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 Unable to stay, unwilling to leave
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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 18 Nov - 17:50
C’est douloureux et pénible. Un peu comme si on demandait a un affamé de veiller sur un bocal à bonbons. Je reste à la dévorer des yeux, a veiller sur elle tout en respectant la distance qu’elle s’applique à garder entre nous. Je m’arrange à lui trouver ce qu’il y a de plus appétissant entre ses murs et je reste attentif à tout signe de fatigue qui lui coute de devoir immédiatement être escortée au lit. Même si c’est poussé loin la torture que je m’inflige je vais jusqu’à l’aider à aller dans la salle d’eau et à tirer ses bains tout en attendant qu’elle termine ses ablutions le dos tourné. Je ne veux pas qu’elle fasse le moindre d’effort. Non en fait je veux tellement plus de choses mais j’essaye d’apprendre a me resigner et à accepter ma défaite.

Pour lui être agréable j’ai demandé à Maddie et Juliet de passer la voir de temps en temps et de lui ramener son chien. Juliet a été comme a son habitude. Maddie a été plus rude, elle m’a froidement fait remarquer que je ne devrais pas être ici et que j’avais fait assez de mal à cette brave fille. A part la regarder en silence je n’ai rien su ajouter. Elle a raison, je le sais… Joey est une fille bien. Les filles biens vont avec des mecs biens. Par avec des types qui manqueraient de les faire tuer tous les quatre matins et qui ne sont que des plans cul.

La première nuit d’après notre « mise au point » a été sans repos. J’ai tellement peur que mon vieux ne surgisse de nulle part pour me l’arracher une nouvelle fois. Je me suis installé sur un des canapés de la chambre, les armes à portée de mains. A plusieurs reprises elle a fait des cauchemars Je sais que je n’aurais pas dû mais j’ai été la réconforter, mais je me suis même risqué a la prendre quelques minutes dans les bras comme le sale connard d’égoïste que je suis.

Une nana me téje, elle me bat à froid, et moi je profite de son sommeil, avec comme excuse de merde un cauchemar pour aller lui voler une étreinte. Je me prends à rêver de ce qu’aurais pu être ces quatre jours, de ces réveils que j’aurais adorés lui offrir, de ces moments que je voulais partager avant qu’arrive la confrontation avec mon géniteur. Ça me surprend d’imaginer un morceau de bonheur, une vie simple avec juste elle, moi, nos chiens qui jouent joyeusement ensemble et un ventre qui s’arrondie au fils des mois. Je suis stupide et naïf avec mes rêveries de fillette. En fait je crois que j’ai bien fait de ne pas lui parler parce que si elle avait su ce genre de niaiseries, elle n’aurait même pas toléré que je reste dans la même pièce et m’aurait ris au nez.

Le mois de juin est doux et agréable. Je l’ai aidé à s’installer dans le jardin où son chien semble être parfaitement accueilli par les miens. Je m’assure qu’elle soit le mieux possible avec toujours de quoi boire et manger à porter de main tout en lui laissant la distance qu’elle demande. Voir le citronnier que j’ai eu tant de mal a planté trôner ici me rend infiniment nostalgique et je profite du calme pour en couper une branche et aller la déposer sur la tombe, presque anonyme, où repose la Louve.

La nuit suivante, je paye toute la tension et la fatigue accumulées et, malgré mes bonnes intentions, le sommeil fini par me faucher. Au lieu de mes cauchemars sordides peupler de motards vicieux, de fantômes et du monstre qui terrorisait mon enfant, il n’y a que mon soleil. Je rêve qu’elle est tout contre moi, je sens sa chaleur et son parfum. Elle me regarde à nouveau avec ses jolis yeux dorés comme avant qu’elle manque de mourir. D’instinct je lui caresse le visage pour remonter ses lèvres délicieuses vers les miennes. Tout a un gout si réel et si doux. Mon corps se ranime un peu trop dans ce rêve trop parfait et mes mains partent déjà en quête lente de chaque partie de ce corps en redoutant de me réveiller dans le froid et la solitude. Je crois que c’est son petit gémissement, trop parfait pour n’etre qu’un mirage qui m’alerte. J’ouvre les yeux pour la découvrir vraiment dans mes bras.

Merde… aurais été pervers au point d’aller la chercher dans son sommeil ? Je suis de pire en pire… Je n’arrive pas à voir dans la pénombre si elle a les yeux entrouverts ou si elle est éveillée. Avec le plus de douceur que je peux je la soulève pour aller la déposer au lit, je reste une minute contre elle en essayant de calmer mon envie de rester près d’elle et de la caresser comme dans notre tanière.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 18 Nov - 18:02
Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’endormir, là, comme ça, sur les genoux d’Isha, et ce malgré ma bonne volonté de ne m’étendre que cinq minutes, et l’inconfort relatif de la position dans laquelle je suis. Et pourtant, malgré mes bonnes résolutions, le sommeil m’emporte une nouvelle fois, vers ces rêves obsédants qui ne me laissent aucun répit. Mais cette fois-ci, la lutte est courte, et je suis tirée de mon sommeil par des mains inquisitrices, mais douces, qui semblent partir à la conquête de mon corps par tâtonnements. Un léger gémissement s’échappe de mes lèvres entrouvertes, alors que ma mémoire remet bout à bout les informations à ma portée, et que je resitue ce qu’il se passe : j’ai rejoint Isha sur le sofa, au beau milieu de la nuit. Le brun finit par se réveiller complètement, je le comprends quand je le sens se redresser, et au bout de quelques secondes, glisser l’un de ses bras sous mes cuisses, et l’autre dans mon dos. Puis moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il retourne me mettre dans le lit, son activité préférée de ces derniers-jours.

Dans l’obscurité de la chambre, il ne semble pas se rendre compte que je suis réveillée, moi aussi, et que je le fixe, les yeux grands ouverts. Il me couche avec mille précautions qui m’auraient arraché un soupir agacé si je ne devais pas feindre d’être endormie, comme si j’étais une fragile petite chose sur le point de se briser à chaque instant. Sans que je ne comprenne réellement pourquoi, ni même ce qu’il fait, Isha reste comme ça, immobile juste à côté de moi dans le lit, sans être couché pour autant, et je me demande ce qu’il fabrique. Ce serait sans doute plus simple de poser directement la question, mais ma maudite fierté m’en empêche, et au lieu de lui révéler que je suis parfaitement consciente, je continue mon petit manège, et ne bouge pas d’un pouce. Peut-être est-ce la curiosité de voir ce qu’il va faire qui me pousse à agir comme ça, ou peut-être simplement le ressentiment que j’ai envers lui, je n’en suis pas vraiment certaine.

Le temps s’étire, il reste comme ça peut-être une minute, peut-être un peu plus pour ce que j’en sais, et je finis par le sentir se redresser, lentement, mais surement. Alors j’oublie, pendant quelques secondes de faire semblant, et j’attrape le bord de son t-shirt fermement dans mon poing serré, pour l’empêcher de se redresser davantage. « -Reste… » Ma voix est ferme, sans appel, et je ne quitte pas son visage des yeux. Je me redresse assez péniblement, mais suffisamment pour approcher mon visage du sien, et coincer doucement ses lèvres entre les miennes. C’est léger, et assez rapide, mais ça a le mérite de dévoiler le fond de ma pensée, sans avoir besoin de mots superflus. Pourtant, je sais que ce ne sera pas suffisant, et je mets décide à parler, même si je sais d’avance que mes mots ne lui plairont pas. « -Je me fous de ton psychotique de père, de sa vengeance débile, de toutes ces conneries. Il serait taré de revenir ici après ce qu’il a fait….surtout maintenant que vous êtes prêts à l’accueillir. Et j’ai pas peur de lui. » Je suis déjà prête à parier qu’il va râler, me traiter d’inconsciente, juger utile de me rappeler pour la énième fois que j’ai failli crever, mais les faits sont bien là. Je n’ai pas peur de son père, enfin de son géniteur d’après les dires de la rousse, qui m’a raconté tout un tas de choses, en pensant sans doute qu’Isha m’en avait parlé avant elle. J’avais besoin de réponses, alors je n’ai pas cherché à l’interrompre, même pas quand j’ai pensé que le brun lui en voudrait peut-être de me raconter tout ça. Puisqu’il ne voulait pas me mettre au courant, il fallait bien que quelqu’un le fasse, non ?

