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 There's still time to change the road you're on

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Malorie EriksonI walk a lonely road
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MessageSujet: There's still time to change the road you're on   Jeu 27 Juil - 0:19
Cela faisait à peu près dix minutes que Malou avait déposé Eliette, une passagère, à l'adresse indiquée par le père de celle-ci.
A vue de nez il devait être presque midi et son estomac ne réclamait rien comme à son habitude. Elle devait pourtant se forcer à manger afin de garder l'énergie nécessaire, non à sa survie, chose dont elle se fichait royalement à présent mais pour combattre les mangeurs d'hommes, objets d'une haine féroce.
C'était devenu une obsession: manger puis cogner, écraser, mutiler ces ignominies putrides. Et quand elle n'en croisait pas sur son chemin, elle les cherchaient, les débusquaient et s'acharnait.

Le ciel était bleu et une douce brise annonciatrice du printemps soufflait dans les branches d'arbres à peine bourgeonnants, abritant de ci de là pigeons citadins et corbeaux amateurs de chairs décomposées.
La jeune fille qui n'était pas venue jusqu'ici pour s'appesantir sur des détails ornithologiques et encore moins pour prendre en considération la limpidité fragile de la nature renaissante, se concentrait sur sa conduite.
Non seulement elle était perdue dans les méandres de rues mais en plus la route à cet endroit était jonchée de détritus, morceaux de ferrailles, barbaque sanguinolente et autres matériaux improbables.
Pour couronner le tout, une voiture en travers de la route, portières ouvertes, borgne, rouillée jusqu'à l'os semblait la défier de son unique phare de guingois.
Après une tentative pour passer sur le trottoir étroit, elle dut se rendre à l'évidence: un demi-tour s'imposait.
«Putaaaain...», laissa t-elle trainer mentalement, « c'est pas mon jour aujourd'hui ! ».

Parcourant encore des quartiers résidentiels, elle ne croisa aucun humain digne de ce nom. Les morts-vivants par contre, claudiquaient en bandes ou solitaires avec un regard torve, du moins le voyait-elle ainsi.
Je m'en paierais bien un... susurra t-elle entre ses dents soudain excitée mais n'en fit rien, elle avait d'autres chats à fouetter: elle devait retrouver une artère principale qui la mènerait toujours plus loin dans sa fuite; jusqu'au Canada peut-être ?
Et puis elle avait perdu son rasoir coupe-chou, cela la tracassait énormément. Naturellement elle pourrait toujours ramasser un gros tesson de verre, ce n'était pas ce qui manquait mais ce n'était pas pareil, c'était moins efficace.

Non loin de son ambulance type van, une fillette en robe à fleurs – ou du moins ce qu'il en restait – le visage partant en lambeau, avançait en titubant.
Celle là, elle se la ferait !
Exécutant un écart, elle fonça dans sa direction dans un crissement de pneus et percuta l'enfant qui cogna le pare brise avant d'être éjectée au loin.
Bien fait ! Lança t-elle, « un de moins... » ponctua t-elle pour toute explication à son geste.
Quelques instants plus tard elle roulait sur Beaconsfield Avenue.
Avec un soupir de soulagement, elle se décontracta un peu et se redressa sur son siège.
Enfin une route digne de ce nom !

Elle passa devant un bâtiment protégé par un muret sur lequel était inscrit en lettres noires:  TROMBLY ELEMENTARY SCHOOL 1927.
Ce qui jadis devait être une pelouse fraîchement tondue, peut-être agrémentée de fleurs n'était plus que friche recouverte d'orties recroquevillées, noirâtres et l'allée qui menait à la porte d'entrée sortant de ses gongs était devenue presque invisible.
Un peu plus loin, elle aperçut un parking.
Elle tourna à droite sur Hally Place, puis encore à droite sur l'aire de stationnement où quelques véhicules abandonnés gisaient et coupa les gaz.
Elle ferait une pause ici.

Immobile, mains sur le volant, elle scruta les alentours qui semblaient calmes puis, se penchant vers la boite à gants, elle attrapa un petit calendrier qu'elle avait réalisé elle-même à partir du modèle original datant de 2014 et nota « Grosse Pointe Park », dans la case du 2 mars avant de le remettre en place.
Passant dans l'habitacle, elle prit une boite de haricots négligemment jetée sur le brancard qui lui servait de lit, entrouvrit l'un des battants arrières de la camionnette, s'assit sur le marchepied, son rouleau à pâtisserie calé entre les jambes et commença à manger.

D'aucuns en ce monde de privations abordaient cet acte, de manière différente, certes mais toujours positive.
Il y avait ceux qui engloutissaient leur ration en un rien de temps, d'autres au contraire mâchaient lentement, dégustant ce que jadis ils auraient avalés en faisant la moue (ou bien à la cantine scolaire seulement), d'autres, non contents de leur part faisait tout ce qu'il fallait pour piquer celle du voisin et quelques rares spécimen qui allaient jusqu'au sacrifice quasi religieux en offrant une portion de leur maigre repas à celui démuni qui louchait dessus sans oser réclamer.
Mais en ce monde apocalyptique on n'avait jamais vu personne manger comme Malou. C'était comme si on obligeait quelqu'un souffrant d'une grosse angine à avaler des cailloux.

Quand elle eut difficilement, laborieusement picoré à peine le quart de la boite de conserve, elle redressa la tête repue.
A cet instant, elle cru percevoir un bruit.
Tous les sens en alerte, le système d'alarme mental branché sur le rouge elle se raidit tout en observant le moindre millimètre de son environnement tandis que lentement, subrepticement sa main descendait vers le manche du rouleau à pâtisserie avant de l'empoigner fermement.
De l'autre main elle reposa ses haricots à côté d'elle et, tendue comme un arc prêt à tirer sa flèche, elle se concentra.
Elle aurait tout aussi bien pu se ruer dans son van et fermer la portière rapidement, c'eût été faisable mais ce n'était pas son genre.
Immobile, elle attendait l'ennemi de pied ferme.
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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 31 Juil - 18:59
Elle s'était réveillée aux plus petites heures du matin, tirée d'un sommeil bref mais intense. Son premier réflexe fut de s'allumer une clope. L'immeuble délabré qui lui avait servi de refuge pour la nuit était loin de constituer une planque de premier choix pour la blonde, mais sa vue lui permettait de garder un oeil sur la station-service de l'autre côté de la rue, l'endroit où s'étaient arrêtés les deux hommes qu'elle traquait depuis hier... ces deux crétins qui avaient eu l'audace de lui piquer les quelques provisions qu'elle avait trouvées à la pointe de leurs armes.

L'hiver avait été rude, très rude même, pour les survivants de Detroit et jamais la collecte n'avait été si féroce. Selon les rumeurs, certains groupes auraient même eu recours au cannibalisme. Ayant vu des trucs similaires par le passé, Riley ne doutait pas une seconde de la véracité de ces propos.

Elle avait attendu, patiemment, que les deux types quittent leurs abris de fortune, puis elle avait repris la chasse. Durant toute l'avant-midi, elle les avait suivis discrètement, attendant le bon moment pour frapper, mais ce moment n'était jamais arrivé. Le plus grand des deux, un blondinet portant une salopette de travail, trimbalait un fusil d'assaut, ce qui réduisait grandement les options de l'apathique Irlandaise en terme d'attaque. L'autre gars, un trentenaire au visage crevassé, se servait d'une batte de baseball pour éliminer les charognards.

Salopette et acné avaient visité plusieurs endroits sans rien laisser derrière. Durant leur quête, acné avait déglingué une bonne vingtaine de rôdeurs et Riley devait l'admettre, ses coups étaient tout à fait redoutables. Le trajet des deux hommes était hasardeux et imprévisible. À quelques reprises, une ligne de tir prenait forme, comme un si toutes les planètes du système solaire s'alignaient à la perfection, et Riley se maudissait de ne pas traîner de fusil de précision.

Vers midi, sa filature l'avait amené dans les environs de Grosse Pointe Park. Ses proies s'étaient engagées sur Beaconsfield Avenue, avant de disparaître dans une école délabrée. Le manoir du doc était tout proche. Pendant quelques secondes de lucidité, elle se dit qu'il valait mieux abandonner... rendre visite à Wakeman le temps d'un bon repas chaud et d'une tasse de thé, mais sa soif de vengeance eut tôt fait de la ramener à son but premier. Ces types allaient payer, et du coup elle allait récupérer les fruits de leur récolte et peut-être même quelques informations utiles au passage, et jusqu'à maintenant, cette école était sa meilleure chance pour leur tendre une embuscade.

Elle fit rapidement le tour du bâtiment, mais en cours de route, son attention se porta sur un stationnement tout proche. Au beau milieu du terrain d’asphalte crevassé, une ambulance, source potentielle de morphine et de matériel médical. Elle pouvait se permettre ce petit détour... Les deux types qu'elle poursuivait mettraient encore plusieurs minutes à fouiller l'école.

En s'approchant elle fit le tour du véhicule et aperçut aussitôt un charognard qui trainait de la patte. Le cadavre ambulant semblait porter son attention sur quelque chose à l'intérieur du van. Empoignant sa mitraillette de la main gauche et sa hache de la droite, Riley fit un pas rapide et d'un geste net, alla planter la pointe de son arme dans la nuque du marcheur, juste à la base du crâne. Avant que le corps inerte n'ait le temps de toucher le sol, la blonde braquait déjà l'intérieur de l'ambulance avec son arme automatique.

À l'arrière du véhicule d'urgence se trouvait une jeune femme, ou une adolescente plutôt, brandissant un rouleau à pâtisserie. Riley l'examina d'un oeil avachi, son arme encore dressée. Dix longues secondes s'écoulèrent, dix secondes à se demander ce qu'elle devait faire. Elle baissa finalement son arme.

" Salut... moi c'est Riley. " Elle prononça ces mots sans réel intérêt, affichant un sourire vacant. " Ça te dirait de me filer un coup de main? "

Avant que la rachitique jeune femme n'ait le temps de la questionner sur la nature de sa requête, Riley pointa l'école de son menton avant de poursuivre. " Deux voleurs se trouvent dans cette école... On les prend par surprise et on leur fait goutter à leur propre médecine. On se divise le butin cinquante/cinquante, t'en dit quoi? " Son interrogation fut ponctuée par le son métallique des crochets de son zippo alors qu'elle s'allumait une John Players toute desséchée. Elle lui tendit le paquet. " T'en veux une? "

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mer 2 Aoû - 15:38
Le bruit s'était rapproché.
Il était même inutile de vérifier par le carreau latéral, elle savait à qui elle avait affaire, elle le sentait approcher de son pas trainant; il était là, sur le côté et dans quelques instants il ferait le tour du véhicule, elle n'aurait plus qu'à le cueillir à sa façon.

Brandissant son rouleau à pâtisserie, les deux pieds bien campés sur le marchepied qui lui donnait de la hauteur, elle entendait déjà les os craquer sous les coups, les dents voler en éclats et...
Rien.
Un silence effroyablement frustrant d'à peine un quart de seconde s'abattit tel une main qui aurait piqué à la volée sa part de gâteau tandis que, jaillissant de nulle part comme un diable de sa boite, une fille sapée comme un soldat et armée d'une énorme mitraillette se plantait devant elle.

Le canon de l'engin pointait le milieu de son torse, ok. Une fois encore elle n'avait pas été assez prudente et s'était faite piéger comme un bleu.
« Si on ne peut même plus bouffer ses fayots à l'air libre maintenant...» songea t-elle avant de décider de défier du regard l'inconnue. Perdu pour perdu les choses devaient être faites dans les règles de l'art; ce n'était pas son genre de supplier l'agresseur comme une mauviette.
Elles restèrent ainsi dix bonnes secondes à se jauger, regard d'acier contre oeil désabusé, presque indifférent et paradoxalement, instinctivement peut-être, l'allure générale de cette jeune femme au visage de poupée maussade exerça sur elle une forte attirance, ce qui était rarissime.

