet s’il en est, a-t-on vraiment jamais su parler lui et moi ? Entre le non verbal et les coups, pas besoin d’être Psy pour dire qu’on a des soucis de communication.

*On s’en fout, accélères, y’a la Louve qui nous attend.*

Si je pars, je pressens que je le reviendrais jamais. J’ai l’impression que c’est la dernière fois que le destin nous tend une putain de perche.

*Il t’a enlevé, tabassé, drogué, à cause de lui Skye est certainement en danger, et il t’a certainement retardé dans ton projet de devenir le Fossoyeur…*

Eulalie…  

Putain de gros con de Logan !!! Pourquoi il a fermé sa gueule ? Sans déconner !? Non je ne peux pas partir comme ça. Je ne sais pas qu’elle sorte de dette morale j’ai l’impression d’avoir ou quel lien tordu nous unis, mais en tout cas, il y a bien un truc qui fait que je ne peux pas simplement partir comme ça. Je ne peux plus, maintenant, me contenter de lui tourner le dos alors que Choupette n’est plus.

Je ne peux qu’espérer qu’Avalohn saura m’attendre quelques heures de plus.

* Parce que tu penses qu’il ne va pas essayer de te refoutre dans sa cave ? Tu te la joue Melody du bonheur ou bisounours land ? Si tu y retournes il recommencera ses sevices.*

C’est à craindre. Je regarde douloureusement mon otage a côté de moi, c’est moche, mais je n’ai pas le choix et je ne peux pas prendre le risque de me faire à nouveau piéger.

« Juliet, sans déconner, il faut que j’aille le voir, je peux pas juste me barrer comme ça et le laisser chialer choupette en partant en vrille comme il est en train de le faire. Mais, tu vois, je peux pas prendre le risque de retourner me faire fracasser la tronche dans sa putain de cave sans rien dire… »

Je la regarde en me doutant qu’elle a déjà compris la suite.  

« Je te pensais complétement conne mais en fait t’as l’air d’une chouette nana, et c’est pas de gaieté de cœur que je fais ça, mais t’es ma porte de sortie pour aller sauver ma femme. Donc tant que c'est pas regler, tu vas garder tes beaux bracelets et me coller le cul»

J’estime donc que c’est à moi de balancer a Julhiet qui est le mec qui la tient en otage. Logan finira par lui dire tôt ou tard. Tant pis si elle me déteste après, de toute façon, vu ce que je viens de lui faire, ça m’étonnerait que je sois dans la liste de ses supers copains et puis, elle a un peu raison, même si j’arrive à mettre Ava en sécurité et a butter Bruce, sa meute me mettra en charpie avant que je n’ai pu dire ouf. Au moins, comme ça, elle me chialera pas.

Je me penche un peu vers elle et la regarde droit dans les yeux. Je ne sais pas encore ce que je vais y voir. En fait je pense que je ne sais vraiment de quel bois est faite Juliet. Du moins pas encore, mais je vais vite être fixé. C’est avec lenteur que le lance mon parpaing dans la marre.

« Quand j’aurais fini ici, tu me feras sortir, j’irais sauver ma femme et crever Bruce. En fait, si Logan n’était pas venu foutre sa merde, ca serait déjà fait. Et avec juste un couteau je vais rentrer dans le camp des Punishers et je vais saigner le Fossoyeur sans que personne ne réagissent avant qu’il ne pisse le sang. Et tu sais comment je vais faire ça ?... »


Je m’avance encore un peu plus pour lui chuchoter avec une once de provocation:  

« Je vais le faire parce que t’as le bras droit du Fossoyeur juste à côté de toi dans ta bagnole. »

Je guette avec attention sa réaction. Je ne me rends compte que je n’ai jamais vraiment su qui était Juliet, mais que je vais certainement le savoir d’ici peu. On peut mentir, on peut jouer, mais au final, quand on est à vif, quand on est acculé, soumis à une forte émotion, on ne peut plus se cacher.

Et là, Juliet ne peu plus se terrer derrière son masque.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Sam 13 Mai - 8:42

Les portes de Fort Hope étaient droit devant eux, suffisamment proches pour que Juliet ai l’espoir que toute cette stupide situation prenne fin rapidement, et qu’Isha la libère enfin. Elle n’avait qu’à accélérer et à foncer sans s’arrêter, même si le mécano à ses côtés était contre, et ils seraient rentrés au camp en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Mais voilà, elle lui avait proposé une alternative après qu’il lui eût demandé de prendre une décision pour lui, et si Isha décidait malgré tout d’aller sauver sa femme, elle sortirait de la voiture et terminerait son trajet à pieds sans broncher. Tout ce qu’elle voulait, désormais, c’était qu’on lui fiche la paix. Mais le jeune mécano ne semblait pas vraiment décidé sur ce qu’il devait faire, et Juliet pensa distraitement qu’ils allaient peut-être passer encore un peu plus de temps dans cette foutue voiture. Au moins, pour l’instant, plus personne ne criait, et c’était sans doute déjà une sacrée victoire. Finalement, peut-être que cette prise d’otage aurait une fin pas trop tragique. Silencieuse, la brune attendait donc que le jeune homme finisse par lui donner sa décision. Partir, rester, ce n’était sans doute pas un choix évident, mais il faudrait bien trancher à un moment ou à un autre.

Isha finit donc par reprendre la parole, tandis que la jeune femme tournait lentement son visage vers lui lorsqu’il évoqua Logan, et le gouffre dans lequel il semblait plongé, sans qu’elle ne puisse rien faire pour l’aider. Elle doutait même que quiconque puisse y arriver, mais Isha avait bien le droit de tenter le coup, elle n’était personne pour lui interdire de parler à son père. Elle l’écouta sans broncher, avant de finalement hausser un sourcil aux paroles du mécano, levant les yeux lorsqu’il affirma avec sérieux qu’elle n’était visiblement pas aussi conne que ce qu’il avait toujours imaginé. Elle marmonna un « -Merci, c’est sympa ! » hautement sarcastique, avant de se mordre l’intérieur de la joue en comprenant qu’il n’avait pas l’intention de la relâcher de sitôt. La brune ne pouvait pas vraiment dire que ça la surprenait, elle se doutait bien que tant que la situation entre Logan et Isha n’était pas totalement réglée, elle représentait une sorte de protection tout à fait convenable. La jeune femme ne sembla donc pas accueillir la nouvelle avec effroi, sans doute parce que quelque part en elle, sans qu’elle en ai nécessairement conscience, une certaine forme de résignation commençait à émerger. Elle n’avait pas les talents d’Isha pour se débarrasser de ses menottes avec une de ses épingles à cheveux, comme il l’avait lui-même suggéré cette fois où elle l’avait trouvé dans la cave, et elle ne parviendrait donc pas à se débarrasser toute seule de ses entraves. Elle était à la merci d’Isha, et ce n’était pas vraiment pour lui plaire, mais elle ne fit aucun commentaire sur le sujet pour autant. Il lui suffisait de l’amener à Logan pour qu’ils discutent, et il la libérerait. Rien d’insurmontable, tenta-t-elle de se convaincre.

