it's not easy to say I’m sorry



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Mar 23 Mai - 19:35



Le 5 février 2016


J’hésite. Non en fait ce n’est pas vraiment le terme, c’est plutôt que je retarde. Je suis décidé à aller faire mes excuses à Godiche. Je sais que j’y ai été fort, trop. J’ai beau savoir que le manque et la captivité ont joué un rôle majeur  la dedans, il me semble que ce n’est pas à elle d'en faire les frais.

Je me souviens d’un des dessins animés que Choupette aimait regarder, un truc avec une princesse qui n’arrêtait pas de chanter pour un oui ou pour un non et qui parlait aux animaux. Maintenant que j’y repense, elles ne  font pas toutes ça les princesses ? Bref, elle c’était Sophie ou Sophia, je ne sais plus, par contre je me souviens bien d’un des épisodes ou elle fait de la merde et elle écope d’un châtiment magique à la con. Pour y échapper elle va s’excuser auprès des gens qui ont bouffé à cause de ses conneries. Mais ça ne change rien à sa putain de malédiction. Bon, ok, c’est Eulalie qui m’a expliqué le truc, parce que sur le coup, je le trouvais naze ce dessin animée. Mais en fait, s’excuser, c’était bien mais ça ne suffisait pas,  pour bien faire il fallait réparer les erreurs.

Sauf que je n’avais aucune idée de comment je pouvais réparer le fait que je l’ai plus qu’un poil bousculée, que je l’ai plus ou moins prise en otage, quelque peu menacée et que j’ai dû l’assommer au final.

D’ailleurs je ne suis pas sûr d’être bien doué pour présenter des excuses. Pourtant, je vais le faire. Je dois le faire. Je suis décidé à le faire.

Je vais juste finir ma clope et continuer d’ignorer les regards des habitants du coin. Je ne sais pas si je suis une bête curieuse du fait que je sois plus ou moins associé à leur chef bien aimé ou si c’est parce que je fais un peu erreur de casting dans leur petit camp bien propret. A moins que mon coté "ex Punishers" les gène. Avec un sourire mauvais et devant un type qui me dévisage, je crache au sol et le défis du regard.

Pourquoi je fais ça ? Comme si je le savais moi-même. Je n’y peux rien, c’est dans ma nature de chercher la merde dès que ça va pas. Y’a bien une psy qui avait sorti un truc comme quoi j’étais autodestructeur et que je faisais ça pour me punir de je ne sais quoi. P’être qu’elle avait pas tort et que j’ai envie de me prendre une bonne dérouillée parce que c’est ma façon d’expier quelque chose. Ou peut être que je cherche juste une excuse pour retarder encore plus la confrontation avec Godiche ? Ou encore j’ai tellement les boules après tout ce que je viens de bouffer en quelques jours que j’ai juste besoin de me défouler.

Franchement, ça intéresse qui de savoir ?

Pour le coup je suis déçu, le type baisse les yeux et file comme s’il avait le diable au cul.

*En même temps, c’est un peu le cas si tu décides de le suivre pour le defoncer. Sauf que tu peux parce que t'es qu'une merde qui flippe que papa Carter te fasse panpan cucul!*

Je me crispe en entendant cette voix. Enfin, ma voix sans être la mienne. Ca, c’est un de mes gros problèmes du moment. Un truc flippant qui me donnerait presque envie de remonter le temps pour retrouver une de ces grognasses de psy. J’ai mis un peu de temps à comprendre que j’étais le seul à l’entendre. Avec un peu de chance ça passera tout seul.

*Comptes dessus…*

Je soupire, écrase ce qui reste de ma clope et fait les derniers mètres qui me sépare de la baraque de Godiche avant de sonner. La porte s’ouvre presque instantanément sur une nana rousse, échevelée, au forme de nana de calendrier. Elle me regarde comme si j'étais le Père Noël. Merde c’est qui elle?

« Je me demandais quand tu te déciderai à sonner ! »

Je n’ai pas le temps d’en articuler une qu’elle se tourne et se met à brailler :

« Jule !! Y’a le p’tit de Logan qui est là ! Je lui casse les genoux tout de suite ou je le laisse entrer d’abord ? »

Le p'tit de Logan????

Merde !! c’est quoi ça ?

Je me mets immédiatement sur la défensive et je ne sais pas trop comment réagir quand elle se met à rire en me disant d’entrer.  Visiblement je dois tirer une sale tronche vu qu’elle continu de glousser. Pour le coup je suis plus que mal à l’aise.

Je rentre avec méfiance dans la maison. C’est pas vraiment comme ça que j’imaginais la baraque de Godiche. C’est pas le bordel mais ca reste quand même « chargé ». Très vite je repère une photo de la nana rousse avec choupette et Godiche. Les trois ont l’air hyper complices et de bien s’amuser dans des robes ridicules.  Ca doit être la meuf de Godiche. Ca va, il a pas des gouts de merde.

« Tu veux boire quelque chose ?
-Heu.. y’a un truc fort ici ?
-Bien sûr !! Je te fais un thé noir bien serré Chacha! »


Chacha !!!!???? Y’a qu’une personne qui m’appelle comme ça, enfin qui m’appelait comme ça. Mais une fois de plus, je n’ai pas le temps d’en placer une.

La rousse file vers la cuisine en me laissant, pour le coup, comme un con planté dans ce qui doit être le salon. Sans déconner? J’ai une gueule à boire du thé ? En fait je réalise que d’une façon inexplicable, je viens de perdre tout contrôle de la situation. C’est un peu comme être sur un toboggan. Maintenant, je ne peux que descendre la pente et attendre que Godiche vienne me sauver de sa copine.

J’écarquille encore plus les yeux quand j’entends la rouquine gueuler de la cuisine, de la façon la plus anodine qui soit.

« J’oubliais Chacha ! Si tu fais le moindre pas de travers, je te vide un chargeur dans la tête, tant pis pour le tapis ! De toute facon je l'aime pas alors ca fera une excuse pour le jeter.»


Elle glousse comme si elle venait de faire une petite blagounette anodine et non me menacer de mort. J’avale difficilement ma salive en me disant que j’ai peut-être trouvé plus flippant que Bruce et Logan réunis.

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Mar 23 Mai - 21:18

Cela faisait quelques jours maintenant que Maddie avait emménagé dans la maison où vivait Juliet. Il fallait dire qu’elle ne supportait plus ce silence qui l’attendait à chaque fois qu’elle poussait la porte d’entrée de la bâtisse. Heureusement, la jeune femme avait accepté facilement la proposition de Juliet, sans que celle-ci n’ai à lui sortir tout un argumentaire pour la convaincre. De toutes façons, si elle avait refusé, Jules l’aurait fixé avec des yeux de chien battu, jusqu’à ce qu’elle finisse par flancher. Autant dire que maintenant que la rouquine avait posé ses bagages dans les lieux, le silence n’était plus vraiment monnaie courante. Et ce n’était pas plus mal. Avec Maddie, Juliet n’avait pas le temps de penser à tout ce qui partait de travers dans sa vie, à toutes ces personnes qui l’avait quitté, à cette situation compliquée avec Logan. Elle était une sorte de véritable anti-dépresseur sur pattes. Et Juliet ne pourrait sans doute jamais assez la remercier pour sa présence.

Elle était dans sa chambre en train de finir de s’habiller, quand elle entendit sonner à la porte de la maison. C’était bizarre, elle n’avait pas souvent de visite pourtant. Maddie ne tarda pas à brailler à l’adresse de Juliet, qui redressa brusquement la tête face aux paroles de la jeune femme. Le petit de Logan ? Mais…de quoi parlait-elle ? Juliet fronça les sourcils, sans comprendre ce dont Maddie voulait parler. Il lui fallut quelques secondes de plus avant que ça fasse enfin tilte dans son esprit. Non…il n’avait quand même pas osé ? Est-ce qu’Isha avait vraiment eu le toupet de venir sonner à la porte de sa maison ? C’était forcément ça, il n’y avait pas des tas de personnes qui pouvaient se targuer d’être considérées comme le fils de Logan. La brune descendit rapidement les marches qui la séparaient du rez-de-chaussée où se trouvait Maddie, et ne tarda pas à tomber sur Isha, qui se trouvait dans leur salon. « -T’as du culot de te pointer chez moi comme ça ! » lança-t-elle pour tout préambule, sans même prendre la peine de lui dire bonjour. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, le jeune mécano avait jugé utile de lui filer un bon coup à l’arrière de la tête pour l’assommer, et Jules s’en était tirée avec une belle bosse et un mal de crâne insupportable. Il l’avait balancé dans un coffre, sans plus de considération, s’était servi d’elle comme une monnaie d’échange, et il pensait sincèrement qu’elle allait lui ouvrir la porte de chez elle, comme si de rien était ?

Juliet ouvrit la bouche…pour la refermer aussitôt en voyant Maddie revenir avec deux tasses fumantes. Sérieusement, elle voulait vraiment l’inviter à boire le thé dans leur maison ? Juliet fronça les sourcils, se demandant si elle n’était pas en train d’halluciner en voyant sa meilleure amie tendre l’une de ces tasses à Isha. Il se passait quoi là ? Est-ce que Maddie avait soudainement oublié tout ce que Juliet lui avait raconté à propos du jeune homme ? Jules accepta la seconde tasse que la rousse lui tendit, essayant de la questionner du regard, sans que cette dernière ne se rende compte de sa manœuvre. Et aussi vite qu’elle était apparue, Maddie s’éclipsa une nouvelle fois, retournant à la cuisine qu’elle venait tout juste de quitter. Jules ne la quitta pas du regard, jusqu’à ce qu’elle ai disparu, avant de tourner une nouvelle fois son regard vers Isha, qu’elle fusilla du regard pour la forme : « -Est-ce que je peux savoir ce que tu fous là ? » demanda-t-elle sans délicatesse, lui faisant bien comprendre qu’il n’était pas le bienvenu sous son toit, au cas où il puisse avoir un doute sur le sujet.

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Mar 23 Mai - 22:16

Entre une qui me file vraiment son eau chaude qui fouette et l’autre qui m’accueille comme un trottoir quand on a trop bu. C’est la fête!! En fait je ne suis plus vraiment sûr de savoir pourquoi je tenais tant a m’excuser.

Les deux me font presque peur toutes les deux. Heureusement qu’elles ne peuvent pas avoir de gosse ensemble, sinon ça sera la vraie fin du monde et même les zombies n’y survivraient pas.

C’est moi ou elle était plus sympa quand elle ouvrait pas son clapet la Godiche ? A la reflexion, je ne suis plus trop sûr de savoir si je suis content d’avoir découvert qu’elle n’est pas qu’une gentille petite poupée qui fait ce que son papa et sa maman lui disent.

Sauf que ses parents sont certainement raides et, qu’au contraire de moi, ça doit la rendre triste. En plus elle chiale sa fille, et je ne pense pas que cela puisse se comparer aux larmes que je verse sur ma petite sœur.

Je reste nerveusement à tourner la tasse que m'a donnée la rouquine. Après tout elle n’a pas vraiment tors. A sa place l’accueil aurait même été plus brutal. Je me penche pour regarder vers la cuisine et palis en voyant l’autre nana tranquillement en train d’astiquer son arme. Elle me fait un petit coucou de la main toujours avec son sourire de psychopathe. Bordel… elle était sérieuse ?

Je regarde le tapis à mes pieds. C’est vrai qu’il est moche…

C’est génial. Je pensais être nerveux mais pour le coup je suis tendu. Ces deux-là auraient pu venir chez les Punishers sans soucis et en mettre à genoux plus d’un.
Bon, c’est le moment de vérité. Et voilà que je ne sais plus trop quoi dire. J’ai toujours été un orateur de merde et de sentir le poids inquisiteur des deux nanas n’arrange vraiment rien.