« Méfiance !» s'ordonna t-elle mentalement, désarçonnée par ce sentiment inhabituel avant que l'inconnue baisse son arme.
La joute était gagnée, Malou était soulagée.
Il ne lui restait plus qu'à prendre son élan et lui balancer un coup de rouleau bien senti en travers de la mâchoire pour lui apprendre à vivre mais elle ne fit rien d'autre que suivre du regard le geste d'abandon sans bouger d'un iota.

Riley se présenta sans conviction tel un ours léchant de l'aspartame et demanda de l'aide.
Sa voix était plaisante mais étrange, l'accent surtout. Il ressemblait un peu à celui du bon docteur de Seattle, était-elle Australienne elle aussi ?
Qu'importe, la requête avait son intérêt, cela changerait des mangeurs d'hommes et puis cinquante-cinquante, c'était plus qu'honnête. Elle devait traîner une sacré haine contre ces gus pour proposer un partage aussi royal !
En guise de réponse, sans même porter attention à la cigarette offerte, Malou baissa la garde, se pencha dans l'habitacle, attrapa son sac à dos, rangea le rouleau à pâtisserie très précisément comme il devait l'être, regarda en direction de l'école et laissa tomber froidement d'un air imperceptiblement ironique:
ils cherchent des manuels d'arithmétique là-d'dans tes potes ?
La question n'attendait pas de réponse; c'était davantage une pique pour masquer le réel plaisir qu'éprouvait l'adolescente à l'idée d'accompagner cette fille en enfer ou ailleurs car déjà, contre son gré, il lui prenait l'envie de rester à ses côtés pour un bout de temps, à ricaner de leurs conneries au coin d'un feu ou à compter le nombre de mordeurs dégommés dans la journée, voire même... « Ta gueule ! » s'ordonna t-elle mentalement afin de mettre un point final aux élucubrations.

Elle fouilla dans sa poche de jean et en tira les clés du véhicule tout en détaillant la panoplie du presque parfait bidasse. Quand son regard tomba sur la cigarette fumante, elle lança:
t'as un plan j'espère ? Non parce que c'est quand même pas moi qui vais t'apprendre que la fumée de clope a une odeur forte et tenace jusque sur les fringues et que si tes copains là-bas sont pas fumeurs, ils vont te repérer tout de suite rien qu'en reniflant.
Là-dessus elle s'occupa à verrouiller les portières, laissant le champ libre à une éventuelle réponse puis dit:
je suis prête; on y va ?
Elle amorça un pas et annonça d'une voix radoucie:
tu as une arme à feu, je n'en ai pas. Je propose de chercher une entrée de service, de pénétrer dans le bâtiment et de servir d'appât aux deux gus, du genre l'ado nostalgique qui cherche dans les classes le dessin de sa petite soeur qui vient de mourir ou une autre connerie dans le même style.
Toi, tu ne flippes pas pour moi, tu me couvres juste un peu si c'est faisable et tu leur règle leur compte, ça te vas ça ?

Elle aurait aimé lui sourire mais elle avait oublié le fonctionnement des zygomatiques alors, pour la première fois, elle baissa un peu la tête, mit les mains dans ses poches et tandis qu'elle avançait elle articula doucement:
au fait... Moi c'est Malou.
Elle éluda sciemment le « enchanté », il ne fallait tout de même pas exagérer; elle verrait plus tard...

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Jeu 3 Aoû - 21:56
Pendant quelques instants, la blonde avait vraiment cru que l'adolescente allait refuser son offre. Le regard froid et placide qu'elle arborait lorsqu'elle lui avait lancé cette touche de sarcasme lui rappelait étrangement celui qu'elle voyait lorsqu'elle se plantait devant une glace. Elle eut, pendant quelques secondes, l'impression de regarder au creux d'un abîme sans fin... un abîme qui en surplombe un autre.

" Vas savoir... si ça se trouve, ces deux ploucs arrivent tout juste à compter jusqu'à dix. " dit-elle d'un ton tout à fait monotone, replaçant son paquet de clopes à l'intérieure de sa veste.

Alors que la jeune femme fouillait dans ses poches à la recherche de ses clefs, Riley n'eut d'autres choix que de remarquer ses traits émaciés, camouflés en partie par ce pull une taille trop grande. Apparemment, l'Irlandaise n'était pas la seule à avoir sauté plusieurs repas durant l'hiver. Cette maigreur cependant, semblait être le résultat de bien plus que quelques mois de privation. Elle réalisa, au même moment, que sa nouvelle connaissance l'examinait elle aussi. La gamine filiforme lui demanda alors si Riley avait un plan. Elle acceptait donc son offre, cependant, l'odeur de la cigarette semblait l'inquiéter.

" T'en fais pas, ils ont grillé des clopes toute l'avant-midi. "

Après avoir verrouillé sa maison mobile, elle lui dit tout bonnement qu'elle était prête, et elle en avait l'air. L'absence de peur de cette nana fit sourire intérieurement Riley... enfin, quelqu'un qui arrive à gérer ses émotions se dit-elle. Vu la chair sur ses os, cette gamine devait être impatiente de récolter son butin, ce qui expliquait probablement son sang-froid, mais Riley avait l'impression de détecter quelque chose d'autre chez elle, quelque chose de particulier qui pour le moment, lui échappait totalement.

Alors qu'elles marchaient en direction de l'école, l'adolescente lui fit part de son plan... il s'agissait du même plan qu'avait imaginé Riley et l'avait poussé, quelques minutes plus tôt, à baisser son arme et faire les présentations plutôt que de passer son chemin. Décidément, cette nana lui plaisait de plus en plus. Elle avait prévu lui expliquer ce qu'elle devrait faire une fois dans l'école, alors qu'elle n'aurait plus vraiment le choix d'agir, mais voilà qu'elle lui offrait de servir d'appât de son plein gré.

Elle se contenta de lui répondre un simple " Ça me va. " avant de prendre une autre touche de sa cigarette, expédiant un léger sourire satisfait à l'intention de personne. Au bout de quelques mètres, sa coéquipière se présenta enfin... Malou, elle pouvait maintenant mettre un nom sur cet apathique visage.

" Je vais t'expliquer un peu la situation Malou.  Je traque ces types depuis hier, ils ont l'air de se promener sans but précis, donc je ne crois pas qu'ils font partie d'un plus gros regroupement, mais ça vaut toujours la peine de les interroger, donc si possible, on évite d'en butter au moins un. " Elle avala sa dernière bouffée de nicotine avant de balancer son mégot. " Un d'eux est armé d'un fusil d'assaut. L'autre gus est armé seulement d'une batte, mais il a peut-être un pistolet sur lui. "

Devait-elle lui dire que leurs ennemis n'étaient pas très agressifs et très peu organisés... après tout, ils lui avait piqué sa bouffe sans lui faire de mal, sans lui voler rien d'autre. L'un d'eux s'était même excusé avant de filer, signe qu'il en état probablement à son premier larcin. Elle préférait garder ces informations pour elle, ne sachant trop si elle cherchait à éviter que Malou ne sous-estime ses adversaires, ou si elle craignait qu'elle refuse de s'en prendre à des personnes avec si peu de mauvaises intentions.

Elles arrivèrent finalement à l'arrière du gymnase. Riley marqua une pause à côté de la sortie de secours. Avant de passer à l'action, elle tenait à savoir un truc. Son regard flasque mais profond se planta directement dans les prunelles de Malou, puis elle lui lança directement " T'as déjà tué quelqu'un? " d'un ton tout à fait trivial. Son regard sembla s'intensifier lorsqu'elle poursuivit " Tu est prête à tuer si le besoin s'impose? "

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Sam 5 Aoû - 0:12
Pour la clope Malou était rassurée; pour le plan aussi. Riley n'avait fait aucune difficulté à accepter sa proposition ce qui prouvait qu'elle n'était pas stupide. C'était normal que cela se passe ainsi, il n'y avait pas de bons ou de mauvais rôles, il y avait juste une logique de survie et quand on avait pour seule arme un rouleau à pâtisserie, il fallait bien trouver d'autres moyens que foncer dans le tas en criant « haut les mains ! »

Tout en avançant vers le bâtiment la jeune femme donnait des précisions que l'adolescente traduisait à sa façon:
« s'ils se promènent sans but précis cela signifie qu'ils ne sont pas organisés donc faciles à piéger... »
Par contre elle tiqua quand la partenaire annonça vouloir les interroger.
« Qu'est-ce que ça peut lui faire qu'ils fassent partie d'un groupe ou non ? Elle cherche quoi exactement ? À piquer leur butin ou à tailler une bavette ? »
Du coup elle obliqua un regard circonspect; la fille ne semblait pourtant pas d'un naturel bavard, s'était-elle trompée ?
Méfiante elle écouta la suite du discours et s'exclama perplexe:
un fusil d'assaut ?! Ah quand-même...
Cela changeait la donne. Elle n'était pas très calée en arme mais elle pouvait aisément imaginer à quoi cela pouvait ressembler et la mitraillette de Riley était tout de même la gamme en-dessous mais tout à coup une idée percuta son cerveau qu'elle ne put s'empêcher de dire tout haut:
j'ai compris ! Tu veux buter celui qui a le fusil d'assaut pour lui prendre son arme !
Cela se tenait mais elle ne voyait toujours pas pourquoi l'homme à la batte devait être épargné, surtout s'il planquait un pistolet.

Elle n'eut pas le temps de demander de précisions, elles étaient arrivées devant l'issue de secours du gymnase; la prudence était de mise à présent d'autant qu'à priori c'était à elle d'entrer en premier.
Si elle choisissait le scénario de la jeune adolescente éplorée qui vient chercher dans une classe le dessin de sa petite soeur disparue, elle ne pouvait pas se montrer belliqueuse mais rien ne prouvait que les deux gus soient plantés au milieu de la salle; elle opterait donc pour la démarche silencieuse comme le lui avait appris Mani l'Indien, jusqu'au moment où elle les croiserait.

Concentrée, elle était prête à poser la main sur la poignée de porte quand « l'Australienne » posa une question incongrue qui la déstabilisa.
Si elle avait déjà tué quelqu'un ?
Est-ce que cela pouvait exister de ne pas avoir été obligé de tuer depuis l'apocalypse ou doutait-elle tout à coup de ses capacité du seul fait qu'elle n'avait pas d'arme véritable ?
Devait-elle lui raconter comment elle s'était acharnée sur cette femme dans la maison en lisère de forêt ?
Les images de cette période lui revinrent tout à coup en mémoire.
Selene d'abord puis « Nounours »...
Nounours qui dans son immense bonté proposait un échappatoire à cette inconnue prise en otage tandis qu'elle, subrepticement, sournoisement, tirait un couteau de sa poche dans le but de le planter dans le dos du Héros.
Malou avait vu rouge; personne, jamais, ne toucherait un seul cheveu de l'Homme de sa vie !
Avec la vivacité de l'éclair elle lui avait envoyé en pleine tête un coup de rouleau à pâtisserie de toute la force de ses nerfs à vif. Sous le choc la femme avait vacillé mollement mais plutôt que la laisser choir sur le carrelage, elle l'avait achevée à coups redoublés jusqu'à ce que la cervelle explose, et encore, et encore; sur le ventre, les bras, les jambes; un véritable carnage. En état second, hors d'elle même, elle ne sut jamais qui avait fini par arrêter son geste de folie.
Devait-elle avouer qu'aujourd'hui, pour venger la mort de l'aimé, elle répétait la même scène sur les morts-vivants et y prenait plaisir ?
Non; c'était impossible.
Rendant à la prunelle attentive de sa comparse un regard glacial, acéré elle lança juste deux mots qui claquèrent comme une gifle:
et toi ?