Lorsqu’il s’approcha d’elle subitement, rivant son regard dans le sien, Juliet ne put que froncer les sourcils, et se reculer, instinctivement, au moins autant que les menottes le lui permettait. Qu’est ce qui lui prenait tout à coup ? Elle eut l’impression qu’il s’adressait à elle comme à une débile, tandis qu’il lui expliquait les grands projets qu’il avait pour elle. Elle était sa clé d’entrée, puis sa porte de sortie, elle avait bien saisi l’idée, mais c’était toujours sympa de sa part de le lui préciser, au cas où elle n’avait pas vraiment compris les intentions du jeune homme. Cette situation commençait sérieusement à l’agacer. Si bien que lorsqu’il posa une question, totalement rhétorique et qui n’attendait aucune réponse de sa part, Juliet en avait bien conscience, elle ne put s’empêcher de répliquer, d’un ton acerbe : « -J’en sais rien. Un tour de magie, peut-être ? Abracadabra ? » dit-elle d’un ton froid, et ironique, pas vraiment désireuse de savoir comment ce pauvre taré de Fossoyeur allait passer l’arme à gauche. Les luttes de pouvoir ne l’intéressaient pas vraiment. Mais c’était sans compter sur Isha, qui se rapprocha encore un peu plus, sans que Juliet ne puisse désormais rien faire s’éloigner, murmurant à son oreille des paroles qu’elle aurait préféré ne jamais entendre. Pendant un instant, l’histoire de quelques brèves secondes, Juliet n’entendit plus rien d’autre qu’une sorte de sifflement aigu dans ses oreilles, qui couvrait tout le reste. Des petits points noirs dansèrent devant ses yeux, tandis que les paroles d’Isha tournaient en boucle dans sa tête, rebondissant sur les parois de son crâne, se répétant à l’infini. Puis soudain, l’explosion : « -Quoi ? T’es un putain de Punishers ? T’es un putain de… » Sa voix d’abord si calme gagna en puissance, avant de s’éteindre de nouveau. Son sang ne fit qu’un tour dans ses veines, tandis qu’elle avait l’impression de se prendre une douche glacée. L’air frais de la voiture sembla chuter d’encore quelques degrés, alors que le souffle de Juliet se faisait de plus en plus irrégulier. Elle essaya de bondir vers Isha, mais la manœuvre fut vite avortée par ses liens autour du volant. Jamais de toute sa vie elle n’avait ressenti pareille rage, pareille envie de faire mal à quelqu’un : « -Est-ce que tu sais ce que vous nous avez infligé ? Vous avez attaqué notre caserne, et j’ai été séparée d’Eulalie pendant deux mois. Deux mois, bordel ! T’as la moindre idée de ce que ça peut faire de même pas savoir si ta propre fille est encore envie ? T’en as la moindre idée ? » Elle voulait le cogner, comme jamais elle n’avait jamais eu envie de cogner qui que ce soit. Il fallait dire qu’au fond, Juliet était plutôt quelqu’un de calme, qui n’avait jamais réellement considéré la violence comme une fin en soi. Mais là…là c’était plus fort qu’elle. Il lui suffisait de repenser à la caserne, à ces mois difficiles, pénibles, dépourvu de tout espoir qui en avait suivi pour que ça fasse voler en éclats les croyances qu’elle avait jusque-là. La violence ne résoudrait sans doute pas ses problèmes, mais elle était certaine de se sentir mieux après avoir balancé un bon coup de poing. Elle se débattit néanmoins comme un beau diable en essayant, essayant encore, mais elle ne parvint qu’à se blesser aux poignets à force de tirer comme une forcenée. La colère était plus forte que la douleur, et Juliet ne se rendit même pas compte de la peau écorchée sous les menottes.

Elle lança un regard glacial à Isha, elle en avait oublié jusqu’à son couteau. Maintenant qu’il savait pour Eulalie, il n’avait plus aucune obligation de la garder en vie, elle en avait bien conscience, mais ce n’était pas pour autant que ça calmait Juliet. Elle n’allait pas subitement se mettre à trembler devant lui parce qu’il était un Punisher, il aurait pu être le Diable en personne, elle n’aurait probablement pas réagi différemment. Ils leur avaient causé du tort, ils avaient menacé leurs vies, et pire que tout aux yeux de Juliet, celle d’un enfant. Son enfant, et ça, ça faisait toute la différence. Et le fait que l’un de ces barbares dénués d’esprit ne soit autre qu’Isha, le presque fils de Logan n’y changeait rien. Elle se sentait comme une pile électrique, survoltée, prête à exploser. Sans même penser une seconde aux conséquences de son geste, Juliet tendit la main vers le klaxon de la voiture, prête à tout désormais pour faire comprendre aux personnes au poste de garde que quelque chose ne tournait pas rond. Mais ses doigts eurent tôt fait d’effleurer le klaxon que son geste fut stoppé net, aussi bien par les menottes qui l’empêchaient d’aller plus loin, que par la main d’Isha, qui venait de lui attraper le bras. Bien qu’elle tenta de se débattre, force était de constater que la poigne du jeune homme était bien trop ferme et elle ne parvint pas à se dégager. « -Compte pas sur moi pour aller plus loin. Je ferai jamais entrer un Punisher dans mon camp ! » lui cracha-t-elle à la figure, en essayant de récupérer son bras. Préciser qu’elle ne lui faisait pas confiance n’était sans doute pas nécessaire, pas plus que de lui dire qu’elle refusait de mettre en danger les habitants de Fort Hope en faisant entrer à leur insu Isha dans le camp. Elle le trouvait bien présomptueux, et bien trop confiant de lui raconter tout ce qu’il comptait faire, à croire que pas une seule seconde il ne doutait que les choses pourraient aller de travers, et qu’un pépin pourrait se dresser sur son chemin. Il voulait aller tuer son boss, prendre sa place, sauver sa femme, qu’il le fasse. « -Barre-toi ! Dégage de ma voiture, va tuer ton Fossoyeur à la con, et oublie qu’on existe ! » Il voulait qu’elle décide pour lui ? Voilà qu’il était servi.

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Isha Cornwell
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Sam 13 Mai - 10:32

Juliet se révèle devant moi en une explosion de rage, de rancœur. Je sens que sa peine à enfin trouvé un réceptacle et se cristallise en haine pure dont je suis l’objet. Je l’ai vu dans son regard dès qu’elle a enfin enlèvé son masque pour me montrer une facette d'elle que certainement peu de gens ont vu. Pour autant je ne me sens pas vraiment privilégié.  

Finalement, elle et moi avons peut être plus en commun que je ne l’aurais pensé. Sans notre passé qui nous a forgé, je dirais bien que nous sommes faites de la même essence, violente et dure. On lui apprit à cacher sa nature, a garder pour elle les tempêtes qui la secouent. Mais est ce que c’est mieux au fond ?

J’hésite. Dois-je lui dire la vérité ? Dois-je lui confier que le mal que je me suis donné pour essayer de les trouver et de les sauver ? Que je n’étais pas un Punishers quand cela est arrivé ? Est-ce que ça ferait avancer quoique ce soit que j’essaye de lui expliquer que c’est pour elle et choupette, quand j’ai eu la batte de Bruce sous mon nez, que j’ai fermé ma putain de grande gueule, ravalé ma fierté et ma trouille et dit amen pour réparer leurs bécanes ? Dois je lui claquer que j’ai dit tout ce que Bruce voulait entendre pour avoir des mecs et des ressources pour les trouver et les sauver?

Je la regarde cracher son venin et vider son sac. Je me rends compte que moi aussi j’aimerais avoir quelqu’un à haïr pour la mort de choupette. Que c’est mieux comme ça. J’encaisse donc sur le qui-vive car je m’attends à tout face à l’ouragan, que j’ai déclenché, et qui se déchaine dans cette voiture.  

« T’as la moindre idée de ce que ça peut faire de même pas savoir si ta propre fille est encore envie ? T’en as la moindre idée ?
-J’en ai une parfaite idée crois moi… »


J’ai répondu calmement mais je me tends en pensant aux semaines où j’ai attendu Logan en imaginant le pire, à ces mois de recherches incessantes d’elle et choupette, à la boule qui me ravage le ventre pour ma femme et mon bébé. Oui je sais ce que c’est l’angoisse de craindre le pire pour ceux qui comptent.

Il y a une certaine ironie à la situation au regard de nos derniers échanges dans la cave, mais je me garde bien de lui dire. Autant qu’elle décharge ses nerfs, non seulement je lui dois bien ça, mais c’est aussi certainement mieux qu’elle me voit comme un sale monstre. Au moins quand je crèverais, elle n’aura même pas à faire semblant d’être triste.

Je la retiens in extremis d’appuyer sur le Klaxone. Putain, là ça aurait été la vraie merde. Elle se débat avec toutes les forces que son envie de m’arracher les yeux lui donnent. Autant dire que, sans la cogner, j’en chies un peu pour la maintenir. J’essaye d’être le moins violent possible pour la maitriser et je fini par y arriver.

Je n’apprécie pas ce contact physique qui risque de me renvoyer au garage et a une crise de panique. Mais j’essaye de prendre sur moi pour la maintenir et l’empêcher, non seulement de donner l’alerte, mais aussi de se faire du mal.

