Rising Ft. Nicolae



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Ven 23 Juin - 7:19


La lame de ma nagi fend l'air avant de rencontrer la surface cabossée du crâne d'un déterré qui a déjà rencontré un survivant auparavant, ce ne sera plus le cas et même si je n'ai rien tranché de manière nette dans la précipitation, la lame éjecte des morceaux de matière grise si je puis dire de sa tête, je peux attester de sa seconde mort. Un second suit, ce ne sont pas les premiers de la journée et vu la rue dans laquelle je me trouve, ce ne seront pas les derniers. Je me suis faite cernée par les morts il y a de cela une petite minute et les voilà qui se rapprochent dangereusement.

La béquille de la moto a claqué froidement et déjà les premiers morts m'agressent, voyant en moi leur prochain repas lorsqu'ils ont réussi à bloquer toutes les voies de replis de la ruelle. Je ne compte cependant pas les laisser m'avoir et vu leur nombre, je pense pouvoir laisser ma moto ici un certain temps avant qu'un survivant ne soit tenté de me la prendre, surtout avec le guidon verrouillé. Le combat se poursuit mais un rôdeur tombe en arrière et emporte la lame japonaise avec lui, me laissant armée de mon sabre que je sors de son fourreau avec détermination. Un mort m'agrippe le bras au moment où je m'apprêtais à frapper et je me retourne en lui explosant les dents à coups de coude. Je n'ai pas anticipé le mort qui m'attrape par l'épaule avant de tenter de croquer dedans. Mauvais choix, la cotte de maille troquée au biker blond a bien servi et ses dents pourries n'ont aucunes chance faces aux épaulettes que j'ai cousues par dessus le cuir déjà épais du blouson de moto.

Je suis pratiquement sûre qu'une dent reste accrochée dans la cotte lorsque j'envoie ma tête en arrière pour exploser le nez de mon assaillante avant de commencer un replis stratégique de survie. Il n'y a pas grand chose mais je grimpe sur une benne à ordures avant que des mains avides ne se tendent vers moi. Le mur contre lequel j'ai posé mon dos semble mener à des habitations et je range mon arme dans mon dos avant de ramasser une brique tombée lors d'une explosion sur la poubelle pour la lance contre une fenêtre. J'ai toujours été douée au lancer et je touche ma cible. Je m'élance pour m'accrocher au rebord et tire de toute ma force sur mes bras pour me hisser assez haut afin de passer le bras par le trou. Un déclic et je retire mon bras du trou en me coupant par mégarde. Toujours suspendue, je me dépêche de soulever la fenêtre et de passer à l'intérieur pour m'affaler sur le sol d'une cuisine où la poussière s'est accumulée pendant deux années consécutives d'abandon.

Je regarde mon bras d'où coule le sang rouge et prie pour ne pas être infectée, mais un regard à ma moto entourée de personnes bien trop mordantes à mon goût et la pseudo sécurité dans laquelle je suis actuellement me dissuadent de retourner chercher la trousse de secours. Heureusement, je suis encore armée.
Le couteau de combat sorti de son étuis, je commence mon exploration de l'appartement à commencer par la chambre sur ma gauche, mais elle est vide, il reste une porte fermée et le salon. Je ne m'inquiète jamais des portes fermées, aucun mort ne peut ouvrir une poignée, je l'ai vu une fois mais là, ce sont des poignées rondes dans tout l'appartement de ce que j'ai vu. J'ai appris à faire attention aux détails. Le salon est assez cosi même si la poussière attriste l'ambiance déjà moribonde. Je pénètre à l'intérieur et à peine le seuil de la porte franchit, une morte-vivante me saute dessus de la droite, me projetant contre un piano à queue qui me déplace au moins une ou deux vertèbres pendant le choc, laissant entendre un craquement désagréable lors de notre chute au sol.

Les techniques apprises auprès de Barry sont utile et pour les rôdeurs comme pour les animaux errants, le pire à craindre est la morsure. J'ai donc aussi décousu les brassards de la cotte de maille pour les attacher par dessus le blouson avec des sangles, heureusement que c'était un équipement fait pour homme et donc suffisamment grand ! Grâce à cela, je peux me permettre de sacrifier mon bras gauche pour faire mordre la morte dedans. Elle coince ses dents dedans comme prévu et continue de mordre en essayant de traverser. Mon couteau traverse plusieurs fois son abdomen mais elle bloque mon bras armé. Je laisse l'arme plantée dans son ventre et remonte ma main pour attraper l'arme de lancer dans ma manche. Au moment où je le tire pour le planter dans la tempe de la pauvre femme, un autre mort attrape ma jambe et sort de sous le piano. Je ne l'ai pas vu jusqu'à présent, trop occupée à lutter contre celle qui m'a mise à terre et je n'ai pas le temps de réagir avec un cadavre sur moi qu'il est sur moi et plonge ses dents dans mon T-shirt puis ma peau, à peine en dessous des cottes.

J'hurle de douleur et utilise le regain de force dû à l'adrénaline pour éjecter la morte de l'autre côté avant d'attraper le second mort-cannibale par les cheveux pour les exploser le visage contre le sol à plusieurs reprises. Je m'arrête lorsqu'on ne peut plus le reconnaître et recule en rampant jusqu'à heurter le mur. J'ôte alors immédiatement mon blouson et soulève mon T-shirt pour observer la blessure.

- Et merde ! Et merde !

Qu'est-ce que je vais faire avec ça ? Je ne peux pas rentrer, il y a au moins un jour de voyage et si Aube me retrouve comme ça, elle m'en voudra c'est certain. Malgré moi, je commence à sangloter. Je pensais être forte mais je viens seulement de dépasser mes obstacles et je ne m'attendais pas à mourir comme ça. Même mon talkie-walkie est restée sur la moto. Je me sens misérable, incompétente et absolument inutile. Je vais mourir comme une merde au fond d'un appartement délabré d'un bled perdu et désert à cause d'un gland planqué sous un piano pour mourir. Et je ne pourrai pas dire au revoir à ma fille.

Retourner à la moto ne servira à rien, je suis blessée à mon bras armé et le mort m'a arraché un trop gros morceau de viande pour que je puisse espérer ne pas être infectée. Encore s'il m'avait mordue au bras où à la jambe, j'ai entendu dire que certains ont survécu comme ça, mais je me vois mal me couper en deux au niveau de l'abdomen. Il ne reste qu'une seule solution. Je me redresse sur mes genoux, face aux deux morts étendus dans le salon et ramasse le couteau de combat avant de pointer la lame vers mon coeur en tenant le manche des deux mains.

