A lab full of surprises ! || Nora



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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Dim 2 Juil - 11:32


A lab full of surprises !
Nora & Rashka


De nouveau moi même depuis quelques jours, voilà que j'arpentais les grands couloirs du deuxième étage. Il était encore assez tôt dans la matinée, et malgré mon tour de surveillance nocturne, je me sentais pimpante. Était-ce le fait d'avoir retrouver la sensation de la nourriture de façon quotidienne ? L'idée de bientôt rejoindre la cour du bâtiment pour m'adonner à mon entraînement quotidien ? Ou peut-être, et cumulé au reste, l'agréable sensation du poids de mes armes, dissimulées sous mon long manteau noir... A chacun de mes pas, je sentais la garde de mon katana appuyer sur ma hanche. Dire qu'il y a peu, j'étais encore désarmée. Normal, en même temps, malgré le fait que, sous mes peintures étranges, j'ai l'air d'une gamine parfaitement innocente, les dirigeants du groupes ne pouvaient pas me laisser vagabonder avec des lames, alors que je suis encore nouvelle.

Comme depuis quelques jours donc, j'avais replié mon installation destinée à accueillir mon sommeil, pour me diriger vers la cours. Ouais, malgré l'invitation d'Abel, à dormir dans la même pièce que d'autres, je préfère déplier mon hamac de poche tout les soirs, pour m'installer seule dans une pièce déserte du labo, une ancienne réserve de produits. Passant d'un pas énergique devant une pièce de détente commune, j'ai la surprise de voir une silhouette encore inconnue à mes yeux. Il est vrai que je suis loin de connaître tout le monde, ici, et comme la sociabilité n'est pas vraiment mon fort, ça m'arrange bien, j'avoue... Toutefois, je stoppe brusquement ma progression. Cette couleur de cheveux... Cette peau étonnamment claire et nacrée... Durant quelques secondes ou je reste comme momifiée, je peine à savoir si j'hallucine ou pas. Puis, je me sens bête, autant vérifier par moi-même, histoire de vérifier ma supposition mentale.

Entrant dans la pièce, emprunte d'un calme agréable je l'avoue, je m'approche silencieusement de la jeune femme à la chevelure de jais. Installée dans un coin, elle parcourt pensivement un livre, comme je l'ai déjà vue faire il y a déjà quelques années. Ça alors ! Soit c'est son sosie parfait, soit l'apocalypse me réserve des surprises inattendues, mais agréables ! Mordant ma lèvre inférieure pour calmer la doucereuse sensation de joie qui me saisit bêtement les entrailles, j'annonce ma présence en formulant une question probablement déjà énoncée, avant tout ça. « Miss Castillo... ? » Au moment ou elle quitte sa lecture pour lever les yeux vers, je sais que je ne me suis pas trompée. J'affiche de suite un grand sourire. Mince alors ! Mon ancienne prof de bio ! Je ne sais pas trop comment réagir face à elle, j'ai l'impression de venir la déranger en salle des enseignants pour une énième question technique qui assombrissait mes pensées. Réalisant que pas mal de temps, et d'évènements, se sont passés depuis cette époque qui semble tellement lointaine, j'esquisse un signe de la main un peu débile, avant d'ajouter « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi... Rashka Reagan. »

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Lun 3 Juil - 12:34

On ne se rend généralement compte de ce que l'on a que quand on le perd. Je me souviens que je râlais souvent que la télé était abrutissante, que cela ne servait à rien de la regarder pendant des heures et des heures (même si je le faisais, je l'avoue). Que lire un livre était beaucoup plus instructif et divertissant. Et bien je crois pouvoir dire qu'aujourd'hui la télé me manque. Non pas que lire ne me plaise plus. Mais disons que cela devient légèrement... répétitif. Surtout que ce n'est pas comme si je pouvais sortir m'acheter une nouvelle série de bouquins totalement inédits dès lors que je n'ai rien à faire. D'ailleurs ça aussi, ça me manque. Pouvoir sortir boire un verre, faire quelques courses, simplement aller voir des amies pour passer du bon temps en bonne compagnie. Rencontrer des gens qui ne sont pas tout aussi paumés que vous. Cuisiner, inviter des gens à passer la soirée chez soi. Je suis sûre que j'oublie encore beaucoup de choses. Mais je crois que depuis tout ce temps, je n'avais jamais eu envie de penser à tout ce que l'on avait perdu. J'ai perdu mes parents au tout début de toute cette merde. Par le plus grand des miracles j'ai toujours ma soeur à mes côtés. En réalité, elle est la seule raison qui m'a poussée à me battre. A avancer malgré tout. Si j'avais tout perdu ce jour là, si je n'avais pas réussi à arriver à temps avec ma Jeep et à emmener ma soeur dans ce camp qui avait l'air sûr. Si elle ne s'était pas réveillée la nuit où le camp avait été détruit de l'intérieur, si j'avais survécu et pas elle... Je n'aurais même pas essayé de faire un effort. Je sais qu'avec des "si" on pourrait mettre Paris en bouteille, mais comment ne pas penser au fait que tout aurait pu être différent? D'ailleurs, pourquoi est-ce que les choses ont changé si radicalement? J'aimerais bien le savoir... Ou peut-être que non? Et puis merde Nora, arrête de penser à ce genre de choses. Tu es ici, maintenant, et les choses qui se sont passées avant ne changeront plus.

Alors que je n'avais pas levé le nez de mon bouquin pendant tout le temps de ma réflexion, j'ai d'un coup entendu une voix m'appeler d'une façon dont je n'avais plus l'habitude depuis un moment. Miss Castillo? En plus cette voix... Elle m'était bien trop familière pour que cela soit une coïncidence. Je relève les yeux pour voir qui m'a interpelée et je me fige immédiatement. On peut lire la surprise et l'étonnement sur mon visage. J'entrouvre les lèvres, voulant parler, mais je n'y arrive pas pour l'instant. Impossible... Mais de toute évidence, vrai. Comme quoi parfois, le hasard ne fait pas trop mal les choses. Son petit sourire habituel, presque gêné, que j'avais vu si souvent étira ses lèvres alors qu'elle l'accompagnait d'un petit signe de la main. Je la fixais, lèvres entrouvertes et yeux ébahis. Et au moment même où son nom passa dans ma tête, sa voix parvint à mes oreilles pour confirmer ce que je pensais. Rashka Reagan...

Clignant plusieurs fois des yeux comme pour reprendre mes esprits et me rendre compte que je n'étais pas en train de rêver, je posais ensuite mon livre pour me lever de mon fauteuil en m'appuyant sur les accoudoirs. « Rashka... Oh mon dieu tu es vivante!» Ne lui demandant en rien sa permission, je venais de la prendre dans mes bras, la serrant contre moi. Elle n'était peut-être "qu'une ancienne élève" mais en même temps ce n'était pas n'importe qui. C'était resté tout à fait professionnel entre nous, malgré les échos qui s'étaient fait entendre dans les bâtiments de l'université. Mais nous avions passé tellement de temps ensemble, à ce que je lui explique des choses qui n'étaient même pas à son programme, à l'emmener à des expositions et des conférences simplement parce que nous étions toutes deux intéressées. Mais en me souvenant des problèmes que je lui avais attiré de par le fait que je n'ai jamais cherché à cacher le fait que je sois gay, je l'ai relâchée. Elle n'avait pas besoin que les choses recommencent ici. Que l'on s'en prenne à elle pour x raison.