Je laisse un léger soupir quitter mes lèvres, avant de relâcher à contrecœur son t-shirt. « -On n’est pas obligés de…tu sais…mais reste…s’il te plait… » Je me souviens malgré moi de ce moment où la rouquine m’a aussi avoué que la Louve n’était pas simplement partie, mais qu’elle avait choisi de faire la chose la plus lâche qui puisse exister au monde, et qu’elle avait mis fin à ses jours, en laissant Isha porter le deuil de son départ. Je trouve ce comportement tellement égoïste, et je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est peut-être pour ça qu’Isha me surveille comme s’il avait peur que je disparaisse subitement. Il craint peut-être que moi aussi je fasse une chose stupide, une chose irréparable. Pourtant, je ne suis pas sa Louve, je ne compte pas gâcher cette précieuse chance de vivre qui m’a été offerte. Qui m’a même été offerte une seconde fois, si j’en crois les paroles du mécano. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas l’intention de profiter de la douleur du survivant, ou d’exiger de lui quoi que ce soit qu’il ne soit pas prêt à me donner de lui-même. Je n’ai jamais été en couple, encore moins fiancée, et j’ignore tout de la douleur qu’on peut ressentir en trouvant la personne que l’on aime pendue dans le hall de sa maison. Et mon Dieu, j’espère que ça ne m’arrivera jamais. Je me rends compte que c’est moi qu’il cherche à protéger et à soigner coûte que coûte, alors que de nous deux, c’est sans doute lui qui en a le plus besoin, lui qui est le plus esquinté. Je finis par me laisser retomber sur les oreillers, et par me décaler dans le lit, pour lui faire une place, sans quitter un seul instant son visage du regard.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 18 Nov - 18:13
Avais-je déjà dit que Joey était surprenante ? dans tous les cas, elle a ce pouvoir secret de réussir, presque d’une minute à l’autre à m’étonner au point que je ne sais plus forcément comment réagir. Je suis au-dessus d’elle a mourir d’envie de rester, de l’embrasser, de me glisser entre ses jambes et la réveiller comme j’ai toujours eu envie de le faire chaque matin de ma tarnation de vie. Je crois qu’il n’y a pas de mot pour décrire la lutte intérieure que je suis en train de me livrer ainsi que l’attraction presque tangible qui me m’oblige rester contre elle.

Ça aurait été n’importe qui d’autre, je m’en serais délivrer de la plus simple des manières. Mais Joey est tout sauf n’importe qui d’autre pour moi, bien au contraire, pour son plus grand malheur vu ce que mon géniteur lui a fait. Je commence à me retirer quand je sens que l’on tire sur mon t shirt. J’entends la petite voix de Joey juste me demander de rester. Je reste interdit en me demandant si j’ai bien entendu ou si je ne viens de projeter mes fantasmes et m’imaginer des choses. Mais ses lèvres sur les miennes me confirme que je ne suis pas en train de rêver.

Je commence à sourire un peu béatement mais je m’arrête net quand elle me parle de mon géniteur. Je me raidi et évacue vite la question du « comment sait-elle » avec un seul nom : Maddie. Je l’aurais pensé moins prodigue à parler de ce sujet et pour le coup je lui en veux d’avoir impliqué Joey plus qu’elle ne l’était. Ouai il allait bien falloir que je lui en parle mais je ne voulais pas qu’elle se fasse du souci pour le moment.

Je me sens pourtant pâlir à ses mots et je reste sans bouger quand elle affirme qu’elle n’a pas peur. Si elle connaissait le monstre qu’il est, elle ne dirait pas ça. Moi je suis terrifié par cet homme et je ne suis pas sûr que Logan en même plus large. On ne sait pas se protéger de lui, aucune porte, aucun mur et aucune serrure ne peuvent l’arrêter. Il était déjà taré avant mais là, il n’a plus de limite a son sadisme.

Je la regarde un peu effrayé par ses mots et en fait, je ne comprends pas, c’est tellement…. Illogique. Pourquoi elle dit ca ? Je ne suis qu’un plan cul obsolète qui a failli la faire tuer non ? Elle ne devrait pas me haïr ? Elle se met en position pour dormir et me demande une nouvelle fois de rester près d’elle. Je n’hésite pas longtemps pour me mettre contre elle et la serrer dans mes bras. Ce geste me parait vraiment naturel et m’apporte un soulagement inouï. Toute la tension emmagasinée à me forcer a rester loin d’elle m’épuisait, j’ai l’impression de revivre.

« Joey… »

Je lui caresse doucement les cheveux mais suspend ma phrase. J’ai tellement peur de dire quelque chose qui la ferait changer d’avis.

« Je… je n’ai pas envie de parler de ça maintenant, je … je suis juste bien contre toi. »

Je pose ma tête contre son épaule et profite d’elle quelques secondes en laissant une de mes mains se promener lascivement entre son épaule et son bras. Je pense que je n’arriverais plus à dormir, en fait je ne veux pas dormir, je veux profiter de cet instant pour oublier toute la souffrance de ces dernières heures et graver a jamais ce moment pour quand je serais loin d’ici avec mon vieux. Egoïstement je n’ai pas envie qu’elle s’endorme non plus, j’ai envie de profiter d’elle encore un peu. J’ai tellement de questions que je me suis toujours interdit de poser, aujourd’hui alors que mon temps est compté, je ne vois pas pourquoi je devrais me censurer.

« Tu me racontes l’histoire de tes tatouages ? »

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 18 Nov - 18:19
Je reste comme ça, à fixer bêtement Isha, alors que je viens tout juste de me décaler dans le lit, et de lui faire la place nécessaire pour qu’il vienne s’y glisser. Je n’ai pas vraiment l’intention de le supplier, ce serait quand même un comble de devoir en arriver là, alors que des jours plus tôt, je n’avais besoin que d’un regard ou d’un sourire pour l’inciter à venir se blottir contre moi. Mais il semblerait que je n’ai pas à atteindre une telle extrémité, et le brun finit par se glisser dans le lit, enfin. J’esquisse un léger sourire, et le laisse s’installer, puis m’attirer à lui sans broncher. Je me blottis davantage contre lui, gigote un peu le temps de trouver ma position, avant de fermer tout simplement les yeux. Etrangement, ça nous ressemble bien plus que ces longues heures de silence, et de cohabitation bancale, et je sens une partie de la tension accumulée jusque-là s’envoler rapidement.

Quand je l’entends me répondre qu’il n’a pas envie de discuter de son père, et de toute cette situation merdique maintenant, je hoche légèrement la tête, sans pour autant daigner ouvrir les yeux ou me redresser. « -Alors on parle pas. » que je réponds simplement, en laissant ma main glisser le long de son flanc. Je respecte le fait qu’il n’ai pas envie d’en parler, pas maintenant du moins, et c’est sans doute parce que je comprends qu’il se rends compte lui aussi que ce n’est pas un sujet que l’on va pouvoir éviter éternellement. Pour une raison qui m’échappe encore, son père a tenté de me faire la peau, et j’ai bien l’intention de savoir pourquoi.
On reste comme ça, blottit l’un contre l’autre pendant un petit moment, avant que la voix d’Isha ne rompe une nouvelle fois le silence de la chambre. Sa question me fait légèrement froncer les sourcils, alors que je me redresse pour pouvoir plonger mon regard dans le sien. C’est sans doute la première fois qu’il me pose une question d’ordre personnel, et ouais, je dois admettre que je suis plus que surprise. « -Hum…tu te rappelles que t’as marchandé avant de me donner la réponse à cette même question ? Que j’ai dû t’offrir mon corps pendant toute une nuit ? » C’est purement rhétorique comme question, et à vrai dire, je ne sais même pas pourquoi j’ai décidé de revenir là-dessus, ou d’aborder le sujet. En plus de ça, ça a été loin d’être une nuit désagréable.

