À l'aube du troisième jour Ft. Alair



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Dim 4 Juin - 9:33

Le troisième jour, je ne sais pas si c'est cette trinité qui me poursuit depuis que Johan et ses compagnons m'ont agressé mais il m'a fallu une journée pour récupérer de mon assassinat, toute une journée à vomir et pleurer, avant de finalement contacter Doc via le talkie-walkie pour lui donner rendez-vous ici, aujourd'hui, à l'aube. Je sais que la journée ne sera pas facile, mais je me sens prête et j'aurai Alair à mes côtés.

J'ai retrouvé la cabane il y a deux semaines pendant une de mes sorties. Au début, je n'étais pas sûre mais la corde accrochée à une poutre au plafond et le sac de toile au sol m'ont retiré mes doutes. Je n'ai pas retrouvé le corps de Luke, je sais seulement où se trouve sa tête et je n'ose plus m'approcher de la maison seule. C'est pour ça que je suis restée sur la route, droite comme un i à côté de ma moto en attendant l'homme qui m'a offert la vie une seconde fois.

Finalement, un moteur commence à murmurer dans l'air avant que je n'aperçoive la jeep de mon anglais préféré approcher en laissant d'épaisses traces dans la neige à côté de la ligne de mes roues.
J'attends qu'il descende de son véhicule avant de me jeter contre lui et de le serrer dans mes bras. C'est la première fois que nous nous revoyons depuis son départ de la bibliothèques et même s'il m'a assuré que ce n'était pas directement contre moi qu'était énervée Amanda, je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir pour l'avoir forcé à quitter la sécurité du camp.
Malgré tout, il est là ce matin et rien n'aurait pu me faire plus plaisir.

- Merci d'être venu Doc. Je crois que... je vais avoir besoin de vous.

Aussi surprenant que cela paraisse, Alair ne m'a jamais tutoyé même quand j'ai essayé de le forcer lors de notre première rencontre. Du coup, je me suis habituée à cette distance naturelle qu'il place entre lui et les gens et ai accepté de le vouvoyer malgré l'importance qu'il a pour moi. Je finis par le relâcher et me plante en face de lui, mon expression faciale partagée entre l'envie de pleurer mon frère et le sourire qui me vient en revoyant mon père adoptif. L'envie de l'informer des derniers événements est trop forte et il doit se demander pourquoi je l'ai fait venir ici.

- Je suis tombée sur Nick il y a un bon mois. J'ai reconnu sa voix, un de ceux qui ont tué mon frère. J'ai retrouvé les deux autres cette semaine.

L'évidente question du docteur est devancée par mon besoin de me confier.

- Je les ai tué Doc. Vidé de leur sang. Jusqu'au dernier.

Chacune de mes pseudo-phrase est séparée d'une brève inspiration. J'ai du mal à garder mon calme et je frôle encore la crise de panique en repensant à ce que j'ai fait, notamment le supplice de l'aigle de sang sur Johan.

- Ils ont souffert, suffisamment, Barry et Lyuba m'ont aidé.

Il n'aime pas Lyuba, en fait, j'ai du mal à déterminé s'il ne l'aime pas ou s'il la déteste purement et tout simplement. Mais dans les deux cas, je m'attends à voir ses sourcils froncer à l'énonciation de ma partenaire.

- J'en n'ai pas fini avec ça. Je vois encore mon frère dans mes rêves, il n'est pas en paix. Pas encore.

Je commence alors à marcher en direction de la cabane, lui faisant signe de m'accompagner tout en reprenant la parole.

- C'est la cabane dont je vous ai parlé à mon arrivé à la librairie. Je l'ai retrouvée. Il y a... Il y a... Il y a encore la tête de Luke sur le chemin. J'aimerais l'enterrer.

C'est assez compliqué comme situation et je sais pertinemment que je lui demande aussi de m'aider à enterrer ma vie d'avant, les souvenirs de mes parents, de mon frère, de toutes ces personnes qui sont mortes désormais. Est-ce que j'ai raison de garder mon harmonica ? Je la sens dans la poche intérieure de mon blouson qui se balance au rythme de mes pas. Oui, mon père me l'a donné mais j'ai appris moi-même à m'en servir et c'est la mienne.

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Alair Wakeman
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Mer 7 Juin - 14:43


Leïa


À l'aube du troisième jour
Je ne peux m’empêcher de grimacer en lisant mon compte-rendu de la liste exhaustive des médicaments qui se trouvent dans ma pharmacie. Bonté divine j’ai pu tout noter sur un post-in jaune. Et encore j’ai de la place au bas de la feuille. C’est vrai que je peux faire une délicate opération cardiaque en baillant d’ennui, mais je n’accepte aucunement que les autres courent tous les risques sans moi. Je sais que je ne suis plus de la première jeunesse, mais je peux encore apprendre à ces jeunots sur des domaines autres que l’escrime et la médecine. J’ai plusieurs autres connaissances diverses et polyvalentes. Par exemple, qui d’autre que moi peut produire un thé à la perfection? D’avoir le doigté nécessaire pour emmener une dame vers des sommets d’humidité rarement égalée que la jeunesse dorée ne pourrait jamais concevoir? Je pêche par l’orgueil je le sais bien, mais à l’université d’Oxford on me surnommait la « Longue et Dure » pour des raisons précises. Je peux juste vous certifier que ce n’était pas que juste pour mes exploits à l’escrime ce charmant sobriquet. Enfin bref, mes heures de gloire sont malheureusement du passé si volage. Car voyez-vous je me vois mal frayer avec des jeunes femmes à mon âge. Le civisme et mon côté gentlemen m’en empêchent. Donc je vais tenir la chandelle pour les couples et au besoin être un précepteur pour la bagatelle envers les quelques hommes présents.

