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I walk a lonely road
Peter Collins
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I walk a lonely road
Mar 22 Aoû - 23:26

Peter avait passé presque deux jours dans la benne a ordures, tremblant et pleurant en silence avec son Stitch dans les bras. Il avait vu le géant sortir de sa cachette, il était devenu un damné. Finalement il n’avait pas été si méchant ça. Cela peina sincèrement le petit garçon qui repensa aux mots et il s’en voulait terriblement, car cette nuit, à cause de lui, une petite fille n’aurait plus de papa. La nuit fut longue et angoissante mais le bruit des klaxons finit par s’arrêter. Il ne dormit presque pas tourmenter par la mort de l’homme et par le bruit de cette marrée inhumaine qui cherchait de quoi manger. A chaque fois qu’ils les pensaient moins nombreux et qu’il risquait un œil, il était épouvanté de voir qu’ils étaient toujours là. Attendant stoïquement qu’il ne sorte de sa cachette.
Le jour qui suivit, Peter eu soif et faim, et ce n’était pas la pourriture dans laquelle il baignait qui pouvait lui offrir quoique ce soit pour lui remplir le ventre ou étancher sa soif. Dès qu’il bougeait trop, les grognements reprenaient et plusieurs fois la benne fut secouée par des mains mortes et avides de sa petite personne.

La peur, la fatigue, les odeurs, toute cela lui donna des somnolences fiévreuses. Il ne cessait de penser à Cyrius et regrettait amèrement d’être partie du food truck pour s’amuser au lieu de travailler. Dieu l’avait mis a l’épreuve et il avait fauté. Il était puni. Il avait peur, peur d’être mangé, peur que Cyrius ne soit parti sans lui, peur d’être a nouveau seul et perdu. Comme il regrettait ces quelques heures d’enfances, ce luxe impardonnable dans ce monde de morts. Il recita silencieusement plusieurs chapelets.

La nuit tombait quand les morts furent attirés par un bruit de moteur au loin et désertèrent la zone. Peter se dépêcha autant que ses petites jambes lui permettaient. Il attrapa sa planche à roulettes et alla aussi vite que possible là où il avait laissé le food truck.

Il fut soulagé de le retrouver et de sauter a l’intérieur, mais sa joie s’évapora vite, à part le jeune renardeau de Cyrius qui avait l’air affamé, il n’y avait personne. Il se lava, mangea, bu, nourrit la petite bête et attendit encore un jour et une nuit. Cyrius avait fait des réserves. Au fond de lui il commençait à douter que Cyrius revienne mais il espérait encore. Il était couché sur la banquette, le renardeau à côté de lui dans la veste trop grande du jeune homme a prier pour lui quand il crut entendre un bruit. Cyrius était de retour?

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Mer 23 Aoû - 15:41

Caché derrière une voiture abandonnée depuis trop longtemps, j'observe patiemment la rue face à moi. Mes forces ont fini par me revenir et j'ai trouvé de l'aide et de quoi me nourrir, mais toujours aucun compagnon de route pour faire le sale boulot à ma place. C'est un problème, mais je commence à me faire à l'idée. Pas le choix, de toutes façons. Et puis, j'ai un nouveau but désormais : Fort Hope. Je ne sais pas où se trouve cette Terre Promise dont m'a parlé la Punisher que j'ai croisé il y a quelques jours, mais je sais que c'est ce que je veux atteindre maintenant. Ces gens se sont débarrassés du seul groupe qui aurait pu m'accepter sans mal et tel que je suis. C'est donc à eux que reviendra la lourde charge de me supporter, dès que j'aurais mis la main sur le camp, si tant est qu'il existe réellement et que cette femme ne se soit pas fichue de moi.

Pour le moment, j'ai appris une leçon douloureuse depuis mon arrivée à Détroit : je n'aurais jamais trop de nourriture. Voilà pourquoi je me planque tout près de ce foodtruck depuis quelques heures. Je l'ai observé un long moment. Il semble vide, mais il est en bon état, comme si quelqu'un continuait d'en prendre soin malgré tout. Ce qui veut dire qu'il n'est pas abandonné. Ce qui veut dire que j'ai mes chances de trouver quelque chose d'utile à l'intérieur. Depuis que j'ai commencé ma surveillance, je n'ai vu aucun mouvement à l'intérieur, personne s'en approcher. Peu importe à qui appartient ce truc, son propriétaire est en balade. C'est ma chance.

Mon marteau à la main, je me décide donc à me lancer dans cet assaut sans aucune difficulté et je quitte ma cachette de fortune pour traverser la rue heureusement calme. Il n'y a pas un démon à l'horizon et c'est tant mieux. Je fais une fois le tour du truck en essayant de voir par les fenêtres à l'avant, mais rien n'indique qu'il y a quelqu'un à l'intérieur. Ainsi, je me place à l'arrière et je pose ma main sur la poignée, tirant doucement.Elle s'ouvre sans aucun problème, pour me dévoiler l'intérieur aménagé et...

