[EVENT] A fast ride before the storm



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Alexander Moreau
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Ven 8 Sep - 20:21

HRP:
 



Quelle journée de merde. Guettant par la fenêtre, Xander devait se rendre à l'évidence. Il avait passé la matinée au sec, mais il allait devoir faire sa corvée de nettoyage le long de la palissade sous la pluie. Il flottait depuis ce matin, pas très fort au début, et puis ça avait pris de l'importance. Maintenant, quelques grandes mares faisaient leur apparition, aux endroit où l'eau avait du mal à s'écouler.
Le ciel était masqué d'une couche uniforme de nuage gris, cachant le soleil et rendant la journée bien sombre. La lumière était presque irréelle.

De la fenêtre de la cuisine, il vit arriver au trot un des gars de la tour Est. Un instant après, ça frappait à la porte. Xander alla ouvrir d'un pas traînant. Le type était essoufflé, sans plus. Un bon sportif, carré, solide. Il n'avait absolument aucune idée de son nom, même s'il savait qu'ils avaient été présentés.
    « Je peux faire quelque chose pour toi… heu… Machin ?
    Le gars parut vexé mais pas surpris.
    Pour moi non. Pour la communauté. Logan veut tenir une réunion. Il craint que ce temps ne soit plus sérieux qu'il n'y paraît.
    Okay. Allons-y. »

Xander prit son ceinturon à outils où était logé sa désormais célèbre clé de 32', l'ajusta autour de sa taille et sortit. Sur le perron, il renifla un coup comme pour se décider pour de bon, et descendit les marches du porche pour s'engager sous la pluie. L'air était tiède, chargé, et malgré cela, la pluie ne parvenait pas à rafraîchir. Ça sentait l'orage.

Il n'y avait presque personne dehors. Tu m'étonnes. Qui voudrait se faire tremper les miches pour le plaisir d'attraper une pneumonie ? Ceux qui n'avaient pas de mission particulière pour la journée passaient leur temps comme lui avait passé la matinée : à l'abri, à observer le ciel en espérant que ça finisse par se dégager. Sauf que Machin n'avait pas été le seul messager mandaté par le patron des lieux. D'autres avaient délivré la consigne, et les personnes qu'ils avaient ainsi été quérir sortaient pour se rendre au rassemblement, qui se tiendrait à la salle commune.

Il y avait déjà du monde, et d'autres arrivaient encore. Ça murmurait, ça s'interrogeait. Est-ce que cette pluie était vraiment à considérer avec inquiétude ? Une bourrasque de vent assez violente secoua le arbres dehors et fit claquer quelques paires de volets, en forme de réponse.
Finalement, Logan arriva, se plaça là où tout le monde le verrait et laissa le silence retomber. Il n'affichait aucun sourire, mais plutôt une mine grave. Il se faisait du souci, ou alors ça n'allait pas tarder. C'était compréhensible. Tout ça, la communauté, les palissades, les installations, tout ça avait demandé un travail colossal, sans aucun doute, du temps, des risques. Personne ne voudrait voir ça disparaître tout ou partie à cause d'une mauvaise tempête. Même s'ils ne pouvaient être sûrs de rien, ne rien faire était un risque qu'ils n'avaient pas le luxe de pouvoir se permettre.

Xander réalisa que la luminosité avait encore diminué. Le ciel était plus sombre. Ça empirait. Le vent soufflait maintenant continuellement, avec quelques fortes rafales de temps à autre. Ouais, ça pouvait aller mal.

Logan s'assura que tous ceux qu'il avait fait venir étaient présents et prit finalement la parole. Il craignait bel et bien une tempête, et maintenant plus personne ne pouvait douter de ce qu'il avait raison. À bien y réfléchir, on n'avait pas vu un sale temps comme celui-là depuis longtemps. L'hiver avait été ordinaire – si on oubliait que c'était la fin du monde – et le printemps assez agréable. La météo, là dehors, était assez mauvaise pour faire redouter le pire.

Le leader commença à distribuer des tâches aux personnes de confiance. Sécuriser la bouffe, les armes, mettre à l'abri les personnes fragiles, sécuriser tout ce qui pouvait l'être. Puis il appela aux volontaires. Il y avait beaucoup à faire et peu de temps. C'était le moment de se distinguer, pour Xander. S'il pouvait écoper d'une mission pile dans ses cordes, il pouvait marquer pas mal de points avec le boss, et même avec les autres.

Il fut question de s'occuper des véhicules. Le groupe possédait pas mal de bagnoles, de vans et de motos, et il fallait mettre tout ça à l'abri. Voilà quelque chose qui pouvait lui convenir, à l'aise. Xander leva une main volontaire et sûre d'elle.
    « Toi ? Pourquoi pas… Tu te sens à la hauteur ?
    Je saurais pas conduire quelques bagnoles ? Ça me ferait mal…
    D'accord. Il faudrait quelqu'un d'autre. Un volontaire ? »


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Riley Hayden
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Sam 9 Sep - 0:44

Une autre nuit et un autre sommeil ambigu pour l'apathique Irlandaise. Elle s'était levée tôt, seulement pour découvrir un ciel nuageux et surréaliste, similaire à celui de ses rêves grisâtres. Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'elle avait rejoint la communauté et pourtant, les gens semblaient toujours la considérer comme on considère un ex-détenu.

Logan avait fait d'elle sa secrétaire... ce geste visait davantage à l'humilier qu'à lui donner une quelconque utilité. Elle passait ses journées à gérer de la paperasse inutile et à vérifier les inventaires. Sa confiance en elle était si minime qu'il lui avait filé un stylo rouge pour faire les comptes alors que les registres étaient rédigés en noir.

Et Isha qui n'était plus lui-même depuis le suicide de sa future épouse... Logan avait si peur qu'il fasse une connerie qu'il l'avait pris chez lui. Maintenant, la résidence des ex-punishers ressemblait davantage à une maison hantée. Ni heureuse, ni triste, la blonde flottait encore et toujours dans un état d'éternelle indifférence. Bientôt, les gens lui ferraient confiance, elle en était certaine.

On toqua à la porte, il s'agissait d'un des gardes, pressant Riley de se rendre à la salle commune. Elle enfila un vieil imper vert-de-gris qui trainait dans la garde-robe et s'aventura dans cette pluie qui lui semblait de plus en plus intense. Le ciel n'avait rien de rassurant. Forcément, cette assemblée impromptue devait être en lien avec cette météo hors du commun.

La grande salle était bondée de visages inquiets. Riley se faufila dans la foule, percevant au passage quelques brides de conversations... Certains craignaient la tempête du siècle, d'autres se faisaient plus sceptiques mais nulle ne pouvaient ignorer les bourrasques de vent qui faisaient vrombir le bâtiment. L'arrivée de Logan eut tôt fait de réduire l'assemblée au silence.

En Irlande, Riley avait littéralement grandi sous la pluie et le temps de merde, mais jamais elle n'avait fait l'expérience de ce genre de truc. Si Logan avait raison et qu'un torrent biblique leurs tombait sur la gueule, le coup porté pourrait être suffisant pour mettre la communauté à genoux. Il fallait se préparer au pire et vite... voilà l'occasion idéale pour gagner la confiance de Logan et du groupe, effacé pour de bon les stigmates de son passage chez les Punishers.

L'énumération des tâches arriva. Il y avait tant à faire, et Riley eu tôt faire de trouver chaussure à son pied. Quelqu'un devait mettre les véhicules à l’abri. Parfait pour elle... pas besoin de surveiller de sales mioches ou de s'engager dans des travaux de menuiserie. À première vu, la tâche lui semblait plutôt simple mais pas moins indispensable. Un homme se porta volontaire, un quadragénaire aux traits sévères et usés par une vie sans doute peu agréable. Lorsque le chef demanda pour un autre bénévole, la main de la blonde s'éleva au-dessus de la foule

" Moi. "

Comme elle devait s'y attendre, le regard de Logan à son égard n'avait rien de chaleureux, mais le grand manitou se rendit vite à l'évidence qu'il n'avait d'autres choix que de lui faire confiance. Après avoir assigné ses troupes, il pressa tout le monde de se mettre au boulot et la grande salle se vida peu à peu. Riley s’avança jusqu'à son partenaire, jaugeant ce dernier de son regard inanimé mais profond, avant de lancer un simple " Prêt? "

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Alexander Moreau
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Sam 9 Sep - 13:36


À l'appel de Logan pour prêter main forte à Xander, une petite blonde se proposa. Elle n'avait rien de particulier, pourtant Moreau eut l'impression de l'avoir déjà vue quelque part. Sentiment qui ne paraissait pas réciproque, vu son regard et son comportement. Tant mieux. Moins il y aurait de gens à savoir d'où il sortait, mieux ce serait pour tout le monde.

Ils étaient sur le point de s'y mettre quand Logan arrêta Xander d'une main sur l'épaule.
    « Celle-là, tu me la gardes à l'œil. S'il arrive une merde par sa faute, ce sera toi le responsable. Et dernière chose... Il sortit d'une poche une clé de bagnole accrochée au bout d'une babiole sans intérêt. Tu me la gares à l'ombre, et tu me la rayes pas, compris ? »

Xander n'avait pas souvenir d'avoir encore vu Logan au volant d'une voiture. Mais un regard à la clé lui donna une information sur le genre de caisse qu'il pilotait. Une Aston Martin. Au moins, ça serait facile à trouver. Il devait pas y en avoir douze sur le camp.
Avec ça, Logan lui glissa une note griffonnée sur un papier. C'était une liste. La liste des véhicules à mettre en lieu sûr. Merde, ça en faisait un paquet, et ils n'étaient que deux… ils allaient devoir s'organiser.

Xander rejoignit la petite blonde.
    « On va devoir bosser ensemble. Ça sera pas simple, je te le dis tout de suite… Il tendit la liste à la fille. Ce bout de papier dit que ça fait… vingt-et-un véhicules à bazarder, tout compris. Et on n'a pas beaucoup de temps, c'est le moins qu'on puisse dire. »

Il voulait tellement faire les choses vite et bien qu'il en oubliait la base. Il ne savait même pas comment elle s'appelait.
    « Alexander. Les gens m'appellent Xander, en général. Sauf ceux qui m'aiment pas trop. Ceux-là me désignent comme "le gros con pas aimable". »

Ce n'était qu'une plaisanterie, mais à y réfléchir, ce n'était pas si loin de la vérité. Evah devait lui donner toutes sortes de noms d'oiseaux, à l'heure qu'il était, et à Isha aussi.

