Do I wanna know ? - Rajesh



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Knowledge can change our fate
Olivia Castillo
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Sam 12 Aoû - 2:27

En rentrant dans le laboratoire, elle avait tout fait pour faire fuir Darren. D’abord lui demander gentiment de la laisser tranquille, ensuite en montrant le croc en lui demandant carrément d’aller se faire foutre. Liv soufflait le chaud et le froid, et ses bonnes résolutions de ne pas partir avec des regrets laissaient place à une colère glaçante à l’idée d’être obligée de s’en aller, quoi qu’il arrive. Elle fit de son mieux pour qu’il la laisse donc, quitte à le froisser, pour être sûre qu’il n’ait pas à vivre ça avec elle. La découverte de cette morsure lui mettrait un coup, elle en était persuadée. Et c’était une blessure qu’elle voulait vivre seule, pas en gérant les sentiments d’un autre. Alors dès qu’elle avait pu, elle l’avait lâché, et elle s’était rendue jusqu’au laboratoire.

Liv ne savait pas trop qui elle espérait trouver là-bas. En pénétrant dans l’endroit, elle tapota contre la porte en sentant déjà ses larmes déborder à la pensée de devoir tomber sur Nora. Il faudrait qu’elle lui dise à un moment ce qu’il lui arrivait. Il faudrait qu’elle sache, et que toutes deux se préparent à se dégénérescence progressive. Elles devraient en parler pour que la pilule passe à peine plus facilement. La gorge nouée, la blonde passa un regard circulaire dans la pièce, sans voir la silhouette de sa sœur, ou ses longs cheveux noirs qu’elle relevait en chignon pour ne pas être gêné.

Pas de traces de Nora. Liv se sentit comme désespéré sur le coup : et si elle était sortie ? Et si elle ne rentrait que tard, bien après que son destin soit définitivement scellé ? Ses yeux s’embuèrent encore plus vite de larmes, et elle retint difficilement un sanglot dans sa gorge. Jusqu’à ce que sa vue troublée se pose sur une autre personne dans la pièce, qui avait tout l’air de sortir d’ailleurs. Du Bunker peut-être ? Lorsque ses yeux se croisèrent ceux de Rajesh, a qui elle ne parlait pas beaucoup d’ordinaire, et dont elle se moquait surtout la majorité du temps, ça eut le mérite de couper court à tout.

Ses sentiments, son chagrin, son désespoir. Peut-être parce qu’elle était comme une enfant prise sur le fait, à ne pas savoir comment gérer ça. Un inconnu la voyait au pire moment de sa misérable vie. Il n’avait pas conscience de toutes ses erreurs, mais Liv avait l’impression qu’on pouvait lire en elle désormais. Ses poings se serrèrent, et une vive douleur à son poignet se rappela à elle. Son articulation était rougi, gonflé, et l’homme devait penser qu’elle venait probablement pour ça, s’il avait remarqué sa blessure. Elle secoua la tête. Non, elle ne venait pas pour ça.

L’espace d’un instant, un espoir fou la saisit : Et si… Et s’il y avait moyen de faire quelque chose ? Couper les chaires mordues ? Non, il aurait fallu le faire tout de suite après la morsure, sans espoir d’un résultat quelconque. Elle pinça les lèvres. Tant pis, elle n’était pas médecin, biochimiste, physicienne. Les sciences l’ennuyaient profondément, elle ne pouvait pas comprendre la passion folle qui animait ces gens. Mais là, elle avait vraiment besoin d’un miracle. Alors elle s’avança d’un pas :

« Rajesh… » Le salua-t-elle rapidement en s’avançant vers lui.

Et avant même d’en dire plus, de lui demander comment il allait, s’il voulait lui raconter des choses incroyablement banales, juste pour le plaisir d’une discussion entre deux personnes civilisées, Liv fit glisser sa veste le long de ses bras, qu’elle posa sur une surface à côté sans faire très attention à ce qu’elle faisait. Son t-shirt blanc était tâché de sang séché au niveau de ses côtes, et elle ne tarda pas à le retirer aussi, se déshabillant sans une once de pudeur devant l’homme qu’elle ne connaissait quasiment pas finalement. Il était un homme de science, non ? Il n’allait pas lui faire croire que ça ne lui était jamais arrivé !

« Tu dois m’aider. » Exigea-t-elle de lui en se tournant légèrement.

Elle leva un bras, et lui montrer sa morsure plus visiblement. Il avait tout intérêt à lui dire qu’il y avait moyen de faire quelque chose, ou elle allait se foutre sacrément en rogne. Ses nerfs étaient déjà sérieusement au bord de la rupture, elle était à deux doigts de devenir folle, alors… Qu’il fasse un petit effort. Elle était encore vivante pour que ça ait de l'importance.