« Compte pas sur moi pour aller plus loin. Je ferai jamais entrer un Punisher dans mon camp ! Barre-toi ! Dégage de ma voiture, va tuer ton Fossoyeur à la con, et oublie qu’on existe ! »


Je n’arrive pas a comprendre pourquoi cette situation est si douloureuse au regard de tout ce que je me bouffe depuis des mois. Après tout, j’en ai rien a foutre de sa tronche non ? Tout est mieux comme ça ? Plus sport certes, mais ça sera plus facile à terme. Sa proposition est carrément tentante, sauf que j’ai pris ma décision et que c’est pas pour ma gueule que je veux retourner dans leur camps de bisounours.

J’essaye de me composer mon masque de Robin. Je ne desserre pas ma prise sur elle. J’espère juste qu’elle n’ait pas assez de vécu de ce genre de situation pour se rendre compte que je la maintiens pas dans une prise de soumission. En fait, j’essaye vraiment de ne pas lui faire du mal, mais pour le coup, je ne suis pas dans le confort du tout.

Je prends une bonne inspiration avant de lui parler avec une voix froide et une tentative de sourire confiant et menaçant :

« Parce que tu crois que tu as le choix ? Mais tu as de la chance, je suis d’humeur magnanime, alors je vais te laisser décider, soit tu me ramènes bien gentiment a Logan, je discute avec lui et je me barre, soit tu t’imagines que c’est toi qui commande, tu me la fais à l’envers et je peux t’assurer que c’est pas un pauvre Punishers esseulé qui vient juste discuter avec son tuteur que tu vas voir débouler sur ta tronche et celle de tes petits camarades. Alors, c’est quoi la suite Juliet ? »

C'est effrayant de voir a quel point je sais jouer Robin. Peut être a force d'avoir eu ce role pour survivre il est encré au fond de moi ou peut être que Robin n'est jamais vraiment loin...


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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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Dim 14 Mai - 12:15

Il s’en était fallu de peu. Quelques instants de plus, et ses doigts se seraient écrasés sur le klaxon, longuement, jusqu’à ce que quelqu’un finisse par comprendre qu’il se passait quelque chose dans la voiture immobilisée à quelques mètres du camp. Mais Isha avait été trop rapide, il avait immobilisé Juliet en un instant, réduisant à néant les faibles chances qu’elle avait de signaler sa présence aux autres habitants du camp. Elle ragea, pesta, jura même, se débattit de toute ses forces, mais elle parvint vite à la conclusion qu’elle n’arriverait pas à se débarrasser de la poigne d’Isha. Il avait beau la tenir, ça n’empêchait pas la jeune femme de le fusiller du regard, en sifflant un « -Lâche-moi ! » peu amical. Mais il tenait bon malgré le fil qu’elle lui donnait à retordre, et des fourmis commençaient à engourdir le bout des doigts de la jeune femme. Elle tira une dernière fois sur son bras, avant de se résigner en serrant les dents, et d’essayer de rester un peu plus tranquille. Son souffle devenait plus régulier, mais la colère, elle, restait bien palpable. A tel point qu’elle aurait pu exploser une nouvelle fois, sans crier gare. Maintenant que la vérité était sortie, et que Juliet savait ce qu’était Isha, et dans quel camp il jouait, elle ne pouvait plus rester neutre, elle ne pouvait pas être son chauffeur, son pass pour entrer dans Fort Hope, et en ressortir tranquillement. Elle refusait de l’aider, d’une quelconque façon que ce soit.

Juliet ne détourna pas le regard, pas une seule seconde, tandis qu’Isha reprenait la parole d’une voix qui, sans doute avant, lui aurait fait froid dans le dos. Mais plus maintenant. Maintenant, il lui avait révélé qu’il était un Punisher, et ça changeait considérablement la donne. Le feu de la colère qui brûlait toujours en elle l’empêchait sans doute d’être tout à fait lucide, et annihilait la peur qu’elle ressentait. Si bien que la brune resta de marbre, autant que faire se peut, ne se privant pas pour le transpercer d’un regard glacial, tandis que les mots quittaient les lèvres d’Isha. Des menaces, encore ? Ça faisait longtemps, tiens. Pour toute réponse, elle lui demanda une nouvelle fois de la libérer, d’un ton agressif. Enfin, les doigts du gamin se desserrèrent autour de son bras, et la brune bougea ses doigts pour permettre au sang d’y recirculer normalement. Et maintenant ? Deux options s’offraient à elle, le faire rentrer dans le camp, ou affronter les conséquences de son refus. Elle le sonda du regard quelques secondes de plus, avant de glisser les yeux vers la lame rougie de sang du couteau qu’Isha tenait toujours entre ses doigts. Elle savait bien que ce n’était pas elle qui tenait les rênes. Il avait le couteau, il décidait, ça se résumait à ça, non ? Un nouvel accès de colère, un coup de couteau bien placé, et toute cette prise d’otage prendrait fin.

Juliet soupira, et reporta une nouvelle fois son regard sur Fort Hope. Ils avaient bataillé si dur pour faire du camp ce qu’il était désormais, un lieu de vie tranquille et protégé, et elle ne voulait pas mettre ça en péril, pas en y infiltrant un Punisher à l’intérieur. Au fond, elle savait très bien ce qu’elle devait faire. « -On a toujours le choix. » dit-elle simplement, en réponse aux propos précédent d’Isha. Elle prit une petite inspiration, puis fit glisser les menottes sur le volant, jusqu’à ce que de son index, elle parvienne à appuyer sur le bouton « stop » de la voiture, qui s’immobilisa presque aussitôt. Malgré les paroles du jeune mécano, malgré ses menaces, et cette quasi promesse qu’il venait de lui faire de s’en prendre à elle, et aux autres habitants du camp, Juliet refusait de plier. Le camp était bien gardé, et elle restait persuadée que tout seul, avec juste un couteau, Isha ne pourrait sortir victorieux, pas avec des gardes armés. C’était du bluff, du moins ce fut ce dont elle chercha à se persuader. Est-ce qu’elle avait peur ? Sans doute, oui. Parce que le jeune homme lui avait montré une facette de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas, et qui semblait troublée, violente, prête à tout. Pour autant, la brune tâcha de rester bien droite sur le siège de sa voiture, refusant de céder sa crainte à Isha.

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Isha Cornwell
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I walk a lonely road
Dim 14 Mai - 16:22

Je la regarde un peu déçu de retrouver Frigida. Je préfère Miss Volcano. Non en fait j’aurais préféré ne pas avoir à prendre des mesures à la con comme elle est en train de m'obliger à en prendre.

Je reste à la dévisager sans formuler le "mais ben voyons" qui me brule les lèvres quand elle éteint le moteur façon "je suis au top de ma rebelle attitude".  Ca va pas me prendre trois heures pour la redémarrer la voiture. Au moins je suis fixé, il va me falloir un plan B, un qui n’inclue pas la participation active de la reine des neiges, pour retourner dans le camp.

Putain. Dire que je voulais seulement causer avec Logan. Ça me fait vraiment chier de perdre autant de temps pour ces conneries.

*Saignes là et va sauver ta femme.*


Je soupire.

« T’as vraiment décidé de me faire chier, c’est dommage, Godiche, je commençais à te trouver aussi attachante que tes menottes, mais bon… tu ne me laisses pas le choix. »


En même temps que je lui parle je joue avec mon couteau en espérant encore la faire fléchir avec cette pathétique tentative d’intimidation. Franchement, si ça ne faisait ni chaud ni froid à Robin de gérer ce genre de truc, moi ça me rebute carrément. Et puis causer au Logan après ça, ça va être coton.

Elle semble rester inflexible, le genre vierge martyre qui va se faire bouger le cul par les lions parce qu’elle ne sait pas mentir.  