Ils devaient établir un plan d'action. Ils étaient à court de temps, ils ne pouvaient donc pas en perdre davantage en partant à l'arrache. Ça tombait bien, car si le métier lui avait appris quelque chose, c'était à tenir les délais.
La différence ici, c'était qu'il avait un point de départ, une cargaison, un délai… mais pas de point d'arrivée, et même pas de camion. C'était comme devoir trimballer les palette d'un chargement avec un seul Fenwick, une par une.
    « Bon, pour faire simple : on a vingt-et-un véhicules. On doit les mettre à l'abri de cette tempête sachant que les ennemis principaux sont : la pluie, le vent, les inondations possibles et les petits malins qui seraient capables de tomber dessus et de nous les piquer avant qu'on ne les récupère.
    Ça veut dire qu'on doit soit sélectionner ce qu'on sauve en priorité, soit trouver un endroit tout proche. Sachant qu'on ne pourra sécuriser qu'un véhicule à la fois, puisqu'on doit penser chaque fois au trajet de retour jusqu'ici…

    Tu as des idées ?
    »

Oui, il demandait son avis à une femme. Lui-même, ça lui faisait mal de l'admettre, mais il avait besoin d'un peu de temps pour penser à la chose, et écouter les idées – mêmes nulles – de Riley pourrait lui en donner d'autres, meilleures. Il fallait donc en passer par là.

Pendant que la blonde parlait, Xander l'écoutait et reprit la liste pour penser à la meilleure des solutions possibles.

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Riley Hayden
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Mar 12 Sep - 2:30

Alexander... il s'agissait bien du type qu'Isha lui avait demandé de surveiller quelques semaines plus tôt. Un ancien des Punishers qui s'était barré avant sa propre introduction chez les bikers et qui maintenant, faisait chanter son ami. Jusqu'à présent, cette tâche n'avait pu être menée à bien par la blonde, principalement en raison de son isolement, mais voilà que la providence semblait jouer en sa faveur.

Elle récupéra la liste, parcourant d'un oeil peu enjoué les nombreux véhicules présents sur le bout de papier. Comme si son partenaire pouvait lire dans ses pensées, ce dernier formula aussitôt les préoccupations de la petite blonde. Des bagnoles, il y en avait tout un tas, et vu le mauvais temps qui ne faisait qu'empirer de minute en minute, le duo ne disposerait que d'un mince laps de temps pour tout mettre à l’abri.

L'Irlandaise se massa lentement la nuque, détachant son regard de la liste pour contempler l'averse qui talochait les fenêtres. Toute cette humidité faisait naître une sale douleur dans son épaule encore grincheuse de sa rencontre avec une balle. Ce mal, elle devrait vivre avec pour le restant de ses jours. C'était son fardeau, sa pénitence pour s'être allié avec le diable.

L'homme dont elle connaissait déjà le nom se présenta, tentant même une blague pour briser la glace. Riley n'avait pas du tout envie de rire, mais s’efforça tout de même d'esquisser un maigre sourire, question de partir du bon pied.

" Va pour Xander... Moi c'est Riley. "

Alors que son partenaire lui expliquait sa vision des choses, elle dénicha une cigarette dans sa veste et la porta à ses lèvres. Le roulé de tabac, sec et défraîchit, s'embrasa au premier contact avec la flamme de son zippo. Xander semblait bien en contrôle et dégourdi. S'il voulait être le meneur, cela faisait bien l'affaire de Riley qui n'avait jamais vraiment eu l'âme d'un leader. À un moment, il lui demanda si elle avait des idées... Pour entreposer autant de véhicule, un seul endroit lui venait à l'esprit.

" Pas très loin d'ici, y'a une usine d'assemblage, avec de très grands bâtiments à l’abri des éléments, le tout surélevé d'au moins un mètre, donc pas de soucis en cas d’inondation. On peut facilement y garer une centaine de véhicules. "

Quoique peu chaleureux, ce lieu lui avait servi de planque pendant près d'une semaine après sa retraite forcée de l'armée du fossoyeur. C'était un endroit qu'elle connaissait très bien.

" Et si je me souviens bien, y'a quelques camions échoués dans la cour... avec un peu de chance, on pourrait en faire fonctionner un pour transporter un max de véhicules. "

Elle prit une taffe de sa cigarette, avant de poursuivre.

" Quoi qu'on fasse, faut bouger et vite... Quels véhicules devraient partir en premier selon toi? "

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Alexander Moreau
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Mer 13 Sep - 21:27


L'idée de la blonde Riley était bonne. Une usine, ça comportait des entrepôts, des grands volumes, largement de quoi abriter l'ensemble des véhicules du groupe. L'histoire de camions n'était pas pour lui déplaire. Ça donnait un peu d'efficacité au plan, et c'était tout ce qui comptait, alors qu'il n'avait pas des jours entiers devant eux.

La pluie se faisait plus dense, et le vent s'abattait en rafales de plus en plus fréquentes et de plus et de plus en plus violentes. Ça faisait penser à Xander qu'un camion avait une grosse prise au vent, et qu'il leur faudrait y aller avec prudence, s'ils ne voulaient pas avoir d'accident.

À la question de Riley, il réfléchit un instant, mais la solution lui vint rapidement.
    « C'est pas très compliqué. L'un des vans est parti pour le ravitaillement en prévision. On n'a donc plus que trois gros véhicules.
    On pourrait y charger les motos et en conduire un chacun. En un seul voyage on aurait déjà transbahuté pas mal.
    Une fois sur place, on voit ce qu'on peut faire de ces camions. Si ça fonctionne, on pourra transporter trois voitures à la fois. À ce rythme, il nous faudrait… six allers-retours !
    »

Xander se gratta la tête, une moue d'insatisfaction sur le visage. Six voyages, c'était beaucoup trop. Il allait leur falloir abréger ça, mais ils ne pourraient pas aller plus vite que la musique. Un semi-remorque – si tant était qu'ils puissent mettre la main sur un camion en état – ça se pilotait pas comme une petite citadine de pétasse à chihuahua. Si on ajoutait la pluie, le vent, les obstacles, les trajets seraient considérablement rallongés. Ils évalueraient tout ça au mieux après leur premier trajet.

Pour faire court, ils allaient devoir faire un voyage, et – seulement ensuite – ils pourraient estimer le succès de leur mission du jour.
    « Pour moi c'est clair : on ne pourra pas déplacer toutes les bagnoles là-bas. On va devoir en abriter ici, dans les garages. Je vois pas d'autre solution. Par contre, on devrait faire une sélection, au cas où.
    Je pense qu'on devrait garder ici les pick-ups, et en règle générale les bagnoles qui seront utiles pour charger du matériel et des vivres, quand cette tempête sera passée. On déplace donc les vans, les motos, les berlines, etc.
    »


En résumé, si Riley se ralliait à l'avis de Xander, le plan était le suivant :
En un : charger les motos (4 sur 6) dans la fourgonnette et la camionnette, faire un voyage.
En deux : à l'usine, s'occuper de trouver un camion en état de marche.
En trois : revenir à Grand Marais Street et charger le camion.
En quatre : retour à l'usine en camion + le camping car, on décharge, on repart.
En cinq : deuxième voyage en camion, puis retour à Fort Hope.

Au final, ils mettraient ainsi à l'abri quatorze véhicules sur les vingt à déplacer. Si tout allait comme ce qui s'échafaudait dans la tête de Xander, il resterait sur place les pick-ups de Neo et Ahiga, les Jeeps de Maddie et Enoch, la moto de Samara et une Harley, que tous se partageaient selon les besoins.
Tout ça irait dans les garages les plus solides, afin d'être mis à l'abri pour l'après tempête. Ils seraient bien contents de les trouver en état, quand il s'agirait de remettre de l'ordre au camp, déblayer les débris, transporter des matériaux ou aller chercher des vivres.

Pour Xander, ça tenait debout. Ça pouvait fonctionner. Ce n'était ni trop ambitieux, ni insuffisant.

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Riley Hayden
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Jeu 14 Sep - 23:49

Six allers-retours... Il faudrait effectuer six allers-retours pour tout déplacer, et seulement s'ils parvenaient à faire fonctionner un camion. Avec un peu de chance, peut-être pourraient-ils trouver une de ces grosses remorques expressément faites pour déplacer des voitures. Ces machins pouvaient facilement contenir six à huit véhicules. Une usine d'assemblage automobile devait forcément en avoir un.

Riley écoutait attentivement son partenaire, tirant de temps à autre une bouffée de sa vieille cigarette périmée en hochant la tête. Selon lui, certaines voitures n'auraient pas le choix de rester ici à Fort Hope, et ce n'était pas une mauvaise chose... Après la tempête, le groupe aurait forcément besoin de quelques pick-up à portée de main.

" Ça marche, on fait comme ça...  "

En marchant vers la sortie, la blonde remonta le capuchon de son imper et boutonna la devanture de ce dernier. Dehors, la pluie semblait s'être intensifiée de plus belle.

" Je vais rassembler les motos et toi les camionnettes? On se retrouve à l'entrée et on charge le tout. D'accords?  "

Une fois à l'extérieur, Riley fut aussitôt assailli par le déluge... de grosses gouttes d'eau bien lourdes, propulsées par de solides bourrasques de vent. Elle avait littéralement l'impression que le ciel lui tombait sur la tête. La couche nuageuse était si épaisse que l'on se serait cru en fin de soirée... difficile de croire que la météo risquait de devenir encore plus merdique.

Elle envoya une tape bien sentie sur l'épaule de son partenaire avant de partir de son côté, s'engageant dans les courts arrière des maisons pour rejoindre la baraque la plus proche abritant des motos: la sienne. Avant de se diriger vers le garage, il fit un détour à la cuisine. Logan ne lui ayant toujours pas remis ses armes, elle devait trouver un truc pour se défendre en cas de pépin. Un couteau de cuisine ferait l'affaire. Elle fourra la lame dans sa ceinture avant de se rendre au garage.

Gisèle, la Harley d'Isha, fut la première à décoller. Vu l'amour que portait son pote pour sa bécane, Riley comptait bien s'occuper de celle-ci avec le plus grand soin. Le moteur vrombit le long de Grand Marais Street, étouffant le son de l'orage. La deuxième à partir fut la moto de Juliet, garée dans le garage de la maison voisine. La troisième fut celle de Lana, deuxième voisin, et finalement, celle de Samara.

