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Jeu 10 Aoû - 1:03

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17 Avril 2016

Voila, grâce a Evah, la traque est lancée, je m’applique à faire revivre la légende du Fantôme dans les rues de Detroit. Ce qui reste de Punishers dans cette ville tremblent que le géant barbu ou ses acolytes ne leur tombent dessus pour les massacrer. En gros je suis en train de faire vivre le mythe de Batman avec seulement un Robin. Mais pour le moment ma petite ruse fonctionne à merveille, la peur rend stupide comme dirait mon géniteur.

Il n’y a jamais eu de paradis prévu pour Isha Cornwell de toute façon, alors, allonger la liste des mes monstruosités un peu plus ou un peu moins ? Qu’est ce que ça peut me foutre si ça peut éviter a Logan de plonger dans un truc qu’il ne peut pas supporter. De toute façon je ne sais pas l’aider autrement qu’avec cette petite vendetta.

Loin des murs de Fort Hope et des yeux de mon père, je cesse d’être l'ex Punishers repenti qui longe les murs en quête de rédemption. Finalement que personne ne veuille prendre le risque de faire de sortie avec le toxico dont on se méfie est un avantage. Enfin, pas pour tout le monde.

Ce soir, il était trois. Trois a se chier dessus que le Fantôme ne les trouve. Trois a ne pas avoir prévu que la mort viendrait d’un type capable d’entrer facilement dans n’importe quelle planque, y compris leur pauvre baraque. Le premier est mort rapidement d’une flèche entre les deux yeux, le second a vider le chargeur avant que je n’arrive a le buter avec une autre flèche, quant au troisième… il est motivé pour m’offrir un petit jogging.

Depuis maintenant presque 20 minutes je lui cours après. Je voudrais faire de l’humour, je dirais bien qu’il a le diable au cul. On s’éloigne de plus en plus du quartier pavillonnaire pour aller dans un parc qui fait plus penser a une jungle qu'autre chose. Moi qui hait la nature je suis servis. Retour de karma j'imagine.

Je finis par en avoir marre de cette course poursuite. Je me pose, prends mon arc, vise et la flèche part pour se figer dans ses jambes. Ma mauvaise fois m’oblige à dire que c’est exactement ce que je voulais faire. Nooon je ne visais pas la tête chuuut… et puis merde… j’étais essoufflé, il était loin.

Tout en égrainant les excuses dans ma tête, j’arrive au niveau du type qui s’est vautré mais tente quand même de ramper loin de moi.

« Tu essayes de faire quoi trou de balle ? »

Je le vois se retourner et me regarder avec terreur. Ce que je perçois de moi dans ses yeux me dégoute.

« Pitié Robin… putain… pitié…
- De la pitié ? Le Fantôme en a déjà eu pour toi, il t’a laissé une chance, et toi, au lieu de te barrer, t’es resté lui cracher à la gueule. Tu pensais qu’il allait s’en foutre ? Qu’il allait te laisser vivre tranquillement été continuer à piller SA ville. Tu crois qu’il ne sait pas comment t’as eu ta bagnole et comment t’a bouffé depuis des semaines ?»

C’est une chose de tuer quelqu’un avec un arc, ç’en est une autre de le faire au couteau. Même si je sais très bien jouer le mec froid et sanguinaire, au fond de moi je suis nauséeux de devoir le saigner. Je ne sais pas s’il a senti mon hésitation, mais ce con se la joue désespéré au point de me sauter dessus. Merde, il avait un couteau et moi je viens de lâcher le mien pour le coup.

Un corps à corps pas très équilibré commence. Il est trop blessé pour être une menace. Mais d’avoir un mec sur moi me rappelle trop d’horreurs. J’ai presque l’impression d’être retourné dans ce garage à subir les pires sévices possibles. Je n’arriverai pas vraiment a expliquer comment, mais perdue dans les limbes de mon passé, c’est avec une violence excessive que je me suis retrouvé sur lui a lui cogner la tête, encore et encore. Avant que je ne puisse reprendre le contrôle, sa boite crânienne a explosé et je me retrouve couvet de sang. Pourtant je tape encore et encore, presque en larme d’avoir été si faible, d’avoir merdé autant de trucs et de risquer de ne pas encore être a la hauteur. Une fois de plus.

Je fini par me redresser, nauséeux, tout en contemplant l’acte de barbarie que je viens de commettre. La voix de Robin dans ma tête jubile. Moi je me sens vide, vraiment vide. Poudrant mon apathie ne dure pas, j’entends un craquement qui me fait réagir instantanément. Par pur reflexe je me retourne vers sa sources l’arc bandé.

« Qui va là ? »

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Dernière édition par Isha Cornwell le Ven 11 Aoû - 15:35, édité 1 fois
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Jeu 10 Aoû - 14:18


Il y eut une époque où être seule m'aurait dérangée. Elle m'aurait presque même terrorisée. Quand j'étais enfant et que mon père me faisait faire ses espèces de raids de survie en pleine forêt, j'étais seule. Au moindre bruit, je sursautais, je tentais de me réfugier dans un endroit qui me paraissait sûr. J'ai appris à mes dépens que se cacher dans une grotte ou dans un trou n'était pas forcément une bonne idée. On ne sait jamais ce qui peut se trouver là avant nous. Enfin bref. Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, la solitude ne me dérange absolument plus. Bien au contraire. Cela me permet de me recentrer sur mon objectif, de ne pas me laisser avoir par mes sentiments qui me pousseraient volontiers à m'attacher aux gens. Je refuse tout bonnement de m'intégrer au groupe qui m'a recueillie, non pas par dédain mais parce que je ne veux plus perdre des gens à qui je tiens. Je pense avoir déjà assez donné dans le domaine avec mes parents et mes soeurs. Quoi qu'il en soit, je suis reconnaissante envers Logan pour ce qu'il a fait pour moi. Il m'a sauvé la vie. C'est pour ça que j'ai décidé de me battre pour le groupe. Quoi de plus normal après tout?

Malheureusement, toutes les expéditions ne peuvent pas être une réussite. Parfois on trouve des trucs super utiles, parfois c'est l'inverse. Aujourd'hui, les seules choses que j'avais trouvé au fil de mes recherches étaient des photos déchirées de famille, des cadavres, des traces de sang, et j'en passe. Les quelques morts-vivants rencontrés sur mon chemin avaient vite été éliminés sans que je n'aie besoin de tirer une seule balle. Ah les bibelots dans les maisons... Un vrai bonheur quand c'est assez dur pour défoncer un crâne en quelques coups bien placés. Enfin bref. Vu l'endroit où se trouvait le soleil dans le ciel, j'avais encore quelques petites heures devant moi avant de devoir faire demi-tour et de rentrer à Fort Hope. Je préférais toujours ne pas être trop loin quand la nuit tombait. Question de sécurité, non pas que ça m'effraie mais c'est plus difficile de repérer des ennemis et donc de les éviter ou de les tromper en se faisant discret.

Après une bonne dizaine de minutes de marche, mon attention fut immédiatement attirée lorsque des bruits de tirs résonnèrent dans les airs. Fronçant les sourcils, mon instinct me poussa bien évidemment à aller voir ce qui pouvait bien se passer. En arrivant sur les lieux quelques temps après, tout ce qui m'était possible de découvrir étaient des impacts de balle dans les murs ainsi que deux cadavres avec chacun une flèche plantée en plein entre les deux yeux. Ne sachant pas de quoi il était réellement question ici, et ma curiosité étant bien trop grande pour que je ne tourne les talons, je retirais rapidement la sécurité de mon Beretta avant de suivre les traces de pas laissées dans la terre et la poussière à la sortie de la maison. « C'est quoi ce bordel..? » J'avais chuchoté, cette phrase n'étant destinée qu'à moi-même mais je n'étais pas capable de me contenter de la penser. Après avoir suivi cette piste, j'étais à présent à quelques mètres derrière une silhouette d'homme massacrant quelqu'un au sol. Lâchant quelques jurons, je me redressais et m'avançais discrètement tout en pointant mon arme sur l'homme. S'il tentait quelque chose, et bien il aurait bien vite une balle en pleine caboche.

Étant à présent à un peu plus de deux mètres derrière lui, j'attendais de voir ce qu'il allait faire. Mais bizarrement je ne m'attendais pas à ce qu'il se relève. Pourquoi? Aucune idée, peut-être que j'étais persuadée qu'il allait rester là à contempler son massacre pendant des heures. Franchement, ce que je peux être bête parfois. Instinctivement, j'ai fait un pas en arrière... et ai écrasé une branche sèche sous mon pied. Elle n'était pas grande et n'a donc fait qu'un petit bruit de craquement en cédant sous mon poids, mais c'était suffisant pour que l'individu que je pointais toujours du bout de mon arme se retourne en bandant son arc à une vitesse assez impressionnante. Mais pas assez pour me faire perdre mon sang froid. Mon bras était toujours tendu, ne tremblant absolument pas, mon doigt posé sur la détente. « J'te conseille de pas jouer au con et de baisser ton arc rapido. » Mais alors que je continuais de menacer cet homme, soudain son visage me parut familier. Oui, malgré tout ce sang qui avait giclé dessus. Je l'avais déjà vu, et plus d'une fois. Oh bordel... Je sais où je l'ai vu. A Fort Hope. Bon, Amalia... C'est le moment de prendre des risques. Sans le quitter des yeux, scrutant le moindre de ses mouvements, je baissais mon arme lentement. « Si j'me plante pas on vient tous les deux du même endroit non? Alors c'que j'te propose c'est de baisser nos armes tous les deux, et que tu m'expliques ce que ce type t'a fait pour mériter ça... » Et bien... Je crois que c'est ma bonne action de l'année. Ou en tout cas c'est la première que je fais pour l'instant. Que ça devienne pas une habitude... Et puis de toute façon, si ça se trouve, je vais finir avec une flèche dans le corps dans moins de trois minutes alors l'habitude risquera pas de venir...

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Jeu 10 Aoû - 23:28

Je fronce les sourcils, ouai la tronche de cette nénette me dit quelque chose. J’ai un putain de doute sur le nom de cette blondinette au joli cul arrivée il y a pas si longtemps que ça. Pas causante, pas souriante, bref, une nana selon mon cœur qui ne passe pas son temps à babiller sur ses états d’âme, à intellectualiser les merdes ou à me les péter parce que j’ai pas envie de faire mon joyeux sociable. Et vu son flingue et son éloignement du camp, elle a peut-être d’autres qualités quoi pourraient bien être des problèmes pour moi.

Pendant quelques secondes, la voix de Robin me fait douter. Elle en a vu trop, beaucoup trop, pour ne pas me faire risquer ma place a Fort Hope. Avec une flèche entre les deux yeux, au moins, je serais tranquille. Sauf que voilà, je ne suis pas Robin. Je baisse mon arme doucement en essayant de lui faire un sourire, conscient que je ne dois pas être beau à voir. Je pousse le zèle jusqu’à remettre la flèche encochée dans mon carquois en signe d’apaisement.

Par contre rien qu’a sa tête, je sens que je ne vais pas m’en tirer avec une blagounette et deux pirouettes. Visiblement, là, c’est moi le méchant de cette histoire. C’est un peu normal. Elle ne me connait pas, à Fort Hope j’ai une réputation de merde, et je ne sais pas ce qu’elle a vu exactement, mais même moi je suis choqué par la façon que j’ai eu de tuer ce type. Après il n’y avait pas de saint dans les sbires de Bruce.