Je suis perdu dans d’agréables songes, heureux de me retrouver avec ma féline dans ce lieu plus ou moins sûr, quand le bip strident de la radio accrocher à ma ceinture se fait entendre. Heureusement que ma chère Amanda n’est pas avec moi, car je sens qu’elle grognera doucement. L’animosité entre ma fille adoptive et la blonde amazone est palpable. Je décroche l’appareil qui repose près de ma rapière et je signale ma présence comme le ferait un lecteur de nouvelles de la BBC. Elle me demande de la rejoindre à un endroit. Je ne peux d’accepter sa demande avec tact et flegme. Pour être sûr, je lui demande l’itinéraire. Je me vois mal essayer de demander ma route à un garagiste infecté. Sans une ni deux, j’attrape mon sac à dos d’infirmier de campagne et je saute littéralement dans mon véhicule de transport.

Le trajet est supposément court, mais vu l’état de la chaussée combiné aux véhicules abandonnés ici et là, nous arrivons d’après une trentaine de minutes. Bonté divine que les Yankees sont peu soucieux des autres gens. J’ose espérer qu’en Angleterre si l’Apocalypse avait lieu, les Britanniques auront gardé leurs sang-froid et démontré plus de flegme que ces Américains. Les voitures auraient été stationnées en ordre pour permettre une fluidité dans le transport. Les cannibales transformés auraient eu la bonté de déambuler sur le trottoir de manière civilisé. Et non comme ces Yankees qui marchent n’importe où. Mais je dois leur laisser la chance, la transformation doit leur avoir enlevé une certaine capacité intellectuelle et déjà qu’ils n’étaient pas gardés par la nature. Je ne peux m’empêcher de sourire au travers de ma barbe taillée avec soin. Au moins, la classe est présente dans mon véhicule. Un air d’opéra sort des haut-parleurs et naturellement je suis le civisme incarné. Le flegme et le stoïque jumeler pour être un digne représentant de Sa Majesté.

Je stationne enfin ma calèche royale, je surnomme mon jeep de cette manière pour provoquer un amusement, près de la moto de ma fille adoptive. Je sors dignement de mon véhicule et nonchalamment je piétine la neige vers ma chère Leïa. Ma démarche droite et fière est ponctuée par le claquement métallique de ma canne sur le bitume. Bien le bonjour ma … Ouf… Bonté divine! Celle que je surnomme affectueusement ma fille adoptive me fait une étreinte digne d’un ours. Mais je ne peux m’empêcher de sourire avec douceur et apaisement quand je lui prodigue une douce étreinte remplit de chaleur et de réconfort. Elle semble exténuer, perturbé, presque le cœur sur le bord des lèvres. Je serais toujours là pour vous ma chère Leïa. Je suis heureux de vous voir en si bonne santé. Et c’est alors qu’elle m’avoue ce qu’elle a fait depuis mon départ. Ma foi c’était certes productif, mais la vengeance laisse toujours un goût amer en bouche. Au nom de son amante, je ne peux m’empêcher de froisser mes sourcils broussailleux. J’ai cette femme, si on peut la considérer comme une dame, en horreur. Mais je laisse mes ressentiments de côté pour calmer la jeune femme. Je dépose mes mains sur ses épaules avec un geste tout à fait paternel. Mon ton lent, chantant, apaisant et agréable à l’oreille selon plusieurs Yankees. Nous allons mettre en terre votre frère ma fille. Ensuite nous allons discuter pour vous aider à vous exor…

Bonté divine! On ne peut avoir la paix et discuter sans qu'un de ces gémissements de faim n'arrive au mauvais moment? Comme de raison un cannibale putride décide m’interrompre. Je ne peux m’empêcher de songer que c’est un goujat et qu’il a besoin d’une dose de savoir-vivre. Leçon que je me décide de lui prodiguer gratuitement et de manière généreuse. Je vous prie de m’excuser ma chère. Je pivote le pommeau de ma canne pour en dévoiler la longue lame à l’intérieur. D’un mouvement fluide et élégant, j’en extrais la dureté d’acier de sa gaine d’acajou. Je me place en garde et d’un geste vif, défiant l’œil humain par la rapidité, je pénètre la pointe de l’épée dans l’orbite blanchâtre de l’effronté cadavérique. Œil, matière grise et même os, tout est transpercé avec la même facilité qu’un gant de nitrile couvert de lubrifiant peut lisser en explorant les zones sensibles de l’anatomie. Zone dont la lumière naturelle ne se rend jamais. Après cette petite comparaison médicale des plus judicieuses et comique, je dégage ma lame de ma victime de l’heure. J’espère que ç’a été aussi bon pour vous que pour moi mon cher ami. Et voilà l’humour pince-sans-rire qui me caractérise si bien. Je me replace alors devant ma chère Leïa pour lui parler avec douceur. Je porte ma main à ma barbe poivre et sel taillé avec soin. Comme je le disais avant d’être si grossièrement interrompu, nous allons chasser ces démons qui vous hante. Après vos adieux en bonne et dû forme, vous allez vous sentir délivrer d’un poids immense. Dans un premier temps nous allons faire face à la dépouille de votre frère pour lui donner une sépulture décente. Galamment je lui tends le bras dans une attitude toute gentleman et remplis d’une classe que peu dispose. Puis-je être votre cavalier pour cette quête gente dame?


