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Alexander Moreau
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Sam 1 Juil - 18:25

Solitary Man – Johnny Cash



Le soleil était tout juste caché derrière un mince voile nuageux, qui rendait l'air frais mais agréable. Il ne pleuvrait pas aujourd'hui. Xander marchait tranquillement le long de Jefferson Avenue. L'air du lac donnait quelque chose de plaisant au fait de marcher. Il n'était pas encore à la campagne, loin de là, mais il y avait par ici bien plus de verdure que dans Detroit.

Mais Moreau n'était pas venu pour le paysage. Il cherchait à gagner les extérieurs de la ville. La banlieue, c'était déjà moins oppressant que le centre-ville, mais il préférait quand même aller plus loin. Les rues pouvaient être peuplées de Mordeurs. Ces trucs étaient une vraie plaie. On ne savait jamais quand on en trouverait, ni combien. Au moins, ils étaient lents, et il suffisait la plupart du temps de courir un peu pour les larguer. Mais ils étaient tenace, et quand ils avaient repéré une proie, même rapide, ils la suivaient. Parfois sur plusieurs centaines de mètres, voire davantage. Xander privilégiait la sécurité, mais en cas de besoin, sa monumentale clé anglaise lui était de bon secours. Un coup dans la ganache, et c'en était fini pour de bon.

Harrison était un quartier agréable. Xander venait de laisser derrière lui une de ses marinas, où les plaisanciers mettaient leurs rafiots, qu'ils sortaient les week-ends ensoleillés pour aller pêcher. Il y avait certainement une possibilité de retourner au Canada, par les lacs. S'il restait des bateaux en état. Mais le temps de naviguer n'était pas encore venu, cela restait du domaine des idées à creuser. Pour l'instant, le routier préférait se concentrer sur ses ressources. Il devait amasser assez de vivres et d'armes pour entreprendre un voyage plus ambitieux. Pour l'instant, il n'avait pas grand-chose. L'hiver touchait à sa fin, et il avait été rude. Il n'avait pas trop souffert, ayant passé son temps dans des quartiers résidentiels, à s'installer dans une maison pour dormir, pillant les baraques voisines, repartant quand il ne trouvait plus rien. Une stratégie qui avait payé, suffisamment pour voir le printemps arriver doucement.

Il avait un souvenir très précis de la carte de l'état, qu'il avait consulté pour son voyage. Quelque chose l'avait particulièrement intéressé. Une base aérienne, au nord de la rivière. Là, il y aurait assurément de quoi assouvir ses besoins. Des vêtements, de l'équipement, de la nourriture, des armes. Un festival.
Pour s'y rendre, il devait prendre Lanse Creuse Street, dont il apercevait le coin juste un peu plus loin. Puis il prendrait South River Road vers l'ouest, traverserait le pont, puis North River Road vers l'Est, et il ne lui resterait qu'à passer la clôture sud de la base.

Sur le papier, c'était facile, mais évidemment, c'était autre chose dans la pratique. La carte donnait l'itinéraire, mais c'était sans compter sur les obstacles que le Grand Merdier avait fait apparaître. Les voitures abandonnées, les barricades improvisées par des communautés pour se protéger – et qui s'étaient montrées inutiles – et des chiées de Mordeurs. Seuls, en petits groupes ou en immenses foules, ces machins étaient de la chienlit. Comme des mauvaises herbes : on s'en débarrassait, et il y en avait encore et encore et encore.

Pour le moment, Xander attaquait Lanse Creuse Street. Il s'agissait de faire 3km, presque que du plat, dans une zone à majorité résidentielle. Des panneaux indicateurs pointaient vers des bâtiments qui pouvaient servir de points de repère. L'école, les stades qui y étaient adossés, un bâtiment de l'administration… tout ça était potentiellement intéressant – et dangereux. À bien y réfléchir, Xander préférait ne pas y aller. Il poursuivit son chemin et s'arrêta devant une maison qui attira son attention.