« Amelia ou Adelia, c’est ça ? Tu fous quoi toute seule dehors ? tu sais pas que les expéditions ravitaillement c’est au moins deux personnes ? Surtout pour les nouveaux. Imagine que j’ai t’ai prise pour un de ces pillards ? T’as vraiment du bol que je t’ai reconnu. T’es véhiculée au moins ?»


Ouai c’est ce qu’on appelle noyer le poisson entre deux diversions.  Technique ancestrale qui a déjà fait ses preuves. Mais là, elle ne mesure pas combien je suis certainement dans la merde à cause d’elle et je ne suis pas sûr qu’elle soit prête à entendre la vraie histoire ni le Cv complet de ces connards. A Fort Hope on a que des gens biens qui ne comprennent pas que de tuer est devenue la seule réponse pour rester en vie.

« Ecoutes, tu me laisses aller trouver de quoi me décrasser et je te raccompagne à Fort Hope. Et promis je balancerai rien aux autres sur le fait que tu te la joue solo. »


Bon c’est couillou du caribou, mais en même temps qui ne tente rien n’a rien et si elle acceptait aussi de rien raconter, ça m’éviterait de devoir répondre a des questions chiantes de Logan et surtout de lui mentir.

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Ven 11 Aoû - 11:39


Sincèrement, pourquoi est-ce que j'ai cette constante impression d'avoir un mauvais karma? Comme si c'était planifié que c'était moi qui allais devoir découvrir ce qui se passait ici. En soit, je n'ai rien demandé du tout, j'espérais juste trouver des trucs intéressants et me dégourdir les jambes loin du groupe. Non pas qu'ils ne soient pas sympathiques, mais je n'ai tout bonnement pas envie de m'attacher à nouveau et de voir ces gens disparaître un à un. Pourtant j'ai déjà l'impression que ma résolution va avoir du mal à tenir... Disons que malgré mes efforts pour ne rien ressentir, je porte déjà certaines personnes dans mon coeur. Pas encore à un point de non retour, mais je les apprécie. Et rien que ça, c'est déjà mauvais signe.

Ce qui me rassurait, c'était que je n'étais pas la seule à baisser mon arme finalement. Ouf, j'avoue que ça aurait été légèrement nul de finir avec une flèche entre les deux yeux simplement parce que je ne suis pas capable de me mêler uniquement de ce qui me regarde. Sans même m'en rendre compte, en voyant le petit sourire de ce type couvert de sang, je n'ai pas pu m'empêcher de hausser un sourcil trahissant mon étonnement. A quoi il était en train de jouer là, sérieusement? Est-ce qu'il pensait vraiment qu'il arriverait à m'amadouer avec un petit sourire quand le sang de sa dernière victime couvrait encore son visage? Alors déjà comme ça, un simple petit sourire n'aurait pas su m'adoucir, mais là... Disons que c'était peine perdue. Le point positif, c'était qu'il avait débandé son arc et même rangé sa flèche dans son carquois. Pour ne pas paraître trop sur la défensive, même si c'était le cas, je rangeais mon flingue dans son holster à ma ceinture.

Un soupir s'échappa d'entre mes lèvres lorsqu'il prit la parole et que d'entrée de jeu il massacra mon prénom. Bon, je ne pouvais pas lui en vouloir puisque moi je n'avais aucune idée du sien. Croisant les bras, je ne le quittais pas des yeux pour autant et le fait qu'il tente de me faire la morale me fit lâcher un petit rire jaune. « C'est AmAlia, pas Amelia. Et attends je rêve ou t'es en train d'essayer de retourner le truc contre moi? C'est pas moi qui ai le visage couvert de sang j'te signale! Et pour te répondre, non je suis pas véhiculée, et j'ai besoin de personne pour me babysitter là dehors. Et vu la situation et le temps que t'as mis à te rendre compte que j'étais là, c'est toi qui as eu du bol que je reconnaisse ta tronche et que je me souvienne que tu es de Fort Hope. J'aurais pu te coller une balle à l'arrière du crâne depuis un moment j'te signale. » A vrai dire j'étais presque vexée qu'il pense que j'avais eu peur de lui ne serait-ce qu'un seul instant. J'en ai tué des plus impressionnants depuis que tout est parti en couilles comme ça. Et qu'il s'agisse de morts ou de vivants, je n'ai jamais eu de scrupules. Dès lors que t'as intégré que c'est eux ou toi, ça va assez vite généralement. En tout cas pour moi c'était le cas.

Ne changeant pas de position, je me raclais rapidement la gorge avant de reprendre la parole tout en regardant rapidement le spectacle macabre qui était à portée de vue, posant ensuite à nouveau mon regard sur lui. « J'te propose autre chose. Tu te trouves un truc pour nettoyer ta petite gueule d'ange avant que d'autres que moi te voient dans cet état, et pendant que tu me ramènes TU vas m'expliquer ce que j'ai vu et en fonction de ça JE balancerai rien aux autres concernant le fait que tu te fasses tes petites chasse à l'homme dans ton coin. J'm'occupe de donner des cours de chasse et de survie au camp, j'pense que le fait que j'me la joue solo dehors inquiètera pas grand monde. » En soit, je risquais peut-être de me faire taper sur les doigts parce que j'étais sortie seule, mais lui aussi en soit. Donc... On était plus ou moins dans le même bateau tous les deux, non? Et puis d'un autre côté, pour que l'on s'inquiète pour moi, il faut déjà être attaché à moi je me trompe? Et dans ce cas, je risque pas d'inquiéter grand monde... Je fais pas tant d'efforts pour rien j'espère...

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Ven 11 Aoû - 15:48

Et merde c’est pas une vraie blonde, c’est bien ma chance. Je sors de mon sac une vieille couverture et je me forte pour enlever le gros du savoureux mélange d’hémoglobine et de matière cervicale qui ont giclé. C’est vraiment une suuuuuuuper journée et j’ai une suée à l’idée que ce petit incident arrive aux oreilles de mon père. Même si je serais trouvé des excuses, je crois que, pour le coup, je m’en sortirais pas à bon compte. S’il commence à me fliquer il va vite comprendre que le mythe du Fantôme ne reste pas vivace tout seul et je ne suis pas sûr que ça lui plaise. Je commence à me rendre compte d’un truc. Si Logan me gicle de Fort Hope, il y a peu de chances qu’elle puisse rester là-bas. Elle se retape a peine des monstruosités qu’elle a subi. Putain. Si on se retrouve dehors elle va encore tout perdre.

Je regarde la nana au prénom si compliqué en affichant un sourire amicale. Je suis doué pour cacher mes émotions. C’est une question de survie depuis ma naissance. Si elle savait a quel point la sécurité de ma femme me tient à cœur, elle ferait peut être moins la détective. Robin me hurle de régler simplement le problème, mais, pas de bol pour lui, c’est encore moi qui suit aux commandes et je ne vais pas risquer mon cul à bousiller des connards pour Fort Hope si c’est pour buter une petite nénette par facilité.

Je me rapproche d’elle avec un air amusé en faisant vraiment gaffe à ne pas lui faire peur, elle a raison sur le fait qu’avec une balle dans la tête je ferais moins le malin. Bon comme d’habitude quand je suis nerveux, je peux pas m’empêcher de claquer ma blagounette du jour.

« Alors comme ça Mademoiselle Amalia, tu trouves que j’ai une gueule d’ange, intéressant dis-moi. Et encore, t’as pas vu le reste. Quoiqu'angélique n'est peut être pas le terme adéquate du coup. Juste pour savoir c’est ton accroche spéciale rencontre de raid ou tu l’utilise aussi devant un verre ?»


Et allez, le petit clin d’œil qui va avec tant qu’on y est. Merveilleux. J’arrive à m’épuiser moi-même parfois. Quoique … je suis sûr que Joey se serait marrée après avoir levée les yeux au ciel. Je reprends un peu plus sérieusement, mais à peine, surtout si on pense à notre environnement immédiat, l’endroit n’est pas des plus propice à la causette. En fait je suis en train de la provoquer gentiment, j’ai besoin de rapidement comprendre de quel bois et faite cette nana.

« Moi j’ai une dispense spéciale gros connard d’ex Punisher pas fréquentable que personne n’aime pour me trimballer tout seul. Je crois qu’en fai,t il y en a pas mal dans le camp qui espère que je ne revienne pas. Et toi, c’est quoi ton excuse pour qu’Ice laisse une "modeste professeur de de chasse et de survie" gambader seule dans une zone aussi mal fréquentée ? Avoue que t’es partie sans même faire gaffe au registre ? Et t’inquiètes, même si je te fais chier je suis pas une balance...»


J’ai presque envie de rajouter « Moi ».

« En rentrant je te montrerai comment gérer le registre pour sortie seule sans qu'on te fasse chier»


Je détache mon regard mon regard de la blonde pour faire un pas vers l’endroit où j’ai laissé ma Gisele. Je reviendrais plus tard récupérer les brols de ces cons et mes flèches. Pas la peine qu’elle voit qu’il y a deux cadavres de plus pas loin.

« Tu viens, ma moto est par là. »


Je sens bien qu’il va quand même falloir lâcher un truc pour ce type les vraies réponses sont simples. Je venge le viol de ma femme, je me vautre dans un truc dégueulasse pour pas que Logan n’ait à le faire, je protège Fort Hope comme personne d’autre n’a envie de le faire et j’exécute la sentence prononcée par le Fantôme quand il a tué le Fossoyeur. Mais je me doute qu’elle puisse comprendre.

« Ah, et Madame la Juge, pour ce type, je plaide la légitime défense. »


Je lui offre un sourire taquin en espérant qu’elle en restera là.

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Ven 11 Aoû - 17:32


Plus le temps passait, et plus je me disais que j'aurais dû me mêler de ce qui me regarde et tourner les talons quand j'ai entendu les coups de feu. Après tout, qu'est-ce qui me disait que je n'allais pas prendre une balle perdue voire même une balle dans le cul en tentant de fuir si ça avait été tout un groupe de survivants pas très sympatiques? Mais au lieu de ça je me retrouve à devoir jouer les psychologues et pseudo détectives à cause d'un type du groupe qui a pété un câble. Conclusion? C'était une mauvaise idée. Je ne dis pas que sa victime était forcément quelqu'un d'innocent ou quoi, car après tout plus personne n'est innocent depuis que le monde s'est écroulé. Mais subir autant de rage, c'était peut-être un peu dur. En tout cas, de ce que j'en avais vu.