Mon regard se pose sur la preuve que je ne suis pas un fin observateur, déguisée en la personne d'un petit garçon à l'air apeuré. Oh oh.. Je lève les mains de chaque côté de mon visage et imprime de force un sourire doux et compatissant à l'enfant, tâchant de fixer mon regard sur lui aussi longtemps que possible en le laissant vadrouiller parfois tout autour de la pièce pour chercher des indices. Il me semble seul. C'est moi ou c'est étrange ? Un enfant qui survit... Un Pasteur y parvient déjà difficilement alors un gosse ? « Hey, petit ! » je lance d'une voix douce, me félicitant d'avoir ce déguisement sur le dos pour une fois. Quel genre d'enfant s'en prendrait à un homme de Dieu ? Quoi que nous sommes à Détroit et si j'ai appris quelque chose dans cette ville, c'est que les survivants par ici ont très peu de respect pour le Grand Barbu. « Tu vas bien ? Où sont tes parents ? »

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Peter Collins
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Sam 26 Aoû - 11:07

Peter était fébrile. Les angoisses qu’il vivait quant au sort de Cyrius étaient si intenses qu’il ne réfléchit pas plus et qu’une sournoise bouffée d’espoir l’envahi à l’idée de retrouver son compagnon de route et son sauveur. Mais Dieu n’en avait pas fini avec lui. Et, au lieu que, sur le pas de porte cela soit le jeune cuistot souriant au regard vairon, une autre silhouette entra dans le foodtruck. Peter resta une minutes le souffle coupé par cette apparition étrange. Si son premier réflexe était de prendre le bébé renard avec lui et de fuir l’endroit par le toit que Cyrius avait aménagé en terrasse, l’habit de l’homme le fit hésiter.

Le nouvel arrivant avant un faux cal et un habit reconnaissable !! c’était donc un homme de Dieu. Cela ne pouvait pas être un méchant. C’était évident dans l’esprit de l’enfant, qui, malgré sa méfiance naturelle, restait un bon Texan élevé dans des valeurs religieuses trop étriquées pour qu’il puisse penser, une seule seconde, qu’un homme oser défier le ciel en usurpant le rôle d’un guide bienveillant de Dieu. Il resta donc debout face à lui, ne sachant pas trop quoi faire. Mais l’homme se mit à sourire, alors Peter essaya de faire de même sans grand succès. Pour ça aussi, il était cassé.

Il avait néanmoins l’air gentil ce prêtre. Peut-être allait il l’aider à retrouver Cyrius ? Peut-être était-ce un signe de Dieu, ou la preuve que son papy, de là où il était, veillait sur lui. Peter l’écouta lui demander où était ses parents, il posa au sol le petit renardeau qui alla renifler le nouvel arrivant avec curiosité pendant qu’il fouilla pour trouver son carnet et il griffonna.

« Je crois qu’ils sont au ciel, mon père.»

Il montra sa réponse sans vraiment de conviction. Autant son papa devait l’etre puisque c’était ce que lui avait dit papy et mamie, autant pour sa mère… il n’en savait rien. Peut être était-elle morte avant que les morts ne reviennent manger les gens. Peut-être était-elle dans cette armée de damnées ou encore en vie quelque part ou elle ne devait pas s’inquiéter de lui. Une petite voix sournoise lui disait qu’une maman qui abandonne son enfant avait peu de chances d’aller au ciel, mais Peter la chassa vite. Il priait souvent pour l’âme de sa mère, comme papy et mamie lui avaient appris. Il reprit le carnet pour griffonner la suite.

« Je m’appelle Peter, nous somme dans le camion de Cyrius, il est parti depuis trois jours je suis inquiet. »


Il lui montra et son regard prouvait que le terme inquiet était un euphémisme. Néanmoins, il reprit vite le petit calepin pour ajouter :

« Vous avez faim mon père ? »

Il restait peu de nourriture dans le Food truc, mais Peter n’aurait pu être un bon croyant sans proposer de la partager avec le pasteur.

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Mar 29 Aoû - 12:25

Je sens une certaine tension me gagner, mais je reste immobile et souriant, toujours. Convaincre ou combattre des adultes, ça n'est pas une mince affaire, mais un enfant... Même moi je dois pouvoir y parvenir. Je me suis enrichi pendant des années en jouant le rôle d'un homme innocent et même si les choses ont changé, ça ne peut pas être à ce point. Je reste nerveux, pourtant, quand le garçon relâche l'étrange animal de compagnie qu'il tient dans ses bras et qu'il se détourne. Pendant qu'il ne me regarde pas, je bouge un peu, juste le temps de poser mon marteau sur un comptoir près de moi. Il reste à portée de main, mais plus serré dans mon poing : je montre un peu plus que je ne suis pas dangereux, j'augmente mes chances de survie.