Elle n'était pas très différente des autres du quartier. Toiture grise d'ardoises, murs blancs, allée de garage dans le jardin de devant… mais la voiture était encore là. Ces gens, ceux qui avaient habité là, l'avaient laissé sur place. De deux choses l'une : soit ils avaient trouvé un autre moyen de partir, soit ils étaient resté ici. Dans le deuxième cas, ils pouvaient être encore vivants, ou être déjà morts et hanter les lieux. Qui pouvait savoir ? Et il n'y avait qu'un moyen d'en être sûr… Mais ce qui décida Xander à tenter d'y entrer, c'était un détail. Un simple détail. Un drapeau américain, dressé à un petit mât devant la façade. Il n'en avait pas encore vu par ici. Un tel patriotisme pouvait être un indice sur ce que contenait la maison. Il suffisait de faire une petite vérification. La boîte aux lettres portait un autocollant de la NAAVETS, l'association nationale des vétérans. Un ancien militaire était le propriétaire de cette bicoque. Il pouvait y avoir des armes, ces tarés étaient assez fanatiques et inconscients pour tenir un véritable arsenal quelque part où vivaient leurs enfants. Moreau ne crachait pas dans la soupe, ça pouvait arranger ses affaires.

Il monta les trois marches qui montaient sur la petite terrasse qui menait à la porte. Elle était fermée. Xander empoigna sa clé de 32'. D'un coup de pied sous la poignée, il la força à s'ouvrir, le pêne se libérant en arrachant la gâche du bois du chambranle. Les quelques secondes qui suivirent, Xander les scruta silencieusement. Si des Mordeurs se terraient ici, ils se radineraient vite fait, avec ce boucan.
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Mar 4 Juil - 22:33



Le coup de pied de Xander ouvrit la porte violemment, la faisant claquer en bout de course contre un mur. Moreau laissa quelques secondes s'écouler, en tendant l'oreille. Finalement, il n'aurait pas droit au comité d'accueil. Il entra et repoussa la porte derrière lui. Cela pouvait suffire à empêcher un Mordeur d'entrer. Ces trucs étaient trop cons pour manier une poignée de porte, alors peut-être que de ne pas voir l'embrasure grande ouverte ne leur donnerait pas envie de visiter la baraque.

Xander avançait lentement et silencieusement. Le corridor comportait deux portes sur la gauche, une au fond et un escalier sur la droite. Après l'escalier, une quatrième porte. Moreau décida de commencer ses fouilles. Il trouverait forcément quelque chose.

La première porte donnait sur une salle à manger. La pièce était spacieuse, la table à manger disposée au milieu, flanquée de huit chaises, le tout dans un style assorti. Les meubles étaient tous en accord, comme on pouvait le voir, avant, dans les catalogues. Une pendule au mur avouait qu'elle s'était arrêtée un jour aux environs de 7h20. Tout était resté parfaitement rangé, et rien n'aurait pu donner la moindre idée du temps qui s'était écoulé depuis le départ des habitants. Rien à part la couche de poussière qui recouvrait tout.
La salle à mange occupait la moitié d'un ensemble plus grand, qui comportait aussi un salon, plus loin. La porte du salon était donc la deuxième porte de gauche que Xander avait vue depuis le couloir. La télévision gardait les lieux, de son grand écran noir et satiné. Du haut de son meuble, elle semblait fixer le canapé, qui n'osait aller nulle part. Le routier fouilla les meubles de la grande pièce, mais ne trouva rien de concluant. Il regagna le couloir par la porte du salon.

Il devait maintenant se décider. Quelle porte ouvrir ? Celle à sa gauche, à l'extrémité du couloir ? Celle d'en face, placée en bas de l'escalier ? Peu importait, il les ouvrirait toutes. Il prit celle de gauche en premier. Un placard. En vérité, c'était un très grand placard, le genre d'endroit qui sert beaucoup. La chaudière s'y trouvait, ainsi que le compteur électrique, et des étagères s'alignaient. On pouvait deviner à quoi elles avaient servi sans trop de mal : des étiquettes énonçaient ce qu'on avait pu y ranger. Des conserves, des bocaux, des bouteilles… un garde-manger. Mais tout ce qui était intéressant avait disparu. Ne restaient que quelques boîtes en carton vides, et des bouteilles de vin elles aussi vides, sans doute destinées à conditionner du vin acheté en vrac.
Retournant sur ses pas, Xander tourna à gauche encore une fois et poussa la porte du bas de l'escalier. C'était une porte battante, sans poignée. Elle se referma dès qu'il l'eut passé, et elle fit quelques allers-retours avant de s'immobiliser.

