Ce n'était pas l'idée du siècle, de partir à l'aventure... [Ft Abel]



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Mar 30 Mai - 18:19

J’étais fatiguée. Fatiguée de survivre. Fatiguée d’attendre que Seb me retrouve. Quelle idiote j’avais été… si seulement je lui avais donné l’adresse des écuries quand nous étions au téléphone. Ou si seulement je l’avais emmené voir Emperador. Après tout, il m’aimait bien, il aurait pu subir deux ou trois heures à me voir m’occuper de mon cheval. Mais il était trop tard.
Couchée dans la paille sale, je regardais le plafond poussiéreux. Les vieilles planches en bois étaient aussi grises que mon humeur. Cela faisait quelques jours que je dormais dans la litière de ma monture, avec lui. Je me sentais seule. Tellement seule et abandonnée. Je me tournai sur le côté, recroquevillée sur moi-même. Emperador mangeait tranquillement son foin. J’en avais encore pas mal en stock, vu qu’il était seul. C’était bien la seule chose dont je ne devais pas m’inquiéter : la nourriture de mon cheval.

J’avais envie de voir des gens, même si je savais pertinemment bien que l’humanité était dangereuse. Certes, j’avais rencontré Logan et Maxwell, mais ces deux-là étaient bien différents des autres personnes. Les autres… rien qu’à les observer de loin, je devinais ce qui pouvait bien m’attendre en les approchant : la mort, dans le meilleur des cas. Le viol, l’esclavagisme et autres trucs sympathiques dans le pire des cas.
J’avais pu rencontrer d’autres « loups solitaires » aussi. Mais jamais je ne restais bien longtemps avec eux. Je les hébergeais quelques temps, puis ils partaient vers ailleurs, cherchant leur propre lieu sécurisé ou des personnes qu’ils avaient perdues.

Soudain, je me rendis compte que jamais je n’avais réellement cherché Seb. Vu que la dernière fois que nous devions nous voir, nous allions nous retrouver au centre-ville et puis par après, rentrer chez lui, il ne m’avait jamais filé son adresse. De ce fait, je ne savais même pas aller jusque-là. Mais je connaissais les coins où nous avions l’habitude d’aller. Les bars, les magasins où nous nous amusions. C’était la belle époque. Rien que d’y repenser, la nostalgie s’installa.
Je me levais d’un bond, faisant sursauter Emperador. J’avais envie de retrouver Seb. Je n’étais jamais retournée dans ces lieux. Maintenant, j’allais le faire. La possibilité de le croiser là-bas était moindre –surtout qu’il était peut-être mort, n’est-ce pas ?- mais ça valait toujours la peine d’essayer.
Sans demander mon reste, je sortis du box de mon cheval, tenant fermement mes clés et mon sabre contre moi. Hors des écuries, le froid vint piquer mes joues et mon nez. Je rentrai dans mon break et jetai mes affaires sur le siège passager. Je savais pertinemment bien que c’était stupide, que je n’allais pas retrouver Seb. Mais j’avais envie d’essayer. Je mis en route mon break et partis en trombe vers Grosse Pointe. Je passai par les petites routes, dans un premier temps, pour rejoindre la ville. Finalement, je pris un des axes prioritaires et me retrouvai dans le centre-ville.

Les rues étaient désertes. Seules quelques voitures et tanks abandonnés étaient présents au milieu de tout. Je dépassais les cadavres de véhicules –et les cadavres tout court- jusqu’à arriver devant un des bars dans lequel nous buvions jusqu’à plus soif, avec Seb. Je stoppai mon break au milieu de tout et en sortis, mon sabre sur le dos. Le « Old Pony Martini Pub » n’avait plus rien de sa belle époque : l’enseigne commençait à tomber et les fenêtres étaient plus sales que jamais. Je m’approchai doucement du bar et posai ma main sur la porte. Je tentai de l’ouvrir mais elle était fermée à clé. Il y avait fort à parier que personne n’y avait plus mit les pieds depuis fermeture. Je soupirai et me retournai, prête à aller dans un des autres endroits qui nous avait accueillis, à l’époque. Mais je remarquai une horde de walkers s’avancer vers moi, le pas traînant. Je n’avais pourtant pas fait spécialement de bruit. Ils étaient une bonne dizaine : il y avait fort à parier que j’allais en chier pour les massacrer tous. A reculons, je m’éloignai des créatures, tout en sortant mon sabre de son étui. Comme convenu, les Walkers me suivirent. Eh merde.

