Faith is a fine invention When Gentlemen can see [Nicolae]



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Ven 30 Juin - 16:49


Can the blind lead the blind? Will they not both fall into a pit?

— Luke 6:37

27 Février 2016 — Ils ne sont toujours pas rentrés. Le temps passe si lentement quand on n'a rien à faire... Il s'est arrêté de pleuvoir et j'ai lu une bonne moitié de la Bible qui a été oublié dans cette église. J'ai même réussi à dormir un peu, mais ils ne sont toujours pas là. Bon sang... Moi qui espérais que cette fois, tout se passerait bien. Ce n'est pas tellement que j'en ai quelque chose à faire de ces hommes, les deux tiers sont des crétins et sur trois, ça fait quand même beaucoup... Mais ils savaient se débrouiller et ils m'apportaient exactement ce dont j'avais besoin. Et puis, je ne sais pas... Ils ont pris soin de moi un moment, c'était agréable de ne pas se retrouver seul. Mais là, je ne peux plus attendre. Le peu qu'il me restait de nourriture est définitivement terminé et ma bouteille d'eau commence à souffrir. Il faut que je sorte d'ici et que je trouve de quoi remplir mes réserves.

C'est avec un étrange pincement au cœur que je me tiens sur le parvis de l'église, la Bible sous le bras et que je regarde l'intérieur au lieu de partir. Ce n'est qu'une église comme les autres et je ne l'aime pas plus qu'une autre. Mais... Je ne sais pas, c'est... Un bon endroit pour s'installer, non ? Il y a un clocher, une salle à l'arrière. Le cimetière derrière et le jardin... Et puis, une grande église, c'est tout ce qu'il manque à mon pasteur. J'ai l'impression de me chercher des excuses et ça m'effraie. Il est hors de question que je devienne un vrai pasteur après la fin du monde ! Je ne veux pas être l'une de ces personnes parfaitement ridicules qui se raccrochent tout à coup à la religion quand plus rien ne tourne rond dans leur vie.

Dans un soupir, je me décide donc à sortir de là en vitesse. Dehors, la neige a fondu pour de bon ou presque. Il fait humide, gris et froid. Le Michigan, c'est une plaie, vraiment. À vous faire regretter sérieusement les températures caniculaires de la Californie. Je fais quelques pas au hasard dans la rue, en serrant contre moi la veste en tweed que j'ai ramassé dans une voiture le mois dernier. C'est plutôt calme, mais du genre effrayant, vous voyez ? Pas un calme paisible et rassurant, plutôt le genre qui fout la trouille et vous laisse croire que, d'une minute à l'autre, un truc terrible va vous arriver. Mais bon, je n'ai pas vraiment le choix que de continuer et c'est ce que je fais.

Je crois que Dieu a une dent contre moi. Ce qui ne serait pas très étonnant, quand on y pense. J'ai toujours eu de la chance, mais ça fait quelques temps maintenant que je joue à l'homme d’Église pour mes propres intérêts. Il m'a peut-être remarqué et Il n'aime pas trop ça. Parce que, cette chose terrible que j'ai vu venir, elle finit réellement par me tomber dessus. Au détour d'une rue, je me retrouve face à l'Enfer sur Terre. Une dizaine de cadavres réunis autour d'un même point, qui se sautent dessus pour atteindre ce qu'il y a au centre. La curiosité est un vilain défaut, je le sais bien, mais en les apercevant, je ne peux pas vraiment me retenir de regarder ce qu'ils font. Il y a un bras sur le sol. Détaché du corps auquel il appartenait autrefois. La manche arrachée laisse voir un détail que je remarque rapidement : un tatouage qui recouvre entièrement la peau de l'avant-bras. Des tatouages, il y en a de toutes sortes, mais ils sont tous plus ou moins uniques. Il ne me faut que quelques secondes pour reconnaître ce qui est dessiné sur le bras du pauvre homme à qui on l'a arraché. Un ange entouré d'un halo. C'est comme ça que j'ai su que je pourrais mettre ce crétin de Bill dans ma poche dès notre première rencontre. Ce spectacle est légèrement dégoûtant, mais il répond au moins à deux questions que je me pose. Cette horde est en train de bouffer et mes compagnons ne reviendront jamais me chercher. Les pauvres, ils n'ont même pas fait quelques mètres avant de se faire attraper...