C'était la cuisine. Les plans de travail s'allongeaient le long du mur, et portaient l'évier, abritaient le lave-vaisselle, le compacteur à ordures, la table de cuisson… Le frigo était là lui aussi, un grand modèle à deux portes avec distributeur d'eau et de glace. Machinalement, Xander se dirigea vers lui et l'ouvrit. Sans surprise il était vide. Et de toute manière, sans électricité…
Les placards devaient bien contenir quelque chose. Les tiroirs étaient pleins de couverts de couteaux, d'ustensiles… peut-être bien une ou deux choses d'utiles, mais Xander mettait l'accent sur la nourriture. C'était de ça qu'il avait le plus besoin. Le reste pouvait attendre. La bouffe, et l'eau, en premier lieu.

Il continua son inspection, ouvrant chaque meuble, fouillant tout ce qu'il pouvait jusqu'à être certain de n'avoir rien loupé.

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Mer 12 Juil - 14:56



Il ne trouva que de l'engrais. Il le fourra tout de même dans son sac. Ça pouvait lui être utile. Il en avait terminé avec le rez-de-chaussée. Il ne lui restait qu'à visiter l'étage. Il regagna le corridor et gravit l'escalier. Là encore, plusieurs portes. Quatre. Par déduction, ce devaient être les chambres et la salle de bains. D'ailleurs, cette dernière portait un de ces ridicules petits écriteaux de faïence pour l'identifier. Xander l'ouvrit. On trouvait parfois des choses intéressantes dans les salles de bains. Il pensait en particulier aux médicaments. Il entra.

La pièce sentait un peu l'humidité. Moreau ouvrit un robinet, sans véritable espoir d'en voir jaillir de l'eau. Et comme prévu, il ne se passa rien. Il entreprit d'ouvrir les rangements, à le recherche de choses utiles. Des brosses à dents, du dentifrice, des objets de toilette courants. Des savons, des serviettes, du coton, du fil dentaire, des produits d'hygiène. La base. La bonne nouvelle, c'était que s'il trouvait assez d'eau, il pourrait se laver. Peut-être que l'inspection du jardin se révélera fructueuse…

Finalement, la salle de bains ne fut pas plus digne d'intérêt que ça. Pas de médicaments, rien d'autre que de l'homéopathie. Encore des bobos partisans de la médecine naturelle… imbéciles. Les plantes, ça faisait joli en pots, mais contre la douleur, rien de tel qu'on bon vieil antalgique, et pas ces conneries pour hippies.
L'espace d'un instant, il imagina la famille végétarienne, anti-vaccin et tout ça. Bande d'idiots. Comment pouvait-on être aussi con, c'est vrai… Encore que, ces temps-ci, il était compliqué de se fournir de la viande, sauf en conserve. Les légumes présentaient la source de nourriture la plus simple d'accès. Il suffirait de trouver un coin peinard et de les cultiver. Les souvenirs du temps passé revinrent à Xander. Des jours plus simples, où il mangeait à sa faim, autant que les autres. Avec de la viande de manière régulière. Jusqu'ici, il ne s'était jamais posé la question de la provenance, mais maintenant qu'il y était, confronté au manque et au besoin de chercher la moindre bouchée à manger… Il préférait ne pas savoir. Bœuf, porc, lapin, chien, chat… c'était de la viande, non ?

Il était temps de visiter les chambres. Trois pièces. Autant d'endroits où trouver des vêtements, et peut-être des armes. La première piaule était celle d'un gosse. Environ douze ans, à en juger par la déco, faite aux couleurs des Red Wings et des Tigers. Ce gamin vouait un véritable culte à Martinez et Kinsler. Pas des joueurs de légende… mais ça se défendait. Au moins, l'équipe évitait-elle une saison de plus avec ce chicanos à la frappe. Kinsler avait une moyenne inférieure, mais au moins il était né du bon côté de la frontière.
Quelques posters de hockey. Helm et Green, surtout. Pas les meilleurs joueurs qui soient non plus, mais Xander n'était pas objectif, en tant que Canadien.
Dans un coin, une paire de patins signés. Wayne Gretzky. Finalement, ce gamin avait bon goût. Une crosse et un masque de gardien. Sous le lit, le reste des protections. Probablement un joueur en junior league. Dans un tiroir, quelques balles signées elles aussi. Des bouquins, des comics, des fournitures d'école… une chambre de gosse, quoi.

