A game can still be a good way to recover | Jordan



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Lun 10 Juil - 11:08

Des cris. J'entends des cris. Ils ont l'air de provenir de partout et de nulle part à la fois. Je suis perdue, je le sais. Le plus intelligent serait de me mettre à l'abri mais cette voix qui résonne dans les airs, je sais que je la connais. Je sais que je ne pourrai jamais l'ignorer. Alors je continue de courir dans les rues qui semblent étrangement désertes cette nuit. Je ne vois pas grand chose, je heurte une poubelle que je renverse et qui manque d'ailleurs de me faire tomber mais je continue mon chemin. Un coup à droite, un coup à gauche, je contourne obstacles et allées désertes jusqu'à entrer dans un bâtiment qui se dresse devant moi. Il est imposant, isolé, et les cris sont de plus en plus forts ici. Cet endroit me rappelle quelque chose. Il me serait presque familier. Et malgré tous les efforts que je fais pour ne pas y penser, les poils se dressent sur mes bras alors qu'un fort frisson parcourt mon échine. Ma main se pose sur la poignée de la porte et je la tourne pour débloquer la serrure et entrer. D'abord tout était noir, puis une forte lumière apparut et me força à mettre ma main devant mes yeux pour ne pas être totalement éblouie. D'un coup, tout était devenu calme. Clignant des yeux plusieurs fois le temps de m'habituer à la luminosité de l'endroit, je continue d'avancer. Puis quelque chose me bloque. Comme si j'étais engluée dans quelque chose d'invisible. La lumière perd de son intensité et des ombres apparaissent. Celles de plusieurs hommes que je n'arrive pas à reconnaître, puis une que je ne peux absolument pas ignorer. Olivia. Ma petite soeur. En voulant avancer, je remarque avec surprise que mes poignets et mes chevilles sont attachés fermement par des chaines qui retiendraient sans mal un taureau enragé. Alors moi... Pourtant je n'ai pu m'empêcher de me débattre, voulant aller voir ma cadette. M'assurer qu'elle allait bien. C'était elle que j'avais entendu crier dans la rue. Que lui avaient-ils fait? Au bout de quelques secondes qui m'ont paru être des heures, elle s'avance vers moi. Elle est blessée et à peine son visage parvient à s'approcher assez près de moi pour que je puisse l'effleurer, une balle vient traverser son crâne, m'éclaboussant du sang de ma soeur avant que son corps inerte ne tombe au sol. Instantanément je tente de hurler. Je donne toute la voix que j'ai, tout mon air. Mais aucun son ne sort. Je me débats de toutes mes forces pour essayer de me libérer de mes entraves. Mais rien n'y fait. Alors j'essaie encore de hurler. D'exprimer mon désespoir.

« Olivia! » Je me redressais en sursaut, balayant malgré moi les affaires que j'avais laissé en tas sur le bureau qui m'avait servi d'oreiller. Il me fallut bien quelques longs instants pour que je me rende compte que tout ce que je venais de vivre n'était qu'un mauvais rêve. Encore un. Ces derniers temps, dès que je fermais les yeux c'était pour faire des cauchemars de ce type. Autant dire que j'étais loin d'avoir ce sommeil réparateur dont tout le monde vantait les bienfaits il y a quelques temps encore. Me laissant tomber contre le dossier de ma chaise, je soupirais tout en passant mes mains sur mon visage. Mes doigts se frayèrent un chemin sous mes lunettes pour aller frotter mes yeux fatigués. « Et encore un cauchemar... Sérieux faut que ça s'arrête... » Comme à chaque fois, un soupir s'échappa d'entre mes lèvres alors que je me levais de ma chaise en appuyant l'une de mes mains contre le bois froid du meuble. Je devais aller me changer les idées. En soit je n'avais pas la moindre idée de l'heure qu'il pouvait être, mais en soit j'avais besoin de marcher un peu même si c'était toute seule. Instinctivement, mes pas me guidèrent vers là où je supposais que ma soeur devait se trouver. J'avais raison, mais elle était en train de dormir. Lentement et en toute discrétion, je me suis approchée pour déposer un léger baiser sur sa tempe avant de repartir en m'étant assurée que je ne l'avais pas réveillée. Glissant mes mains dans mes poches tout en marchant, cette fois ci je ne savais pas du tout où aller. Ce n'est qu'au bout d'une bonne dizaine de minutes de marche je crois que je suis tombée sur quelqu'un. Et par chance ce n'était pas n'importe qui. Essayant de me faire discrète dans l'optique où je n'aurais pas déjà été vue ou entendue, je m'approchais de la jeune femme pour finalement aller déposer une rapide bise sur sa joue. J'étais dans son dos et sans même demander mon reste, au risque de me faire remballer, je l'entourais de mes bras et je posais mon front contre son épaule. Un nouveau soupir s'échappa d'entre mes lèvres alors que je fermais les yeux, tout de même rassurée par le fait d'être tombée sur elle. Jordan. Une belle jeune blondinette pour qui il me serait difficile de cacher l'attirance que je ressens. Mais en soit il est fort possible que cela soit réciproque. En tout cas ce qui est sûr c'est qu'on en joue. C'est peut-être con mais ça fait du bien parfois de s'amuser, et faire croire au gens qu'on est ensemble nous amuse. Même s'il m'est déjà arrivé de me demander s'il allait encore s'agir longtemps d'un jeu... Enfin bref.

Je redressais ma tête pour poser mon menton sur l'épaule de Jordan, la gardant dans mes bras pour l'instant étant donné qu'elle n'avait pas encore décidé de m'envoyer balader. « J'espère que je te dérange pas. J't'avoue que j'avais vraiment besoin de pas rester seule là... » Et en toute franchise, sa présence me faisait vraiment du bien. C'était comme si le fait d'être seule allait m'empêcher de refaire des cauchemars. Allait m'aider à comprendre ce qui se tramait dans ma tête ces temps ci. Tous ces rêves plus horribles les uns que les autres... D'où venaient-ils? Et pourquoi maintenant? C'était peut-être idiot mais j'avais besoin de tirer ça au clair... Un jour peut-être.


