Aide-moi, le Ciel t'aidera ! [Darren]



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Sam 1 Juil - 13:00


Heal the sick, raise the dead, cleanse those who have leprosy, drive out demons. Freely you have received; freely give.

— Matthew 10:8

4 Mars 2016 — Ça doit faire une semaine. Je ne sais plus trop. Le temps passait si lentement dans l'église que je n'arrive plus à savoir depuis combien de temps mes compagnons de route ont disparu. Enfin, depuis combien de temps ils se sont fait dévorer par une horde, comme je l'ai découvert lorsque je me suis convaincu de sortir. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai rien mangé depuis un moment. J'ai économisé au maximum ce qu'il me restait d'eau, de nourriture... Je me sens mal. Faible. Fatigué. J'ai cherché, j'ai vraiment essayé de chercher à manger. Mais cette ville est... Pleine. De morts, de vivants. Et vide, assez paradoxalement. Avec tous les vivants qui ont l'air de traîner dans le coin, pas étonnant que la plupart des magasins soient totalement pillés. Et pour ceux qui ne le sont pas, ce sont les cadavres qui me retiennent. Qu'on se le dise, je ne suis pas doué pour cette vie. Je ne l'ai jamais été et je ne crois pas que je le deviendrai. J'ai appris des choses, bien sûr. Je sais où tirer pour m'en débarrasser et il m'arrive même d'y parvenir du premier coup. Mais trop rarement. Je connais tout ce que je peux connaître à propos de ces créatures et je suis capable de leur échapper. Mais pour tout le reste...

Ça doit bien faire une semaine que je suis seul, totalement seul, pour la toute première fois depuis le début de cette épidémie et je réalise que je ne vais jamais y survivre. J'ai besoin de dormir, j'ai besoin de manger. Je rêve de prendre une douche, de sentir un matelas qui n'a pas l'odeur de la mort imprégné sur lui sous mon dos. J'ai besoin de voir du monde, d'être avec quelqu'un. Si je ne trouve pas de l'aide rapidement, je vais mourir. Je sais que mon col romain et ma Bible donnent l'impression que je ne devrais pas avoir peur de la mort. Que je suis supposé croire que je vais aller au Paradis et que tout ira bien. Mais la vérité, c'est que j'ai peur et que je ne crois à rien de tout ça. Si je meurs, je deviendrais l'une de ces choses. C'est hors de question.

Je suis prêt à tout pour survivre. Tellement que j'ai même essayé de forcer mon chemin dans une épicerie pleine de rôdeurs. Résultat : il reste cinq balles dans mon chargeur et une dizaine de ces choses dans le magasin. Autant dire que c'est mal parti. Je n'ai réussi à en abattre que trois avec les cinq autres balles qui se trouvaient dans mon chargeur ce matin. Mes mains tremblent et j'accepte enfin d'admettre l'évidence : ça ne sert à rien, je n'y arriverai pas. Dépité, j'abandonne donc cette idée et rentre me réfugier dans un bâtiment derrière moi. Il est vide, plus que délabré... Je passe une bonne demi-heure à le fouiller, pour ne trouver rien de plus qu'une petite boite de bonbons.

Je me laisse tomber contre le sol, le dos appuyé sur le mur face à la fenêtre, ma boite de bonbons dans les mains. C'est déjà mieux que rien, je suppose. Mais c'est probablement la fin. Fini pour toi, Jason Benett. Le Pasteur Sharman t'a sauvé la vie un petit moment, mais c'est terminé... enfin, c'est dans ma nature de continuer d'essayer. Alors, même si c'est sans réelle envie, j'ouvre la boite et commence à manger les réglisses un par un. Mon Dieu ce qu'est infect. J'ai envie de vomir, mais j'ai tellement faim...

