Make me wanna die



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Sam 27 Mai - 23:19

Je sais que c’est une mauvaise idée, mais je ne suis plus à une près depuis le début de cette journée. Une évasion, une prise d’otage qui vire presque au drame, apprendre la mort d’Eulalie, et qu’Avalohn était là depuis des jours alors que je la pensais a General Motors a subir le pire.

Logan a eu beau me prévenir qu’elle ne voulait pas me voir, j’ai vu sa tête quand je lui ai demandé comment Ma femme allait. A partir de là, rien ni personne ne pourrait m’empêcher d’aller vérifier par moi-même dans quel état elle est.

Je suis mal, vraiment mal... malgré mon brin de toilette, je sais de quoi j’ai l’air, d’un mec qui est resté enfermé plusieurs semaines, en boudant au maximum sa nourriture, dans une cave avec des fringues trop grandes. J’ai du mal a traversé le camp tellement je me sens faible et fiévreux. Mais, de la même façon que j’ai passé des jours entiers à craquer, à mains nues, les coutures d’un matelas, puis à redresser un putain de ressort sans outils… je m’accroche à cette volonté de la revoir coute que coute.

Je sais bien que je devrais finir mon sevrage, de ressembler à quelques choses et de réussir à avoir une pensée cohérente avant d’y aller. Sauf que je ne peux pas. C’est presque animal. Je sais que je ne pourrais rien faire tant que je n’aurais pas exorciser de ma tête les cauchemars que j’ai fait d’elle. Suis-je nerveux ? Bien sur que je le suis, si je tremble comme une feuille morte, ce n’est pas seulement à cause de mon état physique mais bien à cause de l’inquiétude qui me ronde depuis des jours et la crainte de constater que j’avais raison d’angoisser pour elle.

J’arrive devant la porte de sa maison, hésite a peine et frappe… pas de réponse. J’essaye de l’ouvrir, elle est fermée a clé. Sans même réfléchir je sors le ressort et force avec facilité cette serrure trop basique.

La maison ressemble a celle de Logan, en mieux rangée. On dirait une maison témoin, le genre impersonnelle avec de la bouffe en plastique et la table mise même a 10 heures. D’instinct je vais vers les escalier puisant dans le peu de forces que j’ai.

« Ava ?!! »

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Dim 28 Mai - 12:32

Avalohn regardait avec attention le mur de sa nouvelle chambre. Les doigts glacés sous sa joue, l’oreiller trempé, le visage fermé. Son ventre se contractait sous chaque respiration, ses muscles la lâchaient petit à petit, elle résistait à l’envie de se laisser aller. Tremblante, apeurée, seule. Elle souffrait en silence, elle faisait passer le temps à laisser ses yeux couler sur ses draps blancs.

Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que Logan était venu la sortir du merdier qui la poursuivait à grand pas. La remise en place de son épaule avait été douloureuse, panser ses plaies aussi, la rattraper dans le gouffre dans lequel elle tombait tout autant. Harvey avait entendu des hurlements, des cris, des aboiements et une douleur vive à chaque fois qu’il passait le désinfectant dans son dos. Il découvrait une histoire à chaque tatouage, à chaque parcelle de peau. Il admirait ce dos se mouvoir sous une pression insupportable alors qu’il la tenait fermement plaqué contre un mur.

Elle n’avait pas dormi depuis des nuits, n’avait pas vécu depuis des jours. Elle n’osait pas mettre un pied dehors. Elle ne pouvait pas le croiser, pas comme ça. Son visage était encore rouge de ces coups, son coeur ensanglanté par ce déchirement perpétuel qu’elle vivait.

La vie n’était qu’une pute, la vie n’était qu’une chienne pour Avalohn. On lui disait d’aimer, de s’ouvrir, de ne plus regarder en arrière, d’avoir confiance, depuis toute petite.

À ce moment précis, ses yeux se fermèrent, et elle se mit à détester chaque personne de cette terre. La Mère et le Père Inverness, son jumeau surement mort, Ethan et sa libido enflammé, Romwell et son caractère compréhensif, Fernando et sa manière de lui tenir la gorge, les assistantes sociales, les éducateurs, les professeurs, Los Lobos, ses amis, le monde entier.

On avait décidé de la piétiner une fois encore, de l’achever par une gifle et la plaquer à terre pour qu’elle sente, à quel point, le sol fait mal quand on le prend en pleine face.

Personne ne comprenait, personne ne pouvait comprendre. On lui tenait les poignets, les chevilles par des chaînes brûlantes. On avait beau la faire tomber, s’acharner, elle se redresserait toujours aussi mal, toujours aussi faible, mais Avalohn avait cette volonté, qu’un jour peut être, elle pourrait être heureuse.

Elle s’enfuirait loin, les aiguilles, les bouteilles, les cigarettes, la malchance, le destin loin d’ici. Être seule valait bien qu’être mal accompagné, pas vrai? Elle se rassurait comme elle pouvait, puisqu’elle était la seule personne sur qui elle pouvait compter.

Elle passait ses doigt sur ses paupières rougis et trempés, se relevant, tirant son dos dans un déchirement silencieux. Ses pieds nus touchèrent la moquette propre, en soupirant toute la haine qu’elle avait véhiculé à ces personnes. Elle poussa sur ses bras pour se lever.

Et c’était plus belle que jamais, plus fier et brutale, qu’elle releva la tête. C’était décidé. Elle ne resterait surement pas, Isha ne la reverrait surement plus. Elle allait nettoyer son van puant l’animal, laisserait Harvey aux mains de Logan, prendrait Lobos et retournerait à sa vie de folie et de solitude. Elle était mieux seule, elle souffrait moins, elle parlait moins.

Elle serait seule, elle deviendra muette, sourde, aveugle, insensible, et se laisserait mourir quelques semaines plus tard. Le phoenix ne renaîtrait pas de ses cendres avec une balle logée dans la tête, c’était sur et certains. Elle se ferait mourir de manière théâtrale, dans un dernier levé de rideau, dans une dernière scène.

« Ava ?!! »  

Sa tête se relevait en un instant. Elle leva les yeux vers la porte de sa chambre ouverte, les ongles enfoncés dans le matelas. Que faisait-il ici? Elle avait bien stipulé à Logan que tant qu’il ne serait pas sevré, bien, et redevenu lui même, elle ne voulait pas le voir. Elle déglutit en prenant machinalement son Glock dans ses mains. Ses jambes éraflées ne lui obéissaient presque plus. Elle se concentra pour se lever doucement, fermer la porte et se cacher dans la salle de bain.

Voulait-elle réellement ça? Il allait avoir de l’emprise sur elle, encore une fois? Elle allait être déçue, encore une fois? Avalohn se dirigea vers sa porte entrouverte, passant sa tête vers les escaliers.

Elle resta bloquée quelques secondes sur l’image d’Isha. Il était creux, pâle, furibond, alerte, en colère. Et elle n’aimait pas ça. Pas pour aujourd’hui. Elle chargea son arme dans un bruit qui brisa littéralement le silence. Elle sortir de la pièce pour se placer sur les premières marches, son petit ami en joue avec une seule main. Elle fronça les sourcils à son attention.