Le gosse revient vers moi et je le vois s'activer au-dessus d'un bloc de papier avant qu'il ne me montre la feuille à peine couverte de son écriture hésitante. Au Ciel... Je le regarde, forçant une mine compatissante et rassurante. « Toutes mes condoléances, mon fils. Mais le Seigneur prend soin d'eux dans ce cas, j'en suis certain. Il a rappelé auprès de lui ceux qui méritaient le repos éternel, nous ne devons pas pleurer nos morts mais nous sentir heureux pour eux. » Je me souviens avoir répété cette même connerie à des dizaines de personnes au cours des années écoulées dans ce monde en perdition. J'aimerais croire que c'est vrai et cela a rassuré nombre de gens, mais ne voient-ils pas la vérité en face ? Ça signifie que nous qui sommes encore là ne méritons pas ce repos bienveillant. La naïveté et la bêtise des gens me désespère souvent.

De nouveaux mots sont griffonnés sur le bloc-note et de les lire me rempli de joie, j'ai même du mal à retenir un sourire. Un enfant... C'est une idée que je n'ai jamais eu et tout à coup... Je me rends compte à quel point c'est une chose merveilleuse. « Dieu te bénisse, mon fils. J'aimerais beaucoup manger, ça ne m'arrive plus que quand Il le veut bien, hélas et c'est plus rare qu'on ne peut l'imaginer. » J'entre dans le foodtruck et referme la porte derrière moi, avec toute la douceur du monde. Un enfant... J'ai tellement de mal à y croire. « Je m'appelle Evan, tu n'as pas besoin de m'appeler « Mon père », juste Evan ce sera très bien. » Je souris une fois de plus et j'avance encore de quelques pas. « Qui est ce Cyrius ? Ça fait longtemps qu'il t'a laissé ? Tu ne sais pas du tout où il peut se trouver ? » J'enchaîne les questions et à raison : plus j'en saurais, mieux je pourrais me préparer à ce qui m'attend. Ce garçon n'a pas l'air dangereux, mais son compagnon ? Pour avoir permis à un gamin de survivre, il doit être capable de se salir les mains.

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Peter Collins
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Jeu 31 Aoû - 2:37

La phrase du pasteur, relative à ses condoléances, était à la fois douloureuse et apaisante pour le petit garçon. A force de fuir et d’avoir peur, il lui arrivait, parfois, de ne plus penser au fait qu’il avait perdu toute sa famille. Pour lui il était juste égaré, loin de sa maison où mamie devait faire une de ses bonnes confitures dont elle avait le secret en attendant son retour pendant que papy s’occupait de bricoler. Il avait beau savoir qu’ils étaient morts, il lui arrivait d’oublier.

Pour cet enfant élevé dans les préceptes stricts de la religion, les mots du pasteur gardaient le réconfort rassurant et familier de ces messes dominicales. Même si Peter avait du mal a accepter que Dieu lui prenne les gens qu’il aimait. Il restait humble devant la volonté divine. Les plans de Dieu étaient impénétrables non ? Il ne devait jamais douter qu’il était là où il devait être, même si, pour le moment, il avait le sentiment de vivre une difficile mise à l’épreuve.

Son sourire ne venait toujours pas, mais, au moins, il ne pleurait pas. Il opina du chef quand le pasteur lui expliqua qu’il avait faim et ne prit pas peur de le voir entrer dans le véhicule. Une fois de plus, l'habit d'Evan jouait en sa faveur. Spontanément, comme la parfaite brebis devant son pasteur, il s’activa de la même façon que Cyrius le faisait pour lui, prêt à faire un repas pour son invité au col romain. Cela lui paraissait hérétique d’appeler le pasteur autrement que mon père, mais il nota bien son prénom.

L’homme se mit à poser des questions sur Cyrius. Cela faisait échos a tellement d’angoisses pour l’enfant.  Au fond de lui il savait que le jeune homme, du peu qu’il le connaissait, n’aurait jamais laisser derrière lui le jeune renard qu'il avait trouvé ni même le petit garçon perdu. Qui plus est, il adorait son food truck, vestige de ses projets. Peter sentit ses yeux lui piquer en pensant à cette affreuse vérité avant de lâcher sa poêle pour noter :

« Cyrius est mon ami. Mais cela fait trois jours maintenant. J’ai peur que Dieu l’ait appelé à lui aussi. »

Peter regarda le pasteur avec un air de moineau désespérée avant de se remettre au fourneau. Il ne voulait pas que le serviteur de Dieu le voie pleurer. Il ne pourrait que croire que Peter n’avait pas suffisamment la foi. Et peut-être était-ce ça le problème. Peter avait péché en allant s’amuser et en pleurant ceux qui goutaient, maintenant, à la vie éternelle auprès de leur créateur.

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Sam 2 Sep - 13:21

La bonne nouvelle, c'est que ce gamin a l'air de croire à mon personnage. Je commençais sérieusement à croire que ça n'arriverait jamais et que personne dans cette foutue ville ne prendrait jamais un prêtre au sérieux ! Me voilà rassuré quoi que déçu qu'il ne s'agisse que d'un gosse. Que pourra-t-il m'apporter ? Il va falloir que j'y pense sérieusement. Ou peut-être que non, en fait, puisqu'il m'offre déjà le couvert. Un mince sourire satisfait étire mes lèvres alors que j'entre plus franchement dans le foodtruck, prenant soin de regarder autour de moi plus en détail. Il n'y a rien qui m'inquiète ici, ça pourrait même être un endroit sympathique où passer quelques jours. Sauf qu'il y a ce Cyrius...