Après lui avoir présenté un pseudo CV qui en soit ne servirait à rien du tout et dont je n'avais aucune idée de pourquoi j'en avais fait la présentation justement, je vis que mon cher interlocuteur s'approchait de moi assez prudemment. A mon avis, il devait me prendre pour l'une de ces pimbêches qui ont survécu grâce à des hommes toute leur vie et qui ont dû changer radicalement à la mort de ce dernier. Et dans son esprit je devais sûrement avoir eu la chance inouïe de me faire ramener à Fort Hope pour me sauver d'une mort certaine! Bon, en soit la dernière partie de mes suppositions sur ce qui se passait dans sa caboche n'était pas fausse. J'ai vraiment eu de la chance de me faire ramasser par Logan, sinon je ne serais plus là pour me plaindre aujourd'hui. Soupirant et croisant les bras, je le regardais avec nonchalance alors qu'il tentait certainement d'être drôle. Allons Ama, ne soit pas méchante et ne lui casse pas tout de suite son délire en lui disant qu'il pourrait tenter d'être le lourdeau de service une fois que vous aurez vos deux petits culs en sécurité dans les murs de Fort Hope. Roulant des yeux en l'entendant me parler de son excuse d'ex-Punisher que personne n'aime, je fronce ensuite les sourcils lorsqu'il me demande quelle est mon excuse pour qu'Ice m'ait laissée sortir. Ne réfléchissant pas, je décroisais les bras et poussais le brun en arrière pour qu'il me laisse un peu plus d'espace vital. Oui, un mauvais réflexe et il aurait très bien pu me mettre une mandale et me mettre KO. J'ai beau être résistante, vu comme il a défoncé le crâne de l'autre il me ferait mal à moi aussi. « Primo, Ice me fait confiance et secondo ouais j'ai esquivé le registre parce que j'avais besoin de sortir toute seule. Tercio, si tu me balances j'en ferai autant. Alors j'pense qu'on a un accord là dessus. » Bon sang qu'est-ce qu'il pouvait m'énerver. Son air suffisant, ses manières de me prendre de haut et de me traiter comme si j'étais une princesse en sucre qui pourrait fondre à la moindre goutte d'eau... ça m'insupporte! Mais en même temps, je je sais pas pourquoi je sens que je pourrais lui faire confiance. Allez savoir pourquoi.

Il me montre une direction et me dit que sa moto est par là-bas. Génial, je vais être obligée de m'accrocher à lui et de me foutre des restes de cervelle et d'hémoglobine plein les manches. Comment cacher ma joie? Je me le demande... Malgré tout, rentrer ainsi sera beaucoup plus rapide que refaire le chemin à pied, et en soit certainement moins dangereux. Un nouveau soupir s'échappe d'entre mes lèvres lorsqu'il m'appelle "madame la juge". « Ecoute, si t'arrêtais un peu de jouer au con? J'suis pas là pour te juger et j'serais assez mal placée pour le faire. Les saints ça existe plus, tu me verrais pas comme une espèce de pimbèche précieuse si tu savais c'que j'ai fait. J'ai vu que c'était pas de la légitime défense, mais si ce type le méritait ça me suffit. Enfin, lui et les deux autres dans la maison un peu plus loin. Maintenant que tu le veuilles ou non on est dans le même camp... Alors j'compte pas te balancer. Me prend juste pas pour une conne... T'as le droit d'avoir tes raisons. J'pense que j'serai pas mieux si un jour je tombe sur ceux que je cherche... » Oula, stop Ama. Si je continue dans cette lancée, je vais finir par parler de moi, et qui dit confession dit confiance. Et confiance, attachement. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Me raclant la gorge, je regarde ailleurs et me passe une main dans les cheveux. « Bon on y va à ta moto ou on dort là? » Voilà. C'est mieux. Beaucoup mieux.


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Ven 18 Aoû - 7:26

Arrêter de jouer au con ? Elle est marrante elle. Je sens un début de ricanement à cette évocation. De même quand elle me dit qu’elle n’est pas là pour me juger. Par contre pas de bol, elle a fourré son nez dans la maison, du coup elle a vu les deux autres et avec les flèches, c’est signé autant ne pas nier. Ça ne passera jamais pour un accident « ils ont essayé de donner des coups de boule dans des flèches Madame la juge ». Par contre elle lâche une bride d’information qui me fait tiquer. Elle cherche des gens aussi ?

« Des anciens potes à toi qui t’ont fait des crasses ? »


Je me rends compte que balancée comme ça, cette question peut être un peu violente, surtout au regard du contexte foireux de notre rencontre. Je m’arrête soudainement et me passe la main dans les cheveux avant de regarder avec dégout ma main pleine de trucs vraiment dégueu.

« Vu que t’as déjà été fouiné dans la maison, on va passer par là, ils avaient des bidons de flotte et des boites de conserve, de quoi me refaire une beauté et ne pas revenir bredouilles. »

Je reste a la considérer. Non elle ne fait pas bourgeoise et elle a l’air démerde en plus d’être du genre a foutre son nez partout. Difficile de deviner ce qui ferait qu’une nana comme elle puisse avoir des envies de meurtre. Enfin, si, c’est facile pour moi d’imaginer des trucs, parce qu’au fond, je suis là pour venger ma femme autant que pour m’assurer que le nom du Fantôme fasse suffisamment trembler en ville pour éviter que des connards n’essaye de tenter le diable en prenant la ville sous leur joug.
Je reprends notre marche mais vers la maison cette fois. Je sais exactement où sont les choses dont j’ai parlées. Je laisse Amalia fouiller pendant que je me décrasse comme je peux avant de tirer le blouson d’un des mecs raides. Bonne surprise, il avait une trousse de premier soin dans la doublure. Sans le sang en train de coaguler de l’autre sur la tronche, je me sens déjà mieux. Je reviens vers la femme avec un air plus humain.

« Bon, alors ? Tu me la racontes ton histoire ou c’était juste des paroles en l’air pour que je crache la mienne ? »

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Dim 3 Sep - 11:57


Dire de moi que je suis simplement "quelqu'un qui ne parle pas beaucoup d'elle" serait un réel euphémisme. Je ne parle absolument pas de moi, et je déteste ça. Très peu de gens savent ce par quoi je suis passée, et quand je dis très peu je veux surtout dire une seule personne, qui est certainement morte à l'heure où nous parlons. Comme tous ceux que j'ai aimé. La remarque que fait le brun concernant le fait qu'il puisse s'agir d'ancien "potes" à moi qui m'auraient fait des crasses me fait soupirer et froncer les sourcils. Il croit vraiment qu'en lâchant des questions du genre il va obtenir une réponse de ma part? Si oui, il se met le doigt dans l'oeil et ce assez profondément. Acceptant finalement de le suivre dans la maison pour aller récupérer des affaires qu'il avait repérées plus tôt ainsi que pour qu'il "se refasse une beauté", je l'ai suivie d'un pas légèrement plus lent, histoire de prendre le temps de vérifier mon bandage. Si j'étais sortie toute seule, c'était surtout parce que je m'étais barrée en douce. Avec ma blessure, je devrais sûrement rester encore à portée de main de l'infirmerie de Fort Hope. Mais ne rien faire, c'est beaucoup trop dur pour moi. J'ai horreur de ça. Arrivant donc au bout d'un moment qui m'a paru une éternité dans la dite maison, je laissais mon compagnon d'infortune aller se laver comme il pouvait alors que de mon côté j'allais explorer la maison rapidement. Rien de bien intéressant hormis les vivres dont m'avait parlé Isha tout à l'heure. C'était déjà ça. Et puis comme ça si jamais je tombais sur Logan au retour, je pourrais faire croire non seulement que j'étais sortie accompagnée mais qu'en plus c'était pour aller chercher des trucs utiles au groupe. Bonne idée non? Oui, sûrement.

Le bruit des pas de l'homme sur le parquet m'évite de sursauter lorsqu'il revient vers moi en se trouvant dans mon dos et qu'il me demande de raconter mon histoire. Des paroles en l'air? Alors ça, loin de là. Mais je ne savais pas non plus si je devais lui raconter mon histoire ou non. Oh et puis, quelques bribes n'ont jamais tué personne. Je croisais les bras, me retournant vers lui tout en soupirant légèrement. Souviens toi Amalia. Toujours paraître la plus désagréable possible. « Les types que je cherche ont buté ma petite soeur au début de tout ce merdier. Et si je les retrouve, je vais leur réserver un sort pire que la mort. Et pour l'anecdote, j'avais une autre petite soeur, sa jumelle. Elle a dû enterrer sa moitié à cause de ces fils de putes. Alors non c'était pas des paroles en l'air. J'ai vu toute ma famille crever au cours de ma vie, j'ai plus vraiment grand chose qui m'empêche de péter un câble. Alors j'vais pas te juger quand toi t'en pètes un. » Voilà c'était dit. J'avais parlé de moi sans en dire trop pour autant. C'était plutôt un bon compromis. Et comme ça au moins il comprenait un peu mieux pourquoi je ne portais pas un regard de dégoût sur lui. Je ne valais pas mieux. Chacun a ses raisons, mais au fond on a tous le même but. La vengeance. C'est sûrement la chose qui nous maintient le mieux en vie. « Maintenant que tu sais ce que tu voulais savoir, on peut y aller? Il commence à faire sombre et j'ai pas envie de me faire remonter les bretelles par Logan s'il se rend compte que j'me suis tirée.. » Dit comme ça, on aurait cru une gamine qui avait peur de se faire gronder par ses parents parce qu'elle était sortie de la maison sans autorisation. En soit, c'était presque ça. Mais je devais tant de choses à Logan que je n'avais pas envie qu'il se dise qu'il avait fait une erreur en me sauvant la vie. Deux fois.



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Jeu 7 Sep - 11:07

Je reste à la regarder et je perds rapidement tout envie de refaire de l’humour et de fanfaronner au fur et à mesure qu’elle me lâche ses mots. En fait elle essaye d’avoir l’air cash mais je sens bien qu’il y a des brides de pudeur dans sa façon de raconter les choses sans trop en dire. Je n’ai pas trop de mal à laisser mon imagination combler les trous. Je sers les dents pour ne pas laisser échapper un grognement de colère.

En fait, on a tous nos raisons de tuer, certains le font pour le plaisir, la soif de possession, et d’autre juste pour se venger ou protéger. Je continue de croire que ça fait toute la différence. Sauf que moi j’ai un peu manger à tous les râteliers, mais je ne préfère pas y penser.

Je lui lance un petit sourire en coin en arquant les sourcils quand elle me dit qu’elle a peur de se faire sermonner par Logan. Genre elle s’est barrée toute seule, elle a a enfreint plein de règles et elle va me faire croire qu’elle flippe pour une seule malheureuse ligne du règlement qu’elle n’a pas encore bafouer. A sa place j’assumerais de faire au moins un carton plein.

« T’auras qu’a dire que je t’ai retenue, tu verras, ça passera comme une lettre à la poste du temps où il y avait une poste. Y’a pas pire mouton noir que moi dans tout Fort Hope alors profite de l’excuse universelle.»

Je lui emboite le pas pour me barrer de la maison et aller vers Gisele en silence. Sauf que je repense à ce qu’elle vient de me dire et je sens qu’il faut qu’on crève un abcès maintenant. Une fois au camp ca sera trop tard pour parler réellement. Sans prévenir je lui attrape le bras afin qu’elle se retourne et me fasse face. Il n’y a rien de violent ou de méchant dans mon geste. Mais je m’apprête à lui dire un truc que je ne pensais pas partager et je n’ai pas envie de faire ça en ayant l’impression de discuter avec ses cheveux. Elle s’est mise à poil et que je ne suis pas du genre à garder le boxer et les chaussettes quand une nana fait ça.

« Ecoutes… ces mecs… ceux que j’ai tués, ils font partis d’un groupe, enfin d’un ancien groupe qui a été dissous. J’étais avec eux… avant… mais c’est parti en vrille et tu vois ma femme, Avalohn, là elle vit dans la trouille, elle pète une durite pour un oui ou un non et je ne peux même pas dormir dans la maison tellement elle est traumatisée. Ils ne sont pas contentés de la cramer avec des pots d’échappement… »


Je baisse les yeux en sachant pertinemment que je ne saurais pas finir ma phrase. J’essaye quand même de sourire après un silence un peu tendu.