- Qu’est ce que tu fais là?

Malgré les coups, les bleus, les rougeurs, elle savait qu’elle était magnifique. Elle était grandiose, incroyable, plus effarouchée que jamais. Mais elle ne souriait pas. Elle ne pouvait plus sourire. Pas devant lui. Pas après tout ça. Pas après cette vie là.

- Si t’es là pour me répéter que je suis juste des cuisses à pénétrer tu peux dégager. Tu ne me dois plus rien. Logan paye ta dette, il me loge et je me casse après que je sois guérie. Il n’y a jamais eu de bébé de toute façon, et tu ne m’as jamais aimé, j’ai bien compris. Ça s’arrête là. Alors tu ne me dois rien, Cornwell, tu ne me dois rien.

Ces paroles lui déchirèrent la poitrine et les cordes vocales. Elle aurait voulu que ça ce passe pour une fois bien, que ça soit différent, qu’il soit différent. Elle renifla un bon coup en descendant quelques marches vers son interlocuteur.

- Alors je me répète : qu’est ce que tu fais là?

Elle regarda furtivement l’arme et sa main, remarquant la bague qui lui avait donné une nuit où ils s’étaient promis  de ne jamais se lâcher. Pourquoi la portait-elle encore?
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Dim 28 Mai - 18:57

Je reste sous le choc et sans voix. Déjà la revoir, après tant d'hallucinations, cauchemars me coupe presque le souffle. Comment ai je pu la confondre avec de si fades représentations d'elle? Comment ai je pu autant altérée dans mes délires la beauté sauvage de cette princesse de la rue?

Ensuite, mon état joue certainement un rôle mais je mets un certain a percevoir certains éléments qui auraient pourtant dû me sauter aux yeux, les traces de coups sur son visage, ses yeux rouges, sa pâleur et, accessoirement, l'arme qu'elle braque sur moi.

L'épuisement de cette journée interminable et douloureuse m'empêche de bien comprendre ce qui se passe. Est ce qu'elle aussi me voit comme un monstre? Je lui fais peur a ce point là. Les coups de Logan n'étaient rien, les blessures aux mains et poignets n'existent pas a côté de la souffrance que ce simple geste et de l'inquiétude de ne pas savoir ce qui lui est arrivée m'infligent. Je n'ai pas le temps de faire plus que de lever le bras, dans un signe d'apaisement, qu'elle ouvre la bouche et continue de m'achever un peu plus.

Je l'entends, je l'écoute, mais j'ai presque envie de lui demander si elle ne me confonds pas avec quelqu'un d'autre. C'est paroles n'ont aucun sens pour moi. J'ai beau chercher dans ma mémoire, jamais elle n'a été qu'un sexe, jamais je n'ai cessé de l'aimer et la protéger, même aux pires moments de ma crise.

J'aimerais que cette journée ne soit qu'un abominable cauchemar. Sauf que mon corps me hurle bien que nous somme dans la réalité.Chaque mot est un tison ardent qui me ronge.

Je sens bouillir en moi une telle colère que je me remets a trembler. Elle n'a jamais eu qu'un mot a dire pour que je fasse tout pour elle. Elle a voulu le monde, un trône, je lui ai tout donné et même après qu'elle m'ait balancé a Logan sans un traitre mot d'explication, comme un chien devenu indésirable qu'on refourgue a la fourrière. Et pourtant, je me suis accroché a elle, a notre couple, de toutes mes forces. Savait elle pour la cave et les menottes? A t elle cautionné ce supplice en sachant ce que cela pouvait évoqué pour moi? Savait elle pour Eulalie? Et surtout qui lui a fait ça?

Ce n'est pas de la colère que l'ouragan Skye a réveiller mais bien de la fureur.

"Comment peux tu penser ca!! T'ai je un seul jour laisser tomber? T'ai je jamais dit autre chose que je t'aimais? Tu parles de dettes mais lesquelles Avalohn? LESQUELLES? J'aimerais bien savoir, et si tu regardes comme ça, j'aimerais bien savoir comment tu comptes payer les tiennes. Quant a Logan, quoiqu'il vienne faire dans cette histoire, c'est toi qui est sa débitrice pour ce que tu lui dois, lui et moi on a déjà une note déjà bien assez chargée entre nous!!!!!!"

J'essaye de le calmer même si je respire fort. Ce n'était pas comme ça que je voulais que l'on se retrouve. Je suis inquiet pour elle, j'ai besoin de la prendre dans mes bras. Malgré l'arme braquée sur moi je commence a gravir les marches avec le peu de force qui me reste. J'écarte bien les bras pour lui faciliter la tâche.

"Ce que je suis venu faire ici? Je suis venu voir ma femme, la prendre dans mes bras et lui dire que je l'aime. Et rien ni personne ne me fera changer d'avis. Alors si tu dois tirer, fais le et fais le bien. Vises le cœur, au point où tu en es, t'as qu'à finir le travail!"


Je continu ma lente ascension vers elle, les yeux plongés dans les siens, bien déterminé a la prendre dans mes bras quoiqu'il m'en coûte.


HRP:
 

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Dim 28 Mai - 20:12

"Comment peux tu penser ca!! T'ai je un seul jour laisser tomber? T'ai je jamais dit autre chose que je t'aimais? Tu parles de dettes mais lesquelles Avalohn? LESQUELLES? J'aimerais bien savoir, et si tu regardes comme ça, j'aimerais bien savoir comment tu comptes payer les tiennes. Quant a Logan, quoiqu'il vienne faire dans cette histoire, c'est toi qui est sa débitrice pour ce que tu lui dois, lui et moi on a déjà une note déjà bien assez chargée entre nous!!!!!!"

Avalohn regardait cet inconnu hurler dans tout les sens, gesticuler, suer, se démener. Elle ne lâchait pas son regard, elle ne lâchait rien. Elle serrait les dents devant ce spectacle pitoyable. Il était immature, maigre, petit. Il n’était pas le Isha qui avait prit soin d’elle, elle le savait. Avalohn était une reine et avait besoin d’un roi, pas d’un simple toxico.

Il lui avait donné une cocon, une protection, quelque chose à eux deux. Et il était tombé bas lorsqu’elle avait voulu simplement arrêter un supplice qui le torturait. Oui, elle avait tué Jack et William, et il l’avait fait payé. Oui, elle l’avait attendu des lustres lorsqu’il partait en expédition. Oui, elle s’était donnée à lui sans ménagement alors qu’elle se l’était interdit. Elle s’était offerte, et il l’avait saccagé. Elle ne plierait plus.

"Ce que je suis venu faire ici? Je suis venu voir ma femme, la prendre dans mes bras et lui dire que je l'aime. Et rien ni personne ne me fera changer d'avis. Alors si tu dois tirer, fais le et fais le bien. Vises le cœur, au point où tu en es, t'as qu'à finir le travail!"