En ouvrant la seconde porte, un bruit à l'intérieur de la chambre força Alexander à s'arrêter net. Ça grognait sourdement. Merde. Des Mordeurs. Ils étaient restés enfermés là-dedans, ça expliquait pourquoi il n'avait pas été dérangé jusqu'ici. Il pouvait les laisser ici, refermer cette porte et faire les autres chambres. Mais savoir ces trucs ici, ça ne l'aiderait pas à rester tranquille. Il n'arriverait pas à dormir correctement. Donc, soit il les laissait, et il quitterait la maison pour trouver un autre endroit où passer la nuit ; soit il se les faisait, histoire de pacifier la baraque et passer une nuit calme.

Il choisit la deuxième option. Il raffermit sa prise sur son arme, prêt à envoyer ses meilleurs swings. Aucun crâne ne lui avait résisté jusqu'à maintenant. Il ne comptait pas sur ce jour-là pour que ça commence. Seulement, il ignorait encore à combien de puants il aurait à faire. Ce serait la surprise.


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Mer 12 Juil - 14:56

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Ven 14 Juil - 13:05



Il était prêt. La main sur le bouton de porte, l'autre fermement prise sur son arme, Xander ouvrit.
    « Nom de... »

Il était prêt, mais pas à ça. Combien y en avait-il, là-dedans ? Il compta d'un coup d'œil, mais l'urgence fit qu'il s'arrêta rapidement. Plus d'une dizaine, en tous cas. Il ne pouvait pas s'en charger seul. Il devait décamper et vite fait.

Il ne chercha pas à refermer la porte, qu'il aurait fallu tirer, ce qui n'était pas le plus rapide. Il préféra quitter les lieux au plus vite. Il dévala les escaliers et sortit de la maison. Il referma la porte d'entrée, même si elle ne tenait plus maintenant qu'il l'avait défoncée. Mais les Mordeurs étaient peut-être trop idiots pour l'ouvrir afin de le suivre. Et si jamais c'était le cas, ça lui ferait au moins gagner un peu de temps.

Maintenant qu'il était dehors, il devait trouver un endroit. Les heures filaient, et la nuit tomberait bientôt. Et il était hors de question de dormir dehors, avec tout ce qui traînait dans le coin. Il allait devoir se rabattre sur une maison voisine. Mais il ne ferait pas la même erreur que précédemment. Il avait compté sur la présence de puants, et sur le fait que n'ayant pas fui, les habitants de la maison auraient laissé à disposition quelques petites choses à piller. La prochaine, il le choisirait mieux, pour prendre moins de risques inconsidérés.

Xander parcourut le trottoir désert en petites foulées. Pas besoin de courir vite pour distancer d'éventuels poursuivants, mais surtout il ne voulait pas s'épuiser inutilement, des fois qu'il devrait encore fournir des efforts.
Une maison sur sa gauche attira son attention. C'était l'avant-dernière avant le bout de la rue. Pas de voiture dans l'allée, des ornières dans le jardin visiblement faites par un départ précipité. Xander s'approcha prudemment. La porte d'entrée était intacte. Il préféra qu'il en reste ainsi, et contourna la maison en direction du jardin. La haie donnait un couvert acceptable à tout ce qui se trouvait derrière, et elle serait impossible à franchir pour les Mordeurs. Xander écouta un instant, secoua la haie et tendit l'oreille de nouveau. Pas de signe d'occupation du terrain. Il décida de tenter sa chance.

Il jeta son sac à dos par-dessus la haie, puis sa clé, et enfin entreprit de l'escalader. Ce ne fut pas chose facile, les branches étant fines et souples, elles ne supportaient pas son poids. Il batailla deux bonnes minutes pour trouver la méthode qui convenait, et termina en roulé-boulé de l'autre côté. Le jardin, bien que modeste, était sûr. On n'y accédait que par une porte de la maison, contrairement au jardin de devant, ouvert à tous les vents. Mais rien n'était utile, ici. Une vieille balançoire, une table, deux chaises pliantes, et un abri de jardin. Ce dernier pouvait receler des outils pouvant faire office d'armes, mais pour l'instant, il était impossible de l'ouvrir : un très gros cadenas en condamnait les portes, et il faudrait trouver de quoi l'ouvrir. Et il préférait ne pas avoir à le forcer, parce que le bruit occasionné serait de nature à attirer les puants.

