[Flashback] The Sinner




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Ven 1 Sep - 12:08

J'ai du mal à retenir un sourire ironique de déformer mes lèvres en écoutant la réponse pleine de bon sens de cet homme qui me vient en aide malgré ses résolutions de la veille. C'est moi qui porte le col romain, mais c'est lui le plus chrétien de nous deux, très clairement. Et ça m'amuse, vraiment, malgré les démons qui se pressent contre la grille, malgré l'horreur du monde et le côté assez déprimant de ses paroles, ça m'amuse. En fait, pour la première fois de toute ma vie, j'ai envie de dire la vérité à quelqu'un. Depuis la première fois depuis le début de ce chaos, j'ai envie d'arracher ce foutu col blanc de ma chemise et de lui dire : mec, je ne suis pas un vrai pasteur, j'en ai rien à foutre de la bonté d'âme et d'aider son prochain, tout ce qui m'intéresse c'est de m'en sortir. Peut-être que je ne suis pas si différent que les hommes dont il me parle, à la différence près que je n'ai pas cette violence en moi, j'agis avec plus de perfidie dirons-nous. Mais je me tais. Je suppose que le moment est vraiment très, très mal choisi pour lui faire cet aveu. Ce serait vraiment triste s'il se mettait tout à coup à vouloir me faire payer ce pieux mensonge qui m'a tout de même sauvé la vie plusieurs fois, n'est-ce pas ?

Alors, au lieu de risquer de l'énerver, je l'observe longuement et me détourne finalement pour reprendre mon petit manège avec les créatures. Il n'y en a presque plus, ce ne sera pas bien compliqué d'en venir à bout. « Vous êtes un drôle d'oiseau, monsieur Moreau. » que je lui balance en enfonçant mon arme de fortune dans l’œil d'un autre démon. Je me concentre sur ce qu'il vient de dire et sur ce que ça m'évoque – autre que ce sentiment d'écouter une très bonne blague – et ça m'aide à tuer les autres sans y penser. « En tout cas pour un athée, vous avez plus de valeurs chrétiennes que nombre de personne que j'ai croisé sur ma route. Et beaucoup plus de présence d'esprit que moi, j'imagine. » Les cadavres inanimés retombent sur le sol pour de bon. Nous sommes libre de sortir d'ici, libre de continuer notre petit périple vers la nourriture. Je pose le manche contre le mur et je mets enfin à exécution mon projet d'ouvrir cette grille en retournant fouiller la boutique, sans un mot de plus, sans rien.

Comme je l'espérais, je trouve un passe-partout dans les rayonnages et je reviens donc vers Moreau pour le lui donner. Tandis que je récupère l'arme dont il m'a affublé, je le laisse ouvrir la grille pour qu'on puisse sortir. L'odeur désagréable et lourde de la mort se dissipe suffisamment dès que nous dépassons le tas de cadavres au sol. Mon pas se dirige tout naturellement vers l'épicerie. C'est, après tout, le véritable but de cette sortie. L'idée m'arrache un rire alors que je m'approche de la porte. « Finalement, on ne vaut guère mieux que ces créatures, vous ne croyez pas ? On passe notre temps à chercher comment se nourrir... » Peut-être que nous ne nous dévorons pas encore les uns les autres, et encore j'ai quelques doutes à ce sujet concernant certaines personnes, mais l'idée est là : qui que nous soyons, tout ce qui nous occupe, c'est de manger et de survivre. Pas très fameux, si vous voulez mon avis.

L'intérieur de l'épicerie semble désert à première vue, mais il y règne cette même odeur de pourriture qui me prend à la gorge dès que j'y fais quelques pas. Mon bâton est tendu devant moi, comme pour donner l'impression que je suis prêt à ce qui m'attend. Ce n'est pas le cas, très franchement l'odeur me donne surtout envie de partir en courant. D'un autre côté, c'est assez logique, je n'ose même pas penser aux aliments frais qui sont restés ici presque deux ans sans que personne n'y touche... De quoi vous couper la faim, finalement. Sur le sol, une flaque boueuse et dégoûtante mène jusqu'aux congélateurs dans le fond du magasin, qui ne sont plus alimentés depuis longtemps. C'est donc l'endroit à éviter en ce qui me concerne et je contourne la flaque pour me rendre dans un rayon à ma droite. Il n'y a pas grand chose d'utile, ça se voit rapidement. Ce qui a du sens, une petite boutique comme ça... « Je ne crois pas qu'on aura droit à un repas de roi, mais c'est toujours mieux que rien. » je lance en soulevant un paquet de Reese's devant moi. L'avantage quand on a vraiment faim, c'est qu'on ne réfléchit pas trop à ce qu'on va se mettre sous la dent.

