Like a rolling stone



InformationsContact
avatar
Messages : 413
Points : 1033
Date d'inscription : 17/02/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Soldat de fortune
Riley Hayden
Matricule n°001
Soldat de fortune
Mar 18 Juil - 3:09

Like a rolling stone

Au petit matin, une fine couche de neige recouvrait déjà le champ de bataille encore tiède comme si, au courant de nuit, une force divine avait tenté de dissimuler l'immonde carnage qui avait eu lieu ici. Quelques rôdeurs agars foulaient le domaine de la General Motors. Certains avaient rejoint le rang des morts depuis bien longtemps, d'autres, victimes de cette guerre ignoble, s'étaient élevés au courant de la nuit pour entamer leur nouvelle vie de charognards. Pourtant, aucun d'entre eux n'avait remarqué la présence de cette femme qui reprenait peu à peu ses esprits. Peut-être la croyaient-ils déjà morte... vu son état, elle en avait toutes les apparences.

Elle finit par ouvrir ses paupières, réveillée par les cris stridents d'un essaim de corbeaux. Telle une seconde naissance, la vie venait de l'extirper des abysses réconfortants de la non-existence pour la jeter dans un monde de souffrances et de désillusions. Sa première tentative pour se remettre sur pied fut un échec... le plus petit des mouvements l'affublait d'une douleur tout à fait atroce. Elle avait l'impression qu'on lui avait arraché le bras à partir de l'épaule, et dut même agiter ses doigts pour se convaincre que son membre était toujours rattaché à son corps. Et ce mal de crâne, comme une migraine multipliée par mille, lui laissait croire qu'une petite créature maligne se frayait un chemin depuis l'intérieur de sa tête à coups de marteau piqueur. Pendant de longues minutes, elle dut se persuader de ne pas se laisser crever ici, ne pas crier haut et fort pour qu'un marcheur vienne l'achever, puis elle trouva finalement la force de se relever.

L'infirmerie, elle devait rejoindre l'infirmerie et trouver de quoi se rafistoler, voilà tout. Fort heureusement, son sac à dos et sa mitraillette l'avaient suivi dans sa chute, elle avait au moins de quoi se défendre. En traversant la court, elle put contempler l'ampleur du désastre. Les réservoirs d'essence n'étaient plus qu'un amoncellement de métal tordu et fumant. Quelques morts jonchaient le sol... il s'agissait là des plus chanceux, les autres s'étant déjà relevés. Les charognards n'étaient pas particulièrement nombreux... leur démarche chancelante dans ce décor de désolation leur donnait des allures de sinistrés ayant échappé à une catastrophe, cherchant en vain leur maison à travers un quartier en ruine. Elle aurait pu parier que certains d'entre eux ignoraient sa présence, comme s'ils la voyaient déjà comme une des leurs. Dans tout ce chaos, aucune trace de survivants. Tout ça ne laissait que peu de doute quant au sort du fossoyeur. De toute évidence, les Punishers n'étaient plus. Elle récupéra sa hache, plantée dans le crâne d'un marcheur, avant de poursuivre son chemin.

Fort heureusement, les attaquants avaient pillé l'infirmerie à la presse et avaient laissé beaucoup de trésors derrière eux. Riley se dénicha un flacon d'antidouleurs, quelque chose de puissant, et s'empressa de croquer deux cachets et de rincer le tout avec une bouteille d'eau qu'elle descendit d'une seule traite. Un drap noué autour du cou fit office d'écharpe de fortune. Elle récupéra également des compresses et du désinfectant pour se faire un bandage... avec une seule main valide, plus facile à dire qu'à faire. En s'examinant dans un miroir, elle crut voir un fantôme. Son teint était livide, ses yeux rougis, cernés, et tout ce sang coagulé qu'avait craché cette blessure sur le côté de sa tête ... L'entaille lui traversait la tempe sur environ dix centimètres, et au creux de celle-ci, elle pouvait voir son crâne... elle voyait son putain de crâne! Un poil plus à gauche et cette balle lui aurait totalement grillé la cervelle. Trouver de l'aide au plus vite. Se rendre à la planque de Lyuba pour se faire soigner, voilà ce qu'elle devait faire maintenant... mais comment se rendre?

Avec un bras en moins, elle ne pouvait pas même démarrer sa moto. Du côté des hangars, aucun véhicule à sa disposition... pas moyen de trouver une foutue bagnole dans une fabrique automobile, quelle ironie. Elle devrait donc marcher, et la route s’annonçait longue et pénible...