Je regarde Juliet et je percute que ce que j’ai fait est d'autant plus irréparable que je ne vois pas au nom de quoi elle pourrait avoir envie de me pardonner. Aprés tout je suis quoi pour elle? Du coup après une hésitation, c’est un peu résigné que je me lance :

« Je… je me rends compte qu’en fait ça sert à rien ce que j’essaye de faire, mais… je voulais quand même que tu saches que je m’excuse, que je suis conscient d’avoir sacrement dérapé et…je vais rester loin de toi, t’inquiètes pas, je capte qu’après ça t’es pas envie de voir ma tronche. Mais si t’as, un jou,r besoin que je fasse un truc pour toi, pour … "réparer"… demandes ou envoies ta femme le faire pour toi… »

Je n’ai pas fini ma phrase que j’entends un son qui est pas loin d’une otarie croisée truie qui calanche, la rousse dans la pièce d’à côté est presque en train de s’étouffer de rire. Enfin… si on peut appeler ce son un rire.

Pour le coup je ne capte plus rien et regarde Godiche avec un air de "dois je aller chercher un docteur pour ta gonzesse ? "

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Juliet I. Whitman
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Mer 24 Mai - 14:27

Les mains serrées autour de sa tasse de thé pour se réchauffer, Juliet ne quittait plus Isha du regard. Elle ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à venir ici, pas après leur petite expédition, après tout ce qu’ils s’étaient dit, ce qu’il avait fait. Il était sans doute complètement perché, c’était la seule solution. Néanmoins elle le fixait, sans regarder ailleurs une seule seconde, se fichant pas mal de le mettre mal à l’aise. Elle remarqua tout de même qu’il semblait en meilleur état que lorsqu’ils s’étaient vus pour la dernière fois, et malgré toute la rancœur qu’elle éprouvait à son adresse, Juliet fut contente de constater qu’il n’avait plus si mauvaise mine. Vivre à Fort Hope semblait lui avoir fait du bien.

Il n’avait toujours pas pris la parole pour expliquer sa présence, et Juliet devinait à la tronche qu’il tirait qu’il se demandait lui-même ce qu’il faisait là. Il semblait mal à l’aise, et Juliet se demanda ce que la rouquine avait bien pu dire, ou faire. Elle suivit le regard du gamin quand il tourna la tête sur le côté, pour regarder dieu seul savait quoi. Ah, tiens, Maddie. Maddie, et le flingue dont elle prenait si bien soin, juste sous les yeux d’Isha. Est-ce qu’il était en train de flipper, là ?  Elle n’avait toujours pas détourné son regard azur quand il consentit enfin à prendre la parole, daignant finalement lui expliquer les raisons de sa présence chez elles. Des excuses, sérieusement ? Elle garda le visage fermé, même lorsqu’Isha s’embrouilla soudainement, et émit à haute voix l’hypothèse que Maddie puisse être la femme de Juliet. La rouquine, qui se trouvait toujours dans la cuisine, fut prise d’un brusque éclat de rire, à ses paroles, qui sembla plonger Isha dans une certaine perplexité.

Il fallut à la rouquine quelques instants pour se calmer, instants que la brune lui accorda volontiers, gardant le silence pendant ce temps-là. Au fond, elle était certaine qu’elle aurait préféré que Maddie se contente de claquer la porte au visage d’Isha, ce qu’elle-même aurait fait, sans l’ombre d’un doute. Juliet resta totalement détachée, tandis qu’elle se décidait finalement à répondre au mécano face à elle. « -Tu t’excuses pour quelle partie, exactement ? Le kidnapping, toutes tes jolies paroles, ou le fait que tu m’ai assommée et balancée dans un coffre ? » demanda-t-elle d’un ton ironique, en faisant semblant de réfléchir réellement à la question. Juliet était rancunière, c’était un fait, même si elle finissait toujours par pardonner les personnes qu’elle aimait. En revanche, avec Isha, elle n’était certaine de rien. Elle avala une longue gorgée de thé, fixant Isha par-dessus sa tasse. Rester loin d’elle ? Oui, c’était une bonne idée, un très bon début même. De cette façon, sans se croiser dans le camp, ils n’auraient pas à s’adresser la parole, et ils pourraient s’ignorer en toute tranquillité. Ignorer les gens, ça devenait étrangement la spécialité de Juliet ces temps-ci. Elle finit néanmoins par hocher doucement la tête de droite à gauche, dans un signe de négation : « -Je veux rien de ta part Isha. Ni aujourd’hui, ni demain. » Ce n’était pas aussi simple, et tout ne s’arrangeait pas par un service, un coup de main. Elle n’allait pas l’appeler si le pneu de sa voiture crevait subitement, parce que changer une roue n’effacerait pas ce qu’avait fait Isha. Ça aurait été bien trop facile. Néanmoins, après une nouvelle gorgée de thé, elle rajouta sans quitter Isha des yeux : « -La seule chose que tu puisses faire, c’est arrêter de te comporter comme un sale gosse égoïste. Tous les choix merdiques que tu prends ont des conséquences sur les autres, il serait peut-être temps que tu le comprennes. » rajouta-t-elle, avant de s’installer plus confortablement dans son canapé, relevant les jambes contre sa poitrine. Elle se demanda furtivement pourquoi elle prenait encore la peine de discuter avec lui, alors qu’il lui avait prouvé qu’il était une vraie tête de mule qui au final, n’écoutait que lui-même.

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Mer 24 Mai - 20:23

La colère et l’orgueil se disputent la place en encaissant le venin de Dragon Godiche. Elle en a de drôle elle. Mais putain elle aurait fait quoi à ma place la batte sous le pif à se dire que si elle crevait elle ne pourrait plus chercher choupette ? Elle a pas capté que d’être juste un véritable enfoiré d’égoïste ça serait vraiment plus simple pour moi ?

Le hic c’est que je suis coincé entre deux demi mesures d’un côté le crevard violent que je suis, et de l’autre le mini Logan que j’aurais aimé être.

*Barres toi ça ne sert à rien de discuter avec cette pétasse. *


Bon une chose est sûre, Juliet ne rentre pas dans la catégorie des nanas qui chantent, parlent aux animaux et pardonnent facilement. Je savais que ça allait être compliqué mais je ne pensais pas me faire juste quicher comme ça.

Dire que choupette croyait dure comme fer a la morale a deux balles de son stupide dessin animée. Non tout ne s'arrange pas seulement parce qu'on le veut sincèrement et qu'on essaye de réparer. Ça, c’est juste dans le monde d'une petite fille qui n'a pas vécue assez longtemps pour découvrir que tout ça, c'est seulement des putains de conneries. Je lance un regard à la photo sur le mur. Dire que j’aurais pu arriver à temps… Il aurait fallu que je suive Logan avant la descente aux enfers. Un autre de les mauvais choix avec lequel il faudra vivre maintenant.

Je soupire et me passe la main dans les cheveux avec une furieuse envie de juste suivre ma petite voix et je me tirer d’ici. Je sais reconnaitre une bataille perdue d’avance. Quoique je dise j’ai déjà été étiqueté et jugé. Elle me fait penser au juge pour mineurs, ces donneurs de leçons bienpensants qui ne savent même pas à quoi ça ressemble la vie dans la rue, qui se donne bonne conscience dans leur condamnation en faisant plus de mal que de bien.

Mais est-ce que je peux lui en vouloir ?

Non. J’y ai été fort. Du moins selon ses critères. Comment elle pourrait comprendre un type comme moi alors que je ne suis pas sur de capter ce qu’il peut se passer dans le crane d’une gonzesse comme elle ?

Je pose ma tasse et va vers la sortie.

J’hésite.

Et puis merde.

Non je ne suis pas le genre de mec qui quitte le jeu juste parce qu’il sait qu’il va perdre. Je reviens donc me planter devant elle, je note immédiatement le mouvement de sa p’tite copine qui se redresse vivement dans la cuisine et me met en joue avec son flingue. Putain, elle ne déconnait vraiment pas. ? Mais c’est quoi cette bonne femme ? De toute façon je suis lancé. J’ai plus qu’à serrer le cul pour quelle ne bute pas.

« Ok, t’as raison, j’ai certainement plus merdé avec toi que toi t’as jamais pu le faire de toute ta vie. Je ne vais pas te faire perdre le ton temps a t’expliquer par le menu comment je me suis retrouver à reprendre de la coke, parce qu’honnêtement, ça n’excuse rien et je suis sûr que tu t’en branles. J’ai capté que c’est mort pour ton pardon, mais putain, laisses-moi au moins une chance de me rattraper ? Je suis pas en train de te demander la lune, juste une chance ? T'as bien des brols a récupérer en ville ou je ne sais pas... »

J’ai une pensée pour une petite fille qui y croyait si fort a son monde de princesses.

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Jeu 25 Mai - 0:20

Juliet ne quittait plus Isha des yeux, sa tasse de thé à la main, et elle pouvait sentir le regard de Maddie peser lui aussi sur le jeune homme. Il devait se sentir scruté comme jamais, ce qui devait sans doute le perturber un peu. A sa place, elle l’aurait été aussi, sans aucun doute. Il fallait dire qu’elle ne lui facilitait pas vraiment la tâche, et ne cherchait pas vraiment à le mettre à l’aise avec son attitude, elle le reconnaissait bien. De toutes façons, Isha semblait déjà jeter l’éponge, tandis qu’il déposait sa tasse sur la table basse, et lui tournait le dos pour s’éloigner, visiblement prêt à quitter la maison. Juliet se tourna alors vers Maddie, hochant les épaules d’un air désinvolte à l’attention de la jeune femme. Mais le jeune mécano sembla changer une nouvelle fois d’avis, et il ne tarda pas à faire demi-tour, pour venir refaire face à Juliet. La rouquine réagit aussitôt, pointant son arme sur Isha, le prenant sans doute pour une menace. Mais il n’eut aucun geste violent, et il reprit la parole, en plaidant sa cause, tandis que la brune n’en perdait pas un mot. Elle était étonnée qu’il lui avoue qu’il avait replongé dans la drogue, même si elle s’en était plus ou moins doutée quand elle s’était retrouvée dans la voiture avec lui : les tremblements, la pâleur, la sueur sur son front, cette agressivité omniprésente, c’était les signes du manque. Elle n’était pas médecin, mais elle avait été une accro de la série Dr. House, au moins autant qu’Isha semblait accro à la coke.

Juliet soupira, avant de détourner le regard pour se tourner vers Maddie, qui n’avait toujours pas baissé la garde. « -T’inquiètes pas, ça va aller mon p’tit cœur. » lui lança-t-elle d’un ton moqueur, alors que donner des petits surnoms, elle avait toujours détesté ça. La brune prit une petite inspiration, avant de poser à son tour sa tasse de thé, pour se tourner une nouvelle fois vers Isha. Juliet se mordilla la lèvre inférieure, cherchant à ordonner les mots qui se pressaient dans sa tête, et qui avaient la fâcheuse tendance de s’emmêler quand il ne fallait pas : « -Moi aussi j’ai fait des erreurs dans la vie, tu sais…je suis loin d’être un exemple… » commença-t-elle, en se disant qu’il en savait probablement quelque chose, vu qu’il avait été le témoin des mauvaises décisions de Juliet. Elle aussi avait merdé dans sa vie, plus d’une fois même, parfois par lâcheté, parfois par facilité. Et même si elle avait bataillé pour réparer ses fautes, elle savait qu’une fois le mal fait, il était difficile de l’effacer. Il n’y avait plus de trace d’agressivité dans sa voix lorsqu’elle reprit : « -Et ça m’a appris que m’excuser, ça réparait jamais rien. Ce sont juste des mots…c’est ce que tu fais après les excuses qui compte… » poursuivit-elle, en le regardant droit dans les yeux. Elle n’essayait pas de lui faire la morale, elle avait renoncé depuis le temps, elle essayait juste d’expliquer ce qu’elle avait fini par comprendre du haut de ses 33 ans, après s’être cassé la gueule plus d’une fois.