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Sam 2 Sep - 22:48


Les remarques d'Evan sur le caractère de Xander le firent hausser les épaules. Pas mal de gens le trouvaient bizarre, mais pas toujours pour les mêmes raisons. Et c'était rarement l'adjectif "chrétien" qui ressortait, en général. Le prêtre voyait les choses au travers d'un prisme faussé, composé des circonstances de leur rencontre. Evan avait la bonne heur d'être un homme, ce qui le mettait hors concours pour les vannes misogynes. Pour le reste, Moreau ne savait rien ou presque sur Evan. C'était un prêtre, et il avait traversé le pays depuis la côte ouest en compagnie de trois hommes, morts depuis. Voilà tout.

Discussion mise à part, le perron de la quincaillerie était dégagé. Evan s'éclipsa à la recherche du nécessaire pour ouvrir le rideau – Xander devait reconnaître qu'il n'avait pas pensé à ce détail, dans le feu de l'action, la sécurité avait été son premier souci.
Moreau, lui, fouilla de nouveau les rayons sans trouver quoi que ce soit qui attire son œil. Il s'arrêta soudainement devant un étalage d'accessoires, dont la vocation était de porter les outils des bricoleurs. Trousses, gilets, ceintures, il y avait là de quoi se barder d'outils de toutes sortes. Xander porta son regard à son propre ceinturon, celui qui portait son arme. Ce truc était fatigué. C'était qu'il en avait vu passer des vertes et des pas mûres, et il était peut-être temps de le remplacer.
Le routier inspecta les ceintures, sortit sa clé de son holster pour l'essayer sur l'un des articles neufs, et une fois déniché celui qui allait le mieux, il l'échangea contre son vieux ceinturon usé. Avec ça, il était reparti pour quelques temps.

Evan avait trouvé ce qu'il cherchait. Il n'avait rien dit, mais le bruit du rideau qui se levait alerta Xander, qui s'empressa de le rejoindre. Maintenant, ils avaient tout le loisir de traverser la place jusqu'au magasin d'alimentation. Celui qui les intéressait le plus. Les outils, les armes, c'était bien, puisqu'il fallait assurer sa sécurité. Mais le mieux était encore d'être le mieux nourri possible. Déjà parce qu'un sac vide ne pouvait tenir debout. Et puis parce que manier cette lourde clé rouge demandait de l'énergie. L'alimentation restait donc un point central qui appelait la plus grande attention.
Et comme le soulignait justement Evan, ça leur faisait un point en commun avec les morts. Mais maintenant que le sujet était sur la table…
    « C'est assez vrai. Mais depuis le début je me demande s'ils digèrent. Il arrive quoi, si l'un de ces trucs ne trouve rien à manger. Il re-meurt, de faim ? Ou bien est-ce qu'il continue à traîner et à pourrir pour l'éternité ? On ne sait vraiment pas grand-chose de ces trucs, au final... »


Ils entrèrent facilement dans la boutique. Mais l'odeur qui régnait à l'intérieur était encore plus nauséabonde que celle qui flottait en permanence dans l'air ambiant, dehors. Il était clair que les denrées périssables avaient passé un sale quart d'heure. Evan suivit du regard une mare brune puante qui rampait jusqu'au fond, où on voyait une batterie de congélateurs. Vu le nez froncé du prêtre, ça ne le tentait pas d'aller jeter un œil, et Xander était du même avis.

Xander laissa Evan partir de son côté, et il prit à gauche. C'était autrefois le rayon des biscuits sucrés. Évidemment, il ne restait presque rien. Ce genre d'endroit avait été pris d'assaut assez rapidement, au moment où la panique avait saisi les populations, juste avant que tous ne réalisent que rester dehors était plus dangereux que de se cloîtrer.
Quoi qu'il en soit, il n'y avait ici pas de quoi nourrir des dizaines de personnes. Quelques paquets éventrés laissaient échapper leur contenu, désormais sec ou détrempé, émietté, impropre à consommer.
Moreau arriva au bout du rayon, sans avoir rien trouvé. Il contourna la tête de gondole et s'arrêta devant, captivé. Là, juste sous ses yeux, tombés derrière quelques boîtes vides et à demi cachés par un rayonnage tombé…
    « Bordel ! Le meilleur moment de la semaine ! »

Au même moment, Evan annonçait que le repas ne serait pas grandiose, en agitant un sachet de peanutbutter cups. Ces trucs ne pouvaient remplir l'estomac d'un honnête homme, en tous cas pas sans le rendre malade, c'était certain. En revanche, c'était suffisamment calorique pour tenir en cas de coup dur.
Xander, lui, leva fièrement ses découvertes. Deux boîtes de carton colorées. L'une bleue et blanche, avec un visuel de biscuit chocolaté fourré d'une crème blanche. L'autre, de mêmes couleurs, présentait une pâtisserie tout à fait différente.
    « Qu'est-ce que vous dites de ça, padre ? Des Ding-Dongs, et… des Twinkies ! Ces trucs ne sont même pas périmés ! »

Ce n'était pas aussi bien que des conserves, mais c'était toujours mieux que rien. Ça et les Reese's, ça leur tiendrait aujourd'hui et demain. Peut-être un jour de plus s'ils rationnaient.