Vers midi, elle avait tout juste parcouru une vingtaine de kilomètres... les antidouleurs avaient efficacement atténué son mal mais maintenant, elle se sentait étrangement fatiguée, confuse... Sa tête tournait comme une saloperie de manège * Merde Riley, ça fait combien de temps que tu n'as pas dormi? Trois jours? Et ton dernier repas il remonte à quand? * Le train de vie qu'elle menait depuis son arrivée à Boston... le manque de sommeil, la came, les combats... Tout ça lui retombait maintenant en pleine figure. Elle s'arrêta et vomit douloureusement, réalisant du même coup à quel point elle avait touché le fond du baril.

Un grognement se fit entendre derrière elle... en se retournant, elle aperçut tout de suite le clébard qui s'approchait à pas de loup, l'air menaçant. Étrangement, sa première réaction fut d'exploser de rire... un rire totalement dément et résigné. Lorsque deux autres cabots apparurent derrière le chef de meute, le rire déjanté de la blonde s'intensifia de plus belle. Vue leur maigreur, les bêtes semblaient clairement affamées... De son unique main fonctionnelle, elle pointa sa mitraillette vers les créatures et fit feu, peinant à contenir le recule de l'arme. Parmi la vingtaine de balles tirées, seule deux atteignirent un des molosses qui battit aussitôt en retraite pour aller mourir dans un coin. Les deux autres ne semblèrent nullement impressionnés... clairement, ces chiens en avaient vu d'autres. Le mâle alpha, un rottweiller couvert de cicatrices, donna le signal à son comparse en aboyant, puis ils s'élancèrent en direction de leur proie.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 1504
Points : 2016
Date d'inscription : 23/01/2016
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 19 Juil - 6:12

Les pas pesants du colosse balafré en armure anti-émeute creusaient dans la pureté de la poudreuse des tranchées plus ou moins parallèles. Il sortait d'un terrain vague pour rejoindre la rue. Plissant ses yeux océaniques, ayant la bonté et l’innocence d’une humanité si frappante, le géant à la silhouette déformée laissa planer son regard sur les étendues dévastées de la société en plein déclin. Le reflet vicieux du soleil sur les carrosseries des épaves éblouissait quelque peu l’erreur de la nature. Le manteau du brouillard matinal semblait recouvrir la déchéance que la civilisation venait de subir il y a plusieurs mois de ça. Tant de colère, de peur et de drame étaient maintenant camouflés par la froideur du paysage sans vie. Portant tout doucement sur ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortel en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses lèvres émincées et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de circuler de nouveau dans les extrémités, engourdies par la froideur de ce mois d’hiver. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercée sous la douceur bienfaitrice d’un soleil matinale, vers le ciel nuageux de cette journée frisquet et Bobby sourit. Même si le malheur semblait prendre un malin plaisir à tourmenter les mortels qui semblaient résister au destin funeste qui rodait de manière chancelante et vorace, l’homme était heureux comme un enfant.

Lunatique comme à son habitude lorsqu’il songeait aux apparitions divines qui venaient de surgir dans son existence, les gestes de l’homme étaient un peu comme ceux d’un robot, L’automatisme de son être avait pris le pas et il a marché avec une régularité d’un métronome. Les muscles disproportionnés de la créature de Frankenstein emmitouflé dans son veston de motard renforcé le propulsaient enfin dans la rue au bitume crevassé. Mais une joie presque enfantine illumina le regard sérieux du colosse et les traits atypiques se transmuèrent en un masque de pur bonheur. Dame Nature avait décidé que les rayons du soleil tomberaient sur la lie de l’humanité. S’arrêtant subitement, le mineur pencha la tête vers l’arrière et ferma les yeux. Il laissa la chaleur de l’astre solaire entrer en contact avec son horrible faciès. La chose immonde sorti même la langue dans l’espoir de récolter un des rares flocons de neige qui tombaient paresseusement.  Il ne se doutait aucunement qu’un regard affamé espionnait chacun de ses mouvements. Mais bienheureux étaient les simples d’esprits comme lui disait souvent les gens.

