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Mar 4 Juil - 3:36


Of our elaborate plans, the endn Of everything that stands, the end No safety no surprise, the end I'll never look into your eyes... again

23 Mars 2016 — Il y était. Deux semaines loin de tout et de tout le monde et enfin, Logan se trouvait de nouveau devant les hautes palissades encerclant Fort Hope. Ça avait été un moment compliqué et étrange. De lâcher prise totalement et de disparaître. Il avait passé tellement de temps à s'inquiéter pour tout le monde ici, pendant les premiers jours. Mais ça lui avait fait plus de bien qu'il ne l'imaginait aussi. Se retrouver seul en pleine nature, prendre le temps de réfléchir et de se poser les bonnes questions. D'y trouver des réponses. Mais il y était parvenu et ça restait le plus important.

Le retour l'angoissait un peu. Il craignait de retrouver ses démons et ses fantômes en passant les limites du camp. Mais le seul moyen de le savoir, c'était encore d'essayer et quelque part, il avait un peu hâte de retrouver sa famille, ses amis, d'avoir une nouvelle chance de les découvrir sans être perturbé sans arrêt par des craintes et des doutes qui n'en finissaient plus. Il y aurait, hélas, encore des moments trop difficiles à traverser, mais il se sentait prêt. Alors, sans plus attendre, Logan remit son moteur en marche et roula jusqu'à se retrouver devant la grande porte, prenant une profonde inspiration tandis que la personne de garde à l'entrée ouvrait pour lui laisser le passage.

Rien n'avait changé à Fort Hope, pas en deux semaines, si ce n'était la disparition enfin totale de la neige sur les trottoirs et le nombre plus important de fenêtres éclairées par la lueur des bougies ou des lampes dans les maisons. Le petit camp s'était bien rempli et ça ne datait pas d'hier, loin de là. Mais Logan n'avait rien remarqué avant, trop occupé à se centrer sur ses problèmes et sa culpabilité. Tout à coup, il voyait que ce rêve un peu fou qu'il avait fait un jour de permettre au monde de se reconstruire, même un tout petit peu, était devenu réalité et il regrettait encore plus de ne pas en avoir réellement fait partie. Un soupir traversa ses lèvres alors qu'il détournait le regard de l'une des fenêtres pour retourner à la route et à la maison tout au bout, où il se gara en arrivant devant.

Sa maison. Même ça, ça lui avait un peu manqué, à croire qu'il s'était habitué à cet endroit finalement. Les deux occupantes actuelles, qui ne devaient même pas s'attendre à son retour ce soir, lui avaient manqué aussi. Et pourtant, Logan savait déjà que quand il entrerait dans cette maison, il allait passer encore un mauvais moment. Mais il fallait qu'il le fasse ce soir. S'il attendait encore, s'il se laissait la moindre occasion de douter, il reviendrait sur sa décision et il était sûr de lui. Le barbu attendit quand même quelques minutes, garé dans l'allée à observer la fenêtre de sa chambre d'où il pouvait voir de la lumière, en se répétant encore une fois le petit discours d'encouragement qu'il avait mis au point depuis quelques jours. Après cinq bonnes minutes, il attrapa son sac sur le siège passager et abandonna sa Aston derrière lui pour rentrer. Au moins, il avait trouvé ce qu'il cherchait en allant jusqu'au chalet : une photo de Maxine, un peu plus jeune que quand il l'avait connue, accompagnée de ce qu'il supposait être son père et ses frères. Une toute petite partie de la vie de la mère de sa fille, qu'il ajouterait dès demain au grand coffre en bois caché dans le garage, avec le reste des affaires qu'il rassemblait pour Octavia depuis des semaines.

La maison était silencieuse et même s'il réalisait qu'il était vraiment heureux d'être chez lui, Logan ne perdit pas de temps à faire une petite visite, montant directement à l'étage après avoir abandonné son sac sur le comptoir de la cuisine. Il n'hésita pas en arrivant devant la porte entrouverte de la chambre, la poussant doucement pour trouver Joy occupée à lire dans leur lit et Octavia endormie dans son berceau à côté. Un sourire triste étira ses lèvres. Il ne changerait pas d'avis, non, mais cette image lui avait manqué quand même. Il lui faudrait sûrement un moment pour s'habituer à vivre sans. Hélas, ses deux semaines loin du monde lui avaient aussi appris une chose qui l'avait convaincu pour de bon de prendre cette décision : il avait réussi à dormir chaque nuit. Le fantôme de Bruce ne le hantait plus depuis des jours. Et il avait fini par comprendre d'où venait le problème. Il se sentait coupable, tellement coupable d'avoir tué cet homme, d'avoir détruit un peu plus sa femme et de devoir vivre tous les jours en affrontant sa tristesse et sa déception. Loin d'elle, il avait réussi à respirer de nouveau et à se souvenir qu'il avait fait le bon choix. Lentement, sans dire un mot, Logan entra dans la chambre, passant près d'Octavia pour caresser sa tête minuscule du bout des doigts, avant de se hisser dans le lit à côté de Joy. Il lui adressa un sourire et se permit même de déposer un baiser sur son front, mais rien de plus. Il allait la détruire pour de bon dans quelques minutes, mais ça n'était pas de gaîté de cœur, loin de là. « Comment tu vas ? » demanda-t-il à voix basse. « Tout s'est bien passé ? »

