Les chemins du hasard...



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Sam 8 Juil - 14:31


16 février

Le hasard…

Dans ce commencement de la fin, l'être humain doit prendre certaines décisions pour survivre. Écraser sa propre moralité pour essayer de voir le soleil se lever le lendemain. Ou bien suivre la lueur vacillante de l'humanité et de s'éteindre comme elle par le manque  d'oxygène. Essayer d'être un soi peu honnête ou bien voler sans arrières pensé. Fuir devant le danger, quitte à écraser le faible sous sa botte pour avoir un avantage dans ce salut éphémère. Combattre avec les cartes que le destin à décider de nous donner. Sans savoir si le croupier, qui n'est nulle autre que la Faucheuse, n'a pas un as dans sa manche. Certains inconscients s'en remettent aussi au hasard pour survivre un tant soit peu. Comme nous le savons, le hasard naît du fait qu'aucune intelligence humaine ne peut tout prévoir, l'intersection de deux séries causales a pris au dépourvu celui ou celle qui, pour le meilleur ou le pire, se trouvait à leur centre. Donc le manuscrit de la vie de tout un chacun ne s'écrit qu'au gré de leurs décisions. Et souvent l'encre  est diluée avec les larmes, le sang ou bien les cendres de la mort… Maintenant, essayons de suivre les péripéties chaotiques et hasardeuses du colosse qui se nomme Robert Smith. De son surnom Bobby, l'être aux muscles saillants et à l'intellect peu développé erre dans une quête des plus « hasardeuses »…



La pathétique caricature d’humanité se traine les pieds dans la ruelle en arrière d’un supermarché dans la banlieue de Grosse Pointe. Les pas erratiques de la chose convergent des fois vers le mur du bâtiment. D’autres fois des détritus roulent, frappés sans discernement par des bottes de constructions à bout renforcées. L’être inférieur est souvent jugé par les humains comme misérable et dépourvu de la moindre intelligence. Mais à voir son apparence cauchemardesque, les cœurs se remplissent toutefois d’effroi et les gens s’enfuient en hurlant de terreur. L’être essaie d’entrer dans le supermarché, commandé par une faim sans borne.  De ses mains puissantes, il frappe sans relâches sur la porte fermée de l’entrepôt. Les portes des débarcadères étaient rabaissées et la façade arrière ressemblait vaguement à un mur d’une forteresse. L’instinct souvent des plus primitifs soit dit en passant pousse les gens à des actes de folies quand leurs besoins vitaux ne sont pas satisfaits. Soudainement, un frottement métallique sur le béton avertit la parodie d’humain d’une présence derrière elle. Se retournant lentement, à la pleine vitesse que les muscles tétanisés par la non-vie lui permettent, la goule se retrouve subitement devant une ombre qui bloque partiellement les rayons du soleil. Les yeux voilés d’un blanc laiteux ne remarquent aucunement l’horrible faciès de l’homme. Ni les muscles déformés et sa haute stature. Encore moins la hache à la lame acérée brandie dans des mains aussi larges que son crâne. Il ne songe pas à regarder dans le regard bleuté du géant aux multiples cicatrices. Le zombie n’a que faire de la bonté, de l’humanité, de la gentillesse et de l’angoisse de l’être vivant. Le mort-vivant ne voit que l’aubaine que représente l’immense carcasse  pour son appétit immonde Bravo Einstein, tu as tout résumé ça pour rien. Tout le monde sait que les zombies se fichent de l’apparence extérieure des gens. Ils ne s’intéressent qu’à l’intérieur. À savoir : Organes internes, os, muscles, sang et boyaux… Bref continuons.

Avidement, l’être d'outre-tombe tend un bras avide vers Bobby, le second appendice de la goule fut perdu lors de sa résurrection.  La gueule à la dentition noirâtre de la goule s'ouvrit en grand, anticipant le gout cuivrée du sang sur sa langue. L’arme, qui était à la base qu’un outil de travail fit un arc propre et net vers la tempe de l’être répugnant. La hache s’enfonça dans la peau sèche, fracassa l’os et s’enfonça dans la matière spongieuse du cerveau. Des fragments disparates de matières cervicales et d’autres  éclaboussèrent nauséabondes aspergèrent la façade de l’immeuble.  Le corps sans vie Techniquement il n’était pas en vie mais bon passons de la goule s’effondra avec fracas. C’était comme si avec la lame affutée de sa hache, l’homme avait tranché les fils de la pitoyable marionnette. Mais la chute, combiné à la puissance excessive du coup fit virevolter le cadavre dans un amoncellement de palettes de bois. Un vacarme digne d’un coup de tonnerre  retentit dans la zone plongée dans un silence de mort. On ne pourra pas si bien dire vu la présence accrue des morts-vivants dans la zone. Jeux de mots pourris quand tu nous tiens... Sursautant de surprise devant le bruit, les yeux bleutés de Robert regardèrent avec angoisse les deux extrémités de la ruelle. Dans l’esprit lent et vagabond de l’homme Et pour avoir été jeté un coup d’œil, je pourrais pousser la précision à presque désertique… Mais je suis hors sujet donc continuons... des formes incertaines jouaient à contrejour, camoufler partiellement par les lueurs de l’astre solaire. Alors le destin frappa, obligeant le colosse à décider de son prochain mouvement. Celui-ci préféra se mettre à l’abri et de laisser les possibles charognards, vivants ou morts, le soin d’investiguer sur l’origine du bruit. Alors dans un grincement sonore du plus mauvais augure qui soit, semblable au ricanement de la mort prochaine,  la porte pivota sur ses gonds et l’homme difforme entra dans l’entrepôt du Safeway.

Calant son dos musculeux sur ladite porte, Robert étendit ses bras. Des bras ayant la circonférence de billots de bois lézardé par une ribambelle de cicatrices. Robert a dû se battre plus d’une fois dans sa vie et son corps est marqué par tant de souffrance. Je crois surtout qu’il a du cuir à la place de la peau, mais ce n’est que mon humble opinion. Soufflant doucement, il permit à son cœur de reprendre une cadence normale. Ce cœur immense, partiellement détruit par tant de souffrance et de perte, était la cause de sa venue à la ville. Bernadette avait décidée ce matin d’aller explorer le côté est de la banlieue et Robert avait dit qu’il allait vérifier un truc. Ce truc était en réalité un ange blond aux yeux si semblables au sien. Une jeune femme inconnue avait permis, au même titre que Bernadette, à Robert de croire que l’humain pouvait être merveilleux. Dans cette nuée sombre composée d’individualistes effrontés et pathétiques, les deux femmes étaient de précieuses étoiles filantes. Des phares d'humanité illuminant la vie du mineur. En d’autres mots, le grand dada aime beaucoup ces deux femmes… La douce apparition blonde avait quitté un beau matin le refuge de l'anglais sans aucune raison, laissant un petit mot à l’attention du géant endeuillé. Ça parlait de douleur et de remords, mais d’un possible retour dans les deux ou trois jours. Et depuis ce jour l’homme ressemblait à une vigie silencieuse, une gargouille de granite à peine sculpté jonché sur le toit de la Cathédrale de Notre-Dame. Il se faisait du mauvais sang, pensant aux êtres diaboliques qui sillonnaient la terre. Et il ne pense pas qu’aux zombies je vous en passe un papier. Maintenant tel un limier à l’apparence monstrueuse, Robert s’était lancé sur la piste de son amie.  Il avait vu quelques représentants de la nouvelle race prédatrice à l’œuvre dans la ville et ce depuis plus qu'un an. Des scènes de carnages et de boucheries qui s'était s'offert au regard interloqué et ahuri de l'homme. Aussi la déchéance humaine et la peur à chaque coin de rue. Des gens se battaient entre eux pour des biens ou juste comme défoulement. L’âme débordante d’empathie de l’homme souffrait en silence et ne pouvait que s’inquiéter davantage pour la belle dame.

Maintenant il était enfermé dans un magasin d’alimentation. Les sens innés de l’ancien portier refirent surface.  Promenant son regard parmi les ombres, Robert fouilla dans sa ceinture à outils. Sa main rugueuse trouva le manche en caoutchouc de la lampe de poche et le fin rayon de lumière blanchâtre transperça l’obscurité. Attachant la source lumineuse sur le devant de son uniforme anti-émeute, l’homme s’avança vers son destin. Il ne faut pas oublier le hasard qui va faire son fils de pute en plaçant des embuches sur le chemin tortueux du colosse. Sa hache solidement ancrée dans ses mains immenses et rugeuses, son lourd bouclier balistique attacher dans son dos,  le calme de Robert était surprenant devant la précarité de sa situation. Les gants de kevlar couinaient légèrement au gré des serrements des doigts de l'homme sur le manche en polymère de l'outil.

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Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


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Dernière édition par Robert Smith le Mar 11 Juil - 22:06, édité 1 fois
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Rashka Reagan
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Dim 9 Juil - 12:08


Les chemins du hasard...
Robert & Rashka


Grosse pointe. C'est ce que mes yeux fatigués avaient réussi à transmettre à mon cerveau tout autant épuisé. Ne prenant plus la peine d'afficher la mine haute et la démarche fière qui faisaient d'une partie de moi la guerrière d'autrefois, j'étais tout de même parvenue à entrer dans ce qui semblait être un supermarché. Là, ça avait compliqué. Des dizaines, voire plus, de grondements lugubres, étaient parvenus à mes oreilles. Ma respiration se bloqua, soumise à l'instinct de proie qui me traversait de plus en plus ardemment ces derniers temps. La faim, la soif... Depuis que mes amis avaient disparus, j'étais livrée à moi même, et il fallait reconnaître, j'arrivais au bout de mes forces. Cependant, en cet instant même, je n'avais aucunement l'intention de me laisser dévorer vivante. Maîtrisant l'intensité du moindre de mes pas, j'évaluais le nombre, et la position globale des cadavres en putréfaction. Bien malgré moi, je ressentais le détestable poison d'une peur. Oui, cette peur là. Viscérale, qui tends à vous paralyser, empêchant vos muscles, et neurones, de faire leur bon travail, et de vous sortir d'une bonne situation de merde.

Dans la quasi pénombre, le souffle tremblant, je me risquais à avancer, encore, et encore, parmi les rayons. L'enjeu était doublement vital pour moi. Ne pas me faire bouffer, et trouver moi-même de quoi me nourrir. Un carton vide apparemment intact attira soudainement mon attention. Trop intensément. Mes gestes hâtifs et mal maîtrisés entraînèrent la chute du contenant... Une seconde de silence. Si parfaite. Et de si mauvaise augure... Immobile, j'attendis bêtement que les roucoulements morbides s'accentuent. Déjà, de l'autre côté du rayonnage, des bras en charpies balayaient l'air dans l'espoir d'atteindre le morceau de viande que j'étais. Panique. Trouver une issue, et vite. L'obscurité diminuait amplement mes chances de survie, et je devais me fier davantage à mon ouïe, faisant abstraction du tambourinement désespéré de mon muscle cardiaque contre mes côtes. Les monstres arrivaient, je pouvais le sentir. * Concentres-toi, concentres-toi, bordel !!! * Analysant du mieux possible la situation, je cru reconnaître la forme divine d'une porte, à quelques mètres à peine. Espoir. Quitte à faire du bruit, autant y aller franco. Dégainant avec une certaine fureur mon sabre de cérémonie, je m'élançais à toute vitesse vers l'issue salvatrice.