Bien sûr, le mieux serait encore de trouver autre chose. Mais pour l'instant, en peu de temps ils avaient trouvé quelques bricoles.
Il allait leur falloir de quoi s'hydrater aussi. Après avoir rangé les gâteaux dans son sac, Xander se dirigea vers les boissons.

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Mer 13 Sep - 2:02

Cet endroit a été pillé jusqu'à la moelle ou presque et ça n'a franchement rien d'étonnant, mais je suis quand même un peu déçu. Ce serait le rêve, non, après avoir affronté des démons et manqué de mourir un million de fois, de tomber sur un genre d'Eldorado de bouffe ? La récompense bien méritée qui donnerait envie de continuer un jour de plus. Mais c'est peine perdue, même moi je parviens à le remarquer rapidement. Dans le premier rayon que je visite, l'humidité et le temps ont mis à mal la plupart des articles. Certains paquets au sol donnent l'impression d'avoir été piétinés par une horde d'éléphants pressés de déguerpir et c'est probablement un peu le cas... Mais le sachet de Reese's intact que je trouve, seul au milieu d'une étagère, me fait vraiment plaisir. Nous passerons sur la valeur nutritive de ces friandises, l'important c'est qu'à la fin de cette journée, j'aurais quelque chose dans l'estomac. Tant pis pour le reste.

À la seconde près, Moreau brandit ses propres trouvailles de son côté du magasin. C'est presque ridicule comme on est, tous les deux, avec nos friandises comme deux gosses le soir d'Halloween. Mais mon sourire est sincère, cette fois. La perspective de manger, même si c'est plutôt d'avaler trois tonnes de sucre, me met sur un petit nuage. « Faut croire que le Grand Barbu nous a à la bonne ! » que je lui lance, sans essayer de paraître sérieux cette fois. La plaisanterie est claire et nette, je lâche même un petit rire en rangeant mes chocolats dans mon sac à dos.

Pendant que Moreau poursuit ses recherches dans un autre coin, je fais de même en me rapprochant du comptoir de la caisse. J'ai la surprise de constater que le tiroir-caisse a été forcé et qu'il ne reste plus que quelques pennies dans le fond. J'aimerais me moquer des pauvres types qui ont eu l'idée de braquer l'épicier du coin quand les choses ont commencé à mal tourner, mais ayant moi-même emporté avec moi une belle liasse de billets avant de fuir, je me retiens. Au moins, mon petit pactole durement amassé au cours des années et de mes arnaques m'a bien réchauffé lors du premier hiver, quand je les ai balancé au feu. Aujourd'hui, tout ça n'a plus le moindre intérêt pour moi et je me détourne donc rapidement pour ouvrir une grosse boite blanche posée derrière.

« Ah putain ! » Les mots m'ont échappé et je referme le couvercle aussitôt que l'odeur me le permet. Qui a eu l'idée d'enfermer des œufs au vinaigre dans un récipient opaque ?! Ces trucs m'ont toujours dégoûté. J'abandonne cette horreur derrière moi et tente de retrouver Moreau. « Alors, vous avez trouvé votre bonheur ? Ce serait peut-être bien de ne pas pousser notre chance et de rentrer rapidement à l'église. » Cette sortie s'est révélée plus productive que je ne l'espérais, mais maintenant que j'ai à manger sur moi, l'idée de me remplir le ventre m'obsède et celle de prendre le risque de croiser d'autres cadavres m'enchante beaucoup moins.

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Mer 20 Sep - 21:22


Bien entendu, le côté des boissons avait été pillé il y avait bien longtemps. Les bouteilles d'eau avaient disparu, tout comme celles de soda ou de jus de fruits. Les alcools disposaient de quelques représentants encore, mais ça ne pouvait pas les aider aussi bien. Si on pouvait vaincre la soif avec du vin ou de la bière, les whiskies et les vodkas ne faisaient pas le même office. D'ailleurs, l'alcool déshydratait plus qu'autre chose, et tous laissaient souvent de sales maux de tête. Les boissons de mauvaise qualité telles qu'on les trouvait dans les petits commerces n'aidaient pas de ce côté.
    « Non, rien de concluant ici. Si on trouve un robinet qui fonctionne et qui donne pas d'eau puante ou boueuse, on pourra peut-être vider et remplir quelques bouteilles. Mais ce sera tout, j'en ai peur. »


Xander avait dit cela d'un ton songeur. Il avait été un peu désarçonné par la manière dont s'était exprimé Evan ces dernières minutes. Il supposait qu'un prêtre n'était rien d'autre qu'un homme, avec une fonction un peu particulière, aussi les excès de joie ou de surprise pouvaient-ils entraîner des débordements de langage. Il n'avait pourtant jamais entendu de prêtre jurer. Pour autant, on pouvait aussi mettre cela sur ce que vivait l'humanité. Voir autant d'horreurs, ça changeait n'importe qui, même les âmes les plus préservées. En un sens, c'était même une chose normale, et peut-être cela signifiait-il qu'Evan n'était pas à compter parmi les êtres les moins adaptés. Il était juste un peu plus lent. Mais il devrait rattraper le retard, ou ses jours seraient comptés.