Il se dirigea vers la porte. Elle était faite d'un battant monté d'une moustiquaire, placé devant la porte proprement dite. Elle n'était pas verrouillée. C'était inutile, puisque personne ne pouvait – théoriquement – entrer par ici.
Cela donnait sur la cuisine. Avant de fouiller partout comme il l'avait prévu, Xander voulait s'assurer que la maison était vide de tout indésirable. Il visita donc tout le rez-de-chaussée et l'étage, pour ne trouver que des pièces désertes.

Avant de chercher ce que la maison avait à offrir, il préféra préparer les lieux pour la nuit. Il chercha dans les tiroirs de la cuisine, et y trouva une bobine de ficelle. La poubelle contenait quelques petites boîtes de conserve vides. Xander utilisa un tournevis – lui aussi trouvé dans un tiroir – pour percer les boîtes et y passer de la ficelle. En un rien de temps, il avait confectionné deux guirlandes sonores, qu'il fixa du mieux possible, l'une à la porte du jardin, l'autre au bas des escaliers. Ces systèmes rudimentaires seraient suffisamment efficaces pour l'alerter si jamais des Mordeurs devaient s'introduire dans la maison.

En prenant soin d'enjamber son alarme, il gravit les escaliers une nouvelle fois. Il repéra une chambre, dont la fenêtre donnait sur la toiture du garage. Ça constituait une bonne issue en cas d'urgence. Il dormirait ici. Il y posa son sac, au pied du lit, où il s'assit un moment pour souffler.

Quelle journée de merde… ces derniers temps, il croisait moins de Mordeurs, mais il ne savait pas quoi en penser. Fallait-il en déduire qu'ils avaient quitté les centres urbains pour gagner les campagnes ? Si c'était le cas, son idée de faire la même chose se révélait peut-être pas si bonne que ça. De toute façon, il fallait bien aller quelque part. Et il ne pourrait pas tenir indéfiniment à faire comme aujourd'hui, à vivre de maison en maison, à déménager sans relâche, sans jamais se poser vraiment. Sans compter que la bouffe en boîte, ça finirait par se terminer. Quand la dernière boîte aurait été trouvée et mangée, que lui resterait-il ? Il lui faudrait alors chasser et cultiver, ce qui était plus compliqué en ville, surtout la chasse. Il devait y réfléchir encore, mais il s'en tiendrait peut-être à son plan de base. En y pensant, il préférait avoir à affronter quelques Mordeurs de temps en temps, mais avoir de quoi vivre, que de mener une vie de nomade à perpétuité, jusqu'au jour où ça tournerait mal.

D'un autre côté, s'il se fixait en un point, avec des cultures, de la nourriture, de l'eau, tout ce qu'il fallait, il deviendrait immanquablement une cible pour les vivants. Si on le trouvait, on chercherait à lui voler tout ce qu'il avait, en le tuant si le besoin s'en ressentait. Il lui faudrait des armes, et de quoi se déplacer facilement et rapidement aussi. Il lui faudrait de l'organisation et des moyens, faire de l'endroit qu'il aura choisi une place forte imprenable pour les morts, et difficile à approcher pour les vivants. Il ne savait pas comment il arriverait à ça, mais il se devait d'essayer. Si ça pouvait faire une différence, et le mener vers le jour où tout ça finirait, et où la vie normale reprendrait son cours, alors il se devait d'essayer.


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Ven 21 Juil - 10:31



Le soleil matinal qui passait à travers la fenêtre et lui tombait sur le visage réveilla Xander. Quelle heure pouvait-il être ? Trop tard, de toute façon. Le soleil était déjà assez haut. Combien de temps avait-il dormi ? Il s'était effondré de fatigue sans s'en apercevoir. Encore heureux que rien ne soit entré dans la maison, parce que maintenant qu'il émergeait, il n'était plus si sûr de l'efficacité de ses alarmes. Il avait dormi, profondément, et il aurait aussi bien pu ne rien entendre.

Repoussant les idées bizarres, il se contenta de s'asseoir sur le lit. Il était vivant, et c'était le principal. Il n'avait plus le temps de fouiller la maison, il devait partir le plus vite possible. Il avait encore une grosse journée, et il préférait être ressorti de la base avant la nuit, s'il arrivait à y entrer.

