Talk tonight - Darren



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Knowledge can change our fate
Olivia Castillo
Matricule n°001
Knowledge can change our fate
Sam 12 Aoû - 9:13

Elle se laissa retomber en arrière, comme si elle se relâchait totalement. Trop con. Emportée dans son mouvement, sa tête rencontra le mur derrière elle, et une vive douleur lui transperça le crâne. Une grimace plus tard, Liv laissa échapper quelques insultes, comme si ça pouvait faire passer plus vite ce qu’elle ressentait. Il ne lui en fallut pas plus pour s’arrêter, puis partir dans un fou-rire incontrôlable. La blonde se retourna sur son flanc sauf, et vint se tenir les côtes pour éviter de souffrir davantage. Elle avait tout l’air d’une sacrée timbrée, mais c’était comme ça depuis quelques jours, sans qu’elle ne puisse rien y faire. La blonde passait d’une humeur à l’autre sans pouvoir se contenir : des rires, aux larmes, comme si ses émotions étaient à fleur de peau, et refusaient de la laisser un peu en paix.

Repassant sur le dos, elle fixa le plafond. Elle ne savait pas comment expliquer tout ça. Sa respiration se calma, et se fit plus profonde, signe qu’elle était détendue. Tout était si troublant désormais… C’était comme si un voile venait d’être retiré de devant son regard, et qu’elle observait le monde sous un nouveau jour. Comme si avoir frôlé la mort de près lui avait fait réaliser un nombre incalculable de chose. Elle d’ordinaire mesurée dans tout ce qu’elle faisait était une boule de sentiments sur le point d’éclater à la moindre secousse. Tout était bizarre, tout était curieux, elle ne savait plus comment canaliser tout ce qu’il se passait à l’intérieur.

Ses pensées même étaient diffuses. Lorsqu’elle en attrapait une par la queue, cinquante autres s’enfuyaient à toute vitesse ! Comme du sable qui s’échappait entre ses doigts, qu’elle n’arrivait pas à retenir… Liv esquissa un sourire, avant de porter une main sur son visage, et se frotter les yeux. L’alcool commençait à la troubler plus que de raisons. Parce que oui, elle était saoule. Sacrément saoule… Un autre rire vint secouer ses épaules, sans trop savoir pourquoi elle était aussi légère. Peut-être que le rhum jouait beaucoup dans l’équation, mais à dire vrai, c’était surtout du soulagement. Ça faisait des jours maintenant qu’elle était soulagée, et ce sentiment de béatitude ne pouvait pas la quitter.

Elle était en vie… Elle était en vie. C’était la seule certitude qui apparaissait dans son esprit comme clair. Rajesh tentait toujours de comprendre pourquoi, comment, mais la blonde était juste heureuse. Encore sous le choc évidemment, ayant du mal à réaliser qu’elle était passée très près de la faucheuse pour le coup… Mais vraiment et sincèrement heureuse. Se retournant, elle passa sur le ventre et attrapa sa bouteille qu’elle porta à ses lèvres. L’alcool lui brûla les papilles puis la gorge, et elle manqua d’avaler de travers sur le coup.

On frappa à la porte. Liv se figea, eut l’impression d’être prise en faute. Mais personne ne l’avait vraiment vu dans cet état alors elle se redressa en rigolant comme une idiote. Posant sa bouteille, elle la referma avec soin pour éviter d’en renverser. Elle faillit trébucher dans ses affaires, mais parvint jusqu’à la porte en ouvrant celle-ci à la volée. Là, la blonde mit un petit temps à réaliser qui se trouvait devant elle : Darren. Elle ne sut trop comment se comporter face à lui, surtout que la dernière fois qu’ils s’étaient concrètement adressés la parole, les choses avaient été… Compliqué. Elle soutint son regard, et pinça les lèvres.

« Oh, salut… » Minauda-t-elle avec une petite moue friponne dont elle avait le secret. Elle papillonna des cils et rajouta : « Vous vous êtes perdus, beau gosse ? »

Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Elle ne se voyait même pas agir comme si de rien n’était, comme si elle essayait de le charmer. Elle ne savait même pas pourquoi elle faisait ça. Un vertige la prit, Liv se rattrapa brutalement à sa porte, et éclata d’un petit rire amusé. Ok, elle était saoule. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Tout comme sur le fait qu’avec sa tête de six pieds de longs, Darren allait réussir à la faire décuver en un rien de temps.

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Darren I. Wells
Matricule n°001
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Sam 12 Aoû - 17:18

Cela faisait quelques jours déjà que Darren refusait de bouger, ne sortant uniquement quand il fallait partir en expédition, chose qu'il s'entêtait à faire seul depuis le presque accident avec Liv. Parfois, il consentait à prendre Teddy avec lui mais bien souvent, tout du moins depuis qu'il se noyait sous la culpabilité, elle préférait couiner d'inquiétude pour son maître. Ils s'aimaient tous les deux mais il était connu que les animaux ressentaient la détresse des humains avec qui ils étaient liés. Alors simplement, il préférait quitter le groupe quelques heures, si ce n'était la journée entière pour se perdre dans les alentours et réfléchir. Il ne cherchait même pas réellement à s'approvisionner, tout ce qu'il voulait c'était réfléchir. Alors il profitait de ce temps dehors pour investir un appartement, une maison, un endroit qu'il pouvait protéger seul. Alors, à nouveau il se calait dans un coin, fixait un point invisible et se triturait les méninges pour tourner encore et encore les différentes scènes dans son esprit. A chaque fois qu'il fermait les paupières, le souvenir de sa soeur se mélangeait à celui de son ancienne partenaire qui n'était pas passée loin de la case pipe. La culpabilité le rongeait plus qu'il ne le pensait, au point où, parfois, les larmes apparaissaient sans qu'il ne puisse empêcher le phénomène.

De retour au laboratoire, il recommençait à errer, telle une âme en peine. Durant ces jours, il avait croisé la blonde mais n'avait jusqu'alors pas pu lui adresser la parole, déviait le regard et baissait la tête pour l'éviter au mieux. Il ne voulait pas la croiser car il n'aurait pas su quoi lui dire. Il évitait même certains de ses amis et faisait même demi tour quand il voyait son aînée. Dans sa chambre, son esprit fonctionnait encore et toujours à pleins régime tandis que sa chienne venait se poser contre lui pour offrir tout le réconfort dont elle était capable. Généralement, il glissait ses doigts entre les oreilles de sa bête, la caressait pour l'apaisé mais cette fois, ce jour, ce moment, il ne parvenait plus à faire semblant. Il étouffait. Il voulait savoir, comprendre. Il voulait la voir, l'entendre... Comment parvenait-on à obtenir du courage alors qu'on mourrait intérieurement d'inquiétude.

Il lui fallut quelques heures pour se décider. Darren avait passé de nombreuses minutes à se cacher le visage dans les mains, pesant le pour et le contre de sa décision. Sa conviction ne cessait de faire le yoyo et bien trop souvent il se sentait beaucoup trop merdique pour affronter la blonde. Pourtant, un élan de courage se fit lorsque son animal émit un grognement. Sans doute qu'elle s'agaçait de le voir se mettre dans tous ses états pour ne jamais se bouger. Dans d'autres circonstances, probablement que le dresseur serait aussi incommodé par ce jeu d'hésitation redondant. Il s'était levé, avait inspiré un bon coup et avait dirigé ses pas vers la chambre de la survivante. Et pourtant... Pourtant, sa détermination s'envola au moment où il frappait quelques coups à la porte, ayant un léger frisson de doute. Et si elle lui claquait la porte au nez ? Et si elle refusait simplement d'ouvrir ? Implacablement, le remord profita de cet instant de faiblesse pour venir lui frapper au visage, un crochet digne des plus grands boxeurs du monde, l'assommant violemment. Une envie naquit dans la corps de l'éducateur alors que son estomac se tordait. De nombreux scénarios défilaient dans son esprit mais il ne pu en attraper un pour se fixer que la porte s'ouvrait, laissant place à une femme euphorique.

"Je..." tentait Darren alors qu'il fixait la jeune femme. "Je voulais te voir. Enfin... Te parler. Pour..." Pour quoi déjà ? Il se frotta la nuque, gêné de se retrouver là. Olivia tangua et il eut le réflexe de vouloir la rattraper pour l'empêcher de se casser la figure sans pour autant que son aide ne soit pas nécessaire. "Est-ce que ça va ?" fit-il en haussant un sourcil. Le sudiste n'avait pas l'impression qu'elle lui en voulait. Son attitude était même à l'opposé de ce qu'il avait vu il y avait de cela des jours, loin de celle de l'inquisitrice qui lui faisait comprendre qu'elle avait failli y laisser la vie par sa faute. "Je devrai peut-être te laisser, t'as l'air... Occupée..." lâchait le survivant alors qu'il captait que la jeune femme n'était pas dans son état habituel. Plongeant les mains dans ses poches, il recula voulu reculer d'un pas alors qu'il prenait enfin en compte une odeur d'alcool flagrante. A nouveau, son sourcil se haussa alors cherchait à croiser son regard. "T'es... bourrée ? Liv ? Sérieusement ?"

