Do I wanna know ? - Rajesh



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Olivia Castillo
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Sam 12 Aoû - 8:27

En rentrant dans le laboratoire, elle avait tout fait pour faire fuir Darren. D’abord lui demander gentiment de la laisser tranquille, ensuite en montrant le croc en lui demandant carrément d’aller se faire foutre. Liv soufflait le chaud et le froid, et ses bonnes résolutions de ne pas partir avec des regrets laissaient place à une colère glaçante à l’idée d’être obligée de s’en aller, quoi qu’il arrive. Elle fit de son mieux pour qu’il la laisse donc, quitte à le froisser, pour être sûre qu’il n’ait pas à vivre ça avec elle. La découverte de cette morsure lui mettrait un coup, elle en était persuadée. Et c’était une blessure qu’elle voulait vivre seule, pas en gérant les sentiments d’un autre. Alors dès qu’elle avait pu, elle l’avait lâché, et elle s’était rendue jusqu’au laboratoire.

Liv ne savait pas trop qui elle espérait trouver là-bas. En pénétrant dans l’endroit, elle tapota contre la porte en sentant déjà ses larmes déborder à la pensée de devoir tomber sur Nora. Il faudrait qu’elle lui dise à un moment ce qu’il lui arrivait. Il faudrait qu’elle sache, et que toutes deux se préparent à se dégénérescence progressive. Elles devraient en parler pour que la pilule passe à peine plus facilement. La gorge nouée, la blonde passa un regard circulaire dans la pièce, sans voir la silhouette de sa sœur, ou ses longs cheveux noirs qu’elle relevait en chignon pour ne pas être gêné.

Pas de traces de Nora. Liv se sentit comme désespéré sur le coup : et si elle était sortie ? Et si elle ne rentrait que tard, bien après que son destin soit définitivement scellé ? Ses yeux s’embuèrent encore plus vite de larmes, et elle retint difficilement un sanglot dans sa gorge. Jusqu’à ce que sa vue troublée se pose sur une autre personne dans la pièce, qui avait tout l’air de sortir d’ailleurs. Du Bunker peut-être ? Lorsque ses yeux se croisèrent ceux de Rajesh, a qui elle ne parlait pas beaucoup d’ordinaire, et dont elle se moquait surtout la majorité du temps, ça eut le mérite de couper court à tout.

Ses sentiments, son chagrin, son désespoir. Peut-être parce qu’elle était comme une enfant prise sur le fait, à ne pas savoir comment gérer ça. Un inconnu la voyait au pire moment de sa misérable vie. Il n’avait pas conscience de toutes ses erreurs, mais Liv avait l’impression qu’on pouvait lire en elle désormais. Ses poings se serrèrent, et une vive douleur à son poignet se rappela à elle. Son articulation était rougi, gonflé, et l’homme devait penser qu’elle venait probablement pour ça, s’il avait remarqué sa blessure. Elle secoua la tête. Non, elle ne venait pas pour ça.

L’espace d’un instant, un espoir fou la saisit : Et si… Et s’il y avait moyen de faire quelque chose ? Couper les chaires mordues ? Non, il aurait fallu le faire tout de suite après la morsure, sans espoir d’un résultat quelconque. Elle pinça les lèvres. Tant pis, elle n’était pas médecin, biochimiste, physicienne. Les sciences l’ennuyaient profondément, elle ne pouvait pas comprendre la passion folle qui animait ces gens. Mais là, elle avait vraiment besoin d’un miracle. Alors elle s’avança d’un pas :

« Rajesh… » Le salua-t-elle rapidement en s’avançant vers lui.

Et avant même d’en dire plus, de lui demander comment il allait, s’il voulait lui raconter des choses incroyablement banales, juste pour le plaisir d’une discussion entre deux personnes civilisées, Liv fit glisser sa veste le long de ses bras, qu’elle posa sur une surface à côté sans faire très attention à ce qu’elle faisait. Son t-shirt blanc était tâché de sang séché au niveau de ses côtes, et elle ne tarda pas à le retirer aussi, se déshabillant sans une once de pudeur devant l’homme qu’elle ne connaissait quasiment pas finalement. Il était un homme de science, non ? Il n’allait pas lui faire croire que ça ne lui était jamais arrivé !

« Tu dois m’aider. » Exigea-t-elle de lui en se tournant légèrement.

Elle leva un bras, et lui montrer sa morsure plus visiblement. Il avait tout intérêt à lui dire qu’il y avait moyen de faire quelque chose, ou elle allait se foutre sacrément en rogne. Ses nerfs étaient déjà sérieusement au bord de la rupture, elle était à deux doigts de devenir folle, alors… Qu’il fasse un petit effort. Elle était encore vivante pour que ça ait de l'importance.

