When the dawn rises and the past moves away one step | PV : Robert Smith & Alair Wakeman



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Heaven Lockwood
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Sam 17 Juin - 3:36

When the dawn rises and
the past moves away one step
Heaven & Robert & AlairIl paraît que les cauchemars ne sont qu'une réflexion de ce qu'est notre vie. Une représentation loufoque de ce qui nous tracassent ou de ce que l'on a vécu. Parfois on s'en souvient et d'autre fois, tout s'efface au moment même où nos paupières s'ouvrent. Heaven ne saurait comment traduire cette nuit qu'elle a passé dans cette couche pourtant si sécuritaire. Elle sentait la boule de poil qui parfois léchait sa joue quand elle bougeait de trop où que des larmes roulaient sur ses joues pâles autrefois rosie par la vitalité qui occupait encore ses chairs. Des chairs qui semblaient aussi mortes que ces choses qui rampaient et chanter le funeste ballet à la faucheuse. Mais, ce qui est pire que tout, c'est de rêver des êtres qui ne sont plus là et qui semble vous en vouloir d'être mort. L'impuissance que vous ressentez au quotidien et qui vous poursuit, signe d'un deuil qui ne fait que commencer et quand on sait que ce dernier se déroule en plusieurs étapes composées du choc, de la colère, du marchandage, de la dépression et enfin de l'acceptation. Dans le cas de Heaven, la jeune femme se trouvait encore à la première marche et autant dire que cette voie pouvait durer des années. Deux pertes qui se sont succédées ne font qu'allonger le temps à devoir accepter tout cela. Elle allait devoir supporter le poids de cette alliance à présent autour de son cou accompagnant le pendentif de sa jumelle. Mais pire encore, c'était accepté un reflet qui l'emmènera inexorablement à celui de Heather. Devoir composer avec le moindre fait et geste qui la conduira à ces deux êtres qui comblent son être autant de bonheur que de tristesse.

Cette nuit-là a été tellement dur. Trop même. Parce qu'il n'y avait pas que les visages des êtres chers qui hantaient son esprit, mais celui de ses agresseurs également. Dans ce cauchemars, elle revivait ce que ces derniers lui ont fait enduré. La demoiselle ressentant la douleur des sévices encore présent sur sa peau. Les cris poussés par sa sœur et elle n'ont pu que les encourager à aller plus loin dans leur folie. Encore maintenant, elle éprouve tellement de peur, quelle hurle durant son sommeil ne faisant qu'augmenter dangereusement sa température qui était déjà assez importante comme ça. Le choc n'arrangeait vraiment rien à tout cela et rendez-vous également, qu'elle n'a pas pu se nourrir comme il le fallait, l'appétit lui manquant. Parfois, quand les choses ne vont pas, vous avez l'impression qu'une bouchée de nourriture, qu'importe laquelle, soit comparable à celle d'une dinde de Thanksgiving que vous avez dévoré à vous seul. Tout vous reste à l'estomac, les nausées vous menacent, mais rien ne vient. Vous vous dites que le repos vous aidera sans doute. Parfois c'est le cas, mais dans celui de Heaven qui pouvait avoir pire avec ce qu'elle a vécu. La dépression est une maladie méconnue et souvent moquée par la plupart des êtres humains et pourtant, elle vous pourrit la vie en jonchant à certains moments de la journée et même du soir, des crises d'angoisses que vous êtes incapable de contrôler. Cela vient et vous handicape. Personne ne vous comprendre et vous vous retrouver seule dans votre coin à devoir combattre cette crise pour remonter un tant soit peu la pente et avoir des pensées positives. Cela peut être n'importe quoi, comme le rire d'un bébé, la vision d'un chiot et d'un chaton jouant ensemble ou simplement un paysage paradisiaque pour vous.

Heaven a beau se tournait ces choses dans sa tête, se forçant malgré son sommeil à penser positivement, mais rien ne fonctionne. Le mal est si profond et la ronge tellement dangereusement que ses efforts se voient détruits en un claquement de doigt. Et quand vous avez l'impression d'avancer, une chose suffit pour vous faire, faire mille pas en arrière. Après, l'entourage pense que vous n'êtes pas capable de faire des efforts refusant de vous comprendre. Et dans cette marre de souffrance silencieuse, vous vous refusez à aller voir un psy. A quoi bon dépenser de l'argent pour une personne qui vous écoute. Heaven trouve un minimum de réconfort dans la prière se disant que seul Dieu pouvait comprendre ce tourment et l'aider à le surmonter.

La dépression est une maladie pouvant conduire à la mort et Heaven en a fait une odieuse démonstration avant que Bobby ne traverse la rivière des morts pour se poster devant elle afin de la sauver. C'est comme un monceau de lumière qui s'est échappé du ciel pour se poser sur la terre et lui montrer le chemin qu'elle se refusait obstinément à voir.

« TYLER !!!!! HEATHER !!!! » Les hurlements de la jeune femme réveillèrent le pauvre chien qui s'effraya en se demandant sans doute ce qu'il se passait. Heaven avait l'impression de manquait d'air, elle tentait de se calmer. En nage, elle observait partout, se demandant l'espace d'un moment où elle se trouvait. Son regard coula sur ses mains tremblantes, il lui était impossible d'arrêter le mouvement comme une pauvre personne atteinte de la maladie de Parkinson. Son cœur jouait les tambours de guerre et la jeune femme avait l'impression que son organe vitale allait sortir de sa poitrine tellement ce dernier devenait douloureux. Un cœur, c'est parfois lourd à porter tout autant que les sentiments et les émotions qui le traversent. Ne pas en avoir serait sans doute plus facile d'accepter la vie et ces nombreuses tragédies.

« Pardon... Pardonnez-moi... » Elle tremblait si fort qu'elle vit à pleurer. Son angoisse était si grande. Son corps entier lui faisait mal. La jeune femme avait l'impression qu'un étau se refermait sur sa taille tandis que quelque chose voulait en sortir. C'était affreux. Rester assis ou coucher ne faisait qu'éveiller la douleur. Sa respiration se faisait haletante. Elle cherchait de l'air, mais ne semblait pas le trouver.

L'aube s'annonçait au loin et la lumière commençait déjà à lui faire mal aux yeux. En se relevant, doucement, elle tituba jusqu'à la fenêtre pour en fermer le voler, mais elle chuta violemment sur le sol. Tellement faible. Tellement lasse de tout ça. Elle s'était promis de toujours faire de son mieux, mais ça lui semblait impossible. Toutes ses bonnes résolutions parties en fumée. Le regard rendu flou par les larmes, fixait le petit chien qui aboyait et tournait autour d'elle comme pour la protéger et de la rassurer. Elle bougeait à peine. Elle n'avait plus la force de rien.

Une silhouette imposante se fit alors, apercevoir entre deux larmes. Mais la fièvre la faisait délirer et cette dernière ne savait plus vraiment ce qu'elle disait.

« Mon amour... Pardonne pas... Je t'ai promis de vivre, mais sans toi... Sans Heather, c'est impossible... » Doucement, en recherchant les maigres forces restantes, elle tendit la main vers celui qu'elle prenait pour son fiancé. « Pitié... Emmène-moi avec toi... Délivre-moi de cette souffrance... J'en peux plus, j'ai tellement mal que je veux mourir... » Ses yeux se ferment, mais s'ouvrent à nouveau pour ne pas perdre ce délicieux virage. « Tyler... Aide-moi... »

« Accroche-toi sœurette... » Fit une petite voix que seule elle pouvait entendre.

« Heather... J'ai mal... Laisse-moi partir... »

« Hors de question... C'est pas ton moment... »

« Tu aurais dû vivre à ma place... »

« Tu es forte... Alors, accroche-toi... J'ai foi en toi... N'oublie pas ta promesse... »

« Trouver un vaccin. »

« Oui... Et peut-être que le monde se fera petit à petit... »

« Trouver le vaccin... Vivre heureuse. Aimer... Faire de mon mieux. »

« C'est ça accroche-toi... Tout ira bien... »

« Tyler... Quand tu m'embrassais tout allait mieux comme si la douleur navait jamais existé... »

Les aboiements répétés du chien la reconnecta peu à peu à la réalité, comme si la petite créature l'encourageait à tenir bon.