En revanche, il n'était pas plus idiot qu'un autre, et Xander reconnaissait que la journée avait eu son lot de bonnes choses. Evan avait raison, il valait peut-être mieux s'en retourner maintenant. Moreau acquiesça de la tête, mais prit le temps de ramasser une bouteille dans le rayon et la fourrer sans son sac. Il n'avait pas vraiment fait attention à ce qu'il avait pris, mais il savait à quoi ça lui servirait. Usage personnel, troc… il trouverait quoi en faire.

Après avoir refermé son sac, il le remit sur son dos. La chasse n'avait pas été si mauvaise. Mais ils n'avaient toujours pas d'eau, et Xander le fit remarquer.
    « Si vous préférez rentrer maintenant, ça me va. Mais on devra ressortir demain pour au moins trouver de l'eau. On ne tiendra pas longtemps sans. »



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Dim 24 Sep - 12:48

De l'eau... certainement, c'est important, peut-être même plus que la nourriture. Je lance un regard assez déçu aux étagères vides devant lesquelles nous nous trouvons, celles qui hurlent d'un ton moqueur que nous n'aurons pas une goutte de liquide pour faire passer notre maigre repas du jour. Mon œil est assassin, mais ne suffit pas vraiment à les faire se remplir toutes seules. Je meurs d'envie de rentrer, pourtant. C'est la première fois que je passe tant de temps dehors depuis mon arrivée à Détroit et la première fois certainement que je m’efforce de me comporter comme un survivant un peu plus normal et ça ne me plaît pas tellement. Nous avons eu de la chance, tout s'est bien passé. C'est la première leçon que j'ai apprise dans ma carrière qui me revient indéniablement : quitte la table pendant que tu gagnes encore. Il suffit de piocher une mauvaise carte, de faire un mauvais lancer, de miser sur la mauvaise case et une petite fortune amassée peut disparaître en une fraction de seconde. Tout ce qu'il nous reste à miser, ce sont nos vies et elles me semblent plus importantes que tout. Mais où pourrions-nous trouver de l'eau ici ? S'il suffisait d'ouvrir un robinet quelconque, ce serait trop simple et nous ne serions pas dans une telle situation. Il n'y a qu'une seule idée qui me vient en tête... « La réserve ? »

Elle a probablement été pillée aussi, comme le reste de ce magasin, mais ça ne coûte rien de vérifier avant d'abandonner pour de bon. Ça signifie aussi qu'il va falloir traverser le marécage boueux qui s'étend au fond du magasin. Cette idée me donne déjà la nausée et la grimace qui étire mon visage laisse deviner facilement que ça ne m'enchante vraiment pas. Mais je ne dis rien de plus et après un dernier coup d’œil à mon nouvel ami du jour, je m'avance dans cette direction. Lorsque nous approchons, l'odeur me prend à la gorge et des larmes perlent au coin de mes yeux tellement c'est insoutenable. Je ne peux m'empêcher de penser que si monsieur Moreau n'avait pas vidé ma bouteille sans une seconde d'hésitation la veille, nous aurions encore de quoi boire un peu. La mauvaise foi m'empêche d'admettre que ça n'aurait pas été suffisant comme ça ne l'a pas été hier, mais ça m'aide au moins à traverser l'allée inondée un peu plus facilement, porté par la rage que je lui porte en ce moment.

Comme je m'y attendais, la porte de la réserve est ouverte elle aussi. Grande ouverte, même et une nouvelle grimace étire mes traits. Avant d'entrer, pourtant, je m'arrête et regarde vers le plafond. « Allez mon vieux, sois sympa, s'teuplait... Juste une bouteille. » je murmure très bas pour que Moreau ne m'entende pas. Même si c'était le cas, il ne trouverait sûrement pas ça étrange quoi qu'inutile, mais pour une fois que je suis sincère, j'ai un peu honte. Je finis quand même par me tourner vers lui une seconde, tentant un sourire assez piteux. « Dans le pire des cas, on pourra toujours attendre la prochaine averse. »

Dans la réserve, il fait encore plus sombre que dans le reste du magasin, mais l'on distingue tout de même des cartons éventrés et renversés sur le sol. Quelques palettes vides ou non un peu partout, du vide, l'enfer une fois de plus. Et puis... « Regardez là-bas ! » Je montre un coin de la pièce duquel je vois un large morceau de plastique qui s'étend sur le sol, du genre de ce qui entour les palettes de bouteilles. C'est le moment de renforcer nos prières.

