Take me down [Joey Desrosiers]



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Siobhàn O'Dell
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Lun 31 Juil - 21:28


TAKE ME DOWN
Joey & Siobhàn





Quelques années plus tôt, à l’Est de Détroit

Putain Siobhàn… tu étais vraiment obligé d’essayer ! C’était plus fort que toi, hein ? T’as pas pu résister à l’idée de faire ta maligne. Tyron mon collègue de travail était un beau gosse d’un mètre quatre-vingt-dix qui se comportait comme mon père. Alors quand il vit l’état de mon épaule, il ne put s’empêcher de me réprimander. Je le regardais avec un grand sourire et me retenais de rire. Il n’y avait pas que mon épaule qui devait être dans un sale état, peut-être qu’une ou deux de mes côtes n’avaient pas aimées la chute. Tyron était peut-être un gros balèze, c’était surtout une grande chochotte. Et c’est ce que j’aimais le plus chez lui. De notre tandem, j’étais la téméraire alors qu’il était le sérieux.

J’avais décidé de continuer notre ascension sans sécurité. Il y avait des choses intéressantes à observer deux mètres plus haut et je n’avais pas pu résister. Mais c’était sans compter sur une strate de calcaire trop friable pour réussir à tenir mon poids. Le morceau de roche était resté dans ma main alors que je chutais. J’avais été retenu par les sécurités plus bas, mais l’élan de deux mètres de chute avait propulsé l’ensemble de mon flanc droit contre la paroi rocheuse. Résultats : J’avais l’impression de sentir mon épaule jusque dans mon pied, j’étais incapable de rire au risque de déclencher une horrible douleur dans mon ventre, et mon casque avait hérité d’un magnifique cratère à la position de l’impact. J’étais descendu en rappel et arrivé au sol, Tyron commençait déjà à faire le numéro des pompiers.

Une petite demi-heure plus tard, ils sont arrivés. Et la rencontre ne fut pas pour me déplaire. Même avec Charli dans ma vie, quand une jolie femme vous montre de l’intérêt, il est toujours agréable de se laisser séduire.


*********************************

De nos jours, dans les rues abandonnées de Détroit

Le ravitaillement. Une fonction importante dans notre nouveau monde ravagé par les rôdeurs. Ou les Z… J’aimais bien les appelés comme ça ! Qui aurait cru un jour que les morts-vivants se mettraient à sortir de leurs tombes pour bouffer les vivants. Quoiqu’il en soit, nous avions été obligés de nous adapter à ce nouvel environnement et pour cela, il fallait fouiller les lieux abandonnés qui étaient légions dans notre belle ville de Détroit. « Nous » car désormais, il n’est plus très prudent de se promener seul dans les rues, sauf si on est suicidaire ou un ninja. Personnellement, je n’étais aucun des deux.

Joey et moi étions partis depuis un bon quart d’heure. Plus les jours passaient et plus il fallait s’éloigner du camp pour trouver des vivres ou du matériel. Et tout ça, se déroulait dans un silence de mort pour ne pas attirer les Z. Mais parfois ce n’était pas suffisant ! Je ne savais pas ce qui avait conduit à ce que l’on se retrouve nez-à-nez avec un groupe de rôdeurs, nous avions été prudente pourtant. Les Z affamés avaient commencé à nous poursuivre (à leur rythme). Il aurait été possible de les semer, l’une comme l’autre, nous étions en excellente forme physique. Mais nous avions vite remarqué que nous étions cernés et sans issue. Il n’était plus temps de réfléchir à courir.

Alors je fis, ce que je fais toujours. La casse-cou. Pour sauver nos vies à Joey et moi.

Je connaissais Joey depuis quelques années déjà. La mignonne avait été pompier et moi j’avais été une escaladeuse à tendance suicidaire. Elle avait été appelée après un accident que j’avais eu dans le coin et notre amitié avait commencé ainsi. Mais dans cet instant, peu importait les amitiés et le passé. Ce qui était important, c’était de survivre ! Au pied d’un vieil immeuble de la fin du siècle dernier, avec des rôdeurs venant de tous les côtés, il n’y avait plus qu’une solution… grimper. Je pris un peu d’élan depuis l’autre côté de la ruelle avant de sauter sur la paroi du mur pour atteindre des trous pouvant ne servir de points d’attache. Et pour atteindre l’étage supérieur du bâtiment. Mais surtout l’étroite cage d’escalier de secours dont l’échelle avait disparu depuis des années certainement. Ce n’est qu’au moment où j’eus enfin une main d’attacher à la rampe que la brique sur laquelle je prenais appuie céda. J’eus comme un sentiment de déjà-vu lorsque mon corps chuta et que tout mon point vint tirer sur mon épaule. Pendu dans le vide par un bras dans lequel je ne ressentais qu’une vive-douleur, je n’avais qu’une envie tout lâcher.

Utilisant mon corps comme un balancier, je parvins à atteindre la cage d’escalier de mon bras valide et à me hisser dessus. Au sol, les rôdeurs approchaient. Je pris ma corde l’assurait autour de la cage de métal et la lançait à Joey.