Encore une fois, il se sentait idiot. Ce n'était pas la première fois depuis les nombreuses heures passées mais là, il ne comprenait même pas sa propre incompétence et son inattention. "Il faudrait que tu te reposes." renchérissait l'homme en posant les mains sur les épaules de la demoiselle avant de les enlever rapidement comme si ce simple contact venait de lui brûler la peau. Gêné, intimidé, il ne savait comment décrire cette sensation d'être en trop. Pourquoi la voyait-il dans cet état. Était-ce uniquement pour le punir ? Était-ce à cause de lui qu'elle se faisait ainsi du mal ? Soupirant plus pour lui que de la situation, il vint simplement se faufiler dans la pièce réservée à la blonde, évitant de la toucher au mieux pour poser la main sur la porte et la refermer afin que personne ne soit témoin. Ses yeux détaillèrent l'endroit sans pour autant s'y attardé réellement, zappant même la présence de la bouteille d'alcool. Qu'est-ce qu'il foutait là, déjà ? Pourquoi il traînait encore là quand il suffisait de partir et d'oublier, quand il pouvait remettre cette discussion à un moment où sa partenaire, enfin ancienne partenaire, serait sobre...

En se passant la main dans les cheveux, ce fut comme une avalanche de boulets dans l'estomac, lui causant une douleur indescriptible. Est-ce que ses tortures mentales étaient responsables de ça ? "Je sais pas ce que j'fous là..." marmonnait l'éducateur alors qu'il abandonnait son plan initial, se dirigeant alors vers la sortie pour ne plus être aussi à cran que dans l'instant. Il n'y arrivait pas. Finalement, elle pouvait bien lui en vouloir, il n'avait pas envie de l'affronter, pas envie de la voir saoule, pas envie de... Il ne savait même plus pourquoi il s'était enfermé dans cette chambre. Il n'avait rien à faire là. "Salut. Désolé." fit-il en s'approchant. "Désolé pour tout" qu'il voulu ajouter.

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Olivia Castillo
Matricule n°001
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Sam 12 Aoû - 17:51

Liv tira sur les manches de son pull, avant d’en saisir le bas pour le descendre le plus possible. Ça n’était qu’aux premiers mots de Darren qu’elle réalisa la tenue dans laquelle elle lui avait ouvert. C’était simple : elle n’avait même pas fait l’effort d’enfiler un pantalon. A dire vrai, la blonde comptait rejoindre Morphée avec sa gueule de bois, et probablement continuer sa nuit encore un peu en compagnie de sa bouteille de rhum. L’homme voulait une discussion, alors sur le coup, elle se dit juste que pour parler, il fallait avoir l’air un peu plus… Sérieuse ? Puisque c’était probablement une conversation sérieuse qu’il voulait, vu son expression ! comme une idiote, elle rigola en tentant de couvrir son short à cœur. C’était ridicule, mais elle le trouvait confortable.

« Ouh, tu voulais me voir ? Je te manque, Darren ? » Plaisanta-t-elle alors que ça n’était pas dans le ton.

Elle était tout bonnement incapable de saisir son trouble. Euphorique, prise dans sa mêlée de sentiments, Liv n’était douée pour rien. Elle était juste heureuse, oui. Soulagée, heureuse, décidée, prête à vivre pour de bon. Pleine de toutes ces bonnes résolutions qu’ont ces gens qui réalisent soudainement quelque chose. C’était ça qu’elle réalisait : elle vivait. Elle avait frôlé la mort et elle vivait pour de vrai. Elle était incapable de se dépêtrer de son sourire, malgré l’hésitation dans l’attitude de Darren, ou même dans son regard. Quand il comprit qu’elle n’était pas dans son état normal, il la fixa avec un air de reproche.

« Me regarde pas comme si tu n’avais jamais touché une goutte d’alcool de ta viiiie… » Souffla-t-elle, comme si elle lui disait que ça n’avait pas d’importance. Il la repoussa à l’intérieur de sa chambre, elle se laissa faire en se dandinant doucement, dansant sur ses pieds dénudés avant de se planter à quelques pas de lui.

Elle se contenta de soupirer quand il lui souffla qu’elle devait se reposer. Elle avait l’impression d’entendre Nora ! Décidée à ne certainement pas l’écouter, elle attrapa simplement un gilet qu’elle passa autour de ses épaules dénudées, avant de comprendre que Darren était finalement sur le départ. Soudainement, ça lui fit l’effet d’une douche froide. Elle se raidit, glapit un « Quoi ? » qui trahissait son étonnement, avant de venir se planter entre lui et la porte.

Comme un courant d’air, Liv était passée et l’empêchait d’accéder à la sortie. Certes, il y avait une certaine proximité, il ne l’avait pas vu faire, ne l’avait pas arrêté non plus vu qu’elle excellait dans l'art de prendre au dépourvu. Dos contre la porte, elle verrouilla habilement la poignée et le fit reculer pour qu’il ne cherche plus à s’enfuir.

« Reste ! » Supplia-t-elle-même d’une petite voix qu’elle savait irrésistible, en lui lançant un regard brillant à qui on ne refusait rien.

Peut-être aurait-il l’impression qu’elle se moquait de lui, qu’elle ne le prenait pas au sérieux. Mais ça n’était pas le cas. Elle était juste désinhibée. Prête à tout réaliser, par la force de ses petits bras et de sa pensée. Elle s’avança, et en écho avec son propre geste quelques jours avant, elle posa doucement ses mains sur ses joues pour lui attraper le visage. Son regard se fit doux, presque tendre. Chose rare chez cette femme, qui ne l’était quasiment jamais et avec une seule personne jusqu’ici.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Murmura-t-elle doucement à l’homme, avant de réaliser qu’il avait eu peur pour elle. Oui. Elle-même avait eu peur, et il ne savait pas à quel point. Ses lèvres s’étendirent, elle éclata même d’un rire enjoué, en comprenant que Darren l’imperturbable, l’indifférent, le je-m’en-foutiste, s’était sincèrement inquiétée pour elle. Elle eut l’impression d’avoir des papillons dans le ventre. Ou peut-être était-ce juste l’effet de l’alcool sur elle. Mais là, elle était une femme pleine d’amour à donner, et de saisir qu’un homme comme lui pouvait peut-être s’être attaché à elle, ça la rendait toute chose. « Fais pas cette tête : Je suis en vie ! » S’exclama-t-elle.

Peu importait combien de fois elle le dirait. Elle se le répétait sans cesse, pour finir par y croire. Il ne pouvait pour l’instant pas comprendre tout le poids de ce mot, tout ce que ça signifiait en réalité. Elle était vivante !
Liv prit une profonde inspiration et s’écarta d’un pas. Peut-être que la proximité devait le gêner. Peut-être que ça l’empêchait de lui dire ce qu’il était venu lui dire. Alors elle se présenta simplement à lui, et lança vivement :

« Tu voulais me voir, me voilà. » Elle reprit même son air mutin. Difficile de croire que, quelques jours avant, elle lui en voulait à mort pour cette sortie. « Et tu veux me parler, donc parle ! » Exigea-t-elle d’un air décidé qui ne souffrait d’aucun refus.

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Dernière édition par Olivia Castillo le Lun 14 Aoû - 14:29, édité 1 fois
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Darren I. Wells
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Sam 12 Aoû - 21:02

Il voulait partir, quitter la place et retourner s'enfermer dans son antre en se maudissant d'avoir été incapable de parler. Mais il n'y arrivait pas et les réponses ainsi que l'état de la jeune femme ne l'aidait pas à se décider. A quoi servait de rester alors qu'il faudrait seulement qu'elle décuve sagement dans son coin. Elle n'avait pas besoin de lui pour ça alors.... Qu'on le laisse s'en aller. Pourtant, la blonde n'avait pas franchement l'air pour cette idée. Déjà qu'il n'était pas très attentif, si en plus elle s'amusait à le surprendre en apparaissant comme par magie devant lui... Elle se tenait, là, entre lui et la liberté, elle était là et refusait catégoriquement qu'il s'en aille, le prouvant par ce simple geste qui venait verrouiller la pièce. Ils étaient face à face, proche, trop proche au goût du brun qui se sentait mourir de l'intérieur tant il ne savait pas quoi faire, si ce n'était se plier à sa volonté en se laissant repousser. L'homme entrouvrit les lèvres et se contenta de détailler sagement la jeune femme alors qu'elle s'approchait à nouveau de lui.

Les mains de la femme sur les joues, Darren se contenta de fixer son visage, déglutissant difficilement alors que son regard trahissait l'inquiétude et la culpabilité qui rongeaient son âme. Puis il y eut un éclat de rire. Elle se marrait à gorge déployée... Comment il devait le prendre ça ? Se fichait-elle de lui ? Ce serait pas bien nouveau mais... Après ce temps passé à s'ignorer... C'était perturbant. L'agacement se mélangeait aux sentiments déjà présents alors qu'elle assurait qu'elle était en vie. "Je vois ça, que tu es en vie, oui..." fit-il dans un murmure alors qu'elle semblait se réjouir de cette nouvelle. Il ne comprenait pas vraiment cette phrase. Quoique... Enfin si, il comprenait. Elle avait été sous le joug d'un macchabée qui avait tenté de lui croquer un bout de chaire. De fait, elle se réjouissait probablement d'avoir pu éviter une fin atroce. Et puis enfin, elle se recula. Ce fut un soulagement pour l'homme qui soupirait lentement. Il ne s'était pas rendu compte qu'il ne respirait que difficilement quand elle était proche de lui, perturbé autant par sa présence que par son attitude. A nouveau, elle fit preuve d'un changement de ton qui le surpris. Elle exigeait qu'il s'explique.

