Draw Me Like One of Your French Girls [Juliet]



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Sam 1 Juil - 14:06


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5 Mars 2016 — L'idée avait commencé à germer depuis quelques jours. Ou quelques semaines, peut-être. Il ne savait plus très bien, mais à force de voir Octavia tous les jours et de passer devant la chambre vide d'Eulalie, quelque chose s'était passé.  Il aurait pu mourir, seulement quelques semaines après avoir vu Maxine s’éteindre sous ses yeux, Logan aurait pu y passer aussi en affrontant Bruce. Et pourtant, il s'était jeté dans cette bataille à corps perdu, sans prendre le temps de réfléchir ou d'hésiter. Peut-être qu'il avait eu de la chance, ou peut-être qu'il s'était bien préparé, tout simplement. Hélas, il était comme ça : il ne lâchait jamais rien, il ne tournait pas le dos au danger par peur ou par devoir envers quelqu'un. Ses principes le poussaient loin, son orgueil aussi. Trop loin parfois. Mais il s'était rendu compte que s'il mourrait, sa fille n'aurait plus personne.  Joy continuerait de prendre soin de la petite. Isha aussi. Peut-être les autres aussi, mais elle n'aurait plus ses vrais parents et cette idée s’insupportait profondément. Pire encore, s'il mourrait demain, rien au monde ne rappeler ait à sa fille qui étaient son père et sa mère, d'où elle venait, qui elle était. Et ça, c'était encore pire, surtout pour lui qui avait passé toute son enfance à entendre les histoires de sa mère à propos d'Hawaï, de sa famille et de leur culture... Il avait grandi dans un univers de rêves et de fantasmes, où la famille, les origines, tout avait une importance primordiale et il ne restait plus que lui aujourd'hui pour perpétrer les traditions et pour transmettre les choses importantes pour lui. Même si quelqu'un ici se décidait à élever Octavia comme sa propre fille, ils ne sauraient rien d'Hawaï et des Kaimana. Ils ne sauraient rien de qui était Logan et d'où il venait. Et inutile de préciser que ce serait encore pire concernant Maxine. Il n'arrivait pas à imaginer qu'un autre de ses enfants puisse grandir sans rien savoir de tout ça.

Voilà pourquoi il se tenait depuis... au moins trois bonnes minutes devant la porte de la maison de Juliet. Planté comme un crétin sans rien faire d'autre que de regarder le battant en se demandant s'il avait raison ou non de se tourner vers elle. Il aurait pu aller voir Bernadette. Il aurait pu retourner toute la ville à la recherche d'un appareil photo polaroid. Il aurait pu trouver n'importe quoi pour ne pas avoir à emmerder son ex une fois de plus. Il avait promis de la laisser en paix, de disparaître de sa vie et il faisait de son mieux pour s'y tenir malgré quelques écarts. Pire que tout, il avait surtout promis de ne pas lui imposer sa famille. Il comprenait parfaitement le mal qu'elle pouvait ressentir en le voyant avec sa fille. Venir lui parler d'elle n'était sans doute pas la meilleure idée qu'il ait eu. Mais en même temps, personne ici ne le connaissait aussi bien que Juliet et... il ne se sentait pas vraiment à l'aise à l'idée d'aller parler de ça avec quelqu'un d'autre. Une seule personne capable de passer sous sa carapace, c'était bien suffisant. Alors, même s'ils n'étaient pas en très bons termes en ce moment... Il le faisait pour Octavia, pas pour lui. Et il était venu avec une bouteille de Tequila et une boite de chocolat qu'il s'était donné un mal de chien à trouver. Tout ça pour bien montrer à Juliet qu'il venait avec les meilleurs intentions du monde, dans l'espoir qu'elle ne le jette pas dehors avant qu'il n'ait eu le temps de formuler sa demande.

Après quelques secondes supplémentaires d'hésitation, Logan se décida enfin à frapper, essayant de se composer un visage souriant, tranquille et surtout loin du masque de lassitude qu'il affichait depuis des mois. Ça devenait de plus en plus difficile de cacher son mal-être. Mais il comptait pas mal sur la colère de Juliet envers lui pour qu'elle ne cherche pas plus loin. Dès que la porte s'ouvrit, un grand sourire étira ses lèvres. « Salut, Jules. Je peux entrer ? » Il leva ses mains pleines devant le visage de la jeune femme pour lui montrer ce qu'il apportait. « Je viens en paix, c'est promis. J'ai seulement besoin de te parler de quelque chose. » Il ne réalisait pas très bien qu'il se montrait peut-être un peu égoïste sur ce coup-là. Il avait fait des efforts, vraiment, mais c'était juste impossible de rester loin d'elle constamment alors qu'elle était juste là, à une maison de lui tous les jours. Ça prouvait au moins qu'elle avait eu raison la dernière fois : ils ne pouvaient pas continuer de vivre comme de bons voisins pour toujours. Ça finirait par vraiment mal tourner, sauf si un miracle se produisait et qu'ils arrivaient à se réconcilier. Et aujourd'hui, Logan comptait vraiment sur un miracle.

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Juliet I. Whitman
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Dim 2 Juil - 23:14

Cela faisait quelques jours que Juliet avait rencontré Alair, le médecin chez qui Logan et elle avaient trouvé refuge lorsqu’un groupe de rôdeurs leur avait barré la route pour rentrer à Fort Hope. Avec ses manières un peu trop élaborées et d’un autre âge pour elle, la brune ne pouvait nier qu’elle avait ressenti énormément de méfiance à l’égard du survivant, méfiance qu’il avait réussi à endormir peu à peu en prodiguant quelques bons soins à Logan. Et lorsqu’il avait fini par proposer, de façon assez inattendue, de lui enseigner certaines des choses qu’il avait apprises grâce à son métier, Juliet n’avait mis que quelques instants à accepter. Elle ne voyait que des avantages à apprendre un peu mieux à pouvoir réagir à tout incident que la vie qui était désormais la leur ne manquerait pas de semer sur son chemin. Oh bien sûr, elle ne ferait jamais d’opérations à cœur ouvert, et autres chirurgies incroyables, mais au moins, elle saurait comment réagir en cas de blessure pas trop sérieuse.

Et depuis cette fameuse rencontre, Juliet avait pris les enseignements d’Alair assez sérieusement, suffisamment pour plonger son nez dans un livre d’anatomie, quelques jours plus tôt, dont elle ne s’était toujours pas désintéressée. Entre ces pages, aucune histoire de meurtre sordide à résoudre, de demoiselle en détresse à sauver, ou d’histoire d’amour à l’eau de rose, et pourtant, elle y trouvait largement de l’intérêt. Il fallait bien dire qu’elle avait toujours été curieuse de tout, depuis qu’elle était haute comme trois pommes, et découvrir comment fonctionnait le corps humain, l’étonnante machine bien huilée qui se cachait sous leur peau l’avait rapidement intéressée. Elle y apprenait pleins de faits étonnants, et il n’était pas rare de finir par la voir dessiner telle ou telle articulation, ou noter quelques mots sur le carnet qu’elle se trimballait partout depuis la fin du monde.

Elle était occupée à lire un nouveau chapitre sur la cage thoracique lorsqu’elle avait entendu quelques coups secs sur la porte, qui lui avait fait relever subitement les yeux de son livre. Il n’avait fallu à la brune qu’une poignée de secondes pour aller ouvrir la porte, son regard tombant sur un Logan tout sourire, à la plus grande surprise de la jeune femme. Juliet ne put s’empêcher de marquer un mouvement d’arrêt, un peu malgré elle, parce qu’elle n’avait pas pensé une seule seconde qu’il ai pu s’agir de lui derrière la porte. A son tour, elle tâcha de lui adresser un petit sourire, sans doute pas aussi large que le sien, tandis qu’elle lâchait un léger : « -Salut ! », et portait son regard sur les deux mains que Logan levait, comme pour attirer l’attention de la jeune femme. Les yeux de Jules regagnèrent finalement le visage du barbu, tandis qu’il affirmait être venu en paix, seulement pour discuter. Malgré elle, la brune fronça légèrement les sourcils, se retenant de lui dire quel effet cela faisait aux femmes de s’entendre dire qu’on voulait discuter de quelque chose avec elles. La jeune femme attrapa finalement dans une de ses mains la bouteille d’alcool, et dans l’autre la boîte de chocolats, avant de se décaler du seuil de la porte pour laisser passer le mécano. « -Viens, entre. » Elle referma la porte derrière lui, avant de lui emboîter le pas jusqu’au salon, à quelques pas de là. Elle espérait sincèrement que l’ambiance ne deviendrait pas aussi pesante et électrique que lorsque Logan s’était retrouvé pour la dernière fois dans la pièce.

Juliet posa la bouteille sur le bar de la cuisine, avant de déballer le papier entourant la boîte de chocolat, et de croquer dans l’un d’entre eux. Elle ferma brièvement les yeux en sentant le goût sur sa langue, lâchant un « hm » spontané. Ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas eu la chance d’en manger, et la gourmande en elle n’avait pas su résister en voyant la boîte. Le chocolat était toujours la solution à tout, quel que soit le problème. Logan n’avait visiblement pas oublié ce qui faisait craquer la jeune femme, et cela la dissuada de lui demander sans détour ce qu’il faisait là. Jules finit par s’appuyer contre le buffet derrière elle, avant de glisser un regard vers le mécanicien. « -Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Elle tâcha de se montrer polie, presque avenante, tandis qu’elle enfournait dans sa bouche l’autre moitié du chocolat. Elle ne pouvait pas nier qu’elle se demandait sérieusement ce qu’il faisait là, puisqu’on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils étaient en bons termes tous les deux ces derniers temps. A vrai dire, depuis cette fameuse fois où il l’avait suivi sans son consentement, et qu’ils avaient atterri chez Alair, les deux survivants s’étaient à peine croisés. D’ailleurs, à cette simple pensée, Juliet ne put s’empêcher de glisser un regard sur Logan : « -Au fait, comment va ta main ? » Elle fronça les sourcils, se sentant bien plus concernée par le sujet aujourd’hui que lorsque Logan s’était vraiment blessé, quelques jours plus tôt. Il fallait dire que les circonstances de l’accident n’avaient pas manquer d’agacer profondément Jules, qui le lui avait bien fait savoir sans chercher à se montrer délicate ou diplomate.