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Rajesh Manjrekar
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Mer 16 Aoû - 10:41

Un jour catastrophique de plus défilait et comme tous ceux l'ayant précédés, il n'apportait rien de bon à Rajesh. Le scientifique, une fois de plus enfermé dans le petit laboratoire qui lui servait de chambre, regardait ses notes, empli de frustration. Il n'arriverait jamais à rien s'il ne lançait pas une fois pour toute une expédition dans d'autres labos de la ville. Mais pour ça, il aurait eu à sortir et il ne sortait pas. Il ne vivait plus enfermé dans le bunker, mais il était toujours en prison et il s'y enfermait seul, cette fois. Ça ne pouvait pas continuer. Depuis qu'il avait révélé son secret à Abel, la pression grandissait et le jeune homme peu habitué le supportait mal. Il lui fallait faire quelque chose, avancer pour de bon.

Pris d'une soudaine motivation teintée de désespoir, le chercheur repoussa les notes sur le côté et s'empara de son bloc pour affronter une page blanche. Il tira un stylo coincé derrière son oreille et entreprit consciencieusement de faire la liste de tout ce dont il avait besoin à l'heure d'aujourd'hui pour passer du stade de la recherche théorique à la pratique du développement d'un vaccin. La liste était conséquente et le scientifique se disait déjà que jamais Cale n'accepterait de mettre les survivants du labo en danger pour récupérer ce matériel pour lui, pour eux tous. Mais il continua quand même.

Chaque nouvelle ligne le motivait un peu plus à l'idée d'aller affronter le biker à la tête du groupe, dans l'espoir que bientôt, il puisse apporter une solution à un problème partagé par tous. Même Cale devait vouloir ça, malgré son mépris pour la science. Le chercheur s'activa sur cette liste pendant une bonne demi-heure et, enfin, après avoir pris une bonne inspiration, il se décida à prendre son courage à deux mains et à sortir de sa chambre. Le couloir carrelé de blanc qui menait jusqu'au hall principal du laboratoire lui donnait le tournis, une fois de plus, comme ça avait été le cas la première fois qu'il l'avait arpenté après six mois passés sous terre. Il ne flancha pas, cette fois et pénétra dans le hall avec le teint pâle et les yeux écarquillés, mais sur ses deux pieds.

Hélas, il n'eut pas vraiment l'occasion d'aller plus loin dans sa quête du biker qu'une habitante du labo lui sauta pratiquement dessus. Rajesh connaissait à peine la jeune femme qui venait de le saluer plus ou moins poliment, il savait seulement qu'elle était de ceux qui l'évitait autant que possible et souriait de cet air entendu quand il passait dans un couloir. « Bon... » Il n'alla pas plus loin, ses yeux s'ouvrant davantage alors que la jeune femme se déshabillait, là au milieu du hall, alors que n'importe qui aurait pu entrer tout à coup et les voir. Il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait, jusqu'à ce que son regard se pose sur la morsure déchirant la peau de la jeune femme.

Une seconde, le scientifique resta sans bouger, observant les traces de dents sur le flanc de la blonde. Sa bouche s'ouvrit, comme s'il allait dire quelque chose, mais il la referma rapidement et, au prix d'un effort considérable, se força à relever les yeux pour croiser le regard de la jeune femme. Pourquoi ? Pourquoi venait-elle vers lui pour ça. Il était catalogué comme le mec étrange toujours en train de chercher une solution à la pandémie, d'accord, mais... Pas comme un faiseur de miracle ! « Je... Qu'est-ce que... » Il ne savait pas quoi lui dire, comment lui dire, la panique l'envahissait peu à peu, glaçant le sang dans ses veines. Sans réfléchir, sans faire attention, ses doigts se refermèrent sur le poignet de la jeune femme et il tira dessus assez fortement. « Suis moi. » Hors de question qu'ils restent ici, hors de question que quelqu'un la voit comme ça. Il ne lui laissa pas le temps de répliquer et fit volte-face, remontant le couloir qu'il venait juste de traverser pour l’entraîner dans sa chambre.

Dès que la porte fut fermée, Rajesh relâcha le poignet de la jeune femme et s'appuya contre le battant. Une main tremblante vint caresser son visage et gratter une seconde les poils de sa barbe. Il ne pouvait rien pour elle, rien du tout. Le bloc-note qu'il tenait de sa main libre s'écrasa sur le sol quand il le lâcha aussi et il se fit violence pour affronter le regard de la blonde. « Quelqu'un d'autre est au courant ? » demanda-t-il d'une voix blanche. Si c'était le cas, quelqu'un viendrait probablement à sa recherche pour la tuer. Il ne la connaissait pas, il ne savait rien d'elle, mais il refusait d'être là quand un survivant bien pensant viendrait lui tirer une balle dans la tête. Il refusait de voir ça. « Tu t'appelles... Olivia, c'est ça ? Je... Je ne crois pas que je puisse t'aider, je... ça fait combien de temps ? » Tout ce qu'il pouvait réellement faire pour elle, c'était la soutenir pendant les dernières heures de sa vie, atténuer sa douleur, prendre en note tout ce qu'elle voudrait dire aux gens qui resteraient derrière tandis qu'elle avancerait vers la lumière... C'était peu, trop peu, mais tout ce qu'il avait en magasin.