Malgré cela, un sourire étirait mes lèvres. J'étais réellement heureuse de la revoir ici, en vie. Mes mains s'étaient posées sur ses bras, mes pouces caressant sa peau distraitement alors que je la détaillais du regard pour voir si elle n'était pas blessée ou quoi. Une vraie maman poule... Mais j'étais tellement contente de voir qu'elle allait bien. « Comment tu te sens? Tu es là depuis longtemps? Si tu savais comme je suis contente de te voir...»


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Rashka Reagan
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Lun 3 Juil - 15:13


A lab full of surprises !
Nora & Rashka


Au regard qu'elle me lance, en quittant son livre des yeux, j'ose croire qu'elle reconnaît en moi l'élève un peu chiante que j'ai pu être. Plus encore, à son air aussi surpris que ravi, je me plaît à penser que c'est pour lle une bonne surprise de me voir face à elle. Enfin, j'exagère un peu, c'est toujours bon de croiser quelqu'un que l'on connaissait avant la fin du monde, pas vrai ? J'imagine que même un créancier plutôt tenace serait disposé à fêter des retrouvailles avec un client endetté jusqu'au cou... Encore une fois, je m'avance peut-être de trop. A mon petit sourire un peu coupable, qui me revient comme s'il ne m'avait jamais quitté, la brune papillonne des yeux, pour finalement libérer son siège. Je ne m'y attendais vraiment pas, mais pas le temps de réagir, me voilà d'ores et déjà dans ses bras. Les yeux ronds, la joue collée à son épaule, je fini par sourire et clore mes paupières un moment. « Faut croire que oui ! »

S'écartant de moi sans vraiment couper le contact, j'ai l'impression qu'elle m'avise de haut en bas. A sa déclaration, mes yeux s'étirent sous leur contour sombre. « J'ai rejoint le labo il y a de ça... Un peu moins de deux semaines il me semble ? Le temps passe vite finalement ! » Pendant un court instant, je suis un peu déstabilisée de l'avoir face à moi. C'est Miss Castillo sans l'être. Les traits un peu plus tirés, les joues moins bombées. Toutefois, je suis épatée de constater qu'elle n'a rien perdu de son charme si particulier. Il est vrai que j'ai déjà été amenée à cotoyer la jeune femme en dehors de nos rôles scolaires respectifs, et pourtant, j'ai du mal à être à l'aise en sa présence. Haussant les épaules en souriant, et retrouvant mon aplomb habituel, je fini par répondre. « Je ne m'attendais vraiment pas à vous revoir un jour, ahah ! Il semblerait que les scientifiques que nous sommes aient étés naturellement dirigées vers un labo de plus... »

Je regrette assez vite ma pointe d'humour, cependant. Même si je suis ravie de retrouver mon enseignante préférée, il est vrai que je ne sais rien de tout ce qu'elle a vécu depuis l'arrivée des morts... Ni des raisons de son arrivée ici. Saisissant sans y prêter plus d'attention que ça l'un de ses poignets nacrés, je le secoue un peu bêtement avant de poursuivre « C'est agaçant, faire la conversation est devenu beaucoup plus complexe et risqué, depuis tout ça, pas vrai...? » Ce que je voulais dire par là, c'est qu'en d'autres circonstances, si je l'avais croisé au centre-ville, au rayon charcuterie par exemple, j'aurais pu lui demander des nouvelles de ses proches, sur quelle genre de recherches elle était en train de plancher, quelle conférence l'avait marquée ces temps-ci... Ce genre de choses quoi.

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Mer 26 Juil - 13:30


Je ne sais pas ce qui me surprends le plus ces temps ci. A vrai dire il est assez compliqué de réussir à départager les deux. C'est peut-être idiot ce que je me dis, mais je suis fascinée par la facilité avec laquelle on peut s'adapter aux changements. Enfin, quand je parle de facilité je ne parle pas d'un point de vue sentimental ou quoi. Je parle au niveau général, au niveau biologique et environnemental de la chose. Il suffit de regarder autour de nous pour que l'on puisse s'en rendre compte. Il y a quelques années, perdre un être cher était quelque chose à laquelle on ne pouvait tout bonnement pas se résoudre, même lorsque l'on savait que cette personne était malade et que c'était certainement mieux pour elle de partir. Il y avait presque un certain égoïsme là dedans. Mais en même temps, c'est dans la nature humaine de vouloir s'accrocher à des choses futiles et pourtant de vouloir se préserver de tout type de douleur. Aujourd'hui la douleur de la perte reste la même. Cependant, c'est comme si nous étions plus préparés à ne jamais revoir ceux que l'on aime. Comme s'il était devenu plus simple de se résigner à accepter la douleur. Comme si l'on était devenus de simples victimes de ce que le monde et le destin décident pour nous. Il est vrai que nous n'avons pas vraiment notre mot à dire au quotidien. On se contente de faire ce qu'on peut pour vivre quelques heures de plus voire même des jours de plus. Si aujourd'hui j'ai la chance de faire partie d'un groupe et d'avoir un toit au dessus de la tête, cela n'a évidemment pas toujours été le cas depuis le début de tout ce joyeux bordel. Ce n'est pas pour rien que je n'arrive pas vraiment à fermer les yeux sans faire de cauchemar. Chaque fois que je m'endors, je vois les pires scénarios se réaliser. Et dans chacun d'eux évidemment ma cadette meurt sans que je ne puisse rien y faire. On a vécu tellement de choses avant de réussir à nous mettre dans un semblant de sécurité que je crois qu'il ne sera tout bonnement pas possible de les oublier un jour. Enfin, je parle de nous, mais je sais bien que nous ne sommes pas les seules à avoir vécu l'enfer. Loin de là. On n'imagine pas par quoi ceux que l'on cotoie sont passés. C'est la raison pour laquelle tout est devenu si compliqué à présent. On n'ose plus parler comme one le faisait avant, de peur de faire une bourde et de vexer ou d'énerver celui d'en face.

Si on m'avait dit un jour que je retrouverai une ancienne élève ici, après tout ce qui a bien pu se passer, j'aurais dit que cela relevait de l'utopie. Et pourtant elle était là, devant moi. Impossible de dire que j'étais en train de rêver ou que mon esprit me jouait encore de sales tours. Mes mains s'étaient posées sur ses bras, elle était bien réelle. En chaire et en os. C'est pour ça que je n'avais pas résisté à l'envie soudaine de la prendre dans mes bras. Cette jeune femme venait de me redonner l'impression que j'étais encore un peu celle que j'avais pu être par le passé. Miss Castillo... Avant j'entendais ça tout le temps, mais aujourd'hui plus personne ne m'appelle comme ça. Ou tout du moins pas pour les mêmes raisons. La seule chose qui peut faire que l'on m'appelle comme ça c'est pour s'amuser ou quoi. Enfin bref. Après avoir serré la jeune femme contre moi quelques instants et avoir à nouveau entendu sa voix après si longtemps, je l'ai relâchée. S'en est suivi une discussion qui de prime abord aurait pu paraître banale si elle n'avait pas été dans un contexte si particulier. J'avais l'impression que nous parlions de tout et de rien. Elle m'avait dit depuis combien de temps elle était arrivée au labo, avait souligné comme c'était cocasse de voir que nous avions toutes deux été attirées vers ce laboratoire alors que nous étions scientifiques auparavant. Un léger sourire en coin était venu étirer mes lèvres et légèrement adoucir mes traits qui avaient dû bien changer depuis l'époque où nous avions l'habitude de nous croiser beaucoup plus souvent.