Près de l'entrée, Xander avait déjà commencé à charger les motos dans la fourgonnette de Colin. Le duo, tenaillé par la pluie froide, finit par tout embarquer dans les deux véhicules et immobilisa le tout à l'aide de sangles. En refermant les portes arrière du van, Riley dut élever la voix pour se faire entendre au milieu de l'averse.

" J'ouvre la marche! Let's go! "

Elle s'engouffra dans le van, déjà trempé jusqu’à l'os, avant de démarrer le moteur.

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Alexander Moreau
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Ven 15 Sep - 15:28


Riley était partante pour faire comme ça. Ils se mirent d'accord pour les tâches de chacun au démarrage, et elle alla chercher les motos qu'ils allaient charger.
Xander, lui, devait ramener les utilitaires qui allaient servir au premier voyage. Sur le pas de la porte, il prit conscience de sa tenue. Dehors, ça soufflait, ça tombait, et lui ne portait rien d'autre que sa vieille veste, qui l'avait bien protégé des fines pluies jusqu'à maintenant, mais qui ne suffirait clairement pas sous ce déluge. Sur une patère, quelques manteaux étaient pendus au mur. Il en prit un qui lui parût à sa taille. C'était un épais manteau de cuir, qui rappelait ceux que portaient les types à l'époque de la conquête de l'Ouest. Il descendait très bas, protégeait les épaules grâce à des renforts, et une ceinture venait en orner la taille.
Moreau le passa, et il lui convenait impeccablement. Il le ferma grâce aux boutons et releva le col avant de quitter la salle commune.

Il trouva rapidement les véhicules, et les ramena à l'entrée, comme convenu. La pluie ne s'arrêterait plus, c'était définitif. Elle tombait en grosses gouttes, de manière dense et continue. La visibilité était mauvaise à courte distance, et quasiment nulle passé une centaine de mètres. La route serait difficile.

Le temps qu'il ramène le premier fourgon, il trouva Riley en train de l'attendre sous la flotte, deux motos en attente. Elle lui fit un vague signe alors qu'il n'était pas encore descendu de son siège, et s'en alla, sans aucun doute pour aller chercher les dernières motos à charger.
Xander, lui, quitta le fourgon pour se mettre en quête du deuxième. Il fut vite trouvé et rapporté, et Riley n'avait eu le temps que pour une moto. Elle repartait quand Xander arrivait.
Il ne resta pas inactif longtemps : le temps de quitter le volant, et il commença à charger. Il trouva de grosses planches laissées le long de la palissade, pour servir de rampes et les disposa à l'arrière des véhicules, afin de commencer le chargement.

La première moto n'était pas très lourde, et l'affaire fut vite expédiée. La seconde, en revanche… il l'avait reconnue. C'était la Gisèle d'Isha. Ce truc pesait autant qu'un âne mort, voire plus. Il la poussa sans trop de mal jusqu'au pied de la rampe, mais la monter fut une autre paire de manches. Pourtant, on ne pouvait pas dire qu'il était maigrichon, malgré la diète forcée de cette année passée, mais il fallait croire que tout ça lui avait nui plus qu'il n'aurait cru. Il fallait dire que le sol qui devenait glissant jouait un peu aussi.

Riley était de retour alors qu'il était parvenu à monter Gisèle à bord. Ils sanglèrent tout ça pour éviter toute déconvenue en cours de trajet, et chargèrent les deux autres motos dans l'autre camionnette. Quand tout fut sécurisé, il était largement temps de prendre la route.
Riley imposa de passer devant, ce que Xander ne contestait pas. Elle était là depuis plus longtemps que lui, et connaissait peut-être les rues les plus dégagées sur leur itinéraire.

Il monta au volant de son fourgon, Riley fit de même, et ils quittèrent rapidement Fort Hope.

La pluie rendait la progression plus lente que par temps dégagé. Xander jurait derrière son volant, tout en espérant qu'ils auraient le temps de faire ce qu'ils avaient prévu. Si le trajet se montrait trop long à effectuer, ils auraient du mal à boucler tout ça, même avec un camion en état de marche.

Il leur fallut près de vingt minutes pour arriver au lieu convenu, qui n'était pourtant pas si éloigné. Oui, ça serait un peu juste pour tout bazarder avant que la tempête ne soit là pour de bon.

C'était une usine d'assemblage, la Jeffersion North Assembly Plant. C'était un putain de grand hangar, d'où sortaient des milliers de Jeep chaque années. Avant le merdier. Maintenant, c'était plus qu'un putain de grand hangar désert, en apparence.
Au moins, ils auraient largement la place pour stocker les véhicules, c'était certain. Peut-être pourraient-ils trouver des bagnoles, aussi, pour plus tard. Et des pièces détachées. Tout ça était très intéressant.

Pour l'heure, il s'agissait d'entrer là-dedans. Pas très difficile. Une clôture de grillage faisait tout le tour du complexe, percé en un endroit par une large entrée garnie de poteaux en acier galvanisé. Une grande guérite en dur, vitrée, se tenait près d'une barrière mobile blanche rayée de rouge. Ce machin était motorisé, donc pas question de le faire bouger sans électricité. Mais Xander n'allait pas se laisser emmerder par une saleté de barrière. Il descendit du fourgon et s'approcha. Il tâta le bras de la barrière, pesant doucement dessus. C'était solide, mais pas à l'épreuve du pire. Il s'essaya à la soulever. Il y eu une nette résistance, mais au final rien d'insurmontable. Il continua de soulever, et la résistance s'allégea un peu. Le bras articulé de la barrière se leva, formant un angle qui interdisait tout franchissement. Xander ne pouvait pas lever plus haut. La barrière se bloqua rapidement, et il n'était possible que de la remettre dans sa position initiale. Tant pis pour la douceur.

Moreau remis la barrière en place et envisagea l'autre solution. Pesant de tout son poids sur la barrière, il effectua quelques petits sursauts pour faire en sorte d'être plus lourd. Après quatre ou cinq tentatives, la barrière céda avec un grincement métallique inquiétant, et pour finir, le coude qui l'articulait à mi-longueur se rompit, avec l'appui contre le macadam et la force appliquée par Xander. Le temps de virer ce morceau de métal du sol, et le passage était dégagé.

Moreau se dirigea vers la fenêtre de Riley et lui fit signe d'ouvir.
    « J'ai déjà bossé pour une usine de ce genre. Ces endroits travaillent sur commande : les clients achètent leur bagnole neuve, les vendeurs passent commande par leur système informatique, et l'usine reçoit ça par le dispatch.
    Les voitures fabriquées ne sont jamais gardées longtemps, puisque les clients les attendent. Donc, il y a un stock couvert où sont mises les voitures sortant de la chaîne, et un parking extérieur où elles sont placées en attente d'être chargées pour leur expédition. C'est le stock couvert qu'on vise.
    »

Ils auraient quelques difficultés à surmonter encore, mais ils les prendraient l'une après l'autre. Xander reprit le volant, et les deux véhicules se remirent à avancer lentement dans l'immense cour qui s'étendait devant le bâtiment gris.

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Riley Hayden
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Ven 15 Sep - 22:25

Elle roulait à 30 kilomètres heures dans les rues de Grosse Pointe, le nez collé au pare-brise dans l'effort dérisoire de voir à travers l'épais mur d'eau. Même les essuie-glaces roulants à plein régime ne semblaient pas en mesure de contenir toute cette flotte. Son plan était de remonter jusqu'à l'usine en empruntant l'avenue Jefferson. Il faudrait d'abord s'assurer que c'était possible, sinon trouver une autre route et la mémoriser. Par la suite, il suffirait de toujours emprunter le même chemin, encore et encore.

À mi-chemin entre Fort Hope et l'usine, à la hauteur de l’hôtel de ville de Grosse Pointe, l'avenue était bloquée par un ramassis d'épaves de voitures. Riley activa son clignotant avant de lancer un bref regard dans le rétroviseur, pour s'assurer que son partenaire la suivait toujours, puis elle bifurqua sur Lakepointe street. Plus loin, elle tourna sur l'avenue Kercheval qui eut la bonté de l'amener directement devant l'entrée de l'usine.

Le regard de la blonde s'échoua automatiquement sur la radio... vingt minutes s'étaient écoulées depuis leur départ. Maintenant qu'ils savaient qu'elle route prendre, le prochain trajet serait certainement plus rapide. Alors que Xander s'affairait à ouvrir la barrière, Riley tentait de se remémorer la disposition des différents hangars, les mains crispées sur son volant. Avec toute cette pluie, elle n'arrivait même pas à discerner la silhouette du bâtiment principal.

Lorsque Xander s'approcha, elle ouvrit sa fenêtre. Ce dernier lui dit qu'il fallait viser une sorte de stationnement intérieur où étaient entreposées les voitures sortant de la chaîne de montage. Heureusement, Riley se souvenait de l'emplacement exact de ce type d'endroit.

" Je sais où aller, suis-moi. "

Cette usine, elle l'avait fouillée de fond en comble à la recherche de machines distributrices. Non seulement avait-elle trouvé des sacs de chips et de barres de chocolat, mais elle avait également mémorisé la configuration des lieux. Une fois que Xander eut monté dans son véhicule, elle s'engagea le long du bâtiment principal puis tourna à droite 200 mètres plus loin, dans ce qui ressemblait davantage à un cimetière de tôle qu'un véritable stationnement. Au bout d'un moment, elle s'arrêta devant la grande porte d'un hangar de béton aux formes grossières. Elle descendit de son van pour se diriger vers la fenêtre de son coéquipier.

" Je m'occupe de la porte, j'en ai pour deux minutes. "

Encore une fois, elle se souvenait comment entrer ici. Sur le flanc du hangar se trouvait une remorque adossée contre le mur. Elle l'escalada, non sans provoquer une vive douleur dans son épaule, puis parvint à se hisser sur le toit et entrer par une trappe de service. L'Irlandaise se laissa glisser le long de l'échelle pour atterrir au coeur de l'entrepôt. Jeeps et autres peuplaient l'endroit, mais il restait encore beaucoup d'espace. Se dirigeant d'abord vers la porte de secours, elle l'entrouvrit pour coincer un bout de bois dans l'ouverture, s'évitant ainsi d'avoir à grimper sur le toit la prochaine fois qu'elle ou Xander voudraient entrer.

