Unable to stay, unwilling to leave




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Lun 25 Sep - 17:21



8 juin 2016

Cela va faire plusieurs jours que j’ai quitté Fort Hope et mon père. Je ne sais toujours pas ce que je veux, enfin si, je le sais, mais je ne peux pas l’avoir. Je suis plus flippé qu’une vieille fille devant un mec à poil. Je ne comprends que trop ce que la louve voulait dire dans ses mots « je suis toxique, je casse tout ce que je touche. ». Alors autant rester loin des autres pour éviter de nouveaux drames.

Retourner à ma vie de solitaire est compliqué, et ce d’autant plus que la tempête a laissé Detroit en ruine avec plus de moisis et moins de bâtiments sur lesquels grimper sans risquer sa vie. Les ressources manquent et je galère réellement. En plus, je l’avoue, j’ai tendance à privilégier mes compagnons d’infortunes, Téquila et Lobos, quand je trouve de quoi manger et boire.

De temps à autre j’arrive à recharger la batterie du talkie avec Gisele pourtant je me fais un devoir de ne pas parler a Joey et de garder mes distances. Je suis passé après la tempête au labo. Ca a été un supplice mais j’ai résisté à l’envie d’aller la prendre dans mes bras quand je l’ai vue, vivante et entière. Si j’avais succombé, je pense que je lui aurais dit des mots qu’elle n’a pas envie d’entendre. J’ai laissé le livre de Jules Vernes en Français sur son lit, ma façon, à moi de ne lui faire comprendre que j’avais survécu et une sorte de cadeau d’adieu. Puis je suis parti, douloureusement, mais conscient que je ne pourrais jamais lui apporter que du mauvais.

Malgré mes bonnes résolutions, ce n’est pas le hasard qui fait que trop souvent je la croise de loin ou que mes pas me guident vers la boutique de robes de mariées, miraculeusement épargnée par la tempête. C’est bien plus régulièrement que je ne le devrais, que je guette la vision fugace de mon tumultueux petit soleil avait autant d’avidité qu’une plante en hiver. Maintenant, je ne pourrais jamais la voir que de loin, ça sera toujours comme ça et c’est peut-être mieux ainsi. Je ne mérite pas Fort Hope, je ne mérite pas mon père et je la mérite encore moins.  

Quand mes idées noires gagnent autant de terrain que Robin, je repousse toujours l’idée d’en finir. De quelques heures, d’un jour de plus, a vouloir scruter les doux yeux dorées ou à espérer entendre le son de sa jolie voix entre les grésillements du taklie au moins une dernière fois.

Je sais bien que tôt au tard je lâcherais l’affaire, je pense que Logan l’a compris quand je suis parti que je risquais de ne pas revenir. Mais pour le moment, je continue à survivre juste pour des brides de rayon d’un soleil qui ne m’est pas destiné.

Quand l’astre se tournera vers un autre, j’irais déposer mes deux compagnons aux portes de Fort Hope avant de clôturer le dernier chapitre de ma misérable vie. Mais pas encore aujourd’hui, où je décide, sur un coup de tête, d’aller voir vers notre ancien lieu de rencontre au lieu de chercher de quoi manger ou de penser à comment tout arrêter.

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Knowledge can change our fate
Joey Desrosiers
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Ven 29 Sep - 14:42

La tempête qui a sévit il y a quelques jours à fait de sérieux dégâts sur Détroit, et le labo n’a bien sûr pas été épargné. Même si on ne se retrouve pas à la rue pour autant, les réparations à envisager sont nombreuses, et promettent de longues heures d’occupation devant nous. Non pas que ça me dérange vraiment au fond, je me sens toujours mieux les mains occupées, quand j’ai quelque chose à faire, plutôt que quand l’ennui vient s’inviter dans ma vie. Je n’y connais pas forcément grand-chose en réparations, mais j’écoute attentivement les consignes données, et essaye d’y répondre de mon mieux, pour que le laboratoire redevienne ce lieu de vie agréable qui m’a accueillie. Et puis…m’occuper les mains permet aussi de m’occuper l’esprit, et de penser un peu moins à des sujets fâcheux. Comme le fait que je n’ai plus de nouvelles d’Isha, par exemple. Oh, je sais bien qu’il est en vie, c’est en tout cas ce que j’en ai déduit en voyant apparaître soudainement un livre en français sur mon lit, mais il n’y avait plus aucune trace du brun dans ma chambre quand j’y étais rentrée. Il m’a fallu presque trois jours pour arriver à la conclusion que je ne le reverrai sans doute jamais, et que ce livre devait être une sorte de cadeau d’adieu un peu bancal. Isha avait finalement tourné la page Joey, ou il s’était peut-être remis avec son ex, pour ce que j’en savais. Depuis ce jour, je n’avais eu de cesse de me dire que ce n’était pas grave, que je chérirai les moments que nous avions partagés, et m’en contenterait, et ce, malgré la petite pointe qui transperçait mon cœur à cette simple idée, et que j’ignorais autant que possible. Et le dicton préféré de Naya me revenait en tête, alors que je l’imaginais parfaitement me couver de son regard maternel pour lâcher son éternel « -Ne pleure pas parce que c’est terminé, souris parce que c’est arrivé. » Je crois que je ne comprendrais jamais l’optimisme sans borne de la seule femme à m’avoir aimée comme une mère, et qui me manque comme jamais.

Aujourd’hui, j’ai proposé d’aller faire un tour en ville, histoire de trouver quelques matériaux pour continuer les réparations du laboratoire. Ce serait vraiment con qu’on tombe en rade de planches, clous, et autres trucs dans le genre, et même si je ne suis clairement pas la mieux placée pour savoir quoi ramener, j’ai besoin d’aller dehors. Je laisse la moto au laboratoire, Bandit également, et je m’aventure seule dans les rues dévastées de Détroit. Le parc autour du labo a subi pas mal de dégâts, des arbres sont couchés en travers des chemins, mais ça ne m’arrête pas pour autant, il faut dire que quand je suis déterminée, rien ne peut vraiment me stopper. Progresser en ville se révèle assez compliqué au final, il faut que je fasse quelques détours, ou que je prenne quelques longues minutes pour franchir des palissades tombées au sol, des grosses branches, et ce genre de choses, mais je reste patiente, et malgré une progression beaucoup plus lente que ce que j’aurai espéré, j’avance quand même. Je me rends compte un peu sur le tard que par habitude, mes pieds ne m’ont pas ramenée vers le magasin de bricolage que j’avais repéré, mais vers un autre lieu, que je n’ai plus visité depuis ce qui ressemble à une éternité. Je continue de marcher, et la boutique de robes de mariées commence à se dessiner au loin. Il n’en faut pas plus pour me convaincre de me rendre jusque-là bas, en me donnant le prétexte de simplement vouloir voir ce que la tempête a eu comme dégât sur le bâtiment.

Je me retrouve rapidement devant le bâtiment, dont les grilles sont closes, comme nous les avions laissées lors de notre visite. Une fenêtre est cassée au premier étage, et quelques branches parsèment la pelouse autour de la maison, mais la boutique a l’air de tenir le coup malgré tout, et c’est une sacrée chance. Enfin…j’imagine que ça le serait encore plus si cette boutique devait être réutilisée un jour. Ce dont je doute sincèrement. Pour assouvir une certaine curiosité malsaine, je finis par franchir les grilles, et me dirige jusqu’à la porte close, que j’ouvre sans hésiter. Mais à l’intérieur, il n’y a rien d’autre qu’un silence pénétrant, confirmant ce que je savais déjà : Isha n’est pas là. Après un long soupir, je quitte les lieux, referme la porte derrière moi, et fais quelques pas en direction des grilles, avant de me figer brusquement. Une silhouette se tient nonchalamment adossée à la porte de la grille, me fixant d’un sourire mauvais. « -Salut ma jolie. Tu te souviens de moi ? » Je ne le quitte pas des yeux, je crois qu’il peut facilement lire ma surprise et mon incompréhension sur le visage, alors que je me rends compte que ma prise s’est raffermie autour de ma hache, et que mon corps s’est placé en position de défense. « -Tut tut tut. Pas de ça avec moi. Pose ta hache au sol. Et la machette aussi. T’as d’autres armes ? » Je le vois brandir une arme à feu, super il ne manquait plus que ça, et malgré mon côté téméraire, je coopère face à la menace, pose au sol ma hache de pompier, retire mon sac à dos de mes épaules, puis la machette de ma ceinture. Je me sens sans défense, vulnérable au possible, et ouais, peut-être même que je commence un peu à flipper. Son sourire mauvais s’agrandit encore un peu, alors qu’il se rapproche de quelques pas de moi : « -T’imagines pas le mal que j’ai eu pour te retrouver. Il est où, ton copain ? » Je fronce les sourcils, et ça fait brutalement tilt dans mon esprit. Ce type vient probablement de la péniche, et est l’un de ces foutus cannibales à la con. Il ne peut pas y avoir d’autres explications. C’est peut-être même le type que j’ai assommé avec une rame pour qu’il lâche Isha avant de le noyer.

Il se rapproche de quelques pas supplémentaires, alors que tout mon corps se tend face à ses mouvements. J’ai l’impression d’être un ressort, prêt à bondir à la moindre occasion. « -Vous avez foutu un sacré bordel sur la péniche, tu sais ça ? J’ai essayé d’y retourner, mais…tous mes amis étaient morts, il n’y avait plus que des rôdeurs. Tous transformés…j’imagine que vous avez dû faire un beau carnage là-dedans avant de partir, hein ? » Je fronce les sourcils, et par réflexe, je m’éloigne de quelques pas, ce qu’il n’a pas l’air d’apprécier. J’ignore de quoi il parle, pour la simple et bonne raison qu’une fois qu’il a été assommé, la seule chose que j’ai fait, ça a été de surveiller les alentours pendant qu’Isha libérait les types, et ensuite de prendre leur barque pour rejoindre la terre ferme. Quand je suis partie, il n’y avait qu’un seul rôdeur sur le bateau, sagement enfermé dans une cage. « -Je n’ai pas tué tes amis… » Je ne sais pas s’il me croira, au fond, j’ai bien l’impression qu’il s’en fout, et que maintenant qu’il a mis la main sur moi, il n’y a aucune chance pour qu’il me laisse partir comme si de rien était, en se basant sur ma bonne foi. « -Oh…vraiment ? Alors si ce n’est pas toi, c’est sûrement ton copain. Mais quoi qu’il en soit…je vais devoir me venger…tu comprends ? Le sang appelle le sang, c’est comme ça… » Il me lance un sourire édenté dérangeant, et je comprends qu’il ne bluffe pas, qu’il a l’intention de me faire réellement payer pour un truc que je n’ai pas commis, et je crois que c’est le déclic que j’attendais. Alors qu’il s’approche une nouvelle fois, je lui envoie un coup de poing dans le visage, et le frappe avec le bas de ma paume dans un geste ascendant, ce qui a le mérite de lui casser le nez dans un bruit écœurant d’os brisés. Ce geste, je l’ai répété et appris à d’autres des milliers de fois, suffisamment pour savoir l’exécuter avec efficacité. Le type est surpris, ça ne fait aucun doute, et tandis qu’il porte sa main libre à son nez ensanglanté, j’arrive par je ne sais quel mouvement du pied à faire valser le flingue entre ses doigts. J’ignore s’il possède d’autre arme que ses poings, mais si ce n’est pas le cas, le combat est soudain devenu un peu plus égal.

Il se jette sur moi avec fureur, sans aucune subtilité, et il ne me faut que quelques secondes pour me décaler, alors qu’emporté par son élan, il percute les grilles qui étaient derrière moi dans un bruit métallique qui risque de rameuter quelques rôdeurs. Mais le répit est de courte durée, et cette fois, quand il se retourne, je peux lire dans ses yeux qu’il ne fera pas deux fois la même erreur. On se jauge du regard pendant quelques instants, et il se jette une nouvelle fois sur moi, prêt à m’attraper à la gorge, et j’arrive à lui décocher un second coup de poing, qui le manque de peu. Je ne suis pas certaine de parvenir à suivre réellement la suite des évènements, je crois même que c’est mon corps qui a pris le contrôle de la situation, et qui réagit de lui-même face aux agressions qu’il subit. Le type arrive à me foutre deux pains, un qui m’explose la lèvre, et un autre près de l’œil, qui me lance jusque dans l’oreille. Mais je ne me laisse pas faire, et je rends chaque coup, comme si quelqu’un était discrètement en train de compter les points, et qu’il était hors de question que je perde. Il finit par sortir un couteau de sa poche d’un air mauvais, et je rage à voix haute, sans quitter la lame des yeux. Il s’avance, et essaye de me toucher deux fois, sans parvenir à toucher son but pour autant, même si j’ai le sentiment que ça ne va pas durer. Un rôdeur arrive dans son dos, et me déconcentre, et il n’en faut pas plus pour que je sente la lame déchirer mon pull et la peau de mon ventre, tandis qu’une douleur vive me fait grimacer. Merde, il manquerait plus que je lui donne les cartes nécessaires pour qu’il puisse m’avoir. Un autre coup enfonce la lame de quelques centimètres dans mon bras, mais malgré la douleur, je parviens à bloquer le bras du type, et à le tordre dans l’une des nombreuses clés de bras apprises par mon coach de l’époque. Le couteau tombe sur le sol, mais le répit est de courte durée. L’inconnu finit par avoir le dessus après que j’ai trébuché sur mon sac à dos, et je me retrouve couchée au sol, ses mains serrant ma gorge. L’air commence à manquer, et la panique monte rapidement, même si je sais qu’à l’instant où j’aurai perdu le contrôle de mes nerfs, il aura gagné. Je commence à suffoquer, alors dans un geste désespéré, je lui enfonce les doigts dans les yeux, de toutes mes forces. Il pousse un cri de douleur, me lâche aussitôt la gorge, se redresse en lâchant une floppée d’insultes, et il me faut quelques secondes pour aspirer goulûment quelques gorgées d’air avidement. Je tâtonne avec mes mains jusqu’à ce que mes doigts se referment sur le couteau, et quelques secondes après, je suis une nouvelle fois sur mes pieds, mais un peu trop tardivement. Le type tient une nouvelle fois son arme à feu, et tandis que je m’élance vivement vers lui, un coup de feu retentit, brisant le silence uniquement perturbé de grognements du quartier. Le temps semble suspendre son cours, et l’arme qu’il tenait dans les mains tombe soudainement au sol, alors que je suis le regard du type, qui s’est posé sur le manche de couteau qui dépasse désormais de sa cage thoracique. Une immense tâche rouge s’étire peu à peu sur son haut, alors que je comprends que je viens de lui enfoncer son propre couteau entre les côtes.

Je le regarde s’effondrer au sol d’un air horrifié, et je fais un pas vers lui, avant de sentir mes genoux se dérober sous mon poids. Merde alors, qu’est ce qui se passe ? Je commence à ressentir une douleur lancinante à l’abdomen, et après avoir posé ma main sur l’endroit qui palpite de douleur, j’en retire des doigts rougis, poissés de sang. Putain, il m’a eu ce con ! Je tente de me relever, mais j’ai l’impression que toutes mes forces se sont barrées d’un coup, en même temps que tout ce sang qui s’échappe de ma plaie, et ma tête se met à tourner violemment. Je relève mon pull pour essayer d’y voir la blessure, mais je crois que je finis par tourner de l’œil, et le contact dur des pavés de l’allée de la boutique est mon dernier souvenir avant que les ténèbres m’engloutissent. Je reprends connaissance quelques instants plus tard, et distingue vaguement une autre silhouette couchée au sol, un peu plus loin, qui ne bouge plus. Mon sac n’est pas très loin, et puisant dans tout ce qui me reste, je me traîne lamentablement vers celui-ci, avant de fouiller dedans d’une main tremblante. Je sais ce que je cherche, je l’ai pris avec moi, comme à chaque fois que je quitte ma chambre, en fait. Mes doigts se referment sur le talkie-walkie, et après un énième effort, je parviens à appuyer sur le bouton, et à prononcer faiblement le prénom d’Isha. Je dois le prévenir, pas que je suis blessée, non, mais qu’il ne doit plus venir à la boutique, jamais. Je sais le sort qui me sera réservé quand la dernière trace de vie aura quitté mon corps meurtri, et la vision horrifique de Joey le rôdeur s’en prenant à Isha est la dernière chose qui traverse mon esprit, avant que je tombe dans les vapes une nouvelle fois. Je crois que les minutes qui suivent, à moins que ce ne soient les heures, je n’en sais vraiment rien, je ne fais plus que ça, m’évanouir, pour mieux me réveiller, et m’évanouir une autre fois. La douleur engourdit tout mon corps, et bouger ne serait-ce que le petit doigt se révèle être une opération particulièrement compliquée. Je sens vaguement des mains qui manipulent mon corps, retirent peut-être mes habits, m’allongent sur une surface douce. Est-ce que le type a survécu, et compte finir le travail commencé ? J’essaye de parler, de prononcer un mot ou deux, mais rien ne sort de mes lèvres entrouvertes, si ce n’est un gémissement plaintif de temps en temps. Je suis faible, j’ai l’impression de sentir la vie me quitter petit à petit, et je sens clairement que je suis en train de perdre le combat. Le visage des gens auxquels je tiens s’imprime derrière mes paupières closes, et sont la dernière chose que je vois quand tout devient subitement noir.