- Je suppose que c'est le moment où je dis Harakiri.

Je ne suis pas particulièrement croyante, mais depuis qu'Alair m'a offert mon sabre, j'avoue m'être penchée vraiment sérieusement sur les religions du pacifique et ça m'a bien plus. Même si la réincarnation cette fois sera franchement pas potable. Je pourrait me suicider proprement sans revenir avec mon glock mais... je n'ai jamais aimé cette arme et le couteau est bien plus chargé émotionnellement, c'est le couteau de ma rédemption. Je relève la tête pour observer la fenêtre de l'autre côté du couloir, je veux voir de la lumière en mourant. C'est comme si j'apercevais les visages de tous ceux qui comptent encore pour moi, Doc bien sûr, et puis Barry et Lyuba, Dawn... Je suis déçue de partie comme ça.

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Sam 24 Juin - 0:02

Le ciel, le vent frais… l’homme sage médite, son esprit est loin, loin au-dessus de ce monde de conflits et de bassesses. Il a les yeux fermés, pourtant il a une conscience accrue de son environnement, du bruissement des plumes du corbeau qui l’observe a quelques mètres de là, du tumulte des âmes perdues gémissantes au pied de l’immeuble où il est installé…. L’eau trouble et mouvante de ce que les esprits étriqués aimaient qualifier de « réalité » devint mouvante. Les bruits autour de lui s’accentuèrent et le corbeau coassa vigoureusement, forçant l’homme aux pieds nus à interrompre sa méditation.

Il avait autour du cou un pendentifs aux entrelacs complexes symbolisant des ailes noires. Peu de gens encore vivants pouvaient savoir ce que symbolisait l’ordre du Corbeau, mais pour le serviteur de l’équilibre, l’oiseau était plus qu’un symbole, c’était un messager et il n’avait pas la prétention de se détourner de l’injonction qui lui faisait. Il arriva près du rebord du toit du bâtiment sans que l’oiseau ne semble vouloir s’enfuir. De son mirador il vit les âmes perdues entourées une âme en perdition. « -Ainsi elle a attiré ton attention… »L’homme alla tranquillement vers l’escalier qui le menait aux étages inférieurs. Il marchait sans hésitation, puis, il s’arrêta à un étage. Etait-ce le bruit d’un combat ou autre chose qui le guidèrent vers l’appartement où la femme avait pensé, à tort, trouver refuge. Impossible de le savoir. Il écarta quelques âmes perdues, sans violence excessive, du bout de son bâton et ouvrit sans bruit la porte le menant à la femme. Quoique l’homme pu voir dans cette scène, il avait compris, il savait maintenant pourquoi ses pas l’avaient mené ici. Le corbeau venait de se percher sur le bord de la fenêtre, voulait-il être le témoin des événements qui allait venir pour aller les murmurer a une oreille plus céleste ? - Je suppose que c'est le moment où je dis Harakiri. -Il me semble que, mis a part que vous n’êtes pas du bon sexe, sans tanto ou sans wakizashi votre seppuku est compromis. Avez-vous besoin d’un kaishakunin pour vous accompagner dans votre expiation ou préférez-vous reconsidérez votre geste ?» L’homme entra calmement sur ces mots pour se placer devant l’âme égarée. Il la considéra de son regard à la fois doux et neutre avant d’enchainer.«-Je vous aurais cru plus combative et non pressée d’aller rejoindre le troupeau des âmes perdues. »Il resta immobile, les mains dans le dos, à attendre le choix de la femme devant lui.
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Sam 24 Juin - 7:14

Un homme apparaît dans le couloir devant moi et commence à faire des suggestions avisées mais très malvenues pour aborder une fille sur le point de se suicider. Je le regarde s'approcher d'un oeil noir et écoute attentivement ses recommandations. Je suis mordue, je suis morte, il lui faut quoi de plus à ce bon monsieur ? Et puis c'est quoi cette histoire que les femmes ne peuvent pas se suicider à la japonaise ? Je les pensais plus malins. Et dans mon état de panique, je n'ai pas vraiment compris un des mots de sa dernière phrase qui n'étais pas en anglais, ça a tout cassé dans ma compréhension.

- Je ne me suis jamais arrêtée aux questions de genres. Et je n'avais pas de telles armes sous la mains. J'ai été mordue, donc si vous voulez bien me laisser tranquille, j'essaie d'avoir un moment là. Tout mon stuff est sur la moto.

Je veux juste mourir en paix. Il devrait être content après tout... free véhicule, bouffe et arsenal. Je remarque qu'il est pieds-nu, waouw, ça faisait longtemps que je n'avais pas croisé un rasta. Mais même si son ton est vraiment apaisant, je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi il essaie de me mettre au défi alors que je suis sur le point de mourir, d'une façon ou d'une autre.

- Il n'y a plus rien à combattre. It's over ! J'ai perdu.

C'est difficile à admettre après tout ce que j'ai enduré, mais à cet instant, même l'énorme cicatrice de mon épaule visible puisque j'ai retiré mon blouson pour être moins lourde au moment de ma mort, histoire de ne pas descendre trop vite en enfer non plus, même cette cicatrice ne me gène plus. Je ne peux plus rien faire, pas même lutter en me séparant d'un membre ce que j'aurais fait sans hésiter. Mais la plaie commence déjà à suppurer, mon corps tentant comme il peu de rejeter le poison de la mort. Je regarde ma plaie au bras, elle n'est pas très belle non plus mais elle est encore plus ou moins propre, c'est déjà ça. Je relève la tête lorsque l'homme s'approche et finit par négocier une position assise contre le mur un peu plus confortable. Après tout, si je suis vouée à mourir ici, ma moto encerclée par les déterrés avec une espèce de vision d'un type pieds-nus, j'ai tout mon temps, j'ai entendu parler de gens qui ont attendu presque vingt-quatre heures avant de mourir d'une morsure.

- Si j'avais envie de vous appeler, comment devrais-je le faire ?

Il a l'air assez axé sur les bonnes manières et entre ma formation, rodée aux relations publiques, et l'éducation à l'anglais qu'Alair m'a inculqué à mon arrivée à la librairie pour que nous soyons en état de communiquer, je suis capable d’interagir assez facilement avec ce genre de personne pour qui le monde n'a pas cessé de tourner. J'attends qu'il réponde avant de me présenter à mon tour, posant la main sur mon coeur par réflexe pour signifier que je parle de moi, les mots ayant parfois du mal à sortir dans pareille situation.