Je finis par me redresser pour m’assoir en tailleur dans le lit, et laisser mon regard se poser quelques secondes sur Bandit. L’histoire de mes tatouages ? Je ne saurai pas vraiment par où commencer. Mon regard se pose furtivement sur la fleur de lotus qui orne ma cuisse et qui dépasse des couvertures, pourtant, ce n’est pas par-là que je commence. « -Quand j’ai eu dix-sept ans, ma mère s’est barrée avec son nouveau mec…enfin, avec son nouveau mari, et elle m’a larguée chez la mère de ce pauvre gars. Naya elle s’appelait. C’était une vieille femme aigrie, toute rabougrie, au caractère de cochon, la personne la plus acariâtre qu’il ne m’ai jamais été donné de rencontrer. » Je fais une petite pause, sans pouvoir retenir un sourire nostalgique. Ouais, Naya a bien su cacher son jeu lors de nos débuts de cohabitation, le temps de parvenir à m’apprivoiser suffisamment pour me montrer celle qu’elle était vraiment. Une boule de tendresse prête à m’aimer comme personne d’autre ne l’avait jamais fait jusque-là. « -Mais…ce n’était qu’une façade. Au fond, c’était la femme la plus douce que j’ai jamais rencontré. Une vraie perle. Elle est devenue comme ma grand-mère…et même plus que ça. Elle a été plus une mère que ma propre mère. » Même si ce n’était vraiment pas compliqué d’être plus aimante et protectrice que Marianne Desrosiers, dont je m’interroge encore sur les raisons pour lesquelles elle a décidé d’avoir un enfant. Naya a été la première à me montrer réellement de l’importance, à me montrer que je comptais, et que je valais quelque chose. Et ça a fait une sacrée différence. C’est elle qui m’a poussé à arrêter d’être cette gamine ingrate qui faisait payer son mal-être au premier venu. Mais tout ça, Isha n’a pas besoin de le savoir. Ça ne l’intéresse probablement pas de connaître les conneries de jeunesse de son plan cul, pas vrai ? « -Quoiqu’il en soit, Naya était dingue d’astronomie. Les étoiles, les planètes, les constellations…tous ces machins-là, elle adorait ça, et c’est devenu notre truc à nous. Elle prenait plaisir à me parler de sa passion, une tasse de thé à la main, sous le porche de la maison, et moi j’adorais voir la petite étincelle dans son regard. Et j’ai fini par aimer ça, moi aussi. Ce tatouage-là… » Je me tourne pour lui montrer l’arrière de mon bras, où sont représentées les différentes phases de la lune. « -Celui-là a été le premier. Je venais d’avoir tout juste 20 ans. Tu vois…peu importe ce qui t’arrives dans la vie, y’aura toujours des choses immuables auxquelles se raccrocher. La Lune, elle s’en fout, elle, du merdier que c’est là en bas, elle continue de tourner, d’avancer, de faire sa course dans le ciel, inlassablement. Elle était là, tous les soirs quand Naya faisait toujours partie de ce monde, et elle a continué à être là, même quand je me suis retrouvée toute seule dans cette immense maison… » Je finis par hausser les épaules, en m’arrêtant là pour éviter de devenir trop nostalgique, et de laisser la tristesse m’envahir.

Ensuite, je lui montre l’arrière de mon oreille, où se cache un autre tatouage. « -Je ne sais pas si tu l’avais déjà vu, mais…celui-là, je l’ai fait après la mort de Naya. C’est la constellation de Cassiopée. C’était sa préférée. Elle pouvait t’en parler pendant des heures et des heures, sans même radoter une seule fois. Je pensais jamais dire ça un jour, mais…je suis vraiment contente qu’elle soit pas là pour voir ce qu’est devenu le monde. » Je pousse un soupir, avant de glisser une main dans mes cheveux, et de détourner le regard pour fixer les rayons de lune qui filtrent à travers le volet entrouvert. Où que soit Naya aujourd’hui, elle y est toujours mieux qu’ici, où tout part en vrilles. Je redescends la couverture sur mes cuisses, jusqu’à faire apparaître la fleur de lotus en mandala qui orne l’une d’entre elles. Aucune chance qu’Isha soit passé à côté de celui-là, pas avec toutes ces fois où je me suis retrouvée à poil devant lui. « -Quand j’habitais à Cancùn, y’avait un espèce de grand jardin botanique près de mon école. J’y allais presque tous les jours, quand je voulais retarder au maximum l’heure de rentrer chez moi. Enfin…peu importe. Mais dans ce jardin, y’avait tout un tas de fleurs, et de temps en temps des fleurs de lotus, de plusieurs variétés différentes, de toutes beautés. Je les trouvais tellement belles, tellement… fascinantes…alors…voilà. » C’est une conclusion un peu bancale, mais je ne vois pas quoi dire d’autre sur le sujet. J’aime les fleurs de lotus, leur beauté, leur délicatesse aussi, au point que j’en ai marqué ma peau, à vie. Il en reste un, un dernier, sur l’une de mes chevilles. Je lève le pied de façon assez maladroite, autant que mon corps meurtri et aussi raide qu’un bâton me le permets, suffisamment pour montrer au brun l’arbre de vie tatoué sur ma jambe. « -Et celui-là…ben celui-là je l’aimais bien, c’est tout. » J’esquisse un léger sourire, et choisit de lui éviter tout mon blabla sur le pourquoi du comment de ce tatouage-là. A quoi bon s’étendre sur le sujet, pas vrai ? Maintenant qu’il sait tout, je me faufile bien au chaud sous les couvertures, avant de me coller de nouveau contre Isha, et de blottir ma tête dans le creux de son épaule. C’est presque marrant qu’il ai commencé par cette question-là, alors qu’il ne sait quasiment rien sur moi, mais je ne m’en offusque pas vraiment, puisque c’est par-là que j’ai commencé, moi aussi.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 19 Nov - 9:34
« Il faut croire que je vais avoir une dette a te payer cette nuit. »

Je suis captivé par sa beauté et sa grâce quand elle se détache de moi pour dévoiler ses tatouages et les petits morceaux de son histoire qu’ils illustrent. C’est assez amusant de me rendre compte à quel point j’étais à côté de la plaque sur plusieurs choses. Oui je l’avoue, j’aurais vraiment parié que Joey avait eu ce que j’appelle une enfance classique, un père et une mère comme on en voit à la télé ou sur les portait de famille dans les maisons que je cambriolais à l’époque. J’accueille attention tout ce qu’elle daigne partager d’elle avec moi, ces petits morceaux de passé qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui et que je pourrais emporter avec moi quand je serais obligé de partir.

Malgré mon intérêt et ma curiosité pour sa famille et sa vie d’avant, je grogne quand elle se lève hors du lit et c’est presque avec précipitation que je la récupère sous les couvertures contre moi quand elle a fini. Je ne sais pas ce qui me pressait autant entre la savoir s’épuiser ou la savoir loin de moi. Toujours est-il qu’il me faut quelques minutes avec elle blottie dans mes bras pour pouvoir me calmer sur cette impression que c’est de la torture contre nature qu’elle puisse être à une autre distance. Je lui passe peut-être trop affectivement, ma main contre son visage en la regardant dans ses yeux magnifiques.