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Jordan B. Wilson
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Mar 11 Juil - 20:42


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Nora & Jordan


Voilà des heures que la nuit était tombée. Avec elle Jordan aurait dû sentir la fatigue et sombrer dans le sommeil. Hélas, c’était une insomnie qui empêchait la jeune femme de s’endormir. Elle avait beau se tourner et retourner dans tous les sens. De changer de position, de sortir une jambe hors de son duvet : rien n’y faisait, le sommeil ne semblait pas être au programme de cette nuit. Elle soupire bruyamment. Personne n’est dans la pièce alors elle peut se le permettre. Après tout c’est son espace - du moins c’est ce qu’on lui a dit. La blonde a encore du mal à se faire à l’idée. Chez elle, sa chambre. Avec les autres. Elle ne connaît pas encore tous les habitants du Labo, mais en a croisé déjà quelques-uns. Evidemment, Jordan garde ses distances. Elle n’est pas du genre à entamer les discussions et se contente de répondre à celles qu'on lui pose. Même si elle a cette apparence froide, elle est reconnaissante envers ces gens de l’avoir accepté. Jordan cherche même à leur prouver que malgré ses silences, elle veut s’intégrer et sort aussi souvent que possible
pour ramener toutes sortes de choses utiles à leur groupe. Elle aurait l’air un peu con de se retrouver seule à nouveau. Jordan se redresse et s’extirpe de son sac de couchage. Elle a déjà retourné vingt fois le coussin de canapé qui lui sert d’oreiller. Elle sait que cette nuit elle ne se reposera pas. Elle se lève et s’habille un peu plus que le simple t-shirt qui lui sert de pyjama. Une fois un peu plus présentable aux yeux des autres, elle sort de sa chambre.

En réalité elle ignore si quelqu’un est encore debout. L’heure n’est pas très précise, elle n’a pas de montre mais elle estime être en plein milieu de la nuit. La blonde ignore qui est de garde ce soir là, mais décide qu’il est préférable de ne pas aller déranger cette ou ces personnes. Les tâches à accomplir sont tout de même importantes et ce n’est pas une bonne idée de distraire ceux qui y sont contraints pour le moment. Jordan se laisse aller jusqu’aux salles qui servent de lieu commun. Elle a vite compris que les personnes d’ici se retrouvaient souvent là, que ce soit pour manger ou pour passer un peu de temps ensemble. L’ambiance semble bonne et elle ne regrette pas du tout d’avoir accepté d’entrer dans cette grande famille. En tout cas l’endroit est désert. Un sourire étire doucement ses lèvres tandis que sa main effleure l’une des table qui leur sert de table à manger. Elle reprend sa route et son exploration de cet endroit. Elle ne va pas voir le labo, de peur de déranger les personnes qui s’activent avec grands soins sur un potentiel antidote. Jordan n’est pas très optimiste, elle est loin de mettre tous ses espoirs dans ce futur vaccin. Non qu’elle ne croie pas les gens capables d’en trouver un… c’est plutôt cette épidémie qu’elle croit quasi invulnérable.

Jordan prend une nouvelle direction mais les couloirs sont toujours vides. Tant pis ou tant mieux elle va pouvoir observer plus tranquillement. Elle marche d’un pas lent, perdue dans ses pensées quand des lèvres se posent aussi légère qu’une plume sur sa joue. Elle tourne la tête pour découvrir qu’il s’agit de Nora. Ses bras viennent rapidement entourés son corps et même si Jordan a eu tendance à couper court à ce genre de contact, elle la laisse faire. Son front se pose sur l’épaule de l’ancienne pilote et un soupir franchit ses lèvres. Vu l’heure, la brune n’arrive certainement pas à fermer les yeux. —  T’as du mal à dormir toi aussi ? C’était une question simple mais qui semblait assez justifiée. Avec tout ce qui se passait dans le monde et tous les problèmes auxquels ils devaient tous faire face. Jordan s’était arrêtée à l’instant même où les bras de Nora s’étaient posé sur elle. Les propos qu’à celle-ci interloque légèrement Jordan. Ses sourcils se froncent et elle demande naturellement : — Ca va ? Il y avait des tas des raisons qui pouvaient donner une réponse négative à cette question. De plus la blonde n’était pas vraiment sûre que Nora aurait voulu en parler. Cherchant alors à la détournée de ce qui la tracassait, la jeune femme ajoute : — Et si tu me faisais voir les recoins que je ne connais pas encore ? Histoire de voir les endroits où s’isoler. Jordan plaisantait même si elle devinait plus ou moins l’attrait qu’elle représentait pour la brune. Elles en jouaient aux yeux des autres mais la blonde était perdue. Nora était une belle femme mais ne sachant pas quoi penser, Jordan préfère pour l’instant rester loin de ce genre de sentiment.

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Jeu 27 Juil - 12:02

Je crois que l'un de mes plus gros défauts est le fait d'être parfois un peu trop tactile. J'ai ce réflexe de parfois saisir une main ou prendre une personne dans mes bras quand la situation me semble appropriée. J'oublie souvent que tout le monde n'apprécie pas forcément ça. Je me souviens de quelques fois où j'ai dû esquiver une claque ou un coup de coude qui partait bien placé. Malheureusement, ces mésaventures ne m'ont pas vraiment appris la leçon. En voyant Jordan dans le couloir, la reconnaissant de dos, je n'avais pas vraiment pu m'empêcher d'aller la prendre dans mes bras et de poser mon front sur son épaule. Dans cette position, j'aurais certainement pris un bon coup dans l'estomac avant de me faire envoyer dans le décor ou de me faire mettre au sol assez rapidement. Je crois que j'ai vraiment eu la chance qu'elle me reconnaisse. Sinon, j'aurais pu passer un mauvais moment. Bien rapidement la voix de l'ancienne pilote coupa le silence pour me demander si je n'arrivais pas à dormir. Me disant qu'il serait peut-être temps de la relâcher, enfin, je m'écartais d'elle pour ensuite la contourner et venir me mettre devant elle. « J'ai beaucoup de mal en ce moment. J'suis tout le temps en train de bosser ou de me prendre la tête avec des conneries. Et quand j'arrive à dormir je fais des cauchemars plus horribles les uns que les autres... » Un nouveau soupir vint traverser la barrière de mes lèvres et instinctivement l'une de mes mains passa dans mes cheveux avec une certaine nervosité. Calme toi Nora, ce n'est pas le moment de repenser à tous ces cauchemars, toutes ces fois où tu as vu ta soeur mourir devant tes yeux sans que tu ne puisses rien y faire. Je crois bien que c'est ça qui me terrifie le plus. D'être totalement impuissante et de ne pas être en mesure de protéger ma cadette. Finalement, la main qui s'était perdue dans mes boucles vint passer sur mon visage, frottant mes yeux alors qu'un énième soupir se faisait entendre. Il faut que j'arrête de penser à ça.