Après quelques instants d’un pur ravissement, un gémissement lointain fit reprendre le dur contact à la réalité à la créature difforme. Une silhouette chancelante essayait vainement de progresser entre les voitures vers la position du monstre de foire. Celui-ci décrocha sa hache de bucheron de son paquetage et après avoir remarqué le lent cheminement de la goule, l’esprit lent de Robert compris qu’il aurait toute la lassitude voulut pour entrer à l’abri et ressortir un peu plus tard. Bien avant que l’aberration arrive à la portée du fil de sa hache. La maladie des infectés les pourrissait littéralement sur pattes, rendant leurs muscles encore plus faibles et atrophiés. Le froid semblait les affecter aussi au plus haut point.

D’un côté de la rue se trouvait une multitude de maisons unifamiliales en plus ou moins bons états, vu les services que des émeutiers des premières heures du chaos  ambiant avaient propagés. Dans l’esprit si lent de l’homme, avec l’effet du brouillard qui s’évaporait et les jeux d’ombres, les habitations ressemblaient à s’y méprendre aux maisons hantées qui faisaient frissonner sa nièce adorée. Dans l’imagination fertile de l’homme difforme, il vit des scènes d’anciens occupants décharnées qui frappaient pathétiquement à la porte barricadée de leur tombe familiale. En bordure de la route enneigée, quelques magasins représentaient l’économie d’un passé révolu. Certaines avaient la vitrine défoncée et sûrement leurs contenus pillés, mais quelques rares élues semblaient défier les parodies de vie putréfiée et les survivants déterminés de s’en prendre à elles. Un immense bâtiment, trônant comme un roi au milieu de ses sujets minuscules, attirant le regard bleuté si pur de l’homme difforme. Déchiffrant les quelques mots qui commençaient à disparaitre sous l’assaut de la neige, Robert comprit que c’était une sorte de musée consacré à la littérature.

Se dirigeant vers la porte d’un abri qui lui semblait sur, où il se doutait qu’il trouverait ce qui rendrait un semblant de sourire à son horrible faciès, le mastodonte n’avait aucune idée dans quel pétrin il allait encore se fourrer comme à son habitude. Juste le furtif espoir d’un souvenir, d’une sensation spectrale d’effleurement d’une main douce et satinée sur sa poigne massive et rugueuse donna le courage au colosse de saisir la barre transversale. Sa nièce adorée aimait par-dessus tout lire et venir dans ces endroits de cultures. Robert l’accompagnait parfois, se sentant étranger dans ce monde d’intellectuel, lui qui avait des difficultés des fois à écrire son nom.  Il se forçait à lire, plus pour faire plaisirs à l’ange de son passé que par une réellement envie d’apprendre.  L’adolescente aimait un type du nom de Jules Vernes. L’esprit lent du monstre de foire venait de comprendre qu’ils devraient surement abriter dans ce lieu de culte du savoir un bouquin ou deux de cet écrivain. Pour renouer avec l’esprit de la défunte, pour essayer de lire les mots compliqués avec le fantôme souriant de l’être qui importait le plus dans sa vie.

Mais la poignée du temple du savoir ne bougea pas d’un iota.  Le sourire de la bête disparut, laissant entrevoir un air de déception sur ses traits atypiques. Avec son visage aux traits sculpté  grossièrement dans le granit et son corps repoussant, l’homme ressemblait vaguement à cet instant à une gargouille qui veillait sur les toits des immeubles. Déçu, il descendit alors les marches pour se retrouver au milieu de la rue. La goule atrophiée n’avait fait que quelques mètres. L’aberration avait une lueur d’escargot asthmatique. Un rire éclata non loin, une sorte de résignation envers une mort prochaine et inévitable comme lui-même avait eu quelques fois depuis le début de cette folie que plusieurs avaient le culot d’appeler nouvelle réalité. Des coups de feu, une véritable fusillade en fait, fit sursauter le géant au cœur d’or. Bobby était habitué depuis le temps à supporter un silence presque respectueux et mortel qui était omniprésent au-dessus de la ville fantôme. Un mouvement rapide, semblable à du vif-argent, attira l’attention du colosse balafré. Celui-ci sortit sa hache de pompier de son étui de ceinture. Hissa son imposante masse de muscles disproportionner dans le haillon d’une grosse camionnette, le golem de chair essaya de voir au loin. Un chien maigre chuta lourdement au sol, saignant à cause de quelques impacts de balles.  Sautant en bas de la camionnette qui commençait à rouiller, la suspension cria de soulagement lorsque le poids imposant  de Robert s’enleva, le mastodonte s’avança vers les grondements de rage qui s’éleva.