Je me doutais bien qu'un gosse n'aurait pas pu s'en sortir sans un peu d'aide, reste à savoir qui est cet homme et mes très nombreuses questions vont sûrement m'y aider. J'observe le jeune garçon abandonner l'idée de faire le repas pour retourner griffonner sur son papier. Il entend mes questions, il ne signe pas, donc ça ne fait probablement pas très longtemps qu'il ne parle plus. Depuis le début de l'apocalypse, peut-être ? Ça me semble la solution la plus simple, la plus logique. Je ne peux m'empêcher de me dire que c'est intéressant, utile, mais je n'ose pas aller plus loin sur cette pensée. De nouveau, je lis les mots que m'adresse ce petit. Un ami disparu depuis trois jours, probablement mort. Il semble triste, il y a probablement de quoi. « Je suis désolé, mon petit. » que je lui lance avec compassion. Même moi, je ne peux m'empêcher de trouver cela sincèrement triste. Il est si jeune, il ne mérite pas une vie aussi monstrueuse. Pas plus que nous tous, à part peut-être certains enfoirés dont je fais probablement partie au demeurant. Mais un gamin... C'est cruel, surtout s'il est seul.

« Il te reste beaucoup de choses à manger, ici ? » je lui demande en retournant à mes observations. Je ne suis pas sûr de la réponse que j'ai envie d'entendre. Je ne serais pas contre rester ici un petit moment, jusqu'à en épuiser les réserves tout du moins. Mais si son pote Cyrius rentre... Je risque de passer un mauvais quart d'heure et ça, j'aimerais bien l'éviter. « Ton ami n'est jamais parti aussi longtemps avant ? Peut-être qu'il est juste allé très loin pour vous trouver à manger ou qu'il a rencontré un problème en route... » Je tâche de paraître rassurant, mais je me parle surtout à moi-même en énumérant les raisons qui pousseraient cet homme à revenir soudainement après avoir disparu trois jours. Cela dit, ça ne me semble pas vraiment convainquant, même en essayant très fort. Il a du se passer quelque chose. « Est-ce que tu voudrais que je te tienne compagnie le temps qu'il revienne ? » Mon ton innocent est savamment étudié, mais pas totalement malhonnête. Ça reste un gosse et mon cœur se sert un peu à l'idée de la savoir dans une telle merde. Mais je dois admettre que l'idée d'avoir trouvé de quoi manger pour quelques jours m'intéresse beaucoup plus que d'être gentil avec un enfant.

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Peter Collins
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Ven 8 Sep - 14:30

Peter avait de la peine, beaucoup de peine, au point de vouloir sangloter. Mais il savait que ça ne servirait pas à grand-chose, ça ne ramènerait pas les morts à la vie, ni ne permettrait à Cyrius de réapparaitre. Car au fonds de lui, il savait que le très jeune homme qui l’avait pris sous son aile n’aurait jamais quitter son food truck en laissant un bébé renard tout seul dedans aussi longtemps. Peter n’arrêtait pas de se dire que Cyrius avait dû s’inquiéter pour lui et ressortir en pleine nuit pour le chercher… si seulement il avait été sage et qu’il n’avait pas été dans ce magasin. Le géant était mort à cause de lui et une petite fille devait attendre son papa en pleurant maintenant, et puis Cyrius s’était croqué très certainement.

Il devait être fort et ne pas pleurer. Dieu avait un plan pour tout le monde, s’il avait rappelé à lui Cyrius, qui était-il pour juger sa décision, à part un pécheur égoïste? Il finit de préparer le repas en reniflant et en essayant de calmer sa tristesse, avant de répondre au pasteur. L’homme de Dieu était une bénédiction et arrivait à point nommé dans la vie du petit garçon qui ne se sentait pas la force de continuer tout seul après cette nouvelle perte. Il avait l’impression que tous les gens qui essayaient de l’aider finissaient par se faire tuer.

Il posa deux assiettes sur le comptoir qui servait de table a l’ancien propriétaire des lieux et mit les restes dans la gamelle du petit renard qui se jeta dessus sans se faire prier. Puis il prit son carnet et griffonna rapidement.

« Mon père, vous êtes un homme bon de proposer de rester avec moi pour attendre Cyrius mais je pense que cela ne servira à rien. Cela ne fait que trois semaines que Cyrius m’a trouvé, mais il nous aurait pas laissés seuls si longtemps mon père. Je sais qu’il ne reviendra plus maintenant. Je crois qu’il ne reste pas grand-chose a manger, mais servez-vous, j’irais mettre des collets tout à l’heure. »

Il hésita avant d’ajouter :

« Voulez-vous rester un peu avec nous malgré tout ? Au moins ce soir ? Vous pourrez dormir dans le hamac de Cyrius si vous le voulez?»


