Some might say - Nora



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Knowledge can change our fate
Olivia Castillo
Matricule n°001
Knowledge can change our fate
Mer 28 Juin - 11:04

Liv se redressa de sur son matelas, coupant son lecteur cd venu à bout de ses piles. Elle les retira d'un geste agacé, avant de les balancer dans une petite boite de fortune contenant tout un tas de trucs inutilisables désormais. Un soupir de frustration lui échappa, tandis qu'elle passait une main le long de ses côtes endolories. Les bleus meurtrissaient toujours ses flancs, depuis en tout cas l'offensive qu'ils avaient tous mené contre le groupe du fossoyeur. La ravitailleuse qu'elle était n'avait pas pu mettre le nez dehors depuis tout ça de temps, en tout cas, pas trop loin.

De mes, ses doigts ressendirent à sa cuisse, ou elle effleura un pansement sous son pantalon. Les points tenaient toujours le choc, pas de soucis là-dessus, mais elle sentait sa plaie tirer de temps en temps, et surtout, la démanger. Se redressant doucement, elle se remit sur ses jambes en quittant le matelas qu'elle squattait depuis plusieurs heures en essayant de trouver quoi faire. Elle tint péniblement ses côtes de sa main libre, comme pour les empêcher de flotter.

La douleur se tut brièvement, mais lorsqu'elle relâcha sa taille, cette dernière revint de plus belle. Liv esquissa un sourire frustré. Encore quelques jours de convalescence. Tout était déjà plus supportable que lors du jour J, ou elle avait enchaîné la malchance. Nora avait heureusement été là pour elle, pour la ramener entière au laboratoire, et la sermonner de ne pas avoir été plus prudente. Etait-ce de son fait si elle s'était retrouvée trop près de l'explosion au point de se faire souffler ? Non.

Elle serra les dents. Et en parlant de Nora, c'était elle qu'elle allait voir, là. Même si elle croisa quelques survivants sur sa route, à qui elle adressa seulement un petit signe de la tête, Olivia resta concentrée sur son objectif. Elle se rendit là où elle avait le plus de chance de la trouver : près du bunker, dans les quartiers de Rajesh. Même si elle n'avait pas grand chose contre le virologue (qu'elle appréciait même relativement bien, attendrie par sa naïveté et son innocence sur ce monde), elle avait envie de voir sa frangine toute seule.

Liv y parvint rapidement, tapotant contre le bois de la porte ouverte pour attirer sa grande sœur. Cette dernière avait l'air concentré sur un bouquin de biologie, comme à son habitude. A croire qu'elle ne lisait que ça ! Une passion qu'Olivia ne partageait pas, mais qu'elle respectait. Elle lui adressa un sourire tendre, avant de s'approcher plus près de son aînée :

« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-elle en se penchant au-dessus d'elle, une main posée à plat contre la surface du bureau. Elle contempla les lignes de mots et les schémas avant de reprendre : « Au moins, il y en a une qui s'amuse ici. »

Se retournant, la blonde posa ses fesses contre le bureau, avant de se hisser doucement. Le meuble supportait parfaitement son poids. Joueuse, elle n'arrêta pas de sourire à sa sœur, avant de lui demander doucement en levant les yeux au ciel :

« T'as pas quelque chose à me confier ? Serieux, même trier des trucs que je comprends pas, ça me paraît plus sympa que de glander une journée de plus sur mon matelas en attendant de guérir. » Se plaint-elle en faisant une moue contrariée.

A force de tourner en rond dans sa tête, Liv allait probablement devenir folle.

« Rajesh n'est pas là ? » Demanda-t-elle finalement.

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Lun 3 Juil - 11:38


Je me souviens de la première fois où je me suis rendue compte que j'avais une passion. Pour toutes les filles de mon âge, c'était la danse ou le chant. Je ne dis pas que cela ne m'intéressait pas, j'ai toujours bien aimé chanter aussi. Mais c'était plus à titre privé qu'autre chose. Très peu de gens savent que je ne me débrouille pas trop mal dans ce domaine. J'avais l'habitude de chanter des berceuses à Olivia quand elle était petite pour qu'elle s'endorme. Aujourd'hui je sais que les choses ont bien changé mais il m'est déjà arrivé de le refaire depuis que le monde n'a plus rien à voir avec ce que l'on connaissait. Pour en revenir à ce que je disais, j'ai découvert ma passion pour tout ce qui concernait la biologie quand j'avais six ou sept ans je crois. Par hasard j'étais tombée sur un bouquin qui appartenait à mon père et je l'avais lu. Au début c'était les images d'animaux qui m'avaient beaucoup attirée, je dois l'avouer. Mais quand je me suis mise à essayer de comprendre tout ce qui était écrit (car je n'en comprenais pas la moitié la plupart du temps), je me suis rendue compte d'à quel point cela pouvait m'intéresser. Et malgré les années je ne me suis toujours pas lassée de ça. Comment vous dire du coup que quand nous sommes arrivées dans ce labo avec Liv, je n'ai pas pu m'empêcher de retomber dans mes "travers"? J'avais enfin l'occasion de me rendre à nouveau utile. D'essayer de faire quelque chose de constructif. Ma première motivation? C'est peut-être égoïste mais je n'avais pas envie de trouver une solution qui sauverait la planète entière. En un sens, je n'avais pas la prétention d'y parvenir. Tout ce que je souhaitais, et la raison pour laquelle je mettais autant d'énergie dans mes recherches, c'était trouver quelque chose qui permettrait à ma petite soeur d'être en sécurité.