La voix de la blonde qui me fait face me tira de mes pensées. Merci beaucoup. Sa proposition fit en sorte d'étirer mes lèvres en un fin sourire. C'était une très bonne idée. Réfléchir à des endroits qu'elle ne connaissait peut-être pas encore me changerait les idées et m'empêcherait de penser à mon impuissance par rapport à la protection de ma cadette. D'ailleurs je mentirais si je n'avouais pas que la fin de sa phrase m'avait fait me mordiller la lèvre inférieure très discrètement. Je ne savais pas vraiment si elle avait fait exprès de laisser cet espèce de double sens planer ou non. Mais en tout cas, cela m'avait fait sourire. « Bonne idée. T'es déjà allée sur le toit? Je vais souvent m'isoler là bas ou bien j'y vais avec ma soeur parfois. T'as l'impression que rien ni personne ne peut t'atteindre quand t'es là haut... » Mon regard bleu était fixé sur les yeux de l'ancienne pilote alors que mon sourire ne quittait pas mes lèvres. Il était léger mais cela se voyait que la présence de la jeune femme me faisait du bien. En effet, j'avais besoin de ne pas être seule à ce moment précis et j'avais eu beaucoup de chance de tomber sur elle. Même si aux yeux de tous nous jouons toutes les deux de cette ambiguïté qu'il y a entre nous, je me demande parfois s'il s'agit toujours d'un jeu. Je ne suis pas dans la tête de Jordan donc je ne pourrai jamais dire ce qu'elle en pense, et puis de mon côté c'est trop confus pour réussir à mettre des mots dessus. Et puis en même temps je me vois mal aborder le sujet. Dans le monde dans lequel nous vivons actuellement, il y a des choses légèrement plus importantes dont on doit se préoccuper non? Enfin bref. Faisant signe à la blondinette de me suivre, je l'emmenais donc sur le toit dont je lui parlais, ne reprenant la parole qu'une fois arrivée en haut. « Et voilà mademoiselle! » J'avais ouvert les bras et tourné sur moi-même comme l'aurait fait un guide devant un monument historique. D'ailleurs, ce geste m'avait fait rire. Oui, il en faut peu pour etre heureux...

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Jordan B. Wilson
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Ven 18 Aoû - 19:44


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Nora & Jordan


Alors qu’elle se croyait seule au monde dans la nuit, une présence vient troubler ses pensées. Ne connaissant pas beaucoup qui aurait le cran de la serrer dans leurs bras, Jordan ne réagit pas tout de suite et ne met pas longtemps à reconnaître la brune qui soupire bruyamment. Etant donné l’heure et surtout l’attitude de Nora, il y a fort à parier que la blonde n’est pas la seule à ne pas réussir à dormir. Néanmoins, lui poser la question ne lui semble pas superflus, après tout, elle pourrait très bien faire une pause entre deux.. quoi d’ailleurs ? Prélèvement, test, recherches.. c’était un peu de tout ça qu’elle faisait si la pilote avait bien compris. Si les résultats n’étaient pas au rendez-vous c’était tout à fait normal que la brune s’agace. Elle la contourne finalement pour lui faire face avant de lui répondre. La blonde commence à froncer les sourcils. Elle a du mal à comprendre pourquoi elle se prend autant la tête pour ses recherches. Non que ce ne soit une cause perdue… ou presque. Du moins c’est ce que pense Jordan. Leur monde est assez chaotique et les chances de renverser la vapeur sont minces, très minces. Mais ce qui la dérange plus c’est la suite de ses propos et l’agitation dont elle fait preuve. Elle est nerveuse, ses yeux sont fuyants et ça se voit qu’elle a en tête des choses qui ne sont pas joli-joli. Elle se passe une main dans les cheveux avant de finalement se frotter le visage. Son stresse, si on peut l’appeler comme ça, est palpable et on ne peut pas dire que Jordan soit le genre de personne qui sache trouver les bons mots. Elle vient simplement ajouter : — Te prend pas la tête pour tes recherches. On s’en fou. Le monde ne peut pas être pire qu’il ne l’est déjà, non ? Ok. Ce n’était pas forcément le truc le plus rassurant à dire mais c’était vrai. S’ils ne trouvaient pas de vaccin ou de formule magique, et bien tant pis. À l’inverse, s’ils trouvaient une solution, et bien tant mieux. Mais ça ne servait à rien de s'en rendre malade. Surtout qu'on ne savait même pas si un antidote pouvait exister. — Puis des cauchemars… on en fait tous. De mieux en mieux Jordan, vraiment de mieux en mieux. Mais là aussi c'était la vérité. Personne n'était à l’abri de cela et encore moins l’ancienne pilote.

Il fallait changer de sujet, c’est ce qu’il y avait de mieux à faire après tout parce que ce n’était pas la blonde qui saurait apaiser les craintes de Nora. Au contraire elle serait capable de les réanimer et elle n’avait aucune envie de cause de la peine à la soeur d’Olivia. Nora faisait partie des rares personnes que Jordan appréciait et ne souhaitait donc pas lui causer davantage de peine. Elle lui demande alors s’il n’y a pas un endroit intéressant à voir qu’elle ne connaissait pas déjà. C’est un sourire qui rapidement étire les lèvres de la brune et qui se reflète finalement sur celle de Jordan. Nora fait référence au toit et les yeux de l’ancienne pilote s’illuminent instantanément. Non, elle n’y avait jamais été et à cet instant elle n’attendait qu’une chose : qu’elle lui indique le chemin pour s’y trouver au plus vite. Surtout qu’à cette hauteur, ça devait être vachement sympa. La blonde avait besoin de ça. Maintenant qu’elle savait l’existence de ce point culminant elle n’avait qu’une envie : y aller sans tarder. — J’ai pas eu cette chance et je t’avoue que là, je veux absolument y aller., s’exclama la blonde en oubliant que c’était le milieu de la nuit. Sans tarder la brune prend déjà le chemin et Jordan lui emboîte le pas en silence.