C’est le regard plein d’espoirs qu’il tendit ses notes au pasteur, craignant que lui aussi l’abandonne.

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Mer 13 Sep - 2:04

Le gamin termine tranquillement de cuisiner et rien que les odeurs de cuisson me remplissent de joie. Vous ne pouvez pas imaginer comme c'est jouissif de sentir de la nourriture, de savoir que d'ici quelques minutes, je pourrais me repaître d'un repas chaud... C'est un fantasme qui devient réalité et qui fera passer en un éclair le souvenir écœurant du petit bol d'insectes que j'ai ingurgité dernièrement... En attendant, j'essaye tant bien que mal de faire la conversation à ce garçon qui ne parle pas. C'est assez étrange, à vrai dire, de parler tout seul... Le silence me dérange toujours pas mal, je crois que c'est ce que j'apprécie le moins dans ce nouveau monde : être seul, ne parler à personne. J'ai toujours été habitué à avoir tous ces gens autour de moi, qui me regardaient avec admiration, qui m'écoutaient avec patience et me faisaient me sentir important. Maintenant, il n'y a plus que moi et les quelques personnes que j'ai croisées depuis que je suis à Détroit m'ont retiré ce petit plus qui faisait toute ma vie depuis dix ans...

Le gamin pose deux assiettes sur la petite table et, c'est sans rien demander que je m'assois devant l'une d'entre elle. Le repas qui repose au milieu de mon assiette ressemble presque à de la haute gastronomie, j'ai un mal fou à ne pas sauter dessus pour tout avaler. À la place, j'attrape ma fourchette et j'observe le jeune homme vider ce qu'il reste de repas dans la gamelle du renard. Quel drôle d'animal de compagnie, d'ailleurs... En tout cas, la bête a moins de scrupules que moi et, en la voyant se jeter sur son repas sans demander son reste, je parviens à me convaincre d'en faire de même. Alors, je me mets à piocher dans mon assiette. Ce sera un repas plutôt maigre, mais c'est tellement plus que je ne l'espérais...

Je mange un peu trop rapidement pendant que ce gosse retourne se pencher sur son bloc-note avec son crayon usé. Le bruit de la mine qui gratte le papier est un son désagréable à mes oreilles, j'aimerais tellement qu'il parle... Mais je ne m'en occupe pas, me contentant de lui lancer quelques regards pendant que j'avale goulûment ce qu'il m'a préparé. Ce gamin m'a l'air d'un vrai cordon bleu, en ce moment, croyez-moi ! Quand il a terminé d'écrire, je repose ma fourchette et attrape le bloc qu'il me tend sagement pour déchiffrer les mots qu'il a ajouté à notre conversation. Il « parle » de collets et je comprends alors que ce gamin sait aussi chasser. Bon sang ! Un gosse de dix piges s'en sort mieux que moi au jeu de la survie, vous arrivez à le croire ? Je suppose que oui, ça n'a rien de très étonnant quand on y pense. Mais je me surprends quand même à me demander quelle est l'histoire de cet enfant, d'où il sort, d'où il vient pour savoir toutes ces choses, comment il a tenu si longtemps dans ce monde perdu s'il ne connaît ce Cyrius que depuis trois semaines. C'est un peu triste et vexant de se dire qu'un enfant peut m'en apprendre des tas sur la vie, mais mon ego est assez robuste pour le supporter, du moment que j'en tire quelque chose. La dernière ligne sur la page m'arrache un sourire et je repose le bloc entre nos deux assiettes en relevant les yeux vers le petit.

« Tu es un garçon adorable. » je lui dis gentiment. « Je resterai avec toi cette nuit avec plaisir et si tu as la patience de me montrer comment faire, je pourrais même t'aider avec tes collets. » Sur ces bonnes paroles, je reprends ma fourchette et avale une bouchée ou deux avant de reprendre la parole. « Tu es un cuisinier hors pair, tu sais ? C'est le meilleur repas que j'ai mangé depuis plus d'un an ! » Un nouveau grand sourire étire mes lèvres, je l'observe une petite seconde et mange encore. Malheureusement, il n'y en a pas assez dans cette assiette, plus je mange plus j'ai faim.

Tellement, à vrai dire, que je termine rapidement. Repoussant doucement mon assiette vide, je me laisse reposer sur le dossier du banc qui entoure la petite table et je passe une main sur mon visage fatigué. Toute une nuit dans cet endroit, c'est presque comme dormir dans un palace et j'ai vraiment hâte de voir combien de temps je pourrais m'installer ici. Ça va certainement demander un peu de coopération avec ce gosse, mais il est muet, croyant visiblement alors tout semble bien parti pour moi. Je peine à croire que la chance puisse enfin me sourire...

« Merci pour ce repas. » je reprends après quelques secondes de silence complaisant. « Alors.. » Je jette un regard en coin à la feuille de papier couverte de son écriture pour repérer son prénom. « Peter... Comment un petit garçon comme toi est parvenu à s'en sortir si longtemps dans un tel monde ? » Tout juste une seconde après avoir posé cette question, un bruit dans mon dos me fait sursauter et me pousse à me retourner, juste à temps pour voir la poignée du truck tourner rapidement.

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Joshua Cornwell
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Ven 15 Sep - 12:48

Joshua se remettait plutôt bien de son dernier bain forcé et de cette deuxième morsure. Il avait plus de mal à digérer le fait que sa Némésis s’en soit tiré à si bon compte. Un autre que lui aurait vu le dénouement de cette rencontre avec Carter comme un cuisant échec, mais pour un Renard, il ne s’agissait que d’une victoire reportée. Aussi, au lieu de se conforter à son idée de fuir au plus vite Detroit, sa folie lui insufflait de rester jusqu’à avoir le dernier mot. Même s’il devait mettre à feu et à sang toute la ville et partir en cendre avec elle pour se venger du butor et du chiard, il ne reculerait pas. Le Renard ne pouvait pas perdre contre ces deux abrutis. Il avait déjà, avec patience, commencé a tisser une nouvelle toile. Il escomptait sur le fait que ceux qu’il surnommait, les doubles C (Carter et Cornichon) se pensaient en sécurité pour leur faire regretter de ne pas avoir obtempérer gentiment quand ils le pouvaient encore. A force d’avoir passé du temps à les espionner, il avait dans ses manches plus d’une carte pour poser son jeu. Il avait commencé à prospecter avec autant d’assiduité qu’un témoin de Jéhovah toutes les antres de ceux que le môme traquait au nom du Fantôme. Ce petit con avait lancé les prémices d’une guérilla au nom d’un autre qui ne savait même pas ce qui se passait. A croire que les doubles C n’avaient pas besoin de lui pour se mettre naturellement dans la mouise. Mais Joshua était généreux quand il s’agissait de donner un coup de pouce au destin. Il avait joué de ses masques pour distiller les informations qu’il souhaitait dans les oreilles réceptives de ces gens en quête de vengeance. Un jeu d’enfant de leur donner trois petits noms : Joey, Juliet et Joy. Les triples J. Trois jeunes femmes si importantes pour le Fantôme ou sa doublure, que leur perte l’anéantirait, et si en plus il y avait torture, ça serait la cerise sur le gâteau ! Qui plus est, il n’avait pas été difficile de les décrire, d’indiquer où elles vivaient pour celles qui avaient un camp et même de montrer l’isolé a deux au trois ex Punishers. Les rues étaient déjà peu sures, mais elles allaient devenir invivables pour ces trois-là. Il ne restait plus qu’au Renard a retrouver cette fameuse Jude que le gosse cherchait partout. Il avait l’intuition qu’elle pourrait être une partenaire envisageable dans la bataille qu’il menait.

En attendant, Joshua avait des considérations plus triviales à assouvir, comme se sustenter. La chance était du côté de cet opportuniste sans scrupule aujourd’hui car il venait peut-être de trouver peut être de quoi lui permettre de continuer sa quête le ventre plein sans trop de difficultés. La vache grasse du jour était un de ces pingouins de religieux. Il l’avait suivi avec la même patience qu’un prédateur jaugeant sa proie et il l’avait mené a un de ces camions de restauration d’un autre temps. Quand il estima que les risques étaient maitrisés, il alla au véhicule. La porte était close, mais les mécanismes de verrouillage pour les camping-cars et assimilés étaient aussi complexes qu’un bilboquet pour nourrisson. C’est donc sans encombre et la matraque dissimulée mais prête a être utilisée qu’il entra directement rejoindre les deux occupants du véhicule. Il pouffa en découvrant la scène devant lui. « Putain, un prête et un môme en plein diner galant, j’espère que je n’interromps rien de dégueulasse au moins ? » Il s’appuya sur le côté de la porte avec une apparence décontractée. Il en profita pour observer, sans en avoir l’air, les lieux. Armes ? Occupants autres que ces deux-là et le mini clébard roux qu’ils avaient. « Dis-moi gamin, tes parents t’ont jamais appris qu’enfant de chœur ça fait vite mal au cul ? ». Il s’amusait comme à chaque fois où il faisait de l’humour. « Bon, trêve de plaisanterie, y’a quoi de bon a manger pour la brebis égarée ? »

hrp:
 

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Dernière édition par Joshua Cornwell le Ven 29 Sep - 15:21, édité 1 fois
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Dim 24 Sep - 12:50

Dès que la porte est ouverte, mon visage perd de ses couleurs. Je ne suis peut-être pas un fin psychologue et certainement pas un empathique, mais il n'y a pas besoin d'avoir faire Harvard pour comprendre que l'homme qui vient d'entrer et qui ouvre déjà les hostilités avec une blague plus que douteuse est un problème, ne serait-ce que pour moi. Je reste parfaitement immobile, même si je me suis empressé de me mettre debout. Mon arme est posée à quelques pas de là, trop proche pour que je ne la vois pas, trop loin pour que je puisse l'attraper et espérer me défendre. Erreur de débutant la plus basique du monde, voilà ce que je me dis en la regardant avec désespoir. Un survivant digne de ce nom ne devrait jamais s'éloigner de son arme. La preuve, j'entends très clairement le mécanisme d'un chien qu'on enclenche dans mon dos : le gamin a sorti la sienne et il vise le nouveau venu. J'ai presque envie de me retourner pour lui jeter un coup d’œil et me sentir une fois de plus ahuri qu'un gosse soit plus apte qu'un adulte à survivre dans ce monde.