Assise devant ce bureau, comme depuis au moins vingt-quatre heures, je lâchais mon livre pour passer mes deux mains sur mon visage, mes doigts glissant sous mes lunettes pour frotter mes yeux qui commençaient à se fermer tout seuls. En soit je suis d'accord, rester éveillée des jours d'affilée n'allait pas me permettre de trouver une solution miracle d'un coup. Je crois que depuis les trois derniers jours j'ai dû dormir deux ou trois heures. Des petites siestes par ci par là, histoire de ne pas devenir dingue. Un long soupir s'échappa d'entre mes lèvres lorsque mes yeux se posèrent sur toutes mes notes, mes dessins gribouillés sur mon bloc-note. Personne à part moi ne pouvait vraiment comprendre ce charabia. Mais l'essentiel c'était que moi je m'y retrouve. « Aller Nora, reprends ton bouquin et motive toi...» Oui, je suis en train de parler toute seule... Décidément, je crois que tout ne tourne pas toujours très rond dans ma tête.

Alors que j'étais à nouveau concentrée sur mon bouquin, quelqu'un vint toquer à la porte, faisant résonner le bois. Immédiatement, je relevais la tête et rapidement un sourire emprunt de douceur vint étirer mes lèvres dès lors que j'avais reconnu ma cadette. Un rapide signe de tête pour lui faire signe d'approcher et elle était déjà là assise sur mon bureau en souriant. Elle trouvait que j'avais l'air de m'amuser? Un petit rire s'échappa d'entre mes lèvres, rapidement. « Je crois que je vais surtout finir par me faire absorber dans ce bouquin! Il me semble que ça fait huit fois que je relis la même page depuis tout à l'heure...» L'une de mes mains passa dans mes cheveux et je remontais ensuite mon regard sur Olivia qui me demanda si je n'avais pas quelque chose à lui faire faire. Sans réfléchir plus que cela, j'ai corné la page de mon livre pour la marquer et je me suis relevée, allant embrasser le front de ma cadette comme à mon habitude. « Et si on allait faire un tour toutes les deux? J'ai bien besoin de me changer les idées à vrai dire... J'ai pas vraiment dormi ces derniers jours et faut le faire parce que c'est toi qui m'a fait remarquer que Rajesh n'était pas là...»

Avec une grande douceur, je passais mes doigts dans les cheveux de ma petite soeur pour la recoiffer un peu et lui remettre une mèche derrière l'oreille avant de lui sourire avec tendresse. « Je sais que c'est nul de devoir rester comme ça à rien faire, mais si tu ne guéris pas bien tu vas en chier pour le restant de ta vie ma puce. Et ça, je pense que c'est pas la meilleure idée...» Les petits surnoms affectifs pour ma soeur, j'en avais une tonne. Et c'était plus fort que moi, il fallait que j'en utilise. Je me souviens que quand elle était ado elle n'était pas vraiment ravie quand elle m'entendait l'appeler "poussin" ou des conneries du genre. L'invitant à me suivre, je prenais donc sa main pour la faire descendre du bureau où elle s'était perchée tout en faisant attention à ce qu'elle ne se fasse pas mal. Oui, définitivement, sortir de cette pièce allait me faire le plus grand bien...


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Olivia Castillo
Matricule n°001
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Mer 5 Juil - 21:58

« Considère moi comme ta sauveuse alors... » Blagua la blonde avec un sourire amusé. La terrible aventure de Nora Castillo contre le bouquin de l'ennui ! Une histoire pleine de rebondissement, de biologie et d'amusement. Un conte qu'elle voulait pouvoir raconter un jour à ses enfants, si elle en avait un jour. La certitude n'en était plus une. Avant l'apocalypse, Liv s'était pourtant fait la promesse de se poser passé ses trente ans pour se battir une vraie existence. Elle n'était cependant pas persuadée que ça serait arrivé à un moment donné. Sans doute parce qu'elle n'était pas capable de faire autre chose que voler ou mentir. Et que personne n'aimait les voleurs ou les menteurs... A part peut-être Nora.

Mais pour sa sœur, c'était encore un peu particulier : elle était sa famille. On ne choisissait pas sa famille, pour autant, Nora avait toujours été d'une douceur et d'une bienveillance toute particulière avec elle, malgré la source constante de déception qu'elle incarnait. Liv ne put s'empêcher de se sentir soulager lorsque le regard doux de sa grande sœur se posa sur elle. Si l'on était pas obligé d'aimer la chaire de sa chaire, si l'entourage était autant une faiblesse qu'une force, Olivia savait à quoi s'en tenir quand à son aînée. Avec elle, elle se sentait invincible, toujours prête à conquérir le monde. Même les plans les plus foireux pouvaient se réaliser.