« Bo...bby.... » Elle sourit. « Je... J'ai mal... » Finit-elle par dire avant de s'évanouir.

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"Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions. " ~ Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. (CONFUCIUS) ©endlesslove.


Dernière édition par Heaven Lockwood le Mer 28 Juin - 8:33, édité 1 fois
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Sam 17 Juin - 19:08

Le géant au cœur d’or amis au corps honni de tous n’avait que peu dormi, essayant de lancer des bouées salvatrices à l’âme pure mais blessée de l’ange endormi de l’autre côté du battant. Il venait de s’assoupir enfin, dos appuyer sur le battant de la porte pour protéger l’être fragile et le chiot. Respirant alors la fluidité d’un soufflet de forge, il sursauta alors devant le cri d’horreur à l’état pur. Se redressant de toute sa haute silhouette avec difficulté, le golem de chair ouvrit la porte. Rocky jappait pour essayer de ramener l’être de lumière à la réalité, la triste réalité où  il n’était qu’un monstre de foire ne pouvant rien pour soulager la fièvre ni la douleur psychologique de la belle.

La surprise et l’horreur de la situation sautèrent à la gorge de l’homme à l’armure de chaire si grotesque. Le stress fit crisser l’émail des dents mal aligné du colosse.  Il n’était qu’un mirage, un être cher pour Heaven fantomatique et l’information si précieuse se perdait au niveau de son regard et son cerveau. Un peu comme une émission en direct qui venait de perdre l’antenne et dont l’écran semblait figé sur la dernière image. La respiration se fit sifflante et les muscles de l’homme se tendirent pour commencer à bouger vers la forme allongée sur le lit de souffrance. Bobby ne fut témoin que du monologue à sens unique que la blonde couverte de sueur déclarait avec difficulté. Le cœur de l’homme se figea dans sa poitrine immense et lézardée de cicatrices. Le bras d’Heaven tomba sur le matelas comme au ralenti, ses doigts graciles essayant d’agripper l’air qu’elle devait penser à une main réelle. Aussitôt, Robert saisit la main d’ivoire de la scientifique. Se laissant tomber à genoux près de l’ange, les mains massives et rugueuses de l’homme se plaquèrent avec douceur et tendresse sur les pommettes nobles de la dame. Les paupières s’étaient rabattues sur les abimes d’émeraudes des yeux de l’être divin et la panique gagnant subitement le monstre de foire. La grosse brute s’était attachée à la jeune femme durant ces dernières heures. Elle l’avait soutenu et accepté sa présence. L’être céleste l’avait même touché plusieurs fois la main sans rien demander à retour. Elle parlait d’un baiser qui chassait le mal. Repensant à la phrase qui ne lui était pas destiné fit alors agir d’instinct le colosse. Robert plaça un pouce ayant presque la largeur de la bouche et des lèvres de celle qui semblait profondément endormie. Un souffle de vie caressa le cuir tanné de la main de l’homme. Un soupir de soulagement s’échappa alors de lèvres exsangues de Robert. D’une voix suppliante, où l’espoir et la compassion se mélangeaient allégrement, le monstre de foire caressa la joie douce comme le satin de la femme. Un supplice presque douloureux pour ceux qui entendaient le géant déformé.

Robert- Heaven ça va? Réponds-moi… Euh… Je t’emmène voir un gentil docteur… Euh… Tiens bon s’il te plait.

Croyant les dernières paroles de la belle, il déposa un rapide baisé sur le front brûlant de fièvre. Une délicatesse, une candeur et une douceur semblait se dégager de cet être que tant méprisait. Un serment sans mots que la bête de foire sera toujours là pour l’ange qui avait chuté du paradis et qui s’était retrouver en pleine horreur. Il emballa en vitesse ses possesions, le chiot trouva le réconfort de son sac de transport. Plaçant ses mains, à la fois immenses et toutefois douces, sous les genoux et le dos de l’ange déchu, le colosse fut temporairement gêné. Le rouge gagna son horrible faciès, mais il jeta au loin cette peccadille qu’était son tourment envers les femmes. Soulevant sans peine son précieux fardeau emmitouflé dans une couverture chaude, l’homme difforme sortit alors dans l’air froid de ce début de printemps. Hésitant alors sur les mots qui devraient prononcer, il chuchota comme si le moindre son pouvait réveiller la magnifique blonde dans ses bras musculeux.

Robert- Ne me laisser pas tout seul madame Heaven… Euh… Non juste Heaven désolé...

Il dû se cacher une fois dans un vieux magasin, le temps qu’une horde de goules trébuchantes daignent passer devant les deux survivants à bout de souffle.  Il déposa le corps enfiévrer au sol, mais si beau que même Dieu devait avoir aidé sculpter pareil magnificence. S’agenouillant de nouveau près de l’ange d’albâtre à la chevelure de parcelle de soleil, le monstre de foire déposa délicatement un linge sur le front d’Heaven. Croisant le regard d’émeraude qui sommeillait partiellement durant ce chemin de croix abominable, Bobby fit un petit sourire las et fatigué. Mais de la gratitude luisait dans son regard bleuté comme un ciel d’été. Le ton franc et doux de la voix rocailleuse de l’homme permettait de reconnaître aisément toute la sympathie de l’être de cauchemar.

Robert- On va arriver chez Docteur Alair… Euh… Il est très gentil et vient d’une Île très loin… Euh… Il dit qu’il est chi..chu… Euh… Il opère et il m’a soigné quand j’ai eu un accident quand j’aidais Bernie avec la barricade… Euh…

Avec des gestes d’une telle légèreté qui sembla presque surnaturelle de tendresse et de bonté, Robert essaya la joue ou des petits cristaux d’eau salés s’étaient déposés lors de la souffrance de la belle. Ensuite il redonna la blancheur presque spectrale aux mains dotées d’un don pour apaiser la bête. Chantonnant un air reposant et noble, Bobby essuya délicatement la main d’Heaven. Même Rocky léchait la pommette de celle qui venait de saisir le cœur saturé de cicatrices de l’ancien mineur sans le savoir. Un sourire tendre et bienveillant éclairait les traits atypiques de l’homme et de nouveau il murmura avec une douceur telle que peu de gens pouvaient égaler.

Robert- Heaven je suis là… Euh… Ne me laisse pas je t’en prie.

Un début de rougeur commença alors à colorier les joues mal rasées du mastodonte.  Il espérait de tout cœur qu’il n’avait pas encore dit une connerie monumentale. Reportant son attention sur l’ange déchu à ses côtés, le monstre de foire  continua de fredonner une douce mélopée. Bobby ne pouvait que continuer à tenir la main de celle qui l’avait sauvé plus qu’une fois depuis leur rencontre. Il était sur le point de mourir, de rejoindre ses anges disparus. Mais Heaven avait le rejoint le rang de lumière d’humanité, des êtres que le colosse balafré fera tout pour eux. Qu’il allait la protéger comme Bernadette. Qu’il allait mourir pour protéger les trois êtres divins qui avaient touché son âme émiettée. Les sauvegarder de la folie et de la mort rôdant de ce monde nouveau. Qui allait vraiment pleurer la perte d’un monstre tel que lui de toute façon. Les deux femmes et le vieil homme pouvaient faire une différence dans cette époque troublée.  La dernière aberration continua sa route vers un sombre festin, laissant enfin la chose immonde reprendre son rôle de brancardier e l’apocalypse pour amener l’être si pur vers le docteur chaleureux.