« Même si je ne veux pas diminuer le mérite de ta grand-mère de cœur, tu es tout sauf une personne compliquée à aimer, même avec ton caractère de bourrique, et j’ai même du mal à imaginer que ça pouvait être autrement quand vous vous êtes rencontrées Naya et toi… »

J’essaye de lui sourire même si je comprends bien que ca doit être difficile de parler d’une personne chère qui est morte. Elle a beau dire qu’elle est contente qu’elle ne soit plus là pour voir la merde, j’entends souvent ça à propos de choupette et je sais que c’est juste la formulation pour ne pas perdre pieds dans la nostalgie.

« J’aimerais bien te demander de me parler de Cassiopée et te demander ce qu’est devenu ta mère, mais il faudrait peut-être savoir si j’ai les moyens de m’offrir le luxe de t’empêcher de dormir en t’abreuvant de questions. Tu me fais un devis pour une dizaine de questions et quelques requêtes et tu me ^requise ce que je te dois pour celles déjà posées ? »

Je lui dis ça avec un grand sourire pour essayer de mettre un peu d’humour dans la situation et surtout que je redoute les heures de notre vraie séparation qui arrivent à grand pas. Je ne suis pas sûr de savoir survivre à ça.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 19 Nov - 18:18
Je me love bien volontiers dans les bras d’Isha, profitant au passage de sa chaleur corporelle pour me réchauffer un peu. J’en profite pour m’étendre de tout mon long, et coller mes jambes dénudées contre celles du brun, avant de relever les yeux vers lui quand je sens ses doigts sur mon visage. Je fais semblant de ne pas avoir remarqué son empressement à me serrer une nouvelle fois contre lui, ou son côté surprotecteur qui semble s’exprimer à la moindre seconde. Qui aurait cru qu’il était de ce genre-là, quand on s’est rencontrés sur la péniche ? Pas moi en tout cas, ça c’est sûr. Et j’ai du mal à savoir comment réagir, à ne pas me laisser aller à mes instincts, et de lui dire sans délicatesse que je ne suis pas une de ces filles fragiles qui risquent de se briser au moindre coup de vent. Je n’ai jamais eu besoin de personne pour prendre soin ou s’occuper de moi, j’ai toujours eu la tâche de faire ça toute seule, et je m’en suis très bien sortie depuis ces vingt-sept dernières années. Et l’arrivée des rôdeurs, des cannibales, ou de géniteurs totalement psychotiques n’y changeront rien.

Quoiqu’il en soit, je reste sagement contre Isha, mes yeux plongés dans les siens, alors qu’il me parle de Naya, et qu’il semble remettre en doute mes dires concernant le fait que j’étais une gamine insupportable quand cette brave dame a bien voulu de moi dans sa maison. Je ne peux pas retenir un léger sourire nostalgique à ses paroles, avant de secouer doucement la tête. « -Oh…tu ne sais vraiment pas de quoi tu parles Isha. J’étais une vraie teigne. Une…une chieuse sans nom. Une vraie emmerdeuse. Crois-moi sur parole. » En fait, j’étais juste une ado en mal d’affection, qui tentait désespérément d’attirer l’attention d’une mère absente et démissionnaire. Mais pour comprendre ça, et réussir à devenir une autre personne, il m’a fallu tout l’amour de Naya, et mon regard d’adulte, aussi. « -Elle m’a laissé passer toute une nuit hors de la maison un jour…juste parce que j’avais pas respecté le couvre-feu. Cette femme était aussi teigne que moi, en fait. » Mon sourire s’élargit un peu plus, et je me perds en souvenirs concernant cette vieille dame au sourire malicieux, et aux yeux pétillants.

Finalement, le départ de cette mère absente, qui m’a trainée derrière elle comme un boulet pendant près de dix-sept ans, a sans doute été la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. C’est vraiment con que Marianne n’ai jamais daigné repointer le bout de son nez à Détroit, du coup, je n’ai jamais eu l’occasion de la remercier pour s’être barrée, et m’avoir laissée derrière elle comme elle l’avait toujours rêvé. Je suis détournée de mes pensées cyniques par la voix d’Isha qui s’élève une nouvelle fois près de mon oreille, alors que je me force à glisser de nouveau mes yeux dans les siens. Je ne ressens même pas le moindre pincement au cœur quand il me parle de ma mère, ce qui doit sans doute en dire beaucoup sur le genre de fille aimante que je suis. Je me dis malgré tout que c’est pas plus mal qu’il ne se lance pas sur cette voie-là, bien qu’il n’y aurait pas grand-chose à dire sur le sujet, vu que je n’ai jamais entendu parler de cette chère Marianne depuis qu’elle est partie pour ce qui ne devait être qu’une lune de miel de quelques jours. Je me force à esquisser un léger sourire, et à faire mine de réfléchir pendant quelques secondes. « -Je voudrais bien aller dehors demain. » Ouais, je voudrais bien voir autre chose que cette maison hors de prix qui est bien trop grande à mon goût, et que je trouve tellement oppressante, à bien des niveaux. Je ne rêve pas particulièrement de parcourir les rues du camp d’Isha, ce n’est pas vraiment de la curiosité, c’est juste le besoin de voir autre chose, de prendre l’air autrement qu’en me penchant à la fenêtre, ou en allant respirer l’air de ce beau jardin. Alors ouais, je ne serai vraiment pas contre un petit tour dehors, qui me permettrait aussi de me changer l’esprit et de me dégourdir les jambes.

Je garde le silence encore quelques instants, avant de m’éclaircir un peu la gorge, pour reprendre la suite. « -Et je veux que tu me promettes de pas faire de connerie monumentale…du genre aller retrouver ton père, ou un truc aussi débile que ça. » Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit, non ? C’est bien ce qu’il a dit, qu’il allait s’en occuper ? Qu’il allait faire un truc totalement con, qui risquait probablement de mal finir en plus de ça. Je me redresse un peu dans le lit, et plonge une nouvelle fois mon regard dans le sien. « Alors…promets-moi juste ça, et tu pourras me poser toutes les questions que tu veux. » J’essaye d’adopter un ton détaché, aussi faussement enjoué que possible, comme si j’étais tout simplement en train de parler de la pluie ou du beau temps.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 19 Nov - 22:07
Je ne peux que sourire à la description de ses années « teignouses ». C’est idiot mais j’aurais aimé la rencontrer à cette époque. Pas sûr que ça aurait donné quelque chose de très positif mais j’ai du mal à imaginer la petite pompier autoritaire en jeune fille rebelle.

« Tout ce que tu veux princesse. »

Je m’engage un peu vite mais je suis confiant. Enfin, je l’étais en écoutant sa première requête. Son envie de sortir me parait légitime et saine. Une promenade ne pourra que lui faire du bien. Et puis elle pourra se rendre compte par elle-même de ce qu’est Fort Hope. Elle pourra voir de ses yeux ces rues qui semblent sorties d’une autre époque et cette oasis de normalité perdu dans ce monde de fous. Je voudrais tellement qu’elle aime cet endroit suffisamment pour envisager d’y rester si on règle le problème de Joshua. Que si je me merde avec le vieux et que je crève, elle n’hésitera pas à venir vivre ici, dans le confort et la sécurité de cet endroit. Je sais que Logan veillera sur elle comme si elle faisait partie de sa famille. Je suis beaucoup moins rassuré par une tête brulée comme Cale. Je vais lui répondre mais elle m’annonce sa deuxième demande et là, je me sens de plus en plus tendu car pour le coup, c’est hors de mes moyens.

« Joey… »

tarnation je voudrais lui dire oui, je voudrais que l’on continu à profiter de cette douce quiétude dans laquelle je peux facilement oublier qu’on est pas un vrai couple, que je ne suis que le mec qui la fait jouir et en ce moment la gave pour qu’elle reste au lit, qu’on ne sera jamais plus que ça, qu’elle ne portera jamais de robe blanche pour moi, qu’elle ne verra jamais avec bonheur son ventre s’arrondir pour former une famille avec moi.