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Mar 4 Juil - 12:06

Relativement soulagé, Logan laissa échapper un petit soupir en suivant Juliet à l'intérieur. Il abandonna le sourire d’apparat pour retrouver son air habituel, un peu plus abattu peut-être, mais qui lui demandait moins de forcer sur des muscles trop fatigués. Pa réflexe, il regardait autour de lui les sourcils froncés en entrant un peu plus franchement dans la maison jusqu'à se retrouver dans le salon, à la recherche de quelque chose. Il lui fallut bien trois secondes avant de comprendre ce qu'il cherchait : la présence d'une autre personne. Maddie, techniquement. Pourquoi pas Isha puisque ces trois-là étaient devenus à ce point inséparables. Il ne voyait rien allant dans ce sens, en tout cas. Tant mieux. Il se passait à merveille d'un public pour ce qui allait suivre.

Juliet ne tarda pas trop à lui demander ce qu'il voulait, d'ailleurs et Logan ne répondit pas de suite, préférant plutôt détourner le regard et passer une main dans ses cheveux en signe d'inconfort. Peut-être bien qu'il aurait mieux fait de s'abstenir, finalement. Il craignait tellement qu'elle le raccompagne à la porte à la première mention d'Octavia... Et même cette idée le perturbait pas mal. Elle n'avait jamais été un tel monstre, pas la Juliet qu'il connaissait en tout cas. Et il s'en voulait un peu de penser comme ça aujourd'hui. De se sentir aussi anxieux et mal à l'aise de se retrouver en tête à tête avec elle et de réaliser à quel point le gouffre qui s'était creusé entre eux avec le temps était devenu profond, à la limite de l'infranchissable. Il n'aimait pas ça. Ça n'aurait jamais du être comme ça entre eux, pas après quinze ans, pas après avoir traversé l'Enfer et le Paradis, dans un sens puis dans l'autre. Ses sourcils se froncèrent quand il osa enfin affronter le regard de la jeune femme. Il fallait qu'il mette fin à ce malaise au plus vite, avant qu'il ne soit vraiment trop tard.

« Ça va, merci. » répondit-il en relevant sa main pour regarder la longue cicatrice qui se dessinait encore trop franchement sur sa paume. Katherine lui avait retiré ses points de suture deux jours plus tôt et il n'y pensait presque plus, du moins quand il ne prenait rien dans sa main qui vienne gentiment lui rappeler sa blessure. « Ça m'a fait passer l'envie d'être un crétin. » lui lança-t-il avec un petit sourire, comme s'ils partageaient une plaisanterie à ce sujet. Alors que clairement, tout ce que Juliet devait ressentir à ce sujet, c'était une profonde exaspération d'avoir un abruti dans son genre sur le dos. Il s'était déjà excusé de s'être comporté de cette manière, mais bon... il ne pouvait nier comprendre son point de vue sur la question.

Enfin, qu'importe, il ne faisait que perdre un peu plus de temps avant d'entrer dans le vif du sujet et comme si ça n'était déjà pas assez clair, il repoussa encore le moment de répondre à sa première question en allant jusqu'à un des placards de la cuisine. Comme s'il était chez lui, Logan ouvrit ce placard pour en sortir deux verres qu'il posa sur le comptoir et dans lesquels il versa deux bonnes doses de tequila. Cette bouteille était supposée être un gage de paix pour Juliet, mais à vrai dire, c'était aussi et surtout une façon pour lui de détendre l'atmosphère pour ce qui serait un long moment si la jeune femme accédait à sa requête. Il lui donna l'un des verres et porta le sien à ses lèvres pour avaler une gorgée d'alcool. « Quant à ce qui m'amène ici... Je voudrais te demander un service. » avoua-t-il ensuite. Il inspira doucement avant de reprendre. « J'aimerais que tu fasses un portrait de moi. Pas un truc énorme et mégalo, juste un petit dessin, tu vois ? Du moment que c'est ressemblant et que ça ne touche pas au Fantôme de près ou de loin. »  C'était bien pour ça qu'il avait choisi de demander ce service à Juliet plutôt qu'à Bernadette. La dessinatrice de comics avait tout un tas de croquis à son effigie dans ses affaires, depuis qu'ils bossaient ensemble sur ce projet de B.D., mais... Il n'avait pas envie que sa fille garde de lui l'image d'un genre de héros ambivalent à la Batman. Juste celle de son père, ou au moins du père qu'il aurait voulu être. Bernadette avait l'air de penser qu'il s'était choisi ce surnom et ce rôle comme un grand, comme un type un peu trop imbu de lui-même ou une connerie du genre et elle acceptait assez mal l'idée que Logan se soit retrouvé mêlé à tout ça contre son gré. Avec Juliet, il avait un peu plus d'espoir. Elle le connaissait, ses qualités autant que ses défauts, et malgré un orgueil souvent mal placé, elle devait bien se douter qu'il ne se tapait pas un gros délire mégalo à la Bruce. Il avait envie d'y croire et il lui faisait confiance pour lui offrir un résultat plus proche de la réalité. « C'est juste... J'ai réalisé que je n'avais pas le moindre souvenir de Maxine et si je venais à... disparaître, moi aussi, il ne resterait absolument rien à Octavia pour se rappeler de nous. Je me suis dit que ce serait plus simple que d'apprendre à développer des photos. » Il lui offrit un petit sourire triste avant de replonger le nez dans son verre. Non, il n'avait aucunement l'intention de mourir dans les semaines à venir, mais il n'avait pas encore le pouvoir de le décider vraiment. Qui savait ce qui pouvait lui tomber dessus ? Pour une fois, il avait envie de se montrer prévoyant plutôt que d'avoir des regrets.

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Juliet I. Whitman
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Mar 4 Juil - 18:08

Adossée contre le meuble du salon, Juliet fixait Logan, à quelques pas d’elle. Elle l’observa lever sa main, tandis qu’il jetait un coup d’œil à ce qui restait de sa blessure, et elle hocha simplement la tête, en guise de réponse. Ça avait été une blessure plutôt bête, mais ce qui l’avait été tout autant, si ce n’était sans doute plus, ça avait été la réaction de Juliet. Sa façon de s’énerver sur Logan, alors même que le sang coulant de sa plaie rougissait le sol de la ruelle dans laquelle ils se trouvaient. Sa petite remarque eut néanmoins le mérite d’arracher un petit sourire à la jeune femme, qui détourna le regard au bout de quelques seconces. Au fond, il n’avait voulu que la protéger, de sa façon très particulière, peu orthodoxe, et légèrement envahissante, et la réaction de Juliet avait peut-être été un peu disproportionnée, bien qu’elle ne l’avouerait sans doute jamais, et encore moins de son plein gré. Ce jour-là, elle avait pris sa présence dans la ruelle comme une intrusion dans sa vie privée, alors même qu’il avait promis d’en rester absent, et comme un manque flagrant de confiance en elle.

Sans chercher à lui demander ce qu’il fabriquait, elle l’observa aller dans la cuisine, puis tirer d’un placard deux verres, qu’il ne tarda pas à remplir de l’alcool qu’il avait ramené. Juliet l’observa faire sans un mot, les sourcils très légèrement froncés, avant de réceptionner son verre, en le gratifiant d’un petit « -Merci », et d’un semblant de sourire. Le mécano ne lui avait toujours pas expliqué ce qui l’avait amené jusque chez elle, et elle se demanda brièvement s’il n’essayait pas de gagner du temps, sans qu’elle ne comprenne vraiment pourquoi. A son tour, la brune avala une gorgée de téquila, son regard azur n’ayant pas quitté le visage de Logan, à qui elle trouvait un petit quelque chose de différent, sans toutefois mettre le doigt sur ce que ça pouvait être. Elle tâcha de rester totalement neutre lorsqu’il lui avoua finalement qu’il avait un petit service à lui demander, alors même que Juliet devait bien s’avouer surprise, et aussi, un peu curieuse. Que pouvait-elle faire pour lui, qu’aucun autre survivant dans ce camp avec qui ses relations devaient être meilleures en ce moment, ne pouvait lui offrir ? La réponse ne tarda pas à fuser, tandis que Juliet manquait de s’étouffer avec la nouvelle gorgée qu’elle venait d’avaler. Elle se racla doucement la gorge, avant de froncer les sourcils. Un portrait ? Bien sûr, c’était dans ses cordes, et elle n’était jamais contre le fait de pouvoir dessiner un peu. Mais ce qu’elle ne comprenait pas, c’était pourquoi. Pourquoi avait-il subitement besoin qu’elle lui tire le portrait ? Elle n’osait pas vraiment poser la question, sans savoir si c’était parce qu’elle en redoutait la réponse, ou simplement parce qu’elle ne voulait pas mettre Logan encore plus mal à l’aise.

Mais une nouvelle fois, comme s’il savait anticiper ce qui se passait dans la tête de la brune, Logan finit par répondre à ses questions silencieuses, et par avouer pourquoi il avait besoin de ce dessin. Elle se figea malgré elle, fronçant les sourcils au fur et à mesure des paroles qui quittaient la bouche du barbu. Un dessin, pour sa fille. Une image qui pourrait lui rappeler son père, même s’il n’était plus à ses côtés. Sa petite boutade n’eut pas l’effet escompté, et Juliet fut tout bonnement incapable de lui sourire à son tour, pas face à cet air triste qu’il arborait désormais. La jeune femme resta muette pendant un bon moment, un trop long moment sans doute. Elle repensait à leur conversation au bord du lac, à toutes ces choses qu’elle lui avait dites, au pincement au cœur qu’elle ressentait quand elle le voyait heureux avec sa famille, avec ce petit bébé qui faisait désormais parti de son quotidien, à cette gamine innocente qui ne connaîtrait jamais sa mère. Etre privé de l’un de ses parents était une chose déjà terrible en soit, et Juliet n’osait imaginer ce qu’il devait en être quand on perdait ses deux géniteurs, et qu’il ne restait rien au monde pour se rappeler d’eux, si ce n’était les souvenirs que d’autres pouvaient avoir et accepter de partager. La jeune femme eût l’impression d’être prise dans une espèce de lutte intérieure pendant un bref instant, à peine le temps de quelques secondes. Au final, la question ne se posait pas vraiment, et si elle pouvait faire quelque chose d’aussi simple qu’un dessin pour que Logan vive à jamais dans la mémoire d’Octavia, alors elle le ferait. Et peu importaient les mots qu’ils avaient échangés, ou ce qu’ils ressentaient.