- Skywalker. Mais au point où on en est, vous pouvez m'appeler Leïa.

Sans savoir si c'est le venin du mort qui fait déjà effet ou mon niveau d'épuisement qui atteint un seuil critique mais j'ai la tête qui tourne. Je jette sans arrêt des regards à ma morsure comme si je m'attendais à en voir sortir Alien mais elle ne change pas très vite et je me sens peu à peu envahie par une vague de panique devant l'approche de la mort. Voilà pourquoi je voulais en finir vite.

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Sam 24 Juin - 9:17

L’homme était resté aussi immobile qu’attentif lors de l’explication de la petite âme fragile. Il ne put retenir un léger froncement de sourcil lorsqu’elle évoqua son « stuff » ou qu’elle affirma qu’elle était déjà morte. Il ne la quittait pas des yeux, comme s’il n’y avait plus rien d’autre dans l’univers. La soupesait il ? Voyait-il plus qu’une jeune guerrière mordue ou une âme faible sur le point de se perdre totalement et presque irrévocablement ? Malgré lui, un sourire amusé se dessina sur son visage lorsqu’elle donna son nom : Leia Skywalker. Un étrange souvenir de son enfance et de son ancienne vie, resonna avec cette évocation. Une réminiscence d’un moment où lui aussi était égaré sans le savoir. Le corbeau coassa d’impatience tout en piétinant le rebord de la fenêtre. Un guide ne pouvait se permettre de se perdre néanmoins, l’homme était doté d’une certaine forme d’humour. Celle qui faisait de lui un Sensei souvent apprécié. « - Et bien, pour une morte, vous me semblez plutôt bien vivante… »

Il s’assit doucement à genoux devant elle, tournant le dos à la fenêtre. Il posa son bâton devant lui avec des gestes méticuleux propres aux sensei asiatiques. «- Si vous le permettez, j’aimerais rester parler un peu avec vous, ne serait-ce que pour arrêter cette tempête qui semble vous aveugler. Quant à comment vous avez envie de m’appeler, j’imagine que ce n’est pas moi de vous dire ce que vous souhaitez, vous me semblez être une âme suffisamment volontaire pour décider toute seule. Et puis, certainement que votre inspiration changera au fil du temps, fou aujourd’hui et peut être Obi One Kenobi demain, qui sait… Dans mon ordre on m'appelle Yīshēng, ce qui signifie celui qui soigne.» Il ne quittait pas la femme des yeux, même quand le corbeau piaffa à nouveau d’impatience. Le volatile noir se décida à entrer dans la pièce pour se poser sur le piano et lui aussi scruter la femme. Est-ce pour avoir un meilleur angle de vue ou juste pour attendre la fin de la femme? Cela ne sembla pas déconcentrer l’homme aux pieds nus qui ne lui prêta aucune attention. «- Considérez moi comme un guide, une personne qui peut vous aider à arpenter un autre chemin que celui de vous penser inévitable. Je ne peux pas me battre ou choisir à votre place, mais je vous accompagnerais si vous décidez d’accepter que votre esprit peut ne pas s’arrêter à une morsure. »
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Dim 25 Juin - 6:01

Je fronce les sourcils en l'écoutant parler. C'est tentant et je me demande s'il essaie de me donner de l'espoir pour la fin de ma vie ou s'il est vraiment convaincu de ce qu'il dit. Si ça se trouve, c'est une hallu, un type pieds-nus en toge qui me raconte que je peux survivre à une morsure de mort-vivant... Mes paroles sont poussées par un instinct de survie indétrônable qui me commande de continuer s'il y a la moindre chance de m'en sortir.

- Eh bien Yīshēng, s'il y a la moindre chance que vous ayez sur vous la potion miracle, je vais avoir besoin d'aide mais je ferai tout ce que je peux.

Je ne suis pas passé par tout ça pour crever en disant non à un type qui dit qu'il peut m'aider. Ce serait totalement stupide et si Alair pouvait m'observer, et il dirait également que dans ma situation, je dois tout tenter, même si je dois le supplier.
Adossée au mur, j'utilise ma main gauche pour relever un peu mon T-shirt et observer la morsure sur mon flanc. C'est vraiment moche, j'ai déjà vu ça avant et d'ici une demi-heure, la fièvre va commencer à monter jusqu'à ce que je perde la tête à cause des hallucinations.
En revanche, je crois voir où il veut en venir lorsqu'il dit que l'âme peut survivre à plus grave que cela, je ne vois juste pas comment une âme pourrait vivre sans corps...

- Je ne veux pas mourir, c'est trop tôt.

Je m'accroche au couteau de combat en serrant mon poing autour comme pour me convaincre que je pourrai venir à bout de la maladie. Par contre ce mec est vraiment bizarre et il semble venu d'une autre époque. Une époque où on portait des toges et des espèces d'outres en peau de bête. Il a même déposé une sorte de bâton de marche devant moi et je l'observe de haut en bas un peu méfiante. J'essaie de me montrer accueillante cependant mais c'est compliqué de savoir que mes heures sont comptées. Peut-être que je devrais me préparer un cercueil, je doute que ce type soit enclin à réaliser ce travail. J'en peux plus et je sens que je vais craquer, son regard me transperce comme une lance et j'ai l'impression d'être sondée sans cesse.

Je dégaine le pistolet de mon holster et le dépose à côté du couteau de combat, mon regard se pose tristement sur le couteau de lancer planté dans la tête de la morte un peu plus loin que je n'ai pas pris le temps de récupéré et je finis par retirer la sangle du khukuri de mon épaule pour la déposer sur le tas d'armes à côté de moi. Je suis totalement désarmée mais je veux vivre.

- Je ne vous attaquerai pas soigneur. Si vous pouvez me faire rester parmi les vivants, je vous serai redevable à vie. Mais si vous échoués, j'aimerais que vous m'empêchiez de revenir avec cette arme.

Je pointe du doigt l'énorme couteau de combat sans justifier mon choix mais j'ai toujours procédé ainsi. Ce couteau a servi à tuer mon frère et je me dis que je le retrouverai plus facilement si la même lame m'emporte. C'est dans ce genre de moment qu'on se rend compte d'à quel point c'est rassurant de croire qu'il y a un monde après, sinon à quoi bon avoir survécu tout ce temps sur terre ?