C'était affreusement difficile, il ne savait même pas par où commencer. Il fallait dire aussi qu'il n'avait pas vraiment eu à faire ça depuis des siècles. Pas avec quelqu'un qui comptait réellement pour lui, en tout cas. Il n'y avait aucune bonne manière de le dire et aucun moyen pour que Joy ne sorte pas d'ici en le haïssant profondément. Il allait devoir vivre avec cette idée en espérant qu'au final, ils se remettraient tous les deux. Même si, pour le moment, à part la regarder d'un air grave et à se mordre les lèvres, il n'arrivait pas à faire grand chose. Il était soucieux et hésitant, ça se voyait bien. « Joy... » lâcha-t-il en essayant de garder ses yeux fixés sur elle. Il avait l'impression qu'elle était encore plus maigre que dans ses souvenirs, sans vraiment savoir de quels souvenirs il parlait exactement. Ceux où elle lui souriait encore avec sincérité. Ceux où, quand il était près d'elle, il était trop heureux pour s'en faire. Ça n'était plus trop ça, maintenant. Sans rien ajouter tout de suite, Logan se redressa un peu et se glissa plus près de la jeune femme, l'attirant contre lui pour la serrer dans ses bras. Il avait l'impression de l'avoir déjà perdu et d'avoir seulement une petite chance pour lui dire adieu correctement. Ça ne l'aidait vraiment pas à agir. Il cacha son visage dans ses cheveux roux et ferma les yeux, inspirant profondément pour chercher le courage dont il manquait cruellement. Et finalement... « Ça ne va plus du tout entre nous, pas vrai ? »

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Joy Cameron
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Mer 5 Juil - 3:38

M'entends-tu quand j'te regarde, le vois-tu que c'pas normal
Sort dont d'en dessous d'ma peau, qu'on respire à nouveau
Pourquoi tu cris? Pourquoi tu pleures?
Et si j'te dis qu'moi aussi j'ai peur, que mes côtes me servent de corset
Quand j'te regarde, moi j'disparais
J'compte plus le nombre de nuits blanches où j'me demande d'être franche
Et même si on semble se comprendre, quand j'ouvre les yeux tout ça recommence...

23 Mars 2016
Le temps était tellement différent, tellement… illogique. Si on lui avait dit qu’en peu de temps, elle se retrouverait avec un poupon en bas âge et seule qui plus est. Parce que c’était ça, Logan était parti depuis un moment déjà et elle lui avait demandé de lui laisser la petite. Il risquerait sa vie en partant là-bas, alors aussi bien mettre les chances de son côté sans avoir un bébé qui pleure, qui a faim. Elle préférait qu’il soit concentré sur sa tâche et elle gardait la petite Octavia avec plaisir, fallait bien l’admettre. Ça avait un petit côté plaisait et maintenant que la neige fondait doucement, c’était encore mieux. L’absence de neige signifiait qu’elle pouvait sortir la petite pour de belles balades, respirer enfin. Elle l’avait amené jusqu’au parc, voir comment organiser son nouveau jardin. Ça lui plaisait de plus en plus d’être responsable de ça. Elle était heureuse d’avoir appris. C’était marrant le jardinage et même si le son des morts se rappelaient à elle, elle appréciait le confort de Fort Hope. Elle arrivait à oublier au travers des nouvelles structures qu’était son environnement de travail. Un jardin, une serre et même des animaux. Joy la fermière… joy l’agricultrice… l’image la faisait sourire, si on lui avait dit cela il y avait de cela quelques années, elle n’y aurait pas cru. Elle était heureuse d’avoir su proposer une idée qui avait plu, une serre, plus de nourritures, commencé plus tôt aussi.  C’était bien. Elle avait commencé à sortir pour trouver plus d’informations sur le jardinage, devenir une meilleure agronome. Elle en avait profité pour rencontrer des gens. Elle n’était pas inquiétante, toujours avenante, alors on acceptait de lui parler et elle proposait Fort Hope au reste des victimes de son bourreau de cousin. C’était sa façon à elle de se racheter et elle appréciait. Elle se sentait un peu mieux, tentant de refouler sa culpabilité le plus possible.

Elle commençait enfin à voir clair et ‘était de mieux en mieux, elle ressentait le vide que laissait l’absence de Logan, mais elle arrivait à avancer. Elle s’inquiétait, il lui manquait, Dieu qu’elle l’aimait, mais arriver à oublier, c’était apaisant. Ce n’était pas de sa faute à lui, elle comprenait, mais le climat, c’était tellement changé, tellement différent.

La nuit était finalement tombée sur leur rue et elle avait couché la petite. Ce petit moment en tête à tête, c’était agréable. Elle n’était pas seule, elle avait Samara, Bernie, Lily même, mais elle ne disait pas nom à un petit moment en tête à tête avec la petite. L’endormir, chantonner et la regarder s’assoupir doucement dans ses bras. Elle aimait la sentir lutter contre le sommeil, se tendre et se détendre pour finalement sombrer. La poser dans son lit était toujours le plus difficile, mais elle ne pouvait pas la garder dans ses bras pour toujours, mais si elle étirait le moment. Elle avait fini par délaisser son regard de sa petite créature pour aller lire dans le lit. C’était son nouveau passe-temps, lire, s’instruire ou rêver. C’était tellement bien. Elle n’avait pas assez prit le temps avant, maintenant, c’était une autre chose. Elle pouvait se le permettre. Les mots défilaient sous ses yeux lentement, sans forcer la note. Elle irait dormir bientôt, elle le sentait. Elle ressentait le poids du monde glisser sur elle et l’attirer vers le sommeil. Dormir servait à oublier, c’était pratique.

Elle le vit finalement du coin de l’œil. Cet homme qu’elle avait choisi comme mari, qu’elle aimait et chérissait. Elle ne l’avait pas entendu entrer dans la maison, fallait bien l’avouer, mais dans la chambre… impossible. Encore moins qu’on s’approche de la petite de la sorte, mais elle reconnaissait la silhouette de l’homme de sa vie et lui laisser ce petit moment de tendresse avec sa fille lui semblait tout à fait normal. Il était parti longtemps, elle n’aurait su dire si elle arriverait à laisser la petite aussi longtemps. Elle s’y était attachée, elle le savait. C’était sa famille, sa maison, c’était tellement toute sa vie. Il vint finalement vers elle, s’installant près d’elle dans le lit et elle se permit de glisser son regard sur ses traits durcis par le temps. Il avait tellement changé, elle aussi. Tout était tellement différent maintenant. Elle tenta de lui sourire, doucement, appréciant son baiser tendre. Elle avait fermé les yeux quelques secondes pour ressentir la chaleur de son souffle, l’odeur de sa peau avant de replonger son regard dans le sien.