« Pourquoi tu ne dors pas ? » Demanda-t-elle à la fois distraite et inquiète. Sans doute qu'elle tentait de ne pas faire comme si tout ça lui posait trop de soucis, même si c'était un fait : elle s'inquiétait. Elle s'inquiéterait probablement toujours pour Nora, même une fois morte. Ça n'était pas son rôle de petite sœur, mais ses actions avec des conséquences qu'elle ne contrôlait pas. Et parfois, la peur de ne rien contrôler prenait le pas sur la confiance légendaire qu'elle portait. « Faut dire qu'il est discret. » Commenta-t-elle, amusée. « Je suis toujours curieuse de savoir si vous arrivez à discuter d'autre chose que de biologie entre vous. » Ses jambes bataient le vide, elle posa sa main sur sa cuisse pour faire taire la douleur. « Je crois qu'une conversation normale serait bien trop bizarre. »

Les yeux de Liv pétillèrent d'une malice délicieuse, qu'elle adressa à sa sœur. Et quand celle-ci lui proposa de bouger ailleurs, en ajoutant qu'elle comprenait l'impatience dont elle faisait preuve, la blonde roula des pupilles pour regarder un moment le plafond du laboratoire. Un soupir lui échappa. « Je sais, je sais... » Souffla-t-elle en chassant quelques cheveux ayant échappés aux bons soins de sa sœur : « C'est juste que... Je m'ennuie. » Sa paume vint enlacer celle de Nora, et elle se remit doucement sur ses jambes en suivant cette dernière d'un rythme lent. L'ennui la tuait à petit feu. Pire encore. Elle se sentait sombrer dans la bêtise crasse à force de tourner en rond. Et être idiote, Liv ne le supportait pas.

« On a fait beaucoup trop de trucs toutes les deux cette année. » Les souvenirs de la bataille encore frais, les mois à lutter pour leurs vies, les instants glaçant à se battre contre le froid rude de l'hiver,... Le gymnase tombant aux mains des malades... « C'est la première fois depuis des mois que je m'arrête pour de vrai. » Ajouta-t-elle d'une petite voix, ennuyée à dire vrai. « Et c'est seulement parce que je n'ai pas le choix... » Une grimace traversa son minois parfait, alors qu'elle levait ses yeux bleus vers sa sœur : « Tu veux aller ou ? » Demanda Liv. « Sur le toit ? » Suggéra-t-elle finalement avec un sourire d'enfant.

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Jeu 27 Juil - 11:25


On ne choisit pas sa famille. Voilà bien une chose sur laquelle tout le monde est d'accord. Après, certains en sont satisfaits et d'autres non. Avec tout ce qui a bien pu se passer par le passé entre ma petite soeur et moi on pourrait croire que j'aurais préféré avoir une autre famille. Pourtant cette idée ne m'a jamais traversé l'esprit. Pas même une fraction de seconde. Peut-être est-ce dû à mon caractère. Peut-être que je n'en ai pas assez? Non, ce n'est pas ça. La vraie force est de savoir pardonner, en toute circonstance. Enfin, je ne dis pas non plus que je pardonnerais n'importe qui. Mais Olivia est depuis le jour de sa naissance la plus belle chose qui m'ait été offerte. Elle est ce qu'il y a de plus précieux à mes yeux et jamais elle ne pourrait faire quelque chose qui me ferait lui tourner le dos. Cela peut paraître idiot ou idéaliste mais c'est comme ça que je suis. Autant ma cadette pourrait faire tout ce qu'elle voudrait que je ne ferais rien, autant personne n'a le droit de poser le petit doigt sur elle si ce n'est pas dans une bonne intention. S'il y a bien une chose qui peut me faire passer de la gentille et calme Nora habituelle à celle qui tuerait sans hésitation c'est bien ça. J'ai fait beaucoup de choses pour protéger ma petite soeur. Jamais aucune ne m'a fait peur. Pas même la prison. Il ne m'avait pas fallut longtemps pour comprendre qu'elle était en danger lorsque ces flics étaient venus à ma porte. Et j'avais réfléchi encore moins longtemps avant de dire que c'était moi qu'ils recherchaient et de plaider coupable par la suite. Et tout ça, c'était encore avant que le monde ne se déchire de toutes parts. Alors aujourd'hui... Rien ne serait trop pour la protéger. Absolument rien. Et si je suis prête à donner ma vie pour sauver la sienne? Bien sûr que oui. Mais n'est-ce pas là le rôle d'une grande soeur? Protéger sa cadette coûte que coûte? Quoi qu'il en soit, c'est la seule et unique vision que j'ai de la chose, et ce depuis le plus jeune âge.