Malheureusement, ça signifie aussi que je vais devoir trouver un autre chemin par lequel m'enfuir. J'aimerais bien prendre une seconde pour penser à eux, mais si c'est pour finir en dessert, pas question. Un rapide coup d’œil autour de moi m'est absolument inutile. Il y a deux rues dans mon dos, mais je ne connais pas suffisamment Détroit pour savoir où elles peuvent mener. J'en choisis donc une au hasard. Très vite, parce que les cadavres ont remarqué ma présence et que j'ai plus de vitalité que leur repas actuel, donc plus d'intérêt. Trop vite serait plus juste. Tellement vite que je n'ai pas vu le panneau « Wrong way » recouvert de crasse au croisement. Et me voilà tout à coup face à un mur qui me bloque le passage. Un cul-de-sac... Quand je vous disais que Dieu me déteste...

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Your dead shall live; their bodies shall rise. You who dwell in the dust, awake and sing for joy! For your dew is a dew of light, and the earth will give birth to the dead. ▬ Isaiah 26:19-20.
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Nicolae Kentmann
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Mar 4 Juil - 18:28

L’homme qui marchait pied nu malgré le froid ne semblait pas incommodé par son environnement. Ni la neige fondue et froide, ni les pièges pointus qu’elle cachait ne semblaient vouloir l’atteindre. Il avançait paisiblement comme un simple promeneur, bâton à la main, venue gouter de la quiétude de cette ville silencieuse. Il semblait seul, pourtant il ne l’était pas, celui qui guidait ses pas voletait au-dessus de lui. Car tel était le chemin qui lui avait été relevé lorsqu’il avait débuté son initiation druidique dans la vaste forêt noire. Le corbeau croassa et vin se poser sur épaule. Ce comportement était inhabituel car l’homme se sentait indigne d’un tel privilège. Beaucoup aurait paniqué à la proximité d’un charognard sordidement connu pour savourer les yeux de ses proies sans toujours attendre leur mort. Pourtant l’homme sembla on ne peut plus serein à ce contact étrange. « -qui a-t-il mon ami ? ». Dans un élan de plumes noires, l’oiseau pris son envol vers une des rues adjacentes. L’homme le suivi un moment du regard puis, il prit sa direction. Il marcha un certain temps avant de rencontrer des âmes perdues dans des corps gesticulants sans fin et sans réel but autre que d’essayer de combler une faim qui ne serait jamais assouvie. L’équilibre avait révélé le vrai visage de ce qu’était devenue l’humanité à toujours vouloir sans jamais être satisfaite, à ne plus être, ni penser, au-delà de ses pulsions. Même si le serviteur comprenait, il y avait, au fond de lui, le Yīshēng qui avait dû mal à accepter cette si lourde punition. Il resta à contempler ce purgatoire de l’âme guettant ce que son guide avait voulu qu’il voit. Et puis, il entendit un croassement. Son compagnon de route voletait au-dessus d’une ruelle qui semblait avoir autant d’attrait qu'un magasin d’Apple le jour d’une sortie d’un nouveau produit.