« Déjà, s’il te plait, mon père c’est Logan, pas l’autre taré, alors appelle comme tu veux, mon géniteur, mon vieux, n’importe quoi autre que « père »  »

Je passe une main dans son dos comme pour me préparer a la retenir alors que je n’aspire qu’a une chose, qu’elle reste contre moi. Moi qui voulait éviter le sujet. C’est presque avec douleur que je le regarde pour lui donner le plus amère des constats :

« Je ne sais pas si je peux te faire cette promesse. Déjà, je suis une merde pour tenir parole, ensuite… j’ai aucune idée de comment ça va se finir mais je sais qu’il faut que ça se termine d’une façon ou d’une autre. Il y a déjà eu trop de morts et trop de blessé juste parce que je suis ici… y’a un gosse de 10 ans qui doit vivre l’enfer… Je te jure que je préférais rester jusqu’à avec toi jusqu’à ce que tu n’en puisses plus de moi. Je voudrais vraiment être en train de négocier avec toi pour que tu restes ici et que toutes les nuits où tu en as envie, je sois dans tes draps. Mais je ne peux juste pas.»

Je reste à la regarder avec gravité en pensant au petit garçon de 10 ans dont Logan m’a parlé et au fait que je maudis mon vieux de m’arracher à mon soleil et a des espoirs de vie.  

« J’ai une petite sœur qui a à peine 9 mois tu sais ? Si tu veux je te la présenterais. Il a déjà failli la tuer aussi… Je ne peux pas permettre qu’il prive Logan d’un autre de ses véritables enfants parce qu’un jour il m’a sauvé. Je te jure Joey que si je pouvais faire autrement je le ferais. Sauf que je n’ai aucune autre alternative et que si je reste sans rien faire, c’est lui qui viendras tôt au tard pour te torturer devant moi et tuer ma famille. »

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 19 Nov - 22:23
Je n’ai même pas besoin d’entendre la moindre réponse de la part d’Isha, que je sais déjà ce qu’il va dire avant même qu’il ouvre la bouche. Il suffit de voir la façon dont il s’est raidit dans le lit pour savoir qu’on ne va pas avoir une de ces conversations plaisantes, où on va se mettre à flirter gentiment, et à se caresser sous les couvertures. Il va être en désaccord avec moi, évidemment, le contraire serait trop beau sinon, pas vrai ? Fais chier. Je ronchonne à voix basse, soupire contre le cou d’Isha, avant qu’il finisse par prendre enfin la parole. Je fronce ouvertement les sourcils à ses paroles, mais ravale toutes les innombrables questions que je voudrais poser, là tout de suite. Je me contente cependant d’un léger « d’accord », et finis par relever mon visage vers celui du mécano, me demandant s’il va y avoir une suite à ses paroles, ou si je vais devoir me contenter de ça.

Je sens pourtant sa main chaude glisser sur le tissu doux du t-shirt d’Isha, et je ne me dérobe pas à son regard quand il reprend enfin la parole. Je me crispe à mon tour dans le lit, et serre la mâchoire, alors qu’il dit en quelques mots qu’il ne pourra jamais accéder à cette requête-là. Pourtant, elle n’était pas si inaccessible que ça cette requête, pas vrai ? Je me force à regarder le brun dans les yeux jusqu’à la fin de sa longue tirade, alors que je dois vraiment me forcer à ne pas l’interrompre toutes les deux secondes pour lui donner mon point de vue. Je laisse un certain silence s’installer dans la chambre, en essayant de tempérer mon caractère volcanique, et de calmer le flot de mots qui se bousculent derrière mes lèvres closes. « -Isha… » Je commence comme il l’a fait lui-même, en prononçant simplement mon prénom.

Pourquoi est-ce que c’est toujours aussi compliqué ? « -Y’a des cadavres dehors, qui marchent dans les rues avec pour seul objectif de pouvoir nous bouffer vivants. Et y’a des cinglés qui sont décidés à piéger les quelques humains qui osent braver ces macchabées pour leur mettre la main dessus et les manger aussi. Si en plus de ça, je dois aussi flipper que ton taré de pè…de géniteur me mette la main dessus, alors je fais quoi ? Je sors plus de chez moi ? Je laisse les autres risquer leurs vies à ma place ? » Je fais une pause et soupire légèrement, avant de me mordiller la lèvre inférieure. « -Je fais pas ça moi. Je laisse pas le danger aux autres. C’est pas…moi. Alors…je peux pas te laisser affronter ça tout seul. Encore moins si ce mec est aussi fou et dangereux que tu le décris. » Je le regarde avec toute la conviction et la détermination dont je suis capable de faire preuve en pleine nuit, sans savoir réellement si j’arrive à être convaincante ou pas. A mon tour, je glisse ma main sur sa hanche, son flanc, son torse, avant de lâcher quelques derniers mots : « -Laisse-moi t’aider. » Ça sonne comme une supplique, et je déteste le son de ma voix dès qu’il quitte mes lèvres, mais il n’y a rien que je puisse faire à ce sujet. Je crois que malgré la merde dans laquelle on vit, je fais toujours partie de ces personnes qui pensent encore que la violence ne résous pas tout, et qu’il doit bien exister une autre solution. Peut-être que je suis juste une pauvre idéaliste à la con, naïve de croire qu’il existe une autre façon de faire. Je me rends compte aussi que je pourrais perdre des heures à en parler, à exposer mes arguments du mieux que je le peux, à défendre ma cause bec et ongles, il sera impossible de faire changer Isha d’avis. Et c’est bien dommage. Surtout si ça veut dire qu’il doive risquer sa vie. Je me mords la lèvre inférieure, fort, retenant de justesse un nouveau soupir. Maintenant qu’on arrive enfin à se parler un peu, j’aimerai bien que la conversation ne tourne pas court, pas si vite. « -Et t’as sœur va m’adorer. J’ai jamais compris pourquoi, mais tous les gamins m'adorent toujours… » J’essaye de sourire un peu à cette simple constatation, mais parler d’enfant me rappelle douloureusement la gosse de ma meilleure amie, et tout ce que j’ai perdu depuis cette foutue épidémie.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 19 Nov - 23:04
Ma petite bourrique. Je sens malgré moi un peu de fierté qu’une femme aussi entêté et parfaite soit dans mon lit contre moi. Elle a raison, ce n’est pas à moi de décider si elle doit, ou non, avoir peur. Je suis de toute façon suffisamment terrifié pour deux et je ne le laisserais pas mon géniteur lui faire plus de mal qu’il en a déjà fait.

J’aimerais être égoïste tarnation. C’est tellement cruel qu’elle arrive maintenant dans ma vie alors que je sais que Joshua guète juste le bon moment pour me faucher d’une façon ou d’une autre, que si je m’accroche à elle, elle finira comme Avalohn. J’aime l’entendre prononcer mon prénom. Entre ses lèvres je trouve qu’il fait doux. En fait il fait même plus que ça, je ne sais pas trop comment décrire ça, mais il n’y a qu’elle pour en faire quelque chose de joli et de presque aimé.

Il y a une intensité dans ce qu’elle est, dans ce qu’elle dit, dans sa façon de voir le monde. Ça serait tellement tentant de me laisser rallier à sa force, de faire l’autruche, de me dire que pour une fois, une toute petite fois, je mériterais de passer avant les autres, d’avoir mon petit morceau de bonheur à moi. Je ne doute pas une minute qu’elle doit être sensationnelle avec des enfants. J’essaye de rapidement penser à autre chose qu’elle en mère.

« Demain on passera voir mon père et ma sœur si tu veux… »

Quand elle me touche j’ai l’impression que ses mains irradient dans ton mon corps. tarnation, même maintenant alors qu’elle est blessée et que le sujet de conversation ne s’y prête pas, d’un simple contact elle me prouve tout le pouvoir qu’elle a sur moi.