"Je ne crois pas que ce soit le moment..." laissait-il échapper timidement. Elle n'était pas en condition pour parler, il n'était pas en condition pour s'expliquer. Le regard clair de la femme se durcissait devant son refus, le faisant reculer d'un pas, fuyant son visage. A nouveau, il baissa la tête alors que dans son crâne ses différents plans s'entremêlaient. Il avait eu l'idée d'un point de départ et d'une directive à prendre pour commencer les explications mais actuellement, il ne se sentait plus d'aborder le sujet. Sur l'instant tout ce qu'il voulait, c'était que la jeune femme se pose dans son lit de fortune et s'endorme, qu'elle lui rende sa liberté et qu'il puisse se réfugier dans son havre de paix. Mais elle ne semblait pas de cette avis. Le brun s'humecta les lèvres, reculant d'un pas supplémentaire. Ses mains s'enfoncèrent dans ses poches et il s'agitait, passant d'un pied à l'autre pour essayer de se défaire de ce pétrin dans lequel il venait de se fourrer. Bon sang...

L'éducateur ne parvenait pas à faire face à la blonde, ne parvenait pas à supporter son regard alors, lentement, sous prétexte d'observer ce qui l'entourait, il lui tourna le dos. Un raclement de gorge, un nouveau soupir et il leva le menton pour fixer le plafond avant de se lancer. "Je voudrai... Qu'on parle..." de nous, aurait-il voulu ajouter sans pour autant y arriver. Ce "nous" porterait forcément à confusion, d'autant qu'elle semblait d'humeur taquine et il ne se sentait pas d'assumer la conversation si elle en venait encore à se moquer de lui... Nouveau déglutissement difficile puis un demi-tour timide. "Je voudrai parler de notre expédition." Le sujet était enfin tombé. "Je conçois que tu m'en veuilles mais... " Lentement il vint se masser les tempes pour tenter de se recentrer sur ses propos, sur tout ce qui impliquait ce moment précis. Il essayait de reconstituer la scène, de trouver les mots, de se retrouver tout simplement. "Mais tu m'ignores, sans doute autant que moi je t'évitais et..." Bon sang, pourquoi il faisait ça, déjà ? Un instant, il eut l'impression que ses jambes flanchaient et refusaient de le maintenir, le forçant alors à s'installer au sol.

"Liv, je m'en veux de t'avoir mise en danger et ça me déplait fortement de ne pas savoir, de ne pas comprendre et d'être ignoré. Tu m'en veux et... Je me déteste d'avoir mis ta vie en danger et je voudrai que tu me pardonnes d'avoir été aussi con." Le plus gros était sorti mais la suite ne parvenait pas à franchir ses lèvres. Pire, il releva les genoux et posa son front contre eux, sa gorge se serrant alors que ses yeux se fermaient tandis que derrière ses paupières, de nombreuses scènes se rejouaient inlassablement. "J'ai eu peur de te perdre, là-bas. Et... Je sais pas comment te dire ça... J'ai eu peur que tu te transformes, peur d'avoir à commettre un acte qui me pèserait encore plus sur la conscience que la mort de ma sœur." Alors ça, ce n'était pas prévu, qu'il balance cette information sur le tas. A aucun moment il ne s'était attendu à ce que l'aveu s'échappe d'entre ses lèvres habituellement si scellées sur un sujet personnel. Teddy avait été sa première victime et avoir la fin d'Olivia que la conscience le rendrait probablement fou. D'autant qu'il considérait qu'il n'était pas forcément sain d'esprit...

Se mordillant la lèvre inférieure, il releva le visage pour se le frotter longuement, comme s'il cherchait à s'éveiller. "Enfin... Je voulais surtout m'enquérir de ta santé et savoir si ton poignet allait mieux." Oui, enfin c'était surtout le prétexte qu'il voulait utilisé mais quitte à tout balancer dans le désordre... Il n'osait pas lever les yeux vers la femme, préférant plutôt regarder le sol à la limite de ses pieds. Darren n'était pas un fumeur et l'alcool, il s'était rarement mit une race conséquente, plutôt adepte du self contrôle pour ne pas ressembler au compagnon de sa mère. Tiens, un instant, il se mit à souhaiter que ce con fasse parti du clan des monstres, c'était tout ce qu'il méritait de toute façon. Et puis il se rendit compte qu'il était perdu. Il ne pouvait même pas se cacher derrière son sale caractère alors qu'il l'avait laissé à l'entrée de sa chambre à lui, loin de celle qu'il squattait. A nouveau, il se demandait pourquoi il était là. La culpabilité l'étouffait, l'empêchait de respirer et de marcher d'un pas assuré. Jamais avant il n'aurait confessé ce genre de choses mais là, c'était comme si devenait vital. "J'ai eu peur..."

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Olivia Castillo
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Sam 12 Aoû - 21:35

Elle l’avait coincé, presque acculé, dans sa propre chambre. A croire qu’elle était une prédatrice en train de faire danser sa proie. Elle ne se sentait pas comme ça cependant, Liv essayait juste de comprendre pourquoi Darren avait l’air si… Ailleurs. Maintenant qu’elle l’observait, qu’elle se concentrait pour le voir pour de bon, qu’elle observait sa silhouette, sa position, ses évitements, ses fuites en avant, la blonde commençait à saisir que quelque chose se tramait. Il voulait parler, et lorsqu’il mentionna l’expédition, elle fronça les sourcils, comme si elle ne voyait pas où il voulait en venir. L’alcool obscurcissait ses souvenirs, mais elle était persuadée d’une chose : l’homme devait cacher plus de choses qu’il ne voulait le faire croire.

Liv le laissa parler en l’écoutant. Il supposa qu’elle lui en voulait pour cette sortie, et que c’était pour ça qu’elle l’évitait. A dire vrai, elle avait bien senti qu’il y avait une tension entre eux depuis, un rien saisissant qui empêchait le dialogue. Il se décidait à y aller franchement, explicitant son propre ressenti, ce qu’il avait pris pour acquis. Peut-être qu’elle lui en avait voulu, oui. Les deux premiers jours. Et puis, elle avait eu tellement à penser ailleurs que sa rancœur s’était dissipée d’elle-même pour laisser place à un autre genre de trouble, qu’elle n’aimait pas définir. Et ce soir, elle célébrait la vie. Tout du moins, c’était son but, même si ça n’en donnait pas l’impression.

La jeune femme esquissa un sourire troublé, triste, gêné. Elle n’était pas moqueuse comme à son habitude, mais mal à l’aise avec ce qui ne s’exprimait pas entre eux. Est-ce que c’était seulement ça ? Elle n’osa pas l’interrompre. Elle le fixa, le laissa faire, incertain sur ses appuis, avant de lâcher prise et de se laisser au sol. Liv le suivit sans même chercher à comprendre pourquoi : elle se mettait à son niveau pour pouvoir communiquer encore. Et elle ne le lâchait pas des yeux, de peur de rater quelque chose. Son cœur battait fort dans sa poitrine, touché, peiné, tiraillé, par sa présence, mais également par ce trop-plein de sentiments qu’il exprimait.

Elle constata avec une certaine douceur qu’ils se ressemblaient beaucoup. A fuir ce qui pouvait venir d’eux, ce qu’ils pouvaient éprouver et qu’ils ne connaissaient pas. A ne pas savoir comment gérer des émotions comme la tendresse, l’amour, la passion ou la peur dans ce qu’elle avait de plus brute. Et c’était ça : s’ils n’avaient rien échangé ce jour-là, rien de plus que l’étreinte de leurs mains, il y avait tout un double discours qui n’avait pas eu voix. Un déchirement qu’ils n’avaient pas nommé, mais que Darren avait ressenti sans pouvoir l’expliquer avec de vrais mots. Elle l’avait mis dans cet état : de ce fait, elle lui devait la vérité.

« C’est pas… C’est pas ce que tu crois, je… » murmura-t-elle d’une voix douce, en venant poser avec précaution sa paume sur la main de l’homme. Elle chercha à capter son regard sans y parvenir : « Je t’en ai voulu oui, mais c’est passé parce que, c’est ma faute aussi, tu vois ? » Elle haussa les épaules en cherchant avec précaution ses phrases : « Je cherchais pas à t’ignorer, ou à te mettre mal, c’était pas mon but… Je pensais pas que… que ça te pesait autant. T’as l’air de te moquer de tout et de tout le monde, comme si rien n’avait d’importance. J’imaginais pas que moi j’en aurais. »

Peut-être qu’elle se surestimait pour le coup. Mais les propos de Darren avait le mérite de la troubler pour de bon. J'ai eu peur de te perdre, là-bas. Et... Je sais pas comment te dire ça... J'ai eu peur que tu te transformes, peur d'avoir à commettre un acte qui me pèserait encore plus sur la conscience que la mort de ma sœur, c’était ses mots. Elle pinça les lèvres, et tenta de rassembler tout son courage. Un silence de plomb eut le temps de tomber entre eux, et Liv ne sut comment faire pour le couper, pour lui dire. Devait-elle vraiment ? Devait-elle se confier ? est-ce que ça le soulagerait, ou est-ce qu’il en viendrait à s’en vouloir encore plus ?

Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais ne rien dire, c’était lui mentir. Et parce qu’elle n’avait rien à gagner, et encore moins à perdre à être honnête, elle préféra se lancer :

« Il m’a mordu. » Murmura-t-elle d’une voix hésitante. Ça lui faisait bizarre, et lui ne devait pas comprendre ce qu’elle était en train de lui dire. Ça semblait impossible, évidemment. Et même lorsqu’elle le disait aujourd’hui, elle avait encore du mal à se dire qu’elle ne mentait pas. Voir sa blessure, c’était se rappeler qu’elle n’avait pas rêvé. « Tu dois le garder pour toi. » Ajouta-t-elle avant de répéter avec plus d’assurance : « Il m’a mordu. »

Et si c’était lui qu’elle perdait, à lui dire ça ? Elle chassa cette pensée qui lui compressait le cœur pour se lancer à corps perdu dans des explications : Liv ressentait le besoin de se justifier, de lui faire comprendre qu’il n’était pas en faute, et elle non plus. C’était juste… Comme ça. Une sorte de fatalité improbable entre eux deux.

« Je pensais que j’allais mourir, je le croyais vraiment. » Admit-elle en ressentant cette peur sourde à nouveau lui grimper dans le ventre et l’étrangler. « Je voulais pas te le dire, parce qu’il fallait que je dise au revoir à ma sœur. Et j’étais en colère et sous le choc… Parce que j’avais pas envie d’en finir avec… avec tout ça ! J’ai l’impression d’avoir encore des milliards de trucs à vivre, et je suis en vie pour ça… » Elle eut un rire joyeux, avant de se reprendre vivement : « Tu comprends pas mais c’est vrai ! Tu dois te dire que je suis dingue, mais je le suis pas ! »

Avec une pointe d’hésitation dans son geste, elle abandonna la main de Darren, qu’elle avait serré pour ne pas lâcher prise jusque-là. Attrapant le bas de son T-shirt, elle le fit remonter le long de ses côtes, avant de le faire passer par-dessus ses épaules. Elle ne découvrit pas tout : juste de quoi lui dévoiler cette marque distincte, reconnaissable. Cette marque de dents, imprimée à même sa peau pâle, et qui ne laissait aucun doute sur ce qu’elle avait subi. Elle resta calme, malgré le monde qui tournait autour d’elle. Malgré le fait qu’elle craignait qu’il prenne peur…

« Je sais pas pourquoi. » Admit-elle dans un murmure. « Je sais pas comment ça se fait. » Elle replaça son vêtement, avant de se prendre dans les bras. Ses mains se nouèrent autour d’elle, pour se soutenir. Même Nora ne savait pas… Pas encore, se disait-elle. Elle ne savait pas comment le lui avouer. « Mais je suis en vie, c’est tout ce qui compte. T’as plus de raison d’avoir peur maintenant… » Tenta-t-elle sans certitude, en priant pour qu’il ne le prenne pas mal. Elle ne savait même pas comment il pourrait réagir. C’était une première pour elle.

Mais sa réaction à lui comptait énormément. Plus qu'elle ne voulait le laisser croire. Liv prêtait le flanc à une autre blessure : Une de celles qui ne se voyait pas, mais qui faisait incroyablement mal et qui nécrosait à force de chagrin. Quelle idiote elle était de s'exposer ainsi.

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Darren I. Wells
Matricule n°001
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Sam 12 Aoû - 23:51

Il y avait dans cette chambre une ambiance étrange. Les survivants se faisaient face sans pour autant parvenir à se confier comme chacun le voudrait. Tout du moins, c'est ainsi que lui le ressentait. L'homme avait la tête baissée, le regard fixant les petits croisillons de son jeans abîmé alors que la jeune femme prenait à son tour la parole, ayant eu la sympathie de le laisser finir. Il se sentait invulnérable, perdu et carrément hors du temps. La blonde bafouilla à son tour et dans d'autres circonstances, sans doute qu'il aurait trouvé ça hilarant de voir qu'elle était aussi peu douée que lui pour discuter de choses sérieuses. Enfin, en ce qui concertait les sentiments. Les doigts de la femme vinrent se poser sur les siens. Pour la seconde fois depuis qu'ils se connaissaient il y avait encore ce lien qui les rapprochait, qui les rendait intime d'une certaine façon qu'il ne parvenait pas à comprendre, comme s'il s'agissait d'une barrière qui s'abaissait sans pour autant que l'un ou l'autre n'ose s'aventurer au-delà des frontières gardées. Elle s'expliquait, tentait de s'expliquer en tout cas, s'excusant de lui causer tant de trouble à l'esprit alors que ce n'était pas recherché. Il aurait voulu ouvrir la bouche, parler, lui dire qu'elle délirait complètement, histoire de se redonner contenance mais elle avait soulevé un point qu'il s'était refusé, jusqu'alors, de voir et d'accepter. Évidemment qu'elle ne se doutait pas qu'elle avait de l'importance pour lui puisque lui-même ne s'en doutait pas avant de l'avoir vu aux portes de la Mort. Il était suffisant et se contentait de prouver son humanité qu'à Teddy. Pourtant, se mettre à nu devant elle et qu'elle parvienne à lui faire relever les yeux sur une simple phrase... Il ne s'y était pas attendu. Il ne pensait pas non plus que ses remords viendraient le hanter, lui rappelant souvent combien il avait été ignoble à leur rencontre. Il n'avait pas passé énormément de temps avec elle mais quelque part, il s'était attaché à elle, plus qu'il ne le croyait.

Il aurait voulu lui répondre, lui affirmer que cet attachement était réel. Il voulait parler mais sa mâchoire ne parvenait pas à se décrisper alors il laissait un blanc se former entre eux alors que sa conscience lui criait de briser le silence pesant, de faire quelque chose qui changerait les choses. Pourtant elle ouvrit la bouche, laissant tomber son propre aveu. La chose ne parvint pas à monter au cerveau sur le coup. Il fronça les sourcils, incertain de ce qu'il venait de comprendre pour la seconde fois. "Il m'a mordu."... Elle... Elle avait été... Le regard perplexe s'emplit de surprise alors qu'il la dévisageait longuement, peinant à comprendre la réalité des choses. "C'est impossible... Tu... Tu peux pas..." marmonnait le dresseur, perdu dans le flot de paroles. Le coeur de Darren se mit à battre fortement contre sa poitrine au point qu'il cru qu'elle quitterait bientôt sa cage thoracique, son souffle se coupa et ses lèvres tremblèrent. Qu'est-ce que ça voulait concrètement dire ? Non... C'était impossible. Les doigts se glissèrent dans ses cheveux alors qu'il se mit à avoir un rythme cardiaque irrégulier, alors que ses yeux cherchaient un point de repère tandis que sous son crâne, les neurones s'activèrent violemment.

Olivia releva son haut pour lui prouver qu'elle n'était pas prise de démence, que l'alcool ne la faisait pas divaguer. Sa peau était marquée... Une trace, nette et précise entachait sa peau qui semblait pourtant parfaite. Instantanément, les yeux du dresseur s'embuèrent. Il ignorait comment accuser le coup, trop d'information envahissaient son esprit déjà malmenés depuis quelques jours. "Tu as été..." commençait le brun sous le choc. Un instant il avait eu envie de se lever, de se tirer et d'hurler à la mort à l'extérieur pour évacuer ce trop plein. Il tentait de faire le point alors qu'elle continuait de parler. Elle était en vie et il n'avait plus à avoir peur. Quoi ? Il n'avait plus à avoir peur ?! Est-ce qu'elle était sérieuse ?! "Tu te fiches de moi, Liv ?" fit-il en grinçant des dents, les larmes perlant déjà le long de ses joues. "Tu as été... ! Et tu ne m'as rien dis ?!" De toutes les émotions qui tourbillonnaient en lui, la rage et la colère furent celles qui frappèrent le plus fort son âme et sur le coup, il avait eu besoin d'évacuer, de libérer la frustration qu'il avait ressenti les derniers jours à subir l'absence de la blonde, de se sentir rejeté et puni à cause de son erreur. Mais pire encore, elle lui avait caché quelque chose. Elle avait mit le groupe entier en danger pire... Elle venait de lui arracher une partie de l'âme. "Je t'ai ramené alors que tu pouvais mourir ! " qu'il ajoutait alors qu'il essayait, tant bien que mal, de se remettre debout. Ses jambes refusaient de lui obéir mais il parvint tout de même à genoux, son visage trahissant ce que lui inspirait la révélation. "Tu es là, devant moi ! Tu m'avoues que tu aurais pu mourir ! Ces derniers jours auraient pu être les derniers, tu aurais pu être infectée, j'aurais peut-être dû t'achever ! J'ai eu peur de te perdre et tu m'annonces MAINTENANT que tu aurais pu y passer le jour de notre expédition ?!" L'homme n'hurlait pas, afin de ne pas propager l'atroce vérité et ne pas affoler les autres mais il le désirait, dénoncer à tout le monde que la blonde aurait pu être source de problème. Il ne pensait pas à lui, lui qui était responsable de ce fiasco, responsable de la morsure parce qu'il n'avait pas été foutu de veiller sur elle, responsable de son propre malheur...