Elle laissa planer un silence pesant de quelques instants et enchaîna:
d'ailleurs on n'avait pas dit que je serais l'appât ? Donc logiquement en cas de blême, ce sera à toi de tirer, non ?
Elle retira sa main de la clenche et poursuivit sur sa lancée.
Tu as vu mon arme ou tu m'as juste choisi pour mes beaux yeux ? Alors pour le reste tu me fais confiance ou on se sépare sur le champ, je vais pas te faire de démonstration.

Elle regrettait déjà ses derniers mots; elle l'aimait presque bien cette fille mais elle était droite, brute de décoffrage; à partir du moment où elle avait accepté le deal, elle avait eu toute confiance en sa partenaire et s'attendait à une réciprocité sans faille.
Cette question insidieuse avait mis le doute dans son esprit, elle devenait mauvaise.

Suspicieuse, elle claqua de la langue et lança froidement:
d'ailleurs c'est pas clair ton affaire. Explique-moi pourquoi on devrait prendre le risque de préserver la vie d'un des deux; ton histoire de groupe ne tient pas, tu veux aller tous les dégommer avec ton pétoire et moi avec un bâton ?
Tu cherches à nous compliquer la tâche ou tu te fous de ma gueule ?


L'adolescente avait à nouveau saisit la poignée de porte indiquant clairement qu'elles n'entreraient pas tant qu'elle n'aurait pas eu de réponses convaincantes.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mar 8 Aoû - 5:09
Pourquoi lui avait-elle posé cette question idiote? Probablement en raison de son jeune âge, ou du fait qu'elle trimbalait un ustensile de cuisine en guise d'arme, quoiqu'à y regarder de plus près, les traces de sang séché ne laissaient que peu de suspicion quant à l'usage qu'elle en avait fait. Il faut dire que dans l'armée, pendant la grande purge, Riley avait tellement vu de gosses (et même des adultes) jouer les durs avant de se mettre à pleurnicher et a se pisser dessus au moment d’exécuter des civils. Cela-dit, certains jeunots pouvaient s'avérer impitoyables, et maintenant qu'elle examinait le regard tout à fait caustique de la jeune femme, elle pouvait affirmer qu'elle était de ceux-là. Le regard ne ment jamais.

En guise de réponse, elle lui renvoya sa question, ce qui porta l'Irlandaise à réfléchir... Combien de personnes avait-elle tuées? Elle avait beau se lancer dans les calculs les plus complexes, elle n'arrivait tout simplement pas à sortir un nombre exact. Elle se contenta d'afficher un pâle sourire, le regard las. Visiblement, sa question avait semé un doute malsain chez cette fille. Elle semblait réellement froissée... prête à abandonner le projet et tourner les talons. Comment devait-elle gérer ça? D'un ton calme et monotone, Riley l'entrecoupa. " Ça vas, prend le pas mal, c'était juste une question... je te fais confiance. "

Malheureusement ces quelques mots ne semblèrent pas suffisants pour la rassurer, elle se posait des questions, beaucoup trop de questions et ça commençait à agacer Riley. Maintenant, elle ne voulait plus lâcher cette foutue poignée tant qu'elle ne lui aurait pas fourni d'explications. Riley soupira, lentement, sans lâcher la jeune femme des yeux. Cette fois, son ton se voulait légèrement impatient.

" Non, je me fous pas de ta gueule... Le jeu en vaut la chandelle. Interroger les ennemis, ça peut nous fournir une foule d'informations utiles...  Est-ce qu'ils ont une planque? ... ils ont forcément une planque à quelque part où ils stock leurs provisions. Si ils ont une planque est-ce qu'ils ont des potes qui les attendent là-bas? Est-ce qu'il y a des pièges? " Elle s'adossa contre le mur de briques du gymnase, les bras croisés, avant de poursuivre. " Y'a peut être bien un chaudron de pièces d'or qui repose au bout du putain d'arc-en-ciel... si ça ne t’intéresse pas, t'as qu'a ramasser ta part de ce qu'ils ont sur eux et filer. Moi, j'ai pas l'intention de crever de faim dans une semaine. Je tiens juste à ce que ce soit clair, l'un d'eux doit survivre... c'est ça ou je préfère me démerder toute seule. "

Au fond, Riley souhaitait vraiment que cette fille accepte de l'aider... les choses seraient tellement plus simples. Si elle refusait, elle n'aurait d'autres choix que de retourner au plan initial et de s'aventurer toute seule dans l'école, quitte à déclencher une fusillade en règles. Elle n'avait rien avalé depuis plus d'une semaine et au point où elle en était, elle préférait risquer la mort plutôt que de sentir son estomac la bouffer de l'intérieur une journée de plus.

" Alors, on y vas? "

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mar 8 Aoû - 23:11
Malou avait terminé son laïus et attendait les explications d'un oeil plein de défiance.
La réponse arriva très vite et le ton n'était plus à la camaraderie.
La jeune fille pouvait sentir que Riley était loin d'en être son premier coup; tout était réfléchi, le plan ne s'arrêtait pas au contenu d'un vulgaire sac à dos à fouiller mais s'apparentait à un pillage en règle de tout un groupe d'individus; elle savait comment mener l'affaire, bref, elle possédait un esprit de stratégie qui manquait cruellement à la maigrichonne.

Hors de question pour autant de s'excuser !
Elle ne l'avait jamais fait, ce n'était pas maintenant qu'elle commencerait.
Avec la plus grande mauvaise foi elle rétorqua:
c'est quand-même pas ma faute si tu ne sais pas t'exprimer correctement...

La phrase avait été dite sans conviction, de manière infantile juste histoire d'avoir le dernier mot mais Malou réfléchissait.
Le plan ressemblait assez à ce qu'elle avait vécu dans Brinnon avec Selene qui s'était royalement proclamée chef et s'était terminé par un fiasco monumental.
Mais la jeune femme qu'elle avait devant elle n'avait pas l'air d'une cinglée paranoïaque tirant sur tout ce qui bouge, au contraire; elle semblait calme, maître d'elle-même, sûre de ces capacités; cela valait le coup.

Ok, ça m'intéresse, on fait comme tu as dit, on en épargne un...
Le ton pris par l'adolescente montrait cette fois qu'elle avait baissé pavillon, la confiance était revenue.
On y va ! Chuchota t-elle en tournant doucement la poignée de porte.

A présent le visage de la jeune fille reflétait le sérieux et la concentration.
La porte à peine entrouverte, Malou se glissa sur le côté afin de ne pas être vue par qui serait dans le gymnase, fit un geste vers Riley lui intimant de ne pas bouger et attendit quelques instants que le vent se remette un peu à souffler, ce qui n'avait rien d'extraordinaire en ce début mars.
Alors, comme le lui avait montré l'Indien, du bout des doigts elle poussa lentement la porte, en rythme avec la brise jusqu'à ce qu'elle s'ouvre complètement.
Elle attendit encore quelques secondes et comme rien ne bougeait, elle entra.

La salle de sport tombait en désuétude. Les carreaux étaient cassés et du verre jonchait le sol. Des tas d'ordures plus ou moins fournis s'étalaient un peu partout et une forte odeur d'urine lui monta à la gorge.
Le silence était total. Tellement dense qu'on aurait pu croire qu'il vous tombait sur les épaules jusqu'à vous faire ployer.
Il n'était plus question d'un chuchotement pas même un murmure ténu, de même que butter sur une boite de conserve vide aurait des répercussions fatales.
Le plafond était haut, la pièce était vaste, tout était en concordance pour faire résonner le moindre soupir.

« Prends conscience de chacun de tes muscles et cherche l'harmonie afin qu'aucun d'eux ne se raidissent trop et puisse t'obéir à la hauteur de tes exigences. Avance prudemment pas à pas, en déroulant bien le pied du talon à la pointe en souplesse. Pense au chat qui traque une souris dans les hautes herbes... » Toutes les paroles de Mani lui revenait en mémoire tandis que sans un bruit elle avançait parmi les décombres droit devant elle jusqu'à l'unique porte à deux battants qui grincerait peut-être. Derrière devait se trouver les vestiaires puis un couloir menant aux classes.

Elle s'arrêta devant l'huisserie qu'il suffirait de pousser de l'épaule pour qu'elle s'ouvre et huma l'air ambiant à la recherche de l'odeur caractéristique et épouvantable des mangeurs d'homme.
Le remugle était discret cela prouvait au moins qu'il était assez loin mais le problème était qu'il y en avait bien un ou plus quelque part dans cette école. L'autre souci était que quelque soit l'arme silencieuse ou le mode d'attaque choisi pour l'achever, le corps du mort-vivant ferait du bruit en tombant.
Se tournant vers sa comparse elle renifla à nouveau l'espace en faisant une grimace de dégoût, l'informant ainsi de la mauvaise surprise qu'elles seraient peut-être amenées à rencontrer et entrebâilla un battant.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mer 9 Aoû - 21:04
La jeune femme avait finalement trouvé raison et accepté de s'en tenir au plan. Peut-être que Riley, après tout, n'était pas si nulle qu'elle le croyait pour convaincre les gens. Avant d'entrée, l'Irlandaise vérifia son arme pour une énième fois, plus par habitude que par incertitude. Elle pouvait maintenant voir Malou à l’œuvre, et ses méthodes avaient réellement de quoi impressionner. La vielle porte aux gonds rouillés s'ouvrit au même rythme qu'une soudaine bourrasque de vent, camouflant le son grinçant qu'elle produisit.

Elles étaient maintenant à l'intérieur du gymnase où régnait un silence de mort, la quiétude lourde d'une sorte de sanctuaire morbide, comme si le silence, au même titre que le bruit, était amplifié par la structure de la grande salle. Riley laissa sa partenaire prendre un peu d'avance avant de traverser la pièce, prenant soin d'éviter les éclats de verre et autres détritus qui jonchaient le sol. Telle une chatte en mode prédateur, la jeune Malou poussa lentement les grandes portes pour permettre au duo de déboucher dans les vestiaires.

Ici, l'odeur d'urine ne tarda pas à être remplacée par celle de la chair en putréfaction, annonçant la présence d'un charognard. Cela lui indiquait que les deux pillards n'avaient pas encore fouillé cette partie de l'école. Son regard avisa celui de Malou. Riley dégaina sa hache qui pendait dans un anneau à sa ceinture au moment où l'adolescente faisait basculer la porte du local d'où semblait provenir l'odeur putride. Il s'agissait d'une pièce où était rangé le matériel de sport. Au milieu de celle-ci, un charognard se tenait dos à eux, immobile.

" Tu le buttes, j’attrape le corps avant qu'il ne touche le sol. "

Riley s’avança, sans faire de bruit, et se mit en position à environ deux mètres du marcheur qui semblait plongé dans un état de latence en attendant l'arrivée de son prochain repas. Elle laissa sa comparse faire ce qu'elle devait faire, puis s'empressa de recevoir le sac de chair. Il s'agissait de l'ancien concierge de l'école, un homme assez corpulent... Riley parvint à étouffer le bruit d'une chute non sans étirer un muscle de son épaule, la même épaule qui avait été meurtrie par une balle l'hiver dernier. Elle serra les dents pour ne pas crier, le visage crispé par la douleur, puis déposa doucement son fardeau sur le plancher de la pièce.