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I walk a lonely road
Joshua Cornwell
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Jeu 5 Oct - 18:50

Ce sale petit con de gosse avait quitté Fort Hope et se planquait dans Detroit. Contre toutes attentes, le môme avait retenu quelques leçons de sa famille et le débusquer était devenu une tâche ardue pour ne pas dire plus. Si le Renard n’était pas connu pour être le meilleur des pisteurs, heureusement, il avait d’autres qualités pour mettre la main sur lui. Des mois d’observations et d’espionnages lui avaient apportées plus d’une carte pour exercer sa vengeance et surtout retrouver sa proie. Dans un premier temps il s’était contenté de suivre celle qu’il avait définie comme étant sa femelle. Mais une fois n’était pas coutume, il avait été surpris. Celui qu’il surnommait cornichon était-il devenu un peu moins idiot ? Car cela faisait maintenant plus de deux semaines qu’il suivait la morue sans voir le bout du nez du chiard. Et pourtant, malgré la présence du gosse muet, il était quasiment sûr de ne rien louper. Sans tomber sur quelques cadavres de Punishers dans Detroit, un trou de flèches entre les deux yeux, il aurait même pu envisager qu’Isha soit mort et qu’il allait falloir se rabattre sur Carter. Qu’à cela ne tienne, une bonne partie ne se déroulait jamais sans un peu de suspense et aussi une confiance dans la chance. Il avait fini par piocher un joker. Une carte maitresse qui allait certainement obliger Isha à pointer le bout de son nez. Le Joker était un type dont les habitudes alimentaires étaient loin d’être consensuelles. Visiblement l’homme cherchait aussi l’archer dans tout Detroit, lui et sa copine. Affable et altruiste comme jamais, Joshua s’était fait un devoir de guider le pauvre homme en quête de représailles jusqu’à la régulière de son chiard. La suite avait été sanglante, un peu trop pour les plans du Renard qui alla jusqu’à craindre qu’il ne la tue. Avant qu’il n’ait à intervenir, la donzelle avait déjà fait tout le travail : tuer le cannibale et appeler à l’aide son petit copain. C’était tellement mignon que Joshua failli vomir.

Même si elle lui avait mâché la besogne, il lui en restait encore beaucoup à faire. Il s’assura que la fille était toujours vivante et alla même jusqu’à lui faire un pansement grossier pour éviter qu’elle ne se vide de son sang. Cela aurait été des plus fâcheux qu’elle se vide de son sang trop vite et qu’elle calanche avant l’arrivée du cornichon. Il la souleva pour l’embarquer vers la garçonnière douteuse où elle avait l’habitude de se faire limer. Elle aurait été moins amochée et il aurait eu un peu de temps il aurait bien ajouté cela à sa liste de méfaits, mais il se contenta de la déshabiller et de la mettre à l’étage sous un drap. Il sema les vêtements les moins imbibés de sang et des capotes pour tracer un petit jeu de piste en laissant quelques messages laissant penser à un 5 à 7 impromptu. Il alla même jusqu’à laisser un petit cadeau à ce cher Carter, une sorte de carte d’invitation spéciale avec la Peluche d’un gamin qui était très probablement celui de la mère Collins. Et si ce n’était pas lui, il pourrait voir si Logan se sentait toujours l’âme du protecteur des enfants. Il poussa le vice jusqu’à noter une petite dédicace qui allait forcement déstabiliser son rejeton et le poussé à commettre une erreur. Après avoir préparé une ambiance sonore des plus mauvais gouts il s’attela à piéger autant qu’il le pouvait la pièce. Flèches, corde, lustre… tout était propice à blesser le cornichon qui ne pourrait qu’assister à l’agonie de la petite pute. Il aurait adoré pouvoir faire plus, mais il entendit un bruit à l’étage inferieur. Isha n’avait pas trainé. Il s’éclipsa, non sans lancer la petite radio à piles sur sa musique préférée : green bird. Il avait toujours adoré ce morceau. Visiblement l’ancienne régulière du môme avait beaucoup moins apprécié ses choix musicaux. Dommage pour elle. Il garda de loin un œil sur la scène, bien décidé à profiter du spectacle.

HRP:
 

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Jeu 5 Oct - 21:43

Je suis vers Belle Isle à chercher de la nourriture et à me faire violence pour ne pas aller dans la boutique de robes de mariées pour espérer apercevoir mon soleil quand j’entends mon talkie crachoter. Le son est merdique mais j’ai presque l’impression d’entendre la voix de Joey qui murmure mon prénom. Il faut que je sois fort que je résiste… sauf que je suis déjà en train d’aller vers ma moto en me disant que ça ne coute rien d’aller jeter un œil au cas où elle aurait besoin de moi. Malgré mes résolutions cette nana m’attire et rien que pour l’entrevoir quelques secondes, même de loin, je n’hésite pas. Je suis pathétique.

Quand j’arrive devant ce qui était notre paradis, je sens qu’il y a un truc pas normal. La porte est ouverte, je vois des vêtements au sol.  Intrigué je me rapproche sans trop comprendre pourquoi il y a ce déballage de robes au sol. Les chiens que j’ai laissés attachés sur ma moto (oui avec le siège passager, un tendeur et une boite en bois, j’ai réussi à faire un ingénieux système pour qu’ils voyagent avec moi. Autant ça a été périlleux les premiers jours, autant ils ont bien pris le pli maintenant.) s’agacent et chouinent. Je dois leur faire un chut autoritaire pour éviter qu’ils alertent les moisis et Joey. Tequila obéit, Lobos grogne.

Quand je retourne à mes investigations, je note un papier posé sur le sol. Pas de doute quant au fait que c’est pour moi vu mon nom écrit dessus. Ça me stresse un peu de trouver une lettre de cette façon car elle est présentée comme celle laissée par Avalohn. J’ouvre avec angoisse mais les mots à l’intérieur court-circuitent toutes possibilité de réflexion et j’ai un début de sourire qui nait sur mes levres.

« Isha,
Ton absence m’a fait réfléchir. Plus que jamais je me languis de toi. Il m’aura fallu du temps pour comprendre mes sentiments à ton égard, mais maintenant je sais qu’ils bruleront pour toi jusqu’à ma mort. J’ai besoin de te voir, de te parler, j’attendrais ici jusqu’à ce que tu te décides à venir me parler.
Tendrement,
J »

Alors, j’aimerais dire que je ne suis pas aussi fébrile qu’un ado enamouré en lisant ça, que je n’ai pas un sourire niais, le cœur qui bat a 100 à l’heure et un début de bonheur brut qui se met à couler dans mes veines. Ces mots ne ressemblent pas à Joey, pourtant, ils sont un écho à ce que j’ai besoin d’entendre, au point que je me demande si je ne suis pas en train de pieuter dans un coin et que tout cas n’est pas un rêve. J’hésite quand même. Pas seulement à cause du fait que je ne peux rien apporter de bon a ce petit soleil ou que Lobos grogne toujours. Je suis nerveux en fait moi aussi. Mais je sais que Joey est une bourrique et que si elle dit qu’elle va rester là des jours, elle en est capable.

Je m’engage donc dans la maison, par la porte cette fois. C’est un vrai jeu de piste qu’elle m’a préparé ou je retrouve des capotes, des robes des petits mots d’amour et même des vêtements à elle. Bordel, elle m’attend nue ou quoi ?? Je crois que je n’avais pas réussi à autant sourire depuis des semaines, je pensais ne plus jamais y arriver, mais elle vient de me prouver que non.

Cette nana me rend vraiment fou et je résiste à l’envie d’arriver moi-même a poil pour lui faire l’amour avant de pouvoir discuter avec elle. Pourquoi je me retiens? Je dirais que très très très très très mais alors très au fond de moi, je sens qu’il y a un truc qui cloche. Peut-être parce que le jeu de piste commence à la porte alors que Joey sait que je passe toujours par la fenêtre. Ou qu’une partie de moi sait que Joey ne m’écrirait jamais qu’elle m’aime. En fait je ne saurais pas trop dire, mais malgré ma joyeuse effervescence, quelque chose me retient. Je crois que c’est surtout que c’est trop beau pour être réel.

Je commence à être refroidi quand je trouve une espèce peluche bleu, un Stitch, avec un mot dessus :

« c’est un cadeau pour Logan».


Pourquoi Joey veut offrir ça à Logan ? Elle sait qu’il est Hawaïen ? Je ne crois pas lui avoir parler de lui ou d’Octavia, aussi ce cadeau me surprend. Mon sang se glace lorsque je trouve le dernier mot sur la porte menant au salon témoin de nos ébats.

« Es-tu sur que ta femme s’est vraiment suicidée ? »


A ce moment-là une musique se lance et je crois que j’ai plus qu’une suée en reconnaissant la musique qui tournait en boucle lorsque j’ai retrouvé Avalohn pendue dans le hall. J’entends Lobos hurler à la mort et ça fait écho a trop de truc pour que je ne panique pas.

« Joey ?!! »

Je bondis presque dans la pièce et me fige en la voyant couchée dans la tenture qui nous servait de couverture. Les bougies brulent, on dirait presque qu’elle m’attend pour un de nos rencards en feintant d’être endormie pour que je la réveille comme elle aime.

« Joey ? »


Mais elle ne répond pas, elle ne bouge pas. Il fait frais. Trop. La fenêtre est ouverte ? C’est moi ou elle est pale ? La musique me met les nerfs en pelote. C’est peut-être ce qui me sauve. En effet, en voulant aller vers elle, je fais une erreur d’amateur, car je n’ai pas regardé ou je mettais les pieds. A peine je sens une ficelle tendue contre ma cheville que j’ai le réflexe de plonger au sol. J’entends un sifflement au-dessus de ma tête qui confirme que j’ai bien déclenché un piège. Une 10 aine de flèches sont dans le mur devant lequel j’étais une minute plus tôt. Il y a un truc écrit sur le mur : « et de deux, vivement la 3e ».  Je regarde vers la femme allongée avec angoisse. Malgré l’urgence, j’arrive à prendre le temps qu’il faut pour aller vers Joey et éviter deux autres trucs bien sympas du même genre dont un qui aurait fait tomber le vieux lustre rococo sur elle.

Je n’arrête pas de parler à Joey, de lui dire que j’arrive et de la rassurer, alors que franchement, celui qui a le plus besoin d’être calmé ici c’est certainement moi. Je suis plus qu’inquiet qu’elle ne bouge pas et stressé de voir des gens débouler pour finir ce que les pièges ont raté. Quand j’arrive enfin à mon soleil je tremble en voyant la tache rouge sur le tissu. Malgré les tremblements, j’arrache le drap et j’ai l’impression que le monde s’effondre en voyant son corps nus couvert de blessures dont une qui a l’air sacrement sérieuse. Je prends immédiatement son pouls, chialant presque de la trouver morte, mais, même si c’est faible, elle respire encore.

Maladroitement je fais au mieux pour mettre un garrot là où je peux et retenir le sang en mettant du tissu sur ses plaies mais je ne sais rien faire de plus et je sens bien que la mort n’est pas loin d’avoir le dessus sur elle. Je l’enveloppe avec précaution dans la tenture et descendant le plus vite possible vers l’extérieur et ma moto. Je la cale comme je peux contre moi et d’instinct je sais où je vais : Fort Hope.

Je ne suis pas croyant. Pour moi, s’il y a une ou des divinités quelque part, à part se foutre de ma gueule, elles n’ont jamais rien fait pour moi. Pourtant, pour la toute première fois de ma vie. Je prie pour que Joey survive et pour que j’arrive à temps.

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Knowledge can change our fate
Joey Desrosiers
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Jeu 19 Oct - 19:21

Les jours qui suivent sont une longue succession de moment d’inconscience, et de brouillard. La douleur est toujours bien présente, même si elle semble parfois diminuer subitement, sans que je m’en explique les raisons, mais je prends ces petits instants de répit sans me poser de questions. J’entends vaguement des bruits autour de moi, des voix parler dans ce qui ressemble à des murmures, et si j’essaye parfois de m’y accrocher comme je peux pour remonter à la surface, la douleur finit toujours par l’emporter, et me plonger une nouvelle fois dans les limbes. J’ignore pendant combien de temps cet étrange schéma se répète, je crois que je perds le fil, et finis par espérer plus d’une fois que la douleur l’emporte définitivement, pour que la souffrance cesse.

Mais les choses ne se passent pas ainsi, et je finis par reprendre connaissance une nouvelle fois, alors que cette fois-ci, les choses ont l’air différentes. Je laisse les sensations affluer dans mon corps, sans chercher à les combattre, et bientôt, je sens un contact moelleux sous mon dos, et sous ma tête, un tissu léger recouvrir mon corps, une douleur vive dans mon abdomen, et même des doigts chauds entre les miens. J’ai l’impression qu’il me faut un effort surhumain pour parvenir à ouvrir les yeux, et malgré la semi-obscurité de la pièce, seulement éclairée par quelques bougies, je ne peux m’empêcher d’être éblouie. Il me faut quelques secondes pour que mes yeux arrêtent de papillonner, et que je parvienne à fixer le plafond sans sourciller. Tiens…il ne ressemble pas vraiment à celui de la boutique. Où est le lustre ? J’essaye de me redresser, mais une explosion de douleur me fait immédiatement regretter ce choix, alors que j’ai l’impression de voir des petites étoiles danser devant mes yeux.

Je reste allongée, les yeux fermés, le temps que la douleur reflue, puis finalement, les rouvre pour explorer la pièce visuellement. Ça ressemble à une petite chambre simple, et en avisant la fenêtre, je vois l’obscurité dehors, et comprends qu’il fait nuit noire. Je me tords un peu, très légèrement même, suffisamment pour parvenir à distinguer la tête posée sur le matelas à côté de moi, et je reconnais immédiatement ces boucles brunes, identifiables entre mille. J’imagine que cette bourrique est quand même venue à la boutique finalement. Doucement, je retire mes doigts de ceux d’Isha, et au prix de ce qui ressemble à un effort insurmontable, je fais glisser doucement mes doigts dans les cheveux doux du mécanicien. Je n’ai pas envie de le réveiller, pas vraiment, mais ça a été plus fort que moi, comme si j’avais réellement besoin de le toucher pour m’assurer qu’il est bel et bien là, à côté de moi.

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Ven 20 Oct - 16:04

Cela va faire plusieurs jours que Joey se bat contre la mort, et moi je ne sais rien faire de plus que de rester impuissant à ses côtés. Logan nous a accueilli sans hésiter quand il a su que je ramenais une blessée. Il est passé par la suite, certainement pour me reparler des ressources ou je ne sais pas quoi, en fait, je ne suis même plus capable de savoir ce que l’on s’est dit tellement je suis sous le choc de ce qui s’est passé. Je n’arrive pas à lâcher cette petite main si fragile et a m’éloigner de celle qui a été blessée par ma faute. J’ai tellement peur qu’elle ne se réveille pas, ou si mais avec les yeux blancs, la mâchoire déformée… comme la Louve.

Donovan a vite compris que Joey n’était pas un sujet d’expérience ou de déconnade. Ce mec a ses défauts mais au moins je sais qu’il est compétent. J’ai failli m’effondrer quand il m’a annoncé qu’il ne pouvait rien faire faute de connaitre son groupe sanguin et d’avoir de quoi faire une transfusion. Je crois qu’il a été très intéressé d’apprendre que j’étais O positif. Personnellement, je m’en fou de ce qu’il fera de cette info, du moment que ça peut la sauver elle. Il a fallu lui en faire deux, sans parler des travaux de couture du Doc. C’est la première fois que je donnais mon sang, même si je savais que j’avais un groupe sanguin recherché, il n’y a pas grand monde qui avait envie du sang d’un junkie.