L’homme s’élança alors dans la rue de la ville fantôme.  Robert n’avait jamais aimé la ville, ni la multitude de gens qui y vivaient. Toujours en train de rire de la lie de l’humanité, toujours en train d’essayer de blesser son âme ou bien son être déformé. La rougeur de ses joues ne commençait à peine à s’éteindre. Des voluptés de fumées d’air chaud s’éleva dans la froideur de ce jour alors que les pas démesurer de l’être laid comme le pêché le portèrent vers la sécurité du quartier de ses amis. Il voulait voir les trois personnes en sécurité tout simplement. Une sincérité touchante, une sollicitude et surtout une bienveillance remplissaient les yeux si purs de la chose. Il croyait chacun des mots qu’il avait prononcés envers l’ange. Chaque personne songeait les paroles qu’il allait prononcer. Le géant laissait toujours parler son cœur et les mots projetés par cet être de bonté ne consultaient jamais l’esprit lent de l’homme.  Une pensée vint alors percuter le subconscient de Robert, laissant la tâche de surveiller les environs à son instinct de protection si aiguisé. Souvent c’était les réflexes du géant qui parlaient avant même que ses pensées, si souvent éparpillées aux quatre vents, ne prennent pleinement conscience du danger.

De sombres pensées envahirent l’esprit hagard du monstre de foire. Pourquoi aucune femme ne semblait vouloir de lui comme petit ami? Pourquoi qu’il était au mieux un ami, un protecteur? Même avec la fin du monde qui semblait être aux portes de la déchéance humaine, le colosse aux corps non désirables savait d’instinct qu’il allait mourir sans connaître la douceur d’une femme. Ni pouvoir laisser courir ses mains grossières sur les courbes merveilleuses d’un ange qui serait charitable. Ni connaître ce sentiment fou qu’était l’amour et le désir. La seule  certitude c’est qu’il allait mourir à la place d’un des êtres divins qui avaient accepté sa présence écœurante. Que Bernie, Alair et Heaven pouvait apporter quelques choses aux gens autour d’eux. Robert savait qu’il ne servait qu’à absorber les coups et au besoin faire un rempart de son corps rebutant. Tel était sa contribution pour le monde. Mourir pour que ceux qui le méritent vivent. Qu’un monstre meurt et un ange vit c’est un marché honnête.

Arrivé à un carrefour qui ressemblait plus à une cour de ferrailles qu’une voie au centre-ville, Bobby couvrit de son mieux la couverture sur la femme jeune femme parcouru de fièvre. Mais la tristesse pesait lourd sur les épaules massives de la lie de l’humanité. Son regard bleuté, pur comme les profondeurs d’un lac calme, détaillait chaque tragédie humaine qui s’était passée dernièrement. Un drap avec les mots « Helps Us » flottant à une fenêtre donc les carreaux était givré.  Cette fenêtre qu’on voyait facilement les marques de mains ensanglantées.  Des carcasses carbonisées qui semblaient essayer de se mouvoir, emprisonnées dans des linceuls d’acier. Des corps étendus sur le bitume, commençant à se recouvrir de givre et dont le sang se cristallisait du au froid. Un nuage de vapeur soulignait l’écart de température entre le corps massif et chaud de l’être  repoussant et la température ambiante. Il continua juste au moment que son ouïe perçut râles de faims des abominations.  Le géant vit un regroupement d’une trentaine de personnes trépassées, d’un stade plus ou moins avancé de décompositions, les bras en l’air autour d’un magasin d’armes.

Un air inquisiteur passa sur le visage de l’homme à la musculation si développé. Pourquoi  les morts-vivants semblaient si fascinés par ce lieu qui semblait fortifié? Regardant en hauteur, il vit une silhouette solitaire, un peu comme le dernier combattant du fort d’Alamo.  Levant une main démesurée en guise de salut et de compassion, car l’individu semblait en triste posture, le regard de l’homme devint alors fixe.  Un point rouge semblait se balader un peu sur son torse et ensuite descendit pour rejoindre la tête de l’ange niché près de son cœur. Associant la position du tireur, qui semblait viser le duo mal assorti, et le point rouge baladeur, le visage austère de la brute au cœur d’or perdit quelques couleurs. Bobby se souvenait d’un film ou le méchant avec un fusil avec un genre de rayon rouge qui l’aidait à mieux viser. Une foule de questions se propulsa dans l’esprit encombré de l’erreur de la nature, mais les réflexes parlèrent avant  les neurones du mastodonte. Poussant avec douceur malgré l’urgence de la situation l’être céleste à l’abri d’un camion à proximité, le point annonciateur de morts enveloppa le flanc vulnérable de la chose presque humaine. Une détonation étouffée, grâce à un silencieux fixé à l’arme, se perdit dans l’immensité du cantabile collectif du groupement macabre. Une cuisante douleur se propageant dans le côté de Robert, lorsque le projectile pénétra dans la chair et le gras présent à ce niveau. Pour prouver qu’un ange gardien semblait surveiller le simple d’esprit,  aucun organe vital ne fut touché et le projectile létal ressorti à l’extérieur, frappant le bitume d’un coup sec et sonore. Le côté de l’homme s’engourdit quand il se jeta tout près d’Heaven à l’abri. Grimaçant sous la brulure, semblable à de la lave en fusion, qui se propageait par le trou fait par la balle de plomb, Robert prit une grande respiration. Un masque livide s’était déposé sur le visage toutefois résolu de l’homme. Il ne voulait aucunement que l’être de lumière ne se préoccupe de lui. Il devait serrer les dents et ignorer la douleur cuisante. Accomplissant un prodige d’endurance, il parla alors, laissant l’inquiétude coulée dans sa voix rocailleuse.

Robert- Ça va? Euh… Moi j’ai mal un peu à la main. Tomber dessus. On doit aller par là non?

Comme pour détourner l’attention de la jeune femme sur la blessure douloureuse, mais heureusement bénigne, Bobby pointa les véhicules stationnés sur le bas-côté. Une couverture décente et surtout une voie de sortie pour esquiver ce champ de tir mener par un fou furieux. Encore quelques centaines de mètres et le duo sera à l’abri. Appuyant sa main immense sur son flanc pour faire une pression formidable, le monstre de foire allait un arrêt rapide pour désinfecté sa blessure avec du moonshine et du ruban gris en guise de pansement de fortune. Mais à cet instant, toute la volonté du géant était tournée vers l’ange qu’il devait ramener en sécurité. Alors là si la mort voulait cueillir son âme, le mastodonte se laisserait faire avec joie. Il réussit à sortir de ce traquenard et se rendit près de la rue de ses amis. Bernie, si elle était à la maison, verrait son massif ami chanceler sous la douleur et son précieux fardeau.

Robert- On est arrivé Heaven… Tiens bon petit ange…

Des rigoles de joies coulant de ses yeux complètement ahuris, le mastodonte parla. Sa voix rocailleuse était cassée par le déluge d’émotion. De la surprise, de la joie, un peu d’appréhension et aussi une touche d’inquiétude. Sans le savoir, la prestance de l’homme s’était décuplée, le courage et ce sentiment inconnu de Robert qu'était l’amour semblaient gonfler ses muscles déjà si imposants. Une aura apaisante se dégagea de la silhouette grossière de l’être, heureux d’avoir réussi à portée l’ange à la chevelure dorée chez le médecin. Le faciès monstrueux s’était transmué en de la résolution pure, conscient de la charge de travail qu’il devra déployer pour mettre celles qui sont pour lui en sécurité. Il déposa le corps magnifique de la femme où le vieux docteur lui dit et avec difficulté il s’assit à l’extérieur de la pièce, reprenant la position de la gargouille de granite qui gardait ce qui était saint à son regard océanique. Alors le colosse balafré repensa à sa vie alors que le fluide vital inondait petit à petit le sol près de lui.