Juliet jeta un nouveau coup d’œil à Maddie, se demandant l’espace de quelques secondes comment elle aurait réagi face à cette situation. Mais au fond, ce n’était pas elle de décider, la décision finale revenait à la brune, qui sonda Isha du regard, comme si ça allait l’aider. Est-ce qu’elle se sentait vraiment capable de lui donner une deuxième chance ? De passer au-delà de tout ce qu’il avait fait ? De pardonner ? Il n’y avait sans doute qu’un moyen de le savoir. « -Bon…je veux plus t’entendre m’appeler Godiche, d’accord ? Plus jamais. » dit-elle finalement, en lui lançant un regard entendu. Ça avait toujours eu le don de l’agacer profondément, et il fallait bien dire qu’entendre Isha l’appeler comme ça à chaque fois qu’ils se voyaient ne lui donnait pas forcément envie de se montrer sympathique avec lui. « -Et j’aimerai bien que tu regardes ma voiture aussi s’il te plaît. Ça fait longtemps que personne n’a jeté de coup d’œil sous le capot… » reprit-elle au bout d’une minute de silence. Il tenait sa seconde chance entre les mains, et Juliet se rendait bien compte qu’il était inutile de préciser qu’il n’y aurait pas de troisième chance s’il venait à se foirer une nouvelle fois, Isha lui-même devait en avoir conscience.

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Jeu 25 Mai - 0:54

J’arque un sourcil quand Godiche semble, pour une raison indéterminée, revenir sur sa position. Finalement… Princesse Sophia c’est dans le vrai. Quand je l’écoute m’expliquer sa théorie sur le pardon, je ne peux me retenir d’un sourire ? Choupette adorait vraiment ce dessin animé, et je vois que Godiche n’a pas dû passer au travers du fameux épisodes sur le pardon n’est pas suffisant. C’est dingue, c’est presque comme si elle était toujours là ma sœurette.

Je jette un œil à la photo en la remerciant intérieurement du coup de pouce. Mais assez rapidement la liste des doléances de Princesse Godiche arrive. Et pour le coup je déchante. Ne plus l’appeler Godiche ? Putain, elle ne pouvait pas plutôt me demande de récurer ses chiottes ?

« T’es dur en affaire go… Juliet. »

J’ai la mâchoire un peu crispée pour le coup, mais bon, ai-je le choix ? Sa demande pour la voiture est simple mais intriguant. Pourquoi c’est pas Logan qui le fait ça ? Je reste un peu interrogatif en attendant qu’elle ajoute un truc mais non.

« Ca va si mal que ça avec Logan ? »


Avant qu’elle ne répondre sa meuf, qui a posé son arme se ramène comme s’il elle ne me menaçait pas, il y a à peine 30 secondes, se fait entendre.

« Moi j’ai une liste de courses et des cartons à finir de démanger et un canapé à monter dans ma chambre … bois ton thé et retrousse tes manches. »


Non mais ho ! Elle se prend pour qui celle-là ? Avant que je m’envoie chier elle ajoute, le plus naturellement du monde, comme si elle avait anticipé ma baffe :

« On est très liée ma femme et moi, lui faire du mal à elle c’est me faire du mal à moi aussi… et vice versa, donc si tu me rends services, tu rends aussi un peu service à ma bibiche d’amour ! N’est ce pas pupuce ? »


La ça devient hyper gênant. Un trip a trois m’aurait bien emballé avant… avant le garage, avant Avalhon et … non, en fait, jamais avec Godiche. Trop plate et trop… bah a Logan. Du coups leurs petits surnoms dégoulinants d’amour me donne envie de leur dire oui à tout ce qu’elles veulent pour me barrer avant que ca ne vire en vieux porno allemand.

« Ok ok les filles… donc plus de Godiche, je gère la voiture, j’aide pour le déménagement et je vais faire les courses ? Autre chose ? »

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We have ashes, fire and hope
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Jeu 25 Mai - 22:40

Après tout, elle ne demandait pas grand-chose, simplement qu’Isha l’appelle par son prénom, et lui témoigne un minimum de respect. Ce surnom de Godiche lui sortait tout simplement par les yeux, et elle n’était pas stupide, bordel. Jules se leva du canapé, et fixa le jeune homme les sourcils froncés, en attendant sa réaction. Et à peine eut-il pris la parole, qu’il manqua une nouvelle fois de l’appeler par ce petit nom si peu flatteur. Juliet arbora un air blasé face à la réaction d’Isha, avant de se figer brusquement à sa question suivante. Est-ce que ça allait mal avec Logan ? Non, ils s’ignoraient juste, et préféraient passer l’un à côté de l’autre sans s’adresser la parole. Aucun problème, en somme. Surprise et gênée par la question, elle commença à bredouiller une réponse qui allait sans doute être incompréhensible, mais heureusement, Maddie lui sauva la mise une nouvelle fois, tandis que la brune se tournait vers elle, pour écouter ce qu’elle avait à dire.

La rouquine détailla alors toute une liste de choses qu’elle aurait bien voulu qu’Isha fasse pour elle, et Juliet ne put s’empêcher de hausser les sourcils en l’écoutant. Elle n’avait vraiment pas froid aux yeux, c’était ce qui faisait sans doute son charme, et le jeune homme n’échapperait pas au caractère fougueux de la rouquine. Cependant, il ne semblait pas vraiment emballé par l’idée d’être le larbin de Maddie, et Juliet se demanda même s’il n’allait pas se mettre en colère, ou quelque chose comme ça. Mais sa meilleure amie reprit rapidement la parole, tandis que Juliet fronçait peu à peu les sourcils. Sa femme ? Oh, elle parlait encore d’elle ? Ça aurait pu être crédible si Juliet n’avait pas spontanément froncé le nez en l’entendant l’appeler sa bibiche d’amour, et sa pupuce. La brune fit les gros yeux, avant de se tourner une nouvelle fois vers Isha, qui avait l’air mal à l’aise. Visiblement, il semblait croire dur comme fer que Juliet et Maddie étaient ensemble, et en d’autres circonstances, la brune aurait même pu s’amuser de la situation, et en rajouter une couche. Mais au lieu de ça, elle l’écouta faire un récapitulatif des missions qu’il venait de se voir attribuer, pour essayer de réparer ses fautes. Juliet ouvrit la bouche pour répondre, se tournant vers Maddie pour savoir si elle avait d’autres requêtes. Mais la liste semblait s’arrêter là, et elle hocha donc la tête : « -C’est bien ça ! Tu penses que ça ira pour toi ? » demanda-t-elle néanmoins, un air de défi sur le visage. Il l’avait appelé tellement de fois Godiche que c’était sans doute devenu un réflexe et que ça lui venait tout naturellement.

Sans rien ajouter de plus, Juliet attrapa sa tasse de thé et la termina d’une traite, puis elle alla enfiler ses bottes, qui restaient toujours juste devant la porte d’entrée, au cas où. Puis une fois que cela fut fait, elle se tourna vers Isha, toujours dans le salon, avant de mettre ses mains sur les hanches : « -Bon alors, on y va ? Le déménagement ne va pas se faire tout seul ! » dit-elle d’un air entendu, tandis qu’elle ouvrait la porte d’entrée, et qu’elle sortait dans la longue avenue de leur camp. La maison de Maddie n’était pas très loin, mais cela suffit à faire frissonner Juliet, qui n’était peut-être pas assez habillée pour la saison. La porte était ouverte, et la brune fit comme chez elle, comme elle l’avait toujours fait dans tous les apparts ou les maisons de la rouquine. Elle grimpa directement à l’étage, dans la chambre où dormait Maddie depuis son arrivée au camp. C’était un peu la pagaille, et Juliet ouvrit de grands yeux face à ce chantier, avant de s’emparer des habits, et de commencer à les plier. Le parquet dans le couloir grinça, et elle découvrit Isha sur le pas de la porte, l’air de se demander ce qu’il foutait là, et pourquoi il s’était imposé ça tout seul. « -Tu peux commencer par ça, si tu veux ! » lui dit-elle en montrant une pile de fringues du menton. La brune continua sa besogne, lançant de temps en temps des regards discrets à Isha, pas pour le surveiller, mais parce qu’elle avait une question à lui poser, qui au fond ne la regardait pas vraiment. Elle coinça l’une de ses mèches de cheveux derrière l’oreille, avant de demander d’un ton détaché, comme si elle faisait la conversation et abordait un sujet comme un autre : « -Alors, comment ça va, avec Logan ? » demanda-t-elle, attrapant un autre pull pour le plier à son tour. Mais ce n’était pas possible, combien Maddie avait-elle de fringues ? C’était la fin du monde en dehors des palissades de Fort Hope, et pourtant, elle semblait prête pour un défilé de mode.

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Jeu 25 Mai - 23:49

A ouai quand même ! En fait il y a du bordel partout et j’ai l’impression que les filles s’amusent bien de voir ma trogne. C’est vrai que j’en mène pas large pour le coup. Mais ce qui est dit est dit.

Je rentre dans une pièce qui ressemble plus à la maison de Logan quand on vivait ensemble tant c’est le bordel. Je sursaute en trouvant à mes pieds ce qui m’a tout l’air d’être des sous-vêtements pas du genre sobre. La rousse vient les récupérer en me traitant de « coquinou » et je me sens rougir malgré moi quand elle ajoute un clin d’œil.

Bordel… c’est un asile ici ?

Je soupire et serre les dents en m’y mettant ? Autant Godiche est plutôt clame autant sa copine n’arrête pas de changer d’avis et j’ai bien l’impression qu’elle veut me faire tourner bourrique. Le canapé ici, non labas, le bureau part dans la maison de Juliet, attends… non à l’étage, finalement je le préférais en bas…

Je suis en nage rapidement avec les ordres de capitaine rouquine ! Elle ne me lâche pas la grappe. En fait, je la soupçonne de me faire payer pour sa copine.
Je dois prendre sur moi pour ne pas l’envoyer chier en me souvenant que je le mérite certainement. Putain et elle n’arrête pas de jacter en prime. Bordel, comment Juliet fait pour la supporter !!!!

Je profite de revenir dans sa maison pendant qu’elle finit de ranger des affaires dans « sa future résidence » pour souffler un peu. Je me fou a l’aise et trouve un truc a boire. Bref je fais comme si j’étais chez moi. J’entends du bruit à l’étage et je me souviens que Godiche y est restée. Plutôt que d’attendre que l’ouragan roux me retombe sur le poil, je monte trouver Juliet. Je m'en fou si je suis torse poil avec un verre à la main.

Elle est sagement en train de faire les cartons de sa copine. Au moins elle est calme, elle.

« Tu peux commencer par ça, si tu veux !
-A vos ordres m’dame »

Je pose mon verre et commence à descendre les cartons quand, lors d’un aller-retour, elle me pose une question qui est tout sauf anodine :

« Alors, comment ça va, avec Logan ? »

Je m’arrête les cartons dans les bras et prends le temps de réfléchir. Comment ça va avec Logan ? Putain mais comment qu’elle veut que ça aille. Il ne m’a pas pardonné de lui avoir fait à l’envers pendant l’attaque des Punishers. Sauf qu’il n’a pas gueulé, il a pas essayé d’en reparler… Il y a un putain de silence plein de non-dits entre nous et que j’ai pas encore eu les couilles d’essayer de mettre les choses à plat. En fait à chaque fois qu’il me regarde je me sens tellement minable que je n’arrive pas à aller plus loin.