-Ça va, elle a été adorable. Tu nous as manqué. Et toi, ça a bien été ?

Parce que lui retourner la question était nécessaire. Elle avait envie de savoir. Il était parti loin, la vie n’était pas propice au voyage. Il était vivant, c’était ce qui comptait au fond. Ils avaient eu le summum du malheur ses derniers mois, ça ne pouvait surement pas être pire, c’était impossible de tomber plus bas. Au moins, ils étaient en vie. Brisés, mais en vie. Tout le monde ne pouvait pas en dire autant et ça la tuait d’y penser, encore, toujours, inlassablement. Elle c’était perdue dans ses pensées, mais revint quand il prononça son nom. Elle le regardait, attendant le reste de la phrase qui vint rapidement, mais elle se permit de se blottir dans ses bras avant. C’était encore son endroit préféré sur terre, quoi que le monde puisse croire. Elle n’arrivait peut-être plus à rire, sourire, exister sans ressentir cette lourdeur en elle, mais elle l’aimait. C’était l’important non? Sauf qu’il lui demandait si ça n’allait plus entre eux. Elle n’était pas certaine que ce soit une question en fait, ça ressemblait à une affirmation. Elle n’en savait rien et elle s’en fichait.

-On a vu mieux, c’est vrai.

Pourquoi lui mentir ? Elle n’avait plus l’impression d’être suffisante à son bonheur. Elle n’arrivait plus à être assez heureuse pour elle, alors être heureuse pour deux, impossible. Il lui avait demandé tellement et maintenant qu’elle était changée, elle n’avait plus l’impression d’être adéquate. Elle se sentait même de trop, trop souvent. Elle n’arrivait pas à oublier la mort de Bruce, elle n’arrivait pas à se dire qu’ils avaient fait le maximum et pour cause, ce n’était pas le cas. Elle avait encore la crise de jalousie de Juliet de coincée au travers de la gorge, ça lui avait fait du mal, trop, mais elle n’avait rien à redire, elle n’avait pas le droit. Comme si elle n’avait pas assez cachée son titre. Elle avait tellement eu envie de crier sur tous les toits qu’elle était désormais Madame Carter, elle en avait été tellement fière… mais elle ne pouvait pas. Elle n’avait pas le droit, ça la tuait. Alors si ça allait ? Non. Non ça n’allait pas. Si ça finirait par aller ? Pas le choix, elle ne se voyait pas vivre avec quelqu’un d’autre. Elle n’avait pas envie de se réveiller auprès de quelqu’un d’autre. Il était une partie d’elle et elle ne l’abandonnerait pas. Elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas, mais elle n’arrivait plus à sourire, même danser devenait fade, triste. Elle avait l’impression de devenir terne avec le temps. C’était peut-être ça vieillir après tout.

-Au vu des derniers mois… ça aurait pu être pire quand on y pense.

Oui, totalement. Ils auraient pu s’engueuler, s’entre déchirer et partir chacun de leur côté, mais ils tenaient bons et ça finirait par passer. C’était obligé. Elle ne pouvait pas faire autrement, elle n’avait pas envie de faire autrement.

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Mer 5 Juil - 13:49

Sa gorge ne lui avait jamais semblé aussi nouée de toute sa vie. Et même la question qu'il venait de lâcher après un effort surhumain ne le satisfaisait pas. Il avait l'impression d'être lâche, tout simplement, comme s'il donnait à Joy la responsabilité d'admettre qu'elle voulait la même chose que lui tout en sachant que ça n'était probablement pas le cas. Pourtant, ça n'avait rien à voir avec ça. Il voulait seulement savoir si elle aussi, elle les voyait s'éloigner l'un de l'autre. Si elle aussi, elle souffrait comme lui de ce qui se passait entre eux, ou plutôt de ce qui ne se passait plus. Son cœur se serra étrangement à la réponse de la jeune femme. Comme s'il s'était pris à espérer secrètement qu'elle démentirait. Qu'elle arriverait à le convaincre en une seule réponse qu'ils étaient toujours bien ensemble, que tout irait bien. Il aurait eu envie de la voir retrouver la vie dont elle manquait si cruellement depuis trop longtemps, pour lui prouver qu'il ne l'avait pas brisée en mille morceaux. Mais elle était d'accord. Un peu plus optimiste que lui, peut-être, mais elle l'avait toujours été alors ça ne l'étonnait même pas.

Il allait devoir se débrouiller tout seul pour en venir au but. Il se redressa doucement, s'éloignant pour se tourner vers la jeune femme et la regarder bien en face. Il voulait être courageux, il voulait le faire correctement, elle méritait qu'il assume et qu'il la regarde droit dans les yeux au moment où il détruirait sa vie une fois de plus. Mais c'était tellement difficile. Plus encore de devoir affronter ses propres fautes sur le visage de sa femme avant même d'avoir parlé. Il ne savait pas comment ni pourquoi, mais il gardait une image précise de Joy. Des bêtises qu'elle racontait sans arrêt pour lui tirer un sourire. De ses yeux plein de joie, de sa simplicité et de sa bonne humeur. Ça l'avait sauvé une fois, quand l'apocalypse l'avait rendu plus renfermé et plus soucieux que jamais. Elle avait réussi à effacer les rides d'inquiétudes sur son visage, elle avait réussi à lui faire croire pendant quelques instants qu'il avait droit au bonheur aussi et il l'avait tellement aimé pour ça. Mais la vie leur jouait des tours sans arrêt depuis des mois et il ne savait plus comment faire pour la ramener, tout simplement.