Cependant, aussi vite qu'elle était arrivée, la rage se dissipa, le laissant seul, tremblant, face à cette femme qu'il trouvait formidable autant qu'il en venait à la détester de lui avoir cacher la sombre vérité. Ses poings qui s'étaient serrés laissaient places à des doigts déliés, défaits de toutes forces. Il se laissa retomber sur les fesses, se passa la main dans les cheveux pour chercher un semblant de courage, pour essayer de reprendre ses esprits. Elle lui avouait trop de choses, trop de... Trop de trop. Il ne parvenait même pas à expliquer ce qu'il se passait. "Tu m'as laissé mourir de peur, mourir de culpabilité... " Ses pupilles noisettes vinrent fixer son regard clair. "Tu me balances ton... C'est quoi au juste ? Une immunité ? Les globules blancs de Superman ?... On s'en fout mais tu me balances, comme ça, tranquillement que j'ai eu raison d'avoir peur de te perdre parce que tu étais mordue ! Tu m'as dis que non ! Je t'ai cru ! J'étouffais de remords parce que je croyais que tu avais effleuré la mort et toi tu me dis que ça fait quelques jours que tu flirtes avec la Mort et qu'aujourd'hui c'est..."

Darren se coupa dans sa phrase. Il ne comprenait pas, c'était impossible à comprendre, à assimiler. Elle avait pourtant la morsure qui jurait du fait qu'elle n'avait pas trépassé, qu'elle n'était pas l'un d'entre eux. D'un coup, il se redressa, fit les cent pas, allant et venant alors qu'il venait se frotter le menton pour tâcher de mettre de l'ordre dans ses idées, dans les faits. C'était impossible... On avait jamais vu personne s'en sortir après avoir été griffé ou mordu par une créature. C'était... A quoi bon répéter que c'était impossible alors que la blonde prouvait que c'était faisable. Mais... Mais comment ? Pourquoi ? Elle même ne comprenait pas mais elle était la preuve que c'était arrivé. Pourtant ce n'était pas cela, le coup dur qu'il encaissait difficilement. Non. "Tu m'as menti..." répétait une nouvelle fois l'homme. Répétait ? Est-ce qu'il l'avait déjà dit ? Il ne savait déjà plus ce qu'il avait balancé. Enfin, l'éducateur se calma et pivota pour faire face à la femme. Il tendit un index inquisiteur. "Tu..." qu'aurait-il pu dire de plus qu'il n'avait déjà dit ? De toute façon, sa voix venait de se briser. Son visage dur fit place à une mine déconfite. A nouveau il venait de prendre conscience d'une chose... Elle était rescapée... Son doigt se transforma en une douce caresse sur la joue féminine. Le pouce de Darren caressait la pommette de Liv alors que sa voix devint un murmure. "J'ai faillis te perdre... Tu aurais pu... Mourir..."

La gorge de trentenaire se serra à nouveau face à cette vérité. Finalement, il avait raison de se sentir coupable. Elle aurait dû mourir ce jour là, dans ce commerce sombre. Elle aurait dû mourir et il aurait été celui qui lui aurait porté le coup de grâce, celui qui aurait dû apprendre la nouvelle à l'aînée de la famille, celui qui aurait perdu la raison face à une telle perte.

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Olivia Castillo
Matricule n°001
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Dim 13 Aoû - 1:07

Elle avait eu tort. L’affolement la saisit en un rien de temps, alors qu’il réagissait de la pire des manières qu’elle avait imaginé. Dans sa tête, il y avait ce scénario. Et il y en avait un autre, où il se disait que ça n’était pas grave puisqu’elle était vivante, et il valait mieux se concentrer sur le présent, passer à autre chose, aviser à l’avenir pour que ça ne recommence jamais. Elle aurait aimé une réaction comme celle-ci, mais écopa d’un méli-mélo confus, qu’elle eut du mal à encaisser. En temps normal, sa personnalité stratégique lui aurait probablement permis d’anticiper, de le ménager par la même. Mais l’alcool l’embrumait toujours, et elle ne savait plus où donnait de la tête. Elle s’était attendue à beaucoup de choses… Mais pas à autant de colère contre elle.

« Non… Non, je me fiche pas de toi… » Répéta-t-elle d’une voix étranglée alors qu’il se relevait pour mieux encaisser l’histoire. La stupeur avait quitté ses traits, laissant place à un trouble des plus sincères, mêlant à la fois l’incertitude et la rage. Envers elle ? Elle n’espérait pas. C’était pire que tout… Décontenancée, Liv tenta de soutenir le regard de Darren, sans forcément y parvenir… « Non, je… »

C’était incroyable d’être aussi imparfaite sur ces sujets. Si Olivia excellait dans l’art du mensonge et de la manipulation, si elle parvenait à feindre de multiples émotions, Darren avait le don de la désarmer ce soir. La sincérité, la franchise, de ses propos, et le fait qu’elle n’avait aucune raison de lui mentir davantage, y était pour beaucoup. Elle pinça les lèvres et ferma les yeux pour essayer d’encaisser ses propos, sans pour autant y parvenir. Elle explosa purement et simplement en bousculant l’homme :

« Tu aurais fait quoi à ma place ! » Demanda-t-elle de but en blanc, en plantant son regard de glace dans celui embué de son vis-à-vis. « Tu aurais fait quoi si tu étais sûr de crever, que je t’achèverais si je le découvrais, mais que tu voulais revoir une dernière fois Teddy ?! Tu m’aurais menti toi aussi, t’aurais pas hésité ! » Argumenta-t-elle pour se défendre comme un diable. Elle ne pouvait pas admettre qu’elle avait merdé à ce point… Liv avait juste fait ce qu’elle avait à faire. C’était la seule chose qui avait de l’importance à ses yeux, il ne pouvait pas lui arracher ça… « Je devais voir Nora, je DEVAIS lui parler ! Je pouvais pas mourir et la laisser toute seule sans rien, sans une explication, sans de quoi lui permettre de continuer ! »

L’amour qu’elle éprouvait pour sa sœur était aussi sincère que cette discussion. Il ne pouvait pas douter de ça. Alors oui… Elle avait merdé à lui mentir, mais il devait comprendre qu’elle s’était sentie coincée… Et qu’elle ne le ferait plus.

« J’lui ai trop pris déjà pour lui arracher ça aussi ! » S’emporta-t-elle à son tour. « Et ouais, ouais, j’ai pensé que si tu l’apprenais, t’hésiterais pas à m’achever ! Je savais que tu m’empêcherais de devenir comme eux, mais tu m’aurais pas ramené ! J’avais pas d’autres choix ! »

Elle se redressa pour lui faire face. Le voir ruminer comme un lion en cage n’aidait vraiment pas à se calmer, à apaiser cette situation. Elle encaissa son index accusateur avec tout ce qui lui restait de fierté, se refusant à faire un écart. Elle ne pouvait pas céder plus de terrain, s’avouer vaincue. Elle n’était pas aussi terrible qu’il avait l’air de le penser. Elle lui avait menti mais elle s’était expliquée. Quand son pouce effleura sa joue, la blonde se sentit fondre à l’intérieur. Une lueur de surprise teinta son regard, troublant la certitude qu’elle tentait de maintenir jusqu’ici, son cœur se serra encore, lui coupant la respiration. Elle eut l’audace d’avance d’un pas pour se retrouver près de lui :

« Regarde-moi… Regarde-moi et dis moi que tu m’en aurais pas empêché… » Supplia-t-elle. « Si je t’ai mal jugé, j’en suis désolée, sincèrement. J’aurais dû te le dire, mais je pouvais pas… » Elle eut toutes les peines du monde à continuer à le regarder. Doucement, elle attrapa la main de Darren, pour la serrer dans la sienne, pour la presser tendrement contre sa joue. Elle ne voulait pas que ça cesse. « Je savais pas que ça te ferait ça, Darren… » S’excusa-t-elle dans un murmure troublé. « Je pensais pas que tu le vivrais comme ça, si je l’avais su avant, j’aurais agi différemment… »

C’était étrange, mais pour la première fois de sa vie, les choses prenaient une perspective tellement différente. Elle regardait un homme qui lui plaisait avec la peur de se perdre, de se briser. Cette peur qu’elle ne ressentait jamais, parce qu’elle ne s’attachait jamais. Liv ne se permettait pas ce genre d’écart.