Depuis je quitte a peine son chevet pour aller à la toilette ou me laver. Je mange, dors, et vis qu’à son rythme, dans l’infirmerie. Quand on a l’habitude de dormir par terre, dormir sur une chaise la tête sur un matelas, c’est presque confort. Donovan me file des conseils pour que j’ai le sentiment de l’aider, mais à part la bassiner quand la fièvre monte trop, lui parler et rester près d’elle, je me sens horriblement inutile. Je donnerais tout ce que j’ai pour être a sa place et qu’elle aille bien dans la sécurité du labo.

Je n’arrive pas a comprendre qui a pu lui faire ça, ou si, en fait, j’ai peur d’avoir une réponse, et ça me pétrifie d’imaginer qu’Il est encore en vie et qu’elle va peut être mourir a cause de moi… elle aussi. J’ai été très ébranlé par cette mise en scène sordide, par les questions soulevées sur cet espèce de jeu de piste malsain. Mais je reste concentré sur une seule chose : Joey. Je ne sais pas si elle m’entend, si elle sent ma main dans la sienne, si elle ressent le fait que je suis reste auprès d’elle jour et nuit. Je ne supporterais pas qu’elle meurt. Je pense que Logan l’a compris car il en dit rien que je ne la quitte pas alors que je devrais œuvrer pour gagner notre pitance.


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Elle se ne se réveille toujours pas. J’ai réussi à négocier avec Donovan pour que Joey puisse avoir des antidouleur et accès a tout ce qui pouvait améliorer son confort, y compris une chambre à part et au calme. Malgré tout, les jours passent sans que ses yeux ne s’ouvrent et la peur qu’elle ne meurt me tenaille sans cesse. Donovan m’explique des choses que je ne sais pas comprendre et je le soupçonne de me torturer en noyant ses réponses dans un flot d’informations dont je me fous.  

Je veux juste qu’il me dise qu’elle va se réveiller, qu’elle va vivre, peu importe combien de mecs il faudra que je tue pour lui ramener des cervelles fraiches, sa vie a elle n’a pas de prix pour moi. Déjà je crois que j’ai remercié toutes les divinités dont je connaissais le nom et même les autres quand le toubib m’avait confirmé qu’elle n’avait pas subi de viol. Mais c’est loin de me suffire si elle doit juste s’éteindre comme ça.

J’ai beau lui parler, lui raconter ma vie comme je ne l’ai jamais racontée a personne, lui dire tout ce que j’ai sur le cœur comme je ne pensais jamais être capable de le dire, le miracle ne vient pas. Chaque minute me semble interminable, chaque gémissement ou tressaillement me donne de l’espoir pour mieux me décevoir par la suite. Cela fait deux jours que la fièvre est tombée, Donovan à l’air de penser que c’est bien si j’en crois son charabia mais les yeux de ma Joey restent clos sans qu’il ne sache m’en dire plus.

Je sais que ce n’est pas prudent ce que je fais, qu’elle peut mourir a n’importe quel moment et que si c’est pendant que je dors, je me ferais certainement mordre avant d’avoir compris quoique ce soit, mais si mon soleil s’éteint, je pense que je m’en ficherais royalement. Je n’ai pas prévu de lui survivre bien longtemps de toute façon.


Être patient… le suis-je vraiment ? 7 jours… une éternité d’angoisse. Le sommeil me fauche de temps à autre quand la fatigue me surprend, avec l’épuisement, j’ai le droit à un répit sans rêve. Généralement, dès que mon cerveau est en état de cauchemarder, je la vois morte, en train de se faire arracher a moi, trainer dans la rue pour être achevée, je me vois seul sous la pluie a creuser une nouvelle tombe… ca me réveille immédiatement et je me retrouve cramponné a cette main que je ne lâcherais pour rien au monde.

Pourtant, cette nuit, ce ne sont pas d’effrayantes visions qui me tirent des brumes des songes, mais une douce caresse comme une seule personne au monde n’a jamais su m’en prodiguer. C’est agréable et je me laisserais bien bercer par ce contact quand je serre mes doigts, presque par réflexe, et je me rends compte que sa main n’y est plus.

Je me redresse paniqué près à égorger le ou les personnes qui essayent d'enlever Joey.

« Joey ! »

Je m’adoucis instantanément en voyant ses yeux dorés dans l’obscurité. Je ne sais pas qui je remercie intérieurement, mais je le fais non stop, tout en lui souriant et en lui caressant le visage. Elle est pale, maigre mais elle est réveillée, elle est vivante…

« Pour quelqu’un qui ne veut pas être appeler princesse, tu sais très bien faire la belle aux bois dormants tu sais ? Ou blanche neige, je ne sais plus laquelle fait la morte trois plombes juste pour se faire galocher par un prince. Dommage qu’on en avait pas de dispo pour te réveiller plus vite.»

Je lui dépose un baiser sur le front en essayant de réaliser. Vivante… elle est vivante. Avant qu’elle ne puisse répondre quoique ce soit, j’attrape une cruche d’eau et lui sert un verre.

« Tu dois avoir faim et soif… »


Je suis prêt à l’aider à se redresser pour qu’elle puisse boire. Je n’arrive pas a lui dire a quel point elle m’a fait peur à quel point j’étais désespéré de la perdre pour de bon ni a quel point je prends sur moi pour ne pas la rejoindre dans sa couchette et la serrer fort contre moi. Je peux juste la regarder comme un mec qui a vraiment cru ne plus jamais la revoir vivante.

« Tu veux de l’aide ? »

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Lun 23 Oct - 21:00

Ma main glisse dans les cheveux d’Isha, dont les mèches s’enroulent autour de mes doigts, m’arrachant un sentiment d’apaisement assez indescriptible. Il reste endormi pendant un petit moment, et je finis par fermer simplement les yeux pour apprécier ce contact et y puiser quelques forces. Mais ce calme est de courte durée, et le brun finit par se redresser brusquement, tandis qu’il prononce mon prénom d’une voix forte, une expression proche de la panique sur le visage. Il était peut-être en train de faire un cauchemar, pour ce uqe j’en sais, mais son expression s’adoucit presque aussitôt quand son regard apeuré se pose sur moi.

Les doigts d’Isha parcourent mon visage, et j’en profite pour fermer les yeux quelques brèves secondes, pour profiter pleinement de ce contact, dont j’ai l’impression d’avoir été privée depuis une éternité. Ses caresses sur ma peau sont légères, délicates, et je suis certaine qu’en d’autres circonstances, elles m’auraient même arraché un petit sourire en coin. Je rouvre les yeux pour les poser sur Isha, à quelques pas de là, quand il se met à parler, et je constate rapidement que la situation n’a en rien altéré son humour à la con. La seule réaction que j’arrive à avoir, c’est de lever les yeux au ciel d’un air faussement exaspéré, alors qu’en temps normal, je l’aurai sans doute mis en garde sur ce qu’il risquait en tentant de m’appeler princesse une nouvelle fois.

Je n’ai toujours pas prononcé le moindre mot quand il entreprend de me servir un verre d’eau, qu’il ne tarde pas à me tendre, en me disant que je dois avoir faim et soif. Je fais faiblement non de la tête, en me demandant si j’ai vraiment réussi à bouger. Je n’ai pas faim, à vrai dire, j’ai l’impression d’avoir la gorge nouée au possible, et de me sentir nauséeuse comme jamais. En revanche pour le verre d’eau, je ne dis pas non. J’essaye de me redresser dans mon lit, mais la douleur revient perfidement, me forçant à fermer les yeux et à serrer les dents quand la nausée s’accentue. Fais chier. Je reste comme ça, immobile pendant une bonne dizaine de secondes, alors que le mécano me demande si j’ai besoin d’aide. Ma fierté me crie de me débrouiller toute seule, mais je sens bien que mon corps fragile n’est pas de cet avis, et en rouvrant les yeux, je finis par hocher de la tête à contrecœur pour lui dire que je veux bien de son aide.

Avec une délicatesse dont il a rarement fait preuve avec moi, Isha m’aide à me redresser dans le lit, et même si l’opération s’avère un peu longue et douloureuse, je finis par me retrouver plus ou moins en appui contre la tête du lit, le coussin calé derrière mon dos. Je ne peux pas m’empêcher de grimacer, ça fait tout de même un mal de chien, mais je prends sur moi pour ne pas inquiéter plus Isha, et finit par tendre une main tremblante pour accepter le verre qu’il m’a servi. Le liquide froid coulant dans ma gorge fait un bien fou, et après plusieurs petites gorgées, je retends le verre au brun, en tentant d’esquisser un léger sourire, sans doute en vain.

Me redresser n’a pas été une mince affaire, j’ai l’impression que ça a pompé le peu de forces que j’avais réussi à réemmagasiner, et je me sens épuisée comme jamais. Je me sens aussi vaillante qu’une larve, et inutile de préciser que ça ne m’enchante pas vraiment. Maintenant que je suis redressée, j’en profite pour détailler un peu plus les lieux, avant que mon regard ne revienne se poser sur Isha, ses traits tirés, et les cernes sur son visage. « -T’as une sale gueule. » Ma voix est éraillée, rauque et bien trop faible à mon goût, sans doute la conséquence de ces jours d’inconscience. Je me racle un peu la gorge, avant de reprendre rapidement. « -Qu’est ce qui s’est passé ? » Quelques souvenirs affluent dans mon esprit, flous, enchevêtrés, et je ne suis pas certaine de parvenir à distinguer ce qui s’est réellement passé de ce que mon cerveau a pu imaginer. Je me souviens m’être battue, il y a eu un coup de feu, mais tout ce qui s’est passé d’autre reste vaguement flou. Un bruit en dehors de la pièce me fait légèrement froncer les sourcils, et une autre question ne tarde pas à franchir la barrière de mes lèvres : « -On est où, là ? » Pas au laboratoire, c’est une certitude, et pendant quelques secondes, je me demande pourquoi Isha ne m’a pas ramenée chez les miens quand il m’a trouvée…enfin, si c’est vraiment lui qui m’a trouvée. Je me souviens vaguement que quelqu’un d’autre était là, dans notre boutique, mais tout s’emmêle, et je ne trouve aucune réponse satisfaisante dans la brume de mon esprit.

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Lun 23 Oct - 23:03

Rien que de la voir aussi faible et de deviner tous ses petits signes qui trahissent le fait qu’elle doit douiller, j’ai envie d’aller secouer Donovan pour qu’il lui redonne n’importe quoi qui l’aide à aller mieux plus vite. Sauf que je sais que c’est inutile, il a déjà fait son maximum, et qu’il est hors de question que je m’éloigne d’elle tellement je redoute le moment où elle se redormira.

Au moins, malgré son état, elle est encore capable de me chercher. Ça me rassure et m’arrache un sourire. J’ai du mal à ne pas répliquer qu’elle ne vaut pas plus cher que moi quand elle me taquine sur le fait que je pourrais avoir une sale tronche :

« Il faut croire qu’au saut du lit, avant de me refaire une beauté, je perds un peu de mon sex appeal.»


Je ne sais pas trop quoi lui répondre quand elle me demande ce qui s’est passé. J’avais espéré qu’elle puisse me m’expliquer ce qui lui était arrivée, non, en fait, je n’avais espéré qu’une chose, c’est qu’elle survive. Pour le reste c’était sur ma liste des « on verra plus tard ». Du coup, c’est compliqué de  lui répondre sans l’inquiéter avec mes propres angoisses. Mon vieux est il vivant ? Est-ce de ma faute si elle a failli mourir et si elle souffre ? Je connais la réponse mais pour le moment je ne veux pas y penser. Heureusement, elle m’offre une diversion en enchainer sur une autre question.  

Je prends le temps de poser le verre et de lui reprendre la main. Je ne me lasse pas de la caresser et de la garde dans la mienne. C’est ridicule, ça ne sert à rien, mais j’ai l’impression que je peux lui communiquer un peu de ma force et la retenir pour de bon auprès de moi, du côté des vivants. J’essaye de lui parler avec autant de douceur que je peux malgré ma propre fatigue.

« On est a Fort Hope, mon ancien camp. Tu es en sécurité ici d’accord ? Le Labo a été prévenu que tu étais ici via Radnesh ou Radish… enfin votre Batman local si j’ai bien compris la description de sa copine d’ici. Alors surtout, je ne veux que tu ne t’inquiètes de rien, tu dois juste te reposer… »

J’essaye de lui sourire tout en dégageant les mèches collées sur son visage. Je n’arrête pas de me répéter en boucle que c’est réel, qu’elle est vraiment là, réveillée et vivante. Mais après tant de jours de craintes j’ai encore du mal à intégrer cette information.

Donovan choisit se moment pour venir pointer le bout de son nez. Visiblement, il ne pense même pas à me demander de sortir pour ausculter sa patiente. Malgré tous ses défauts, il reste un médecin compétent. J’ai dû mal à lâcher la main de Joey et me reculer pour le laisser faire. Je l’entends lui dire qu’elle a eu de la chance que je la ramène à temps et que l’on trouve une poche de sang compatible et volontaire pour lui faire les deux transfusions qui lui ont sauvé la vie.  Une poche de sang ? Ca va être mon nouveau surnom ? Sans déconner… ?

Je profite de sa présence pour héler la première personne qui passe dans le couloir et lui demander un truc à manger pour « mon amie ». Je n’ai plus qu’à patienter dans mon coin le temps que le docteur finisse de vérifier tous ses trucs de toubib. J’espère que Joey ne se formalisera pas d’être dans un de mes vieux T Shirt Harley Davidson. C’est tous ce que j’ai trouvé le temps que Maddie aille au labo chercher ses affaires qui l’attendent sagement dans une des chambres de la maison.

Donovan termine son discours par le fait que si Joey arrive à manger, je pourrais la ramener chez moi pour qu’elle entame sa convalescence. Ca veut donc dire que sa vie n’est plus en danger, du moins si elle arrive à manger. Et vue sa tronche tout a l’heure quand j’ai parlé de bouffe… je sens que ce n’est pas encore gagné.  

A peine est-il partie que la soupe arrive. Je retourne à mon pale petit soleil en posant le bol sur la table à côté de son lit. Je lui dépose un baiser sur le front. C’est agréable de ne plus le sentir brulant de fièvre.

« Joey, je sais que je vais te demander un truc difficile pour toi, mais il va falloir que tu me fasses confiance. Je voudrais que tu lâches complètement prise et que tu acceptes de te reposer sur moi pendant les prochains jours… »

Sans attendre son consentement, je suis déjà en train d’enlever mes chaussures et, avec mille et une précautions, je me glisse dans le lit derrière elle. J’ai assez changé ses pansements pour savoir où sont ses blessures et je m’applique pour ne pas appuyer dessus.

« Je veux que tu ne penses qu’à une chose : te reprendre des forces et rien d’autre. Même si ca implique devoir me laisser prendre soin de toi quelque temps. »

Je remplace sans mal le coussin qui la calait et profite, quelques secondes, de ce contact qui m’avait tant manqué, avant d’attraper l’assiette et d’entreprendre de lui faire avaler autant de cuillères de soupe que je le pourrais. Je connais les enjeux.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter malicieusement, contre sa nuque :

« Et promis, je te ferais tout payer en gages… maintenant essayes de manger s’il te plait, après on quittera l’infirmerie, tu auras le droit à une vraie chambre avec un matelas, une douche chaude avec masseur en option… »  


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Ven 3 Nov - 20:31

Je ne peux retenir une énième grimace, alors que la porte de la chambre finit par s’ouvrir et qu’un type entre dedans. Il m’adresse à peine un regard, et se met directement à examiner mes blessures, soulevant mon t-shirt…enfin, le t-shirt que je porte, sans même me demander mon avis. Mais ses gestes ont l’air experts, il semble bien sûr de lui, et vu son manque de réaction, j’imagine qu’Isha doit avoir confiance en lui, alors je me détends un peu, me contentant de laisser faire le toubib en suivant vaguement le brun des yeux. Le docteur finit par reprendre la parole, alors que je rive mon regard sur lui, et boit chacune de ses paroles. Transfusions sanguines ? Je ne peux cacher mon air de surprise, mais le doc ne semble pas s’en formaliser et continue de prodiguer ses conseils pour que je finisse par me remettre totalement. Je me retiens de lui dire ce que la simple idée de nourriture m’inspire, et il finit par se redresser en me disant qu’il a terminé.