J'ai presque terminé la petite boite quand un mouvement au dehors me ramène soudainement au présent. Je me redresse rapidement et m'approche de la fenêtre pour regarder. Il y a un homme dehors. Le genre d'homme qui semble savoir ce qu'il fait. Le corps massif, l'air dur. Une arme digne de ce nom à la main. C'est comme si, d'un seul coup, je revenais à la vie. Mais pas comme l'une de ces choses, non, une vraie vie du genre qui vaut la peine d'être vécue. Mon cerveau se remet en marche tout seul, mes instincts reprennent le dessus. Ce type, c'est ma porte de sortie de l'Enfer. Il ne le sait pas encore, mais il va le découvrir. Je n'ai jamais tenté quelque chose de simple : juste aller voir quelqu'un et lui demander de l'aide. Peut-être que ça fonctionnerait, qui sait ? Mais je ne suis pas comme ça. J'ai besoin de trouver un moyen pour que cet homme se sente obligé de m'aider. S'il se sent obligé, il ne me lâchera pas. Ça a marché pour les trois derniers groupes dans lesquels je me suis retrouvé. Mes yeux papillonnent partout dans la salle, à la recherche de quelque chose. Le déguisement de pasteur que je porte encore et toujours fonctionne généralement bien sur les gens. Ça les met en confiance, ça les fait se sentir supérieur. Comme si, en aidant un homme de Dieu, ils obtenaient l'approbation du Seigneur en même temps. Un genre de carter « sortie de prison » mais pour l'Enfer. Mais il me faut un petit quelque chose en plus. Un petit truc qui me rendra encore plus inoffensif et vulnérable. Mais il n'y a rien dans ce foutu bureau qui ait une utilité de près ou de loin... Mon regard se promène partout sans se poser sur rien. Rien d'autre que le mur blanc de la pièce. Ça me donne une idée, pourtant. Je me place devant et je l'observe, comme si je voulais le mettre au défi. Ce n'est qu'un mur, mais c'est aussi ma seule solution. J'ai du mal à aller jusqu'au bout de mon idée. Alors je pense à la semaine horrible que je viens de passer. Le froid, la faim, la soif, la fatigue. Mon crâne vient percuter le mur avec moins de violence que je ne l'aurais voulu. Je recommence. Une fois, deux fois, trois fois.

Le sang qui coule de mon front est chaud. J'ai la tête qui tourne et les bras enroulés autour de mon corps quand je débarque, hagard, au milieu de la rue pour foncer droit vers l'homme qui a attiré mon attention. « Aidez-moi... » murmuré-je d'une voix incertaine. « J'vous en prie, aidez-moi... Ils vont me tuer ! » Je n'en fais pas trop. Mon jeu d'acteur est presque parfait, ça fait des années que je me pratique. La peur, le mal-être. Tout est bien dosé et il y a même une part de réalité dans ce que je lui sers. « Je vous en prie, s'il vous plait... » Je m'accroche à ses fringues en lui lançant un regard suppliant. Qui résisterait à sauver un Pasteur dans la misère ? J'espère bien que la réponse à cette question ne se tient pas en face de moi.

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Darren I. Wells
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Sam 1 Juil - 16:53

Bon sang ! Qu'il était bon d'être dehors, bon de respirer l'air presque frais ! Qu'il était bon de se dégourdir les jambes et de ne plus être bloqué dans le laboratoire. Pour une fois, il avait décidé de ne pas emmener Teddy. Elle était fatiguée depuis la veille alors il avait simplement posé une gamelle d'eau et de bouffe à sa bien-aimée partenaire pour son réveil. Elle pleurerait peut-être un peu au début mais elle finirait pas comprendre qu'il reviendrait vite. Tout du moins, il l'espérait. Manquerait plus qu'elle décide de rejoindre Liv et ça, ce serait vraiment chiant de devoir aller la récupérer auprès de la blonde reloue...

ENFIN BON ! Il n'était pas là pour s'emmerder. Il faisait un ravitaillement pour le groupe. Il était équiper de son sac à dos et de sa hache ainsi que de quoi boire et rien de plus. Comme à chaque fois, il prenait le minimum pour pouvoir en ramener le maximum. En son sens, c'était logique. En quittant le labo, il voyait la ville s'étaler devant lui. Tellement de choix mais aussi tellement de risques... De toute façon puisqu'il fallait y aller, autant s'y lancer sans se poser de questions. Pendant plusieurs heures, l'homme farfouilla maisons et magasins, affrontait les macchabées ou fuyait quand la masse était bien trop nombreuses. En tout cas, il la sentait, la bonne dose d'adrénaline lui parcourant les veines, il sentait son cœur battre à la fois de plaisir et de terreur. Il pouvait tout aussi bien ne jamais rentrer, la moindre erreur lui coûterait la vie mais il était un battant, maintenant alors... Hors de question de se faire marcher dessus par quelques machins cadavériques.