Criant avec rage pour me donner du courage, je mis fins à l'errance de plusieurs cadavres, mais plus j'avançais, plus ceux qui me poursuivaient étaient proches. Je pouvais quasiment percevoir leur odeur nauséabonde. La fin. Je m'étais battue jusqu'au bout pour... Rien ? Cela ne se pouvait. Finalement, une idée qui me sembla lumineuse traversa mon esprit fatiguée. Au moment ou des mains décharnées s'enroulaient sur les pans de mon long manteau, je gagnais la sécurité, ayant grimpé avec l'énergie du désespoir sur le rayonnage le plus proche. Le coeur battant la chamade, je me penchais, distinguant un nombre inquiétant d'individus mordeurs... Prise au piège. En temps normal, j'aurais pleuré, comme une gamine. Mais la force me manqua, et je me contenta de m'étaler sur le dos, pour fermer les yeux. Le chant lugubre des morts ne m'empêcha pas de dormir, la fatigue m'emportant vers ce qui aurait pu être le sommeil sans fin. Mais ce ne fût pas le cas.


⌂ ⌂ ⌂

Un claquement. J'ouvre les yeux, avec peine, il faut l'avouer. Ma motivation ne m'encourage pas à bouger, lorsque ma situation précaire m'ait rappelée. Le silence, en revanche, me fais me redresser doucement sur mes coudes. Où sont passés les morts. Avec la souplesse du chat, je passe en position accroupie, plissant les paupières pour tenter de distinguer mon unique chance de vivre encore quelques jours : Le porte. Quand je l'aperçoit, mes yeux s’écarquillent de surprise. Qu'est-ce que...? Un... Un homme ? Est-ce que c'est vraiment quelqu'un ? Immobile, des bras -immenses- barrant la porte. Sur le coup, j'ai envie de crier, mais ma gorge est encore trop serrée par la peur. Et puis, un souvenir désagréable traverse furtivement ma mémoire. Le claquement de cette putain de porte. Comme si la mort en personne avait eu accès à mes pensées, voilà que les gargouillements horribles se font entendre. Posant de nouveau les yeux, sur l'étranger, je reste aussi immobile que lui. Bordel mais... Qu'est-ce qu'il fait ?! Il va se faire bouffer si ça continue !!! Les sourcils froncés, mon regard marqué de noir détaillent tour à tour l'attitude du Géant, et l'avancée des cadavres.

Finalement, l'homme semble s'éveiller. Avec une lenteur qui m'effraie autant qu'elle me donne envie de lui crier de se dépêcher, je peux voir qu'il se saisit d'une arme. Espère-t-il vraiment s'en sortir ? Je n'ai pas le temps de poursuivre cette pensée, puisque je suis aveuglée par la lumière de la lampe, pourtant peu intense, qu'il allume, afin d'avoir un visu sur son champ de bataille. Détournant la tête pour préserver mes rétines, j'aperçoit avec horreur le nombre effarant de cadavres qui titubent dans le rayon, droit vers l'homme au calme déstabilisant. Instinctivement, mon regard se porte plus loin. A quelques rangées, les morts sont moins nombreux, plus épars. C'est là qu'est ma chance. Puis, le fil de ma pensée me révulse. Qui suis-je pour laisser cet homme se défaire de tant de mordeurs ? Non. Nous sommes seuls, mais ensemble. Et si unir nos forces ne suffit pas à nous tirer d'affaire, alors nous mourrons tout deux. Anonymes, mais alliés dans notre ultime bataille. Rassemblant mes forces restantes, je serre plus fort le manche de mon sabre, et lève le menton, déterminée à rester fière jusqu'au trépas.

Criant bêtement pour me donne du courage, je me laisse tomber dans la zone de no man's land, entre le colosse, et l'armée des morts. Faisant volte-face, j'ignore la surprise qui me saisit en réalisant à quel point le Géant l'est vraiment, vu du sol, et lance avec fureur et détermination : « On peut les avoir, Monsieur !! A quelques rayons, devant, ils sont moins nombreux ! Y'a une porte pas loin, on peut y arriver ! » Pressée par le temps, et la peur qui serre mes entrailles, je me retourne pour faire face à la horde, laissant l'étonnant survivant se placer à mes côtés. Le couloir formé par les rayons n'est pas très large, mais il permettra certainement de se battre côte à côte. Ne pouvant m'empêcher de lancer un coup d'oeil furtif en l'air, afin d'apercevoir le visage de mon partenaire de la dernière chance, j'esquisse un sourire timide, avant de me mettre en position. Une fois à portée, je tranche et plante sans retenue. Que la Mort se tienne en respect. Même à ses portes, les survivants s'unissent, animés par un espoir tenace et portés par une once fugace de ce qui reste encore de l'humanité.

© BLACK PUMPKIN

Spoiler:
 

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Lun 10 Juil - 14:05

Brouillard

Il y a tellement de signification pour désigner le brouillard. Dans le sens propre, c’est le phénomène météorologique constitué d’un amas de fines gouttelettes ou de fins cristaux de glace, accompagnés de fines particules hygroscopiques saturées d'eau, souvent de taille microscopique, réduisant la visibilité en surface. Vous le saviez certainement. Non? Alors dîtes-vous que c'est l'avantage des humains. D'apprendre chaque jour de leur vie. il y a quelques exceptions à la règle, mais je vous déconseille de démarrer une conversation sur ce sujet. Je serais des plus vindicatives. Revenons tout bonnement à notre brebis égarée qu'est Robert. Dans le cas de brouillard qui nous intéresse, ce sera le sens figuré qui s’appliquerait. Car avec raison, Bobby est plongé dans un brouillard des plus chaotiques. Perdu au milieu des méandres de sa conscience. Voyez-vous, l’esprit lent du mineur combiné avec… Non, non, non ! Je me tais et je vais vous laisser découvrir par vous-même la cause de cet égarement psychologique de notre ami le grand jocrisse…


Les lourdes bottes de constructions à caps d’aciers frappaient sans ménagement le béton de l’entrepôt. Le mince faisceau de lumière, rayon pur dans cette obscurité chaotique, se promenait parmi les palettes de bois et les étagères de métal. Le regard bleuté de Robert suivait attentivement les ombres dansantes. L’ouïe amoindrit de l’homme était chargée par les quelques tapements lents et erratiques des parodies humaines qui essayaient d’entrer dans la pièce. Les gémissements de frustrations et de faim s’élevèrent alors, telle une mélopée funéraire. Passant sa langue sur ses lèvres exsangues, le mineur se dirigeait vers les doubles portes à opposer du chœur cadavériques. Autour de l'immense silhouette, une multitude de cartons éventrés tels des cadavres abandonnés ici et là, vidés de leurs contenus. À de rares endroits, comme si les pilleurs les avaient tout bonnement ignorés, des paquets intacts trônent comme des joyaux dissimulés dans un dépotoir. Mais à la base, l'esprit linéaire de Bobby n'était de concentrer sur deux éléments. Plus que trois ça doit être la déroute et les yeux vitreux. Mais continuons... L'homme déformé ne voulait que s'assurer que la jeune femme blonde va bien et ensuite revenir vers Bernadette. Le reste autour de lui n'est que brouillard et distraction. Ce fut avec l’image des deux êtres qui avaient complètement changé son destin en tête que le mineur poussa la porte battante. Mais pour ce faire, il dut passer près des réfrigérateurs.

Une odeur épouvantable de lait caillé et de viande avariée agressa les narines de Robert. La porte gigantesque de la zone froide était grande ouverte. Les effluves nauséabonds firent piquer les yeux de l'homme et laissèrent un goût de pourriture au fond de son gosier. Accélérant le pas pour s'échapper de ce nuage de puanteur, Robert ne nota pas un léger mouvement dans le fond de la cavité réfrigéré. Un être trépassé depuis quelques jours, revenus à la vie par l'harmonie diabolique d'un plan machiavélique, se releva avec peine. Le prédateur à la vigueur surnaturelle avait enfin remarqué une proie digne de son appétit. Et on peut considérer Robert comme un buffet à volonté pour les morts-vivants. Vu l'amas de viande qu'il trimballe sur sa forte ossature. C'était mon grain de sel pour les vertus protéiniques de notre grand naïf. Levant des bras dans l'espoir de saisir l'imposant homme, la goule commença son périple de son pas lent et trainant. Sortant de sa morgue improvisée, l'attention du revenant fut portée vers les portes battantes qui balançaient faiblement. Poussant un gémissement de frustration, la parodie d'humanité se mit en quête de son repas immonde. Si on doit suivre le mouvement du zombie, je crois que je vais mourir d'ennui! Retournons à notre gaillard, je crois que ce sera à peine plus intéressant!

Le géant déformé s'avança prudemment vers l'avant du magasin. L'esprit lent de Robert avait enfin compris qu'il se trouvait dans un supermarché à l'abandon. Des étagères vides et paniers laissés à l'abandon, tels des soldats oubliés au front. Des produits quelques fois reconnaissables, mais la plupart du temps piétiné avec une frénésie sauvage. Des comptoirs vandalisés par la folie de l'homme. Le regard bleuté de l'homme se fit mélancolique et triste devant ces actes de démences dictés par l'instinct de préservation. Avec une douceur qui détonait avec sa corpulence effrayante, les pas chaloupés de Robert le firent emprunter l'allée des soins personnels. Le rayon de la lampe de poche juxtaposé sur le manteau de cuir de Bobby illumina deux contenants blancs. La curiosité du colosse déformé fut touchée à vif. Plissant un peu des yeux, il lut avec peine les mots "shampoing/revitalisant tout-en-un ". Tendant une main immense et un peu gauche, il en saisit une et regarda tout autour de lui. Après avoir mis en équilibre sa hache sur le présentoir, Robert dévissa le bouchon avec suspicion. Le géant savait qu'il n'avait pas le droit de faire ça. C'est ça mon grand! Comme si la police du shampoing viendrait d'arrêter! Tu es dans un magasin ravagé! Des fois il m’exaspère cet homme.... Humectant le parfum de pommier se dégageant de la bouteille, l'homme ferma les yeux de ravissement. Bobby murmura alors.

Robert- Je dois les emmener pour Bernadette... Euh... Elle a de si beaux cheveux...