L’homme avança sans crainte vers les quelques âmes perdues dont il n’avait pas le droit d’avoir pitiés. Les moins avancées se retournèrent vers lui. Il resta calme et stoïque. Le corbeau c’était posé sur le bord d’une fenêtre plus haute et il semblait s’être désigné comme le témoin de ce qui allait suivre. L’homme resta immobile jusqu’à ce que le premier perdu arriva à son niveau prêt à le morde. Alors, dans un geste rapide et précis, il le renversa d’un coup de bâton. «-Je fais du Ciel et de la Terre mes parents » Il fit de même avec le second. «-Je fais de l’Esprit mon ami » D’un mouvement de pas il se plaça en contact du troisième qu’il bascula comme ses compagnons. « - Je fais de la soumission mon Dharma » . Au sol les perdus étaient empêtrés et malgré toute leur parodie de motivation, ils étaient aussi grotesques que des poupées animées incapables de se relever. L’homme continua d’avancer vers la ruelle, réduisant au sol ceux qui auraient dû être morts. Il brisa bien quelques membres, mais il n’en acheva aucun selon les principes de ceux qui se croyaient être des survivants. A chaque coup, il récitait l’un des principes qui guidait son bâton. « -Je fais de l’Égo mon Ennemi, Je fais de l’Esprit mon arme, Je fais de la volonté et de la droiture mon armure, Je fais de l’honnêteté ma force, Je fais du Dharma mon miracle. » a cette phrase, le bâton repris sa place de simple canne de marche, ceux qui devaient être sol l’étaient. Le corbeau quitta son perchoir pour venir s’approcher de la scène. Ils étaient face à celui qui les avait attirés ici. Si l’homme avait porté de l’importance aux vêtements, il aurait certainement pensé qu’il ne pouvait pas y avoir âme plus égarée parmi ceux qui n’était pas encore perdu de celui-là. Mais il se garda de tout jugement et se contenta de constater le plus calmement du monde : «- Il semblerait que vous vous soyez perdu, avez-vous besoin d’un guide ? ». La façon de prendre son temps pour cette question était d’autant plus surprenante que les âmes perdues, malgré leur renversement, continuaient à grogner et à vouloir ramper vers les deux hommes.
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Jeu 6 Juil - 11:09

Je me suis déjà demandé comment j'allais mourir. Pas vous ? C'est une question tout de même importante ! J'avais imaginé des tas de choses, mais certainement pas de me faire dévorer vivant par une bande de démons affamés... C'est moche, vous ne trouvez pas ? J'espérais quelque chose de mieux, une course-poursuite avec la police ou un crime passionnel. J'aurais adoré que ce soit un crime passionnel, tiens ! Un ancien amant venu chercher sa vengeance. Lola peut-être ? Ça aurait été incroyable, je trouve. Mais non, ce sont ces monstres qui avancent vers moi qui vont mettre fin à ma triste petite vie d'escroc.

Je ne sais pas pourquoi, mais je sors quand même le pistolet à ma ceinture et je le pointe vers les créatures qui s'avancent, mais je ne tire pas. Ma main tremble, il me reste si peu de balles... Mais j'ai soif de vivre, tout à coup. Et puis, mon regard se pose sur chacun des visages déformés par la mort et la pourriture qui se trouvent devant moi. Et elles tombent. Les unes après les autres, elles percutent le sol. Mon sauveur se tient au milieu de la marrée des cadavres. Mes yeux écarquillés se posent sur lui alors qu'il devient la seule chose visible au milieu de la ruelle. Il a l'air... calme. Et il parle tout seul. J'ai envie de partir en courant, mais c'est impossible. Il ne porte même pas de chaussures. C'est une blague, pas vrai ? Il doit faire à peine 5 degrés et ce type marche dans la rue sans rien aux pieds. Il porte ce drôle de bâton dans les mains.

Je sais bien qu'il existe des illuminés partout. Il y en avait parmi les membres de ma paroisse. Des gens tellement croyants que ça en devenait risible. Des gens qui buvaient mes paroles, extrapolaient celles de Dieu... C'est évident que certains d'entre eux ont du survivre à l'Apocalypse. Mais celui-là, il m'a l'air d'être un sacré numéro... Mon pistolet est toujours pointé sur lui quand il se retrouve face à moi pour me parler. Mais sa remarque, dont je ne sais pas trop si c'est une question ou une simple affirmation, me fait hésiter. Au point que je ne sais plus si je veux jouer la carte du pasteur ou celle du simple survivant. Je porte mon col romain sous mon manteau et ce serait difficile de le cacher maintenant... Alors, je baisse mon arme, le canon pointé sur le bitume et je détends mes épaules en levant les yeux vers lui.