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Olivia Castillo
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Ven 18 Aoû - 19:42

Le scientifique eut l’air aussi perdu que lui sur le moment. D’abord surpris, puis ensuite perdu. Il parvint à la traîner jusqu’à une pièce où ils pourraient avoir un petit peu d’intimité. Liv ne savait pas trop à quelle sauce elle allait être mangé pour le coup, et un pincement au cœur l’averti que ça ne présageait rien de bon. Elle suivit sans trop se faire prier, parce que dans son esprit, c’était lui qui saurait comment faire. Dépendait s’il y avait bien quelque chose à faire pour elle, ou non. L’espoir la faisait encore vivre, même s’il s’amenuisait progressivement. Elle se demandait quand les symptômes la prendraient, quand est-ce qu’elle commencerait à sentir la fièvre, à trembler, à délirer… Quand est-ce qu’elle pourrait parler à Nora et lui faire ses adieux…

Tout ça mis bout à bout, et l’endroit clos dans lequel ils se trouvaient tous les deux, Liv comprit même sans y croire que son destin était scellé. La première question qu’il lui posa eut le mérite de la troubler. Elle avait conscience qu’il se mettait en danger pour elle, qu’en plus de ça, c’était le groupe entier qu’elle prenait le risque de perdre. Si l’un d’eux découvrait ce qu’ils mijotaient, il n’aurait aucun mal à lui tirer une balle dans la tête. Certains étaient de cet acabit. Et elle supposait sur l’instant que Darren n’aurait jamais laissé faire s’il avait su. Pinçant les lèvres, elle secoua la tête :

« Non, personne, je-… » La déclaration suivante lui serra le cœur et la gorge en même temps. Les larmes lui montèrent aux yeux à vitesse grand V : elle ne voulait pas entendre ce genre de choses. Elle voulait qu’il la sauve, qu’il l’empêche de partir. « Quelques heures… » Répondit-elle simplement avant de ravaler son trop plein d’émotion.

Elle se refusait à craquer devant lui, alors qu’elle en avait légitimement le droit. Elle se refusait à être faible, surtout pas dans ses supposées dernières heures. Liv serait forte, digne de Nora. Même si le fait de mourir dignement était un concept qui lui échappait totalement, la blonde ne voulait pas afficher cette peur monstrueuse qui lui tordait les entrailles violemment depuis qu’elle prenait de plus en plus conscience de ce que ça voulait dire pour elle. Elle serra les poings, se plantant les ongles dans la peau pour se ressaisir, se donner du courage, la volonté de réagir :

« Mes amis m’appellent Liv. » Lui souffla-t-elle comme si elle lui demandait de le faire. Au point où elle en était. « Tu peux… Tu peux faire un truc ? Au moins essayer, non ? » Lui demanda-t-elle simplement en prenant n’importe quelle suggestion qui lui tomberait sous la main.

Olivia était prête à tout. Plus têtue qu’une mule, elle ne pouvait pas tout de suite baisser les bras. Elle savait qu’il n’y avait pas de remèdes, qu’il n’y avait pas moyen qu’on lui sauve la mise. Mais sa sœur et lui travaillent ici, tous les deux, non ? Ils avaient forcément de quoi faire ! Forcément une solution ! Sa mort n’allait pas être comme toutes les autres, une disparition qui passait inaperçue, qui n’avait aucun impact, qui ne changerait rien à la donne ! Si elle devait partir – puisqu’elle n’avait pas le choix – elle voulait le faire avec panache…

Et ça ne serait évidemment pas sans lutter. Elle y mettrait les griffes s’il le fallait, pour se rattraper aux racines. Il n’y avait plus que ça désormais pour la faire vivre : l’impossibilité de renoncer.

« Je vais mourir… ? » Demanda-t-elle d’une voix timide à son vis-à-vis. Ça n’était pas vraiment une question, ni vraiment une déclaration. Olivia était encore sur un entre-deux : dans l’incapacité d’accepter mais sur le point de comprendre ce que ça impliquait.

Il ne restait qu’à tuer tous ses espoirs, pour passer à autre chose.

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Rajesh Manjrekar
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Mer 23 Aoû - 12:31

Quelques heures. C'était une information importante, mais ça ne rassura pas Rajesh tout de suite. Pour l'instant, le scientifique ne parvenait à faire autre chose que de laisser peser son regard angoissé sur la blessée. Elle le mettait dans la pire situation qui soit et elle était profondément égoïste de lui faire ça. Il allait avoir des problèmes avec les responsables du groupe quand elle se transformerait. Il en aurait avec sa sœur aussi. Et il allait devoir rester à la regarder mourir sans rien pouvoir faire, c'était... Comment pouvait-on faire subir ça à un être humain ? Voilà les questions que le chercheur se posait. Il comprenait, pourtant. Elle avait peur. Lui aussi, d'ailleurs. Qui n'aurait pas eu peur dans un tel moment ? Il était celui qui faisait des recherches à ce sujet, la pièce dans laquelle ils se trouvaient actuellement était remplie de matériel, allant du microscope électronique jusqu'à la centrifugeuse. Tout le monde le savait et même s'il n'était encore jamais sorti de là en hurlant « Miracle, j'ai trouvé un remède ! » ça semblait logique qu'on se tourne vers lui dans un moment pareil.