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Rajesh Manjrekar
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Mer 16 Aoû - 4:41

Un jour catastrophique de plus défilait et comme tous ceux l'ayant précédés, il n'apportait rien de bon à Rajesh. Le scientifique, une fois de plus enfermé dans le petit laboratoire qui lui servait de chambre, regardait ses notes, empli de frustration. Il n'arriverait jamais à rien s'il ne lançait pas une fois pour toute une expédition dans d'autres labos de la ville. Mais pour ça, il aurait eu à sortir et il ne sortait pas. Il ne vivait plus enfermé dans le bunker, mais il était toujours en prison et il s'y enfermait seul, cette fois. Ça ne pouvait pas continuer. Depuis qu'il avait révélé son secret à Abel, la pression grandissait et le jeune homme peu habitué le supportait mal. Il lui fallait faire quelque chose, avancer pour de bon.

Pris d'une soudaine motivation teintée de désespoir, le chercheur repoussa les notes sur le côté et s'empara de son bloc pour affronter une page blanche. Il tira un stylo coincé derrière son oreille et entreprit consciencieusement de faire la liste de tout ce dont il avait besoin à l'heure d'aujourd'hui pour passer du stade de la recherche théorique à la pratique du développement d'un vaccin. La liste était conséquente et le scientifique se disait déjà que jamais Cale n'accepterait de mettre les survivants du labo en danger pour récupérer ce matériel pour lui, pour eux tous. Mais il continua quand même.

Chaque nouvelle ligne le motivait un peu plus à l'idée d'aller affronter le biker à la tête du groupe, dans l'espoir que bientôt, il puisse apporter une solution à un problème partagé par tous. Même Cale devait vouloir ça, malgré son mépris pour la science. Le chercheur s'activa sur cette liste pendant une bonne demi-heure et, enfin, après avoir pris une bonne inspiration, il se décida à prendre son courage à deux mains et à sortir de sa chambre. Le couloir carrelé de blanc qui menait jusqu'au hall principal du laboratoire lui donnait le tournis, une fois de plus, comme ça avait été le cas la première fois qu'il l'avait arpenté après six mois passés sous terre. Il ne flancha pas, cette fois et pénétra dans le hall avec le teint pâle et les yeux écarquillés, mais sur ses deux pieds.

Hélas, il n'eut pas vraiment l'occasion d'aller plus loin dans sa quête du biker qu'une habitante du labo lui sauta pratiquement dessus. Rajesh connaissait à peine la jeune femme qui venait de le saluer plus ou moins poliment, il savait seulement qu'elle était de ceux qui l'évitait autant que possible et souriait de cet air entendu quand il passait dans un couloir. « Bon... » Il n'alla pas plus loin, ses yeux s'ouvrant davantage alors que la jeune femme se déshabillait, là au milieu du hall, alors que n'importe qui aurait pu entrer tout à coup et les voir. Il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait, jusqu'à ce que son regard se pose sur la morsure déchirant la peau de la jeune femme.

Une seconde, le scientifique resta sans bouger, observant les traces de dents sur le flanc de la blonde. Sa bouche s'ouvrit, comme s'il allait dire quelque chose, mais il la referma rapidement et, au prix d'un effort considérable, se força à relever les yeux pour croiser le regard de la jeune femme. Pourquoi ? Pourquoi venait-elle vers lui pour ça. Il était catalogué comme le mec étrange toujours en train de chercher une solution à la pandémie, d'accord, mais... Pas comme un faiseur de miracle ! « Je... Qu'est-ce que... » Il ne savait pas quoi lui dire, comment lui dire, la panique l'envahissait peu à peu, glaçant le sang dans ses veines. Sans réfléchir, sans faire attention, ses doigts se refermèrent sur le poignet de la jeune femme et il tira dessus assez fortement. « Suis moi. » Hors de question qu'ils restent ici, hors de question que quelqu'un la voit comme ça. Il ne lui laissa pas le temps de répliquer et fit volte-face, remontant le couloir qu'il venait juste de traverser pour l’entraîner dans sa chambre.