Finalement devant une porte plus épaisse que celles à l’intérieur, Nora l’ouvre et s’engouffre dehors. Jordan ne met pas longtemps à la suivre et s’aventure sur le toit du bâtiment. Le ciel étoilé s’offre à elles et la lune répand sa douce lumière blanchâtre. L’astre est loin d’être pleine ce qui n'est pas suffisant pour éclairer toute la surface du toit, presque entièrement dans la pénombre. La blonde sourit lorsque la brune tourne sur elle-même les bras ouverts, fière de lui faire découvrir cet endroit. La légère brise vient balayer les cheveux de l’ancienne pilote qui ferme quelques secondes les yeux. Trottinant alors vers le bord du toit, elle jette un oeil à la hauteur du lieu. L’appel d’air du vide fait virevolter bien plus fort ses mèches blondes et elle éclate carrément de rire. C’était la première depuis longtemps qu’elle se trouvait aussi haut. Et ça faisait du bien. Reculant de quelques pas, elle s’assoit sur le sol froid et finit même par s’allonger après avoir fait signe à Nora de la rejoindre. Elle pose alors ses yeux bleus sur l’immensité noire qui s’étale devant elle. Des dizaines de milliers de petits points scintillent dans les cieux et la blonde en a le souffle coupé devant cette beauté. —  J’avais oublié ce que c’était. De s'émerveiller d’une chose aussi simple. Depuis qu’elle avait déserté, elle n’avait pas pris une minute à elle pour s’arrêter et contempler les merveilles que la nature pouvait offrir. Tout simplement parce qu’elle avait eu en face d’elle les pires horreurs que le monde avait à offrir. Et pourtant, des mois plus tard, des années même, il y avait toujours ces petits choses, si belles qu’on ne pouvait pas rester de marbre devant elle. Jordan avait simplement oublié ce que c’était de vivre, rien qu’un tout petit peu.

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Aaron Blynk
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Ven 25 Aoû - 17:27

Mon regard sombre fixé sur la voûte étoilée, je respire lentement. L’air froid s’infiltre dans mes poumons brûlants, sortant de ces derniers dans un élégant nuage de brume à peine visible dans la nuit. Ce soir, je suis seul face à moi même. Il n’est pas rare de croiser des gens dans les couloirs du laboratoire la nuit. L’apocalypse a de quoi tous nous rendre insomniaque après tout ! Pourtant, j’aime à me faire croire que là, maintenant, je pourrais retourner me coucher et m'endormir comme si de rien n’était, sans la moindre difficulté. Il s’agit évidemment d’un éhonté mensonge. Mes yeux sont embrumés, ma gorge serrée. Il s’agit juste de nerfs qui lâchent et c’est pour ça que je me suis isolé sur les toits. Là où les passages sont moins récurrents que dans les couloirs. Je souris légèrement et tente de m’apaiser en me remémorant d’agréables souvenirs… Soudain, coupant court à mes pensées ; qu’elles soient belles ou non, la porte non loin de moi s’ouvre. Je ne peux pas voir les nouveaux venus, mais eux non plus ! A la voix, je reconnais qu’il s’agit de deux femmes. Et même d’une d’elles que je connais d’une rencontre nocturne comme celle-ci. Il s’agit de Jordan. Un peu morose et déprimé que je suis, je n’ai pas envie de la croiser, surtout pour lui avoir fait la morale la dernière fois !

Aussi, tel une ombre, je me mets à marcher sans bruit derrière les grosses bouches d’évacuations des conduits d’aération. Lentement, patient, à pas de loups, je me dirige vers la porte. J’espère qu’elle ne me verront pas, je sui déjà assez ridicule comme ça pour moi même… Marcher accroupis tel un espion pour s’échapper, qui aurait cru que je ferais ça un jour. Avec un peu de patience, j’atteins finalement la porte. Je l’ouvre sans trop de bruit et file rapidement loin du toit. Bon sang, j’ai eu chaud … Il y a bien une chose qui est quasiment sûr en tout cas ; c’est que je serais le seul à rire de cette blague. Je n’irai jamais, sous aucun prétexte raconter ça à mon aîné, il se moquerait de moi pour l’éternité. Non, je vais me contenter d’aller dans mon lit et de faire comme si je n’avais jamais été présent sur le toit. Je vais tout bêtement aller retrouver ma chienne et mon lit et tenter de dormir sagement, au moins jusqu’au levé du soleil.

HRP : C’était un défi, désolé de l’incruste 8D
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Jeu 31 Aoû - 18:41


Me retrouver ici, sur le toit du laboratoire, m'a toujours fait du bien. Depuis que je suis arrivée, je ne compte plus les fois où je suis venue ici, soit pour m'isoler soit pour passer un moment privilégié avec quelqu'un à qui je tiens. Bon, généralement je suis venue ici avec ma soeur. Cela nous rappelait tellement de souvenirs après tout... lorsque nous étions gamines, et qu'elle partait se planquer sur le toit quand les parents lui tombaient dessus pour des raisons x ou y, je finissais toujours par grimper aussi pour la rejoindre et tenter de la réconforter. Je dois avouer que la chose était bien moins simple pour moi que cela ne pouvait l'être pour elle. Nous n'avions pas un accès au toit par des escaliers, comme c'était le cas ici. Il fallait faire des acrobaties plus périlleuses les unes que les autres et autant avouer tout de suite que je n'étais pas des plus sportives à l'époque. Vous voyez ce petit personnage de jeu vidéo qui ressemble à une boule de chewing-gum rose? Oui, Kirby, voilà. Et bien... Imaginez ça avec des cheveux et une paire de lunettes et c'était moi quand j'étais enfant. Oui, j'ai ensuite découvert que le sport n'était pas forcément une mauvaise chose. Enfin bref. Cette époque est malheureusement beaucoup trop lointaine pour que je ne me permette de me perdre dans mes pensées maintenant. Et puis en même temps, la présence de l'ancienne militaire à mes côtés était une raison suffisante pour rester concentrée sur la réalité.