Une pensée vint alors faire rougir le colosse. Dans ses songes éveillés, il pouvait voir l’ange blond et Bernie assises près du foyer du manoir. Les deux dames discutaient et leurs sourires étaient tout simplement merveilleux. Le soleil pénétrait par la fenêtre et baignait les deux divines apparitions. Les lueurs célestes faisaient scintiller la cascade d'or de la blonde et lustrer la chevelure cuivrée de Bernadette. La brunette sourit au mastodonte et la sincérité de ce geste percuta le cœur de Robert. L'ange blond passant alors ses doigts dans ses cheveux et...

Bobby sursauta et referma prestement le bouchon. Il était troublé par cette vision des plus angéliques. Comme je vous le disais, deux pensées c'est suffisant pour notre ami. Avec une gêne manifeste de prendre ce qui lui n'appartenait pas, Robert enfouis les bouteilles ainsi que des pains de savon dans son sac à dos. Reprenant sa hache bien en main, il reprit sa progression vers la sortie. Il bifurqua dans une allée où des vestiges d’emballage de biscuits crispaient sous la semelle de l’homme imposant. Un amas de détritus à sa gauche et le néant des tablettes à sa droite. Et des zones d’obscurité angoissantes cernaient Robert de toutes parts. À l’occasion un néon, seule sentinelle lumineuse dans ce monde de ténèbres, clignotait sporadiquement. Le courant est encore présent… Étrange et inquiétant! On pourrait presque se croire en danger! Une voix, son des plus étrangers dans ce silence de mort entrecoupé du chant de sirène des goules, s’éleva dans le dos du colosse.

Ange- On peut les avoir, Monsieur !! A quelques rayons, devant, ils sont moins nombreux ! Y'a une porte pas loin, on peut y arriver !

Aussitôt le pas lent de l’homme massif s’arrêta et il pivota tout doucement. Son sang s’était glacé dans ses veines. Robert avait le souffle court et les yeux exorbités. Frénétiquement l’homme essaya de trouva la source de la voix. Le faisceau de la lampe se balada de cachettes à zones d’ombres. Mais aucun mouvement ne trahit la position de la jeune voix. La main imposante et rugueuse de l’homme se desserra. La lourde hache ensanglantée descendit alors vers le sol sans pour autant la lâcher. Il est con ce type... Couvrant partiellement la lueur hypnotique de la lampe, Robert parla doucement, le ton rauque trahissait la sincérité et la franchise de la bête. Un brin de mélancolie était présent dans le débit lent de l’homme.

Robert- Euh… Je ne veux pas faire du mal aux gens… Juste les méchants qui mordent… Euh…

Une ombre se détacha alors du couvert d’une étagère. La lampe de poche détailla alors la silhouette gracile d’une jeune femme à la chevelure sombre. Une épée de style asiatique pendant dans sa main menue. Robert leva alors une main en signe d’apaisement et s’apprêta alors à dire quelque chose. Le mineur essaya de regrouper les mots volages de son esprit. Tiens ce n’est pas trop surprenant ça… Mais avant que la phrase ait eu l’audace de sortir de la barrière des lèvres exsangues de l’homme, des gémissements s’élevèrent alors pour le faire remarquer le danger.

Les yeux du colosse roulèrent alors dans ses orbites. L’esprit lent de l’homme essaya d’absorber la totalité des informations présentes, mais s’en était trop pour lui. Du Bobby comme on l’aime, un peu stupide et totalement largué! En signe de détresse, se sentant alors pris au piège, les poings du mineur se crispèrent. Ces appendices ressemblaient maintenant à deux boulets de canon organiques. Les jointures blanchirent sous l’effet de l’incertitude. Il ouvrit alors la bouche pour dire quelques choses, mais des râles de faim se pointèrent dans leur dos. Je crois que l’allée 4 est rendu le carrefour névralgique pour les zombies du coin! Le buffet est ouvert! D’accord je me tais


Le mineur se sentit alors piégé. Comme une souris prise dans le traquenard d’une horde de chats de ruelles putrides. Le stress monta en même temps que le rythme cardiaque de l’homme déformé. Un néon au-dessus de la tête du mineur décida de faire la lumière sur la laideur de ce dernier.
Tête de Bobby perdu et surpris:
 


La jeune femme pouvait maintenant voir la monstruosité qui était au centre de leur petit cercle. Une silhouette imposante de plus de deux mètres. Les épaules puissantes et à la musculation surdéveloppée, presque déformée. Le peu de peau qui était visible de ses bras et de ses mains était lézardé de cicatrices. Un faciès monstrueux aux traits atypiques trônait sur ce corps repoussant. Mais les gens qui se détachaient de ce physique ingrat pourvoir l’humanité dans le regard si pur de la chose. Une mélancolie et une tristesse semblaient prendre naissance dans son âme émiettée. Car Robert avait surtout peur de ne pas revoir Bernadette et la blonde apparition. De les savoir hors de danger avant de rejoindre ses anges au paradis. Une larme solitaire coula de son œil. Le cristal salé purifia quelque peu la saleté de la joue mal rasée de l’homme. L'habit anti-émeute, une combinaison de plusieurs habit en fait, crissa un peu quand les épaules massives relâchèrent leurs muscles en compote par le stress. Le marteau de la ceinture à outils de Robert tapa légèrement sur les pantalons bruns de la chose. Un géant en habit de policer avec une ceinture à outils ? Et il se demande pourquoi les gens le regarde? Mais poursuivons, je crois, que ce sera intéressant… Un murmure s’éleva alors de la gorge serrée de l’homme. La déception et le doute étaient palpables.

Robert- Euh… D’accord … Euh… Je ne veux pas qu’il t’arrive du mal… Euh… Je suis pas ATTENTION !

De la tristesse et le doute présent sur le faciès de l’homme furent remplacés par une rage à peine contenue. Les traits se décomposèrent sur le coup de la fureur. Mais dans les yeux bleutés de l'homme on lisait une autre histoire. L'instinct de protecteur du mineur s'était éveiller à l'approche d'un danger que lui seul voyait. Car tout un chacun semblait occuper de la présence du géant déformé. Normal il ressemble à une création d’un savant fou ! Mais une goule, anciennement un vieil homme distingué, venait enfin de rejoindre les festivités. Il s’était avancé avec lenteur, son râle couvert par les éclats de voix et de la mélopée sinistre. La chemise autrefois blanche était tachée de sang et les tripes de l’être était retenu par le tissu bombé. Une cravate criarde et un badge laissaient supposer l’ancienne profession du mort-vivant. Ça devait être l’ancien directeur de la succursale. Celui qui réagit alors fut le mineur. Robert ne voulait qu'aucun humain ne souffre de par son inaction, même si au plus profond de son être ces derniers pouvaient se montrer si méchants envers lui. Des fois il oublie d’être con et lent !

Dans un mugissement digne d’un taureau qui charge un toréador pétrifié, le mastodonte fit deux enjambées extraordinaires et leva une main immense. Une main pouvant englober la totalité du visage de la femme. Le zombie s’était approché justement de la brunette aux visages barbouillés et son haleine fétide devait chatouiller leur cou. Frôlant la tête de la dame, Robert enserra alors le cou de la créature dans un étau implacable. Décalant la goule de l’ange avec le katana, Bobby maintient la parodie de vie à distance grâce à son allonge naturelle. Les mains glacées de l’aberration se refermèrent sur la manche de kevlar du mineur. Celui-ci, n’ayant plus d’arme à portée de main, farfouilla dans sa ceinture à outils. Trouvant le manche de son tournevis plat, il s’en empara. Brandissant l’arme de fortune, il la planta en premier dan la joue de la goule. Celle-ci n’en a eu cure et essaya de mordre la main du colosse. Robert dégagea l’outil de sa gaine de chair morte et cette fois-ci, la partie en acier transperça un globe oculaire. La chose eut alors des spasmes violents et Robert la projeta sur un groupe de ses congénères immondes, les bras en croix. Les goules tombèrent alors au sol en une masse de jambes et de bras entremêlées. Se retournant alors vers la jeune femme, il leva alors les mains en signe de reddition. Le regard de l’être semblait si humain et sincère. Aucun artifice de mesquinerie ni de trahison ne troublait le regard bleuté du mineur. Mais un peu de peur et d’espoir transpirait dans le ton rauque et lent du colosse.

Robert- Bernie m’a dit que les humains devaient se serrer les coudes… Euh… Je ne veux qu’aider… Euh.. Je ne suis pas un monstre même si j’ai l’air d’en être un…

L’imposante silhouette était maintenant rendue près du tas de détritus, à quelques pas de la jeune guerrière. Tout concentré à essayer de parler, de mettre les mots dans le bon ordre, Robert ne vit pas le mouvement près de sa jambe. Des fois il ne sait même pas ce qui se passe dans sa tête alors… Le corps menu d’une femme entre deux âges, vêtu d’une blouse sale de caissière, s’extirpa de sa cachette. Ne restant que des os en guise de jambes, la goule était parvenue à ramper et à s’accrocher à la botte de construction de Robert. Celui-ci n’avait pas senti le danger et dans quelques instants la morte allait plonger ses mandibules pourrîtes dans le mollet musclé…

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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Mar 11 Juil - 9:43


Les chemins du hasard...
Robert & Rashka


Honte sur moi. A quel moment mes bas instincts de survies s'étaient-ils détourné de ce qui faisait autrefois la fierté de notre peuple, la solidarité ? Vivre, encore et toujours. Un jour, une semaine de plus. Sans pour autant avoir la certitude de s'en tirer à bon compte. Qu'est-ce qui pouvait pousser l'être humain à vouloir poursuivre sa route à tout prix, au dépit de l'existence d'autrui...? Les chemins du hasard, de la chance...? En mon fort intérieur, je sais que c'est probablement la seule chose qui me sépare de cette fière et impitoyable guerrière, à qui je prêtais autrefois mes traits. Si c'est grâce à son image, et à sa force, que j'ai respiré l'air apocalyptique jusqu'ici, elle se refuse à me prêter son rebelle esprit exclusif et impitoyable. Celui prêt à sacrifier sans ciller.

J'ai honte de l'avouer, mais l'espace d'un court instant, elle m'a déchue. S'insinuant silencieusement dans mes pensées, elle m'a livrée un plan aussi excellent que moralement douteux. Qu'en est-il de la morale aujourd'hui, me direz-vous en retenant un rire. J'en dirais que c'est tout ce qui nous reste, à nous, les survivants qui se refusent à franchir totalement la limite. Quelle limite ? Celle qui nous empêche de rendre les mordeurs ridicules, et inférieurs à notre courroux. Nous ne sommes pas mieux qu'eux, nous tuons avec une facilité déconcertante. Simplement, il s'agit de ne pas le faire sans d'autre raisons que le plaisir morbide. Et je ne veux pas devenir pire que ses cadavres ambulants.