Sans un regard de plus, le médecin quitte la chambre, et la porte ne reste pas close plus d’une minute avant de se rouvrir à nouveau, tandis qu’une jeune femme brune entre dans la pièce, en m’adressant un sourire chaleureux. Je la fixe ouvertement pendant quelques secondes, le temps qu’il lui faut pour tendre un bol à Isha, et je suis quasiment certaine de reconnaître la nana coincée qui s’était pointée au labo pour me prévenir que le brun avait été blessé, et qui en avait profité pour rendre visite à l’une de ses amies. Elle s’éclipse aussi vite qu’elle est arrivée, et je me retrouve à fixer la porte pendant encore quelques secondes alors qu’elle est close, et ce sont les lèvres du mécano sur mon front qui me ramènent à la réalité.

Je détourne mon regard de la porte pour le poser sur Isha, alors qu’il reprend la parole, et que mes sourcils se froncent peu à peu face à ses paroles, qui semblent activer une drôle d’alarme en moi. Lui faire confiance ? Je lui fais déjà confiance, ne l’a-t-il toujours pas compris ? En revanche, je ne suis pas tout à fait certaine de savoir lâcher prise et de me reposer sur lui, ni même certaine de ce que ça veut dire. Je le regarde d’un air ouvertement suspicieux, alors qu’il finit par grimper dans mon lit, et par se glisser derrière moi. tarnation, c’est quoi ce plan foireux encore ? Je n’ai pas la force de protester, ou peut-être pas l’envie, je ne suis pas vraiment certaine sur ce point. Il recommence ce blabla, et j’ai l’impression de me figer un peu entre ses bras. Comment lui dire que je n’ai jamais laissé personne prendre soin de moi jusqu’à maintenant, et que j’ignore même comment le laisser faire. Je ne suis même pas certaine d’en avoir envie, ce n’est pas dans mes habitudes, ma fierté et mon entêtement risquent même de compliquer les choses.

Mais Isha est déjà installé, et je ne me sens pas le cœur de l’envoyer sur les roses, pas après avoir vu sa tête de déterré qui me fait penser qu’il a manqué de longues heures de sommeil, peut-être pour veiller sur moi. Alors je me laisse un peu plus aller contre lui, et je profite qu’il soit dos à moi pour esquisser une moue pas très emballée. « -T’y habitues pas trop quand même, hein… » Je me rends compte un peu tardivement que ça sonne un peu comme un avertissement, mais j’imagine que c’est trop tard pour revenir en arrière maintenant. Isha me tend une cuillérée d’un liquide chaud, tarnation, j’en suis à ce stade, me faire nourrir par quelqu’un d’autre. Et ouais, malgré la situation, et le fait que je me sens aussi vaillante qu’un nouveau-né, je me sens un peu agacée malgré moi. Tout ça, c’est nouveau, et peut-être un peu dérangeant. Aussi docilement que je le peux, j’arrive à avaler trois cuillerées, avant que la voix du brun au creux de mon oreille ne fasse naître des petits frissons sur la peau de mon cou.

Il parvient à m’arracher un petit sourire en coin, peut-être même à me dérider un peu, même si je sens toujours une certaine tension crisper mes épaules. « -Hm…c’est un programme plutôt alléchant… » J’avale la nouvelle cuillérée qu’il me tend, avant de laisser ma tête partir en arrière, et se reposer complètement contre l’épaule d’Isha. Cela me fait immédiatement penser à notre première rencontre, dans la cage, et je m’étonne de voir où les choses nous ont menées. Je ferme les yeux, et laisse la chaleur du brun me gagner, et me plonger dans cette torpeur qui me guette depuis que j’ai rouvert les yeux. Et avant même de me rendre compte de quoi que ce soit, j’ai une nouvelle fois glissé dans les limbes du sommeil.

Mes rêves sont peuplés d’images dérangeantes, de sang, de tripes, de cervelle, autant de visions qui m’agitent, et font accélérer les battements de mon cœur. Il y a un type…ou peut-être deux…des bruits de coups de feu en fond sonore, une vieille musique entêtante sortie de nulle part, et encore plus de sang. Je sursaute violemment, et finit par me réveiller brutalement, le corps couvert de sueur. Il me faut quelques instants pour parvenir à me resituer, et à me souvenir des paroles d’Isha. Je suis à Fort Hope, et je suis en sécurité. Pourtant, je n’arrive pas à chasser ce sentiment d’oppression qui comprime ma poitrine, alors que les images continuent de m’assaillir. Je comprends difficilement qu’il ne s’agit plus de rêves, mais bel et bien de souvenirs cette fois.

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Ven 3 Nov - 21:54

Je sens bien Joey qui se crispe à l’idée de complétement s’abandonner entre mes mains. Pourtant elle obtempère et se laisse aller contre moi. C’est un soulagement qu’elle accepte, et arrive, à manger un peu, sauf que, très vite je sens ses muscles se ramollir et sa tête dodeline contre mon épaule. J’ai juste le temps de poser le bol, à peine entamé, apporté par Juliet, pour la maintenir contre moi.

Je reste un certain temps dans cette position peu pressé de m’éloigner d’elle. Pourtant, quand on me donne le feu vert pour rentrer à la maison, je ne me fais pas prier pour emporter mon soleil dans cette maison qui tour a tour a été le temple de mes espoirs, la forteresse de ma solitude, le château interdit, puis le tombeau de tellement de choses. J’ai un pincement au cœur en passant devant le garage qui m’a servi de chambre pendant de long mois. En fait, je n’ai jamais dormi dans la maison de maitre.

J’ai déjà choisi la chambre où Joey va résider le temps qu’elle se remette et qui sait, peut-être un peu plus. Je l’installe au mieux de ce que je peux dans une des luxueuse chambre de la baraque. Elle a un dressing qui fait la taille de la piaule que j’avais chez Logan, une salle de bain comme dans ses magasines de friqués, avec les douche ou on peut entrer à 8 et une baignoire avec des pieds rococo.

Elle a l’air minuscule dans l’immense lit où je la pose. Tout parait petit dans cette pièce. Même ses affaires. J’ai posé la peluche que j’ai récupéré dans la boutique avec elle sur son sac. J’imagine qu’elle sera contente de la retrouver à son réveil. En espérant qu’elle va se réveiller. C’est vraiment con de flipper comme ça. Donovan a dit que ça allait aller non ? Alors pourquoi je suis à nouveau en panique à guetter le moindre tressautement de paupières ?

Les heures qui passent me semblent interminables. En fait, j’ai peur qu’elle ne se réveille plus, d’avoir imaginé ce petit répit, de la perdre à nouveau.

Ce qui ressemblaient à un sommeil tranquille devient de plus en plus agité. C’est vraiment con, mais a force de m’être fait dégager du lit et de cette maison, j’ose à peine lui tenir la main. Mais c’est de pire en pire. Je fini par risquer de la rejoindre et de la prendre dans mes bras.

« Ca va Joey… tout va bien maintenant… calmes toi… je suis là… c’est Isha… »

J’essaye de la bercer doucement en lui répétant qu’elle est en sécurité. Je la blottis contre moi en lui caressant les cheveux. Même si je ne pourrais plus jamais faire des promesses après ce qui s’est passé avec Ava, je veux plus que tout la sauver et la protéger.

« Réveille-toi Joey … s’il te plait… »

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Sam 4 Nov - 11:09

Je sens la chaleur rassurante d’Isha m’envelopper, et sa voix inquiète qui s’adresse à moi, mais ça ne m’aide pas à calmer l’angoisse qui m’agite pour autant. Je fais de grands gestes de bras, comme si j’essayais de m’échapper de l’étreinte du brun, encore incapable de raisonner de façon cohérente, ou de calmer les battements désordonnés de mon cœur. Je finis par me cramponner à la main du mécano, alors que les images continuent de défiler dans mon esprit. Je revois le mec et son flingue pointé sur moi, notre petite bagarre, et le couteau enfoncé dans sa poitrine. tarnation. Je sens une vague de panique monter en moi, et me secouer assez pour que j’arrive à m’extirper des bras d’Isha, et bouger difficilement du lit.

Je sens une douleur fulgurante exploser dans mon abdomen, mais je m’en moque totalement, alors que mes pieds se posent sur le parquet froid de la chambre. Merde…c’est quoi cet endroit ? J’ai changé de chambre, sans même me rendre compte de quoi que ce soit, et celle-ci semble tout droit sorti d’un catalogue de décoration. Elle a même l’air d’être plus grande que certains apparts dans lesquels ma mère et moi on a vécu, des années plus tôt. Où est-ce que je suis encore, c’est quoi cet endroit ? Je ne pose cependant pas la moindre question, à vrai dire, ça me passe même carrément au-dessus de la tête.

Je n’ai pas le temps de m’attarder sur le sujet, j’ai l’impression que mes jambes sont sur le point de céder sous mon poids, et je m’assois sur le bord du lit, avant de me prendre la tête entre les mains. Les images m’assaillent, avec chaque fois plus de précisions, les trous dans mon esprit se comblant peu à peu, alors qu’une bile acide envahit ma bouche. Je crois que je vais gerber. Les souvenirs se succèdent, et j’en arrive chaque fois à la même triste conclusion : « -Je crois que j’ai tué un mec… » Je suis surprise par la faiblesse de ma propre voix, et l’horreur que je crois y déceler. tarnation…j’ai tué quelqu’un. J’ai pris son couteau, et je le lui ai enfoncé dans la cage thoracique. Mes mains se mettent à trembler, et ça s’emballe une nouvelle fois dans mon esprit.

Je me lève un peu brusquement du lit en sentant la douleur revenir, ce qui me permet de garder pied avec la réalité et de ne pas me laisser totalement submerger par mes émotions ou mes souvenirs. C’est moi, ou on étouffe dans cette chambre ? Je me tourne vers Isha en ignorant ma tête qui tourne, et la terreur que je ressens. Il faut qu’il me dise ce qu’il s’est passé, qu’il me raconte ce qu’il sait, s’il a trouvé un cadavre à mes côtés. Mais mon regard est immédiatement attiré par autre chose, par une tâche bleue sur la table de nuit, alors que je fronce les sourcils brusquement. « -C’est quoi ça ? » Ma voix tremble, alors que je montre du doigt la peluche qui se trouve là-bas. Une nouvelle vague de souvenirs fait alors surface, plus flous que les autres. J’entends une nouvelle fois la musique, et… « -Y’avait quelqu’un d’autre là-bas… » J’ai quitté la peluche des yeux, Isha aussi, mon regard est simplement dans le vide, alors qu’on dirait que je me fais la remarque à moi-même, comme si j’étais seule dans la pièce.

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Sam 4 Nov - 13:44

L’agitation monte d’un cran, j’ai beau lui parler et essayer de la calmer contre moi, elle se débat avec vigueur contre des fantômes invisibles. J’ai dans l’idée qu’elle est en train de revivre ce qui l’a mise dans cet état et j’ai peur qu’elle ne réouvre ses blessures a peine cicatrisées. Je fais de mon mieux pour ne pas lui faire du mal, mais elle est tellement en panique qu’elle se débat comme une forcenée. Dans la mêlée elle me donne un coup dans une zone qui m’oblige à prendre une bonne minute de méditation. Bref, je la lâche pendant que je suis occupé à ne pas pleurer sur ma descendance. Si elle ne voulait plus baiser avec moi, il y avait des moyens plus simples pour me le faire comprendre.

Pendant que je suis en position fœtale, elle bondit hors du lit, encore a moitié ailleurs. Sans déconner, j’ai l’impression qu’elle est sous speed pour le coup, je ne sais pas ce que Donovan lui a donner, mais finalement, il a peut-être dû trop charger les doses. J’essaye d’être plus fort que la douleur, surtout en la voyant vaciller et me déclarer, avec toute la souffrance du monde dans la voix, qu’elle pense avoir tuer quelqu’un. Ça ne serait pas elle, je crois que je ne comprendrais pas le problème. Mais là, je le capte assez pour ne pas tenter la blague sur le génocide au mini moi qu’elle vient de commettre, et qui me tire vraiment une petite larme.

Je la vois en prise avec beaucoup trop de choses au regard du programme « repos complet ». J’entends parfaitement ce qu’elle me dit et ça ne fait que corroborer le pire scenario du moment :  mon vieux est vivant. Mais pour le moment, le seul truc que je veux gérer c’est éviter que Joey ne se reblesse. Elle ne comprend pas que je me fous de presque tout sauf d’elle ? Que je ne continuerai pas si elle me lâche en mourant ?

« Joey calme toi s’il te plait… »

J’arrive à me lever et a la prendre dans mes bras quand elle s’interroge sur le peluche. Si ce n’est pas a elle, c’est à qui ? Je la ceinture doucement mais surement pour la remettre dans le lit et c’est sans vraiment lui demander son avis que j’inspecte ses pansements, ça a l’air d’avoir tenu. Je soupir de soulagement en la maintenant contre moi.  Je me penche au-dessus d’elle pour la regarder droit dans les yeux.


« Ecoute, tu t’es défendue, ça me parait évident ! Ensuite, je peux te jurer sur ce que tu veux qu’il n’y avait pas de cadavre quand je t’ai trouvée à côté de toi. Alors, tu as certainement juste blessé la personne qui t’as fait ça et c’est tant mieux parce que je compte bien la retrouver et lui faire payer dès que tu iras mieux. »


Je l’embrasse malgré moi, je sais que maintenant qu’il y a un plus qu’un doute que le vieux soit en vie il va falloir prendre des distances d’elle, mais pour le moment, je n’y arrive juste pas.

« On peut parler de ce que tu veux, mais essayes de te calmer d’accord. »

Je lui caresse les cheveux en l’embrassant à nouveau.

« tarnation Joey, tu te rends seulement compte que je t’ai cru morte… »

Ma voix est un peu trop chevrotante à mon gout mais tant pis.

« … alors s’il te plait, arrête pour le moment, arrête… si tu fais n’importe quoi, tu vas réouvrir tes blessures et Donovan a été clair là-dessus, t’es pas en état de survivre a une nouvelle intervention et moi je ne suis pas en état de supporter de te voir mourir… »

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Dim 5 Nov - 19:48

J’ai du mal à rester concentrée sur une seule idée, sur une seule image, à focaliser mon attention sur un seul souvenir à la fois. Ça s’emmêle à une vitesse vertigineuse, et je perds le fil de mes propres pensées. Ce sont la voix et les bras d’Isha qui se posent autour de moi qui me rappellent à la réalité, mais ne parviennent pas à calmer le torrent d’émotions qui me submergent, au contraire. Je me débats de plus belle, mais la poigne du brun est forte, et il ne me laisse aucune échappatoire tandis qu’il me remet au lit, et semble vérifier l’état de mes blessures, ou sans doute si je n’ai pas fait sauter un point de suture ou deux. Je fais une ruade dans le lit qui m’arrache un gémissement de douleur, mais a au moins le don de me calmer momentanément, le temps que les étoiles qui se sont brusquement mises à danser devant mes yeux disparaissent.

Je crois que je suis un peu plus docile quand Isha se penche au-dessus de moi, et je ne peux pas m’empêcher de froncer les sourcils quand j’entends ses paroles. Comment est-ce que lui arrive à être aussi calme, alors que je viens de lui dire que je pense avoir tué un mec ? Je secoue la tête d’un air frénétique, avant de reprendre, de cette voix qui me ressemble mal : « -Non, non, non. J’ai enfoncé son couteau dans sa cage thoracique…j’ai vu le sang, je l’ai vu s’effondrer…il est mort. » J’ignore d’où vient cette étrange conviction, mais je crois que j’ai rarement été aussi sûre de moi. Il n’y avait peut-être pas de cadavre quand Isha est arrivé à notre QG, mais s’il y avait bien une tierce personne ce jour-là, il a bien pu faire le ménage, non ? Comment veut-il que j’arrive à me calmer, alors que j’ai le sang de quelqu’un sur les mains ? Que j’ai pris la vie d’un inconnu ? Je sens mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine, et j’ai l’impression d’avoir du mal à garder une respiration calme.

Je reste de marbre quand je sens les lèvres d’Isha se poser sur les miennes, ou ses mains parcourir mes cheveux. Je ressens l’envie, non le besoin, de hurler un bon coup pour laisser évacuer la pression, et d’aller dans notre boutique pour voir ce que je pourrais y trouver. Il doit bien rester des traces de notre petite bagarre, non ? J’essaye de me redresser une nouvelle fois dans le lit, quand le ton du brun m’arrête dans mes mouvements, et que je me fige un peu malgré moi. Il m’a cru morte ? Et c’est ça qui le met dans cet état ? Ce ne serait pas la chose la plus dramatique de l’année si son plan cul venait à disparaître malencontreusement, non ? Ou alors, sa vie auprès de sa dulcinée est tellement naze que sans l’échappatoire que je représente, il a peur de trop s’ennuyer ? Sans que je sache réellement pourquoi, sa dernière réplique achève de saper ma petite rébellion, et je me laisse tomber dans les oreillers en étouffant un gémissement de douleur. De toutes façons, il a raison, je sens bien que mon corps demande grâce, et que le simple fait de m’être levée du lit a été un poil trop pour aujourd’hui.