Il leva une main pour caresser le visage de la jeune femme du bout des doigts. « Je t'aime, tu le sais pas vrai ? » demanda-t-il vaguement. Il l'aimait, ça oui. Il ne pourrait jamais le nier. Elle était sa femme et même s'il n'avait pas eu que de bonnes raisons de l'épouser, il l'aimait sincèrement. Il aurait voulu, de tout son cœur, passer le reste de sa vie à ses côtés, tenir toutes les promesses qu'il avait pu lui faire. Il voulait ses enfants, il voulait qu'elle soit là quand tout s'arrêterait pour de bon. Mais il ne voulait pas que ce soit elle. Cette jeune femme blessée et éteinte, il ne voulait pas d'un fantôme de plus dans sa vie. C'était comme s'il l'avait tué pour de vrai et ça, il ne pouvait plus vivre avec, peu importe combien il l'aimait. Parce qu'il l'aime justement. Assez, tellement, pour ne rien vouloir de plus que son bonheur et il ne la rendait pas heureuse. Il ne l'était pas non plus. « Je ne pensais pas que j'aurais cette chance à nouveau, mais tu m'as fait ce cadeau et je t'aime tellement pour ça. » Il n'était pas bien sûr d'où il voulait en venir en lui disant ça. Ça semblait même pire à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, mais il n'arrivait pas à lui mentir. Il aurait préféré jouer le connard pathétique, lui balancer au visage qu'il ne ressentait plus rien pour elle et qu'il supportait à peine de la regarder. Il aurait voulu la faire souffrir pour que ce soit plus simple pour tous les deux de mettre fin à ce drame, lui dire qu'il avait rencontré quelqu'un d'autre ou qu'il l'avait trompé, n'importe quoi qui lui aurait brisé le cœur si violemment qu'elle n'aurait plus jamais voulu poser les yeux sur lui, mais il n'y arrivait pas. Il n'arrivait plus à faire semblant, à jouer un rôle. Dans un monde meilleur, il aurait rencontré cette jeune femme au hasard d'une soirée dans un bar ou d'un dépannage sur le bord de la route. Juliet n'aurait pas été là et les rôdeurs non plus. Ils se seraient aimés sans que rien ni personne ne vienne s'en mêler et ils auraient supportés ensemble toutes les épreuves se présentant à eux. Mais ce monde était pourri jusqu'à la moelle, les épreuves rencontrées mortelles et ils n'étaient pas ensemble.

« J'aimerais tellement que ce soit suffisant, j'aimerais tellement me dire que ça aurait pu être pire et qu'on finira par s'en remettre comme d'habitude, mais j'ai pas l'impression qu'on s'en remette du tout, plutôt qu'on accumule tous les problèmes jusqu'à ce que ça devienne ingérable. Et... » Il marqua une pause, hésitant. Il avait préparé un discours quand il était au chalet, mais ça ne marchait pas, aucun des mots qu'il s'était répété ces derniers jours ne sortaient en ce moment. Sa main retomba sur le matelas, il s'appuya dessus, laissant ses doigts effleurer ceux de Joy. « Je ne suis pas heureux, Joy. Et je ne crois pas que tu le sois, toi non plus. » Il commençait à s’essouffler. Pas vraiment, sa voix restait affreusement égale et mesurée,mais il ne savait plus quoi dire, comment le dire. Il repensa une seconde au conseil qu'il avait donné à Isha quand il voulait demander Ava en mariage. C'était un bon conseil pour une déclaration d'amour, mais pour une rupture ? Peut-être que ça pouvait fonctionner aussi, c'était comme une déclaration d'amour qu'il essayait de lui faire, même si elle ne le verrait sans doute jamais comme ça. « Je ne peux plus rester là à te regarder mourir un peu plus chaque jour par ma faute. »

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Joy Cameron
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Ven 7 Juil - 0:29

L’atmosphère n’avait rien de convivial. Rien ne lui donnait l’impression que tout irait pour le mieux. Elle ne comprenait pas trop pourquoi, mais Logan était différent et ça commençait doucement à l’inquiéter. Il avait posé une question et elle lui avait répondu la vérité. Elle ne pouvait pas en faire autrement. Elle n’allait pas lui mentir. Non, ça n’était pas parfait, mais oui, ils allaient s’en sortir. C’était normal d’avoir des hauts et des bas dans une apocalypse, c’était la fin du monde, il ne pouvait pas y avoir que des fleurs et des papillons non plus. Il tuait, massacrait. L’humain n’était bon à rien d’autre que de s’entre-tuer et il fallait faire quoi ? C’était normal… et pourtant, il enchainait. Il l’observait. Il lui disait l’aimer, mais dans sa bouche, c’était tellement… elle se recula doucement, s’appuyant un peu plus à la tête de lit. Ses yeux se firent plus méfiant, elle hésitait sur sa façon d’accepter ce qu’il disait. Il lui faisait quoi là?