« Où est-ce que vous vous croyez ? » je grogne méchamment à l'adresse de cet homme qui continue de faire de mauvaises blagues et semble bien décidé à rester pour partager notre repas. De toutes manières, il ne reste rien que ce que le gamin n'a pas encore avalé et très franchement, qui oserait voler l'assiette d'un enfant ? Hm... Au hasard, je dirais ce type. « Il n'y a rien ici pour vous, alors je vous conseille de faire demi-tour dès maintenant et de disparaître avant que ça ne tourne mal. » Je tente, très fort, de ne pas trembler, de faire semblant d'être parfaitement calme et sûr de moi. Jouer la comédie fait partie de mes talents depuis toujours, ça m'a sauvé la mise bien souvent et je suis plutôt confiant en ce qui concerne mon talent d'acteur. Mais bien sûr, ça n'a jamais vraiment été dans le but de me défendre contre un homme qui a l'air vraiment dangereux. Peut-être que j'aurais du sortir la carte du prêtre pathétique, je n'y pense que maintenant, elle fonctionne bien généralement... Enfin, elle fonctionnait bien avant Détroit, mais en ce moment, j'ai tellement peur que mon seul réflexe est de me mettre sur la défensive. Peut-être qu'il croira à mes menaces et qu'il partira de lui-même ? Nous savons tous ici qu'il n'y a aucune chance que ça arrive. Les gens dans cette ville sont des monstres et malgré les apparences, je ne suis pas en reste de ce côté-là.

« Vous n'avez pas honte de vous attaquer à un pasteur et à un enfant ? Un grand gaillard comme vous, ça ne doit pas être bien compliqué de trouver de quoi vous nourrir dehors. Partez. » J'essaye, encore et encore, mais je ne crois vraiment pas à sa coopération. Alors, mes yeux abandonnent peu à peu cet homme pour lancer de petits regards autour de moi, à la recherche d'un plan pour m'en sortir. Le gamin ne me fera pas de mal. Il suffit que je fonce assez rapidement sur mon pistolet et que je tire presque aussi vite sur ce type. Une balle bien placée et il ne sera plus un problème. Tout ce qu'il y a à espérer, c'est qu'il ne cache pas une arme quelque part et qu'il ne soit pas plus rapide ou meilleur tireur que moi... C'est beaucoup d'inconnues pour une équation mortelle. Est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

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Your dead shall live; their bodies shall rise. You who dwell in the dust, awake and sing for joy! For your dew is a dew of light, and the earth will give birth to the dead. ▬ Isaiah 26:19-20.
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I walk a lonely road
Joshua Cornwell
Matricule n°001
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Ven 29 Sep - 15:15