En voyant Jordan se précipiter vers le bord du toit, je ne peux m'empêcher de sourire. Et lorsqu'elle grimpe sur ce dernier, une scène d'un film que j'ai dû regarder une bonne cinquantaine de fois me revient en tête immédiatement. Je me dépêche donc de la rejoindre et je me place derrière elle, attrapant ses bras pour les lever lentement, approchant ma tête de la sienne pour lui parler à l'oreille. « Ferme les yeux... » Oui, je venais de reproduire la scène culte du film Titanic, où Jack fait découvrir à Rose l'effet que cela fait de se retrouver à la proue du bateau, les cheveux secoués par le vent. Le rire de la blonde me fit ricaner aussi, même si je ne savais pas si elle avait fait ça à cause de sa joie de retrouver les hauteurs ou à cause de ma petite reproduction improvisée. Je la relâchais assez rapidement, la laissant ensuite retourner sur le sol, descendant du rebord, pour aller finalement s'allonger par terre. Elle me fit signe de la rejoindre et je ne me suis pas faite prier pour le faire. Le froid du sol me fit frissonner lorsqu'il traversa les habits que je portais, mais mon sourire ne quittait pas mes lèvres. Malgré moi, alors que la blonde regardait les étoiles, moi je la regardais elle. Elle avait l'air tellement heureuse, comme si nous nous étions créé une bulle nous isolant totalement de toutes les merdes que nous vivions normalement. Finalement, les mots de l'ancienne pilote me firent relever le regard vers le ciel également. Elle avait raison. Avec la peur constante d'y passer, profiter de la beauté naturelle de ce qui nous entoure est devenu un luxe, quelque chose de superflu. Hochant légèrement la tête, je ne me rendais pas compte que ma main était allée se mettre contre celle de Jordan, mes doigts effleurant légèrement les siens. « C'est vrai... Mais c'est pour ça aussi que j'aime venir ici. J'ai l'impression que rien ne peut arriver, que pour une fois il est possible de se laisser aller à rêver d'une vie normale... Même si c'est un plaisir de courte durée, ça fait du bien de s'échapper parfois. » Trop concentrée sur la femme allongée à mes côtés, je n'avais même pas remarqué que nous n'étions pas seules sur le toit avant que je n'entende la porte se refermer. Et bien, en soit ce n'est pas si grave. Ce n'est pas comme s'il s'était passé quelque chose...


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Jordan B. Wilson
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Mer 13 Sep - 21:41


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Nora & Jordan


Les yeux bleus de la jeune femme ne lâchent pas le ciel. La nuit est tombée depuis de nombreuses heures et les astres s’offrent entièrement à quiconque se risquerait à lever les yeux. Jordan en avait presque oublié la beauté d’une nuit étoilée. Maintenant que les villes étaient débarrassées de toutes formes de pollution lumineuse, les étoiles étaient à portée de vue. Le sourire aux lèvres, la blonde ne peut détacher son regard de l’immensité qui s’étale au-dessus d’elle. C’est une chose pourtant bien simple, mais des plus magnifiques pour elle. Cela la ramène des mois en arrière. Elle se rappelle d’une nuit comme celle-ci, où le ciel était dégagé et où les étoiles scintillaient devant elle. Le climat était propice à ce genre de sortie nocturne mais surtout, l’absence totale de population, perdu dans le désert l’était encore plus. Pensée à ses anciennes années de service lui provoque un pincement au coeur. C’était étrange. Ses journées étaient d’être plaisantes, mais ça lui manquait d’une certaine façon. Elle était incapable de déterminer ce qu’il y avait de pire. La guerre où ce nouveau monde. Au final, ça ne changeait pas grand chose pour elle : sa vie était en danger chaque jour. Et malgré le fait qu’elle est rejoint ce groupe, est-ce que cela changera quelque chose ? Qu’avait-elle à espérer de la vie à présent ? Regarder les étoiles, trouver de quoi se remplir le ventre - rien qu’à moitié ça suffirait - et quoi d’autre ? Essayer de ramener de quoi avoir une meilleure vie, ne pas se faire tuer - que ce soit par les morts ou par les vivants. Et au final, craindre chaque jour pour la vie des autres. Jordan était lasse de ce schéma sans fin. Elle avait cru pouvoir reprendre un cours de vie différent en suivant Liv, mais pour l’instant elle se sentait toujours autant perdue. Et les mots de la brune n’arrangeaient rien. Une vie normale. Personne n’en aurait jamais plus. Parce que personne ne trouverait d'antidote et que personne n’arriverait à affronter presque 7 milliards de ces choses. — C’est qu’une illusion. On pourra jamais s’en sortir de tout ça.

La porte du toit émet un léger grincement, et elle tourne légèrement la tête dans cette direction. Cette interruption l’a sortie de ses idées noires et c’est seulement maintenant qu’elle se rend compte de la proximité de leurs mains. Ses yeux se posent alors sur sa main placée entre elle et celle de Nora qui effleure sa peau. Son contact est doux et chaud et cela rassure quelque peu l’ancienne pilote. Ce genre de petit geste est simple mais pourtant elle a l’impression que cela fait une éternité qu’elle n’a pas eu cette proximité avec quelqu’un. Son coeur bat légèrement plus fort dans sa poitrine et cette situation lui fait légèrement peur. Ses yeux bleus se plantent dans ceux de Nora. Oui, c’est une belle femme. Assez belle pour que la blonde l’est remarqué malgré l'apocalypse qui semble s’embraser autour d’elles. Et en plus de ça intelligente et rassurante. Après tout, c’était la soeur de Liv, Jordan ne pouvait qu'apprécier la jeune femme par sa compagnie. Même si elle n’était pas ici depuis très longtemps, la blonde se souciait d’elle et n'aimait pas la voir tourmentée ou malheureuse. Elle voulait la protéger, parce qu’elle commençait à s’attacher aux personnes ici. Elle aimait entendre son rire, autant que celui de sa soeur. Et elle connaissait déjà par coeur la mine boudeuse qu’elle avait quand elle ne comprenait pas un truc lorsqu’elle était occupée dans ses recherches. Un sourire se dessine sur les lèvres de Jordan avant qu’il ne retombe. Tout cela lui faisait peur. Et de crainte de la blesser plus qu’autre chose, Jordan se redresse. Elle s’assoit avant d’enrouler ses bras autour de ses genoux et de fixer ses pieds en silence. L’air vient balayer ses cheveux et elle remet quelques mèches en place. Elle s’en veut de les avoir plongés dans un silence certainement gênant. Elle n’en est pas sure, pour ça elle devrait lever les yeux vers Nora pour tenter de discerner les émotions qui peignent son expression. A la place, elle se contente simplement de dire. — L’hélico’ me manque. Ma vie me manque. Je crois que j’ai plus été moi-même depuis le début de cette merde. Ce qui la dégoûtait vraiment, c’était qu’elle avait renié l’armée pour tenter de retrouver son père. Elle avait perdu son honneur et n’avait trouvé aucune trace de son paternel depuis tout ce temps. Ca n’avait servi à rien.