Je fixe longuement Isha droit dans les yeux, avant de détourner le regard pour les poser sur mes mains. Je distingue sans mal les coupures et égratignures en train de guérir, et passe mes doigts dessus, comme pour les effacer naïvement. Ne pas savoir exactement ce qui s’est passé ne parvient pas à calmer l’angoisse sourde qui m’a envahie, et ces cicatrices, cette douleur dans mon abdomen sont un rappel constant de ce que j’ai fait, même si c’était involontaire. Je donnerai pas mal pour savoir avec certitude ce qu’il s’est passé ce jour-là, devant notre boutique. Le regard d’Isha ne m’a pas quitté, et je relève les yeux vers son air paumé, et inquiet à souhait. Merde, qu’est-ce qui lui arrive ? C’est normal de réagir comme ça quand la meuf qu’on baise a manqué de passer l’arme à gauche ? Il ne devrait pas être un peu plus…détaché ? C’est moi, où il a l’air sacrément attaché à moi ? Je fronce les sourcils, alors que ma voix retentit au bout de quelques secondes : « -Tu veux bien ouvrir la fenêtre s’il te plait ? »

De l’air, j’ai besoin d’air. Peut-être qu’un bon coup de frais m’aidera à réfléchir plus clairement, ou à défaut, à me calmer un peu. Même si je ne vois toujours pas comment je pourrais parvenir à me calmer. Je crois sentir un vague air frais caresser mon visage, et je ferme les yeux quelques secondes, comme pour en profiter plus pleinement. Je mets un bon moment avant d’ouvrir les yeux, peut-être même quelques minutes, alors que je me rends compte que j’ai serré le drap dans ma main tellement fort que les jointures de mes doigts ont blanchies. Mon regard tombe sur Isha, qui me couve des yeux, alors que je lui balance une question sortie de nulle part, de but en blanc : « -T’étais passé où, hein ? » J’essaye de ne pas l’accabler avec mon ton accusateur, mais je ne suis pas certaine d’avoir réussi dans ma démarche. J’ai arrêté de compter les jours où j’ai été bêtement dans la boutique en espérant tomber sur lui, alors que rien d’autre que le silence ne m’attendait dans ce grand bâtiment. J’ai bien trouvé son livre aussi, dans ma piaule au laboratoire, mais aucune trace du brun. Rien d’autre que le vide, un silence pesant, et aucune explication.

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J’essaye de me souvenir de la première fois ou j’ai tué un mec… mais je me rends compte que je ne peux pas la comprendre sur ce coup-là, juste tenter d’imaginer. Je ne dis pas que je n’ai pas de moralité, mais j’ai certainement été plus égratigné qu’elle par la mort avant l’apocalypse. En fait, on ne vient pas du même monde elle et moi, c’est peut-être pour ça qu’elle est un soleil et que moi je reste une raclure de trottoir.

Je vais avec méfiance ouvrir la fenêtre, comme si, d’une part, elle risquait de se sauver, et, d’autre part, mon vieux était derrière dans le noir, prêts à nous sauter à la gueule. Rien ne se passe mais je ferme plutôt deux fois qu’une les volets. Ça n’arrêtera pas le vieux s’il veut nous attaquer, mais ça le ralentira suffisamment de temps pour que nous puissions réagir.

Je reviens aussi vite que je peux auprès de Joey. Elle est si pale, si terrifiée…. Bordel ! Je me sens aussi délicat et gourd qu’un rhinocéros devant sa souffrance. Je n’arrive qu’à la regarder et lui caresser les cheveux. Ca dernière question me fait mal, mais je n’ai pas le droit de monter. Je crois que j’oublie trop vite que je ne suis qu’un sex toy qui fait des blagues pour elle et qui a l’option bouillotte en prime.

Plusieurs fois j’ouvre la bouche en cherchant les mots qu’il faudrait que je prononce. Mais ils ne viennent pas. Je suis a court d’excuses et épuisé d’avoir peur. Sauf que je suis sûr d’un truc, Joey est une bourrique qui ne saura pas lâcher prise sans réponse à ses questions. Sauf que je ne suis pas sur qu’elle aime ce que j’ai a raconté comme ce que je ne peux que supposer. Je me remets contre elle et la reprend contre moi en essayant de briser le silence.

« Joey… chaque chose en son temps, pour le moment en on sait rien si tu as tué ou pas un tarnation de connard qui essayer de te faire la peau. On va se poser calmement pour essayer de refaire l’histoire mais je pense que là, t’as eu un choc physique et émotionnel et que c’est peut être pas le moment de s’y coller non ? »

Je repense a mon vieux et a l’état ou il met les gens, a sa façon de les briser mentalement avant que cela ne suivent physiquement. J’espère sincèrement que je suis parano sur ce coup. Mais j’ai trop de mal à comprendre qui voudrait tuer mon soleil juste comme ça. Qu’on veuille la bouffer, la forcer a faire des trucs, essayer de la butter pour la voler… ouai ca serait entendable, mais pour le moment le peu que j’ai deviné du truc, y’a rien qui colle et je ne suis pas sur que cela soit le bon moment pour remuer la merde vu son état. J’ai peur a un point… je pense que je ne saurais maintenant jamais si Ava s’est tuée ou pas, mais j’entends bien sauver Joey des autres et d’elle-même quelque en soit le prix.

« Joey, je vais t’épargner la blague de merde sur le fait que je pourrais m’imaginer que je t’ai manqué, j’ai eu des soucis et j’ai dû quitter le camp où j’étais et tous les gens qui comptaient d’une façon ou d’une autre, toi y compris. »

Mais visiblement ça n’a pas suffi. C’est peut être juste le hasard en prime. Mais au fonds de moi je sais que d’une manière ou d’une autre, ce qu’elle vit est de ma faute. Je me souviens des mots de la Louve, qu’elle les ait écrit elle-même ou non, je détruits tout ce que je touche. Je crois que je ne comprends trop bien cette phrase depuis quelques temps.

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Joey Desrosiers
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Dim 5 Nov - 21:33

Je tire un certain réconfort du corps chaud d’Isha, blottit contre moi, à moins que ce soit à cause de ses doigts entre les miens, je n’en suis pas vraiment certaine. Tout ce que je sais, c’est que je sens la tempête de sentiments refluer, tandis que le sommeil, lui, remonte en flèche. Comment est-ce que je peux me sentir aussi crevée, alors que j’imagine vu l’état de cicatrisation de mes blessures, que ça doit faire quelques jours que je ne fais que pioncer pour me remettre de ma mauvaise rencontre. Pourtant, je n’arrive pas à lutter contre la torpeur qui m’envahit peu à peu, et sape ma capacité à ne serait-ce qu’ouvrir un œil. Les paroles d’Isha me donnent à réfléchir, à répondre même, mais je me sens incapable de prononcer le moindre mot. Même ça, ça semble trop difficile. J’essaye de lui dire de rester, mais je ne sais pas si le mot parvient à franchir la limite de mes lèvres, et la dernière chose à laquelle je me rattache, c’est la chaleur des doigts d’Isha qui serrent les miens.

J’ignore combien de temps j’ai finalement dormi, mais quand je me réveille, seule dans ce grand lit froid, quelques lueurs de jour filtrent à travers le volet, pas entièrement fermé. Je reste immobile dans le lit quelques instants, de longues minutes sans même me donner la peine d’esquisser le moindre geste, et j’en profite pour détailler plus cette chambre gigantesque dont j’ai hérité. Isha n’est pas là, et même si je trouve ça un peu étonnant, vu que je l’imagine avoir eu du mal à quitter mon chevet depuis qu’il m’a trouvé, je dois dire que ce n’est pas plus mal. Ça me permettra de pouvoir faire quelque chose que j’avais envie de faire depuis que je me suis réveillée dans l’infirmerie, mais qu’il m’a été impossible de faire avant. Avec mille et une précaution, je m’extirpe de ce lit dans lequel on aurait pu faire dormir toute une famille, et me dirige vers ce miroir en pied que j’ai repéré hier soir. Doucement, je fais rouler mes épaules pour en tester la mobilité, et ne peux retenir une grimace de douleur, tout en sachant que ce n’est pas ça qui va m’arrêter pour autant.

Je ne suis vêtue que d’un t-shirt large, même pas à moi, et sur lequel mon regard s’attarde quelques secondes. Puis finalement, j’en attrape les rebords inférieurs, et fais remonter le vêtement au-dessus de ma tête pour le retirer et le laisser tomber au sol. Il me faut quelques moments pour me décider à fixer mon reflet dans le miroir face à moi. J’ai du mal à reconnaître la nana qui me regarde, avec son visage pâle, ses cheveux sales et emmêlés, et ses yeux cernés de noirs. Et pourtant, malgré ma sale gueule évidente, ce n’est pas ce qui retient mon attention en premier lieu, non. Ce sont plutôt ces grands carrés qui parsèment mon corps, à droite à gauche, de larges bandages témoignant du sale quart d’heure que j’ai dû passer. J’attrape entre deux doigts le pansement le plus large, celui qui barre mon flanc, et je l’arrache avant de le laisser tomber au sol à son tour, pas très loin du t-shirt. Je m’attaque ensuite au bandage autour de mon bras, qui reçoit le même sort que celui sur mon ventre, et enfin, j’ôte celui sur mes côtes, qui rejoint ses copains sur le sol.

Puis une nouvelle fois, je regarde dans le miroir ce corps meurtri qui est pourtant le mien. La fin du monde m’a laissé sur ma faim plus d’une fois, et si j’ai perdu quelques kilos depuis l’arrivée des rôdeurs, comme la majorité des survivants j’imagine, j’ai l’impression que ma silhouette s’est encore un peu affinée. Pourtant, au-delà de mes côtes plus visibles qu’avant, ce sont les cicatrices qui courent sur mon corps qui attirent mon regard. Je passe l’index doucement sur la longue couture de mon flanc, celle qui résulte sans doute du coup de feu, et je ne parviens pas à m’empêcher de tressaillir, pouvant presque jurer que je viens de l’entendre résonner à mes oreilles une nouvelle fois. Celle sur le bras correspond au couteau que l’inconnu y a planté quand il m’a attaqué, mais j’ai du mal à situer certaines autres blessures. Dans le feu de l’action, je sais que nous avons échangé des coups, plutôt rudes, mais d’après mes souvenirs, pas autant, pas assez pour justifier toutes les marques sur mon corps. Mais alors…d’où viennent-elles ?

L’image fugace d’un nouveau souvenir s’impose à mon esprit, celle d’une silhouette floue penchée sur moi, et d’un sourire à vous glacer le sang. Je ferme les yeux, abandonne ma petite culotte sur le t-shirt, et pars rejoindre cette salle de bain attenante à la chambre. J’ignore qui vivait dans cette maison avant, mais sûrement des gens qui n’ont jamais manqué de thunes. L’eau chaude ruisselle sur mon corps, et j’aimerai dire qu’elle emporte avec elle les souvenirs douloureux qui peuplent mes pensées, mais ce serait un sacré mensonge. J’essaye de me vider l’esprit autant que possible, et je reste sous cette eau bienfaitrice de longues minutes, avant de la couper à contre-cœur en me rappelant que ce sont les ressources du groupe d’Isha, et que j’ai sans doute bien assez pompé dans celles-ci ces derniers temps. Je m’enroule tant bien que mal dans une serviette qui est posée là, puis entreprend péniblement de démêler mes cheveux mouillés, serrant fermement les dents quand lever mes bras fait naître une vilaine douleur dans mon abdomen.

De retour dans la chambre, je vais m’assoir sur le lit me sentant déjà épuisée, alors que je n’ai vraiment rien fait d’autre que de simplement me doucher. Je soupire légèrement, avant de froncer les sourcils en remarquant mon sac à dos, et un autre juste à côté. La curiosité l’emporte sur la fatigue, et je me relève pour aller voir ce dont il s’agit, et qui m’arrache un haussement de sourcils étonné : mes affaires. Je me demande brièvement comment elles sont arrivées là, avant d’attraper un boxer, et de l’enfiler avec difficulté, moi qui galère à devoir me pencher. La vache, tant d’efforts juste pour enfiler une culotte ? Je renonce à mettre un pantalon, pas trop emballée par l’exercice. J’aurai aussi bien pu rester cul à l’air. J’attrape un marcel un peu trop large, et enfile par-dessus ma veste de pompier, qui m’apporte comme toujours un réconfort insoupçonné. Et c’est dans cette tenue que je quitte ma chambre, pour me retrouver dans un couloir gigantesque. Merde alors, je suis dans un château, ou quoi ? Pieds nus sur le carrelage froid, je pars à la découverte de cette maison bien trop grande, et surtout silencieuse, à mon goût. Je descends avec une lenteur affligeante les escaliers, en posant la main sur mon ventre, et me demandant si je n’aurai pas mieux fait de retourner dans mon lit. En bas, le hall est impressionnant, et me confirme l’idée que cette maison devait appartenir à des gens fortunés. C’est un peu timidement que j’avance de quelques pas supplémentaires, ne me sentant pas forcément à l’aise dans un environnement si vaste. « -Isha ? »

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Dim 5 Nov - 23:45

La journée tire à sa fin et je suis juste bouleversé et retourné par les événements vécus avec mon père. Ce qui devait être une anodine conversation père fils pour m’enlever des doutes s’était muée en des heures cauchemardesque dans l’ancienne galerie de Juliet.

Je mets tout le monde en danger et il y a un mort de plus sur la liste de mon vieux. Il va falloir que je réagisse, que je fasse quelque chose. Dès que Joey sera remise, je n’aurais pas d’autre choix que de faire ce qu’il faut pour la mettre en sécurité.

Je suis donc très abattu en revenant à ma maison, Lobos et Tequila sur les talons. Je n'aime pas laisser Joey seule, et je n’ai pas arrêté de craindre le pire pour elle. Et si le vieux nous avait attiré dans un piège sciemment pour nous éloigner de Fort Hope et finir ce qu’il avait commencé avec Joey ?

Je me décrasse rapidement avant de filer dans la cuisine préparer une collation pour mon soleil endormi quand J'entends une petite voix faible. Cela résonne en moi comme une injonction divine tant elle me paraît faible et implorante. Comme dans le talkie... J'accours plus vite que pour une alerte de zombies.

Le spectacle qui m'attend dans le hall, l'endroit que je hais le plus dans cette maison, me saisit. Ma belle petite Joey s'est levée, elle est peu vêtue mais c'est surtout sa pâleur at ses traits tirés qui m'alertent. Sans attendre je me précipite sur elle et avec autant de précautions que de fermeté je la soulève dans mes bras.

« Joey... tu aurais dû m'attendre. »


Au moins elle est réveillée et c'est difficile de ne pas être retourné par sa fragile beauté. Pendant que je la remonte vers sa chambre je constate qu'elle a les cheveux mouillés. Je cache mon inquiétude sur le fait qu'elle en a certainement trop fait avec une pointe d'humour.

« Dire que je rêvais de prendre une douche avec toi, la prochaine fois j'espère que tu m'inviteras histoire que je te frotte dans le dos et peut être ailleurs si tu es sage.... »

Je passe avec mon précieux chargement devant la chambre condamnée de la Louve. Comme à son habitude Lobos essaye de gratter pour y entrer mais d'un signe de tête je le décide à arrêter et il se contente de se coucher sur le pas de porte tristement. Tequila se niche contre lui et nous abandonne donc quand je ramène Joey a sa chambre.

« Je suis vraiment désolé de t'avoir laissée toute seule aussi longtemps mais il fallait absolument que je parle avec le chef du camp pour voir comment ça allait s'organiser pour nous deux… et… il y a eu des complications.»

Facon édulcorée de dire que mon vieux est revenu d’entre les mort, qu’il a enlevé et tuer un membre de notre communauté et qu’il retient un petit garçon d’a peine 10 ans dont la mère vit dans la maison voisine. J'ai du mal à la déposer dans le lit mais je me force. De route façon, pour son bien il faudra que reprenne vite de la distance. Je soulève son haut en grognant mon mécontentement. Ça falloir refaire les pansements mais au moins les sutures sont belles. Je prends de quoi œuvrer pendant que je continue de lui expliquer calmement la situation.