Poursuivant son exploration dans la ville, il se stoppa un instant en fixant une épicerie. L'activité dans le magasin fit longuement grimacer l'homme qui termina par un long soupir. Bon sang, pourquoi ils étaient tous foutus là ? Ils pouvaient pas juste être morts de chez morts, ultra morts, juste pour qu'il puisse récupérer les denrées qu'il pouvait ? Non, évidemment... Sinon la tâche aurait été bien trop facile et forcément, la situation n'aurait pas été drôle... Merde ! Chiottes ! Bon... Trouver une idée pour les faire sortir sans se faire bouffer et les buter pour qu'ils ne se retournent pas dans l'espoir de le bouffer. L'homme se mit à réfléchir longuement, imaginant même des possibles pièges afin de séparer les tronches dévastées. Rien, pourtant, ne convenait suffisamment et les mettait en déroute longtemps pour qu'il puisse se les faire. Et remerde !

Darren faisait fonctionner son cerveau à toute allure tout en tentant d'être attentif autour, le manche de sa hache roulant entre ses doigts longuement, prêt à se défendre si besoin était. Un bruit se fit alors, le détournant de son objectif. Le dresseur agrippa fermement son arme et s'apprêta à la lever quand il comprit que ce qui s'approchait de lui était vivant, humain et... "Oh, non, non, non." fit-il en apercevant l'accoutrement du type qui débarquait et suppliait pour obtenir de l'aide. Une grimace naquit sur le visage du brun alors que l'inconnu s'accrochait à lui, fermement. Putain le con... "Lâche ! Mais lâche moi !" ordonnait le survivant en tentant de se décrocher de la poigne du pauvre erre. Ses yeux se posèrent sur le ciel avec une moue dédaigneuse. Est-ce que c'était ce grand Con qui s'amusait à lui foutre un de ses hommes de mains dans les pattes.

"Arrête de brailler, Machin ! La ferme !" fit-il sans pour autant parler très fort, parvenant enfin à le repousser avant de faire quelques pas en arrière. Un coup d'oeil vers l'épicerie et il soupira. Un peu plus et les goules leur tomberaient dessus. Putain mais c'était pas vrai ! "De tous les clowns du monde, il a fallut que je tombe sur un de ceux que j'exècre le plus..." cracha-t-il de déplaisir. Il aurait pu blasphémer des milliards de fois mais il se mordait la langue pour ne pas simplement se foutre de sa gueule. Eh bah, elle avait bonne tronche, la gueule des troupes de Dieu, hein. Le prête, pasteur, moine ?, aucune foutue idée de ce qu'il était, pissait le sang et sanglotait comme une petite princesse ayant perdu sa barbie. "Hey, Saint-Benoît, pourquoi tu pries pas pour que ton Patron t'aide, hein ?"

Trop tard, il avait craqué. Même en pleine fin du monde, il ne parvenait pas à montrer une once de respect vis à vis des religieux... Bon, après, il ne mentirait pas en disant que ça le faisait marrer de voir les gens comme lui, perdus à un point inimaginable, ne comprenant pas pourquoi leur Foi ne les avait pas sauver de ce merdier. Finalement, c'était bon, à voir.

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Dim 2 Juil - 12:01

Je sais que c'est très difficile à croire, mais depuis le début de tout ce merdier, tout le monde a toujours semblé se prendre au jeu de mon Pasteur. L'habit inspire généralement confiance et mon air un peu trop doux pour cette vie encore plus. Alors les deux ensemble, je vous laisse imaginer... Je ne suis jamais vraiment tombé face à quelqu'un qui ne veuille pas me prendre en pitié. Des sceptiques, il y en a eu bien sûr, mais les américains donnent une telle place à la religion dans leur vie quotidienne que même eux arrivent à se laisser prendre au jeu. C'est donc avec un étonnement mêlé d'effroi que j'accepte, non sans difficultés, de lâcher l'homme sur lequel je viens de me jeter. Je recule de quelques pas en l'observant avec des yeux ronds et incapable de dire quoi que ce soit de vraiment... malin ou d'utile. Celui-là ne semble vraiment pas content de me voir et je ne décèle aucune pitié dans son regard. En fait, son mépris est même plus que visible.