Bobby s’était battu depuis les premiers jours de cette époque sanguinaire qui était maintenant la leur. Au début Robert se voulait de lever sa hache couverte de sang noirâtre vers d’autres personnes, mais même son esprit lent et ayant des carences intellectuelles avait compris que les infectés n’étaient plus vivants. Comme un humain pouvait vivre avec les tripes à l’air, les bras arrachés ou bien le cou cassé dans une position bizarre? La puanteur de la mort et de la décomposition accompagnait les pas trainants et chancelants de ces êtres dotés d’un appétit douteux en quête de chair fraiche. Chaque coup de hache était maintenant rendu mécanique et tristement mortel. Et même si morts-vivants les plus « frais » représentaient des différences avec les goules plus anciennes, Robert pouvait comprendre qu’un individu ensanglanté qui court vers lui en criant et les yeux blancs comme l’écume d’une rage incontrôlable ne voulaient pas lui faire un câlin. Mais comme un vieux proverbe que la mère de l’erreur de la nature aimait dire : « Même le plus idiot peut paraître sage si aucune parole ne franchit ses lèvres. ». Et il se taisait la majorité du temps. Comme pour l’état de sa blessure. Il ne valait pas la peine de déranger les gens avec ses problèmes.

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Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


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Alair Wakeman
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Mer 21 Juin - 14:38


Heaven et Robert


When the dawn rises and the past moves away one step
La bouilloire chante son refrain et je me dépêche d’enlever le canard sur le réchaud. Une petite partie de l’eau chaude sera pour le thé, mais la grande partie sera utilisée pour ma salubrité corporelle. Les premières notes de la Sonate au clair de luneenchantent mon ouïe. Que le propriétaire de ce lieu magnifique avait bon gout en matière de musique et surtout d’appareil pour apprécier ces chefs-d’œuvre. Comme de raison, le vieux phonographe n’est pas de la dernière technologie, mais il fonctionne avec régularité digne d’un maestro et surtout sans électricité. Je ne peux m’empêcher de faire mon éternel sourire pince-sans-rire lorsque je songe que les vieux artefacts de nos ancêtres soient encore utilisés par les nouvelles générations, surtout durant ces temps troubles.

Je lève mes mains pour suivre le tempo de la douce mélodie. Un peu comme un chef d’orchestre qui agite sa baguette vers son orchestre pour procurer un orgasme auditif aux spectateurs subjuguer. D’un mouvement souple je prépare la table pour le thé. Je m’avance vers la porte de la maison victorienne tout en prenant soin de claquer avec soin ma canne sur le parquet de bois franc. D’un coup de chiffon j’enlève un peu de poussière sur le manteau du foyer dans ma salle de repos. Être un maniaque de la propreté est devenue une manie pour un chirurgien qui doit opérer dans les meilleures conditions de salubrité qui soit. Mon œil valide, reflet brillant d’acier bleuté bourré d’intelligence, parcoure ma fierté du moment. Celle-ci est remplie de tableaux de maîtres, d’œuvres d’arts et de bouquins que j’ai pu sauvegarder de l’imbécilité des Yankees et de la dévastation causé par ce fléau. Je sais que je dois regarder l’avenir avec un bon œil, j’ose espérer simplement que c’est avec celui que j’ai d’intact que je regarde.

On toque à la porte et comme si l’apocalypse n’était qu’un mythe, j’ouvre la porte après avoir vérifié par le Judas du battant bien évidement. Mon sourire est au beau fixe et mon œil valide étincelle de joie. La montagne ambulante, le géant qui m’a aidé pour mon excentrique visite au musée, viens prendre de mes nouvelles. Il est un chouïa protecteur envers moi, mais qui ne rêve pas d’avoir un second beefeater loyal et de surcroit serviable? Bien le bonjour mon cher Robert. Quel bon vent vous emmène? Pile poil pour le thé mon ami. Je ne suis que flegme et dignité. Mon ton est lent, chantant et des plus apaisants comme tout bon britannique qui se respecte. C’est une de mes habitudes, mais à dix-sept heures c’est l’heure du thé et j’y tiens mordicus. Mais c’est alors que je remarque la forme dans la couverture qu’il tient dans ses bras immenses, démesurer même. Il me parle de sa voix rustre et rocailleuse. Mais j’ai eu l’honneur, que dis-je le privilège, d’entre ce géant pousser la chansonnette. Calmez-vous mon cher. Je vais aider votre protégé naturellement. Vous pouvez l’emmener sur le brancard de ma salle de soin je vous prie?

Malgré l’urgence de la situation, surtout convaincu par le babillage de la masse de muscle sympathique et les aboiements de son adorable chien, je reste de marbre. Je suis un médecin d’expérience et comme tout bon serviteur de Sa Majesté, j’ai du sang-froid à revendre. Robert dépose avec une grande délicatesse mon patient sur le brancard découvert dans une ambulance abandonné. J’aurai jamais cru voir un être aussi imposant être aussi doux pour tout vous avouez. Je n’ai pas le loisirs de rajouter la moindre observation que ce cher Bobby disparait pour aller se cacher dans le couloir à proximité. Son berger allemand le suit en agitant la queue. Je devrais l’aider plus tard avec sa piètre estime de soi. Mais avant cette franche discussion, je dois ausculter cette personne qui semble avoir été emmitouflé par une mère protectrice. J’écarte les pans de la couverture et je sens que mon cœur rate un battement. Heaven? Je ne peux que murmurer le prénom de ma nièce favorite avec une voix presque éteinte. Une multitudes de questions se bouscule en rafales dans mon esprit. Mais que fait-elle ici? Loin de notre Angleterre bien-aimé? Où est sa jumelle? Pourquoi diantre n’est-elle qu’en sous-vêtement? Je me secoue la tête pour reprendre le contrôle de la situation et je vois une légion de contusions, de petites plaies et de la saleté en abondance. Je prends son pouls. Bonté divine! Je suis soulager de sentir qu'il est régulier et lent. L’inconscience à accueillit en son sein ma chère nièce. Je vais alors un examen visuel pour évaluer les dégâts physiques que la condition de survivance doit avoir apporté à la jeune femme blonde. J’analyse les blessures et alors je la place de côté pour contempler l’étendue des dégâts dans son dos. Des griffures et des bleus me fait craindre des sévices que ma nièce à endurer. Je baisse légèrement sa culotte et mon masque stoïque tombe en morceaux. Mon œil d’acier bleuté lance des éclairs de rage pure. Elle a subi le pire assaut qu’une dame pouvait endurer. Un viol, voire plusieurs selon les tons de couleurs de ses contusions. Je ne veux que rencontrer ces résidus de branlettes unicellulaires, ces déjections d’amphibies, pour les écorcher vifs de ma lame. Je leur ferais grand mal, une souffrance à chaque zone sensible de leurs corps immondes. Je voudrais leur…

Je m’auto-inflige une claque mentale retentissante pour me concentre sur le sujet de mon intervention. Bloody hell! je dois me calmer! Je respire et j’expire pour me calmer. La musique m'adoucit les nerfs et je redeviens enfin mon même. Mon flegme légendaire et mon stoïque sont revenus au beau fixe et maintenant je redeviens un britannique pur et dur. J’entreprends alors de nettoyer l’épiderme d’Heaven à la débarbouillette et à l’eau tiède. Heaven? Vous m’entendez? C’est moi votre oncle Alair. Vous êtes en sécurité. Je lui parle sans arrêt pendant ma séance d’ablution et ensuite en soignant chacune de ses plaies. J’enduis de pommades ses contusions. Ensuite je prends une couverture propre et je l’emmitoufle tendrement. Je m’assoie alors dans mon fauteuil et je guette son réveil avec une impatience frôlant l’indécence en fait. Avec l’apparition surprise de ma chère nièce, j’ai complètement oublié mon ami qui semble attendre avec angoisse dans le couloir.