« Je l’ai déçu une fois de trop…. »

Triste constat. Mais je sens bien que c’est plus pareil et je ne suis même pas sûr qu’il ressentirait autre chose que du soulagement si je partais. J’ai plus l’impression qu’il me regarde comme les gens des familles d’accueil qui ont tenté leur chance avant lui et qui se sont résignés. Ca me fait mal s'il pense vraiment ça.

« Mais tu sais, j’ai un peu de mal avec sa meuf alors, je les vois trop et puis… y’a Octavia maintenant. »

Je m’arrête là de peur de dire des trucs moches. Vivre seul ne me réussit pas, c’est même la dernière chose que j’ai besoin en ce moment. J’ai dit merci quand on m’a montré une baraque qui ressemble plus a un château selon mes critères et qu'on m'a dit de m’installer dedans. Peut être à cause de la culpabilité ou du sentiment que je suis au purgatoire en attendant le faux pas qui m’embarquera en enfer. Je n’ose pas dire que j’ai foutu mon sac de couchage dans le garage et que je dors avec Gisèle tellement je ne supporte pas cette baraque vide. Ma femme refuse toujours de me voir, ce qui n’arrange rien à mon moral…

Je vais devenir comme ces vieux amers qui ressassent le passé en disant que c’était mieux avant, sauf que moi, je sais que tout ce que gâchis, c’est presque complétement ma faute.

« Et toi ? ca va comment avec Logan ? Laisses moi deviner, il ne supporte pas ta copine alors il n’ose même pas venir réparer ta caisse ?»

J’essaye de mettre de l’humour dans la phrase mais je n’y crois pas une minute. Connaissant Logan, rien ne l’arrêterait pour voler au secours de son ex.

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Ven 26 Mai - 20:57

Juliet attrapait un pull, le pliait soigneusement, puis le rangeait sur la pile déjà conséquente à côté, avant de tout fourrer dans un carton. Puis elle recommençait l’opération, indéfiniment. Sérieusement, Maddie aurait eu de quoi ouvrir une boutique de fringues à elle toute seule avec tout ça. Elle était en train de scotcher un carton quand elle avait réussi à poser à Isha sa question, à lui demander comment ça allait avec Logan. Elle avait compris que leurs relations étaient tendues, c’était peut-être les conséquences d’une séquestration dans une cave, ou des mauvais choix d’Isha. Elle se souvenait de la volonté dont avait fait preuve le jeune mécanicien quand ils étaient ensemble dans la voiture, celle de voir Logan a tout prix, pour discuter avec lui, et mettre les choses à plat. Il avait dû avoir sa chance de pouvoir s’expliquer avec lui, finalement, et également de se soigner. C’était une bonne chose. Elle s’arrêta dans sa manœuvre un instant, pour relever son regard vers le jeune homme, tandis qu’il lui répondait qu’il pensait avoir déçu son père une fois de plus, sans doute la fois de trop. Elle plissa les yeux, tandis que l’image d’Eulalie s’imposait à son esprit. Elle savait que ce n’était pas exactement la même chose, et qu’Isha ne partageait pas le même sang que Logan, mais elle était certaine que l’on pouvait pardonner beaucoup de choses à son enfant. Elle-même était persuadée qu’il n’y avait rien qu’elle n’aurait pas pu pardonner à sa fille, quelles que fut les mauvaises décisions, ou les fautes qu’elle aurait pris dans la vie. Parce qu’après tout, si on n’était pas prêt à donner une nouvelle chance à son enfant, qui aurait cette opportunité ? Juliet tâcha d’ignorer son cœur qui se crispait dans sa poitrine quand elle songea que malheureusement Eulalie n’aurait jamais l’occasion de la décevoir, pour la simple raison qu’elle n’avait pas vécu assez longtemps pour cela.

La jeune femme le regarda Isha pendant de longues secondes sans répondre, sans doute même de trop longues secondes. Néanmoins, le jeune mécano finit par reprendre la parole, tandis qu’elle retenait le rictus qui lui montait soudainement quand elle l’entendit. Elle ravala cependant ses commentaires, ne voulant pas se montrer désobligeante, voire même carrément méchante. Ça ne lui ressemblait pas, ce n’était pas qui elle était. Et elle n’avait pas l’intention de le devenir. Jules fut tout de même surprise qu’Isha lui retourne sa question ce qui la prit totalement au dépourvu. « -Oh tu sais…j’ai un peu de mal avec sa meuf, et y’a Octavia maintenant… » répondit-il au bout de quelques secondes, en reprenant exactement les mêmes mots qu’Isha, qui expliquaient à eux seul pourquoi ce n’était pas Logan qui devait jeter un coup d’œil sur sa voiture. Au fond, Juliet n’avait toujours pas digéré la conversation qu’ils avaient eu quelques jours plus tôt, et elle ne pouvait désormais plus rien faire pour s’empêcher de penser à une échappatoire à cette situation merdique. « -Et tu sais, je pense qu’il aime bien Maddie. Il faut dire que ça fait quinze ans qu’il la connait…vu que c’est ma meilleure amie ! » reprit-elle au bout de quelques instants, en lançant un coup d’œil appuyé à Isha, pour bien lui faire comprendre qu’il s’était gourré depuis le début, et qu’elles n’avaient fait que se moquer gentiment de lui, et de sa crédulité.

Elle termina de s’occuper de son carton, avant de balancer le scotch sur le lit, et de glisser ses doigts pour soulever les fringues désormais soigneusement pliées et rangées. Elle quitta la chambre de Maddie avec sa charge, et descendit les escaliers menant au rez-de-chaussée, déposant le carton sur la pile de ceux qui se trouvaient déjà devant la porte d’entrée. Puis Juliet se redressa, se décalant pour laisser passer Isha, qui était juste derrière elle. Malgré elle, elle laissa glisser son regard azur sur le dos couturé de cicatrices du jeune homme, avant de détourner le regard, gardant ses questions pour elle. Ça ne la regardait pas, et elle n’était pas certaine d’avoir envie de savoir. La brune parcourut du regard le salon de la rouquine, pas vraiment en meilleur état que la chambre à l’étage. Comment avait-elle pu accumuler autant de bordel en si peu de temps ? Juliet attrapa un livre qui traînait là, lu le titre sur la couverture, avant de le ranger dans un carton qui se trouvait juste là. « -Tu vas rester ici ? » demanda-t-elle finalement à l’intention du jeune homme au bout d’un long moment. La question n’arrêtait pas de revenir dans l’esprit de Juliet, bien que dans ces moments-là, elle ne concernait pas vraiment Isha, mais plutôt elle. Elle n’était plus certaine que Fort Hope puisse désormais répondre à ses attentes. C’était l’endroit idéal pour vivre quand elle avait encore une petite fille innocente de dix ans à protéger, mais désormais, plus rien ne la retenait à cet endroit.

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Ven 26 Mai - 21:54

Je ne sais pas trop comment réagir quand elle me rebalance mes mots au visage. C’est peut-être juste sa façon à elle de me faire comprendre que je n’ai pas à poser de questions. Du moins ce genre là et surtout pas sur Logan et elle.

Je me doute bien que ça doit pas être simple pour elle d’avoir été remplacée par une gamine comme Joy. J’ai du mal à comprendre la situation et je me suis bien garder de poser la moindre question à Logan sur la situation. J’aurais dû fermer ma gueule.
Je ne sais pas ce qui m’étonne le plus en fait entre le fait que Logan et Maddie puisse s’entendre, cette femme est épouvantable, je le vois mal la subir plus de 10 minutes, ou qu’elle parle de sa copine comme étant sa meilleure amie. Ça veut dire quoi ça ? Elles font du sexe entre amie ou elles ne sont pas ensembles ? Je me vois mal lui poser la question en fait.

Je dois me rappeler que je ne suis rien pour elle, si ce n’est un fouteur de merde et son tortionnaire. Je repars en silence dans mon rôle de larbin de ses dames. Je la regarde du coin de l’œil en même temps que je m’affaire. Il faut dire qu’il y a du boulot Je ne sais pas depuis combien de temps Maddie vit ici, mais elle en a stocker des merdes.

Au moins, je me sens un peu utile, c’est déjà ça. Même si a la fin de mes corvées elles me jettent, je pourrais me regarder dans une glace et me dire que j’aurais au moins essayé.

« Tu vas rester ici ? »

Je me fige à cette question et me tourne pour la regarder dans les yeux. Est-ce que ça l’intéresse vraiment ? Ou est-ce juste de l’inquiétude de savoir si je compte débarrasser le plancher ? Je lui réponds en me marrant.

« Tu flippes que je me tape l’incruste? »

J’essaye de faire mon malin mais au fond de moi elle me torture depuis des jours cette question. Et c’est encore trop le foutoir dans ma tête pour avoir une réponse claire. Je suis resté plus d’un an tellement seul que j’ai fini par parler à ma moto. Je pensais que ça m’allait, mais en fait je devenais fou. Et repartir seul, dans mon squat, ça me fait peur. Quant à rester ici… je ne suis pas sûr d’avoir ma place à Fort Hope. Il n’y a qu’a voir le moment de panique chez les Carter quand j’ai juste voulu prendre Octavia sans les prévenir dans mes bras. Si j’avais des doutes d’être un monstre, il suffit de regarder le regard des autres pour que je sache ce que je suis. J’imagine que c’est ce qui s’appelle récolté ce que l’on sème. Ma femme ne veut plus de moi, il n’y a pas de bébé pour moi, et a part Logan, et encore, il n’y a certainement personne ici qui a envie que je reste.

C’est avec un sourire amère que j’ajoute.

« Ne t’inquiète pas, dès que je suis sûr que ma femme est remise, je vais partir, je ne te mentais pas quand je te disais que tu seras bientôt débarrassée de moi.»

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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Sam 27 Mai - 22:17

Un livre, deux livres, trois livres…en quelques instants, le carton de Juliet fut rempli. Contrairement à ces tonnes d’habits qu’elle avait emballés un peu plus tôt, la brune était plus emballée par ce genre de paquet. Elle était, et avait toujours été, une grande lectrice, et il fallait bien avouer qu’elle en avait un peu marre de relire tout le temps les mêmes ouvrages, en boucle. Elle tenait donc entre les mains de longues heures d’occupation en perspective, ce qui avait de quoi la réjouir. Toujours occupée à ranger le bordel de Maddie, elle avait voulu feindre l’indifférence en posant sa question à Isha, mais c’était sans compter sur la réaction du jeune homme. En le voyant se figer, elle releva les yeux vers lui par réflexe, mais ne tenta rien pour se soustraire au regard qu’il avait désormais sur elle. Il lui répondit néanmoins en rigolant, tandis que Juliet levait les yeux au ciel, agacée par sa désinvolture. Il ne pouvait pas être sérieux plus de deux minutes ? Elle ne prit même pas la peine de lui répondre, se contentant de pousser un long soupir bien prononcé, comme pour lui témoigner son agacement.

Juliet avait bien l’intention de se concentrer une nouvelle fois sur le bric-à-brac de Maddie, mais c’était sans compter sur Isha, qui venait tout juste de reprendre la parole. Penchée sur le bureau, elle releva la tête, haussant un sourcil face à la réponse du jeune homme. Elle se contenta tout d’abord d’un simple « hm hm » en réponse aux paroles du gamin, bien qu’elle mît quelques secondes avant de détourner le regard pour ranger encore quelques bibelots. Pendant quelques instants, il n’y eut plus que les bruits issus de leur rangement pour perturber le silence du salon, sans pour autant que cela dérange vraiment la jeune femme. Elle ressassa quelques instants les paroles d’Isha, avant que la voix de Juliet retentisse de nouveau dans ce qui serait bientôt l’ancienne maison de Maddie : « -Tu sais…le camp est bien assez grand pour qu’on puisse y vivre tous les deux… » Elle ne le regarda pas, feignant d’être particulièrement intéressée par ce qui se trouvait là.