« En fait je les zigouille parce qu’a cause d’eux je dors par terre dans le garage depuis presque 4 mois… »

Je reprends mon sérieux parce que même si je tente, je crois que je n’arriverais jamais à me réfugier derrière mes blagues de merde qui rendent folles ma femme pour dédramatiser ce qui s’est passé. Je sais que je ne fais que ça pour la vengeance, je fais ça, aussi, pour protéger Fort Hope et surtout mon père. Mais je ne sais pas si j’aurais eu la force de me lancer dans cette tuerie qui m’use sans ma femme.

«Tu veux me parler des types que tu traques ? Je ne suis pas mauvais pour chercher des gens dans Detroit tu sais… je pourrais peut être t’aider, je pense que je ne suis plus à ça près maintenant.»

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Mar 12 Sep - 11:40


Dire tous ces mots avec une froideur aussi déconcertante avait certainement été la chose la plus difficile que j'avais fait de toute la journée. En réalité, j'aurais eu envie de hurler, de fondre en larmes, et j'en passe. Plus qu'une simple envie, je crois même que j'en aurais eu besoin. Faire sortir tout ce que je retiens en moi depuis des mois et des mois. En soit, je rêve de pouvoir le faire. Mais il faudrait que je sois vraiment seule de chez seule et cela ne peut arriver que très rarement. Chez moi, à Fort Hope, si je me mettais à hurler ou à me défouler, cela ferait trop de bruit et quelqu'un viendrait voir ce qu'il peut bien m'arriver. En dehors de l'enceinte, et bien il suffit de faire un petit peu trop de bruit pour devenir la cible des rôdeurs. Alors non merci. Je pense que je vais continuer de tirer sur la corde comme ça jusqu'à ce qu'elle casse. Et on verra bien ce qui se passera à ce moment là? Non? Je pense que c'est encore la meilleure solution.

Lorsque le brun me fit part du fait que je n'avais qu'à l'accuser pour excuser mon retard parce qu'il était sans aucun doute le pire mouton noir du groupe, un petit rire s'échappa d'entre mes lèvres. Il était discret, mais bien présent. Cela faisait du bien, de rire un peu. Surtout quand c'était aussi sincère. D'ailleurs, j'espérais malgré moi qu'il ne m'ait pas entendue, histoire de pouvoir rester tranquille. « J'y penserai, merci pour l'astuce. » Dans ma voix, on pouvait encore entendre une pointe d'amusement. Quoi? Oui ça m'arrive parfois.

Alors que nous étions en train de quitter une bonne fois pour toutes cette baraque, la main d'Isha m'attrapa le bras et me fit me retourner. Par réflexe, mon poing s'était serré et j'avais baissé le regard vers ma main fraîchement blessée. Oui, être sortie alors que je venais à peine de perdre un doigt n'était pas forcément la meilleure des idées. Inspirant un grand coup pour me calmer en comprenant que ce n'était pas une attaque mais juste une manière d'attirer mon attention et d'éviter que je ne m'en aille sans lui, je relevais le regard sur le jeune homme qui me faisait à présent face. En voyant son regard, en entendant sa voix, j'avais tout bonnement été incapable de l'interrompre. Il avait donc parlé autant qu'il le voulait, se mettant vraiment à poil devant moi niveau histoire de vie. « A ta place, je ferais pareil, alors c'est pas moi qui vais te juger là dessus... Ces types ont ce qu'ils méritent. » J'étais sincère. Pas un mot prononcé à l'instant n'avait pas été pensé auparavant.

Malheureusement, quand il aborda le sujet de ceux que je traquais de mon côté, je n'ai pas pu m'empêcher de détourner le regard et de baisser la tête. Si j'avais apprécié le fait qu'il se mette à nu devant moi, je ne savais pas si j'étais réellement prête à en faire de même. Pourtant, ne serait-ce que par souci d'équité, il le fallait. Il me fallut quelques instants pour accepter le fait que j'allais m'ouvrir à quelqu'un, ainsi qu'une grande inspiration. Pourtant mon regard ne s'était toujours pas relevé vers le brun. « Je ne sais même pas s'ils sont encore vivants, mais... Rien que pour pouvoir leur faire payer je l'espère encore. Ces enfoirés se sont introduits dans le chalet qui appartenait à mes parents à l'époque, puis à moi quand ils sont morts. On était bien barricadées avec mes frangines, je sais toujours pas comment ils ont fait pour entrer. Ils voulaient d'abord nous garder en otage ou je ne sais trop quoi. J'avais une assez bonne idée de ce qu'ils comptaient faire de moi, mais j'avais surtout peur pour mes soeurs. Elles étaient jeunes, mais sûrement pas assez pour que ça les arrête ces enfoirés. J'ai réussi à profiter d'un moment d'inattention de leur part pour qu'on puisse nous échapper. Ils avaient la maison, ils avaient les provisions qu'on avait entassées. Pourquoi est-ce qu'ils ont dû sortir pour tirer encore sur notre véhicule quand on prenait la fuite? Plusieurs balles ont traversé le pare-brise arrière et y'en a une qui a eu ma petite soeur dans le dos. La balle lui a percé le poumon mais le temps qu'on s'en rende compte, elle avait déjà bien eu le temps de souffrir. Et puis, c'était le tout début de cette merde. J'étais pas capable de l'achever. J'ai réussi à le faire plus tard quand ma deuxième soeur s'est fait mordre par un infecté, mais... J'ai jamais été capable de les protéger. Mais je veux prendre ma revanche sur ces types. Je veux retourner chez moi, voir s'ils y sont encore ou sinon voir ce que c'est devenu. Mais sans véhicule c'est impossible. Et puis, c'est loin... »

Et bien, si ça ce n'était pas se mettre à nu! Je venais de parler, sans compter mes mots, sans réfléchir. Juste dire ce qui s'était passé, ce que j'avais en tête. Et encore, je ne lui ai pas parlé de ce qui s'est passé avec mes parents avant que le monde ne change, sinon il serait certainement parti en courant et en criant à la malediction. J'exagère un peu, je ne le connais pas, mais ce serait une éventualité. Non? Soupirant un grand coup, je relevais les yeux vers mon comparse d'infortune, attendant une quelconque réaction de sa part.


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Ven 29 Sep - 12:29

Je reste à la regarder pendant qu’elle semble se perdre dans un passé qui la hante. Il y a tellement de choses qui font échos a ce que j’ai vécu et au sentiment d’impuissance que je ressens quand la réalité me rappelle brutalement que je ne suis incapable de sauver qui que ce soit. Je n’ai pas vraiment de notion de famille classique, mais je sais la peine que j’ai eu quand choupette, la fille de Logan, est morte et je vois bien à quel point Logan et Juliet sont dévastés de l’avoir vu agoniser sans rien savoir y faire.

J’aimerais vraiment lui dire un truc intelligent, le genre de paroles qui apaisent et qui aide à aller mieux, mais j’en suis incapable. J’ai trop de plaie à lécher pour croire aux conneries que demain fera qu’on ira mieux, que le temps guérit tout… et toutes les autres bêtises que devient les gens qui vont bien pour qu’on leur foute la paix. Moi, c’est autre chose mon truc.

J’hésite et me passe une main sur le visage. Je pense à une idée hyper « couilloux du caribou » et la voix de la raison me hurle que je suis en train de faire une pure connerie. Elle n’a pas tort. Le gros hic avec elle, c’est que je l’entends souvent mais je ne l’écoute pas. C’est un peu comme ça que je me suis retrouvé à sauter dans une horde ou à faire le lieutenant du Fossoyeur.

« Pas de véhicule… hum… attends…»


Je prends mon talkie qui était accroché à ma ceinture. Après quelques essais j’ai enfin quelqu’un de Fort Hope.

« Ouai c’est Isha, bon, pas de panique, je suis sur un toit avec Amélie, mais y’a pas mal de moisis autour, je vais la jouer prudente et raisonnable cette fois, du coup on va attendre que ça se dégage pour rentrer. S’il y a une merde je vous recontacte. »

Après quelques palabres minimalistes pour corriger le nom d’Émilie et s’assurer que si on avait besoin d’aide on les appellerait, je range le talkie et regarde ma partenaire avec un sourire en coin.

« Et bien princesse, il semblerait que tu aies à ta disposition pour la soirée, un véhicule, un chauffeur et même d’une excuse béton. Tu me files l’adresse du chalet et on va voir si ces connards sont toujours là avant de décider de la suite ? »


Oui je sais bien, c’est un peu excessif comme réaction là ou d’autre se serait contenté d’un « ca va aller mieux ». Mais bon, comme je le disais, chacun son truc.


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Ven 6 Oct - 10:00


Pourquoi je fais ça au juste? Pourquoi je lui dis ce qu'il s'est vraiment passé au lieu d'inventer une histoire à dormir debout pour qu'il me laisse tranquille? J'en ai pas la moindre idée, mais c'est comme si j'avais besoin de lui dire la vérité. Comme si j'avais effectivement besoin de me confier à quelqu'un.

Après avoir exposé mes sentiments et mon passé, je remontais les yeux vers le brun qui se trouvait à quelques pas de moi. Sans le remarquer, mes poings s'étaient serrés et le bandage couvrant mon doigt sectionné commençait à se teinter de rouge. Et merde.

Cachant rapidement ma main pour essayer de faire en sorte qu'il ne remarque rien, je regarde Isha prendre son talkie après avoir dit quelque chose concernant le fait que je n'ai pas de véhicule. Je fronce les sourcils, sans trop comprendre ce qu'il fait, avant d'entendre le message qu'il transmet aux autres du groupe qui sont au campement. Mais qu'est-ce qu'il raconte? En plus d'écorcher encore une fois mon prénom je veux dire...

« Pourquoi t'as fait ça? T'attends quoi en échange? Et ça t'apporte quoi de vouloir m'aider? » Croisant les bras devant moi, je ne le quitte pas des yeux. Sa réaction m'intrigue, après tout on ne se connait que très peu. Pourquoi est-ce qu'il veut faire ça pour moi? Pourquoi a-t-il menti à tout le monde pour m'accompagner?

Rapidement, je finis par passer une main sur mon visage avant d'abandonner l'idée de le faire changer d'avis. Est-ce que j'en ai vraiment envie d'ailleurs? Repousser une nouvelle fois le jour où je pourrai aller voir ce qu'est devenu cet endroit? Peut-être avoir enfin ma vengeance...

Un soupir s'échappe d'entre mes lèvres avant que je ne pose à nouveau mon regard sur le jeune homme, finissant par cracher l'adresse de mon ancien chez-moi. Une partie de moi a envie de le remercier pour ce qu'il fait. Mais l'autre me hurle d'attendre de voir ce qui va se passer. S'il va effectivement m'emmener à bon port et m'aider ou s'il me réserve le même sort que ceux que j'ai retrouvé avec des flèches transperçant leur corps...