C'est peut-être parce que j'ai cet amour inconditionnel envers ma petite soeur que quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit je suis heureuse quand elle vient me voir. Encore à plus forte raison depuis que nous sommes arrivées au labo. Tout est loin d'avoir été très rose pour nous par le passé, certainement comme beaucoup d'autres, mais on avait besoin de se changer les idées. De retrouver une part de normalité, si tant est que ça soit encore possible. Je continuais de regarder ma cadette avec un sourire doux qui devait à force avoir un air bizarre vu que j'étais perdue dans mes pensées. Ce n'est qu'en entendant sa voix que j'ai cligné plusieurs fois des yeux pour revenir à moi. Pourquoi je ne dormais pas? Une nouvelle fois, ma main passa dans mes cheveux pour les mettre vers l'arrière avant que je ne me racle la gorge. « Oh tu sais, les vieilles habitudes qui ont la vie dure... J'essaie de me convaincre que si je bosse plus que je ne me repose j'arriverai à trouver quelque chose d'utile pour qu'on puisse avancer avec Rajesh... » Oui, dit comme ça c'était vraiment stupide. Mais ce n'était pas faux pour autant. Par la suite, sa remarque sur le fait qu'une conversation normale entre Rajesh et moi serait certainement trop étrange me fit rire. Mais pas d'un rire forcé ou faux. Non, c'était vraiment de bon coeur. Sans m'être encore totalement calmée, j'ai pris la parole tout en rigolant encore un peu. « C'est vrai que maintenant que tu le dis, je me souviens pas si on a déjà parlé d'autre chose..! » Redevenant ensuite sérieuse une fois que ma soeur me parla de ce qui la tracassait, je serrais doucement ses mains tout en l'aidant à se remettre debout et en la soutenant. Je savais très bien qu'elle avait mal. Quoi de plus normal après s'être fait souffler dans une explosion? Marchant doucement pour sortir de la pièce dans laquelle j'avais passé beaucoup trop de temps ces derniers jours, je continuais d'aider ma cadette à avancer tout en l'écoutant parler de ce qu'on avait fait cette année. Oui... Beaucoup de choses s'étaient passées. Et chaque jour je remercie le ciel d'avoir fait en sorte qu'Olivia ait survécu à chacune des épreuves traversées. Lentement je m'étais mise face à elle alors qu'on s'était arrêtées quelques instants, et ma main vint caresser doucement sa joue, mes yeux se plantant dans les siens. « Maman et papa seraient très fiers de toi Liv... Vraiment très fiers. » J'avais besoin de le lui dire. Vu la vie qu'elle avait mené par le passé, c'était peut-être difficile de se dire qu'ils pouvaient être fiers de leur cadette. Pourtant je savais très bien qu'ils l'étaient à l'heure actuelle, où qu'ils soient. La proposition de Liv concernant le fait d'aller sur le toit fit apparaître un sourire sur mes lèvres et je hochais la tête assez énergiquement pour montrer mon approbation. « Va pour le toit! Et puis ça nous rappellera des souvenirs! » Reprenant sa main, je me remettais en route avec elle tout en repensant à toutes ces fois où j'étais obligée de grimper sur les toits pour retrouver ma petite Olivia. Quand j'étais plus jeune, je ne comprenais pas vraiment d'où venait cette passion pour le fait de grimper si haut lorsque cela n'allait pas pour elle. Puis j'ai compris. On a l'impression que tout va mieux, que rien ne peut nous arriver et que l'on peut presque toucher les étoiles. Et ça... C'est vraiment magique.

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Olivia Castillo
Matricule n°001
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Ven 11 Aoû - 22:11

« Vous devez prendre votre pied à parler bio, ouais. Vous êtes des aliens, et c’est vous qui allez sauver l’humanité. Dingue. » Commenta Liv avant d’esquisser un sourire amusé à sa grande sœur.

Elle imaginait bien ces deux-là parler dans une langue étrange, faite de gloussements et de noms de molécules chimiques improbables. Ils s’étaient bien trouvés, même s’il n’y aurait rien entre eux, seulement du platonique et la passion scientifique. Liv n’en était pas pour autant déçue, elle n’avait que peu de choses à dire sur la vie de sa grande sœur, et de ses désirs. Si elle aimait les femmes, grand bien lui fasse. Si elle aimait les sciences, aussi. Elle était la dernière à pouvoir interférer là-dedans, ou à y redire. Son bonheur passait avant toute chose, et elle n’éprouvait aucune honte quand d’autres s’interrogeaient sur leur « responsabilité ». C’était étrangement égocentré de croire qu’une tierce personne pouvait avoir une influence sur l’orientation sexuelle d’un être humain. Liv n’avait pas ces prétentions-là.

Elle ne songea à rien d’autres, serrant la main de son aînée sans pouvoir la lâcher, avant de lever un regard troublé vers elle. Sa main contre sa joue, son regard serein, rassurant même, firent briller dans ses yeux une sorte de doute. Liv n’accueillit pas la remarque de sa sœur, la confession même, avec autant de douceur que Nora ne l’aurait espéré visiblement. Une sorte d’angoisse venait étreindre son cœur, et elle n’eut aucun sourire à lui rendre. Surtout parce qu’elle n’y croyait pas.

« Pourquoi tu dis ça ? » Demanda-t-elle d’une voix étranglée.

Si elles se mirent en route, la blonde ne put s’empêcher de se sentir déranger par tout ça. Sa gorge se noua, ses mains devinrent moites, même. Sa respiration plus profonde également. Elle pinça les lèvres et secoua la tête, avant de murmurer à Nora :

« Tu sais bien que c’est pas vrai… On a pas besoin de se mentir. » Fit-elle en soutenant le regard, comme pour rester droite face à elle plus que par fierté. Liv n’en éprouvait aucune sur ses choix de vie. Elle avait fait comme elle avait pu pour exister, et ça l’avait conduite dans des endroits improbables. Pire encore, c’était la liberté de sa sœur qui en avait pâti. Alors, fiers ? Non, ils ne pouvaient pas l’être. Olivia en était convaincue : « J’ai jamais été foutu de faire les bons choix. T’es bien placée pour le savoir. Alors, non, fiers, c’est bien la dernière chose qu’ils sont, à mon propos. »

Elle haussa les épaules, comme pour dire à Nora que ça n’avait pas d’importance, qu’elle vivait très bien comme ça, et qu’elle comprenait après tout. Elle s’était résolue à cette pensée, avait accepté cette conséquence, cette punition. Tant pis, elle ne serait jamais le trésor de ses parents, même s’ils étaient le sien. C’était bien tout ce qu’elle méritait après ses actes, comme un chatiment : celui de ne pas être aimé par les gens qu’elle aimait de tout son cœur.

« J’vous ai tous déçu, sans exception. Toi, par contre, t’as toujours su répondre à leurs attentes. » Reprit-elle sans aucune aigreur ou amertume dans la voix. « La bonne sœur, c’est toi, pas moi. » Fit-elle avec un sourire en coin.