Au bout de ce qui paru être une éternité, la jeune femme posa son verre sur le comptoir, pas bien loin, avant de désigner le canapé à Logan, comme pour l’inviter à y prendre place : « -Je vais chercher mes affaires. » Puis Juliet monta les escaliers qui menaient jusqu’à sa chambre, dont elle ferma soigneusement la porte derrière elle, avant de s’y adosser pendant quelques brèves secondes. Ce n’était qu’un dessin, un simple dessin, et c’était pour la bonne cause, se répéta-t-elle, avant d’aller farfouiller dans la commode face au lit. Elle en tira l’une des feuilles de papier qui accompagnaient les tubes de peinture offerts par Logan, et qui serait de meilleure qualité que celui de son carnet, puis elle emporta avec elle tous ses crayons, avant de redescendre dans le salon, où se trouvait toujours Logan. Elle déposa le tout sur la table basse, avant d’attacher ses cheveux en chignon, un rituel qui datait d’au moins vingt ans, lorsqu’elle avait réellement commencé à se mettre à dessiner. Juliet ajouta au matériel déjà présent un grand livre sur lequel Kelly avait mis la main quand elles avaient emménagé, et qui lui servirait de support, puis elle vérifia tout d’un coup d’œil, avant de finalement glisser ses yeux sur Logan. « -Tu peux y aller, si tu veux. » Ce furent les premiers mots qui sortirent de sa bouche, sans même que la jeune femme n’ai prémédité quoi que ce soit. Et ils sonnaient vraiment faux. Elle ne voulait pas qu’il se fasse de fausses idées sur ce qu’elle pouvait penser à cet instant, et qu’il parte en pensant qu’elle le jetait de chez elle : « -Enfin, je veux dire…ça me ferait plaisir que tu restes. Mais si tu as d’autres choses à faire, je peux faire ton portrait à partir d’une des photos que j’ai de toi… » Elle fronça les sourcils face à ses propres explications, avant de se gratter nerveusement à l’arrière du cou, en se sentant subitement mal à l’aise. Elle avait l’impression qu’ils étaient en train de marcher sur des œufs, à éviter d’avoir le mot de trop, le reproche de trop, celui qui aggraverait encore un peu plus leur relation fragile.

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Mer 5 Juil - 19:38

Haussant les épaules, Logan se traîna jusqu'au canapé, non sans avoir récupéré la bouteille au passage pour la poser sur la table basse devant lui. Il laissa Juliet disparaître pour aller chercher ses affaires et profita de ce court moment de solitude pour leur servir une deuxième tournée, bien décidé à ce que ce moment soit aussi léger que possible. Il ne supportait plus cette tension constante dans sa vie, avec tout le monde et encore moins avec les gens qui comptait le plus. Il en était venu à se sentir mieux avec des gens comme Enoch ou Elias, qu'il ne connaissait même pas et avec qui il parlait si peu, plutôt qu'avec sa femme, ses amis, plutôt qu'avec Juliet. C'était stressant, désagréable et il en avait assez. Si, en plus, il devait passer une heure assis là pendant que son ex lui tirait le portrait, il valait mieux que ce soit un tout petit peu moins tendu, non ?

La jeune femme revint après quelques minutes, les bras chargés de tout ce dont elle aurait besoin pour son œuvre. Il la regarda s'affairer sans dire un mot, s'amusant de constater qu'elle n'avait pas beaucoup changé ses habitudes. Il l'avait vu faire si souvent, à une époque. Et il ne parvint pas à s'empêcher que ça aurait pu être à ça qu'aurait ressemblé leur vie s'ils n'avaient pas tout gâché. Tous les deux plus vieux de quinze ans, mais toujours fidèles à eux-même, dans le salon de leur maison de banlieue, leurs enfants dans leurs chambres à l'étage. Il serait sûrement resté un moment à la regarder sans rien dire, parce qu'il avait toujours aimé la voir dans ces moments-là, où elle se concentrait sur son dessin jusqu'à oublier tout le reste et puis, il serait parti à son tour, n'importe où ailleurs. Dans le garage sûrement. Sauf qu'il n'y aurait pas eu cette tension palpable et que Logan ne se serait sans doute pas mis à froncer les sourcils en reposant son verre sur la table basse lorsque Juliet lui disait qu'il pouvait partir s'il le voulait. Était-elle en train de le jeter dehors ?

Il ne bougea pas pour autant. Ça commençait à bien faire. Non, il n'irait nul part, tant pis pour elle et tant pis pour une nouvelle vague de promesses qu'il ne tiendrait pas. Il n'y arrivait pas, tout simplement, et ça commençait à devenir vraiment ridicule de prétendre le contraire. « Je n'ai rien d'autre à faire. » précisa-t-il, doutant quand même un peu de la manière dont cet aveu serait accueilli. « Et j'ai pas envie de m'en aller. » Au moins, elle savait clairement qu'il n'avait pas la moindre intention de sortir d'ici pour le moment. Si elle voulait qu'il s'en aille, il faudrait qu'elle soit un peu plus claire dans ses propos, sinon il continuerait de jouer à l'idiot jusqu'à ce que ça devienne vraiment trop insupportable pour tous les deux. « Je serais discret, promis, une vraie tombe. » ajouta-t-il en tapotant la place vide près de lui pour l'inviter à s'y asseoir. Il faisait un effort, vraiment, pour que ça se passe bien. Qu'elle comprenne qu'il ne lui voulait aucun mal, seulement d'être là avec elle comme il l'avait été des dizaines de fois dans le passé sans que ce ne soit douloureux ou invivable. Les choses étaient claires entre eux depuis longtemps, maintenant, mais il fallait qu'ils apprennent à vivre avec et qu'ils tournent pour de bon cette page. Malgré toutes les preuves du contraire qu'il avait eu au cours de ces dernières années, il continuait de croire qu'ils pourraient apprendre à être amis. Si seulement ils faisaient un petit effort tous les deux.

Il soutint son regard jusqu'à ce qu'elle se décide et vienne s'asseoir près de lui. Là, il reprit son verre pour le vider d'une seule traite, la lâchant enfin un peu. D'accord, il voulait que ça marche, que ça se passe bien, mais ce serait impossible s'il restait aussi tendu sans la moindre raison. Il n'avait pas envie de se lancer dans des banalités pour détendre l'atmosphère, alors il se contenta de garder le silence un petit moment, sortant son revolver de l'étui à sa ceinture pour s'occuper. Il retira les balles, démonta l'arme qu'il nettoya aussi bien que possible avec le revers de son t-shirt. Il n'avait pas le même matériel pro qu'il avait vu Kelly traîner partout avec elle à la caserne, mais il avait enregistré chacun des gestes de la jeune femme et il s'efforçait de les répéter avec les moyens du bord aussi souvent que possible. Et puis, au moins, il ne restait pas juste à observer Juliet.

Le calme lui faisait du bien, la tranquillité dont il manquait un peu trop en ce moment. Logan se concentrait sur ses gestes et l'inconfort du silence disparaissait peu à peu, au moins de son côté. Ça n'était pas si difficile, il suffisait d'un tout petit peu de motivation à lâcher prise et il en avait à revendre en ce moment. Finalement, il trouvait l'ambiance un peu moins électrique quand il releva le regard vers Juliet et un sourire sincère, pour une fois, se peignit sur ses lèvres. Il l'avait toujours trouvé magnifique, mais dans ces moments-là encore plus, sans qu'il ne sache trop pourquoi. Peut-être parce qu'elle ne faisait pas attention, qu'il avait l'impression de la voir pour de vrai. « Ça faisait longtemps. » lâcha-t-il, pensif. Il ne savait pas depuis combien de temps ils ne disaient plus rien. Pas beaucoup, quelques minutes tout juste. « Qu'on avait pas fait ça tous les deux, j'veux dire. » La dernière fois, il n'avait encore jamais tenu une arme de toute sa vie, mais les choses devaient bien finir par changer, ça n'était pas si grave. Il ne trouvait plus ça tellement important, là. Parce que le plus important restait inchangé.

« Tu sais que, quand j'ai rendu notre appart, il y avait encore cette tâche de peinture sur le parquet ? » reprit-il après un moment. « J'avais déplacé le fauteuil pour la cacher, mais la première chose que cet enfoiré de proprio a fait en entrant, c'est de tout déplacer pour regarder partout. Il m'a emmerdé pendant une bonne heure avec chaque petite éraflure, chaque petite trace dans son précieux taudis. J'avais jamais vu quelqu'un d'aussi motivé à garder une caution. » Il lâcha un petit rire, il ne savait même pas trop pourquoi il lui racontait ça. Ça faisait si longtemps et ça n'avait pas la moindre importance. Mais ça prouvait au moins qu'il se détendait pour de vrai, qu'il ne faisait pas semblant d'être bien avec elle ici. « J'te ressers ? » demanda-t-il en pointant le verre de la jeune femme du doigt. Il reposa son revolver sur la table et attrapa la bouteille, prêt à s’exécuter.

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Juliet I. Whitman
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Ven 7 Juil - 0:09

Debout devant la table basse, Juliet ne pouvait s’empêcher de froncer les sourcils face à cette situation, qui ne lui plaisait pas vraiment. Elle avait l’impression de devoir surveiller sa moindre réaction, chaque mot qu’elle prononçait. C’était sans intention d’expulser Logan de chez elle qu’elle lui avait dit qu’il pouvait y aller, elle songea juste au fait qu’étant le leader de leur communauté, il avait peut-être d’autres impératifs que de jouer les modèles tandis qu’elle dessinait un portrait de lui. Mais il lui répondait déjà qu’il n’avait rien d’autre à faire, et que de toutes façons, il n’avait aucune envie de quitter la maison de la jeune femme. Jules le fixa longuement à la suite de ses déclarations, alors que le barbu finissait par l’inviter à prendre place à ses côtés sur le canapé, en promettant qu’il saurait se faire oublier. Il fallut à la brune encore quelques secondes pour prendre une décision, et finalement, elle hocha lentement de la tête, avant d’aller s’assoir à la place indiquée par son ex, quelques secondes plus tôt.