Une logique simple. Le colosse, mis à terre, serait un banquet de choix pour les mâchoires affamées de chair fraîche. Quant à moi, il ne me resterait qu'a attendre que les corps en décompositions se regroupent pour partager le festin, et fuir jusqu'à  ma porte de sortie et de survie. L'idée, aussi claire que la rosée du matin, que j'aimais autrefois savourer de la plante de mes pieds lors de sorties matinales dans l'immense jardin de notre villa, fut alors chassée avec dégoût de mon esprit par mon moi propre. Et ainsi, je me suis levée. La mort ne m'aurait pas aujourd'hui, et si elle comptait m'accueillir, je ne lui rendrais pas la tâche facile. Mieux encore, je l'empêcherais d'attirer vers ses tourments funèbres l'homme gigantesque qui avait fait irruption dans le bâtiment.


⌂ ⌂ ⌂

Au moment ou l'étranger se détourna du champ de bataille, un frisson de mauvais augure, renforcé par la vision de la hache qu'il laissait glisser de son énorme main, s'amusa à me glacer la colonne. Tentant de me raisonner, je parvint à retrouver un calme soudain au ton étonnamment doux de sa voix. Comment...? Peut-être était-ce dû à mon état proche de la dénutrition, doublé d'une douloureuse montée d'adrénaline... Je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il me répond. En fait, si. Simplement, je ne sais pas comment réagir. En dépit de son apparence plutôt peu commune et effrayante, l'homme me paraît soudain presque trop inoffensif et démuni. Réalisant qu'il s'approche de moi, je reste bêtement paralysée. Me prends-il en fin de compte pour... Une méchante ? Impossible à dire. Je sursaute aussi débilement quand la lumière éclaire l'homme qui me fait face.

J'avoue penser ma fin proche. Et au vu de la différence extrême entre nos deux corpulence, je sais d'ores et déjà que je ne fait pour ainsi dire pas le poids. Sur un ton étrange, presque timide, il tient pourtant des propos pacifiques. Mes muscles se détendent, et j'affiche un bout de sourire pour lancer d'une voix que j'espère plus rassurante qu'effrayée : « Il ne m'arrivera rien, et à vous non plus, il faut juste qu'on sorte d'ici le plus vite poss- » M'ayant rejointe avec une vitesse impressionnante, je n'ai que le temps de me mordre l'intérieur de la joue pour ne pas crier quand une main de la taille de ma tête me frôle de justesse pour étrangler dans un glougloutement horrible un marcheur déterminé à me dévorer vivante. A quelques secondes près, ce n'était pas moi qui me mordait la joue. Les yeux agrandit par la peur évidente de ce à quoi j'avais échappé, j'observe en silence la mise à mort du cadavre, qui finit par faire un strike sur un tas de ses copains morbides.

Je me sens débile avec mon sabre. Inutile, plus encore. C'est avec un regard proche de la tristesse, mais bien évidement reconnaissant, que je reçoit les dires de mon sauveur. Hochant doucement la tête, j'allais lui adresser des remerciements. Mais en opinant ainsi du chef, je remarque une chose mouvante aux pieds du géant. Un truc qui n'était pas là avant, et ça me semble... Horrifiée, j'esquisse un pas de côté pour m'accroupir le plus rapidement et le plus stablement possible au sol, enfonçant du même temps ma lame impitoyablement tranchante dans le crâne de ce qui était autrefois une femme. Me redressant aussi rapidement pour désencastrer mon sabre de son logement cérébral, mon visage se fait plus dur quand je fais de nouveau face à mon acolyte du jour. Celui-ci me dépasse d'un nombre de centimètres que je ne préfère même pas imaginer, mais j'annonce, déterminée : « Votre amie à raison. Et il faut qu'on suive son conseil, pour sortir de là au plus vite. »

Fixant ses deux yeux tour à tour, j'avale ma salive avant d'aviser nerveusement la horde affamée qui nous guette avec gourmandise depuis un temps qui me paraît bien trop long. Sans trop y prêter attention, je pose ma main libre sur l'immense poignet du survivant, avant de lui proposer : « On risque de se blesser, le couloir est trop étroit. Vous devriez vous en sortir, vous êtes un costaud, après tout... » désignant d'un signe de tête l'étalage qui me servait il y a peu de perchoir, je poursuit « Je vais avancer de là-haut. J'aurais une vision globale, et je pourrais défoncer des crânes aussi simplement que si j'enfonçais une sardine de tente. » Le temps avance. Il nous faut agir si nous ne voulons pas mourir. Secouant doucement l'avant bras de mon interlocuteur géant, j'affiche un air que je souhaite engageant. « Nous serons bientôt dehors. Mais il faut qu'on donne tout, et maintenant. A tout à l'heure, monsieur. » Relâchant mon étreinte, je bondit comme un chat sur les rayons pour regagner ma place. Adressant un signe de tête à l'étonnant colosse qui me fait davantage penser à un nounours géant, j'adopte une posture souple, réalisant avec un sourire que les marcheurs en contrebas n'auront pas le temps de comprendre ce qu'il va leur arriver, du ciel, comme de la terre ferme.

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Mar 11 Juil - 22:16


Confiance...

Ah la confiance! Ce mot que tous chérissent et répugnent à la fois. Certains la donnent sans y penser, car ils veulent se fier au genre humain. D'autres ne font même pas confiance à leurs mères. Les spécialistes ont essayé d'expliquer ce sentiment, cet état d'âme dans une définition assez simple. La confiance est un état psychologique se caractérisant par l'intention d'accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions et/ou le comportement d'autrui. Comme nous le savons tous, Robert pourrait donner Dieu sans confession à n’importe qui. De laisser une chance quand lui-même n’en a jamais réellement eu. Mais cette bonté d’âme est une force ou une faiblesse. Sa confiance sera de nouveau ébranlée et il se refermera sur lui-même? Où le mineur va avoir raison? C’est que nous allons découvrir sous peu…


Toujours les mains bien en évidence, Robert n’en menait pas large. L’immense homme ne se doutait pas que les gens pouvaient faire en voyant sa gueule de bonheur. Si la jeune femme fessait mine d’attaquer, le colosse allait prendre la fuite. Car l’âme du monstre de foire détestait la violence. Il aurait voulu vivre en reclus, éloigné de tous. Mais la jalousie, l’incompréhension et surtout la méchanceté retrouvaient toujours l’homme à l’âme si pur. Mais une lueur d’espoir, un infime rayon d’humanité transpercèrent alors l’obscurité de l’angoisse du mineur. Une voix flutée, très belle et harmonieuse lui répondit. Bobby comprenait parfaitement la peur de la jeune femme à la chevelure noire de jais. Cette frayeur viscérale dès que les gens entraient en contact avec son aura monstrueuse et son apparence cauchemardesque. Bien sûr mon grand ! Il y a une invasion de morts-vivants en ville et tu crois qu’elle a peur de ta bouille de Frankenstein ? Pense un peu! Les mots furent alors comme une cascade vivifiante, un oasis de paix dans ce monde chaotique et laisser pour compte par son Créateur.

Ange- Il ne m'arrivera rien, et à vous non plus, il faut juste qu'on sorte d'ici le plus vite poss-

Mais avant que le mineur ait pu souffler un remerciement, soupiré de soulagement, l’attitude de la dame changea alors. Les stigmates de frayeur de son visage barbouillé se transformèrent alors en détermination. Levant sa lame coagulée de sang, elle s’avança alors vers le mastodonte. Celui-ci retient son souffle, les mains toujours en signe de reddition. Le pas de la dame était vif et ses mouvements semblaient être imprégnés de vif d’argent. Je crois qu’on a tous compris qu’elle est agile et rapide la dame. Allez on continue ! La vie du colosse fut projetée en une fraction de seconde devant son regard troublé : Ses rares moments de joie, ses trop nombreuses peines et blessures, l’arrivée de Bernadette et de la blonde apparition dans sa vie et le long chemin vers une humanité qu’il ne croyait pas posséder. Les traits atypiques du visage monstrueux se fièrent alors dans une indécision complète. Une incompréhension totale pour son esprit lent. Il venait d’aider la magnifique brunette, de lui éviter des blessures. Pendant que sa conscience était en plein dilemme, le corps de la chose réagit de lui-même. C’est bien ça, l’esprit est absent, mais la machine continue à bouger ! Il voulut alors faire un pas pour éviter l’attaque de panique de la femme. Car elle venait surement de décider que le monstre de foire devait mourir. Mais un poids inattendu le bloqua sur place. Le regard bleuté de l’homme plongea à la suite du faisceau de sa lampe de poche. Une goule rachitique essayait de rapprocher ses dents gâtées par la mort du mollet appétissant du mineur.

Avant que la parodie d’humanité ait le temps de se paraitre de la chair du colosse, la lame de la jeune femme plongea. Robert vit alors la lame affutée se diriger droit vers sa jambe… et bifurquer vers le crâne de l’être ramené à la vie. Un bruit de succussion et de cassure se rependît dans l’air quand la dame frappa. Tel un éclair carmin, l’acier trancha le fil de la vie de la marionnette à la chair pourrissante. Les regards des deux êtres se croisèrent un instant. On démarre le violon ! Le bleu délavé et fatiguer des yeux de la femme rencontra le regard océanique si pur de colosse. Une reconnaissance infinie et une gratitude touchante luirait alors dans les yeux de Robert. Pour la première fois de la journée, un semblant de sourire écorcha les lèvres exsangues de l’être qui se considérait inférieur. Un début de sourire pour répondre à celui de la courageuse femme qui venait de secourir une erreur de la nature. Quand elle fut redressée Robert n’eut pas le temps de fléchir la tête pour regarder la menue silhouette. Celle-ci toucha alors l’avant-bras couvert de cicatrices du géant. Robert eut un mouvement de recul involontaire. Il n’était guère habitué d’être touché par des inconnus.

Ange- On risque de se blesser, le couloir est trop étroit. Vous devriez vous en sortir, vous êtes un costaud, après tout…Je vais avancer de là-haut. J'aurais une vision globale, et je pourrais défoncer des crânes aussi simplement que si j'enfonçais une sardine de tente. Nous serons bientôt dehors. Mais il faut qu'on donne tout, et maintenant. A tout à l'heure, monsieur.

Regardant la jeune femme, la voix du colosse se fit toute petite, à peine un murmure. Les mots à peine mâchés enveloppèrent le duo et la pureté de l’être ne fut aucunement mise en cause. Une humanité des plus profondes semblait jaillir des pores de l’être répugnant. Robert dégageait une bonté et une tendresse que peu de gens pouvaient soupçonner l’existence sous l’armure grossière du géant.

Robert- Merci beaucoup madame de m’avoir aidé… Euh… Habituellement les gens me laissent me débrouiller seul… Euh… Vous êtes très gentille… Euh… D’accord personne ne va vous touchez…

Suivant les indications, le mastodonte se plaça près la dame, qui venait d'escalader, qui semblait vulnérable et forte à la fois…

Petit intermède des plus joyeux...:
 

Robert- Faites attentions pour ne pas tomber d’accord?