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Ven 9 Juin - 9:03

Doc est toujours aussi prévenant et je le laisse nous débarrasser du mort égaré avant de m'accrocher à son bras, prenant plus d'appuis qu'à la normale dessus. Je supporte mal de revenir ici et maintenant que je suis sûre que c'est bien c'est endroit, chaque pas pour s'y rendre est plus lourd que le précédent. J'en viens même à me demander si je ne risque pas de m'évanouir en continuant d'avancer mais la cadence de mon père adoptif se fait régulière et silencieusement, il m'intime de poursuivre.

- Merci de m'accompagner. J'avais besoin de votre soutien aujourd'hui.

Car même si Barry et Lyuba m'ont apporté une aide incontournable pour ce qui consistait à retrouver et tuer mes anciens tortionnaires avant de me faire oublier ce que j'avais fait, c'est Alair qui a toujours incarné cet aspect familial des relations qui m'ont poussé à le respecter au plus haut point. Nous marchons avant que je ne m'arrête d'un coup.

- On ne devrait pl... Oh non !

Je lève le doigt en direction du tronc d'arbre et de la tête de Luke posée dessus alors que le chagrin brouille instantanément ma voix tandis que de grosses larmes coulent de mes yeux.

- C'est là... Il est là... Je peux pas Doc !

J'essaie de me dégager de son bras mais il me serre avec une force suffisamment puissant pour m'obliger à rester et je tombe finalement à genoux devant ce qu'il reste de mon frère jumeau, celui avec qui j'ai partagé vingt-cinq ans de ma vie avant qu'il ne soit égorgé devant moi. Tous mes muscles m'ont abandonné et je me retrouve désarmée devant la tête décapitée dont les yeux encore activés par le virus dans son cerveau me suivent du regard. Je n'en peux plus, mes fesses reposent contre mes pieds, mes épaules en avant et les mains traînant sur le sol encore frais du sous-bois.

- Je peux pas. Je peux pas. Je peux pas...

Et cette phrase qui se répète inlassablement dans ma tête pour bien me faire comprendre que quoi que je fasse, mon frère ne reviendra jamais. Il ne me sourira plus jamais et ne me défendra plus à n'importe quel prix. Si Alair n'était pas debout à côté de moi, je serais probablement en train de ramper par-terre en pleurant avant de me réfugier dans un trou pour me remettre de ma peine de la même façon que lors de mon premier passage dans cet endroit maudit. Je relève la tête et regarde Alair, les larmes coulant à flots le long de mes joues pour humidifier la terre et n'importe quoi se trouvant dans leur périmètre d’atterrissage. C'est avec une voix chevrotante que je m'adresse à nouveau à lui.

- Je les ai tous tué, jusqu'au dernier. Pourquoi je ne peux toujours pas ?

J'ai beau essayé, il n'y a qu'Alair qui pourra me faire avancer. J'ai besoin d'un guide et par moi-même, je ne suis pas capable d'approcher assez de cette tête pour la tenir et la mettre en terre. Je supplie le docteur du regard, les yeux brillants de larmes et le corps assaillis de soubresauts rythmés par mes pleurs.

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Alair Wakeman
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Dim 11 Juin - 15:29


Leïa


À l'aube du troisième jour
C’est au détour d’un coude du sentier de neige que ma fille s’effondre en pleur. Je peux la comprendre d’être sous le choc. Heureusement que j’ai du sang anglais qui me coule dans les veines et qui me procure un sang-froid et une stoïque de bon escient. Rajouter à ceci que je ne connais d’Adam ni d’Ève la tête picorer par les corbeaux donc l’œil rescapé voilé d’une cataracte blanchâtre semble espionner mes faits et gestes. De par l’ossature du visage et les traits, je sais d’avance que nous sommes devant ce qui reste du frère jumeau de ma fille adoptive. Le second œil semble presque fermer, mais je détecté un mouvement. La bouche dévoile des dents carrier qui claquent avec l’impatience d’un Yankee devant un monstrueux hambourgeois triple au bacon et cheddar. Dans un premier temps j’essaie de soutenir ma très chère Leïa et malgré moi je la suis au sol. Elle ressemble à une Madeleine qui pleure toutes les larmes. Elle me pose des questions et pour toutes réponses je la prends dans mes bras. Au diable la convenance et le protocole que je suis intiment lier. Je dépose son visage sur mon torse et je la laisse inonder mon manteau. Je la berce tout doucement, comme à une fillette qui vient de se réveiller en plein cauchemar. Ma voix est calme et reposante. Mon ton est noble, rechercher et surtout chanter comme les gens semblent friands des fidèles serviteurs de Sa Majesté.

Je suis là ma chère. Tout va bien aller. J’ai donné ma parole que je serais comme un père pour vous. J’essaie de faire un peu d’humour pince-sans-rire pour lui permettre de se ressaisir. Quand j’ai fait un serment, même le plus dur acier ne peut la rompre. Je ne suis pas comme les infrastructures d’ici qui s’effondre au premier coup de vent, plutôt comme Big Ben qui va continuer à donner l’heure pour qu’aucun ne soit en retard pour le thé. Je lui prends alors les épaules je colle mon front au sien. Regarder-moi dans les yeux ma chère. Elle semble plonger littéralement dans mon regard d’acier bleuté. À cet instant je pourrais être l’œil du cyclone, un vent apaisant et surtout réconfortant. Quand vous allez vous ressaisir et moucher un bon coup, je vais vous expliquer ma vision de votre détresse. Je lui tends un mouchoir que j’ai pêché dans ma poche de manteau je la laisse se placer confortablement sur mon torse. Mon cœur bat avec régularité et douceur. Une véritable horlogerie suisse.

