L'aube d'une alliance.



InformationsContact
avatar
Messages : 194
Points : 361
Date d'inscription : 20/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 30 Juil - 18:37



ft. Nicolae && Declan

Une semaine que j’erre loin de Fort Hope, à attendre que ça se passe, essayant de survivre au jour le jour sans but précis. Je n’arrive même pas à retrouver la trace de Aube. Ni celle de Leïa. Et à part buter du zombie et chercher de la nourriture, je m’ennuie comme un rat mort. J’ai trouvé refuge dans un espèce de dinner pourri. Mais au moins, il y a de quoi s’y repaître. Dire que je n’y foutais que très rarement les pieds avant tout ça. J’étais du genre restaurant de luxe, opéra, et autre mondanité du beau monde. Je n’aimais guère plus, de toute manière… Les gens avaient le don de m’énerver avec leurs arts et leurs morales à deux balles. Il se voilait la face sur les défauts et n’essayaient d’assumer que leurs qualités. Connaître et assumer ses défauts, c’est déjà un bon point pour devenir entier. Je suis un égoïste de première, ça ne changera pas. Et j’ai une estime de moi assez importante. Je sais que je suis invivable. Ça n’est pas nouveau. Que Logan me foute dehors n’était qu’une question de temps. Mais j’assumais aussi mes qualités. J’étais un bon archer, athlétique, et plutôt beau gosse. Sans compter l’instruction que je me suis inculqué et qui fait de moi quelqu’un de cultivé. Ça aurait dû jouer dans la balance. Si Logan avait su m’écouter plutôt que son égo, il aurait parmi ses rangs un véritable guerrier, et non pas une bande de brebis inapte à se défendre. C’est décidé, le prochain type que je rejoins devra voir en moi ce potentiel. Je suis presque sûr que ça marchera bien mieux de cette façon…

Je me lève de ma couchette et attrape mes affaires, sans oublier de faire mes peintures de guerres. Les premiers rayons du jour offre une vue imparable des morts. Et si je me dirige vers le nord, je ne serais pas aveuglé par toute la luminosité. Je déambule dans la rue. Que vais-je bien pouvoir faire de tout ce temps libre ? Continuer à m’entraîner, sans doute. Comme d’habitude. J’avise un bâtiment. Il me plaît bien celui-ci. Je cours vers ce dernier après m’être assuré que mon arc soit bien accroché. Je bondis et accroche la goutière pour monter d’aux moins deux étages. Je me hisse jusqu’à une fenêtre pour me percher sur son rebord. J’attrape celui du dessus et me tire vers le haut. Je regard la hauteur. J’aurai dû me chronométrer. Je me décale vers le côté et accroche l’escalier de secours pour grimper jusqu’au toit. Je parviens à grimper sur ce dernier sans difficulté. Je montre sur le rebord, situé en coin du bâtiment. J’avise la situation. Il n’y a pas âme qui vive -ou qui soit morte-, en contre-bas. C’est naze. Je m’assieds et me demande si je manque à quelqu’un sur cette planète. A part mes parents, s’ils sont encore en vie, je ne vois personne. Et encore. Ils sont sûrement heureux de ne pas m’avoir dans leurs pattes en ce moment. Je soupire. C’est le quotidien de ceux qui ne foutent rien, je présume.

Vu l’avancée du soleil dans le ciel, je suppose que nous approchons des onze heures. Si je me décide à bouger, je trouverai peut-être de quoi manger. Autre chose que ces espèces de trucs pourrave du dinner, j’entends. Je me lève et déambule sur le toit, jetant un dernier regard sur la rue. Ce regard qui change le cours de mon train-train. Un homme marche, en bas. Il n’a pas l’air de m’avoir vu. Je ne peux laisser passer une occasion de le laisser filer. Je m’accroche au rebord et me laisse pendre dans le vide pour atteindre un balcon. Et je descends ainsi de suite les étages pour arriver au second. Je suis assez bas pour bondir directement le sol sans me faire de mal. Je m’exécute et atterris en roulade pour amortir la chute. Le tout, devant les yeux de l’homme. Une fois debout, je m’avance vers lui, capuche baissée sur la tête. « Monsieur. Vous avez l’air perdu, je me trompe ? » Je le regardais de la tête au pied. Il était vêtu d’une façon assez atypique. Il avait l’air plus âgé que moi, mais toutefois en bonne santé. Quoique peut-être un peu fatigué, mais qui ne l’est pas de nos jours ?
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 59
Points : 329
Date d'inscription : 19/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 31 Juil - 1:35

