Un anglais et un indien dans la ville! [Ahiga]



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Knowledge can change our fate
Kenneth Lynch
Matricule n°001
Knowledge can change our fate
Sam 9 Sep - 19:43

We don't develop courage by being happy every day. We develop it by surviving difficult times and challenging adversity.- Ahiga & Kenneth - 30 Mars

Run for your life
Je tentais de lancer mon regard dans la rue, balayant les coins de la rue, les renfoncements de porte, les centaines de voitures abandonnées sur la chaussée. Je m'étais attendu, enfin, je suppose que je l'avais espéré, à ce que les rues soient dégagées. J'aurai pu avancer plus facilement, sans la crainte d'avoir un puant cacher je ne sais ou.
Mais aucune chance. Dans la panique de l'épidémie, le quadrillage habituel de Détroit s'était changé en un piège mortel. Il y avait des voitures partout, beaucoup d'entre elles étaient cabossées ou endommagées. Elles bordaient chaque trottoir, obstruaient chaque croisement que nous dépassions. J'aperçus un Hummer 2 qui était monté sur le trottoir, son pare-chocs avant rutilant coincé irrémédiablement dans une boite aux lettres et la devanture en bois brisée d'un bistro déserté. Rapidement Je montais sur le toit d'un taxi aux quatre pneus à plat et scrutais la rue face à moi, cherchant un mouvement, un bruit ou quoique ce soit.
Rien ne se faisant, je longeais un petit pâté de maisons et passa à la hauteur d'une station service où les volets de la devanture étaient fermés. Des écriteaux en papier avaient été placés autour des pompes et fixés avec du ruban adhésif.

« PAS D'ESSENCE, PAS D'ARGENT, PAS DE TOILETTES. QUE DIEU VOUS BÉNISSE. »

Si j'avais eu un marqueur, j'aurai été ajouté, God save the Queen, mais qu'importe. Au coin de la rue, il y avait la devanture d'un médium et une petite boutique qui avait dû vendre des vêtements pour femmes. La vitrine montrait trois mannequins habillés gaiement et un tas d'étoffes vertes qui ondoyaient. Un mouvement se fit repérer au dedans et alors que je m’arrêtais, curieux de voir si il s'agissait d'un survivant ou d'un défunt. Pourtant, brusquement, une morte se fraya un chemin à travers les plis de vert dans la vitrine et heurta violemment le verre. C'était une blonde élancée aux traits fins et raffinés. Son visage était seulement grêlé ici et là de petites écorchures qui ressemblaient presque à des paillettes sur sa peau flétri. Elle portait une jolie robe sans manches rouge foncé et, durant un battement de cœur, je fus surpris par son élégance.
Puis ses bras décharnés se levèrent et se poings commencèrent à marteler le verre. Elle poussa son visage en avant et ses mâchoires s'ouvrirent contre la vitrine comme si elle voulait la découper avec ses dents jaunes et se frayer un chemin pour sortir. Le trou noir de sa bouche formait un cachet parfait sur le verre tandis qu'elle nous jetait des regards avides.
Elle ne réussirait pas à casser la vitrine. Je fis donc un signe de tête comme un hommage silencieux à la femme qu'elle fut puis poursuivit mon chemin, laissant la morte derrière moi. Une fois le coin tourné, je n'entendis même plus les coups étouffés de ses poings sur la vitrine.
Dans l'étendue plus large de la rue face à moi, j'aperçus un camion citerne dont l'eau s'était répandu sur le sol il y a longtemps suite à une rafale de trous causés par des balles. Nouée autour de son crochet d'attelage, une banderole incroyablement longue de rubans de police jaunes claquait au gré du vent. Je saisis une poignée de rubans et lus

« ZONE DE QUARANTAINE : LES INTRUS SERONT ABATTUS SANS SOMMATION »

avant de les laisser voleter de nouveau. Tournant au coin de la rue suivante, je me stoppais net. Des dizaines, des vingtaines, des centaines de morts se tenaient face à moi. Ils remplissaient la rue devant moi, une horde aux pas traînants, aux mâchoires béantes et aux yeux hagards. Certains semblaient intacts, quasiment aussi sains qu'ils avaient dû etre de leur vivant qui devait être récent.  A d'autres, il manquait des membres, de la peau, ou même le visage. Leurs vêtements pendaient en lambeaux ou avaient gardé leur plis impeccables malgré l'usure des élèments. Et tous...absolument tous...se dirigeaient vers moi. Ils s'arrêteraient seulement quand ils m'auraient transformé en petit dej à l'anglaise !
Je m'éloignais rapidement, scrutant les rues latérales et vis étaient également obstruées, non par le mur compact de mors face à moi, mais par des dizaines de cadavres disséminés qui venaient vers moi ou non.  A l'Ouest pourtant, la rue semblait relativement dégagée, mais qui sait ce que j'y trouverait ? Je pris pourtant le risque, m'engouffrant par cette rue, faisant aussi silencieusement que possible, priant pour que les morts ne me suivent pas, même si je savais qu'ils le feraient. Je ne connaissais pas Détroit et il fallait que je parvienne à fuir cet endroit avant qu'il ne devienne mon tombeau. Tournant rapidement dans les ruelles, je tentais d'éviter les cadavres en éliminant un ou deux avec ma machette au passage avant de déboucher dans une rue quasi déserte à l'exception d'un type qui semblait parfaitement vivant. Je courais vers lui, ma machette dans la main droite, attrapant sa propre main avec ma main gauche, le surprenant certainement

« Suis moi ! Y a des morts partout faut se tirer d'ici ! »

Mon accent anglais est toujours à coupé au couteau, mais il m'a compris j'en suis certain ! J’espère simplement qu'il connais mieux la ville que moi et saura m'aider à trouver un abris.

©Pando
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