« Dieu est mon seul guide. » dis-je d'une voix aussi calme que lui. Mais elle tremble, elle aussi. « Mais je commence à croire qu'il m'a abandonné. » Vous vous demandez peut-être pourquoi je fais ça. C'est vrai que parfois, mes propres mots ont l'air ridicule même à mes oreilles. Mais cet homme... Je reconnais un fanatique quand j'en croise un. Peut-être bien qu'il ne croit pas en Dieu comme c'est supposé être mon cas, mais il croit en quelque chose. Mes yeux se détachent de lui un instant pour caresser les corps des démons toujours au sol, toujours en vie, qui tendent leurs mains abîmées vers nous. Cet homme est certainement fou et les fous, ce sont les plus faciles à manipuler. Ceux qui ont la foi, quelle qu'elle soit, compatissent plus facilement avec l'un de leurs semblables. Et le Pasteur en plein doute, c'est une carte que je n'ai encore jamais joué, même au début.

Un démon un peu trop virulent se relève plus rapidement que les autres et mon cœur commence à battre beaucoup trop vite pour mon propre bien. Je pointe mon arme sur son crâne et je le regarde fixement alors qu'il parvient presque à se remettre sur ses pieds. « Faites quelque chose ! » m’exclame-je en relevant mon regard paniqué sur l'homme. Il ne me reste que dix balles en tout, je refuse de les gâcher si un autre peut m'aider sans que ce ne soit nécessaire. Mais je ne peux m'empêcher de me demander : pourquoi il n'a pas essayé de les tuer dès le départ ? Il m'a sauvé, c'est vrai, mais il a sauvé ces choses aussi, quelque part. Je le regarde gravement. Peut-être bien qu'il est trop loin dans son délire pour le Pasteur que je suis. Cette idée commence à m'effrayer. Alors avant que ce démon n'arrive à m'attraper, je me mets en route et fait quelques pas pour prendre la fuite, non sans bousculer mon sauver au passage, aussi violemment que possible.

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Nicolae Kentmann
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Mer 12 Juil - 12:05

L’homme écouta patiemment parler celui qui était encore plus égaré qu’il ne le pensait. Il sentit sa peur, il entendit ses tremblements dans sa voix, il vit ses hésitations avec son arme. Il savait reconnaitre les signes de qu’il y avait au-delà de la peur. De cet état où le rationnel n’hésitait plus. Il lui rappelait pourtant une autre personne qui ne savait pas encore qu’elle avait tout à apprendre, une personne qui croyait certainement au même Dieu que lui, une personne orgueilleuse au point d’adresser à cette divinité des reproches haineux pour le mal qu’il subissait au lieu de le remercier de lui permettre de se renforcer par cette épreuve. Il se vit bien des années avant. Il avait mis des années à comprendre l’incompréhensible et à accepter l’inacceptable. Comment pouvait-on seulement envisager des entités supérieures enclines à se préoccuper des malheurs de toutes les petites fourmis qui grouillent et détruisent le reste de leur création ? Égocentrisme ? Naïveté ? Un sombre mélange des deux avec une pointe de narcissisme ? Difficile à dire pour l’homme sans chaussure squi ne se souvenait que trop de cette sombre période où il pensait encore que le monde tournait autour de sa petite personne. Mais pourquoi porter les vêtements représentant un culte s’il doutait autant de son Dieu ? Avant que l’homme au pieds nu ne puisse répondre à ce prête terrifié une des âmes perdues, un peu plus vigoureuse que les autres, essaya de se redresser ce qui intensifia la panique de son interlocuteur au faux col. Il réagit de façon totalement absurde pour le druide. Tout d’abord il pointa son arme sur la brebis égarée qu’il aurait certainement dû essayer de sauver, puis, il lui ordonna d’intervenir, ce qui fit hausser un sourcil de Nicolae. Il n’avait jamais eu l’habitude qu’on lui donne des ordres de cette façon. Et avant qu’il ne puisse intervenir, l’homme au faux col parti précipitamment, essayant de bousculer le druide au passage, tel le vent qui veut faire ployer la montagne.