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Dim 8 Oct - 15:24

Je reste un peu étonné par sa remarque pendant que je la fais avancer vers ma Harley, rebaptisée affectueusement Gisèle. En fait, soyons honnête, celle-là, je ne l’avais pas vue venir. Je reste à la regarder en arquant les sourcils quand elle me demande ce que je veux en échange. En même temps c’est pas con, j’aurais dû penser à lui demander un truc.

« Faut croire que je suis nul en négociations. Si j’étais pas fiancé j’aurais bien tenté ma chance pour te demander un rencard, mais du coup, je pense que je vais me contenter d’un semblant de gratitude payable après la course. »

Une fois de plus c’est dit avec le sourire avec une bonne louche d’humour. La vérité c’est que je fais ça parce que son histoire me révolte et que je ne veux pas que des connards comme elle vient de me décrire puissent encore vivre et foutre leur merde dans ce bas monde. C’est un peu compliqué à expliquer. En fait je pourrais m’en foutre me dire qu’ils sont loin, que c’est pas mes oignons et c’est tout. Mais y’a un truc que j’ai appris, c’est que si on raisonne comme ça, y’a des gens qui payent l’addition au final parce que, justement, des trous de balles qui pourraient tenter un truc ne le font pas. Et demain c’est votre sœur qui se fait crever et votre père qui doit se salir les mains pour régler le problème alors que ça le tue un peu plus chaque jour de devoir vivre avec la mort de type (que ça soit des crevards ou pas).

Bref, je suis partant pour qu’on règle ça vite et bien. Quand elle me dit l’adresse je reconnais que ce n’est pas a côté, mais je ne tique pas. On a la nuit devant nous, j’avais fait le plein avant de partir et j’ai un carquois presque plein. Ca sent l’éclate a plein nez.

Je grimpe en premier sur Gisèle avant de lui donner les consignes de sécurité.

« Juste un truc, même si je comprends que cela soit tentant d’aller tâter ton chauffeur, si tu ne veux pas qu’on se vautre, accroches toi au siège. Et si t’es jamais montée sur une mob, tu m’accompagnes dans les virages, tu serres les genoux, t’essayes de rester dans mon axe, tu poses surtout pas les pieds à l’arrêt tant que j’ai pas coupé le moteur et si t’as besoin que je ralentisse un petit coup sur l’épaule et je décélère si je peux, des questions ? »

J’attends d’être sur qu’elle est bien tout imprimer avant de mettre les gaz. Conduire de nuit dans un Detroit en ruine infestés de moisis cannibales, je n’irais pas dire que c’est une balade tranquille, mais je me rends quand même compte que depuis le temps, c’est plus que de l’aisance que j’ai avec la Gisele. Les virages serrés, les rues encombrées pleines de pièges sournois, je les esquive sans dommage avant de prendre l’ancienne voie rapide vers le passé d’Adalia.

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Mer 11 Oct - 12:34


Super. Génial même. Moi qui tentais tant bien que mal de cacher mon bandage teinté de sang et surtout le fait que je viens de perdre un doigt, me voilà forcée de devoir m'accrocher à lui par moments. Bon, en soit s'il est concentré sur la route cela ne devrait pas trop être dangereux pour moi. Enfin bref. En soit, il va bien falloir que je me fasse au fait d'avoir un doigt en moins. Les gens vont bien finir par le remarquer, surtout si je continue de donner des cours...

Lorsqu'il en vient à me parler du fait qu'il soit fiancé et que sinon il m'aurait demandé un rencard, je ne peux m'empêcher de hausser un sourcil sous la surprise. Et je crois d'ailleurs qu'il serait difficile de ne pas remarquer à quel point je ne m'attendais pas à ce genre de réponse. A vrai dire, je ne sais pas s'il est sérieux ou s'il joue la carte de l'humour. Dans le doute, je préfère éluder la question. C'est mieux ainsi...

Lorsque finalement il va grimper sur sa moto, je lève les yeux au ciel en entendant ses consignes. Il me prend pour qui sérieusement? Je pense que j'étais déjà sur une moto qu'il nageait encore le crawl dans les bijoux de famille de son paternel... Enfin, je dis ça, je dis rien... Mais je peux aussi le comprendre. Pour nous diriger vers mon ancien chez moi, il faut traverser les rues de Detroit. Il fait nuit, les rôdeurs seront certainement de sortie, et les rues de la ville sont semées d'embûches. Rien de bien agréable en soit, alors je n'imagine même pas avec quelqu'un qui n'a jamais posé son cul sur une moto.

Le laissant finir, je monte ensuite sur sa bécane avec assurance, m'accrochant d'une main au siège et gardant l'autre sur moi. En même temps, avec le bandage difficile d'avoir une bonne prise. « T'en fais pas pour moi, j'suis quasiment née sur une moto. Tu me remarqueras pas. » Je n'écoute même pas s'il me répond ou pas. Je ne crois pas qu'il l'a fait, se contentant de démarrer pour se diriger vers l'adresse que je lui ai donné un peu plus tôt.

Je n'aurais jamais imaginé, en m'échappant de l'infirmerie ce matin, que je serai à présent en train de partir vers une vengeance que je n'espérais presque plus. Je m'emporte peut-être. Je n'aurai peut-être rien à voir là bas hormis des ruines qui ne feront que me faire plus de mal qu'autre chose, anéantissant les espoirs que j'avais de retrouver les souvenirs que j'ai pu avoir là-bas.

La bécane avalait les kilomètres sans difficulté, nous rapprochant chaque instant un peu plus de notre destination. Au bout d'une bonne trentaine de minutes, nous approchions du chalet. Par précaution, je tapais sur l'épaule du brun pour lui faire signe de ralentir et de s'arrêter. Mieux vaut continuer à pied. Ici, je suis sur mon domaine. Cette forêt, je la connais par coeur. Rien ne peut m'y surprendre. Pas même des infectés.

Une fois que je peux, je descends de la moto avec agilité, saisissant mon couteau d'une main et mon flingue de l'autre. Rien qu'à ma position, mon cher compagnon d'infortune comprendra que je sais ce que je fais et que je ne suis pas du genre à être incapable de me défendre. A pas de loup, je m'avance sur le petit chemin de terre avant de bifurquer vers les bois.

« Reste dans mes pas, suis moi le plus discrètement possible, et surtout fait pas d'impro à moins que ça ne soit vraiment nécessaire. Je connais cet endroit comme ma poche. » Soufflais-je à voix basse à l'attention d'Isha. Vu la confiance que je lui ai fait auparavant, j'ose espérer qu'il me rendra la pareille. Aller... Il est temps de s'avancer et de voir ce que les mois ont fait à l'endroit où j'ai passé ma vie entière avant que tout ne parte en couilles. Je ne peux m'empêcher d'avoir la boule au ventre. Je n'aurais jamais imaginé revenir ici. Pas après tout ce qui s'est passé...


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Sam 14 Oct - 22:21

J’obtempère sans discussion dès qu’elle me fait comprendre qu’il faut s’arrêter là. On est suffisamment loin de la ville pour que je n’envisage pas de faire le malin. Je ne sais pas si j’ai déjà dit que je n’aime pas la campagne, ça me flippe de ne pas avoir de bâtiments hauts pour y grimper au moindre souci avec les moisis. Alors si en plus on Ets dans un coin « nature » que je ne connais pas et de nuit, autant dire que je vais éviter de ma la jouer inconscient. Et puis, on est pas là pour cueillir des champignons et de sentir Adelia se crisper me donne plus envie d’être aux aguets qu’autres choses. Même si je sais de quoi je suis capable quand il s’agit de cueillir des vivants par surprise, je sais aussi comment ça peut virer au drame si les morts s’en mêlent. Et sans déconner, une mêlée à l’aveugle dans une zone que je ne connais pas, c’est pas du tout dans mon trip du moment.

Emilia à l’air de mieux se repérer que moi et ouvre la marche sans trop se soucier que je la suive ou pas. Je ne peux pas m’empêcher de mieux loucher sur une partie de son corps qui m’avait pourtant déjà attiré l’œil sans que je ne sache exactement pourquoi. Non je ne parle pas de son petit cul, lui je sais pourquoi je le regarde. C’est plus sa main qui m’intrigue. Depuis qu’on s’est rencontré elle tient une de ses mains étrangement. tarnation…. Mais quel con ! Comment j’ai pu louper ca depuis le début ? Elle est blessée ! Bordel ! je traine une nenette blessée dans un truc ou ça risque d’être sanglant.

Je ne peux m’empêcher de sourire quand elle me la joue « chef oui chef ». C’est sur un ton amusé que je lui lance ma réponse en mimant une parodie de salut militaire.  

« A vos ordres Madame. »

Au moins j’essaye de détendre l’atmosphère. Malgré tout, c’est plutôt sérieusement que je la suis vers ce qui se dessine dans l’obscurité. C’est donc ça « le Challet » ou elle a vécu le pire. Nous nous arrêtons a couvert pour observer de loin. Peut être que cela aurait été mieux que la bâtisse soit juste pleine de fantômes du passé. Mais on a pas besoin d’aller se coller à la porte pour deviner de la lumière et des mouvements par les fenêtre de l’étage, mal calfeutrées. Passer par là sera un jeu d’enfant pour moi. Le peu que j’entrevois ne me permet pas d’avoir une idée précise de qui vit dedans, mais rien qu’a l’air de chat sauvage acculé de ma camarade, je suis presque sûr qu’on est bien tombé sur le nid de ses bourreaux.

Je lui pose la main sur l’épaule avec précaution, vu son état de nerf elle serait bien capable de m’en foutre une, et je lui chuchote :

« Tu comptes me parler de ta main avant ou pendant qu’on va lancer les hostilités ? »

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Jeu 19 Oct - 12:28



Qui aurait cru qu'un jour cet endroit pourrait me rappeler autre chose que la nostalgie de mes années d'enfance? Il n'y a jamais que des choses parfaites dans nos souvenirs, et même si j'ai de nombreuses ombres au tableau, c'est comme si elles étaient aténuées par la beauté de tout ce que j'ai pu vivre ici. On pourrait croire que je n'ai pas eu une enfance heureuse, vu la façon qu'avait mon père de m'organiser des "commandos improvisés" en pleine forêt pour m'apprendre à survivre si jamais un jour je me perdais au milieu des bois.

Qui aurait cru qu'un jour la pire chose que puisse me rappeler la vue de ce chalet ne soit plus le souvenir de mon père se tirant une balle dans le crâne à quelques pas de moi en me suppliant de prendre soin de mes petites soeurs. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir remplacer ce jour par un autre, dans le classement des pires moments de ma vie. Pourtant il faut croire que la vie nous réserve de nombreuses surprises. Et pas toujours bonnes.

Qui aurait cru qu'un jour je pourrais souhaiter, du plus profond de mon être, voir ces murs en ruine plutôt que de les savoir habités par d'autres. Je me souviens encore de chaque détail. De dehors, il n'a jamais vraiment eu l'air très accueillant. Des murs en bois rafilstolés par endroits avec des planches, quelques fois par mon père à l'époque et d'autres fois par mes soins. A l'intérieur, une entrée donnant ensuite sur le salon à droite, la cuisine à gauche, et une première chambre au fond. Des escaliers qui montent vers le premier étage et laissent découvrir une salle de bain ainsi que trois autres chambres.

Je n'aurais jamais pensé revenir ici. Et encore moins dans ces conditions. Je sens tout mon corps trembler, la rage en moi bouillonner, et le sang taper dans ma plaie qui s'était bien remise à saigner. Mais peu m'importait. Tout ce que je souhaitais, c'était entrer à l'intérieur et prendre enfin ma vengeance.