Voilà c’est bien. Ça va mieux? Je la berce avec une tendresse paternelle. Moi qui est surement père quelques fois sans s le savoir de par mon passé libertin, je découvre cette joie d’être une figure paternel par celle que je surnomme avec honneur ma fille adoptive. Vous avez chassé les trois pourritures qui vous ont causé du tort et dans votre situation j’aurai fait de même. Je lui flatte les cheveux avec sollicitude. Vous avez rejeté votre peine, votre colère sur eux. Mais votre amour pour votre frère est toujours là et le sera toujours ma chère. Vous pensiez que tuer ces hommes allait alléger votre souffrance, mais ce n'est pas tout. Je plonge mon regard dans le sien pour lui faire comprendre l’importance de mes paroles. Maintenant c’est le temps de communier votre détresse en adieu et en soulagement. Car votre frère ne peut plus souffrir. Il doit être libérer de son fardeau, comme vous devez être libérer de votre tristesse. Je lui fais un petit sourire encourageant. Maintenant quand vous serez prête, nous allons nous lever tout en douceur. Ensuite vous allez parler avec l’esprit, pas la tête, de votre frère. Lui expliquer tout ce qui vous pèse sur le cœur et libérer votre âme. Je lui fais don d’un sourire compatissant. Il ne faut pas vivre avec des fantômes dans nos rêves et dans nos vies. On doit faire la paix avec notre passé pour continuer à avancer vers l’avenir. Je la serre tendrement dans mes bras et je laisse le flegme Britannique m'envahir. Je vais faire cette action avec vous. Vous soutenir et être votre pillier si vous le désirez.



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Lun 12 Juin - 6:24

- J'ai...

Aucun mot ne veut sortir et le docteur s'accroupit pour se mettre à ma hauteur et je colle ma tête contre son torse, me vidant de toute l'eau de mon corps sous forme de larmes. Je ne pensais pas être capable de pleurer autant et lorsque je redresse un peu la tête contre le docteur pour regarder Luke, je suis incapable de le percevoir à travers ma vision brouillée par les larmes.
D'un geste de la manche, j'essuie mes yeux et écoute le docteur. Au fur et à mesure qu'il parle, je m'accroche à lui, un pilier dites-vous ? Je m'appuie abondamment sur le docteur pour éviter de m'effondrer encore plus et pleurer en position latérale de sécurité dans la neige.

Finalement, je lève les yeux pour chercher du réconfort dans son regard mais il est toujours assez distant, il n'est pas anglais pour rien. Mais ça me convient très bien et au moins, contrairement à moi, il parle encore.
Avec son aide, je me relève finalement sur deux jambes encore tremblantes et enfile mes gants de moto avant de prendre la tête de Luke entre mes mains pour la déposer, droite, au sol. Qu'est-ce que je suis sensée faire ? Finalement, je m'assied en tailleur en fixant le regard mort de Luke dans les yeux et attrape la main d'Alair pour la tenir comme pour me rappeler d'où je suis.

- Je... n'ai jamais été vraiment bavarde.

Le besoin de me confier est quand même plus fort et avec la voix tremblante, je commence à raconter mon bal de promo au docteur.

- À la fin de ma maîtrise, il y avait un grand bal pour tous les finissants de la faculté. Un type m'a agressé parce que j'avais couché avec sa copine je crois et ma mit une gifle. Quand il a vu ça... - je tourne un instant mon regard vers la tête de Luke - Il a foncé sur ce mec sans même chercher à comprendre et l'a étendu.

Je suis prise d'un sursaut et je termine en sanglotant.

- Il m'a toujours protégé, c'était mon repère. Il me tenait dans ses bras avant même de naître et dans mes plus vieux souvenirs, il a toujours été là.

Ce n'était pas comme mes parents, je les ai aimé, autant qu'on peut aimer quelqu'un, mais Luke c'était différent. Luke c'était à la fois mon frère, mon meilleur ami, mon confident et même si nos parents ne l'ont jamais sur, mon wing-men dans les bars.

- Notre équipe était faite pour gagner.

C'est dur de dire adieu à vingt-cinq ans de ma vie. Un quart de siècle enterré à cause de trois connards. Maintenant, je me dis que l'aigle de sang n'était probablement pas assez, mais on ne revient pas en arrière. Je fixe toujours le docteur dans les yeux et des larmes coulent sur mes joues quand je réalise que je suis tout simplement incapable de mettre fin à la vie de mon frère même après sa transformation. D'un geste expert, j'ai dégainé mon couteau mais il est retombé aussi sec dans la neige. Mon corps refuse d'avancer pour cet ordre.
C'est trop difficile et je serre la main d'Alair, le suppliant du regard, probablement que ça serait plus facile pour lui. Mais finalement, ma main redécolle de la neige et je me mets à genoux devant Luke.

Je ne vois pas très bien où je vise, les larmes sont trop importantes pour que je puisse discerner le regard de mon jumeau mais ça m'aide. D'un geste sec, j'abats la pointe sur le dessus du front et l'enfonce en hurlant de douleur. J'ai l'impression de planter le poignard dans mon propre corps et je m'effondre, tombant sur mes coudes, le front contre la neige froide. Je ne peux cesser de pleurer, la mâchoire de Luke a cessé de claquer, il est définitivement parti.