Étrangement, cela arracha un petit sourire au druide. Essayer de garder un semblant d’orgueil même en pleine panique avait un coté amusant. Il avait peut-être le don de voir ce que d’autre ne voyait pas, mais il ne retint qu’une chose dans cet enchainement d’actions incohérentes : il n’avait pas tiré sur la pauvre créature. Le corbeau daigna quitter son perchoir en croassant a tout va. Un esprit simple aurait pu s’imaginer qu’il se gaussait de la situation. Il regarda l’homme essayer d’avancer dans la marée d’âmes perdues au sol. On aurait dit un novice n’osant se lancer sur un chemin de braise. Avec une confiance et un calme d’autant plus remarquable que l’oiseau aux plumes noires se révélait être aussi agaçant qu’une alarme de voiture à croasser en voletant autour d’eux, le druide avança vers le prêtre. Nicolae savait très bien ce que son propre guide était en train de leur dire. Il traduit pour l’homme dont la fuite semblait compliquée «-D’autres arrivent. » Se contenta de dire tranquillement le druide avant de suivre celui qui exigeait son aide. Avec simplicité et sans trembler il écartait les dents avides de chairs fraiches. Il éloigna le danger des pieds du prêtre pour lui dégager le passage vers la rue. «-Êtes-vous sûr de ne pas avoir besoin d’aide ? » lui demanda t’il quand le prête avait la possibilité de partir de cet enchevêtrement d’âmes perdues sans risquer une morsure. « -Peut être que je ne m’abuse, mais vous semblez quelque peu égaré ? »
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Mar 18 Juil - 15:14

Je ne saurais dire si ce type m'a rendu service ou non. Tout ce que je sais, c'est que je suis fatigué d'avoir veillé pendant des heures et peiné à trouver le sommeil dans cette foutue église glaciale en attendant que mes compagnons ne reviennent me trouver, que j'ai faim, froid et surtout que j'en ai marre. Vraiment marre. Je n'ai aucune envie de crever moi aussi, pas plus que de perdre mon temps avec un illuminé qui voudra me sortir des idioties de hippie plutôt que de me permettre de vivre un jour de plus. C'est peut-être loin d'être la meilleure idée du monde, mais je ne veux pas perdre de temps, alors je tente de prendre la fuite.

Tente seulement. Ce type m'a bien mis dans la merde, soyons clair. Les cadavres qu'il a mis au sol sont toujours vivants et plus enragés encore maintenant qu'ils s'en sont pris plein la face et qu'il y a de quoi manger devant eux. Ils me bloquent la route avec leurs doigts avides d'agripper mes chevilles. Je ne suis pas totalement idiot même si j'ai du mal à survivre seul. C'est le problème quand on a bien profité des talents des autres pendant des mois. J'ai appris beaucoup de choses, mais je n'en ai pas eu tellement à faire et tuer ces choses... je ne sais pas pourquoi, mais ça reste tellement difficile... Et j'ai beau battre des pieds pour les éloigner, ça ne suffit pas vraiment. Me voilà donc bloqué entre une marée de cadavres et un hippie sénile. Merci, Vieux Croûton ! Mes yeux se posent sur le ciel grisâtre à cette pensée, mais n'y restent pas longtemps. Depuis quand est-ce que je parle à Dieu, au fait ?

Le hippie sans chaussures me tire de mon malaise en reprenant les choses en mains, m'ouvrant la voie pour une fuite bien méritée vers la rue. Mais sa voix, toujours tellement modérée et bienveillante, a le mérite de m'empêcher de fuir pour de bon. Je me tourne vers lui, sans vraiment savoir ce que je vais bien pouvoir lui répondre. Évidemment que j'ai besoin d'aide. Comment je vais m'en sortir dans cette foutue vie si personne de plus apte que moi n'est là pour me filer à bouffer ou juste pour m'apprendre à me servir de mon arme. Ou si seulement on pouvait me dire comment trouver des balles pour remplacer celles qui finiront forcément par disparaître dans le crâne -si j'ai de la chance- d'un cadavre. Mais ce type, je doute sincèrement qu'il soit capable de faire tout ça pour moi. Cela dit, même s'il a l'air un peu à l'ouest, cet homme semble en bonne santé. Plus que moi qui meurt de faim, en tout cas. Alors, peut-être bien qu'il peut m'aider...