Et si ce n'était plus ceux qui étaient responsable de ma fuite et de la mort de ma petite soeur? Et s'ils étaient morts depuis longtemps, et qu'il y avait des survivants qui n'avaient jamais fait de mal à personne qui étaient ici? D'un seul coup, le doute me fait hésiter, me tordant l'estomac comme s'il ne s'agissait que d'une vulgaire serpillère que l'on essort.

Mon regard quitte enfin le bâtiment que je fixais depuis que nous nous étions tapis dans l'obscurité pour observer les lieux, venant se poser sur mon compagnon improvisé. D'ailleurs en y repensant, je ne sais toujours pas pourquoi il fait ça pour moi. Enfin bref. Avalant presque difficilement ma salive, je suis obligée d'inspirer un grand coup pour tenter de calmer mes tremblements. La douleur revient en force, et je n'ai malheureusement rien pour y remédier sur l'instant.

« Et si c'était plus ceux qui s'en sont pris à nous qui étaient là? J'veux pas être comme ceux que je hais le plus et chasser des survivants qui n'ont rien demandé à personne. » Soufflais-je à voix basse en tentant d'éviter le sujet de ma main.

Cependant, sentir sa main posée sur mon épaule me fit regretter de ne rien vouloir lui dire. Alors, sans que je ne sache vraiment pourquoi, je décidais de lui en parler non sans soupirer. « J'ai accompagné Logan dans une expédition hier... On est tombés sur un survivant qui m'a attaquée par surprise. Je lui ai tiré une balle dans le menton et lui ai fait sauter la cervelle mais avant ça j'ai dû dévier la lame de son couteau avec ma main. Pas de chance, sa lame était assez aiguisée pour couper mon doigt... Mais bon, c'était une belle arme alors je l'ai récupérée. Et j'me suis barrée de l'infirmerie ce matin parce que j'ai horreur de ça... »

Au moins ça avait le mérite d'être clair. Mais cela ne m'aidait pas du tout à prendre une décision. Entrer, tenter de voir qui sont les habitants actuels de mon ancien foyer? Ou bien attendre d'aller mieux et revenir pour le faire? Après tout, si ce sont bien ces pillards qui sont encore là, ils ne vont pas partir de si tôt si tous les mois qui sont passés ne les ont pas délogés. Et si jamais en entrant je me rends compte qu'il ne s'agit plus d'eux, mais que les occupants ne sont pas hostiles pour autant... Et bien je me contenterai de récupérer quelques affaires personnelles et je m'en irai. Sinon, je tuerai jusqu'au dernier occupant avant de faire brûler cet endroit. Mon foyer se trouve à Fort Hope à présent...



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Je me traite de tous les noms de ne pas avoir fait gaffe a ce « léger » détail. tarnation ! Je lui prends la main d’autorité, en essayant de ne pas lui faire du mal, pour regarder le pansement. Elle merde presque autant que moi sur ce coup-là. Après un soupir je finis par sourire.

« J’imagine que je devrais te faire la morale, mais vu que j’aurais comme toi, je vais me contenter de fermer ma gueule. Par contre mon père ne va pas te louper quand tu vas ramener ton petit cul a Fort Hope. T’as intérêt à te trouver une p'tain d’excuse ou un moyen béton de remettre ça sur ma note. »

Pour le moment Logan est le dernier de nos soucis et je n’ai qu’à voir sa pâleur pour comprendre que c’est certainement pas simple pour elle d’être ici. Même si je ne peux pas dire que je sois attaché à aucun lieu qui évoque mon enfance, je sais que si je devais retourner demain au Garage de Dolan, je péterais juste une durite. Je lâche doucement sa main pour regarder à nouveau le chalet. D’instinct, sans trop savoir mettre de mots dessus, je ressens presque son malaise. Je fixe la bâtisse en quête d’un élément qui pourrait nous donner une réponse mais a cette distance il n’y a rien.

Impossible de gérer le truc seul : je n’ai aucun moyen de savoir si je défonce la gueule de ses bourreaux ou de lambdas qui ne font que squatter un abri. Pour le coup, je suis partagé et je reporte mon attention sur Adelia en essayant de deviner si elle pourrait tenir le coup en cas d’affrontement.  De toute façon, on est venu ici et partir maintenant sans savoir serait certainement pire pour elle.

« Tu sais, rien ne nous oblige à faire plus que jeter un œil. Mais sincèrement, maintenant que t’es là, tu crois que tu vas savoir juste te barrer alors que t’as peut-être des réponses juste sous ton nez ? »

Je la regarde avec un sourire en coin parce que je connais déjà sa réponse. Elle s’est barrée de l’infirmerie, elle s’est lancée, blessée, dans un trip assez hasardeux et, surtout, elle a une croisade du nom de vengeance qui la fait avancer. La mienne n’est pas prête de se finir, mais si ça se trouve, avant la fin de la nuit, elle sera libérée de la sienne. Se lever sans le poids de la rage et la peur des monstres de nos passés, un luxe qu’il faut qu’on tente de s’offrir à tout prix quand on le peut.

Je crois que finalement, je n’ai pas plus à réfléchir, ma décision est prise. Et c’est plutôt calmement que je demande un topo sur le chalet et les connards qu’on traque. J’écoute et pose des questions avec tout le professionnalisme du voleur que je n’ai jamais cessé d’être. Quand j’ai une vision d’ensemble je me dis que j’ai connu bien pire comme situation et que ça va le faire.

« Bon Princesse, voilà comment on va faire. Tu vas sur la porte de derrière et tu te planque le temps que je vienne t’ouvrir. On regarde qui squatte ta baraque. Soit c’est des gentils et on se barre gentiment, soit c’est ceux qui ont massacré ta famille et on s’arrange pour que ces connards ne fassent plus chier personne. »

Je dis ça avec assurance, pas que je sois spécialement sûr de moi, mais plutôt que je pense qu’elle a besoin d’être rassurée. Puis, je fais de mieux : rentrer furtivement dans une maison en passant par l’étage. Grimper en silence, forcer la fenêtre, une routine depuis l’enfance. Dans la maison j’entends bien que ça bouge et je vois de la lumière au rez de chaussée. Bon bah y’a plus qu’à aller ouvrir à la porte pour Emilia. Je ne sais pas si c’est mon côté parano ou si c’est parce que mon vieux nous avait toujours préparés au pire, mais je m’arrête net dans les escaliers en sentant un câble contre mon pied. Je ne mets pas longtemps à repérer la carabine reliée au filin devant ma jambe. Saloperie de piège a con. Je coupe avec précaution le câble. Avant d’arriver au sol, je trouve deux autres sournoiseries du genre a désamorcer. Faut vraiment être tordu pour vivre dans une baraque truffée de pièges.

Avant d’aller vers l’arrière, je jette un œil au salon pour compter le nombre de mecs dans la zone et je me fige. Ils sont trois, mais ça à l’air surtout de personnes mortes qui ont été attachés et qui projette des ombres crédibles pour faire des vivants grâce à l’éclairage d’une espèce de lampe solaire. Mais c’est quoi ce bordel ?

J’ai une suée en traversant le chalet. C’est pire qu’un champ de mines. J’ai l’impression de me la jouer escape game. Ok, la maison est plus piégée que mon ancien squatte, même si ça reste rudimentaire, c’est du rudimentaire mortel. Changement de plan, je sors, je récupère ma partenaire et on se barre d’ici.
Je crochète nerveusement la serrure, trop heureux d’ouvrir la porte pour m’éloigner. J’ai a peine le temps de sourire a ma partenaire et de commencer a lui dire :

« Y’a que des morts et c’est pièg… »

J’entends un gros craquement et ce n’est qu’après coup que je comprends que j’ai certainement loupé un câble et déclenché un mécanisme de merde. Un sac de pierres vient de tomber sur le parquet, probablement scié par endroit, assez pour que la zone à côté du sac et donc là où je suis cède. J’arrive à peine à ralentir ma chute qui mène à ce qui devait être une cave. Je me vautre lamentablement et douloureusement dans les ténèbres.

« Tarnation ! ».

C’est sombre, je suis sonné, mais malgré la poussière, j’ai pas besoin de voir quelque chose ou d’attendre les gémissements pour savoir que je ne suis pas seul. Rien qu'au nez je sais que mes nouveaux potes invisibles ne sont pas de première fraicheur. Le concerto de grognements ne fait que confirmer que la cave c'est pas place to be a moins d'avoir envie d’être envisagé comme un steak bien juteux. J'essaye de bouger en paniquant presque a l'idée que des mains moisies ne viennent m’attraper.

HRP:
 

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Mes mains tremblent. Mon corps entier se tend, comme quelques dizaines de minutes auparavant la corde de l'arc d'Isha le faisait dans ma direction. Et le voilà qui est en train de m'aider, presque de s'inquiéter de ce qui pourra m'arriver quand nous rentrerons à Fort Hope. De ce que je pourrai trouver comme excuse pour que Logan ne me tombe pas dessus. De se porter volontaire pour que je rejette la faute sur lui. Alors qu'avant, nous pointions notre arme l'un sur l'autre, prêt à tirer.

Il faut croire que dans ce monde, les choses changent à une vitesse folle. Les choses, les gens également. Peut-être que c'est une bonne chose. Sur certains points en tout cas, ça l'est. Le quotidien nous endurcit, nous rend plus fort et à même d'accepter des choix difficiles. Mais pourtant, d'autres choses ne changent jamais. Les souvenirs que l'on a. Les résidus de la personne que l'on était avant.

J'ai toujours eu un sale caractère, ça c'est une évidence. Mais avant... J'étais quelqu'un qui adorait rire. Une personne qui, même si elle n'en recevait pas très souvent, savait apprécier un compliment ou un surnom s'il paraissait gentil. Quelqu'un qui était capable de reconnaître quand une personne fait quelque chose par gentillesse et l'en remercier, au lieu de chercher à savoir quelle raison perverse pouvait bien la motiver.

Pourtant, à croire que parfois il existe de rares retours en arrière, je ne peux m'empêcher d'être touchée par l'attention d'Isha à mon égard. Il me regarde avec un sourire qui me rassure même si je ne sais pas si c'est la raison pour laquelle il l'affiche. Lorsqu'il me demande de lui faire un topo sur les lieux, je lui fais sans rechigner. Je pense qu'ainsi, il connait mon opinion. Je veux entrer, constater de mes propres yeux ce qui se trouve à l'intérieur de ce qui était autrefois mon "chez moi".

Lorsqu'il décide de me parler de son plan, je sens mon coeur comme rater un battement ou je ne sais trop quoi. J'ai pas rêvé, il vient de m'appeler princesse là non? Inspirant discrètement un grand coup, je donne tout ce que j'ai pour ne pas me formaliser sur un tel surnom et me concentrer sur le plan dont il me parle. Oui, vu ma blessure je me vois mal grimper à l'étage et être réellement utile si jamais je tombe dans les vapes en me cognant le doigt dans un coin.