« Tu sais que ton sacrifice ne m’empêchera pas d’aller au bout de mes projets ? »

*Putain assez aboyée !! Fais ce que tu as à faire ou c’est moi qui m’en occupe !! *  

Je la regarde droit dans les yeux en essayant de comprendre sa logique. Je l’observe mieux et je vois encore autre chose que la femme en colère et la femme résignée à mourir pour ses amis ou une cause perdue d’avance. Je vois un echo à une partie sinistre de moi et je me rends compte qu’au-delà du monstre sanguinaire, qui est responsable de tous ses maux, je suis peut-être aussi autre chose pour elle. C’est plus sournois, moins avoué mais il y a de grandes chances que je suis la porte de sortie à toutes ses souffrances pour elle.

« A moins que tu ne veuilles que je te saigne parce que tu penses que ça va t’empêcher de souffrir ? C’est ça ? En fait tu veux crever et je suis le mec qui est censé le faire !?»

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Juliet I. Whitman
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Dim 14 Mai - 17:37

Une fois le moteur éteint, et le véhicule immobilisé, Juliet pensa qu’ils n’étaient pas plus avancés que ça. Certes, elle ne l’aiderait pas à infiltrer Fort Hope, mais ce n’était probablement pas pour autant que dans un élan de bonté, il allait la libérer. Qu’allait-il faire d’elle, maintenant qu’elle lui avait fait comprendre que sa participation active s’arrêtait là ? Juliet n’était pas certaine qu’Isha lui-même ai la réponse à cette question. Elle glissa de biais un regard vers lui, avant de lever les yeux au ciel face à sa remarque. Et en plus de ça, monsieur le bipolaire se prenait pour un comique ! Tandis qu’il parlait, Juliet le vit jouer avec son couteau, espérant sûrement la faire changer d’avis, et la faire plier, la convainquant d’accéder à ses demandes, et de l’emmener voir Logan. Mais s’il y avait bien une chose à savoir sur la jeune femme, et qui visiblement échappait à Isha, c’était que lorsqu’elle avait une idée en tête, lorsqu’elle avait décidé de quelque chose, il fallait se lever de bonne heure pour essayer de la faire changer d’avis. Et l’opération était presque à chaque fois un échec. Dire que Juliet était têtue était sans doute un euphémisme. Mais pour l’heure, plutôt que le simple fait d’être butée, c’était plutôt l’urgence de la situation qui guidait ses choix, et ses réactions. Isha s’était associé au mot Punisher, et dans l’esprit de Juliet, ce mot s’accompagnait d’un énorme panneau rouge où le mot danger était écrit en gras, et clignotant. Il avait beau essayer de l’intimider, lui faire comprendre qu’il allait lui faire des choses très déplaisantes qu’elle n’allait vraiment pas aimer, Juliet restait inflexible. Tout comme elle tâcha de rester détachée aux nouvelles paroles d’Isha. Un sacrifice ? Elle ne voyait pas vraiment cela comme ça, sans doute parce que la petite voix dans sa tête ne cessait de lui murmurer qu’elle était toujours en vie, et que si le jeune mécano avait voulu se débarrasser d’elle, ce serait fait depuis un moment. Depuis qu’elle avait éteint la voiture. Et puis, elle ne voyait pas vraiment comment il parviendrait à aller au bout de son plan, et à se faufiler dans le camp, sans que personne ne le remarque. Au cas où il ne l’aurait pas remarqué, il n’y avait aucun autre survivant à prendre en otage dans le coin. « -Tu rentreras pas dans Fort Hope sans moi. Mais ça, je suis sûre que tu le sais déjà. » lui répondit-elle, le fixant de son regard froid. Il allait donc falloir qu’il se trouve une autre solution, une où Juliet ne serait pas son laisser-passer.

Et de nouveau, Isha plongea ses prunelles sombres dans les yeux de Juliet. Elle doutait qu’ils aient eu de si longs regards par le passé, ou même qu’ils aient passé autant de temps dans la même pièce qu’ils venaient d’en passer dans cette voiture. Peut-être que si elle s’était justement donné cette peine dans le passé, ils n’en seraient pas là. Le doute persisterait sans doute éternellement. Néanmoins, elle était là une nouvelle fois, yeux dans les yeux avec Isha, silencieux, si bien qu’un observateur extérieur aurait pu penser qu’ils jouaient au bon vieux jeu de celui qui lâcherait le regard en premier. Mais la situation était bien plus dramatique que ça. Juliet ignorait ce qu’Isha cherchait à faire, quelle réponse à la question silencieuse qu’il se posait il cherchait à trouver dans ses yeux. Elle n’eut jamais l’occasion de lui demander ce qu’il était en train de fabriquer qu’il reprit la parole. Et pour le coup, Juliet devait bien dire qu’elle ne l’avait pas vu venir. Elle serra la mâchoire, et détourna le regard pour ne plus avoir à affronter celui d’Isha, qui verrait sans doute dans son geste la réponse à ses questions. Est-ce que, pour la première fois de sa vie, Isha avait vu clair en elle ? Et si tout se résumait à ça ? Et si, sans même en avoir conscience, Juliet voulait simplement que tout s’arrête ? Des jours plus tôt, elle aurait donné n’importe quoi pour taire sa peine, pour que la douleur s’en aille enfin. Dans ses heures les plus sombres, elle n’avait pas eu la force de museler la voix qui lui disait qu’il existait pourtant un moyen pour que tout s’arrête, et qui lui aurait permis d’aller rejoindre Eulalie. Mais jamais elle ne s’était résolue à l’écouter, elle ne voulait pas être lâche, et laisser les gens qui tenaient à elle pleurer son geste. Et le fait que ce soit une autre personne qui mette fin à sa souffrance ne changeait pas vraiment l’équation. Juliet devait vivre, et c’était triste de se dire qu’elle choisissait cette option pour les autres, plutôt que pour elle, réellement. Mourir, elle y avait pensé, bien sûr, mais elle ne voulait pas gâcher cette chance qui avait été ôté à sa fille, beaucoup trop tôt. Et s’il y avait une part de vérité dans les paroles d’Isha, la brune n’était pas forcément prête à l’assumer. Si bien que plutôt que de répondre à ses questions, elle se pencha un peu en avant, et après une petite inspiration, reprit comme si de rien était : « -Je trouve que pour un Punisher qui se donne des airs de balèze, tu parles un peu trop… » lui rétorqua-t-elle froidement, dans une attitude de provocation qu’elle ne cherchait même plus à cacher. Elle ignorait ce qu’il allait faire d’elle, mais quoi qu’il doive se passer, Juliet n’était pas décidée à lui faciliter la tâche. "-Saigne-moi, ne me saigne pas, garde-moi, relâche-moi, emmènes moi chez tes potes si le cœur t'en dis, mais décide-toi. Ils vont finir par voir ma voiture, tu sais..." dit-elle, en montrant du menton les tours de garde de Fort Hope. Elle le poussait à prendre une décision, elle en avait bien conscience, mais Juliet ressentait à cet instant le besoin, quel que soit l'issu de cette rencontre improbable, que tout prenne fin rapidement. Qu'elle soit vite libérée de tout ça, qu'il s'agisse de sa mort, ou de la fin de cette prise d'otage.

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Isha Cornwell
Matricule n°001
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Lun 15 Mai - 11:24

« Je trouve que pour un Punisher qui se donne des airs de balèze, tu parles un peu trop… »

*Non pour un mec tout court tu causes trop. Finis la bordel !*

J’ai un putain de sourire amère en me disant qu’elle doit pas connaitre le Fossoyeurs. En même temps, elle est vivante c’est une autre preuve qu’elle a eu la chance de pas le croiser. En tout cas question parlote avant de faire tomber sa batte sur la tronche des gens, à coté de lui je suis un petit joueur. A ma place il la soulerait de parole, il lui dirait au final qu’il est magnanime, il lui ferait croire qu’il y avait de l’espoir et puis Gertrude le ferait lentement mentir. Elle ne me laisse pas le choix. Mais bordel, j’ai pas envie, elle peut pas juste ce chier dessus comme tous les autres moutons ?

"Saigne-moi, ne me saigne pas, garde-moi, relâche-moi, emmènes moi chez tes potes si le cœur t'en dis, mais décide-toi. Ils vont finir par voir ma voiture, tu sais..."