A peine fut elle assise, Juliet s’empara de son support, sur lequel elle plaça la feuille en papier, puis rapatria ses crayons de papier sur le canapé, où ils seraient à portée de main. Finalement, elle se mit en tailleur, le dos en appui contre l’accoudoir du canapé, de façon à pouvoir voir facilement le visage de Logan, même si elle était quasi certaine d’en connaître déjà tous les détails. La jeune femme avala une grande gorgée d’alcool, comme pour se donner du courage, puis elle s’empara de l’un des crayons, et commença son travail. A chaque trait de crayon, la pièce s’effaçait un peu plus, à chaque fois qu’elle estompait doucement du bout de son doigt, la tension qui crispait ses épaules disparaissait. La magie opérait, comme à chaque fois. Dessiner avait toujours eu le don de la transporter dans un autre monde, un monde dépourvu de monstres, de drames, de prises de tête insupportables, d’engueulades sans fin. Un monde où elle pouvait être elle-même, sans artifice, sans masque, juste Juliet. Et ça faisait un bien fou.

Le silence dans le salon s’étira, tandis que la jeune femme poursuivait son dessin, et que le barbu entreprenait de nettoyer son arme à feu. Et c’était presque…agréable. Jules avait l’impression que ça faisait une éternité qu’ils n’avaient pas été dans la même pièce, sans que ça ne vire à la guérilla. Lorsque Logan reprit finalement la parole, Juliet ne releva pas tout de suite la tête, lançant un vague « hm ? » interrogatif, se demandant de quoi il parlait, et ce qui faisait longtemps. Mais elle eut bien vite la réponse à ses interrogations, tandis qu’elle arrêtait son geste, et relevait ses yeux azurs vers le visage du mécano, juste à côté d’elle. Oui, ça faisait longtemps, une éternité, même. Sans doute une dizaine d’années, depuis qu’ils n’étaient plus ces gamins amoureux partageant un appartement. Elle l’observa en silence quelques secondes, avant de finalement répondre du bout des lèvres : « -C’est vrai…trop longtemps, même. » Elle esquissa un petit sourire triste à cette pensée,  tout en sachant très bien que c’était à cause des tensions qu’avait connu leur relation qu’ils n’avaient pas pu s’octroyer de petits moments comme celui-ci. Ils étaient bien trop occupés à soigner leur fierté blessée pour cela.

Il avait désormais toute son attention, lorsqu’il enchaîna, évoquant cette petite tâche au parquet qu’elle avait fait dans l’appartement où ils avaient vécu ensemble à Burlington. Juliet pouvait encore se souvenir de ce jour avec une précision étonnante. Elle se rappelait de la toile qu’elle peignait, qui était un devoir à faire pour la fac, elle se souvenait avoir été distraite par la sonnerie de son téléphone, et d’avoir fait tomber son pinceau, dont les poils étaient chargés de peinture, ce dont elle ne s’était pas aperçue tout de suite. Elle se souvenait que c’était sa mère au téléphone, qui désespérait de ne pas voir un peu plus souvent sa fille, elle se rappelait que la conversation s’était éternisée, et que lorsqu’elle était revenue sur ses pas, la tâche de peinture au sol était déjà quasiment sèche, et refusait obstinément de s’effacer du parquet. Elle se souvenait de tout, alors même qu’elle avait l’impression que c’était arrivé un siècle plus tôt. Jules ne quitta pas le barbu des yeux, alors qu’il lui racontait la visite de leur ancien propriétaire, le jour où Logan avait rendu leur appartement. C’était la première fois qu’il évoquait le sujet, sans même que Juliet comprenne pourquoi il en était venu à avoir de telles pensées. Le petit rire de Logan eu néanmoins le don de lui arracher un petit sourire sincère, alors qu’elle parvenait presque à s’imaginer parfaitement la scène, et ce casse-pied de proprio inspecter chaque centimètre carré de l’appartement. « -Ca m’étonne pas vraiment de lui. Ce type était un vrai crétin. Il a jamais été foutu de se souvenir que je m’appelle Juliet, et pas Julia ! » Elle leva les yeux au ciel d’un air faussement exaspéré, avant d’esquisser malgré tout un petit sourire face à ces souvenirs d’une autre vie. Ce n’était pas un appartement de luxe, rien à voir avec un cinq étoiles tout confort, mais c’était leur appartement à eux, leur petit nid d’amour, et ça lui avait largement suffi.

Lorsqu’il proposa de la resservir, la jeune femme accepta rapidement, se disant que ce serait sans doute pas mal d’avoir un petit remontant à portée de main s’ils se lançaient dans l’évocation de leurs vieux souvenirs. « -Oui, je veux bien, merci. » Elle esquissa un petit sourire en coin, avant de reporter ses yeux sur ce début de portrait. Au fond, ce n’était pas vraiment la première fois qu’elle se lançait dans l’aventure de dessiner Logan, elle l’avait déjà fait des tas de fois par le passé, parfois son visage en entier, parfois de simples détails, comme ses yeux, ou ses mains. Et pourtant, jamais elle n’y avait mis autant de minutie qu’aujourd’hui. Elle profita de ce nouveau silence pour faire face à ses pensées, qui l’avait emmené dans des endroits insoupçonnés. Juliet aurait voulu lui dire qu’elle regrettait de lui avoir fait subir cette visite du proprio seul, comme elle regrettait de lui avoir fait vivre tout le reste. Mais ce n’était rien que Logan ne sache pas déjà, et elle ne voulait pas ramener sur le tapis ses mauvaises décisions passées, les erreurs qu’elle avait commises, en détruisant ce qu’il avait mis 5 ans à construire. Plutôt que d’aborder un sujet aussi pénible, la brune garda le silence, tandis qu’elle avalait distraitement une gorgée de téquila, laissant son esprit vagabonder des années en arrière.

Finalement, elle reposa le verre, et après un coup d’œil à Logan, elle se remit au travail, reprenant son dessin, en laissant un nouveau silence s’installer dans la pièce. Il n’avait rien de gênant ou d’oppressant, et Juliet avait l’impression que la situation elle-même ne l’était plus tant que ça. Les traits se succédaient, et le dessin prenait forme peu à peu, sous les doigts de la jeune femme. A l’évocation de la tâche de peinture qu’elle avait faite dans leur ancien appartement, la brune repensa à la dernière toile qu’elle avait peinte, celle qui était restée dans la réserve de sa galerie, et qu’elle n’avait jamais vraiment osé exposer. Finalement, ça faisait longtemps qu’elle n’avait plus touché à un pinceau, par manque de matériel, bien sûr, mais aussi par manque d’envie. Elle avait l’impression que la peinture appartenait à une vie qui n’était plus la sienne, ou plutôt que la peinture ne lui apporterait plus rien dans cette vie de survie qui était désormais la leur. Quoiqu’il en soit, depuis son anniversaire, quelques semaines plus tôt, ce n’était plus le matériel qui manquait, seulement la volonté de s’y mettre, vraiment. A cette simple pensée, le regard de la brune quitta une brève seconde le dessin pour se reposer sur Logan, alors qu’elle repensait à sa soirée d’anniversaire…ou plutôt au comportement qu’elle avait eu ce soir-là. Juliet se racla doucement la gorge : « -Merci…pour la peinture. » Elle regarda obstinément son morceau de papier, sans doute parce que c’était plus simple de cette façon. Au moins pour elle. Juliet n’était pas très douée pour les excuses, et sans doute pas beaucoup plus pour reconnaître ses propres erreurs. « -Je suis pas certaine d’avoir pensé à te dire merci entre deux vacheries… » Elle aurait voulu esquisser un petit sourire, comme pour apporter une touche d’humour à ses paroles, mais le seul résultat qu’elle parvint à produire fut plutôt une horrible grimace. Doucement, la jeune femme releva son regard vers le visage de Logan, avant de se mordiller l’intérieur de la joue : « -Je…le fait que j’étais en colère contre toi n’aurait pas dû justifier que…je me comporte comme ça. » Ce n’était pas vraiment des excuses, ça n’y ressemblait même pas un tout petit peu, mais pourtant, elle pensait les mots qu’elle venait de dire. Son comportement avait été détestable, aussi bien avec lui qu’avec Maddie, d’ailleurs, et Juliet s’en était voulu de les avoir malmenés comme elle l’avait fait.

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Dim 9 Juil - 21:46

Pour la troisième fois, Logan remplit les deux verres, se permettant peut-être d'alourdir les doses pour cette tournée. Son sourire ne semblait plus vouloir disparaître et ça lui était bien égal. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il était bien, que tous les problèmes venaient de s'envoler simplement parce qu'ils avaient réussi à avoir un semblant de conversation légère et détendue, mais c'était déjà bien. Évoquer des souvenirs du passé n'était pourtant pas forcément la meilleure idée du monde. Ils avaient déjà tenté, ils s'étaient déjà laissés aller dangereusement sur ce terrain quelques mois auparavant et Logan n'oubliait pas comment avait fini cette soirée. Il ne voulait pas voir les choses tourner ainsi cette fois, seulement passer un moment tranquille sans aucune voix moqueuse résonnant dans son crâne, sans aucune colère compressant son cœur. Ça pouvait marcher, même s'il passait du temps avec Juliet et qu'il ne savait toujours pas s'ils se faisaient encore la tête ou non.

De nouveau, le silence s'installa, alors que Logan prenait son verre et se laissait reposer sur le dossier du canapé. Il sentait son corps se détendre doucement grâce à l'alcool. C'était agréable. Fut un temps où les silences entre eux n'étaient pas gênant, où ils pouvaient passer des heures sans se dire un mot et que tout allait bien quand ils reprenaient enfin la parole. Il aimait ça, ses pensées vagabondaient un peu partout et il laissait faire sans essayer de les retenir, même quand elles s'approchaient trop dangereusement de sujets plus délicats. Il ferma les yeux et laissa faire un petit moment, jusqu'à ce que la voix de Juliet ne le tire de sa rêverie. Alors, il la regarda de nouveau. Effectivement, elle ne l'avait pas remercié pour le cadeau, elle n'avait remercié personne ce soir-là et il avait même cru un bon moment qu'elle en était déçue. Il n'y avait que le tableau toujours posé sur le buffet devant eux qui semblait l'avoir touché. Logan s'en était senti un peu vexé, mais il n'avait rien dit non plus. À quoi bon ? Maddie l'avait embarqué dans cette histoire et ça lui avait attiré plus de problèmes qu'autre chose, il essayait de ne plus y penser.