Joshua observa la réaction du pingouin avec un amusement non dissimulé. Il avait toujours adoré écouter les prêcheurs courroucés se lancer dans leurs petits discours en s’imaginant qu’ils avaient le monopole pour savoir ce qui était bien ou mal. Le problème avec cette méthode, c’est qu’il fallait que la personne en face ait au moins une vague notion de ce qu’était la morale pour avoir un peu d’impact. Autant dire que cela ne pouvait pas avoir un grand effet sur un homme qui avait déjà tué deux de ses fils, mis sa fille sur le trottoir et prenait plaisir à se venger de son cadet. Par ailleurs, même s’il pouvait citer les textes de l’ancien et du nouveau testament à la virgule près, il était tout sauf une grenouille de bénitier. Un séjour dans un orphelinat à entendre, chaque jour, des bondieuseries l’avait vacciné au point de trouver comique toute forme de religions autres que les seules que les gens vénéraient vraiment à la l’époque: la télé, le sexe et le pognon. Il prit, néanmoins, la peine de prendre une mine affectée par les paroles hautaines du pasteur avant de répondre.   « Pardonnez-moi mon père, je ne suis qu’un humble pécheur affamé avec lequel vous allez devoir partager votre pitance au nom de la charité chrétienne ou protestante, je ne suis pas très regardant sur la main qui me nourrit. » Le Renard était joueur et malgré la faim, il aimait taquiner les gens avant de décider de leur sort. Joshua prit conscience d’un petit détail menaçant de 10 ans qu’il avait peut-être sous-estimé. Le môme était en train de le tenir en joue avec un fusil plus grand que lui et il avait l’air de savoir s’en servir rien qu’à sa posture. Contrairement au Pingouin, qui semblait faire des efforts pour ne pas trembler, le mioche paraissait presque sûr de lui et déterminé. Joshua avait suffisamment fréquenté les gangs, qui aimaient enrôler des morveux, pour savoir qu’un gosse pouvait aussi bien tuer qu’un adulte. « Bon sang ! Un vrai petit soldat que vous avez là mon père. Et après vous me demandez si j’ai honte ? Mais visiblement, ce n’est pas moi qui attaque ici ou qui me planque derrière un gamin. ». Le gosse n’avait pas tiré, c’était plutôt bon signe. Toujours prêt à électrocuter le pingouin avec sa matraque, Joshua s’adressa au chiard : « Ben alors mon bonhomme, on t’as pas dit que c’était mal de tuer, surtout un type désarmé qui ne voulait que demander un peu de nourriture. ». Il lui fit un grand sourire chaleureux et eut le plaisir de voir l’enfant hésiter. Il ne lui en fallait pas plus pour en profiter. Il saisit rapidement le canon de l’arme et poussa violemment dessus. La crosse cogna fort la tête de Peter qui bascula en arrière, sonné et le nez en sang. Dans un mouvement fluide Joshua retourna l’arme et braqua le pasteur en lui faisant un petit non de la tête pour annihiler toute tentative de faire une action stupide. Son visage exprimait toute la joie perfide d’un prédateur qui savait ses proies piégées. Mais une fois de plus, le Renard était joueur. « Bon, le serviteur de Dieu, a part me rappeler le Livre de l’Exode 20, 1-18, t’as des arguments pour que je te flingue pas de suite ? »

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Dim 15 Oct - 15:15

J'ai beau regarder dans tous les sens avec toute la discrétion dont je suis capable, il n'y a rien ici qui a la moindre chance de me sortir de ce pétrin. En fait, ma seule chance se trouve à mes côtés, c'est ce gosse et ses capacités à tirer dont je ne sais finalement rien. Il n'hésite pas à dégainer ou à menacer de son canon la moindre personne passant le pas de sa porte, mais il reste un enfant et je ne suis pas certain que compter sur son habileté à tuer pour me sortir de ce mauvais plan est vraiment la meilleure chose à faire... Il faudrait que je puisse communiquer avec lui, que je trouve un signe, un moyen de lui dire de tirer et d'abattre cet homme sans autre forme de procès, en espérant qu'il soit du genre à tuer quand la situation le réclame. Ce qui n'est pas forcément gagné avec un gamin.

L'autre type continue de parler et, imperceptiblement, de s'approcher. Je n'écoute plus que distraitement ses paroles qui sont sans intérêt à mes yeux. S'il veut repartir d'ici avec ne serait-ce qu'un paquet de bonbons, il faudra qu'il me tue. J'ai eu trop de mal à trouver cet eldorado pour accepter de l'abandonner dès le premier jour ! Il peut bien me menacer autant qu'il veut, ça m'est parfaitement égal. Du moins, ça l'est jusqu'à ce qu'il saute sur le gosse, agrippant le canon de son arme si rapidement que j'ai tout juste le temps de réagir.

En dernier recours, j'attrape son bras, encerclant mes deux mains autour de son coude et tire de toutes mes forces dans l'espoir vain d'inverser la vapeur. Je me prends un coup et suis repoussé en arrière, frappant asse durement la petite table avec le bas de mon dos, juste une seconde avant que l'arme ne frappe Peter à la tête et qu'il ne tombe sur le sol, me laissant en tête à tête avec notre agresseur maintenant armé... Je ne connais pas de pire sensation que celle-ci, le canon d'une arme braqué sur moi et l'impossibilité de s'en sortir. Mon regard, une fois de plus, caresse les alentours à la recherche d'une solution pour m'en sortir, se pose une seconde de trop sur mon propre pistolet abandonné un peu plus loin avant de revenir croiser celui de l'autre homme. Un signe de tête de sa part me laisse à penser qu'il a compris ce que je veux et je crois que suivre son conseil et ne rien faire rester ma meilleure chance de m'en sortir en vie.

Il faut que je trouve quelque chose, vite. Sa question fait grandir ma panique et, à vrai dire, c'est parfait. Le stress, l'urgence, font repartir mon cerveau à cent à l'heure et enclencher pour de bon mon instinct de survie. Je sais exactement ce qui va me sauver. « Prenez le gamin, laissez-moi le camion et partez. Il ne parle pas, il sait chasser et tirer. Vous ne serez pas emmerdé avec lui sur les bras et vous aurez à manger pour le reste de votre vie. C'est mieux qu'une boite de conserve et deux cadavres à enterrer, non ? » Très brièvement, mes yeux se posent sur le petit garçon agenouillé près de moi sur le sol. Je ne vais pas mentir : je ne suis pas touché le moins du monde par son regard suppliant et son air accablé. C'est un gosse que je connais depuis moins d'une heure, pour l'amour de Dieu !

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