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Heaven Lockwood
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Dim 16 Juil - 12:31

When the dawn rises and
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Heaven & Robert & AlairDans les tréfonds de notre subconscient, on se laisse malheureusement emporter par les tracas que nous subissons au quotidien. Dans des images illogiques et étranges, on voit une interprétation surprenante de ce que nous vivons et endurons. C'est lourd et étouffant de devoir trouver une explication plus compréhensible pour ce genre de chose afin d'en tirer une conclusion. Mais de toute manière, à quoi cela sert-il quand on sait que lorsque nos yeux s'ouvrent à nouveau, on ne se souvient plus de ce que l'on a rêvé. On n'y prête tout simplement plus d'attention, on continue de vivre et faire ce que l'on fait habituellement jusqu'à ce que nos yeux se referment. Mais Heaven ne voulait plus fermer les yeux, cela serait se confronter à ce qui s'est produit jusqu'à présent. Subir à nouveau la souffrance. Elle ne voulait plus tout simplement fermer les yeux, mais son corps ne suivait pas son désir la condamnant inexorablement à cet état de faiblesse avancée. Elle se haïssait à un point que l'on ne pouvait comprendre. Ne considérant pas comme logique que ce soit elle qui soit encore envie. Si elle avait pu choisir son sort, elle aurait la victime et aurait rejoint son fiancé dans la mort tout en priant depuis les cieux pour que sa sœur puisse survivre encore et encore dans ce monde tout en y trouvant le bonheur. Pourquoi ne pourrait-on pas choisir son destin ? Pourquoi au final n'a-t-on pas ce droit de libre arbitre ? Tout ce qui se passait ou avait pu se passer autour d'elle n'avait que peu d'impact ou encore pas la moindre importance comparé à la douleur physique et mental qui vibraient affreusement en elle.

Puis soudainement, quelque chose de frais sur sa peau. Des gestes doux. Des souvenirs qui lui sont encore très lointain. D'où cela vient-il encore ? Qui s'était déjà montré aussi tendre avec elle ? Elle n'arrivait plus à mettre un visage ni un nom sur cette tendresse quasi paternelle.

Combien de temps, cet état de semi-conscience a-t-il duré ? Heaven l'ignore, mais pour une fois qu'elle a un sommeil sans aucun rêve, elle n'a pas envie de le quitter. Elle veut simplement rester là, dans ce profond silence. Dans cette sensation sécurisante. Ne plus voir le monde tel qu'il est aujourd'hui. Le fuir aussi longtemps qu'elle peut. A-t-elle le droit de demander à être dans le coma ? A coup sûr, au bout d'un moment, elle viendrait à mourir et à s'effacer du monde. Mais, dans cet esprit qui est le sien, ce serait comme abandonner le combat avant même de l'avoir commencé.

Où suis-je ?

Quelle douce chaleur venait de l'étreindre. Ce qu'il s'était passé avant, elle n'en avait que de vague souvenir désormais. Heaven se souvient d'une course, du bruit de ces choses errantes. Mais, le mal la poursuivait sans relâche comme un amant trop empressé et n'ayant aucune conscience des règles de bienséances et des convenances. Il lui semble se souvenir de la voix de Bobby, douce et réconfortante. Elle se souvient de son chant, cette capacité à entrer dans votre âme et la guérir tout doucement. Bougeant doucement, mais souffrant au moindre mouvement comme si son corps entier était couvert de bleu, la jeune femme ne put s'empêcher de laisser un soupire de douleur se faire entendre. Bien que faible.

Au bout d'un moment qui lui parut une éternité à force de combattre Morphée qui lui offrait des cauchemars horribles tel un amant vengeur insatisfait de la réponse de la femme qu'il convoite depuis trop de temps. Entité divine pouvant être bonne ou mauvaise, mais qui pour la jeune femme était loin d'être tendre. Difficilement, la demoiselle ouvrit les yeux, mais la clarté de la pièce lui fit mal. C'est comme si ses pupilles allaient exploser et que son crâne se compressait.

« Heather... J'ai fait un horrible cauchemars... J'ai cru que Tyler et toi étiez morts... Et que vous me laissiez seule. »

En voyant la pièce, elle avait encore du mal à savoir où elle se trouvait. Sa voix était faible, mais on pouvait parfaitement discerner les mots qui en sortaient. Tout était encore très flou et au fur et à mesure que les secondes passaient, la jeune femme vit la réalité la gifler mentalement avec une force plus douloureuse que ce que pouvait lui donner cette fièvre. Serrant faiblement les poings, elle tentait de se dire que tout ceci n'était qu'un cauchemars, une réalité qui n'en était pas une. Heaven souhaitait à tout prix se réveiller véritablement et retourner dans cette vie qu'elle chérit plus que tout. Cette vie où rien n'avait changé et où elle préparait tranquillement son mariage tout en prenant plaisir à étudier. Tout était si simple avant tout cela. Une vie qui doucement se rangeait et pouvait réaliser son rêve de bonheur, elle, la petite fille rêveuse qui avait finalement trouvé son prince charmant.

Tournant la tête, Heaven vit une silhouette qu'elle pensait reconnaître. Cependant, sa logique lui disait que c'était encore une mauvaise blague de la fièvre qui tentait toujours de gagner du terrain, faisant un effet yoyo plutôt désagréable. Cependant, le tic tac de la pendule l'enchaînait à ce qu'elle tentait de fuir depuis un moment. Réalité quand tu nous tiens, tu ne souhaites plus nous lâcher.

Sa bouche s'ouvre puis se referme. Quelle sensation désagréable que d'être tenaillé par la soif. « Oncle... Alair... » Cela ne pouvait pas être vrai. C'était impossible pour elle, Heaven le croyait perdu comme beaucoup de membre de la famille. Ce chaos ne faisait absolument aucun cadeau, elle le sait largement pour y avoir été confronté à plusieurs reprises. « Je... Ne rêve pas... » Les larmes lui montaient menaçant de couler à tout moment et bien entendu, au bout de quelques secondes, ce fut le cas. « Mon oncle... » Elle tenta de lever son bras, mais, elle se sentait bien trop faible. Décidément, la jeune femme sera toujours collé à cette piètre catégorie.

Cependant, soudain, elle se crispa et donna un coup d'œil circulaire. « Bobby ? Où est-il ? Mon oncle... Ne me dites pas que... A cause de moi, il s'est blessé... » Elle se mit à tousser. Son abdomen lui faisait atrocement mal comme si elle avait été obligé de subir de longue séance de musculation sans possibilité d'espérer d'avoir de pause.

Consciemment, elle souhaitait ne pas répondre aux éventuelles questions de son oncle. Elle savait qu'il en souffrirait autant que Heaven. De plus, la jeune femme ne sentait pas vraiment prête à devoir dire aussi facilement et surtout admettre une bonne fois pour toute que sa jumelle et son fiancé sont morts. Pire que tout, que leur père les a abandonné alors que ses propres filles se trouvaient en danger. Il n'y a rien de pire que de se souvenir des malheurs, mais le bonheur fait tout aussi mal parce que jamais il ne revivra.

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"Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions. " ~ Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. (CONFUCIUS) ©endlesslove.
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Mer 19 Juil - 14:31

Le chiot s’était posé la tête sur la cuisse ayant la circonférence d’un tronc d’arbre mature de Bobby. Tristement, comme si l’instinct aiguisé du quadrupède comprenait parfaitement l’état physique et psychologique de son maître monstrueux, Rocky leva des yeux piteux. Les oreilles du berger allemand étaient abaissées, comme un drapeau qu’on met en berne, et la queue de l’animal était immobile. Le gladiateur de l’apocalypse avait déposé, avec une tendresse qui aurait dû être honni de ce corps disgracieux qu’était le sien, la sublime apparition céleste sur son lit de souffrance et laisser le médecin la soigner. Ensuite il s’était sauver de peur que sa laideur corrompe l’aura aveuglant de douceur et de sainteté de la magnifique jeune femme. Il avait laissé son dos glissé sur le mur du couloir pour tomber assis à même le sol. La respiration de Robert était laborieuse, sa résilience prodigieuse avait trop que sollicité durant les dernières heures. L’adrénaline était tombée, laissant libre cours à la douleur d’envahir l’esprit lent et pathétique de la lie de l’humanité. La blessure à son flanc était mal panser, le fluide vital de la bête de foire s’égouttait petit à petit. Une main immense et rugueuse essaya de colmater la brèche sanglante. Néanmoins un mince sourire écorcha alors les lèvres exsangues de la chose à peine humaine.