C'est bien ma chance. Sur toutes les âmes en peines qui peuplent cette planète, il a fallu que je tombe sur un athée pur et dur. Je dois dire que je ne l'avais pas vu venir, celle-là et que je me retrouve un peu comme un con à ne pas savoir comment réagir. Il serait peut-être plus malin d'abandonner une minute mon rôle de pasteur pour habiller de nouveau ma véritable personnalité. Mais je ne crois pas que j'y arriverais vraiment. Mes yeux s'arrondissent un peu plus quand je l'entends m'appeler « Saint-Benoît. ». J'ai comme l'impression que ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais manger à ma faim. Et je ne sais pas du tout comment réagir. Il ne me cache pas sa haine, mais peut-être que ça vaut quand même le coup de continuer sur ma lancée ? Histoire de rester au moins crédible avec moi-même. Je ne sais pas, sérieusement, je n'arrive pas à me décider sur la marche à suivre. Ma main tremble une seconde alors que j'envisage de la poser sur la crosse de mon arme pour l'attraper et la pointer sur lui. Ce n'est pas tellement que j'ai envie de mourir, mais j'ai le sentiment que ça pourrait me rassurer un peu. Je me ravise quand même. Ce type est deux fois plus large que moi et ce n'est pas de la graisse, c'est clair. Même si je savais tirer convenablement, je ne crois pas que j'aurais le temps de le canarder avant qu'il ne me tranche la gorge avec sa hache.

Sa question me donne du fil à retordre, mais je ne mets pas plus de quelques secondes avant d'oser une réponse, dépossédé de toute ma confiance en moi, remplacée par une certaine angoisse. Pas tant à l'idée de me faire tuer par ce type, non, mais plus par le fait qu'il ne se décide pas à m'accorder sa pitié. « Désolé, mate, je ne voulais pas me montrer aussi impoli. » lâché-je rapidement, retrouvant mes vieux instincts d'anglais en utilisant un argot de mon île sans même réaliser que ça risque d’entacher un peu mon image de gentil pasteur. Les hommes de Dieu ne parlent pas vraiment comme ça, mais tant pis. Je tente ma chance, je n'ai rien d'autre à faire de toutes manières. « Quelqu'un m'a attaqué, je... Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient. » J'ai quand même un peu de mal à m'en tenir à ma représentation, là, mais le coup que je viens de m'infliger à la tête m'aide grandement à rendre crédible mes bredouillements. « Je ne veux pas vous ennuyer, vraiment. Je suis juste... Ils m'ont volé tout ce que je possédais ou presque. » Mon arme ne se voit pas sous la lourde veste de tweed que je porte par-dessus ma chemise. S'il ne fait pas trop attention et que je reste en place, il peut finir par me croire. « Je ne vous demande rien de plus qu'un peu d'eau ou quelque chose à manger. La blessure à ma tête, elle... Je ne me sens pas très bien, mais je vous laisserai tranquille si vous m'aidez, c'est une promesse. »

Allez, mon pote, fais un petit effort. Laisse-toi apitoyer par le gentil pasteur, file-moi à manger et je te lâche la grappe... Je peine à croire qu'il ait besoin de manger plus que moi, il n'est pas amaigri, il a même plutôt l'air propre sur lui. Ce qui est assez étrange quand on y pense... J'ai entendu des rumeurs disant qu'il y avait une communauté ici, à Détroit. Un genre de Paradis fantasmé dans lequel les gens peuvent vivre en paix, dormir dans de vrais lits et même prendre une douche chaque jour.  Il paraîtrait même qu'ils mangent à leur faim tous les jours. Est-ce qu'il se pourrait que cet homme soit un membre de cet Eldorado post-apocalyptique ? Ce serait trop beau. Et peut-être un peu moche aussi, vu qu'il n'a pas l'air de vouloir me laisser une chance.

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Darren I. Wells
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Mar 4 Juil - 17:43

La main toujours fermement accrochée à sa hache, Darren fixait l'homme de "Dieu" d'un regard sans sentiment aucun. Il était facile, dans ce monde, de tricher et d'oser porter une toge de serviteur du Seigneur. Il n'était pas doué, basiquement, en décryptage des gens, pas doué pour les comprendre comme il le voudrait mais la méfiance dont il faisait preuve n'était que normalité. Le monde partait en sucette, les hommes n'arrangeaient pas les choses. Pourtant, il écoutait attentivement le p'tit gars en face de lui, ne pouvant s'empêcher de se marrer mentalement. S'il était vraiment ce qu'il prétendait être, comment avait-il pu survivre aussi longtemps ? Combien, avant lui, avaient eu pitié ? Evidemment, il n'était pas dupe. Il savait parfaitement que les États-Unis étaient connus pour les croyances religieuses qui devaient, entre guillemets, portés le pays. Cette bonne blague va.

"Et qu'est-ce qu'on t'a prit, petit homme, pour que tu sois si effrayé ? Ta dignité ?" lâchait le brun, bien décidé à ridiculiser le croyant. Franchement, comment y résister alors que le type suppliait. Combien de fois il avait entendu les mots "Dieu sauvera ton âme !" ? On lui avait, pendant longtemps, remplit la tête de ces conneries, tout du moins tenter et jamais il y avait cru. Heureusement d'ailleurs. Combien d'imbéciles s'étaient laissés prendre et s'étaient retrouvés perdus sur les routes de l'Enfer sur Terre, à se faire bouffer ou à quémander pour qu'on les aide ? C'était pitoyable...

Darren approcha d'un pas, abaissant son arme pour venir attacher le bondieusard par la nuque, laissant son regard plonger dans le sien. "Il est hors de question que je t'aide." chuchotait le dresseur avant de relâcher la pression et de reculer d'un pas, sourire quasi dément au coin des lèvres. "Si tu veux quelque chose, va falloir apprendre à te démerder. J'risquerai pas ma vie pour toi." Haussant les épaules, l'éducateur canin se passa la main dans les cheveux et posa le haut de sa hache contre le sol, prenant appui sur le manche en observant des pieds à la tête le gringalet. "Si tu veux bouffer, blessé ou non, va falloir mettre la main à la pâte. Je travaille pas gratis." Sur ces mots, il se détourna du nabot pour reporter son regard sur les cadavres ambulants.

L'homme plia les genoux, s'accroupissant pour se remettre à la recherche d'une solution à son problème, soit explorer l'épicerie. Pas certain qu'il y ait vraiment des denrées, il fallait tout de même tenter. Un regard vers l'autre en costume de guignol, il soupira. Il pourrait simplement s'en servir d'appât. Suffirait de le foutre devant la porte pour attirer les goules et lui les décapiterait mais ils étaient bien trop nombreux pour lui seul et, de son avis, l'autre naze servirait pas le moindre du monde en combat alors... Mauvaise idée. Soupir d'agacement et grincement de dents. "Hey, si tu veux pas servir de chair à saucisse, rend toi utile." lâchait le survivant d'un ton froid. Pas question qu'il fasse tout et que l'autre récupère une part des rations non méritées. "On a rien sans rien, on vous apprend pas ça, chez les glandus ?" Nouvelle pique pour la forme.

En fait, en y réfléchissant bien, peut-être bien que celui-là n'avait jamais appris ça. Il était bizarre. Beaucoup trop... Trop... Il ne savait pas. Quelque chose clochait chez ce type et il n'aimait pas ça. Peut-être bien qu'il devrait se retourner et lui fracasser le crâne un peu plus pour s'assurer qu'il ne risquait rien. L'esprit Bon Samaritain n'existait clairement pas. Il fallait s'endurcir et ce petit père devrait bien vite le capter. S'il se croyait dans une série télé bidon où on le sauverait à bras ouvert parce que la Foi, il se gourait bien comme il fallait et ça, Darren se ferait un plaisir de le lui faire comprendre. Se redressant enfin, il fit face au gringalet et haussa un sourcil. "Tu sais, en vrai, j'aime pas trop ta tête et je suis terriblement tenté de t'abandonner ici." Au moins, on ne pouvait pas lui reprocher d'être honnête. Après, il fallait avouer que, quelque part, ça restait juste une menace pour que Saint-Benoît mette son cerveau plus rapidement en marche.

Donnant un coup de chaussure dans un caillou, il se redressa en entendant un bruit typique du danger. Roulant des yeux avant de grimacer, le dresseur attrapa l'homme en tenue d'église au col pour le traîner à l'écart d'une troupe de marcheurs. Heureusement pour eux, il y avait suffisamment d'éléments pour cacher leur présence comme des voitures ou des bennes à ordure pas vidées depuis longtemps. Celle derrière laquelle ils se cachaient en était le parfait exemple. Sortant lentement la tête de derrière leur abris de fortune pour constater la grosseur du groupe. Un "Putain de ta mère, Jésus !" voulu s'échapper d'entre ses lèvres sans qu'il se laisse le plaisir de le faire. Il aurait aimé voir le regard choqué du religieux mais il savait que s'il l'ouvrait maintenant, leur couverture serait grillée. A trop tarder, une expédition mort-vivante avait eu le temps d'envahir les lieux. Bah oui, bien sûr, bravo Darren. A trop perdre ton temps avec ce naze de quémandeur, tu as perdu un temps précieux qui t'aurais servit à remplir ton sac.