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Lun 26 Juin - 15:53

L’homme écouta avec un intérêt presque religieux les mots de la jeune femme. Même le corbeau avait fait silence comme si lui aussi prêtait l’oreille a son choix. Tous deux étaient suspendus à ses levres. L’homme pouvait donner l’impression qu’il avait l’éternité devant eux pourtant, seul un sot n’aurait pas compris à quel point le temps pressait. La femme n’avait pas tort, dans quelques heures si le Yīshēng, n’intervenait pas, elle serait dévorée par une fièvre qui risquait de consumer sa raison. Pourtant il resta calme et ne la pressa à aucun moment. Il avait, plus que quiconque dans ce bas monde, conscience de la gravité de cette décision. Rejoindre la meute de ceux qui s’étaient totalement perdus était plus simple que de décider de braver le rééquilibrage qui s’abattait sur l’humanité. Dès qu’elle clama son souhait de vivre le corbeau s’envola dans la pièce croassant jusqu’à la fenêtre comme pour scander a des oreilles invisibles et insondables les prémices de ce qui était en train de se jouer dans le petit appartement.

L’homme n’attendit pas plus pour sortir, avec minutie, le contenu de son sac. Son geste étaient précis et rapides. En peu de temps il avait devant lui son nécessaire d’acuponcture, ses herbes et son encens. Il esquissa un sourire lorsqu’elle lui promit de ne pas l’attaquer. La fougue de la jeunesse était souvent aveuglante, mais il se garda bien de lui dire qu’il avait appris à ne plus craindre ni les morts ni les vivants. «-Vous ne me serez redevable de rien, c’est à vous seule qu’incombera votre réussite.  Il n’y a pas de potions magiques autre que votre volonté, la morsure n’a d’impact que sur des esprits faibles, sauf que cela fait des générations et des générations que les humains se sont perdus sans s’en rendre compte. Aujourd’hui ils s’étonnent presque d’arriver à cette nouvelle face de leur évolution… » L’homme montra de la main la fenêtre, d’où les gémissements continuaient à monter. Il fit signe à la femme se s’approcher. «- N’oubliez pas une chose, je ne suis que le guide, au final, tout ne va dépendre que de vous, je peux vous donner les pistes, je peux ralentir la fièvre pour vous permettre de livrer ce combat, mais mon rôle s’arrête là. Je n’ai pas le droit ni la possibilité de faire plus, et si vous ne trouvez pas le chemin aujourd’hui, je ne vous apporterais pas la mort… »

Il alluma une petite bougie au-dessus de laquelle il plaça une tasse d’eau et quelques herbes choisies avec soin. Tous ses mouvements étaient exécutés avec la grâce des calligraphes asiatiques, comme s’ils avaient un sens au-delà de leur finalité explicite. Dès que l’infusion fut prête, il la tendit à la femme. L’amertume des feuilles curatives mêlée aux effluves, plus épicés, des plantes propices à la méditation n’augurait pas un gout spécialement avenant. «-Il va falloir être forte, avoir confiance en vous et en moi. Il faut que vous combattiez ce qui vous rend faible. Puis je vous demander de vous mettre torse nu et de me confier pourquoi vous êtes en colère et pourquoi vous avez peur? » Quand il eut ses mains libres il alluma un petit morceau d’encens, baignant la pièce dans un voile de fumée camphrée.
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Mar 27 Juin - 2:42

Je pousse un soupir de dépit lorsqu'il me dit que ce ne sera pas lui qui pourra m'aider mais moi et moi seule. Ah quoi bon s'attarder alors ? Malgré tout, personne ne m'accusera d'avoir jamais refusé un thé et je prends la tasse chaude dans mes mains avant d'en boire une gorgée. Le goût est dégueulasse, bien loin du Earl Gray de Doc, mais je termine quand même ma tasse avec avidité et concentration, assise en tailleur et les yeux fermés. Lorsque je les ouvre à nouveau, ma vision semble un peu moins précise mais je serai incapable de dire s'il m'a drogué, pitié faites que nous, je n'ai pas envie de passer ma dernière heure vivante à me faire violer à moitié inconsciente.

Malgré cela, je n'ose ni l'interrompre, ni lui dire de me laisser tranquille et je n'ai plus rien à perdre, ma dignité s'est envolée quand j'ai réalisé que je n'aurais jamais le temps de retourner vers ma nouvelle famille avant de mourir de la fièvre. C'est donc sans réelle pudeur que je retire mon T-shirt tandis que ma poitrine est toujours cachée par le soutien-gorge de sport qui me permet de combattre efficacement sans gêne, dans le doute, je la retire aussi. Ce n'est pas de me retrouver à moitié à poils devant un inconnu qui va me refroidir même si mes sourcils se sont haussé à sa demande avec un air de dire "touche-moi et tu vas voir sale pervers", c'est surtout le fait que sans mon haut, il peut voir les cicatrices sur mes épaules et mon buste, signes d'une torture interminable d'il y a quelques mois. Et par dessus tout ça, on a en plus une belle morsure toute fraîche qui n'est plus cachée par le tissu, je suppose que c'est ça qu'il voulait voir. Avec un sourire ironique, j'arrête de fixer mes cicatrices et reporte mon attention sur Yīshēng.

- Alors, c'est grave Soigneur ?

Je ne peux pas m'empêcher de rigoler devant ma connerie. Mais rire me fait du bien, c'est mieux de mourir en riant qu'en pleurant à mon avis. Vu qu'il a dit qu'il ne pouvait pas m'aider. Il sait se montrer convaincant et je me laisse aller à me confesser sur ce que je crains.

- Je ne veux pas que ça s'arrête. Il y a une petite fille qui m'attend et j'ai à peine commencé à la former. Il y a des gens qui méritent des adieux.

Je pense à Doc, à Ghost et Kirasir... Même un petit coup d'adieu avec Ice n'aurait pas été de refus. Mais je vais devoir me contenter d'un gugus déguisé en Moïse croisé avec Confucius, s'il est capable d'exaucer des miracles ça me va. Ma curiosité l'emporte quand même et le côté pragmatique refait surface de manière aussi subite qu'inattendue.

- Dites-moi comment ça fonctionne. Qu'est-ce que je dois faire pour survivre ?

Par contre s'il me dit que son sperme exauce les vœux, je l'ouvre en deux, foi de Leïa. Si je devais me vouer à un dieu, ce serait probablement Arès et ça ne me pose pas de problème de sacrifier une vie juste avant de mourir, je ne suis peut-être pas pudique mais il ne va pas m'entuber comme une idiote non plus.