Rajesh tenta donc de se calmer. Il cessa de tourner en rond pour se planter une fois pour toute devant sa paillasse et ferma les yeux alors qu'il prenait de longues et profondes inspirations en murmurant quelques mots en sanskrit. Il comptait bien répondre à la question désespérée que la jeune femme lui avait posé, mais il ne savait pas comment lui dire que non, il ne pouvait rien faire si ce n'était soulager sa peine ou gâcher des ressources précieuses pour rien du tout. Sauf qu'il ne pouvait pas le faire pour le moment. Il s'enferma plutôt dans son sanctuaire intérieur et puisa dans ses forces pour retrouver son calme.

Une nouvelle question, plus déchirante encore, lui fit ouvrir les yeux tout à coup. Rajesh observa Liv un instant. Le silence qu'ils laissaient s'installer après cette question pesait comme du plomb sur les épaules de l'indien. Avait-il réellement besoin de répondre à cela ? L'air coupable sur son visage devait répondre pour lui. Il poussa un soupir et s'approcha de la jeune femme. « Combien d'heures exactement ? » demanda-t-il sans la regarder. Il attrapa le bras de la blonde d'une main et le souleva pour mieux voir la morsure. Les doigts de son autre main se posèrent sur le flanc de Liv et il étira légèrement sa peau pour rendre plus nets les contours de la blessure. La peau autour de la plaie était gonflée et du pus s'en échappait abondamment. Mais ça ne ressemblait pas aux morsures que Rajesh avait observées jusque là. Il jeta un coup d’œil nerveux au visage de Liv et se permis de lâcher son bras pour poser sa main sur son front. Fièvre, mais encore très faible. C'était... « Assieds-toi sur le lit, s'il te plaît. »

Tandis qu'elle s’exécutait, le chercheur se détourna pour retourner près de son bureau où il récupéra une paire de gants en latex et du matériel. Un doute était en train de le gagner, mais il se retenait de dire quoi que ce soit pour le moment. Il n'avait pas droit de donner un faux espoir à une femme sur le point de mourir, c'était trop cruel. Il revint vers elle rapidement et s'installa à ses côtés sur le lit, déposant son matériel sur le matelas. Quelque chose clochait définitivement. Le pus était trop abondant, l'absence de cyanose n'était pas normale. Le chercheur s'évertua à nettoyer la morsure avec de la gaz et du désinfectant. « Tu es sûre que ça fait déjà plusieurs heures ? » demanda-t-il de nouveau, de plus en plus concentré et soucieux. Il l'ausculta encore quelques minutes sans plus rien dire et reposa finalement ce qu'il avait en main avant de relever les yeux vers elle, attrapant une petite boite de médicaments. « Je ne te promets rien, mais... On peut peut-être essayer quelque chose. Je vais te donner du paracétamol pour la fièvre et tu vas rester ici quelques heures, d'accord ? Je nettoierai la plaie régulièrement, on va voir comment ça évolue, mais il faudra que tu me dises très précisément comment tu te sens. » Il marqua une pause, pris d'une hésitation, avant d'ajouter : « Liv... Si... Enfin, pendant que tu es encore... bien, il faudrait peut-être qu'on parle. De ta sœur ou de tes amis ici. Si tu veux que j'aille les chercher ou que je leur dise quelque chose pour toi si ça ne s'arrange pas. Tu comprends ? » Il n'aimait pas cette idée, mais il fallait se préparer au pire. Un peu de paracétamol pourrait combattre la fièvre, mais si l'infection empirait subitement, il ne pourrait vraiment rien pour elle. Il fallait qu'elle mette ses affaires en ordre dès maintenant.

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Olivia Castillo
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Sam 2 Sep - 9:46

« Trois, ou quatre… » Répondit-elle à l’homme, qui semblait s’assombrir devant cette nouvelle. Comme s’il y avait vraiment eu quelque chose à tenter avant ça. « Qu’est-ce que ça change ? »

Liv avait l’impression d’être coincé dans un paradoxe dingue. Coincée entre l’espoir qu’il puisse y faire quelque chose, et la certitude que ça n’était pas possible. Il n’y en avait pas un pour prendre le dessus sur l’autre. A la fin pourtant, il n’y aurait qu’un vainqueur et même si elle n’osait pas se l’avouer, elle savait d’avance qui ça serait. Elle exécuta les demandes de Rajesh, se laissant tomber sur le matelas comme si elle était vide de toute conscience. Les yeux perdus, incapable de vraiment réfléchir, la blonde avait l’impression de courir après ses pensées, et c’était ça qui l’épuisait bien plus que la douleur à ses côtes. La gorge nouée, le scientifique tenta de lui faire passer doucement un message. Elle le comprit, et laissa échapper un rire sans joie.