L’homme avançait au grès des signes. Il avait confiance dans son Dharma et dans la voie du Bushido. Où que ses pas le conduisaient, il savait que c’était là où il devait se rendre. Même sans ailes noires dans le ciel pour le guider, il n’était jamais perdu puisque, plus important que la destination, il y avait le chemin. C’est donc avec une certaine sérénité qu’il traversait les rues de Detroit, s’enrichissant à chaque pas, à chaque rencontre de toutes ces petites choses, de tous ses petits détails que peu prenaient encore le temps de contempler. Il allait vers les gens alors que la méfiance avait déjà empoisonné le cœur de ceux qui n’avaient pas encore sombré dans l’abysse chaotique de la méfiance qui s’était emparé de la plupart des hommes. Triste aboutissement pour cette masse qui se complaisait déjà, des années avant que l’équilibre ne reprenne ses droits, dans cette faim avide consommant toutes raisons et pensées cohérentes. "Ils vont en masse mais restent irrémédiablement seul". Finalement l’épidémie n’avait pas changé grand-chose aux hommes, elle avait juste enlevé les illusions d’humanité derrière lesquelles ils cachaient leurs faiblesses et leurs bas instincts. Malgré son devoir de regard neutre et du respect de l’action du grand tout qui régnait en maitre et qui avait trop souvent été oublié par ceux qui aimaient se faire appeler des hommes, le druide ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine tristesse faire au déclin de l’humanité. Il n’est pas humble de sa part de nourrir le secret espoir de permettre à ceux qui le voulaient et le pouvaient de trouver le chemin de la salvation. L’homme sans chaussure s’arrêta soudainement comme si ordre suprême venait de lui imposer de faire une halte. Le vent venait légèrement de tourner en cette fin de matinée. Il regarda autour de lui et fini par lever les yeux vers un bâtiment haut, masquant de sa main le soleil proche de son zénith. Il aperçut une silhouette alerte descendre vers lui de la façon la plus sportive qui pouvait être imaginée. Il y avait autant d’adresse et d’agilité dans ce déplacement, qu’avec le soleil, le druide cru voir un aigle piqué du ciel. Il ne put retenir un sourire en y voyant un nouveau signe de ses guides invisible et attendit patiemment l’atterrissage souple d’un homme étrangement vêtu. «-Monsieur. Vous avez l’air perdu, je me trompe ? ». Le druide sourit à cette question qui aurait pu sortir de ses propres lèvres. «-Qui est le plus perdu entre l’homme qui sait qu’il est loin de sa destination et celui qui ignore encore qu’il a commencé son voyage ? » Il resta a détailler quelques instant le jeune homme devant lui : «-Puis je vous proposer de vous joindre a moi pour quelques pas ? j’ai quelques gibiers a faire rôtir, si vous aimez le lièvre grillé, il me serait agréable d’échanger quelques peu avec un homme aussi singulier que vous. » L’homme arborait un visage souriant et amicale qui pouvait facilement faire oublier qu’il ne s’était pas plus présenté qu’il ne s’était inquiété du nom de nouveau venu. Ainsi était celui qu’on appelait autrefois Nicolae. Pour lui il n’était d’un humble guide devant un aigle blessé et perdu.
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 194
Points : 361
Date d'inscription : 20/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 31 Juil - 22:11

Un esprit instruit se tenait face à moi. Qui plus est philosophe. Une certaine sagesse s’en dégageait et je ne pus que l’admirer. Sans compter son aisance à se mouvoir dans ce monde dévasté, comme s’il foulait une autre terre. « En effet... Je crois que vous dites vrai. L’homme qui commence son voyage est bel et bien plus perdu que celui qui sait qu’il est loin de sa destination. » Et je venais de commencer le mien depuis Fort Hope. Je n’avais aucune idée de ma destination. Donc je ne savais pas où j’en étais. L’homme en ma compagnie, semblait savoir où chacun de ses pas le guident. Mais que m’arrivait-il à m’enivrer de la sorte de ses propos ? Un début de conversation bien au-dessus des sujets du commun de mortel, me mettait dans tous mes états. Etait-ce mon instruction qui me poussait à prolonger une véritable conversation digne de ce nom ? Ou la faim qui prenait le pas et me décidait à le suivre ?