D'un coup, elle se montra plus gênée et m'avoua qu'elle trouvait ça bizarre à présent de discuter avec les autres, car il n'était jamais simple de savoir quand est-ce qu'on allait franchir une ligne qu'on n'aurait jamais dû passer. Me contentant de hocher la tête dans un premier temps, l'une de mes mains vint passer dans mes cheveux pour les recoiffer vers l'arrière avant que je ne prenne la parole. « Tout est devenu beaucoup plus difficile... Chacun de nous a certainement vécu un enfer différent mais il n'en est pas moins dur à vivre au quotidien, même si on a l'impression d'en être sorti aujourd'hui... » Mon sourire s'était fait plus rassurant, plus doux. Après quelques instants de rapide réflexion, je me suis dit que j'avais peut-être trouvé un moyen de rendre les choses plus aisées pour nos retrouvailles avec Rashka. Qu'aucune de nous n'ait peur de faire une boulette ou de nous vexer l'une l'autre. Glissant mon bras autour des épaules de la jeune brunette aux yeux couverts de noir, je l'amenais à sortir de la pièce avec moi. « Et si on allait faire un tour? Visiter un peu, et puis on pourra parler. Si tu as besoin de parler à quelqu'un, sache que je suis toujours là. Et puis si tu as envie de me raconter comment tu es arrivée ici, je pourrai en faire de même... » Me disant que je devais certainement la relâcher depuis le temps que je la tenais, mon bras se décolla donc des épaules de la jeune femme, laissant mes mains se glisser dans les poches de mon pantalon. Je voulais lui faire visiter l'endroit. Mais à vrai dire je ne savais même pas où j'allais. Mes pieds me guidaient sans vraiment que je ne leur donne d'indication ou de marche à suivre précise.

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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Dim 30 Juil - 11:58


A lab full of surprises !
Nora & Rashka


Ainsi donc, le destin m'avait amené à rejoindre le même groupe que mon ancienne prof de bio, Miss Castillo. Si la surprise avait été immense et agréable, c'était tout de même assez étrange. D'un côté, je me sentais toujours aussi proche d'elle, dans le sens ou, lorsque j'étais encore son élève, nous allions régulièrement à des conférences ensembles. Cela avait d'ailleurs fait beaucoup parlé, dans le milieu scolaire... De toute façon, si mes chers collègues ne me marginalisaient pas en tant que "saloperie de gosse de riche", ils trouvaient toujours autre chose, si bien qu'au bout d'un moment, je ne me retenais plus de faire simplement ce dont j'avais envie. Et passer du temps avec une personne aussi intéressante et entière que Miss Castillo faisait partie de ce que j’appréciai. Maintenant de nouveau face à elle, je trouvais qu'elle n'avait pas vraiment changé. Cependant, j'étais face au classique moment de gêne du survivant. Prendre des nouvelles des proches au risque de se voir répondre qu'ils se sont fait massacrés ?

La brune prit cependant les devant. Me prenant amicalement par les épaules, elle me guida à l'extérieur de ce qui servait de salle de pause, pour tout simplement me proposer d'échanger sur les circonstances de notre arrivée. Après tout, elle avait raison. Il fallait bien commencer quelque part, alors, autant en savoir plus sur la manière dont on avait vécu l'arrivée des morts... Alors que nous marchons sans réel but, j'esquisse un demi sourire. J'ai vraiment du mal à imaginer mon ancienne prof défoncer des crânes de zombies. M'enfin, je suppose qu'il en est de même pour elle, à mon propre sujet. « Pour ma part, les mordeurs sont arrivés alors que j'étais en plein tournage. Un des acteurs à tout de suite compris l'enjeu de la situation, et on est partis, avec quelques amis. » C'est dans ce genre de moment que je sens la guerrière s'évaporer pour laisser la vraie moi. J'ai horreur de ça. Je sais très bien que la vraie moi est toujours l'innocente jeune femme hypersensible et peureuse.

Retrouvant mon masque de leader barbare, je relève davantage le menton avant de poursuivre : « J'ai pas vraiment à me plaindre pour la suite. Bien sûr c'était compliqué, mais on survivait du mieux qu'on pouvait. Au vu des personnages qu'on interprétait avant tout ça, on avait au moins de la chance d'avoir directement des armes. » C'est sûr que sans mon katana, mon sabre de cérémonie, et ma dague, je n'aurais pas tenu le coup. Et, sans ma tenue et mes peintures, encore moins. Je suis restée jusqu'à présent dans mon jeu d'actrice, empruntant les traits de l'impitoyable guerrière que j'incarnais. « Et puis... Un matin, je me suis retrouvée seule. J'ai absolument... Aucune idée de ce que sont devenus les autres... Je garde espoir de les retrouver cependant. » Même si j'y croit chaque jour de moins en moins... Ignorant l'étau qui saisit mon muscle cardiaque, je poursuit : « Étant seule, c'est vite devenu compliqué. Surtout pour la nourriture. J'étais vraiment épuisée... Au bout du rouleau. Et puis, un ami de survie m'a indiqué le laboratoire, en me sauvant d'un très mauvais pas... Alors me voilà. »

Adressant un mince sourire à la jeune femme, je fais le choix de passer sur ma capture par trois survivants bien décidés à me violer tour à tour avant de me butter. Après tout, j'ai eu la chance d'être sauvée par Leïa, alors je n'ai aucun droit de me plaindre. « Pas très original, j'admets. La barre est pas trop haute, du coup ! » Peut-être pas le moment idéal pour de l'humour. Un concours de traumatisme pré-arrivée au sein de la communauté, c'est même pas légal, si ? Quoi qu'il en soit, j'attends avec une certaine impatience le récit de Miss Castillo. Lors des cours, ou en dehors, elle à toujours eu le don de me captiver. J'imagine donc naturellement que cette fois-ci ne sera pas différente, bien que j'ai un peu peur de ce qu'elle va me livrer. Comme si notre promenade pressentait le besoin de nous laisser un environnement plus prompt aux confidences, nous arrivons finalement au parc, ou je m’entraîne tous les matins.
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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Lun 31 Juil - 10:59


Il existe des maux que les mots eux-même ne peuvent pas décrire. J'avais déjà entendu cette expression quelques fois quand j'étais plus jeune. Parfois c'était dans la bouche de mes parents, parfois dans la bouche de collègues de travail ou même dans des films. Mais je ne comprenais pas toujours l'importance de ces mots. Lorsque tout allait bien dans le meilleur des mondes, même s'il y avait des hauts et des bas, c'était beaucoup plus compliqué d'imaginer qu'un jour on pourrait tout perdre. Sa famille, ses amis, la personne que l'on était avant... Lorsque les morts-vivants ont commencé à tout détruire sur leur passage, tout espoir de normalité s'était comme évanouit. C'était comme si on devait tout recommencer à zéro mais sans qu'on nous laisse le choix. Une passionnée de biologie comme moi aurait presque dû trouver ça génial à observer. Cela aurait pu être génial en effet, si c'était resté en théorie ou bien dans une simulation. Mais là... Le simple fait d'être encore en vie est un danger. Et ce tant pour nous que pour ceux qui nous sont chers. Car après tout, malgré l'instinct de survie que l'on possède tous, il semblerait que l'attachement à ses proches soit plus fort que tout. J'ai vu des gens se jeter dans une foule de cadavres ambulants dans l'espoir de récupérer leur enfant ou leur parent. J'avais beau me dire sur l'instant que c'était idiot et inutile, je savais aussi très bien que je ferais la même chose pour ma soeur sans même réfléchir un seul instant. L'amour inconditionnel que l'on peut éprouver envers quelqu'un, que ce soit de la famille ou non, peut nous faire passer au dessus de n'importe quelle barrière. De n'importe quelle chose, aussi irréalisable semblerait-elle. Il ferait même plonger vers une mort assurée si cela pouvait empêcher celui ou celle qu'on aime de subir le même sort. C'est idiot oui. Mais tout le monde a déjà dû ressentir ça. Enfin, je pense...