« J’ai aucune raison, ou aucune envie, de te faire du mal... J’te promets… » Souffla-t-elle contre ses lèvres. « J’suis désolée… J’suis vraiment désolée… »

Elle n’était qu’à une poignée de centimètres de franchir une limite qu’elle s’était toujours fixée. Une poignée. L’esprit toujours troublé, la blonde se laissa porter par la spontanéité qui la tenait ce soir. L’alcool aidant probablement, elle se hissa doucement sur la pointe des pieds, et vint poser ses lèvres contre celle de Darren. D’abord timide, hésitante. Puis, elle s’accrocha à lui, les deux mains plaquées contre son torse pour se tenir. Finalement, elle s’écarta légèrement. Pour vérifier qu’elle ne faisait pas la plus grosse bêtise de sa vie. Un doute la prit. Ça n’était peut-être pas le bon moment pour ça… Le mal était fait.

Sa carapace se fendit, les brèches apparaissaient. Elle n’était qu’une fille capable de sentiments, et qui rêvait qu’un autre garçon l’aime pour ce qu’elle était. Jeter son dévolu sur lui était sûrement la pire du monde, car il avait tout l’air d’un môme sur tous ces sujets. Mais qu’y pouvait-elle ? L’espace d’un instant, Liv se sentit ridicule. Elle pinça les lèvres, reposa pied à terre, et bafouilla maladroitement :

« P-pardon, je… J’aurais pas du… » La blonde se passa la main dans les cheveux en inspirant profondément. Elle ne pourrait pas le reprendre, ni revenir en arrière. Mais l’ignorer pour les trois mois à venir si un refus s’imposait à elle le temps d’encaisser la honte, c’était toujours jouable...

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Darren I. Wells
Matricule n°001
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Dim 13 Aoû - 15:08

Il avait eu peur pour elle. Il lui avait balancé des choses pas agréables du tout. Il avait pleuré pour elle, de rage et de désespoir. Il s'était confié, avoué qu'il craignait de la perdre parce qu'il se sentait responsable de l'incident. Il venait de prendre conscience, à mesure de la conversation, qu'il tenait à elle, bien plus qu'il ne le pensait. Il s'était attendu à beaucoup de choses mais pas à ça. Pas à cette vision faussée qu'elle avait de lui. Ainsi donc, c'est comme ça qu'elle le voyait ? Est-ce qu'elle le prenait vraiment pour un monstre sans coeur, indifférent à l'amour fraternel ? Est-ce qu'il donnait vraiment l'impression d'être un boucher, bon qu'à achever les gens quand ils étaient mordus, un fou furieux violent qui butait ses compagnons de survie sans leur laisser une chance de pouvoir effleurer leur dernière volonté ? Ces révélations lui arrachèrent le palpitant. C'était comme si elle venait d'enfoncer sa main dans sa poitrine pour lui détruire le précieux muscle. Le souffle du dresseur se coupa, laissant une mine défaite et déçue sur son visage creusé par les nombreux sentiments qui affluaient à chaque seconde. Il la fuyait du regard, cherchait la force de rompre le contact contre sa joue tandis qu'elle venait accentuer la pression en posant sa main sur la sienne. "Je t'en aurai pas empêché... On aurait cherché une solution..." qu'il chuchotait.

Et puis elle parlait, s'excusait et lui ne parvenait plus à trouver les mots, ne parvenait plus à utiliser ses cordes vocales pour l'empêcher de parler. Il ne voulait plus l'entendre, plus tenter de comprendre. Il voulait la faire taire mais n'osait bouger tandis qu'elle se rapprochait. Elle lui coupait le souffle, lui faisait battre le coeur à la chamade. Sa gorge se serrait et son estomac se retournait dans tous les sens. Ses chuchotements, son rapprochement... Ils n'étaient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre, quelques millimètres d'une vérité qu'il s'efforçait d'éviter depuis un moment. Depuis sa cérémonie de mariage ratée, à vrai dire... Il n'avait plus voulu ce genre de rapprochement prometteur, plus voulu d'une sensation de possible lendemain. Pourtant il oubliait le monde, oubliait ses résolutions, oubliait ses craintes. Il se perdait simplement contre la douceur des lèvres de la blonde. Il ne savait pas comment réagir. Répondre ou la repousser ? Il se contenta alors de se laisser embrasser, profitant de ce moment de répit. Et puis elle s'écarta, s'excusant de cet écart de conduite.

Darren fixa la jeune femme longuement, prêt à parler, à dire qu'elle n'avait pas à s'excuser pas à regretter parce que lui, n'avait ressentit aucune gêne. Il la détaillait longuement, son coeur accélérant à nouveau son rythme, frappant si fort qu'il eut l'impression que ça résonnait dans ses oreilles. Il était tendu, cherchant encore à savoir comment agir alors qu'une partie de lui enrageait de le voir si contrôler autant quand il suffisait de lâcher prise. Lâcher prise... C'était une idée qui grossissait de plus en plus, qui prenait toute la place dans l'espace de réflexion. "Liv..." fit-il dans un murmure. Comment avait-il pu articuler suffisamment pour laisser échapper ce surnom dans un souffle, sachant que sa gorge le faisait souffrir tant elle était serrée. Qu'est-ce qu'il voulait dire déjà ? Il ne savait plus, il s'en fichait, même, désormais. Son instinct prit le dessus sur sa raison et les doigts du dresseur revinrent effleurer la joue de la femme, glissèrent sur sa nuque pour l'attirer à nouveau contre lui. Il ressentait à présent le besoin vital de la sentir proche, de la sentir frissonner sous ses doigts effleurant sa peau. Il pressait ses lèvres contre les siennes d'une douceur et d'une tendresse qu'il ne se connaissait plus, il écoutait la petite voix qui l'intimait de passer doucement un bras autour de la taille féminine pour enfin accentuer l'échange. Au bout d'un certain temps, il fallut reprendre son souffle et c'était presque à contre coeur qu'il rendit sa liberté à la femme, se contentant de coller le front au sien. "Ne me fais plus ce genre de frayeur..." chuchotait le survivant alors qu'il fermait les yeux pour ne pas croiser son regard. Et s'il venait de faire une erreur ? Elle était saoule après tout, probablement qu'elle obéissait à une volonté qui n'était pas la sienne.

Comme s'il retrouvait des habitudes enfouies, il vint glisser lentement sa main dans les longues boucles de la demoiselle. Toute cette situation n'avait pas de sens... Il était venu discuter, s'enquérir de son état, comprendre ce qu'il en était et là... Là il était tout simplement sur le point d'accepter qu'une chieuse comme Olivia accaparait ses pensées sans qu'il ne lutte pour l'en empêcher. Cependant, alors qu'il se laissait porter par cette envie de ne profiter de la vie, sa lucidité vint toquer à la porte de sa raison, lui rappelant qu'elle était quand même une personne différente. Doucement, le dresseur lui releva le visage vers le sien pour se perdre dans le regard de la belle. "Je ne comprend toujours pas comment tu as pu t'en sortir... Je ne m'en plains pas mais j'ai l'impression d'être dans un songe..." fit-il alors que ses lèvres revinrent effleurer les siennes. Doucement, l'homme incita la femme à s'installer sur le lit de fortune tandis qu'il prenait place à ses côtés. Délicatement, Darren glissa les doigts entre les siens, les serrant doucement en profitant de cet instant pour détailler longuement chaque trait de son visage.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé après notre retour ?" questionnait l'homme avide de réponses. Il avait besoin, finalement, d'avoir toutes les pièces en mains, besoin de reconstituer le tableau pour... Pas forcément pour comprendre mais au moins pour se rassurer quant à la suite des événements. Il ne cherchait pas à se dire qu'il y avait un avenir entre eux, il en était effrayé, beaucoup trop sensible à l'idée de ne plus la revoir mais il voulait savoir, s'assurer qu'elle disait vrai et qu'il n'avait plus de raison de craindre qu'elle ne disparaisse de son champ de vision. Était-ce une bonne idée, de s'engager sur ce terrain ? Était-ce une bonne idée de croire qu'ils pouvaient avancer dans une même direction en sachant qu'il avait déjà manqué une fois à son devoir vis à vis d'elle ? Pouvait-il tenir sa promesse, celle qu'il s'était faite depuis la sortie ? Pouvait-il se permettre de nouveaux risques en acceptant de la faire entrer dans sa vie, cette nouvelle vie apocalyptique dont ils étaient tous les deux victimes. Enfin, eux et les dizaines de personnes vivants dans le labo avec eux. Lentement, il s'humecta les lèvres puis il soupira, finissant par se passer la main dans les cheveux alors qu'il la libéra de son emprise, venant simplement s'allonger pour regarder le plafond.
S'agissait-il encore d'un coup du sort, de ce qu'on trouvait insupportable et dont il était compliqué de se sortir parce que trop maladroit pour savoir comment gérer ? Rien de tout cela ne semblait être une bonne idée mais il ne voulait pas s'en défaire, pas maintenant...

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Olivia Castillo
Matricule n°001
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Dim 13 Aoû - 15:58

S’il ne l’avait pas repoussé, il ne l’avait pas gardé non plus. Liv s’était laissée emportée, ou du moins commençait-elle à s’en convaincre doucement. Un peu piteuse, elle n’osa rien dire de plus, rien faire non plus, de peur d’être davantage déçue. C’était à croire qu’elle s’était trompée. Qu’il n’y avait rien, qu’il n’y avait jamais rien eu d’ailleurs. Elle aurait probablement dû le laisser fuir quand l’occasion s’était présentée, elle se serait évitée au passage cette sensation désagréable de se désagréger de l’intérieur. Terrible erreur, songea-t-elle froidement en baissant le regard. Terrible erreur de croire qu’elle pouvait goûter à ce genre de choses. Sa vie n’avait été qu’un enchaînement de mesquineries, de coups de couteaux dans le dos, de mensonges. Pourquoi aujourd’hui aurait-elle eu soudainement le droit à un peu de bonheur ?