Le regard océanique de l’homme put enfin voir la scène alors que sa masse imposante tourna le côté d’un camion de livraison. Une jeune femme, du sang sécher sur son visage d’ivoire et au bras droit serrer dans une échappe de fortune, semblait peiner à tenir. La chevelure blonde, les taches de rousseurs et les lèvres pleines firent jaillir un nom dans l’esprit lent et pathétique de la chose. Riley l’avait aidé, sauver même, lorsqu’une marée putrides d’infectés avaient cerné la maison où ils avaient trouvé refuge. La main gauche enserra la poigner d’une mitrailleuse et deux chiens immenses se préparaient à foncer sur celle que le golem de chair avait baptisé l’ange guerrière.

Robert- Riley c’est toi?

La voix caverneuse de la chose immonde et aux muscles disproportionné claqua avec l’intensité d’un coup de tonnerre d’été. Les chiens errants se figèrent de stupeur. Sans attendre d’avantage le pas lent du géant se transforma en charge. La hache cueillie durement le rottweiler qui s’effondra dans la neige en gémissant de douleur. Un nouvel arc argenté se teinta de cramoisie alors que le colosse balafré tua proprement la bête devenu sauvage. L’autre chien, un genre de bâtard ayant été le résultat d’une partouze canine, se sauva de l’immense gladiateur de l’apocalypse. La gargouille de granit à peine sculpté arrêta sa charge destructrice près de l’ange à la tignasse doré qui donnait l’air à la rachitique femme des allures de lion. Une inquiétude et une sollicitude touchante se propagea alors dans les yeux bleuté si pur de l’homme difforme.

Robert- Euh… C’est moi Bobby… Euh… Tu veux t’assoir un peu dans le camion? Euh… J’ai de l’eau et du chocolat si t’as faim… Euh… Sinon Doc pourrait t’aider avec tes bobos…

La candeur de l’ancien mineur n’était plu à faire. Sa hache sanglante s’apposa près de sa jambe et il sorti la gourde d’eau. Il dévissa le bouchon de ses gros doigts et tendit le contenant en rougissant un peu. La timidité de l’homme près des dames était loin d’être résorber par le temps et la fin du monde. Au loin les gémissements de faim et le chœur morbides des enfants de la Faucheuse se firent entendre, déranger dans leur quiétude et leur errance éternelle par les cris et les déflagrations de l’arme automatique.

Équipements:
 

_________________

Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


Badges qui font chaud au coeur:
 
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 413
Points : 1033
Date d'inscription : 17/02/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Soldat de fortune
Riley Hayden
Matricule n°001
Soldat de fortune
Hier à 1:04

Les deux clébards l'avaient engagé, fonçaient droit sur elle avec leurs gueules grandes ouvertes. Ils étaient des envoyés du karma... Satan en personne avait dépêché ses cerbères pour en finir avec Riley, il allait lui faire payer pour toutes ces choses horribles qu'elle avait faites. Malgré tout, la blonde s'en fichait complètement... Le sourire stupide qu'elle affichait était peut-être le résultat de sa confusion mental, ou de sa nature profondément nihiliste... probablement un peu des deux. Son seul regret? Ne pas connaître une fin moins douloureuse mais qu'importe... bientôt, tout serait terminé. Puis les bêtes s'arrêtèrent dans leur course.

Une voix, profonde et familière, surgissant de l'inconnu, ainsi qu'une présence sur laquelle se serait posée n'importe quel regard, animal ou humain, et qui aurait évoqué la frayeur, avait fait hésiter les quadrupèdes enragés. Et cette voix l'avait appelé par son nom. Devant la certitude de faire face à une hallucination due à son état lamentable, la blonde resta bouche bée. Cette hallucination de cent-trente-cinq kilos venait de fondre sur le chef de meute pour le balayer d'un coup de hache et maintenant, elle achevait la bête avec cette même arme. Riley avait l'impression de voir double... elle recula mollement jusqu'à rencontrer la carrosserie mal en point d'une vieille Sedan, se demandant si au final, les trois chiens n'avaient pas été eux aussi les éléments incertains de son délire.