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Jeu 29 Juin - 15:42

L’homme resta imperturbable, tant devant le regard exprimant autant de doutes que de menaces de la jeune femme, tant devant les cicatrices de son corps. Quoiqu’il puisse éprouver ou penser, cela ne se reflétait pas sur son visage. Certainement de longue années a pratiquer la médecine l'avait affranchie de réactions devant ses patients. Même le corbeau resta silencieux. La morsure était récente et pas encore trop boursouflée. Dès le premier contact de la chaire l'entourant, il nota néanmoins la chaleur anormale de la femme. Elle avait déjà un pied sur la mauvaise voie, celle qui l’amènerait vers le troupeau de ceux qui étaient perdus. Complètement ignorant des pensées délirantes de la jeune femme, surement dues à la fièvre et à la peur, l’homme chercha, sans perdre une minute, les méridiens composant les chemins du cœur et de la tête avant d’enfoncer les fines aiguilles d’acuponcture. Cette pratique, bien que sans douleur, demandait une grande maitrise des points d’acuponcture. « - Vous allez sentir une légère gêne, je suis en train de ralentir votre cœur pour vous faire gagner du temps sur ce qui se répand dans vos veines. J’aide aussi votre esprit à se libérer de ce qu’il pense inévitable. Il va falloir que vous soyez convaincue que votre corps n’est un qu’un outil au service de votre âme, et que ce n'est pas à lui de décider de ce qui doit advenir de vous.»

Même s’il était habile, le chemin du cœur était loin d’être évident et cela demandait une bonne dose de concentration, surtout lorsque l’on savait les dégâts qui pouvaient être causés par une aiguille placée sur un mauvais point. Rien de pire qu’un chemin mal dessiné, ou d’une accélération des battements du cœur de la femme. Il avait tellement peu de temps pour lui faire comprendre tant de choses. « - Je dois m’excuser à l’avance jeune Leia, je n’aime pas bousculer les gens, et d’habitude, ceux qui viennent à moi n’ont pas un tel compte à rebours d’inscrits dans leur chair. Mais avant de vous guider, j’ai besoin de savoir à quel point vous être éveillée. L’univers m’a conduit à vous, c’est forcément que vous avez été choisie par lui parce que vous avez le potentiel de réussir l’épreuve qu’il vous inflige avec mon aide. Alors dites-moi, de quoi avez-vous peur ? Et à votre avis, pourquoi ceux qui devraient être morts bafouent tous les principes universels que nous pensions immuables ?» Tout en parlant, ses longs doigts continuaient à traquer les méridiens et à planter aiguille après aiguille.
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Ven 30 Juin - 6:38

Je le vois sortir des aiguilles d'acupuncture et je sais où il veut en venir même si j'ai de sérieux doutes à propos des effets de la médecine chinoise sur une morsure de déterré. D'un autre côté, quitte à lui obéir, j'ai déjà retiré mon haut, je ne suis pas contre une séance de médecine douce et au moins, je mourrai complètement stone. Je m'allonge donc sur le dos pour lui donner l'opportunité de planter ses aiguilles là où il faut, je préfère qu'il ne se loupe pas. Ses paroles sont apaisantes et je crois que je commence à voir où il veut en venir.

- Vous voulez dire comme de la méditation ? Je fais de la méditation chai depuis quelques mois, vous savez avec le thé ?

Je ne suis pas vraiment sûre de ce que je lui dis mais après les enseignements d'Alair et ce que j'ai lu à la bibliothèque, on peut dire qu'il s'agit de méditation donc je me sens capable d'assurer ce genre de tâche. Par contre, ses questions me troublent un peu, comment ça à quel point je suis éveillée ? Je ne savais pas qu'il agissait comme psychiatre aussi mais après tout, pourquoi pas. Ça doit être un genre d'escroc qui attend que les survivants meurent pour leur piquer leur stuff sans avoir à les achever ou peut-être que c'est Saint Jean. Dans tous les cas, à quoi bon résister ? Et je me laisse aller à répondre en suivant simplement le fil de mes pensées.

- J'ai seulement peur de la mort, que tout s'arrête. Est-ce que vous voulez dire que ce qui est en train de m'arriver, c'est que mon âme quitte mon corps alors que je ne suis pas encore morte ?

Ce serait de la résignation qui nous tuerait ? Nous les grands consommateurs d'anti-dépresseurs ? Ça a du sens. Je reprends sa question.

- Personnellement, j'ai toujours pensé que c'était un virus présent dans l'air. Vous savez qu'on peut se réveiller après sans avoir été mordu ? Et que la morsure était simplement aussi fatale qu'un coup de khukuri à cause des maladies que doivent transporter ces monstres.

C'est vrai que c'est une explication bien plus logique que tout ce que j'ai entendu jusqu'à présent et même si j'avoue avoir une vision très occidentalisée, on ne peut jamais vraiment savoir ce qu'il se passe. Il y a bien des gens qui ont raconté des choses depuis que les morts se sont relevés et sont sortis de leurs tombes.

- Mais si tout cela existe vraiment, ça veut dire que je reverrai mon frère.

Mon regard se perd sur le plafond décoré et j'ai l'impression d'oublier jusqu'à l'existence des aiguilles qui transpercent ma peau. L'idée de revoir Luke est tellement apaisante... surtout après ce que j'ai fais subir à son assassin.

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Mar 4 Juil - 16:55

L’homme restait aussi impassible qu’une statue en écoutant la jeune femme. Difficile de savoir s’il s’alarmait ou si au contraire il était satisfait des réponses qu’elle lui apportait. Il avait presque fini le chemin du cœur. «-Vous allez avoir l’impression d’un engourdissement, c’est juste votre cœur qui va être au ralenti.» Il continua néanmoins de placer d’autres fines aiguilles de part et d’autre pour lui libérer l’esprit et la force nécessaire pour ne pas rejoindre les âmes faibles et perdus qui se complaisait de la parodie de leur existence si futile. « -Vous avez une vision intéressante des choses, petit oiseau égaré, mais vous êtes encore perdue dans le brouillard de vos certitudes. Vous dites avoir peur de la mort, mais ce que vous désignez comme la mort n’a rien à voir avec cette dernière… le vrai risque pour vous dans les heures qui viennent n’est pas de mourir, mais juste de vous perdre là où je ne suis pas encore certain de pouvoir vous retrouver. Votre âme sera toujours là mais si faible que vous serez réduite au pire état possible pour designer un être humain. La mort est une toute autre chose, elle fait partie d’un cycle naturel auquel ceux qui vous ont mordus échappent totalement. Si vous triomphez de cette épreuve et que vous le souhaitez, peut être pourrais-je vous parler de la voie du Bushido qui pourrait vous apprendre à ne plus craindre la mort.»