Elle tira à côté de son visage avec une maîtrise des rues. Un trou net se dessinait sur le sol, vers le bas. De justesse. Elle ne bougeait pas, elle était stoïque. Elle avait arrêté son ascension vers elle. Elle souffla par le nez. Il était idiot. Et tellement plus jeune, au final. Savait-il ce qu’une relation signifiait? Un respect mutuel. Des accords tacites. Un quotidien mouvementé. Un amour à double sens. Il avait tourné le dos à Avalohn dès sa première erreur.

Il ne l’aimait pas. Elle baissa son arme en le regardant de haut avec une peine grandiose.

- Tu as fini ta crise? C’est pathétique.

Que croyait-il? Qu’elle allait lui sauter dans les bras avec des fleurs dans les cheveux? Souriante, ayant pris du poids, un ventre grossit, les joues roses? Elle n’était pas ce qu’il voulait. Elle en était désolée. Il lui avait demandé trop, elle avait surjoué le tout. Elle pencha la tête vers la droite, ses cheveux s’entremêlant sur son épaule. Elle dodelina de la tête.

- J’ai assez souffert Isha. J’en ai assez eu. Tes cris, tes humeurs, tes hurlements tu peux te les garder. Tu veux parler calmement? Tu as des questions à poser? Pas de soucis. Au lieu de me faire une scène.

Elle descendait les marches avec un peu de peine, heurtant l’épaule d’Isha violemment. Il était chez elle. Il allait devoir montrer un peu plus de respect et de maturité pour s’adresser à elle. Passant à côté de lui, elle remarquait son odeur de sueur et de mal-être, de sang et de fatigue. Alors au final il ne s’en sortait pas? Elle aurait du s’en douter.

Elle avait tellement pleuré cet homme, l’avait tellement aimé de tout son âme, de tout son être. Oui, Avalohn était de ces personnes qui aimaient sans filtre, sans barrière, avec extase, avec passion, ardeur, gentillesse, douceur, jalousie, possessivité. Elle était de ces personnes qui se laissait prendre dans cette roue infernale sans vraiment comprendre pourquoi. Elle vivait l’amour qu’elle n’avait jamais eu à cent à l’heure. Pour au final souffrir et tomber, s’effondrer, se laisser mourir, une nouvelle fois.

Et le cycle pourrait alors recommencer. Arriver dans le séjour moquetté, elle prit son sac à dos, sortant son paquet de cigarette neuf qu’elle avait trouvé dans sa dernière expédition. Elle ouvrit le filme de papier plastique, avant de sortir une Marlboro neuve, qui sentait bon le tabac sec. Elle chercha vivement son zippo pour allumer sa cancerette, tournant le dos à cet homme à qui elle avait tout offert. Sa seule part d’âme encore potable, valable pour un aller simple au paradis. Il l’avait démonté pourtant. Et au fond, elle ne lui en voulait pas. Elle s’en était doutée.

- Je n’ai pas besoin de te tirer dans le coeur. Tu mérites de vivre avec ce que tu as subi. Tu es tombée sur le mauvais cheval, je te l’ai toujours dis. Et ne viens pas me faire tes grands discours sur ce que je suis Isha. Je suis une boite à Pandore à moi toute seule. Tu vas avoir tes explications, ce que tu veux. Mais ne pousses plus un seul cri. J’ai douillé, tellement douillé que là je suis à un point de non retour. Alors arrête de crier.

Avalohn tira une des chaises de la table à manger, le regard vide, le visage sans expression, juste fatigué et éreinté. Elle leva les yeux vers ce jeune homme qui avait tellement compté, qu’elle avait tellement aimé avec un amour pur et réel, qu’il ne retrouverait jamais nul part. Même sans Apocalypse. Mais dans une autre vie. Dans un calme adulte, avec une vois sans accent, monotone, comme un pantin, elle débita cette histoire qui l’avait faite rêvé comme une enfant.

- Tu m’as fais payé ma dette. Tu m’as pris ce qui me restait Isha. Tout. Je t’ai suivi, je t’ai aveuglément fait confiance, j’ai écouté tes silences, cru à tes mensonges et tes cachoteries, je suis restée. Tu es mort dans mes bras, et je suis restée. J’ai été seule, tu m’as laissé des jours et des semaines entières seule, et je suis restée. Oui, je t’ai donné à Logan, mais je ne pouvais plus vivre avec cette drogue qui moi aussi m’a hanté pendant ma jeunesse. Tu n’as pas pensé que moi aussi j’aurais pu replonger? Sauf que je suis grande, je sais me contrôler, je sais mes limites.

Elle baissa la tête en serrant les dents, ses longues mèches cachent son visage. Elle renifla une ou deux fois en prenant des inspirations qui lui arrachaient le dos.

- Je crois que la vie a assez eu raison de moi. Je ne t’en veux pas d’être comme les autres. À au final hurler, encore et encore. À en avoir marre, à abandonner, à être déçu. Je sais, ce n’est pas simple. De comprendre pourquoi j’ai voulu ton bien en voulant ton sevrage. De comprendre pourquoi je suis si folle dans ma tête parce que je suis flippé à te perdre. J’ai demandé à Logan de ne rien me dire. Je sais qu’à la seconde où je t’aurais vu partir, j’aurais voulu te reprendre.

Elle passa sa main sur son visage, et tira une longue bouffée de cigarette, la fumée cachant ses yeux tremblants et légèrement mouillés.

- Tu veux que je m’excuse? Que je te dise que tu as eu raison de me traiter de cette manière? Que je t’applaudisse pour avoir voulu me donner ce que je ne voulais plus? Je voulais toi, ce bébé imaginaire, rien d’autre. Tu m’as entraîné dans quelque chose que je ne contrôlais plus. Et je t’aime toujours, c’est ça, c’est débile. C’est débile d’aimer une fille à problème.

Elle se leva pour se poster devant la baie vitrée, essayant de cacher cette envie de mourir qui lui tenait la gorge.

- Mais tu décides toujours de tout, tu fais des choix avec lesquels je ne suis pas d’accord. Je n’ai rien à dire sur ce qu’on est, parce que tu veux le contrôle. Je n’ai qu’à subir. Et par amour, je l’ai fais, je le ferais. Je le fais. Si tu veux me quitter fais le, c’est maintenant. Je partirais.
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Lun 29 Mai - 0:02

Je ne bouge pas d’un centimètre et je ne baisse pas les yeux quand elle appuie sur la détente. Je suis à peine effleuré. Si elle avait voulu me tuer à cette distance, ça serait déjà fait. J’ai au moins un début de réponse sur une de mes questions.

Quand elle passe à côté de moi, certainement du fait de la fatigue, ou d'une absence, je ne saurais dire, je reste étrangement immobile. Je n’ai même pas le réflexe de la serrer dans mes bras alors que c’était le seul but du chemin de croix que représente l’ascension des escaliers. Ce besoin de la sentir contre moi, un simulacre rassurant de tendresse donc j'ai tellement besoin.