Quoiqu’il en soit, je me place à ses côtés et marche avec lui. « J’accepte de vous accompagner. Mais ne croyez pas que je fais ça pour le gibier ! J’ai comme l’impression que vous êtes un homme… éclairé. Je n’ai pas tenu de véritable conversation depuis un long moment. Et ça me manque, à dire vrai. Donc… Vous déambulez dans Détroit. Mais quels sont vos objectifs ? Vous m’avez bien dit que vous saviez où vous vous rendiez, pas vrai ? » J’espérais qu’il ne pense pas que mes intentions soient néfastes. J’ai un franc parlé qui peut parfois déranger. Mais j’étais moi-même en plein questionnement concernant mes propres quêtes. Un combat interne que l’on mène contre la folie.

Je me rends compte que mon interlocuteur n’a toujours pas de nom dans mon esprit. Je lui tends la main droite après avoir ôté ma capuche. « Au fait, je m’appelle Declan. Declan Traeger. J’étais directeur adjoint chez General Motors avant tout ça. Et comme vous avez pu le voir à mon équipement, je suis un archer. Depuis mon plus jeune âge. Et vous ? Comment vous appelez vous ? » dis-je en essuyant mes peintures de guerres sur mes yeux.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 59
Points : 329
Date d'inscription : 19/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 7 Aoû - 13:48

L’homme regarda l’aigle égaré avec un intérêt mêlé d’une pointe d’amusement. Il n’avait pas l’air ni effrayé, ni impressionné d’avoir devant lui le directeur adjoint de General Motor. Il scruta le jeune archer dans les yeux mais, il ne lui serra pas la main avant quelques minutes. Lorsqu’il le fit, on aurait pu penser, à son visage, qu’il avait compris quelque chose de mystérieux sur Declan. «-C’est intéressant, à vos yeux vous seriez d’abord un prénom, puis une fonction et enfin, une compétence. ». Il lâcha la main du jeune homme et ouvrit la route tout en continuant de parler : « - Ne vous formalisez pas, mais pour moi vous êtes un aigles, vif, puissant, fier et combatif. Vous êtes juste trop perdu et face à des vents contraires pour savoir voler comme vous le devriez. Si vous arriviez à vous libérer de vos entraves, plus rien ne pourrait vous arrêter. ». Le druide bifurqua vers un bâtiment qui ne ressemblait pas à grand-chose vue de l’extérieur. Deux âmes perdues errantes se ruèrent en grognant sur ceux qui n’avaient pas encore basculés dans leur univers de chaos. Le druide leva la main avec une rapidité étonnante au regard de son âges apparent pour dissuader son compagnon de se servir de son arme. En quelques mouvements de bâton, vifs et précis, les âmes perdues furent déséquilibrées, allongées au sol, gémissant leur frustration de ne pouvoir obtenir la chair fraiche tant convoitée. Une fois cette tâche accomplie, il invita l’aigle à le suivre. « -Il n’y a aucun triomphe à tuer ceux qui pourraient encore être aidés, mais je vous en prie, le repas promis est à l’étage. ».