L’homme plaça avec précaution les deux dernières aiguilles sur le visage de la jeune femme. «-Le chemin de la tête est fini, vous risquez d’avoir quelques étourdissements et aussi une perception différente de la réalité. Laissez les images vous visiter et vous emporter. Il n’est pas impossible que vous ayez même la sensation de "sortir de votre corps" pour retourner dans vos souvenir. Guidez-vous au son de ma voix si vous veniez à vous sentir perdue et n’hésitez pas a me décrire ce que vous voyez si vous avez le sentiment que je peux vous aider dans votre combat sur ce qui empoisonne votre Esprit. ». Le guide ne disait pas le mot hallucination car pour lui il s’agissait de toute autre chose. Il venait d’ouvrir une partie de son esprit caché, là où elle avait soigneusement ranger tout ce qu’elle voulait oublier, tout ce qu’elle préférait ignorer, et tout ce qui constituait la pierre qui la plongeait vers des abimes sans retour. Il venait de la condamner a revivre les pires moment de sa vie pour mieux les combattre et les surmonter. Sans ajouté un mot, il brula un autre morceau d’encens, donnant ainsi le signale à ce qui se tapissait dans les recoins de ses souvenirs de sortir de leur cachette. «-Rappelez-vous une chose, vous n’êtes destructible que si vous le pensez, votre force et de savoir que rien ne peut vous arrêter… » Il resta près d’elle dans l’attente des mots qui ne tarderaient pas à franchir ses lèvres. Il n’était ni confiant, ni inquiet, il n’avait pas à être juge, il était seulement le guide prêt à épauler ceux que l’univers pensait digne de sa quête.
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Mer 5 Juil - 6:30

Les aiguilles se plantent les unes après les autres dans ma peau et je sens une sensation de chaleur gonfler dans mon ventre. Je l'entends dire que je vais faire un voyage psychique mais sa voix est déjà plus éloignée que ce à quoi je m'attendais et je vois des silhouettes devenir de plus en plus précise.

- Oh non !

Pitié ! Il fallait qu'on en revienne à ma première fois ? Hors de question que je raconte ça au Senseï... Une histoire que je n'ai jamais raconté à personne. Heureusement, l'image passe très vite et le lien se transforme en un autre que je connais bien. Nous y voilà. J'ai toujours du mal et je ne sais pas si je crie ou murmure mais seul le nom de Luke parvient à franchir mes lèvres à plusieurs reprises.

Je vois Johan mettre mon jumeau à genoux, ses yeux noisettes croisent les miens tandis que sa gorge s'ouvre. Il se vide rapidement de toute vie et je vois une sorte d'aura lumineuse sortir de ma ceinture. Non ce n'est pas ma ceinture mais c'est le couteau. Je réalise alors que je suis moi, moi de maintenant et pas moi d'il y a six mois. À ma ceinture, il y a le couteau de Johan qui disparaît de sa main. En une fraction de secondes, Johan, Nick et le troisième sont étendus à mes pieds, raides morts.

- Luke est mort, tout le monde est mort. Il reste mon père.

Non, lui n'est pas mort. L'homme aimé par tous, adoré de sa famille et de ses amis. Tant pis j'y vais, je me sens sur-puissante dans cette sorte de vision et lorsque mon poignard frappe un mort, celui-ci part en fumée comme s'il ne s'agissait que d'un spectre. Je travers ainsi Detroit beaucoup plus vite que je ne l'ai fais à moto mais j'ai l'impression de voler pour atterrir devant la porte de la maison familiale.

- Je vais voir mon père, il est déjà mort.

Mais cette fois je me sens prête et j'essaie de me concentrer sur la voix du guérisseur pour y chercher un peu de réconfort. Et s'il avait vraiment raison ?

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Dim 16 Juil - 16:03

L’homme resta le témoin muet du combat intérieur que ce livrait la jeune femme. Il l’écoutait avec attention devinant à ses expressions et ses mots le drame qui lestait son âme. Luke… il n’osait rien dire de peur d’interrompre le voyage de la jeune femme, mais il ne put empêcher une pensée sur le fait que cette Leia connaissait un Luke. Si c’était son frère, elle avait très certainement des parents fans de Georges Lucas... ou doté d’une certaine forme d’humour. Il fronça les sourcils en entendant la jeune femme expliquer, assez succinctement, trop peut-être pour que le druide puisse intervenir et la guider, le massacre de ce qui devait être sa famille et ses amis. L’homme s’approcha doucement et lui prit la main se doutant que ce contact, alors que son esprit était en train de vagabonder dans ses souvenirs, n’aurait pas un grand impact sur la voyageuse. Au moins il avait une idée du nœud qu’il fallait dénouer au plus vite s’ils ne voulaient pas que la morsure l’entraine vers les âmes perdues. «-Ils ne sont pas mort, ils ont été délivré, mais vous, vous vous avez été plus forte que cela, vous ne les avez pas suivi vers ce chemin. Du moins pas complétement car vous avez laissé un morceau de vous partir avec eux et c’est cela qui va vous mener à votre perte… » L’homme ne jugeait pas. Il ne se souvenait que trop bien de ce qu’il avait ressenti à la perte des siens. Il n’avait pas oublié le chagrin et la colère qui avait failli le consumer pour finalement l’amener à la première marche du chemin vers la sagesse. Mais lui avait mis des années à trouver la paix et l’acceptation face à ce qu’il pensait inacceptable. La jeune femme n’avait pas le luxe d’avoir autant de temps. Il reprit doucement avec cette voix rassurante qu’ils réservaient à ses patients lorsqu’ils leur suggéraient des moyens d’évasion face à la douleur. «-Je vous demande d’essayer de vous concentrer, vous pouvez tout faire, ne l’oubliez pas. C’est vous la seule maitresse des évènements que vous êtes en train de revivre… votre esprit est fort, plus que ce qui vous embourbe. Je veux que vous reveniez avant la mort de Luke et de votre père. Bien avant, quand vos souvenirs liés à eux n’étaient que des souvenir heureux et apaisés. Je veux que vous soyez forte, je veux que vous arriviez à les percevoir tels que vous auriez toujours dû les voir. Je veux que vous arriviez à leur dire au revoir sans vous perdre avec leur départ… »
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Lun 24 Juil - 18:31