Même quand elle me donne un coup d’épaule qui m’oblige à me retenir au mur pour ne pas me tomber, je ne réagis pas. C’est comme si je n’avais plus possession de mon corps. Je me sens faible et j’ai du mal a garder mon équilibre et a me redresser. J’essaye d’éviter de trop bouger pour, d’une part, sauver les apparences, et d’autre part, pour me concentrer sur ce qu’elle tente de m’expliquer.

Si elle savait dans l’état d’épuisement moral et physique dans lequel je suis et le marathon que j’ai fait juste pour la voir, serait-elle aussi cruelle avec moi ? Je ne suis pas sûr de comprendre la moitié de ses reproches ou son attitude.

Je lui fais une scène ? Bordel, c’est elle qui m’accueille avec un flingue et c’est moi qui lui fait une scène ? Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire par "tu mérites de vivre avec ce que tu as subi". Ose t’elle me dire que d’avoir été violé était mérité ? Que devoir vivre avec ça était un châtiment a je ne sais qu’elle crime ? Je me raidi en espérant avoir mal compris. Elle ne peut pas me haïr autant que ca, pas elle…

Je la regarde s’installer assez mécaniquement, m’accordant seulement un regard vide alors que je suis figé sur place incapable de bouger. J’essaye de comprendre ses reproches, certain sont mérités d’autres me semblent injustes voir imbitables.

Je me sens vraiment vaciller et je suis obligé de m’assoir dans les escaliers et de lutter contre un mauvais réflexe quand je la vois prendre une cigarette. Mais j’arrive à me retenir en me souvenant qu’il n’y a pas de bébé pour nous. En fait, je ne suis même plus sûr qu’il y ait un nous quand je l’entends me parler comme ça. J’aimerais juste me mettre en boule et pleurer ma sœur morte plutôt que de me faire achever de la sorte.

« Non, ce qui est débile c’est que tu n’es pas capable de voir que je t’aime et que tout ce que j’ai fait pour toi, c’était par amour. Tu crois que c’est moi qui décide ? Mais Ava, réveilles toi, ça a toujours été toi qui a eu la laisse en main, tu n’avais qu’a tirer dessus, un mot de toi et je t’aurais accompagnée chez Logan sans cette affreuse mise en scène…. Seulement au lieu de me dire ce que tu veux, il faut que je devine ou que je subisse tes décisions prises dans mon dos.»

Je reste a la regarder tristement.

« Je sais que je ne suis pas tout blanc, mais est-ce que tu te rends seulement compte que je viens de passer plusieurs semaines à ronger les barreaux de ma cage pour te retrouver, à être fou qu’il t’arrive une merde? La je je viens d’enlever l’ex de Logan, et ça je ne suis pas sûr qu’il ne me le pardonnera jamais, juste pour essayer de m’évader pour venir te chercher. Et au lieu d’aller sur la tombe de ma sœur je suis la… devant toi… à me faire menacer et a m'en prendre plein la tronche alors que je ne venais que pour toi. Puisque tu en as marre que je décide pour toi, dis-moi ce que tu veux toi ! C'est quoi la suite?»

J'ai la voix fuyante avec des sanglots pas loin. Je sais que je n'ai pas encore encaissé la moitié de ce qui m'est arrivé dans la journée et que je ne suis peut être pas prêt a subir la suite. Je la regarde avec autant de douleur que d’inquiétudes attendant se réponse.

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Mar 30 Mai - 22:31


« Non, ce qui est débile c’est que tu n’es pas capable de voir que je t’aime et que tout ce que j’ai fait pour toi, c’était par amour. Tu crois que c’est moi qui décide ? Mais Ava, réveilles toi, ça a toujours été toi qui a eu la laisse en main, tu n’avais qu’a tirer dessus, un mot de toi et je t’aurais accompagnée chez Logan sans cette affreuse mise en scène…. Seulement au lieu de me dire ce que tu veux, il faut que je devine ou que je subisse tes décisions prises dans mon dos.»

La jeune femme tourna la tête vers Isha, assis dans les escaliers, l’air faible, l’air triste, l’air déçu. Elle le perçait avec ses yeux bleus, le regardant de bas en haut, le jugeant, le jaugeant, Mentait-il? Jouait-il? S’amusait-il à retourner la situation à son avantage? Elle n’allait pas perdre pied. Plus jamais : c’était décidé. Quoi qu’il arrive, même si elle l’aime, le hait, l’adore et l’idole, elle ne se tairait pas, elle n’aurait plus jamais tort, elle ne serait plus soumise.

« Je sais que je ne suis pas tout blanc, mais est-ce que tu te rends seulement compte que je viens de passer plusieurs semaines à ronger les barreaux de ma cage pour te retrouver, à être fou qu’il t’arrive une merde? La je je viens d’enlever l’ex de Logan, et ça je ne suis pas sûr qu’il ne me le pardonnera jamais, juste pour essayer de m’évader pour venir te chercher. Et au lieu d’aller sur la tombe de ma sœur je suis la… devant toi… à me faire menacer et a m'en prendre plein la tronche alors que je ne venais que pour toi. Puisque tu en as marre que je décide pour toi, dis-moi ce que tu veux toi ! C'est quoi la suite?»

Elle ricana doucement en regardant dehors, collant son front à la vitre, la cigarette au coin de la lèvre, la fumée caressant doucement sa joue. Elle soupira par le nez. Que voulait-il? Qu’elle plie, encore une fois? Comme la fois où il l’avait prise sans gêne dans la douche, comme la fois où il avait décidé de se tuer à la cocaïne, ou lui dire qu’elle n’était qu’une jolie paire de jambe?

Avalohn ne méritait certainement pas tout ça. Elle en était presque persuadée.

- T’as beau dire ce que tu veux je ne vais pas regretter d’avoir permis à Logan de te sauver. Jamais tu ne m’aurais écouté. Jamais tu ne m’aurais suivi pour aller chez Logan. Tu ne contrôlais plus rien. Tu n’es pas mon chien, je n’ai pas de laisse à tenir. Tu sais ce que c’est de l’amour? Tu sais ce que c’est d’aimer quelqu’un?

Elle ferma les yeux et visualisait son âge par rapport au sien, son propre parcours par rapport à celui d’Isha qu’elle ne connaissait pas. Ils étaient si différents au final. Comment n’avait-elle pas pu ouvrir les yeux? Comment avait-elle pu se laisser berner comme ça? Comment avait-elle pu oublier ses leçons, ses talons et son coeur sur son oreiller? Elle ne savait pas.

Avec Ethan, ça avait toujours été différent. Son tempérament était compréhensif, certes colérique, mais il savait gérer la boule de feu qu’elle était. D’un geste il la savait énervé, contrarié, exténué, en manque, en joie.

- Je ne t’ai jamais rien demandé, encore moins de kidnapper quelqu’un ou de venir me voir alors que tu dois pleurer une perte. Je ne suis ni une excuse, ni une sale potiche à entretenir. Regardes toi Isha…

Elle leva une main molle vers lui, le présentant comme sur un plateau d’argent, un sourire médiocre accroché au visage.