Il rassembla ses affaires, et quitta la maison en passant par la fenêtre. Arrivé sur le toit du garage, il gagna le sol en se servant de la gouttière, et reprit son chemin.
Il ne vit pas les Mordeurs de la veille. Il s'était attendu à les croiser, mais ils avaient du prendre une autre direction. Tant mieux, après tout. Il avait fini par s'habituer à voir les rues désertes. Au départ, il trouvait ça angoissant, une ville comme Detroit, vide à ce point. Mais quand on savait ce que ça pouvait donner de croiser du monde, il aimait autant ne voir personne.

Il arrivait sur South River Road. Mais il s'arrêta avant. C'était impraticable. Les rives de la rivière étaient occupées par des puants. Combien y en avait-il ? Bordel, des dizaines, peut-être plus d'une centaine. Ils avançaient au ralenti, grondant, traînant des pieds, et sondant les alentours de leur yeux vides. À l'Ouest, Xander pouvait voir la 94 qui traversait le cours d'eau, sur son pont surélevé. C'était la meilleure solution pour passer, maintenant, mais pour y aller il lui faudrait revenir loin sur ses pas, et il n'avait pas le temps pour ça aujourd'hui. Il n'avait plus que deux possibilités.

Il pouvait tenter de passer. Ça signifiait foncer, droit devant, éviter les Mordeurs, et sauter dans la rivière pour traverser à la nage, en espérant que le courant ne soit pas trop fort, et que rien de déplaisant ne l'attende de l'autre côté. Tout ça en sachant que le retour serait non moins difficile. S'il y avait un retour possible.

Ou il pouvait aussi abandonner. Qu'est-ce qu'il s'était imaginé ? Qu'un endroit pareil serait accessible pour lui tout seul ? La clôture refusait tout passage aux Mordeurs, qui se trouvaient obligés de zoner dans les environs. Et ça, c'était pour ceux qui étaient déjà de l'autre côté. Ici, c'était la rivière qui faisait office de barrière. Les puants s'agglutinaient les uns aux autres le long de la rue, attendant que la nourriture arrive, ou… ou quoi d'autre, d'ailleurs ? Xander supposait même que certains soient tombés dans la rivière. À supposer que ces trucs sachent nager, ou tout au moins s'y déplacer sans se noyer – s'ils pouvaient même se noyer – la rivière était un vrai nid à merdes.

Bref, c'était un échec, quoi. Il avait fait tout ce chemin pour rien. Il avait risqué gros, pour finalement devoir repartir sans avoir rien trouvé d'intéressant. Du moins rien qui soit intéressant dans l'immédiat. Mais cette base aérienne constituait quelque chose d'énorme. Cet endroit pouvait accueillir des gens, il devait y avoir des tas de choses utiles. Et on pourrait y vivre. On ? Qui ? Lui tout seul ? Non, il devrait trouver du monde, des gens qui voudraient l'aider et faire ce pari avec lui. Alors qui ? Les Punishers ? Il ne savait même pas où ils étaient. D'ailleurs, il ne voulait pas le savoir, il ne voulait pas avoir à les croiser un jour. Ça finirait mal. Sans autre solution. Non, il lui fallait trouver des gens bien, de ceux qui voulaient fonder une nouvelle civilisation, jusqu'à ce que la situation s'améliore et que les Mordeurs disparaissent.

Le ventre noué par la défaite, Xander tourna les talons. Il devait s'en retourner, trouver qui voudrait l'aider. Il ne savait même pas s'il allait dans la bonne direction. Restait-il des gens, à Detroit ? Des vivants, qui aient la force d'entreprendre des choses de cette envergure ? Il n'avait rien à perdre à chercher. Mentalement, il se refit la carte de la région, la route qu'il avait effectuée jusqu'ici. Il pouvait la reprendre en sens inverse, longer la côte vers le sud. Peut-être retourner à cette église où il avait fait la connaissance du prêtre. Un gars comme ça, s'il était encore vivant, il pouvait apporter à une communauté. Ce sens altruiste, la volonté d'aider son prochain, ce genre de conneries savait garder les gens dans les clous.

Lanse Creuse Street se déroulait de nouveau devant lui. Il la remonta d'un bon pas. Il voulait quitter les environs rapidement.

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