« Qu'est-ce que je devrais faire en échange de votre aide ? » C'est la première leçon que j'ai appris dans ce monde, bien avant qu'il ne s'effondre : rien n'est gratuit. Et maintenant que tout est rare et précieux, le coût de la vie est encore plus important. Ce type peut vouloir m'aider, mais certainement pas sans quelque chose en retour. Chacun a besoin de quelque chose, pas vrai ? Même moi, j'offre mes « services » à de pauvres gens depuis un an en échange de leur protection. Alors, que veut-il, celui-là ? Je suis déjà sûr que ça n'a rien à voir avec de la nourriture ou quelque chose comme ça et c'est bien ce qui m'inquiète.

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Nicolae Kentmann
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Hier à 12:51

« Qu'est-ce que je devrais faire en échange de votre aide ? » L’homme sans chaussure regarda son interlocuteur avec, cette fois, un amusement plus que visible. Il avait même si mal a se contenir. Mais cette question était des plus surprenante et des plus inattendue. Qui plus est, ce n’était pas le parterre d’âmes perdues dont les mains se tendaient vers eux qui le mettait mal à la l’aise, ni le fait de savoir que d’autres, en nombre, arrivaient. Le druide savait qu’il fallait savoir profiter de l’instant et chaque moment de joie ou de gaité était un cadeau précieux. Néanmoins il se reprit très vite, car en peu de mot, l’homme au faux col venait de lui dévoiler une bien étrange facette de lui-même. Il regarda l’homme droit dans les yeux, comme s’il pouvait lire jusqu’au tréfonds de son âme. « -Pardonnez-moi, mais votre remarque, a quelque chose de désopilant, si on tient compte de votre foi. Ne donnez-vous pas sans attendre en retour comme vous le demande votre dogme ? ». L’homme avait parlé calment, d’une voix douce et mesuré, pourtant, chaque mot, chaque silence avait de la valeur à ses yeux. Il avança, sans courir et passa prêt de celui qui voulait marchander. Il n’était pas là pour juger, mais il savait jauger. L’homme au faux col ne survivrait pas s’il ne l’aidait pas. Il ne pouvait pas le forcer à accepter son aide, cela aurait été contraire à ses principes de libre arbitre si cher aux gardiens de l’équilibre. Néanmoins, il était aussi un Yīshēng répondant aux principes propres à la mentalité asiatique. Aussi, il ne pouvait passer son chemin et acter un refus sans avoir proposé trois fois son aide et essuyer trois refus. Aussi, lorsqu’il dépassa l’homme au faux col, il se retourna pour ajouter : « - Je peux comprendre que cela vous rassurerait si un prix était fixé, alors disons que j’ai un délicieux lapin dans ma sacoche, et que je ne suis pas des plus doués pour préparer un repas digne de ce nom et que je n’aime pas manger seul, pensez-vous pouvoir m’apporter quelconque soutient en échange de ma maigre contribution pour vous éloigner du danger ? ». Le druide restait amicalement à attendre la réponse de son interlocuteur, malgré la rue pleine de danger, malgré les morts qui commençaient à arriver, comme l’avait annoncer son guide. Le corbeau vint se poser sur son épaule avec un coassement. Nicolae ne detourna, pourtant, pas les yeux du pasteur attendant sa réponse. Il savait très bien, sans le voir, que des flots d’âmes égarées allaient arriver. Mais il était patient et avait confiance en son Dharma. « -Je vous confesse que vous aurez probablement, aussi, a supporter ma compagnie, mais je reste un convive ouvert quant aux sujets de discussion. Le prix vous semblent-il acceptable ? »
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