Ma lame tranchante coupa la tête de l’un. Puis d’un autre. Et encore d’un autre. Mais allais-je survivre ?

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Mar 6 Juin - 19:47



Alyana && Abel
Survivre. Peu importe le prix. Peu importe ce que j’y perds, ce qui compte, c’est la survie. S’il y a une once de chance pour que Clarice soit vivante, je n’ai pas le choix que de survivre pour la trouver. Et pour ça, je me repose sur un groupe. Mais de temps à autre, il faut bien se l’avouer, ils ont besoin de moi. Ce n’est pas tant la survie qui me dérange d’ailleurs. C’est les autres vivants. Pas ceux du labo. Eux ils sont cools. Ainsi que certaines autres personnes d’ailleurs. Mais beaucoup pétaient clairement les plombs. Aucune force mentale. Tout dans les actes, rien dans la caboche. Ça m’exaspérait. Et pourtant, je ne pouvais m’empêcher de leur laisser une chance. Oh seigneur, puisse le jour où je deviendrai trop méfiant ne jamais arrivé. Je ne me considérais pas comme un monstre. J’avais sans doute réussi à isolé les actes de mon âme. Peut-être ne me rendais-je pas compte de la situation ?

J’avançais dans le dédale des rues désertes. Un cadavre ambulant çà et là. Rien d’alarmant. Lorsqu’ils sont trop proches, je les gère. Ceux qui sont éloignés, je les laisse. A quoi bon ? Je ne nettoierai pas la ville à moi seul. Je fouille une voiture. Rien de beau dans cette dernière. Et elle est en si piteux état que je ne peux pas la démarrer. Je suppose que ça ne vaut pas le coup de regarder s’il est encore quelques pièces de moteur à sauver… Un coup d’œil dans le réservoir ne relève pas le niveau du véhicule. Il ne reste plus qu’à espérer que la chance revienne.

Un bruit de petite meute de cadavres se fait entendre dans une rue voisine. Je m’approche à l’angle de cette dernière. Ils ont l’air excités les morts… Oh mais… Je connais cette blonde ! Alyana !

Sans réfléchir, je traverse l’espace qui nous sépare pour lui venir en air, attrapant ma hachette pour exploser un crâne de marcheurs avant de repousser un second du pied. « Alyana ! Reste pas là ! Suis-moi ! » Ordonnai-je en repoussant un de ces monstres qui tentait de me croquer. Une fois libéré, j’attrape l’une de ses mains pour la tirer jusque dans le Old Pony Martini Pub. La porte étant bloquée, je donne un coup de pied dans la serrure pour la faire sauter. Je la laisse passer avant de rentrer moi aussi, refermant la porte derrière nous. « Trouve un truc pour la bloquer ! »

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Dim 2 Juil - 11:51

La peur commença à me prendre le ventre. Et si je mourrais ici ? C’était vraiment une mort stupide : j’avais réussi à survivre à la faim, à plus de Walkers que ça. J’avais réussi à me cacher des hommes ayant perdu toute humanité. J’avais réussi vraiment pas mal de choses. Sauf à retrouver Seb. Finalement, c’était un peu de sa faute, si j’étais dans cette position plus que délicate. Si seulement il m’avait retrouvée, comme promis… !
Mais c’était stupide, comme manière de pensée. Une voix vint d’ailleurs chasser cette idiotie de ma tête. Cette voix, je la connaissais, mais je ne savais plus d’où. Cette voix, elle me connaissait, elle connaissait même mon prénom. Je me tournai vers cette voix, tout en décapitant un Walker d’un coup net. Cette personne, je l’avais déjà vue à l’hôpital. Il s’agissait de… euh… Abdel ? Caleb ? Non. Mais c’était un nom dans ce genre. Il était gardien de prison, et je l’avais croisé quelques fois, à l’époque où tout était normal. En effet, il conduisait les prisonniers jusqu’à l’hôpital et une fois sur place, ces derniers étaient pris en charge par la police, pour les surveiller.
Mon ancienne connaissance s’était jetée près de moi et était aussi attaquée par la horde. Il m’avait dit de ne pas rester ici, mais je n’avais pas dû être assez rapide, car il m’avait pris par la main. Une main sauveuse, une main douce, chaleureuse. Je n’avais plus eu de contact « humain » depuis bien des semaines. Des mois. Depuis l’épidémie. La dernière personne à m’avoir pris la main était Seb. Nous étions au bar –notre bar- et il avait passé ses doigts sur les miens, sur mon poignet. Nous étions repartis main dans la main. Seb. Seb… comment avais-je pu penser, l’espace d’un seul instant, que c’était de sa faute, si j’étais dans cette situation si compliquée. Au final, tout était de ma faute : je n’aurais pas dû aller seule chez Elisa, j’aurais dû attendre qu’il vienne me chercher à l’hôpital. Ou du moins, j’aurais dû lui donner l’adresse des écuries bien plus tôt, au téléphone. Je n’en serais certainement pas là, maintenant.

Sans vraiment réfléchir, je me laissai guider par Abdel / Caleb. J’avais l’impression d’être dans un état second : les rugissements des Walkers étaient lointains, leur poigne sur mes épaules, mes poignets, était insipide. Il n’y avait que cette main légère et douce que je sentais. Mon compagnon ouvrit d’un coup de pied la porte du Old Pony Martini Pub et me jeta dedans, me suivant de près. Il referma derrière lui et m’ordonna de trouver de quoi barricader la porte. D’un coup, je fus submergée par la réalité : les rugissements s’étaient élevés, je pouvais entendre les monstres taper sur la porte et la poussière m’irritait les narines. La situation était réellement catastrophique.

« Ça ! » dis-je, le souffle court, tout en pointant, dans un coin à deux mètres de l’entrée, une vieille armoire irlandaise.
A l’époque, on y mettait nos vestes –du moins ceux qui voulaient. Sans demander mon reste, je courus vers le meuble et commençai à le déplacer. Il était lourd, très lourd, pour moi toute seule, mais Abdel ne pouvait pas venir m’aider. Les pieds de l’armoire grinçaient et laissaient des traces sur le parquet poussiéreux. Proche de la porte d’entrée, je lançai :

« Caleb, j’y vais ! »

Tant bien que mal, en me hissant dessus, je fis basculer l’armoire, qui tomba d’abord lentement puis, une fois hors de contrôle, s’écrasa lourdement et rapidement sur le sol. A quelques centimètres des pieds de mon sauveur. Cette garde-robe était tellement longue que même tombée, elle m’arrivait à la poitrine –même si je n’étais pas très grande. J’attendis que mon compagnon se bouge pour pouvoir coincer comme il le fallait la porte. Les walkers auraient bien difficile, même en nombre, à bouger cette armoire. Je soupirai de soulagement.

« Merci… merci beaucoup… et désolée pour tes pieds. »

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Lun 3 Juil - 20:30

Je la vois manœuvrer une espèce de grosse penderie en bois. Le genre de truc mastard qu’on ne bouge pas souvent vu le poids. D’ailleurs, la gravité fait l’essentiel du travail, même si Alyana use de toute sa force pour réussir à la bouger. Il s’en était fallu de peu que j’y perde un pied. Et elle recommençait avec ce prénom. Elle m’appelait déjà comme ceci, à l’époque. « Je… Ne m’appelle… Pas… Caleb ! » dis-je en maintenant la porte. Puis voyant qu’elle était prête à bloquer cette dernière, je fis une roulade par-dessus le meuble pour me placer derrière et l’aider à le pousser. D’un effort commun, on parvint barricader l’entrée. Restant assis, adossé au flanc du meuble, je reprenais mon souffle en ajoutant « Pour la énième fois… Je m’appelle Abel. » Je la regarde en souriant et ajoute « De rien, et t’en fais pas. Mes pieds vont bien. » Je finis par rire et en me relevant, je pu sentir la douleur ventrale. Vestige d’une blessure par balle, continuant à me torturer de temps à autres, lorsque je fais un effort.

Je me tiens au niveau de ma plaie et essuie mon front du peu de sueur qui avait perlé sur ce dernier. Je parviens à sa hauteur et me rend compte qu’elle aussi est un vestige de mon passé. Même si nous nous connaissions peu à l’époque, le contact passait bien malgré tout. Je glisse mon bras autour de sa nuque et la serre contre moi. J’en avais simplement besoin : serrer dans mes bras un part des temps anciens. « C’est bon de retrouver un visage familier… » dis-je, en la relâchant après l’accolade. Je me mis en quête de rassembler mes armes et de les ranger. « On dirait bien que l’endroit est désert. Et pillé qui plus est. Il n’y a plus l’air d’y avoir une goutte d’alcool ni une once de nourriture. Quelle chiotte. Se retrouver piéger dans un rade où l’on peut même pas picoler » finis-je en riant. C’était plus nerveux qu’autre chose, mais c’était ma façon de gérer le stress après-tout.

Je me tourne vers le lustre. La luminosité qui parvenait dans ce taudis était tel qu’on aurait cru que les lumières étaient allumées. Mais non, des fenêtres disposées çà et là, et hors d’atteinte des morts, permettaient qu’on y voit clair sans allumer quoi que ce soit.


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Ven 7 Juil - 20:22

Ah oui, c’était vrai : Caleb s’appelait Abel. Cette fois, je ferais l’effort de le retenir, surtout que j’avais manqué de faire de ses pieds une bouillie sans nom. Mais mon ancienne connaissance ne sembla pas s’en formaliser, car il me lança un merveilleux sourire et me rassura à propos de ses membres inférieurs.
Je ne pus m’empêcher de lui rendre son sourire, tandis qu’il se relevait. Sourire qui se fana quand je remarquai un léger tic douloureux sur son visage barbu. D’ailleurs, Abel se tenait le flanc. S’était-il blessé ? Ou pire, avait-il été mordu ? Je ne pus lui poser la question : sans crier gare, il enroula doucement son bras autour de ma nuque et me prit contre lui. D’un coup, les émotions me submergèrent. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et mon estomac se noua de bonheur. J’étais contente d’avoir un peu de contact humain. Je voulus passer mes bras autour de lui, mais déjà, Abel rompit le contact. Pour lui, c’était bon de retrouver un visage familier. Pour moi, c’était encore mieux que bon. Je baissai la tête, souriant à nouveau, mais d’un sourire triste. J’avais été tellement seule, pendant tellement longtemps.
Abel commença à rassembler ses affaires, tandis qu’il se plaignait qu’on se soit retrouvé dans un endroit totalement désert, avec rien comme alcool ou nourriture. On n’allait même pas pouvoir boire un coup.

« Tu ne te rends pas compte à quel point ça me fait du bien, de revoir quelqu’un du passé. J’ai parfois l’impression que ce passé n’a jamais existé. »

C’était en effet parfois ce que je me disais. La seule chose qui me retenait encore à mon passé était Emperador, et mon vieux smartphone, dans lequel était stocké les messages de Seb. A mon tour, je regardai autour de nous : il n’y avait rien, à part des bouteilles vides sur les étagères du bar.

« C’est dommage ouais… on aurait pu fêter nos retrouvailles. », lançai-je dans le ton de l’humour.

Mais tout d’un coup, une idée me vint à l’esprit. Il devait certainement y avoir une réserve, dans laquelle ils stockaient des bouteilles neuves, ainsi que des chips et autres trucs. Je me rappelai qu’à côté des toilettes, il y avait une porte « PRIVÉ ». Evidemment, je n’y avais jamais mis les pieds. Mais peut-être allions-nous trouver notre bonheur derrière cette porte.

« Si tu es sérieux… peut-être qu’il y a un endroit où il y a encore de l’alcool. »

En même temps, nous n’avions pas grand-chose d’autre à faire que de chercher de la boisson, en attendant que les Walkers s’éloignent du Pub. L’idée de boire un coup ne me dérangeait d’ailleurs pas du tout : on allait pouvoir se raconter nos –passionnantes- vies, tout en sentent l’ivresse nous atteindre. Maintenant, j’étais parfois stupide, une fois de l’alcool dans le sang ; je ne voulais pas que l’idée d’aller buter tous les monstres de la rue me gagne. Ce serait con, quand même.
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Lun 10 Juil - 10:48

Alyana, qui avait l’air d’avoir du mal à me remettre, semblait toutefois contente de l’accolade que je lui avais offerte. Je n’avais jamais trop été démonstration d’affection par le passé, mais une année à survivre avec Clarice m’avait changé. Cette petite avait régulièrement besoin de sa dose de câlinerie. Comment ne pas s’en accommoder ? Je comprenais que ça lui fasse du bien. Qui cela gênerait-il de croiser une connaissance rattachée à son passé ? Bon… En dehors des maniaco-dépressifs qui ne supportent pas la pression de la survie ? Je ne réponds que par un sourire. Ça n’a jamais été mon fort de faire le point sur une situation humaine. Premièrement parce que je suis pas un exemple en termes de relationnel, secondement parce que je fais partie de cette caste qui ne s’étalent pas sur leurs ressentis mais préfèrent les actes aux paroles. Je souligne le manque d’alcool et même elle en rajoute une couche jusqu’à ce qu’une idée semble l’atteindre. Lorsqu’elle me parle d’un endroit où y en a sûrement, en me désignant une porte « privé », l’espoir renaît.

Je m’approche de la porte et tente de l’ouvrir. Bien entendu, c’est fermé. Ç’aurait été trop facile. Je me recule un peu en faisant signe à Alyana de faire de même. « Je vais tenter quelque chose… » Je donne un coup de pied dans la clenche qui, dans un bruit sourd, s’enfonce dans le bois de la porte. J’avais espéré que la partie du loquet reste enfiché dans la porte et le restant s’ouvre en grand. Je me recule à nouveau et donne cette fois-ci un coup d’épaule en plein milieu de la porte. Là c’est la bonne ! Je ne peux freiner ma course tandis que l’accès s’ouvre en grand. J’atterris contre une pile de fut en métal et tombe en arrière, sonné. J’ouvre les yeux et me masse le front tout en essayant de distinguer quoique ce soit dans cette noirceur. Le temps que mes yeux s’adaptent sans doute. Je me redresse un peu et regarde vers Alyana, annonçant fièrement « C’est ouvert ! » Je lui adresse mon sourire de fierté lorsqu’un mort sort de l’ombre et tombe sur mes jambes.

Je me recule en le repoussant avec mon talon, lui donnant quelques coups dans le visage pour l’empêcher de me mordre. J’essaye de préserver ma position pour avoir le plus d’appui possible et bénéficier de la force nécessaire pour le repousser. Cela inclut forcément que je ne parviens nullement à attraper mes armes. « Alyana ! Un coup de main serait le bienvenu ! » dis-je en maintenant mes effort pour maintenir la dentition du rôdeur éloignée.


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Lun 17 Juil - 21:30

Abel aussi, avait l’air content de me revoir. Rien que cette accolade amicale nous avait fait du bien, à tous les deux. Peut-être était-il aussi seul que moi. Déjà, je m’imaginais un compagnon pour les jours, les semaines à venir. Mais je chassai rapidement cette idée de ma tête : j’étais habituée à mon petit train-train quotidien. Seule. Finalement, est-ce que j’aurais été capable de supporter Seb ? Surement que oui. Mais quelqu’un d’autre ? … Bon ok, surement que oui aussi. Surtout quelqu’un comme Abel. Après tout, il était sympa, intelligent et fort.

Ensuite, nous divaguâmes à propos de l’alcool. Il nous en aurait fallu un petit shot, en attendant que la rue soit à nouveau déserte. Pendant quelques instants, je fus déçue de ne pas pouvoir boire un coup. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas bu autre chose que de l’eau. A dire vrai, même un verre de coca m’aurait fait du bien.
Soudain, le souvenir d’une porte, qui menait surement à la réserve du pub, me percuta l’esprit et j’en fis part à mon ami. Après un regard entendu, nous nous dirigeâmes vers les toilettes. A côté de la porte menant aux W.C., il y avait bien l’autre, d’un vieux vert kaki, sur laquelle il était noté « Privé ». Je jubilai d’impatience. Avant même que j’essaye d’ouvrir l’entrée du Saint Graal, Abel essaya. Fermée. Evidemment, ça aurait été étonnant que tout soit aussi simple.
Je me retournai déjà, dans le but d’essayer de trouver de quoi crocheter la serrure ou carrément défoncer la porte. J’entendis alors Abel dire qu’il allait essayer quelque chose. Je lui jetai un regard et le vis lancer un énorme coup de pied dans la clenche. Un bruit sourd retentit, mais rien ne s’ouvrit. Quant à moi, je continuai mes recherches, retournant dans le pub. Mis à part de vieilles bouteilles et de vieilles chaises, il n’y avait pas grand-chose. Rien d’utile pour notre quête, en tous cas.
Soudain, j’entendis la porte s’ouvrir dans un craquement. Abel me le confirma, la voix teintée d’enthousiasme. J’eus à peine le temps de me tourner vers lui et de lui rendre son sourire, qu’un walker vint se jeter sur lui. Après quelques coups de poings inutiles mais bien placés, mon ami me demanda de l’aide.

Ma main sur mon sabre, j’étais justement prête à le dégainer. Une fraction de seconde à peine après sa demande, ma lame transperça le crâne chauve du monstre, d’un tympan à l’autre.
Le walker –qui n’était autre que l’ancien barman- s’écroula à nos pieds. Pour une fois, j’avais gardé mon calme. Peut-être était-ce dû au fait que dans un coin de mon esprit, j’avais prévu une attaque. Après tout, le lieu était bien trop calme pour qu’il ne s’y passe rien.

« Eh… l’alcool nuit gravement à la santé. », dis-je en lançant un regard à Abel.

Un sourire en coin se dessina sur mon visage. Lentement, je passai devant et m’engouffrai dans l’espace privé. Il y faisait sombre, mais je n’entendais plus les grondements d’un quelconque marcheur. Je sortis alors mon zippo et l’allumai.
La pièce était de taille moyenne. A la lumière de ma flamme, on pouvait distinguer les murs, qui étaient décorés d’une multitude de bouteilles d’alcools en tous genres, posant sur des étagères. Dessous, il y avait plusieurs caisses en carton. Je ne savais pas encore ce qu’elles refermaient, mais il y avait fort à parier que c’étaient des chips et autres bouteilles d’alcool. Aussi, il y avait un vieux canapé et une petite table basse. A première vue, c’était un peu la salle de repos.

« Je pense qu’on a gagné le gros lot ! »

Je me tournai vers Abel, le regard très certainement rempli d’étoiles, sachant à peine contenir mon excitation. Bon par contre, le zippo n’était pas le top pour nous éclairer. Sans compter que l’essence était précieuse et que je n’aimais pas le recharger trop souvent.
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Mer 19 Juil - 17:37

Sans l’aide d’Alyana, ce rôdeur aurait fini par avoir raison de moi. Bon. Je serais peut-être parvenu à reprendre le dessus, mais avec un bon taux de fatigue. Je me relève, couvert du sang du cadavre. Je retire ce qui a pu s’extraire du crâne pendant cette mise à mort du revers de la main. « Bien joué ma grande ! » J’avise la pièce obscure. La remarque d’Alyana me fait sourire. Pendant qu’elle éclaire un peu avec son briquet, je sors la lampe de poche que j’ai obtenu grâce à un troque avec Leïa. On tombe sur un mur plein de bouteilles. Le gros lot c’est peu dire. Même si je pense qu’une seule de ces bouteilles nous suffira, je marque mentalement cet endroit sur une carte imaginaire. Il faudrait que je songe à revenir avec une bagnole par ici. J’en attrape une et l’éclaire. Du rhum. A en juger la quantité, il doit y avoir bien mieux. « Tu as une préférence ? » j’attendais sa réponse tout en reposant la bouteille que je venais de trouver pour jeter mon désir sur une autre demoiselle de verre. Un whisky 12 ans d’âge. Mes yeux doivent être plein d’étoiles. Je l’attrape et la regarde comme un chien battu. Je songeais en cet instant que s’il m’en restait, je le garderai précieusement. J’espérais que l’on en prenne une chacune même, pour être sûr de ne pas en perdre une goutte. Je l’avise. Elle a fait son choix elle aussi. « Retournons dans le bar. On y sera plus à l’aise. »

Nous sortons de l’arrière-boutique, bouteilles en mains. Je passe de l’autre côté du comptoir et extirpe deux verres en bon état et pas trop poussiéreux des étagères. Je pose le sien devant elle, et souffle dans le mien avant de me servir un verre généreux mais respectant les doses. Il ne faudrait pas abuser. Je n’ai plus picoler de la sorte depuis presque deux ans. Cette portion devrait déjà pas mal me secouer. Je lève mon verre pour trinquer avec le sien et annonce « A la tienne ma douce ! » Je lui accorde un clin d’œil et avale une lampée. Ça m’avait manqué de ne pas sentir cette sensation de brulure dans la gorge. Mon estomac se contracte tant le plaisir est immense. La bouche en feu à chaque inspiration, je grimace et lâche un « Bordel. C’est tellement bon ! Le whisky m’avait manqué… » Une expression de satisfaction anime mon visage. J’observe le silence un instant repensant à ces soirées où je baignais littéralement dans l’alcool. Mon regard se porte sur Alyana. « Je pense qu’on a encore du temps à tuer. » prévenais-je en entendant les bruits des rôdeurs aux portes du bar. « Alors… ça se passe comment pour toi ? Tu gère avec tout ce bordel ? Je veux dire… Pas trop de pertes de ton côté ? » C’était devenu monnaie courante. La vie était un deuil permanent.

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