Et puis, n’était-ce pas paradoxal de penser pouvoir en obtenir avec… Lui ? Ils n’étaient rien l’un pour l’autre, que de vagues connaissances, qui se supportaient à peine. Darren lui avait bien fait comprendre la première fois qu’il n’appréciait peu les gens. Pourquoi aurait-elle été une exception ? Liv se sentait idiote. Et le regard de cet homme sur elle lui donnait l’impression de brûler de l’intérieur. Elle se sentait bouillante, prête à fondre complètement. Lorsqu’il prononça son prénom, la blonde releva à peine les yeux vers lui, certaine de se prendre une remarque qu’il la mettrait plus mal encore. Pinçant les lèvres, elle eut envie de lui dire que ça ne servait à rien d’en discuter, elle avait compris le message et puis tant pis pour le reste.

Mais il n’en fut rien. L’homme l’attira à lui comme si elle ne pesait rien. Liv se sentit brièvement comme une poupée de chiffon, chétive, frêle, contre lui. Le baiser devint pressant, fort, et elle se laissa porter par cette atmosphère. La blonde avait l’impression de vibrer à son contact d’une manière inédite. Comme si ça ne lui était jamais arrivé. Comme si elle n’avait jamais vraiment aimé de cette manière. Elle avait pourtant le souvenir de Jeff, ou de Declan. Des émotions qu’ils avaient réussi à faire naître en elle, sans qu’elle ne puisse les accepter. Et si ça changeait ? Et si elle parvenait à ne plus avoir peur ? Liv se força à ne plus rien penser, elle voulait juste rester accrocher à lui comme si sa vie en dépendant. Ses bras passèrent autour de ce cou, juste pour pouvoir s’y tenir, et le garder contre elle.

Elle ne pouvait pas lui laisser la chance de lui échapper. Elle se refusait à le voir partir une nouvelle fois. Quand il arrêta de l’embrasser, la blonde eut l’impression d’être perdue, comme si on lui arrachait une part d’elle-même, son propre air. Il continuait à lui parler, à lui dire qu’il ne comprenait pas comment elle pouvait être encore en vie, et elle écarquilla les yeux avec une certaine stupeur : elle non plus, mais elle n’avait pas vraiment envie de penser à ça. Il ne préférait pas reprendre la partie où ils s’embrassaient comme deux amants venant de se retrouver pour de bon, pour ne plus jamais se quitter, plutôt que parler ? Quand il parvint à l’allonger sur son matelas, elle crut presque qu’elle n’aurait plus à discuter. Qu’elle pourrait faire quelque chose d’autre, qu’elle aimait.

Liv crut pouvoir reprendre ses lèvres, mais une autre question la stoppa net dans son geste. Elle fronça les sourcils. Mais quel bavard ! Il s’écarta d’elle, se tourna vers le plafond. Mais Liv n’entendait pas les choses de cette oreille. Elle se redressa sur ses coudes, et souplement, bascula sur l’homme pour venir le chevaucher. Ses gestes étaient fluides, son attitude assurée. Elle lui offrait ses réponses, parce qu’elle était une bonne âme lorsqu’il s’agissait de ses consœurs en peine. Surtout lorsqu’il s’agissait de lui, à dire vrai. Ramenant ses cheveux derrière ses épaules, elle réfléchit un instant :

« Je suis allée voir Rajesh, suis restée enfermée trois jours dans son laboratoire pendant qu’il menait des ‘analyses’ sur moi. Au bout d’un moment on a fini par se rendre compte que je ne contractais pas les symptômes, on s’est dit que c’était bizarre, il m’a fait un prélèvement de sang, et il s’amuse avec comme un petit fou. » Raconta-t-elle avec une voix détachée, en venant passer lentement son index sur le torse de Darren, un peu distraite. « Moi, ça fait… Tout ça de temps que je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, mais voilà. »

Elle lui offrit un sourire amusé, avant de reprendre :

« Si tu parles d’autre chose, je… » Elle haussa les épaules avant de réfléchir un temps. « J’en sais rien. » Admit-elle finalement avec une pointe de honte dans le regard.

Est-ce qu’un jour, tout ça deviendrait plus clair ? Liv en doutait. Elle était trop vieille pour changer maintenant. Presque trente ans que les choses se passaient ainsi. Trente ans qu’elle se protégeait de tout le mal qu’on pourrait lui faire. Elle reposa ses yeux sur Darren, avant de lui offrir un sourire doux :

« Tu sais, on devrait pas se voiler la face : t’as pas l’air plus doué que moi pour… ça. » Nerveusement, elle vint jouer avec une de ses mèches de cheveux, avant de lâcher prise : « On devrait pas se prendre la tête. » Elle n’avait ni de meilleur conseil, ni de meilleure explication. « On devrait vivre ce qu’on a à vivre, parce que… Je sais pas. Quand tu manques de mourir, ça te fait voir les choses sous un autre angle et… Je me dis qu’on ne devrait faire que ce qui nous rend heureux, tu vois ? »

Elle se stoppa brièvement avant de dévorer l’homme sous elle du regard. Ses yeux brillèrent d’une lueur joueuse, alors qu’elle minaudait sans grande subtilité :

« Si ta prochaine question, c’est… ‘Qu’est-ce qu’il va se passer après ?’, je peux te faire un dessin. » Suggéra-t-elle d’une voix malicieuse. « Ou je peux te montrer, parce que je suis pas très douée en dessin. »

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Darren I. Wells
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Lun 14 Aoû - 10:05

A nouveau, Liv venait le surprendre. Il fixait le plafond en essayant de rassembler ses idées, de se fixer une ligne directive pour ranger chaque info dans l'ordre afin d'avoir une histoire compréhensible. Sauf qu'elle ne semblait pas du tout de cet avis, préférant se hisser au dessus de lui, s'installant et prenant même la peine de rassembler sa chevelure dorée en arrière. Il la fixait simplement pour se concentrer sur ses explications, descendant sur ses lèvres qui débitaient un flot de paroles qu'il ne parvenait pas à suivre tant son esprit se retrouvait embrouiller par ce doigt parcourant son torse. Ce simple geste lui coupait le souffle, faisait battre son palpitant plus que jamais alors que son corps réagissait à cette douce provocation en frémissant. Et puis son esprit tenta de percuter lorsqu'elle fit mention de l'autre chose. De quoi elle parlait ? A quoi elle répondait déjà ? Il était certain d'en avoir une idée mais en l'état actuelle, il devenait difficile de connecter deux neurones et avoir le fin mot de l'histoire.

Pourtant le sourire de la femme le recentra un instant alors qu'elle reprenait la parole. " Ça ?" fit-il dans un chuchotement pour essayer de comprendre ce dont elle faisait allusion ? Ça ? Est-ce qu'elle désignait leur... Relation ? Si toutefois on pouvait parler de relation entre eux puisqu'ils n'avaient jamais cherché à se rapprocher plus que nécessaire. Du moins c'est ce qu'il pensait avant de se rendre compte qu'elle avait quand même réussi à faire tomber ses barrières. Il aurait voulu poursuivre son questionnement mais elle poursuivait son argumentaire, le captant de son regard azuré. Elle avait raison. Pourquoi ne pas simplement profiter de la vie et faire des choses qui les rendaient heureux ? Et s'ils pouvaient être heureux... Ensemble ? C'était compliqué de s'imaginer avoir une part de bonheur alors que le monde actuelle refusait tout simplement d'offrir un répit aux survivants pourtant il se prenait à vouloir y croire. Il essayait d'imaginer une part d'amour entre les bras de la jeune femme. Étrangement, il parvenait à s'y voir, parvenait à se projeter dans ce projet fou qu'était une potentielle histoire avec Olivia. Quoique... Sa raison le fit douter. Voulait-elle une relation, d'ailleurs ? Rien n'avait été dit à ce sujet... Qu'importait au final puisque l'épargnée venait déjà reprendre la parole, faisant une proposition à peine cachée, tirant un sourire amusé au dresseur. "Eh bien..." commençait le brun alors qu'il revenait poser les doigts sur la nuque féminine. "Tu n'es pas douée en dessin et je suis nul en charade alors... Je crois que le choix est vite fait." Et sans plus attendre, il attira le visage de la demoiselle contre le sien, rencontrant à nouveau ses lèvres pour un échange plein de douceur.