Elle a raison, plus le temps de tergiverser. Je sais bien que je me trouve des excuses parce que je n’ai pas envie de faire ca que je vais faire. Maintenant, je ne suis pas obligé de faire ca comme un crevard non plus.

Je lui parle avec un peu d’humour tout en gardant mon couteau en main. Je me souviens vaguement d’avoir vu un truc, un jour, à la télé, parlant des « bourreaux pour dames » chez plus ou et j’ai pas fait gaffe a quand. Les types se pensaient plus humains en faisant une diversion à la con avant de trancher le cou de leurs victimes féminine. Je ne sais franchement pas si c’est mieux ou si c’est pire. Mais dans le doute, je vais pas remettre en question un truc qui passait sur la chaine documentaire.

« Te ramener chez les Punishers… t’es vraiment en manque de câlins musclés à ce point-là ? Crois moi, Bruce se contenterait pas de faire la causette à l’ex nana du Fantôme ou de te donner aux moisies…»

Je m’arrête, je regarde la fenêtre derrière elle comme si je voyais une personne qui n’était pas là.

« Logan ? »


Je préfère ne pas m’attarder sur l’ensemble des sentiments qui se peignent sur la tête de godiche lorsqu’elle entend ce nom et se tourne machinalement pour voir son sauveur. Je profite d’avoir une belle ouverture sur sa nuque pour frapper un grand coup avec le manche de mon couteau. Je sais trop bien où taper pour assommer les gens. Je me doute qu’elle aura un putain de mal de crane et qu’il y aura un galet de plus dans le sac a merde de mon cv de monstre à son réveil.

Mais au point où j’en suis… Sans perdre de temps, je sors le morceau de ressort et ouvre ses menottes avant de la sortir de la voiture pour la foutre dans le coffre. Je lui rattache les mains dans le dos après l’avoir fouillée. Pas la peine de prendre le risque qu’elle me sorte un bazooka de sa poche. Je ne vais pas fouiller tous les recoins non plus, c’est quand même l’ex meuf de Logan.

*Qui va certainement apprécier ce geste si tu vis assez longtemps pour qu’il apprenne cette délicate attention… non mais sans déconner, tu fous quoi là ?? T’es con ou t’es royalement con !!! BUTE-LA ET BARRES-TOI !!! SKYE T’ATTENDS !!*


Je maitrise comme je peux mes tremblements et mon état fiévreux. Pour une raison que j’ignore, j’enlève ma veste et je lui fous sous la tête pour lui caler la nuque.
*C’est sûr qu’après lui avoir explosé la gueule t’as raison d’avoir peur qu’elle se tape un torticolis !*

Cette voix m’agace. Putain !!!

Je ferme le coffre, relance le moteur, roule tranquillement vers le coté du camp en me demandant comment prévenir Logan. C’est mon jour de chance quand je vois un clampin sortir du camp. J’attends qu’il s’éloigne pour aller vers lui en voiture.

Il est méfiant et aux aguets quand j’ouvre la fenêtre pour lui dire :

« Salut mec, j’ai un message important pour Logan, il faut que tu lui dises rapidement que le Fantôme est attendu seul par Godiche et Isha dans l’antre du Gamin. Cherche pas à comprendre, mais fonce, il va avoir besoin très vite de cette information. »

Je ne lui laisse pas le temps de répliquer et avec un signe de mains, je démarre en trombe.


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C’est étrange d’être de retour de mon antre, ça ne fait que quelques mois, mais j’ai l’impression d’être parti depuis des années. Ça me fait mal de ne pas y voir Gisèle. Sans ma précieuse moto, il manque presque l’âme du lieu. Je descends de la voiture de Godiche une fois qu’elle est garée dans le rez-de-chaussée et je vais vite refermer la porte du garage.

Je dois me presser car je ne sais pas dans combien de temps Logan va venir pour "discuter". Et vu que j’ai plus ou moins fait du mal à son ex adorée, il va falloir que je sois prudent si je ne veux pas qu’il m’étrangle avant le début de notre conversation.

*Dire que tu pourrais être en train de sauver ta femme... *

Je ne mets pas longtemps à repérer tous les petits détails qui me font dire que j’ai eu de la visite, voir que j’en ai encore des invités indésirables.

« Merde !»

Dans un réflexe idiot je cherche mon arc et mes flèches. Sauf que je ne sais pas ce que Logan en a fait. Je me sens vulnérable sans eux. Au moins j'ai les couteaux. J’attrape un tuyau en plus et grimpe lestement à l’étage par la corde qui est restée en place.

Un rapide examen de l'étage me fait dire que j’ai bien eu des squatteurs, au moins deux vu le nombre de sacs de couchage et le « bordel dans mon bordel ». Je peux aussi affirmer qu’ils avaient mauvais gout puisqu’ils ont visiblement lu les Aquaman qui étaient à peine digne de me servir de matelas. Tous mes comics ont bougé, mais ils sont toujours là et n’ont pas été abimés. Des hôtes respectueux de mes affaires?

Mon cœur se serre en passant devant les murs peinturlurés de l’étage. A côté de ma carte de recherches de Choupette et Godiche, un invité à continuer ma fresque de dessins de comics. En voyant ces personnages disproportionnés avec des yeux plus gros que leur tronche, je devine immédiatement quel fan de manga est passé ici.

« Harvey…? »

Comment savait il pour cette planque? Et la deuxième personne ? Ce ne peut être que ma Louve.

« Ava ? … »


Ils ont donc quitté les Punishers et se sont réfugiés ici. Une onde d’espoir me noie le cerveau et m’empêche de noter les signes d’un départ précipité. Je fouille avec fébrilité et sans prudence tout le bâtiment.

« AVA !! HARVEY !!! »

Mais je ne trouve que poussière, vide et désillusion… J’ai mal, j’ai l’impression de peser une tonne et d’avoir cent ans tellement je suis inquiet et désespéré.

Je mets un peu de temps à me souvenir de l’urgence de la situation pendant que j’ai le cul au sol à chialer comme un gamin. Logan peut débouler à tout moment.

C’est le moment de me montrer malin si je veux éviter d’être un cadavre de plus sur sa conscience, en admettant que ça lui fasse quelque chose que je calanche. Parce qu’à la base, l’idée était juste de causer avec lui, mais avec cette bourrique de Godiche dans mon coffre, un peu amochée au passage, ça fout la merde. Maintenant ça va être coton de me justifier de ça en espérant que Logan ne fasse pas son caca nerveux trop violemment.

Pendant que je m’active pour anticiper « la rencontre » je me rends compte que, quoique ce fasse, Logan ne me pardonnera pas d’avoir frappé Juliet. J’ai réussi à merder ça aussi et il n’y a plus de marche arrière possible.

« Fais chier…. »

Pourtant même avec la pire main possible, je compte bien jouer la partie jusqu’au bout. Je crois qu’à ce stade, je n’ai plus grand-chose à perdre. Si on regarde bien, je n’ai plus d’arme, presque plus de matos, ma planque est compromise et, en espérant que ma femme soit vivante, elle s’est quand même débarrassée de moi, preuve qu’elle ne tient pas spécialement à ce que je revienne vraiment dans sa vie. Par ailleurs, Choupette est morte, Logan va venir pour se la jouer remake de la belle au bois dormant avec moi dans le rôle du dragon et lui dans le type avec la grande épée...

Je dois quand même avoir un sacré pet au casque à, malgré tout, continuer de me battre pour bouffer le chaudron de merde qui s’annonce.



--------------------------------------------





Godiche n’est pas bien lourde, mais ça a été quand même galère de la porter jusqu’au toit du bâtiment voisin de celui de ma tanière. Même si le mot que j’ai laissé sur sa voiture, a l’intention de Logan, dit que nous l'attendons au dernier étage, il ne trouvera qu’un vieux talkie-walkie rafistolé au pied de la corde qui mène à notre toit.

J’ai toujours eu un gros problème avec les plans à la con depuis que je suis à Detroit
Visiblement ce travers est toujours bien là. Pourquoi faite simple quand on peut faire compliqué ? Ca pourrait être ma devise.