Les mots à peine mâcher franchir la dentition mal aligné de l’homme et celui-ci pointa vers les portes de l’entrepôt. Bobby avait un point de vue privilégié de par sa haute stature.

Robert- Euh… Beaucoup de gens arrivent… Il y a un type qui ressemble à policier devant… Euh… Les méchants qui mordent peuvent courir?

Voyant la fusée en uniforme de combat courir dans sa direction, Robert crut dans un premier temps que l’homme n’était que blessé et il se sauvait de la petite meute de cannibales d’outre-tombe. Mais voyant la blessure béante dans l’estomac de l’être immonde et les tripes qui flottaient derrière lui comme une parodie morbide de cape. Bon il comprend que c'est un méchant! L’ancien policier obèse fit le tour de l’étalage pour rejoindre un golem balafré estomaqué. Reprenant sou souffle avec difficulté, le regard paniquer de l’homme tomba sur l’étrange duo. La plaie de son bras produisait du sang qui s’écoulait avec une régularité hypnotique sur le carrelage.

Bill- AIDEZ-MOI ! J’AI PRESQUE PLUS DE MUNITIONS ET IL Y EN A UN PAQUET QUI ARRIVE !

Le colosse se plaça entre le danger et l’homme effrayé sans rien demander. Une résolution de pierre s’était apposé le faciès de cauchemar de l’homme déformé. Mais l’étagère près de lui trembla tout à coup. La goule, lancée à pleine vitesse, n’avait pas bifurqué de sa trajectoire et il avait acquis une nouvelle cible. À savoir le géant et sa lampe de poche, qui se baladait entre les rayons vides. Un peu plus et les lourdes tablettes aurait basculé sur le duo. L’ange perché en haut avait été déconcentré par le survivant hystérique. Mais le mastodonte se propulsa à son tour pour empêcher le désastre. Le choc lourd du corps massif de Robert résonna dans la clameur de goules affamées. L’infecté de fraîche date essaya de saisir les jambes de l’être lumineux juché en hauteur, mais le colosse eut un trait de génie. C'est très rare en effet. Laissant tomber sa hache au sol, il appuya à son tour ses mains massives sur les montants métalliques. Poussant un rugissement à la fois de défi et d’effort, Robert lança sa force phénoménale dans la lutte.

Robert- DÉGAGEZ MADAME!!!!

Le simulacre de vie en uniforme de combat essaya de résister, mais dès de la brunette magnifique put se dégager le lourd meuble tomba sur lui, l’écrasant de sa masse. Loin d’avoir donné son dernier souffle, le zombie bougeait ses bras pour essayer d’agripper ses proies. Proies qui étaient maintenant hors de portées. Saisissant sa hache Robert souffla et inspira. Une haine de ces créatures cauchemardesques coulait maintenant dans ses veines et son instinct bestial ne demanda qu’à cet instant d’aller satisfaire sa rage. Voyant la meute de trépasser s’approcher, le regard océanique n’exprima que la résolution la plus profonde.

Robert- Restez derrière moi monsieur… Euh… Je m’occupe des méchants qui mordent… Euh…

Dès qu’il put se faire assez de place, l’homme immense et aux muscles gonflés par un semblant de rage qui aurait rendu les bersekers des temps de jadis ridicules, prit part à un combat pour la survie. La férocité du simplet était magistrale, grandiose en fait même. Membres et têtes étaient trancher comme du papier mâcher répugnants lors de la progression vers leurs salut...

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Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


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Rashka Reagan
Matricule n°001
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Mer 12 Juil - 14:00


Les chemins du hasard...
Robert & Rashka


Comme si cela l'inquiétait réellement, le nounours géant me mis en garde, afin que je ne chute pas de mon refuge. J'incline rapidement la tête. Qu'il ne s'inquiète pas, je n'en avait aucunement l'intention. A sa place, je me serais davantage souciée du nombre de cadavres qui continuaient à progresser dans notre direction. Si j'étais à l'abri de leurs mâchoires moisies, lui, en revanche, ne l'était pas. Le survivant sembla s'en rendre compte, puisqu'il mentionna le fait que les morts étaient nombreux à approcher. Ça, c'était le moins qu'on puisse dire... La seconde partie de sa phrase entrecoupée d'hésitations me fit froncer les sourcils. Cherchant du regard le policier décrit par mon coéquipier du jour, c'est avec une certaine horreur que je pose les yeux sur un bonhomme complètement paniqué, qui fonçait droit sur notre position.

Il ne nous manquait plus que ça. Un héros du commissariat local, les tripes au vent. Mon estomac n'approuve pas du tout cette vision gore à souhait, et je m'autorise au dernier moment à fermer les yeux. Bordel, c'est pas le moment de faire la délicate, ma fille. Déglutissant avec peine pour tenter de repousser cette saloperie d'envie de vomir, mes tentatives s'avèrent perturbées, du même temps que mon équilibre. Rouvrant brusquement les paupières, j’aperçois l'homme en pleine mutation, qui s'accroche désespérément au rayonnage sur lequel je suis juchée. Pendant quelques instants, je suis en pleine hésitation. Le Géant à la voix douce agrippe lui aussi le présentoir, tant et si bien que je ne sais pas comment réagir. Serait-il choqué si j'enfonçais sans retenu mon katana dans le crâne de ce type jusqu'à la garde ? Possible. Bien que je ne le pense pas prêt à s'en prendre à moi en retour.

C'est quand il prends la parole que je sors de mon état quasi-léthargique. Réfléchissant à toute vitesse, je ne vois qu'une option, et de toute évidence, il me faut me dépêcher. Inspirant un bon coup, je prends le plus d'élan possible, étant donné la surface de mon perchoir, et m'élance au dessus du duo improbable. Je me réceptionne assez mal, j'avoue. Cependant, au grand fracas qui poursuit mon atterrissage, je pivote sur moi même, réellement inquiète quand à l'issue de cet évènement. A demie rassurée par la vision du colosse qui dégomme des zombies aussi facilement que s'il fauchait de la luzerne, j'adresse un oeil mauvais au policier de l'enfer. Me baissant suffisamment, il me suffit d'esquisser un ample et rapide mouvement latéral pour réaliser une satisfaisante coupe transversale de cerveau muté.

Calmée, je ne m'offusque pas du sang noirâtre qui rejoint mes peintures de guerrière. Avisant mon étonnant acolyte, j'ai le temps d'apercevoir un bras et une tête s'envoler de la masse de morts qui lui fait face. Aussi insolite qu'admirable, il faut l'avouer. Galvanisée par l'adrénaline qui remonte en flèche dans mon petit être autrefois fragile et effacé, je me redresse pour rejoindre le Nounours Géant, toujours perchée sur mon poste. Les jambes à demies fléchies, il me suffit de balancer ma lame à ma gauche, puis à ma droite, pour fendre les crânes en putréfaction aussi facilement que lorsque je m'amusais à trancher mes pamplemousses du matin. Après plusieurs opérations de ce genre, je constate en haussant un sourcil que le colosse à autant d'avance que moi.

Je choisi alors de passer de l'autre côté de la troupe de pantins de l'apocalypse, analysant un instant l'horizon parfois éclairé par la fluette lumière provenant de la lampe du massacreur à la hache. D’où venait cette saloperie de policier...? Peut importe, en fin de compte. A quelques mètres, dont j'estime rapidement le nombre à une vingtaine, j'aperçois nettement la salvatrice forme d'une porte. Pivotant sur mes talons, j'esquisse un sourire en voyant que le carnage de l'ours immense à été mené à terme. Le rejoignant au sol en me laissant tomber du rayon, je lui lance, un peu intimidée tout de même « Est-ce que... Tout va bien ? » accueillant sa réponse avec une certaine inquiétude, je désigne une direction de la tête, en ajoutant « Il y a une issue, juste là-bas. Une autre horde est en marche, probablement celle amenée par le policier que tu as vu tout à l'heure... Merci encore, d'ailleurs... »

Sachant qu'il allait falloir faire vite, j'invite le survivant à me suivre. Mettant à terre les deux cadavres isolés qui se dressent entre nous et la fameuse porte, je ralenti l'allure quand les rayonnages ne nous masquent plus. Grâce à la lumière portée par le Géant, nous découvrons le périmètre de l'issue, nue de tout étalage, mais dont le sol est jonché de cadavres fraîchement abattus. Le flic, sans aucun doute. L'immense tapis, portant fièrement le nom de la succursale, n'est plus qu'un chiffon gorgé de liquide sombre et gluant. Peu ragoutant, en effet. Je détourne les yeux de ce spectacle pour le moins refroidissant pour adresser un sourire franc à mon saveur. A ce moment précis, la horde nous rattrape finalement, et nous acculerait dangereusement dans ce fond de magasin, mais fort heureusement pour nous, la porte nous tends les bras.

Mes bottes clapotent une mélodie originale, quand je foule le marécage macabre, et, posant les yeux sur un bras toujours animé bien que je ne puisse pas savoir à quelle créature de l'enfer il appartient, j'incite mon acolyte aux proportions insolites à la prudence « Faites attention monsieur, il a des... méchants, qui ne sont pas tout à fait morts... » Mais qu'importe. Dans quelques secondes, nous quitterons l'endroit nauséabond, pour refermer derrière nous la malheureuse troupe de morts, qui ne mangeront pas aujourd'hui... Poussant le battant de la porte avec une certaine hâte de respirer l'air pur du dehors, je me fige brutalement. Non... C'est pas possible !?! De mes faibles forces, j'insiste, encore et encore, pour finalement me rendre à l'évidence. Cette putain de porte ne s'ouvre que de l'extérieur.