Il avait réussi contre toute attente de transporter Heaven, prénom destiné pour un ange à la beauté si lumineuse et aux qualités si nombreuses, hors de l’enfer putride et mortel de ce monde chaotique. Avec une grande douceur, la grande main suturée de cicatrices dues à une vie de maltraitance et de rejet flatta la petite tête du chiot. Celui-ci lécha de sa langue rugueuse la paume de Bobby qui rit faiblement sous la chatouille. La voix caverneuse, mais aux mots tendresse, sorti avec peine de la gorge desséché et râpeuse du géant au cœur d’or.

Robert- Merci… d’être… toujours… là… Rocky…


Les heures passèrent alors que le vieux médecin veilla sur le sommeil agité de la belle. La bête quant à elle était plongée dans des souvenirs doux-amers. Un peu comme une biographie d’une vie presque raté d’un être que peu de gens désirait connaître. Depuis sa naissance il ne vivait que dans l’espoir un peu fou d’être accepté, d’être considéré comme un humain et non une monstruosité et un simplet bon qu’à trimer dur. Souvent il était la chose, la bête de foire que les autres enfants fuyaient comme la peste. De cette période de l’enfance, même la mère de Robert avait traité son petit de tous les noms, il n’avait eu que deux rayons de soleil. Une fillette dont le père était pasteur avait défendu le géant en devenir. Mais comme les enfants sont bêtement méchants entre eux, le petit ange avait reçu le sobriquet de la fiancée de la créature de Frankenstein. Pour ne pas blessé l’être de lumière qui avait su discerner la beauté derrière la répugnance, Bobby avait cessé d’aller à l’école. Les seules autres lueurs d’humanité d’avant cette fin du monde fut sa sœur Rosalie et sa nièce Sandra. Ils les aimaient tellement. Avant leur fin atroce, Rosalie avait fait une demande des plus surprenantes au colosse balafré. Elle était enceinte d’un nouveau petit prodige céleste et elle désirait que son ignoble frère devienne le parrain. Robert avait refusé à l’instant, ne voulant pas traumatiser le nourrisson. Il avait demandé un moment de réflexion. Réponse qu’il a dû donner sur leurs tombes creusé par ses soins. Quelques personnes, des âmes pures et lumineuses comme le soleil levant, avait traversé sa vie pathétique et dénuer de valeur. Charlee, Alyana, Emma, Charlie, Santana et Billie. Maintenant il ne restait que Bernadette et Alair qui semblaient tolérer la présence indésirable de la gargouille de granite à peine sculpté. Heaven semblait aussi ne guère se soucier de l’apparence cauchemardesque de l’ancien mineur, mais Bobby se doutait que la fièvre et la douleur pouvait altérer les sens de l’ange à la chevelure doré et au regard comparable aux cieux.

L’état de conscience de Robert était devenu comateux, hébété lorsque le chiot se leva subitement et jappa avec joie. Une certaine urgence même comme si Rocky demandait de l’aide à une ombre qui venait d’envahir la vision de plus en plus floue du géant. Une voix lointaine, se mélangeant avec une voix spectrale, demanda un petit effort à un Bobby complètement groggy.

Alair- Bloody Hell! Mon chère Robert je dois vous soigner. Mais vous devez vous relevez et me suivre car je n’aurais pas la force de vous traîner

Sandra- Oncle Bobby… Relève toi je t’en supplie… Tu dois lutter pour les gens de bien… Heaven et Alair sont des bonnes personnes je le sais et tu le sais… Allez nounours un pas après l’autre… Fais-le pour moi…

Docilement, un peu comme un bébé qui apprend à marcher, trainant des pieds et un équilibre des plus précaires, le colosse affaibli au-delà du supportable réussit à suivre la voix. Celle de l’homme l’encourageait, mais l’erreur de la nature n’entendait que celle de sa nièce bien-aimée.

Alair- C’est bien Robert vous pouvez vous allonger sur la seconde civière?


Sandra- Couche-toi mon oncle… Tu pourras te reposer promis… Je t’aime tellement mon gros béta…

Dans un état second, le goliath des temps moderne ne sentit aucunement qu’on lui enleva sa chemise, que des mains experte sutura sa plaie immonde et des regards choqués firent enfin ce que l’armure de tissus cachait depuis si longtemps. Des centaines de cicatrices, de marques de cigarettes et de brulures suggérant une torture. Des sévices atroces sur une poitrine large comme une barrique doté de muscles d’acier et surdéveloppé. Mais ce qui devait susciter des regards inquisiteurs furent les trois traces de morsures sur sa peau tanné comme le cuir. Des marques de dents, de chairs arrachés et qui avaient guérit. Des traces que le survivant devrait être mort au moins trois fois par le virus maudit. Et par un miracle sans précédent il respirait toujours. On lui mit une couverture sur ses plaies horrible et il sombra dans un sommeil ou des images de sa famille infectée, des Punishers rigolant des tortures infligés et des anges qu’il n’avait pu sauver. Au moins Bobby se dit qu’il avait mis à l’abri Heaven et qu’il pouvait rejoindre en paix les siens. Un ange survit et un monstre meurt, un marché honnête….


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Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


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Alair Wakeman
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Ven 21 Juil - 14:44


Heaven et Robert


When the dawn rises and the past moves away one step
Je surveille ma chère nièce comme un dragon Anglais qui couve avec une attention farouche les bijoux de la couronne. Je ne peux m’empêcher de songer à cet instant que le hasard est des plus heureux que le colosse qui semble tant fuir le contact des autres, cet homme que j’apprécie au plus haut point, ait un cœur si immense pour protéger des inconnus. Je n’ose pas imaginer les tourments qu’Heaven ait enduré et ne pas voir Heather à ses côtés me font craindre le pire. Maintenant l’une des jumelles est en sécurité et rien ni personnes ne pourront lui faire du mal à nouveau. Comme on dit si bien en Angleterre, les potentiels agresseurs vont devoir marcher sur mon cadavre chaud pour atteindre ce qui m’est cher. Personnellement j’aimerais bien mieux que ce soit une charmante dame qui me passe sur le corps. Mais à cet instant je m’administre une claque mentale magistrale. J’ai des pensées lubriques et des désirs qui devraient être enfouies au plus profond de mon être vieillissant alors que je devrais me faire des mauvais sangs. En fait je me serais rendu à me ronger les ongles, que dis-je les coudes, si je ne serais un homme stoïque et débordant d’un calme olympien.

Pour passer le temps, et aussi songer à autre chose que je pourrais faire à ces enculeurs de mouches qui ont aussi agresser de la sorte un de mes nièces favorites, je songe au temps passé avec Heaven et Heather. Je ne veux aucunement me vanter, je relate des faits, mais c’est un peu grâce à moi que les jumelles ont su développer un amour inconditionnel pour les sciences. Je me revois encore il y a une décennie de cela leur expliquer les bases de la physique et de la biologie. Des promenades dans les landes anglaises et écossaises et le nombre de conquêtes que j’ai eu grâce à la charmante présence des fillettes. Les dames semblaient en admiration pour le dévouement presque paternelle que je portais à mes jumelles adorées. Et me revoilà sur la pente glissante, lubrifiante des pensées lubriques. Mais mon œil d’acier bleuté s’agrandit subitement alors que la soudaine reprise de connaissance d’Heaven me ramène subitement dans ce présent un peu chaotique faut-il avouer. J’aurai bien aimé continuer à présenter mes hommages à une certaine brunette qui était gymnaste et adepte du Kama Sutra. J’ai pu expérimenter les limites de la flexibilité du corps, surtout du mien, lors de cette séance de remise en forme libératrice. Aussitôt je me relève d’un bond et je me rends près de la civière où repose le corps brutalisé de ma chère nièce. Oui c’est moi ma chère. Vous voulez que je vous redresse le dos pour être plus à votre aise? Je tournoie la petite manivelle et je la borde de nouveau avec une couverture chaude en laine écossaise. Naturellement je me place pour n’être que de mon profil gauche. C’est pour camoufler ma nouvelle blessure de guerre et tuer dans l’œuf ses questionnements somme toute légitime. Je crois que nous aurons tout le temps voulu de parler de cette époque qui suivit notre dernière rencontre en date. C’est alors que les mots de ma nièce trouvent enfin mon attention. Robert? Il semblait épuiser et soucieux de votre état. Il s’est passé quelque chose dont il n’a pas informé ce fier coquin?