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Ven 13 Oct - 14:41



L'idée d'Evan de fouiller la réserve n'était pas foncièrement mauvaise. Juste que Xander doutait sérieusement que personne n'y ait pensé avant. Et finalement, il était sur la bonne voie, puisqu'ils trouvèrent une réserve ouverte à tous les vents, et manifestement visitée quelques fois. Il ne restait rien, rien qui ne soit intéressant à leurs yeux. Pourtant, Evan aperçut quelque chose. Dans un coin, sortant de sous une bâche bleue, on long morceau replié sur lui-même de film de transport. Il y avait une palette, là-dessous, c'était une évidence. Il restait à espérer que cette fois soit la bonne.
    « C'est le moment de prier, mon vieux. »

Xander s'avança et écarta la bâche. C'était bien une palette. Elle n'était pas intacte, car il manquait une grosse partie de son chargement, à en juger par le film déchiré qui laissait un bel espace vide entre lui et ce qui restait de marchandise. Et cette marchandise…
    « Merde ! S'il y a un barbu quelque part, il vous a à la bonne ! »

Des packs de bouteilles d'eau. Aquafina Pure Spring Water. Ça faisait quelque chose de voir enfin ce genre de petits trucs.
Xander attrapa un pack et le lança au cureton, puis en prit un pour lui. Ça faisait douze petites bouteilles chacun. De quoi tenir quelques jours. De plus, s'ils trouvaient un moyen de le remplir, ils pourraient facilement rationner leurs réserves.
Pour fêter ça, Moreau prit une autre bouteille dans la palette l'ouvrit et la leva vers son compagnon d'infortune.
    « À votre santé, mon père. »

Et il s'offrit une grosse lampée d'eau pure, jusqu'à avoir vidé les trois quarts de la bouteille. Un vrai nectar.

Ils avaient eu un beau coup de bol, cette fois, mais ça donnait à réfléchir à Xander. Cette boutique avait été pillée de fond en comble, et ça faisait un moment, alors comment se faisait-il qu'il restât autant d'eau ? Cette bâche… Lui qui avait livré des tas de trucs dans des tas d'endroits différents, il n'avait jamais vu qu'on protège de la sorte des produits de consommation qui étaient enfermés dans une réserve, sous un toit, bien à l'abri.
    « Il faut pas qu'on traîne trop. Quelqu'un a dû mettre ça ici, pour cacher cette flotte. Si on nous a vus, on aura vite de la compagnie. Surprenant qu'on n'en ait pas déjà… Je veux pas jouer les pessimistes, mais il vaudrait mieux qu'on décarre vite fait. »

Ce que redoutait Xander, ce n'était pas un ou deux visiteurs. Mais que pourraient-ils faire contre plusieurs personnes qui voudraient les chasser d'ici ? Surtout que… Evan n'était déjà pas rassuré de s'attaquer à des Mordeurs, alors à des vivants…
    « Écoutez, si vous voulez mon avis, on vient de mettre la main sur la réserve d'eau de quelqu'un. Avec un peu de chance, personne ne nous a vus, et on a juste à repartir d'ici rapidement. Avec ce qu'on a pris, on a un peu de temps devant nous, et il sera toujours possible de revenir plus tard. Mais si on se fait choper… On ne sait pas à qui on pourrait avoir à faire. »

Il pensait aux Punishers. Il ignorait s'ils pouvaient être dans le secteur, mais ce n'était pas hors de leur portée. Ce n'était pas non plus leur genre de laisser des trucs derrière eux lors des ravitaillements, mais qui savait ce que pouvait imaginer leurs esprits tordus. Xander préférait partir tant qu'ils n'avaient été surpris par personne. Moins ils traîneraient ici, plus vite ils seraient en sécurité.

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Mar 17 Oct - 13:57

De justesse, je rattrape le petit pack d'eau avant qu'il ne percute le sol, lançant un regard noir à Moreau qui m'a déjà tourné le dos. C'est un peu honteux à admettre, mais ce truc me semble peser une tonne, c'est bien la preuve qu'il est largement temps de retrouver un peu de muscles. L'eau n'aidera sûrement pas en ce sens, mais ça m'emplit de joie quand même. De l'eau ! Le souvenir de la dernière gorgée disparaissant dans la gorge de mon nouvel ami la veille me laissait encore un goût amère jusqu'à maintenant. Sans me faire prier, j'arrache le plastique qui entoure les bouteilles pour en libérer une et m'offrir dès maintenant le plaisir d'une bonne rasade. La soif se réveille aussitôt, me poussant à vider déjà la moitié de cette bouteille. Tant pis... J'en avais réellement besoin et il en reste encore cinq. Sans compter ce qu'il reste sur la palette.