Ses yeux malicieux se posèrent sur son aînée, qu’elle bouscula doucement d’un coup de hanche. Elle eut même un petit rire amusé :

« Pas la peine d’avoir l’air aussi sérieuse ou solennelle, tu sais ? On se fait une raison pour tout, même ça. » Lui souffla-t-elle alors qu’elles grimpaient les escaliers rapidement pour atteindre la porte menant au toit.

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Sam 12 Aoû - 11:10


Lorsque je pense au passé, je me dis que j'ai certainement fait quelque chose de travers. J'ai toujours voulu que ma petite soeur ait la vie rêvée, sans jamais aucun problème qui se mette en travers de son chemin, sans qu'elle n'ait à souffrir de quoi que ce soit. Le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un échec sur toute la ligne. C'est peut-être pour ça que je fais autant de cauchemars, à me voir incapable de faire quoi que ce soit pour la sauver. A la voir mourir de façon plus atroces les unes que les autres au fil des nuits. Autant quand nous étions dehors, j'étais trop préoccupée par le fait de surveiller les potentielles arrivées d'intrus dans nos abris de fortune pour penser à ça, autant maintenant que nous étions dans un semblant de sécurité... Et bien mon esprit avait carte blanche et pouvait se faire plaisir. Je crois même que je suis encore plus épuisée maintenant qu'avant d'arriver au laboratoire. Je passe mon temps à faire des recherches dans des bouquins qui ne servent pas forcément à grand chose, à gribouiller des choses illisibles même pour moi parfois sur des feuilles que je jette ensuite dans un accès de rage en me retrouvant dans une impasse. Je sais pourtant qu'à force de pousser mon corps et mon esprit dans leurs derniers retranchements je finirai par craquer. Et encore une fois, je me refusais de faire cela par peur de décevoir Olivia. La décevoir ou même ne plus être capable de la protéger. Mais si ça se trouve, cela fait longtemps que je ne suis plus capable de le faire. A vrai dire, cela ne me surprendrait qu'à moitié. Peut-être que sans même que je ne m'en rende compte, j'étais en train de la perdre. Allez savoir.

Quoi qu'il en soit, je m'attendais à ce que ma remarque sur la fierté supposée de nos parents à son encontre ne passe pas très bien. Ou tout du moins qu'elle ne me crois pas. Je serrais doucement sa main dans la mienne, tentant de la rassurer, et sans que je ne m'en rende compte, le fait qu'elle dise qu'ils n'auraient jamais été fiers d'elle me fit froncer les sourcils. « Ma puce, t'as fait tes choix par le passé et on en a tous fait. Qu'ils soient bons ou mauvais, personne peut en juger. Les parents en ont fait aussi des mauvais choix, que parfois j'ai dû rattraper. Ils étaient loin d'être aussi parfaits qu'ils essayaient de le faire croire tu sais. Et encore moins que ce qu'ils tentaient de TE faire croire pour essayer de montrer leur désapprobation. » Un soupir s'échappa d'entre mes lèvres quand ma soeur me coupa pour me dire que moi je n'avais jamais déçu les parents et que c'était moi la "bonne" soeur entre nous deux. Je tournais mon regard vers ma cadette, prenant une grande inspiration. « Ils étaient pas plus fiers de moi Olivia... Ils passaient leur temps à me dire qu'ils espéraient que je leur offrirait la possibilité d'être grands-parents. Qu'ils auraient voulu que je devienne quelqu'un d'influent dans le milieu de la biologie au lieu de me contenter d'être une prof de bas étage qui fait que voyager dans le monde au lieu de construire sa vie. Et j'te parle pas de quand j'suis partie en taule. Maman a dit qu'elle ne me présenterait plus comme sa fille et papa a dit qu'il ne serait pas mon avocat. Alors tu sais... » Malgré la dureté de mes paroles et des révélations que je venais de faire, un sourire doux était venu étirer mes lèvres. « Celle que tu es devenue aujourd'hui me rend très fière en tout cas. T'as raison, on s'en fiche de ce qu'ils auraient pensé. Moi je suis très fière de ma petite soeur... » Je serrais légèrement sa main, caressant le dos de cette dernière avec mon pouce tout en continuant de la regarder avec la douceur dont j'ai toujours su faire preuve face à elle.

Montant les escaliers menant au toit, je n'ai pas pu m'empêcher de pousser un petit cri de surprise quand Olivia me donna un coup de hanches qui me fit dévier et me força à me rattraper à la rampe. Une fois que mon cerveau eut compris que je n'étais pas en danger plus que cela, ce fut un rire franc et amusé qui sortit d'entre mes lèvres. Entraînant ma cadette sur le toit, je tirais ensuite sur sa main pour la prendre dans mes bras et lui voler un câlin avant qu'elle ne se mette potentiellement à râler. Une fois mon envie du moment satisfaite, je la relâchais et regardais autour de moi pour voir le spectacle offert par la hauteur du toit. « Tu te souviens quand j'devais grimper sur le toit de la maison pour venir te chercher quand t'étais triste étant gamine? La fois où tu m'as engueulée parce que j'ai failli tomber et que j'étais trop lourde pour tes muscles d'enfants de onze ans? » Me rappeler ces souvenirs me réchauffait le coeur et illuminait mon visage d'un sourire disparu depuis bien longtemps. Je crois sincèrement que l'on pourrait me séparer de tout ce que je possède, je m'en remettrai. Car tant que ma soeur serait à mes côtés, cela me suffirait. Cela a toujours été le cas en un sens. Pourquoi cela changerait aujourd'hui?