« Tu vas pouvoir rester là jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de danger pour toi. Et moi je vais rester jusqu'à ce que tu sois remise. Ici c'était mon ancienne maison avant... avant que je ne quitte le camp. Tu veux manger un peu ? Je peux t'aider à t'habiller si tu veux et tu pourrais manger dans ne jardin, ou dans la cuisine... partout où tu te sens l'envie d’avoir de l'appétit... »

Je lui dis cela avec ce que je peux de sourire en même temps que je refais ses pansements. Je suis conscient qu'on va devoir avoir une conversation sérieuse très bientôt et qu'elle va me haïr dans la foulée. Mais, même si je retarde l'échéance, je ne me dégonflerai pas et assumerai ma part de responsabilité dans le calvaire qu'elle traverse.

HRP:
 

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Joey Desrosiers
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Lun 6 Nov - 20:52

Je tourne sur moi-même en essayant de tendre l’oreille pour repérer un bruit qui pourrait m’indiquer où se trouve Isha, alors que je prononce une nouvelle fois son prénom d’une voix que j’ai du mal à reconnaître. Et soudain, il débarque que je ne sais où, une expression semblable à celle qu’il aurait sans doute si quelqu’un lui avait dit que des rôdeurs venaient de s’infiltrer dans le camp, deux chiens sur les talons. Je n’ai pas le temps de prononcer le moindre mot que je retrouve dans ses bras, comme s’il avait peur que je m’effondre en plein milieu du hall de sa visiblement gigantesque maison. Malgré mon envie de protester que je ne cherche même pas à cacher, je reste docile et glisse un bras autour du cou du brun, tandis qu’il remonte les escaliers difficilement descendues quelques minutes plus tôt.

Tandis qu’on regagne visiblement la chambre dans laquelle je me suis réveillée, Isha remarque mes cheveux mouillés, et sa petite réplique parvient presque à m’arracher un sourire amusé. « -Tu perds jamais le nord toi dis-donc. » L’un des chiens attire mon regard, alors qu’il s’arrête devant une porte close en gémissant, nous abandonnant là tandis qu’on continue notre chemin de quelques mètres. Je sens rapidement le moelleux du lit sous mes fesses, alors qu’il reprend la parole en m’arrachant un froncement de sourcils. « -Tu sais, je dormais…je vais pas m’offusquer que tu m’ai laissée seule alors que je le savais même pas… » Et puis…je suis une grande fille, capable de prendre soin de moi par moi-même…bien que l’attitude d’Isha me fait penser qu’il n’a pas l’air bien au courant de ce léger détail. Je me couche prudemment en arrière dans le lit, alors que je sens les mains du brun commencer à farfouiller sous mon haut, et son regard détailler mes blessures suturées.

Malgré la gêne que je ressens face aux gestes du mécano, ou le fait de me laisser faire, je n’oppose pas la moindre résistance, alors que j’aperçois rapidement des pansements et des bandages dans les mains d’Isha. Je serre les dents, mais reste aussi immobile que possible alors qu’il commence sa besogne, silencieux quelques instants, avant de se mettre à parler pour prononcer des paroles que je ne comprends pas forcément. Je fronce ouvertement les sourcils face à ses mots, alors que je ne pige pas où il veut en venir. Je me contente de secouer la tête de droite à gauche quand il me demande si je veux manger, alors que c’est sans doute la dernière chose dont j’ai envie en ce moment. Je reste silencieuse un long moment, alors qu’Isha continue ses soins, et il me faut encore quelques minutes avant de reprendre la parole : « -T’habitues pas à me materner, ça durera pas… » J’essaye de glisser un sourire dans mon regard, mais je crois que je suis trop sérieuse pour qu’il ne comprenne pas la part de vérité derrière mes propos. Je le laisse malgré tout finir de poser les pansements sur ma peau fraîchement lavée, sans interrompre le silence une nouvelle fois.

Il ne met pas bien longtemps à finir sa besogne, et lorsqu’il a fini, je rabats mon haut et referme ma veste de pompier, avant de me redresser dans mon lit pour le suivre du regard. « -Bon…et si tu posais ton cul pour me raconter ce qu’il se passe ? » Cette fois-ci, je ne cache pas mon air sérieux, je n’y songe même pas. Je ne le quitte pas des yeux, volontairement, alors que j’essaye de me remémorer de ses paroles aussi justement que possible. « -Pourquoi est-ce que tu penses que je suis en danger ? Et…pourquoi t’as quitté la sécurité de ton camp ? » A son expression, je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit des sujets dont il a envie de parler, mais pourtant, ses mots font écho à ceux qu’il a eu quelques jours plus tôt, juste avant que je m’endorme dans ses bras, et qui n’avaient pas manqué de m’interpeller, eux aussi.

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Lun 6 Nov - 22:13

Je sais bien qu'il ne faut pas que je m'habitue à pouvoir prendre soin d'elle comme je suis en train de le faire. Au moins elle le sait elle aussi même si ca n’enlève rien au côté déprimant de la séparation à venir. Je dirais même que l’entendre à haute voix c’est même douloureux. J'encaisse comme à mon habitude. Le plan cul responsable de ses souffrances devrait apprendre à rester à sa place. En fait, voilà tout ce que je suis pour elle... Et bientôt je serais le mec a fuir. J'aurais vraiment aimé qu'elle me laisse encore un peu de temps. Juste quelques jours de mensonges confortables dans lesquels j'ai une place à ses côtés.

Mon vieux disait toujours que même le soleil fuyait les sacs à merde. J'aurais aimé qu'ils se trompe...

« Ok on va parler mais pas tant que tu as le ventre vide...même si c’est quelques bouchées. Et puis, si tu ne reprends pas des forces tu ne réussiras jamais a te débarrasser de moi. Attends-moi quelques minutes. »

Je descends à la cuisine lui servir une copieuse assiette et la remonter avec un verre d'eau. J'ai l'impression d'être un condamné sur le chemin de la pendaison. Mais, même si toute mon âme aspire à m'épargner ce qui va suivre, à lui mentir, et à garder encore un peu mon soleil pour moi, je sais que je lui fois la vérité. Pourtant l'envie de fuir est forte.

Dans la chambre je l'installe avec toute la douceur que je peux pour qu'elle soit le plus confortablement installée pour manger ce qu’elle peut et m'écouter. Je profite de ce qui sera certainement ma dernière occasion de la toucher et de la voir de près. J'ai été idiot de penser que j'aurais plus de temps pour badiner. Je ne lui dirais jamais ce que j’ai eu le sentiment qu’elle comptait plus qu’une partie de jambes en l’air.  Elle ne saura pas que dans mes rêves les plus fous elle mettait cette robe de dentelle blanche rien que pour moi, que son ventre finirait par s'arrondir et que nous pourrions être banalement heureux. C’est idiot de penser comme ça, pour le coup je m’en veux.

Je respire un bon coup conscient que c’est peut être plus qu’un rêve niais que je m'apprête à détruire. Je suis raide et je l'installe sur un petit coin du lit. Cette distance est déjà douloureuse a supporter. Il va falloir que je porte mes couilles. J'attends quand même qu'elle mange un peu pour me lancer.  

« Je ne sais pas trop par où commencer... pour faire court, J’ai quitté ce camp parce que je n'y ai pas ma place. C'est des gens bien ici. Comme au labo j'imagine. Sans mon père je n'aurais jamais dû pouvoir mettre les pieds ici. Il a quand même forcé les choses pour que je puisse rester mais… mon passé m’a rattrapé. J’ai… j’ai un fou furieux qui en a après moi. Il avait déjà tapé fort et fait beaucoup de mal ici, ce qui m’a conduit à partir. Sauf qu’il t’a trouvée pour m’atteindre, aujourd’hui on a trouvé une autre personne du camp qu’il a tué et… il a kidnappé un petit garçon de 10 ans, on ne sait même pas s’il est encore vivant. »

Je baisse les yeux encore retourné par l’horreur que nous avons vue dans la galerie de Juliet. Je savais mon vieux fou, mais pas à ce point-là. Joey le ne sait pas, mais elle eu de la chance de ne pas etre à la place de Matthew. Je culpabilise d’autant plus que si j’avais donné le Stitch plus tot Matthew serait surement encore vivant.

« Dès que tu seras remise je vais partir pour de bon. Je préfère prendre le risque d’attendre encore un peu, les O positifs ne courent pas les rues et je ne me le pardonnerais pas si ton état s’aggrave et que je suis pas là. »

Je le regarde dans les yeux avant d’ajouter.

« Je suis désolé Joey, et si tu veux quitter Fort Hope plus tôt ou que je reste loin de toi tout de suite, je comprendrais. »

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Joey Desrosiers
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Mar 14 Nov - 21:37

Malgré mes protestations, Isha ne tarde pas à quitter la chambre, alors que je suis certaine qu’il est parti faire je ne sais quoi en cuisine, un sandwich, des pâtes, que sais-je, un truc que je sais d’avance que je ne parviendrai pas à avaler. Mais avant que je n’ai le temps d’ouvrir la bouche pour lui dire qu’il va se déplacer pour rien, le brun s’est déjà éclipsé de la chambre, me laissant seule une nouvelle fois. Je fronce le nez, et me redresse dans le lit, puis me mets debout. Il ne me faut que quelques secondes pour rejoindre la fenêtre, et j’ouvre les volets qui étaient restés clos jusque-là, pour laisser entrer dans la chambre cette luminosité de fin de journée. J’ouvre une fenêtre pour laisser entrer la fraîcheur qui règne à l’extérieur, et pousse même l’exercice à me pencher légèrement en avant pour observer ce que je peux de ce camp dans lequel je me trouve désormais, visiblement depuis au moins quelques jours.

Je reste penchée quelques instants pour observer les alentours, les rues en contrebas, avant de me redresser en grimacer, et de retourner gentiment dans mon lit. Si Isha me chope debout, aucun doute qu’il viendra encore me soulever dans ses bras, comme la princesse en détresse qu’il a l’air d’imaginer que je suis. Je m’installe en plein milieu du lit en pestant contre ce corps que je trouve si fragile, et je ne tarde pas à entendre les pas du mécano, qui revient visiblement dans la chambre. Je fais des gros yeux en voyant la taille de l’assiette qu’il me ramène, impossible que j’arrive à manger tout ça, mais j’accepte le verre d’eau, sur lequel je me jette presque, et que je descends en entier de quelques gorgées. Bon sang, ça fait du bien. Je laisse Isha s’occuper de moi comme le bébé qu’il voit en moi, alors que je me retrouve adossée contre la tête de lit, et que l’assiette ne tarde pas à se retrouver entre mes mains, tout comme une fourchette. Je fronce le nez malgré moi, mais plonge malgré tout la fourchette dans l’assiette, remuant le contenu de celle-ci, sans grande conviction.

Isha a l’air tendu, sans que je comprenne exactement pourquoi, et il s’installe à l’autre bout du lit, sans que je pige vraiment pourquoi non plus. A sa façon de s’occuper de moi, je pensais plutôt qu’il se serait collé à moins, pour être sûr que je n’allais pas m’évaporer soudainement, ou je ne sais quelle autre connerie. Je ne cherche pas à combler le silence qui s’est installé entre nous, comme si je cherchais à lui laisser le temps nécessaire pour qu’il organise ses pensées, ou qu’il réfléchisse à ce qu’il a envie de me dire, ou pas. Je me concentre quelques instants sur le contenu de l’assiette, et finis par relever les yeux vers Isha qui me fixe, comme s’il attendait Dieu sait quoi. Je vois son regard se poser sur l’assiette, et je pousse un soupir bien sonore quand je comprends qu’il n’a pas l’intention de lâcher le moindre mot tant que je n’aurai pas avalé au moins quelques fourchetées. Merde. Je plisse le nez, mais me force malgré tout, avant de constater que c’est bien moins pénible que ce que j’avais imaginé. J’enchaîne quelques bouchées, puis repose ma fourchette dans l’assiette quand la voix du brun retentit enfin. Et ses premiers mots ne manquent pas de m’interpeller. Je fronce légèrement les sourcils, et malgré la tonne de questions qui se pressent dans ma tête, je décide de ne pas l’interrompre, et d’écouter ce qu’il a à dire, jusqu’au bout.

A la fin de son petit discours, je garde le silence un moment, le temps qu’il me faut pour analyser toutes les infos qu’il vient de me balancer. Il a quelqu’un sur le dos, qui s’est est pris à moi à cause de lui ? Mais qu’est-ce qu’il raconte ? « -Non…c’était un cannibale ! Le type qui s’en est pris à moi, il venait de la péniche. Enfin, c’est ce qu’il m’a dit… » J’ai du mal à comprendre la culpabilité ressentie par Isha, et qui n’a pas lieu d’être. Il n’est pas responsable de la sale vengeance manigancée par un type qu’on a à peine croisé sur un vieux rafiot. Je pose l’assiette à côté de moi, avant de me tourner tant bien que mal vers le brun. « -C’est pas de ta faute, Isha, il avait juste envie de se venger pour ce qu’on a fait sur le bateau. C’était le type que j’ai assommé avec la rame, tu te souviens ? » Je pousse un soupir, avant d’avoir un rictus mauvais sur le visage quand un souvenir que j’aurai préféré oublier me saute soudainement au visage. « -En tout cas, il n’y a plus de problème à régler, vu que je l’ai planté avec son couteau… » Je fronce les sourcils, et pince les lèvres l’une contre l’autre pour éviter d’avoir à y penser trop longuement. « -Ça doit être quelqu’un d’autre qui a tué ce survivant de ton camp, ou qui a enlevé le gamin. Je doute que le mec qui m’ai tombé dessus soit encore capable de faire quoi que ce soit d’autre que d’errer sans but pour bouffer de la chair en grognant… » Je me mords la lèvre inférieure, avant de fixer longuement Isha, assis pas très loin, et malgré moi, je n’arrive pas à comprendre ce qui le met dans cet état. Je me doute bien que ce n’est pas lui qui a commandité l’attaque qui a eu lieu à notre QG, et il n’a donc aucun reproche à se faire, pas plus que moi j’en ai à lui adresser. « -Hé…t’excuse pas, t’y es pour rien. Et arrête de t’inquiéter pour moi, d’accord ? Mon état ne va pas s’aggraver, je t’assure que je me sens bien. » J’essaye même de ponctuer ma phrase d’un petit sourire rassurant, tout en sachant d’avance que ce ne sera pas suffisant pour autant. Je pousse l’assiette encore bien remplie vers lui, avant de lâcher : « -Mange ! Je connais des gens qui ont l’air de penser que les choses vont mieux quand t’as le ventre plein ! » Une nouvelle fois, je lui adresse un petit sourire, alors que je fais clairement référence à lui. Je me doute bien qu’il ne doit pas avoir faim, il a l’air trop préoccupé pour ça, mais j’espère juste que ça parviendra, à défaut de le détendre, à faire naître un petit sourire sur son visage.

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Mer 15 Nov - 19:32

Je pense que lorsqu’elle me tend de la nourriture, je reste une minute à froncer les sourcils sans bien comprendre la situation. J’ai tellement peu l’habitude qu’on se soucis de moi que ce geste me surprend. Je fini par lui sourire en prenant un bout de pain. Je n’ai pas faim après ce que j’ai traversé aujourd’hui. Repenser au corps de Matthew me donne plus envie de gerber qu’autre chose, mais je peux difficilement la faire chier pour manger si je ne montre pas l’exemple.

« C’est une technique pour en avoir moins à manger, avoue! »

C’est dit avec humour mais en même temps ça me paraitrait tellement inconcevable qu’il y ait d’autres raisons.

« De nous deux c’est toi qui a le plus besoin de prendre des forces tu sais ? »


C’est très tentant d’en rester là, de ne rien ajouter, de me glisser contre elle en silence et de me la blottir contre moi dans ce lit. J'aurais certainement gardé le silence si elle n'avait été qu'un plan cul. Mais elle est devenue tellement plus…

Sa grimace ne trompait pas. Elle est vraiment sûre d'avoir tué le type et elle me fait un peu trop penser à Logan sur ce coup-là. Tirailler entre sa morale et sa raison. Je ne peux pas la laisser se torturer avec ça.

« Si tu l'as bien tué tout Detroit te doit des remerciements car tu viens de sauver plein de gens de ce cannibale. Je suis juste navré que ça a été a toi de le faire et qu'il ait failli te tuer... »

Dans un élan irréfléchi je me penche et laisse ma main attraper la sienne. Une façon muette pour moi de lui témoigner mon soutien dans le bordel qui doit être dans sa tête. Mais je me souviens vite que je n'ai peut-être plus le droit d’avoir ce genre de geste. Je l'ai perdu lorsque, égoïstement, je l'ai exposée à mon géniteur. C'est dur de ne pas la toucher, de ne pas être contre elle. En fait c'est même pire que cela. J'ai l'impression de faire un effort surhumain pour abandonner cette petite main. Et même quand je me suis redressé j’ai presque l’impression, comme un aimant, de devoir luter pour ne pas me retrouver contre elle.