Dès que la porte fut fermée, Rajesh relâcha le poignet de la jeune femme et s'appuya contre le battant. Une main tremblante vint caresser son visage et gratter une seconde les poils de sa barbe. Il ne pouvait rien pour elle, rien du tout. Le bloc-note qu'il tenait de sa main libre s'écrasa sur le sol quand il le lâcha aussi et il se fit violence pour affronter le regard de la blonde. « Quelqu'un d'autre est au courant ? » demanda-t-il d'une voix blanche. Si c'était le cas, quelqu'un viendrait probablement à sa recherche pour la tuer. Il ne la connaissait pas, il ne savait rien d'elle, mais il refusait d'être là quand un survivant bien pensant viendrait lui tirer une balle dans la tête. Il refusait de voir ça. « Tu t'appelles... Olivia, c'est ça ? Je... Je ne crois pas que je puisse t'aider, je... ça fait combien de temps ? » Tout ce qu'il pouvait réellement faire pour elle, c'était la soutenir pendant les dernières heures de sa vie, atténuer sa douleur, prendre en note tout ce qu'elle voudrait dire aux gens qui resteraient derrière tandis qu'elle avancerait vers la lumière... C'était peu, trop peu, mais tout ce qu'il avait en magasin.

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Olivia Castillo
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Ven 18 Aoû - 13:42

Le scientifique eut l’air aussi perdu que lui sur le moment. D’abord surpris, puis ensuite perdu. Il parvint à la traîner jusqu’à une pièce où ils pourraient avoir un petit peu d’intimité. Liv ne savait pas trop à quelle sauce elle allait être mangé pour le coup, et un pincement au cœur l’averti que ça ne présageait rien de bon. Elle suivit sans trop se faire prier, parce que dans son esprit, c’était lui qui saurait comment faire. Dépendait s’il y avait bien quelque chose à faire pour elle, ou non. L’espoir la faisait encore vivre, même s’il s’amenuisait progressivement. Elle se demandait quand les symptômes la prendraient, quand est-ce qu’elle commencerait à sentir la fièvre, à trembler, à délirer… Quand est-ce qu’elle pourrait parler à Nora et lui faire ses adieux…

Tout ça mis bout à bout, et l’endroit clos dans lequel ils se trouvaient tous les deux, Liv comprit même sans y croire que son destin était scellé. La première question qu’il lui posa eut le mérite de la troubler. Elle avait conscience qu’il se mettait en danger pour elle, qu’en plus de ça, c’était le groupe entier qu’elle prenait le risque de perdre. Si l’un d’eux découvrait ce qu’ils mijotaient, il n’aurait aucun mal à lui tirer une balle dans la tête. Certains étaient de cet acabit. Et elle supposait sur l’instant que Darren n’aurait jamais laissé faire s’il avait su. Pinçant les lèvres, elle secoua la tête :

« Non, personne, je-… » La déclaration suivante lui serra le cœur et la gorge en même temps. Les larmes lui montèrent aux yeux à vitesse grand V : elle ne voulait pas entendre ce genre de choses. Elle voulait qu’il la sauve, qu’il l’empêche de partir. « Quelques heures… » Répondit-elle simplement avant de ravaler son trop plein d’émotion.

Elle se refusait à craquer devant lui, alors qu’elle en avait légitimement le droit. Elle se refusait à être faible, surtout pas dans ses supposées dernières heures. Liv serait forte, digne de Nora. Même si le fait de mourir dignement était un concept qui lui échappait totalement, la blonde ne voulait pas afficher cette peur monstrueuse qui lui tordait les entrailles violemment depuis qu’elle prenait de plus en plus conscience de ce que ça voulait dire pour elle. Elle serra les poings, se plantant les ongles dans la peau pour se ressaisir, se donner du courage, la volonté de réagir :

« Mes amis m’appellent Liv. » Lui souffla-t-elle comme si elle lui demandait de le faire. Au point où elle en était. « Tu peux… Tu peux faire un truc ? Au moins essayer, non ? » Lui demanda-t-elle simplement en prenant n’importe quelle suggestion qui lui tomberait sous la main.

Olivia était prête à tout. Plus têtue qu’une mule, elle ne pouvait pas tout de suite baisser les bras. Elle savait qu’il n’y avait pas de remèdes, qu’il n’y avait pas moyen qu’on lui sauve la mise. Mais sa sœur et lui travaillent ici, tous les deux, non ? Ils avaient forcément de quoi faire ! Forcément une solution ! Sa mort n’allait pas être comme toutes les autres, une disparition qui passait inaperçue, qui n’avait aucun impact, qui ne changerait rien à la donne ! Si elle devait partir – puisqu’elle n’avait pas le choix – elle voulait le faire avec panache…

Et ça ne serait évidemment pas sans lutter. Elle y mettrait les griffes s’il le fallait, pour se rattraper aux racines. Il n’y avait plus que ça désormais pour la faire vivre : l’impossibilité de renoncer.

« Je vais mourir… ? » Demanda-t-elle d’une voix timide à son vis-à-vis. Ça n’était pas vraiment une question, ni vraiment une déclaration. Olivia était encore sur un entre-deux : dans l’incapacité d’accepter mais sur le point de comprendre ce que ça impliquait.

Il ne restait qu’à tuer tous ses espoirs, pour passer à autre chose.

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