« Bien sûr que si. » répondit-il seulement à sa dernière remarque. Elle semblait vouloir lui faire des excuses, d'une façon très Juliet bien sûr, mais il ne croyait pas en mériter. « Si on peut même plus se comporter comme des cons quand on est en colère, on peut le faire quand alors ? » lâcha-t-il dans un sourire. Il ne lui en voulait pas, plus maintenant en tout cas. « J'aurais pas du laisser Maddie m'embarquer là-dedans, c'était une mauvaise idée, mais je suis content si ce cadeau t'a plu. » Et puis, ça lui avait complètement cassé le dos de dormir sur le canapé ensuite, sans même parler du mal de crâne causé par la gnôle et le mal qu'il avait eu à se faire pardonner par sa femme. Même pas sûr qu'elle ne lui en veuille pas encore, d'ailleurs. Un problème de plus qu'il ne se sentait pas capable d'affronter en ce moment et qu'il laissait donc mourir dans un coin. Il s'arrêta de parler une seconde, choisissant soigneusement les mots qui viendraient ensuite. Il avait encore des choses à dire, même s'il avait espéré que ça n'arrive jamais. Que Juliet cesserait de lui parler pour toujours ou qu'ils se réconcilieraient sans avoir besoin de crever l'abcès. Il était toujours comme ça avec les conflits, il l'avait été quand Isha lui avait présenté des excuses presque aussi bancales que celles de Juliet en ce moment. Toujours. Il n'affrontait pas les choses, il se contentait de les oublier. Mais pas cette fois. « Tu as le droit d'être en colère et de m'en vouloir, tu sais ? J'ai été égoïste, je le mérite. Et je suis désolé de ne t'avoir rien dit. Je n'avais pas envie que tout le monde y aille de son petit commentaire sur le sujet, je voulais que ce soit juste à moi, mais c'était stupide. » Il s'arrêta avant d'ajouter que cette idée n'arrangeait personne au final et que Joy elle-même le haïssait pour ça. Personne ne semblait comprendre ce qu'il avait cherché en cachant un secret aussi énorme et il n'arrivait pas à l'expliquer vraiment. Mais depuis le premier jour... Alex lui avait passé un sacré savon quand elle avait remarqué que Joy passait toutes ses nuits dans le lit de son meilleur ami, à la caserne. Katherine, Roman, eux non plus n'approuvaient pas la relation entre eux. Juliet avait carrément pris la fuite quand elle avait compris ce qui se passait entre son ex et la rouquine. Il n'avait pas eu envie que des disputes, des jugements malvenus ne viennent ternir un bonheur qu'il croyait mériter.

De nouveau, Logan laissa s'installer un petit silence, hésitant encore. Il n'en avait pas fini avec elle, il voulait encore lui dire quelque chose qui lui trottait en tête depuis un moment, depuis plus de trois mois maintenant et il ne savait pas comment. Il avala une longue gorgée de tequila avant d'oser. « Je sais... qu'on faisait des efforts pour Eulalie et... » Le simple fait de dire à voix haute le prénom de leur fille lui faisait mal, mais il devait aller au bout de sa pensée pendant que la situation était calme et presque normale. « Maintenant qu'elle n'est plus là, tout le monde a l'air de penser qu'on ne devrait plus se parler, mais... Je suis là pour toi, Jules. Tu n'as pas besoin d'affronter ça toute seule si tu n'en as pas envie. C'était notre fille à tous les deux et je sais ce que ça fait de vivre sans elle alors... Je suis là si tu en as besoin. » Ça non plus, les gens ne semblaient pas bien le comprendre et peut-être que Logan avait tort de vouloir encore de Juliet alors que plus rien ne semblait justifier qu'ils se supportent. Mais elle était leur enfant et trois mois, ça n'était pas assez long pour guérir d'une telle perte. Aucun parent au monde ne pouvait s'en remettre aussi vite, le reste du groupe, même ceux qui côtoyaient la fillette depuis plus d'un an, même Joy parfois, paraissaient l'avoir déjà oublié et reprocher aux deux parents de ne pas faire de même. Comment le pourraient-ils ? Ils n'auraient pas du avoir à le faire. Juliet restait la seule personne à être en mesure de comprendre le vide qu'il ressentait et elle était son dernier lien avec sa fille. Peut-être qu'il avait tort de s'accrocher à elle pour ça, mais il en avait besoin. Sinon, il craignait de l'oublier à son tour.

Hélas, la conversation prenait un tour un peu trop sérieux. Il refusait de voir une nouvelle dispute éclater alors qu'ils parvenaient enfin à se parler sans que Maddie ne les y oblige. Il poussa un soupir, passa une main dans ses cheveux en cherchant désespérément un moyen de remettre un peu de légèreté au goût du jour. « Bon...Tu me montres ton oeuvre ? » demanda-t-il finalement en faisant un signe de tête vers la feuille de papier sous les doigts de la jeune femme. C'était peut-être un changement de sujet trop abrupt, mais il ne voulait pas forcer les choses.

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Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Lun 10 Juil - 23:34

Elle y avait repensé, à cette soirée d’anniversaire loupée, longuement, y perdant parfois même de précieuses heures de sommeil. Elle repensait aux efforts de Maddie, à cet air enjoué qu’elle avait eu pendant une bonne partie de la soirée, malgré l’ambiance glaciale que Juliet avait installé avec sa mauvaise humeur, elle revoyait Logan, et son air triste, peut-être même blessé, face à la colère de son ex. Elle avait été injuste, sans doute pas loin d’être exécrable même, et elle s’en voulait pour ça. Elle avait voulu faire taire la douleur qui vrillait sans cesse son cœur, mais ses méthodes étaient plus que douteuses, et au final, elles n’avaient fait du bien ni à Juliet, ni à son entourage. La brune aurait voulu présenter des excuses en bonne et due forme au barbu, mais elle était d’une maladresse affligeante. Heureusement, il semblait comprendre où elle voulait en venir, et elle s’autorisa même un petit sourire amusé face à ses remarques : « -Tu devrais savoir depuis le temps qu’écouter Maddie n’est pas toujours une bonne idée ! » La rouquine avait souvent des idées farfelues, bien à elle, et son enthousiasme poussaient souvent les gens à la suivre dans ses aventures. Du moins, c’était ainsi que ça fonctionnait avec la brune. Mais elle regrettait rarement ses choix, partageant un nombre incalculable de bons souvenirs avec sa meilleure amie, alors même que l’idée de base était plus que douteuse.

Soulagée de constater que la situation semblait s’arranger, ou du moins qu’il ne restait entre eux aucune animosité sur le sujet de son anniversaire, Juliet retourna à son dessin. Mais elle n’était pas penchée sur le papier depuis plus de quelques instants que la voix de Logan brisa une nouvelle fois le silence entre eux, tandis qu’elle relevait son regard azur vers elle. Dès qu’elle comprit que le mécanicien était en train de faire allusion à leur conversation au bord du lac, la jeune femme se raidit brusquement, sa mâchoire se serrant malgré elle. Elle profita du fait que Logan était toujours en train de parler pour avaler une longue gorgée d’alcool. Heureusement, ce dernier avait déjà commencé à engourdir la jeune femme, pas assez pour qu’elle ne se souvienne pas de leur conversation le lendemain matin, mais assez pour qu’elle se détende un peu. La brune le laissa terminer sans l’interrompre, avant qu’un silence ne s’étire encore entre eux. Finalement, elle soupira, avant de mordiller la lèvre inférieure : « -T’as pas à t’excuser, Logan. C’est ta vie privée, et j’ai aucun droit de regard dessus depuis plus de dix ans, maintenant…t’avais aucune obligation à me dire quoi que ce soit. Tu as bien le droit de mener ta vie comme tu l’entends.» Juliet savait bien que sa réaction avait été disproportionnée, malvenue même. Elle n’aurait pas dû réagir comme ça, mais elle s’était sentie trahie, et dans ces cas-là, son instinct la poussait toujours à faire des choses pas toujours très raisonnables. Elle avait compris, sans doute un peu tard, et malgré elle, qu’il ne lui devait rien, plus maintenant, pas même la moindre petite explication. Et qu’il avait bien le droit de se marier avec qui il voulait. « -Et…j’avais pas à réagir comme je l’ai fait. Je crois que j’ai juste été blessée, ou vexée de l’avoir appris par quelqu’un d’autre que par toi… » Elle plissa les yeux en le regardant quelques secondes de plus, avant de détourner le regard, légèrement gênée par la tournure inattendue qu’avait pris leur conversation. Jules ne s’attendait pas vraiment à ce que cette histoire revienne sur le tapis, pas après le désastre qu’avait été leur discussion précédente sur le sujet. Peut-être que pour éviter de s’étriper, ils devaient ranger ce sujet avec tous les autres qu’il valait mieux qu’ils évitent d’aborder ensemble.

Juliet avala une autre gorgée de téquila, avant de faire tourner le liquide dans son verre d’un air pensif. Elle n’avait pas vraiment envie d’aborder des sujets aussi sensibles et susceptibles de briser cette fragile tranquillité nouvellement installée entre eux. Parce que ce calme, ce silence même, elle les appréciait réellement. Ils avaient un petit quelque chose de ressourçant. Mais elle n’eut pas l’occasion d’en profiter un peu plus que Logan reprenait déjà la parole, Jules relevant spontanément la tête vers lui dès qu’il commença à parler. Mais à peine comprit-elle qu’il s’apprêtait à parler de leur fille qu’elle commença à froncer les sourcils. Elle détourna rapidement le regard pour fixer le dessin sur ses genoux en sentant ses yeux s’embuer, s’échappant de la vue de Logan. Non, elle ne pleurerait pas. Pleurer, c’était trop facile, et surtout, ça ne résolvait rien. Et toutes les larmes du monde ne ramèneraient jamais la petite. Mâchoire crispée, Juliet essayait de calmer la douleur, de la forcer à retourner dans cette boîte où elle tâchait de la garder enfermée au quotidien. Et Jules ne savait que trop bien ce qui se passait si elle se laissait aller à ne serait-ce que soulever le couvercle de quelques millimètres. Elle n’oubliait pas, elle ne le pourrait jamais, et Eulalie emplissait quasiment toutes ses pensées, à chaque instant de la journée, et terriblement le soir, quand le manque était encore plus fort. Mais Jules s’accrochait, parce qu’elle n’avait pas d’autre choix que de continuer à avancer, jour après jour.