Ce qu'il me demandait là n'était pas facile. Comment pourrais-je ne pas tout perdre en perdant ma famille ? Finalement, sa main trouve preneuse et je m'accroche à cela comme si c'était le dernier lien me retenant au monde des vivants. Revoir mes souvenirs et les visiter n'est pas difficile, je distingue clairement les membres de ma famille et finalement, la seule qui ne me pose pas vraiment de problème est ma mère. Non seulement j'ai toujours été plus proche de père mais comme je n'ai jamais pu attester de sa mort, elle reste dans une zone trouble et ça me fait du bien de me dire qu'au moins une personne de ma famille a du partir en paix. Des sueurs froides traverses mon corps de part en part lorsqu'il me dit que je dois récupérer une partie de moi. Quelle partie ? Je connais la Leïa qui a vu la mort de son frère et son père dans la même semaine, je passe ma main libre sur mon épaule encore douloureuse, elle l'est depuis la séance de torture organisée à la suite de la mort de Luke et je commence à douter qu'elle ne disparaîtra jamais.

- C'est possible qu'une blessure m'entraîne ? J'ai mal à l'épaule depuis la mort de Luke, les autres plaies ont cicatrisé mais j'ai mal quand on touche.

Après tout, j'ai déjà enlevé les vêtements qui recouvraient la cicatrice et je me tourne pour lui permettre de voir mon épaule. Johan et ses copains se sont beaucoup amusés et entre les lézardes laissées par je ne sais quel outil, il y a une croix faite au couteau, probablement une des marques que je déteste le plus, pas à cause de sa place mais parce qu'on voit qu'elle a été faite exprès. Je n'en ai pas beaucoup qui ont été tracées volontairement...

C'est difficile de résister à l'envie d'ouvrir à nouveau les yeux ne serait-ce que pour voir la tête du guérisseur en voyant mon dos couvert de marques mais je ne veux pas risquer ma vie juste pour observer. Je continue de me concentrer sur les fameux souvenirs jusqu'à revenir au jour où mon père m'a donné l’harmonica. Je la sent contre moi dans mon blouson, à côté de mon permis de conduire et de quelques babioles sentimentales. Le petit instrument en métal gris brillant est maintenant cabossé en plusieurs endroits mais il fonctionne toujours et je risquerais ma vie pour ça sans sourciller.

D'une main distraite, je récupère l'instrument et le garde en main en sentant l'importance que cet objet a pour moi. À force de me concentrer sur mes souvenirs, j'en ai oublié le guérisseur qui s'affaire toujours à planter des aiguilles dans mon corps.

- Je ne voulais pas que des gens meurent. J'ai rien demandé de tout ça... Pourquoi j'ai survécu jusqu'ici ?

Est-ce que c'était un châtiment divin ? Ou une récompense ? Il y a forcément un sens à tout ça ! Pourquoi je ne fais pas partie de tous ces morts qui n'ont pas vu la fin du monde arriver et qui attendent encore la délivrance ?

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Lun 31 Juil - 1:21

L’homme serra la main de la femme. L’odeur de l’encens envahissait la pièce et l’aidait a garder suffisamment de force et de sérénité pour affronter a côté de cette femme ce qui serait sa toute fin ou sa renaissance. Ce combat, quoiqu’il ait pu affirmer, était le leur a présent. Leurs enjeux étaient loin d’être les mêmes, pourtant le druide s’impliquait comme s’il était vitalement lié à la femme dont les blessures étaient bien plus graves qu’une simple morsure d’une âme perdue. Il sentait la jeune femme de plus en plus attirée vers cet abyme d’enfer auquel son passé l’avait enchainée. Ses doutes, ses questions, ses incompréhensions, son besoin de comprendre sans être capable d’accepter… ce combat inutile qui l’empêchait de monopoliser toute ses forces. Pourtant il réussit à chasser le doute de son cœur et de son esprit. Cette femme vivrait. Quoiqu’il en coute, il n’était plus le druide, il était le Yīshēng, celui qui soigne, celui qui sauve. Il écouta la question de la femme. Il avait une bonne intuition de la réponse, pourtant il refusait de lui donner. On ne donne la vérité qu’a ceux qui sont perdus, les autres, on leur donne les moyens d’y accéder de par leurs propres moyens. «-Ce n’est pas à moi de vous répondre, mais il y a  bien une raison qu’il vous reste à découvrir qui explique pourquoi vous avez été choisie et pourquoi vous aller triompher de cette morsure.». Il changea de position, prenant garde à ne pas déplacer les aiguilles. Il lâcha doucement la main de celle qu’il guidait pour placer ses doigts de chaque côté du visage de la jeune femme. Il appuya sur ses tempes, sur les points des souvenirs et de la force mentale. Sa longue étude du Tai chi chuan lui avait appris la maitrise du ki et la philosophie du transfert d’énergie. Le grand chirurgien qu’il avait été, celui qui pensait savoir alors qu’il n’était d’un sot ignorant, s’était gaussé les premières fois où il avait entendu parler des méthodes de guérison par le ki. Pourtant, l’homme qu’il était devenu savait maintenant à qu’elle point il avait été dans le faux en ne vénérant que la médecine dite scientifique au détriment de celles, dites traditionnelles, qui avaient pourtant traversées les siècles. Par le mouvement de ses doigts sur les tempes de la femme, il essayait de lui communiquer une partie de sa force et d’apaiser ses souvenirs. « Vous êtes un cerf Leia, vous êtes la vaillance, la force et la vie à la fois réunies, vous devez vous laisser guider sur les pas de votre totem. » Dans l’ordre druidique, le cerf n’était pas seulement le symbole de la vie, de par la forme de ses bois, c’était aussi celui du gardien de la forêt, celui qui savait défendre avec force et conviction les siens. C’était le guide des cœurs nobles qui ne reculaient pas. Le vieux druide, se laissa entrainer dans un chant dont seul ceux qui avaient été initié au sacre des derniers druides au cœur de la forêt noire d’Ardenne pouvait comprendre. Cet appel sacres quémandant la force des protecteurs pour guider l’esprit de cette femme au cœur de cerf.

HRP:
 
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Mer 9 Aoû - 1:09

L'envie de lui demander s'il répond toujours par énigmes ou s'il ne fait ça qu'avec moi me démange mais la peur qu'il m'abandonne mêlée au respect que j'ai pour quelqu'un capable de me soigner me retiennent et je n'ose pas répondre. Ma main cherche la sienne lorsqu'il me relâche mais je me détend instantanément en sentant ses doigts sur mes tempes. Je cligne rapidement des yeux en lutant inconsciemment contre la drogue qu'il m'a fait boire pour garder le contrôle de mon esprit mais son histoire de totem me met un peu plus en confiance.