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Jeu 5 Oct - 16:23


Parfois il ne suffit pas de se convaincre que tout va bien pour que cela soit effectivement le cas. Se retrancher derrière les murs sécurisants du laboratoire peut parfois nous donner l'impression d'être en sécurité. De ne plus avoir besoin de craindre pour sa vie. Je pensais que ce sentiment ne me manquerait jamais. Que je n'arriverais jamais à m'habituer à une vie pareille. Le truc c'est que cela n'a rien à voir avec la vie. C'est de la survie. Et une fois que l'on a fait assez de choses pour être considéré comme un survivant, on ne peut plus revenir en arrière.

Lorsque je repense à ma vie d'avant, j'ai l'impression que je ne suis absolument plus la même personne. Jordan a raison lorsqu'elle dit que tout cela n'est qu'une illusion. Qu'on ne pourra jamais plus se sortir du merdier dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui. Peut-être qu'avec le temps on parviendra à trouver un moyen de rendre les choses plus faciles à supporter ou bien à instorer un certain confort. Mais cela n'ira jamais plus loin. Il faut en avoir conscience.

La femme que j'étais auparavant n'aurait jamais pu se rendre à une évidence aussi dure que celle ci. Jamais je n'aurais abandonné l'idée de pouvoir changer les choses, quoi qu'il m'en coûte. Mais celle que je suis aujourd'hui n'a pas eu d'autres choix que d'accepter ce que le destin lui réservait afin de vivre un jour de plus. Enfin, d'accepter tout en combattant la fatalité. Dit comme ça, c'est assez difficile à comprendre. Mais il suffit de le vivre pour savoir de quoi je peux parler.

Être couchées là, à regarder le ciel, c'est devenu un véritable luxe pour nous. C'est peut-être pour ça que ce silence s'est installé. Même s'il fut vite brisé par la voix de la jeune femme couchée à mes côtés. Un petit soupir s'échappe d'entre mes lèvres et je me redresse légèrement, prenant appui sur mes coudes pour pouvoir regarder au loin. « C'est presque devenu impossible d'être soi-même depuis tout ça. Et puis personnellement, même si ma vie d'avant me manque, je sais que celle que j'étais avant ne survivrait pas un jour dans cet environnement. C'est peut-être pour ça qu'on évolue et qu'on s'adapte. Sinon on serait déjà tous morts ou presque. En tout cas moi je pense que oui. »

Je hausse les épaules, m'appuyant uniquement sur un coude pour pouvoir venir me passer une main dans les cheveux. Il faut savoir évoluer. Savoir abandonner tout ce que l'on avait et qui on était auparavant si on veut réussir à aller de l'avant. Si on veut pouvoir atteindre les objectifs que l'on s'est fixés aujourd'hui. Mon seul objectif à présent est de garantir la sécurité de ma soeur. Que faire de plus de toute façon?


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Jordan B. Wilson
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Mar 17 Oct - 19:15


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Nora & Jordan


— Désolé. Je sais pas ce qui m’a pris, pourquoi j’te dis tout ça. Comme si les insomnies n’étaient pas suffisantes, il fallait que la blonde en rajoute une couche. Elle ne s’était même pas sentie morose il y a quelques minutes. Elle ne pouvait pas fermer l’oeil, comme la plupart du temps. Elle était sortie de la pièce qui lui servait de chambre et avait marché. Comme elle le faisait depuis qu’elle était ici. Généralement, après avoir fait le tour trois fois, elle retournait se coucher et si elle avait le hasard de croiser quelqu’un, elle papotait peu de temps et retournait se cacher dans son sanctuaire. Après ça, le sommeil venait de lui-même et la blonde pouvait sombrer jusqu’à l’aube, l’histoire de quelques heures. Elle ne se sentait pas spécialement fatiguée mais en réalité elle était épuisée. Elle avait l’impression de ne pas avoir soufflé depuis des mois, des années même ! Jordan ignore pourquoi tout ça était sorti ce soir, en compagnie de Nora. Cette dernière a déjà de nombreux tourments, principalement concernant sa soeur et la jeune femme venait, en plus de ça de lui envoyer dans la tronche toute sa mélancolie. Chose très rare, elle n’avait pas encore confié de chose aussi personnelle à Oliva, de laquelle elle était pourtant plus proche.

La blonde écoute les paroles justes de Nora. Elle comprend ce qu’elle veut dire. Elle sait très bien que la plupart des gens qui se trouvent actuellement dans le bâtiment on du faire face à des choses terribles. Pires, certains ont certainement fait des choses qui leur paraissaient impensables avant le début de tout ce chaos. Faire face à la personne qu’on devient pour survivre, ce n’est pas toujours simple. Des remords ? Jordan en avait des tas, mais certainement pas par rapport à tout ce qu’elle a fait pour en arriver là aujourd’hui. C'est quelque chose qu’elle connaît trop bien .Quelqu’un chose qu’elle vivait déjà au quotidien et c’est certainement ça qui l’épuise. Sa vie lui semble être une survie sans fin. Depuis son service. Depuis plus que cette apocalypse. — L’évolution a du bon. J’aimerais le faire. J’ai toujours cette drôle d’impression… Celle d’être un soldat de l’armée. Le chien de la Navy qui se bat corps et âme pour une cause qui le dépasse. La blonde laisse un soupir franchir ses lèvres et ses yeux se plantent dans ceux de Nora. — J’avais un but avant. Aujourd’hui… je ne sais plus vraiment pourquoi je me bats. Toi, tu as ta soeur mais moi… Il fallait qu’elle se fasse une raison : elle ne reverrait certainement jamais son paternel.

Jordan se détourne légèrement. Que pouvait-elle espérer de la vie à présent ? Faire partie du groupe, les aider au maximum et mourir le jour où elle fera une erreur. Ca ne semblait pas trop mal pourtant. Cela annonçait la sécurité, la solidarité et la fin de la solitude. Cela ouvrait la voie pour avoir des personnes sur lesquels compter, sur lesquels pouvoir se reposer de temps en temps et inversement. Une communauté, une famille. Au fond n’est-ce pas ce que tout être humain pouvait espérer ? Dans ce monde et dans l’ancien ? N’était-ce pas là, le but ultime de l’homme moderne? Réussir sa carrière et avoir une belle famille. Sauf que cette image était partie en éclat en même temps que le monde. Il n’y avait plus qu’à vivre au jour le jour. Mais est-ce qu’il y aurait vraiment un avenir pour eux ?