Son cœur commençait à battre plus rapidement, il était tellement… triste. Ce n’était pas le sentiment qu’il aurait dû avoir en disant cela. Ça avait tellement une saveur d’au revoir qu’elle commençait à craindre le pire. Pourquoi? Qu’est-ce qui le poussait à ça ? Pourquoi ? Non, juste non. Il ne pouvait pas, il n’avait pas le droit. Encore moins de douter que ce soit suffisant. Il lui effleura la main et sans comprendre, elle avait l’impression que sa peau lui brûlait, que son cœur lui faisait mal quand il lui disait qu’il n’était pas heureux. Qu’elle ne l’était pas. Il n’en savait rien. Il n’en savait putain de rien parce qu’il était trop occupé à s’assurer que sa pauvre Juliet le soit elle. Non, elle n’était pas heureuse, elle n’avait pas le droit de l’être, elle n’avait même pas le droit de dire qu’elle était mariée. Elle n’avait pas le droit à la famille, elle n’avait pas le droit de lui cacher des trucs, elle… elle avait tout fait. Elle avait fait tout ce qu’il lui avait demandé, elle avait obéis à chaque fois… et il se ramenait comme ça ? Non, il n’avait pas le droit. Ses yeux se remplir de larmes, elle retira sa main. Il n’avait pas le droit de décider pour elle si son bonheur était suffisant, s’il était mesurable ou non. Et il boucla la boucle… disant finalement ce qu’il voulait dire depuis le début. Il en avait fini avec elle. Oh, il utilisait de jolis mots, il parlait d’amour et tout, mais sérieusement… c’était n’importe quoi.

-Tu veux quoi Logan ? Me quitter ? God… je me souviens encore de cette discussion qu’on a eu, une nuit quand Eulalie dormait, quand Juliet c’était barrée tu te souviens ? On parlait de mariage, d’éternité et je n’y croyais pas, je ne croyais pas que c’était possible… et toi, tu m’as fait des beaux discours sur la complexité de l’engagement et du travail que ça imposait de s’aimer, de se chérir, que c’était possible avec de l’effort. Que la famille, c’était plus important. Tu t’en souviens de ça ? Moi oui, très bien et je me suis engagée MOI. Alors non, je ne suis pas heureuse en ce moment et tu t’en fichais bien jusqu’à maintenant. Parce que la pauvre Juliet c’est fâchée en voyant mon alliance. Putain Logan, j’ai même pas pu dire qu’on était marié, parce que tu as trop honte de moi. Tu crois que j’arrive à être heureuse quand tu cours encore après l’amitié de ton ex ? Pour Eulalie, je comprenais, mais elle est morte, elle n’est plus là et tu continues…

Voilà, elle pleurait, mais elle avait la rage au ventre. Elle n’arrivait plus à se taire, parce qu’elle avait compris il jouait à quoi. Elle avait compris ce qu’il voulait et elle voyait rouge.

-Tu ne veux pas me voir mourir un peu plus chaque jour ? Parfait, fait moi sentir importante un peu, donne-moi l’impression que je suis unique. Que je vaux quelques choses. J’en ai marre d’avoir l’air d’un fardeau pour toi, j’en ai marre de n’avoir aucune influence, de ne servir à rien. J’en ai marre d’être douce, obéissante. J’en ai marre de faire tout ce que tu me demandes, parce que tu vois ou sa nous mène là ? J’ai été obéissante, j’ai tout fait, je t’ai laissé gérer comme un grand et toi… tu me plaques parce que je suis quoi ? Usagée ? Trop vieille ? Trop lourde ? Trop chiante ? Pas assez souriante ? Et quand je t’ai demandé du temps, là j’étais quoi ? Trop exigeante, faudrait savoir…

Elle avait monté le ton et la petite c’était mise à pleurer et ce fut la douche froide. Comment est-ce qu’il en était arrivé là tous les deux ? Elle n’en savait rien. Elle essuya ses yeux d’un revers de manche tout en se levant. Elle tremblait, elle étouffait dans sa propre maison…

-Tu abandonnes, j’ai compris ça. Si tu m’aimes… surement, mais pas assez. Parce que si c’était le cas, tu aurais fait ça avec moi, pas en me plaquant. Je vais te faciliter la tâche et partir. Tu gardes tout, la maison, le bébé, le groupe, tout. Même ton ex qui va surement vouloir te reparler maintenant que tu m’as plaqué… Dire que dans tout ça… j’ai été de ton coté…. Je t’ai laissé tuer ma seule famille parce que je t’ai cru… J’ai été naïve, je le sais ça, mais je n’aurais pas cru que t’en arrive là… Tu te rends compte que je vais tout perdre ? Que je vais surement crever dehors… juste pour être sûr qu’on comprenne bien la même chose toi et moi… Dit moi que j’ai mal comprit… s’il-te-plait. Que je me suis emportée pour rien…

Tout était de trop maintenant. Elle ne lui pardonnerait pas cette fois, elle ne plierait pas le genou. Ah ça non. Elle n’allait pas s’excuser, elle n’allait pas supplier, elle en avait marre d’être la gamine sage et obéissante. Elle avait envie de faire à sa tête et de lui en mettre plein la gueule. Il le méritait. Dieu qu’il le méritait. Sauf qu’elle restait dans la pièce, elle attendait le verdict, elle attendait de savoir si c’était tout ce qu’il avait à en dire. Elle voulait clore le débat. Elle chercha donc à apaiser Octavia une dernière fois, prenant sur elle pour se calmer un peu. Elle était en train de tout perdre… elle le réalisait bien… et c’était de sa faute à lui…

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Joy Cameron

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Ven 7 Juil - 13:06

Trop vite, les yeux de Joy se mirent à déborder. Logan s'était préparé à ça pendant une semaine. C'était sa faiblesse, à chaque fois, dès que la jeune femme se mettait à pleurer il ne répondait plus de rien. Si elle lui avait demandé d'aller décrocher chaque étoile du ciel pour les lui offrir, avec ce regard humide et cette voix brisée, peu importe le temps, peu importe la difficulté, il aurait trouvé un moyen pour rendre ça possible. Mais il ne pouvait rien faire pour elle aujourd'hui, alors il détourna le regard rapidement pour ne pas avoir à affronter cette culpabilité qui lui donnait la nausée.