Je ferme finalement les yeux et me laisse guider par sa voix tandis que je visualise la pièce à travers mes paupières fermées. Un cerf lumineux semble nous observer et lorsque Yīshēng commence à chanter dans une langue qui m'est totalement inconnue, ma vision devient de plus en plus intense jusqu'à ce que la drogue enflamme mes yeux. Toute ma tête brûle alors intérieurement et je me met à hurler de toutes mes forces, incapable de me débattre physiquement tant je suis prise par mon combat intérieur.

Mes cris s'intensifient et les morts comme les vivants peuvent entendre ma voix résonner dans la ville morte tandis que je lutte pour survivre, aidée et guidée par l'homme en tunique. Il gagne ma confiance lorsque je suis incapable de bouger et qu'il continue à chanter. Je m'attendais à ce qu'il attende ce moment pour juste profiter de moi avant de me laisser crever à moitié consciente mais à ce moment, je comprends qu'il compte bien m'aider à passer outre les empreintes de dents dans mon flanc.

La nuit passe dans la douleur et ma voix semble être la seule chose physique que j'arrive à faire fonctionner. On pourrait croire que je suis à nouveau torturée par Johan et ses amis tant mes cris sortent du fond de mon coeur.


Au matin, les larmes sur mes joues ont séché et je me réveille petit à petit en me retenant de bouger pour ne pas faire de bêtise avec les diverses aiguilles plantées dans ma peau. Yīshēng est toujours devant moi, il a cessé de chanter mais nos regards se croisent et je souris comme je peux malgré les sueurs froides qui me transpercent. Il a l'air réellement épuisant, transpirant et décoiffé mais je dois être guère jolie également. La peau de mes mains est livide après les efforts physiques monopolisés pour vaincre la maladie et j'ai faim comme si je n'avais jamais mangé.

J'attends qu'il récupère tout son matériel acupuncture pour enfin bouger mes mains et tâter mon visage comme si j'étais surprise d'être vivante. Mais je suis réellement surprise et j'ai encore du mal à croire que j'ai survécu à la morsure. Ce n'est pas logique, et même une cartésienne comme moi ne peut trouver d'autre alternative que de  croire cet homme sorti de nul-part. Finalement, je me penche un peu pour observer la morsure encore bleuâtre et les traces de dents bien marquées dans ma chair. Incroyable !

- Je crois que je vous dois la vie Yīshēng. À vous et à votre corbeau.

Pas que je n'ais jamais aimé les oiseaux mais depuis qu'un rapace non-identifié m'a foncé dessus quand j'étais petite, on va dire que je ne les porte pas dans mon coeur à tel point que je suis vraiment surprise que son oiseau de malheur l'ait conduit à moi. Je lance quand même un sourire au corbeau qui est resté là quasiment toute la nuit à flotter dans la pièce comme une ombre bienveillante.

Comment le remercier? Je ne suis même pas sûre qu'il attende quelque chose de moi et je sens que je vais mettre au moins la journée à récupérer ma moto, il n'a pas l'air du genre à apprécier ce genre de moyen de transport mais je ne comprends vraiment plus rien à ce qu'il se passe autour de moi. Je suis juste heureuse d'être en vie, je vais revoir ma fille, Alair et Barry, Lïnko et Declan, tous ces gens que je regrettais de ne pas avoir assez vu. Mais une chose est sûre, j'ai une dette de vie envers ce drôle d'homme.

- Si vous le voulez, je vous accompagnerai et vous aiderai volontier! Ce que vous voudrez.

Il y a bien des gens qui méritent d'être sauvés et si cet homme peut guérir les morsures, je me dois de rester auprès de lui, ce savoir est inestimable.

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Lun 21 Aoû - 8:54

Le druide était épuisé par cette nuit de combat ou il avait épaulé son Cerf vaillant. Il ne s’était pas trompé sur les signes, cette femme était forte, assez pour gravir la première marche qui conduisait vers la sagesse, et ce, malgré les difficultés qui s’accumulaient sur sa route. Il lui rendit son sourire. Il avait encore assez de force en lui pour rester chaleureux et fier du triomphe de la femme. Avec des gestes toujours aussi doux et précis. «-Félicitations jeune Cerf ». Fut tout ce qu’il dit pour saluer la brillante victoire de la femme pendant la délicate opération de la libérer des aiguilles. Mais en peu de mots, il avait laissé passer plus d’émotions que sur un long discours. Le cerf, malgré sa pâleur, se levait déjà prouvant une fois de plus que le Druide ne s’était pas trompé sur son tempérament. «-La seule personne à qui vous devez votre vie c’est à vous, je n’ai été qu’un guide dans le combat que vous avez mené. ». Nicolae sourit en voyant la femme rester à regarder son propre guide à plumes noires. Le corbeau qui était resté veiller sur eux toute la nuit, sembla scruter le cerf nouvellement éveillé. Puis, après un simulacre d’étirement d’ailes, il prit son envole sans un froufrou de plumes, certainement croasser les détails de la bataille qui avait eu lieu cette nuit aux esprits qu’il représentait.

Le druide, sans prêter plus d’attention à se départ, fini de ranger et de nettoyer ce qui avait été sorti pour aider le Cerf dans sa lutte, puis, il ranima les braises pour mettre de l’eau à chauffer. Une infusion ne serait pas un luxe pour se remettre de cette nuit harassante. Il sorti aussi des lamelles de viande qu’il avait fait séchées avec soin et en tendit une, à deux mains avec toute l’humilité inculquée par ses propres senseis asiatique à la femme. « -Vous allez avoir besoin de forces pour reprendre votre chemin. ». Il écouta avec intérêt sa proposition. «- Ce n’est pas à moi de décider du chemin que vous souhaitez prendre, vos pas ne doivent être guider que par votre cœur et votre quête de sagesse. Le libre arbitre et ce que nous avons de plus précieux, ne le perdez jamais sans risquez de sacrifier une partie de vous-même. Pour ma part, je me dois d’aider ce qui reste d’humanité à ouvrir les yeux et à redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Tel est le chemin que j’ai choisis de prendre. ». Un cerf aurait toute sa place auprès d’un corbeau, le druide le savait, mais il ne pouvait accepter une proposition formulée sur les bases bancales d’une vague reconnaissance ou d’un coup de tête dû aux tensions vécues.
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