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Olivia Castillo
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Sam 12 Aoû - 11:48

Liv adorait sa sœur. Il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus : elle l’aimait plus que de raisons, et lui devait énormément. Par la même, il était certain qu’elle avait fait beaucoup d’erreurs avec elle, avait eu des mots qui avaient profondément affecté leur relation. Si les cicatrices étaient soignées depuis longtemps, la blonde en gardait un souvenir toujours vif, surtout parce que c’était par sa faute si Nora avait été blessé de la sorte. Elle avait souvent du mal à comprendre comment celle-ci parvenait toujours à l’aimer, à la souvenir, à l’accepter pour de vrai sans la juger. Ses choix de carrière étaient à revoir, son comportement frôlé avec l’immoralité, elle n’avait pas d’éthique, elle ne vivait que par égoïsme, et parce qu’elle était trop têtue pour mourir pour de bon,… Et malgré tous ces défauts, il y avait une personne, une force, qui restait éternellement à ses côtés : sa sœur.

« Dis pas n’importe quoi… » Souffla-t-elle en détournant les yeux, se sentant rougir, mais aussi troublée par les mots de son aînée.

Il y avait pourtant bien des choses qu’elle ne savait pas à propos de ses parents. Ça faisait longtemps qu’elle avait coupé les ponts, désormais définitivement avec eux. Les nouvelles, elle en avait eu de Nora, pour essayer de garder le contact, même si ça n’était qu’une illusion. Pour eux, elle était probablement une chipie, une délinquante, pire peut-être. Il n’y avait aucune fierté à tirer de ce qu’elle faisait. Quand Liv se mettait à leur place, elle ne pouvait cacher sa honte. Mais là où elle ne voulait pas en démordre, c’était que sa grande sœur, elle, n’avait pas à rougir de son parcours, encore moins de ce qu’elle était.

« T’étais une super prof, Nora, t’as probablement fait naître des vocations, parce que t’es pas la dernière des idiotes, et t’es faite pour enseigner. » Trancha la blonde en plantant ses yeux de sa sœur : « Qu’ils m’en veuillent pour mes choix de vie, super, j’encaisse sans soucis, mais toi, on a rien à te dire. Encore moins sur ce que tu es. » Ajouta-t-elle d’une voix qui ne souffrait d’aucune contradiction. « T’aurais pu adopter, t’aurais pu faire un enfant seule, t’as besoin de personne pour être super, et tu le sais. Et tu vois, que tu aimes les femmes, ça change absolument rien : si on est pas capable de t’accepter comme ça, on te mérite pas. »

Pour Liv, sa position était claire comme de l’eau de roche : peut-être estimait-elle trop sa sœur, peut-être l’avait-elle hissé sur un piédestal. Peut-être. Mais elle savait aussi qu’elle montrerait les crocs à quiconque oserait porter un jugement sur ce qu’elle avait voulu, désiré, choisi, toute sa vie. Personne n’avait le droit de la juger, surtout si c’était en mal.

Elles passèrent la porte, se retrouvèrent sur le toit. Liv put sentir la morsure du froid sur sa peau. Ses joues virèrent au rouge à cause de la température, tout comme le bout de son nez. C’était presque douloureux, mais la blonde y ressentait aussi une certaine satisfaction. La fraicheur ambiante gelait ses blessures, apaisait sa souffrance. C’était comme si ses propres pensées venaient de se congeler, alors qu’elle tournait son regard vers sa sœur et vint se blottir contre elle pour partager un peu de chaleur.

« Ouais je m’en souviens. » Fit-elle avant d’offrir à sa sœur un sourire mutin : « T’avais un gros cul à l’époque, heureusement que ça a changé ! » Plaisanta-t-elle avant de lui tirer la langue, et de taper justement sur son derrière avant de rire de plus belle. « Tu me faisais peur à chaque fois que tu montais. T’étais bien plus douée le nez plongé dans tes bouquins qu’à l’extérieur. J’avais toujours la trouille qu’il t’arrive un truc à la con quand tu sortais. » Admit-elle simplement avec un sourire.

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Dim 13 Aoû - 12:06


Je crois que ce qui m'a toujours plu dans la relation que j'ai avec Olivia, c'est que quoi qu'il ait pu se passer entre nous, on finira toujours par se retrouver. Cela s'était déjà prouvé de nombreuses fois par le passé, et cela s'est prouvé également lorsque le monde est devenu ce qu'il est aujourd'hui. Lorsque les infectés ont commencé à devenir une menace pour tout un chacun, je n'avais qu'une seule chose en tête: aller chercher ma petite soeur et l'emmener en sécurité avec moi. En soit je n'avais pas vraiment conscience de ce qui nous attendait, mais je savais qu'à deux on y arriverait. Ensemble, on pouvait surmonter n'importe quoi et en ressortir plus fortes. J'en étais intimement convaincue à cette époque déjà, et les événements qui ont suivi n'ont fait que confirmer ce que je pensais. On a réussi à se tirer de tellement de situations délicates dans notre parcours de survivantes que je me dis qu'aujourd'hui rien ne peut nous arriver tant que nous sommes toute les deux. Enfin, j'avoue que ça ne m'empêche pas de veiller sur elle comme si elle en avait encore besoin. Un instinct, un réflexe même, que je n'arriverai jamais à contrôler. Que voulez-vous? J'ai un peu ce côté maman poule, même avec ma soeur.