Robert, le gentil géant qui avait croisé son chemin plusieurs semaines auparavant, était bien là, à ses côtés. Il lui offrait de l'eau et du chocolat. Elle entendait ses paroles, elle le voyait, mais n'arrivait pas à le comprendre, comme si elle se trouvait plongée entre deux réalités, flottant dans les eaux troubles de la semi-conscience. Le regard cobalt du colosse la fixait du haut de son imposante carrure. Le regard amorphe de la blonde tâchait se faire de même, sans y parvenir. À chaque fois qu'elle clignait des yeux, ses paupières semblaient hésiter à revenir en position ouverte. Un mot, un mot tout simple arriva néanmoins à percer les décences de sa torpeur, comme si sont corps et son esprit cherchait encore un moyen de se tirer d'affaire. Lorsqu'elle entendit le mot "doc", ses lèvres remuèrent enfin pour former quelques syllabes à peine perceptibles.

" Le doc Bobby... je dois voir, le doc... "

Elle avait soif, très soif même. Au moment où elle voulut attraper la gourde que lui tendait son sauveur, elle sentit que le rideau allait s'abattre sur sa vision... que son corps allait mettre fin au dernier signal qui la reliait encore au monde des vivants. Tout devint gris et en quelques secondes, la réalité n'était plus qu'un lointain souvenir engouffré par l'abîme de l'inconscience.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 1504
Points : 2016
Date d'inscription : 23/01/2016
Voir le profil de l'utilisateur
Hier à 16:13

Le rouge gagna les joues mal rasées du monstre de foire. Il avait passé sa vie loin des gens normaux pour leur éviter d’avoir à endurer sa présence grotesque. À part Rosalie et Sandra, l’être au cœur torturer de cicatrices n’avait réellement eu l’occasion de démontrer le doux côté qu’il cachait derrière sa cuirasse répugnante. Au grand soulagement du mineur, la femme démontra une force de caractère hors du commun en respirant et en prenant une certaine contenance. Riley semblait reconnaître la chose immonde. Mais au travers de toute la honte, le dégout envers lui-même et la sollicitude que le géant éprouvait dans un maelstrom d’émotion des plus chaotiques, une petite voix fit descendre les yeux vers l’ange chancelant dans la neige pur et froide de ce mois de janvier.

Riley -  Le doc Bobby... je dois voir, le doc...

Ne comprenant pas le pourquoi, un sourire de gratitude et presque de soulagement se posa sur les lèvres minces de la caricature humaine. Le regard bleuté, si pur en comparaison de la grisaille du ciel affligeant, pétilla d’une bonté et d’une humanité sans borne. Hochant la tête avec empressement, peu soucieux de se coltiner de nouveau soit des aberrations trébuchantes et malodorantes ou encore la pire engeance humaine, Robert fi un pas vers le chemin qui allait le mener au manoir. Mais une douce voix le fit dresser l’oreille. Une voix spectrale, si douce et désirée, venait de chatouiller son ouïe.

Sandra- Oncle Bob… Tu dois l’aider elle est à bout de force comme je l’ai été la dernière fois tu t’en souviens?


Un oui faible traversa alors la barrière que représentaient les dents mal alignée du colosse. Lors d’une randonnée avec sa nièce adorée, l’adolescente avait éprouvé un malaise. Fou qu’inquiétude, le monstre de foire avait saisi le corps fragile de la personne qui comptait le plus dans sa vie et l’avait transporté dans ses bras puissants. Durant le trajet, le pied de la chose qui se disait humain s’était tourné. Mais ignorant sa propre douleur et démontrant une endurance hors du commun, il avait maintenu la distance pour que des professionnels de santé puisent aider son petit rayon de soleil. Un baiser fantomatique se déposa alors sur la joue mal rasée du monstre de Frankenstein et la magnifique voix désincarnée se propagea une dernière fois.

Sandra- Allez tu dois, la sortir d’ici aussi vite que durant ce moment où j’ai eu la peur de ma vie…

Revenant sur ses pas, serrant sa hache à sa ceinture et oubliant ses peurs irrationnelles d’être aussi près de la perfection céleste, le mastodonte chuchota alors de sa voix lente au ton trainant.