La main libre de Darren vint se poser contre le flanc de la jeune femme, remonta sur son dos et la pressait doucement contre lui. Il voulait la sentir proche, ne pas la lâcher. Il voulait la découvrir encore et encore, autant de fois qu'elle accepterait qu'il le fasse. Lentement, ses lipses caressaient les siennes, passant de la douceur à la tendresse pour finir par la passion. Elle irradiait complètement son corps, désormais, la chaleur éveillant tous ses sens, sa peau réclamant le contact de la sienne. Les mains de l'homme venaient timidement découvrir les courbes de la survivante tandis que son chaque parcelle de son âme réclamait de se plonger entièrement dans ce bassin brûlant de désir. C'était la première fois que ça lui arrivait, tout du moins la première fois depuis longtemps. Arrivés à ses hanches, ses doigts rencontrèrent l'extrémité d'un tissu, le gilet qu'il venait lentement virer. Son instinct dictait sa conduite, instaurait la lenteur et la douceur tout en évitant la passivité. Il reposa une main sur sa joue pour caresser lentement sa peau, libérant ses lèvres pour reprendre son souffle.

Les minutes s'étaient écoulées sans qu'ils n'y fassent attention, prenant juste la peine de ne se voir que l'un et l'autre. Tout était parfait. Tout ou presque. Alors que Liv détachait la ceinture du dresseur, faisant sauter le bouton, il prit conscience d'une chose. Elle était encore sous l'emprise de l'alcool. Il n'avait pas tilté alors que peu de temps avant il avait renversé la bouteille en jetant dessus le haut de la femme. Instantanément, il se crispa, attrapant les poignets qui cherchaient à le défaire de son jean délavé. "Non. Non attend, on peut pas !" D'un coup, le sudiste s'affolait. Ils n'étaient à rien de faire une erreur, à rien de passer un cap qui se voulait plus ou moins important. Non, il ne pouvait pas passer le pas alors qu'elle n'était pas dans son état normal. Qui savait si le lendemain, en se réveillant, elle se rendait compte qu'elle n'avait rien voulu de tout ça ? Déjà que depuis l'expédition, ce n'était pas top pour eux mais si en plus il y avait une relation non consenti... Même sous couvert d'une euphorie... Non, il ne pouvait pas s'y résoudre. Il n'était pas ce genre de type qui vivait ses jours en oubliant les quelques valeurs qu'il avait encore. Quel genre d'homme serait-il s'il acceptait un rapport alors qu'ils ne se trouvaient pas du tout dans une disposition adéquat pour quelque chose de... Sain, si on pouvait le dire ainsi.

"M'en veux pas..." demandait le brun à la blonde tandis qu'il tenait encore plus fermement, l'empêchant de terminer son action. Il ne se regarderait plus jamais dans la glace s'il devait.. abuser de son état. "Pardon, vraiment..." qu'il ajoutait alors qu'il plaqua les lèvres sur les siennes, une dernière fois. Il l'embrassait délicatement, cherchant à s'excuser par cet échange, lui demandant de comprendre ces raisons qu'il n'évoquait pas. Il la libéra et se redressa en vitesse pour attraper son t-shirt et le passer sur ses épaules, rattachant rapidement son pantalon et récupérant ses chaussures. Un dernier coup d’œil sur la blonde assise là, ne comprenant pas trop pourquoi cette rétractation. Il regrettait de la laisser en plan, regrettait de ne pas assouvir son besoin de lui faire comprendre qu'elle comptait pour lui... Il regrettait vraiment cette situation et le rouge lui montait déjà aux joues quand il se rendit compte qu'affronter son regard les prochains jours seraient difficile. Pouvait-elle lui en vouloir de vouloir être un homme bien ? Il s'agissait de cela après tout, d'être un homme bien et respectueux malgré les déboires de l'univers vis à vis des mortels. "Repose toi... A très vite..." marmonna-t-il maladroitement alors qu'il déverrouillait la porte de la chambre pour s'enfuir rapidement.

De retour à la sienne, ce fut Teddy qui l'accueillit d'un jappement inquiet. Son maître semblait plus calme mais tout aussi désespéré. L'homme vint se poser sur sa couchette, laissant ses affaires choir dans un coin tandis qu'il se passait les mains sur le visage, soupirant et grognant de frustration. Putain ! Putain de ... Merde ! A quoi il jouait, à quoi il pensait en se risquant ainsi à faire tomber un peu plus les barrières censées protéger son cœur et son âme ? Il devait être complètement fou de se mettre ainsi, moralement en péril. Demain pouvait autant être aussi cauchemardesque que merveilleux et si elle y avait échappé une fois, ça ne voulait pas dire qu'une seconde rencontre mortelle ne serait pas la dernière... Quelle mauvaise idée de s'attacher autant, quel mauvais plan de se sentir aussi mal parce qu'il avait dû la quitter en trombe... Un couinement de son animal le fit sortir de son état de torpeur. Doucement, il tapota la place près de lui, attirant la bestiole pour une étreinte. Nouveau soupir. Et voilà qu'elle envahissait à nouveau son crâne... Il repensait à elle, ses lèvres, sa peau, ses mains, son souffle et les palpitations de sa poitrine... Il voulait l'enlacer à nouveau, la garder contre lui une nuit si ce n'était plus. Bon sang...

Lentement, il se laissa tomber sur le dos, fermant les yeux pour essayer d'effacer cette mauvaise pièce de théâtre sans y parvenir. Pourquoi est-ce que cette histoire le touchait aussi fortement ? Il ne comprenait pas... Il ne saisissait pas... "Quel crétin..." lâcha-t-il pour lui même, en venant se frapper le front. Et demain, comment il agirait en la voyant ? Est-ce qu'il oserait seulement... Il y était aller pour avoir des réponses et maintenant il revenait au point de départ avec encore plus de questions... Quelle merde...

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The trick is getting all these pieces back together the same way. I could clean yours, show you how.
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Olivia Castillo
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Lun 14 Aoû - 11:40

Le message était passé, le jeu pouvait commencer. Liv ne put retenir un sourire mutin, gourmand, avant de venir presser ses lèvres contre celle de Darren avec une envie non dissimulée. Elle était en train de bouillonner de l’intérieur, et chaque caresse qu’il lui offrit ne faisait qu’attiser un peu plus le feu qui la consumait. Elle avait l’impression qu’un rien venait l’affoler : ses baisers tendres, le contact avec sa peau, son souffle contre sa nuque, ses doigts dans ses cheveux, ce que ses tympans parvenaient à percevoir et qui la rendait toute chose. Elle ne savait pas si c’était sa période d’abstinence forcée qui la rendait si réactive, ou juste le fait que c’était lui et qu’il parvenait à éveiller en elle des envies inavouables. Tout ce dont elle avait conscience, c’était qu’elle crevait de désir pour lui, et que si ça paraissait dingue quelques jours avant, c’était ce soir une évidence qui avait besoin de se réaliser.

Elle aida Darren à lui retirer son gilet, entreprit déjà pour sa part de revenir à l’assaut de ses lèvres. Elle voulut rétablir les comptes, ou au moins passer directement à la vitesse supérieure. Ses mains s’aventurèrent plus bas, sans s’arrêter de l’embrasser. Mais elle sursauta quand soudainement, il attrapa ses poignets pour la stopper dans son geste. Ils ne pouvaient pas ? Liv eut l’impression de faire une chute de cinq étages d’un coup. Qu’est-ce qu’il s’était passé en une seconde ? Elle ne comprenait pas.

« Quoi ? » Souffla-t-elle doucement. « Qu’est-ce que tu racontes… »

Elle tenta de reprendre l’assaut de ses lèvres, Darren en fit autant sans pour autant la relâcher. En lui demandant également de ne pas lui en vouloir. Qu’est-ce que… Qu’est-ce qu’il prévoyait ? Son cœur se serra alors qu’il s’extirpa de sa prise pour la poser à côté. Comme si elle ne pesait rien, comme si tout ça n’était pas arrivé. Il n’osait pas… Il n’était pas en train de faire ce qu’il était en train de faire !

« Tu… » Liv manqua de s’étouffer en le fixant avec des gros yeux. Un doute la prit, grossit, manqua d’exploser à l’intérieur de son corps : « Tu vas pas oser ! » S’inquiéta-t-elle soudainement.

Elle pouvait nier de toutes ses forces qu’il la plantait là alors qu’elle était dans un état de frustration qu’elle n’avait jamais connu, c’était exactement ce qu’il était en train de faire. Jamais quiconque n’avait osé agir avec elle comme ça ! avant ça, elle obtenait toujours ce qu’elle voulait, quand elle le voulait, et on ne lui résistait pas. Il fallait dire que le sexe, c’était tout de même une valeur sûre pour obtenir gain de cause, même si c’était plutôt mesquin comme manière de faire. Il déverouilla la porte en lui disant à très vite, et Liv eut tout juste le temps de lui balancer un « Tu te fous de ma gueule ! » qui venait du cœur.

C’était pas possible, elle rêvait ! Elle se laissa retomber rageusement sur son matelas, s’étalant de tout son long avant de tourner les yeux vers sa porte. Il allait revenir… Il avait intérêt à revenir, ou elle allait faire de sa vie un enfer ! Mais les minutes passèrent, et elle ne perçut aucun bruit de pas dans le couloir… Il n’allait pas revenir, et elle devrait rester dans cet état… Super ! Merci le gars ! La nuit allait être horrible… Alors qu’à chaque fois qu’elle fermait les yeux, des images l’assaillaient, Liv savait qu’elle n’allait pas être épargnée par tout ça…

FIN

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