" C'est bon, ça vas... on continue. " Murmura-t-elle à l'intention de sa coéquipière, se massant vigoureusement l'épaule pour chasser son mal. Au même moment, un bruit lourd parvint aux oreilles des deux demoiselles, comme si quelqu'un avait échappé quelque chose. Le fracas avait résonné dans le plafond et semblait donc provenir du premier étage. Riley visa aussitôt Malou d'un air tout à fait réveillé. La douleur dans son épaule avait soudainement disparu. D'un hochement de tête énergique, elle lui fit signe qu'il était temps de continuer. Elle laissa la jeune femme passer devant.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Ven 11 Aoû - 0:02
Malou avançait prudemment dans le vestiaire sombre et poussa la première porte qu'elle rencontra pour atterrir dans le local ou devait être entreposé jadis du matériel de sport.

Le mangeur d'homme était là, de dos, immobile et ne semblait pas bien en point à moins qu'il n'ait entendu du bruit ailleurs ?
La jeune fille ne perdit pas de temps à se poser des questions.
Passant son bras droit par dessus l'épaule gauche, elle attrapa son rouleau à pâtisserie qui dépassait du sac à dos, fit un bref signe de tête indiquant qu'elle avait compris l'ordre donné par Riley et prenant son élan elle emmancha un grand coup rapide et sec en pleine tête.
Un bruit de craquement d'os, un filet de sang putride, c'en était fini pour lui mais Riley grimaçait sous le poids du mordeur corpulent.
Ca va ? Murmura t-elle.
La réponse indiqua clairement que sa comparse ne souhaitait pas perdre de temps en gémissements de douleur. Au même moment, le bruit d'un objet qui chute se fit entendre du plafond.

Le regard des deux filles brilla tout à coup de la même intensité, les types étaient là haut, le rythme allait s'accélérer.
Malou ne se fit pas prier pour passer devant, allongea le pas dans le grand couloir bordé de portes, monta silencieusement l'escalier le coeur battant et stoppa devant une porte entrouverte afin de se concentrer un peu puis, tout en rangeant son rouleau à pâtisserie, lança une oeillade à sa coéquipière lui indiquant qu'elle était prête à entrer en scène.

Prenant un visage de petite jeune fille éplorée et craintive, elle ouvrit la porte donnant sur une salle de classe des plus banales et se trouva nez à nez avec deux gus qui pivotèrent sur leur talon en l'apercevant.
Le premier, un grand blond en salopette pointa sur elle un énorme fusil tandis que l'autre levait sa batte prêt à intervenir.
L'adolescente n'attendit pas qu'ils prennent la parole. Elle n'avait jamais fait de théâtre mais quand la vie était en jeu on se découvrait soudainement des talents cachés.

Je... Excusez-moi, je ne savais pas qu'il y aurait quelqu'un...
Profitant que les deux hommes l'observaient un peu interloqués sans toutefois baisser leurs armes elle continua:

J'étais juste venue parce que c'est la classe de ma petite soeur... Elle vient de mourir et...
Baissant la tête comme une écolière prise en faute elle termina d'un ton plus bas:
je voulais juste aller voir dans les tiroirs du bureau de la maîtresse s'il ne restait pas un dessin d'elle... C'est tout...

relevant un peu les yeux, elle constata que les acolytes semblaient destabilisés par la requête alors elle enfonça le clou en prenant un visage suppliant:
S'il vous plait... Après je m'en vais.

Le grand blond opina du chef et demanda au boutonneux de vérifier si elle n'était pas armé, ce qu'il fit.
Il lui ôta le sac à dos, fouilla dedans, ne trouva que le rouleau et une vieille photo et le balança dans un coin puis, un peu gêné, entreprit de la palper sans résultat.

Tu peux y aller
, articula enfin le grand blond.
Elle s'attendait à ce qu'ils sortent pour la laisser seule mais il continua:
je vais vérifier ses arrières, on ne sait jamais, toi tu ne la lâche pas, au moindre pet de travers tu la cognes et tu l'achèves.

Malou n'avait pas prévu cela. Comment allait faire Riley ?
Il fallait trouver une diversion très rapide.
Tandis que le gus au visage rongé par l'acné se plaçait devant elle, elle plongea le nez dans un tiroir, réfléchit puis, tout en fouillant dans un tas de paperasse elle articula tranquillement:
ta batte là, tu la tiens comme un naze et ne me dit pas que tu as fait du baseball car je ne te croirais pas !
Comme le trentenaire paraissait surpris, elle enchaîna: tu connais les Mariners ? Moi je les connais et même très bien, j'allais voir tous leurs matchs, bouffon, et alors je te le dis, ta batte tu la tiens comme un branleur.

Piqué au vif, l'homme commençait à rétorquer, affirmant connaître l'équipe de Seattle qui n'était d'ailleurs pas si extraordinaire que ça.
C'était gagné. Le ton allait monter. Avec un peu de chance en entendant leurs voix, le grand blond aurait une seconde d'hésitation qui profiterait à Riley, du moins Malou l'espérait-elle vivement.

Sans faire de gestes brusques, elle poursuivit la conservation un ton au-dessus:
comment ça les Mariners sont nuls Ducon ? Alors à ton avis pourquoi Llyod McCledon aurait abandonné tes putains de Tigers de Detroit pour devenir leur manager, hein ? Tu vois que tu n'y connais rien, t'es vraiment nul !

Le dialogue s'envenimait. Le trentenaire excédé tentait de prouver, exemples à l'appui que les Tigers de Detroit étaient bien meilleur que les Mariners de Seattle et avait franchement haussé le ton tandis que Malou ponctuait ses affirmations de:
mais non t'a rien compris, t'es bouché... Non vraiment tu sors d'où toi pour avancer des nullités pareilles, etc, etc...

A présent la jeune fille avait hâte que sa coéquipière intervienne, elle commençait à être à cours d'arguments, le gus s'y connaissait vraiment tandis qu'elle n'avait fait que répéter une conversation entendue en 2014 !

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 14 Aoû - 22:12
Elles atteignirent le deuxième étage en quelques secondes seulement et s'avancèrent en direction de la salle de classe d'où provenaient des bruits de pas et des murmures. Ce ne pouvait être qu'eux. Malou était prête à passer à l'action. Riley lui fit signe d'un hochement de tête assuré qu'elle aussi serait prête à entrer en jeu le moment venu.

L'Irlandaise resta plantée tout près de la porte dans une zone d'ombre, attendant patiemment le bon moment pour frapper. Elle pouvait entendre sa partenaire jouer la comédie... sa voix était devenue celle d'une adolescente vulnérable, mais malgré ses talents d'actrice, blondinet décida qu'il valait mieux vérifier ses arrières.

Changement de plan... Riley allait plomber ce type dès qu'il passerait la porte, quitte à griller l'effet de surprise, mais voilà que Malou risquait le tout pour le tout en provoquant un débat sportif avec acné. La diversion sembla avoir l'effet escompté lorsqu'elle entendit salopette s'arrêter dans son élan et se retourner en direction des deux occupants de la pièce.

" Ça suffit! Arrête tes conneries Simmon, tu vois pas qu'elle cherche à te provoquer! "

Salopette n'eut pas le temps de se retourner en direction de la porte... à peine avait-il fini sa phrase que Riley lui enfonçait le canon de sa mitrailleuse dans le bas du dos et appuyait sur la détente. Alors que les projectiles brûlants lui déchiraient les entrailles, il tenta d'ouvrir la bouche pour crier mais aucun son n'en sortit.

Le corps de blondinet avait fait office de silencieux, contenant le vacarme de la pétarade à une partie de l'étage seulement. Le bougre reposait maintenant dans une mare de sang et tentait de contenir ses boyaux, l'air complètement absent et sous le choc. D'un simple coup de pied, Riley envoya paitre son fusil d'assaut au fond de la salle de classe et porta son attention sur l'homme à la batte.

Acné aussi semblait sous le choc... le visage livide et figé en un masque de terreur. Il était complètement paralysé, mais au moment au Riley pointa son arme sur lui, il sembla se ressaisir, craignant probablement de finir comme son pote. Dans un geste désespéré, il s'empara de Malou en lui passant sa batte sous le menton, essayant de faire de la jeune femme un bouclier humain.

" Pas un geste! Ou je lui casse le cou! "

Sa voix était tremblante, apeurée... avait-il seulement conscience de la situation? Riley devait résister à l'envie d'appuyer sur la détente, elle risquait de blesser sa partenaire.

" Simmon, c'est bien ça? Faut qu'on cause toi et moi, lâche la gamine et tout ira bien. "

Rire nerveux de la part d'acné... Riley crut même percevoir une larme coulée sur sa joue.

" Tu veux causer!? Regard c'que t'a fait à Dave! "

En effet, Dave était dans un bien lamentable état... Le blondinet était parcouru de spasmes et crachait du sang, son regard vitreux semblait déjà fixer la lumière au bout du tunnel. Il n'en aurait plus pour longtemps.

" Oui, c'est regrettable... désolé pour ton pote, mais c'est ce qui arrive quand on se promène avec des gros fusils et qu'on joue les banditos. Maintenant... cesse de faire le con et dépose ta batte. "

Malheureusement, ce gros con ne semblait pas du tout disposé à rendre les armes. Riley jura intérieurement. Elle pourrait certainement lui coller une balle entre les deux yeux d'ici mais dans ce cas, elle pouvait dire adieu aux infos dont elle avait besoin, qui plus est, le bruit risquait d'attirer bien des indésirables. Pour l'instant, tout reposait sur les épaules de Malou.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mer 16 Aoû - 23:38
Rien ne se passait comme prévu.

Riley n'avait pas attendu que le gus armé soit dans le couloir pour le descendre discrètement; elle avait tiré sur lui presque en pleine classe, le blessant mortellement et le spectacle du sang qui avait giclé dans la pièce tandis que le blond s'effondrait en tentant de retenir vainement ses boyaux dans le ventre n'avait rien arrangé.
Elle avait senti le fameux Simmon tressaillir d'effroi et de douleur avant de s'immobiliser, raide comme un bâton puis tout alla très vite.
La jeune femme l'avait mis en joue. En réponse l'homme avait attrapé Malou et lui avait plaqué sa batte sous le menton tellement rudement qu'elle en eut le souffle coupé pendant quelques instants.

Pour la jeune fille cependant, le plus dur n'avait pas été tout cela. Depuis que l'état d'apocalypse avait été décrété elle en avait vu des cadavres et des actions peu reluisantes. Tout reposait plutôt sur un détail.
Riley avait demandé au type de lâcher... « La gamine ».
C'était donc ainsi que cette femme la considérait: comme une gamine tout juste bonne à servir son plan.
L'espace de quelques secondes Malou se sentit à nouveau très seule puis se ressaisit rapidement. Après tout, qu'aurait-elle eu à faire d'une quelconque amitié ? Depuis la mort de Nounours, elle n'attendait plus rien de personne, son coeur était sec même si au fond, très loin, planqué derrière la barrière de censure qu'elle avait érigée, elle crevait d'envie de connaître une fois dans sa vie la sensation que procurait la complicité féminine.

A ce moment précis, à tort ou à raison, Malou était persuadée que si Riley ne buttait pas Simmon c'était uniquement pour préserver l'interrogatoire à propos de l'hypothétique planque. Le fait qu'elle soit l'otage d'une négociation ne lui importait pas et après tout, n'était-ce pas plus facile ainsi ?

Qui était réellement cette femme qui semblait savoir tirer comme une pro, dotée d'un sang froid extraordinaire et d'un manque d'empathie hors du commun ?
L'adolescente n'eut pas le loisir de poursuivre le fil de ses pensées; il était évident que Simmon refusait de coopérer pour la simple raison qu'il était persuadé que Riley tenait à sa comparse. Quelle naïveté ! il ne devait pas souvent traîner seul dans les rues !

Tentant de respirer au mieux, elle dit d'une voix rauque, étouffée mais audible:
Elle et moi, on ne se connait pas vraiment, ton chantage avec ta batte en travers de ma gorge ne sert à rien, elle veut vraiment te parler sinon elle t'aurait butté sur le champs et moi avec.
Malou pensait sincèrement ce qu'elle venait de dire mais le mec, la croirait-elle ?
Rien n'était moins sûr, vu le plan qu'elle lui avait joué.

La jeune fille jeta un rapide coup d'oeil à sa coéquipière pour s'apercevoir qu'elle était en pleine panade.
Si elle tirait, elle pouvait dire adieu à la planque et Malou à la vie mais si elle ne tirait pas Simmon n'aurait aucune raison de relâcher l'étreinte, il était en position de force.

Malou ne mit pas longtemps à comprendre que la suite des évènements reposait sur elle mais que faire ? le krav maga ? C'était irréaliste.
Dans la théorie, elle savait comment contrer une prise par derrière, Duncan le lui avait appris; cela aurait pu être possible contre un mort-vivant aux réflexes et à l'équilibre improbable mais contre un homme comme Simmon, grand, sec, sportif et en bonne santé ?
Elle avait beau être rapide et souple, elle n'aurait jamais la force d'asséner les coups qui s'imposaient.

Aucune idée ne lui traversait l'esprit, pas la moindre étincelle comme si subitement son cerveau avait décidé de ressembler à du fromage blanc.
C'est alors que le type, avec sa main vacante, sortit discrètement de sous son pull un couteau.

L'éclat d'acier de la lame fit frémir de terreur la jeune fille.
Elle aurait pu tout endurer y compris les balles de la mitraillette de Riley mais pas ça...
D'un coup ses nerfs lâchèrent silencieusement.
Et Malou sans tension nerveuse n'était qu'un tas d'os tout juste recouverts d'épiderme.
Pas une trace de graisse, muscles atrophiés, poitrine inexistante.
Une silhouette de prisonnier de camps de concentration, le gros ventre en moins.

Doucement, elle sentit ses jambes se dérober sous elle, sa vue se voiler et sa tête bourdonner jusqu'au black-out complet. Elle était tombée dans les pommes...

Simmon avait beau être fort, savait-il qu'un individu évanoui semblait peser d'un coup trois fois son poids ?
Dans son bras recourbé, tenant une batte, la poupée de chiffon maigrichonne qui s'affaissait lentement passait subitement, dans le ressenti, de trente à quatre-vingt dix kilos.
De surprise, l'avait-il lâché pour la laisser tomber comme un vulgaire sac à patates ?
Avait-il été entraîné dans sa chute ? Lui avait-il planté le couteau dans le ventre ? Avait-elle été transpercée d'une salve de balles provenant de la mitraillette ?
Dans son état, elle n'en savait rien...

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Ven 18 Aoû - 2:10
Ce chère Simmon ne semblait pas vouloir lâcher prise et sa coéquipière n'était pas du tout en mesure de faire quoi que ce soit. Mais à quoi s'attendait elle, réellement... que cette fille maigrichonne se déprenne et l’assomme après lui avoir arraché sa matraque? Riley se trouvait devant une impasse, peut-être que d'ici, elle pourrait lui tirer une balle dans la jambe... Ce type s'accrochait à Malou comme on s'accroche à une bouée de sauvetage, serait-ce suffisant pour lui faire lâcher prise?

D'un geste net, elle fit basculer le sélecteur de tir de son arme en mode "coup par coup". Elle s’apprêtait à tirer, mais voilà que sa coéquipière lui filait un coup de main d'une manière tout à fait inattendue... Malou sombrait dans l’inconscience, peut-être en raison d'une pression un peu trop excessive sur sa carotide, et voilà que Simmon peinait à retenir son corps inanimé. L'homme sembla perdre l’équilibre et vacilla vers l'avant. Sans trop réfléchir, Riley sauta littéralement sur cette opportunité.

Elle largua sa mitraillette au sol et s’élança, parcourant les quelques mètres qui la séparaient de sa cible comme une véritable furie assoiffée de sang, poussant un cri de guerre tout à fait viscéral. Simmon leva les yeux, médusé, avant d'encaisser le poids de la petite Irlandaise qui se jetait sur lui. Sous l'impact, il n'eut d'autres choix que de lâcher sa batte et le corps inerte qu'elle retenait. Le duo glissa sur le sol, fauchant un pupitre au passage.

À califourchon sur son opposant, elle le frappait de la droite tout en s'agrippant à sa gorge. Le regard habituellement calme et apathique de la blonde laissait maintenant place à deux prunelles débordantes d'une rage complaisante. Et elle criait, comme si chacun de ses coups était le résultat d'une multitude d'émotions insaisissables. Son carnage s’arrêta seulement lorsqu'elle sentit une douleur aiguë dans son bras gauche, comme un choc électrique... La lame était restée plantée dans son biceps. Elle lâcha prise, bien malgré elle.

Simmon, le visage en sang, la fit basculer sur sa gauche avant de lui envoyer une droite en plein visage. Riley senti aussitôt un liquide chaud couler le long de sa joue. L'homme tenta de se relever pour se placer sur elle, mais elle s'agrippait à lui, continuait de frapper, en vain. Maintenant, les rôles étaient inversés.

" J'vais te tuer! Espèce de folle j'vais te tuer! "

Il la cogna, de toutes ses forces... Une fois, puis deux fois. À chaque coup, Riley manquait s'évanouir, mais elle s'interdisait tout simplement de capituler. Un troisième coup fit littéralement exploser son sourcil droit. Malgré la confusion qui s'emparait d'elle, l'Irlandaise parvint à étirer le bras pour enfoncer son pouce dans l'oeil de son assaillant... Celui-ci laissa s'échapper un beuglement de douleur avant de basculer vers l'arrière, agrippant instinctivement son globe oculaire mutilé.

" Arghhh! Salope! "

Elle essaya de se remettre sur pied, péniblement... Son intention était d'attraper une chaise, n'importe quoi, et d’assommer le gus avec, mais ce dernier n'avait pas l'intention de la laisser faire. Malgré la vive douleur qui le tenaillait, Simmon agrippa la femme avant de la projeter dans une rangée de pupitres. La chute fut brutale... Riley eut à peine le temps de reprendre son souffle qu'elle sentait les mains de son ennemi se refermer autour de son cou pour l'étrangler. Elle ne pouvait qu'observer, impuissante, le visage meurtri et déformé par la colère de Simmon, perché au-dessus d'elle, alors que tout devenait noir.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Ven 18 Aoû - 22:40
Ce sont des cris de fauve qui la sortirent de son état comateux.
D'abord la vue lui revint progressivement tandis qu'elle se sentait comme dans un aquarium puis, comme son corps répondait enfin elle se redressa lentement avec une sensation de nausée. Son coeur battait violemment et elle se sentait faible.
Mais qu'elle ne fut sa surprise quand elle vit Simmon accroupi au-dessus de Riley, les deux mains serrant son cou.

Ainsi la jeune femme n'était pas invincible et pouvait faire des conneries élémentaires comme crier, ce qui attirerait les mangeurs d'homme; elle n'était pas un robot, elle avait ses nerfs, ses faiblesses et elle possédait certainement un coeur, comme Malou, bien enfoui avec un mouchoir par-dessus afin qu'il reste invisible aux yeux de tous.

Mais l'heure n'était pas aux considérations romanesques, il fallait agir vite, le visage de sa comparse était en sang, son bras aussi et les yeux commençaient à partir dans le vide intersidéral.
L'adolescente n'eut pas d'autres choix que de réunir toutes les forces qu'elle pourrait puiser et même plus; elle était la seule à pouvoir intervenir.

Encore un peu pantelante, elle opta pour la rapidité maximale en rapport avec son état, se leva et profita lâchement de la position du gus pour lui enfiler un gros coup de pied dans les roubignoles. L'effet ne se fit pas attendre.
Lâchant sa victime il lança un cri digne de Klaus Nomi et se recroquevilla au sol en se tenant les entre-jambes.
Son rouleau à pâtisserie étant trop loin, elle attrapa la batte. L'arme semblait plus malléable que la sienne mais bien trop lourde; au moins était-elle sûre qu'elle ne le tuerait pas.
Prenant son élan, elle lui emmancha difficilement un coup sur le crâne qui se mit à saigner abondamment mais le type devait avoir la tête la dure puisqu'il tenta de se redresser les yeux révulsés par la haine.
Paniquée, Malou écouta son instinct et lui envoya un coup de genou dans la mâchoire tandis qu'il se levait péniblement.
Un bruit de claquement de dents se fit entendre, un filet de sang fit son apparition aux commissures des lèvres avant que l'homme s'écroule, enfin k.o.

Elle allait faire un geste vers Riley mais se retint, il y avait plus urgent.
Elle courut vers la porte et la ferma afin de barrer temporairement le chemin aux cadavres ambulants, fila vers le sac à dos de sa comparse à la recherche d'un morceau corde mais à part tout un bric à brac de médocs, de bouquins et d'outils, elle ne trouva pas l'objet convoité.
Tout en pestant intérieurement elle se dirigea vers celui de Simmon qui n'en possédait pas non plus mais tout au fond, elle découvrit un véritable trésor: un rasoir coupe-choux !
C'était une aubaine, d'autant qu'il n'était pas si fréquent d'en trouver. Elle l'empocha vite fait ainsi qu'un paquet de bonbons, en parlerait dès que possible avec sa partenaire car elle était réglo et réfléchit à comment ligoter le bonhomme.

Il n'y avait pas cinquante solutions.
Elle ôta son blouson noir puis son pull trop grand et s'en servit pour lier le plus étroitement possible et avec plusieurs noeuds les poignets de l'adversaire; elle verrait plus tard pour une meilleure solution.
Mais il restait les jambes.
S'il s'éveillait il aurait peut-être encore les moyens de leur faire des misères alors, à contre-coeur, elle prit son sac à dos et en tira une petite robe de soirée noire.
En revoyant ce vêtement lourd de souvenirs, sa gorge se serra mais elle n'avait pas choix et s'en servit pour attacher les chevilles puis, tout en remettant son blouson, elle se pencha au chevet de la jeune femme qui était dans un sale état.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 21 Aoû - 17:27
Sa vision s'amenuisait, ses forces lui échappaient... elle pouvait maintenant voir l'abîme se dessiner devant ses yeux et crier son nom de plus en plus fort. S'en était fait d'elle, cette fois Riley n'allait pas échapper aux griffes de la faucheuse et pour être franc, mourir la laissait plutôt indifférente, comme tout le reste. Elle s'apprêtait à se laisser tomber dans ce gouffre lorsqu'elle sentit les mains de son assaillant relâcher leur étreinte mortelle. Naturellement, son premier réflexe fut de prendre une grande bouffée d'air qui lui brûla les poumons.

La blonde voyait toujours des étoiles lorsqu'elle aperçut Malou mettre K.O. cet homme qui devait faire le triple de son poids. Son coup de genou avait été net et précis... mais qui était donc cette étrange fille qui semblait maîtriser les arts martiaux, et d'où sortait elle? En d'autres circonstances, Riley lui aurait bien posé la question mais en ce moment, elle arrivait tout juste à respirer normalement. Elle resta étendue parterre, essayant de reprendre ses esprits alors que sa comparse courait d'un côté et de l'autre pour arranger la situation.

Au bout de deux bonnes minutes, l'Irlandaise trouva enfin la force de se remettre debout, non sans être obligé de s'adosser à l'ardoise pour garder l'équilibre. Elle fit signe à sa partenaire que tout était sous contrôle, puis d'un geste sec, extirpa le couteau qui était encore planté dans son bras non sans arriver à retenir un braillement de douleur étouffé. Il s'agissait d'un couteau à cran d'arrêt avec un joli manche en ivoire... elle essuya la lame sur le revers de son jean avant de le fourrer dans sa poche.

" Sacré coup de genou... Joli bouleau. " et elle sourit amplement, affichant deux rangée de dents colorés d'une teinte écarlate... le sang provenait d'une fente sur sa lèvre inférieure. Son sourcil gauche était lui aussi dans un piètre état, l'hémoglobine s'en échappant l’obligeait à garder son oeil à demi-fermé. D'un regard placide, elle avisa Simmon qui était attaché à l'aide de morceaux de vêtements. Elle fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un rouleau de ruban adhésif qu'elle présenta à Malou.

" Tiens, avec ça, il ne devrait pas bouger. "

Laissant Malou s'occuper du gus, Riley s'en alla récupérer deux petits récipients dans la poche avant de son sac à dos. Elle fit tomber plusieurs comprimés sur le bureau du prof avant de réduire ces derniers en une fine poudre. S'envoyant le tout dans la narine, elle repoussa ainsi toutes ses souffrances aux heures à venir... pour le moment, elle se sentait pétillante.

Son regard se posa sur Dave qui agonisait toujours en tentant de retenir ses boyaux et elle eut comme un flash. D'abord, elle lui fit les poches, puis attrapa le bougre par les chevilles avant de le traîner dans le corridor, jusqu'au sommet des escaliers. Déjà, elle pouvait voir quelques charognards s'engager péniblement dans les marches. Elle regagna la salle de classe, prenant soin de refermer la porte derrière elle.

" Ça devrait nous faire gagner quelques minutes. "

Elle avisa Malou. Simmon semblait être sorti de son coma. Calmement, Riley s'agenouilla au côté du jeune homme qui semblait à la fois confus et terrorisé, comme s'il venait d'échapper à un mauvais rêve pour s'éveiller au milieu d'un cauchemar encore plus atroce. D'une voix douce et exagérément bienveillante, elle engagea la conversation.

" Salut Simmon, comment ça vas? "

Réalisant que ses membres étaient entravés, le jeune homme paniqua, essayant en vain de se libérer. Lorsqu'il s’aperçut enfin de la futilité de ses actes, il se mit à regarder frénétiquement autour de lui, cherchant du regard quelque chose qui n'était plus là.

" Où est Dave!? Vous avez fait quoi de Dave!? "

Riley posa une main sur son épaule, un peu comme le ferait un ami tâchant d'en réconforter un autre.

" Dave est en train de nourrir les charognards. "

Comme pour souligner les propos de la blonde, des cris tout à fait glaciaux commencèrent à s'élever depuis de couloir, le genre de cri qui ne pouvaient provenir que d'une personne en train de subir un supplice tout à fait insupportable. Le visage de Simmon se crispa alors en une horrible grimace de chagrin, alors que d'épaisses larmes se mirent à pleuvoir sur ses joues. Lorsqu'il voulut s'exprimer, seul un hoquet infâme parvint à quitter sa bouche.

" Maintenant Simmon, tu as deux choix... Soit je laisse les charognards s'occuper de toi, soit tu me dis où se trouve ta planque. Dans ce cas, tu auras droit à une mort rapide et sans douleur. "

Nouveaux soubresauts émotifs de la part de Simmon qui cette fois, arriva à placer quelques mots entre deux respirations saccadées.

" Je veux pas crever... s'il-vous-plait... "

Riley émit un bref soupire, avant de planter sa nouvelle acquisition dans la cuisse du prévenu... Il hurla. Elle agita la lame... Il hurla encore plus, à s'en faire péter les cordes vocales. Avec un peu plus de temps à sa disposition, elle aurait certainement pu le faire parler sans recourir à ce genre de sévisses mais maintenant, l'heure n'était plus à la rigolade.

" Ta planque, tes potes, je veux tout savoir, maintenant! "

D'une voix lourde et cahoteuse, l'homme au visage crevassé rendit son verdict sans attendre.

" J'ai pas de planque! Mon seul pote il est mort! "

Il fondit en larmes de plus belle. Riley tenta une deuxième prise et lui planta à nouveau sa lame dans la cuisse, juste au-dessus du genou... Simmon explosa de douleur. Elle extirpa son couteau et l’enfonça quelques centimètres plus haut, jusqu'à toucher l'os. Cette fois, Simmon se pissa carrément dessus, sans cesser d'aboyer les mêmes mots.

" PAS DE PLANQUE! PAS DE PLANQUE J'VOUS DIT! "

Après une trentaine de coups de couteau et une cuisse ressemblant à du boeuf haché, Riley dut se rendre à l'évidence... cet homme disait la vérité. Derrière elle, les morts commençaient à frapper à la porte et soudainement, elle sentit la colère monter en elle. Ce plan qui foire, ces promesses de nourriture qui s'évaporaient, cette raclée qu'elle s'était prise pour absolument rien, et toute cette came qui lui barbouillait la cervelle. Elle grimpa sur Simmon, et dans une rage tout à fait gratuite, se mit à lui poignarder le visage.

" TU DEVAIS! AVOIR! UNE PLANQUE! CONNARD! "

Elle s'acharna, encore et encore, lui transperçant la figure et le crâne tout en transformant sa tête en un monticule difforme de chair sanguinolente. La porte explosa sous les coups de la horde, révélant une cohorte de charognards affamés, mais elle ne s'arrêta pas pour autant, comme si le monde autour n'existait plus.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 21 Aoû - 23:53
Malou avait bien vu le couteau enfoncé dans le bras de Riley mais rien à faire, il lui avait été impossible d'y toucher tant elle en avait la phobie aussi fut-elle soulagée quand la jeune femme le fit elle-même avant de lui envoyer un vrai sourire franc.

L'adolescente en fut interloquée, c'était la première fois qu'elle voyait le visage de sa comparse s'éclairer autant malgré tout le sang qui le barbouillait.
C'est Duncan le Maître à Seattle qui m'a appris ça dit-elle à mi-voix, émue de se souvenir de lui, il disait souvent que la force n'était pas indispensable, les meilleurs atouts étant la souplesse, la rapidité et la précision. Depuis, je m'exerce tous les jours.

Sur ce elle attrapa le ruban adhésif et alla vers Simmon pour récupérer le pull, la robe et le saucissonner dans les règles de l'art.
En relevant la tête elle surprit sa comparse en train de piler ses médicaments dans une petite boite avant de les sniffer et se gratta la tête machinalement comme chaque fois que quelque chose lui posait problème.
Ne pouvait-elle pas prendre ses aspirines comme tout le monde ?
N'ayant pas la réponse à sa question elle haussa imperceptiblement les épaules, se dit qu'elle n'était peut-être pas capable d'avaler des comprimés tout rond et s'occupa à ranger ses vêtements dans son sac.

Riley avait jeté Dave aux morts-vivants ce qui était une excellente idée, de toutes façon le gus était fini alors...
Puis elle se dirigea vers Simmon pour un interrogatoire musclé.
Malou détourna les yeux non à la vue du sang qui giclait de la cuisse ou à cause des cris de douleur qu'il poussait car après tout, s'il avait parlé avant quand elle le lui avait demandé gentiment, elle n'aurait pas été obligée d'en arriver là mais plutôt à cause de cette putain de lame qui lui faisait froid dans le dos.
Afin de s'occuper, elle rassembla les affaires de la jeune femme, ferma son sac et le posa à côté du sien, non loin de la porte; c'était clair, Simmon n'avait pas de planque, elles avaient fait tout ça pour rien, il faudrait partir.

Un bruit sur la porte la fit se redresser aux aguets, les mangeurs d'hommes arrivaient, dans quelques instants ils défonceraient l'huisserie.
Vive comme l'éclair elle endossa son sac et sortit son rouleau à pâtisserie.
C'est alors qu'elle vit Riley, en pleine crise d'hystérie en train de s'acharner sur le visage de Simmon qui n'était pourtant plus qu'une sorte de confiture de fraises s'étalant sur le sol.
Comme dans un flashback elle se revit en train de faire sensiblement la même chose sur la femme de Brinnon et compris que la fille était en train de péter les plombs tandis que les rôdeurs faisaient bouger les gonds.

Hey, ça va ! On y va maintenant !
Ordonna t-elle pour la secouer mais elle semblait ne plus rien voir ni entendre tandis que la porte commençait à vaciller.
En un éclair Malou comprit la situation: elle n'avait pas réduit en poudre un quelconque antalgique mais de la daube et la fille était camée jusqu'aux yeux.

Si elle avait eu le temps, elle lui aurait lancé froidement que vraiment, elle n'assurait pas une cacahuète, qu'elle en avait ras-le-bol d'être obligée de tout prévoir, etc, etc... Mais là il fallait faire vite, la porte venait de tomber et deux immondices posaient leurs grolles de merde sur le plancher.

En un éclair, elle attrapa Riley par le col, lui balança une paire de gifles bien cinglantes, lui mit dans les mains sa mitraillette et lui hurla au visage:
réveilles-toi maintenant y'a du taff !
Les deux pourritures ambulantes avançaient en grommelant, suivis par d'autres.
Combien ? Elle ne le voyait pas encore mais suffisamment pour qu'elle ait l'idée de traîner péniblement Simon bien en vue.
Le cadavre suffit à faire diversion sur les premiers arrivants mais les autres s'aventuraient dangereusement et Malou savait qu'elle ne pourrait pas venir seule à bout de tous.
Usant de son stratagème habituel avec son rouleau à pâtisserie elle réussit à en dégommer deux, pour les autres la balle était dans le camp de sa comparse.

Elle tâta la bosse que faisait le rasoir coupe-chou dans la poche de son jean.
Si la jeune femme était trop comateuse pour réagir il restait une dernière solution mais elle espérait vivement ne pas en arriver là, c'était trop dangereux.
Il faudrait qu'elle ait un peu de temps et rien n'était moins sûr mais au cas où, elle pourrait peut-être s'en sortir, elle l'avait fait maintes fois mais Riley ? Il y avait peu de chance qu'elle connaisse cette astuce et les explications pour y arriver seraient trop longues.
Malou décida de n'user de ce subterfuge qu'au dernier moment, quand vraiment elle serait certaine qu'il n'y aurait pas d'autre issue, au risque de perdre sa comparse.
Une boule d'angoisse et de haine mêlée se forma dans sa gorge.
En hurlant, elle fonça dans le tas comme une bête sauvage et frappa à coups de pieds, de poings, de genoux, de coudes, de rouleau. Ils devaient être une bonne dizaine, elle avait hâte d'entendre la mitraillette entrer en action, elle n'aurait pas la force de durer bien longtemps...

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mer 23 Aoû - 2:30
La voix de sa comparse n'était qu'un écho lointain alors qu'elle s'acharnait sur la source de tous ses malheurs. La lame du couteau s’enfonçait à répétition dans la chair, glissait au contact des os ou se taillait finement une place dans les muqueuses. Le visage de Simmon se résumait maintenant à une peinture abstraite que Riley s'évertuait à embellir, à rendre plus indistincte aux yeux de tous, même si son médium avait cessé de respirer depuis longtemps.

La boucherie ne cessa qu'au moment où Malou lui envoya une série de gifles bien senties et plaqua son arme contre son buste. Chez Riley, la confusion fit rapidement place à la concrétisation du monde réel, et ce monde réel s'apprêtait à la bouffer toute crue. Ni une, ni deux, Riley canalisa son énergie et fit passer son pistolet-mitrailleur dans son dos pour dégainer sa hache. Sa partenaire venait de balancer le corps mutilé de Simmon aux rôdeurs et plusieurs individus s'en délectaient déjà. Les autres, voyant sans doute chez les deux femmes une viande plus fraîche, s'avancèrent en claudiquant.

La blonde envoya sa hache dans la tempe d'un premier marcheur, repoussant un deuxième d'un solide coup de ranger qui en tombant, emporta dans sa chute deux de ses comparses. Les mouvements de la jeune femme étaient rageurs mais calculés, et c'est ainsi qu'elle mit hors d'état de nuire trois autres créatures. Hélas, d'autres pourrissants ne cessait d'arriver... comme si un nombre infini de charognards s'entassait derrière cette satanée porte, prêt à faire leur entrée dès qu'un des leurs tombait au combat.

Devant cette marée de chair en putréfaction et sa partenaire qui était sur le point d'être submergée, Riley n'eut d'autres choix que d'en recourir à sa pétoire. Une première rafale bourdonna avec puissance dans la salle de classe, réduisant la tête d'un puant en un agrégat de chair informe. Deux, trois, quatre et cinq autres coups de feu résonnèrent alors qu'autant de mangeurs de chair mordaient la poussière.

" Y'en a trop! Faut foutre le camp! "

Elle attrapa son sac et celui de Simmon, passant près de se faire croquer, puis retourna vite fait dans la moitié de la pièce qui n'avait pas encore été inondée par les marcheurs. Sans plus attendre, la blonde récupéra une chaise et la balança de toutes ses forces à travers la fenêtre. En bas, la voie semblait dégagée... la chute serait rude mais il valait mieux risquer de se fouler une cheville que de se finir dans l'estomac d'un rôdeur.

" Vas-y! Saute! "

Le corps gorgé d'adrénaline et d'une autre substance peu recommandable, Riley était totalement prête à tenir sa position le temps que sa partenaire quitte cet endroit maudit. Elle fit feu, avec précision, abattant cible après cible jusqu'à ce que la dernière balle de son chargeur ait trouvée preneur dans le crâne d'un charognard, puis elle battit en retraite alors qu'il ne restait plus que quelques mètres la séparant de la horde. Elle balança par la fenêtre son sac et celui contenant ses provisions durement gagnées, puis s'engouffra dans l'ouverture. Sans réfléchir, elle se laissa tomber un étage plus bas.

Elle encaissa le pavé assez abruptement... Cet atterrissage lui laisserait certainement quelques contusions mais au moins, elle ne s'était rien cassé. Elle se releva dans la seconde, cherchant des yeux ses provisions et sa coéquipière.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Jeu 24 Aoû - 21:58
Enfin Riley avait réagi et, prenant à peine une seconde pour jauger la situation, elle tailla dare-dare dans les crânes avec sa hache tandis que Malou, moins bien armée s'acharnait en presque corps à corps.
Mais les mangeurs d'hommes étaient nombreux et se bousculaient pour entrer. Avec la force du désespoir elle réussit à en occire un de plus et c'est à ce moment qu'elle entendit le bruit assourdissant de la mitraillette.
Vivement elle recula; ce n'était pas le moment de prendre une balle perdue !

Evidemment cela allait bien plus vite avec une arme à feu, le problème était qu'il en arrivait d'autres. D'où venaient-ils ?
Les hurlements de Dave, Riley et Simmon avaient dû ameuter les hordes de quartiers proches qui défilaient à présent dans l'escalier qui menait à la salle de classe.
Malou dut se rendre à l'évidence, sa partenaire n'aurait jamais assez de cartouches pour en venir à bout alors, profitant de la confusion générale, elle se dirigea discrètement vers un mort-vivant mort à la pourriture bien avancée et le fendit en deux avec son rasoir, de la gorge au bas ventre.
Elle allait appeler la blonde quand celle-ci battit en retraite vers la fenêtre en s'écriant qu'ils étaient trop nombreux.

t'es cinglée, on va se rompre le cou !!!
ne put s'empêcher de rétorquer Malou mais la fin de sa phrase tomba dans l'oreille d'un sourd car la jeune femme avait déjà basculé dans le vide tandis qu'un groupe de rôdeurs bientôt suivi par quelques autres se lancèrent à sa poursuite, se jetant eux aussi au travers des carreaux ouverts, tombant comme des tomates trop mûres de part et d'autre de Riley.

A présent elle était seule, face à combien de ces ordures ? C'était difficile à dire, elle entendait encore des pas traîner à l'extérieur.
Aurait-elle le temps de se barbouiller intégralement de putréfactions ? Non, c'était évident; alors, tentant le tout pour le tout, elle se glissa dans le cadavre puant et tenta de se relever avec la charogne l'enveloppant comme un manteau digne d'Halloween.
Mais le mort était trop lourd et insister lui ferait faire des gestes brusques rapidement repérables; il n'y avait plus qu'une solution: ramper puis marcher à quatre pattes, en respirant le plus discrètement possible.

Imitant leur posture, leur démarche et leurs grognements, elle avança sur les coudes lentement, très lentement jusqu'à la porte au nez et à la barbe de la meute qui l'ignorait.
Arrivée sur le pallier elle dut faire face à un nouveau problème: la horde voyant qu'il n'y avait plus de casse-croûte dans le pièce avait fait demi-tour, se cognait sur les nouveaux arrivants qui tombaient les uns sur les autres dans les marches en beuglant comme des damnés.
Il y avait une telle foule et une telle panique générale qu'elle dut se recroqueviller et s'enfouir intégralement sous la barbaque pestilentielle en attendant que le calme revienne un peu.

Au bout d'un moment, les bruits s'amenuisèrent jusqu'au silence définitif mais le temps avait été long et Malou craignait que sa comparse ne l'ait pas attendu. Ce serait dommage mais elle pouvait comprendre, elle ne lui devait rien après tout.

S'extirpant de la peau de mangeur d'hommes, guettant les alentours enfin déserts, elle s'aventura dans l'escalier, butta sur Dave, lui prit son sac à dos et atterrit enfin dans le couloir principal.
Nul besoin à présent de repasser par le gymnase, elle prendrait la porte de sortie tout simplement, ce qui serait plus aisé pour éventuellement retrouver Riley ou sinon son ambulance mais au moment de passer l'huisserie elle vit arriver vers elle un vieux monsieur, petit cartable noir en cuir à la main qui l'interpela d'une étrange façon:

Bitte Fraulein ! Bitte schön...
Malou tourna vers lui des yeux grands comme une soucoupe tandis qu'il continuait:
Bitte, wieviel Uhr ist es ?


Que baragouinait ce vieux schnock ? Elle n'avait jamais entendu un pareil langage et répondit:
je ne comprends pas monsieur et je suis pressée, au revoir !
Et elle détala de crainte d'avoir croisé un fou.


Elle était dehors à présent. Tout en marchant elle fouilla sommairement dans le sac de Dave et y découvrit des cartouches pour le gros fusil ainsi que plusieurs boites de conserves: lentilles, salsifis, haricots et même corned beef !
Encore un petit virage, elle saurait si Riley l'avait attendue ou non.
A moins qui lui soit arrivé malheur ?
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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 28 Aoû - 8:19
Elle se tenait, immobile, au milieu de la grande cour asphaltée, observant avec une fascination morbide les rôdeurs se jeter par la fenêtre et s'échouer violemment sur le bitume... nombre d'entre eux se brisaient la nuque en tombant, les autres avaient toute la misère du monde à se remettre debout. Ils ne pouvaient que ramper, lamentablement, en direction de la jeune femme qui avait les yeux rivés sur cette grotesque scène.

Presque au même rythme que ces cadavres ambulants qui s’élançaient du haut de cette fenêtre, de grosses gouttes écarlates perlaient au bout de ses doigts. Elle hissa ses mains à la hauteur de son visage et examina celles-ci comme s'il s'agissait d'un corps étranger, réalisant avec peu d'étonnement que sa mitaine gauche était gorgée de sang. S'agissait-il du sien ou de celui de Simmon? Avec tout ce qui s'était passé là-haut, difficile à dire.

Ici, aucune trace de Malou... dans le feu de l'action, Riley avait perdu sa comparse. Elle ne se souvenait même plus l'avoir vu passer la fenêtre. D'autant qu'elle sache, la jeune femme était toujours là-haut, en train de se faire dévorer les tripes par tous ces charognards. Un long soupir s'échappa de ses narines, au même moment où un lépreux tentait d'agripper sa botte du bout des doigts. Plusieurs coups de semelle furent nécessaires pour lui craquer le crâne et bousiller sa cervelle.

" Et bien Riley, te voilà à nouveau toute seule... "

Sur cette réflexion, la jeune femme s'éloigna de plusieurs mètres afin d'inspecter son butin... Le sac de Simmon contenait une bonne quantité de provisions. Des conserves en tous genres, des fruits séchés, quelques sodas et du café instantané. Elle dénicha également une couverture, une paire de jumelles, une boîte de cinquante cartouches de 9mm ainsi qu'un contenant d'engrais chimique qui pourrait lui servir à fabriquer des explosifs. Pas mal comme trouvailles, après tout.

Alors qu'elle transférait ses affaires dans son sac à dos, quelle ne fut pas la surprise de voir débarquer Malou au coin du mur. La jeune femme était couverte de sang séché et autre saletés semblant tout droit provenir des entrailles d'un animal mort. L'odeur qui s'en dégageait était celle tout à fait infecte d'un corps en décomposition, celle d'un rôdeur. Cette vision ne laissait que peu de doute quant au stratagème adopté par sa partenaire pour échapper à la horde.

" Nom de dieu... on dirait qu'un charognard t'a chié dessus! "

Devant sa propre remarque, l'Irlandaise ne put s'empêcher de glousser de rire... une chose à laquelle peu de personnes avaient eu l'occasion d'assister. Au fond, elle était réellement impressionnée par le tour de force de sa coéquipière. Peu de gens auraient eu les couilles et le sang-froid de faire ce qu'elle avait fait. Même Riley avait préféré se lancer du haut d'une fenêtre plutôt que se tartiner le corps de beurre de cadavre.

" Contente de voir que t'est encore des nôtres... J'te croyais crevé. " De sa main relativement propre, la blonde trouva une cigarette dans la poche de sa veste et s'empressa de la coincer entre ses lèvres d'un geste net et précis. " Tout est parti en couille là-haut, en un clin d'oeil... je croyais pas que ce minable te prendrait en otage, il avait l'air plutôt inoffensif... enfin, t'as vraiment assuré. " craquement de Zippo puis sa clope était maintenant allumé " T'as trouvé des trucs chouettes sur l'autre gus? Ici j'ai assez de bouffe pour une semaine peut-être deux. "

Plus loin sous la fenêtre, quelques marcheurs étaient parvenus à se remettre debout et titubaient maintenant en direction des deux femmes. Aussi, à l'endroit où Malou était apparu, quelques déserteurs en provenance de la horde semblaient s'être frayé un chemin depuis l'intérieur du bâtiment.

" Je crois qu'on devrait se barrer maintenant... " Rapidement, elle finit d’emballer ses affaires tout en pompant son roulé de tabac, puis enfila son sac sur ses épaules. " Dit, ton ambulance, elle roule toujours? Ça t’ennuierait de me déposer à l'angle de Grand Boulevard et Jefferson Avenue, ma bécane est garée là-bas. "

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Lun 28 Aoû - 22:47
Malou ne tarda pas à retrouver sa coéquipière saine et sauve mais toujours barbouillée de sang dans la cour de récréation, à quelques mètres de mangeurs d'hommes désarticulés qui se traînaient lamentablement sur le bitume, bras tendus en grognant.
Juste pour le plaisir elle envoya plusieurs coups de lattes au premier venu et pressa le pas vers Riley qui fouillait dans le sac à dos de Simmon.
Elle était heureuse de la revoir, autant que cela pouvait être possible à son coeur en sommeil mais ne le montra pas. A la place, avant que la jeune femme ait ouvert la bouche elle balança perfidement:

t'as eu bien fait de te casser par la fenêtre, toute seule tu n'aurais rien pu faire, ils t'auraient bouffée.

C'était sa façon à elle de faire remarquer que la blonde se l'était un peu joué perso dans l'affaire mais peu importait à Malou; elle avait appris à ne compter que sur elle-même.
Contrairement à toute attente, Riley lui répondit par une boutade en éclatant presque de rire.
L'adolescente qui n'était pas réputée pour avoir un sens de l'humour très développé s'apprêtait à la rembarrer vertement quand tout à coup, ce rire devint contagieux.
Etait-ce d'avoir frôlé la mort qui provoquait cette hilarité passagère ?
Toujours est-il que, pour la première fois depuis que Nounours était mort, Malou esquissa une grimace qui se transforma en un sourire franc avant d'ajouter:

t'es complètement conne mais c'est presque ça !

Pour la suite, la jeune fille baissa la tête et fit semblant de se concentrer sur le sac de Dave; elle n'avait plus l'habitude des compliments depuis ce mois de juillet fatidique. Elle n'avait même pas adressé véritablement la parole à quelqu'un et ses yeux la piquaient; elle n'allait pas se mettre à chialer devant Riley quand-même !
Aussi fut-elle soulagée quand sa comparse lui demanda si le contenu de la gibecière était intéressant.

Ca va répondit-elle, il y a un peu de bouffe; si tu veux je te donne la boite de salsifis, je déteste ça ! Et puis on se partagera le corned beef.
Son frère lui avait tellement seriné dans les oreilles que la viande donnait des forces qu'elle avait très envie d'en manger un peu sachant qu'elle ne viendrait jamais à bout de la portion entière.

Ah, s'exclama t-elle encore, j'ai aussi trouvé un rasoir coupe-choux et un paquet de bonbons dans le sac de Simmon, je peux les garder ?
Sans ce rasoir, je serai morte là-haut...


tandis qu'elle parlait, elle aperçut elle aussi les morts-vivants qui se rapprochaient; décidément, elles ne seraient jamais tranquilles !

Tu as raison, répondit-elle, cassons-nous d'ici, j'en ai ma claque pour aujourd'hui et si tu me guides, ok, je peux t'emmener. Tu crèche dans le coin ?

Remettant son sac sur le dos, alourdit de leurs trouvailles, elle se dirigea vers la camionnette, ouvrit la porte passager pour Riley et sauta sur son siège.

Moi j'habite là dit-elle en montrant d'un mouvement de tête l'habitacle avec le brancard. Un pote à moi a enlevé la séparation c'est plus pratique, ça fait comme un camping-car maintenant.

Malou se surprenait elle-même à être si bavarde tout à coup mais elle sentait le moment de la séparation approcher, elle avait besoin de combler le vide qui ne manquerait pas de s'installer à nouveau avec le départ de la blonde.

Elle démarra le moteur et continua: finalement, je crois que vais rester un peu par-ici, j'en ai marre de rouler... Tu crois qu'on se reverra ?

La question qui lui brûlait les lèvres était enfin sortie, c'était presque un murmure; elle avait encore du mal à s'avouer qu'elle ressentait de l'amitié pour cette fille qui lui ressemblait un peu sous certains aspects.
Et puis... Tu as bien assuré toi aussi on aurait pu y rester pour même pas l'ombre d'une planque ! Ajouta t-elle avant de lancer, bon, je tourne où pour rejoindre ton avenue ? Je viens d'arriver je ne connais pas du tout ce bled.

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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Mer 30 Aoû - 19:05
Les deux femmes s'en allèrent en direction du stationnement, damant le pion à la horde de charognards qui devrait se contenter des deux carcasses laissées derrière. Riley n'était pas certaine que Malou accepterait de l'embarquer après cette mésaventure plutôt foireuse qui, avouons-le, avait en parti merdée par sa faute, mais fort heureusement, elle ne semblait pas lui en tenir rigueur... Après tout, elle s'était fait un bon pactole et c'est Riley qui s'était pris tous les coups.

" En fait, je crèche un peu partout... en ce moment, ma piaule c'est une boutique de pièces d'auto. Demain, qui sait... je pense m'installer au nord de la ville. "

Une fois arrivé devant l'ambulance, Riley jeta son mégot avant de hisser son corps endolori côté passager. Maintenant qu'elle avait une bonne vue de l'intérieur du véhicule, elle pouvait voir les efforts déployés par sa jeune comparse pour transformer le tout en une habitation relativement confortable. L'idée d'une planque mobile ne déplaisait pas du tout à Riley, elle se dit qu'un de ces quatre, elle allait se dénicher un van et faire quelque chose de similaire.

" Sympa. "

Le moteur ne tarda pas à ronronner, puis le véhicule de Malou quitta l'air de stationnement pour s'engager sur Hally plaza. Riley fit signe à sa partenaire de tourner à droite sur Beaconsfield pour remonter l'avenue jusqu'à Jefferson. Pendant ce temps, l'Irlandaise fouilla dans son sac pour récupérer une bouteille de désinfectant et des bandages. Elle retira sa veste tout en poursuivant la conversation.

" Oh, on se reverra sûrement... " Elle inspecta sa blessure au bras: une entaille de deux centimètres d’où semblait s'être échappé un torrent d'hémoglobine maintenant à demi coagulé. " Comme j'ai dit, je vais m'installer au nord pendant quelque temps, dans les environs du méga centre commercial à Utica... tu passeras dire bonjours. " Son ton était calme, détaché, en rien similaire à celui d'une femme qui venait de massacrer deux personnes et échapper de justesse à une mort horrible.

Une bonne dose d'alcool déferla sur sa blessure... Riley serra les dents dans une vaine tentative d'étouffer la douleur, après quoi elle appliqua un épais bandage avant de remettre sa veste. Elle s'occuperait de son visage une fois arrivé à la planque.

" Tu dis rouler depuis un moment, t'es pas du coin? "

La bouteille d'alcool retourna dans son sac, l'emballage plastique des bandages s'envola par la fenêtre. Elle récupéra une boîte de Corned Beef qu'elle entreprit de dévorer avec l’appétit de celle qui n'a rien avalé depuis plusieurs jours. Les deux premières tranches eurent tôt fait de dissparaitre, si vite qu'elle n'eut pratiquement pas le temps d'y goutter.

" Roule encore un peu, bientôt on croisera un Tim Hortons, sur ta droite. "

Elle repensait vaguement à tout ce qui s'était passé dans l'école, un peu comme on tente de se remémorer un rêve. Elle revoyait le visage tordu de Simmon en train d'essayer de l'étrangler, puis ce même visage se déconstruire sous les innombrables coups de couteau. La rage qu'elle avait ressentie alors était quelque chose de nouveau pour Riley... un sentiment, un vrai. Peut-être devait-elle réitérer l'opération pour revivre à nouveau cette sensation exaltante.

" Ce connard m'a pas raté... " elle parlait tout en examinant son visage tuméfié dans le miroir, mastiquant sa troisième tranche de boeuf salé. " C'est le genre de risque qu'on doit prendre si on veut pas crever de faim ici. Je m'suis trompé sur toute la ligne pour la planque, mais ça valait le coup d'essayer... juste ici! "

Elle était arrivée à destination, à l'angle des deux rues. Un peu plus loin se trouvaient sa moto et sa planque. Après s'être reposée, demain, elle s'en irait au nord en quête d'une zone plus généreuse en provisions. Avant d'ouvrir sa portière et d'enfiler son sac à dos, elle laissa la boîte de Corned Beef à moitié pleine entre les deux sièges.

" Y'a une communauté à grosse pointe, pas loin de l'école... une grande muraille tu peux pas la manquer. Si t'est dans la merde tu peux t'y rendre, ils ont l'air réglo. Sinon, je te conseille d'éviter le centre-ville, surtout avec ton ambulance, c'est un vrai nid à charognards. "

Ce dernier conseil, elle l'avait appris à la dur en arrivant ici, lorsqu'elle avait passé à deux doigts de se faire encercler par une horde de cannibales. En quittant le camping-car improvisé, Riley se retourna une dernière fois, affublant sa comparse de son éternel regard impassible et candide, un peu déformé toutefois par les baffes qu'elle s'était prises, et ajouta.

" Merci pour le détour, et pour m'avoir sauvé le cul là-bas... Si jamais nos chemins se croise à nouveau, ce sera à moi de te filer un coup de main. Allez, à plus. "

Puis elle quitta, tranquillement, avant de s'engouffrer dans une ruelle.

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Malorie EriksonI walk a lonely road
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MessageSujet: Re: There's still time to change the road you're on   Jeu 31 Aoû - 21:51
Riley aussi était devenue volubile comme si la tension accumulée par les dangers auxquels elles venaient d'échapper tombait d'un coup, les incitant à se confier un peu.

Ainsi elle n'avait pas d'endroit fixe.
Malou savait ce que c'était. Avant d'avoir son ambulance elle était même allée jusqu'à se réfugier dans les bennes à ordures tant elle était effrayée par ce monde qu'elle découvrait.
Avec l'ami Josh aussi... Les souvenirs affluaient. La petite maison providentielle qu'ils avaient été les premiers à visiter et qui regorgeait de nourriture...La vieille maison bourgeoise insalubre qui lui avait flanqué la trouille...

Ca va ?
Demanda t-elle en voyant la blonde grimacer de douleur après s'être versé de l'alcool sur sa plaie. Tu veux que je m'arrête pour t'aider ?
Mais sa comparse ne semblait pas être intéressée par la proposition car elle continuait sur sa lancée. Etait-elle vraiment curieuse de savoir qui était Malou ?

Je suis de Seattle, c'est là-bas que je suis née, répondit-elle, et j''en suis partie fin septembre...
Elle fit une pause. Parler de cela était encore trop difficile aussi éluda t-elle la raison de ce départ.
J'ai fait le taxi à travers les Etats moyennant bouffe et gas-oil, je me suis posée quelques temps à Boston et voilà.
Et quand Riley lui expliqua les risques à prendre pour trouver de la nourriture à Detroit, Malou s'exclama sur le champs:
à Seattle c'était exactement pareil, t'en fait pas, j'ai l'habitude !

L'adolescente était bien pilotée et elles arrivèrent sans encombre à destination. Tout en observant les environs, elle se gara devant le trottoir afin que la jeune femme n'ai pas trop de pas à faire seule, la regarda poser la boite de corned beef entre les deux sièges et déclara:
les communautés c'est pas fait pour moi, je ne suis pas assez sociable. Rien qu'à l'idée de savoir qu'il pourrait y avoir un chef me file des boutons, j'y foutrait mon souk, je me ferai virer malproprement, c'est tout ce que j'y gagnerai !
En tout cas, merci pour le conseil, je ferai gaffe.


Elle dévisagea avec un léger serrement de coeur Riley qui descendait de la camionnette. Dans quelques secondes elle serait à nouveau seule mais quand la blonde se tourna une dernière fois avec ce regard tellement particulier qu'on pouvait presque parler d'absence de regard, elle se ressaisit et dit:
dis pas merci, c'était avec plaisir et puis j'ai un nouveau rasoir coupe choux grâce à toi, tu ne peux pas savoir comme c'est important pour moi, salut et à un de ces quatre !

Malou la regarda partir tranquillement, passa la première et s'éloigna.

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There's still time to change the road you're on
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