Je la regarde tristement avant de lui raconter le chapitre qui lui manque et de lui en préciser le prix.

« Il te manque un bout de l'histoire. Mais avant que je me lance dis-toi que ça va te coûter 4 jours de ta vie. 4 jours de repos complets ou je ne veux pas te voir debout sans aide, ni à faire des efforts pour autre chose que manger. Et si tu ne supportes plus ma présence je verrais avec Juliet pour qu'elle prenne le relai. »


Je commence à assez connaître la brune pour savoir qu'elle accepterait sans sourciller de me remplacer. Je retournerais à mon garage veiller sur elles de loin.

« Et n'aie aucun scrupule, Avalohn ne m'avait jamais permis de dormir dans cette maison. J'ai un sac de couchage dans le garage à côté. Pour être honnête, c’est avec toi que je viens de passer mes premières nuit ici. Donc retourner « a la niche » n’est pas un souci.»

Plus que le matelas c'est la chaleur de son corps et sa douce respiration qui me manqueront. Je prends une bonne inspiration et j’essaye de garder un ton neutre sans forcément bien savoir par où commencer. Pourtant c’est sans lui laisser le temps de réagir que je me lance.

« Je ne suis jamais vraiment parti loin tu sais… et je crois que c’est à cause de ça que ça qu’il t’est tombé sur la tronche. Quand j’ai entendu ta voix dans le talkie, c’était tellement diffèrent de celle que je te connaissais que j’ai paniqué, je suis allé sans hésiter vers la boutique. »

Je fais une pause. En fait mes souvenir sont à la fois flou mais des détails, perdues dans la masse ressortent, de façon précises.

« Quelqu’un avait piégé la boutique et fait une sorte de mise en scène à la con bien macabre… je… je t’ai vraiment cru morte. Celui qui t’a mise là savait des trucs qui font que le psychopathe dont je te parlais est bien en vie et qu’il s’en ait pris à toi à cause de moi. Je ne sais pas encore comment régler le problème. Je te jure que je vais le faire. Mais en attendant…. Quand tu seras remise je vais rester loin. »

Il n’y a rien d’autre à faire pour la protéger. Le vieux a déjà prouvé qu’aucun mur ne peut nous protéger de lui et de sa folie. Il n’y a qu’une chose à faire pour la sauver elle, sauver mon père, sauver ce gamin qui n’avait rien à faire dans cette histoire. Plus on attend, plus on lui donne de prise sur nous. Je ne devrais même pas être là avec elle en ce moment mais bien en face du père Cornwell a essayer de négocier. Sauf que je suis faible et que j’ai peur. Que je veux passer du temps avec Joey, surtout si c’est les derniers jours que l’on passe ensemble. J’en ai besoin. Encore quelques jours de soleil avant que les nuages ne reviennent pour de bon sur ma vie.



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Joey Desrosiers
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Jeu 16 Nov - 22:15

J’ai beau essayé de lutter contre ces images perfides, je n’arrive pas à repousser le souvenir de l’homme que j’ai tué, de ce regard plein de surprise qu’il m’a adressé quand il a vu le couteau dans sa poitrine, de la douleur qui a crispé ses traits, de la tâche de sang qui ne cessait de grandir sur son pull. J’ai tué un homme. Moi, Joséphine Desrosiers, qui ai juré d’aider les gens, ai fini par en tuer un. Je sais bien qu’il me menaçait, qu’il avait même mis sacrément ma vie en danger, et qu’il avait l’intention de ne pas se montrer très tendre envers moi, mais quand bien même. Bosser dans toutes ces associations de quartier m’a rapidement convaincue que la violence n’était pas la solution à tout, bien au contraire, elle ne fait en général qu’aggraver la situation. Je suis perdue au milieu de ces pensées sanglantes quand la voix d’Isha coupe court aux émotions coupables qui montent en moi, alors que je me tourne vivement vers lui en ouvrant la bouche sans cacher mon air choqué. Sérieusement ? Comment est-ce qu’il peut avoir ce genre de propos ? Merde, le monde est devenu le territoire des morts-vivants, et les êtres humains sont clairement en train de perdre la bataille, et lui ne trouve rien de mieux à faire que de me féliciter pour avoir tué un type ? Je serre instinctivement la mâchoire en sentant sa main attraper la mienne, et malgré l’agacement qu’il a réussi à provoquer en moi en quelques secondes, je ne fais rien pour le repousser.

De toutes façons, le contact ne dure que quelques brèves secondes, et le brun ne tarde pas à me relâcher la main, alors qu’il est plutôt du genre tactile en temps normal. Mais je n’ai pas le temps de me pencher plus sur la question qu’Isha enchaîne, alors que je fronce les sourcils quand il semble vouloir me dire qu’il s’est passé des choses dont je n’ai peut-être pas conscience. Quatre jours de ma vie en échange de ses informations ? Si ce sont quatre jours de sexe intense ponctués d’innombrables orgasmes, un peu comme cette petite séance nocturne à laquelle on s’est adonnés dans notre QG, je suis prête à signer sur le champ, même si ça m’agace un peu qu’il veuille m’acheter à coup de parties de jambes en l’air. Pourtant, malgré le peu d’enthousiasme dont j’étais prête à faire preuve, je déchante vite, et fais une moue désapprobatrice quand il me dit qu’au lieu de penser à quatre jours de sexe passionné, il pensait plutôt à du repos, du repos, et encore un peu de repos. Rester tranquille, à se laisser materner. Végéter comme une larve. Tout ce que je déteste en somme. Et je sais aussi d’avance que je n’ai aucune envie de passer du temps avec une illustre inconnue qui aura sans doute mieux à faire que de devoir s’occuper de moi. A mon âge, je suis bien en mesure de m’occuper de moi toute seule. Comme je l’ai toujours fait. « -Trois jours. » que je lui réponds rapidement en plongeant mes yeux noisette dans les siens, beaucoup plus foncés, d’un air de négociatrice inflexible. « -Non, deux jours et demi. » Je rectifie aussitôt, en gardant la tête haute, comme pour dire que c’est mon dernier mot, et qu’aucune négociation ne pourra être faite. Deux jours d’inactivité, c’est sans doute le maximum que je puisse lui accorder, alors que je brûle déjà de pouvoir tester les limites de ce corps meurtri.

En revanche, le reste de ses paroles m’arrache un froncement de sourcils face à ce que j’entends, et que je n’avais pas vu venir. Avalohn ? Sa…comment l’appelle-t-il déjà ? Ah oui…la Louve ? Sa fiancée vit ici, mais elle lui refuse de dormir dans la même maison qu’elle ? Il n’aurait quand même pas eu le culot de ramener son plan cul dans la maison de la femme qu’il va épouser, et avec qui il la trompe, pas vrai ? Je fixe l’encadrement de porte d’un air étonné, comme si je m’attendais à ce qu’une tornade indignée s’incruste dans la chambre pour faire une scène de ménage, ou un de ces scandales de femme outrée auquel j’ai déjà eu l’occasion d’assister par le passé. Mais Isha détourne très vite mon attention de la porte grande ouverte, tandis qu’il reprend la parole, et ça me détourne momentanément de la louve enragée qui pourrait débarquer d’une minute à l’autre. Il est flou dans ses paroles, trop vague, et j’ai du mal à comprendre précisément ce que tout cela veut dire. Je sais bien que malgré ma voix suppliante il s’est pointé à la boutique alors même que je lui avais bien dit de ne pas y venir. Tout comme je sais qu’il est venu jusqu’au laboratoire, jusqu’à ma chambre même, au moins une fois, pour m’y laisser une espèce de cadeau d’adieu à deux balles. Mais une fois encore, je n’ai pas l’occasion d’en placer une, qu’il enchaîne une nouvelle fois, et je crois que la curiosité, ou le besoin de comprendre, l’emporte sur toutes les questions qui se pressent dans ma tête.

Et dès les premiers mots, je fronce de nouveau les sourcils, alors que le peu de couleurs sur mon visage décide de se faire brutalement la malle. Mais alors…toutes ces images qui se bousculaient dans ma tête pendant mes périodes de semi-conscience, elles ont vraiment existé ? Ces flashbacks sanglants, cette voix moqueuse et sarcastique au possible, cette musique…ils étaient bien réels ? J’ai du mal à y croire, et tout devient encore plus brouillon qu’un peu plus tôt. Je me glisse hors du lit sans même m’en apercevoir, alors que les informations livrées par Isha se frayent lentement un chemin à travers mes pensées. Je commence à faire les cent-pas, c’est un vieux tic hérité de Naya, qui se mettait toujours à arpenter le sol devant le buffet de la cuisine quand quelque chose la tracassait. Je ne suis pas debout depuis plus de quelques secondes que le mécano est déjà à côté de moi, et j’ai l’impression de pouvoir lire dans ses yeux qu’il a la ferme intention de me remettre au lit, vite fait bien fait, sans même me demander mon accord. Alors je me stoppe un peu brutalement devant le lit, et je lève la main en sa direction, pour l’arrêter avant qu’il n’ai pu esquisser le moindre mouvement : « -Non ». Je refuse qu’il me porte, qu’il me foute au lit, ou qu’il continue à jouer les infirmières.

Le bordel dans ma tête s’accentue encore un peu, et je finis par fermer les yeux, et presser fortement mes poings sur mes paupières closes. Pendant quelques secondes, je ne vois plus que le noir, et quelques étoiles, mais quand je baisse les bras, et que mon regard tombe sur Isha, j’ai l’impression d’avoir un peu repris le contrôle. « -Ce type-là, celui qui veut ma peau pour je ne sais quelle raison, c’est qui ? Tu lui as fait quoi pour qu’il t’en veuille comme ça ? » Mes questions ne sont peut-être pas très justes envers lui, mais je ne quitte pas le brun des yeux, je ne veux pas l’entendre tourner autour du pot pendant mille ans, tout ce que je veux, ce sont des réponses, enfin. Il a l’air de connaître ce mec, ce taré, et ce n’est visiblement pas la première fois qu’il a à faire à lui. En fait, je me rends compte que ce calme que je pensais avoir retrouvé n’était que temporaire, largement éphémère. « -Je…mais non…c’était un cannibale, juste un cannibale. Et pas…» Je ne parviens même pas à finir ma propre phrase. Je n’arrive même plus à faire la part entre les souvenirs, mes cauchemars, ou ce que mon esprit a purement et simplement imaginé. Je ne sais plus où se situe la vérité. « -Je vois pas pourquoi quelqu’un s’en prendrait à moi…je suis juste la meuf que tu sautes de temps en temps…ce mec-là, ce taré, c’est à ta fiancé qu’il aurait dû s’en prendre, non ? » Rien dans cette histoire n’est logique, ou ne fait sens. J’ai cette désagréable sensation, pas vraiment inconnue d’ailleurs, de n’être que la spectatrice de ce qu’il se passe, et de ne pas avoir de contrôle sur la situation, et je déteste vraiment ça. C’est horrible de ne rien pouvoir décider, et je dois lutter contre moi-même pour garder la tête hors de l’eau et ne pas me retrouver noyée sous mes émotions. Je reprends ma marche, avant de me figer en entendant un bruit dans le couloir, sans doute le chien qui est resté couché devant la porte close. « -Et pourquoi tu m’as ramené ici ? Ta nana vit ici, non ? Tu veux qu’elle te massacre parce que t’as ramené ton plan cul chez vous ? » Je me suis une nouvelle fois arrêtée dans ma marche cadencée pour fixer le jeune homme, sans même me rendre compte dans cet état de nervosité avancé qui s’est emparé de moi qu’Isha a blêmit suite à mes paroles un peu trop hargneuses.

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Jeu 16 Nov - 22:56

Je grogne dès qu’elle se lève prêt à la remettre de force dans le lit. Mais elle fait encore son autoritaire pour que je ne la remette pas sous la couette. Son geste et son « non » ne m’auraient pas arrêté trop longtemps si elle n’avait pas enchainé avec les questions qui fâchent sur mon vieux. Ce qu’il veut ? Ce que je lui ai fait pour qu’il s’acharne autant ? Je sens un rictus amer se dessiner sur mes lèvres. Pourquoi… la fameuse question de ses victimes qui amusait toujours mon géniteur. Pour lui la quête de réponse faisait partie de son mécanisme de torture. Avec ce qu’il m’a infligé avec Avalohn on peut dire qu’il est devenu un expert dans l’art de semer le doute vu les nuits blanches que je passe a me poser en boucle cette question. La réponse la plus simple serait de dire que c’est parce qu’il est fou, parce qu’il n’y a rien à comprendre. Mais la vérité est plutôt qu’il me fait payer le fait que je ne lui ai pas docilement obéit.

Je la regarde avec certainement un visage dur et fermé quand elle enchaine avec colère. Elle m’en veut elle aussi. Ca fait mal… trop… pourtant c’est légitime et c’est ce qu’il fallait. Il n’y a bien qu’un mec comme Logan qui s’acharne a s’accrocher a un boulet qui met tout le monde en danger. Ce que j’aime chez elle, enfin ce que j’aime encore plus que le reste, ou plutôt ce que j’aimais, c’est sa façon inédite de me regarder comme si j’étais plus qu’une vieille merde dangereuse. Sauf que voilà, la petite illusion qui a fait qu’elle s’intéresse à moi est déjà en train de disparaitre. Je l’entends, je la comprends et je me rends encore plus compte du fossé que je suis en train de creuser.

J’ai beau me répéter en boucle que c’est mieux comme ça, j’ai une boule douloureuse dans mon ventre et je me sens vide. Elle pense vraiment n’etre qu’un plan cul pour moi. Je suis vraiment le roi des cons tarnation.  

Lobos est en train de revenir alarmé par le ton de mon soleil. Entendre une femme s’énerver après moi doit lui rappeler des souvenirs. Il s’assoit sur le seuil de la porte. Je me reprends en la voyant faire les 100 pas, elle n’est pas en état de s’épuiser autant. Mais avant que je ne tente quoi que ce soit, Joey, sans le savoir, tape au pire endroit pour me faire vaciller : ma louve. Je me sens blêmir et je suis obligé de m’assoir quelques secondes pour reprendre le dessus avant de savoir lui répondre d’une voix blanche :

« Elle… elle n’est plus là… »

Lobos gémit à ses mots et vient me coller en chouinant. Au moins une autre personne dans ce monde de merde qui ne fait pas comme si elle n’avait jamais été là. Je suis obligé d’attendre quelque secondes avant de me reprendre. Avalohn est morte, je ne sais plus rien y faire, mais il y a une bourrique dans cette pièce que je peux encore sauver. Je la regarde avec intensité avant de me lever et de l’attraper. Elle me déteste déjà maintenant alors au point où en est…

Je la mets au lit en se servant de mon poids pour la bloquer dedans sans toutefois l’écraser. Je me place au-dessus d’elle pour la regarder dans les yeux avec un ton désespéré.

« Joey, tu n’as pas l’air de bien comprendre. TU AS FAILLI MOURIR. A quelques minutes près je te retrouvais au format zombie. Une transfusion n’a pas suffi. Il t’en a fallu deux et malgré ça, ça n’était pas gagné… »


J’évite de lui parler du sac de sang volontaire et compatible qui n’est pas fier avec les aiguilles et du fait que les transfusions post apocalyptiques tiennent plus de la boucherie qu’autres choses. Ca n’aurait pas été elle, pas sûr que j’aurais accepté la 2e. Sans parler que je ne suis pas sur que Donovan va rapidement oublier la dette que j’ai contractée pour la sauver.

« Alors s’il te plait, oublie tes négociations sur les jours de repos. Tu as à peine mangé depuis ton arrivée ici, tu tiens presque pas debout, je ne veux pas que tu refasses de la fièvre parce que ça te parait affreux de rester quatre jours a lever le pieds ! »

Je soupire, à sa place j’aurais du mal aussi. Mais, même si je dois l’attacher au lit, je ne la laisserais pas risquer sa vie encore.

« Tu peux ajouter cette convalescence a la liste des choses que tu peux me reprocher. Si j’avais su prendre mes distances avec toi au lieu de passer vérifier que tout allait bien, tu serais en pleine forme sans avoir à subir de rester au lit à souffrir. »

Je me radoucis pour enchainer.