On aurait pu la croire totalement hystérique à ce train-là, mais elle avait des raisons de l’être. Elle se tut l’instant d’après en posant ses yeux bleus sur Rajesh, avec une douceur qu’on ne lui connaissait pas. C’était probablement parce qu’elle était mourante qu’il était aussi sympa avec elle. Malgré l’impression d’avoir un nœud dans l’estomac, elle demanda à l’homme :

« T’es sûr de vouloir faire ça ? » ça n’était pas pour se moquer, mais pour avoir la certitude qu’il en aurait le courage. C’était un sacré poids qu’il acceptait de prendre pour la décharger de ce qui l’attendait. Liv avait beaucoup à composer avant l’heure, mais elle pouvait comprendre si c’était trop dur. « Tu penses que… Si d’ici quelques heures ça ne s’arrange vraiment pas, tu pourrais… » Elle hésita. « Trouver Nora, que je puisse lui parler moi-même ? »

Ses yeux s’embuèrent de larmes plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. L’idée de parler à sa grande sœur lui donnait envie de pleurer davantage, mais ce qui lui restait de fierté le lui interdisait. Pourtant, c’était bien la chose la moins importante du lot. Elle aurait dû laisser parler ses sentiments, pas son égo surdimensionné. Sauf que ça… ça n’était pas Liv.

« Je ne peux pas t’imposer ça, Rajesh… » Ajouta-t-elle en haussant les épaules, avant de grimacer à cause de la douleur. Son regard se perdit dans le vide et dans ses souvenirs. « Sinon… Il faudra dire à Darren que ce n’est pas de sa faute, c’est moi qui ais merdé. Et qu’il ne doit pas arrêter ses efforts pour être moins un sale con. »

Pourquoi pensait-elle à lui alors qu’elle le détestait présentement ? Elle avait l’impression que tout était de sa faute, même si elle avait une sacrée responsabilité dans sa mort à venir. Tout ça était un sacré paradoxe, elle ne savait même plus à qui s’en prendre. Et alors qu’elle faisait le bilan de sa vie, Liv se rendit compte qu’il n’y aurait personne pour la pleurer vraiment. Nora, certes, mais elle espérait que son aînée parviendrait à retrouver le goût à la vie rapidement. Est-ce qu’elle voulait vraiment savoir, au fond ? La marque qu’elle laissait sur terre, le souvenir qu’elle laissait aux autres. Elle en avait presque honte.

« Du reste… Il n’y a que ça. » Admit-elle d’une voix étranglée.

On se souviendrait d’elle comme une casse-pied incroyable, avec un égo plus gros qu’une montgolfière, morte bêtement. Un poids pour sa sœur, qui se portera probablement mieux sans elle. Ça, c’était une certitude qu’elle avait depuis longtemps. Liv eut un nouveau rire : après tout ce qu’elle lui avait fait, Nora s’en sortirait forcément.

« Merci pour ce que tu fais. » Lâcha-t-elle soudainement en plantant son regard dans celui de Rajesh. « Pour ce que tu essayes de faire. »

Elle serra ses mains, se tordant les doigts au point de s’en faire mal. Mais c’était un moyen de ressentir autre chose que cette peur qui la faisait suffoquer.

« Je voyais pas vers qui me tourner d’autres sans me faire achever directement, je… » Elle haussa les épaules, consciente qu’elle lui mettait sur les épaules une sacrée responsabilité, et qu’elle n’était pas une belle personne. « C’est parfaitement inconscient ce que je fais, j’en ai conscience… » Admit-elle presque froidement. « Mais s’il y a la moindre chance que ça marche, la moindre chance que je puisse parler à Nora une dernière fois, je m’en fiche… »

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Rajesh Manjrekar
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Mer 13 Sep - 2:07

Trois ou quatre heures... Rajesh n'avait pas répondu à la question de la jeune femme, mais cette information ne quittait plus son esprit, tournant en boucle encore et encore. Quelque chose le turlupinait clairement, mais il essayait de toutes ses forces de se concentrer d'abord sur Liv. Il n'osait même pas imaginer comment elle devait se sentir en ce moment, ce que ça pouvait faire d'être revenue jusque ici en sachant qu'elle allait mourir... Il fallait un certain courage,il s'imaginait facilement tomber en morceau à sa place et pourtant, elle était là, elle ne pleurait même pas, elle essayait de garder la face et il l'admirait beaucoup pour ça.