Sauf que j’ai moyen les idées claires, que je tremble de partout et j’ai envie de chialer tellement je suis à bout. Je n’arrive pas à savoir si j’ai pas loupé un truc. J’ai vérifié 50 fois les nœuds de la corde qui relis les deux bâtiments et les menottes de Godiche. Mais je suis tellement au bout de ma vie que je n’arrive pas à avoir une vue d’ensemble clair de mon « plan ».

En tout cas, si Logan déboule en mode ours qui s’est levé du pied gauche, c’est pas plus mal de laisser 4 mètres de vide entre lui et moi.

Ce mec a beau être un surhomme, je connais sa kryptonite : il a le vertige. Du moins j’escompte que ce problème ne soit pas réglé. Si ça se trouve je prends 40 000 précautions pour rien et il va arriver hyper zen, on va parler gentiment et je me sentirais vraiment con d’avoir fait mon parano.

*Tu y crois vraiment sans déconner ? T’as kidnappé son ex nana avec qui il t’a saoulé pendant des années, tu l’as frappée, attachée… *

Finalement ces quatre petits mètres me semblent vraiment dérisoire. J’imagine si j’étais à sa place et si Ava était à celle de Godiche.

Putain… quelle merde !!!!!

Je regarde la Belle au Bois Dormant de ce merdier, menottée dans un sac de couchage. J’ai beau lui avoir enfilé comme j’ai pu un des pulls piqués chez Logan, ça caille à mort sur le toit, et je flippe qu’elle me fasse un remake d’hibernatus. Je balance sur Juliet la couverture que je me réservais. A part rester à côté d’elle pour la couper du vent, je ne vois pas trop quoi faire de plus.

J’ai pris de quoi la bâillonner si ça partait en vrille, mais j’espère ne pas avoir à aller jusque-là. J’aurais dû la laisser devant son camp et me barrer sans me retourner.

De toute façon maintenant c’est fait c’est fait…

Il n’y a plus qu’à attendre l’invité du jour et assumer la suite.

Putain je tuerais pour une ligne de coke.. ou une clope.

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Mar 16 Mai - 13:39

Quel sale petit enfoiré ! Dans un crissement de pneus, Logan s'arrêta en bas de l'immeuble où Isha avait passé quelques mois avant qu'ils ne se retrouvent. Tout semblait calme dans la rue, mais lui était furieux. Ce petit con avait réussi à s'enfuir de la cave. Si la situation avait été différente, Logan l'aurait probablement laissé se tirer sans chercher plus loin. Il ne voulait pas d'aide ? Tant pis pour lui, ça commençait à devenir plus que fatiguant de l'aider contre son gré. Un mois n'avait pas suffit et le barbu avait bien mieux à faire que de passer le reste de sa vie à essayer de faire entrer du plomb dans la tête de ce gamin. Il voulait jouer au gros dur, qu'il grandisse comme tel. Sauf que... Sauf que ce petit con n'avait pas seulement pris la fuite, il avait emmené Juliet avec lui et maintenant, il voulait que Logan les retrouve. C'était quoi, le plan ? Le géant n'en avait pas la moindre idée, mais à la seconde où Ale était venu le trouver pour lui raconter qu'un gosse avait un message pour lui, il n'avait pas réfléchi très longtemps. En fait, il avait tout juste pris le temps d'aller vérifier ses craintes à la cave et sauter dans la voiture de Joy pour filer au lieu du rendez-vous. Peu importe ce que voulait Isha.

En ce moment, Logan regrettait un peu d'avoir gardé pour lui le fait qu'il retenait un ado dans sa cave. S'il avait pris la peine d'en parler à quelqu'un d'autre que Joy, peut-être qu'il aurait eu droit à quelques renforts en ce moment. Mais c'était son petit secret et il avait bien l'intention de régler ça seul, comme le triple idiot qu'il était. Il lui fallut environ une demi-seconde pour sauter hors de la voiture et il fonça vers l'entrée du loft, ne trouvant pas grand chose d'autre que ce qu'il y avait vu lors de sa dernière visite. Et la voiture de Juliet, avec un gentil petit mot épinglé sur le pare-brise. Le temps de le lire et Logan se hissait vers les étages supérieurs, toujours dans ce silence assourdissant qui commençait à lui faire dire qu'Isha se foutait bien de sa gueule.

Il en eut la confirmation quand il trouva l'étage vide, si on oubliait le talkie-walkie sur le sol et la corde tirée entre les deux bâtiments. Ouais, il se foutait bel et bien de lui. Au bord de la crise de nerf, Logan s'approcha de la fenêtre pour suivre la corde des yeux et observer le toit du bâtiment d'en face. Il apercevait tout juste une silhouette planté là-haut. Ce sale petit enfoiré avait tout prévu et le géant commençait à se demander sérieusement ce que son adorable fiston attendait de lui. S'il voulait se suicider, il n'avait qu'à sauter du haut de cette connerie de toit au lieu d'énerver Logan. S'il voulait de l'aide pour trouver sa gonzesse... Il était encore plus con que Logan ne l'imaginait, puisque la donzelle se trouvait à Fort Hope en ce moment-même. Exactement comme il l'avait promis quand Isha était encore son captif, le barbu avait pris soin d'elle et du gamin qui l'accompagnait. Quel crétin.

Il faudrait probablement que Logan traverse cette foutue corde à un moment ou à un autre, mais pour le moment, il se contenta de ramasser le talkie et de l'enclencher, pour demander de sa voix des plus mauvais jours : « Où est Juliet ? » Oh, il finirait par chercher à comprendre ce qui les amenait ici, mais pour le moment, il voulait seulement s'assurer que la jeune femme allait bien. « J'te jure que si tu lui as fait du mal, tu vas le regretter pour le restant de tes jours. »

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Isha Cornwell
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Mar 16 Mai - 15:39

Je me dis que je vais bientôt être bon pour le rôle d’un bonhomme de neige tellement je me pèle. Je regarde avec envie Godiche qui est, au moins, bien emmitouflée dans le sac de couchage et la couverture. C’est déjà ça.

Je suis toujours à me demander ce que je vais bien pouvoir raconter à Logan quand je le vois arriver sur le toit. Bordel, rien qu’à sa démarche je sais que j’ai certainement sous-évalué sa colère et j’ai très envie de me barrer sans demander mon reste plutôt que de me prendre en pleine tronche ce qui va forcément suivre. Je lutte contre mon instinct animal qui me hurle de fuir. Ce n'est pas mon genre de débiner, même devant mon géniteur, quand il rentrait d’une sale journée avec l’envie de se défouler, je n’ai jamais baissé les yeux.

Je me redresse en faisant gaffe de ne pas faire tomber le rouleau de printemps qu’est Juliet. Je m’avance vers le bord du toit, conscient que si je veux vraiment éclaircir les choses, ça va pas être bien agréable en plus de pas être évident.

Oh putain !!

Quand je vois sa gueule je commence à réaliser que je vais payer très cher mon foirage. Et ça ne va pas seulement être une gueulante désagréable ou des gnons. Ça va être pire. J’ai cassé un truc cette fois. Et je ne sais pas si ça se répare. Aussi loin que je me souvienne, je ne l’ai jamais vu aussi fâché après moi, même quand j’ai failli saigné le macro de ma sœur devant lui.

C’est compliqué à encaisser sa façon de me regarder avec autant de rage froide. Je sens presque un truc au fond de fois se ratatiner. J’ai limite envie de laisser Robin gérer tellement que je le sens mal.

Quand il ouvre la bouche je ne peux plus me mentir sur la situation.

J’ai été débile de penser que je pouvais apporter je ne sais quoi pour qu’on s’aide pour la mort de Choupette. En fait, en admettant que j’ai jamais eu ma place dans cette famille, maintenant je ne l’ai plus.

En fait ça serait plus simple pour tout le monde que je fasse ce que l’univers semble attendre de moi, que je joue au con, que je le provoque et que je me disparaisse. Comme ça, je n’aurais plus à espérer quoique ce soit, on ne serait plus dans cette espèce de relation qui n’a, peut être, jamais vraiment existée que dans mes délires de gamins en manque de figure paternelle. Et puis, il n’y a pas besoin d’être devin pour deviner qu’il me hait déjà.