Moreau ne semble pas partager réellement ma joie. Il faut toujours qu'il gâche les bons moments avec sa logique froide et imperturbable et un nouveau regard noir accompagne sa déclaration. Mais c'est vrai qu'il n'a pas tort, on a rien trouvé dans ce magasin et tout à coup, c'est l'Eldorado... J'ai envie de croire à notre chance, mais c'est vrai que c'est plutôt louche. Cela ne m'empêche pas de secouer la tête et de lui lancer d'un ton moqueur : « Ça vous arrive jamais d'accepter les cadeaux de la vie sans essayer de chercher plus loin ? Faut vous détendre un peu, mon vieux. » Non, mais vraiment, ça ne doit pas être très bon pour le cœur de supporter autant de stress au quotidien. Ni pour le moral, d'ailleurs, mais ça doit expliquer son air morose quasi constant.

« Mais vous avez raison, on devrait quitter la table tant qu'on gagne. » Un soupir discret traverse mes lèvres alors que je récupère le sac sur mon dos pour y coller les bouteilles, laissant l'emballage plastique tomber sur le sol. Le poids est plus facile à supporter comme ça lorsque je remets le sac sur mon dos et, reprenant le bâton qui me sert d'arme pour la journée, j'ai presque l'air d'être prêt au combat. Ça n'est toujours pas vrai, mais j'apprends vite à jouer les rôles qu'on attend de moi et en ouvrant la marche, j'arrive presque à me convaincre tout seul que je ne suis pas qu'un crétin lâche qui serait sûrement mort sur un banc dans une église sans l'intervention de ce type.

La rue est encore dégagée, le tas de cadavres devant la quincaillerie n'a pas bougé d'un poil et l'air de l'extérieur semble presque frais après avoir passé tant de temps dans l'épicerie. J'inspire profondément avant de me remettre en route, aussi prudent que possible, mais le pas peut-être un peu trop guilleret. Moreau peut bien continuer à bouder si ça lui chante, moi je trouve que cette journée a été incroyablement prolifique et que c'est une très bonne chose ! En chemin, mes pensées se tournent tout de même vers cette expédition que nous venons de mener tous les deux. Je repasse chaque détail à la loupe comme j'apprendrais une leçon et c'est un peu ce dont il est question. Mais peu avant que nous ne retrouvions le confort de l'église, je tourne mon regard vers mon compagnon.

« Vous resterez encore cette nuit, je suppose ? » Je me souviens qu'il voulait partir vite et maintenant, j'ai l'impression que je ne vais jamais pouvoir me débarrasser de lui. Est-ce réellement une mauvaise chose ? Difficile à dire. Je ne m'imagine pas vivre au quotidien avec quelqu'un d'aussi... lui, mais il augmente considérablement mes chances de survie au jour le jour... Disons que je ne vais pas le pousser dehors, mais pas le retenir non plus. « Je vais finir par croire que vous m'aimez bien. » je lui lance dans un sourire moqueur.

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Mar 17 Oct - 15:12


Malgré son optimisme, le prêtre reconnut que Xander avait raison, et ils quittèrent la boutique. Ils regagnèrent la place, où les cadavres étaient toujours empilés devant la quincaillerie. Hormis cela, le calme et le silence régnaient.
Ils se mirent en route, reprenant le chemin qui les avait menés ici en sens inverse. Ils respiraient un peu plus à l'aise, dehors. L'odeur nauséabonde qui régnait dans l'épicerie avait presque cramé son bulbe olfactif.

Ils marchèrent en silence tout le chemin du retour, qui se révéla sans incident, comme à l'aller. Les environs étaient assez calmes. Les seuls Mordeurs qu'ils virent étaient trop loin pour leur porter attention, et ils ne furent jamais inquiétés.
Peu avant d'arriver à l'église, Evan brisa le mutisme du duo.
    « Vous resterez encore cette nuit, je suppose ?
    Ouais… Si je peux, autant profiter d'un abri une nuit de plus.
    Je vais finir par croire que vous m'aimez bien.
    Vous emballez pas. Je repars demain. C'est pas parce que vous avez vu mon zizi ce matin que ça va se répéter. De toute façon, j'ai d'autres chats à fouetter. »

Ils finirent leur route en silence et retrouvèrent bientôt l'église. Xander en fit le tour, mais ne remarqua rien d'étrange, et personne dans les environs. Ils entrèrent et remirent en place le dispositif qui maintenait les portes closes.

Ils pouvaient maintenant souffler. Ils étaient en sécurité, entre ces épais murs de brique, derrière cette lourde porte de bois et d'acier. Xander déposa son sac sur l'un des bancs et s'assit. Il avait dans les pieds une désagréable sensation de fourmillement, comme après une longue marche. Ça lui arrivait, parfois. Ça faisait quelque jours que c'était pas arrivé. Il lui suffirait de s'allonger en surélevant ses jambes pour que ça passe en quelques minutes. Il s'installa sur le banc, les pieds posés sur son sac, après avoir desserré ses chaussures. Ça faisait déjà effet.

Il resta là un moment, les yeux au plafond. La journée s'était bien passée. Ils avaient eu un peu d'exercice, pas de mauvaise surprise, et ils avaient même trouvé de quoi se mettre dans l'estomac. Il n'y avait vraiment pas de quoi se plaindre. Sans compter que, pour Xander, ça ferait deux nuits qu'ils passerait à l'abri – un abri sûr, pas une baraque à la porte fracturée. Ouais, ça n'allait pas si mal.

    « Je partirai tôt, demain. J'ai de la route à faire, et je voudrais pas être pris de court en cas de pépin. Cette foutue base, c'est pas la porte à côté, avec ces machins qui traînent de partout.
    Il marqua une pause puis reprit.
    Si vous voulez me suivre, je m'y oppose pas. Mais je vous l'ai dit : si vous devenez un boulet, je vous largue sur place, et chacun pour soi. C'est à vous de voir. »

Xander était sincère. Il ne refuserait pas la compagnie d'Evan, si ce dernier décidait de venir avec lui. Mais il ne prendrait pas le risque de crever pour le sauver si ça tournait mal. L'entraide, d'accord, mais fallait pas déconner non plus.
Le prêtre avait là une occasion de se sortir de son église et de changer de coin, en plus d'apprendre un ou deux trucs supplémentaires sur la survie en milieu hostile. Il pouvait aussi rester ici, comme Moreau l'avait trouvé. Il devrait de toute façon sortir pour se réapprovisionner, et le secteur ne débordait pas de bouffe. Il lui faudrait s'aventurer toujours plus loin, ce qui deviendrait vite dangereux, ou il déménagerait.

La décision lui appartenait.

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Ven 20 Oct - 14:25

Retrouver l'intérieur de l'église a un étrange effet réconfortant, comme de rentrer à la maison à la fin d'une longue journée, comme de retrouver un endroit dans lequel je sais qu'il ne m'arrivera rien, surtout. Je laisse ma nouvelle arme au bout de l'allée, presque heureux de m'en débarrasser et me laisse tomber sur un banc, mon sac à côté de moi, non sans lâcher un long soupir de soulagement. C'est terminé, on a de quoi manger, de quoi boire et même de quoi ne pas avoir à se disputer pour ça.

Le silence est profond depuis les quelques mots échangés à l'extérieur et je n'ai aucune intention de le briser, pas plus que Moreau visiblement. À la place, il s'installe lui aussi dans son coin et je me jette sur mon sac pour observer, des étoiles plein les yeux, mes maigres possession. Ça ne va pas tenir plus de quelques jours et encore, seulement si je me prive beaucoup et je n'ai jamais été très bon pour ça. Mais c'est tellement mieux que ce que j'espérais. Il va falloir que je reparte à l'aventure, cela dit et cette idée forme une boule dans ma gorge. Ce ne sera pas avant quelques jours et je serais seul, cette fois. C'est ce qui rend mon geste hésitant quand je plonge ma main dans le sac pour en ressortir le paquet de Reese's que j'ai trouvé dans cette épicerie. Je le pose sur mes genoux et l'ouvre avec toutes les précautions du monde pour en sortir un chocolat.

J'ai à peine le temps de profiter de la saveur sur ma langue que Moreau reprend la parole. Son invitation est vraiment charmante, avouons-le, ça donnerait envie à n'importe qui... Je souris, amusé. « Je vous remercie, mais je pense que je vais rester ici et essayer de trouver un camp qui voudra bien m'accueillir. Nos routes se sépareront ici dès que vous serez prêt à partir. » Je me garde bien de lui dire que mon choix se portera en premier lieu sur les personnes à la moralité discutable dont il m'a parlé la veille, des fois qu'il serait pris d'une soudaine envie de faire quelque chose de bien en abrégeant ma vie dès maintenant. « Qui sait, peut-être que nos chemins se croiseront de nouveau un jour... »

Un sourire énigmatique plus tard, je détourne le regard pour reporter toute mon attention sur mon repas. Je m'autorise le luxe d'un deuxième chocolat avant de refermer tristement le sachet. Les choses ont changé soudainement en l'espace de deux jours, mais j'aime à croire que c'est pour le mieux. Demain, j'aurais un nouveau but et peut-être même que j'arriverais à m'en sortir en affrontant les rôdeurs comme me l'a appris mon nouvel ami. Peut-être que l'on finira vraiment par se recroiser un jour. J'espère un peu que non, surtout si je trouve ces gens et qu'ils acceptent de me laisser devenir l'un des leurs.