Il semble sûr de lui, et en un sens ça me rassure. Je ne sais pas si c'est dans cet esprit qu'il fait cela, mais je dois bien avouer que je m'en fiche un peu. L'essentiel c'est que ça me fait du bien, que j'arrive à croire que je ne suis pas venue ici pour rien. Que c'est une bonne chose d'avoir accepté d'aller jusqu'ici avec lui. D'avoir pris sur moi et d'avoir évité que nous ne nous lancions dans un espèce de combat de coq. Me contentant de hocher la tête pour indiquer que j'étais d'accord avec son plan, je lui emboite le pas pour me rendre à la porte de derrière. Ce sera bien, ce petit temps de latence. De quoi essayer d'appuyer correctement sur ma plaie pour essayer de stopper le saignement, et de quoi me concentrer sur ce pour quoi nous sommes ici. Pas sur tout ce que j'ai pu y vivre. Ce n'est pas le moment de se laisser envahir par les fantômes du passé.

« Aller Ama... Tu peux le faire. Si ça se trouve tu vas enfin pouvoir venger Dakota... » Soufflais-je à voix basse pour tenter de me donner de la force. Le problème, c'est que ce n'est peut-être pas eux. Le problème, c'est que si c'est eux et que je les supprime, je devrai faire face à la haine que je porte envers la véritable responsable de tout ce qui a pu se passer. Celle qui n'a pas été capable de mettre ses cadettes en sécurité, de les protéger et de tout donner pour qu'elles aient la vie sauve. Moi. Personne d'autre.

Fermant les yeux, je tente de ne pas y penser, de ne pas imaginer ce que sera fait demain si jamais j'obtiens ma vengeance ce soir. Je sais que cela ne me rendra pas ma soeur. Mais est-ce que ça m'aidera à aller mieux? Allez savoir. Il n'y a qu'en essayant que je pourrai découvrir la réponse.

Perdue dans mes pensées, ce n'est que lorsque j'entends du bruit dans la porte derrière laquelle je suis que je ne reviens à moi. Il est là. C'était plutôt rapide, je trouve. Enfin je crois. La porte s'ouvre, je l'entends prononcer quelques mots, mais avant qu'il n'ait le temps de finir sa phrase les choses s'enveniment drastiquement. Un sac tombe du plafond, faisant céder le plancher déjà fragilisé sciemment. Et devant mes yeux incrédules, je vois Isha tomber d'un étage.

« Isha! » Je crie instinctivement son prénom, comme si cela allait l'empêcher de tomber ou bien éviter un potentiel danger supplémenter de pointer le bout de son nez, et plonge en avant pour tenter de le rattraper. Ma main frôle la sienne mais je ne parviens pas à l'attraper et l'empêcher de tomber. Le bruit sourd qu'il fait en touchant le sol m'arrache une grimace et je me redresse bien rapidement en entendant des bruits de pas et de grognement. Oh non...

Sans réfléchir, je saisis le couteau volé sur le cadavre de mon agresseur de la veille et enfile mes doigts dans la partie "poing américain" de l'arme. Mon flingue dans l'autre main, je profite du peu de lumière auquel j'ai le droit pour repérer où se trouve Isha et où se trouvent les infectés.

« Bouge pas! » Trois coups de feu, trois balles sortent du canon de mon arme. L'une atteint sa cible: le crâne de l'un des putrides. La seconde atteint la jambe d'un autre, et la troisième malheureusement rate sa cible. Et merde. Moi qui d'habitude ne rate que très rarement, il faut croire que la douleur, la perte de sang de la veille ainsi que le pénombre ne m'auront absolument pas aidée à montrer de quoi je suis capable.

« Y'a une échelle avec laquelle tu peux remonter par une trape pas loin de moi à l'extérieur! Vas-y, je m'occupe de les retenir! » Une nouvelle fois, sans réfléchir, je saute dans le trou par lequel mon compagnon a chuté. Sans le savoir, j'atterris en plein sur un cadavre qui n'était pourtant pas inerte. Profitant du fait de l'avoir mis à terre, je plante ma lame dans son crâne avant de me redresser pour essayer de voir combien il y en a. Avec sa chute, Isha doit être relativement sonné et je n'ai pas spécialement envie de repartir toute seule. Je lui indique donc par où aller pour trouver l'échelle dont je lui parlais, lui assurant que je pouvais m'en sortir et que j'allais le rejoindre dehors sous peu.

Je peux m'en sortir.

Je dois m'en sortir.

Je vais m'en sortir.

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Hier à 23:56

« Bouge pas! »

J’ai pas le temps de me dépêtrer des gravats et des planches que je sursaute en entendant des coups de feu. J’ai le réflexe d’un mec qui pense qu’on lui tire dessus avant de percuter que c’est Amelia qui se la joue arme fatale. En même temps, la lumière dégagée par les détonations de balles me fait regretter l’obscurité. Y’a du moisi dans ce sous-sol. Un sacré troupeau. Pour le coup j’ai une suée.

La tête du plus proche fait la même chose qu’une pastèque trop mure qui rencontre une batte de baseball. Deuxième fois que je me fais éclabousser de la soirée. Je n’attends pas de vérifier si le « jamais deux sans trois » est vrai et je me redresse assez vite pour voir que ma sauveuse a dû apprendre à tirer avec Logan. Trois balles un seul moisi hors-jeu.

Avant que je ne puisse lui dire d’arrêter le massacre, parce qu’à ce rythme-là, je vais finir par m’en prendre une, elle me gueule des indications sur une échelle et… elle saute dans la horde ? Et sur un mort en prime.
Mais mais mais….

Trop classe !

C’est con mais je reste à la regarder avec un sourire niais pendant une demie seconde. En fait, dans ce bas monde, je pensais qu’il y avait que moi à avoir une case en moins pour faire un truc aussi débile et suicidaire sur un coup de tête. Elle vient de me prouver que non. Et sur un moisi en bonus.

Par contre je me remets vite dans le bain, parce qu’on est sacrement entouré et avec sa main je la vois mal remonter facilement. Je profite de sa diversion pour passer ma lampe frontale et chercher la fameuse échelle du regard. Pour le coup, j’ai la confirmation visuelle que l’on est dans la merde. Entre les moisis, qui sont vachement nombreux et rappliquent vers nous, et les câbles que je vois un peu partout, annonçant d’autres pièges… Ca va être coton.

J’évite de répliquer quand j’entends son plan de merde entre deux ou trois détonations de son flingue. En gros elle espère que je me barre en la laissant derrière ? Alors qu’elle est blessée ? C’est bien mal me connaitre. Je prends mon arc et en aligne rapidement quelques morts. J’ai le cerveau en ébullition à essayer de trouver une idée où on ne se fait pas bouffer, où on ne déclenche pas de pièges et où on arrive a se barrer du sous-sol.


Malheureusement j’ai peu de temps et pour le moment je n’arrive pas trouver une solution qui combine tous ses paramètres pendant que je vide le carquois avec précision.  J’arrive à glaner quelques informations sur ces saloperies de pièges. Je jure et déteste à l’avance ce que je vais faire. Je lui fou la frontale sur la tête.

« T’as intérêt a pas te faire mordre ! »

Sur ces doux mots, je me barre en me servant de mon arc pour dégager les moisis les plus entreprenants. Je me taille un chemin vers cette tarnation d’échelle qui me semble être a des kms. Dès que je peux, je refous mon arc en bandoulière. Je ne fais pas la connerie de prendre les premiers échelons et me sert du mur comme appui pour sauter et choper le haut de l’échelle. Me hisser par la trappe est un jeu d’enfant, esquiver le coup de la carabine, posée en piège, qui m’attendait à l’ouverture, un peu plus périlleux, mais le principal c’est que j’y arrive et que je fais ça vite. Je flippe qu’elle se fasse bouffer avant que je ne puisse intervenir.

Je ne peux juste pas tolérer qu’elle soit revenue ici pour se faire tuer là où sa famille a déjà été trucidée. Je refuse catégoriquement de lui avoir servi de chauffeur pour ça et encore moins d’avoir été suffisamment con pour l’entrainer dans un piège de merde.

Sans confondre précipitation et rapidité, j’attache une corde a une espèce de poutre en bois. J’ai l’impression de mettre des plombes et je stresse d’arriver trop tard. Je m’encorde en retournant vers le trou dans le parquet. Avec la lampe qu’elle a sur la tête c’est simple de la repérer. Je sais très bien que monter à une corde serait plus qu’un challenge pour elle avec sa blessure. Elle a l’air de tenir le coup mais ses gestes semblent traduire une forme de résignation que je peux comprendre vue la situation. Je balance plusieurs flèches pour « isoler » Amalia avant de sauter la rejoindre. J’évite un coup qu’elle allait me porter par reflexe, pour lui passer le bras a la taille et l’entrainer vers le mur avec moi. Ouai ok, c’est plus un kidnapping qu’un sauvetage. Mais n’empêche, ça marche mon truc ! Avec un nouveau rebond sur le mur, en me servant de la poussée et de la corde, j’arrive à nous hisser assez rapidement hors de portée des mains mortes qui voulaient nous bequeter. L’élan nous offre même le luxe de nous vautrer l’un sur l’autre sur le planché du rez de chaussé.

Avec le shoot d’adrénaline que je viens de me prendre je ne sais juste plus bouger. Il me faut même du temps pour réaliser que je l’agrippe toujours et desserrer mon étreinte.

« Bordel, on a eu chaud… je sais pas qui s’est amusé a piéger ta baraque, mais c’est vraiment des putains de sadiques. »

J’essaye de me redresser pour la regarder attentivement.

« Ca va ? »


Facon polie de demander si elle a été mordue. Je pense que je la demanderais en mariage je serais moins tendu.

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J'ai jamais vraiment été du genre à réfléchir avant d'agir dans des situations qui me paraissent urgentes. J'ai du mal à comprendre et à faire comme tous ceux qui parviennent à se poser calmement devant une situation des plus complexes et analyser tout ce qu'ils pourraient faire ou ne pas faire, pesant le pour et le contre de chaque chose. Je suis pas du genre à me dire qu'on peut laisser des gens derrière nous, les considérer comme dégats colatéraux. Je préfère foncer tête baisser quitte à y rester. Je ne peux plus accepter de voir des gens mourir sans que je ne puisse rien y faire... C'est trop dur pour moi.

Si Isha est venu ici, c'est par ma faute. C'est parce que je lui ai parlé de mon passé, parce que je me suis ouverte à lui. Et le voilà en train de risquer sa vie pour une fille à qui il n'a jamais parlé auparavant. Quel genre de dingue peut bien faire ça, sérieusement? J'ai beaucoup de mal à le comprendre, mais d'un autre côté j'ai aussi beaucoup de mal à lui en vouloir. Après tout, c'est grâce à lui si je suis arrivée jusque là. C'est grâce à lui si j'ai pu à nouveau poser mes yeux sur le chalet de mon enfance. Et c'est à cause de moi s'il est en danger.

Ne me demandez pas pourquoi j'ai sauté dans le trou sans même me demander combien d'infectés se trouveraient au sous-sol. Peut-être que c'est par simple pensée suicidaire sur le moment. Peut-être que c'est par égoïsme, par refus de voir quelqu'un mourir à cause de moi encore une fois. Je ne sais pas combien de fois une personne peut voir ce genre de choses avant de totalement péter un câble. Mais je n'ai pas envie de le découvrir si je peux être honnête.