Il fallait maintenant s'attaquer à la grande porte de garage derrière laquelle son partenaire attendait. De sa main la plus forte, elle saisit la poignée de déverrouillage d'urgence et la tira vers le bas, dégageant ainsi le chariot. Ne restait plus qu'à ouvrir manuellement la porte. Une nouvelle douleur dans son épaule, plus aiguë cette fois, lui fit grincer des dents lorsqu'elle parvint à soulever la porte de un mètre avant que celle-ci s'engage pleinement dans le mécanisme et ouvre complètement. Elle fit signe à Xander, en levant le pouce, que tout était cool, puis retourna à son véhicule pour le conduire jusqu'au fond du hangar.

Pour que la suite du plan se déroule comme prévu, il leur faudrait être foutrement astucieux et incroyablement chanceux. Une fois les deux véhicules stationnés, Riley se dirigea vers son comparse, l'air vaguement préoccupé.

" Reste plus qu'à trouver un camion... t'as vu quelque chose en arrivant ici? "

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Dim 17 Sep - 15:53


Maintenant que les motos étaient à l'abri dans les vans, eux-même rentrés dans le hangar, ils pouvaient s'attaquer à la suite. Effectivement, il lui avait semblé voir où il pourrait trouver un camion, mais il fallait aller vérifier.
Xander regagna la porte que Riley avait ouverte et dirigea son regard vers la gauche. Il avait remarqué les panneaux qui indiquaient la direction des secteurs de l'usine. La zone de réception des pièces détachées devait être l'endroit idéal, et c'était juste là-bas.
    « On va devoir se mouiller pour aller voir, mais au point où on en est... »

Ils quittèrent le hangar après l'avoir refermé, et se dirigèrent vers la zone de réception.
Xander eut un regard pour Riley. Quel âge avait-elle, vingt-cinq ans ? Presque l'âge qu'avait Caroline maintenant. Il n'avait plus de nouvelles d'elle ni de Suzan depuis que le divorce avait été réglé. Ça faisait sept ans. Il ignorait où elle était maintenant. Tout au plus savait-il que les pensions alimentaires qu'il avait versé partaient pour Southfield. Ça n'était pas très loin. Est-ce qu'elles s'en étaient sorties ? Il n'en savait foutre rien. Il n'avait pas repensé à sa fille et son ex-femme depuis longtemps. Cette fille, Riley, ressemblait beaucoup à Caroline. Même blondeur, la même que sa mère, même taille. La même détermination palpable dans la voix. Au point qu'il en était troublé. Était-ce le visage de sa fille, qu'il voyait se superposer à celui de son équipière ? À quoi ressemblerait-elle, aujourd'hui ? Quelle genre de femme serait-elle ? Comment s'en serait-elle sortie ? Tant de questions, jamais il ne saurait vraiment.

Ils arrivèrent au quai de réception. C'était un pavé de béton adossé au bâtiment, haut de juste ce qu'il fallait pour que les remorques de camion arrivent à hauteur, ce qui facilitait leur chargement et déchargement. Il y avait six portes. Trois d'entre elles étaient flanquées d'un camion chacune, une autre seulement d'une remorque. Les deux autres étaient dégagées mais fermées.
    « Reste à voir si l'un de ces engins voudra bien démarrer. »

Xander s'approcha du premier camion, essaya d'ouvrir la portière mais c'était verrouillé. D'un coup de son arme-outil, il brisa la vitre, leva le loquet et monta à bord de la cabine pour fouiller à la recherche de clés. Mais il devait se rendre à l'évidence, dans cette cabine parfaitement propre et ordonnée, il ne trouva rien. Impossible donc de savoir si ce machin pouvait rouler.

Il passa au camion suivant. Celui-ci aussi était très propre, à l'intérieur, et les portières n'étaient pas fermées à clé. Même punition, Moreau fouilla toute la cabine, mais cette fois, il trouva une clé au fond du tiroir de l'accoudoir central. Sans attendre, il inséra la clé et tourna. Rien. Pas un voyant ne s'allumait.
C'était un échec, mais il voulait vérifier d'autres choses. Il descendit et manœuvra le mécanisme de basculement de la cabine pour accéder au moteur. Une rapide inspection et ses connaissances en mécanique lui assurèrent que tout était en assez bon état. Il insista sur la vérification des durites, car si elles venaient à lâcher, ils ne pourraient pas finir leur trajet. Ça avait l'air d'aller.
    « Bon… La batterie est morte, mais le reste ça va. En trouvant une batterie en état de marche, ça devrait le faire. »

En espérant que rien d'autre ne soit en rideau et qu'il soit passé à côté.

Il leur fallait maintenant une batterie. Certains routiers gardaient une batterie de rechange quelque part, mais cela dépendait principalement de la politique de leur entreprise. Il se pouvait que l'un de ces trois-là en cache une. Ce serait une belle surprise. Xander expliqua à Riley ce qu'ils cherchaient, et ils se mirent à fouiller chacun leur cabine.


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Riley Hayden
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Mar 19 Sep - 7:43

Xander avait visé juste et les avait menés jusqu'à un quai de chargement où reposaient trois camions. À première vue, leurs carrosseries écaillées par les éléments ne laissaient présager rien de bon, mais Riley savait que ce genre de gros moteurs pouvait s'avérer incroyablement robuste. Ne restait plus qu'à prier pour que l'un d'eux fonctionne.

La blonde avait déjà conduit des camions, mais rien de si gros. De son côté Xander avait l'air de savoir parfaitement ce qu'il faisait, c'est ainsi qu'elle se contenta de surveiller les environs pendant que son partenaire fouillait les cabines des deux premiers véhicules. Cette damnée pluie masquait non seulement la visibilité mais aussi les bruits environnants, ce qui en soi était un avantage contre les charognards. Cela-dit, Riley préférait ne rien laisser au hasard... Elle se tenait, tout près du camion, la main crispée sur sa lame.

Elle détourna son attention pour voir son partenaire en train de bidouiller sur le moteur. Apparemment, la batterie était H.S. et il faudrait en trouver une autre. Riley opina, avant de se diriger vers le troisième camion.

Pour atteindre la portière, elle dut grimper maladroitement sur le marchepied... ces putains de camions étaient vraiment immenses, surtout pour un petit bout de femme comme Riley. Elle ouvrit la portière d'un coup, seulement pour se retrouver devant deux mains tordues tentant de l'agripper. La surprise fut telle qu'elle se projeta instinctivement vers l'arrière avant d’atterrir violemment sur le bitume détrempé.

" Merde! "

Perchée au-dessus d'elle se trouvait un charognard, retenu par sa ceinture de sécurité. La chose, qui s’apparentait difficilement au routier qu'il fut jadis, s'agitait à un tel point que la sangle le retenant commençait à lui taillader la gorge, modifiant peu à peu l'intonation de ses grognements vers une gamme plus aiguë. Dans toute cette agitation, la casquette des Tigers du marcheur chuta aux pieds de Riley, révélant un crâne chauve et couvert de pustules.

Sans trop se demander si le résultat de cette énorme panse était dû aux gaz issus de la décomposition où a un excès de cheeseburgers, Riley se releva pour faire le tour du camion. Elle se hissa dans la cabine, au côté de notre ami le charognard. Alors qu'il se débattait toujours, elle lui enfonça son couteau dans l'orbite, d'un geste net et précis.

L'odeur était tout à fait infecte. Elle s'arrêta quelques secondes pour inspecter l'habitacle... Par-ci par-là, des emballages de fast-food et des canettes vides. Sur le pare-soleil étaient accrochées une dizaine de petites images de femmes nues, affichant autant de numéros de téléphone vers des lignes érotiques douteuses. Pas très loin, une photo du type avec sa famille, une femme souriante et deux gamins.

Riley soupira, puis sa lame alla trancher la ceinture de sécurité. Prenant appuie sur la portière, elle repoussa la carcasse du routier avec ses pieds. Le corps inerte alla s'échouer sur le bitume, à l'endroit exact où elle se trouvait il y a quelques instants.

La clef était toujours sur le contact mais c'était peine perdue... La tourner ne produisait pas le moindre son. Elle fouilla rapidement la cabine, la main plaquée sur la bouche pour ne pas respirer l'odeur pestilentielle en provenance des fluides corporels imprégnant la banquette. Elle ne trouva rien d'utile, mit à part cette bouteille à peine entamée de Marshall's, un bourbon du Kentuky qu'elle s'empressa de fourrer dans son sac tout en affichant un sourire légèrement sardonique.

À l'arrière de la cabine, dans l'espace qui servait de logement au défaut camionneur, elle trouva des vêtements, une collection impressionnante de magazines de cul ainsi qu'un très convoité Ipod. Elle fourra l'appareil dans sa poche, espérant pouvoir recharger ce truc une fois rentré à la maison... si elle avait encore une maison une fois la tempête passée, bien entendu. Sous la couchette, elle trouva des outils et... bingo! Une batterie, elle venait de trouver une putain de batterie neuve!

Elle s'empressa de retourner voir Xander avec sa trouvaille.

" Mate-moi un peu ce que j'ai trouvé! "

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Mar 19 Sep - 22:11


Xander était parti se battre avec l'une des portes du quai de réception. Sans succès. Les systèmes d'ouverture manuelle se trouvaient à l'intérieur, et sans y avoir accès, impossible de débrayer les engrenages qui servaient à entraîner le fourbis qui levait les battants. Il avait bien essayé de soulever, mais il avait dû s'arrêter avant de se faire un tour de rein. Manquerait plus que ça, tiens.

Il s'était quand même débattu assez longtemps pour suer un bon coup. C'était parfaitement désagréable : il était maintenant trempé froid dehors, et mouillé chaud dedans ce foutu manteau. Au moins, c'était une bonne protection contre la pluie et le vent, peut-être même contre certaines agressions telles que les ongles et les dents de Geignards. Mais dès qu'on s'échauffait un peu, ça devenait un vrai sauna.

Riley revint toute guillerette, portant dans ses bras une batterie manifestement neuve. Xander n'aurait pas cru qu'une petite nana comme ça pourrait se montrer aussi robuste. Un tel machin mesurait quand même une quarantaine de centimètres de long pour presque vingt-cinq de haut et vingt de large, le tout accusant une trentaine de kilos.
Moreau accourut vers elle, histoire de la délester de ce poids, et en profita pour s'assurer que la batterie était effectivement neuve. Les caches d'origine protégeaient encore les bornes, et les colliers de garantie étaient toujours en place. Personne ne l'avait jamais installée. Elle était parfaitement neuve. C'était une sacré bonne nouvelle.
    « C'est parfait ! Reste plus qu'à installer tout ça, mais sous cette pluie… J'espère que ça ne causera pas de problèmes. »

En théorie, il n'y avait pas de crainte à avoir, mais il n'avait jamais fait ça sous la pluie, et encore moins pendant les prémices d'une tempête.