Il gravit les quelques marches menant à ce qui devait être un dojo de Kendo il y a bien longtemps. Avec les gestes mesurés de celui qui connait les subtilités de l’art du thé, il se mit à genoux devant ce qui lui servait d’âtre pour faire du feu. Il n’eut pas de mal a réanimer les braises. Il vida ses escarcelles avec minutie et invita l’aigle à s’assoir avec lui pendant qu’il préparait le gibier attrapé. «- J’imagine que vous avez bien des questions, et je m’emploierai à y répondre avec autant de la maigre sagesse que je dispose. D’ailleurs, je crois qu’une est restée en suspens. Mais je n’ai pas de réponse à vous donner pour savoir comment vous allez m’appeler. J’estime qu’il vous revient d’en décider, que cela soit vieux fous ou ermite pas net, ce choix ne m’appartient pas. Il fut un temps où on m’a appelé Nicolae, un autre ou j’ai été appelé Docteur, puis papa, il y a même eu un temps où il n’y avait plus personne pour me nommer. Dans mon ordre, je suis un gardien, certain m’appelle Sensei, d’autre Yīshēng. Et, grâce à vous, il y aura peut-être bientôt une nouvelle façon de me désigner. » . Le Yīshēng regarda avec sérénité son aigle, attendant avec attention sa réponse.
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 194
Points : 361
Date d'inscription : 20/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 7 Aoû - 18:55

Il trouve que me présenter de manière directe est intéressant. J’imagine qu’il va m’adorer quand il va voir à quel point je suis terre-à-terre et carriériste. Je suis loin de n’est qu’un prénom, une fonction et une compétence. Mais clamer le reste serait sans doute trop présomptueux. J’avoues me vexer quand il résume mon curriculum vitae de la sorte. Mais ce qu’il dit ensuite me décrit plutôt bien. Pris par des vents contraires. Incapable de se centrer sur une direction. Je ravale ma salive tant il peut lire en moi comme dans un livre ouvert. « Comment faites-vous pour voir tout ça en ne m’ayant cotoyé que quoi… Deux minutes ? » Je décelais chez lui de réelles compétences qui m’étaient encore inconnues. Mieux que ça, il semblait voir au-delà des apparences, et visait un objectif que lui seul pouvait capter. Un objectif, c’est exactement ce qu’il me fallait. Une tâche à accomplir. C’est ce qui m’a toujours motivé. Ne jamais rester les bras ballants. Toujours sur surpasser. Apprendre pour développer ses compétences et pouvoir réaliser de réels projets. « Je sais que ça peut paraître bizarre, ce que je vais vous demander mais… Apprenez moi ! Je veux pouvoir voir ce que vous voyez. Je veux pouvoir toucher ce que vous touchez… Comment faites-vous ça ? » Je serai enclin à croire en la magie et aux univers parallèles, je dirai qu’il navigue entre deux dimensions.

Puis deux zombac débarque. Je m’apprêtais à prendre une flèche dans mon carquois, la main resserrée sur mon arme. Mais je le vois les rétamer en un rien de temps. Il ne les achève pourtant pas, ce qui m’intrigue encore plus. Il annonce qu’on peut les aider. Et me dit où est le repas. « Ils vont pas nous laisser tranquille, même lorsque nous mangeront. Ces trucs savent, sentent et n’oublient pas facilement le morceau de viande sur patte qu’ils croisent… Enfin… Soit. Pas tuer les… Infectés ? » Je relâche ma flèche et détend ma main sur l’arc. De toute façon s’il fallait, je pourrai les éliminer en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

On arrive à son pied-à-terre. Tout est soft, simple, carré. Je regarde la pièce en me disant que ce type était pourvu d’une sagesse inimaginable. Il m’invite à m’asseoir. Je m’installe en face de lui, en tailleur, l’arc sur les cuisses. Je le regarde pendant qu’il m’explique la façon de le nommer. Je suis intrigué lorsqu’il m’explique qu’on l’a appelé Docteur ou encore papa. Je retiens son prénom, mais me laisse libre court pour le nommer. Ça coule de source selon moi, il n’y a pas 30 000 façon de le percevoir. « Comme je vous l’ai demandez, apprenez moi. Vous m’avez tout l’air d’être un maître dans votre matière. Je crois que c’est tout vu de mon côté. En revanche, expliquez-moi pourquoi voir en ces choses des êtres capables d’être sauvés ? Je suis presque sûr qu’ils sont morts. Pour en avoir vu avancer, le cœur en moins, les fonctions vitales doivent être bien foutues… » Une telle sérénité se dégage de la pièce. J’en venais même à oublier certaines choses de ma vie tant mon âme se retrouvait en situation de paix intérieure.