Je sens les larmes d'un désespoir mêlé de fatigue intense me brouiller la vue, quand je me détourne vers le Nounours. Je dois faire peine à voir. En arrière de la haute silhouette de celui qui sera probablement le dernier humain qui m'est donné de côtoyer, des dizaines de mordeurs s'avancent impitoyablement vers nous. Je prends le temps de ranger doucement mon katana. Impuissante. Fatiguée. Découragée. Résignée. Je ne vois pas comment nous pourrions nous en sortir, désormais, et je n'ai plus la force d'y croire. Ce jour sera donc le dernier. Levant les yeux vers l'homme, je me redresse toutefois de toute ma modeste hauteur, comparée à la sienne, pour lui tendre la main. Ma voix est légèrement tremblante, mais cela ne m'empêche pas de lui sourire. Détaillant les nuances de l'océan calme et clair de ses yeux, je murmure :« Je suis Rashka. Ravie de faire votre connaissance, monsieur. »

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Jeu 13 Juil - 6:21


Adrénaline…

Bientôt ce sera la drogue la plus courante dans cet univers de fou. Car naturellement les réserves d’opiacés et autres narcotiques de ce monde vont s’épuiser à la vitesse grand V. Manque de moyens, pertes de mains-d’œuvre, bref la chute de la société dite «moderne ». Les survivants ne pourront que se shooter à l’épinéphrine naturelle. Comme vous le savez, l’adrénaline est sécrétée en réponse à un état de stress ou en vue d'une activité physique, entraînant les causes qui suivent : une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une hausse de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles. Elle répond à un besoin d'énergie, par exemple pour faire face au danger. Vous avez surement entendu parler de ce petit bout de femme, mère aimante, qui a soulevé une voiture pour dégager son enfant prisonnier sous celle-ci ? Selon les experts, c’est à cause de ce miracle biologique. Si une dame d’un certain âge fut brutalement transformée en homme fort, je me demande ce qui va se passer avec notre gentil géant…

Le carnage fut horrible à voir et le géant frappa sans relâche, tel une machine de guerre parfaitement huilée. Bientôt le duo arriva aux portes vitrées du magasin, en verre blindé. Le regard océanique de l’homme pouvait voir la quiétude et le salut de l’extérieur enneiger. Il humectait presque le doux arôme vivifiant de l’air frais en comparaison de la putréfaction des corps démembré qui jonchaient le sol à ses pieds. Habituellement c’est là que la chance se transforme en salope pour mettre le nez des survivants dans la merde la plus infecte. La jeune femme amaigrie essaya alors de pousser les battants et la voie salutaire resta obstinément fermer. Je vous disais quoi au fait? Mais passons. Robert essaya aussi et il n’eut aucun succès. Une petite voix tremblante, douceâtre, fit alors pivoter la tête de la chose immonde. Des torrents de larmes slalomaient sur les joues de la jeune femme au katana. Elle tendit une petite main chancelante, tout comme l’espoir qui menaçait de s’éteindre dans son regard farouche et déterminé.

Ange- Je suis Rashka. Ravie de faire votre connaissance, monsieur.

Il prit alors la main gracile de l’ange de sa poigne d’acier trempé recouverte d’un gant en kevlar. Le geste fut doux, remplit de bienveillance et surtout d’une timidité qui semblait être la marque de commerce de la chose de cauchemar.

Robert- Rashka… Euh… C’est un beau nom… Euh… Moi c’est Bobby ou Robert… Euh… Les gens m’appellent d’habitude le monstre, la chose ou Frankenstein…Euh… On va s’en sortir ok? Vous me suivez d’accord?

Robert regarda avec une douceur infinie l’ange à la chevelure cuivrée et sourit. La jeune femme ne connaissait rien de l’être à l’apparence douteuse.. Pendant quelques instants, l’esprit lent de la chose galopa dans ses plaines désertiques de son subconscient. Elle réagissait comme Bernadette et Charlee. La dame, cet être à part, avait pu découvrir l’humain qui sommeillait au tréfonds de l’armure imparfaite. Pourquoi durant toute sa vie, le géant n’avait jamais rencontré de gens de la sorte. Et là en moins d’un mois, Bobby rencontre 3 anges coup sur coup. Le voilà encore parti dans la lune... Des gémissements de faim tirèrent alors le colosse de ses pensées et il crut pendant un instant qu’il était rendu seul. Paniqué il regarda tout autour de lui pour essayer de voir la gentille dame. Au loin les portes de l’entrepôt revenaient à leur position. Un souvenir récent refit surface alors dans le ciboulot de l’homme difforme. Le policier blessé venait de cette direction. De par sa passivité, le colosse fut épargné provisoirement de l’assaut des morts-vivants. On voit que les zombies sont stupides! Un buffet immobile et ils regardent dans un autre sens. L’ancien flic semblait faire un baroud d’honneur, un dernier carré désespérer plus et la majorité des goules furent alors attirer vers cette agitation.

Mais une pensée fit percuter Robert avec la même force que ses poings lorsqu’il devait se défendre contre des méchants. La dame pouvait être en danger de par sa perte de contact avec cette dure réalité. Alors, le gentil monstre se transforma soudainement en un être de colère et de peur. Les traits atypiques du faciès monstrueux de l’homme difforme se consumèrent pour former un masque de rage à peine contenu. il entreprit de rejoindre la porte de l’entrepôt. Au travers de la petite fenêtre de la porte, le monstre de foire vit une image singulière. Un visage strié de veines bleutées dont le sourire ensanglanté ne laissait présager rien de bon. La terreur noua alors les tripes de Bobby. Il ne pouvait s’empêcher alors de penser à cet instant que ça pourrait être l’hémoglobine de la douce dame. Que la bête était arrivée trop tard pour aider une des rares personnes qui semblait lui faire confiance. Poussant un hurlement de rage pur, Robert s’élança alors vers l’entrepôt des horreurs.

Oubliant totalement les morts-vivants, le danger et le chaos, Robert poussant un second cri brutal qui fit glacer le sang des vivants. De l’adrénaline pure avait remplacé le sang dans l’organisme prodigieux de l’être torturé. Bon voilà enfin un peu d'action! Allez mon grand défonce-les! Partit l’être gêné, parti l’humain en quelque sorte. Le protecteur était aux commandes de cette machine phénoménale et il l’utiliserait au maximum de sa capacité. Tout ceci pour ne protéger qu’une personne projetée dans cet enfer. D’un puissant coup de talon, le géant ouvrit à la volée les deux portes battantes de l’entrepôt. La créature semi-vivante fut alors projetée, comme un fétu de paille emporté par une tornade, sur le mur et glissa pathétiquement au sol. Le policier blessé utilisait son fusil à pompe contre un agresseur que Robert ne pouvait voir. La haute silhouette et imposante du colosse continua d’avancer à grands pas au milieu des tourbillons presque opaques de poussières soulever par son entrée fracassante. Le manteau de cuir de l’homme difforme flottant comme une cape autour de ses larges épaules. Ses yeux luisants se rétrécirent, son visage monstrueux se fit encore plus intransigeant. Au sol une goule essaya de se relever pour se jeter goulûment sur le corps gracile de l’être qui avait donné une chance à la bête. Balançant un coup de pied dans les côtes de la parodie d’humanité, Robert la fit virevolter face première dans les étagères métalliques. Sans perdre une seconde, un autre pas gigantisme de l’homme difforme l’emmena près de l’étreinte mortelle avec le survivant condamné. Saisissant la créature doublement morte par le cou, il dégagea l’homme. Projetant le corps sans vie avec la facilité d’un enfant furieux qui malmène ses jouets, Robert tendit une main secourable vers la jeune femme au regard hypnotique. La rage et la fureur de son inquiétude pour elle disparurent quand les yeux bleutés rencontrèrent le visage livide. Le ton rassurant, doux et rauque de la bête fut murmuré d’une façon claire et distincte.

Robert- Vous m’avez fait peur, madame… Euh… Je ne veux pas que vous soyez blessée… Euh… Excusez-moi…

Dès que l’être divin fut en sécurité derrière lui, Robert se dirigea alors vers la monstruosité qui essayait de se relever. Prenant l’aberration par le collet de sa chemise à moitié déchiré, Bobby plaça sa mâchoire au niveau du rebord métallique de la lourde étagère. Aussitôt il se redressa et avec son talon démesuré, il frappa à l’arrière du crâne de la goule. Le premier coup fit disloquer la mâchoire, cassant l’os et faisant pénétrer le métal dans la cavité buccale du mort-vivant. Voyant que la pathétique parodie de vie bougeait encore, le colosse refit la même attaque dévastatrice. Dans le doute on frappe de nouveau. Mais cette fois l’étagère métallique s’enfonça profondément dans le crâne de l’âme en peine. Se tournant vers le duo qui le regardait, Robert fit un petit sourire à la fois triste et mélancolique. Une peine s’inscrit alors dans son regard bleuté et il parla avec les accents de la vérité et d’une innocence encore intactes.

Robert- Je n’aime pas me battre… Euh… Mais je ne veux pas que les gentilles personnes soient blessées, madame… Euh… C’est bien là-bas qu’on doit sortir non?

L’immense index de la bête pointa le carré d’où la lumière du jour entra abondamment. Après avoir eu la confirmation de la douce femme, Robert eut une idée toute simple. Un être simple ne peut pas avoir d'idées trop complexe non? Il dit alors en regardant tour à tour le policier et la jeune femme albâtre.

Robert- Euh… Je vous ouvre le chemin… Euh… Suivez-moi et rendu près de la porte je vous couvre… Euh… Je ne vous laisse pas tomber Rashka.

Et alors Robert commença sa course vers le rectangle lumineux, cette issue ou le mal s’infiltra par grosses gouttes de pourritures. Dans un premier temps, le pas de la bête était peu sûr et gauche. Mais dès que la vitesse fut acquise, les gens pouvaient presque croire à la lancée d’une locomotive. Rien ne pouvait détourner la marche de cet immense gaillard. Le faisceau de lumière blanchâtre pointa, au gré des balancements frénétiques de ses pas, des fois la lie de l’humanité transformée en goules et d’autre fois les alentours dévaster de l’entrepôt. Des mendiants, des femmes vendant leurs corps fatigués pour des doses de rêves, des membres de gangs. D’autres fois, c’étaient les puissants de ce monde qui apparaissaient la bouche couverte de sang, leurs costumes dispendieux déchirés et ruinés. On est tous égaux devant la Faucheuse et la réanimation post-mortis. Le premier spectre d’un autre monde qui essaya d’empêcher l’express Bobby de se rendre à destination fut un jeune messager en vélo. La goule boita horriblement de la jambe gauche et le coup de hache porté avec fureur par le mastodonte n’arrangea en rien son état. Il fit un tour complet sur lui-même avant de choir sur le sol à quelque pas du groupe. Le second mort-vivant ressemblait à Cruella dans les 101 dalmatiens. Son vison blanc était souillé par des taches brunâtres et Robert descendit son épaule pour l’accueillir au niveau de son plexus solaire. Telle une poupée de chiffon, la méchante de Disney trépassée valdingua dans une pile de palettes de bois. Toutes les aberrations putrides furent soit propulser proprement hors du chemin du golem balafré ou bien massacrer d’un puissant revers de la hache d’incendie. Rendu près de la porte, Bobby se plaça face aux rôdeurs pour couvrir les arrières de la brunette samouraï avec sa hache couverte d’hémoglobine. Le regard de Robert luisait de détermination et d’une compassion des plus troublantes.

L’ange, ainsi que le survivant contaminé, purent apprécier une liberté retrouver. Quand la porte fut fermée, la brèche fut colmatée et des instants plus tard des coups retentirent. La ruelle était plongé dans la noirceur où seulement des minces rayons, telles des flammes d’humanité vacillante, jetaient des aperçus macabres. Le policier semblait à cran, son teint verdâtre. Il ne lui en reste pas pour longtemps... La peau de ce dernier était couverte de chair de poule et moite de sueur. Le regard brulant de douleur et de fièvre se posa sur le géant à la hache et l’être de lumière.

Bill- Merci de m’aider. Que Dieu vous bénisse.