© BLACK PUMPKIN
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Joey Desrosiers
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Mar 1 Aoû - 21:06

Je déteste rester enfermée trop longtemps au laboratoire. Je sais que c’est débile comme attitude, que je ne serai sans doute jamais autant en sécurité que derrière ces murs, et pourtant, l’appel de la rue est toujours très fort. Je sais sur quoi je risque de tomber, et pourtant, ça ne m’empêche pas de me porter volontaire à chaque fois qu’il y a besoin d’aller faire un tour dehors. C’est plus fort que moi, et c’est sans doute comme ça que je me suis retrouvée à parcourir les rues de Détroit en compagnie d’une Siobhàn particulièrement silencieuse. Cette sortie aurait pu être comme toutes les autres, mais les rôdeurs semblent en avoir décidé autrement, et avant qu’on s’en rende compte, ils émergent de partout, prêts à nous encercler. En voyant la brune se mettre à courir, pour prendre de l’élan visiblement, je marque un temps d’arrêt, en me demandant ce qui lui prend tout à coup. Et je me retrouve comme une con à l’observer se mettre à grimper. Ma passivité manque de me coûter cher, et je plante ma hache dans le crâne d’un rôdeur un peu trop proche à mon goût, avant de crier le prénom de la jeune géologue, en la voyant sur le point de tomber. Je me sens impuissante à la voir là, comme ça, se balancer dans le vide, mais heureusement, elle semble vite reprendre le contrôle de la situation, et parvient à se hisser en sécurité. Je détourne le regard quelques instants de la voltigeuse de la journée, pour défoncer un autre macchabée, et une corde finit par surgir dans mon champ de vision. J’arrête de réfléchir, glisse le manche de la hache dans ma ceinture, et me précipite.

J’attrape la corde, commence à grimper, et j’ai l’impression d’être propulsée des siècles plus tôt, quand ce genre d’exercice était monnaie courante dans ma vie. Cette fois, la différence repose sans doute dans le fait qu’au moindre faux pas, ou plutôt à la moindre faiblesse de mes bras, je risque de lâcher, et de me faire attraper par des dizaines de mains putréfiées, avant de me faire dévorer vivante. Cette simple perspective semble me donner des ailes, je me dépêche davantage, et tire sur la corde pour remonter, aussi vite que possible. J’essaye de rester indifférente aux doigts qui effleurent mes bottes, pour essayer de me chopper et de me tirer vers le bas, et bientôt, je ne sens plus rien du tout, et comprends que je suis suffisamment au-dessus des rôdeurs. Tant mieux. Je grimpe la petite distance qu’il me reste, repoussant la main tendue Sio, qui ne cherche pourtant qu’à m’aider. « -Non, c’est bon ! » Ce n’est pas un accès de fierté, je veux juste qu’elle évite de se blesser encore plus. Quoiqu’il en soit, je parviens finalement à me hisser à côté d’elle, avant de lâcher un long soupir de soulagement. Je me penche pour aviser la petite troupe sous nos pieds, et je me fais la remarque qu’il s’en est fallu de peu, une fois encore.

Je reste là encore quelques secondes, comme pour me remettre de ce petit moment de stress, où l’adrénaline a coulé à flot dans nos veines, puis je me retourne finalement vers ma compagne d’infortune en fronçant les sourcils : « -Ça va ? » Question un peu con, je me doute bien que ça doit pas aller si bien que ça au vu de ce qu’il s’est passé, et je résiste à l’envie de lui dire d’enlever sa veste pour que je puisse y jeter un petit coup d’œil. Mais ce n’est pas le lieu idéal pour ça, et les râles qui retentissent en dessous de nous ne donnent pas vraiment envie de m’éterniser plus que ça, et j’imagine qu’il doit en être de même pour elle. Je me relève donc, avant de coller mon nez sur la fenêtre juste derrière nous, dans l’espoir d’y apercevoir quelque chose, ou plutôt, dans celui de ne justement rien voir qui puisse être synonyme de danger. Je toque sur le carreau, assez fort, et attend quelques secondes, de longues secondes, sans que rien de pas vivant, mais de pas tout à fait mort non plus, ne vienne nous rejoindre. En l’absence de toute menace venant de l’intérieur, je finis pas attraper ma hache, conseille à Sio de se protéger les yeux, pendant que j’en fais de même, et je casse sans cérémonie la fine fenêtre qui nous sépare de l’intérieur. Je finis par détacher tous les petits bouts de verre qui restent accrochés au cadre, puis je rentre sans attendre, ma hache bien en main, prête à accueillir tout visiteur indésirable. Mais les lieux sont calmes, et si d’un œil je surveille la porte, je ne peux pas détacher mon regard de la brune, qui ne devrait pas tarder à entrer à son tour.

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She doesn't say "I love you" like a normal person. Instead, she'll laugh, shake her head, give you a little smile, and say, "you're an idiot." If she tells you you're an idiot, you're a lucky man. ♛ by endlesslove.
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