Il existe des maux que les mots eux-même ne peuvent pas décrire. C'est à cause de cela que tout est devenu si compliqué aujourd'hui. Demander à quelqu'un de parler de ce qu'il a bien pu vivre depuis le début de l'arrivée des morts, c'était comme demander de faire des claquettes à poil devant une assemblée. Non, ce n'est pas ridicule, c'est difficile à accepter. Sérieusement... Enfin bref. Je savais que cela n'allait pas être simple pour Rashka de me parler de ce qu'elle avait pu vivre avant d'arriver au labo. Je me doutais également qu'elle ne me donnerait pas forcément la version détaillée de la chose, et c'était normal. Alors que nous avancions sans vraiment faire attention à là où nos pieds nous emmenaient, j'écoutais mon ancienne élève me parler et me raconter ce qui l'avait poussée à arriver ici. En entendant son récit, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir un très léger sourire qui se dessinait au coin de mes lèvres. Non pas que j'étais heureuse d'entendre cette histoire, mais de voir qu'en soit elle n'avait pas tant changé que ça avec le temps et les événements. Un instant elle était elle-même, dévoilant malencontreusement sa fragilité, et l'instant d'après elle revêtait sa carapace habituelle pour faire comme si rien ne l'atteignait. L'essentiel, c'était que si cela s'était passé comme elle me l'avait raconté, les choses n'avaient pas été trop infernale pour elle. Et c'était tout ce qui m'importait. Oui, cette habitude de me comporter comme une mère poule n'est apparemment pas réservée à ma cadette. La seule différence c'est que Liv a droit à tous les aspects les plus chiants de ma personnalité. Les autres pas forcément. Mais bon, au moins c'est réciproque. A la fin de son récit, nous nous étions retrouvées dans le jardin du labo. L'air frais me fit frissonner légèrement mais en même temps il faisait du bien. Sa petite remarque sur le fait que la barre n'était pas très haute quant à l'originalité de l'histoire me fit légèrement rire avant que je ne fasse non de la tête. « Tu sais, c'est peut-être pas plus mal ainsi. Si la barre n'est pas si haute c'est que tu n'as pas vécu le pire du pire, et j'en suis soulagée. »

Il existe des maux que les mots eux-même ne peuvent pas décrire. Maintenant qu'elle avait parlé de ce qui lui était arrivé, il fallait que je fasse de même. Et replonger dans ces souvenirs me faisait repenser au nombre de fois où j'avais failli perdre ma soeur. A toutes ces fois où je n'avais pas été à la hauteur. A cette fois où Taylor l'avait sauvée de la noyade. S'il n'avait pas été là... Olivia ne serait peut-être plus là, et tout aurait été de ma faute. Merde... Ressaisis-toi Nora... Rapidement, une main passa sur mon visage comme pour m'aider à me rencentrer avant que je ne me racle la gorge pour prendre la parole. « Quand je me suis rendue compte de ce qui se tramait j'ai immédiatement sauté dans ma Jeep et j'ai foncé vers chez ma soeur. Je voulais la mettre en sécurité. Tout du moins j'espérais que j'arriverais à le faire. » Faisant signe à mon ancienne élève de me suivre, je me suis assise sur un petit muret pour être plus à l'aise. Comme à mon habitude, mes mains se rejoignirent assez rapidement pour se serrer l'une contre l'autre. Réflèxe. J'ai toujours détesté avoir les mains qui pendent dans le vide. Mon regard était dans le vague, mon esprit quant à lui parcourant les souvenirs plus ou moins durs de ce que nous avions traversé pour en arriver là. « La route a pas été très simple pour arriver jusqu'ici. On a erré pendant longtemps, et à vrai dire on est pas très souvent tombées sur des gens sympatiques. J'ai pas mal de sang sur les mains, et pas que celui des morts-vivants. Mais protéger ma soeur était ce qu'il y avait de plus important pour moi et ce quoi qu'il en coûte. Malgré tout on a décidé de nous accrocher et de continuer notre route. Mais avec le manque de nourriture, de sommeil et tout ce que tu veux, on était à deux doigts d'y rester quand on est arrivées par ici. C'est un peu un coup de chance si on a été retrouvées avec Olivia et emmenées ici. Du coup on est là depuis novembre, et je croise les doigts pour que ça ne change pas de si tôt... » En effet, trouver un semblant de famille à nouveau était quelque chose d'impensable dans un tel contexte. Et pourtant c'est là que je suis. Dans un laboratoire où j'ai enfin l'impression d'être utile, où je peux me laisser aller à penser ma soeur en sécurité, où j'ai fait des rencontres que j'aurai beaucoup de mal à oublier, si tant est que j'en aie envie. Mon regard se releva pour se poser sur la brune qui se trouvait à côté de moi et un sourire se voulant rassurant étira mes lèvres. « Je suis contente de te revoir ici. Sincèrement. »

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Ven 4 Aoû - 16:58


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En fait, je dois dire que je suis un peu perturbée, d'avoir livré mon histoire apocalyptique à l'une de mes anciennes enseignantes... C'est vrai que c'est assez personnel, et, même si auparavant, nous discutions beaucoup en dehors des heures de cours, je trouve ça étrange. Cependant, je pense que c'est un bon moyen de renouer contact. Au moins, on sait à quoi s'en tenir. Les choses à ne pas demander. Les sujets à ne pas aborder. Les blagues noires à ne pas formuler... Tout ça. A la fin de mon récit, ma petite plaisanterie semble l'amuser, et j'acquiesce à sa réponse. C'est sûr que je n'ai pas "trop" de quoi me plaindre. Mon quotidien de solitaire aurait pu être mille fois plus obscur, et aujourd'hui, j'ai même un toit sur la tête, des occupations, et quelques personnes de qui je suis proche, c'est pour dire !

Mon expression se fait plus sérieuse quand Mrs.Castillo s'apprête à me raconter son vécu. Je peux quasiment sentir la tension entre ses épaules, et ça ne m'annonce vraiment rien de bon... J'évite de la fixer quand elle début son récit, puisque je n'aimerais pas que l'on m'observe dans un moment pareil. Presque immédiatement, ma prof à eu le réflexe de s'inquiéter au sujet de sa soeur. Cela ne m'étonne pas vraiment, dans le fond. Je sais qu'elle en est très proche, pour avoir louché sur leurs SMS pendant que nous étions dans des expo... Et puis, elle m'en parlait quelques fois, sans trop s'étendre sur le sujet, bien évidement. J'imagine déjà le pire... Et mon impression négative de s'arrange pas quand elle m'invite à m'asseoir sur un petit mur, tout en adoptant un tic d'attitude que je connaît bien. Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de sourire, le dissimulant tout de même, quand j'aperçois du coin de l'oeil ses mains blanches s'enserrer. La jeune femme faisait souvent cela, en cours, quand elle partait dans la théorie pure.

De ce qu'elle me fait part, je comprends que les deux soeurs en ont pas mal bavé. Et de ce fait, les vivant qui les ont croisées également. Le fait que mon ancienne prof ai buté des gens est loin de me choquer. En fait, j'en sourirais presque, sans trop savoir pourquoi. La brune termine sur un ton étrangement vague, aussi, je laisse planer un silence respectueux. J'imagine que ça ravive pas mal de souvenirs par forcément agréables chez elle, alors je préfère ne pas interférer. Quand elle retrouve mon regard, je lui rends un doux sourire, en acquiesçant vivement la tête. « Pareil, évidement ! Je suis pas du genre très très sociable alors... J'avoue que ça me rassure un peu, de vous savoir ici. » A mon aveu, mon sourire se fait un peu coupable, et j'hausse une épaule. Son histoire tourne toujours dans ma tête cependant, aussi, j'ajoute rapidement : « Si je comprends bien, votre soeur est aussi au laboratoire ? C'est super ça ! Peut-être que je l'ai déjà croisé... Comment est-elle ? » Et en effet, au vu de sa réponse, je vois tout à fait de qui il s'agit.