Les cris étaient mieux. Elle ne hurlait pas vraiment, mais elle lâchait tout... Il se prenait tout dans la face, absorbant chaque mot comme un nouveau coup en plein visage. Elle le frappait avec acharnement, comme un boxeur enragé et il restait assis, bien en place à encaisser. Dieu ce qu'ils pouvaient être dans deux mondes totalement différents. Chaque nouvelle accusation le laissait plus perdu que la précédente. Mais de quoi parlait-elle ? Il ne savait plus ce qui se passait dans cette chambre, ce qui se passait dans ce couple. Il n'était pas parfait, il le savait, c'était bien ça qui le tuait chaque jour quand il regardait sa femme. Mais... Elle ne comprenait pas. Et qu'elle ose parler d'Eulalie lui brisait le cœur encore plus violemment. Pourquoi faisait-elle ça ? C'était un coup bas, qu'il tenta d'ignorer, parce qu'elle ne s'arrêtait plus, il n'avait pas une seule occasion d'en placer une. Son procès était venu et il n'avait pas droit à un avocat, il n'avait pas droit de présenter sa défense tout seul, il devait juste attendre le verdict du juge le plus cruel et le plus partial qui soit.

Octavia s'était mise à pleurer elle aussi, plus fort, beaucoup plus fort, sans se soucier une seule seconde du drame qui se jouait près d'elle. Logan commençait à avoir mal à la tête, il ne rêvait plus que de voir tout ça s'arrêter. Il avait envie de se montrer cruel et injuste, lui aussi, mais il n'avait pas le droit. Si ça devait se terminer ici et ce soir, il continuait de vouloir faire son maximum jusqu'à la dernière seconde. Et puis... Il commençait à enrager aussi, à chaque nouvelle accusation, la colère le prenait au ventre comme ça ne lui était plus arrivé depuis un moment. Elle allait trop loin, elle disait n'importe quoi et il ne voulait plus seulement en fini : il voulait gagner. C'était stupide, un combat perdu d'avance qu'il n'aurait même pas du vouloir mener. Mais il le voulait. Elle touchait à sa fille, elle admettait encore une fois que sa seule famille, c'était Bruce. Pas lui, pas les gens qui étaient auprès d'elle depuis tout ce temps et qui l'avait gardé en vie. Il avait tellement horreur de ça, c'était un concept qu'il ne parviendrait sûrement jamais à intégrer, mais elle avait bien fait de lui dire encore une fois quel cas elle faisait de leur famille à tous les deux. Ça rendait les choses beaucoup plus simple, tout à coup.

« Non mais tu t'entends parler ? » demanda-t-il quand elle s'arrêta enfin de lui cracher son venin au visage. Il n'arrivait pas à croire qu'elle puisse avoir tout ça à lui reprocher et qu'elle soit toujours là, à lui hurler dessus, à serrer sa fille dans ses bras pour la calmer. Qu'elle lui balance tout sans essayer. « T'attends quoi exactement ? Que je m'excuse d'avoir passé du temps avec la mère de mon enfant ? Notre fille est morte, Joy. Je sais pas ce que tu t'imagines et tant mieux pour toi si ça te passe au-dessus si facilement, mais c'est pas mon cas. Je ne cours pas après l'amitié de mon ex, je cours après ma fille qui me manque tous les jours parce que le seul moyen que j'ai de ne pas l'oublier, c'est de voir ses traits sur le visage de sa mère. » Pourquoi avait-il seulement à se justifier de ça ? Il avait encore le droit de faire le deuil de sa fille comme bon lui semblait et pour ce que Juliet était agréable avec lui en ce moment... Dire qu'il l'avait accablée encore plus en lui disant droit dans les yeux qu'il ne reviendrait jamais vers elle parce qu'il avait Joy. Il commençait presque à le regretter, là. « J'aimerais juste comprendre : pourquoi tu veux rester, alors ? Si je suis un tel connard qui te traite comme une merde, un pauvre mec qui t'a arraché ta seule famille et qui veut détruire ta vie, qu'est-ce que tu fous encore ici ? »

C'était sûrement la question du siècle, il n'arrivait pas à comprendre ce qui la retenait. Pourquoi elle s'infligeait ça, elle qui n'avait eu de cesse de dire qu'il fallait vivre heureux ou ne pas vivre du tout. Elle faisait tout le contraire. Elle restait là à pleurer sous ses yeux jours après jours et ça devenait invivable. « Tu crois vraiment que si j'avais honte, j'te laisserais te pavaner partout avec une bague au doigt ? J'ai tourné le dos à toutes les personnes qui tenaient à moi pour toi. TOI et personne d'autre. Mais j'en peux plus, c'est plus possible. Bruce me hante chaque seconde de chaque jour, je me sens coupable et redevable envers toi parce que je t'ai fait tellement de mal, parce que j'ai tué la seule et unique personne qui avait un peu d'importance à tes yeux. Tous les jours je me demande si t'aurais pas préféré que ce soit moi qui crève plutôt que de perdre ton cher cousin adoré. Tous les jours quand je te regarde j'entends son rire stupide dans ma tête. C'est plus possible. »

Il se leva à son tour, fit quelques pas sans vraiment même savoir où il voulait aller. Ça n'aurait pas du se passer comme ça. Il avait visualisé la scène, encore et encore. Il s'était dit qu'elle ressentirait la même chose que lui, qu'ils pourraient affronter ça ensemble aussi, mais tout allait de travers. Il allait se noyer encore une fois. Toute sa vie était devenue trop compliquée. Il avait besoin d'une pause. C'était ça. Ce qu'il avait espéré de cette conversation. Pas une rupture douloureuse et définitive, mais une pause, un désir mutuel d'arrêter les frais et d'essayer de retrouver les personnes qu'ils avaient été, quand ils étaient tombés amoureux l'un de l'autre. Il avait besoin de ressentir l'envie de rentrer à la maison chaque soir pour retrouver sa femme, et pas de le faire parce que s'il ne revenait pas, elle serait seule au monde, que s'il disparaissait ou qu'il la jetait dehors elle finirait par mourir dans un coin. Pas parce qu'il lui était redevable, qu'il lui devait une famille et une vie heureuse après lui avoir volé celle qu'elle voulait vraiment. Et elle n'aurait pas du se sentir redevable de quoi que ce soit non plus, elle aurait du vouloir lui dire la vérité quand il déconnait, elle aurait du vouloir lui faire confiance et avoir la même confiance en retour. Ils se forçaient et Logan n'arrivait pas à croire qu'elle ne le voit pas alors que c'était exactement ce qu'elle venait de lui dire.