J’essaye de ne pas me décomposer devant lui, du moins de ne pas lui montrer a quel point j’accuse le coup. Après tout je sais de quoi j’ai l’air: d'un Punishers. J’ai un sourire amère en me disant que finalement, lui aussi a fini par me voir comme le fils de Bruce. C’est quand même assez ironique que le seul mec, au final, qui voulait bien de moi comme fils, je projette de le tuer… Je ferais certainement le bonheur d’une armée de psys, s’ils en avaient qui avaient survécu.

J’appuie mollement sur le bouton du Talkie ne sachant pas encore ce que je veux vraiment lui dire. C’est un peu ironique que je réagis a sa menace. Même si, vu mon CV, il a raison de se méfier, ça me blesse qu’il pense que je puisse faire du mal à l’amour de sa vie et a la mère de choupette. Bon, ok, je l’ai quand même cognée, mais sur le coup, je n'ai pas eu d'autres idées. Il faut dire que ma tête nage toujours dans les brumes d'un manque effroyable qui me rendent nerveux et incapable de pensée de façon claire. Même moi je me rends compte que je suis un poil instable. Au moins, j'essaye de m'accrocher pour garder le fils.

« Genre tu vas faire quoi ? Me tuer ? Me droguer et me foutre dans une cave pour me tabasser ? C'est pas déjà fait?»

Et puis merde, c’était pas prévu que ça dérape comme ça, je devais juste revenir gentiment chez lui pour discuter, parler de choupette… putain, par faire le putain de terroriste dans une prise d’otage foireuse. J'essaye de le rassurer en comprenant mieux que personne le stress de ne pas savoir si les gens que l'on aime sont morts ou vivants.

« Elle aura juste une grosse migraine si c’est ta question. »

Je montre d’un geste de tête la chenille derrière moi. Je ne lui laisse pas le temps de reagir en enchaine sur ma question. Celle qui fait que je ne voulais pas partir sans le voir, même si c’est la dernière fois.
J'ai la voix qui tremble et c'est pas seulement a cause du froid, du manque et de la colère qui repointe le bout de son nez. Je le regarde droit dans les yeux en sachant que, comme moi, Logan n'est pas doué pour exprimer les choses avec des mots.

« Je… Tu ... Putain!!! Mais pourquoi tu m'as rien dit !!? »

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Mar 16 Mai - 16:26

Bon sang. Dès les premiers mots du gosse, Logan avait envie de tourner les talons et de le laisser à sa merde. Si Juliet n'avait pas été quelque part -probablement sur le toit avec le gamin- il l'aurait fait sans sourciller. Cette insolence constante devenait imbuvable. Depuis quand était-il devenu ce genre de type ? Sûrement à force de traîner avec Bruce... Pour toute réponse, Logan prit une profonde inspiration. Il fallait qu'il se calme, pas le choix s'il voulait retrouver la jeune femme en un seul morceau. Et si ça commençait à mal tourner, il aurait toujours la possibilité d'annoncer gentiment à Isha que Skye était confortablement installée dans l'une des maisons de Fort Hope. Il n'avait pas envie d'en arriver là, mais ils pourraient probablement procéder à un échange. Le gamin assurait que Juliet irait bien, ce qui aida un peu Logan à se calmer. Un tout petit peu.

Et deux secondes plus tard, c'était lui qui se faisait engueuler. Rien dit ? À propos de quoi, hein ? Honnêtement, pendant quelques secondes, Logan se demanda sérieusement de quoi il s'était rendu coupable. Et puis, il percuta. Juliet était là. Pendant un moment plus ou moins long, elle s'était retrouvée seule avec Isha. Elle lui avait dit. C'était donc ça, le problème. Ça ne justifiait pas tellement toute cette mise en scène, si ? Il aurait pu tout simplement revenir à Fort Hope et prendre la tête de Logan à ce sujet confortablement installé dans une maison chauffée plutôt que de se la jouer psychopathe, merde. Il garda le silence un court instant, cherchant ses mots. Pourquoi n'avait-il rien dit ? Il n'en savait rien. Parce que c'était trop, tout simplement. Parce que le gosse lui avait balancé à la gueule jour après jour quel homme et quel père minable il était et que Logan l'avait mal pris. Qu'il était à cran et à deux doigts de lâcher prise et que de donner une nouvelle excuse à Isha pour le faire craquer n'aurait servi à rien. « J'allais te le dire. » répondit-il finalement, toujours sur la défensive. Ça ressemblait fort à une excuse, mais c'était la vérité. À un moment ou à un autre, il aurait tout dit à Isha. Sauf qu'il n'avait pas vu Isha une seule fois pendant tout ce temps. « J'attendais seulement que tu redeviennes toi-même. » Merde quoi, ça n'était pas sa faute si Isha avait voulu se la jouer jumeau maléfique pendant des semaines. « Tu m'en as envoyé plein la gueule pour me pousser à bout, tu croyais vraiment que j'allais être assez con pour te filer des munitions supplémentaires ? Ma fille est morte, Isha et au lieu de me concentrer sur mon deuil, j'ai passé un mois entier à écouter tes saloperies, encore et encore. Tu l'as peut-être pas remarqué, mais t'as vraiment rien fait pour me prouver que je pouvais te faire confiance, ces temps-ci. » Il n'arrivait pas à croire qu'il soit encore là à essayer de se justifier après tout ce qu'il venait de subir de la part de ce gamin. Et pourtant, il continuait d'essayer. Il parlait plus calmement, il faisait son possible. Pourquoi ? « Qu'est-ce que tu veux, maintenant ? »

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Isha Cornwell
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Mar 16 Mai - 17:09

Me faire confiance ? Comment peut-il espérer me faire confiance alors que ma propre femme ne le fait pas? Je ne suis même pas sûr d’avoir confiance en moi... Mais ce n’est pas le moment d’essayer de lui expliquer ce que je traverse, ce que j’ai vécu. Je ne sais pas s’il en a un truc a foutre, mais ce qui est sûr, c’est que moi, je m’en balance maintenant.

J’ai du mal à ne pas chialer comme un petit garçon perdu qui veut juste retrouver ses parents, qui veut que le cauchemar cesse, qui veut que sa sœur soit toujours vivante… Je suis obligé de m’assoir tellement tout tourne autour de moi. Et même si j’ai la chance de ne pas avoir le vertige, je suis quand même trop prêt du bord.

Ca me rappelle quand mes frères m'avaient craché à la tronche que Deena était morte, que notre sœur n'avait pas su attendre qu'on trouve un moyen de la ramener à la maison... J'ai passée des nuits et des nuits a réécrire l'histoire, a mettre des "si" dans toutes mes pensées pour réussir a dormir et a me reprendre la claque de la réalité au réveil. Ceux qui partent ne reviennent jamais.

En fait je me rends compte que j’espérais, même absurdement, que Logan démente en bloc la mort d’Eulalie. J’avais beau savoir que Juliet ne pourrait jamais mentir sur un truc pareil, j’aurais donné tout ce que j’ai pour qu’il me balance autre chose, qu’il me dise qu’elle était juste à la maison avec la grippe. Mais non… elle est partie… je me souviens que j’ai refusé d’aller la voir, il m’avait pourtant proposé de venir, mais pour sauver la vie de types dont la plupart méritaient la peine de mort, je ne suis pas venu…

J’ai dû mal à me concentrer mais je ne peux m’empêcher de me passer la main sur la joue, qui est encore marquée par ses coups, quand il me reproche de lui en avoir foutu plein la gueule. Je ne sais pas si je saurai lui expliquer la torture d’être enchainé pour moi. En fait non, je ne sais pas si j’ai juste envie de lui dire. Je me souviens de ce que je lui ai dis, j'ai honte.

Je ne sais plus vraiment ce que je dois penser, je suis vraiment paumé dans tous les sens du terme mais je dois faire un effort pour garder Robin loin de moi. Je sens qu’il a envie de partager ses saloperies, mais je suis vraiment trop mal pour y prêter attention.

Je me redresse comme je peux et tangue légèrement. Aurais-je sous-estimé mon degrés de fatigue ?