Bobby jeta alors un regard vers les deux personnes qui étaient maintenant sous sa garde. Le protecteur déploya une sorte d’aura de calme et d’apaisement autour de lui. Pour sécuriser les deux humains près du monstre en quelque sorte. Son ton rauque aux mots mal mâchés fut expulsé de ses lèvres exsangues.

Robert- Euh… Les méchants ne vous pas vous toucher…Euh… Madame Rashka, merci encore de me faire confiance.

Levant sa hache haute dans les airs, le colosse l’abattit avec une violence inouïe sur un cadavre ambulant qui s’était approché trop de ceux qu’il protégeait. Mais au bout de la ruelle sombre se trouvait plusieurs ombres chancelantes qui semblaient ivres, essayant de satisfaire un appétit impie. Heureusement que pour le trio, les goules n’avaient pas encore aperçue de leur présence. Du moins pas encore…



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Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


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Rashka Reagan
Matricule n°001
Knowledge can change our fate
Jeu 13 Juil - 9:57


Les chemins du hasard...
Robert & Rashka


La fatalité. Lame traître, qui s'est impitoyablement abattue sur moi avec soudaineté. Qu'est-ce que j'ai mal fait ? Quand ai-je mal agit ? Est-ce parce que moi aussi, d'une certaine manière, j'ai joué un rôle, aussi faible soit-il, dans la fin du monde ? Jouer un rôle... Oui, je le reconnais. J'ai joué Akira, jusqu'au bout. Tout simplement parce que sans elle, je n'aurais pas parcouru tant de kilomètres. Sans elle, je ne sais même pas si j'aurais survécu bien longtemps, après qu'Adryan m'ait secouée sur le plateau de tournage. J'ai entretenu et habité si souvent son personnage qu'il m'est devenu réel, pour finalement devenir une part de moi-même. Un masque de survie que je posais sur mon visage pour ne l'enlever qu'à de rares occasions.

La fatalité. Cette salope s'insinue jusque dans mon esprit fatigué, pour me montrer à quel point j'ai tout perdu. J'avais, jusqu'il y a encore peu, beaucoup, comparé à d'autres âmes en perdition. L'équipe de tournage, dont je faisais partie. Adryan, un acteur dont j'ai toujours été plus que fan... Mon ami, mon mentor. Parti, disparu, par un de ces matins ou vous vous levez brusquement, pensant encore être dans votre lit douillette alors que vous reposez seulement sur un sol dur et froid. Le souvenir de l'homme m'arrache un soubresaut larmoyant douloureux.

La fatalité. Au final, j'ai l'impression qu'elle ondulait macabrement au dessus de ma tête depuis cette dernière scène, ou j'ai poursuivit mon monologue en étant quelque peu perturbée par les silhouettes étranges que je voyais progresser non loin du plateau. C'est ma maquilleuse, que j'ai vu en premier. Là, j'ai compris que la presse ne mentait pas. Déformée par la mort, elle se dirigeait vers nous avec une avidité phénoménale. Elle qui était si gentille, d'humeur légère, toujours prête à accueillir notre stress avant de monter sur les planches. Elle qui, quelques minutes auparavant, avait râlé pour la forme, avant de repasser mes peintures de guerre un peu effacée. La fatalité lui était tombée dessus dès le début de cette merde. Et ce n'est que maintenant qu'elle s'occupe de mon cas. Finalement, elle nous aura tous, les uns après les autres.


⌂ ⌂ ⌂

Le voile sombre qui avait couvert mon esprit se dissipe enfin. Il semblerait que la déception intense dû à cette putain de porte ait été le coup de trop pour la chose fatiguée que je suis. Avec une certaine surprise, je me rends compte que je suis passivement le géant. Ma mémoire, à ce moment en pause, refait brièvement surface pour me faire part de ce que j'ai loupé. Adressant un sourire  triste au dos du survivant, je murmure bêtement « Bobby... » plus pour ancrer son nom dans ma tête qu'autre chose. Quoi...? Ne se rend-t-il pas compte que les dés sont jetés ? Nous n'avons plus aucune chance de nous en tirer. La seule issue, maintenant que celle de la porte vitrée est à oublier, c'est la mort. Me sentant glisser davantage vers une forme d'acceptation, je dois reconnaître qu'une chose me chagrine toutefois. J'ai a peine l'envie et la force de m'y pencher, mais ce dilemme doit tout de même s'arrêter sur un choix, et le plus tôt possible. Sinon, je n'aurais pas le loisir d'effectuer moi même le dernier virement de trajectoire sur la misérable route qu'est mon existence.

La mort. C'est bien beau, mais, l'idée de me faire dévorer vivante ne m'intéresse pas tant que ça. Plus encore, je me suis toujours promis que je ne deviendrais jamais comme eux. Errer à l'infini, comme un fantôme... Déambuler, affreuse et gargouillante, hors de question. Alors, il me fallait mourir avant que les cadavres ambulants n'arrivent à me prendre comme repas. Sans la toucher, je sens la lame courte de son sabre de cérémonie de style ninja. Elle est simplement là, contre ma hanche gauche. Je sais très bien que je n'aurais pas le cran de me la planter d'un geste vif dans les entrailles. Et quand bien même, ça ne réglerait pas l'histoire de la résurrection morbide. "Vous m’avez fait peur, madame… Euh… Je ne veux pas que vous soyez blessée… Euh… Excusez-moi…" Alors voilà. C'est mon nouvel ami, la solution. Il suffirait qu'il esquisse un simple mouvement, armé de ma lame acérée. Le colosse pourrait tout aussi bien utiliser sa hache, mais j'aimerais autant que l'objet de ma mort soit liée à une partie de moi. Accepterait-il de le faire...? Toujours à moitié déconnectée de la réalité, j'observe mon acolyte supprimer en deux fois une aberration décomposée.

Troublée par les mots qu'il prononce, je réalise deux chose en tournant la tête vers la direction qu'il indique. Premièrement, le flic à moitié mort se tient à proximité de moi. Deuxièmement, une bouffée d'air légèrement plus pure chatouille mes narines. A la vision lumineuse de l'extérieur, mes yeux s'arrondissent. Mon incompréhension est totale. Revenant au Nounours géant, j'hoche vivement la tête, sans pour autant pouvoir parler. Comment est-ce seulement possible ...? Alors que je planifiais plus ou moins ma mort, je me rends compte que le survivant, lui, n'avait aucunement perdu la foi, et qu'il s'était démené pour s'assurer de vivre. Comment fait-il ? Où trouve-il autant de force ? Autant de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses.

J'ai du mal à comprendre réellement ce qui se passe ensuite. Je sais que je fixe le-dit Bobby, et que rien d'autre n'existe en cet instant. Progressant sûrement avec une démarche pas si lointaine des pantins aux mâchoires béantes, je vois mon guide se débarrasser rapidement de plusieurs de ces derniers. Un espoir, tout neuf et déjà vaillant, accompagne les battements de mon muscle cardiaque. Avant que je n'ai le temps de vraiment réaliser, nous sommes dehors. Dehors. Retrouvant quelque peu mes esprits, j'aide du mieux possible les deux hommes à fermer l'issue derrière nous. Fronçant les sourcils aux remerciements du policier, j'accueille ses propos avec visiblement moins de bienveillance que notre sauveur. Quand il prends la parole, j'échappe un rire nerveux. « Tu rigoles j'espère ! C'est à moi de te remercier, Bobby. Tu m'as sauvée, alors que je croyais que tout était perdu... » Je cherche mes mots, mais ne parvient pas vraiment à exprimer ma gratitude comme je l'aimerais. Ça m'agace un peu, mais je finit par adresser un sourire au Nounours.

Prenant rapidement connaissance de notre position, je savoure un instant plusieurs bouffées d'air pur. Bien évidement, notre sortie ne va pas tarder à attirer une sympathique horde de morts, mais je dois avouer que cela ne m’inquiètes pas. Après le miracle permit par Bobby, je suis étrangement sereine. Le blessé se penche alors pour cracher une quantité de sang que d'aucun jugerait inquiétante. Haussant un sourcil, j'analyse rapidement la situation. Les yeux exorbités, il semble souffrir, et je sais très bien que ses heures, ou ses minutes, plus probablement, sont comptées. Ce que je ne sais pas, en revanche, c'est comment le géant est habitué à gérer de telles situations. Du peu de ce que je comprends de lui, il ne ferait pas le moindre de mal à quelqu'un qui est humain, partiellement ou non. Selon moi, ce type, aussi amical puisse-t-il être, est un danger ambulant. Il est capable de muter d'un instant à l'autre, et si nous avons le dos tourné, il est fort probable qu'il soit tenté par un bout de Bobby ou de Rashka.

Je l'observe se remettre de sa mauvaise tout pour annoncer d'un ton plat : « Vous allez mourir. Dans pas longtemps » Le mauvais regard qu'il me lance ne m'atteint même pas. Je poursuit froidement « Grace à mon ami, vous avez maintenant le choix. Quitter ce monde dignement, à l'air libre, et sans douleur... Ou succomber à vos blessures, et risquer de nuire à votre sauveur. » Histoire d'appuyer mes intentions, je dégaine mon katana d'un geste fluide, appréciant le chant de la lame. Le survivant semble hésiter un moment. Pendant qu'il semble réfléchir aussi rapidement que son esprit dévoré par le virus peut le lui permettre, je me retourne vers le géant. J'ai vraiment peur de le choquer... Mais j'ai encore plus peur de la probabilité que notre ami se fasse les dents sur lui... D'une voix que j'espère plus douce, je lance « Je ne veux pas lui faire du mal, tu comprends ? Mais... Il doit avoir le choix. »

Et décider de son départ, comme j'étais prête à la faire quelques minutes auparavant dans l'entrepôt. Retournant au blessé, je remarque les larmes de celui-ci. Alors qu'un filet noirâtre s'échappe de ses lèvres craquelées, j'affiche un demi sourire compatissant quand il hoche la tête en signe d'acceptation. Détaillant tour à tour les deux survivants présents, j'inspire doucement, avant de les encourager : « Fermez les yeux. » Slash. Un bruit de chute. Secouant ma lame d'un geste vif, j'inspire de nouveau avant de saisir l'énorme poignet du Nounours de ma main libre, afin de l'entraîner avec moi. « Viens Bobby, on ne peut pas rester ici. » J'estime en effet que la vision de la coupe crânienne du policier ne serait pas très réjouissante pour lui... M'éclaircissant la gorge, je poursuit « Tu as un endroit à rejoindre ? Des gens à rassurer ? » Certes, il nous faut encore sortir de la ruelle. Mais... Si le géant fait partie d'une communauté, nos chemins ne tarderont pas à se séparer. Ce fait ne me réjouit pas, loin de là, mais je suppose que je m'en remettrais, comme toujours...
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Ven 14 Juil - 3:13

Panique…

Ah ce puissant sentiment que nous avons tous ressenti à un moment ou un autre de notre existence. On peut définir ce mot de quelques façons. Certains parlent d’un dieu de la mythologie grecque, Pan le bien nommé, qui inspirait la peur aux ennemis de ses sujets par ses bruits. Parlant de peur panique, c’est une terreur soudaine qui domine le raisonnement et affecte souvent des groupes de personnes. Je crois que la situation qui nous intéresse n’est certainement pas des flutes de flute et de sabot n’est-ce pas? Les aberrations infectées par la maladie causent une grande frayeur au cœur des survivants. Mais soyons sadiques et imaginons qu’un nouveau protagoniste entre en scène. Une personne qui compte énormément pour un des acteurs de cette tragédie comparable à la folie de Néron… J’espère que vous voyez ou je veux en venir avec cette référence des plus appropriées?  Enfin soit retrouvons notre malabar à l’intellect déficient et comment il fera pour essayer de s’en sortir sans perdre de morceau important de son anatomie.