Il fallut à la brune quelques secondes de plus pour que ses yeux redeviennent secs, et qu’elle reprenne le faible contrôle qu’elle avait sur la disparition d’Eulalie, et alors seulement, elle releva les yeux sur Logan : « -Je sais…que je peux compter sur toi, bien sûr que je le sais…et tu sais que c’est réciproque, pas vrai ? » Elle essaya de lui adresser un sourire, mais seule la tristesse était désormais visible sur ses traits. Jules aussi voulait se montrer présente pour lui, même si son comportement ces derniers temps aurait pu lui faire penser le contraire. Ils traversaient la même souffrance, le même enfer, le même manque, cruel, et personne ne pouvait comprendre aussi bien que lui cette sensation d’étouffement qui s’emparait d’elle sans prévenir quand le visage de leur gamine s’imposait à son esprit. Même si les choses étaient parfois merdiques au possible entre eux, Juliet était certaine qu’elle n’aurait pas voulu avoir une autre épaule sur laquelle s’appuyer le temps de se remettre de ce coup dur. Elle en avait besoin, il n’y avait pas d’autre explication. Elle regarda longuement le barbu, avant d’ajouter finalement : « -J’imagine que ça doit pas être facile tous les jours…alors, merci…d’être là. Et je suis désolée si ça te met dans une position inconfortable… » Elle ne voulait pas mentionner Joy, pas directement, mais Juliet s’imaginait bien qu’elle devait sans doute avoir quelques réticences à savoir que son mari passait un temps considérable à réconforter son ex compagne. Il n’y avait aucune ambiguïté là-dessous, rien d’autre que le deuil de deux parents éplorés, mais Juliet ne pouvait nier que Logan et elle avaient passé beaucoup de temps ensemble depuis que leur fille était sous terre.

Finalement, entendre Logan changer subitement de sujet n’était pas si mal, et Juliet se retint de le remercier d’aborder des choses plus légères. Elle jeta un coup d’œil à son dessin, en fronçant les sourcils, pas encore tout à fait satisfaite de ce qu’elle avait fait. Malgré tout, elle consentit à lui tendre le bout de papier : « -Il manque encore deux ou trois détails, mais t’as jamais été aussi beau que sur ce dessin. » A son tour, elle essaya de dédramatiser la situation, mais elle ne put lui offrir rien d’autre qu’un petit sourire triste, un peu malgré elle. Peut-être qu’un jour sourire, sourire pour de vrai, comme avant, ne ferait plus si mal que ça. La brune profita du fait que Logan soit tout occupé à regarder son dessin pour l’observer quelques instants, sans chercher à s’en cacher. Et une nouvelle fois, cette impression que quelque chose avait changé chez lui la frappa de nouveau, sans qu’elle ne parvienne à trouver de quoi il s’agissait. Ce n’était pas vraiment étonnant après tout, l’apocalypse avait fait bien des ravages. « -Tu sais, c’est peut-être une proposition bizarre, mais…si un jour t’as besoin de discuter de n’importe quoi, pas forcément…d’Eulalie…la porte de la maison sera toujours ouverte. » Ce n'était pas que la téquila qui parlait, et elle le pensait réellement. Elle le regarda encore quelques secondes, avant de récupérer son œuvre, comme il l’avait appelé, et de la repositionner sur son support. Juliet termina finalement son verre, qu’elle reposa sur la table basse, et s’empressa de terminer son travail, tant que l’alcool lui permettait encore d’avoir le total contrôle de ses mains. Il ne lui restait plus grand-chose à faire, ce n’était l’affaire que de quelques minutes désormais.

Silencieuse, c’était ainsi qu’elle travaillait le mieux, Jules acheva le dessin, notant au bas de celui-ci le prénom de Logan, ainsi que la date à laquelle il avait été réalisé. « -Tiens, c’est fini. Mais ça t’exempt pas de faire attention quand tu sors, hein ? » Elle lui fourra dans les mains son portait, avant de ramasser son matériel, et de se lever en s’étirant. L’idée d’amasser des souvenirs de Maxine et lui à transmettre à Octavia au cas où il lui arriverait quelque chose était une idée touchante, mais Juliet espérait sincèrement que personne n’aurait jamais à remettre à la gamine tous ces souvenirs de ses défunts parents.

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Mer 12 Juil - 12:57

Un sourire triste étira les lèvres de Logan alors que Juliet lui assurait qu'il pouvait compter sur elle aussi. Il ne répondit rien d'autre, tout simplement parce qu'il n'avait rien à répondre qui soit agréable. Peut-être était-elle sincère, il le croyait en tout cas, mais... Il n'en avait pas eu de preuve directe, tout simplement. Et pas seulement de sa part, mais de tout le monde. Joy passait trop de temps à lui reprocher la manière dont il avait réglé le problème de son cousin ou le fait qu'il veuille passer du temps avec Juliet pour remarquer que son mari était sur le point de craquer, qu'il avait changé pour de vrai et probablement pour de bon. Les autres.... Que ce soit Alex, Maddie, Isha, Katherine... Personne n'osait lui demander ou, quand ils le faisaient, ça sonnait tellement faux qu'il n'arrivait pas à répondre autre chose que « Merci, mais ça va. » C'était par simple gentillesse qu'ils demandaient, parce qu'ils tenaient à lui d'une façon ou d'une autre et qu'on demandait aux gens comment ils allaient quand on les croisait. Mais qui avait envie d'entendre parler de ses histoires ? Qui voulait réellement partager cette souffrance ? Il était supposé être le pilier de cette communauté, le chef qui doit savoir prendre les décisions difficiles et ne pas se laisser abattre par quoi que ce soit. Il avait fait ce qu'il avait à faire, c'était leur fardeau à tous dans cette vie. Il fallait agir au mieux pour sauver sa peau et celle des gens qu'on aimait. Pleurer, regretter... ça n'était plus possible maintenant. Il repensa au petit flacon que lui avait laissé le docteur Wakeman lors de leur rencontre et qu'il n'avait finalement pas encore ouvert. Peut-être finirait-il par le faire, mais pour l'instant, il gardait Bruce avec lui partout où il allait, comme s'il avait peur, au fond, de ne plus entendre sa voix. De l'oublier et d'oublier les crimes que son ennemi l'avait poussé à commettre en même temps. Il n'avait pas l'impression d'avoir ce droit, de rendre banale une chose qui ne l'était pas. Et qu'est-ce que Juliet ou qui que ce soit d'autre pourrait bien faire pour ça ?

Finalement, parler sérieusement n'arrangeait pas grand chose. Ça réglait quelques difficultés peut-être, mais ça soulevait encore trop de choses que Logan n'était pas prêt à affronter. Il savait qu'il devrait s'y résoudre et il comptait bien le faire, mais pas ici, pas avec Juliet. Aussi, il ramena la conversation sur ce qui l'avait réellement amené ici aujourd'hui et il attrapa la feuille qu'elle lui tendit, sourire aux lèvres, pour regarder un peu où elle en était. « Merci, c'est gentil pour mon ego. » lâcha-t-il avec autant d'humour que possible. Mais elle avait peut-être raison. Son visage était reconnaissable sur ce morceau de papier et elle lui avait épargné d'ajouter ce qu'il voyait tous les matins quand il prenait la peine d'observer son reflet dans un miroir. Il n'aurait pas vraiment su dire de quoi il s'agissait, mais... c'était quelque chose qu'il ne voulait pas que sa fille voit aussi. Pas si elle ne devait avoir qu'une seule image de lui pour toute sa vie, en tout cas.

Il releva les yeux vers la jeune femme quand elle reprit la parole, fronçant les sourcils sans parvenir à cacher son étonnement. C'était une proposition bizarre, en effet. Et il se voyait vraiment mal lui parler de tout ce qui lui posait problème en ce moment. « Fais attention avant de faire des propositions du genre. » répondit-il. « J'pourrais te prendre au mot. » Il lui rendit son dessin en lui souriant toujours et reprit une gorgée d'alcool. « Très beau en tout cas, ton dessin. Et bien plus avantageux que la réalité, en effet. » C'était quand même triste de se dire qu'elle laissait son talent à l'abandon depuis si longtemps. Quoi que dessiner doive sembler bien inutile dans ce monde, il regrettait qu'elle ne le fasse pas un peu plus souvent, sans y être obligée par une demande quelconque. Peut-être qu'il allait être obligé de trouver un prétexte plus... professionnel pour l'aider à s'y remettre ? Comme de tirer le portrait de tous les habitants de Fort Hope pour laisser une trace de leur passage dans le monde ou une connerie du genre qu'il n'aurait aucun mal à improviser sur un coup de tête.

Logan termina son verre en même temps que Juliet finissait son dessin et lui donnait, non sans l'accompagner d'une petite mise en garde qui lui tira un rire. Il observa le dessin une seconde avant de le plier avec toutes les précautions du monde et de le ranger dans la poche de son manteau. « J'fais toujours attention, tu le sais bien. » répondit-il vaguement. « Et puis, j'suis le Fantôme ! Même les rôdeurs baissent les yeux quand ils croisent mon chemin, on t'a pas dit ? » Probablement que ces blagues idiotes ne faisaient plus rire que lui, mais il préférait prendre ça avec humour, au moins devant les autres, puisque la moitié des gens à Fort Hope voyait déjà ça comme une plaisanterie douteuse. « Je ferais attention, t'en fais pas pour moi. » Il hésita une seconde, avant d'ajouter : « Je vais partir dans quelques jours. Je sais pas encore pour combien de temps, mais j'voudrais retourner au chalet de Maxine, à Huron, pour... trouver des affaires à elle ou ne serait-ce qu'une photo dans un vieil album de famille. » Il ne l'avait encore dit à personne, mais il ne changerait pas d'avis peu importe ce qu'on lui dirait. Oui, rejoindre le Huron National Park allait lui prendre des jours et ce serait sûrement plus compliqué qu'il ne l'espérait, mais c'était le seul endroit où il était certain de trouver son bonheur. « Tu garderas un œil sur le gosse en mon absence ? La dernière fois que j'ai osé le laisser seul plus de deux jours, ça ne s'est pas très bien passé. » Il comptait bien mettre moins de trois mois à rentrer, cette fois, mais avec Isha, il avait fini par comprendre qu'il ne fallait surtout rien faire qui laisse à penser qu'il l'abandonnait dans un coin. Tellement qu'il avait bien l'intention de se rendre droit jusque chez lui après en avoir fini avec Juliet, pour que monsieur Cornwell soit informé en avant-première de ses projets.