« Qu'est-ce que tu veux, maintenant ? »

Je reste à le regarder avec toute la détresse que je ressens. Je connais la réponse, du moins celle à laquelle je m’accroche avec autant de d’espoirs que si c’était une bouée et que j’étais en plein naufrage. Je veux retrouver une femme qui me hait, la sauver elle et le bébé qu’elle porte, qui est certainement celui de Bruce… non en fait je veux repartir en arrière et je veux voir Choupette, je veux qu’elle soit vivante… a moins que…

Je regarde le vide à mes pieds.

A moins que je ne veuille autre chose. Cette même chose que je voulais après la mort de Franklin. Ce que je voulais certainement déjà quand j’ai repris de la drogue. J’ai la voix brisée dans le talkie et je ne le regarde même plus. Je ne sais plus vraiment si je parle tout seul sur le toit où s’il y a bien Logan en face de moi. C’est comme si tout mon cerveau avait bugué ou était sous anesthésie.

« Tu aurais dû le faire tout de suite… Tu n’aurais pas dû perdre ton temps avec moi.»

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Mer 17 Mai - 5:23

Que fichaient-ils ici ? C'était la question à un million de dollars. Celle à laquelle Logan ne parvenait pas à trouver la moindre réponse convaincante. Visiblement, apprendre la mort d'Eulalie avait sacrément retourné le gamin, ce qui était parfaitement compréhensible. Et ça l'avait poussé à mettre en place cette petite rencontre digne d'un grand film hollywoodien. Sauf que Logan ne comprenait toujours pas le but de tout ça. Qu'est-ce qu'il attendait de cette rencontre ? Personne n'avait le pouvoir de ramener Eulalie, personne n'avait le pouvoir de faire en sorte que ce soit moins douloureux.

La seule manière de comprendre ce qui se passait ici était donc de demander, tout simplement. Et c'est exactement ce que fit Logan. La réponse qui tardait à venir le rendait anxieux. Isha n'était pas prêt à se retrouver dans une telle situation. Peut-être que la cave n'était pas la meilleure solution pour le désintoxiquer, mais une chose restait certaine : il n'était pas encore guéri et certainement pas revenu à un état mental plus stable. La réponse du gosse arriva finalement, faisant froncer les sourcils à Logan. Il ne comprenait pas où voulait en venir Isha. Le faire tout de suite ? Non, il n'aurait pas pu, il n'aurait pas du. Mais il ne le répéta pas une nouvelle fois. Aussi triste cela puisse-t-il être, Logan avait fini par se résigner à quelque chose : il était absolument inutile de discuter avec ce gamin. Il l'avait prévenu, de nombreuses fois, il lui avait dit qu'il ne devait pas rester avec Bruce, que ça finirait par le détruire, il lui avait proposé son aide et même invité Ava et Harvey à venir avec eux. C'était, finalement, exactement ce qui arrivait. Il avait répété des millions de fois qu'il ne voulait rien de plus que l'aider. Mais jamais Isha ne l'avait entendu, il s'était terré sous ses convictions biaisées par Dieu sait quoi, en partie la cocaïne sans doute, en partie autre chose. Le résultat était le même : il n'écoutait jamais rien et c'était une perte de temps et d'énergie considérable de lui faire entendre raison. Et cette fois, le gosse se tenait beaucoup trop près du rebord d'un immeuble de plusieurs étages pour que Logan puisse prendre le risque de perdre son temps à répéter ce qu'il venait juste de dire.

« Isha, écoute-moi s'il te plaît. » Allait-il réellement sauter ? Aucune idée. Ils en étaient arrivés à un point où Logan ne connaissait plus du tout le jeune homme planté face à lui. Il ne reconnaissait pas ce garçon tremblant, rongé par la paranoïa et par l'incohérence. Il avait eu peur, réellement peur, que le gamin s'en prenne à lui et aille jusqu'à le tuer. Et maintenant, il était incapable de dire si oui ou non il aurait été capable de sauter. « Je n'ai pas perdu mon temps, on ne perd jamais son temps à aider sa famille. Les choses sont compliquées en ce moment, mais on peut encore tout arranger. Il faut seulement que tu me fasses confiance, d'accord ? » Il était nerveux et ça s'entendait. Après tout, ça aurait été plus simple de le laisser faire, non ? Lâcher prise une bonne fois pour toute et oublier toutes les complications qui venaient avec ce gosse. Mais il ne pouvait pas. Aussi agaçant, insolent, borné et idiot soit-il, ce gamin était le sien. « Recule un peu, s'il te plaît. Respire calmement, détends-toi et dis-moi ce que je peux faire pour t'aider. »

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Isha Cornwell
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Mer 17 Mai - 6:49

Je sursaute presque en entendant la voix de Logan, pendant un bref instant, je n’étais plus là. Où étais je? Je n’en ai aucune idée. J’ai l’impression d’être dans un film monté par un stagiaire sous doué et filmé par un cameraman atteint de parkinson tellement j’ai dû mal à suivre ce qui se passe.

D’ailleurs, est ce que je suis vraiment là ? Est que je ne suis pas, encore, dans un délire? Dans quelques minutes je vais voir mon vieux débouler et Bruce faire un numéro de jonglage ? Je suis perdu, plus que j’aimerais l’admettre.

Logan me demande de l’écouter, j’essaye de me concentrer sur ses mots tout en me rappelant que, s’il est bien là, j’ai kidnappé Godiche, Eulalie est morte et je dois aller sauver Ava. Finalement ça serait bien que ça ne soit qu’un délire dû au manque.
Il me parle de famille et me fait miroiter que l’on peut tout arranger. J’aimerais y croire. Vraiment. Mais j’ai l’impression que j’ai beaucoup trop déraillé pour réussir à faire marche arrière. En fait, le vide est vraiment attirant. C’est tellement tentant de céder à la  facilité. Au moins, après je n’aurais plus mal et je ne ferais plus de mal ? Après tout, à part foutre la merde et foirer tout ce que j’ai jamais essayé de faire, c’est quoi le bilan final de ma pathétique petite histoire ?

La voix de Logan raisonne à nouveau et m’oblige à revenir à la réalité. C’est moi ou il a l’air inquiet et plus en colère ? J’ai dû mal à saisir ce revirement. Non en fait j’ai dû mal à imprimer quoique ce soit.

Il veut que je recule ? C’est vrai que je suis sacrement prêt du bord… après un dernier regard au sol, je me recule machinalement en me fiant à ce que me demande Logan. Me calmer ? J’aimerais bien… mais sans coke, je ne suis pas sûr d’y arriver.

Quant à m’aider…  je me prends la tête être les mains. De l’aide ? Ce qu’il peut faire ? La réponse qui me vient à l’esprit ne me plait pas mais à part me laisser crever et prendre ses distances, au moins m’épargner de lui faire plus de mal que j’ai réussi à lui en faire jusqu’à maintenant. J’essaye de me souvenir ce que l’on fait sur le toit et ce que je voulais à la base.

De le chaos qu’est ma tête, il faut que je m’accroche à mes certitudes, du moins, a celles que j’avais déterminé quand ça tournait un peu mieux la haut et que je ne suis pas obnubilé par le fait qu’a part crever ou me trouver une dose il n’y a pas de solutions pour moi.  J’appuie sur le bouton du talki, je reconnais a peine ma vois tellement que je vais mal. J’essaye pourtant de mettre un peu d’ordre dans mes idées en me rappelant que c’est certainement la dernière fois qu’on se voit lui et moi de notre vivant.

« Tu peux rien faire Logan, rien, c’est trop tard… Je voulais juste parler, juste qu’on se dise au moins au revoir, que tu ne te la joues martyr en te demandant ce que t’avait foiré avec moi en plus de chialer choupette… c’est pas toi qui fait tout de travers, c’est moi qui fait de la merde. T’aurais dû écouter les assistantes sociales, y’a rien de bon a tirer chez moi. Même juste venir te parler c’est parti en vrille… comme tout ce que je fais...»

Je montre du bras la chenille de sac de couchage. Je ne sais même plus comment on en est arrivé là. Mais une chose est sûre, ce n’était pas l’idée initiale.

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