La hache de colosse tranchant dans le vif du sujet, à savoir une goule presque momifiée à l’avance par le statut d’arrière-grand-mère qu’elle portait tel un honneur de son vivant.  Le coup puissant tranchant presque complètement le bras de la parodie d’humaine et Robert ne se fit pas prier pour faire un second coup latéral dévastateur. Le fil aiguisé de l’outil coupa le mince fil de non-vie qui maintenait l’aberration debout. Dans un soupir de frustration de ne pas avoir pu étancher sa faim macabre sur l’amas de muscles disproportionné, la zombie s’évacha sur le sol dans une tâche de sang nauséabonde. Alors, la voix de la gentille dame s’éleva, attirant l’attention du colosse déformé de sa moisson funeste.

Rashka- Tu rigoles j'espère ! C'est à moi de te remercier, Bobby. Tu m'as sauvée, alors que je croyais que tout était perdu...

Le cœur débordant de compassion de l’être ignoble se serra devant le visage épanoui par la joie. Les yeux bleutés de l’actrice  étaient sur le bord de laisser échapper des larmes d’allégresse d’être en vie. Mais une résignation farouche percuta aussi les sens de Bobby. Il se dit qu’elle aurait dû être dans un lieu sécuritaire et accompagné d’humains décents. Pas dans ce lieu lugubre avec comme compagnie un monstre de foire laid comme le pêcher et un policier qui risquait de s’évanouir à tout instant. L’homme ventrue au tient malade et faible vomi du sang noirâtre, un peu comme les zombies en fait, devant les deux survivants.

Rashka- Vous allez mourir. Dans pas longtemps » Le mauvais regard qu'il me lance ne m'atteint même pas. Grace à mon ami, vous avez maintenant le choix. Quitter ce monde dignement, à l'air libre, et sans douleur... Ou succomber à vos blessures, et risquer de nuire à votre sauveur.

Une seconde passa, temps qui équivalait à une éternité dans ce monde de fou, elle rajouta dans un murmure comme pour rassurer le géant au cœur d’or qui voulut ajouter quelques choses. Dire que certaines personnes comme lui pouvaient survivre au baiser douloureux des patins de la Faucheuse. Mais le doux visage de Bernadette lui revient en mémoire, le suppliant de ne pas parler de sa chance incroyable.

Rashka- Je ne veux pas lui faire du mal, tu comprends ? Mais... Il doit avoir le choix.

Un sourire  rassurant écorcha alors le faciès monstrueux de Robert. Tendant une main tremblante vers le corps gracile de la femme, il en effleura l’épaule. Toute l’âme de Robert désirait la réconforter en la serrant dans ses bras immenses, comme lorsque Sandra avait peur de la leucémie. Mais la gêne galopante fut la plus forte et il ne put que serrer doucement l’épaule de la jeune beauté ténébreuse. Un véritable caniche cette brute.  Le ton encourageant et sincère de la chose allait de pair avec la lueur de tendresse et de détermination qui traversa son regard.  Sortant une barre de chocolat de sa poche, il le donna à la jeune femme surprise.

Robert- Euh… Tu es gentille et je t’ai dit que j’allais te ramener en sécurité… Euh… On doit faire ce que tu as dit… Euh… Mais tu es sûre qu’il va se transformer?

Policier- D’accord… Faites ça vite…

L’être immonde au corps titanesque écouta le conseil avisé de la samouraï et grimaça de douleur lorsque le corps sans vie tomba au sol. Empathique créature, le gladiateur de l’apocalypse avait senti la souffrance, la douleur et le désespoir de l’homme. Il envala sa salive douloureuses et se pencha pour fouiller dans le portefeuille de la victime de ce monde chaotique. De ses doigts peu agile, il en sorti la carte d’identité et la glissa dans la poche de son pantalon. La petite main gracile de la jeune femme saisit avec délicatesse le poignet du monstre de foire et lui dit avec compassion.

Rashka- Viens Bobby, on ne peut pas rester ici.

Hochant sa tête aux traits durs et grossiers, Robert s’avança vers le bout de la ruelle. Les échos des gémissements des morts semblaient maintenant loin, les quelques rares zombies trucidé par l’avancée magistrale et sans pitié du géant semblait à des pantins disloquer.

Rashka- Tu as un endroit à rejoindre ? Des gens à rassurer ?

Un air triste et mélancolique se propulsa alors sur les traits atypiques de l’horrible faciès de la chose.

Robert- J’habite chez Doc Alair et sa nièce pour le moment… Euh… Je les aide à faire des défenses et ensuite je vais partir… Euh… Je rends les gens mal à l’aise à cause que je suis monstre et pas intelligent…

Quand le duo des plus mal assorti Un géant et une femme avec un maquillage de raton-laveur ce n’est pas assez troublant à votre goût? Commença à bouger, un bruit de verre cassé combiné à du métal strident les accueillit. La mélopée des morts-vivant changea de ton.  Une indignation perceptible dans les gémissements des goules signala à Bobby et sa compagne d’infortune que la meute s’approchait de la source du vacarme. Comme des charognards près d'une bête agonisante. Tout près un chœur immonde s’éleva. Comme si le groupe nauséabond de cannibales zombifier venait de trouver un gueuleton. Une voix s’éleva au moment que le colosse balafré tourne le coin pour apparaître enfin à la lueur du jour mourant.

Voix- NONNNNN!!!!!

C’était une voix typiquement féminine qui donna le frisson à la créature cauchemardesque. Se redressant soudainement, un air paniqué frôlant la peur s’inscrivit sur les traits atypiques du mineur. Se tournant alors vers et la dame à la beauté ténébreuse, la voix soucieuse de Robert demanda pour confirmer ses doutes.

Robert- Vous avez bien entendu… Euh… Ça ne se peut pas que ce soit Heaven… Euh… Elle est restée chez son oncle…

Entendant un « Oohh » qu’il reconnut entre mille sons, le cœur du goliath des temps modernes rata un bon dans sa poitrine. Ses yeux s'écarquillèrent d'angoisse. Son sang se glaça et il beugla de toutes ses forces.

Robert- HEAVEN … J’ARRIVE…


Mais comme si les cieux se moquaient de l’inquiétude du mastodonte, une petite bruine d’eau tomba alors sur le duo hagard. Une alarme stridente se déclencha alors et la petite pluie se tarit subitement.

Petit intermède de ma part pour vous expliquer ce prodige. Voius vous souvenez de la raison du départ de Robert. De sa crainte de voir la blonde se faire encercler par des goules. Le grand simplet avait enfin retrouvé la jeune femme, mais celle-ci venait d’avoir un accident avec une voiture. L’alarme est celle de la voiture que la blonde à emboutit. Et un début d’incendie vint de se déclarer pour simplifier les choses…. Mais il y a plusieurs matières combustibles dont un immense conteneur de vêtements à donner qui vient de prendre subitement feu. Les goules, attirées par le bruit, entrèrent sans craindre la morsure des flammes. Petit à petit la rue va se transformer en enfer sur terre. Car oui les zombies transformés en torches vivantes percutent des articles inflammables comme des cartons, de l’alcool, d’autres goules et des vêtements pour ne nommer que ceux-là. Donc nous avons un feu de joie qui sent la viande rôtie dans le magasin, une alarme qui signale une vente de feu dans ce secteur pour les consommateurs putrides qui vont accourir. Je pourrais être des plus sarcastiques et faire une blague de mauvais goût du genre « Merci d’avoir magasiné chez nous. Aux plaisirs de vous voir lors de notre liquidation finale et vente de feu! »

Courant vers une lueur orangée des plus inquiétantes, la peau dégoulinante d’eau lacé, Robert ne faisait aucunement attention à son environnement. Il n’espérait qu’il n’arrive pas encore retard pour se sacrifier à la place d’un autre être cher.  Car si par son sacrifice il pouvait sauver l’ange à la chevelure doré, Bobby pourrait partir avec le sourire aux lèvres. Un héros déformé ce type.  Mais le destin fit un pied de nez à la créature pathétique et paniquée qu’était le colosse. Un mur de flammes séparait une silhouette familière et le mastodonte angoissé. Quelques goules s’avançaient aussi vite que leurs membres pourrissants pouvaient leur permettre vers celle qui occupait la quasi-totalité du cœur du monstre. Essayant de s’approcher du feu, la chaleur fit son œuvre et repoussa les mains bouillantes du colosse. Poussant un cri de rage et frayeur, Robert  ne savait plus quelle action tenter pour secourir une des rares personnes qui le considérait comme un être humain. Une des seules amies qu’il n’avait jamais eu et qui était restée près de lui dans ce monde sans foi ni loi. Prenant des détritus au sol, Robert lança les conserves et les bouteilles vides dans la direction des agresseurs de la raison de vivre du mastodonte. Comme un lanceur de baseball mutant en quelque sorte... Quelques projectiles improvisés touchèrent leur but avec une force décuplée par la fureur et la peur.

Robert- ICI… LAISSEZ-LA ET VENEZ ME MANGER… JE SUIS PLUS GROS QU’ELLE ET SURTOUT MOINS UTILE…

Quelques charognards furent déconcentrés par les attaques pathétiques et aveuglées de l’homme. Ils bifurquèrent vers le rideau de feu et la proie gigantesque que représente le colosse déformé. Robert frappa les parodies de vie qui se présentait à son niveau avec sa hache, ses pieds et même ses poings. Il ne se souciait plus de sa sécurité, tout lui importait à cet instant fut qu’Heaven et Rashka vivent. Bloquant les quelques goules en approches, Robert s’assurait tout de même que la beauté ténébreuse soit libre d’agir à sa guise. À cet instant précis, le monstre de foire ressemblait presque à un berseker des temps ancien, un barbare laissant déferler les flots de sa rage sur ses ennemies. Un tourbillon destructeur qui ne voulait que rejoindre celle qui coutait plus que sa propre vie.

Robert- HEAVEN VA CHEZ TOI!!!

Une horde commençait à se pointer avec lenteur, comme des prédateurs sûr qu'ils n'allaient faire qu'une bouchée de ce géant au cœur d'or. La jeune femme, la divine apparition blonde, s'enfuit vers la liberté...

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