Je la laisse faire et me redresse pour que mes lèvres trouvent les siennes, j’aimerais dire que c’est juste un baiser tendre, mais je ne peux pas vraiment lui dissimuler l’effet qu’elle me fait. Je cesse de l’embrasser le temps de lui répondre.

« Tu m’as déjà tellement aidé Joey, plus que tu ne peux imaginer. »


Je ne lui laisse pas le temps de répondre et scelle a nouveau sa bouche avec la mienne, tout en la retournant le plus délicatement possible, pour qu’elle se retrouve en dessous de moi. Instinctivement mes mains sont déjà en train de se faufiler le long de ses cuisses et je dois me faire violence pour qu’elle en reste à l’intérieur sans aller visiter une zone plus haute et ardemment convoitée.

« Par contre… je crois qu’il va falloir que je retourne sur le canapé, je ne sais pas comment tu fais ça, mais c’est compliqué de rester sage près de toi si tu me caresses… »

Je lui dis ça avec un air taquin mais c’est malheureusement la stricte vérité. J’ai juste envie de lui faire du bien, de me perdre en elle pendant les heures qui nous restent.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Lun 20 Nov - 22:32
Ouais okay, je l’avoue, mon plan était bien de profiter de l’effet que je crois faire sur Isha en baladant mes mains sur lui pour lui soutirer mes requêtes sans avoir besoin de négocier trop longtemps. Et je ne crois pas me tromper quand je le sens se redresser, mais je n’ai pas le temps d’esquisser le moindre sourire victorieux que les lèvres du mécano se posent sur les miennes, dans un baiser tout sauf chaste. En réponse, mes mains se montrent encore un peu plus inquisitrices sur son corps, et davantage encore lorsqu’après quelques mots que je ne comprends d’ailleurs pas, il finit par se glisser au-dessus de moi. Je profite de cette proximité nouvelle pour faufiler mes doigts sous le haut d’Isha, et faire doucement glisser le bout de mes ongles sur la peau du dos du brun. Voilà qui nous ressemble bien plus que tout ce qu’on a fait depuis que je suis arrivée ici.

Je sens ses doigts glisser sur mes cuisses, et je me serre instinctivement davantage contre lui, et lâche un grognement de frustration quand il finit par se reculer pour reprendre la parole. Sérieusement, ce mec parle vraiment beaucoup trop ! Et toujours quand il ne devrait pas. Ses mots m’arrachent pourtant un léger sourire, alors que je fais volontairement glisser mes doigts jusqu’à ses fesses, en lui adressant un regard provocateur : « -C’est un de mes super-pouvoirs ! » Je décide de n’en faire qu’à ma tête pendant quelques secondes supplémentaires, et me redresse dans le lit pour coincer une nouvelle fois les lèvres d’Isha entre les miennes. Moi non plus je n’aime pas vraiment être raisonnable quand il est dans le coin, et encore moins quand c’est ce qu’il semble attendre de moi. Et puis…il faut également dire que j’adore le titiller, et que c’est en soit une excellente idée de faire exactement le contraire de ce que je devrais.

Je lui offre un dernier baiser aussi peu tendre que celui avec lequel il a ouvert les hostilités, avant de me laisser retomber sur le matelas, non sans afficher un sourire satisfait. « -Bon…restons sages alors. » Je le pousse, puis tire sur son bras pour qu’il se recouche dans le lit. Je finis par me tourner sur le côté, celui qui n’est pas blessé, alors que je colle mon dos contre le torse d’Isha. Par pur esprit de contradiction, ou de provocation, je fais exprès de remuer un peu mon popotin contre le brun, quelques petites secondes, rien de plus, en une imitation parfaite d’une nana qui chercherait juste à trouver une place confortable dans son lit. Quand j’estime que la torture a duré assez de temps, je prends enfin une position confortable, une vraie cette fois, puis j’attrape le bras d’Isha et le fait passer par-dessus ma taille, avant de fermer les yeux, sans me départir du petit sourire au coin de mes lèvres. Et avant même de m’en rendre compte, Morphée m’accueille une nouvelle fois dans son royaume, comme à chaque fois que je ferme les yeux ces derniers temps.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Lun 20 Nov - 22:59
Joey est joueuse et tout dans son comportement m’incite à penser qu’elle n’a pas envie d’être raisonnable, tant mieux, parce que pour le coup, moi non plus. Je lui rends son baiser qui m’irradie déjà de tension sexuelle quand je pressens le coup venir avant qu’elle ne dégaine son « restons sage ». tarnation ! On ne peut pas dire qu’avec Avalohn je n’ai pas été à bonne école ces derniers mois mais là, j’ai un peu de mal a encaisser ce revirement sur le moment.

C’était quoi déjà le truc qu’on nous servait dans les centres de délinquance, ou, même si j’y était pour vol ou violence, d’autre était pour des trucs sacrement plus moches. Ah ouai, une nana à le droit de changer d’avis, c’est pas parce qu’elle nous fait comprendre oui qu’elle n’a pas le droit de dire non cinq minutes plus tard. Pour le coup j’ai quand même l’impression de faire souvent cet effet là en ce moment.

J’ai du mal a ne pas lever les yeux au ciel quand mon perfide soleil me fait certainement payer quelque chose en continuant sa torture. Non seulement elle se met en position pour dormir, en me tournant le dos, mais en prime elle se tortille contre moi de la pire façon qui soit pour mon 5e membre qui est déjà tendu a l’extrême. Je ne me fais pas d’illusion sur le fait que, dans cette position, elle n’est pas sentie « la tension » qui était la mienne. D’ailleurs je fais plus que la soupçonner de manœuvrer son délicieux petit cul dans le but précis de me maintenir dans cet état. Je ne dis pas que ce n’est pas agréable, non bien au contraire, mais c’est plutôt le fait que cela s’arrête avec un arrière gout de foutage de gueule soupoudrer de béquille solitaire qui est tout sauf plaisant. Je pense quitter le lit pour aller « me calmer » ailleurs quand ma petite bourrique décide que ce soir j’ai mérité de souffrir en prenant mon bras pour le passer autour de sa taille.

Combien de temps passe dans cette position, qui pourrait vraiment être confortable si j’arrivais a me « détendre » ? Je n’en sais rien. Par contre je suis sûr que c’est mort pour pouvoir dormir.

« Joey ? »

Pour toute réponse je n’ai qu’une respiration régulière d’une belle endormie. Je me sens un peu comme un chiot laissé sur le bord de la route pour le coup. J’essaye, vainement, de penser à des trucs qui pourraient m’aider a être plus zen, mais j’ai beau chercher, le fait que ses fesses touche mon sexe et que ma main soit près de ses seins rend l’exercice impossible.

Plus j’essaye de changer de position, pire c’est. Finalement, après un combat intérieur, peut-être pas assez long pour que je passe pour un mec bien, je décide que je n’ai pas envie d’être le seul à ne pas dormir malgré le fait que je sais qu’elle doit se reposer.


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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Mar 21 Nov - 22:09

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Jeu 23 Nov - 23:57


Je mets mon nez dans ses cheveux en mesurant l’ampleur de mon inconséquence. Et si elle tombait enceinte ? Et si je ne venais pas de faire la pire chose que je pouvais lui faire en sachant que mes chances de survie sont limitées et que je ne pourrais pas être là… bordel. Mon ton est calme, ce qui contraste avec les tourments qui m'agitent.

« Joey… on a pas mis de capotes… tu te rends comptes de ce que peut entrainer ?»