Quelques mots, une possible agression armée ou un tir, me laisse perplexe. Je vais investiguer ma chère. Reposez-vous. Mon pas alerte et surtout remplit d’un flegme aristocratique me fait sortir de mon cabinet de fortune. C’est alors que le voit le géant affaisser dos au mur avec sa petite boule de poil sympathique qui jappe en me voyant. Une petite mare de sang s’est former au sol et je songe au nettoyage que je vais devoir réaliser. Je repousse cette pensée parasitaire loin de moi et je regarde les signes vitaux de mon nouveau beefeater. Le pouls est lent mais régulier. Un possible état de choc et un épuisement du la perte de son sang. Je tapote alors sa joue qui est plus grande que ma main pour essayer de l’émerger du brouillard qui semble l’avoir envahi son esprit. Bloody Hell! Mon cher Robert je dois vous soigner. Mais vous devez vous relevez et me suivre car je n’aurais pas la force de vous traîner… C’est alors que Robert, cette force de la nature, se relève avec difficulté tout en se tenant sur le mur. Docilement, un peu comme un bébé qui apprend à marcher, trainant des pieds et ayant un équilibre des plus précaires, le géant suit ma voix. Je l’encourage à avancer. Je dois l’avouer, il me surprend de jour en jour cet individus. C’est bien Robert vous pouvez vous allonger sur la seconde civière? Il se couche avec mon aide. Il est installé près de ma nièce et Rocky le petit chiot semble énerver au maximum. Heaven ça vous dérange de tenir compagnie au chiot de Robert pendant que je m’occupe de son maître? Je prends le petit berger allemand et je le couche sur les cuisses de ma nièce quand j’ai son consentement. J’enlève alors le ruban qui sert de pansement de fortune au colosse et je grimace. Une perforation par projectile au niveau de son flanc gauche.

Je me lave alors les mains et j’enfile mes gants de nitrile. La chemise de coton imbibé de sang tombe au sol et c’est la première fois que je vois le désastre qui se cachait dessous. Des services résultant de tortures diverses, d’innombrables cicatrices et surtout des signes de morsures sautent à mon œil d’acier bleuté exorbité. BLOODY HELL… Heaven… Robert présente trois plaies de morsures dont la plus récente doit être âgé d’au plus de deux semaines… Comme est-ce possible? Ma nièce me ramène alors à l’ordre et je pratique rapidement les soins approprié. Des points de sutures faites avec mon doigté presque légendaire dans le milieu médical. Ensuite je borde le torse de l’homme avec une couverture et laisse les brancards côte à côte à la demande d’Heaven. Comme si ma nièce désirait veiller un peu sur son massif sauveur. Pour ma part je commence à faire bouillir l’eau pour faire un thé. Je crois que le liquide chaud sera bénéfique pour tous.



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I walk a lonely road
Heaven Lockwood
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Aujourd'hui à 14:57

When the dawn rises and
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Heaven & Robert & AlairMême dans le chaos le plus profond, on se pense bien en sécurité quelque part. Loin du danger qui peut encore sonner à chacun de nos pas. Même si l'on reste vigilant dans une certaine mesure, l'espoir réside dans nos chairs. C'est stupide, mais c'est le seul mot qui nous pousse à continuer. L'espoir de revoir des jours meilleurs. L'espoir que ce cauchemars trouve enfin une fin, un renouveau si l'on peut dire. Après tout, les choses ne peuvent pas rester indéfiniment de la sorte ? Il y a bien un vaccin qui ne cherche qu'à se faire découvrir. Mais, encore faut-il trouver la bonne formule. Encore faut-il avoir étudié le virus et son développement dans le corps des êtres humains. Oh bien sûr, vous allez me dire que depuis le début, Heaven a largement pu constater ces faits au fur et à mesure de son voyage chaotique et toutes les notes utiles sont dans sa tête, mais dans l'état présent, il lui est fort difficile de penser à cela. Égoïste envers le monde, la jeune femme ne pense qu'à elle et à ce qu'elle perdue. Avait-elle pu le faire avant ? Non, absolument pas, la demoiselle a dû se formaliser dans la survie uniquement ou bien à s'enfermer dans son propre monde alors, qu'on la dépouillait de sa fierté restante alors qu'on la brutalisait et la violait encore et encore. Blessée au plus profond de son être comme jamais elle ne l'a été auparavant, Heaven a dû se construire une carapace si immense qu'il lui semble parfois impossible de s'en défaire. Elle sombre dans une certaine folie, là où rien n'est arrivée. Là où sa jumelle et son fiancé sont encore bel et bien vivants. Là où tout ceci n'est qu'un triste cauchemars que même Freud serait incapable d'analyser.

Dans le tumulte de ces songes bien funestes, Heaven réussit malgré tout à sortir de son inconscience pour reprendre contact avec la lourde réalité qui lui semble que trop étouffante. Si elle en avait le pouvoir, la jeune femme resterait à jamais endormie telle une belle au bois dormant loin de la version des Grimm qui est plus équivoque à l'horreur qu'à la beauté que Disney a bien voulu construire pour la douce imagination des enfants.

L'endroit où la jeune femme se trouvait lui était complètement inconnu. Elle ignorait encore si cette dernière devait céder à la panique ou bien rester calme pour ne pas se mettre davantage en danger. Sa vue encore floue, elle cherchait une bouée de sauvetage ou plutôt un géant au grand cœur avec lequel elle se sentait parfaitement en sécurité même si cet homme restait encore un inconnu pour Heaven. Cependant, avoir risqué sa vie pour la sauver mérite que ce dernier se voit offrir son amitié et sa pleine confiance n'est-ce pas ? Oublions l'aspect physique qui peut en effrayer plus d'un, ce qui au fond serait logique, mais il faut gratter à la surface pour découvrir le trésor qui se dissimule en certaine personne. Cette fois-ci, Heaven ne croit plus que la bonté réside chez les humains. A présent, la jeune femme sera plus méfiante et sélective dans sa façon de faire. Offrir son amitié ne sera pas aussi rapide que d'habitude. Mais bon, elle pense ainsi, mais peut-être agira-t-elle autrement demain. Rien était jamais sûre avec la plus douce des jumelles, Heather elle, avait toujours été plus radical et plus froide quand les circonstances l'exigeaient. C'était la plus surprenante et la plus déconcertante également puis qu'on ne savait jamais sur quel pied danser avec cette dernière.

Quand enfin son regard se posa sur une silhouette qui s'approchait, la jeune femme prit peur, mais quand cette dernière se définit pleinement, un soulagement immense la submergea dans son entièreté. L'oncle Alair. Probablement l'homme qui s'approchait le plus d'un père et qui a toujours été le modèle à suivre pour les jumelles. A la vision de ce dernier, un sourire et des larmes coulèrent sur les joues de la jeune femme alors, qu'elle prononça un nom qu'elle pensait devoir également effacer de sa mémoire. Et pourtant, il était là, toujours aussi fringuant malgré l'apocalypse régnant à l'extérieur, digne et fier représentant de sa majesté. Si Heather était encore de ce monde, nul doute qu'elle lui aurait sauté dans les bras et ce serait laissé à verser quelques larmes de soulagement contre cet homme qui a partagé avec les deux demoiselles l'amour de la science.

Oui c'est moi ma chère. Vous voulez que je vous redresse le dos pour être plus à votre aise?