« Est-ce que je peux abuser encore un peu de ta gentillesse avant de te laisser tranquille ? » demanda-t-il finalement. « Le salon de coiffure n'a toujours pas rouvert, tu vois, alors... Tu peux m'arranger ça ? » Il désigna sa tête d'un doigt. C'était assez exceptionnel de sa part pour mériter d'être noté, lui qui n'avait jamais vraiment supporté qu'on touche à ses cheveux. Ils avaient presque toujours été longs et il comptait bien que ça reste ainsi, juste qu'il ressemble un peu moins à l'image qui circulerait bientôt de lui par le biais de la bande-dessinée de Bernadette. Raison pour laquelle il rajouta rapidement : « Juste quelques centimètres, hein, t'avise pas de me raser le crâne ou j'te le ferais payer très cher. »

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Juliet I. Whitman
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Dim 16 Juil - 19:04

L’étonnement sur le visage de Logan lui fit détourner les yeux, sans qu’elle ne sache réellement pourquoi, comme si elle se sentait subitement un peu mal à l’aise face à sa proposition. Certes, s’il venait lui parler de Joy, de quelconques problèmes de couple, ou de sujets du même acabit, la situation risquerait d’être un peu tendue, mais elle ferait des efforts. Juliet resta silencieuse quelques secondes de plus, avant de hausser une épaule : « -Je demande que ça, à ce que tu me prennes au mot. » Son ton était sérieux, tout comme l’était son regard quand elle se tourna de nouveau vers le barbu. « -Si on veut essayer de s’entendre un peu mieux, il va bien falloir commencer quelque part… » Elle le fixa encore quelques secondes de plus, puis ramassa tout son matériel, qu’elle alla poser près des escaliers, pour pouvoir le remonter quand il serait parti.

Il semblait apprécier son dessin, et cela tira un petit sourire en coin à la jeune femme. Ça ne lui avait pas coûté grand-chose, et c’était pour une bonne cause. Tout en lui tendant son portrait, elle n’avait pas pu s’empêcher de lui dire de continuer à faire attention, et bien que cela semblait faire rire le mécano, Juliet, elle, était très sérieuse. Mais il ne lui laissa pas l’occasion d’en placer une, tentant même une petite boutade qui fit lever les yeux au ciel à la brune. « -Tu n’es pas le Fantôme, tu es Logan Carter. T’es humain, et pas invincible, et…j’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose. » Elle le fixa encore quelques instants dans les yeux, avant de se détourner, pour aller farfouiller dans un placard de la cuisine. Juliet savait ce que ça impliquait, ce surnom qu’il avait désormais. Enfin plutôt non, elle ne savait pas, pas vraiment. Elle ne faisait que supposer, que s’imaginer à quel point ce n’était pas rose tous les jours, ou comme certaines décisions devaient être difficiles à prendre, certains choix ardus à faire. Elle imaginait sans peine les états de conscience auxquels il devait être confrontés, et pour la millième fois depuis qu’ils s’étaient retrouvés, elle n’envia absolument pas son rôle de chef, et le poids qui devait peser sur ses épaules au quotidien. Voilà une des choses dont il pourrait lui parler, s’il se décidait un jour à prendre sa proposition au sérieux, ou simplement à être un peu moins secret. Finalement, elle tomba sur l’objet de ses recherches, et ressortit triomphalement du placard son sachet de bonbons à la cerise. Elle en prit un, avant de revenir auprès de Logan, et de lui tendre ledit paquet. « -T’as pas à porter le poids du monde sur tes épaules, malgré ce que t’as l’air de croire. Ou en tout cas, pas tout seul. » Et s’il ne voulait pas lui parler à elle, il avait des amis dans ce camp, des personnes qui tenaient réellement à lui, des individus à qui il pouvait s’en remettre, le temps de quelques instants, pour souffler un peu, et n’être que Logan, et pas leur Leader sur qui tout le monde comptait.

Lorsqu’elle revint auprès de lui, Juliet s’installa finalement sur le dossier du canapé, avant de froncer doucement les sourcils en l’entendant dire qu’il allait quitter le camp, d’ici quelques jours. Des signaux d’alarme se déclenchèrent dans la tête de la brune, qui ne sauta pas vraiment de joie face à l’annonce du barbu. « -Tu comptes y aller tout seul ? » Elle n’aimait pas trop cette vision d’un Logan solitaire, devant parcourir des kilomètres avant d’atteindre son but, même si elle comprenait le sens de sa quête, et pourquoi il devait le faire. Lorsqu’il reprit finalement la parole, en lui demandant de veiller sur le gosse en son absence, Juliet marqua un temps d’arrêt. Le gosse ? « -Isha ? Oui, bien sûr…compte sur moi ! » C’était étrange de se dire que c’était le genre de phrases que Juliet n’aurait jamais imaginé prononcer avant, lorsque le monde était encore debout. Il aura fallu une apocalypse et un enlèvement pour que le gamin et elle parviennent enfin à s’adresser plus de quelques mots, sans avoir envie de s’étriper. Ils commençaient à nouer une étrange relation, et passaient un temps considérable ensemble ces derniers temps, sans que Juliet ai vraiment compris comment ils en étaient arrivés là.

Lorsque Logan reprit finalement la parole, en demandant s’il pouvait encore abuser un peu de sa gentillesse, Juliet fronça les sourcils, avant de remonter le regard vers lui. « -Vraiment, tes cheveux ? » Elle cacha probablement mal sa surprise, se rappelant à quel point les cheveux de Logan pouvaient être sacrés pour lui, du moins ce fut ce qu’elle se rappelait de leurs cinq ans de relation. Elle ne lui demanda pas non plus pourquoi il ne demandait pas à sa femme de lui faire une petite coupe, se disant qu’elle n’avait vraiment pas envie de refroidir l’ambiance d’un coup. Peu importait au final pourquoi il lui demandait cela à elle, elle était contente de pouvoir lui rendre service, et s’autorisa même un petit sourire amusé à la dernière remarque du mécano : « -Je te promets d’avoir la main légère sur le ciseau. » Elle lui adressa un sourire confiant, avant de lui montrer l’un des tabourets de la cuisine, et de l’inviter à s’installer dans un coin de la pièce. Puis elle grimpa à l’étage, récupéra ce dont elle avait besoin, avant de redescendre aussitôt. Une fois en bas, Jules lui lança une serviette, avant de lui dire de se mouiller les cheveux, pour lui faciliter le travail, et éviter de faire un vrai carnage. Une fois les cheveux mouillés, la brune entreprit de démêler les longs cheveux de Logan, avant de les séparer en plusieurs mèches, qu’elle coinça à l’aide d’une pince. « -Avant de commencer…je devrais peut-être t’avouer que je suis pas certaine d’être encore 100% sobre. » La téquila l’avait considérablement détendue, bien plus qu’elle ne l’aurait soupçonné, bien qu’elle soit loin d’être soûle pour autant. Elle laissa à Logan encore quelques secondes, au cas où il voudrait changer d’avis, puis voyant qu’il ne flanchait pas, elle commença à couper, pas plus de quelques centimètres, comme promis. Les minutes passèrent, tandis que de nouvelles mèches de cheveux venaient s’ajouter les unes aux autres sur le sol. « -Je mettrais tes cheveux dans une petite boîte pour que tu puisses les récupérer, si jamais ça te fait trop mal de les laisser derrière toi. » Elle le taquinait gentiment, il fallait dire que c’était presque agréable de se retrouver dans la même pièce que lui, sans qu’ils se prennent la tête.

Silencieuse la plupart du temps, Juliet continuait à couper, peigner, égaliser, en essayant d’être aussi précise que possible, et bientôt, il ne lui resta plus qu’à s’occuper des cheveux de devant. Concentrée, elle commença à couper les cheveux d’un côté, puis enfin de l’autre, avant de se mettre face à Logan, et de reculer de quelques pas, pour avoir une vue d’ensemble sur son travail. Il lui fallut encore un dernier coup de ciseau pour mettre à niveau une mèche près du visage du mécanicien, qu’elle écarta finalement doucement de devant ses yeux du bout des doigts. « -Et voilà. » Elle lui adressa un petit sourire, avant d’aller poser ses ciseaux et le peigne sur la table basse, et de replier soigneusement la serviette en essayant de coincer tous les cheveux coupés à l’intérieur. Puis elle lui tourna le dos, et alla la vider dans la poubelle dans la cuisine. « -Y’a le sèche-cheveux de Maddie à l’étage, si tu veux. »

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Mar 18 Juil - 14:59

Un petit changement de tête, quoi de mieux pour conclure une journée comme celle-là ? Logan essayait bien de faire le malin et de sourire aux plaisanteries de Juliet qui acceptait de lui rendre ce service, mais il ne parvenait pas à s'empêcher totalement de craindre un peu ce moment. Ça avait toujours été le cas et ce le serait probablement toujours. Mais il était temps de ranger le Fantôme pour de bon, il avait envie de le faire en tout cas et ça lui semblait être une bonne manière de se détacher de cette image, même s'il ne s'agissait que de quelques centimètres de sa tignasse. Bien sûr, il ne comptait pas partager cela avec son ex, elle aurait sûrement compris, il n'en doutait même pas, mais à quoi bon ? Il en avait assez qu'on le prenne en pitié ou qu'on le regarde de loin. Elle lui disait qu'il n'était que Logan Carter et en ce moment, il ne voulait être personne d'autre au monde, quand bien même ça n'avait jamais été suffisant pour la plupart des gens et pour lui non plus à certains moments, principalement quand ça concernait Juliet d'ailleurs.