Il se dirigea vers le camion à la cabine basculée, Riley sur ses talons. Il retourna fouiller dans la cabine et trouva exactement ce qu'il cherchait : une mallette d'outils destinés à effectuer l'essentiel de la maintenance courante d'un camion. Il retourna à son moteur, démonta les cosses de l'ancienne batterie, la retira, posa la batterie neuve à l'emplacement désormais libre et connecta les cosses sur les bornes après les avoir débarrassées de leurs caches. Il allait serrer les cosses pour assurer le contact qu'un éclair déchira le voile gris fer du ciel. Le tonnerre qui suivit trahit la proximité de l'endroit où le gigantesque arc électrique avait frappé. La tempête se rapprochait à grands pas.

Xander se pressa de serrer, tout en se faisant la remarque qu'avec toute cette eau, les bornes et les cosses finiraient par s'oxyder et ne plus faire correctement leur office. Évidemment, ça ne serait pas pour aujourd'hui, mais ça arriverait, et sans le nécessaire pour remplacer tout ça une nouvelle fois, le camion serait perdu.
Avant de monter à bord, Xander devait encore vérifier qu'il y avait du carburant. Il fit le tour du véhicule mais ne trouva pas de réservoir additionnel, ce qui signifiait qu'il devait avoir une capacité maximum d'environ 600 litres. S'il avait le plein c'était le jackpot pour les bagnoles diesel du camp. Un coup d'œil par le bouchon ouvert lui assura qu'il y avait bien du carburant, mais il ne parvenait pas à évaluer la quantité. Il monta donc à bord, engagea la clé dans le contact et tourna. Les voyants s'allumèrent, tout était parfaitement normal. Le tableau de bord présentait une jauge peu précise, divisée en quarts. Le dernier comportait lui-même cinq graduations. L'aiguille pointait quelque part entre le deuxième et la troisième de ces graduations. Ça faisait une quantité de grosso-modo une soixantaine de litres, ce qui était amplement suffisant pour les trajets qu'ils avaient à faire.
    « Bonne nouvelle, on aura assez de jus, et il devrait en rester assez pour faire un petit complément à nos bagnoles une fois tout ce bordel fini. »


Tout allait pour le mieux. Il fallait maintenant s'occuper de la remorque. Il fallait s'assurer qu'elle soit vide, la décharger si ça n'était pas le cas ou en trouver une vide pour l'atteler, puis mettre les voiles.
    « Voyons-voir un peu ce qu'il a dans le cul, maintenant... »


Xander essaya de démarrer le camion. Il lui fallut s'y reprendre à plusieurs reprises. Le démarreur toussa plusieurs fois, le moteur eut quelques soubresauts, mais rien. Une dernière fois, il tourna la clé à fond, poussa une petite fois sur la pédale d'accélérateur pour forcer une infime part de gasoil à entrer dans le circuit, et le moteur se mit en route, en crachant un monumental panache d'échappement noir.
Satisfait au plus haut point, Moreau enclencha la première, avança de quatre ou cinq mètres et coupa le contact. Il avait dégagé l'arrière de la remorque pour pouvoir y accéder.

Descendant de la cabine, il invita Riley à le suivre vers l'arrière. Il manipula les fermetures des portes, mais il n'eut pas le temps de tirer pour ouvrir que les deux battants d'acier pivotèrent pour livrer passage à un petit groupe de cadavres grognant et grondant.

Ça puait, à l'intérieur, comme si une horde de sangliers étaient venu crever et pourrir là-dedans. Xander eut un geste de recul pour se mettre hors d'atteinte. Le premier Mordeur avança et tomba face contre terre dans un fracas humide. Il se releva aussitôt, les dents et le nez sérieusement endommagés, suivi par un autre mort qui tomba de manière tout aussi ridicule, puis un troisième, et un autre tandis que le deuxième se relevait. Ils étaient particulièrement vilains : leur peau était d'une teinte verdâtre et cireuse et tombait en larges lambeaux, les chairs s'effilochaient en laissant voir l'os en de nombreux endroits, leurs cheveux se faisaient rares et filasses, leurs membres étaient maigres à faire peur.
    « Des enculés de clandestins… Ces chiens doivent être là-dedans depuis le début. Nom de nom… »

Ils n'avaient pas le choix, ils devaient se débarrasser de ces trucs. Xander empoigna sa fidèle clé et la brandit comme un barbare aurait brandi son lourd gourdin de bois, de pierre et d'os. Un swing magistral vint éclater le crâne du premier Geignard, déjà pas bien beau. On eût dit qu'il frappait dans un melon, tant la tête s'éparpilla en une multitude de morceaux. Utilisant l'élan de son premier coup, il envoya un revers au suivant, lui fracassant l'épaule d'un coup en biais remontant, qui finit fiché dans la tempe.

Il jeta un regard à Riley. Elle n'était pas en reste.
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Riley Hayden
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Mer 20 Sep - 22:55

Les portes de la remorque venaient de sautées sous le poids d'une demi-douzaine de charognards. Les premiers individus dégringolaient comme des ivrognes quand Riley empoigna le couteau de cuisine qui lui servait d'arme. À la remarque de son coéquipier, elle ne put que s'imaginer la fin atroce qu'avaient dû subir ces personnes, privés d'eau et de nourriture, enfermés dans ce tombeau d'acier alors que le monde partait en couille. Le premier à crever était forcément revenu à la vie pour s'en prendre aux autres. C'est ainsi que s'était terminé le rêve américain pour ces étrangers... pas de bol.

D'un "swing" aussi brutal que foudroyant, Xander venait d'éclater le crâne d'un premier morfal, projetant de petits bouts d'os et de cervelle aux alentours. Ces choses faisaient partie de la première génération de cadavres ambulants, ça se voyait par l'état de décomposition avancé et leurs mouvements affectés par des muscles horriblement gangrenés. Une fois de plus, l'odeur était tout à fait infecte. Riley avait beau respirer cette fragrance depuis presque deux ans, elle n'arrivait toujours pas à s'y habituer.

" Putain l'odeur! "

Alors que son coéquipier abordait sa deuxième victime, elle prit quelques secondes pour enfiler son vieux masque à gaz de l'armée, question ne pas recevoir quelque chose de franchement dégueulasse dans l'oeil, mais aussi pour étouffer un peu la puanteur. Ses doigts se crispèrent sur le manche de son couteau puis elle s’avança vers un des charognards qui venait tout juste de se remettre sur pied. D'un mouvement presque gracieux, elle planta sa lame directement dans l'orbite du marcheur qui s’effondra lourdement.

Au même moment, un autre sac de chair putréfié venait de toucher la terre promise. Bien qu'il fût tentant de l'achever au sol, ses potes n'allaient pas tarder à le rejoindre... il était plus prudent de les laisser venir à eux. Comme de fait, alors que la chose tentait péniblement de se mettre debout, un de ses compères lui tomba directement dessus. Telles des larves, les deux dépouilles entremêlées essayaient maladroitement de prendre appui pour se relever. Devant cette vision tout à fait sinistre et grotesque, le visage de la blonde resta de marbre derrière la cloison hermétique de son masque à gaz.

Les deux cadavres se redressèrent presque en même temps. Riley lança un bref regard vers son coéquipier... elle prenait celui de gauche, lui de droite. Elle s'activa d'un pas déterminé, avant d'engager la créature. Sa main droite s'agrippa à son collet, la gauche porta le premier coup. Elle manqua la tempe de quelques centimètres et sa lame glissa sur le crâne, emportant avec elle un gros morceau de chair avarié. La chose écarquilla sa mâchoire, exposant l'intérieur de sa bouche, caverneuse et grouillante d'asticots. Son second coup pénétra le crâne sans difficulté, transformant cette abomination en ce qu'elle avait toujours dû être: une carcasse inanimée.

L'Irlandais leva les yeux pour apercevoir le dernier occupant de la remorque, alors qu'une silhouette, petite et maigrichonne, fit son apparition dans l'ouverture. Un petit garçon, qui ne devait pas avoir plus de huit ou dix ans au moment de sa mort. Son visage avait été complètement dévoré, exposant la blancheur de son crâne et deux orbites abyssales. Il tenta d'émettre un grognement qui au final, ressemblait davantage au sifflement aiguë d'un petit chien agonisant. Puis il se laissa tomber, comme les autres, pour atterrir tête première sur le bitume en se brisant la mâchoire. Laborieusement, il se redressa.

" Je m'en occupe... "

Sa voix, assourdie par le masque, semblait inébranlable et résolue. Une voix froide mais douce, accentuée par l'accent particulier des gens de l'Irlande profonde. Elle empoigna le t-shirt du petit bonhomme, avant d'enfoncer sa lame dans son orbite vide. Sa dépouille alla vite rejoindre celles de ses congénères, lavés par le déluge.

Elle retira son masque pour inspecter l'intérieur de la remorque. Hormis les maigres possessions des clandestins, elle était vide. Le seul problème était l'odeur qui semblait s'être incrusté dans chaque centimètre carré de l'espace. La blonde affubla son partenaire d'un regard ennuyé.

" Cette odeur de merde, tu crois que ça risque de poser problème? Si on ramène la bagnole de Logan et qu'elle chlingue autant, il va nous tuer c'est certain. "

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Alexander Moreau
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Sam 23 Sep - 14:52


Après s'être chargée de l'enfant, sans montrer d'émotion de quelque sorte, Riley s'inquiéta de l'odeur dans la remorque. À raison.
    « C'est vrai que ça coince, là-dedans. Ça va poser problème, et même sans parler de Logan, je vais pas me coltiner des bagnoles à charger et décharger avec une puanteur pareille. Voyons les autres... »


Sur ces mots, Xander s'avança vers le camion voisin, celui dont la cabine avait été occupée par un Geignard. Celle-là était dotée d'une porte latérale, coulissante. Il monta les échelons prévus pour ça, et manœuvra la fermeture afin de pousser le lourd panneau monté sur rail. Elle n'était pas vide, et contenait plusieurs palettes. Des jantes, visiblement. Ils leur faudrait un Fenwick pour décharger, et même avec ça, ça prendrait du temps. Remorque suivante.
Celle-ci n'avait pas de porte latérale, et impossible de démarrer le camion pour l'avancer et donner l'accès aux portes arrières. Xander porta donc son attention sur la dernière remorque du quai, celle sans tracteur. Il y avait des chances que celle-là soit vide, car les chauffeurs avaient pour habitude de laisser les remorques vides au chargement le temps qu'elles soient remplies, et s'attelaient à celles qui étaient prêtes au voyage. Il y avait toujours l'éventualité qu'elle soit chargée et en attente de son tracteur, évidemment, mais il n'y avait qu'une façon de le savoir.