Inclinant positivement simplement la tête, Heaven répondit à la question du médecin et celle-ci se retrouva dans une meilleure position pour pouvoir apprécier une réalité qui pour la première fois depuis longtemps se montrait magnifique. Heaven s'était pourtant dite que le monde ayant changé, elle ne pourrait plus trouver un membre de sa famille et il faut avouer que son père, elle s'en moquait comme de sa dernière chaussette. Cet homme n'était plus qu'un étranger ayant agi en lâche envers qui elle posa toute la faute. S'il avait agi en vrai père alors, peut-être que les jumelles n'auraient pas connu ces multiples agressions sexuelles. Peut-être que Heather serait toujours bel et bien en vie. Pour la survivante, il n'était plus qu'une ordure qu'elle regrettait d'avoir appelé père tout au long de sa vie. Dans la difficulté, il ne s'est aucunement comporté de la sorte.

Malgré toutes les interrogations qui seraient plus que légitime de la part de Heaven, celle-ci s'enquérait plutôt de la santé de son sauveur qu'elle ne voyait aucunement dans la pièce. Soudainement, la demoiselle craignait le pire pour son nouvel ami.

Robert? Il semblait épuiser et soucieux de votre état. Il s'est passé quelque chose dont il n'a pas informé ce fier coquin?

« En fait, je n'en suis pas très sûre... J'étais à peine consciente, mais j'ai clairement... Tout du moins plus ou moins entendu un coup de feu durant notre trajet et je crois me souvenir que Bobby m'a dit qu'il s'est blessé en tombant... J'arrive pas à m'en souvenir, mais je t'en prie oncle Alair va le voir... Je suis inquiète... » Fit-elle en prenant la main de cet homme qu'elle pensait ne plus revoir à cause des changements conséquent que la planète subissait depuis... Deux ans ? Moins ? Plus ? Comment le savoir alors, que la notion du temps n'est plus que secondaire dans la vie à présent.

Je vais investiguer ma chère. Reposez-vous.

Soupirant de soulagement, la jeune femme s'installant à son aise sur le brancard de fortune puis ferma un instant les yeux pour se calmer et il faut dire que la fatigue restait malgré tout omniprésente dans son corps. Il lui faudrait longtemps avant de totalement récupérer. Pendant un moment, la jeune femme resta seule avec les fantômes de ces multiples pensées qui lui traversaient l'esprit. Si ces derniers venaient à prendre forme alors, nul doute qu'elle se retrouverait comme ces victimes dans les films paranormaux. Elle en tremble rien que de penser la vision que ces pensées si sombres pourraient avoir si ces dernières prenaient une forme plus ou moins humaines, mais très déformées malgré tout.

Quand du mouvement et du bruit se firent entendre, Heaven ouvrit les yeux pour voir un spectacle qu'elle avait imaginé quelques secondes plus tôt. Effectivement, Bobby était bel et bien blessé et le pauvre parvenait à peine à trouver de la force pour avancer. Un immense pincement au cœur la prit en songeant que cela était de sa faute. Pour l'aider, il avait failli perdre la vie, cependant, elle tenta d'aller au-dessus de tout cela pour laisser son oncle s'occuper de ce brave homme prêt à sacrifier sa vie pour celle des autres. Ce qui était une attitude très noble de sa part, en fait, Bobby valait toute une armée de membre de la noblesse anglaise.

Heaven ça vous dérange de tenir compagnie au chiot de Robert pendant que je m'occupe de son maître?

« Oui bien sûr, je m'en occupe mon oncle... »

Une fois le chiot sur ses cuisses, celle-ci n'eut qu'à faire un mouvement et à quelques paroles douces pour calmer la pauvre bête inquiète envers son maître blessé. Rien de bien d'anormal quand un lien indéfectible s'est formé entre deux êtres. On ne peut le détruire malgré tous les efforts que l'on veut bien déployer.

Caressant la tête du petit berger allemand, la jeune femme priait intérieurement pour qu'il n'y ait aucune complication durant cette opération. Après tout, le matériel restait primaire loin de tout ce que son oncle a pu connaître par le passé.

BLOODY HELL… Heaven… Robert présente trois plaies de morsures dont la plus récente doit être âgé d'au plus de deux semaines… Comme est-ce possible?

Portant son regard sur le corps remplit de blessures diverses nouvelles comme anciennes, la jeune femme écarquilla les yeux sous la vision de ces morsures. Elle-même ignorait ce qu'elle pouvait bien dire. Jamais, la jeune femme a été confronté à ce genre de situation. Selon toute logique, Bobby aurait dû devenir depuis bien longtemps un zombie avide de chair et de sang. Alors, cette situation était un mystère de plus dans ce monde.

« Je l'ignore mon oncle... Je n'ai jamais été confronté à cela. En toute logique, le virus gagne rapidement du terrain et on devient l'une de ces choses. »

Heaven ne pouvait pas apporter de réponse, dans le même cas que son oncle, Bobby devenait un mystère pour la science et la recherche dans son intégralité. Cependant, soudainement, Heaven se dit que l'espoir résidait en cet homme blessé et qui n'avait pas été gagné par le virus. Son ADN comportait peut-être les réponses tant attendues depuis que tout ceci a commencé.

Cependant, bien trop lasse de penser à toutes ces éventualités, Heaven invita son oncle à poursuivre les soins. Les réponses étaient-elles là ou encore bien enfoui dans le mystère trop pesant ? La solution semble avoir été cachée dans un abîme sans fond et la retrouver se révélera du parcourt du combattant. Quand Alair en a terminé plaçant les deux pauvres âmes côté à côté, Heaven regarda le colosse endormit et posa sa main sur celle géante de Bobby pour la serrer tout doucement. Un pincement au cœur se fait sentir en songeant aux blessures multiples que son corps possède. Comment pouvait-on être aussi horrible ? Comment pouvait-on faire du mal gratuitement à une personne dont l'âme est si généreuse.

« Oncle Alair... » Fit-elle en serrant la main de Bobby comme pour se donner du courage. « Heather est.... » Elle avait du mal à le dire. La souffrance était horrible a devoir prononcer ce mot. « Heather est... morte... en me sauvant. » Fermant les yeux aussi forts qu'elle le pouvait pour ne pas verser de larme, elle entendait simplement la respiration de Bobby et de son oncle. La sienne semblait comme inexistante. Pour dire vrai, Heaven ne se sentait pas si différente de ces choses errantes et sans véritable but.

C'est alors que dans un long monologue, Heather lui expliqua ce qu'il s'est passé. Parfois dans les détails, d'autre fois restant évasive. L'envie de rejoindre l'Angleterre avant que cela ne dégénère davantage, mais l'impossibilité de rejoindre l'aéroport à cause des monstrueux embouteillage. Leur vie de nomade à ne se poser nulle part et partout à la fois. La mort de son fiancé qui s'est sacrifié pour les sauver, l'abandon de leur père en plein danger. Puis finalement, leur enlèvement par ces individus complètement fous. Le plus possible, Heaven n'en a pas dit davantage parce qu'elle avait bien trop honte de ce qui s'est produit. Bien qu'elle ne soit en aucun cas fautive, il n'empêche qu'on ne pouvait lui retirer ce sentiment qui la souillait de l'intérieur bien pire que le mal qui tuait des gens à chaque seconde qui s'écoulait. Le pire de tout, c'était de lui raconter la fin horrible de Heather qui encore une fois avait préféré se sacrifier pour sa jumelle.

« Elle est devenue une de ces choses... » Termina-t-elle dans un souffle si faible. Les larmes la menaçaient avec tellement de violence, qu'elle ignorait si elle allait y succomber ou non. Mais, on pouvait lire la douleur qui résidait dans le corps frêle de la jeune femme dont la seule force semblait le contact avec la main du géant reposant à ses côtés.

« Le pire dans tout ça... C'est que c'est elle qui devrait se trouver à ma place. J'aurai été bien mieux avec Tyler... » Son regard se perdit alors, devant elle. C'était comme si ce dernier pouvait à la fois voir tout, mais aussi contempler un vide absolu. Un vide qui emplissait son cœur d'une façon trop horrible et injuste. Bien sûr, vous allez me dire qu'elle n'est pas la seule dans ce cas-là, mais dans ce genre de moment, l'égoïsme devient aussi existante qu'écrasante.

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"Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions. " ~ Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. (CONFUCIUS) ©endlesslove.
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