« Tout ce que je veux c’est que tu vives et que tout aille bien pour toi, d’accord ? Alors on va faire un deal, les 4 jours, c’est avec moi que tu les passes, et tu pourras me demander tout ce que tu veux tant que tu te reposes. Tu veux sortir, on sortira, tu veux ton chien, j’enverrais Maddie te le chercher, tu veux que je trouve un livre en français, que je te raconte des conneries… je ferais ce que tu veux du moment que tu manges et que tu te laisses le temps qu’il faut pour guérir. Promis, après je te foutrait la paix. »

Je reste les yeux dans les siens a attendre sa réponse. Si elle savait tout ce que je serais prêt a faire pour elle, si elle comprenait ce qui se passe dans ma tête a cause d’elle, peut-être aurait-elle peur. Mais pour le moment la seule chose qui compte c’est que je la sauve, même d’elle-même.

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Joey Desrosiers
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Ven 17 Nov - 20:44

Okay, j’aurai peut-être du ralentir sur le flot de questions, parce que même moi je suis en train de perdre le fil. C’est juste que…j’ai l’impression que toute cette situation m’échappe, et la sensation qu’Isha cherche à me cacher quelque chose ne me quitte pas, et enfle un peu plus à chaque seconde de silence du brun. J’ai envie de le prendre par les épaules et de le secouer, dans l’espoir vain que cela fasse sortir de sa bouche les réponses dont j’ai besoin pour combler les trous dans ma mémoire. Mais je n’en fais rien, je reste parfaitement immobile devant le lit, à quelques pas d’Isha, le regardant avec cet air d’incompréhension sur la tronche. Des réponses, bordel, c’est tout ce que je demande. Est-ce donc si compliqué que ça ? Je l’observe sans un mot, sans une réaction s’assoir sur le bord du lit, alors que je finis par avoir droit à quelques mots, quelques palabres balbutiées pour me dire que sa fiancée n’est plus là. Bien…alors il veut bien répondre à ces questions-là, mais pas aux autres ? Ce n’est pas frustrant du tout. S’il s’imagine que je vais gentiment retourner me mettre au lit en acceptant silencieusement ce qu’il me cache, c’est qu’il n’a vraiment pas compris qui j’étais encore. Puisqu’Isha semble décidé à garder la bouche close, je trouverai bien quelqu’un qui pourra répondre à mes questions. Son père, par exemple, a l’air d’avoir déjà eu à faire face à ce mec dangereux qui sévit dans les rues de Détroit. Voilà, je vais aller interroger le père d’Isha, même s’il n’a absolument aucune idée de qui je suis, et que j’ignore même à quoi il ressemble. Je n’aurai qu’à débarquer dans les rues de Fort Machin, en petite culotte, et à demander à ce que quelqu’un ai la gentillesse de m’amener au père d’Isha. C’est sans doute l’un des plans les plus merdiques que je n’ai jamais eu, mais aux grands maux, les grands remèdes, comme on dit.

Je n’ai cependant pas fait plus de trois pas que le brun est sur moi, me bloquant les bras, et me soulevant pour me refoutre au lit. Bordel, ce qu’il est têtu quand il s’y met. « -Laisse-moi tranquille. Isha, fous moi la paix ! » Je me débats comme je peux, parviens même à lui donner un coup de pied au tibia, mais il est plus fort que moi, je mets ça sur le compte de ma convalescence, et je me retrouve au pieu plus vite qu’il n’en faut pour le dire. Je laisse échapper une floppée de jurons, pour la forme, tandis que je me tortille comme un ver dans le lit pour essayer de me soustraire à la pression d’Isha. Mais rien n’y fait, il a l’air déterminé à ce que je reste couchée, et j’ai épuisé mes batteries trop vite en m’agitant comme une forcenée. Je me raidis dans le lit, immobile, la mâchoire serrée, alors que la douleur vient perfidement me rappeler que je devrais peut-être songer à rester un peu tranquille. Isha est juste au-dessus de moi, ses yeux plongés dans les miens, et je lutte pour ignorer cette lueur inquiète qui brille dans ses yeux, et le regarder avec une hargne que je ne cherche pas à feindre. Je donne une dernière ruade, pour la forme, avant de lâcher l’affaire, et de me ramollir dans le lit. Je ne quitte pas son regard, pas une seule seconde, et ne tressaille même pas quand il juge utile de me rappeler que j’ai failli passer l’arme à gauche, et qu’il s’en est fallu de peu pour que je me transforme en l’une de ces choses. A travers la douleur, et la pénombre qui me gagnait de plus en plus, c’était ça qui m’avait le plus inquiété, au-delà de tout ce sang que je perdais, l’idée que si je revenais en version rôdeur, Isha serait sans doute la première personne sur qui je me jetterai, alors que ce serait la dernière chose que je souhaiterai. Je l’écoute sans broncher, en montrant simplement mon désaccord et mon mécontentement par un long soupir bien audible.

Je lève les yeux au ciel quand il continue sur sa lancée, et même si j’essaye de continuer à faire ma mauvaise tête de cochon, je sais bien que quelque part dans ces paroles il y a une dose de vérité que je n’ai pas envie d’entendre, et c’est peut-être ça qui m’agace autant dans toute cette histoire. Ma fierté refuse de se laisser materner comme ça, ou d’accepter que je sois diminuée, même temporairement. Je déteste ça, et il n’a pas idée comme ces quatre jours qui lui semblent n’être rien du tout me paraissent à moi être une éternité. Je hais les mots qu’il prononce, cette façon détachée qu’il a de dire qu’il aurait simplement dû s’éloigner un peu plus de moi, encore plus qu’il ne l’a sans doute déjà fait, pour qu’il ne m’arrive rien. J’ai du mal à comprendre pourquoi il s’embête autant à s’occuper d’une nana dont il semble avoir autant de facilité à se passer. Je ravale mon égo froissé, peut-être même cette petite pointe de déception montée de nulle part, et tâche de garder une mine aussi impassible que possible.

Je le laisse finir de parler, de toutes façons, je n’ai plus envie de me battre contre lui, je pense que ce serait un combat perdu d’avance. Isha a juste l’intention de me protéger du taré qui a une dent contre lui, de lui régler son compte, puis de se barrer de ma vie sans demander son reste. Il me suffit d’attendre quatre jours, c’est tout ce qu’il me demande, non ? Je garde le silence pendant un long moment après son blablatage, sans me dérober à son regard qui n’a toujours pas quitté le mien. Je ne suis pas d’accord avec lui, bien sûr, ni avec ses idées à la con, et ce rôle de preux chevalier qu’il veut se donner. Je déteste cela. Je déglutis, et il me faut plus de courage que ce que je m’imaginais pour reprendre la parole, et lui répondre enfin : « -Alors c’est ça ton super plan ? Me gaver de ta présence pendant quatre jours non-stop, puis simplement…disparaître ? Prendre tes distances, pour me protéger, et toutes ces autres conneries ? » Je n’ai toujours pas quitté son regard, et il me faut encore quelques secondes pour détourner les yeux, et me soustraire à ceux noirs d’Isha, et fixer la porte. « -Je sais très bien me protéger toute seule. » Même si à me voir, dans ce lit avec ma gueule de déterrée ou mon corps meurtri, ce serait presque difficile à croire. Du plat de la main, je finis par le repousser doucement, m’étonnant moi-même, comme pour l’inciter à prendre déjà cette distance qu’il semble déterminé à instaurer entre nous, et pour qu’il se redresse. « -C’est bon, je vais rester gentiment au lit en fermant ma gueule. Et ensuite, tu pourras te débarrasser de moi sans souci. » Je profite du fait qu’il se soit redressé pour me tourner dans le lit, me couchant sur le flanc, celui qui n’est pas blessé, et replier les bras sous ma tête. Joey la docile ne va pas résister bien longtemps, je le sais d’avance, mais je me sens fatiguée d’un coup, de lutter contre Isha, inlassablement, et contre son absence de réponse.

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Sam 18 Nov - 9:36

Juste sa façon froide de se dégager fini de m’anéantir. Plus que ces coups, ces mots, durs, et ce mouvement pour appuyer le fait que je n’ai plus le droit de garder cette proximité avec elle me déchire. J’ai beau me dire que c’est ce que je voulais, ce qu’il fallait, je crois, qu’au fond de moi, j’aurais aimé autre chose. C’est fou comme cette nana arrive à me faire oublier qui je suis et où est ma place.

Je sors du lit comme si elle venait de me frapper avec force. J’ai du mal à me ressaisir. Ava, mon vieux, la peur de la perdre, le fait que je sais que la partie est perdue, la fatigue… c’est trop, beaucoup trop pour moi. J’arrive tout juste à tenir la façade et à serrer les dents. Je sais encaisser, je suis même plutôt bon à ça, mais là, j’ai été trop esquinté et je crois que je suis à bout.

La situation n’a beau rien avoir en commun avec ce que m’a fait vivre mon ex, impossible de ne pas avoir le sentiment de revivre, encore et encore, le fait d’être congédié, repoussé... remis à ma place. Sauf que je ne suis pas non plus le dernier des idiots et je me doute que mon soleil buté n’espère qu’une chose : que je me barre pour aller aggraver ses blessures ailleurs. Elle ne comprend donc pas le poids de la menace qui pèse sur ses épaules ? Peut être que de nous deux, c’est moi le plus blessé au final.

« Matthew savait se défendre aussi, c’était un joueur de Hockey professionnel qui fait au moins deux fois ton poids, Logan est en train de creuser une tombe pour lui en ce moment. Je…. Je suis désolé que tu le prennes comme ça, déteste-moi si ça peut te faire accepter l’idée de rester à te reposer…   »

Je me lève, ouvre la fenêtre pour prendre soins de vérifier les alentours. Je la bloque en oscillo-battant, avant de m’en éloigner et de retourner vers le lit. Une fois de plus je suis tenaillé entre ce que je veux et ce que je peux avoir. Et cette fois, même pour un voleur comme moi, je dois savoir reconnaitre quand quelque chose est hors de ma portée. Et même si… a part la briser comme j’ai brisé Avalohn, la faire tomber dans mon enfer d’où je n’arrive pas à me sortir. J’ai une tarnation d’envie de clope.

« Je te le répète je suis VRAIMENT désolé de t’avoir mise dans cette merde. Je vais tout faire pour t’en sortir d’une façon ou d’une autre. Après, je n’ai pas de plan, et si ma présence te fait chier, je vais faire en sorte de garder mes distances et de me faire discret. Comme je te l’ai déjà dit, c’est toi qui décide… »

Après un dernier regard sur sa nuque je vais en trainant le pied vers la sortie. Je sais que je devrais quitter la chambre tout de suite mais je reste à attendre une réponse de sa part quelques minutes, près a aller prévenir Juliet et Maddie pour prendre le relais si elle confirme que ma présence n’est plus la bienvenue par son mutisme.

Je resterais à veiller sur elle d’un peu plus loin et me tiendrait près a l’épauler, en l’absence des filles, pour tout ce qui pourrait l’épuiser, promenades, ablutions, repas…. Et puis y’a pire que le fauteuil de sa chambre pour monter la garde non ?

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Sam 18 Nov - 17:39

Je ne prends même pas la peine de répondre à Isha, et je me renfrogne un peu plus dans le lit au lieu de ça. Puisqu’il a l’intention de s’éloigner, autant qu’il s’y prenne le plus tôt possible, non ? Je serre les mâchoires à ses nouvelles paroles, et me force à me mordre l’intérieur des joues pour ne pas répondre les délicatesses qui se pressent au bout de ma langue. Je me connais suffisamment pour savoir que lorsque je suis contrariée, il n’est jamais très bon pour moi de tenter de communiquer avec les autres, rien de bon n’en ressortirait. Je fixe donc le dos d’Isha en train de quitter la chambre, fermant les yeux quand il disparaît à l’angle de la porte et se soustrait à ma vue. Fais chier. Je me laisse rouler sur le dos non sans grimacer, et plaque mon oreiller sur mon visage pour y étouffer un cri de frustration.

Et la situation dure comme ça pendant de longues heures, pendant près de deux jours d’ailleurs. Sans doute ce qui ressemble aux deux plus longs jours de toute ma vie. Oh, Isha est bien là, souvent, tout le temps même, mais c’est comme s’il ne l’était pas vraiment, et ça me rend dingue. On ne se parle plus vraiment, si ce n’est pour s’échanger quelques mots au cours de la journée. On est là, l’un à côté de l’autre, mais c’est comme si on se trouvait dans deux pièces différentes, dans deux maisons différentes, dans deux univers différents. Deux nanas viennent aussi me tenir compagnie, parfois à tour de rôle, parfois ensemble. Je les connais au moins de vue, et si l’une d’entre elles, la brune, à l’air de comprendre que je préfère le calme et la solitude, la tornade rousse que j’ai eu l’occasion de rencontrer au laboratoire quand elle blessée, ne me laisse pas cette chance. Au moins, l’avantage c’est qu’elle est tellement bavarde qu’elle parvient à combler le moindre vide, sans que je n’ai à prendre la parole très souvent. Bandit a fini par me rejoindre dans cette grande maison un peu plus tôt dans la journée, et le voir me faire la fête parce qu’il est content de me retrouver me remonte sensiblement le moral. Je passe pas mal de temps dehors depuis que je suis là, les températures commencent à être plus qu’agréables, et le chien ne me quitte plus d’une semelle, même s’il semble aussi apprécier ce vaste jardin, qu’il partage avec les deux chiens d’Isha, avec qui il s’entend à merveille. Ça aurait pu être un cadre idéal, si seulement il n’y avait pas cette tension omniprésente entre les murs de cette immense maison.

La nuit est tombée sur le camp depuis un moment quand je finis par remonter dans la chambre qui est la mienne, Bandit dans mes jambes, en ayant l’impression de peser trois tonnes tellement le poids sur mes épaules est lourd à porter. Il ne me faut que quelques instants pour me glisser dans le t-shirt d’Isha, celui qui accompagne toutes mes nuits depuis que je suis arrivée ici. Je prends encore quelques instants pour gratouiller le chien, celui que j’ai adopté et qui m’a adopté en retour, puis je vais me brosser les dents et je file me glisser dans cet immense lit, vide et froid. Je n’y reste pas seule très longtemps, Bandit finit par se coucher à mes pieds, et malgré mes résolutions, je n’ai pas le cœur à le congédier pour qu’il retourne sur le sol, j’aurai bien l’occasion de me montrer ferme un autre jour. En tout cas, je dois bien reconnaître qu’Isha a raison sur un point : je suis épuisée, et chaque fois que je ferme les yeux pour me reposer, je finis par m’endormir, quelques heures, même en plein milieu de l’après-midi. Si bien qu’à peine la tête posée sur l’oreiller, je m’endors en quelques minutes.

Comme toutes les nuits précédentes, mes rêves sont peuplés des mêmes images que celles qui hantent mes journées, assez violentes et entêtantes, et je finis par me réveiller en sursaut, comme bien souvent d’ailleurs. Je reste à fixer longuement l’ombre de la lampe sur le plafond le temps de laisser l’occasion à mon rythme cardiaque de se calmer, et il me faut pas mal de temps pour réussir à me détendre peu à peu. Le volet n’est pas totalement fermé, jamais, et on voit avec assez de précision tout ce qui se trouve dans la chambre : le dressing sur la gauche, la commode face au lit, la porte grande ouverte de la salle de bain attenante plongée dans le noir, et…le sofa qui a dû coûter un rein sur lequel Isha dort profondément. Je me tourne sur le côté pour le fixer pendant un moment, un long moment, en sentant une pointe de tristesse traverser malgré moi ma poitrine. Je suis redressée avant même de m’en rendre compte, et je rejette les couvertures pour quitter la chaleur du lit. Je m’assois au bord de celui-ci, et je regarde Isha dormir pendant encore quelques minutes, avant de me mettre debout, et de me rapprocher tout doucement. Ses cheveux lui tombent devant les yeux, et je ne peux pas m’empêcher de les repousser doucement du bout des doigts, avant de lâcher un léger soupir. Bon sang, ce que je déteste cette situation. Je m’assois à côté du brun dans ce sofa tout doux, et quelques instants plus tard, je finis par poser la tête sur ses genoux, et par fermer les yeux. Cinq minutes, je ne demande rien de plus que cinq toutes petites minutes. Puis je retournerai gentiment dans mon lit, et il n’en saura jamais rien, c’est aussi simple que ça. Seulement voilà, la fatigue fait son œuvre, et je m’endors là, sans même bouger, avant de m’en être rendue compte.

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