Cette remorque là avait une porte latérale, comme la première. La vérification fut vite faite, et alors que Xander s'apprêtait à en informer Riley, il se rendit compte qu'elle n'entendrait rien avec ce vacarme. Il revint vers elle au pas de course.
    « Celle du bout est vide. Il va suffire de détacher celle qui pue et de prendre l'autre. On pourra partir direct après ça. »


Xander invita Riley à se mettre à l'abri dans la cabine et s'occupa de l'attelage, après avoir mis la remorque sur béquille. En un rien de temps, le tracteur était libéré et il pouvait procéder à sa manœuvre.
Il remonta à bord, mit le contact et démarra. Tout allait bien. Il avança lentement, dirigea son tracteur vers la remorque et le plaça en position pour la marche arrière. La boîte de vitesse craqua un peu lorsqu'il tira le levier pour enclencher, mais il finit par y arriver en s'y prenant avec douceur. Ce camion n'avait pas rouler depuis un bail, c'était normal qu'il soit un peu capricieux. Et encore, ils pouvaient s'estimer heureux qu'il ait démarré deux fois sans trop broncher. Selon son comportement sur la route, ils devraient peut-être laisser tourner le moteur pendant les chargements et les déchargements, ce qui consommerait un peu plus de carburant encore.

L'affaire fut réglée rapidement. Le tracteur fut mis en place, la remorque montée sur la sellette, les flexibles raccordés et les béquilles remontées. Xander remonta au poste de conduite en soufflant bruyamment. Cette foutue pluie rendait tout pénible, et ils n'en étaient qu'au début… Cette journée allait être épuisante, sans compter les jours suivants. Il en avait déjà marre.
Il passa la première et commença à avancer.
    « On est partis. En espérant que tout se passe bien... »


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Riley Hayden
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Lun 25 Sep - 6:06

La première remorque puait la merde, la seconde était pleine à craquer... la dernière était juste parfaite. Il y avait assez d'espace là-dedans pour y mettre trois voitures. Pour une fois, le plan se déroulait à merveille et pourtant, Riley ne pouvait s'empêcher de croire qu'une merde allait leur tomber sur la gueule d'une minute à l'autre.

Alors que Xander préparait la remorque, elle alla se mettre à l'abri dans la cabine... nul besoin de boire la tasse plus longtemps. En attendant, elle récupéra la liste de Logan et raya les six véhicules qu'ils avaient déjà déplacés ainsi que le van qui manquait à l'appel. En tout restaient encore quatorze bagnoles et moto à mettre en sûreté.

Elle soupira tout en replaçant le morceau de papier dans sa veste. À défaut d'avoir mieux à faire, elle commença à jouer avec la radio, basculant d'un poste mort à un autre, comme si elle s'attendait stupidement à capter les nouvelles du jour ou le dernier tube du moment. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre soudainement résonner les douces notes d'une mélodie classique... le même genre de truc qu'elle avait intercepté en arrivant à Detroit.

* Merde Riley tu deviens complètement folle! *

Elle hallucinait complètement, comment quelqu'un aurait-il pu trouver le temps et les moyens de faire fonctionner une station de radio? Même si c'était possible, pourquoi faire jouer des symphonies de merde en continu au lieu de diffuser quelque chose d'utile? Bordel, tout ça était carrément étrange.

Son doigt se trouvait toujours sur le bouton lorsque Xander entra dans la cabine. Le léger sursaut ainsi provoqué fut suffisant pour faire basculer le sélecteur sur une fréquence morte qui n’émettait rien de plus que le grésillement terne du vide cosmique... voulait-elle vraiment faire part de sa découverte avec son partenaire pour réaliser que tout ça n'avait été que le fruit de son imagination? Qu'elle était devenue complètement barjo? En guise de réponse à elle-même, Riley éteignit la radio.

Xander venait d’atteler la remorque comme un pro... visiblement, ce gars avait déjà fait ce genre de boulot par le passé. Lorsqu'il retourna pour de bon derrière le volant, prêt à décoller, Riley lui lança un de ses regards tout à fait incolore. Si Xander n'était pas un routier, du moins il en avait toutes les compétences, et les allures également.

" Ça ira... au moins, avec une tempête pareil, on risque pas de tomber sur des pillards. "

Tel un gros animal lent mais infatigable, le fardier amorça son long parcours à travers la jungle de béton. Il quitta la cour de l'usine, sous les coups de manche de son chauffeur et les soubresauts de son indolente transmission, pour s'engager sur les rues gorgées d'eau. Après plusieurs minutes de silence, Riley extirpa sa dernière trouvaille alcoolisée de son sac et la déboucha pour en renifler le contenu.

" Avec un temps de chien pareil, un petit coup de casse-gueule ne va pas faire de mal. "

Elle s’enfila deux bonnes gorgées avant d'offrir la bouteille à son partenaire, puis elle poursuivit, espérant en apprendre davantage sur l'homme assis à côté d'elle.

" Alors Xander... D'où tu viens? "

A vu de nez, elle aurait parié qu'il était texan ou natif d'un État du sud. Le mec avait un léger accent, différent des gens de la région, mais d'autant qu'elle sache il pouvait venir du fin fond de l'Alaska. En ce qui concernait Riley, il aurait fallu être complètement con pour ne pas deviner qu'elle débarquait d'un autre continent. Bien souvent, même les Américains avaient du mal à comprendre ce qu'elle disait tellement son parler était étrange et mal foutue.

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Routier (pas tellement) sympa
Alexander Moreau
Matricule n°001
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Lun 25 Sep - 13:34



Riley avait raison, avec les hallebardes qu'il tombait, personne ne viendrait leur couper la route. Personne à part des morts, ou des bagnoles laissées là depuis longtemps. Le camion se comportait bien, pour un truc qui pourrissait depuis plus d'un an. La boîte craquait un peu, mais Xander pensait que ça le ferait. Il fallait laisser à la machine le temps de retrouver ses bonnes habitudes.

La blonde sortit de son sac une bouteille et s'en administra une grosse lampée avant de la tendre à Moreau. À la question qui suivit, il la regarda d'un regard entre le questionnement et la prise de conscience. C'était vrai, ils ne se connaissaient pas bien. Ils n'avaient pas discuté à l'aller, puisqu'ils avaient conduit chacun leur van. En temps normal, il se serait contenté d'ignorer une femme qui lui parlerait alors qu'il conduisait, mais il n'y arrivait pas avec Riley. Elle lui rappelait trop sa fille. Ce qui en soi était déjà étrange, puisqu'il méprisait sa fille pour ce qu'elle était : une putain de bouffeuse de chattes.
Il déclina l'offre de boisson, mais répondit à l'interrogation.
    « J'suis canadien. Je pensais que tu l'aurais deviné, avec mon accent… Le tien ne laisse pas de place au doute : t'es irlandaise.
    Le regard en coin de la fille le poussa à préciser son raisonnement.
    J'ai croisé pas mal d'irlandais, dans ma vie. J'étais chauffeur routier, avant… tout ça. Tu savais que ces mecs sont capables de rouler 12h d'affilées sans dormir ? Une vraie plaie dans notre métier... »

Ces réflexions n'avaient plus cours, maintenant. D'ailleurs, quelqu'un avec de telles capacités était même plus adapté à survivre que d'autres.
Même si on disait que le sang irlandais supportait bien l'alcool, Xander préférait mettre en garde la jeune.
    « Lève le pied sur la bouteille. On va avoir besoin d'être lucides pour terminer ce boulot. Mais, foi d'canadien, si on termine ça comme il faut, on trinquera dans les règles. »

Il se souvint à cet instant qu'il n'avait pas bu – proprement dit – depuis un long moment, et il ne savait pas s'il encaisserait une bouteille comme avant. Déjà que l'âge le rattrapait, lentement mais sûrement… C'était sûr qu'il ne jouerait pas à un de ces jeux idiots où le vainqueur est celui qui ne s'est pas évanoui. Il pourrait bien y rester

Xander emprunta la même route que celle prise à l'aller, et tout se passa bien. Ça pouvait difficilement mal se passer, tout le long de Jefferson Avenue… Jusqu'à Grand Marais Street. L'intersection était un peu trop serrée pour le camion, et le virage s'annonçait difficile. Xander vit le coup venir et ralentit sensiblement, pour finalement s'arrêter avant de s'engager sur le carrefour. Finalement, il fit une petite marche arrière, en grognant, avant de reprendre sa manœuvre.
À reprendre le volant d'un semi, il en avait oublié le contexte. Il en était encore à diriger avec soin son camion, alors que le code de la route était caduc depuis longtemps. La chaussée et les trottoirs, tout ça n'appartenait qu'à celui qui voulait bien se les approprier.
Il fit décrire au tracteur un léger crochet vers la gauche avant de prendre à droite sur Grand Marais, chevauchant le trottoir au passage. Chose qu'il n'avait pas prévue, il accrocha un panneau de signalisation avec son rétroviseur extérieur, provoquant un grincement désagréable. Le miroir se fendit en plusieurs endroits, mais le rétro tint bon.

Ils finirent par atteindre les barricades repousse-cadavres, parcoururent le reste de la rue jusqu'aux portes, où les types de la tour de garde eurent – légitimement – l'air de se demander quel abruti se pointait devant eux par ce temps avec un tel bardas. Xander, pas très chaud à l'idée de ressortir juste pour se montrer, poussa un coup de klaxon, tout en sachant que ça ne suffirait pas à faire ouvrir les portes.
    « Fait chier, il va falloir retourner sous cette pisse... »

Il glissa son regard vers Riley, des fois qu'elle serait plus volontaire que lui.

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Riley Hayden
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Mer 27 Sep - 16:55

Il était donc Canadien, chose qui intriguait légèrement Riley. Il faut dire que son allure plutôt austère avait de quoi briser tous les clichés qu'elle se faisait des canucks. Tous ceux qu'elle avait croisés jusqu'à maintenant, des militaires surtout lors de compétitions et entraînements conjoints, lui avaient tous semblé incroyablement polis et souriants, tout le contraire de l'ex routier assit à côté d'elle.