Un petit rire m’échappe au regard de nos différences. Et pourtant j’aimerai devenir comme lui. « Excusez-moi pour cet affront. Rire dans une telle situation n’est pas le bienvenu. Mais je songeais à une chose. Votre perception des choses vous permet d’avoir une telle sérénité en ce monde. Et j’ai vu votre habilité à vous battre. Je veux devenir comme vous. Je veux voir ces choses. Et je sais que mon habilité avec mon arc me permettrait de ne pas me stresser face aux mo… personnes en difficultés. Pourtant jusqu’ici, je ne pensais qu’à les tuer. C’était eux ou moi, voyez-vous ? Je veux devenir votre égal. »

_________________


Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 59
Points : 329
Date d'inscription : 19/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 14 Aoû - 10:43

Le druide avait le sourire aux lèvres en écoutant l’aigle dont il émanait une force de caractère et une détermination impressionnante. Il y avait quelque chose de singulier, de diffèrent chez cet homme. Le guide ne doutait que s’il employait ses talents aux services de la sagesse, il irait loin, du moins s’il arrivait à vaincre ses propres démons. Nicolae avait beau être intuitif et doté d’une grande perspicacité, il se gardait bien d’osé imaginer pouvoir rapidement comprendre un aigle. Ses plumes pouvaient être faciles à lire, pourtant, elles cachaient certainement bien des secrets et des fragilités que l’oiseau ne révèlerait que s’il en avait convenance. Le dire servit le repas avec toujours ces gestes propres a ceux qui font de chaque petite chose de la journée, la plus importante qui soit. Ce n’était qu’une simple grillade de lièvre aux herbes, un repas simple et frugal aux yeux de certain. Un festin pour les ventres creux. Le druide mis de l’eau à infuser pour accompagner leur collation. Il écoutait avec l’oreille de celui qui peut tout entendre mais il ne put se retenir de rire lorsque l’aigle lui indiqua vouloir devenir son égal. «-Cher aigle, ne vous excusez jamais de rire, car seule une âme forte sans encore rire quand le vent l’ébranle. Savez-vous pourquoi les bouddhistes ont choisi la fleur de lotus comme symbole ? C’est la seule fleure capable de s’épanouir et rester pure même dans l’eau la plus boueuse qui soit. Elle représente les hommes et les femmes qui savent s’élever même dans une vie dominée par les désirs, la noirceur et les impulsions. Peu de personnes ici savent encore rire vous savez. ». Il prit son broc d’eau frémissante et servi deux généreuses tasses avant d’en offrir une à son invité. Il prit soin de lui présenter la tasse à deux mains, comme le voulait la marque de respect dans la culture asiatique.

Il avait bien entendu sa requête pour entreprendre son initiation. Le druide était un guide, c’était son devoir et son plaisir que d’initier toute personne en quête de sagesse. L’aigle voulait qu’on lui montre comment voler avec le vent mais de la même façon où Nicolae était arrivé, encore plus perdu que son actuel invité au porte du temple, à supplier pour être aider, on lui avait opposé un refus, mais il avait insisté, et ce n’est qu’après trois refus qu’on lui avait accordé le droit de profiter de la sagesse d’un sensei. Il avait ainsi appris qu’il s’agissait de là de la première marche vers l’acceptation de la connaissance, car sans humilité, détermination et persévérance, il ne pouvait y avoir d’apprentissage. «- J’imagine qu’un homme aussi instruit que vous connait déjà la voix du Kyūdō. Vous me flattez jeune aigle, mais j’ai peur qu’un vieil homme comme moi je sache vous apporter quoique ce soit que vous n’ayez pas déjà. »

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 194
Points : 361
Date d'inscription : 20/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 14 Aoû - 17:42

L’homme m’instruit sur la fleur de lotus. Je ne suis pas trop culture asiatique. En dehors bien sûr de mes contacts avec les clients et les fournisseurs. Je connaissais le minimum. Ce qui me pousse à m’incliner en acceptant la boisson chaude de mes deux mains. Je ramène la boisson près de moi, appréciant la chaleur de cette dernière, je la laisse se refroidir. Et il est malpoli de ne pas attendre son hôte. Je lui demande de m’apprendre, qu’il devienne mon maître. Il refuse, mettant en avant son âge. « Pourtant, n’est vieux que celui qui compare ses années avec celles de ses compères ! Certaines personnes meurent de façon naturelles en restant jeunes. Car ils ignorent tout de la vie. D’autres ont l’expérience des plus grands sages dès l’entrée dans l’âge adulte. Rien ne peut être défini par les années qui s’écoulent. Je maintiens. Je pense que vous pouvez m’enseigner. » Je le regarde avec une détermination dans le regard. Je ne lâcherai pas l’affaire. C’est mal me connaître.

Cela m’avait valu bien des récompenses au long de ma carrière. J’avais décroché des contrats que bien de mes compères n’avaient espérés. Je pouvais aller là où mes semblables n’osaient aller. Mais je ne me voyais plus en cet instant comme étant cet homme d’affaire. Je me retrouvais projeté à mes dix-huit ans. Cette soif d’apprendre. J’avais tout quitté pour prendre la route. J’étais devenu un « cuir ». Ceux qui traversent le pays sans moyen de locomotion préétabli. J’avais pu explorer le mont Rushmore, les grandes forêts de pin du nord du pays, les colline d’Hollywood. Et Seattle. J’y avais laissé mon empreinte. J’y avais laissé une enfant surtout. Et elle se retrouvait ici. Mais je me rendais compte qu’en ce jour, où je pensais que l’humanité et la terre n’aurai plus rien à m’apprendre en dehors d’une survie vaseuse, Nico me proposait une vision tout autre.

Une sagesse, une forme d’humilité, choses dont j’ignorais absolument tout. J’approche la tasse d’infusion prés de mon nez pour en humer l’odeur. Cela faisait bien longtemps que je n’avais rien bu de comparable. A Fort Hope, j’avais la chance de faire bouillir des racines. Mais c’était fade et sans intérêt. Je redescends la boisson, encore bien trop chaude pour moi. « Comment gérez-vous les conflits internes ? Je veux dire… Pas au sein d’un groupe mais en votre âme ? Car en ce moment je suis mitigé sur bien des points. Le doute m’envahit. J’ai été éjecté d’une communauté qui s’affaiblit de par sa luxure. J’ai été baffé par une demoiselle qui m’a reproché d’avoir pris des risques, alors que je ne risquais strictement rien. J’ai été humiliée par ma propre descendance… Une accumulation d’évènements qui sont envahissants… »

_________________


Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 59
Points : 329
Date d'inscription : 19/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 24 Aoû - 16:25

Le druide ne put s’empêcher de sourire face aux réponses de l’aigle. Facétieux, imprévisible et déterminé. Cet homme aurait pu être l’incarnation vivante de son totem. Il n’était pas sans rappeler un jeune corbeau qui se cherchait lorsqu’il avait, lui aussi, décidé d’entreprendre sa longue quête de la connaissance après avoir cru être blessé par la vie. Après de sages paroles sur sa vision de l’âge, il renouvela une nouvelle fois sa demande.  Le druide ne lui répondit pas immédiatement. Il continuait sa méthodique préparation du repas tout en écoutant, autant dans les silences que dans les mots de l’aigle, les tumultes qui l’agitaient. Il avait l’air en train de réfléchir, mais la préoccupation marquait ses traits. Un autre que le Druide n’aurait pas pu comprendre qu’un homme aussi fort et débrouillard que Declan puisse être à ce point perturbé par ce qui se passaient autour de lui. L’aigle fini par reprendre la parole, confirmant ce que son visage avait déjà révélé. Se poser des questions revenait, d’une certaine façon, à reconnaitre qu’on ne savait pas tout et avoir une démarche humble devant des forces qui nous dépassait tous. C’était un virage crucial que tant de personnes préféraient ignorer, gavées d’idées préconçues, évitant de creuser plus loin sous le verni des mensonges. Il était plus reposant de se croire omniscient que d’admettre que la quête du savoir ne pouvait être assouvie en une vie.