Il arriva quand même à se calmer un peu, quand il se décida à faire face à la jeune femme et qu'il la vit là, devant lui, Octavia dans ses bras. C'était ça qu'il voulait. Cette image, parfaite, belle. Sans les cris, sans la culpabilité qui lui rongeait les os un peu plus chaque jour. Pas parce qu'il lui avait promis, mais parce qu'il l'aimait tout simplement. Il poussa un soupir en passant une main dans ses cheveux, essayant de faire taire la colère, une fois de plus. De faire un effort, une fois de plus. « Tu te trompes à mon sujet, Joy. Je ne veux pas d'une gentille petite esclave qui reste à la maison, s'occupe de faire la cuisine et de prendre soin des gamins sans jamais oser lever les yeux ou la voix. Et je prends très au sérieux l'engagement que j'ai pris avec toi, vraiment. Il n'y avait peut-être personne et c'était peut-être notre secret, ça me tue que tu oses croire que c'est parce que j'ai honte de toi. Je me fiche de ce que pensent les autres de notre couple, de toi. Je t'ai fait une promesse à toi seulement, parce que t'es la seule dont l'avis m'intéresse sur ce sujet. Y a pas de papier, c'est gravé dans ma peau jusqu'à la fin et je ne reviendrai jamais sur ça. Mais... » Il inspira encore, c'était presque terminé, presque. Il avait seulement besoin de s'accrocher encore un peu. « Je peux plus pour le moment. J'ai besoin d'une pause, de remettre de l'ordre dans ma vie et dans ma tête et j'y arrive pas quand tu me rappelles tous mes crimes tous les jours. Je suis vraiment désolé. Mais ça ne peut que nous faire du bien à tous les deux de prendre du recul, j'en suis persuadé. C'est vital pour moi aujourd'hui. »

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Ven 7 Juil - 19:51

Qu’il ose en venir directement à ce genre de phrase la tuait. Il ne faisait même pas l’effort, il ne cherchait même pas à parler ouvertement des problèmes, juste parler ouvertement de rupture. Dire que c’était lui qui était contre, il n’avait pas le droit. Pas le droit de parler de ça maintenant. Elle ne l’emmerdait pas, elle ne lui réclamait rien, elle voulait juste prendre du temps pour elle et se remettre sur pied, reprendre son souffle et s’appuyer un peu sur lui le temps de le faire, mais elle n’avait pas le droit. Elle n’avait qu’elle, il le prouvait en la larguant. Il lui faisait du mal, mais elle s’en faisait surement encore plus quand on y pensait, pas que ce qu’elle le disait, elle le pensait, elle le ressentait et même si c’était loin de la réalité de Logan, c’était sa réalité à elle. Alors, elle avait tout déballé, elle n’en aurait plus la chance, elle irait ce faire tuer quelques part en ville et lui, il aurait la paix, il aurait gagné au final. Elle ne pouvait pas rester dans ce quartier avec lui, c’était une évidence aussi, alors qu’elles étaient ses options ?

Et elle avait fini, elle avait tout dit. Elle voulait s’assurer qu’elle avait tout bon, qu’elle avait compris et qu’à la fin, elle ne claquerait pas la porte par émotivité. Ce fut finalement son tour et elle tentait tant bien que mal de consoler la pauvre Octavia qui faisait les frais de tout ça.

-Tu as toujours cherché Juliet, cherché à lui plaire, ça toujours été elle. Même quand elle c’est barrée, c’était encore elle, t’imagines pas que ça m’a tué moi de passer deux mois avec Eulalie sans culpabiliser à tous les jours de ne pas pouvoir lui dire qu’on était marié? Que je serais là pour elle parce que j’étais plus qu’une fille de passage dans ta vie ? Mon bonheur à moi Logan, tu en as fait quoi? Je me fous de l’avis des autres, mais quand j’avais envie de parler de mon mari, j’aurais aimé pouvoir le faire sans avoir envie de pleurer qu’à cause d’elle, tu voulais pas et bravo, elle a prouvé son point, elle a fait sa crise, tu avais raison, ça la blesserait, sauf que tu m’as blessé tous les jours depuis, mais ça, c’est pas grave. Je voulais un mari, des enfants, une maison, l’apocalypse m’a pris tout ça et ça va, je faisais avec. Sauf que j’en ai un mari et je n’y avais même pas réellement droit… tu me parles de famille, mais regarde aujourd’hui… j’y ai pas droit non plus. Parce que si tu me plaques, je perds tout. J’ai compris que Bruce était une nuisance, qu’il blessait trop de gens. J’aurais pu faire quelques choses, je l’ai pas fait, ça sera à moi de vivre avec ce poids toute ma vie, mais je ne t’aurais pas fait la gueule pour ça. Je reste parce que je t’aime, parce que j’ai envie d’avoir une famille avec toi, une vraie. Une famille qui, quand ça va pas, on parle pas de rupture, on dit : « Qu’est-ce qui va pas ? ». Je veux d’une famille que tu ne pourras pas m’enlever parce que j’ai pas été assez comme tu le voulais. Je veux une famille assez solide pour supporter une crisette de ton ex, mais c’est pas ça. J’ai juste l’impression que si je claque la porte maintenant, moi, tu ne me chercheras pas… et c’est surement le cas en fait…

Elle redéposa la petite dans son berceau, même si elle pleurait encore. Elle pleurait aussi de toute façon, alors bon.