Je n'avais pas envie d'aborder ce sujet, mais compte tenue des circonstances, je n'ai pas le choix.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 25 Nov - 19:18
Toute occupée que je suis à faire glisser mes mains partout dans le lit pour retrouver le t-shirt, je prends malgré tout le temps de tourner mon visage vers Isha pour lui adresser un regard suspicieux, qui est plus explicite que tous les mots que j’aurais pu dire. Sa blague sur son paternel est d’assez mauvais goût, et peut-être que je l’aurai sans doute un peu moins bien pris si je n’étais pas encore dans cette espèce d’euphorie post-baise dans laquelle je suis plongée. Est-ce qu’il a déjà oublié que d’après ses dires, j’ai failli rallonger la liste des méfaits de son géniteur ? Je me contente donc d’un bref « hm » pas très engageant, tandis que mes doigts continuent leur valse sur les draps. Les mains du brun ne tardent cependant pas à se poser sur mes hanches, alors que je glisse sur le tissu doux, et me retrouve lovée contre lui. Un léger rire s’échappe de mes lèvres, et je finis par me coucher à moitié sur son torse, me laissant gagner par la chaleur de son corps. Il a raison, il tient plus chaud que tous les t-shirts du monde, et rien n’est sans doute comparable à la sensation de sa peau nue contre la mienne. Je me laisse même aller à poser la tête contre son épaule, et à fermer les yeux, pour profiter pleinement de ce moment qui n’appartient qu’à nous.

Mais le silence ne dure pas bien longtemps, et après quelques secondes, Isha finit par reprendre la parole, pour aborder un sujet que je n’avais pas vu venir. Je me redresse suffisamment pour pouvoir croiser son regard, avant d’hausser une épaule : « -Hé bah…ça nous en fera une en rab’ pour la prochaine fois ! » Je voudrais esquisser un sourire, pour montrer que je plaisante, mais son air sérieux me dissuade bien vite. C’est marrant quand même, qu’il ai ce genre de pensées. Enfin, c’est peut-être un peu cliché de ma part, mais pour moi, y’a que les nanas pour s’inquiéter du fait d’être enceinte, ou pas, juste après s’être envoyée en l’air. En tout cas, ça n’a jamais été le genre de préoccupations de mes anciens partenaires, même si c’est vrai que je n’ai jamais omis la capote avec aucun d’entre eux. Je me sens un peu vexée malgré moi qu’il me prenne pour une totale irresponsable, avant de me rappeler brièvement qu’il n’a jamais vraiment pris la peine de connaître autre chose que mon corps.

Son air inquiet finit par me convaincre d’abréger ses souffrances. « -Okay, donne-moi ta main…allez, donne. » Devant son manque de réaction, je suis obligée de lui attraper la main moi-même, et je me redresse encore un peu plus dans le lit. J’approche ses doigts de mon biceps gauche, et avec son index, touche une zone de la peau sous laquelle on sent un léger renflement. « -Tu sens ça ? C’est un implant…contraceptif. » Je relâche son doigt, et passe une main dans mes cheveux, en réfléchissant à la meilleure façon d’aborder la suite de ma réponse. « -C’est vrai que c’était pas très malin de pas mettre de capote, mais avec ça, on craint rien. Ne t’inquiètes pas. » Du moins, telle était la promesse du doc qui m’a convaincue de me laisser tenter par ce système de contraception. Je me laisse gagner par son attitude sérieuse, qui finit par me faire froncer le nez. Je préférai largement la partie où on se taquinait, couchés l’un contre l’autre. « -C’est de ta faute aussi. T’étais là, à me tourner autour depuis que je suis arrivée dans ton camp, sans jamais me toucher…j’avais vraiment très envie de toi ! » Je passe la main dans ses cheveux ébouriffé, puis lui adresse un petit sourire, comme pour essayer de dédramatiser la situations et de lui faire comprendre qu’il s’inquiète pour rien, et qu’aucun mini-nous ne va grandir dans mon ventre.

Comme si j’estimais que le sujet est clos, je finis par me recoucher à moitié sur lui, en enfouissant mon visage dans son cou, tandis que mes doigts glissent doucement sur son flanc, sans même que je m’en aperçoive. Sa réaction plutôt inattendue m’a donné matière à réfléchir, et même si je le voudrais, je n’arrive pas à penser à autre chose. Je garde donc le silence aussi longtemps que possible, avant de finir par craquer, comme à mon habitude. « -T’y as déjà pensé ? A avoir des gosses, je veux dire… » C’est marrant, moi qui suis une spécialiste des plans cul, c’est bien la première fois que j’aborde cette question avec l’un d’entre eux. Mais pour ma défense, c’est aussi la première fois que l’un de ces hommes me fait un tel effet.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 25 Nov - 23:57
J’ai du mal a comprendre où elle veut en venir en me faisant tâter la petite imperfection qu’elle a dans le bras. Je reste assez perplexe quand elle m’explique ce que c’est. En fait, c’est un peu débile, mais on ne peut pas dire que ma mère était très présente quand j’étais à Jéricho, et je doute fort qu’elle ait utiliser d’autre contraceptif que les séjours en prison du vieux et des ovaires desséchés par la drogue. Après je ne préfère pas y penser. Bref, j’ai vécu seulement avec des mecs et les filles ne s’attardaient pas assez longtemps dans ma vie pour que j’ai à me soucier des autres méthodes contraceptives que les capotes. Autant dire qu’elle me fait découvrir un truc de fou là.

Je me sens rassurer et en même temps… c’est un peu idiot et complétement inconséquent vu le contexte, mais j’ai du mal a me resigner que bientôt ca sera fini pour de bon, et ca aurait pu être l’excuse pour m’obliger à ne pas couper les ponts… et donc a mettre sa vie en danger. Putain je me dégoute parfois comme je suis égoïste.

J’évite de lui faire la remarque que ça aurait été pas mal d’économiser des capotes si elle m’en avait parler auparavant. J’imagine qu’elle avait peur d’autre chose que des bébés avec moi. Avec la transfusion ça ne sert donc plus à rien de se protéger.

J’essaye de me détendre et restant convaincu que c’est mieux ainsi. Je la garde contre moi en profitant de son parfum, de sa chaleur, de son humour. Comme si c’était de ma faute si elle aussi ensorcelante et si je suis incapable de me contrôler quand elle est avec moi ? je me laisse cajoler avec plaisir en me raidissant a peine. Je crois qu’elle a réussi le miracle d’amadouer mon instinct défensif avec sa présence.
Par contre, quand elle aborde le sujet des enfants, là je me crispe. Je la regarde avec douleur avant d’essayer de lâcher sur le ton de l’humour.

« Il faudrait être débile pour avoir envie d’enfants dans un monde aussi pourri non ? »

Et je suis débile. C’est de pire en pire. En fait je suis en train de me faire des putains de films là, entre le fait qu’elle me dise qu’elle passe bien avec les gosses, qu’elle voudrait rester baiser avec moi tout le temps ou maintenant qu’elle me demande si je pense à des enfants…. Est-ce que…. Serait-il possible … ? … est ce qu’elle aussi ? Je reste à la regarder gravement en me disant que je payerais cher pour savoir ce qui se cache dans cette petite tête.

Mais je ferais mieux de rapidement de sortir des idées à la con du crane. Aucune femme normalement constituée aurait envie d’avoir un môme avec moi. Ava m’a fait douloureusement comprendre cette leçon. Et puis, je ne veux même pas savoir ce qui passerait par le crane de mon géniteur s’il apprenait qu’un mini moi était en route. Je soupire en me recalant dans l’oreiller.

« Avant je n’y avais jamais pensé et puis, Avalohn a cru qu’elle était enceinte. Sur le coup j’ai paniqué et puis… je sais pas, mais je crois que j’étais content. J’ai travaillé comme un dingue pour être sur qu’elle serait en sécurité, qu’elle aurait tout ce qui lui faudrait… j’ai même appris a changer des couches et j’ai eu les pire emmerdes du monde pour choper de des acides foliques, me demande pas ce que c’est, je sais juste qu’une future maman doit en prendre et puis… un soir ou je suis rentré plus tôt je l’ai surprise en train de parler avec sa meilleure amie… »

Je ferme les yeux une minute en me souvenant de la peine que j’avais subit ce soir là. Même avec la carapace de Robin. Je préfère éviter de parler de la tentative de suicide que j’ai faite dans la foulée.