Je n'ai jamais eu l'occasion de lui adresser la parole, mais cette femme me met hyper mal à l'aise. Je ne sais vraiment pas pourquoi d'ailleurs ! Du coup, je préfère feindre de ne pas voir de qui il s'agit. Esquissant un petit rire, j'hausse un sourcil avant de poser la question qui me trotte dans la tête depuis un moment. « Franchement, il faut que je sache. J'arrive super bien à vous imaginer en guerrière sans pitié, ahah, mais... Vous êtes plutôt quoi, arme blanche, contondante ? Arme à feu ? » Pendant un instant, je l'imagine balancer des lamelles de labo hyper aiguisées par ces soins, avant de formuler mon idée. « Vous pensez que des lamelles pourraient faire office de shuriken ? Ce serait une technique de combat très classe pour des scientifiques...  » Puis, plus sérieuse, je me racle la gorge avant de lui demander : « Vous pensez quoi, du labo ? Vous vous sentez bien, ici ? » C'est vrai que j'avais encore un peu de mal, perso... Alors, son avis comptait beaucoup pour moi. Si Miss Castillo s'y sentait à l'aise, y'a pas de raison que je m'y fasse pas !

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Dim 6 Aoû - 12:12


Parler du passé n'est pas toujours une chose facile à faire, mais encore je trouve ça plus simple quand on doit en parler à des gens qu'on ne connait ni d'Adam ni d'Eve. Lorsque l'on tombe sur des personnes que l'on a pu connaître avant que le monde entier ne décide de devenir une zone hostile à l'être humain, généralement on n'a pas envie de les choquer avec ce par quoi on a pu passer. De ce fait il faut tenter de trouver du bon dans ce gigantesque tas de merde, de réfléchir à ce qui pourrait choquer ou non notre interlocuteur, et surtout savoir si l'on souhaite ou non voir le regard de cette personne changer. J'avais déjà pu expérimenter le fait de voir le regard des autres sur soi changer drastiquement lorsque j'avais fait le choix de plaider coupable à la place de ma soeur. Par chance j'avais eu une réduction de peine comme j'avais choisi d'avouer "mon crime" au lieu d'essayer de faire obstruction à l'enquête. Mais lorsque j'étais sortie de là, non seulement j'avais moi-même changé mais en plus je remarquais sans mal que plus personne ne me voyait comme celle que j'étais avant. C'était comme si j'avais perdu toute leur estime du fait d'avoir dû passer par un chemin qu'ils considéraient comme mauvais. Comme si en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'étais devenue tout ce qu'ils détestaient. Sauf qu'à l'époque il était beaucoup plus simple de savoir ce que les gens avaient en horreur et souhaitaient éviter. Il suffisait de suivre les normes de la société moderne et le tour était joué. Mais aujourd'hui, parler de soi était devenu comme tout le reste: bien trop complexe. Au fur et à mesure que je réfléchissais à ce que j'allais bien pouvoir raconter de mon histoire, je me demandais ce qui risquait de choquer Rashka. Non seulement elle était encore jeune alors nous n'avions pas forcément la même vision des choses, mais en plus je n'avais aucune idée de ce qu'elle avait pu retirer de son histoire en me la racontant. Elle avait très bien pu être choquée ou traumatisée par des bribes de son passé dont je n'avais aucune idée. C'est la raison pour laquelle j'avais finalement décidé de lui livrer une version très édulcorée de mon parcours jusqu'au laboratoire.

Le sourire de mon ancienne élève qui accompagne sa réponse quant au fait qu'elle aussi soit heureuse de me voir saine et sauve ici me réchauffe légèrement le coeur. Un sourire apparaît sur mes lèvres également et malgré moi je ne peux m'empêcher d'être légèrement surprise quand elle me demande de décrire ma soeur. Non pas que cela me choque qu'on puisse vouloir savoir qui elle est, mais j'ai toujours du mal à me dire que tout le monde ne connait pas forcément Olivia. « Ma soeur? Oui elle est ici aussi. Hm... Comment te la décrire..? Elle est un peu plus petite que moi, blonde, mince, très belle mais c'est ma soeur alors je sais pas si je suis objective... On a les mêmes yeux, ça c'est certain. Elle s'appelle Olivia, et vu son caractère tu l'as peut-être déjà entendue ou bien croisée en te demandant de qui il s'agissait. Mais en soit elle est vraiment pas méchante. » A la fin de ma phrase je n'avais pas pu m'empêcher de rire légèrement. Après tout je n'avais pas vraiment tort. Ma petite soeur a un caractère spécial et parfois cela peut en impressionner plus d'un. Mais moi je sais que ce n'est pas une vraie méchante. Elle s'en donne l'air pour se protéger mais je suis sa soeur, je la connais par coeur. Un peu comme si c'était moi qui l'avais faite. D'un côté, je l'ai quasiment élevée alors c'est normal. Me passant une main dans les cheveux rapidement, je ne peux m'empêcher d'ouvrir des yeux étonnés quand Rashka commence à aborder la question qu'elle voulait apparemment me poser depuis un moment. Et bien il faut croire que sur ce point elle n'a pas changé. Lorsqu'elle a quelque chose qui lui trotte en tête et qu'elle décide d'en parler, impossible de l'arrêter. Je hausse donc un sourcil presque impressionné tout en arborant mon éternel sourire en coin et je la laisse parler. En réalité, je n'ai même pas le temps de lui répondre tant elle enchaîne ses idées à vitesse grand V. Lorsque, enfin, j’aperçois une occasion de répondre à ses questions je ne peux m'empêcher de rire un peu avant de prendre la parole, amusée. « Doucement, reprends ta respiration aussi! Alors déjà je vais dire merci parce que je pense que c'était un compliment le fait que tu me voies bien comme... Une guerrière sans pitié c'est ça? Même si j'avoue que c'est la première fois qu'on m'appelle comme ça! Pour te répondre, j'utilise un couteau que j'ai depuis le début de toute cette merde, et pour l'instant c'est tout ce que j'ai. Mais je demande qu'à trouver mieux. Et j'avais jamais pensé au fait que les lamelles de microscope pourraient servir de shuriken mais je t'avoue que je préfère les utiliser pour des recherches... »

Je lui adresse un sourire se voulant rassurant puis je la vois totalement changer d'expression. A mon avis, quelque chose la tracassait, mais quoi? A vrai dire je n'ai même pas eu le temps de lui poser la question que déjà elle me donnait la réponse. Ce que je pensais du laboratoire? Lentement, je détachais mes mains l'une de l'autre, puisqu'elles avaient rapidement repris leur position jointe habituelle, pour venir poser l'une d'entre elles sur la jambe de la jeune femme. « Je me sens bien ici. Et je suis sûre que ça sera le cas pour toi aussi. J'ai enfin l'impression d'un semblant de sécurité, qu'ensemble on peut même passer par dessus des trucs que j'aurais jamais imaginé passer. Et puis même si c'est à petite échelle ou bien petit pas par petit pas, je sais qu'on essaie de rendre les choses plus vivables, de changer les choses... Et même si c'est qu'un rêve, j'ai envie d'y participer. Pas toi? » Un petit sourire rassurant s'était dessiné sur mes lèvres alors que je regardais encore mon ancienne élève. Si je pouvais faire quelque chose pour la rassurer et lui montrer qu'elle n'avait pas à craindre ce groupe, et bien c'était le moment.