Le rire de la jeune femme lui glaça le sang et il remua légèrement sur place, preuve de son malaise, mais garda le silence et se força à la regarder quand même. Aussi horrible celui puisse-t-il être, ça n'était malheureusement pas la première fois que Rajesh se retrouvait enfermé avec un infecté se précipitant vers la mort. Il y en avait eu trois avant lui, quatre si l'on comptait celui de ses anciens collègues s'étant tiré une balle avant que le poison ne l'emporte réellement. Il avait vu le désespoir en face bien trop souvent à son goût, c'était gênant et difficile, mais le mieux qu'il puisse faire était de rester calme pour eux deux. Il hocha la tête positivement à la question de la blonde. Oui, il était certain de vouloir faire ça, ça ne faisait même aucun doute. « J'irais la chercher tout à l'heure, aucun problème. » Il marqua une petite pause, jetant un regard à sa montre. Trois ou quatre heures... Il aurait mieux fait d'aller chercher Nora tout de suite, à vrai dire, car ses observations lui avaient déjà prouvé depuis longtemps que passé cinq heures, toute tentative de conversation cohérente devenait inutile.

Mais une fois de plus, le chercheur garda le silence pour le moment. Il leur restait au moins une heure avant que ça ne devienne vraiment problématique, il pouvait bien offrir quelques minutes supplémentaires à Liv pour parler, se décharger, n'importe quoi. Et puis... Cette petite idée qui ne le quittait plus l'empêchait de se précipiter vers quelqu'un à prévenir. La partie la plus vicieuse de sa soif de connaissance lui hurlait d'attendre encore un peu, d'attendre jusqu'à ce qu'il soit sûr, qu'il puisse prouver qu'il avait tort. Ou raison, qui pouvait savoir ?

Aussi, il l'écouta patiemment, tâchant de prendre note mentalement de tout ce qu'elle disait pour ne rien oublier. L'idée d'aller parler à Darren ne le rassurait pas vraiment, mais il s'y tiendrait, il l'avait promis. Un sourire qu'il espérait rassurant venait de s'imprimer sur ses lèvres quand il osa poser une main sur l'avant-bras. « Je fais seulement ce que j'ai à faire. » assura-t-il gentiment. « Mais si tu veux vraiment me remercier, essaye de ne pas me mordre si tu... » Cette tentative de plaisanterie mourut immédiatement et le piteux sourire du chercheur disparut aussitôt. « Désolé, ce n'est pas vraiment le moment de faire de l'humour. » Il se releva brusquement, lui tendant la boite de paracétamol au passage et s'éloigna pour retourner à sa paillasse où il récupéra sa bouteille d'eau.

« Très bien, écoute-moi. Si ton infection se propage normalement, ta fièvre devrait augmenter considérablement et tu risques d'avoir des hallucinations d'ici une heure ou deux. » Il lui tendit la bouteille avant de reprendre. « Maintenant, je ne suis pas en train de dire que tu es tirée d'affaire et que je peux te sauver, mais on dirait bien que ton infection ne se propage pas normalement du tout, tu devrais être bien moins en forme à l'heure actuelle. Alors, je te propose de prendre deux comprimés et de te reposer pendant quarante-cinq minutes ici. Si ça ne va pas mieux à la fin de ce délai, j'irais chercher ta sœur pour que vous puissiez parler avant... avant que tu ne perdes l'esprit. » Il resta une seconde à la regarder, mais ne lui laissa pas le temps de répliquer avant d'ajouter. « Mais si tu permets, j'aimerais... T'attacher. Par simple sécurité. »

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Sam 16 Sep - 20:42

Rajesh avait cette maladresse touchante qui, si elle n’arracha pas à Liv le moindre sourire, eut au moins le mérite de l’alléger. Elle n’était pas prête à rire aux éclats, cependant, elle trouvait ça agréable de ne pas avoir à se lamenter sur son propre sort. Le scientifique n’était probablement pas très doué pour ça – que ça soit avec les femmes ou plus généralement les êtres humains. Il lui rappelait sa sœur, d’une certaine manière qui, si elle avait une fibre maternelle développée, pouvait s’avérer un petit peu robotique lorsqu’elle ne se surveillait pas. De cette froide délicatesse, Liv avait fini par y trouver du réconfort.

« Il n’y a pas de mal. » Lui murmura-t-elle doucement avant de détourner le regard.

La blonde attrapa la boite qu’il lui tendit pour la regarder sous toutes les coutures. Les yeux toujours rougis par les larmes, elle tenta de contenir toutes ses émotions pour suivre avec application tout ce qu’il lui disait. Encore une heure ou deux ? Elle espérait que ça serait plus deux. Hochant la tête, elle sentit sa gorge se nouer lorsqu’il lui expliqua qu’elle perdrait probablement l’esprit, et tout ce qu’ils s’accordaient, c’était probablement un sursis. Des minutes, des heures idéalement. Mais Liv n’était plus vraiment en position d’y croire.

Encore moins quand il lui demanda s’il pouvait l’attacher. Elle écarquilla les yeux sous la surprise, avant d’essayer de retrouver son sérieux : C’était logique. Elle ne devait pas le blesser, ou pire, si elle se transformer.

« Oui, va y. » Lui fit-elle simplement.

