Après-midi au bord du lac || Colin



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Juliet I. Whitman
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Mar 8 Aoû - 19:08

Aujourd’hui était une bonne journée, une de celles où la simple idée de rester enfermé à la maison, alors qu’un beau soleil brillait dehors, était insupportable. L’hiver avait définitivement laissé sa place au printemps, les températures commençaient à se réchauffer enfin, lentement, mais sûrement, et le soleil se faisait de moins en moins timide. La période préférée de l’année, selon le point de vue de Juliet, venait tout juste de commencer, et autant dire que cela n’était pas sans conséquence sur le moral de la jeune femme. Elle ne s’en rendait peut-être pas encore tout à fait compte, mais cela faisait quelques temps maintenant que sourire n’était plus si pénible pour la jeune femme, qui espérait bien que les choses continueraient sur cette lancée.

Maintenant que le temps était plus propice à des promenades, la jeune femme passait un temps considérable en dehors de sa maison : chez Alair, tout d’abord, puis à la ferme, qui lui prenait pas mal de temps. Mais elle aimait y passer de longues heures, elle parvenait même à y prendre un peu de plaisir, à trouver sa place dans cette communauté. Et puis, ça lui permettait de pouvoir discuter avec d’autres survivants, et de pouvoir nouer quelques liens avec les membres de Fort Hope.

La brune passait également pas mal de temps au bord du lac ces temps-ci. Ça ne faisait pas très longtemps qu’elle avait réussi à reprendre un crayon de papier en main, et à en faire quelque chose de constructif, autre chose que des petits gribouillis destinés à tromper son ennui. Avec le retour des beaux jours, Juliet retrouvait là l’une de ses toutes premières sources d’inspiration, celle qui lui avait toujours particulièrement tenu à cœur. C’était comme ça qu’elle s’était retrouvée au bord du lac, peu après l’heure du repas de midi, avec son matériel sous le bras. Oh, elle n’en était pas encore au stade de venir envahir les bords du lac avec ses énormes toiles, ses peintures à l’huile ou autre, mais avec le calepin à dessins qu’elle se trimballait depuis la fin du monde, et ses nombreux crayons de papier, Jules pouvait quand même s’en sortir pas trop mal, et faire quelques belles esquisses ou croquis, en prévision de ce jour où elle se décidera enfin à se remettre à la peinture pour de bon. Assise en tailleur à même le sol, Juliet semblait concentrée au possible, enfermée dans une petite bulle de calme et de sérénité, tandis qu’elle dessinait l’horizon qui s’offrait à elle.

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Ven 11 Aoû - 11:14



Après-midi au bord du lac


Après avoir fini de s'occuper de la ferme communautaire, et avoir laissé ses deux chiens là bas, Colin décida d'aller marcher seul pendant quelques temps. C'était un superbe après midi printanier, et ça faisait longtemps qu'il n'avait pas pu marcher sans le bruit des pattes qui foulent le sol autour de lui. Le nez au vent, il s'approcha du lac.

Une femme, brune et plutôt jeune, était assise juste là. Il la connaissait, ils travaillaient ensemble à la ferme. Un crayon à la main, elle semblait très occupée à dessiner le paysage qui s'offre à eux. L'écossais n'allait pas la blâmer, la façon dont le ciel se reflétait sur le lac était à couper le souffle. Si en temps normal Colin l'aurait immédiatement salué, il se contenta cette fois ci de s'arrêter de  marcher, et de garder le silence. La scène avait quelque chose de poétique qu'il n'osait pas briser. Il aurait aimé avoir un appareil photo pour garder une trace de ce moment.

Après une bonne minute de silence, il décida finalement de s'avancer près de la femme. De sa position il ne voyait pas son dessin, et sa curiosité avait fini par prendre le dessus. Il tricota le plus discrètement possible de ses petites jambes pour se pencher au dessus de l'épaule de Juliet. Le rendu était magnifique. Il n'avait jamais vu quelqu'un dessiner comme ça, et il ne pu retenir un petit sifflement d'admiration. Elle se tourna vers lui avec un air surpris.

« Pardon, je ne voulais pas vous… Te déranger. »

Il travaillait avec elle tout les jours, mais le tutoiement ne lui venait pas facilement.Il poursuivit avec un grand sourire :

« C'est vraiment magnifique. Je peux rester ? »

Avoir laissé Pooka et Nessie à la ferme était la meilleure décision qu'il ait pris de la journée. S'il les avait emmené, ils auraient fait n'importe quoi, et probablement dérangé Juliet. Alors que maintenant, il était encore possible de passer l'après midi en silence avec la dessinatrice.


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Lun 14 Aoû - 16:35

Il ne fallait pas grand-chose de plus pour Juliet qu’un beau jour ensoleillé pour se décider à sortir ses crayons et son carnet. Cela ne faisait pas très longtemps qu’elle s’était réellement remise au dessin, mais elle se rendait compte que cela lui avait vraiment manqué ces derniers temps. Ça avait toujours été le meilleur, peut-être même le seul, moyen pour elle de faire la paix avec elle-même, de se reconnecter avec celle qu’elle était réellement. Elle n’était jamais aussi bien elle-même que quand elle se penchait sur son carnet, et laissait les crayons parler. Dans ces moments-là, on pouvait facilement avoir l’impression qu’elle était dans un monde à part, où rien ne pouvait l’affecter.

C’était d’ailleurs sans doute pour cette raison qu’elle n’avait pas vraiment conscience de la présence d’une autre personne au bord du lac, pas jusqu’à ce qu’elle entende un sifflement dans son dos. La brune se retourna, surprise, tandis que son visage tombait sur Colin, qui l’avait rejoint sans un bruit. Il s’excusa rapidement de l’avoir dérangée, alors que Juliet lui adressait presque immédiatement un sourire sincère : « -Il n’y a pas de souci, ne t’en fais pas ! » Mais il lui offrait déjà un large sourire, et un compliment par la même occasion, alors qu’il semblait apprécier son croquis. Par réflexe, la jeune femme jeta un coup d’œil à son dessin, qui était loin d’être terminé. « -Merci, c’est gentil. » Elle avait toujours été très critique envers ses propres dessins et peintures, c’était sans doute son côté perfectionniste qui s’exprimait à ces moments-là.

Lorsque son collègue de la ferme lui demanda s’il pouvait rester, Juliet hocha vivement de la tête, tandis qu’elle lui montrait d’un signe de la main la place à ses côtés. « -Oui bien sûr, avec plaisir. » Elle n’était jamais contre un peu de compagnie, et encore moins contre celle de Colin, qui lui avait toujours paru très sympathique. Elle lui adressa un sourire tandis qu’il s’installait, et qu’elle reprenait quelques coups de crayon. Sans savoir combien de temps avait passé exactement avant qu’elle ne reprenne la parole, Juliet finit par briser le silence, d’une voix lointaine. « -J’ai commencé à dessiner quand j’étais ado. J’avais bien l’intention d’en faire mon métier, mais…la vie en a décidé autrement. » Elle eut un vague sourire à ces pensées, même si elle ne savait pas vraiment ce qui la prenait à raconter cela au survivant. Elle avait renoncé à ses rêves d’artiste quand elle était tombée enceinte, mais c’était une décision qu’elle n’avait jamais regrettée. Elle glissa un regard en biais à Colin, avant de demander d’un ton amical : « -Tu faisais quoi, avant tout ça ? Je ne crois pas qu’on ai déjà eu l’occasion d’en discuter. » Elle ne voulait pas se montrer indiscrète, ce n’était pas dans ses intentions.

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Ven 18 Aoû - 1:43

Ils étaient restés ainsi quelques minutes, elle dessinant et lui la regardant avec admiration. Il n’y avait aucune tension, aucun enjeu. Rien. Juste eux deux et le bruit du vent sur le lac. Au bout d’un temps indéfinissable, elle lui adressa enfin la parole.

« J’ai commencé à dessiner quand j’étais ado. J’avais bien l’intention d’en faire mon métier, mais… La vie en a décidé autrement. »

Son cœur se serra. Rien n’était pire à ses yeux que les rêves brisés. Les yeux encore perdu dans le vague, il murmura dans un souffle inaudible :

« Dommage, t’es vraiment douée. »

Il se laissa aller quelques instants, repensant à son fils et à sa passion pour l’écriture. Il n’avait jamais pu lire un seul de ses textes, mais il savait que Connor passait tout son temps libre avec son carnet. Dommage que le monde actuel n’offre pas d’opportunité aux artistes. L’idée amère qu’il aurait d’avantage dû s’intéresser à la survie, ou aux sports de combat lui traversa l’esprit, le laissant avec un sale goût dans la bouche. Ses crayons ne l’aideraient pas, seul dans Detroit.

Quand Juliet lui demanda ce qu’il faisait dans sa vie d’avant, il tacha de mettre sa mauvaise humeur de côté pour ne pas tout gâcher. Avec un grand sourire, il répondit :

« Dresseur canin. C’est pour ça que je bosse à la ferme maintenant, avec Nessie et Pooka. Le border et le bâtard qui sont toujours avec moi. Enfin, presque. Je les ai laissés pour cette après-midi. »

Ne sachant pas quoi rajouter, il décida de l'interroger en retour sur le sujet :

« Si tu n’étais pas dessinatrice, ce que je trouve fort dommage, tu faisais quoi toi avant ? »

Il l’imaginait bien avec un travail chiant, pris uniquement pour des besoins alimentaires. Même s’il espérait que ce n’avait pas été le cas, les personnes avec un tel talent qui ne l’exploite pas avait souvent une vie triste derrière.



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Mar 22 Aoû - 15:38

Juliet apporta quelques nouveaux traits de crayon à son dessin, avant de se tourner de biais vers Colin, tandis qu’elle lui demandait ce qu’il faisait dans la vie, avant que tout parte en vrilles autour d’eux. Pendant quelques instants, elle avait eu l’impression qu’il était loin, peut-être à des kilomètres du bord du lac, en proie à des pensées qui échappaient totalement à la jeune femme, et elle craignait tout à coup de s’être montrée trop curieuse, trop invasive aussi. Elle ne pensait pas à mal, elle se disait simplement qu’ils vivaient ensemble, dans la même communauté, qu’ils travaillaient quotidiennement ensemble, et que ce petit aparté au bord du lac pourrait être le moment idéal pour apprendre à se connaître un peu mieux. Pourtant, malgré les craintes de la jeune femme, ce fut avec un grand sourire qu’il lui répondit, comme si ses pensées sombres l’avaient déjà quitté, aussi rapidement qu’elles étaient arrivées, et elle lui adressa à son tour un petit sourire amical.

Lorsqu’il lui annonça le métier qu’il exerçait auparavant, Jules hocha doucement la tête, avant que l’image des deux chiens s’impose à son esprit. Oui, elle voyait très bien les deux bestioles, souvent dans les jambes du survivant à côté d’elle. Ils étaient, comme il venait de le dire, tous les trois souvent à la ferme, la brune pas très loin. Juliet n’avait jamais eu d’animal de compagnie, son père avait toujours été absolument contre, et si elle avait dû choisir, elle aurait sans doute pris un chat, qui lui correspondait bien plus.

Quand Colin lui retourna la question, en lui disant qu’il trouvait dommage qu’elle n’ait pas fait de sa passion son métier, la jeune femme lui adressa un sourire. Elle n’avait effectivement jamais eu l’occasion de vendre le moindre tableau, de devenir l’artiste qu’elle rêvait d’être, d’apposer sa signature au bas de ses œuvres, mais elle n’avait jamais vraiment regretté cela, il lui suffisait de poser ses yeux sur Eulalie pour savoir qu’elle avait pris la bonne décision, une décision qu’elle n’avait pas regretté une seule fois. Et puis, il fallait dire qu’elle n’avait pas fait un métier totalement éloigné de ce qui la faisait vibrer, elle était même restée dans le même domaine. « -J’ai…enfin, j’avais une galerie d’art, à Détroit. Toujours des tableaux, mais ce n’était pas moi qui les faisait, ceux-là. » Elle lui adressa un sourire amusé, tandis qu’elle posait à côté d’elle son matériel, et s’installait en tailleur. Il lui avait fallu beaucoup d’efforts, et d’économies, pour y parvenir, mais elle avait réussi, et c’était tout ce qui comptait. Et puis, elle n’avait pas totalement renoncé aux peintures, et ça suffisait à combler sa petite vie de mère célibataire.

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Dim 24 Sep - 16:55

Après ça, Colin ne sut pas vraiment quoi rajouter. Il avait appris que la fille de Juliet était décédée d’une maladie il y a quelques semaines, et son propre fils était manquant. Impossible de parler du passé plus longtemps sans en venir à leurs enfants, ou à son veuvage. Même si le temps avait apaisé la douleur, il ne passait pas un jour sans qu’il pense à Aileen, et derrière son air perpétuellement joyeux, se cachait un abime sans fond. Et la dernière chose dont il avait envie, c’était bien de regarder par-dessus cet abime.

Le silence avait repris ses droits, sans pour autant être étouffant. Le cadre était juste trop beau pour être gâché, même par leurs deux enfants presque visibles en filigrane. L’eau était scintillante, le soleil d’après-midi se reflétait dessus. Ce qui fit penser à Colin qu’elle ne devait pas être à une trop mauvaise température. Un sourire apparut sur son visage, en même temps qu’un projet un peu fou dans sa tête.

« Tu voudrais pas te baigner ? L’eau à l’air délicieuse. »

Il y avait longtemps qu’il n’avait pas eu une idée aussi stupide et irresponsable, et c’était peut-être ce qui le faisait se sentir aussi bien. Comme à l’époque où il n’avait pas encore à se soucier en permanence de sa survie. Comme la première fois où il avait emmené son fils en Écosse, et qu’ils s’étaient baignés dans le Loch Lommon. Ce fut une merveilleuse après-midi, permise par l’absence de conséquence sur sa vie ou celle de son fils.

Sans attendre la réponse de Juliet, il s’approcha de l’eau pour y tremper la main. Elle était froide, pas encore assez réchauffée par un soleil de printemps, mais la température restait raisonnable pour un Écossais de Livingstone. Il avait vu bien pire, à commencer par la fameuse baignade dans le Loch Lommon. Le principal danger résidait peut-être dans la faune du lac, ou les maladies dans l’eau.

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