- T’es encore en sevrage. Et tu viens me faire la morale sur mes actes et mes gestes? Et toi, tu te rends compte à quel point je m’en mord les doigts de t’avoir fait t’écrouler dans la drogue? De t’avoir vu te changer en un espèce de monstre assoiffé de pouvoir? D’avoir vécu en mère porteuse pendant des semaines? Et tu me demandes c’est quoi la suite? Mais regardes toi… Tu vas gerber sur la moquette.

Sa voix montait dans les aigus, car les preuves irréfutables étaient nichées dans le fond de sa gorge, ils pourraient se disputer des heures, elle n’en démordrait pas. Mais parler à Isha était parler à un mur. Elle baissa la main, son geste se fracassant sur sa cuisse dans un bruit désagréable.

- Tu ne crois pas que la suite c’est que tu ailles bien, que tu redeviennes celui qui m’a sauvé de la folie?

Elle s’approcha vivement d’Isha, lui prenant le visage dans sa main droite, le menton calé entre son index et son pouce. Mais ce geste n’avait rien de doux, ni d’affectueux. Elle le tenait fermement, se penchant au dessus de lui de toute sa posture de diablesse du Bronx.

- Tu veux quoi? Des excuses? Tu m’as transformé en une moins que rien qui pleurait chaque soir ton manque. Tu vois, ma cocaïne à moi, c’était toi. Et le sevrage que tu m’as donné a été efficace : disparitions de plusieurs semaines, froideur, autoritarisme, domination. Mais je suis Avalohn Skye Inverness, et plus jamais, tu m’entends, plus jamais je ne me plierai devant un Cornwell de toute ma vie.

Elle fit un mouvement brusque pour faire pencher la tête d’Isha violemment d’un côté, avant de le lâcher et de terminer sa cigarette et de l’écraser dans un cendrier, posé sur la table, déjà beaucoup trop rempli. Elle passa ses yeux au dessus de son épaule gauche, le glaçant sur place.

- Je suis une sale garce, Isha. Je le sais bien. Mais je n’ai jamais cessé de t’aimer et de penser à toi. Et je l’ai fais chaque jour depuis le soir au chalet. Et je continue de le faire à chaque seconde.
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Jeu 1 Juin - 7:39

Je reste, une nouvelle fois, anormalement silencieux et immobile, et ce même quand elle me touche brutalement. Cela m’étonne, je ne me reconnais plus dans mon manque de réactions.

Je sais qu’elle n’a pas tort sur plusieurs de ses reproches, pourtant je la trouve injuste et peu encline à essayer de me comprendre. En fait, elle n’essaye même pas, j’ai déjà été jugé et condamné à un procès où je n’ai même pas pu me défendre. Peu importe ce que j’ai toujours fait pour elle, peu importe que même au pire de ma crise, je l’ai toujours protégée quel qu’en soit le prix. Oui je l’ai fait pleurer mais j’ai toujours changé mon fusil d’épaule pour essayer d’arranger ça et la rendre heureuse… J’ai même essayer de me tuer pour la libérer de moi. Je sais bien que je me suis foiré mais je ne pensais pas autant.

Visiblement, autant elle est toujours omniprésente dans chacun de mes gestes ou de mes décisions, autant j’ai le sentiment que je ne suis rien d’autre pour elle que la source de toute ses souffrances.

Je me sens las, je ne sais plus pourquoi je me suis autant battu et je n’espère qu’une chose, être en plein délire. Au fonds, pourquoi je suis venu ? Si ce n’est pour la savoir saine et sauve et quémander un peu de réconfort tel un clébard en manque d’affection. Sauf que là, a part des coups de pompes, on ne peut pas dire qu’elle soit généreuse. En fait, à l’écouter je me rends bien compte, il n’y a qu’elle qui l’importe.

Que je sois resté dans une cave attaché, que je sois dans un sale état, que je vienne de faire de la merde pour elle et que ma sœur soit morte, elle s’en fout a un point inimaginable.

Même si je ne lui souhaite pas de connaitre cette douleur, j’espère que si un jour elle apprend la mort de son frère, elle n’aura pas en face une personne aussi cruelle et froide que celle qui m’accable jusque dans mon chagrin. C’est assez épouvantable de ce dire que la seule personne qui m’a témoigné un peu de compassion aujourd’hui est celle qui me déteste le plus et que j’ai assommée et enlevée.

Je meure d’envie de prendre une dose pour que ça s’arrête. Cette journée est un chemin de croix.

Ils n’y avaient que trois personnes au monde que je pensais m'aimer, l'une est morte, l'autre a été trop de fois déçue, quant à la troisième ... elle dit m’aimer, mais je ne lui ai fait que du mal et je l’ai seulement détruite… je ne suis pas son sauveur mais son bourreau.

Je n’aurais pas dû venir. Je me levé mollement en me tenant au mur et avance mollement vers la sortie. Je m’arrête avant la porte et me tourne tristement vers elle.

« Je crois que ça doit s’appeler syndrome de Sherlock homes ou Stockholm je ne sais plus bien le mot. Moi aussi je n’arrête pas de penser à toi, mais tu vois, pas de la façon ou je te détruits et te fais pleurer… quant à la drogue, j’étais bien assez grand pour tomber seul dedans… et assez con pour vouloir te protéger de tout, même de toi ou de moi. Donc pardonne moi de ne pas avoir été à la hauteur et de t’avoir autant bousiller.»

Je reste près de la porte à la regarder. Je ne saurais dire ce que j’attends mais je n’arrive pas à juste me résigner a partir.

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Lun 5 Juin - 10:29

« Je crois que ça doit s’appeler syndrome de Sherlock homes ou Stockholm je ne sais plus bien le mot. Moi aussi je n’arrête pas de penser à toi, mais tu vois, pas de la façon ou je te détruits et te fais pleurer… quant à la drogue, j’étais bien assez grand pour tomber seul dedans… et assez con pour vouloir te protéger de tout, même de toi ou de moi. Donc pardonne moi de ne pas avoir été à la hauteur et de t’avoir autant bousiller.»


Une fois de plus, Avalohn s’étaient enfoncées ses ongles dans sa paume. Les poings serrés, le regard figé, et le coeur en mille morceaux. Cette douleur lancinante, cette douleur incessante dans ses mains lui étaient devenue tellement amicale, douce et réconfortante. Ce petit moyen de canalisation d’émotion lui permettait de rester encore lucide avant d’exploser comme une furie. Mais ce jour là, à cet instant précis, à ce moment exact, elle ne se retenait pas de colère. Mais de débordement de tristesse et d’angoisse.

Il ne comprenait pas, ne comprendrait peut être jamais. Avalohn n’avait pas besoin qu’on la protège de quoi que ce soit, ni d’elle, ni de lui, ni de personne. À l’étouffer elle était morte à petit feu, laissant place une personnalité presque gentille et appréciable.