Chez la plupart des gens, le genre d’anecdote que lui avait livrée son comparse aurait fait naître une sorte de fierté nationale. Pour sa part, la blonde se fichait royalement de son pays et ses origines. De toute façon, elle ne s'était jamais vraiment sentie "chez-elle" où que ce soit. Elle se contenta d'arborer une moue indifférente, les yeux toujours rivés sur la route.

Voyant que son partenaire refusait la bouteille, elle finit par hausser les épaules et lever le coude pour une troisième rincée, ce qui ne manqua pas de le faire réagir.

" Ça vas, je fais que me tremper les lèvres. "

La bouteille retourna dans son sac et ses yeux sur la route à peine visible. Cette fichue tempête semblait menée tout droit vers une catastrophe naturelle de grande ampleur, et c'était peu dire. On aurait dit que l'Atlantique leur tombait sur la tête. Les vents étaient si forts qu'elle pouvait sentir une sorte de pression menaçante depuis l'intérieur de la cabine, comme si le camion et la remorque s’apprêtaient à chavirer d'un instant à l'autre.

Ils arrivèrent finalement devant Fort Hope. Le type dans la tour de garde avait l'air d'un naufragé perdu au milieu d'une mer agitée. Malgré le coup de klaxon de Xander, il refusa d'ouvrir la grande porte, incrédule. Riley se porta volontaire pour sortir sous la flotte et faire signe au gars en agitant les mains. Après quelques instants, il reconnut enfin la jeune femme et descendit de son perchoir pour laisser passer le camion.

Ils y étaient, voilà un premier voyage de fait... ne restait plus qu'à charger le camion et décoller pour une deuxième fournée. Une fois le semi-remorque arrêté, Riley avisa son partenaire.

" Je m'occupe du camping-car et des motos. "

Retour sous cette joyeuse pluie écorcheuse de visage. La tête enfouit sous la capuche de son imper, elle courut jusqu'au bout de Grand Marais Street, directement sur les berges du Lac St Clair où se trouvait la baraque de Logan et Alex. Juste devant était garé l'autocaravane. Sa propriétaire avait laissé les clefs sur le tableau de bord tel qu'indiqué. Le véhicule démarra au quart de tour et Riley s'arrêta dans l'entrée de pavé uni de la maison voisine, sa maison.

Dans le garage l'attendait sa vieille Husqvarna, prête à être évacuée en urgence. Lentement mais sûrement, elle fit rouler sa bécane près de la porte du camping-car et après de nombreux efforts, parvint à la hisser à l'intérieur. Après avoir tant forcé, la douleur dans son épaule était à son comble, presque aussi vive qu'au moment où cette foutue balle lui avait traversé l'omoplate, mais elle ne pouvait se permettre une pause. Elle retourna derrière le volant et mit le cap vers l'entrepôt.

Ici se trouvait la Harley qu'utilisaient les équipes d'approvisionnement. Une grosse bécane bien lourde... Jamais elle ne pourrait enfiler un truc pareil dans la petite porte du camping-car sans se briser le dos. Elle capitula. La Harley devrait rester ici, ou attendre de faire partie du dernier chargement s'il restait un peu de place dans la remorque. Elle roula jusqu'à l'entrée de camp où l'attendait Xander, prête à lui filer un coup de main au besoin.

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Alexander Moreau
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Jeu 28 Sep - 22:41


Pendant que Riley était partie chercher son véhicule pour le prochain trajet, Xander en profita pour faire une manœuvre. Il avança doucement jusqu'à pouvoir faire faire un demi-tour au camion, puis avança de nouveau jusqu'aux portes. Ils seraient ainsi déjà dans le bon sens pour repartir, et puis ça faciliterait le chargement.

Le chargement. Il était temps d'y penser. Il avait trois bagnoles à entrer dans cette remorque, et il ne savait pas comment il allait s'y prendre. Il chopa deux personnes qui partaient se mettre à l'abri en passant par là.
    « HEY ! VOUS DEUX ! Ils semblèrent ne pas vouloir contrarier le Canadien et rappliquèrent fissa. J'ai besoin d'un truc pour servir de rampe, il faut que je charge des bagnoles dans ce camion. Vous pouvez trouver ça ?
    Des planches ?
    À ton avis, Einstein… si tu me trouves des planches capables de supporter le poids de la bagnole de celui qui a le pouvoir de te foutre dehors, ça ira. Sinon tu trouveras quelque chose de plus solide. ALLEZ ! »

Les deux gars partirent au galop. Xander, lui, prit la direction de la maison de Logan. Il avait deux bagnoles à récupérer.

Arrivé au garage, il trouva une berline stationnée dans l'allée. Il ouvrit la portière et trouva les clés dans le pare-soleil. Une bonne habitude, ça. Il monta en voiture et conduit jusqu'au camion. Les deux gars n'étaient pas encore revenus. Moreau laissa la berline derrière le camion, et repartit au pas de course chez Logan. Quelle plaie, toute cette flotte !

Cette fois, il ouvrit la porte du garage. À l'intérieur, bien à l'abri, une superbe Aston Martin. Et pas une de ces dernières années, non, une ancienne, une vraie pièce de collection. Le genre de bagnoles qu'on avait vues dans les pattes de Sean Connery dans les James Bond. Elle était dans un sacré état. Pas une griffe, à peine poussiéreuse. Elle était bichonnée, et ça se voyait.
Encore une fois, il trouva les clés dans le pare-soleil. Il démarra, en ne manquant pas de noter la musique jouée par le moteur et l'échappement. Beethoven n'était qu'un pédé.

Une nouvelle fois, il se rendit au camion, et cette fois, les deux clampins s'affairaient avec ce qui semblait être une grande plaque, assez lourde. Xander plaça l'Aston derrière la berline et descendit pour aider les deux autres. Ce fut le moment où Riley arrivait, au volant du camping car.
    « Amène-toi, faut qu'on installe ça. »

En fait de plaque, les deux types avaient ramenés un truc qui ferait bien l'affaire. C'était une de ces tôles, que les mecs de chantiers plaçaient par-dessus leurs tranchées pour créer des passages pour leurs machines. Si un rouleau-compresseur pouvait passer là-dessus sans la faire plier, on pouvait bien y faire rouler une bagnole. La plaque fut installée comme un plan incliné faisant la liaison entre le sol et le cul du camion. La pente était raisonnable, ça irait.
    « Riley, je vais charger celles-là. Toi, vas chercher la Mercedes d'Adrian, ça fera la première fournée. »


La blonde repartit sans traîner, et Xander s'y colla. Ce ne fut pas très difficile, ni très long. Ça se goupillait bien,d 'autant que Riley était de retour avec la caisse d'Adrian juste quand Moreau avait fini avec les voitures. Ils montèrent la Mercos dans la remorque, on retira la tôle et on ferma les portes. Ils étaient prêts pour cette tourné-ci.

Il était temps de se mettre en route.
    « Faut pas qu'on traîne. On n'est pas en retard, mais si on veut faire un autre voyage, va falloir qu'on n'ait pas trop de problèmes. »


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Riley Hayden
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Ven 29 Sep - 22:00

Elle et Xander venaient d'installer les plaques qui leur serviraient de rampes. Son partenaire n'avait pas chaumé... déjà, deux voitures attendaient patiemment derrière le camion, prêtes à être chargés. Riley reconnut tout de suite la voiture de collection de Logan, une magnifique Aston Martin qui semblait tout droit sortie d'une exposition de bagnoles de luxe. À ce moment, les paroles du chef tournaient en boucle dans sa tête. Déjà que Logan ne pouvait pas la blairer... s'il arrivait quoi que ce soit à son petit bijou, elle devrait retourner vivre dans les rues à coup sûr, ou peut-être devrait-elle passer le restant de ses jours à récurer les chiottes.

Xander l'envoya chercher une troisième bagnole et elle s'activa sans attendre. Elle devait ramener une Mercedes et se souvenait l'avoir vu pas très loin de l'infirmerie. Une fois de plus, la mémoire photographique de la jeune femme s'avérait très utile. Elle déboula sur l'avenue Whittier en coupant par les courts arrière, encore et toujours tenaillé par cette averse diluvienne, et tomba nez à nez avec la voiture sport. Un superbe modèle SLA coupé.

Elle trouva les clefs dans un petit compartiment entre les deux sièges et démarra sans plus attendre. Alors qu'elle roulait en direction du semi-remorque, elle ne pouvait s'empêcher de se questionner sur les choix de certaines personnes: pourquoi garder une voiture de luxe et pas un truc plus utile comme un camion ou une fourgonnette? Les choses n'étaient plus comme avant... plus besoin d’impressionner les voisins ou d'étaler sa fortune. Le comportement de certains humains resteraient toujours un mystère pour Riley.

Lorsqu'elle arriva, son partenaire avait fini de charger les deux voitures. Au grand soulagement de Riley, l'Aston Martin de Logan semblait intact. Sans perdre une seconde, elle engagea aussitôt la Mercedes à l'arrière de la remorque en utilisant la rampe de fortune. Une fois bien à l’abri, elle actionna le frein à main et coupa le moteur. Xander lui signala qu'il fallait se grouiller. Elle opina vigoureusement, avant de fermer les portes de la remorque

" Vas rester une bécane, j'ai pas pu la charger dans le camping-car, ce machin doit peser une tonne. "

Retour derrière le volant de l'autocaravane. Cette fois, le trajet lui parut deux fois plus long. La visibilité était si mauvaise qu'elle ne voyait pratiquement plus rien devant elle à part les feux arrière de la semi-remorque. Elle les suivis tel un navire dans la tempête suivant la lueur d'un phare. La douleur dans son épaule était devenue insupportable et commençait à s'étendre jusque dans sa nuque tel le venin d'un scorpion. Elle se résigna à avaler deux antidouleurs, rinçant le tout avec une nouvelle goulée de bourbon. Au moins, maintenant, elle avait une bonne raison de gober ces trucs.

Ils arrivèrent enfin à l'usine, puis dans le hangar. Alors que Riley garait le camping-car à l'abri, Xander recula la remorque à l'intérieur pour faciliter le transit et ils se mirent au boulot. Alors qu'ils s'apprêtaient à installer la plaque, l'Irlandaise repéra deux rampes en aluminium tout près de la porte, des machins spécifiquement conçus pour ce genre de travail.