Il se retourna pour prendre ce qu’il devait, pendant qu’elle ouvrit péniblement sa poitrine de comprimés pour s’en prendre un. Elle l’avala avec une gorge d’eau, manquant de s’étrangler. Toussant doucement, elle vint s’allonger, posant sa tête sur le coussin de fortune qu’elle trouva, avant de laisser Rajesh faire ce qu’il devait faire. Son poignet se trouva entouré dans métal froid, puis menotté au pied du lit sur lequel elle était allongée. Elle esquissa un sourire :

« D’ordinaire, je ne laisse jamais un homme m’attacher. T’es pas banal, Raj. » Blagua-t-elle d’une voix éteinte. « Tu n’es pas obligé de rester, reviens plus tard. » Fit-elle simplement. « J’ai… J’ai besoin de réfléchir. »

Cette solitude ne lui ferait pas du bien, mais avec toutes les pensées qui luttaient dans sa tête, elle avait besoin de tout l’espace pour les étaler sur les murs et en faire le tri. Toutes bataillaient pour se frayer un passage et s’exprimer. En première ligne : elle ne voulait pas mourir. Elle avait encore tellement de choses magnifiques à vivre, même si ce monde était désespéré. Ensuite, elle avait envie de dire tellement de choses à Nora. De refaire le monde et son passé avec elle, pour qu’elles aient enfin la vie qu’elle méritait. Sa gorge se noua, les larmes coulèrent à nouveau. Elle ne tenta pas de les retenir, trop fatiguée pour ça.

De toute façon, Olivia était seule. Elle n’avait même pas entendu l’homme sortir. Mais c’était pas plus mal. Se reconcentrant sur elle-même, la blonde fit le tri pour essayer d’organiser son discours. Elle ferma les yeux et une poignée de seconde plus tard, Rajesh réapparut dans la pièce.

« Déjà ? » Lui fit-elle en se redressant doucement. « J’ai à peine eu le temps de me dire que je voulais qu’on écoute Kim Carnes à mon enterrement. Bette Davis Eyes. Je n’ai pas eu le temps de penser aux anecdotes qu’il faudrait dire aussi, pour qu’on se souvienne de moi d’une bonne manière… » Elle se permit un sourire. « Je n’ai pas d’hallucinations. Enfin… Je n’ai pas l’impression d’en avoir. Et le paracétamol doit faire effet… » Lui signifia-t-elle.

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Sittin' on my own, chewin' on a bone, a thousand million miles from home when... something hit me somewhere right between the eyes. Sleepin' on a plane, you know you can't complain, you took your last chance once again... I landed stranded hardly even knew your name
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Rajesh Manjrekar
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Dim 24 Sep - 12:56

Pendant quelques secondes, Rajesh resta planté devant le lit de camp à observer la jeune femme après qu'il lui ait demandé la permission de l'attacher. Elle donnait l'impression d'être une femme réaliste et comme il s'y attendait, elle finit par accepter. Cela n'empêcha pas le scientifique de la jauger un petit instant. Ce n'était pas une demande banale et aussi logique soit-elle, ça ne faisait qu'affirmer ce qu'ils savaient déjà : d'ici quelques heures, elle deviendrait probablement une créature sanguinaire avide de chaire fraîche et prête à tout pour l'avaler tout rond.  Aussi, le scientifique se détourna pour aller récupérer la paire de menottes rangée dans le tiroir de son bureau, qu'il avait remonté du bunker où il l'utilisait autrefois de la même manière sur ses collègues. Ça ne lui prit pas plus de quelques secondes pour revenir auprès de la jeune femme et attacher son poignet aux barreaux du lit. Elle parvenait encore à faire de l'humour et un rire tenant plus du gargouillement s'échappa brièvement de la gorge serrée de Rajesh. Il trouvait cette situation plus qu’inconfortable, déjà que les blagues de ce genre le mettait toujours mal à l'aise quand elles étaient faites gratuitement, mais là...

Pour tout dire, il avait bien envie de prendre la fuite, comme le suggérait la jeune femme en lui demandant de lui laisser un peu de temps pour réfléchir. Sa rigueur scientifique aurait voulu qu'il reste avec elle à chaque seconde jusqu'à ce qu'elle ne pousse son dernier soupir, qu'il n'en perde pas une miette et qu'il prenne en note chaque moment. Mais son malaise et son humanité le poussaient à accepter. « T'es sûre ? Ça ne m'ennuie pas de rester. » se sentit-il quand même obligé de répondre. Mais elle était sûre et il n'insista pas plus que ça, hochant simplement la tête pour acquiescer. « D'accord, il est 14h27. » lâcha-t-il en regardant de nouveau sa montre. « Je reviens dans 35 minutes très exactement. À mon retour, je t'ausculterais et selon comment tu te sens, j'irais chercher Nora ou non. Repose-toi, c'est important. Bois si tu ne t'endors pas, surtout ne reprends pas de médicament et... Accroche-toi. » Il n'était même pas certain qu'elle l'ait entendu ou écouté, mais il tourna quand même les talons et quitta la pièce pour la laisser seule.