-La personne qui avait de l’importance à mes yeux Logan, c’est toi, toi et Octavia, mais même ça, j’y ai jamais complètement droit. Ce n’est pas mal fille, je n’ai pas droit d’être heureuse sans blesser Juliet et c’est grave si je le fais. Je voulais juste passer ma vie avec toi. C’est tout. Que tu vives de la culbabilité pour tes crimes, je comprends, faudra surement que tu vives avec comme moi d’avoir rien fait, mais si je te fais culpabiliser, je ne fais pas exprès. Il était important pour moi, c’est vrai, mais il a fait du mal et c’est comme ça qu’on fait un procès de nos jours… Je le comprends ça. Je t’ai choisi toi dès le début de cette histoire et j’ai fait le bon, mais la situation n’est plus gérable. J’en peux plus de ne pas être suffisante. Je suis désolé si tu as du te détourné des gens qui tiennent à toi. On c’est surement juste trompé… Je ne serai jamais la personne que tu veux que je sois. J’en peut plus non plus. J’ai envie d’être unique et de penser à moi d’abord.

Elle pleurait, mais elle tenait bon, s’essuyant les yeux pour finalement retirer la bague de son doigt et la déposer sur le bureau près du lit d’Octavia. Elle offrit un sourire triste à la petite et elle tourna les talons. Elle ne se pressa pas, ne claqua pas la porte. Elle la franchit, mais se retourna pour simplement dire :

-Je vais quitter Fort Hope, c’est plus qu’une pause… Je ne vais pas vivre ici et te regarder tous les jours…

Quitter l’endroit, arrêter les frais. Elle devait juste ramasser ses affaires, elle prendrait quoi comme voiture ? Logan se servait des deux… La moto était libre, c’était surement le mieux à faire. La moto, son sac, ses armes, le strict minimum. Elle se reconstruirait ailleurs, elle survivrait ou elle mourrait… à la limite… elle n’en avait rien à foutre à vrai dire…

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Ven 7 Juil - 21:47

C'était perdu d'avance, ils n'arrivaient tout simplement pas à se comprendre. Plus maintenant. Était-ce même déjà arrivé ? Plus Joy en rajoutait une couche, moins Logan ne parvenait à s'en souvenir. Il ne savait plus comment ils en étaient arrivés là. Les reproches, les regards en coin, l'hésitation... C'était tout un mélange de petites choses et de gros problèmes qu'ils avaient laissés s'installer. Peut-être avait-il fait une erreur en se lançant dans cette histoire. Peut-être qu'il avait fait une erreur en pensant que ça pourrait marcher avec quelqu'un de tellement différent de lui. Il ne savait pas et il restait sans rien dire, sans bouger à écouter Joy lui balancer d'autres horreurs, d'autres moments de sa vie qu'il avait vécu si différemment d'elle. Pourquoi perdre du temps à répondre ? Ça le démangeait sérieusement, il mourrait d'envie de lui dire qu'elle faisait erreur. Peut-être pas sur tout, il ne pouvait pas se mentir au point de nier qu'il avait encore des choses à régler avec Juliet. Mais ça le rendait triste, profondément, de voir comme cette histoire était en train de s'écrouler pour des détails qui auraient sans doute pu se régler seuls. Et il voulait tellement lui dire, il voulait tellement tenter une dernière fois de sauver ce qui restait entre eux, quoi que ce soit.

Sauf que c'était trop tard. Pour le moment, il n'en avait ni le courage, ni l'envie. Ils avaient tous les deux besoin de guérir et Logan ne voyait pas comment il pourrait le faire en devant s'occuper des problèmes de tout le monde, Joy comprise. Il se mordait l'intérieur des joues pour se retenir de répliquer, d'essayer de la retenir. Il ne fit pas un geste quand elle reposa le bébé dans son berceau, il ne fit pas un geste quand elle retira sa bague pour la poser sur le bureau. Pas un mot, rien. Pourquoi faire ? Il voulait qu'elle lui laisse du temps et elle lui en laissait. Ça sonnait plus comme des adieux définitifs, mais... il avait eu ce qu'il voulait, pas vrai ? Demain quand il se réveillerait, Joy ne serait pas à côté de lui. Il aurait du temps devant lui, beaucoup de temps, pour relever la tête et panser ses plaies. Ce serait pour le mieux. Il se le répétait, encore et encore, dans sa tête pour se retenir de lui courir après quand elle quitta la chambre, la maison.

Dès qu'il entendit la porte d'entrée claquer à l'étage du dessous, Logan se décida à bouger. Il s'approcha du bureau et referma son poing sur la bague, serrant de toutes ses forces jusqu'à sentir les diamants piquer sa paume. Puis, il retourna auprès de sa fille et la prit dans ses bras, la berçant doucement contre son épaule. La bague restait fermement coincée dans sa main. Il ne savait pas ce qu'il en ferait, sans doute irait-elle rejoindre le reste de sa collection de bagues de fiançailles inutiles. Peut-être qu'il la jetterait dans le lac sur un coup de tête. « Chut, bébé. Chuuut. » murmurait-il à l'oreille de sa fille. Elle ne s'arrêtait plus de pleurer et il commençait à se sentir mal, lui aussi. Joy risquait-elle vraiment de mourir une fois dehors ? Probablement, comme tout le monde, mais... le poids écrasant de la culpabilité s’effondra encore sur lui. Ça n'en finissait plus, avec cette femme. C'était toujours comme ça. Mais à partir de maintenant, ça ne pourrait que s'arranger. Pas vrai ?

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