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Your dead shall live; their bodies shall rise. You who dwell in the dust, awake and sing for joy! For your dew is a dew of light, and the earth will give birth to the dead. ▬ Isaiah 26:19-20.
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Alexander Moreau
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Sam 21 Oct - 14:30



Le prêtre donna un refus à la proposition de Xander. Proposition qui était fait davantage sur un coup de politesse que sur un véritable envie de se coltiner un compagnon de route. Il ne répondit que par un haussement d'épaules, qu'Evan n'avait pas pu voir.
Entendant le bruit de l'emballage que les mains du prêtre trituraient, Xander décida qu'il était temps de goûter à ses trouvailles. Il ouvrit une des boîtes de carton et en sortit un des huit sachets en plastique. Il contenait un Twinkie. Ces trucs, c'était le genre de merdes qu'il n'aurait pas mangé avant que tout parte en couille. Mais le besoin faisant, c'était avec plaisir qu'il s'y attaquait ce soir-là.
Mouais. C'était pas fou non plus. Après ça, il prit un Ding Dong .Ça paraissait déjà plus dans ses cordes, mais à la dégustation, c'était encore plus écœurant. Il termina tout de même, car il n'avait pas le luxe de pouvoir gâcher quoi que ce soit de comestible, mais il ne fut pas mécontent d'avoir fini. L'appétit coupé, il but une longue gorgée d'eau et rangea ses affaires.

    «Qui sait, peut-être que nos chemins se croiseront de nouveau un jour...
    Moreau secoua la tête pour lui-même avant de répondre.
    Ça m'étonnerait. Je ne compte pas rester dans le coin, la ville c'est trop risqué, trop de monde. La campagne, ça me paraît bien. Si j'arrive jusque là, y a peu de chances qu'on se revoie un jour. Peut-être bien que vous serez mort dans quelques jours. Ou moi. Ou peut-être pas, mais on n'ira pas dans les mêmes directions. Enfin bref, c'est peu probable... »


Il savait qu'Evan savait qu'il avait raison. Ses croyances l'obligeaient peut-être à se montrer optimiste, à considérer que les voies du Seigneurs étaient impénétrables et qu'il les amènerait peut-être à se revoir. Si quelqu'un avait des projets pour l'humanité, c'était déjà grandement foiré, alors pour ce qui était des cas particuliers… Xander n'en savait rien, et surtout il s'en foutait. S'ils se revoyaient, c'était bien, ou pas. Dans le cas contraire aussi. C'était égal.
Bien que la journée n'avait pas été intense, la sécurité qu'apportait l'église était propice au sommeil. Ce dernier gagna doucement Xander dont la respiration se faisait plus ample et plus calme. Il était encore tôt, mais une longue nuit à dormir ne serait pas de refus. Et puis, le seul accès était la porte. Elle était solidement barrée, ce qui la rendait impossible à passer pour les Mordeurs, quant aux vivants, il leur faudrait déployer de grands moyens pour l'ouvrir, et ça ferait du boucan. Non, il avait l'esprit tranquille de ce côté.

Le seul danger réel était Evan. Mais il n'avait rien pour inquiéter Moreau. Un type qui était prêt à dégobiller en tuant un mort n'aurait pas le cran de tuer un vivant.
    « Je partirai donc au matin. D'ici là, je vais mettre à profit le temps pour un bon repos. Vous devriez en faire de même. »


Doucement bercé par les bruits ambiants qui résonnaient dans l'église – le moindre son était diffusé dans tout l'endroit – Xander s'endormit rapidement. Un sommeil lourd et réparateur.



Le matin fit son apparition avec un soleil insolemment brillant. La lumière entra dans l'église par les vitraux qui donnaient au lieu des couleurs surréalistes. Xander émergea. Evan était éveillé avant lui. Il le salua de la tête, et ils s'affairaient en silence. Moreau finit de rassembler ses affaires, puis se prépara au départ. Ce fut un court préparatif, qui consista à enfiler sa veste, à arrimer solidement son sac à dos et glisser sa clé à sa ceinture.
Les deux hommes débarrèrent la porte et s'assurèrent de la fréquentation de la rue. Pas plus de monde que la veille. La matinée s'annonçait calme.
Xander se tourna vers le prêtre. Ils se serrèrent la main et échangèrent un bref sourire. Un rictus étrange, dans le cas de Xander, pas très habitués aux démonstrations joyeuses. Même s'il n'était pas particulièrement triste de quitter l'église et son habitant.
    « Je vous souhaite de vivre encore quelques temps. J'aimerais pas vous croiser et devoir vous fracasser le crâne. C'est pas comme ça qu'on est supposé remercier l'hospitalité.
    En tous cas… Bonne route. Et évitez de traîner avec les mauvaises personnes. Vous m'avez l'air d'un brave type. Ce serait dommage de virer du côté des raclures.
    »


Un dernier hochement de tête, et Xander passa la porte. Il gagna la rue et prit vers Jefferson. Il ne se retourna pas une fois.




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