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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Dim 6 Aoû - 14:34


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La manière dont la brune me décrit sa soeur me fait sourire. A quoi je m'attendais, après tout ! Comme elle le précise d'elle même, ses dires ne sont pas tout à fait objectifs, étant donné qu'elles semblent toutes deux très proches. Peut être même davantage, depuis l'arrivée des morts ? Pas forcément. Miss Castillo qualifie sa cadette comme étant "pas méchante". Là encore, je veux bien la croire. Étant encore toute nouvelle ici, je n'ai pas eu l'occasion d'échanger avec Olivia. Et sincèrement j'aimerais éviter le plus longtemps possible. J'évite même de croiser son regard, c'est pour dire. De ce fait, je suis bien incapable de valider ou non le fait que la blonde possède les mêmes yeux que ceux de son aînée ! Quand mon interlocutrice me rappelle gentiment de penser à respirer, je pouffe doucement de rire, un peu gênée. Combien de temps ça fait, que je ne me suis pas emballée dans la verbalisation du fil de ma pensée...? Des mois, sans aucun doute. J'avais presque oublié que j'étais du genre à déblatérer autant, et franchement, je suis pas hyper satisfaite de retrouver cette habitude. Ça ne colle pas à mon personnage. Ça n'est plus Rashka, désormais. Peut-être que je m'autoriserais à rester bavarde avec certaines personnes, Miss Castillo par exemple, mais je préfère me faire discrète, maintenant.

Ramenée à la réalité par la voix douce de mon enseignante, j'hausse un sourcil à ses propos. Quoi... Juste un couteau...? Depuis le début !? Franchement, ma surprise est grande. Au vu de ce qu'elle ma raconté, j'imagine qu'elle a pu emprunter des armes à sa sœur pour venir à bout des vivants. Mais bon, je préfère ne pas être trop curieuse non plus. Au final, nous en arrivons, toujours installées sur notre petit muret, à discuter sur le groupe que nous partageons. J'incline la tête à sa réponse, et sens bien qu'elle essaie de me rassurer. Cependant, j'affiche une petite moue avant de lancer : « Ouais je sais mais... Si j'avais le choix, je préférerais quand même me débrouiller seule, là, dehors. Mais j'en suis pas capable, alors... Vaut mieux que je reste ici. » Au fond, je sais très bien pourquoi je ne me sens pas à l'aise. J'ai l'impression d'être seule ici, malgré Abel, Cale, Ruth, qui sont très sympa. Et même si je suis pas du genre à tisser des liens sociaux tous les quatre matins, j'ai une peur panique de m'attacher. A mon sens, c'est la vraie faiblesse du survivant, l'attachement. Et perdre quelqu'un, plus jamais, c'est juste hors de question. Consciente que tout ça risque d'inquiéter le côté mère de substitution de la scientifique, j'ajoute tout de même : « Mais oui, vous avez raison. Puisque je suis ici, autant participer à l'amélioration de nos conditions de vie. Je rejoins l'équipe de surveillance, prochainement. Vous faites partie d'une ou plusieurs équipe ? »

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Mar 8 Aoû - 13:26

C'est étrange, quand j'y pense... Au moment même où j'avais relevé le nez de mon bouquin, j'avais comme eu l'impression que tout autour de moi s'était arrêté. Comme si le temps voulait me donner l'occasion de me rendre compte de ce qui était en train de se passer autour de moi, de comprendre que je n'étais pas en train de rêver. Mais il fallait que je prenne conscience pourtant que plus rien n'était pareil qu'avant. Je retrouvais certes mon ancienne élève, avec qui j'avais passé tant de temps histoire de partager mes connaissances avec elle, mais au fond nous n'étions toutes deux plus celles que nous avions connu. Lorsque l'on doit lutter pour sa propre survie, et encore à plus forte raison lorsqu'on le fait également pour celle des autres, et bien il est tout naturel que l'on change. Je l'ai bien remarqué avec moi. Avant j'aurais certes donné tout ce que j'avais pour protéger Olivia, mais je ne me serais jamais imaginée en train de tuer quelqu'un de sang froid. Et pourtant, aujourd'hui je n'ai plus aucun mal à faire cela. Quoi qu'il en soit, malgré tout ce qui a pu se passer dans nos vies respectives, je ne peux pas dire que je ne suis pas heureuse de retrouver cette jeune femme. Nous avons partagé beaucoup de choses ensemble, même si c'était resté tout à fait correct. Des échanges entre scientifique avérée et débutante, mais toujours plus intéressants et agréables les uns que les autres. A l'époque, je me souviens que je m'en voulais pour tout ça à cause des rumeurs qui s'étaient mises à circuler dans l'université au sujet de Rashka. Qu'il en circule sur moi, passe encore. Après tout, ce n'était pas une fausse idée que les gens disent que j'aimais les femmes. Ce n'est que la vérité. Mais qu'ils s'amusent à dire que quelque chose se passait entre elle et moi, je ne pouvais pas l'accepter. Non pas que Rashka ne soit pas belle ou quoi que ce soit, mais elle ne méritait pas ça. C'est la raison pour laquelle j'avais fini par me montrer plus distante. Mais aujourd'hui je le regrette. J'ai l'impression d'avoir l'occasion de me rattraper pour ce que j'ai pu la faire traverser à l'université, et je n'ai pas l'intention de voir les choses recommencer ici. Il faut que j'apprenne à rester distante mais en même temps à ne pas la délaisser.

Je cligne plusieurs fois des yeux pour sortir de mes pensées et je regarde Rashka lorsqu'elle me répond par rapport au sujet qu'elle avait elle-même lancé plus tôt: la vie au sein de ce groupe. Voyant une petite moue s'afficher sur son visage, je m'approche instinctivement d'elle et passe un bras autour de ses épaules pour la rapprocher de moi, ma main libre venant lentement caresser son bras dans un geste se voulant des plus rassurants. « Tu sais, quand on est arrivées ici avec Olivia, je pensais qu'à une chose c'était mettre ma petite soeur en sécurité. J'avais confiance en personne, j'avais l'impression qu'on était encore tombées dans un piège ou je ne sais trop quoi. Je voulais m'enfuir en pensant que ce serait plus sûr mais aucune de nous deux n'était en état de le faire. Alors j'ai appris à connaître les gens qui vivent ici et je me suis rendue compte que malgré toutes les émotions contraires que je pouvais ressentir à l'égard de ce groupe, ils étaient déjà sûrement tous passés par là. Et pourtant ils étaient là, prêts à nous aider. Et je suis là moi aussi Rashka. Alors si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas d'accord? Je ferai tout mon possible. C'est promis. » La relâchant petit à petit, je reprenais ma place de tout à l'heure sans pour autant quitter la jeune femme des yeux. J'affichais un petit sourire rassurant quand elle posa à nouveau ses yeux sur moi pour reprendre la parole et me demander si je faisais partie d'une ou plusieurs équipes au sein du groupe. « Je fais partie de trois équipes. Je m'occupe du jardinage et de l'éducation avec d'autres, et puis j'ai aussi rejoint l'équipe de ravitaillement. Je me verrais mal rester enfermée tout le temps ici... Et puis comme ça j'ai l'impression d'être utile et de pas juste être un cerveau incapable de faire quelque chose de ses dix doigts. » Sans le remarquer, mon sourire qui était avant rassurant s'était transformé en un sourire plus triste. J'avais peur oui. Peur de devenir inutile. Peur de ne plus être capable de veiller sur ma soeur, de ne jamais pouvoir être là pour elle. Peur qu'elle ne s'éloigne à nouveau de moi.

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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Jeu 10 Aoû - 15:17


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C'est assez étonnant, cette manière dont je me sens en ce moment, auprès de mon enseignante. Comme si rien n'avait changé, alors que je vois difficilement comment deux personnes se connaissant avant toute cette merde pourraient avoir autant changé. Peut-être est-ce parce que je me suis toujours sentie étrangement à l'aise, en présence de Miss Castillo ? On peut être encore parce que je suis vraiment surprise et soulagée de la savoir en sécurité ? Peut-être aussi parce que nous avons vécu beaucoup de choses chacune de notre côté, depuis l'arrivée des morts. Peut-être parce que nous venons de nous livrer l'une à l'autre sans crainte, brisant ainsi la légendaire retenue que l'on adopte, en étant face à un survivant... Quoi qu'il en soit, en plus d'être détendue, je me sens davantage sereine, à l'idée de rester ici, au laboratoire. Et ça, je sais que c'est grâce à la brune. Peu fan des démonstrations physiques, je suis pourtant étonnamment tranquille et réceptive, lorsqu'elle me prends la main ou quoi. Décidément, la survivante est un miracle à elle seule ! Un peu dans ma bulle, j'hoche la tête pensivement. Je comprends très bien le sentiment de "fausse" sécurité qu'elle me décrit. D'autant plus que dans son cas, il devait être renforcé par sa volonté de protéger sa petite soeur... Ça devait vraiment être angoissant, surtout les premiers jours. A force de risquer notre vie à chaque instant, on prends l'habitude de garder un côté méfiant très animal, surtout la nuit. J'imagine donc assez bien la peur venimeuse qui devait sommeiller dans les veines de Miss Castillo. Mais d'après ces dires, cette dernière semble cependant s'être estompée pour laisser place à un début de tranquillité. De mon côté, je ne peux pas complètement nier être mal à l'aise ici mais... Je ne sais pas. Je ne trouve pas les mots, tout de suite, aussi, je me laisse bercer par les paroles de mon interlocutrice.

Je ne peux m'empêcher de laisser filtrer un petit rire nerveux, en attendant ses derniers mots. Toujours blottie contre la scientifique, je lance machinalement « Miss Castillo, inutile ? Ce serait franchement une première, et je suis même pas certaine que ça arrive un jour ! » Me rendant compte que je me fais en quelque sorte materner, je me redresse doucement, affichant un sourire sincère à l'égard de l'élégante brunette. « En tout cas, je vous remercie d'essayer de me rassurer, c'est vraiment gentil. Je partage vos impressions... Et s'occuper et la meilleure chose à faire, je pense. En réalité... Je pense que c'est justement le sentiment que le laboratoire n'est pas un piège, qui m'angoisse. » Mes yeux s'assombrissant, j'en profite pour détailler le sol, pensive. « Vous comprenez, je... J'ai peur de m'affaiblir, en restant ici. De perdre mes réflexes, petit à petit, voir de m'habituer à une sécurité relative. » Je pousse un petit soupir, avant d'hausser les épaules. « Enfin. J'imagine que c'est une histoire de compromis, et d'adaptation, rien de plus. Vous me dites qu'il existe une équipe d'enseignement ? » dis-je avec un sourire entendu, avant de poursuivre : « Je serais contente d'y assister, au moins une fois... Comme au bon vieux temps on va dire ! Vous pensez que c'est faisable ? »

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Nora M. Castillo
Matricule n°001
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Dim 13 Aoû - 14:42


Je me demande parfois comment j'ai fait pour obtenir l'affection de Rashka. Je ne parle pas d'affection au sens intime du terme, bien évidemment, plus au sens amical voire professionnel à l'époque. Tout s'était fait très naturellement quand j'y repense. Je faisais mes cours comme j'avais l'habitude de le faire, et bien vite je me suis rendue compte qu'il n'y en avait qu'une seule dans tout l'amphithéâtre qui était suspendue à mes lèvres pendant toute la durée du cours. C'était Rashka. Et ensuite elle venait au moins une fois sur deux, si ce n'était plus, me demander des précisions ou me poser des questions à la fin des cours. C'était tout naturel ensuite pour moi de l'emmener à des conférences ou quoi dès que j'avais plusieurs invitations. Non seulement ça l'intéressait donc c'était bénéfique de lui en faire profiter, et puis comme ça moi je n'étais pas toute seule. C'était toujours l'occasion de faire d'une pierre deux coups. Et puis ça nous allait à toutes les deux. Ce que j'ai plus de mal à comprendre c'est la raison pour laquelle elle m'a comme placée sur un piedestale. Alors peut-être que j'étais la moins chiante de ses profs, mais étant donné que je ne me vois en rien supérieure à d'autres, j'ai toujours été relativement gênée par cela. Mais bon, d'un autre côté il suffit de ne pas y penser et ça passe plutôt rapidement.

Ayant passé les quelques dernières minutes à parler de moi et à dire ce que je pouvais bien avoir comme rôle ici, je n'ai pu m'empêcher de rire un peu à la réponse de Rashka. Malgré tous les changements qu'il y avait pu avoir au cours des derniers mois, elle continuait de m'appeler comme quand nous étions en cours. Par la suite, un sourire rassurant étira mes lèvres alors que je laissais mon ancienne élève s'exprimer sur ce qui pouvait bien la déranger ou la tracasser. M'étirant un peu étant donné que cela faisait un moment que nous n'avions pas vraiment changé de positions, je regardais au loin en face de moi tout en répondant à mon tour à la brunette. « Tu sais, se trouver en sécurité ne veut pas dire que tu vas t'affaiblir. Et puis un jour on pourra toujours essayer de sortir d'ici toi et moi pendant quelques heures pour essayer de trouver des trucs utiles, si ça te dit. Ah oui, et tu sais, tu n'as plus besoin de me vouvoyer ou de m'appeler Miss Castillo... Nora ce sera très bien. » Je me doutais que le changement risquait d'être radical pour Rashka, mais d'un autre côté plus personne ne prenait la peine de s'encombrer de ces manières devenues relativement inutiles depuis que l'on doit tous lutter pour notre survie. On en est tous au même point: des survivants plus ou moins utiles au groupe, ayant leurs qualités et leurs défauts. Alors pourquoi est-ce qu'on devrait s'embêter encore avec des pseudo supériorités à cause de ce que l'on faisait avant? Cela n'a plus rien à faire dans le monde actuel. Enfin, à mes yeux en tout cas.

Mon sourire refit surface lorsque mon ancienne élève, peut-être nostalgique après tout, me demanda s'il serait possible qu'un jour elle assiste à l'un de mes cours. Et bien, en soit moi je n'y voyais pas d'inconvénient, au contraire. Reportant à nouveau mon regard sur Rashka, je haussais les épaules tout en affichant cet air accueillant et bienveillant que j'avais souvent auparavant et qui malheureusement s'était généralement perdu à présent. « Bien sûr, moi ça ne me dérangerait absolument pas. Retrouver ma meilleure élève à un "cours"? Comment pourrais-je refuser? »

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Rashka Reagan
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Mer 16 Aoû - 18:47


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Nora & Rashka


Au vu de la situation, et de ma suggestion d'assister à l'un des cours donnés par la brune, je suis fatalement saisie par des souvenirs de ma vie d'étudiante. Elle me semble bien loin, à présent... Et en même temps, maintenant que j'ai Miss Castillo à mes côtés, j'ai l'impression de redécouvrir cette époque de ma vie. Sans vouloir me vanter, j'ai toujours été assidue dans mes études.  Tout simplement parce que cela m'intéressait vraiment. Je me suis toujours dit que si je n'arrivais pas à me faire une place dans le monde de l'audiovisuel, devenir chercheuse en physiologie végétale me conviendrait tout autant. D'ores et déjà, j'aime la Nature. Comprendre la manière dont elle évolue, comment divers mécanismes régissent son fonctionnement, c'est quelque chose de passionnant, non ? Et puis faut avouer aussi que, faute d'avoir eu une véritable vie sociale "banale", apprendre, le nez sans cesse plongé dans les bouquins, ça m'occupait pas mal l'esprit...

Quoiqu'il en soi, lorsque je me suis inscrite pour une année universitaire dans l'établissement ou la brune enseignait, j'ai trouvé en elle une sorte de mentor. A l'inverse de la majorité des professeurs, elle avait le don de vivre ce qu'elle racontait, et paraissait très sincère et simple dans ses propos. En fait, c'était un vrai plaisir de l'entendre, et de la voir s'exprimer. Miss Castillo m'amenait beaucoup à réfléchir, sur tel ou tel procédé, théorie, et bien d'autres, tant et si bien que je passais la plupart des fins d'heures de cours à la harceler un peu... M'enfin, je ne l'ai jamais regretté, malgré les rumeurs désobligeantes qui s'étaient mises à circuler quand nous avons commencé à nous voir en dehors de la fac. Je ne me souviens même pas m'être interrogée sur le fait d'arrêter nos sorties ou non. Dépassant un peu mon rôle d'élève, je la voyais davantage comme une amie. C'est sûrement pour ça que je suis aussi heureuse et soulagée de la voir à présent à côté de moi.

J'acquiesce à sa réponse, que je trouve finalement rassurante. De plus, l'idée de la voir à l'oeuvre en dehors de l'enceinte sécurisée du labo me rends curieuse. Je ne parvient pas à dissimuler ma surprise, cependant, quand elle m'invite à l'appeler par son prénom. « Je vais essayer... Nora. » J'avoue sourire un peu bêtement, faut avouer que ça me fait vraiment bizarre, avant de poursuivre « Quand vous voulez.. Quand tu veux, pour une petite expédition entre scientifiques ! » La voilà qui retrouve l'expression qui la quittait rarement auparavant. Elle paraît plus détendue, et j'ai l'impression que, si je sors du labo, tout sera redevenu comme avant. En ai-je vraiment envie ? Ça, c'est une autre histoire...

Glissant une mèche rebelle derrière mon oreille, je me sens rougir sous mes peintures quand elle me qualifie comme étant l'une de ses "meilleures élèves". « Je te remercie d'être là. Ça me fais vraiment du bien d'avoir quelqu'un de qui j'étais... On va dire proche avant tout ça. » Et c'était bien vrai, bien que j'en prenne conscience seulement maintenant. Fixant la pointe de mes bottes, j'ajoute un peu plus tard, « Oh et puis, tant pis pour mon image de fière guerrière ! J'ai l'impression d'avoir trouvé une maman adoptive à qui parler en cas de coup dans l'âme, et je suis bien contente ! Et puis, c'est dans les deux sens bien sûr, je serais là pour toi. » Souriant à mon ton peut-être un peu trop enjoué, j'espère tout de même que Nora ne va pas mal recevoir mes propos...



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Nora M. Castillo
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Dim 3 Sep - 10:57


Au moment même où j'avais proposé à mon ancienne élève d'abandonner sa vieille habitude de me vouvoyer, je savais déjà que cela n'allait pas être une mince affaire pour elle. Rashka a toujours été, d'aussi loin que je la connaisse, quelqu'un de très respectueux. Elle aurait très bien pu avoir la grosse tête et se penser supérieure aux autres du fait qu'elle avait une carrière à l'écran qui en faisait certainement rêver plus d'un. Mais pourtant, cette jeune femme s'était toujours montrée humble et avide d'apprentissage. Comme s'il n'y avait rien de plus important pour elle que de connaître des choses dont elle n'avait pas conscience ou bien sur lesquelles elle n'avait pas suffisamment d'informations. Je ne peux pas mentir, sur ce point là je n'ai jamais pu m'empêcher de me revoir en elle. Quand j'avais son âge, je pouvais passer mon temps à farfouiller dans des bouquins, parfois même plusieurs en même temps pour essayer de trouver l'information qu'il me manquait. Et il m'arrivait aussi de ne pas dormir tant que je n'avais pas la réponse à ma question. Vous me direz, aujourd'hui les choses n'ont pas beaucoup changé. Je suis toujours acharnée dans mon travail, même s'il semble bien plus superflu dans notre contexte de vie actuel.

Ce serait mentir de dire que je n'appréciais pas Rashka plus que comme une simple étudiante de mon cours. Non pas que les rumeurs qui circulaient sur nous étaient vraies, loin de là. Je la voyais un peu comme une petite soeur qui partageait la même passion que moi. Disons que cela n'a jamais vraiment été le cas d'Olivia. Elle me voyait plutôt comme la petite grosse qui ne met jamais le nez dehors, quand nous étions enfant. A vrai dire tout le monde me voyait comme ça. Et ils n'avaient pas réellement tort. Je préférais de loin mes livres à un jeu à l'extérieur, sauf quand il était proposé par ma cadette. Même à l'école, on peut dire que je n'avais pas vraiment beaucoup d'amis. Trop occupée par les bouquins pour essayer d'entretenir des relations sociales. Heureusement que j'ai fini par changer ça. En fait, j'ai tout changé sauf ma passion pour la biologie et les bouquins. J'ai grandi, maigri, et j'ai appris à tisser des liens. A quoi cela peut-il bien servir de toute façon d'avoir des connaissances si ce n'est pas pour les partager avec d'autres gens? Des gens comme la petite brune qui se trouve à présent à mes côtés. Sa difficulté à m'appeler par mon prénom au début ainsi que celle qu'elle montrait par rapport au fait de me tutoyer me firent légèrement rigoler. Ce n'était pas pour me moquer, c'était simplement que je m'attendais à ça. Cependant, je ne peux m'empêcher d'être surprise lorsqu'elle reprend la parole après avoir dit qu'elle était contente de retrouver quelqu'un qu'elle connaissait avant tout ça. Déjà ça, ça m'avait fait chaud au coeur, mais ce qui était venu ensuite... Et bien je ne savais pas trop comment le prendre. Evidemment, c'était adorable de dire qu'elle était bien contente de retrouver une personne à qui parler en cas de coup dur mais... Une maman adoptive? Non pas que ça ne soit pas attendrissant, mais je viens de prendre vingt ans dans la tronche... Bon, aller, dix ans. Mais quand même!

Me passant une main dans les cheveux tout en ricanant légèrement malgré moi, je bousculais ensuite gentiment mon ancienne élève pour la taquiner. « Tu sais que j'ai à peine neuf ans de plus que toi? Je pensais que je faisais moins vieille que ça! » Un rire amusé et franc quitta ma gorge alors que je regardais la brune, puis je reprenais assez vite mon sérieux sans pour autant que mon sourire ne quitte mes lèvres. « Plus sérieusement, tu pourras toujours venir me voir si tu as besoin de moi. Si tu as besoin de quoi que ce soit d'ailleurs. Je serai là, quoi qu'il arrive. » C'était dit. A présent, si elle avait besoin de moi je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider. Parole de Nora Castillo.

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I'LL ALWAYS BE THERE

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