Le druide prit le temps de servir la nourriture, enfin chaude a son convive, respectant scrupuleusement les préceptes asiatiques pour offrir de la nourriture à un invité respecté. Toujours à deux mains, en baissant la tête et en remerciant son invité de sa présence. Ce ne fut qu’une fois la première bouché avalée, que le druide s’exprima :«-Le vent souffle mais la montagne ne ploie pas. La seule tempête qui édite réellement est celle que vous décidez de provoquer. Les vents dont vous me parlez ne sont que les tumultes d’autres êtres. Leurs propres tempêtes ne doivent pas plus vous atteindre plus que le souffle de la chenille n’ébranle la pierre. Vous êtes un aigle, vous volez au-dessus des autres, et au-dessus de ces considérations qui ne sont que des entraves vous maintenant dans ces vents qui ne sont pas les vôtres. Apprenez à trier ce qui est important pour vous et ce qui ne l’est que pour d’autres. Vous verrez alors que tous ces éléments qui vous accablent ne sont que de la poussière aux yeux et que derrière cette brume, il n’y a plus de place au doute, mais juste à un aigle qui pourra voler librement. ». Le druide psavoura lentement sa tisane avant d’ajouter. «-J’aimerais pouvoir vous enseigner, mais, j’ai peur que vous n’ayez guère le temps a consacrer a ce lent apprentissage qui sera certainement ennuyeux pour un être aussi intrépide que vous… ». Le deuxième refus, celui de la détermination, venait d’être prononcé.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
InformationsContact
avatar
Messages : 194
Points : 361
Date d'inscription : 20/06/2017
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 26 Aoû - 12:03

Il semblerait qu’utiliser des images et autres allégories soit le quotidien de mon hôte. J’accepte le plat qu’il m’offre des deux mains, inclinant moi aussi la tête, afin de le remercier silencieusement. Tout en ne perdant pas une seule miette de son discours, je commence à déguster le plat. Il y a fort longtemps que je n’ai rien mangé de pareil, fermant les yeux un instant afin d’en apprécier la bouchée. Mais je me reconcentre vite sur ses propos. Ainsi, il pense que je devrai me détacher de tous ceux qui ne font qu’entraver ma progression ? Selon lui, rien de tout cela ne devrait m’atteindre, et je devrais trier les évènements rythmant ma vie. Mais ceci se conclut une fois de plus sur un refus de m’enseigner. Je grimace « Je crois que j’ai tout le temps que cette terre a à m’offrir pour apprendre. Croyez-moi. Et il n’y rien d’ennuyeux dans ce que vous m’avez déjà appris. »

Il fallait être aveugle pour ne pas voir que je prenais note mentalement de tout ce qu’il me dictait. Je tente de ne pas finir trop rapidement mon assiette. J’avais encore du mal à camoufler la faim qui m’animait. Et puis j’étais trop habitué à devoir manger rapidement pour reprendre ma route, dorénavant. « Comment vous accommodez vous de cette mort ambiante ? Je reviens encore là-dessus, mais tout à l’heure, vous avez épargnez ces… Ces égarés. J’ai encore du mal à les regarder en face. Je fais ce qui doit être fait pour pouvoir prolonger ma vie, mais j’ai l’impression que la mort me court après. Vous, vous semblez vous épanouir ainsi. Comme si vous marchiez parmi eux. Comme s’il s’agissait de vos pairs. »

Pour éviter d’être encore une fois trop éloquent, j’attrape ma tisane d’une main, tenant fermement mon assiette de l’autre, et bois une gorgée de cette boisson chaude. Lorsque je la repose, je songe à tout ce dont je serai capable avec l’instruction de Nicolae. Je suis sûr que je pourrai lui apporter aussi à ma manière. J’étais prêt à ça. J’étais prêt à lui faire don de ma loyauté et de mon bras armé pour l’aider dans sa quête. « Je suis sûr qu’à ma manière, je pourrai vous être utile aussi. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ? Je vous accompagne et devient votre bras armé, votre… aigle. Et en retour, je reçois votre enseignement. J’ai bien plus à apprendre à votre contact que ce que j’ai pu accumuler comme connaissance durant ma vie. »

_________________


Revenir en haut Aller en bas

Nouveau
Répondre

L'aube d'une alliance.Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une bataille à l'aube...
» [LIBRE] L'aube d'une grande aventure...
» [Juge]-Brigandage-Aube-(10/01/57) [Retraite]
» Demain, dès l'aube...
» L'aube écarlate

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum