On Melancholy Hill [Amalia]



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Mer 9 Aoû - 14:03



Up on melancholy hill sits a manatee just looking out for the day when you're close to me.

12 Avril 2016 + Fortement concentré pour parer à tout retournement de situation soudain, Logan venait de marcher presque une heure sans dire un mot ou presque. Les rues restaient toujours relativement calmes, mais la présence régulière de rôdeurs le laissait sur le qui-vive constant, même en ce moment alors qu'il se trouvait accompagné pour cette sortie préparée avec soin depuis des jours. Dans sa main gauche, l'arme qui avait forgé sa légende reposait toujours, sa longue lame couverte de sang regardant le sol. À sa droite, la jolie blonde qui l'accompagnait le suivait, plongée dans le même silence sans que cela ne semble déranger l'un ou l'autre. Le barbu avait proposé à la jeune femme de l'accompagner plus pour lui donner une occasion de s'occuper au lieu de traîner toute seule dans Fort Hope, mais certainement pas pour qu'ils entretiennent une longue conversation en route, jusqu'à en oublier le danger constant qui les entourait.

Depuis leur départ du camp, ils avaient remonté le lac en ligne droite en se contentant de se débarrasser grossièrement des goules croisées en chemin. Logan n'avait donné que peu de détails sur les raisons de cette sortie. Il lui avait seulement demandé si elle était occupée et si cela l'intéresserait de sortir avec lui qui devait aller vérifier quelque chose dans une maison au nord de leur position. Il avait présenté la possibilité d'obtenir quelques denrées en plus pour leurs réserves, sur le chemin du retour, mais il était resté très vague sur ce qu'il voulait faire dans cette maison, précisant seulement qu'il fallait chercher des signes d'une récente visite.

Son cœur se mit à battre un peu plus fort lorsqu'il aperçu enfin la devanture en pierres apparentes de l'immense bâtisse qu'il souhaitait visiter. Devant le manoir, un panneau grisâtre planté sur la pelouse informait toujours qu'il s'agissait d'une maison d'hôte quatre fois étoilée quand tout cela avait encore de l'importance pour quiconque. La porte d'entrée pendait sur ses gonds, certaines des planches de bois que Logan avait installées lui-même pour protéger les fenêtres avaient été arrachées, les deux bancs encadrants l'entrée pourrissaient à vue d’œil et le lierre qui donnait autrefois du charme à la maison recouvrait désormais presque toute la façade usée. L'endroit avait considérablement changé depuis la dernière fois qu'il y avait ms les pieds, mais ça restait une imitation plutôt réussie de ce lieu qu'il avait appris à aimer.

Logan s'arrêta lentement jusqu'à faire face à la maison. Amalia et lui se tenaient sur le trottoir d'en face, le lac dans leur dos. Il passa quelques longues secondes à observer l'endroit, l’œil vide, avant de se tourner vers la jeune femme. « C'est ici. Plutôt joli, pas vrai ? » lâcha-t-il en se forçant à afficher un petit sourire, timide, piteux. Il savait déjà qu'en passant la porte, il ne trouverait rien de ce qu'il voulait. Il le savait et pourtant... Pourtant rien ne parvenait à le convaincre de ne pas aller voir quand même. « C'est plutôt grand, deux étages de chambres, une cuisine, une grande salle à manger et un salon au rez-de-chaussé. On va juste jeter un coup d’œil, voir si quelqu'un pourrait être passé là ne serait-ce que quelques jours au cours des trois dernières semaines... » Son regard balaya la bâtisse une fois de plus, un soupir discret traversa ses lèvres et il se força à prendre sur lui avant d'ajouter. « Sois prudente, ramasse tout ce que tu veux, si c'est vide, on devrait en avoir pour une heure à tout casser. On y va ? »

Le géant attendit tout juste un accord de la blonde avant de se remettre en marche, traversant la rue d'un pas décidé pour rejoindre la maison d'hôte. Mais son assurance en prit un coup lorsqu'il fut suffisamment proche pour mieux distinguer les lieux. Ce qu'il croyait n'être que le hall d'entrée plongé dans l'obscurité s’avéra finalement une immense armoire de bois sombre qui bloquait l'ouverture de la porte brisée. Cela lui tira une grimace, mais ne suffit pas à le convaincre de s'arrêter là et de rebrousser chemin. En fait, c'était même tout l'inverse... Ça ne signifiait qu'une chose pour Logan : quelqu'un vivait probablement à l'intérieur et c'était exactement ce qu'il espérait. De nouveau, son cœur s'emballa à cette idée. Il n'avait pas prévu une seule seconde que son espoir puisse être récompensé si facilement. Mais... ça avait du sens, dans le fond. N'est-ce pas ? Où d'autre qu'ici aurait-il pu la retrouver ?  Il jeta un regard à Amalia, tachant de cacher la lueur d'espoir qui le gagnait et s'avança jusqu'à l'armoire, l’agrippant de chaque côté pour la déplacer. Au prix d'un effort quasi inexistant, Logan libéra finalement l'entrée et le duo entra pour de bon dans le hall de la maison d'hôte.

Evénement imprévu : vous entrez sur le territoire d'un survivant méfiant.


La maison d'hôte de l'extérieur:
 

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Mer 9 Aoû - 14:57

Dans la vie il faut toujours être capable de se débrouiller tout seul. C'était l'une des premières leçons que m'avait apprises mon père quand j'étais enfant. Il n'était pas rare qu'à partir de mes six ou sept ans il me lâche dans la forêt toute seule avec seulement un couteau et une couverture ainsi que quelques ustensiles. Et après je n'avais plus qu'à retrouver mon chemin tout en trouvant un moyen de survivre. Cela peut avoir l'air particulièrement barbare et irresponsable pour un père de faire traverser ça à sa fille, surtout à cet âge là. Mais je ne peux pas dire que cela ne m'a pas aidé dans le reste de ma vie. Cet homme était un survivaliste et, si la dépression ne l'avait pas poussé au suicide, ce serait certainement lui qui serait en train de marcher aux côtés de Logan en ce moment, pas moi. Malheureusement on ne peut pas changer le passé. C'est bien dommage. Sinon cela ferait longtemps que j'aurais fait en sorte de changer les choses. Quoi qu'il en soit, parlons en de lui. Logan... Sans lui je serais morte à l'heure qu'il est, et certainement l'un de ces morts-vivants à la con qui bave dans tous les coins tout en dégoulinant par tous les trous. C'est sûrement la raison pour laquelle j'avais immédiatement accepté quand il était venu me proposer de partir en expédition avec lui. De toute façon je n'avais pas grand chose d'autre à faire, à part traîner seule dans mon coin. Et l'avantage avec cet homme, c'est qu'il ne force absolument pas la conversation. Et ça, c'est vraiment appréciable.

Remontant le lac, je me contentais de suivre Logan sans poser de questions, me contentant de rester aux aguets et de surveiller les alentours. En silence, nous avancions donc tous les deux avec nos armes en main, lui sa lame et moi mon flingue. A dire vrai, je n'avais pas vraiment eu de détails sur la raison de cette sortie, mais pour être franche je n'en avais pas grand chose à faire. L'essentiel pour moi était de sortir, potentiellement de trouver des trucs utiles, et surtout d'éviter de devoir esquiver les habitants du campement pour ne pas avoir à leur parler. Parler signifie un risque d'apprécier la personne et de s'y attacher. Et cela n'a jamais été une bonne chose d'être proche de moi... D'abord ma mère, puis mon père et ensuite mes deux petites soeurs... Je n'ai plus vraiment envie de perdre des gens à qui je tiens. Mais je sais aussi que j'ai beau faire semblant, je finirai tôt ou tard par m'attacher à nouveau. Au bout d'un certain moment de marche, nous avions fini par trouver ce que Logan recherchait apparemment. C'était une énorme bâtisse qui auparavant devait réellement avoir beaucoup de charme. Arrêtés tous deux sur le trottoir d'en face, je crois que c'est à ce moment là que nous avons échangé nos premiers mots depuis le départ. « Ouais c'est pas mal. » Un rapide coup d'oeil à mon arme, sortant le chargeur pour vérifier qu'il était bien plein et le remettant juste après, et j'étais prête. J'avais écouté mon compagnon de mission me faire une sorte de détail des lieux, me permettant ainsi de me faire un plan de la maison en quelque sorte. « T'en fais pas pour moi, j'suis toujours prudente. » Que cela soit à ma voix ou à mon expression, il était presque impossible de dire si j'étais totalement sérieuse ou s'il y avait une pointe d'humour dans ma phrase. J'étais restée impassible, comme je me forçais toujours à l'être. Il ne m'avait ensuite fallu qu'un simple signe de tête pour signaler au géant que j'étais prête à entrer dans le bâtiment et à découvrir ce pourquoi il avait fallu que l'on vienne. Ou peut-être pas, allez savoir.

En approchant, voyant la grande armoire bloquer le chemin, un soupir franchit la barrière de mes lèvres alors que je fronçais légèrement les sourcils. Mais à peine avais-je eu le temps de faire ça que déjà le golgoth était en train de déplacer le meuble comme j'aurais déplacé un verre d'eau vide d'une table à une autre. Malgré moi, un petit sourire impressionné et presque amusé fit son apparition sur mon visage. « Et ben, dommage que j't'ai pas connu quand j'avais besoin de déplacer les anciennes affaires de mon père quand il s'est tiré une balle. » Règle numéro 1, toujours contrer un sourire qui pourrait avoir l'air amical par une information aussi dérangeante pour les autres que douloureuse pour soi-même. Oui, à force je me suis fait des règles. Reprenant très vite mon sérieux étant donné que l'entrée était à présent libre, je levais mon arme devant moi tout en entrant en toute discrétion. Mes yeux n'arrêtaient pas de bouger, tentant de repérer quelque chose, un indice qui pourrait me dire où se trouve la personne qui est à l'intérieur. Ou les personnes. De toute façon, si on avait pris la peine de mettre une armoire devant la porte, c'était pour empêcher quelque chose de rentrer. Ou de sortir... Cette idée me fit pester en me disant que nous venions peut-être de nous mettre dans la merde pour rien. Il ne fallut que quelques pas de plus pour que d'un coup, une toute petite lueur due à un reflet ne me fasse réagir. Et heureusement pour nous que parfois j'avais plus de réflexes que je n'en avais moi-même conscience parce que ma main vint se poser sur le torse de Logan pour l'arrêter. Le temps qu'il réagisse et que moi j'arrive à ne plus bouger du tout, un couteau passa juste sous mon menton, coupant une mèche de cheveux au passage et laissant une micro entaille sur ma peau digne d'une coupure au papire. Mais cela aurait pu être bien plus grave... « Bon, au moins c'est pas des morts-vivants... Mais j'suis pas convaincue par la coupe aléatoire faite au couteau, alors si jamais t'as une idée... T'as l'air de bien connaître l'endroit, avec la trajectoire qu'a pris le truc tu sais où on peut trouver le lanceur? » Je levais le regard vers l'homme barbu qui se trouvait presque contre moi vu que j'avais dû reculer ne pour pas être blessée, et attendais sa réponse sans le quitter des yeux. Pourtant, tous mes autres sens étaient en alerte. Quelqu'un vivait ici et apparemment nous n'étions pas vraiment les bienvenus...

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Jeu 10 Aoû - 20:12

Le premier pas que Logan fit à l'intérieur de la maison d'hôte fut avorté en plein milieu, tandis que la jeune femme lançait une... plaisanterie ? Il se tourna vers elle, perplexe, sans rien dire. Il n'arrivait même pas à savoir si elle était sérieuse ou si elle se foutait juste de lui. Est-ce que ça changeait quelque chose ? Dans un cas comme dans l'autre, le barbu ne se sentait pas vraiment amusé par la situation et il décida finalement de lâcher l'affaire, au moins pour le moment, reprenant sa route dans les entrailles de la maison. L'endroit avait beaucoup changé depuis la dernière fois que Logan y avait mis les pieds. Ça remontait à quand, d'ailleurs ? Août, Septembre, quelque chose comme ça, quand la caserne avait été attaquée et qu'il venait ici dans l'espoir que Joy s'y cacherait. La pièce était déjà pas mal en ruines à l'époque, mais ça n'avait rien à voir avec la situation actuelle. Ça le rendait triste de voir ça. Cet endroit où il avait passé ses meilleurs moments avec Joy était mort, comme leur couple dans le fond. L'apocalypse avait eu raison jusqu'au dernier petit morceau de leur histoire et il s'en sentait plus affecté qu'il ne l'aurait cru, au point de se prendre à espérer sérieusement que ce serait elle qu'ils trouveraient cachée ici, comme pour se rassurer, pouvoir se dire que ça n'était pas vraiment la fin.

Il regardait chaque recoin avec attention, beaucoup trop d'attention portée aux détails, d'ailleurs. Car pendant que monsieur inspectait le mur couvert de crochets d'où pendaient les clés des chambres, dans l'espoir de repérer celles qui manquaient pour leur donner quelques indices, il loupa pas mal ce qui se passait autour de lui. Il sentit seulement la main d'Amalia et vit passer rapidement l'éclair argenté entre eux. Ses mains s'étaient posées sur les coudes de la jeune femme, par réflexe plus qu'autre chose, comme s'il cherchait à la retenir de tomber et son regard suivit la trajectoire de la lame qui vint se planter dans le mur près d'eux. Ça c'était un sacré accueil... Logan était plus que prêt à admettre que sa charmante femme puisse lui en vouloir, mais à ce point ? Il avait quelques doutes. Ce couteau venait de créer une faille de plus dans ce décor déjà bien abîmé et d’érafler ses espoirs au passage. Il poussa un soupir avant de reporter son attention sur la jeune femme. Sans s'encombrer de politesse, il posa ses doigts sur le visage d'Amalia et le releva tranquillement pour regarder sa blessure un peu plus attentivement. Bon, ça n'était rien, pas de quoi s’inquiéter. « C'est original, personne n'aura la même coupe que toi à Fort Hope ! » Il la libéra en s'intéressant de nouveau au couteau et retraçant sa trajectoire inverse. « Ça pourrait venir de là-haut. » émit-il en pointant le petit balcon qui faisait le tour du hall à l'étage du dessus. « Il n'y a que des chambres à l'étage, mais ça doit être possible de sauter par une fenêtre sans se faire mal, si jamais notre hôte se décidait à abandonner après cet échec... »

Maintenant qu'ils étaient certains que l'endroit était habité, ils auraient eu tout intérêt à partir. C'était inutilement dangereux de rester là et d'aller à la rencontre de quelqu'un qui ne voulait visiblement pas d'eux sur son territoire. Mais il restait une chance, une infime petite possibilité que ce soit Joy ou bien qu'elle soit passée par là au cours du mois qu'elle venait de traverser seule dehors. Il avait besoin de la revoir, il ne savait pas pourquoi, mais il devait s'assurer qu'elle allait bien et lui parler. Alors... « On va voir ? » Il se pencha pour arracher le petit couteau du mur et le glisser dans sa poche et il se mit en marche, traversant le hall pour rejoindre les escaliers. Le parquet craquait sous leur poids quand ils arrivèrent en haut, rendant impossible toute chance d'être discret. Ils étaient déjà repérés de toutes manières, alors... Logan emmena la jeune femme jusqu'à la partie du balcon d'où pouvait provenir le lancé, mais l'arrêta en retenant son bras avant de s'approcher de la première porte. « On se fait toutes les chambres une par une. Tu me couvres avec ton flingue pendant que je regarde à l'intérieur, ok ? » proposa-t-il à voix basse. Il n'y en avait que 4 de ce côté là du couloir, ça ne devrait pas prendre trop de temps...

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Ven 11 Aoû - 12:51


Avec le bruit qu'on avait dû faire en déplaçant l'armoire, pas étonnant qu'on ait été rapidement repérés. Mais ne sachant pas du tout ce que Logan était venu chercher ici, disons que c'était assez dur pour moi de savoir quoi faire. S'il ne s'agissait que d'affaires, et bien j'aurais très bien pu tirer immédiatement dans la direction d'où provenait le couteau de lancer qui m'avait valu un petit rafraichissement de coupe de cheveux. Par chance ce n'était qu'une seule mèche et ça serait rapidement dissimulé par le reste de ma crinière. Le souci c'était que je ne savais pas s'il n'était pas en train de rechercher quelqu'un. Si ça se trouve, on était en train d'essayer de récupérer cette personne qui apparemment n'était pas du même avis. Ou tout du moins qui n'appréciait en rien les intrus. Ce que je peux comprendre d'ailleurs. Mais si c'était effectivement la raison de notre venue, dans ce cas je ne pouvais pas me permettre de blesser cette personne. Ou pire. En soit, la chasse à l'homme n'est pas différente que la chasse aux animaux. C'est même beaucoup plus simple, parce que les animaux eux écoutent leurs sens et savent fuir efficacement en tirant avantage de leur environnement. C'est rarement le cas des humains. En tout cas, ceux que j'ai tué n'étaient pas dégourdis pour un sou. Quoi qu'il en soit, Logan avait eu de la chance que je repère ce petit reflet de lumière sur la lame avant que celle-ci ne soit lancée. Parce que vu le rythme de nos pas et le temps qu'il a fallu à la lame pour partir, soit je l'aurais prise dans l'épaule, soit lui dans les côtes. Et cela n'aurait été bon ni pour l'un ni pour l'autre. D'ailleurs sans que je n'ai réellement le temps de faire quelque chose, il vint soulever mon menton pour regarder ma petite blessure, que je trouvais personnellement insignifiante. Il ne m'avait rien demandé et se contenta de me relâcher tout en tentant ce qui semblait être de l'humour. La seule à avoir cette coupe à Fort Hope... Ouais, décidément très drôle! Mais s'il avait décidé de se lancer dans les blagues, c'était un défi relevé pour moi. Finalement, mon partenaire d'expédition se décida enfin à me répondre sur comment était agencé l'endroit et sur où le lanceur aurait pu se situer. D'un commun accord, après qu'il ait récupéré le couteau dans le mur, nous sommes montés.

Même en ayant été repérée, je continuais d'avancer à pas feutrés par réflexe plus qu'autre chose. D'autant plus que l'âge du parquet et des marches faisait craquer le bois sous nos pieds. Rien de plus énervant pour quelqu'un comme moi qui adore faire les choses en toute discrétion. Mais bon, je ne pouvais pas non plus en vouloir au bois... On était deux quand même. Et puis, la discrétion n'était plus vraiment de mise étant donné que notre hôte d'infortune savait déjà que nous étions entrés. En arrivant en haut des marches, tenant toujours mon arme devant moi avec le doigt posé sur la gachette, prête à tirer, je regardais autour de moi pour distinguer le moindre indice. Mes yeux n'arrêtaient pas de bouger, cherchant une ombre, une fenêtre ou une porte mal refermée qui pourrait m'indiquer par où chercher. Cependant, la voix de Logan me sortit de ma concentration et sa main attrapa mon bras pour m'empêcher de pénétrer dans la première pièce qui se trouvait face à moi. Un léger grognement incontrôlé sortit de ma gorge et je tournais les yeux vers le géant. Faire les chambres une par une, et moi derrière en train de le couvrir. Ouais, si ça pouvait lui faire plaisir. Haussant les épaules en guise de seule réponse, je lui faisais ensuite un signe de tête pour qu'il passe devant et que nous fassions donc comme il l'avait dit. Première chambre? RAS. Seconde? Beaucoup de bordel et un plancher troué mais rien à signaler non plus. Et bien entendu, cela fut pareil dans les deux dernières. Soupirant en approchant de la fenêtre une fois que nous étions dans la dernière chambre de ce côté là du couloir, je passais mon doigt sur la poussière qui recouvrait la vitre. Ce qui était certain c'était que si notre hôte s'était enfuit ce n'était pas par là.

En regardant autour de moi, j'ai aperçu un bouquin qui semblait être caché. Avec un peu de chance c'était un recueil d'indices sur cette personne que l'on cherchait. Parce que vu l'implication de Logan et sa détermination quant au fait de retrouver notre "agresseur", je me doutais qu'il cherchait quelqu'un et non pas quelque chose. Soufflant un coup pour dégager la poussière, j'ouvrais là où se trouvait le marque page. Et croyez-le ou non, ce fut bel et bien un rire qui sortit d'entre mes lèvres. Bon j'étais restée discrète, mais je ne pouvais pas m'empêcher de partager ce que je venais de lire avec Logan. « Eh Logan tu connais l'histoire du poil dépressif? Avant il était bien, mais maintenant il est pubien! » Malgré moi, je me suis mise à rire. Et sans attendre la réaction de mon interlocuteur, j'ai enchaîné avec la seconde qui cette fois ne sortait pas du livre mais de la bouche de l'un des vieux amis de mon père à l'époque. « D'ailleurs ça me rappelle l'histoire du mec qui est parti aux putes un soir. Il approche d'une vitrine où y'en a une qui danse et il tape au carreau en disant "Eh, c'est combien?". Du coup la pute lui répond "200€!". Outré, le type rétorque "C'est cher!", ce à quoi la femme lui répond "Oui, mais c'est du double vitrage!"» Cette fois, c'est idiot mais je ne peux absolument pas m'empêcher de rire. Et cette fois, ça vient du coeur. La blague est nulle, le moment pour la raconter est mal choisi, mais ça me fait rire. Je crois que ça fait presque un an que je n'ai pas pris le temps de rire. Alors bon... Parvenant finalement à me calmer, je me raclais la gorge avant de bazarder le bouquin sur le lit en haussant les épaules. « Ouais bon sinon, y'a rien d'intéressant dans ce bouquin. On continue ou quoi? » C'est ce que j'appelle avoir l'art et la manière de changer totalement de sujet de conversation. Je me doute bien que je risquais à chaque instant de me faire remonter les bretelles parce que j'avais osé faire de l'humour dans un moment inapproprié. Mais bon, ça m'avait fait du bien de rire... Reprenant mon arme que j'avais auparavant rangée à ma ceinture, je faisais un signe de tête à Logan en direction de l'autre bout du couloir. J'étais prête à repartir dans l'autre sens et je n'attendais plus que son signal.

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Lun 14 Aoû - 2:41

Le plan était simple, peut-être pas le plus élaboré, peut-être pas le meilleur, mais il resterait efficace. Resserrant son poing sur le manche de son khukuri, le géant entra dans la première chambre, tandis que sa coéquipière restait dehors à garder le couloir. Comme ça, ils évitaient au moins de se faire surprendre par derrière si l'occupant des lieux débarquait tout à coup. Sauf qu'il n'y avait personne dans la première chambre, le lit n'était pas défait et la fenêtre pas ouverte. Logan fouilla quand même partout : sous le lit, dans l'armoire, dans la salle de bain. Il avait appris de ses erreurs et il mettait beaucoup de zèle désormais, s'assurant toujours de ne rien louper et il n'y avait rien. Ils réitérèrent pour les trois autres chambres de ce côté du couloir et le même résultat se présenta à eux. C'était étrange, vu la trajectoire du couteau, le géant voyait mal de quel autre endroit on aurait pu le jeter... La partie qui l'intéressait réellement, le couloir qui menait à la chambre qu'il avait pris l'habitude d'occuper avec sa femme, se trouvait totalement à l'opposé, c'était impossible. Il restait encore quelques chambres sur un troisième côté, au-dessus de la réception, mais là encore l'angle ne correspondait pas.

Il avait quand même continué avec la même application, mais force était de reconnaître qu'ils perdaient leur temps. En dehors d'une valise oubliée dans la salle de bain de la dernière chambre, il n'y avait vraiment rien. Logan se décida donc à retrouver Amalia, se demandant déjà ce qu'il voulait faire maintenant. Parce que clairement, il ne cherchait pas ce qui était le mieux pour eux, juste ce dont il avait envie. Il se promena dans la chambre sans vraiment se préoccuper de la jeune femme qui se tenait au milieu de la pièce, fouillant un autre sac oublié par un ancien locataire de l'endroit, sans vraiment s'intéresser à ce qu'il trouvait d'ailleurs. La voix de la blonde le ramena à la réalité et il reposa une paire de chaussettes pour regarder vers elle. Elle... Un rire s'extirpa de sa gorge pour accompagner la blague de la jeune femme. Wow, depuis quand on ne lui avait pas raconté de blague ? Il n'arrivait même pas à s'en souvenir, en fait. Quelque chose de drôle ou presque, sans aucun sous-entendu plus profond. Ça faisait du bien, de réapprendre à vivre un peu plus normalement. Ça lui faisait aussi ressentir un manque plus profond qu'il tenta de chasser rapidement en lançant un petit aveu : « J'aurais jamais deviné que t'étais le genre à raconter des blagues comme ça, tiens. C'est ton père qui t'a appris ça ? »

La question était peut-être assez déplacée. Amalia était toujours très... Il n'aurait pas su le dire, il l'aimait bien, mais il ne connaissait rien d'elle et l'inverse était vrai. Après tout, elle ne savait même pas ce qu'elle faisait ici et il ignorait pourquoi elle avait tant de temps libre devant elle pour le suivre dans un plan visiblement foireux plutôt que de traîner avec quelqu'un de plus intéressant et plus bavard à Fort Hope. Elle avait bien droit de faire et dire ce qu'elle voulait, mais pourquoi ne pas profiter de cette sortie pour mieux la connaître ? « J'ai juste une chambre à voir à côté, j'en ai pas pour très longtemps... On dirait que notre hôte a filé alors si tu veux jeter un œil dans les autres chambres, fais-toi plaisir. » Il n'avait pas trop envie qu'elle soit là quand il ouvrirait la porte de cette chambre et qu'il la trouverait vide. Il savait déjà vers quoi il allait, mais il avait besoin de le voir de ses propres yeux. « Enfin, reste prudente quand même, ça me semble bizarre qu'on l'ait pas trouvé... »

Sur ces bonnes paroles, il se remit en marche pour retourner dans le couloir. Un dernier regard à la jeune femme et il filait en direction de la chambre qu'il cherchait. Une hésitation le prit devant la porte, mais il se força à la pousser. Une fois qu'il serait sûr, sans aucun doute possible, que Joy n'avait jamais remis les pieds ici... Peut-être qu'il parviendrait à tourner la page ? Sans doute pas avant d'avoir vérifié d'autres endroits, mais ce serait un pas de plus en avant. Derrière la porte, tout était exactement comme dans ses souvenirs, seulement un peu plus sombre et terne qu'autrefois. La poussière s'était accumulée partout, y compris sur la fenêtre où il distinguait pourtant encore, vaguement, le dessin tracé par sa femme des siècles plus tôt. Il n'y avait pas de petit mot pour lui laissé sur le lit, rien au monde qui lui donne une raison de croire qu'elle était venue ici. C'était décevant et à la fois exactement ce à quoi il s'attendait. Malgré tout, Logan entra dans la chambre et se laissa tomber sur le lit, posant ses coudes sur ses genoux pour prendre sa tête entre ses mains. Il avait oublié de prendre un stylo, partant trop précipitamment, mais maintenant, il se disait qu'il aurait pu lui laisser un mot, juste au cas où. Peut-être qu'il en trouverait un à la réception ou dans une autre chambre. Il allait seulement prendre quelques secondes pour se remettre un masque d'indifférence en place et il retrouverait Amalia.

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Mar 15 Aoû - 11:25


En racontant mes deux blagues, même si elles n'avaient pas forcément été drôles pour tout le monde, j'espérais avoir réussi à détendre Logan. Après tout, j'aurais très bien pu les garder pour moi. Mais à le voir fouiller les chambre comme s'il devait forcément y trouver quelque chose, je me disais qu'il allait peut-être avoir besoin de penser à autre chose, ne serait-ce que l'espace de deux vieilles blagues un peu nulles. En entendant mon comparse rire brièvement, un petit sourire discret se dessina sur mes lèvres. J'étais assez satisfaite sur ce coup là. Cela avait eu l'effet escompté. D'ailleurs je dois avouer que ça m'avait même fait un peu bizarre d'entendre le barbu rire. Comme si je n'avais jamais imaginé entendre ça un jour. Disons qu'avec les conditions de vie actuelles, cela ne serait pas surprenant de pas rire. Enfin bref. Le fait que l'homme ne parvienne pas à se retenir de faire une remarque quant au fait qu'il ne m'imaginait pas faire de telles blagues me fit hausser les épaules en souriant légèrement, prête à lui répondre qu'il ne fallait pas toujours se fier aux apparences. Le fait qu'il continue en parlant de mon père me fit perdre mon sourire et me refermer sur moi-même. Jetant le petit carnet que je tenais en main sur le lit sans aucune once de gentillesse envers l'objet qui avait passé beaucoup trop de temps déjà à être maltraîté par le temps, je soupirais et prenais la parole d'une voix froide. Glaciale même. « J'avais 10 ans quand mon père est entré dans sa dépression à la mort de ma mère. Il en est sorti quand il s'est fait sauter la cervelle devant moi onze ans plus tard. Alors non il a pas vraiment été d'humeur à me raconter des blagues. » Un jour il faudra certainement que je trouve une alternative au fait d'être simplement désagréable ou méchante pour éloigner les gens de moi. Ce n'est pas que parce que je n'ai plus envie de souffrir après m'être attachée à des gens. C'est parce que tous ceux qui étaient proches de moi sont morts. Ma mère, mon père, mes soeurs. Pas un seul n'a survécu. Allez me dire que c'est pas une foutue malédiction cette merde.

Soupirant une nouvelle fois, j'écoutais par la suite Logan qui m'indiquait qu'il avait encore une chambre à voir de son côté et que moi je pouvais faire ce que bon me semblait étant donné que notre hôte d'infortune avait apparemment pris la poudre d'escampette. Un haussement d'épaules fut sa réponse à cette phrase, puis un rapide grommèlement la réponse à sa phrase concernant le fait que je devais être prudente. Pour le rassurer, je sortais mon arme et la lui montrais avant de partir m'engoufrer dans d'autres pièces. Lui était bien vite parti de son côté également, et ça m'arrangeait d'un coup. Le fait qu'il ait parlé de mon père n'avait fait que raviver des souvenirs plus douloureux les uns que les autres. En un sens il ne pouvait pas savoir, mais bêtement je ne pouvais pas m'empêcher de lui en vouloir légèrement. En entrant dans une pièce très sombre en raison du fait que les volets soient clos à cet endroit, je me passais une main sur le visage comme pour forcer mes yeux à oublier la luminosité ambiante que je venais de quitter pour mieux s'adapter à celle-ci.

D'un coup, un léger craquement se fit entendre derrière moi. Un bruit de parquet vieilli sur lequel un pas mal assuré venait de se poser. Immédiatement, je me suis retournée pour essayer de voir d'où cela pouvait provenir. Et surtout, ce qui était en train d'avancer vers moi. Parce que cela n'était pas anodin comme bruit. Heureusement pour moi que j'avais eu ce réflexe. Vous vous souvenez de ce fameux hôte qui était censé avoir fui? Et bien ce n'était pas le cas. Et il était en train de m'attaquer avec un couteau de combat qui, d'ailleurs, avait l'air vraiment beau. Oui, j'aime les belles armes et alors? Non ce n'est pas le moment de penser à ça, je sais! Reculant d'un pas pour esquiver un coup de couteau qui aurait pu se planter en plein dans mes côtes, je tentais à présent de rester en mouvement. Le seul problème c'est qu'il allait falloir trouver un moment pour tirer. Parce que ce type allait y rester, pas moi. A un moment, il parvint à m'acculer dans un coin. Et merde... Je le fixais, observant chacun de ses mouvements, et c'est certainement grâce à ça que j'ai réussi à m'en sortir... aussi bien, si je puis dire. Il tenta de porter un coup qui aurait pu m'être fatal si je n'étais pas intervenue. Ma main se plaça sur la trajectoire et la lame fit ce qu'elle savait le mieux faire: trancher. Mon auriculaire ainsi que mon majeur gauche étaient entaillés. Mon annulaire quant à lui sectionné jusqu'à la première phalange à partir de la paume. La douleur m'arracha un gémissement mêlé d'un grognement alors que je serrais les dents pour ne pas me mettre à hurler. Profitant de l'effet de surprise, le bout de mon Beretta se posa sous son menton et la balle partit. Repoussant le cadavre en arrière, tout mon corps semblait trembler. Pourtant, je savais bien que c'était la douleur qui était en train de me gagner et que l'adrénaline me permettait pour l'instant de tenir encore le choc. Me baissant pour ramasser son couteau et lui voler l'étui accroché à sa ceinture par la même occasion, j'en profitais pour arracher du tissu de son haut et essayer d'appuyer sur ma main gauche.

Je devais sortir, rejoindre Logan et lui expliquer la situation, si jamais il ne s'était pas rendu compte des bruits de lutte ainsi que du coup de feu. D'ailleurs, ce coup de feu, quelque chose me dit qu'il risque de rameuter plusieurs trucs pas vraiment agréables dans le coin. Malgré moi, je n'arrivais plus vraiment très bien à marcher droit. En même temps, avec un doigt sectionné plus le fait que j'avais pris le temps d'attacher ma nouvelle trouvaille à ma ceinture avant de me décider à appuyer sur ma blessure, la perte de sang avait certainement déjà été relativement importante. Soudainement, je vis enfin la silhouette du barbu arriver vers moi. Un rire plus nerveux qu'autre chose sortit de ma bouche. « J'en ai une autre de blague... C'est un type qui est trop fatigué pour faire l'amour à sa femme alors il lui demande qu'elle lui taille une pipe... Et elle lui répond "J'suis trop fatiguée, branle toi dans un verre et je boirai demain". » A peine j'avais fini, péniblement, ma tirade, mes jambes cédèrent. Par chance, j'étais proche d'un mur et j'avais donc pu glisser contre ce dernier au lieu de simplement me casser la gueule par terre. Moi qui voulais essayer de cacher cette blessure à Logan le plus longtemps possible, je crois que c'est légèrement raté...


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Jeu 17 Aoû - 10:40

C'était décevant, tellement décevant de se tenir là et de regarder en face la réalité qu'il avait créé de ses propres mains. De se tenir au milieu de cet endroit qui lui avait apporté tant de joie et qui respirait la mort plus profondément que tout le reste de cette ville. Mais Logan restait loin de se laisser abattre. Il l'avait fait et voilà où ça l'avait mené. Il n'en était plus là aujourd'hui, il ne pouvait plus se le permettre, il avait seulement besoin de quelques minutes pour mettre ses idées au clair. Penser à d'autres endroits, en prenant soin de retirer de la liste ceux qui lui venaient automatiquement en tête. Il finirait par trouver une idée, il en trouverait probablement des dizaines avant de tomber sur la bonne, mais il lui restait jusqu'à la fin de sa vie, pas vrai ?

Quelqu'un ici ne semblait pas être du même avis. Les sons qu'il entendit d'abord restaient assez vague alors que le barbu tentait de se concentrer sur les pensées qui l'occupaient. Il n'avait pas déjà oublié Amalia, laissée seule dans un coin de la maison, mais il ne s'inquiéta pas tout de suite d'entendre ce qu'il croyait n'être rien de plus qu'un léger remue-ménage sans grande importance et ça ne le surprenait pas tellement. Après tout, Amalia lui semblait avoir un bon fond, mais pas être la personne la plus délicate du monde. Les chambres étaient bien isolées et tant mieux dans un endroit comme celui-là où les nuits des clients devaient être relativement agitées. Mais ça ne l'inquiéta pas tout à fait et cela cessa assez rapidement pour qu'il puisse en venir à croire qu'il l'avait imaginé.

Mais un bruit sourd, quoi qu'étouffé, le fit sursauter brusquement et il se releva d'un bond, tendant l'oreille pour mieux entendre. Il n'y avait déjà plus rien, hélas, mais le doute était au moins semé, suffisamment profondément pour qu'il se décide à ouvrir la porte et sortir de là pour retrouver la jeune femme. Assez naturellement, il reprit son arme en main alors qu'il remontait le couloir d'un pas rapide, loin d'être prudent. Il traversa presque tout le couloir, jusqu'à ce que la jeune femme n’apparaisse tout à coup au milieu d'une porte ouverte. « Amalia ? » demanda-t-il assez inutilement puisqu'il la voyait devant lui. Elle ne lui répondit que par un rire et il eut le réflexe de s'arrêter, baissant sa lame alors que la jeune femme lui racontait une nouvelle blague de très mauvais goût qui lui arracha tout de même un petit rire. Si elle avait encore le temps de faire des blagues, c'est que ça n'allait pas si mal que ça, pas vrai ?

Le teint pâle et le sang qui la recouvrait démentaient largement cette assomption. « Hey, ça va ? » Une fois de plus, il perdait son temps à parler alors que l'évidence se jouait sous ses yeux. La jeune femme vacilla violemment avant de s'effondrer contre le mur. Logan se mit à courir dans sa direction pour la rattraper de justesse avant qu'elle ne touche le sol de plein fouet. « Amalia ? Amalia ?! » Il la secoua doucement, essayant de la maintenir debout, en vain. Elle pesait comme un poids mort dans ses bras. Génial, il ne manquait plus que ça ! Curieux de savoir ce qui venait de se passer, Logan osa défaire le morceau de tissus enroulé autour de la main de la jeune femme, découvrant la blessure sanglante à ses yeux. « Aouch... » grogna-t-il pour lui-même avant de replacer le tissus pour tenter désespérément de retenir le sang qui s'échappait. Ils étaient beaucoup trop loin de Fort Hope, mais c'était la seule solution, il ne disposait malheureusement pas des compétences nécessaires pour la soigner lui-même.

Avec précautions, le géant se décida quand même à lâcher la jeune femme une seconde, la faisant s'asseoir au sol, le dos contre le mur et il alla jusqu'à la chambre par laquelle il l'avait vu sortir pour aviser la scène tout aussi sanglante qu'elle avait laissé derrière elle. Le corps de l'homme qu'ils devaient avoir surpris en entrant reposait au milieu de la chambre, le dessus du crâne troué d'une balle... « Fais chier ! » Au moins, ce mec ne représenterait plus aucune menace et ne l'empêcherait pas de sortir d'ici, maintenant. Mais même si elle n'avait probablement pas eu le choix, monsieur supportait de moins en moins facilement de voir des cadavres où il passait. Il poussa un soupir rageur avant de revenir sur ses pas et de retourner auprès d'elle. Il fallait rentrer au plus vite, avant que le coup de feu qu'elle avait tiré ne les piège dans cet endroit. Tant pis pour ses projets perso, tant pis pour le mot qu'il n'aurait pas le temps de laisser.

Se jurant qu'il ne partirait jamais plus en expédition avec personne, Logan se pencha de nouveau sur le corps de sa compagne et la souleva, passant un bras sous ses genoux. Il quitta le couloir aussi rapidement que possible pour rejoindre les escaliers et les dévaler tout aussi vite et sortir de cette maison. Malheureusement, le coup de feu, s'il ne l'avait pas perçu avec tant de clarté caché dans sa chambre, avait bel et bien réveillé quelques goules qui apparaissaient au coin des rues menant jusqu'à eux. Quelques instants, Logan resta donc planté sur le pas de la porte, observant les alentours en tâchant de trouver rapidement une solution. Il ne pouvait se permettre de poser Amalia dans un coin en attendant de se débarrasser des envahisseurs et il ne pouvait certainement pas la porter et les affronter en même temps à moins de réussir à se faire pousser une nouvelle paire de bras dans la seconde. Son regard s'accrocha finalement au trottoir d'en face, où quelques voitures en piteux état devaient être garées depuis des mois sans avoir bougé une seule fois. Il poussa un soupir ne cachant rien de ce qu'il pensait de cette situation et se remit en route, allant jusqu'à celle qui lui semblait la moins mal en point.

Un rapide test lui apprit que ladite voiture était, bien entendu, verrouillée. Les grognements dans son dos devenaient plus clairs à mesure que les goules se rapprochaient de sa position. Il se donna un mal de chien à déplacer la jeune femme pour la faire repose contre son épaule alors qu'il plongeait sa main dans sa poche, jusqu'à ce qu'il parvienne à en tirer la ficelle qui ne le quittait jamais. Avec un tel poids sur les épaules, il eut un mal de chien à la faire passer par la portière pour coincer la boucle autour du loquet à l'intérieur. Mais au prix de quelques efforts qui devaient pas mal secouer la victime dans ses bras, il parvint à ouvrir le véhicule et à déposer son fardeau sur le siège passager, juste à temps pour se retourner et affronter au corps à corps le rôdeur le plus proche qui arrivait enfin à sa hauteur.

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Jeu 17 Aoû - 14:12


Tout était allé tellement vite. A vrai dire, je n'avais même pas eu le temps de me rendre compte que j'étais en train de tomber que déjà Logan était là, à retenir ma chute. Décidément, il va finir par croire que je ne suis pas capable d'être dehors sans que je ne sois blessée et qu'il n'ait besoin de me sauver la vie... Avec tout ça, on dirait presque une demoiselle en détresse. Même si en soit c'est loin d'être mon genre. J'ai toujours préféré être celle qui sauve les autres plutôt que celle qui a besoin d'être sauvée. Mais regardons la vérité en face, je n'ai pas vraiment sauvé grand monde. Je n'ai même jamais été capable de sauver qui ce que soit. A part moi. Mais actuellement, je me détestais d'être incapable de cacher mon état. Je luttais de toutes mes forces pour tenir sur mes jambes alors que Logan me secouait pour essayer de me faire garder les yeux ouverts. Le problème c'était que je devais faire un choix. Garder les yeux ouverts ou tenir debout. A notre grande déception à tous les deux, mon cerveau décida apparemment de faire l'impasse sur la force présente normalement dans mes jambes. Une grimace de douleur traversa mon visage lorsque le géant retira le tissus de ma plaie. Chaque mouvement me faisait souffrir, et à cause de la perte de sang le tissus avait légèrement collé sur la chair. Rien de bien agréable en perspective quoi.

Finalement, Logan avait décidé de me déposer sur le sol le temps qu'il aille certainement voir ce qui avait bien pu se passer dans cette fameuse chambre d'où je venais de sortir. Posant ma tête contre le mur tout en fermant les yeux, j'essayais tant bien que mal d'appuyer de toutes mes forces sur ma blessure pour essayer de restreindre la perte de sang. Après l'avoir entendu jurer, j'ai senti d'un coup des bras me soulever comme si je ne pesais rien du tout. Et bien, il faut dire que je ne suis pas obèse certes, mais quand même. Quoi qu'il en soit, en moins de temps qu'il ne m'en aurait fallu pour le dire, Logan était retourné dans la rue et aux bruits que j'entendais les choses s'étaient compliquées drastiquement. Mais encore une fois, le barbu semblait gérer la situation assez bien. Il parvint à ouvrir une voiture je ne sais trop comment, étant donné que j'étais sur son épaule à la manière d'un sac à patates, et m'installa à l'intérieur. Merde... Il ne pouvait pas se battre tout seul contre ces rôdeurs. Il y en avait trop pour un seul homme, même pour un colosse comme Logan. Regardant rapidement autour de moi, une idée germa dans mon esprit. Ce serait du véritable système D, mais au moins ça pouvait marcher. Saisissant mon nouveau couteau fraîchement acquis au prix de deux phalanges, je m'en servais pour découper la ceinture de sécurité que j'avais attrapé avec mes dents. Au bout de quelques essais, j'ai fini par y arriver. La ceinture m'avait servi à bloquer le tissus sur mon doigt et à serrer tout en faisant un noeud autour de mon poignet. Au moins comme ça, ça me libérait une main.

Je ne sais absolument pas où je suis partie puiser cette énergie. Peut-être que c'était un retour d'adrénaline qui me permettait de faire ça, mais en tout cas j'espérais que cela allait durer assez longtemps. Gardant mon couteau en main, je sortais de la voiture pour aller enfoncer ma lame dans le crâne d'un des morts-vivants s'approchant un peu trop près de Logan. La sueur me coulait sur le front à cause de la douleur, mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Il ne me restait qu'à espérer que je ne tombe pas au milieu des rôdeurs et que je ne finisse pas dévorée. Un sourire presque fier étirait mes lèvres alors que je jetais un rapide coup d'oeil au géant. « Tu croyais quand même pas que t'allais t'amuser sans moi? » Je reportais ensuite mon attention sur les infectés qui arrivaient vers moi et que je parvenais à mettre à terre assez rapidement malgré mon état. Il ne fallait surtout pas que je me déconcentre sinon c'était terminé. Malgré cela, j'espérais vraiment que Logan avait une idée pour nous sortir de là. Parce que je n'ai aucune idée du temps que je tiendrai à ce rythme là...

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Dim 20 Aoû - 13:35

Logan commençait à se sentir légèrement débordé... Certes, les goules manquaient pas mal de virulence, mais elles devenaient de plus en plus nombreuses et il craignait de voir rapidement une barrière se former d'un côté et de l'autre de la rue. Ça les empêcherait de fuir et même s'il y mettait de l'application, le géant ne croyait pas être capable de réduire une horde en cendres à lui tout seul. Il fallait qu'il se tire d'ici en vitesse, ce qui n'aurait pas du être très compliqué s'il faisait ça maintenant et surtout si la voiture contenait encore un peu d'essence. Sauf que chaque fois qu'il parvenait à mettre un cadavre à terre, un nouveau lui sautait à la gorge.

Dépité, il se colla contre la portière arrière de la voiture. S'il parvenait à grimper sur le toit, il pourrait sans doute faire le tour et passer du côté conducteur pour démarrer la caisse. Il fallait seulement qu'il parvienne à avoir les mains libres assez longtemps pour se hisser sur le dessus du véhicule... Aux prises avec un rôdeur, Logan faisait de son mieux pour garder une vision du reste de la scène et calculer ses options. Il était encerclé d'un petit groupe, dont il saurait probablement se défaire facilement. Après ça, il se retournerait, il traverserait le toit et il n'y aurait qu'à espérer que cette fichue caisse à savon ne démarre. La lame recourbée de son khukuri s'enfonça sans mal dans la tempe de la goule qui l'assaillait et il profita d'avoir un poids mort entre les mains pour se protéger contre les suivants. Une seconde plus tard, le cadavre à sa gauche s'écroulait à son tour, sans qu'il n'ait eu à le toucher cette fois, et la silhouette de la petite blonde apparu à sa place. « Pas ma faute si t'as décidé de faire une pause sans prévenir ! » répondit-il à la plaisanterie de la jeune femme alors qu'il retenait une autre créature de s’agripper à lui. « Tu peux gérer quelques minutes ? Je vais démarrer la caisse et on se casse direct ! Dès que je t'appelle, tu grimpes. »

Il lui lança un regard assez soucieux pour obtenir confirmation. Elle ne semblait pas vraiment en grande forme, mais elle était tout ce dont il disposait en ce moment pour l'aider et autant que ce soit le mécano de métier qui trifouille les câbles d'allumage, pas vrai ? Au moins, elle tenait debout et elle était encore assez proche, elle n'aurait qu'à sauter dans la voiture quand il aurait terminé de jouer sous le panneau. Ainsi, Logan repoussa donc violemment un autre cadavre bien décidé à lui arracher la gorge et se retourna pour mettre son plan à exécution. Il rampa sur le toit pour redescendre de l'autre côté, pieds en avant pour dégager un autre rôdeur qui prenait d'assaut ce côté-là de la voiture et ouvrit la portière conducteur en un tour de main. Il eut un peu plus de mal à faire sauter le plastique qui cachait les câbles sous le volant, s'aidant de sa lame pour la déchausser.

Heureusement habitué à ce genre de truc, il n'eut pas beaucoup de difficultés pour couper les bons fils et les reconnecter entre eux. L'urgence le rendait peut-être un peu moins appliqué et il dut s'y reprendre à deux fois avant de réussir à faire apparaître une étincelle. Le moteur crachota un peu et démarra finalement, alors qu'une belle fumée noire était expulsée du pot d'échappement. Ils n'iraient pas bien loin avec cette voiture, mais suffisamment pour semer leurs assaillants. « En route, princesse, votre carrosse est prêt ! » cria-t-il en prenant place derrière le siège. Il claqua la portière sans aucun soin pour empêcher une autre goule de lui attraper le bras et attendit tout juste que la jeune femme soit près de lui avant d'écraser l’accélérateur.

Pour les premiers mètres, il s'agissait surtout d'éviter les cadavres. Ça demandait une certaine concentration qui forcèrent Logan à ne plus s'occuper de ce qui se passait sur le siège passager. Il percuta quelques goules en essayant d'éviter de se les prendre de plein fouet, mais ils parvinrent finalement à dépasser le plus gros de la horde rapidement. « Comment tu te sens ? » demanda-t-il quand le pire fut derrière eux. Un œil soucieux se posa sur la blessure sanglante de la jeune femme. Il n'aurait jamais du l'emmener avec lui... Tout était supposé bien se passer, il connaissait le coin comme sa poche, avait pris le temps de faire un peu de repérage les jours précédents, ça n'aurait pas du se terminer comme ça.

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Lun 4 Sep - 12:03


Reste concentrée. Il le faut. Aller, ça va aller. Les râles des goules qui m'entourent me permettent fort heureusement de garder les yeux ouverts. Malgré l'adrénaline, je sens mon corps fatiguer, ma tête me tourner. Je n'ai pas la moindre idée de la raison qui m'a poussée à sortir de la voiture qui m'offrait pourtant une certaine sécurité. Enfin, si je pense que je sais. Logan m'a sauvé la vie. Et puis il est le chef de notre groupe de survivants. Non seulement je me détesterais d'avoir été égoïste au point de laisser mourir un homme qui m'a sauvée, mais en plus je vous laisse imaginer comment j'aurais été accueillie à Fort Hope... Quoi que, avec la perte de sang et l'état dans lequel je suis actuellement, je serais certainement morte dans cette voiture. Enfin, je ne suis pas encore tirée d'affaire non plus. Aller, concentre toi Amalia, tu peux le faire.

Mes yeux clignaient bien trop souvent, tentant de voir les choses qui m'entouraient de façon plus nettes mais rien n'y faisait. Ma vue se troublait et les gouttes de sueur coulaient le long de mon front. Pourtant, non sans mal, je parvenais à me débarasser des infectés qui tentaient de me faire rejoindre leur bande de joyeux lurons. Logan m'avait laissée gérer seule le groupe qui affluait pendant qu'il essayait de démarrer la poubelle qui nous permettrait peut-être de nous enfuir. Je rassemblais mes dernières forces pour repousser un rôdeur qui venait de s'écraser sur moi en essayant de me mordre l'épaule. Il ne fallait pas que cela arrive, sinon là Logan pouvait partir tout de suite et sans moi. En parlant de lui, j'espérais qu'il n'allait pas tarder à parvenir à ses fins, car les choses devenaient de plus en plus compliquées pour moi. Ma lame fraîchement acquise était recouverte de sang et de matière grise, et les cadavres commençaient à s'entasser devant moi. En soit, cela formait une sorte de barrière qui ralentissait les autres, mais cela me piégeait aussi ici contre la voiture. S'il ne parvenait pas à la faire démarrer et que nous devions fuir autrement, je n'ai absolument aucune idée de comment le faire dans ma situation actuelle.

Une épaisse fumée sortit du pot d'échappement, accompagnée d'un bruit assez ignoble mais qui attira l'attention des goules pendant quelques instants. Instants qui me permirent de monter dans le véhicule en toute hâte, me jetant presque sur le siège passager. La porte même pas encore refermée, étant donné que j'étais en train de repousser avec mes pieds les rôdeurs qui étaient parvenus à m'attraper les chevilles, je hurlais presque à Logan de démarrer sans attendre. « Démarre Logan! Démarre! » La vitesse progressive du véhicule déséquilibra les infectés qui me retenaient encore et cela me permit de m'en débarrasser. Une fois la porte fermée, je me laissais retomber mollement sur le siège tout en soupirant un grand coup. Mon doigt me faisait mal comme si quelqu'un donnait des coups de marteaux en plein sur la plaie, ma tête tournait et me donnait l'impression d'être assise sur un tourniquet, ma vue était de plus en plus trouble et mon corps entier couvert de sueur. Mon front était brûlant, mais j'estimais que je n'avais pas à inquiéter Logan avec tout ça. Il était bien trop concentré sur la route pour tenter de nous ramener chez nous. Je rangeais mon couteau d'une main tremblante, essayant tant bien que mal de rester éveillée et de lutter contre cette fatigue grandissante. La retombée de l'adrénaline plus la perte de sang, quoi de mieux pour vous donner envie de sombrer? « Je... T'en fais pas pour moi... J'en ai toujours neuf autres... » Je posais mon regard sur le géant qui tenait fermement le volant, tentant d'esquisser un sourire qui déforma mon visage avec une espèce de grimace étrange. Un sourire se voulant rassurant mêlé à une grimace de douleur. J'avais essayé de faire une blague pour le détendre, mais je doutais sincèrement que cela ait l'effet escompté. Ma voix était faiblarde et tous les signes cliniques que je présentais criaient à qui voulait l'entendre que j'étais dans une merde noire. J'espère juste qu'après tout ce que j'ai vécu, ce n'est pas ça qui va me mettre à terre...


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Mer 13 Sep - 0:50

Au sourire de la jeune femme, qui manquait sérieusement de sincérité, Logan se surprit à l'imiter dans une grimace vraiment découragée. Elle semblait plus que mal en point et s'il avait eu tendance à se dire qu'un doigt sectionné ne pouvait pas faire tant de mal que ça, il était en train de changer d'avis. Malheureusement, ils se trouvaient encore à quelques kilomètres de Fort Hope et ce n'était pas avec les connaissances en médecine du barbu qu'ils arriveraient à quoi que ce soit. Il envisagea bien de s'arrêter pour faire quelque chose, encore fallait-il savoir quoi. La petite trousse de secours pratiquement vide rangée dans son sac à dos ne les aiderait pas vraiment, s'il suffisait de faire un pansement pour qu'elle aille mieux, ça se saurait. Il n'y avait donc qu'une seule solution pour le moment : avancer, aussi vite que possible, en priant pour arriver suffisamment vite au camp. Mais la douleur qu'il voyait sur les traits de la jeune femme le déconcentrait pas mal et il se dépêcha de retourner le regard sur la route. Pas qu'il voulait éviter de regarder la vérité en face, mais il fallait qu'il soit concentré et sérieux pour les sortir de là rapidement.

Le regard fixé sur la route, le géant prit une grande inspiration, très lentement avant de souffler tout aussi calmement que possible. Il recommença encore deux fois, les plongeant dans un silence de quelques secondes qui devrait suffire à lui remettre les idées en place. Dès qu'il se sentit un peu plus calme, il reprit aussitôt la parole, sans se détourner de ce qui se passait derrière le pare-brise. « A mon tour de te raconter une blague. » lança-t-il assez précipitamment. « C'est deux putes qui discutent, l'une est enceinte et l'autre lui dit : 'J'espère au moins que tu sais qui est le père !' alors, sa copine lui répond : 'Parce que toi, quand tu manges une boite de haricots, tu sais lequel va te faire péter, peut-être ?' » Son regard se détourna une petite seconde pour se poser sur la jeune femme, en espérant qu'elle aurait ne serait-ce qu'un sourire. Il voulait seulement lui changer les idées, si tant est que ce soit possible, et faire passer ce mauvais moment plus rapidement.

Il aurait aimé dire qu'il avalait de la route sans s'en rendre compte, malheureusement, aussi vite la voiture allait-elle, avec les obstacles à éviter en chemin, les deux passagers étaient plus que secoués quand le géant se retrouvait obligé de donner de grands coups de volant pour les éviter. Entre goules encore en vie ou seulement oubliées sur le bitume et autres objets ou véhicules abandonnés en chemin, c'était un vrai parcours du combattant qui s'étirait entre la maison d'hôte et les grandes palissades en bois gardant Fort Hope à l'abri du désastre extérieur. « J'suis vraiment désolé pour ce massacre... » grogna Logan après avoir évité de justesse un 4x4 garé au milieu de la rue, les portières grandes ouvertes. Il essayait de ne pas trop grimacer, mais il se sentait quand même vraiment coupable de la tournure des événements. Tout ça pour rien, en plus, il n'avait pas trouvé la moindre preuve que Joy était repassée par là depuis son départ du camp et ça n'était probablement pas le cas. Il se trouvait encore plus loin que jamais de la retrouver et il venait de mettre en danger quelqu'un qui n'avait rien à voir avec tout ça et qui s'en fichait même totalement... Il y avait presque de quoi regretter d'être sorti aujourd'hui.

Heureusement, en approchant de Fort Hope, les rues étaient un peu plus dégagées, en grand partie grâce au travail des survivants qui s'étaient donnés du mal pour nettoyer les alentours du camp. Il fallut donc encore quelques minutes avant que les palissades ne soient visibles, à quelques mètres derrière la barrière de voitures installée par Logan lorsqu'ils s'étaient installés ici. Il freina violemment pour s'arrêter avant de les percuter, la voiture glissant sur le côté se stoppa à quelques mètres de leur « ceinture » de véhicules. « On y est presque, tiens le coup, ok ? » Il avait de plus en plus de mal à cacher son inquiétude, mais se dépêcha quand même d'ouvrir sa portière pour sortir et venir ouvrir celle d'Amalia, se penchant au-dessus d'elle en lui tendant un bras. « Tu peux marcher ? » Il ne restait plus que quelques mètres à parcourir avant qu'il ne puisse la laisser aux bons soins de leur médecin psychopathe... Ce serait toujours mieux que de la laisser se vider de son sang dehors, n'est-ce pas ?

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Lèche-cul du BigBoss
Amalia King
Matricule n°001
Lèche-cul du BigBoss
Mer 27 Sep - 10:29


Non... Pas ici. Pas maintenant. C'est impossible. Après tout ce que j'ai pu traverser pour en arriver là, je ne peux pas finir ma course ici. Dans cette vieille voiture miteuse crachant une fumée noire et épaisse de son pot d'échappement toutes les cinq minutes. C'est tout simplement hors de question. Je suis plus forte que ça.

La voix de Logan me semble lointaine, je me demande même parfois s'il est réellement en train de parler ou si je suis en train d'halluciner. Au prix d'un effort qui me semble colossal, je parviens à rouvrir les yeux et à les reposer sur le géant qui fixait la route. Ses lèvres bougent, ce qui veut dire que je ne suis pas en train d'halluciner.

Attendez... Il vient de faire une blague là? Et pas une blague comme tout le monde pourrait les faire, enfantines ou bien simplement d'humour noir. Non... Il venait de faire une blague dans le même style que celles que j'avais pu lui raconter auparavant. D'ailleurs je ne sais pas si c'est la surprise ou bien la blague en elle-même, mais je n'ai pas pu m'empêcher de rire. Enfin, rire est un bien grand mot. J'ai essayé de rire en tout cas. Mais ce dernier s'est perdu dans une sorte de gémissement de douleur lorsque mon doigt se cogna contre la portière à cause d'une irrégularité dans la route.

Serrant les dents tant pour contenir ma douleur que mes jurons, j'inspire longuement pour essayer de me calmer. De me concentrer. « J'pensais pas que t'avais des blagues de ce genre dans ton répertoire... A croire qu'on est pas si différents toi et moi... » Dire cette simple phrase m'a demandé une énergie considérable. Bien plus que je ne l'aurais pensé.

La distance qui nous séparait de Fort Hope me parut insignifiante. Peut-être que c'est parce que j'avais sombré pendant le reste du trajet, ne me réveillant pas en entendant la voix de Logan ni avec les mouvements presque aléatoires de notre véhicule. Ce n'est que lorsque la portière contre laquelle j'étais appuyée s'ouvrit que je n'ai ouvert les yeux.

Si je peux marcher? Et bien mes jambes ne sont pas touchées mais je ne suis pas certaine d'en avoir encore la force. Mon haut est couvert de sang, mon sang, et cela n'est qu'à peine représentatif de ce que j'ai pu perdre. Me contentant de hocher faiblement la tête en guise de réponse, je prenais appui sur notre chef pour sortir de la voiture et tenter de faire quelques pas. J'avais beaucoup de mal, non seulement à cause de la fatigue mais aussi à cause de la différence de taille.

Je ne me souviens pas de grand chose. J'ai parcouru les mètres qui nous séparaient de l'intérieur du campement depuis la voiture. Je traînais la patte mais la distance fut avalée plus vite que je ne l'imaginais. Je me souviens d'avoir vu les maisons dans lesquelles nous habitons, quelques visages qui se tournaient vers Logan et moi au fil de notre avancée. Puis plus rien. La dernière chose dont je me souviens, c'est mes jambes cédant sous mon poids devenu soudainement insoutenable, et mon corps s'effondrant sur le sol.



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Mar 10 Oct - 11:38

Un simple mouvement de tête, loin d'être convaincant, apporta la réponse à la question que Logan se posait. Il ne croyait vraiment pas que ce soit la vérité, mais il ne perdit pas de temps à débattre de cela avec la jeune femme et l'aida plutôt à sortir de la voiture et à prendre appui sur lui pour parcourir les quelques mètres qui les séparaient encore des barrières du camp. Il eut l'impression d'attendre une éternité devant les portes avant qu'elles ne soient ouvertes et qu'ils puissent les traverser, pourtant il ne s'était écoulé que quelques secondes, le garde planqué dans la tour les ayant repéré d'assez loin pour réagir rapidement. Malgré les regards inquiets et remplis de question qu'ils croisaient sur leur passage, Logan ne fit pas le moindre commentaire, ne sachant même pas comment il pourrait expliquer ce qui était arrivé à Amalia maintenant. Son regard noir et l'urgence avec laquelle il traînait la jeune femme plus qu'il ne l'aidait à avancer suffisaient tout de même à retenir un flot de questions et d'envahisseurs de se presser contre eux. Il fusillait du regard quiconque osait faire un pas dans leur direction et ignorait superbement chaque personne osant le héler en les croisant, fonçant simplement vers l'infirmerie qui était définitivement trop loin de l'entrée.

La porte de la maison subit le même traitement peu soigneux, frappant violemment contre le mur qui la soutenait lorsque le géant l'ouvrit avec toute la douceur qui le caractérisait. Donovan devait être habitué à le voir faire de telles entrées pleine de discrétion dans les lieux puisqu'il n'en sembla pas vraiment étonné, toujours paré de cet insupportable petit sourire narquois au coin des lèvres. Heureusement pour lui, même si ça le démangeait sérieusement, Logan n'eut pas vraiment l'occasion de lui passer un savon pour ça alors qu'il sentait le poids d'Amalia s'imposer plus sérieusement contre lui. « Elle a perdu beaucoup de sang, la blessure est encore ouverte ! » grogna-t-il à l'adresse du chirurgien qui se décida enfin à venir lui prêter main forte.

À deux, ils n'eurent aucun mal à porter la jeune femme jusqu'à un lit d'examen, où le docteur s'affaira enfin sur son cas. Il faisait tout avec un calme et une lenteur vraiment exaspérant aux yeux de Logan qui resta planté dans un coin de la pièce, se laissant tomber sur un tabouret pour le regarder faire, suivant chacun de ses gestes sans se départir de son regard noir, au cas où monsieur le chirurgien se déciderait à faire subir un quelconque traitement qui ne soit pas nécessaire à Amalia. Non pas que Logan aurait su ce qui se passait si cela devait arriver, mais il aimait à penser que sa présence l'en dissuaderait automatiquement. À vrai dire, il ne comprenait absolument rien à ce qui se passait devant lui, mais il resta tout de même jusqu'à ce que l'opération soit terminée et que la jeune femme soit installée dans l'une des chambres à l'étage, où les malades passaient leur convalescence.

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