Marmonnant des insultes contre les serviteurs de la Croix et plus particulièrement contre le type à ses côtés, il prit l'initiative de se diriger vers une autre quartier en prenant la ruelle derrière eux. Peut-être bien que l'autre lui lâcherait la grappe et qu'il pourrait enfin accomplir sa mission et rentrer. Si seulement il pouvait faire ça.

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Ven 7 Juil - 10:06

J'essaye de me concentrer pour suivre ce qui se passe devant mes yeux, mais entre la faim, la déshydratation et le coup que je me suis pris à la tête, c'est difficile. Tellement que je me prends à espérer que je suis en train d'avoir un genre d'hallucination. Cet homme... Il voue une haine profonde aux hommes d’Église et il a fallu que ce soit sur lui que je tombe dans ce moment particulièrement difficile pour moi. Mon rôle de pasteur auquel je croyais pouvoir m'accrocher est en train de me desservir comme jamais. « N'avez-vous donc aucune pitié ? » je crache en le regardant avec une certaine dose de haine, moi aussi. Je vois bien que non et cette question est purement rhétorique. C'est bien ma veine, ça ! J'ai croisé bien assez de survivants prêts à tout pour se racheter aux yeux du Seigneur pour survivre pendant un an, mais depuis que j'ai mis les pieds à Détroit, il n'y a plus aucun doute : Dieu m'a abandonné. Non pas qu'Il ait déjà été vraiment là pour moi, mais je me mets à penser à des trucs de ce genre de plus en plus souvent, à force de répéter ces mêmes conneries depuis des années.

J'aimerais me défendre, mais je suis bien trop affaibli physiquement, je le sais et lui aussi. Il en profite, il me bouscule, il se moque, il me maltraite très clairement. Et ça m'énerve de plus en plus à mesure que je me prends ses remarques acides en plein visage. Oh toi... Si je ne venais pas de passer deux jours entiers sans rien avaler... Bon, ok, face à un type de cet acabit, je crois que je n'aurais rien tenté quand même. « J'ai déjà tué une partie des démons qui se cachent dans cette épicerie, j'ai fait ma part. » je lui lance. Me rendre utile, je l'ai fait, j'ai fait tout ce que je pouvais. Si j'étais capable de faire mieux, croit-il vraiment que je perdrais mon temps à lui prendre la tête au lieu de me démerder seul ? Il m'agace et je sens que les vertiges cessent peu à peu pour me remplir d'une nouvelle détermination.

L'instinct de survie est une chose étrange. Sans que je ne réalise vraiment ce qui se passe, je me trouve tirer en avant et je me mets à courir pour suivre le rythme effréné de mon bourreau, qui vient me jeter derrière une benne à ordures qui empeste la pourriture autant que les cadavres que nous avons aux trousses. Je crois bien que la seule raison pour laquelle il jure comme un charretier est de m'énerver et il y arrive. Pas parce que je me sens outré de son manque de respect pour Dieu, mais parce qu'il me déplaît, tout simplement. Il ne me donne pas ce que je veux et j'ai horreur de ça. Tant pis pour le pasteur Sharman. Pendant que mon cher ami regarde la rue et les cadavres qui l'envahissent pour juger de la merde dans laquelle nous sommes, j'en profite pour sortir mon pistolet aussi discrètement que possible et je pose le canon sur les reins de l'homme. J'appuie de toutes les faibles forces qu'il me reste et j'approche un peu mon visage du sien. « Très bien, écoute-moi bien, sale con. » murmuré-je à son oreille, aussi bas que possible pour que les démons n'entendent rien, mais que lui n'en loupe pas une miette. « Si tu ne veux pas que je t'éclate les reins, tu vas te calmer immédiatement. T'as un problème avec le Grand Barbu là-haut, j'ai pigé, mais j'en ai rien à foutre, mon pote. Donne-moi ton sac ou je tire. Compris ? » Le gentil pasteur, ça ne marche pas sur ce connard, soit. Je vais jouer selon ses règles maintenant. Ça risque de se retourner contre moi, mais après tout, que me reste-t-il à perdre ? La réponse est simple : rien.

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