Jordan: ‘seagreen’


hrp:
 

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Sam 28 Oct - 11:27



Peut-être que c'est mon côté trop rationnel qui me fait penser les choses de la sorte. Je ne suis pas vraiment superstitieuse, pas vraiment engagée dans une quelconque religion. Peut-être que c'est parce que je suis une femme de science que je relativise toujours ce qu'il peut se passer. Cela ne veut pas dire que je minimise les choses ou que je les trouve normales. A aucun moment je n'ai trouvé ce fléau qui s'est abattu sur le monde "normal". Et cela ne sera jamais le cas. Simplement... C'est le changement des gens et de nos habitudes que je trouve normal. Regrettable, historique, mais pas anormal. L'Homme est un animal. Et tout animal possède en lui l'instinct de survie. Malheureusement, l'être humain a passé beaucoup trop de temps à penser qu'il était au dessus de toutes les lois de la nature. Il a donc oublié tout cela. Et seul certains ont réussi à fouiller dans leur ADN pour trouver ça en eux.

Les paroles de la blonde me font un drôle d'effet. Je dois avouer que je n'étais pas spécialement de bonne humeur lorsque je me promenais avant de tomber sur elle, mais je ne m'attendais pas spécialement à ce que la conversation tourne ainsi. Autant lorsque nous étions arrivées sur le toit elle semblait joviale, autant maintenant c'était tout le contraire. Comme si elle pensait à qui elle pouvait bien être. Ce qu'elle avait fait. Pourquoi.

Lorsque le silence est revenu, je me suis redressée pour pouvoir s'asseoir en ramenant mes jambes vers ma poitrine et enserrant mes genoux à l'aide de mes bras. Je me contentais de regarder les étoiles en écoutant l'ancienne militaire me parler de son ressenti. Du fait qu'elle n'avait plus aucun but. Pas comme moi.

Je soupire, tourne la tête vers elle avec un air très sérieux au visage. Elle veut parler sérieusement? Et bien je suis tout à fait capable de le faire. C'est simplement que je n'en avais pas spécialement envie ou besoin ce soir. Malheureusement, on n'a pas toujours ce qu'on veut. Tant pis.  

« Tu crois peut-être qu'il est nécessaire d'avoir un but pour avancer dans la vie... Mais c'est pas toujours le cas. Ou en tout cas si, mais ce but n'est pas forcément une personne. Tu sais, quand j'étais en taule j'avais plus aucune nouvelle de ma soeur. C'était comme si elle avait soudainement disparu de la circulation. Au début j'ai eu envie de baisser les bras. J'avais plus rien. Plus personne. Et j'me retrouvais en taule alors que j'avais rien fait pour. J'peux te dire que niveau envie de jeter l'éponge c'était plutôt pas mal. Mais j'me suis rendue compte un jour qu'il faut savoir avancer pour soi-même. Se donner les moyens d'aller de l'avant et de passer au dessus des épreuves. On rencontre toujours de nouvelles personnes, qui nous donneront de nouvelles raisons de nous battre contre les épreuves de la vie. Aussi tordues qu'elles soient. »

Oui, je viens sans aucune gêne de dire que je suis une ancienne taularde. En même temps c'est le cas, alors pourquoi je devrais le cacher? Ce n'est pas comme si ici je risquais encore grand chose... Aucun de nous n'est un saint. Je me passe une main dans les cheveux, remettant ensuite correctement mes lunettes sur mon nez. Je m'attendais pas vraiment à lui faire un speach comme celui que je lui ai fait, mais il faut croire que ça avait besoin de sortir. Je me racle la gorge et regarde enfin Jordan. « Après c'est que mon avis, t'en fais ce que tu veux. Mais j'pense que t'es bien plus que tu ne le crois. T'es juste pas encore prête à le voir. »


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Jordan B. Wilson
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Jeu 9 Nov - 13:23


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Nora & Jordan


La blonde prenait souvent soin de rester loin de ses pensées noires. Elle n’aimait pas être mélancolique car cela brouillait toute sa logique. Jordan n’était pas du genre à aimer se laisser submerger par ses émotions, souvenirs et autres états d’âme. Par-dessus tout : l’ancienne militaire avait horreur de se confier sur ce genre de sentiments et cela n’arrivait presque jamais. Pas dans ses habitudes. Sauf qu'apparemment ce soir, alors qu’elle avait été ravie de tomber sur la soeur de Liv, elle semblait incapable de maîtriser ses conneries et voilà que sa bouche laissait fuir des mots et même des phrases toutes plus déprimantes que jamais. Plongeant dans ses souvenirs, elle ne se rappelle pas avoir dit des choses aussi déprimantes, même durant les mois coincés dans le désert avec le moral au plus bas. Certes, ce nouveau monde n’était pas tout rose, mais aux yeux de la blonde, il n’était pas spécialement pire que la guerre qu’elle avait vécue. Juste différent. Ce n’était pas les mêmes dangers, pas les mêmes risques à prendre mais au bout du compte les conséquences étaient les mêmes. En cas d’échec, on partait rejoindre le royaume des morts. Enfin, normalement. Parce que cette dernière partie n’était pas tout à fait exact à présent. Vous pouviez encore vous relever pour aller terroriser les autres encore bien vivants.

À peine les mots sortent de sa bouche, que la militaire se demande ce qu’il lui prend. Elle ne se sent pas légitime de penser et dire des choses pareilles. Combien de personnes ont vu leur proche mourir ? Combien se sont fait mordre ou dévorer ? Et tandis que tous ces êtres ne peuplent plus la terre, elle est là, assise en sécurité sur le toit d’un bâtiment à se plaindre de sa situation. Le silence s’installe et la blonde sait qu’elle a merdé. Déjà qu’elle a du mal être sociable, si en plus elle ouvre la bouche pour raconter des conneries déprimantes et démoralisantes, ce n’était pas la peine pour elle de chercher de la compagnie. Nora n’était déjà pas spécialement bien quand elle l’avait croisé dans le couloir, mais là, il était certain que Jordan n’avait pas aidé. Le silence dure quelques secondes supplémentaires et la jeune femme n’ose pas vraiment regarder la brune à ses côtés. Puis finalement, elle se tourne vers elle, remarquant qu’elle s’est redressé tout comme elle. Nora la regarde alors avec une expression très sérieuse que Jordan n’avait jusque-là jamais vue sur ses traits.