Robert- Désolé de vous toucher Riley…


Le monstre de foire fléchit un peu sa grande carcasse et sans laisser le temps à la jeune femme de s’opposer à cette habitude peu cavalière, il prit le corps gracile dans ses bras immenses.  Il rejeta alors son malaise de sentir cette perfection divine près de son corps atrocement déformé et sans demander son reste, il commença à s’éloigner du lieu de douleur en grande enjambée. Sentant les frissons et la chaleur que le corps si fragile et si fort en même temps produisait dans ses bras, Bobby sut au plus profond de ses tripes que quelques choses n’allaient pas. À part bien sûr les blessures et le sang qui maculait le visage aux traits candide.  Prenant la peine de faire un détour par le couvert de la végétation en hibernation d’un parc pour perdre les possibles poursuivants à leur trousse, l’étrange duo s’enfonça un peu plus dans les rues lugubres donc la douceur du soleil ne pouvait conquérir. Autant pour calmer son cœur emballé d’être aussi près  fois d’une étrangère et pour permettre à l’ange déchu échoué dans ses bras de se sentir moindrement en confiance d’être avec un membre de la lie de l’humanité, Robert fit une promesse. Le son de sa voix se fit alors étrangement calme et serein, laissant transparaitre l’instinct de protecteur qui coexistait dans ce corps parsemé de cicatrices et de difformité. Une bonté sans borne et une sollicitude se dégageaient du colosse comme si celui-ci avait revêtu une cape sublime. Une sorte d’aura en quelque sorte de calme et d’assurance.

Robert- Je ne laisserais pas les méchants vous faire du mal madame…Euh… non jamais… Euh… On va arriver bientôt au gentil doc… Euh…


Les pas du monstre de foire avaient permis aux deux âmes solitaires de distancés les simulacres de vie et bientôt le manoir, refuge contre la folie ambiante, sera en vue. Le cœur immense et torturer de la chose battait maintenant calmement dans sa poitrine, laissant le loisir à l'ange d'apprécier un tempo pur, envoutant et si serin à la fois.

Le trajet fut comme un rêve pour la créature désabusée des relations humaines. Sentir le corps gracieux qui se nichait sur le sien, affreux et déformé, était tout simplement impensable pour la créature. Et maintenant la jeune dame, quoique fiévreuse et blessée, semblait apaiser par le balancement régulier du corps en mouvement et le battement hypnotique de l’immense cœur débordant de gentillesse. Ces sentiments que peu de gens cherchaient à découvrir, préférant s’arrêter au premier regard et classer l’erreur de la nature dans la catégorie des monstres. Le sosie de Frankenstein ne rêvait qu’à cet instant de transporter l’âme en perdition dans ses bras pour l’éternité. De se sentir de nouveau utile à quelqu’un remplit de fierté la lie de l’humanité.

Au moment où la structure imposante du manoir apparaissait au détour de la ruelle sinueuse de la forêt, le regard bleuté si pur qui ornait le faciès monstrueux de la bête tomba sur le précieux  corps céleste qui reposait dans ses bras musculeux et déformés. L’ange à la peau d'ivoire et à la chevelure doré semblait rassuré par l’imposante masse de muscle et l’aura de réconfort qui se dégageait du mastodonte. Tout doucement, appréciant le retour des bruits familiers de la nature avoisinante, le pas du colosse se transforma en marche lente. Comme si Bobby retardait l’inévitable moment qu’il devrait déposer le corps céleste  sur un des deux lits de l’infirmerie. Il ouvrit alors la porte et soupirant de résignation. Le vieil anglais lui demanda de l’aider de délesté la dame de son équipement, il déposa le corps fiévreux dans le lit. Les gestes du géant étaient empreints d’une douceur infinie, tellement que bien des femmes auraient adoré que leurs amants soient aussi attentionnés que le phénomène de foire. L’esprit de Robert était à des milliers de lieux des impulsions charnels, le monstre de foire n’ayant jamais pu apprécier  ces doux moments d’intimités avec aucune femme. Les mouvements du goliath des temps moderne n’étaient dictés que par la sollicitude, l’inquiétude et une compassion surnaturelle. Le regard soucieux de la chose se plongea sur le visage au trait agréable, mais ravagé par des tremblements involontaires. Tel un papillon se posant sur une fleur rare et précieuse, la main immense et rugueuse de Bobby agrippa la couverture et borda la silhouette gracile et athlétique dans une tentative pathétique de la réchauffée. Ensuite il retourna à son poste de vigie pour surveiller les environs, empêcher qui que ce soit de venir faire du mal à Heaven, Riley et Alair…

Équipements:
 

_________________

Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...


Badges qui font chaud au coeur:
 
Revenir en haut Aller en bas

Nouveau
Répondre

Like a rolling stonePage 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» cappie ♦ runaway babe 'cause i'm like a rolling stone
» Le fabuleux Juke-Box du Grand Escargot
» Les 500 meilleurs albums
» Papa was a rolling stone.
» LMDC Tag Team Championships: Floyd Mayweather & Randy Orton Vs Stone Cold Steve Austin & John Cena

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum