Bad Asses on the Bayou



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Sam 22 Juil - 17:47


Bayou Kane, cave des Carters, 27 octobre 2014.

Je suis seul dans l’obscurité, Je viens à peine de me lever. J’allume avec précaution la lampe a pétrole de mon bureau. Une nouvelle journée débute, un nouveau combat pour survivre, pour ne pas baisser les bras, pour ne pas dépérir.

Je respire un grand coup en sachant que je dois coucher par écrit tous ces mots qui se bousculent dans ma tête. Je sais que j’ai un don pour les mots, c’est donc avec mon stylo plume bob l’éponge que décide de grattent le vélin de mon cahier Clairefontaine. J’ai mis une cartouche violette sanguine. J’adore cette couleur. Dans ce climat de tension extrême ou je suis obligé de survivre, seul dans cette cave ou je me terre en attendant que le cataclysme passe, je laisse aller mes souvenir pour ne rien perdre de ce que je vie, de ce quotidien solitaire…
Je reste à mordiller quelques minutes mon stylo en repoussant une mèche rebelle avant de revivre les douloureux évènements qui m’ont conduit à vivre dans cette cave depuis des années.


Cher Journal,

Mes parents c’est trop des losers, mon père me gonfle parce qu’il pense que je ne comprends rien a rien, alors que c’est lui qui ne comprends rien d’abord. Genre j’aurais raté ma vie parce que j’ai fait des choix osés, des choix que lui il n’a jamais su faire. Il est trop consensuel pour capter ma fibre rebelle. Il mène la vie que seul les gens sans imagination ni ambition vivent. Il se lève pour aller travailler tous les jours pour un salaire de misère. Moi, je veux autre chose, je veux plus, beaucoup plus. Et ça, il ne l’accepte pas. Peut-être parce que mon esprit affuté, ma créativité et ma façon de pensé le renvoi vers l’échec de sa propre vie.


« ISHHAAAA A TAAAAAAABLEUUUUUUH »

Je grogne d’être interrompu dans mes écritures. Ma mère, Juliet, ne respecte pas ma créativité. Elle ne comprend rien à l’art de toute façon. Elle est super trop conventionnel!

« Pas maintenant moman !!! je suis occupé ! ... ... ... Y’a quoi a manger ? »

Bon en même temps j’ai un peu faim, il doit au moins être 19 heures.

« Des lasagnes !! et dépêche-toi tata Maddie est là et tu sais qu’avec sa dépression et ses médicaments elle s’endort tôt ! Et lave toi avant!! Tes slips sales commencent a sentir moins forts que toi!!!!!»


Ok, je monte prendre une portion de lasagne, je passe devant Octavia qui du haut de ses 13 ans se la pète comme si elle était déjà une femme.  Je lui fais un bras quand elle me tire la langue en disant:

"De toute façon toi, t'es adopté!
-Ben toi ta mère est raide!"


Qu’elle chieuse je la supporte plus. Je reviens vite a mes écriture. Au moins papa est parti chasser du gators en godille je suis tranquille. Dans le coins les mecs le surnomme Aquaman. Y'a bien que mon vieux qui est fier de son surnom.

Que que soit le regard de mes parents sur moi, je ne lâcherais rien, je suis fort, plus fort que Hulk en version géant vert, mais dans ma tête d’intellectuel. Hier, il m’est arrivé un truc de fou qui va lancer notre grand projet avec mon BBF Dédé. J'ai gagné à la loterie cantonale. Une somme de fou: 500 dollars. J'en ai encore parler a personne même pas a Dédé. Lui et moi on a un projet secret depuis le lycée, le truc de ouf pour lequel on a tout sacrifié depuis 20 ans. On a lâché l’école, on a esquivé les filles, enfin on n’a pas couru après, ou plutôt on a pas essayé plus que ça après plusieurs râteaux, enfin bref, on a pas de copines quoi.  Bon d’accord JE n’ai pas de copine. Dédé a déjà épousé trois fois Hannah. Mais moi, si je suis tout seul, et c’est un choix. Je veux rester concentré sur notre but. Et puis je me réserve pour la plus belle de toute les filles de la planète.