Dès les premières paroles Jordan est tentée de lui couper la parole. Pas pour l’arrêter, non, mais pourquoi alors ? Justifier ses dires ? Oui, c’était pour se justifier plus qu’autre chose. Jordan se rend compte qu’elle a bien fait de ne pas intervenir car Nora vient à se confier de façon plus personnel. La blonde ignorait complètement le séjour de la brune en prison et se garde bien de se demander pourquoi. Elle-même n’était pas un ange et n’avait certainement pas à juger les actions des autres. Le sentiment d’être injuste avec la valeur de sa vie grandit chez Jordan. Elle s’en veut des dernières paroles qu’elle a eue et l’esprit combatif de la brune lui explose carrément à la gueule. Non qu’elle n’ait déjà doutée de sa force. Après tout si elle était encore en vie aujourd’hui c’est qu’elle avait une force insoupçonnée, une rage de vaincre qui sommeillait au fond d’elle. Parce que toute personne ayant passé du temps dehors, presque seul, sait ce qu’est que de devoir se battre pour sa vie. Bien plus qu’en ayant appartenu dès le début à un groupe. Un sourire, léger, étire mes lèvres et je ne peux m’empêcher de tendre la main pour serrer son bras. Jordan n’avait jamais imaginé cela de Nora. La blonde émet même un rire quand elle termine son petit speech remotivant. — Des nouvelles personnes tordues ? C’est pour moi que tu dis ça ? , demande-t-elle toujours en souriant. S’il y avait une case dans laquelle Jordan pouvait entrer c’était bien dans celle des « tordues ».

La blonde pose un regard doux sur la brune. Elle comprend mieux comment les deux soeurs ont survécu et surtout réalise vraiment qu’aucune des deux ne s’est reposé sur l’autre.  — Merci, t’as eu raison de me dire tout ça, j’sais pas trop ce qui m’est passé par la tête. De la merde peut-être ? Oui, sûrement même. Comme quoi le conditionnement de l’armée marchait plutôt bien à l’époque. Pas de sentiment, pas de problèmes. Sauf qu’aujourd’hui il fallait réagir et arrêter de jouer les chiens perdus. La suite des propos de la jeune femme en face d’elle continue de lui réchauffer le coeur. — Ton avis est important au cas ou tu penserais que je m’en fiche. Et ici, c’était bien rare. Même si elle respectait chaque personne présente ici, il n’y avait que peu de personnes dont l’avis important à la militaire. Et à partir de ce soir, cela venait de se confirmer, celui de Nora était dans le lot.

Jordan: ‘seagreen’



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Lun 20 Nov - 1:53



Ce qui est certain, c'est qu'il y a toujours eu des gens qui étaient doués pour trouver les mots qu'il faut et les dire au moment qu'il faut. Ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde. Je ne sais pas si je peux dire que je me trouve dans l'une ou l'autre catégorie. Tout ce que je sais c'est que je tente toujours de faire de mon mieux. C'est déjà mieux que de ne rien faire du tout non ? Parfois j'ai de la chance et je tape dans le mille. J'arrive à rassurer ou à réconforter une personne qui en a besoin. D'autres fois, et bien c'est un loupé total et j'empire encore les choses. Et oui, la maladresse légendaire de Nora Castillo n'est pas que physique. Je suis vraiment douée pour mettre les deux pieds dans le plat. Le pire, c'est que je ne m'en rends pas toujours compte tout de suite. Alors c'est capable de durer encore et encore jusqu'à ce qu'enfin une connexion se fasse dans mon cerveau et que je ne me rende compte de la bourde que j'ai pu faire.

Mais là, j'ai l'impression d'avoir tapé juste pour une fois. J'ai parlé sans réfléchir, j'ai simplement dit ce que j'avais sur le cœur sans me demander si cela avait un sens ou non. De si j'avais déjà abordé tel ou tel sujet en présence de Jordan ou non. Et dans le fond, est-ce que cela a vraiment une importance ? Si jamais elle ne savait pas que j'avais été en taule, et bien maintenant c'est chose faite. Et ? Aujourd'hui que l'on ait été bon ou mauvais, riche ou pauvre, égoïste ou altruiste, on en est tous au même point. Tout ce qui importe, c'est la façon dont on se comporte à présent. De si on se sent capable d'aider ceux qui nous entourent ou non. De si on a envie ou non de se confier aux autres ou même de se trouver dans un groupe ou de faire cavalier seul.

Lorsque Jordan se met à rigoler à la fin de mon petit discours, je ne peux m'empêcher de hausser un sourcil intrigué. Mais lorsqu'elle me demande si c'est d'elle que je parle en évoquant des personnes tordues, je fais mine de réellement réfléchir avant de rire à mon tour et de gentiment la pousser. « Non, je te considère pas comme quelqu'un de tordu. Enfin qui sait, peut-être qu'à force de te voir traîner avec ma sœur je vais me rendre compte que tu l'es quand même ! Mais bon, avec le monde dans lequel on vit, c'est pas bon d'être trop sain d'esprit à mon avis ! » Je lui fais un clin d'oeil, un sourire étirant toujours mes lèvres.

Relevant mon regard vers le ciel, regardant distraitement les étoiles, j'écoute la réponse de la blonde à mes côtés sans l'interrompre. D'ailleurs, mon sourire s'élargit lorsqu'elle m'avoue que mon avis a de l'importance à ses yeux. « Oh tu sais, tu as le droit de me dire que j'agis trop comme une vieille ! Je le prendrai pas mal. Enfin, peut-être que si un peu. Mais bon, qu'est-ce qu'on s'en fiche de ça ? Plus sérieusement, tu vas te rendre compte que vous risquez d'avoir un sujet de conversation récurrent avec ma sœur : le côté surprotecteur de sa vieille frangine. » Dis-je avec une pointe d'humour, rigolant un peu en disant mes derniers mots. Malgré le côté plaisantin de mes mots, j'étais tout de même sincère. J'en suis persuadée au fond de moi : Jordan est une bonne personne. Et je vois bien à quel point elle peut être proche de ma petite sœur. Même en mettant de côté le fait que j'apprécie la blonde d'un point de vue personnel, le fait qu'elle soit proche d'Olivia est déjà une raison suffisante pour que je m'inquiète pour elle. Que j'aie envie de l'aider, de la protéger aussi. Est-ce que je me rendrai un jour compte que je ne peux pas protéger tout le monde ? Allez savoir. Mais cela ne m'empêchera jamais d'essayer encore et encore jusqu'à ce que j'y parvienne.



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