" Putain, regarde moi ça... "

Elle s'en alla les récupérer et ils les installèrent. Ces trucs s'adaptaient parfaitement, en plus d'être ultraléger.

" C'est pas magnifique ça! "

Une à une, les voitures sortirent de la remorque pour trouver leur espace de stationnement dans le hangar. Au bout d'à peine quelques minutes, le duo était déjà prêt à partir. Sans un mot, la petite blonde escalada la cabine pour poser son cul côté passager, puis ils repartirent en direction de Fort Hope pour un dernier chargement. Après le premier kilomètre, Riley s'alluma une clope, puis posa son regard sur le chauffeur. Le moment était venu, elle devait lui parler.

" Je suis au courant pour Isha... " un bref silence s'installa, lourd et inconfortable, avant qu'elle ne poursuive " T'est un ancien des Punishers, tout comme moi... tu sais, je te dis pas ça pour te faire chanter, le chantage c'est pas vraiment mon truc. " le regard abyssal de la blonde sembla soudainement plus vide et froid que jamais " Isha est un bon pote à moi, il m'a sauvé la vie à deux reprises... je tiens juste à ce que tu saches que si il lui arrive un truc relou, je risque de ne plus répondre de mes actes. " elle afficha un large sourire et pourtant, ses yeux restèrent tout à fait dénués de toute émotion humaine. " Entre ex-serviteurs du fossoyeur, il faut se serrer les coudes pas vrais? "

Elle lui présenta son paquet, duquel dépassait le bout-filtre d'un bâton goudronné.

" Cigarette? "

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Alexander Moreau
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Ven 13 Oct - 15:16



Xander donna un grand coup de frein. L'arrêt, mouvementé, força Riley à se retenir à la planche de bord pour ne pas aller la heurter avec son visage. À son tour, Xander se tourna vers la blonde, planta son regard sombre dans celui bleu de la fille. Il ne dissimulait pas vraiment ses pensées, en cet instant. Il la détailla de haut en bas, sans s'en cacher.
    « Et tu penses impressionner qui, au juste ? Écoute, ton petit numéro, ça marche peut-être sur les gamins ou les fragiles, mais t'arrivera à rien avec moi. On va donc profiter de cette petite pause pour mettre les choses au clair, toi et moi.
    Il serra le frein à main.
    Pour faire court et concis : j'en ai rien à carrer. Je me fous de qui est ton pote, d'où tu viens… On est tous dans le même rafiot, et on fait tous ce qu'il faut pour s'en sortir. Alors rentre-toi un bon truc dans ton crâne de piaf : retourner vivre dehors, tout seul, c'est pas vraiment un problème. J'ai survécu sans Logan et ses larbins, je peux le refaire. Maintenant, pose-toi une question. Qu'est-ce que tu as contre moi, en cas de besoin ? Que j'ai été un Punisher. Et après ? Logan s'en doute, il est pas idiot, mais il n'en est pas sûr. Si jamais quelqu'un lui ramène ça aux oreilles, ça va poser un problème : ça veut dire que Isha ramène des Punishers chez son paternel, et j'ai cru comprendre que le vieux en a ras la visière. Alors, mettons que tu me balances, il se passera quoi ? Je serai viré. Mais dis-toi une chose, c'est qu'Isha sera viré aussi, et peut-être bien ceux qu'il a ramené avec lui. Et tu es dans le lot.

    Isha et moi, on s'occupe de ce qui nous regarde. Fais-en autant. J'ai pas besoin qu'une pisseuse vienne fourrer son nez dans mes affaires. Et un conseil : si tu veux menacer quelqu'un, fais-le avec quelqu'un de faible. Ça t'évitera de passer pour une conne.
    »

Ils avaient assez perdu de temps comme ça. Ils avaient encore du travail. Xander leva le frein à main et reprit la route. Après un instant, Xander rompit le silence qui s'était installé dans la cabine.
    « Écoute… j'ai compris ce que tu voulais dire. Mais j'ai pas échoué ici sans raison, et j'ai pas l'intention de pourrir la vie à qui que ce soit. Disons que j'ai un projet en tête, mais c'est pas réalisable seul. Ça demanderait du monde, de la préparation, des ressources et des armes, ce que seul un groupe peut faire. Avec la confiance de Logan, ça se pourrait que j'arrive à faire ce truc. Et si c'est le cas, ça pourrait faire une grosse différence avec la situation actuelle et améliorer de beaucoup la vie des gens de Fort Hope.
    Et si jamais ça t'intéresse, tu pourrais faire partie du bazar. On aura besoin de gens qui ont des couilles.
    »


Cette fois, les sentinelles de la porte reconnurent le camion, et ouvrirent sans que Riley ou Moreau n'ait à sortir. Xander engagea le camion dans la rue, comme au voyage précédent, et le manœuvra pour le mettre dans le sens du départ. Restait à faire le chargement comme prévu.
Ils se répartirent le travail, et il ne leur fallut pas longtemps pour rassembler les dernières bagnoles. C'étaient les dernières sedan, comme c'était convenu. Les voitures furent chargées avec l'aide des rampes trouvées par Riley à l'usine, et la remorque fut refermée. Ils remontèrent aussi sec (façon de parler, avec toute cette flotte...) dans la cabine et reprirent leur route.

Le ciel était noir, maintenant. Xander dût allumer les phares, pour améliorer la visibilité, mais ça n'était pas très efficace. La pluie s'était encore intensifié, et l'asphalte de la route était noyée sous quatre ou cinq centimètres d'eau. C'était une foutue tempête. Ils faisaient bien de se préparer, parce que ça pourrait vraiment tourner mal.
Ils arrivèrent à l'usine. Xander ralentit assez tôt, jusqu'à s'arrêter devant les barrières forcées de l'entrée. Peut-être que quelqu'un avait pu remarquer leur manège. Il ne voyait pas de mouvement. Il ne voyait pas grand-chose à part la pluie. Il engagea le camion sur le site, et rejoignit le hangar.
    « Allez, on finit ce voyage, et on pourra retourner voir si les autres ont besoin d'un coup de main. On mettra les autres caisses dans les garages, mais on aura fait du bon boulot. »


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Riley Hayden
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Lun 16 Oct - 18:59

Riley avait failli se péter la tête contre le tableau de bord, elle en avait même échappé sa cigarette. Maintenant, l'ex routier l'envoyait carrément paître. Mais merde, c'était quoi son problème... pas moyen de discuter calmement sans réagir de façon excessive. Elle devait cependant l'admettre, ce type savait s'y prendre lorsque venait le temps de paraître intimidant. Malheureusement pour lui, ce genre de truc n'avait aucun effet elle.

Calmement, alors qu'il lui déballait son discours, la blonde récupéra sa clope et s'en retourna la coincer entre ses lèvres. Merde, mais elle rêvait ou quoi, venait-il vraiment de la traiter de pisseuse? Ce type était définitivement un connard de première. Elle planta ses yeux blasés directement dans les siens, prête pour une deuxième tentative de faire passer son message, avec moins de subtilité cette fois.

" C'est bon, t'as fini? ... J'ai comme l'impression que je me suis mal fait comprendre... J'ai pas du tout l'intention de te balancer à Logan, je suis pas une fiotte de moucharde qui fait chanter les autres pour protéger mes petits secrets. Que ce soit clair... Si tu doubles Isha, je vais te trancher ta saloperie de gorge pendant ton sommeil et jouer au foot avec ta tête... J'en ai rien à foutre d'être expulser et surtout, j'en ai rien à foutre de crever. C'est clair maintenant? "

En un instant, son regard malsain et intense se transforma en un regard joyeux et amical, comme si on avait allumé un interrupteur.

" Cela-dit, on peut devenir les meilleurs putains de copains du monde et vivre heureux jusqu'à la fin des temps, ton choix. "

Le silence qui s'ensuivit, perturbé seulement par le grincement de l'embrayage et cet orage de plus en plus violent, sembla durer une éternité. Au bout de quelques minutes, son connard de partenaire se décida à prendre la parole. Il aborda cette fois un ton légèrement plus conciliant, un peu comme s'il regrettait de s'être emporté. À la grande surprise de Riley, il mentionna un certain "projet".

" Eh bah, moi j'te dis, si tu veux rallier des gens à ta cause, tu devrais travailler un peu ton introduction... c'est pas en traitant les gens de cons et de pisseux qu'ils risquent de vouloir t'aider. Je dis ça, je dis rien."

Elle n'était pas du tout offusquée, à vrai dire, elle parlait de façon tout à fait triviale, les yeux collés sur la route ou plutôt, sur le brouillard sinistre de la tempête. Ils arrivèrent à Fort Hope et une fois de plus, chargèrent le camion. Cette fois, la tâche semblait plus machinale que jamais... les deux coéquipiers restèrent muets comme des tombes. Le trajet jusqu'à l'usine fut tout aussi placide.

Au commentaire de Xander, elle opina en affichant un vague sourire. Ils avaient fait du bon boulot c'est vrai. Déplacer autant de bagnoles en si peu de temps, et sous une averse de la sorte... ils avaient de quoi être fiers. Pour une toute première fois, Riley avait le sentiment d'avoir servi à quelque chose dans sa nouvelle famille d’accueil, et ce n'était que le début. Avec le déluge qui s’annonçait, il y aurait encore beaucoup à faire et autant d'occasions de gagner la confiance du groupe. Bientôt, elle pourrait retourner dans le feu de l'action... peut-être même joindre une des équipes de ravitaillement.

Au chemin du retour, la blonde garda le silence... non par rancune pour le gus assis à côté d'elle, mais tout simplement parce qu’elle ne trouvait rien de bon à dire. Elle devait l'avouer, une question lui brûlait les lèvres : Quel était ce projet dont il avait parlé? Ce projet qui nécessitait tant de ressources. Malgré sa grande curiosité, elle se tue... si quelque chose de gros se préparait, elle finirait forcément par le savoir.

Répartition des véhicules restants et puis ils s'en allèrent chacun de leur côté accomplit le reste du travail. Il y avait tant à faire et Riley se dit qu'elle pourrait filer un coup de main pour les barricades après avoir protégé les dernières bagnoles. Avant de se séparer, elle lança un regard en direction de son coéquipier. Malgré leur engueulade, ils avaient assuré comme équipe... Devait-elle lui dire bonne chance pour la suite des événements ou lui envoyer le doigt d'honneur? Indécise, elle se contenta de hocher la tête, avant de tourner les talons.

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