Je m’arrête d’écrire pour regarder toutes les photos découpées dans la presse ou faite à la volée d’Avalohn S Inverness, la reine du lycée et des pompoms girls. Elle était à l’école avec nous. Je suis tombé amoureux d’elle au premier regard. Et là elle vient de divorcer pour la 2e fois, si ce n’est pas un signe qu’a 35 ans ma vie va enfin changer.

Avec Declan, nous ne sommes pas loin de voir notre rêve aboutir : ouvrir un bar, resto, pmu ou on pourrait aussi faire du karaoké. Un concept de malade encore trop novateur pour les banques américaines. Elles sont trop consensuelles pour comprendre.

Mon GSM sonne. Je grogne encore. Numéro inconnu. J’hésite puis décroche.

« Allo?
- ALLOOOOOOOOOOOOOO
- Vous avez une sale voix ? Une angine ? C’est affreux de voir que nous sommes dans un pays ou les droits des salariés sont bafoué au point qu’ils doivent aller travailler alors que leur état de santé est visiblement mauvais…
- IssshhaaaaaaAaaAAaAAAaAAaaaaa
- C’est vraiment caverneux votre truc, vous avez consulté parce que c’est inquiétant.
- IshhhaaaaaaaaAaaAaaAAaAAaaaaa
- Oui Isha Carter Cornwell, c’est moi, si c’est pour des fenetres faut appeler mes vieux, je vies chez eux. Si c’est pour les reducs fiscales, ca va pas le faire non plus,  je ne travail pas, c’est trop consensuel….
- TuuuUuu VvvvEeeeEeEuuuUUuuuuX GggGGgAAAAaaaAAagNNnNnnnNéééé 100 000 Dollllllaaarrrsss ?
- Ben heu ca depend… il faut faire quoi ? Et c’est garantie sans virus ? D’ailleirs vous savez si c’est viral ou pas votre truc, parce que les antiobiotique c’est peut etre pas automatiques mais parfois il faut quand même forcer la main des docteurs parce…
- TaaaaaAaAaaAAaA GuueuuuuUuulEeeuuuuullleuuuh !
- Hey oh ! restez poli, on appelle pas les gens avec une voix de cadavre de film d’horreur pour les insulter.
- vaaaaAaAaAaaAaa surrrRrrrrr BayyyyyYyyoooouuuuu iiislAaaaAAnnNnnd tuuUuuuUuUuUuuUuu Eeeeessss ennngAaaaaaAaagé ! »

Ça raccroche. Il devait etre sacrement malade pour ne pas avoir dit au revoir. Dédé et moi on sera super humain sur nos arrêts maladies. Je reçois un mail que je regarde avec attention. C’est une confirmation que je suis pris à un poste ou j’ai pas postulé avec qui je veux pour aller tester un camping dans le bayou. Super !! J’envoie immédiatement un SMS à Dédé pour lui dire qu’on a un taff et qu'on aura 100 000 dollars !!! Ça va être génial.  

« M’am !! Fais-moi une valise !! avec Dédé on part ! on a eu un job ! Et mets moi mes slips captain america et mes tongs classes!! je veux faire bonne impression!»



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Mar 25 Juil - 12:48



Ft. Isha && Declan


J’étais sur le perron de notre maison. A côté de moi, le chien, que j’ai habilement nommé « le chien ». Bah. Pas d’idées. Pis de toute façon, je n’arrête pas de dire aux mômes qu’il va crever le canious, un jour ou l’autre. Ils ne me croient pas. Ils me disent qu’il est encore jeune. Kevin est le plus instruit. Il a été cherché sur internet que ce genre de chien peut vivre jusqu’à quatorze ans. Putain. Ça va me coûter cher en croquette, cette histoire. Encore une idée d’Hannah de craquer pour un clebbard pareil. Je me lève, la bière à la main, et donne un petit coup de pied dans le chien qui se lève en sursaut et en couinant. « Eh bah alors le chien ? T’es t’y pas content d’vivre avec nous ? Pourquoi que tu chiale, hein ? Arrête de faire ta p’tite nature ! Sinon c’est la SPA direct, mon con ! » lui dis-je avant de rentrer.

Lorsque je franchis le pas de la porte, je fais savoir aux miens que je suis de retour dans la casa. « Oh les mômes ! Y’a vot’ chien qui va claquer ! » Je m’arrête une seconde avant de larguer un rot puis reprends « l’arrête pas d’chialer sur l’perron. Faites quelque chose sinon j’m’occupe moi-même d’le piquer ! Un coup de 22 et on en parle plus ! » Kimberly, ma plus grande me regarde d’un air blasé. Kevin, quant à lui, accourt dehors, suivi de son cadet, Beverly, qui me regard avec insistance. « Quoi ? T’es pas content d’voir ton père, toi ? » Lui demandais-je, avant de m’enfiler une nouvelle gorgée de bière. Il prend son air désespéré et répond tout en sortant « Pfff. J’suis sûr que tu as encore tapé Spartan » Je me tourne vers lui qui est déjà dehors et m’exprime assez fort pour que ma voix traverse la porte « Oh eh ! ‘va s’calmer hein ! J’suis ton père ! J’ai encore droit de c’que j’veux à la fin ! » Le petit dernier, Johnny, se mit à pleurer. Faut dire que du haut de ses 3 mois, il n’est pas très doué pour faire autre chose. « Oh ! Bobonne ! Y’a ton môme qui s’la ramène là ! » hurlai-je pour prévenir Hannah que notre enfant pleure. Elle sortit de la salle de bain, des cernes immenses descendant de ses yeux. Il faut dire qu’elle avait du courage avec le môme qui chialait toutes les nuits. Elle me lance un regard noir et passe devant moi sans me dire un mot. Je sens que je vais morfler…

C’est à cet instant que le téléphone se mit à vibrer. Je le regarde et relis à plusieurs reprises pour comprendre ce que me veut Isha. Lui et moi on a gagné le droit d’aller dans le bayou et de gagner du pognon. Je voulais lui demander si j’avais droit d’amener ma famille puis, je me souviens qu’Hannah avait l’air de vouloir m’engueuler. Je pose ma bière sur le meuble de l’entrée, enfile mes bottes, recoiffe ma coupe mulet et hurle à nouveau « J’me tire pour plusieurs jours ! J’vais dans l’bayou avec Isha. Si vous voulez m’rejoindre, z’avez qu’à prendre la caisse ! » J’attrape les clés du camping-car. J’ai tout ce qu’il me faut dedans. Je sors en vitesse avant qu’Hannah ne se mette à gueuler. Et ça n’y manque pas. Elle se lance à ma poursuite, une couche à la main, me hurlant dessus de revenir immédiatement, que je dois assumer mon rôle de père et de mari, que de toute façon elle s’en va chez sa mère. Je lui lance un grand sourire et met l’autoradio à fond avec de la musique d’Elvis Presley dans le lecteur.

Je prends la route, direction, chez Isha. Une fois devant chez lui, je klaxonne. Ne le voyant pas arriver, je descends du véhicule et me dirige vers sa maison dans laquelle j’entre. « Ishcouille ! C’moi ! T’es où ?! » Je tombe nez à nez avec Juliet, sa mère. « Oh, b’jour m’dame. Z’allez bien ? J’viens chercher Isha. A c’qu’il paraît, on va aller dans l’bayou. Ça va être cool. Comment va vot’ mari au fait ? Toujours aussi barbu ? » dis-je en souriant et mâchouillant mon chewing-gum.

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