Incapable de bouger, je ne pourrais même pas dire si Alair est encore à mes côtés, je suis juste capable de pleurer et d'extérioriser de cette manière toute la détresse que je ressens. Mes mains agrippent la neige comme si j'allais reformer mon frère à partir de ça et je sens mes ongles racler la terre, sans trouver la main de mon frère qui m'aurait été tendue dans n'importe quelle situation, apocalypse ou pas.

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Alair Wakeman
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Mer 14 Juin - 14:54


Leïa


À l'aube du troisième jour
Je ne peux m’empêcher de ressentir une sorte de fierté, une reconnaissance même, envers la force de caractère de ma fille adoptive. Elle venait de retrouver une certaine contenance, un sang-froid qui aurait fait honneur à la Reine Élisabeth elle-même. Je la serre dans mes bras, source de réconfort et aussi de civisme des plus élaboré pour un gentilhomme de mon espèce. La voix chancelante, chevrotante en fait, de ma chère Leïa m’emmène dans son passé et je peux me figurer facilement la relation d’amour et de complicité qu’elle avait avec son jumeau. Un bal où un malotru ose agresser une jeune femme pour un affront qui aurait pu passer par une médiation. Un jeune homme défendant l’honneur de sa sœur en agissant selon l’acte et se souciant autant des conséquences que de son premier mouchoir qui a servi à recueillir le résultat d’un Dieu seul me voit.

Elle sort une lame de la même manière fluide et efficace, la même technique que j’utilise depuis de si nombreuses années en fait. La tête grimaçante et gesticulante de feu son frère s’active de plus en plus, comme si une mince lueur de conscience l’avertissait de sa fin imminente. Je crois personnellement que ce crâne infecté semble plus dégourdis que bien des Yankees que j’ai rencontré depuis mon arrivé. Mais je m’égare complètement et mon regard d’acier bleuté note avec tristesse le désespoir de la jeune femme. Je songe à intervenir un instant, planter l’acier de ma lame dans la boîte crânienne pour préserver la chair de Leïa des dents porteuse de la maladie cannibalisme.

Mais je n’ai pas le temps d’agir qu’une frénésie arrache-cœur s’élève de ma protégée. Elle poignarde à multiples reprises ce qui reste de son frère jumeau et j’ai peur pendant un court instant qu’elle retourne son arme contre elle. Mais elle laisse tomber le couteau couvert de fluides noirâtres peu ragoutant pour ma plus grande joie. Bonheur que je ne laisse pas s’exprimer par mon stoïque et mon flegme tout Britannique bien entendu. Alors que ma chère Leïa creusait la neige dans sa peine, je décidai de me coucher à même le sol pour lui procurer réconfort et présence paternel. Je passe un bras autour de sa taille pour l’immobiliser et je commence à lui chantonner des chants de pub de mon pays bien-aimée. La mélodie est des fois mélancolique, douce et tendre comme mon affection envers ma fille adoptive. De ma main libre je caresse sa chevelure. Le froid pénètre sans ma permission mes os et je sens que je vais en baver pour les prochains jours côté rhumatisme. Mais peu importe, pour l’instant je dois être une présence solide et réconfortante. Quand la crise de sanglots semble se dissiper, je prends la parole de ma voix apaisante et calme. Voilà c’est fini. Luke ne souffre plus. Ma chère Leïa, il me semble que votre frère était un digne gentilhomme. Il voudra que vous souveniez de lui pour les moments heureux. Je l’embrasse sur le front comme le faisait mon père il y a des lustres de ça. Maintenant je veux que vous me promettiez qu’à chaque fois que vous ayez de la peine pour Luke, vous allez contre ce coup dur par un souvenir rigolo et tendre. C’est comme cela que j’ai pu passer par certaine étape de ma vie. Je me relève et je l’aide à se redresse comme un parfait gentilhomme. Maintenant c’est le temps des adieux. Nous allons mettre en terre les restes et comme cela nous pourrons faire un pas vers l’avant ensemble.



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Jeu 15 Juin - 9:42

Je n'en peux plus et lorsque je sens Alair me prendre dans ses bras et me maintenir suffisamment fermement pour m’immobiliser. C'est malheureux mais ça me rappelle la première fois que Barry m'a proposé de me battre contre lui et que mes émotions m'ont dépassé. Lui aussi avait été forcé de me bloquer de la sorte. Je reconnais son odeur et sa barbe contre mes cheveux. Il me parle à l'oreille pour me calmer et malgré ses efforts, le fait de bloquer mes muscles me donne des sueurs froides et je deviens aussi pâle qu'une morte, mon front perlant à grosses gouttes tandis que j'essaie d'intégrer ce que me dit mon père adoptif. Souvenirs heureux, plus de souffrances, enterrer.

- Merci Doc.

Exprimer ses sentiments a toujours été une activité dans laquelle je suis nulle. Sans sortir la tête de la neige, j'attrape sa main et la serre contre moi. Puis je me rappelle de ce dont il parlait.

- Il y a une pelle dans la cabane. Je vais rester ici.

Inutile de préciser comment je le sais. Il a soigné mes blessures, il devinera probablement tout seul de toute manière. Je sais qu'il n'est pas très enclin à me laisser toute seule dans ces conditions, au milieu du chemin enneigé et surtout complètement anéantie. Mais je préfère qu'il m'aide et je ne compte pas enterrer Luke très loin. Tant qu'il repose dans la région de Detroit. Je me redresse finalement pour me mettre à genoux avant de secouer la tête, faisant tomber la neige dans mes cheveux.