Cet amour là, avec Isha, elle y avait cru. De part son sauvetage, leurs nuits agitées, ces baisers échangés à la volée, les promesses qu’ils s’étaient dites, et les fous rires partagés. Il avait pu connaitre chaque recoin de la Bronxarde, caressé sa peau d’encre, entendre ses histoires, rassurer ses pleurs. Elle voulait juste qu’on la laisse se battre. Qu’on la laisse s’exprimer pour mieux revenir.

Bien avant que le jeune homme intervienne dans sa vie, Avalohn avait perdu cette foi de pouvoir aimer de nouveau. Ethan lui avait brisé le coeur et l’espoir de pouvoir s’en sortir un jour, de cette misère, du diable qui lui tenait les épaules, de cette vie de racaille. Elle avait été forte, il avait été patient. Il avait attendu, trimé, bouffé, reçu, mais aussi aimé sans aucune limite cette louve.

Avalohn fit quelques pas vers Isha, les joues brouillés et le ventre faible. Elle souffrait de partout, elle avait mal ici et là, ne s’en sortait plus. Son corps entier était un feu de douleur et de détresse, son esprit s’enflammant si il passait une dernière le pas de cette porte.

Elle se sentait seule, triste et fatiguée. À quoi bon se battre si il ne comprenait pas? Elle jouait à un jeu où elle était déjà reine, et Isha avait la fâcheuse tendance à fuir les problèmes pour ne pas les régler.

Elle déposa ses yeux vitreux sur lui quelques secondes en soupirant. Ça aurait été différent si l’Apocalypse n’était pas venu à eux. Si Ethan était resté. Si Logan l’avait tué. Si il avait rencontré une jolie fille, douce et gentille, sans problème. Qui n’avait pas eu de passé douteux et crasseux. Elle était Avalohn Skye Inverness.

Et elle n’avait jamais eu aussi mal d’être ce qu’elle était. Elle frotta ses yeux en avançant vers lui, les dents serrés, les cheveux en bataille, le corps en ébullition.

- Tu sais pas à quel point ça fait mal d’être loin de toi. Moi aussi je souffre. De partout.

Elle donna de l’impulsion dans ses chevilles pour arriver plus vite vers lui. À sa hauteur, elle se voyait dans ses pupilles noires. Il n’était pas en bon état. Du tout. Elle voulait sourire, se disant qu’on avait cassé son homme, à elle. Mais elle n’arrivait presque plus à rien.

Elle se pinça les lèvres, passant sa main droite sur son front, caressant sa joue, regardant sa pâleur, ses balafres, sa fatigue. Elle ne se laisserait plus écrasé, mais sans lui, elle le devinait parfois, elle ne pourrait pas vivre non plus. Ses grands yeux bleus dans les siens, elle enroula son bras autour de son crâne pour le déposer dans son cou, comme à un enfant qui ferait un cauchemar. Elle posa son menton dans le cou d’Isha, regardant la lumière du plafond pour ne pas craquer. Elle le serra contre elle aussi fort qu’elle le pouvait, malgré le mal qui la rongeait et la faisait souffrir à chaque mouvement.

- Tu es parti trop longtemps, Isha.

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Lun 5 Juin - 13:58

Je ne suis plus sûr de comprendre quoi que ce soit. Cette journée m’échappe complétement comme la situation ici on dirait. Après m’avoir tiré dessus, m’avoir aboyé sa haine et sa colère, Ava se glisse contre moi avec douceur.

N’était-ce pas ce que je voulais simplement en venant ici ? La prendre dans mes bras ? Pourquoi était ce devenu si compliqué et si difficile ? Est-ce que c’est moi qui ai un problème ou c’est elle qui rend les choses aussi embrouillées. Je ne sais plus, mais au point où j’en suis, je ne cherche plus à savoir non plus.

Avec précaution, comme si je m’attendais à un nouveau retournement de situation, je l’enlace doucement pour la serrer contre moi. Ça fait du bien après tant de jours d’angoisses de la sentir bel et bien vivante, malgré son état de nerfs et sa fatigue évidente.

Ca ira peut être mieux quand elle se sera reposée ?

J’essaye de ne pas écouter la petite voix, moqueuse de Robin qui ricane de la situation et me fait douter. Il y a tant de colère à mon encontre en elle. Je pensais vraiment tout faire pour la rendre heureuse, tout, et vue la scène aujourd’hui, j’avais vraiment tout faux. J’ai dû mal à voir comment je vais faire pour éviter un nouveau foirage. C’est comme si on ne parlait pas la même langue. Pourtant j’ai envie et j’ai besoin d’y croire.

J’aimerais lui dire que j’aurais bien aimé ne pas partir mais je pense que ce n’est pas le moment de ressasser les erreurs du passé. Ce qui est fait est fait.

« Je suis là maintenant et on est plus chez les Punishers, ça va aller… »

J’ai une voix un peu atone, car je pense à la merde faite aujourd’hui pour la retrouver, au fait que je tremble tellement que je veux ma dose, que j’accuse toujours le coup pour Eulalie… en fait non ça va pas et là, tout de suite, maintenant, je ne suis pas sûr que ça va aller, mais j’ai besoin que nous y croyions. Un petit mensonge comme lorsque l’on se mettait la couette sur la tête dans nos lits d’enfants en croyant dur comme fer que cela suffirait contre les montres. Sauf que les monstres, les vrais, ils savent très bien virer les couvertures. Mais au moins, cela permettait d’avoir une pause, un peu de réconfort…

Je reste un peu de temps comme ça, sans dire un mot, juste à profiter de ce répit craignant à tout moment que l’ouragan se réveille et se déchaine à nouveau alors que je n’ai plus de ressources ni de prises pour lui résister.

Mais au bout d’un moment je sais qu’il faut que je crève un autre abcès. Quand je ne pourrais pas retourner sagement chez Logan sans savoir. C’est sans bouger que je lui pose la question.

« Logan m’a laissé entendre que t’avais eu une merde mais il ne m’a pas dit ce qui c’était passé… »

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Mar 6 Juin - 0:32

« Je suis là maintenant et on est plus chez les Punishers, ça va aller… »

Cette phrase la laissa échapper un soupir presque d’aise. Oui, il était là. Elle ne le réalisait que maintenant. Mais oui c’était lui. En chair, en os, en sueur. Mais il était là, n’était pas mort. Elle plissa les yeux qui s’embrouillèrent de plus en plus, essayant de tenir le plus possible sa promesse. Ne pas flancher. Ne pas craquer. Ne pas redevenir une fille écrasée et énamourée. Le combat était pourtant trop difficile. Elle ferma ses grandes pupilles bleus, priant pour que cette boule de rage et de solitude se calme.

Il était là, oui. Ça irait, réellement? Elle n’y mettrait pas sa main à couper. Pourtant…

« Logan m’a laissé entendre que t’avais eu une merde mais il ne m’a pas dit ce qui c’était passé… »

Il ne bougeait pas. Elle non plus. Pendant de longues secondes. Elle pensa très fort à sa nouvelle « famille », à son ancien groupe, à ses blessures, à ce qu’ils avaient pu vivre. Son coeur s’arrêta une seconde sur le passage du bébé qui avait presque fait espérer qu’au final la vie n’était pas si merdique. Elle se retira de l’étreinte, regardant Isha droit dans les yeux, caressant son visage avec ses pouces, gominant ses cheveux vers l’arrière, le regardant méticuleusement sous toutes ses coutures.

Oui, il était là. Elle parcourait ses doigts ses joues, ses pommettes, ses arcades, son front, sa mâchoire, sa bouche, sa gorge, sa chevelure noire. Elle ne respirait presque plus. Il était là. Sa bouche s’entrouvrit pour laisser échapper sa petite voix cassée par les souvenirs, la clope et la panique.

- Après que tu sois… parti chez Logan, ça a commencé à être la merde à General Motors. Bruce a pété les plombs et préparait des attaques. Un des sbires m’a fait comprendre que Fort Hope allait y passer. Et si je participais à ça… Je n’aurais pas pu regarder tout ce monde mourir. Au final je suis tarée, mais pas autant que le Fossoyeur…

Elle prit les cheveux d’Isha dans ses mains, le regardant attentivement, caressant ses tempes doucement. Il avait chaud, les cernes se battaient sous ses yeux, et son teint était mauvais. Elle savait qu’il était en crise, mais ne pouvait définitivement pas se résigner à penser à la drogue pour l’instant. Elle le regardait, tout simplement, lui. Isha.

- Je suis partie avec Lobos et Harvey, tes affaires et les miennes. Je n’ai pas trouvé d’autres solutions et je pouvais pas me résigner à laisser le gosse seul là bas. Comme une idiote j’ai voulu embarquer aussi Evah, l’inciter à me rejoindre, mais elle n’a pas voulu. Elle m’a balancé à Greg et le matin même il m’a retrouvé. Ma tête a été mise à prix, la tienne aussi, celle du gosse…

Son corps se réveilla rien qu’à en parler. La douleur de la colonne vertébrale lui annonçait un calvaire de tout les diables, et son épaule commençait à la lancer malgré sa remise en place. Elle détourna le regard quelques instants, avant de prendre la manche d’Isha dans sa main droite et l’amener sur le canapé du salon ouvert. Elle se posa doucement dessus, invitant le garçon à lui aussi venir se poser.

- Il s’est amusé avec moi avant que Logan n’arrive et nous sauve.

Elle se gratta le cou, évitant le regard d’Isha après cette phrase sèche.

- Il nous a offert un toit et j’essaie au mieux de reprendre des forces. Harvey veille sur moi et panse mes plaies comme il peut. Il était triste quand je lui ai dis qu’il n’y avait au final pas de bébé.

Elle regardait par delà la baie vitrée, mordant follement l’intérieur de sa joue.
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Mar 6 Juin - 22:36

Je savais bien que ce que ce sur j'allais entendre ne me plairait pas, mais pas à ce point-là... Malgré ses caresses j'ai du mal à garder mon sang froid devant les prémices de son récit. J'essaye de me répéter en boucle qu'au moins Logan est arrivé à temps, qu'elle est vivante, et c'est tout ce qui compte... Pourtant je respire fort et j'ai du mal à me contenir. Peut-être prend-elle mes tremblements pour de la faiblesse puisqu'elle m'attire presque vers le canapé. Je ne me fais pas trop prier pour venir près d'elle et la prendre contre moi. Impossible d'écouter la suite sans pouvoir me rassurer à chaque seconde sur le fait qu'elle est bel et bien là, qu’elle respire, que son cœur bas….

Non seulement je la tiens contre moi mais je lui attrape la main, j’imagine que c’est ma façon à moi de lui faire comprendre que j’ai aussi de la peine pour ce bébé. Sait-elle seulement à quel point j’étais heureux de nous imaginer parents tous les deux.

Je n’arrive pas à croire qu’Evah l’a balancée. Après tous ce que l’on a fait pour elle !!! Dire que je l’ai sauvée de Greg. Si je la recroise celle-là, je pense qu’on aura une petite explication elle et moi du genre pas agréable. Bordel !

Je me croyais énervé, mais ce n’est plus de la colère mais de la fureur pure et glacée qui se repend dans mes veines quand Ava prononce la seule phrase que je n'aurais jamais voulu entendre entre ses lèvres : "Greg s'est amusé avec elle" avant que Logan n'arrive. En quelques mots tous les cauchemars et mes pires peurs viennent de se cristalliser. Logan est arrivé trop tard pour elle...

J'en veux à la terre entière. Jack et William auront eu une mort douce à côté de celle que je rêve de faire subir a Greg et Bruce.

Je ne sais pas quoi lui dire. Je n'ai pas de mot et je ne compte pas lui faire de fausses promesses. Le temps ne guérit rien. Même après plus d’un an je supporte à peine que l'on me touche, je suis encore hanté au point de faire des crises de paniques pour un oui ou un non et je n'arrive même pas à prononcer le mot viol...

Je reste un moment silencieux avec ma femme dans mes bras en comprenant mieux sa colère et son accueil si "armé". Je ne la lâche pas mais je ne la retiendrai pas si elle a besoin de se dégager, conscient que je lui fais peut-être plus de mal que de bien en la touchant.

La vraie question que j’ai envie de lui poser c’est pour savoir si ce connard de Greg est encore vivant mais j’arrive à me retenir. Je sais que c’est pas ça dont elle a besoin.

« Ca va aller maintenant, tu es en sécurité, je vais veiller sur toi et je ne laisserais plus personne te faire du mal… excuses moi de ne pas avoir été là… d'avoir mis autant de temps a sortir de cette putain de cave...»

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Dim 11 Juin - 19:54

« Ca va aller maintenant, tu es en sécurité, je vais veiller sur toi et je ne laisserais plus personne te faire du mal… excuses moi de ne pas avoir été là… d'avoir mis autant de temps a sortir de cette putain de cave…»

Avalohn souffla par le nez. Alors il n’avait toujours pas compris? Elle remonta ses pupilles azurs sur lui, le regard en biais, les sourcils froncés. Elle aurait voulu qu’ils puissent se comprendre, s’entendre, s’écouter. Mais ils étaient deux étrangers pourtant fous l’un de l’autre. C’était trop dur d’avoir abandonné celui qui l’avait sauvé il y a quelques mois.

Elle regardait avec intensité ses yeux bruns. Se remémorant leur rencontre dans ce cinéma, leur relation un peu bizarre et bancale à leur début, à ce temps qu’elle a mit à bien vouloir l’embrasser, la passion qu’ils avaient à se provoquer chacun l’un l’autre à chaque regard, la façon qu’il avait d’embrasser le haut de ses cheveux, de glisser ses doigts dans le creux de son dos, parcourir avec son pouce les traits de ses tatouages.

Elle approcha son visage du sien, prenant ses joues dans ses paumes comme un enfant. Elle hésita quelques longues secondes avant de frôler avec sa bouche la commissure des lèvres brûlantes d’Isha. Elle enroula un bras autour de sa nuque pour le ramener contre elle, collant son visage contre le sien, soufflant par le nez, fermant les yeux en le serrant réellement fort contre elle.

- Isha.

Elle poussa sur ses jambes pour venir sur lui, ses cils se frottant à sa joue, ses cheveux tombant sur ses épaules, les lèvres appliqués sur sa peau pâle. Elle le voulait pour elle toute seule. Mais ses sentiments se mêlaient et s’entremêlaient, elle était à la fois en colère mais aussi tellement heureuse et soulagée de le revoir encore vivant.

- Ce fameux soir… J’en ai eu le coeur brisé de te laisser à Logan. Mais comprends moi, je ne pouvais pas gérer la drogue, nos crises, tes absences… Tu m’avais promis d’arrêter et de diminuer les doses.

Elle resserra son étreinte contre elle. Sentir son souffle contre ses tatouages était un soulagement, pouvoir le tenir encore une fois, parce qu’elle avait été persuadé qu’il allait la haïr de l’avoir « abandonné ». Elle caressait ses cheveux en fermant ses grands yeux fatigués, laissant ses bouche parcourir ses pommettes, ses paupières, son front.

- J’avais pas d’autres choix. C’est tout ce que j’ai trouvé pour que tu t’en sortes. Pour que tu ailles bien, pour que tu puisses vivre. Laisses moi t’aider, s’il te plait, laisses moi t’aider.

Ses lèvres pulpeuses passèrent délicatement sur sa mâchoire, pour descendre sur sa bouche, soupirant pendant ce baiser de libération. Le bout de ses doigts lui tenant le visage délicatement, elle s’appliquait à lui redire bonjour de façon douce et affectueuse. Elle en avait rêvé de ces retrouvailles, tellement fort. Elle espérait de tout son coeur qu’il lui pardonnerait, malgré qu’il soit borné et têtu.

Elle se perdait dans ce baiser qui la libérait d’une peur, d’une angoisse terrible qu’elle vivait depuis qu’il était parti. Sa petite scène de menace lorsqu’il était arrivé n’avait été qu’un subterfuge pour se prouver qu’elle était encore forte. Mais devant lui, elle ne l’était pas. Ne le pouvait pas. Elle avait beau se murer dans ce caractère de brute épaisse et de caïd, elle avait beau faire semblant, Cornwell la perçait à jour avec simplement un regard ou un geste, un mouvement ou une parole. Il avait ce pouvoir injuste et magnifique de la contrôler sans le savoir. Elle retira ses lèvres en passant ses mains sur les clavicules d’Isha.

- Pardon… Je ne savais pas que Logan allait te faire ça. Si j'avais su... Pardon.

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Mer 14 Juin - 12:07

Je ne suis pas sûr d’être en état de bien comprendre tout ce qui peut se passer dans sa tête. C’est déjà tellement le chaos dans la mienne. Je prends sur le peu d’énergie qui me reste pour encaissé le choc de savoir ce qu’elle a passé. En fait, depuis ce matin, ça fait beaucoup pour un seul homme. Je sais qu’avant la fin de journée je vais juste m’écrouler et chialer comme un gosse de 5 ans, mais je ne le ferais pas ici, pas devant elle, elle ne mérite pas d’avoir à gérer ça en plus.

Je suis un peu mal à l’aise ne sachant pas vraiment si je peux la toucher sans lui faire du mal. Je la laisse gérer le contact physique qu’elle souhaite en me gardant bien de lui imposer quoi que ce soit. Je n’arrive toujours pas à réaliser que, par ma faute, le pire lui est arrivé. Ça ne m’empêche pas d’accepter sans me poser plus de questions, toute la chaleur et la douceur qu’elle accepte de m’offrir. J’aime l’entendre m’appeler par mon vrai prénom, aussi détesté qu’il puisse être, comme j’aime ses baisers qui me ramène à une période plus insouciante.

Je la serre prudemment dans mes bras en lui rendant son baiser avec une tendresse très inédite pour moi. Mais au fond n’était-ce pas ce que j’étais venu chercher ? La prendre dans mes bras, la sentir vivante contre moi et gouter a la paix et le réconfort que seule sa présence peut m’apporter ?

Pourtant ça ne suffit pas à effacer le fait que Greg se soit « amusé » avec elle. Je le hais, je hais Bruce d’avoir lâcher ses chiens sur celle qui était probablement sa maitresse et qu’il disait aimer, je me hais de ne pas avoir trouver un moyen de la sauver ou de décider Logan à aller la chercher plus rapidement.

Même si par ses geste Avalohn arrive à dompter ma rage, elle ne fait que reculer le moment où j’exploserais. J’aurais dû tuer plus rapidement Bruce, la mettre à l’abris plus tôt avec Harvey… Sauf que maintenant il n’y a plus de retour en arrière possible.
Je grogne presque de frustration quand son baiser s’arrête et qu’elle s’excuse à son tour. Je reste à la regarder en faisant un effort pour bien lier tous les évènements entre eux et tenter de démêler les raison de sa culpabilité. En fait, je me rends compte que j’accepterais de retourner passer le reste de ma vie dans la cave de Logan si ça pouvait effacer ce qu’elle avait subi.

D’un geste précautionneux, je dégage une mèche rebelle qui ose masquer son beau visage fatigué. J’essaye de trouver les mots qui me fuient depuis le début de la journée.

« Ava… s’il te plait ne t’excuses pas, tout va de travers depuis… »


Depuis Jack et William en fait, quoiqu’il soit difficile de considérer que quelque chose allait autrement que de travers chez les Punishers.

« … depuis un certain temps. T’as fait ce que tu as pensé le mieux, j’aurais préféré qu’on en parle ou que ca se passe différent. Limite que tu viennes avec Harvey ici dès le début, mais je crois que ça sert plus a grand-chose de se prendre la tête. Va juste falloir faire en sorte que le pire soit bel et bien derrière maintenant ? D’accord ? »

J’ai du mal à adhérer à mes propres paroles, je lui avais promis de la protéger et je n’avais pas réussi. Je l’avais mise encore plus en danger et elle avait payé le prix fort pour mes défaillances. Je me penche vers elle et pose ma tête sur son épaule. J’aime son odeur si familière et rassurante.

« Cette cure de désintox on l’a payée le prix fort, alors je vais la finir, je vais aller jusqu’au bout pour ne plus foirer quand t’as besoin de moi… Mais en attendant, reste là s’il te plait, j’ai besoin de savoir que tu vas bien, que Logan peut veiller sur toi le temps que je puisse le faire comme avant… il faut juste que tu me donnes un peu de temps. Ensuite, on va faire comme on aurait dû faire dès le départ, on va y aller doucement, le temps que toi aussi tu te remettes… tu veux bien ? »

Avalohn acquiesça et après une dernière étreinte silencieuse, je la quittais pour retourner à mon combat contre mon addiction.

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