Alors que nous montions les escaliers main dans la main, je ne pouvais m'empêcher d'être extrêmement touchée par la réponse de ma soeur à tout ce que j'avais pu lui dire juste avant. Je n'avais rien inventé. Je ne pourrai jamais être plus fière que je ne le suis d'elle. Nos parents n'étaient pas aussi tendres et attentionnés qu'ils le faisaient bien croire pour se donner une image. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais fait en sorte qu'ils se concentrent plus sur l'être que le paraître, mais bon. Je n'avais absolument pas mon mot à dire là dedans. Un sourire peut-être idiot mais sincère étirait mes lèvres tout du long. D'ailleurs, quand Olivia aborda le fait que j'aime les femmes et qu'elle confirma une nouvelle fois qu'elle n'y voyait aucun inconvénient, cela me réchauffa le coeur. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Je connaissais sa position par rapport à ça depuis longtemps, mais le fait de se sentir soutenue fait toujours du bien il faut l'avouer. Avant d'arriver à la porte menant au toit, je m'étais légèrement penchée pour embrasser le front de ma cadette en souriant. « Merci pour tout c'que t'as dit Liv. » Lui faisant un signe de tête, j'ouvrais la porte tout en m'engageant sur le toit, suivie de près par ma soeur. Le froid fit naître un frisson qui parcourut rapidement mon corps et du coup le fait de prendre ma soeur dans mes bras fut deux fois plus agréable.

Bien rapidement, après avoir évoqué nos souvenirs quand aux moments passés quand nous étions enfant, une expression outrée mais amusée apparut sur mon visage. Non mais je n'avais pas rêvé là, elle venait de me taper les fesses en disant que j'avais un gros cul à l'époque? « Eh oh! J'y peux rien si j'aimais lire et que j'aimais aussi manger! Pour moi le sport c'était une autre technique de torture de l'inquisition! J'ai mis le temps mais j'ai quand même fini par changer alors hein! » Un rire sincère sortit de ma bouche et je me passais une rapide main dans les cheveux avant de replacer mes deux bras autour de ma soeur. « Et j'essayais de faire en sorte que tu me vois pas comme la gross nulle qui te servais de soeur! Faut croire que ça avait pas vraiment marché vu c'que tu me dis là! J'dois dire que ça fait super plaisir Liv! » Rire ainsi, retrouver ma soeur et parler du passé en se souvenant des bons souvenirs, je dois avouer que cela faisait vraiment un bien fou.


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Olivia Castillo
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Dim 13 Aoû - 14:46

« Hahahaha, j’avais pas honte de toi, t’étais la meilleure tête d’ampoule de la terre t’inquiète… » Rassura Liv d’un regard malicieux, avant d’éclater de rire.

Elle aimait bien ces moments comme ça, ou rien ne dépendait d’elle, et ou elle pouvait être naturelle. En confiance. Nora était capable de créer ces instants à l’infini, comme si avec elle, elle était de toute façon en sécurité, assez pour être elle-même ! Il n’y avait eu, jusqu’ici, qu’en sa compagnie que Liv était parvenu à exister de la sorte. Elle ne savait pas comme ça pouvait lui faire du bien, la blonde se sentit prise d’une nouvelle vigueur en regardant autour d’elle.

Une brise s’engouffra dans ses cheveux, les souleva, et la jeune femme ferma les yeux avec un sourire satisfait. Elle se sentait comme la reine du monde ainsi… Comme la plus forte, comme si plus rien ne pouvait entraver son chemin. Elle était libre ! Complètement libre de ses faits, gestes pensées… Elle pouvait être n’importe qui, n’importe comment, n’importe où. Plus personne ne viendrait lui dire ce qui était mal ou bien, et il n’y avait que la voix de Nora qui avait du poids.

Un sourire ravi plus tard, elle reposa les yeux sur sa grande sœur avant de lui renvoyer un coup d’œil malicieux. La pauvre ne devait pas encore savoir à quelle sauce elle allait être mangé, mais ça n’allait pas tarder…

« Attend, je me sens comme Pocahontas là… » Fit-elle avant d’éclater de rire. Là, la blonde bondit, en se rappelant le dessin animé, et tournoya sur elle-même pour suivre le mouvement des feuilles mortes : « ♪ You think you own whatever land you land on… The earth is just a dead thing you can claim but I know every rock and tree and creature has a life, has a spirit, has a name… ♪ » Déclama-t-elle d’une voix un peu surjouée et faute

Liv n’était pas une grande chanteuse, mais au moins elle n’était pas mauvaise actrice. Il ne lui manquait que le pagne pour faire illusion et prétendre être la vraie Pocahontas. Les mêmes gestes que dans l’animation qu’elle avait regardé des centaines de fois étant gamine avec sa sœur, elle avisa la blonde d’un regard amusé avant de lui saisir la main :

« Chante avec moi ! » Exigea-t-elle comme une enfant impatiente, en sautillant sur place. « Mais pas trop bien hein, que je me tape pas la honte ! » l’avertit-elle avant d’éclater de rire.

Sa sœur avait ce talent là aussi : celui de savoir chanter. Pour sa part, Liv ne s’était jamais vraiment investie là-dedans, mais elle se débrouillait pour ne pas avoir totalement à se cacher. Du coup, elle reprit, en invitant Nora à l’accompagner :

« ♪ You think the only people who are people are the people who look and think like you ! But if you walk the footsteps of a stranger, you'll learn things you never knew you never knew ! ♪ » Enchaîna-t-elle avec autant de ferveur que la première fois !