Maintenant que je suis à la même hauteur qu'eux, je parviens mieux à distinguer les corps chancelants des maccabées qui nous entourent. D'accord, ils sont bien plus nombreux que je ne l'imaginais. Et j'en ai la confirmation lorsqu'Isha enfile sa lampe frontale et me fait également découvrir de nombreux pièges installés ici aussi. Sérieusement, je ne sais pas qui est responsable de ça, mais cela ne fait que faire gromper encore d'un cran la haine que j'éprouve. J'ai laissé tout cela arriver. J'ai été impuissante. Il faut que je rectifie tout ça.

Je compte mes balles, n'ayant qu'un chargeur sur moi et ayant déjà tiré trois balles, il ne m'en reste donc que 9. Je vais donc devoir me démerder comme je peux avec mon couteau. Je pense que ça va pas être triste, surtout dans cette pénombre. Mais j'ai fait le choix de descendre dans ce trou, d'assumer pour une fois mes responsabilités. Et si je dois mourir ici, et bien qu'il en soit ainsi. Je rejoindrai ma famille. Je pourrai enfin être en mesure de leur dire à quel point je suis désolée de ne jamais avoir été à la hauteur. De ne jamais avoir pu les protéger. Leur dire qu'ils me manquent. Qu'il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à eux. Sans que je n'espère qu'ils vivent dans un meilleur endroit à présent. Qu'ils ne sont pas là, à errer et voir toutes les erreurs que j'accumule au quotidien. Celle que je suis devenue. Par leur faute. Non. Par ma faute.

D'un coup, je me retrouve avec la lampe d'Isha sur la tête ainsi qu'un ordre qu'il aboie presque dans mes oreilles. Malgré moi, cela m'arrache un sourire et je le regarde courir vers la sortie que je lui ai indiquée. J'espère que cela fonctionnera. Qu'il se tirera de là en me laissant terminer ce que j'aurais dû faire il y a des mois. Détruire cet endroit. S'il n'est pas à ma famille, il ne sera plus à personne. Jamais. « Et toi t'as pas intérêt à te faire buter sur le chemin du retour! »

Une nouvelle fois, je confirmais mon envie d'être laissée ici. C'est peut-être simplement ce que le destin attend de moi. Ce que la vie m'a réservé depuis si longtemps. C'est malpoli de faire attendre ceux qui ont prévu des choses pour nous, non? La lampe me permettant de voir bien mieux ce qui m'entoure, me voilà en train de me battre de tous les côtés, n'utilisant mes balles qu'en cas d'extrême nécessité. Il m'en reste 6 à présent.

J'entends un coup de feu, voit la lumière induite par la détonation, mais de toute évidence Isha a réussi à esquiver le piège qui l'attendait à l'échelle. Un soupir de soulagement s'échappe d'entre mes lèvres lorsque je le vois quitter la cave. La trappe se referme et je souris. Je ne sais pas pourquoi, mais je souris. Il s'en est sorti. C'est tout ce qui compte.

Mon attention se reporte sur les cadavres qui m'entourent et je tranche assez rapidement la main de l'un de ceux qui tentait de m'atteindre. Pas aujourd'hui toi! Au fur et à mesure que le temps passe, mon énergie s'amenuise bien plus vite que de raison. En même temps, je suis toujours blessée et en sévère anémie. Avec tout le sang que j'ai pu perdre hier... Je ne suis absolument pas en état de me battre. C'est peut-être pour ça que je me suis fait une raison et que je sais que je vais y rester.

Cependant, des putrides tombent au sol autour de moi, embrochés par... des flèches? Pitié ne me dites pas qu'il est revenu alors que je lui ai dit de ne pas le faire! Non mais quelle tête de mûle! Je sens une présence derrière moi et manque de lui mettre un coup de coude le temps de me retourner pour lui planter ma lame dans le crâne. Mais c'était Isha et il esquive le premier coup avant de m'attraper en enroulant son bras autour de ma taille et de m'entraîner avec lui. Je n'ai pas vraiment le temps de comprendre le pourquoi du comment, que nous nous retrouvons hors de portée de ces mains pestiférées qui tentaient de nous transformer en leur prochain casse-croûte.

La réception à l'étage fut moins acrobatique et nous avons roulé sur quelques mètres avant de nous arrêter l'un sur l'autre. Enfin, lui sur moi, qui me tenait toujours. Le souffle court, je tente de comprendre ce qui vient de se passer tout en plongeant mon regard dans le sien. Cet idiot vient de me sauver la vie... Le temps que nous nous rendions compte du fait que nous étions serrés l'un contre l'autre au sol, Isha se relève rapidement et je me racle la gorge en me redressant un peu. C'était... bizarre. Non?

« Ouais... ça va. Un peu sur les rotules mais ça va aller... J'crois que j'étais pas encore en état de m'battre comme j'l'ai fait... » Malgré le fait que je venais d'avouer que je n'étais pas au meilleur de ma forme, un rire quitta ma gorge, se faufilant entre mes lèvres. Les nerfs. Je me redresse lentement, attrape une lampe à essence que je vois toujours accrochée au mur et l'allume grâce aux alumettes qui étaient accrochées avec elle. M'approchant du bord du trou duquel nous venions de sortir, mon regard devient plus noir que jamais. J'ai retrouvé tout le sérieux dont j'avais pu manquer quelques secondes auparavant.

« Plus personne ne pourra se servir de cet endroit pour faire du mal aux autres... Plus jamais. » Sur ces mots, je lançais avec force la lampe à l'étage d'en dessous, la laissant se briser et commencer à répendre ses flammes. Bien vite, ces dernières se propagèrent et gagnèrent en force. Heureusement, la maison est assez éloignée de la forêt pour que je ne risque pas de déclencher un feu bien plus dangereux que celui ci. Même si le chalet va être réduit en cendres, il sera le seul.

Malgré moi, des larmes montent à mes yeux lorsque je me tourne vers la sortie de mon ancien chez-moi. L'une d'elles roule sur ma joue et je l'essuie rapidement du revers de ma main. Mes yeux s'étaient posés sur les marques ancrées dans le mur marquant ma taille au fil des années ainsi que celle de mes soeurs. Tout ce que j'ai vécu ici... Tout ce que les King étaient... Tout va disparaître. Est-ce que c'est mieux ainsi? Je n'en ai aucune idée. M'éloignant vers la moto en compagnie du brun, je déglutis difficilement comme si quelqu'un serrait ma gorge avec force. « Viens... Rentrons... Y'a plus rien à faire ici... »



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Sa crise de rire nerveuse est contagieuse. La tombée des nerfs d’avoir réussi à survivre alors qu’il y a quelques minutes je n’aurais pas parié sur nous y est pour quelque chose. Par contre le petit moment de légèreté s’arrête assez vite quand je la vois attraper un machin bizarre au mur qui devait être une espèce de lampe à l’ancienne vue comment elle l’allume. Elle va regarder avec gravité le trou où on a failli crever. Je la rejoins pour essayer de comprendre pourquoi cet étrange changement d’humeur.

Je percute que cette maison, à laquelle elle a l’air de tenir, n’est plus seulement le décor de la mort de sa famille, c’est devenu un piège mortel dans laquelle des gens, peut être innocents, allez savoir, se sont fait crever. Je ne suis pas sûr de mesurer exactement ce qu’elle peut ressentir, mais à sa place, je pense que je détesterais ça. C’est vrai quoi, t’as un truc beau et heureux et on en fait un lieu glauque et sordide.

Je détaille les moisis en bas qui tendent les mains vers nous en grognant leur frustration. Je ne mets pas longtemps à voir tout ce que je ne pouvais pas remarquer dans le feu de l’action. Des moisis en robes, d’autres de petites tailles, bordel… les types qui ont fait ça ont zigouiller d’autres personnes sans défense.


« Plus personne ne pourra se servir de cet endroit pour faire du mal aux autres... Plus jamais.»


Je tourne ma tête pour la voir lancer sa lampe qui se brise au sol en rependant une flamme annonciatrice d’un brasier. Dans une maison en bois ça prédit un sacré feu de joie. J’aurais aimé qu’elle se laisse un peu de temps, rien que pour voir s’il y avait des choses à récupérer pour elle, ou des indices pour traquer les connards qui avaient monté ce piège, ou être juste sure qu’elle ne voulait pas qu’on démine la zone pour garder son chalet. Pourtant je ne fais rien pour l’arrêter ou essayer d’éteindre le feu. C’est son choix, sa maison, son histoire. Je n’ai pas voix au chapitre.

Je reste en retrait, juste un garde-fou en cas de danger. Je la suis silencieusement quand elle quitte cet endroit qui ne va pas tarder à être dévoré par les flammes. De toute façon, il ne faut pas trainer. Le feu va attirer toutes les saloperies du coin, mortes ou vivantes. Je vais lui dire qu’il faut qu’on se magne quand je repère son geste sur son visage et ses yeux rouges. Merde elle me fait quoi la ? Oh non non non ! Pas ça ! Je peux sauter dans une horde, réparer une épave, me lancer dans un plan suicidaire mais les larmes, je ne sais pas du tout gérer. Je me sens un peu raide et hyper mal a l’aise en ne sachant pas comment réagir devant son chagrin.

En fait il faudrait qu’elle parle à une copine. C’est la seule chose évidente qui me vient à l’esprit. Les filles elles aiment ça se réconforter entre elles non ? Pas façon youporn, mais le truc du genre Maddie et Juliet. Ou à un proche, une personne qui la connait, qui saura trouver les mots. Sauf qu’Emilia est arrivée il y a peu à Fort Hope, je doute qu’elle ait eu le temps de se faire des potes, sa famille est morte et elle a l’air trop sympa pour que je la balance dans les griffes manucurées de Maddie. En fait elle est encore plus seule que moi.

Cette idée me frappe tellement que je manque de me vautrer dans une pierre mal mise sur le chemin. Je voudrais vraiment dire ou faire quelque chose là, au lieu de me sentir impuissant, mais regardons les choses en face, je suis certainement la pire personne à avoir à ses côtés dans ce genre de situation. D’ailleurs je suis quoi pour elle ? Un gros lourd ? Un mec qu’elle ne connaissait même pas ce matin ? Un malade mental qu’elle a vu massacrer un type froidement ? Bref la dernière personne avec qui elle doit avoir envie d’être dans un moment pareil.

Je ne sais même quoi faire, il faut dire que j’ai pas trop connu de personne qui avait envie de me consoler quand j’allais mal, mis à part Logan, et je ne suis pas sûr que lui aussi soit bien doué pour ça. En fait on ne m’a jamais donné le mode d’emploi sur quoi faire pour réconforter les gens quand ils ont de la peine.

Je la suis sans oser briser le silence jusqu’à Gisele. Je me tourne une dernière fois pour voir son chalet enflammé se dessiner dans la nuit. J’hésite une minute à juste monter sur la moto, mais, mu par une sorte d’instinct irrationnel, au dernier moment, je me ravise. Je l’attrape par l’épaule et l’attire contre moi. Je la serre maladroitement dans mes bras parce que soyons honnête, je ne suis pas un habitué des câlins et les contacts physiques sont toujours un risque de déclencher une crise de panique. Pourtant je reste dans cette position sans trop savoir si elle pourra comprendre ce que je n’arriverais pas a lui dire avec des mots. Une façon très à moi de lui signifier que je comprends, qu’elle n’est pas toute seule, que je suis là, pour ce que ça vaut.

« On les retrouvera, je te le promets. »

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