Je l'observe partir à la recherche de la dite pelle et lorsqu'il sort de mon champ de vision, je me retrouve seule avec la tête de mon frère. Je ne peux tout simplement pas le supporter et finalement, je file en douce jusqu'à la moto avant de revenir rapidement avec ma peau de loup sur les épaules. Au moins, je ne mourrai pas de froid durant l'enterrement. Doc revient avec l'outil en mains et dépose la tête dans un morceau de tissu avant que je ne lui fasse signe de me suivre. Je guide Alair jusqu'à l'endroit où nous avions caché la moto de mon jumeau. Je n'ai jamais amené personne ici mais quand j'ai retrouvé l'endroit, ça m'a fait chaud au coeur de retrouver le bijou de mon frère. Une fois la grosse cylindrée relevée sur la béquille et les branches retirés, je regarde son état mais tout a l'air d'aller plutôt bien pour la mécanique.

- Vous savez, ça l'aurait probablement tué une seconde fois s'il savait que sa moto prend la poussière au fond d'un bois. Si vous la voulez, ça me ferait plaisir, les clés sont dessus.

De l'extérieur, l'engin a l'air en état de rouler même si les pneus sont à plat, le réservoir intacte est probablement aussi sec que le Sahara et j'ose espérer que la rouille n'a pas attaqué les parties mécaniques comme elle a attaqué la carrosserie.

- Avec un peu de travail, elle pourrait rouler à nouveau...

Peu de travail est un euphémisme à côté de la tâche qui m'attends si je veux espérer la voir rouler à nouveau un jour. Je laisse Doc creuser un trou suffisamment profond et lui demande finalement de creuser encore un peu plus profond de peur que les animaux ne déterrent les restes de mon jumeau, je regrette l'absence de produits chimiques qui auraient pu les éloigner mais bon... Je suis soulagée qu'Alair soit présent, lorsqu'il me fixe de son seul et unique oeil, je me sens comme coupée du reste du monde et aider à parler de la moto m'aide à supporter ce que nous sommes en train de faire.

[HRP]Si tu veux la dite-moto, n'hésite pas à la prendre en boutique ! Sinon, Leïa la récupérera pour la remettre en état Wink Je n'ai jamais précisé la marque ou le modèle, juste que c'était une belle moto donc c'est à ta convenance Very Happy[/HRP]

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Ven 16 Juin - 14:30


Leïa


À l'aube du troisième jour
Bonté divine que je ne pensais jamais que j’allais apprécier le titre de père adoptif à ce point un de ces jours. Mais à cet instant, serrant avec douceur Leïa dans mes bras et l’aidant à franchir le gouffre incommensurable de la perte tragique de son frère, je me sens remplis d’allégresse. Un peu lors de la réussite d’une opération délicate ou bien de la fois où j’ai réussi l’exploit d’emmener à partager ma couche à des triplettes. Une nuit mémorable ou des images lubriques ne cesse de tourmenter mes songes. Mais je m’administre une claque mentale pour revenir à des sujets plus sérieux que des souvenirs forts agréables de ma vie de jeune libertin. Elle me serre la main en me disant merci. Je vous l’ai dit ma chère fille. Je serais toujours là pour vous. Mon ton calme et mon accent exotique que semble particulière aimer les Yankees est une de mes forces pour déployer mon charme Britannique. Je l’aide à se relever et mes deux yeux s’agrandissent alors de surprise quand elle me parle d’une pelle dans la remise. L’acier bleuté de mon regard se fait interrogateur et même suspicieux, peu désireux en fait de la laisser seule et aussi vulnérable qu’une bouteille de bourbon vis-à-vis un membre de la Chambre alcoolique et morose à souhait. Êtes-vous sûr ma chère? Elle me fait signe que oui et je marche avec une célérité presque indécente pour un gentleman de mon âge. Je vois parfaitement alors le lieu de torture de ma fille adoptive et heureusement que les déjections d’amphibie soient mortes. Car je crois qu’ils auraient une douleur imaginable. Pour la première fois de ma vie j’aurai contrevenu au sûrement d’Hippocrate et j’aurai fait durer le plaisir pour plusieurs jours.

Je serre les dents et j’essaie tant bien que mal d’ignorer les traces de sang au sol et sur les mur pour réussir à trouver l’objet de ma quête. Un bout de tissus, une vieille veste à carreaux prisés de mes cousins éloigner, fera un linceul acceptable pour la tête du bien-nommé Luke. Je retourne rapidement près de la jeune femme bouleversée et j’enveloppe avec respect la tête du frère de ma fille adoptive. Je songe que lui aussi aurait pu être mon fils adoptif au même titre que sa jumelle et ceci m’attriste plus que je ne l’aurai cru. Pour une des rares fois je suis sans voix en suivant ma chère Leïa.

Je plus concentrer sur les environs, surveillant surtout pour qu’un cannibale putride ne déboule comme un mauvais feuilleton de Benny Hill, que je ne remarque pas que ma pupille enlève un camouflage pour me présenter une moto. Un véhicule qui me ressemble lors de certain réveille. Des cernes immenses sous les yeux comme les pneus à plat, un bidon vide qui crie famine et un peu rouiller sur les extrémités. C’est alors qu’elle veut m’offrir la moto de son jumeau. Je suis un peu ébahi, mais le masque de stoïque et mon flegme d’apparat camoufle à merveille mon trouble passager. Je ne réponds pas à l’instant, essayant de formuler les mots exacts dans ma pensée. Elle m’indique où faire la sépulture et je me mets au labeur sans rechigner.

Je creuse un trou dans la terre gelée, ce qui est un exploit au même titre que d’expliquer une prose d’une pièce de théâtre de Molière à un Yankee. Je ne peux m’empêcher de songer que la dureté du sol est comparable à celui du crâne de mes cousins éloignés. Je dois manier la pelle un bon mètre de profondeur, relancer une fois pour augmenter l’écart avec la surface par Leïa. C’est vraiment un cadeau qui me fait chaud à mon vieux cœur ma chère Leïa. J’avais une moto du temps que ma tignasse était noir de jais et plus souvent qu’à mon tour une femme sublime assise en arrière de moi. Je regard l’état mécanique et je décide de faire une blague un peu spéciale que les gens des conventions habiller en personnages de jeux vidéo raffolerait. Je ne suis pas mécanicien, mais médecin. Je fais un sourire pince-sans-rire et je continue. Sûrement un de mes futurs patients pourra la remettre en état. Un échange de service convivial et honnête. Voyant l’air interrogateur dans les yeux noisettes de ma fille adoptive, je prends appuie sur ma pelle. Mon attitude est noble, dégageant classe et sophistication malgré la fin du monde qui semble être à nos portes. J’ai découvert une maison de style victorienne dans les environs. Très grande et avec plusieurs chambre. Des voisins charmants qui m’aide nettoyer les nombreuses chambres. Mon ton est doux, calme et mon accent est charmant comme à son habitude. Mon regard d’acier bleuté ajoute une lueur d’espièglerie. Je crois que vais démarrer une antenne de soin, contre services bien entendu, pour les survivants n’ayant pas accès à un docteur dans les environs. Je suis une espèce en voie de disparition de par ma profession et mon civisme. Je me penche pour prendre la tête emballée dans le tissu. J’espère que vous allez venir me visiter et voir les progrès pour les réparations de la moto. Qui sait un jour nous pourrions faire une balade quand le temps va le permettre? Je mets le peu de dépouille mortuaire en terre et me retourne vers ma fille adoptive. Voulez-vous que je dise quelques mots? Aussi j’ai pensé à faire un cairn de pierres si vous le permettez naturellement. Je m’installe près d’elle et je l’enlace d'un bras ses épaules avec tendresse et amour paternel.



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Dim 18 Juin - 1:01

Même si le fait que Doc fasse référence à son expérience sexuelle maintenant me dérange un peu, je fais semblant de rien histoire de ne pas le vexer et attend la suite de son histoire. Les informations à propos de sa nouvelle maison sont précieuses et je suis contente qu'il ait trouvé un projet intéressant sur lequel se pencher. Mais pour le moment, la seule chose qui occupe mon esprit, c'est mon frère et finalement, le moment de déposer la tête au fond du trou est arrivé.

Je réalise l'action avec lenteur et respect en essayant de le déposer le plus "naturellement" possible même si ça semble bien compliqué dans ces circonstances. Luke termine donc sa vie comme ça, son corps perdu et probablement dévoré par des charognards, quand sa tête seule repose à même le sol dans un trou le long d'un chemin au milieu du bois. Voir quelqu'un d'aussi bon finir ses jours comme ça me brise une fois de plus mais ce n'est pas sur le plan personnel cette fois.

Je lui souris lorsqu'il fini de refermer le trou et écoute sa proposition avant de faire un léger oui de la tête puis de le regarder s'occuper du cairn qu'il monte assez rapidement sous mon oeil attentif. Je redispose quelques pierres par acquis de conscience et m'assieds à nouveau en tailleur non pas face à la tête de mon jumeau mais face à sa tombe.

- On va faire ça à ma manière. Merci Doc.

Je lui prends la main et lui propose de s'asseoir. Ma famille n'a jamais été du genre loquace et je m'en voudrais d'interrompre un moment de recueillement. Je me laisse aller, les larmes survivantes de mon corps en profitent pour s'échapper et je me remémore l'intégralité des souvenirs que j'ai avec mon frère pour m'assurer qu'ils restent gravés à jamais dans ma mémoire. En tout, nous passons presque une heure dans le silence devant le cairn sans que je ne bouge ou parle.

Lorsque j'arrive à mes souvenirs de l'apocalypse, je m'arrête, je n'ai pas besoin de me souvenir de ça et si je le pouvais, j'effacerais le moindre souvenir de ma mémoire pour simplement tout recommencer à zéro à cet instant précis. Mais ce n'est pas le cas et je me relève en tapant mes fesses de la main pour en faire tomber la neige. Avec un sourire je serre le docteur dans mes bras.

- J'ai juste une dernière chose que je dois faire. Vous pouvez prendre de l'avance avec la moto, je vous rejoins.

Je le regarde s'éloigner en poussant la moto qui fait un bruit de chaîne rouillée et me concentre sur mon dernier objectif. Avec un pas plus assuré, je me dirige vers la cabane où j'ai été torturée. En poussant la porte, je remarque que peu de choses ont bougé depuis. Les traces de sang ont noirci sur le plancher et les murs mais on reconnaît toujours la substance, il n'y a pas deux liquides qui laissent des traces comme celles-là.

D'un geste du pouce, je lance une étincelle de mon zippo contre le gaz et commence à faire le tour en mettant le feu aux rideaux. Lorsque je sors, la cabane brûle déjà de toutes parts et je m'éloigne satisfaite.

- Et bonne apocalypse !

Un fuck à cette ancienne vie qui s'est terminée dans la souffrance plus tard, je reviens vers Doc, enfin apaisée malgré la colonne de fumée noire qui s'élève dans le ciel. Je le prends à nouveau dans mes bras.