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Dernière édition par Olivia Castillo le Lun 14 Aoû - 13:43, édité 1 fois
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Nora M. Castillo
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Lun 14 Aoû - 13:22


Les moments de complicité avec ma cadette ont toujours été, à mes yeux, les meilleurs. J'en ai fait des choses au cours de ma vie, avant que le monde ne se casse la gueule. J'ai voyagé un peu partout, réalisé pas mal de mes rêves concernant ça, passé des moments géniaux. J'ai vu des paysages magnifiques, vécu des expériences très enrichissantes, mais malgré tout cela, je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit qui pouvait rivaliser avec un moment de bonheur partagé avec ma petite soeur. Depuis que nous avions commencé à fuir Chicago, je crois que nous n'avions plus vraiment eu l'occasion de nous retrouver toutes les deux et de simplement nous laisser aller sans penser au reste. Il me semble même que c'est d'ailleurs la première fois ce soir. Et cela fait un bien fou. Je ne serais même pas capable de décrire à quel point cela me fait du bien et me soulage. Comme si un énorme poids se soulevait de ma poitrine ne serait-ce que le temps de quelques rires sincères et libérateurs.

Parlant de rire, je n'ai pas pu m'empêcher d'en lâcher un tout en tournant sur moi-même. « Eh la tête d'ampoule elle a quand même réussi à faire fondre son gros cul j'te signale! Bon, je serai jamais aussi bien foutue que toi, mais c'est déjà mieux que rien d'accord? » J'avais fait semblant d'être offusquée, même si je n'ai jamais été jalouse du fait que ma soeur soit plus belle que moi. Nous avions chacune notre charme à notre manière de toute façon. Et puis ce n'est pas une compétition. L'essentiel c'est de trouver notre compte avec ce que l'on a. D'un coup, ma soeur afficha un grand sourire et elle me regarda du coin de l'oeil. Sincèrement? Je connais ce regard, et cela ne présage pas forcément quelque chose de bon. Mais cette fois, je ne m'attendais pas du tout à ça. Mes yeux s'ouvrirent à leur maximum alors qu'un sourire amusé et étonné s'était affiché sur mon visage. Puis un nouveau, ce fut un rire qui s'éleva dans les airs. Ma cadette était en train d'imiter à la perfection Pocahontas dans le dessin animé Disney que nous avions regardé bien une centaine de fois en étant gamines. Je me souviens que nos parents avaient dû racheter des cassettes parce qu'on finissait toujours par les faire sauter à force de les rembobiner. Bien vite, la main d'Olivia vint saisir la mienne comme Pocahontas saisissait celle de John Smith dans le dessin animé et elle se coupa pour me demander de chanter avec elle, mais pas trop bien non plus.

En guise de seule réponse, je suivais ma soeur dans son immitation du dessin animé tout en chantant avec elle les paroles de cette chanson qui nous tenait tant à coeur. « Have you ever heard the wolf cry to the blue corn moon? Or asked the grinning bobcat why he grinned? Can you sing with all the voices of the mountains? Can you paint with all the colors of the wind? Can you paint with all the colors of the wind? » Toute aussi enjouée qu'Olivia, je l'accompagnais dans sa chanson avec grand plaisir. Non seulement ça me permettait de chanter, mais en plus en cet instant précis j'avais l'impression que rien ne pouvait nous arriver. Et ça faisait un bien fou.


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Olivia Castillo
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Lun 14 Aoû - 15:19

Elle reprit sa chanson là où elle l’avait laissé, et soudainement, la voix de Nora se mêla à la sienne. Même en essayant de ne pas être douée, elle l’était quand même. L’espace d’un instant, Liv se figea pour regarder sa grande sœur avec une certaine stupéfaction et surtout, de l’admiration. Elle ne se rendait peut-être pas compte du talent qu’elle avait, et du bien que ça lui procurait de l’entendre de la sorte. La complicité qui régnait entre elle était un baume au cœur, après toutes les épreuves qu’elles avaient traversé. Sans elle, Liv savait qu’elle n’aurait pas pu continuer. Elle savait qu’elle serait morte bien avant, qu’elle aurait jeté l’éponge.

Inspirant profondément, la blonde reprit en même temps, et elles y allèrent de concert, se donnant comme jamais. Comme s’il y avait un public imaginaire devant elles, qui devait absolument profiter de ce spectacle. Et en même temps, elles improvisèrent une petite danse tout en riant. Les paroles se deroulèrent, et elles pouvaient revoir à la perfection les gestes de Pocahontas. Bon, avec les moyens du bord, elles eurent un peu de mal avec les transitions, et elles s’interrompirent seulement pour rigoler davantage !

« ♪ And you'll never hear the wolf cry to the blue corn moon for whether we are white or copper-skinned ! We need to sing with all the voices of the mountain, need to paint with all the colors of the wind ! You can own the earth and still all you'll own is earth until you can paint with all the colors of the wind…♪ » Chantèrent-elles en chœur, avec tellement de sérieux et de conviction qu’elles éclatèrent de rire à la fin.

La porte s’ouvrit soudainement derrière elles, et Liv ne manqua pas de sursauter. Elle eut l’impression que la bulle dans laquelle elles étaient jusque là venait d’éclater. Des mois que ça n’était pas arrivé : qu’elle se sentait vraiment, sincèrement, simplement libre !

« Les filles ! » Fit un homme en poussant la porte du toit. « On se demandait ce que vous foutiez, on vous entend d’en bas… »
« Ouais désolée, on s’est un peu laissées emporter. » S’excusa la blonde avant s’échanger un regard complice avec Nora.

L’homme les laissa, et Liv revint prendre la main de son aînée.

« Je suis contente que tu sois là, Nora. » Chuchota doucement Olivia avant de sourire à la femme à ses côtés.

FIN

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