Aussi, il ne se fit pas vraiment prier pour aller s'installer sur le tabouret que la jeune femme lui présenta une fois qu'elle eut réunis tout le matériel nécessaire et qu'il ait plongé sa tête sous l'eau pour lui faciliter la tâche. Il était prêt à souffrir un petit moment, quoi que ses traits restaient tirés par la crainte de se retrouver totalement dépossédé dans quelques minutes. Mais un sourire le dérida quand Juliet lui avoua ne pas être totalement sobre. Elle savait comment rassurer un homme, celle-là, tiens ! « J'crois que je le suis plus vraiment non plus. » lâcha-t-il, amusé. « C'est sûrement pour ça que j'te laisse me massacrer, d'ailleurs ! Mais on va prendre le risque quand même, quitte à ce que tu te fasses assassiner dans d'atroces souffrances à la fin. »

Il essaya quand même de rester en place et de ne pas penser à cette éventualité tout le temps que la jeune femme passa penchée au-dessus de sa tête avec une parie de ciseaux. Au pire, ça finirait par repousser, pas vrai ? Juliet était quand même très silencieuse, sans doute concentrée sur sa tâche, mais bon sang ce que ça n'aidait pas à prendre ça avec légèreté. Il avait l'impression d'y avoir passé des heures quand elle s'arrêta enfin de le torturer pour annoncer que c'était enfin terminé et il ne perdit pas de temps pour passer une main dans ses cheveux considérablement diminués pour les replacer de manière plus naturelle. C'était encore suffisamment long, mais sa mauvaise foi l'empêcha de le reconnaître vraiment. « T'as de la chance, t'es restée pile à la limite de l'acceptable. » l'informa-t-il simplement. Elle n'allait pas mourir, bonne nouvelle non ?

Finalement, Logan se remit debout et resta planté là, à quelques pas de Juliet sans savoir quoi dire, alors qu'elle lui offrait d'utiliser le sèche-cheveux de Maddie. « Ça ira, t'en fais pas. » lui assura-t-il. Il avait déjà bien assez abusé pour aujourd'hui, c'était suffisant comme ça. Au moins, ils avaient réussi à passer du temps ensemble sans que ça ne finisse en cris ou en larmes, ça avait même été plutôt agréable, pas vrai ? Si seulement ils pouvaient s'en tenir à cette entente, désormais ! « Mais merci. » ajouta-t-il rapidement. Il n'avait plus aucune bonne excuse de se trouver là et il commençait à le ressentir assez fortement, le malaise revenant à vitesse grand V. « Pour les cheveux et... tout le reste. » Un sourire assez pitoyable s'imprima sur ses lèvres. Elle avait été plus qu'agréable, à vrai dire, peut-être même un peu trop normale pour être vraie. Il se détourna finalement sans rien ajouter, retournant près de la table basse pour se remplir encore un verre qu'il vida aussi sec. C'était un peu dommage d'en être arrivé là, mais ils arrivaient mieux à s'entendre sous l'effet de l'alcool visiblement, alors aussi bien en profiter tant que la bouteille n'était pas encore totalement vide. Et peut-être aussi qu'il avait besoin d'un peu de courage avant de rentrer chez lui, où l'ambiance risquait d'être électrique aussi si Joy venait à lui demander où il venait de passer son après-midi. Mais ça, il ne l'avouerait pas et certainement pas à lui-même.

« Bon, je crois que je t'ai assez emmerdé. » reprit-il en se retournant de nouveau pour regarder Juliet. « J'vais y aller. Mais c'était sympa, on devrait faire ça plus souvent. » Un autre sourire un peu moins timide éclaira son visage et, sans même le réaliser vraiment, il s'approcha encore jusqu'à se retrouver beaucoup trop près de Juliet, se penchant vers elle, prêt à l'embrasser sur la joue. Mais il n'eut pas le temps d'aller jusqu'au bout de cette idée, probablement engendrée par l'alcool et rien d'autre, que la porte d'entrée s'ouvrit brusquement, laissant entendre une voix un peu trop joyeuse. Logan sauta presque en arrière en posant les yeux sur Maddie. C'était son signal pour se sauver vite avant que la rouquine ne le prenne au piège dans un coin du salon et qu'il se retrouve otage pour le reste de la journée ! « Allez, je disparais ! Bonne soirée les filles. » lança-t-il avant de s'enfuir, presque en courant.

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Maddie Purple
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We have ashes, fire and hope
Mer 19 Juil - 23:00

Maddie rentrait d’une journée super comme elle s’efforçait de voir toutes ses journées. Elle avait bien avancé le chantier de la ferme, elle avait plein d’idées pour réussir à mettre en place l’eau courante et Rajesh était tellement merveilleux. Les talkies étaient juste merveilleux pour l’écouter lui parler pendant la durée des batteries de toutes ces petites choses qui seraient tombées dans l’oubli sans le magnifique et pétillant Rajesh.

Au moins comme ça ils faisaient plus ample connaissance et Maddie avait la confirmation qu’il était pas seulement brillant, il était juste éblouissant. Et puis, il avait l’air plus à l’aise à distance, c’était trop mignon. Sauf qu’elle mourait d’envie de le revoir mais à chaque fois qu’elle avait subtilement proposé de venir il n’avait pas vraiment laissé d’ouverture. Parfois elle se demandait si c’était une stratégie ou si elle ne l’intéressait juste plus. Mais Maddie était une éternelle optimiste donc elle ne doutait pas que ce troisième rencard finirait pas arriver, même si cela faisait des semaines qu’elle l’attendait désespérément.

Sa bonne humeur ne pouvait qu’être décuplée lorsque croisa Logan, qui était avec Juliet, dans la maison, sans signe évidant de mauvais traitement, de disputes, de tentatives d’homicides. Elle resta à les regarder avec un sourire en coin. Logan prit vite la poudre d’escampette tout gêné. Lui aussi était mignon a faire le nounours timide. Elle lui lança un regard appuyé un poil taquin et plein de sous-entendus. Un peu joueuse elle attendit qu’il soit sorti pour lui lancer :

« Bonne journée Gros Nounours, désolée si je suis rentrée trop tôt, la prochaine fois mettez une cravate sur la porte… »

Elle eut le plaisir de le voir tiquer. Surtout que comme il allait à grand pas, elle avait été obligée de poussé un peu la voix. Pauvre Logan, comme il devait regretter le jour où elle était arrivée à Fort Hope. C’est en rigolant qu’elle referma la porte sur l’image d’un Logan fuyant qui devait la détester. Elle resta une minute derrière en se demandant si elle avait le droit de poser des questions. Comme si elle allait arriver à se retenir. Autant y aller franchement pour le coup. Elle resta devant Juliet avec un air entendu.

« Alorrrrs !!!? Tu vas me laisser encore poireauté longtemps !!! Raconte !!!! Et pitié dis moi que j'ai rien interrompu! »
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We have ashes, fire and hope
Juliet I. Whitman
Matricule n°001
We have ashes, fire and hope
Jeu 20 Juil - 16:26

Une fois Logan levé, Juliet se dirigea vers le tabouret, qu’elle alla ranger à sa place, revenant avec un balai en main. Elle esquissa un sourire amusé à la remarque du barbu, persuadée qu’elle n’avait pas coupé tant que ça, mais qu’il ne servait sans doute à rien d’épiloguer. La brune commença à balayer les cheveux coupés qui se trouvaient au sol, les rassemblant dans un petit tas, avant de s’arrêter pour relever les yeux vers Logan, qui la remerciait. Jules lui adressa un sourire sincère, avant de hausser une épaule : « -De rien. Ça m’a fait plaisir. » Oui, elle avait apprécié de passer un peu de temps avec lui, du temps où ils avaient pu avoir un semblant de discussion normale, où ils ne s’étaient pas sauté à la gorge pour tout, et rien.

Laissant le mécano retourner auprès de la table basse, Juliet termina son petit tas de cheveux, avant de poser le balai contre le mur, au moment où il revenait vers elle. Il n’allait plus tarder à partir à présent, elle s’en doutait, si bien que la jeune femme ne fut pas vraiment étonnée lorsqu’il annonça qu’elle avait probablement assez vu sa tête pour la journée, et qu’il était temps pour lui de s’éclipser. La brune fut surprise de l’entendre dire qu’il avait trouvé ce petit moment sympa, mais elle n’en montra rien, tandis qu’elle hochait de la tête pour acquiescer ses propos. « -Reviens quand tu veux ! » Elle lui adressa un nouveau sourire avenant, avant de se raidir subitement en voyant Logan se rapprocher…sans doute un peu trop près. Juliet n’avait toujours pas réagi quand le visage du barbu se pencha légèrement vers elle, avant qu’il ne se recule précipitamment, tandis que la porte d’entrée s’ouvrait.

Par réflexe, Jules fit un pas en arrière, avant de se tourner vers Maddie, qui faisait son apparition dans la maison. Ce fut suffisant pour que Logan prenne la poudre d’escampette et se sauve presque en courant, laissant les deux meilleures amies seules chez elles. La brune ne put retenir un sourire amusé à la remarque de la rouquine, se retenant de lui dire que comme bien souvent, elle se faisait seulement des idées. Au lieu de quoi, la jeune femme alla chercher la pelle et la balayette, et termina son brin de ménage, sentant le regard de la rousse suivre chacun de ses gestes. C’était comme si Juliet pouvait sentir la curiosité de l’ingénieur de là où elle était. Et sans que cela ne l’étonne vraiment, Maddie finit par craquer, la suppliant presque de lui raconter ce qu’elle avait loupé. Juliet lui offrit un sourire, avant de lever une épaule : « -Il est juste venu se faire couper les cheveux. » Elle n’avait pas parlé du portrait, qui avait pourtant semblé être le but premier de la visite du mécanicien, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. « -Et tu n’as rien interrompu du tout, on avait fini. » Rajouta Juliet bien vite, pour couper court aux scénarios que la rouquine pouvait être en train de s’imaginer. Elle la fixa pendant quelques secondes, avant de se diriger vers elle, et de la prendre rapidement dans ses bras, sans se donner le temps d’y réfléchir. L’étreinte fut brève, et lorsque Juliet se recula finalement, elle adressa un petit sourire à son amie de toujours : « -Je suis contente que tu sois rentrée. Y’a de la téquila sur la table, et une boîte de chocolats dans la cuisine. Hésite pas à te servir ! » Elle connaissait la passion de Maddie pour le chocolat, la même que celle de Juliet. Après un dernier regard pour la rouquine, la jeune femme ramassa tout son bazar, ce dont elle s’était servie pour faire le dessin de Logan, ainsi que pour lui couper les cheveux, et elle remonta à l’étage, entreprenant de tout ranger. Les choses semblaient en train de s’arranger entre la brune et Maddie, mais aussi entre elle et Logan, et Juliet n’était pas certaine que la journée aurait pu être meilleure.

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