- Ça y est, je suis prête à repartir.

Et ce n'est pas qu'une expression.

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Mer 21 Juin - 0:41


Leïa


À l'aube du troisième jour
Elle se soumet à ma proposition pour ériger un cairn en l’honneur de ce qui reste de son frère. Bonté divine que le froid me transit juste à l’os avec la même avidité qu’une veuve siphonne les comptes bancaires de son défunt mari ou bien son nouvel amant. Enfin bref je n’ai guère à me pencher pour ramasser rocaille enfouis sous la neige et plusieurs pierres d’une bonne taille qui devait faire partie d’un aménagement d’une cour d’un pouce vert en herbe. Homme qui doit surement maintenant servir d’engrais à son précieux terrain si j’ose le penser. Pour l’oraison funèbre, ma chère Leïa me propose simplement de m’assoir et d’être aussi silencieux qu’une tombe. Bloody hell! Mon humour britannique se relève comme un cannibale putride au bien mauvais moment. Mais comme le gentilhomme que je suis, je me plie à la volonté de la jeune femme et je dépose mon postérieur dans la poudreuse somme toute frisquette. Aussi froide qu’une Russe de ma connaissance si je me permets de pousser l’audace. Je teins la main de ma fille adoptive et pour l’une des rares fois de mon existence, je me fais violence pour ne pas parler. Je dépose ma main de libre pour étreinte celle de ma pupille et lui procurer un soutien indéfectible. Un réconfort paternel dans un sens si vous préférez.

Bientôt le recueillement se finalise et elle me serre dans ses bras. J’envoie paitre les convenances et je l’étreins avec affection. Je la sens un peu soulagé, mais elle me demande de prendre la tête avec la moto. Vous êtes sûr que ça va aller ma chère? Je me dois d’être inquiet, mais un sourire me rassure et je remonte le sentier de neige en poussant la moto. Bonté divine que c’est un exercice dont mon corps vieillissant n’a aucunement l’habitude. Je suis plus à l’aise avec ma rapière à la main, un bouquin et ma tasse de thé ou bien en train d’opérer sur un patient. Je souffle autant qu’un bœuf lors des laboures en fait. Mais comme le noble Bouledogue Anglais, je me dois de tenir bon malgré les difficultés. Enfin j’arrive à ma jeep et je descends la béquille d’un coup de talon. Je dois maintenant attendre ma fille adoptive pour embarquer la bête de métal affaibli dans mon véhicule. Je regarde au ciel en reprenant ma respiration et voit la volute de fumée. Souriante, soulagée, voilà comment ma fille adoptive me rejoint. Je sens qu’elle a fait table rase sur son passé douloureux et je ne peux qu’être admiratif devant sa volonté d’airain. Pouvez-vous m’aider ma chère à embarquer la moto? Je n’ai pas les muscles d’un Leroy et encore moins d’un Barry je le crains. Ensuite ça vous dis de visiter ma demeure et surtout ma salle de repos avec œuvres d’art et bouquins? Nous pourrions prendre le thé et si vous désirez dormir vous êtes la bienvenue. Vous avez une chambre pour vous. Je lui fais un grand sourire et c’est à mon tour de la serrer avec affection dans mes bras. Je m’ennuie de vous et de Barry vous ne savez pas comment ma chère.



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Jeu 22 Juin - 8:00


Sans protester, je me place derrière la moto et pousse sur la roue arrière tandis qu'il la positionne correctement pour la faire grimper à bord de la jeep. La bête d'acier est finalement installée à bord et je grimpe à l'arrière du véhicule pour observer ce qui fut le bolide de mon frère. Elle a quand même de beaux restes et une fois que tout aura été nettoyé, moteur comme carrosserie, ce sera déjà bien mieux ! Distraitement, je gratte la rouille sur le logo argenté de la marque, Luke pouvait passer des heures à astiquer ce foutu symbole.

Je tourne la tête vers le docteur et l'observe un instant, l'air pensive, avant de me relever pour descendre de l'auto. J'hoche finalement la tête à sa proposition et jette un oeil à ma moto.

- On va charger la mienne aussi. J'ai vraiment pas la tête à conduire...

Franchement, je crois que si je touche un guidon maintenant, je me laisserai probablement aller contre un mur à pleine vitesse histoire de mourir comme on l'a toujours voulu. Je positionne le bolide coréen à côté de l'italienne et vais m'asseoir sur le siège passager de la Jeep. En route Doc, je regarde le paysage neigeux défiler sous mes yeux et pour la première fois, je remarque à quel point Detroit est une belle ville sous la neige, même de loin.

- Je crois qu'on va oublier l'absolution.

Il n'y a plus de gentils, seulement des sous-humains qui font ce qu'ils peuvent pour survivre. On ne parle plus de vivre, le temps du grand pardon est passé et a emporté avec lui un paquet de gens. Maintenant, ceux qui restent sont probablement maudits et je ne m'imagine pas arriver au paradis après ce que j'ai fais. De toute manière, je n'ai appliqué que la règle du karma, qui s'est transformé en loi du Talion lorsqu'il a s'agit de souffrances mais tout de même. Je me suis transformée en une sorte d'inquisition karmique cette semaine ce qui a causé la mort d'une bonne dizaine de personnes, peut-être une petite vingtaine mais je n'ai pas compté les victimes de Barry. Je revois les visages de ces gens morts la gorge tranchée, Johan et son aigle de sang... Je suis définitivement allée trop loin pour faire marche arrière maintenant.
Cependant, personne ne m'a jamais vu refuser un thé de mon père adoptif.

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