Elle n’avait pas oublié la révélation qu’il lui avait fait devant les portes de Fort Hope, mais maintenant que les Punishers avaient été démantelés, elle ne savait pas vraiment si Isha représentait toujours une menace pour leur groupe. De plus, débarrassé de la drogue qui polluait son organisme et détruisait son esprit, il avait l’air moins dangereux, moins fou aussi. Juliet ne savait pas vraiment de quoi il était capable, et elle ne voulait pas le savoir, mais elle restait persuadée que Logan l’empêcherait de mettre leur camp à l’envers. Preuve en était que Fort Hope tenait toujours debout, alors que ça faisait un mois que le jeune mécano vivait à l’abri de ses fortifications. Lui et Juliet avaient réussi à cohabiter pendant tout ce temps sans réellement se voir, il n’y avait donc aucune raison qu’ils n’y arrivent plus maintenant qu’Isha semblait repentant et voulait faire amende honorable. « -Partir pour aller où ? On est au beau milieu de l’hiver. » dit-elle d’un ton tout à fait rationnel, comme si elle trouvait même ça futile de rappeler l’évident à haute voix.  Si Juliet se décidait vraiment à quitter Fort Hope, l’idée trottant de plus en plus souvent dans sa tête, elle ne voudrait pas partir avant les premiers jours de printemps, mais il n’était pas dit qu’Isha aurait la même logique qu’elle. A vrai dire, elle doutait même qu’Isha ai la même logique que n’importe qui d’autre. « -Et puis…t’es en sécurité ici. Avec ta famille… » reprit-elle d’une voix douce, glissant furtivement son regard vers le jeune homme pour jauger sa réaction à ses paroles.

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Dim 28 Mai - 10:01

Je lui souris tristement, ma famille… oui. Sauf que ma famille je l’ai déjà bien mise à l’épreuve. Trop certainement. Je ne sais pas me confier, je ne saurais jamais raconter mon histoire a personne et, de toute façon, je doute bien qu’il ne doit pas y avoir grand monde que ça intéresserait.

C’est vrai qu’elle a raison pour l’hiver. L’année dernière j’avais bien failli y passer à cause du froid et c’est agréable d’être au chaud avec un toit sur la tête.

En fait je ne comprends pas pourquoi Juliet pose ces questions. Est-ce qu’elle s’inquiète vraiment pour moi ? Ca me parait étrange que quelqu’un d’autre que Logan se soucie de moi autrement que pour savoir si je vais lui faire les poches ou lui foutre un gnon.

Je ne sais pas trop comment prendre ce virage dans le comportement de Godiche, surtout après le mal que je lui ai fait a un moment où elle aurait certainement pu s’en passer. Pourtant, ma phrase sort pleine d’amertume :

« Sauf que je ne suis pas sûr que ma famille soit en sécurité avec moi… »

Après le pétage de plomb que j’ai fait dernièrement, je me rends compte qu’en fait, la réponse évidente et naturelle pour moi, à chaque difficulté, est la violence ou le mensonge. J’aurais aimé dire que j’avais changé, que je valais mieux que ce que je lui avais montré jusqu’ici. Sauf que j’ai recommencé sans m’en apercevoir pendant l’attaque des Punishers. Si on ajoute cette voix dans ma tête qui me stresse j'ai vraiment peur d’être fou et dangereux.

Et puis...il y a une raison plus ambiguë: Ava… De nous deux elle a déjà prouvé qu’elle était la plus dangereuse. Elle fonctionne comme fonctionnait la rue lorsque nous étions enfant et bouillonne d’une violence effrayante qui ne demande qu’à faire surface d’une façon ou d’une autre. Juliet ne peut pas comprendre, je ne connais qu’un peu son histoire de fille sage, mais, même si Logan avait l’air de dire qu’elle avait vécu l’enfer avec sa famille, je pense que c’est très loin de celui qui a forgé Avalohn. Quand on a été écorché vif, quels que soient les soins reçus par la suite, on ressent les choses différemment, on est plus à vif, plus prompte à avoir mal et à se défendre avec bestialité. Qui plus est, avec ce qui lui est arrivée, ça risquait d'être pire.

Je me glace en pensant à elle avec Bruce en pleine transe, presque sexuelle, sur les corps mutilés et torturés des deux sbires agonisant. Je ferme les yeux une minute pour essayer de chasser cette image de ma tête. Ça m’a déjà littéralement rendu fou une fois, il vaut mieux ne pas y repenser.

Je sais que Juliet mérite certainement mieux que cette petite réponse de merde, et j’ai envie de partager avec elle un morceau de ce qui me ronge depuis des semaines. Je cesse de m’affairer pour la regarder. Elle a beau essayé de tenir la façade, je vois bien la mère qui essaye de faire face comme elle peut. J’hésite… en me disant qu’elle a déjà plein de cailloux dans son sac a dos et qu’elle n’a pas besoin de reprendre les miens en prime.

« hey ? Tu te souviens que je suis le mec qui t’a enlevée et frappée ? Celui qui fait vivre un enfer a ton ex ? … un Punishers qu’il y a peu tu ne voulais même pas qu’il s’approche de votre camp ? Tu devrais sortir une bouteille pour fêter mon depart non?»


Malgré moi j’en ai un peu trop gros sur la patate pour garder ce ton ridiculement humoristique. Peut-être, qu’au fond je voudrais vraiment qu’elle me dise quelque chose que je ne mérite pas d’entendre. Je reprends l’empilage des cartons a emmener chez elle et Maddie tout en continuant, d'un ton plus séreux:

« Au départ je pensais rester un peu pour Logan… mais… il a déjà Joy et Octavia, et puis, je pense que je ne lui fais pas du bien, je suis incapable de lui faire comprendre que c’est contre moi que je suis en colère et… maintenant qu’il a compris ce qui s’était passé, j’ai l’impression que c’est encore pire entre nous… et puis… il y a Ava… »

En trois lettres je venais de résumer une énorme boule de souffrance. Ma femme, celle à qui j’ai tout donné même si c’était pour me faire trahir autant de fois. Je ne sais toujours pas si elle veut encore de moi ni combien de temps je vais réussir à serrer les dents. Un jour un type qui s’était fait bouffé le bras par un requin m’a raconté que sur le coup il avait juste senti des picotements parce que la douleur était tellement énorme à gérer pour l’organisme qu’il ne savait pas la traiter. Finalement ce n’est que bien plus tard qu’il avait commencé à douiller. J’ai l’impression que moi c’est pareil. Avec tout ce que j’encaisse en si peu de temps… je ne réalise pas encore que j’ai déjà tout perdu. Logan, Ava, le bébé, mes rêves… et même un trône.

«Si on m'avait dit que ca faisait aussi mal de tomber amoureux et que c'etait aussi compliqué, je me serais abstenu! En tout cas rien n'est décidé encore, vu qu'elle ne me parle pas beaucoup. Je verrais bien si je retourne dans mon ancienne planque ou si on va vivre dans son van, je pense que ce n’est pas moi qui vais décider de toute façon… mais bon, a moins que ça ne t’intéresse vraiment, maintenant que tu sais que je ne vais pas rester et que du coup ca sera sans conséquence… t’as encore une occasion de me gueuler dessus pour te sentir mieux, ou tu peux, aussi, vider ton sac sur Joy. T’as même le droit de faire les deux ! »


J’essaye de re faire un peu d’humour pour l’encourager a lâcher un prise. Parce que c’était bien sympa de l’avoir saoulée avec ma vie, mais je sens bien qu’il y a un autre problème que je n’arrive pas à comprendre.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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Mer 31 Mai - 12:29

Juliet termina de ranger le bureau de Maddie, avant de lancer un nouveau regard autour d’elle. Ils allaient bientôt avoir fini, elle en était persuadée, ou du moins l’espérait-elle fortement en voyant déjà tous les cartons empilés dans l’entrée. La brune était certaine qu’il y avait sans doute un tas de trucs que la rouquine aurait pu laisser derrière elle, mais elle se gardait bien de faire la moindre remarque. Maddie pouvait emplir leur maison de tout son bordel, envahir chaque pièce, chaque centimètre carré si elle le voulait, Juliet s’en serait accommodée, juste pour être sûre que la rousse viendrait bien vivre avec elle. Le ton triste qui perçait dans la voix d’Isha n’échappa pas à Juliet, la détournant de sa tâche, tandis qu’elle ne le quittait pas des yeux. Elle ne savait pas bien comment répondre à ça, si ce n’était de conseiller au jeune homme d’arrêter de prendre toutes les décisions à la con qu’il prenait sans cesse, et qui elles, mettaient en péril sa famille. Mais elle n’en fit rien, et après quelques longues secondes à regarder le jeune homme, elle détourna finalement le regard pour finir sa besogne.

Face aux nouvelles paroles d’Isha, Juliet ne put s’empêcher de hausser un sourcil, et de le toiser d’un air presque blasé. Elle aurait voulu lui rappeler que c’était malheureusement le genre de détails qu’elle n’oublierait jamais, et qu’il serait peut-être bon pour lui de veiller à ne pas le lui rappeler fréquemment. « -Tu sais, tu devrais peut-être éviter de rappeler aux gens les erreurs que t’as fait… Et puis, désolée, mais je ne réserve mes bouteilles qu’aux grandes occasions. » Elle le toisa quelques instants, avant d’aller s’assoir sur l’accoudoir du canapé, où elle s’étira quelques secondes. Isha semblait déjà avoir repris son travail, et pourtant, sa voix sérieuse ne tarda pas à emplir une nouvelle fois le salon. Jules l’écouta en silence, hochant imperceptiblement la tête face aux mots qu’elle entendait. « -Bon, je vais te le dire qu’une seule fois, alors je te conseille d’ouvrir bien grand tes oreilles. Octavia ne te remplacera jamais.  Elle est sa fille, au même titre que toi tu es son fils. Il a déjà perdu l’un de ses enfants, et je sais qu’il a pas envie de te perdre toi aussi. La preuve, tu es toujours là, après…tout ce que t’as pu faire… » Elle ne comprenait pas, et ne comprendrait sans doute jamais, à quel point Isha pouvait être buté. On avait toujours dit d’elle qu’elle était têtue comme une mule, mais le jeune mécano avait élevé ça à un autre niveau. Ne voyait-il pas que malgré toutes ses conneries, il était toujours là, à Fort Hope, et que Logan ne lui avait pas fermé la porte de son camp. La situation entre lui et son père semblait sans doute aussi tendue à Isha parce qu’ils étaient tous les deux des vraies bourriques qui préféraient rester sur des non-dits plutôt que d’avoir une vraie conversation, tout aussi pénible soit elle. « -Et puis…tu as bien réussi à me le dire à moi, la personne pour qui tu as sûrement le moins de sympathie au monde, je vois pas ce qui t’empêches d’en parler avec lui. Eulalie te dirait de le dire en chanson, moi je te dirai simplement de t’assoir à une table et de répéter mot pour mot ce que tu viens de me dire…Mets ta fierté de côté, ta colère, ta rancœur, et essaye d’arranger les choses tant que tu le peux encore. » Elle -même aurait sans doute dû appliquer ses propres conseils par le passé, elle le savait bien, mais à défaut de pouvoir rattraper ses erreurs, elle pouvait peut-être empêcher Isha de détruire sa relation avec Logan.