Pour lui aussi, cette solitude posait un certain problème. Il ne savait vraiment pas quoi faire et il se contenta donc de remonter le couloir pour retourner jusque dans le hall dont il fit le tour plusieurs fois. Tourner en rond comme ça devait le faire ressembler à un fou, encore plus que d'habitude, mais il ne s'en inquiéta même pas, se repassant plutôt à voix basse les différentes étapes qu'il avait observé par le passé. Sur l'une des pages de son bloc-notes, le déroulement exact de cette transformation était noté avec soin, avec des couleurs et des mots soulignés. Mais Rajesh connaissait cette page par cœur depuis longtemps et s'il la tenait dans sa main, il n'avait aucunement besoin d'y poser les yeux pour réciter tout ce qui y était écrit, au mot près. Sauf que déjà, force était de constater que l'étape une n'avait pas encore atteint Olivia. Et pourtant, elle aurait du atteindre l'étape deux d'un moment à l'autre.

Il passa trente-trois minutes ainsi, à tourner en rond en laissant cette information primordiale grandir et prendre toute la place dans son esprit, avant de faire le chemin inverse et de retrouver sa chambre. Elle semblait s'être endormie, mais se redressa rapidement lorsqu'il referma la porte derrière lui. « Comment tu te sens ? » demanda-t-il vaguement en approchant de sa paillasse pour ramasser son stéthoscope et ses notes et revint près du lit où il s'installa de nouveau. Elle affirmait ne pas avoir d'hallucinations, malgré le discours un peu étrange qu'elle venait de tenir sur ses funérailles. Probablement était-ce une plaisanterie pour elle qui n'atteignait certainement pas le chercheur. À cet instant, il était totalement concentré. Envolée, son empathie, la jeune femme devant lui tenait désormais plus du rat de laboratoire que de la patiente ou de l'amie. Il commença par poser une main sur son front pour constater qu'en effet, la fièvre tombait doucement. Première bonne nouvelle qu'il s'empressa de noter sur une page portant son nom en lettres capitales tout en haut. Puis, il glissa deux doigts contre son poignet et observa sa montre avec attention pour prendre son pouls, retournant noter les résultats aussitôt. Enfin, il s'occupa de défaire le pansement qu'elle avait autour de la taille pour observer la morsure et la nettoyer de nouveau. Elle était nette, propre et toujours aucune trace de cyanose.

« Très bien, allonges-toi. » Il attendit qu'elle s’exécute et prit ses mains pour les croiser sur son ventre. « Laisse-toi faire, ne force rien. » ajouta-t-il avant de s'emparer de sa lampe de poche sur la table de chevet pour frapper doucement sur ses deux genoux. Le réflexe moteur fit frémir ses deux jambes normalement, de même pour les coudes. Il observa ses pupilles, palpa ses ganglions, écouta son cœur et ses poumons, mais il n'y avait rien de notable, rien d'anormal. Un long soupir traversa les lèvres du chercheur alors qu'il se redressait et rangeait ses affaires, posant son regard sur la jeune femme. Il se mordit la lèvre, hésitant un instant. Il connaissait cette possibilité, il l'avait théorisé depuis un moment, mais pour la première fois de toute sa vie, il s'apprêtait peut-être à en avoir une preuve concrète, réelle. Et c'était une nouvelle tellement excitante qu'il ne parvint pas à la garder pour lui plus longtemps. « Liv... Il y a quelque chose qui cloche, c'est à peine si tu as les symptômes d'une grippe. » avoua-t-il d'une voix beaucoup trop joyeuse. « Quand le groupe s'est battu avec les Punishers, quelqu'un est mort là-bas mais il ne s'est jamais transformé. » reprit-il à toute vitesse. « Depuis tout ce temps, je me dis qu'il est possible que... que certains d'entre nous soient... immunisés contre la bactérie. Les chances sont très faibles, mais si tu me le permets, j'aimerais qu'on attende encore un peu avant d'aller prévenir ta sœur. Pour le moment, il faudrait juste que tu restes ici et qu'on passe ensemble la phase d'observation, je te ferais des soins de base pour t'aider à combattre l'infection à coup de désinfectant et de paracétamol et si je ne me trompe pas... »

Dans l'esprit du chercheur, les milliers de possibilité et d'expériences réalisables grâce à cette nouvelle information s’enchaînaient à une vitesse folle. Il voulait tout savoir, comment fonctionnait l'immunité, sous quelles conditions, sous quelles circonstances et il imaginait déjà des tas de façons différentes de tester cela... Il ne lui manquait plus que l'approbation de son cobaye. « Si j'ai raison et si tu es d'accord, on pourrait... On pourrait trouver un vaccin ou un traitement, mais il faudrait faire différentes expériences et tu serais vraiment un chaînon essentiel à tout ça. »

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To the scientist there is the joy in pursuing truth which nearly counteracts the depressing revelations of truth. ▬ H. P. Lovecraft
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