Au prénom qu’il prononça ensuite, Juliet haussa doucement un sourcil. Ava, la femme qu’il aimait, celle pour qui il l’avait balancé dans un coffre sans même sourciller. Elle n’était pas certaine de vouloir aborder ce sujet, non, elle savait même qu’elle n’en avait pas envie. Ça ne ferait que raviver la colère qu’elle ressentait. Elle pouvait comprendre que l’amour puisse rendre dingue au point d’en perdre les pédales, et pousser à faire des choses inconsidérées, mais mettre la vie d’autrui en danger était quelque chose qu’elle ne cautionnerait jamais. Néanmoins, la tristesse dans les paroles d’Isha et cette forme de résilience dans ses mots l’interpellèrent. Comment ça, ce n’était pas lui qui décidait ? La base d’un couple, ce n’était pas, justement, de décider à deux ? Elle ne put s’étendre sur le sujet, qu’il l’agaça de nouveau avec ses paroles, lui proposant qu’elle se remette à hurler sur lui, ou sur Joy, à la place. Juliet leva les yeux au ciel, avant de soupirer. « -Oui…c’est douloureux, parfois…mais la peine n’efface pas tous les beaux moments vécus…C’est une belle chose de tomber amoureux, même malgré les coups durs, les disputes, les obstacles… » Elle n’avait pas réussi à cacher la pointe de nostalgie qui lui était soudainement venue. Pourtant, elle pensait ce qu’elle disait. L’amour était une chose merveilleuse, encore plus dans un monde comme le leur, dévasté, et où l’espoir se faisait rare. Elle ne pouvait que conseiller à Isha de s’accrocher, et de continuer à croire que de meilleurs lendemains l’attendait, les attendaient tous. Mais ce furent d’autres mots qui quittèrent les lèvres de la jeune femme.  « -J’ai pas besoin de gueuler, je me sens bien…et pas besoin non plus de parler de Joy. Logan l’a épousé, j’imagine qu’elle ne doit pas être aussi…aussi…euh…horrible qu’on l’imagine. On devrait même sans doute respecter ça…et puis, c’est ta belle-mère maintenant, alors on devrait peut-être éviter de la critiquer. » ajouta-t-elle finalement sans pouvoir retenir l’air légèrement moqueur qui achevait sa phrase. Oui, ils devraient sans doute respecter la décision qu’avait prise Logan, même si c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Malgré elle, des pans de la conversation qu’ils avaient eu au bord du lac revinrent en mémoire de Juliet, qui fit tout ce qu’elle pouvait pour les chasser. Elle ne voulait plus y penser, ni aujourd’hui, ni jamais. Elle regarda Isha encore quelques secondes, hésitant à propos des mots qui se bousculaient dans sa tête. « -Tu sais Isha, je crois que t’aurai bien moins de problèmes si t’apprenais un peu à faire confiance aux autres, et que t’acceptais de t’ouvrir, de discuter, vraiment. Prends-ça comme un conseil de la part d’une personne qui n’a pas su le faire par le passé, et qui a ensuite passé des années à s’en mordre les doigts… » Sans même s’en rendre compte, elle avait détourné le regard, parce qu’elle aussi, elle détestait devoir parler d’elle, et qu’elle avait toujours considéré ça comme un exercice bien trop difficile à son goût. Mais elle ne mentait pas, aujourd’hui, elle regrettait d’avoir été cette personne qui avait tant de mal à se confier sur ce qu’elle ressentait.

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Jeu 1 Juin - 23:08

J’esquisse un sourire avant de lui dire :

« Toi aussi tu as eu le droit à l’épisode de Princesse Sophia sur le pardon ? Je ne sais pas comment elle faisait pour le regarder autant en boucle. »

C’est parfois étrange mais j’arrive a oublier qu’elle est morte et qu’elle ne va pas ressurgir pour me supplier de lui courir après comme elle savait si bien le faire. Je pense que ne cesserais jamais de regretter de ne pas avoir suivi Logan pour la revoir au moins une dernière fois. J’ai tellement de questions que je n’ai jamais osées poser et que je poserai certainement jamais. Quelque part j’ai une petite idée de certaines réponses. Si Juliet ne savait pas que j’étais en vie, il y a de grandes chances que Choupette n’ait jamais su que son tonton Shasha avait survécu. Je n’arrive toujours pas à décider si c’est mieux ainsi ou pas.

« Maintenant je ne suis pas sûr que ça marche bien avec Logan au point où en sont les choses. Mais c’est cool à toi de m’encourager malgré toutes les saloperies que je t’ai faites vivres. »

Je me retiens de donner le fond de ma penser sur le fait de tomber amoureux. Il n’y a qu’à voir à quel point je suis mal pour me rendre compte que c’était plus simple quand j’étais juste un queutard et pas un mec qui souffre sans savoir s’il pourra un jour se remettre.

J’essaye de me remettre au taff. Tout en réfléchissant à ce qu’elle vient de me dire. Faire confiance ? J’aimerais bien, mais au final presque tout le monde, que ça soit volontaire ou non, m’a foutu dedans. Je ne suis même pas sûr d’avoir confiance en moi. D’ailleurs, jusqu’à maintenant ce ne m’a pas trop réussi. Une fois de plus ça me ramène à ma femme.

« Ecoutes Juliet… la dernière fois que j’ai fait confiance à quelqu’un d’autre que moi, ça c’est mal fini, j’ai tellement pas encaissé que j’ai replongé dans la drogue pour gérer, et malgré tout, elle a réussi a me baiser une deuxième fois tellement que j’avais envie de faire confiance. Et malgré tout ce qu’elle savait sur moi… ça ne lui a fait ni chaud ni froid que je me retrouve à peter une durite attaché dans une cave après avoir été livré comme un clébard à Logan… alors… c'est plutot maintenant que je "m'en mords les doigts". »

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Ven 2 Juin - 18:28

A cette allusion sur Eulalie, et sur ce dessin animé qu’elle pouvait regarder en boucle sans s’en lasser, et dont elle connaissait les répliques par cœur, Juliet déglutit un peu péniblement, détournant le regard un peu malgré elle. Elle se souvenait de toutes ces fois où la mère et la fille avaient passé leur soirée assises côte à côte dans leur canapé de Détroit, à regarder cet épisode qu’Eulalie ne pouvait jamais s’empêchait de commenter, expliquant à Juliet chaque scène de son point de vue de petite fille. Heureusement pour elle, la brune n’eut à faire aucun commentaire à ce sujet qu’Isha reprenait la parole, lui permettant de penser à autre chose qu’à sa défunte fille pendant quelques instants qui, elle le savait bien, seraient toujours trop courts.

Juliet poussa un soupir face aux paroles du jeune mécano, s’installant un peu plus confortablement sur le canapé. « -Hé bah…t’as qu’à rien faire, continuer à te morfondre dans ton coin, et attendre que les choses ne puissent définitivement plus s’arranger entre vous… » Elle ne cacha pas le cynisme qui perçait dans sa voix, ne comprenant pas pourquoi Isha préférait déprimer sans réagir plutôt que de prendre les choses en main, et de tenter de se réconcilier avec Logan, d’autant plus que la situation semblait le ronger. Mais elle n’avait sans doute pas envie de se répéter, indéfiniment, alors qu’elle avait l’impression de s’adresser à un vrai mur. La brune prit encore quelques secondes sur le canapé, avant de se relever pour enfiler sa grosse veste, et attraper un carton qu’elle fourra dans les mains du jeune mécano, comme pour lui dire qu’ils s’étaient assez reposés pour l’instant, et qu’ils devaient reprendre leur besogne. Mais il reprenait déjà la parole, l’interpellant de telle façon qu’elle s’arrêta net pour tendre l’oreille. Entendre son prénom dans la bouche d’Isha lui faisait bizarre, mais elle ne fit aucune remarque sur le sujet, il serait encore capable de se remettre à l’appeler Godiche par simple esprit de contradiction.

Juliet s’arrêta donc une nouvelle fois, se disant qu’à ce rythme-là, il serait étonnant qu’ils aient réussi le déménagement de Maddie avant le début de l’été. Et pourtant, elle ne fit rien pour interrompre Isha, tandis qu’il se confiait à elle, sans qu’elle ne comprenne réellement comment ils en étaient arrivés là. Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils, de plus en plus, au fur et à mesure que le jeune homme lui parlait de son mal-être. « -Tu parles d’elle, pas vrai ? Ava… » Bien sûr qu’il parlait d’elle, elle ne voyait pas vraiment de qui d’autre il aurait pu être question. Elle n’était probablement pas la meilleure personne au monde pour pouvoir donner le moindre conseil, et au fond, Juliet n’était même pas certaine de ce qu’Isha voulait entendre. « -Pourquoi tu restes avec elle ? Si elle te rend malheureux, pourquoi tu restes avec elle ? » Elle le regarda droit dans les yeux, lui posant la question comme si c’était la chose la plus évidente du monde. Il venait de lui raconter qu’il douillait pour elle, qu’il lui avait fait confiance et qu’elle avait trahi cela, mais malgré tout, il semblait prêt à quitter la sécurité de Fort Hope pour ses beaux yeux.

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Dim 4 Juin - 15:09

Je lui lance un pauvre sourire. J’ai honte mais j’ai eu la faiblesse de me poser aussi la question de savoir si Ava et moi, on ne devrait pas arrêter la casse. Sauf que la réponse m’a paru évidente, notre couple était à notre image, violent, malsain et douloureux. On a certainement ce que l’on mérite dans la vie.

J’imagine les parents de Juliet comme les petit couple parfait été aimant dans les films, toujours d’accord, toujours à se soutenir dans l’adversité et à se balancer des p’tits mots d’amour bien dégoulinants de mièvrerie toutes les cinq minutes. Chacun son modèle de couple j’imagine. Ce que je vie ressemble plus à ce que j’avais toujours connu et ce que je connaitrais sans doute jusqu’à la fin de ma vie.

J’ai mis du temps à digérer notre dispute avec Avalohn mais à force de me croire vraiment le fils de Logan, j’avais oublié à quel monde j’appartenais. C’est une chose de baiser une petite bourgeoise en mal de sensation et une autre que de vouloir rester plus d’une nuit auprès d’une femme.

« J’en reviens pas que je suis en train de parler de ça avec toi ? »


Je ricane presque face à cette amusante constatation. Mais oui, je l’aurais jamais cru si on me l’avait dit, pourtant je suis bien en train de me confier à Godiche là, et le pire c’est que je le fais le plus naturellement du monde. Soit elle était plus douée que les armées de Psy qui s’étaient cassés les dents sur moi pendant des années, soit je me ramollissais.

Je mets un peu de temps à lui répondre, pas seulement pour poser ma réflexion mais aussi pour sortir ces putains cartons de brols en me demandant où est l’autre folle. C’est quand je reviens que je me lance.

« Je ne laisserais pas Ava partir seule. Crois-moi, être seul en ce moment c’est juste épouvantable. Et puis, quand je l’ai trouvé elle était plus morte que vive. J’ai promis de veiller sur elle tant qu’elle voudrait de moi. Même si elle a l’impression que je me suis foiré, je peux le jurer, je n’ai jamais cessé de la protéger autant que je l’ai pu, mais certainement plus que je ne le pouvais, du moins, avant de finir dans cette maudite cave… Je verrais bien ce qu’elle veut quand elle sera capable de me parler sans me tirer dessus. »

J’essaye de finir ma phrase sur une pointe d’humour laissant planer le doute sur le fait que ma femme m’a réellement tiré dessus. Sur le coup quand elle avait pété sa durite, j’avais été blessé par sa façon ridiculement injuste de voir les choses, et puis, j’avais compris qu’elle faisait avec moi exactement ce que j’avais fait avec Logan. Elle me reprochait de l’avoir rendu faible et sans défense. A force d’avoir veiller sur elle a l’extrême, je ne lui avais pas donner les moyens de se défendre après "mon départ".

« Bon sinon toi, je capte plus bien, t’avais pas lourdé Logan pour une nana, Kelly je crois, mais là t’emménage avec Maddie… c’est moi où il se passe plein de trucs que j’ai loupé ? »

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Mer 7 Juin - 18:23

La question était simple, pourtant. Pourquoi continuer à vivre une relation destructrice, qui au final, ne vous apportait pas la moindre once de bonheur ? Juliet ne connaissait pas Isha sur le bout des doigts, et ne savait rien de la relation qui le liait à Ava, mais les mots qu’il lui adressait ne laissaient pas sous-entendre qu’il vivait la relation la plus épanouissante du monde. Ce n’était certainement pas elle qui allait lui donner le moindre conseil en matière de sentiments ou de relations amoureuses, elle avait déjà bien assez à faire avec sa propre vie. La remarque d’Isha lui arracha néanmoins un petit sourire en coin, tandis qu’elle haussait une épaule pour toute réponse, elle-même incapable de savoir comment ils en étaient venus à se mettre à parler ensemble d’histoires de cœur. La vie réservait parfois de drôles de surprises. La brune profita qu’Isha s’éclipse une nouvelle fois de la maison pour ramener quelques cartons chez elle pour retourner à l’étage, et regagner la chambre de Maddie. Elle inspecta chaque coin et recoin, poussant même le vice à se mettre à quatre pattes par terre pour vérifier que rien n’était tombé sous le lit. Mais plus rien ne l’attendait à l’étage, et elle se dit avec une certaine forme de satisfaction que ce déménagement touchait enfin à sa fin, puis elle redescendit dans le salon au moment-même où Isha repointait le bout de son nez.

Juliet glissa un coup d’œil vers le jeune homme lorsqu’il reprit la parole, poursuivant cette conversation qu’ils avaient initié des minutes plus tôt, avant qu’il ne quitte la maison. Les gestes de la jeune femme se ralentirent peu à peu, jusqu’à ce qu’elle s’immobilise totalement, pour écouter ce que lui racontait Isha. Jules ne détourna pas le regard, tandis qu’elle s’appuyait contre le mur en songeant qu’il ressemblait sans doute bien plus à Logan que ce qu’il pensait. « -Isha, le preux chevalier… » Elle se retint de lever les yeux au ciel, ou d’avoir un petit ricanement. C’était quoi cette manie de vouloir sauver tout le monde ? C’était sûrement l’une de ces questions dont elle n’aurait jamais la réponse, et qui resterait une énigme. « -Elle a l’air d’avoir un sacré caractère en tout cas, ta Ava… » Du genre explosif, à faire pas mal de dégâts quand elle se mettait en colère, mais elle garda ses précisions pour elle. C’était étrange d’imaginer Isha si attaché à quelqu’un, ou de l’entendre dire qu’il remettait son futur à Fort Hope dans les mains d’une tierce personne.

Elle plissa les yeux à sa nouvelle remarque, se demandant s’il avait loupé tant de trucs que ça. Juliet fronça le nez, avant de daigner lui répondre « -Déjà pour commencer, j’ai pas lourdé Logan, on ne s’étaient pas remis ensemble… » Faire cette précision lui avait semblé primordial, sans même qu’elle ne sache pourquoi, comme si la réponse aux interrogations du jeune mécano se trouvait dans ces quelques mots. Mais Isha s’était livré à elle, et Juliet ne trouvait pas ça très fair-play de sa part d’en rester ça, sans lui répondre réellement. Elle poussa un petit soupir en repensant à ce qu’il s’était passé ces derniers temps, et qu’elle préférait relayer dans un coin de sa tête. « -Elle est partie…Kelly, je veux dire. Elle m’a quitté, et elle a quitté Fort Hope par la même occasion. » Le dire à voix haute ne faisait pas si mal que ça, et si Juliet ignorait le pincement au cœur qu’elle venait de ressentir, elle pouvait presque penser qu’elle arrivait à en parler comme si de rien n’était. « -Du coup, Maddie emménage avec moi. Elle déteste la solitude. Et je suis sûre que ça la rassure de pouvoir me surveiller et constater que je fais pas de conneries. » Comme attenter à sa propre vie, déprimer à longueur de journée, se mettre complètement minable pour oublier un instant que la vie n’avait plus aucun sens. Plus d’une fois, Juliet avait voulu dire à Maddie que si elle avait vraiment eu l’intention d’en finir, ça aurait été fait depuis longtemps, mais elle préférait se taire. Si elle se lançait dans cette voie, c’était comme soulever un sujet qu’elles semblaient toutes les deux déterminées à éviter.

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Jeu 8 Juin - 17:08

Je sourie quand elle m’appelle le preux chevalier. Ça me rappelle Ava, quand ça allait bien, qui me disait toujours que j’étais son chevalier et qu’elle était ma princesse. Ça ne me va pas trop comme terme, je suis plus une ordure qu’autre chose. Mais c’est assez amusant que ces deux femmes, que tout oppose, me disent la même chose. Je lui fais signe qu’elle n’a pas idée quand elle évoque le fait que ma femme puisse avoir "un sacré caractère".

Entre le chevalier noir et la princesse trash, c’est sûr que Disney n’aurait pas voulu nous consacré un dessin animé.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter : « Pour que je l’épouse, il fallait bien qu’elle soit hors normes non ? »

J’essaye de m’activer au mieux pour finir au plus vite avec les cartons. Je grimace en voyant Maddie, dans l’autre maison, les éventrer pour refoutre le bordel là où Juliet avait tout bien plié. Elle aussi est "spéciale", a la place de Juliet j’aurais quand même peur de vivre avec ce spécimen.

Entre deux aller-retour, Juliet me lâche qu’elle n’a pas lourdé Logan, ça m’étonne vues les soirées déprimes a Burlington. Bon j’évite de renchérir dessus, je ne veux pas le foutre dans la merde, mais j’avais toujours cru comprendre que c’était elle qui s’était barrée enceinte sans lui expliquer vraiment pourquoi.

Je me pose pour prendre un nouveau chargement quand Juliet fait un truc qui me surprend encore plus que si elle venait de se foutre à poils… elle.. elle se confie là ?

Un peu étonné que quelqu’un le fasse avec moi, pour ne pas dire que c’est la première fois que je servais de confident a quelqu’un d’autre qu’à Logan quand il était rond ou à ce taré de Bruce quand il avait besoin d’un publique, je me pose et lui accorde toute mon attention. Je n’ai pas trop l’habitude de ce genre de situation, voir même de parler avec une fille que je ne compte pas sauter. Mais il y a un début à tout non ?

Qu’elle me fasse confiance me prend quand même de court.

Je ne sais pas trop quoi lui dire, car j’imagine qu’elle attend que je lui dise un truc, ou pas. D’un côté je suis triste pour elle que sa copine se soit barrée, de l’autre, elle n’a pas l’air super émotionnée par la situation. Le fait qu’elle parle de faire une connerie me panique un peu. Si elle savait le nombre de fois où j’ai failli me foutre en l’air ces derniers jours.

« Je peux comprendre Maddie, ça me rend tellement fou d’être seul que j’en suis rendu à avoir donné un nom à ma moto et à lui parler… »

Je sais que mon humour me tuera, mais je ne peux pas m’en empêcher dès que les choses deviennent trop sérieuses. Ma manière à moi de faire tomber la pression très certainement.

« Juliet, je sais que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais, le peu que je te découvre en ce moment, t’es pas le genre de nana à baisser les bras. Je sais pas si ta copine délire avec cette histoire de faire une connerie ou pas, mais, même si t’y pense, n’oublie pas que t’es une guerrière ok ? Et une guerrière ca relève le menton et ça encaisse en attendant de pouvoir rendre les gnons ! »

Bon ok, je ne suis pas un grand philosophe et si j’étais un bon orateur, ça se saurait. Mais j’espère avoir réussi a résumé le fond de ma penser avant d’ajouter :

« A force d’avoir écumé Detroit pour te retrouver avec Choupette, je pense que je suis devenu assez bon en pistage. Sans rire, sans m’être fait chopper par Bruce, je suis sûr que je vous aurais retrouvées avant Logan… tu veux que j’aille à la recherche de Kelly pour qu’elle revienne… ? »

J’ai honte de finir ma phrase aussi timidement qu’un puceau enamouré. Mais je lui propose sincèrement mon aide, du moins si elle en veut.

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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
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Mar 13 Juin - 21:05

C’était le dernier carton, cette fois Juliet en était certaine. Il ne leur restait plus qu’à tout déplacer dans la maison dans laquelle elle vivait autrefois avec Kelly, puis Maddie n’aurait plus jamais à remettre les pieds ici, et elle pourrait même rendre les clés à Logan. Plus que quelques moments pénibles, et le déménagement serait enfin terminé. La rouquine avait sans doute la partie la moins agaçante, celle de défaire tous les cartons, pour envahir de son bordel la maison rangée de la brune. Jules attrapa donc le carton, et le posa sur la pile dans l’entrée, avant d’enfiler sa veste. Elle était toute occupée à faire attention de ne pas se prendre les cheveux dans la fermeture éclair lorsque la voix d’Isha lui fit relever la tête, tandis qu’il avouait à demi-mot que vivre tout seul dans l’une de ces grandes maisons de Fort Hope lui pesait visiblement. Juliet se tourna vers lui, avant de le scruter quelques secondes. Peut-être que si leurs relations avaient été meilleures, et qu’il ne l’avait pas assommé en traître, elle lui aurait proposé de venir habiter dans l’une des chambres encore inoccupées de la maison qu’elle partageait désormais avec Maddie. Mais elle n’était toujours pas certaine de faire confiance au jeune homme, loin de là même, même si cette étrange conversation qu’elle n’avait pas vu venir semblait indiquer qu’ils pouvaient finalement réussir à communiquer sans s’étriper. « -Pourquoi tu t’installes pas avec Ava ? » Ils étaient mariés, comme il le lui avait dit, et même si leur relation connaissait quelques bas, il se sentirait peut-être moins seul avec la jeune femme dans les parages.

En revanche, s’il y avait bien un truc que Juliet n’avait pas prévu, en plus de s’ouvrir un peu à Isha, bien sûr, c’était d’entendre les nouveaux mots qu’il prononçait à son égard…et qui la laissèrent surprise. Pour ne pas dire presque choquée. La brune s’arrêta immédiatement, fixant le jeune mécano avec un air de poisson rouge tombé en dehors de son bocal. Etait-il vraiment en train de lui dire des trucs sympas, ou bien était-elle en train d’halluciner ? Juliet n’en était pas vraiment certaine, si bien qu’un long silence suivi les déclarations d’Isha, tandis que le cerveau de la jeune femme tournait à plein régime. Ce fut la mention de Kelly qui lui fit reprendre les pieds sur Terre. Juliet plissa les yeux pendant quelques secondes, réfléchissant à ce qu’elle aurait voulu dire à Isha en réponse aux paroles plutôt encourageantes, presque touchantes, qu’il avait eu pour elle, mais elle échoua lamentablement, et répondit un simple « -Merci, Isha. » totalement incrédule. Ce n’était pas la peine d’insister, elle était quasiment sûre qu’elle serait incapable de formuler quelque chose de plus élaboré, pas dans l’immédiat en tout cas. Elle fixa Isha encore secondes, avant de finalement détourner son regard azur « -Juliet la guerrière. Ça me donnerait presque l’air cool. Tu veilleras à ce que ça soit gravé sur ma tombe quand les rôdeurs auront le dernier mot, hein ? » Elle attrapa un carton, et quitta la maison de Maddie pour redescendre la rue vers la sienne, non loin de là, Isha pas loin derrière elle.

Juliet monta sa charge à l’étage, là où la rouquine le lui avait indiqué, avant de se laisser tomber sur le lit en soupirant. « -Merci…de nous avoir cherché. Je sais que t’avais aucune obligation à le faire… » Elle se doutait bien que c’était surtout la perspective de mettre Eulalie en sécurité qui avait animé Isha, mais ça allait à Juliet. La petite avait toujours était sa seule priorité, et elle ne s’offusquait pas du comportement du jeune mécano. Elle regrettait qu’il ne les ai pas trouvé plus tôt, parce qu’elle savait à quel point la gamine aurait été heureuse de revoir celui qu’elle appelait son tonton. Mais la vie était une garce, et Eulalie n’aurait finalement jamais su qu’Isha avait tenu à elle au point d’en risquer sa propre vie. Elle adressa un petit sourire au jeune homme, avant de poser son regard partout dans cette pièce où Kelly était venue se réfugier quelques nuits, quand Juliet et elle avaient commencé à faire chambre à part. Elle ne voulait pas qu’Isha parte à sa recherche, Kelly avait pris sa décision, et la brune la respectait, malgré son cœur qui se serrait dans sa poitrine. Elle avait merdé avec la petite rouquine, elle le savait bien, et partir était sans doute ce qu’elle pouvait faire de mieux pour son propre bien. « -Tu peux laisser tes talents de pisteur au repos. J’ai accepté son départ… » Elle ne mentait pas. Le gouffre qui avait vu le jour entre Kelly et elle suite au décès d’Eulalie s’était agrandi, jour après jour, se creusant toujours plus profondément, au point que le départ de la jeune militaire n’avait pas vraiment été une épreuve. C’était plus comme si Juliet s’était inconsciemment habituée à son absence, alors même que Kelly vivait toujours à ses côtés. « -Et puis, soyons honnêtes, elle s’est carrément loupée sur ce coup. Aucune chance qu’elle retrouve une brune aussi canon que moi aux alentours… » C’était de l’auto-dérision bien sûr, une tentative sans doute totalement loupée de dédramatiser la situation, de montrer qu’elle n’allait pas se mettre à pleurer sur son amour qui avait décidé de vivre sa vie sans elle.

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Jeu 15 Juin - 9:09

Je lui souris un peu tristement quand elle me demande pourquoi je ne vis pas avec Avalohn. La réponse la plus évidente est "c’est compliqué". Et ça résumerait parfaitement la situation.

« Il lui est arrivé un truc vraiment horrible quand j’étais dans la cave ici… je pense qu’il faut lui laisser du temps de se remettre et d’arriver à me pardonner d’avoir autant merdé pour la protéger avant de voir si elle peut supporter ma présence. »


Je me sens un peu intimidé et gêné quand elle me remercie. En fait, je ne sais juste pas ou me mettre et je pense que je me prends une teinte de rouge. J’essaye de trouver une occupation du regard pour cacher le fait que je n’ai pas vraiment l’habitude de ce genre de situation qui colle très mal avec la mauvaise image que j’ai.

Heureusement elle enchaine avec une pointe d’humour à la con comme j’aime bien en faire :

« Si tu ne me bouffe pas après t’être transformée et que j’arrive à l’épeler convenablement, j’y penserais pour ton épitaphe. Mais sinon je peux aussi t’apprendre à éviter de te faire mordre histoire de m’épargner une séance de taillage de pierre.»

Je la suis avec ce qui reste de carton hors de la maison. On en voit le bout finalement. Même si c’était chiant à faire, les affaires de Maddie n’étaient pas si lourdes que ça. Par contre je me demande comment elle a réussi à accumuler plus de brols ici que moi en toute une vie.

Le salon de la maison de Juliet, est un vrai champ de guerre. J’ai du mal à enjamber "les pièges" que la rouquine a laissés trainer partout, pour suivre Juilet vers l’escalier. Quand j’arrive à ce qui va certainement être la chambre de la tornade rousse, l’ex de Logan se laisse tomber sur le lit en soupirant. Une fois de plus je ne suis pas à mon aise. Quand une fille fait ça généralement c’est qu’elle veut que je la rejoigne dedans non ? Ça aurait été n’importe qui d’autre, j’aurais eu un sérieux doute, mais c’est vrai que Godiche préfère le gazon. Ça me détend un peu de me souvenir de ce détail car pour le coup entre le fait que je suis marié et qu'elle est la mère de choupette, je n'aurais pas trop su gérer ça.

« Merci…de nous avoir cherché. Je sais que t’avais aucune obligation à le faire… »

Je le regarde pour savoir si elle fait de l’humour ou si elle est sérieuse. Merde. Elle a l’air de vraiment penser ce qu’elle dit. C’est un peu compliqué à encaisser, car, en une phrase, elle me remet à ma place dans la tribu Carter.

« Ben… tu sais… vous êtes un peu ce qui se rapproche le plus d’une famille pour moi… J’allais quand même pas vous abandonner en sachant ce qui traine dans le coin. Et puis, même si tu m’as prouvé que t’as du caractère, j’arrive pas encore trop a t’imaginer t’en sortir avec la batte du Fossoyeur sous le nez…»

En même temps, est ce qu’il y a beaucoup de réactions possibles à ce genre de situation ? Surtout en sachant que, dans quasiment tous les cas, ça se fini avec une tête en moins.

Je sens une certaine résignation quand elle me parle de son ex. Je n’arrive pas à comprendre comment ç a pu partir en vrille entre les deux et qu’elle le prenne aussi calmement. Certainement que la mort de choupette y joue un rôle. Finalement, ce n’est peut-être pas plus mal qu’elle habite avec la potiche rousse. Avec précaution je pose les cartons et m’assoit au bord du lit pour écouter la suite de ses confidences.
Je lui adresse un bon sourire quand elle me fait part de la boulette de son ex. C’est étrange de voir qu’elle a les mêmes travers que moi et une fâcheuse tendance à lâcher de l’humour quand la tension monte.

« T’as raison, faut être malade pour laisser tomber WonderWomen. A tous les coups elle a compris qu’elle n’était pas a la hauteur. Il faut de sacrées couilles pour savoir laisser partir quelqu’un à qui on tient. Si je peux faire quoi que ce soit n’hésite pas… »»


Sauf qu’en attendant Juliet est seule, enfin seule… je me comprend car j’entends une voix de crécelle retentir du rez de chaussé. Un chat qui agoniserait la queue coincé dans une porte de voiture serait plus mélodieuse. Je ne sais même pas reconnaitre le titre qui est massacré, mais Maddie s’en donne à cœur joie. Je ne peux pas me retenir de pouffer.

« Tu es sûre que tu ne veux pas que je ramène ses affaires dans l’autre maison ? Il n’est pas trop tard avant que j’aille voir l’état de ta caisse… A moins que je te prévois des bouchons d’oreilles lors de ma prochaine sortie ?

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Entre une louve et un archer, difficile de savoir qui a chassé qui. Ils ont été forgés dans les flammes du même enfer et sont unis corps et âmes jusqu'au bout de cette fin du monde
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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Mer 21 Juin - 18:25

Juliet finit par retirer ses chaussures, les balancer dans le couloir, avant de s’assoir en tailleur sur le lit. Ça avait beau être la fin du monde, la jeune femme gardait ses bonnes manières, et il était hors de question qu’elle se vautre dans le lit de sa meilleure amie, ou même sur leur canapé, avec ses godasses sales. Quoiqu’il en soit, elle releva les yeux vers Isha, tandis qu’elle l’entendait dire qu’Eulalie et elle étaient un peu comme sa famille, paroles auxquelles elle hocha lentement de la tête. C’était bien ce qu’elle avait essayé de lui faire comprendre quand il avait eu la bonne idée de l’emmener de force dans sa propre voiture, mais avec les tensions de cette journée-là, la colère de Juliet, l’état de manque du jeune mécano, lui mettre dans le crâne qu’il n’était pas le gamin seul au monde qu’il pensait être n’avait pas été chose aisée, et c’était comme si elle avait parlé à un mur. Quoiqu’elle aurait peut-être eu plus de succès face à quelques briques. Jules essaya d’esquisser un sourire en entendant Isha lui dire qu’elle lui avait prouvé qu’elle avait du caractère, mais elle n’y parvint guère. Elle avait envie de lui dire que ce qu’il avait vu de sa fureur n’était sans doute rien comparé à ce dont elle aurait été capable si quelqu’un avait menacé Eulalie, mais elle préféra rester silencieuse, ne voulant pas aborder ce sujet douloureux. Ca ne servait plus à rien, à présent.

En s’entendant se faire appeler Wonderwoman, cette fois, Juliet ne put retenir un franc sourire, même si elle ne se voyait pas vraiment comme ça. Elle se voyait plus comme une survivante chanceuse, aux choix de vie parfois douteux, mais qui avait toujours plus ou moins réussi à retomber sur ses pattes. Et le départ de Kelly, bien que triste, ne serait pas ce qui achèverait Juliet. « -Merci, mais…ça va, vraiment. » Juliet hocha de la tête d’un air convainquant, et convaincu, avant de se relever enfin, pour entreprendre de déballer les derniers cartons qui traînaient là. Elle déballa les pulls de Maddie, et commença à les ranger dans l’armoire, en repensant à tout ce qu’il s’était passé depuis qu’Isha avait pointé le bout de son chez elle un peu plus tôt dans la journée, et à tout ce qu’ils s’étaient dit. Finalement, elle n’était peut-être pas aussi rancunière qu’elle se l’était toujours imaginé. Elle fut néanmoins coupée dans ses pensées par la voix criarde de la rouquine, qui retentissait depuis le rez-de-chaussée, une voix qui fit se marrer Isha, qui ne tarda pas à reprendre la parole. Elle se tourna vers lui, en lui adressant un petit sourire amusé : « -Ça, c’est mal la connaître ! Elle serait capable de venir tout remettre au beau milieu de la nuit ! » Juliet secoua vivement la tête comme pour appuyer ses propos, alors que Maddie continuait son concert en bas. Peut-être que des boules quiès ne seraient pas une mauvaise idée après tout. Elle acheva de ranger les deux cartons de vêtements, puis se tourna vers Isha. « -Tu finiras par t’habituer à son…enthousiasme constant. » Elle ne put retenir un nouveau sourire en coin, se demandant si les personnalités d’Isha et de Maddie pourraient réellement s’entendre.

Juliet termina sa besogne, avant d’aviser les derniers cartons, les autres affaires de Maddie, que la jeune femme préféra ne pas ranger. Après tout, c’était la chambre de la rousse, c’était à elle de ranger son bric-à-brac comme elle l’entendait, en rangeant tout à sa convenance. « -Bon…je suppose qu’on a fini ici. » Elle glissa un dernier regard sur la pièce, les mains sur les hanches, puis repassa devant Isha pour retourner au rez-de-chaussée, où un bordel sans nom régnait. Ça contrastait un peu avec le côté très ordonné de Juliet, qui se disait que ce n’était que temporaire, le temps que son amie prenne ses marques, et trouve une place pour tout son bazar. Une fois en bas, la brune retourna auprès de la jeune femme que l’arrivée des deux autres n’avait pas perturbé, et qui continuait son concert gratuit. La brune lui proposa son aide pour continuer à ranger, tandis qu’elle libérait Isha de sa corvée, en le remerciant, donnant un coup de coude dans les cotes de Maddie, pour qu’elle arrête de pousser la chansonnette trente secondes, et remercie à son tour Isha. Plissant les yeux en avisant ce qu’elle était en train de ranger, Juliet accorda un dernier regard au jeune mécano, qui se tenait à quelques pas de là : « -Pour la voiture, ce sera quand tu veux. Les clés sont toujours dans le petit pot qu’il y a dans l’entrée. » Elle lui montra ledit pot d’un signe de tête, avant de lui lancer un regard entendu, qui pouvait sans doute être pris pour une invitation à repasser quand il le voulait.

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