« Elle était en train de lui expliquer qu’elle préférait risquer de crever dans un avortement que de porter un bébé de moi. »

J’essaye de garder un ton désinvolte. Comme si ce n’était pas grave et que ca ne m’avait pas blessé à vie.

« du coup je pense que ça m’a un peu remis à ma place dans l’univers et c’est peut être pas plus mal comme ça, je peux aider mon père avec ma sœur, enfin je pouvais avant qu’elle manque de se faire tuer par mon vieux. Depuis il ne me laisse plus vraiment la garder ou être seul avec. Donc oui j’ai pensé a avoir des enfants mais je crois que j’ai fait mon deuil en quelques sorte. Et toi ? Tu y as déjà pensé ? »

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 26 Nov - 16:52
Depuis quand est-ce que les câlins post-baise sont devenus ma tasse de thé ? Très bonne question. J’essaye de me souvenir du dernier type que je me suis envoyée avant Isha, ou même avant l’apocalypse, mais les souvenirs m’échappent, alors qu’une petite voix me souffle que malgré ça, je sais très bien ce qu’il en était, et que je n’ai jamais été du genre à me coller au corps de mon partenaire, en quête de chaleur ou d’affection. Je n’ai cependant pas l’occasion d’écouter la perfidie de mes propres pensées très longtemps que je finis par demander au brun s’il a déjà pensé à avoir des gosses, et je rouvre brusquement les yeux quand je le sens se crisper dans le lit. Putain, j’ai dit une connerie, ou quoi ? Je reste immobile quelques instants, en me demandant si je ne viens pas d’aborder le pire sujet qui soit, alors qu’il finit par lâcher l’une de ses pauvres phrases teintées d’un humour auquel je ne crois même pas. Sa ligne de défense.  Malgré le confortable de la position, et la chaleur qui émane de ma bouillotte humaine, je me redresse, et me recule légèrement, pour pouvoir voir son visage, alors même qu’il reprend la parole.

Je ne réagis pas, enfin du moins j’essaye, quand il m’apprend qu’Ava pensait attendre leur enfant, même si je dois bien admettre que je ne m’attendais pas du tout à ce genre de révélation. Sans chercher à l’interrompre ne serait-ce qu’une seule fois, je le laisse me raconter tout ce qu’il a envie de partager avec moi, non sans ressentir une pointe de culpabilité d’avoir abordé avec autant de légèreté un sujet qui semble aussi difficile pour lui. Il a beau ne pas le dire avec des mots, il suffit de voir la tronche qu’il tire pour comprendre quel effet ça lui a fait d’apprendre les pensées de sa fiancée. A la fin de sa tirade, je garde le silence un bon moment, malgré la question posée, parce que je n’ai absolument aucune idée de la façon dont je pourrais répondre à ça. Ignorer ses confidences et lui répondre simplement que non, je n’ai jamais imaginé être mère un jour ? Je me mords la lèvre inférieure un petit instant, le temps qu’il me faut pour réfléchir et prendre une décision. « -J’aurai pas du aborder ce sujet, désolée… » Je fais une vilaine grimace, toujours pas certaine de la suite que je dois donner à cette conversation.

Je relève lentement mes yeux vers les siens, réfléchissant le plus vite possible pour ordonner toutes les idées qui me passent par la tête en même temps. « -Tu sais…peut-être que c’était pas le fait d’attendre un enfant de toi qui lui faisait peur, juste celui d’être mère, tout simplement. Certaines femmes sont pas du tout attirées par le fait d’avoir des enfants…c’était peut-être le cas de ta Louve. Et puis en plus de ça, on dit souvent des trucs qui dépassent notre pensée quand on est en colère ou effrayé… » Je penche un peu la tête sur le côté, en me disant qu’il aurait mieux valu que Marianne ai ce genre de comportement, avant de m’avoir. Qu’elle se rende compte à temps qu’être mère n’était pas fait pour elle, qu’elle ne pourrait jamais assumer ce rôle trop grand pour elle, et qu’elle aurait pris les mesures qui s’imposaient pour éviter de s’attacher un boulet à la cheville.

Je m’en veux toujours d’être aussi dure quand je pense à la femme qui m’a mise au monde, mais j’ai beau essayer de lui chercher des circonstances atténuantes, je ne lui en trouve malheureusement aucune. Et plus le temps passe, plus je sens que la rancœur que j’ai à son égard ne cesse d’augmenter, malgré moi. Je sais bien que je ne la reverrais jamais, mais je n’arrive pas à me défaire de ce sentiment pour autant. Je soupire légèrement, avant de hausser une épaule : « -Et je pense pas que ce soit ce que fait, dit, ou même pense une autre personne qui définit ta place dans l’univers, mais ce que toi tu fais. Tu pensais que t’allais être père, et t’as fait tout ce que tu pouvais à ce moment-là, pour Ava et le bébé, alors que y’a des types qui se seraient simplement barrés sans attendre une seconde de plus… » Bon, d’accord, c’est encore une référence à la famille chaotique que j’ai eu quand j’étais gosse, et à ce père absent que je n’ai jamais connu. Heureusement, toutes les familles ne sont pas aussi dysfonctionnelles que les miennes, et c’est une bonne chose.

Une nouvelle fois, je relève la tête vers Isha, en repensant malgré moi à cette Louve, qui lui a visiblement mené la vie dure. Je sais qu’il ne veut pas que j’aborde le sujet, et ce serait même d’ailleurs indélicat que son plan cul donne son opinion sur sa fiancée désormais décédée avec qui il l’a trompé. J’ai beau ne pas être une spécialiste de l’amour et tous ces machins-là, j’ai du mal à comprendre la dynamique qui existait entre ces deux-là. Je me remémore ce qu’il m’a dit sur leur mariage, sur le fait qu’elle n’a pas choisi sa robe elle-même, sur cette phrase qu’il m’a dit selon laquelle elle ne l’autorisait même pas à dormir sous le même toit qu’elle, sur cette nouvelle révélation, et…ouais, c’est vrai, je me demande ce qu’il pouvait bien foutre avec elle. Je n’ai jamais été amoureuse de qui que ce soit, mais si l’amour est censé ressembler à ça, je passe volontiers mon tour.

J’évite de lui révéler les pensées troubles qui me passent par la tête, parce qu’il n’en ressortirait rien de bon. Soit il risquerait de s’énerver ou d’être blessé, soit il finirait par me redire que je suis jalouse, ou je ne sais quelle autre connerie. Alors je me tais, et je roule sur le flanc pour pouvoir continuer à lui faire face. Je me souviens alors qu’il m’a retourné ma question, et je finis par consentir à y répondre à mon tour : « -Et la réponse est non. Je n’ai jamais pensé à avoir des enfants. » Je plie mon bras et le place sous ma tête, les yeux dans le vague pendant un moment. Je pourrais en rester là. Je devrais en rester là. Mais je ne peux pas m’y résoudre vu la façon dont il s’est confié à moi, alors que rien ne l’y forçait. Je m’éclaircis un peu la gorge, pas vraiment spécialiste quand il s’agit de livrer des petits bouts de moi : « -J’ai jamais rencontré d’homme qui m’ai donné envie d’une vraie relation, de me poser vraiment, de me marier, ou d’avoir une famille, tous ces trucs-là… » Je hausse une épaule, les yeux perdus dans le vide, en me rappelant que ma plus longue relation n’a pas tenu plus de quelques semaines, quelques mois tout au plus, et que je ne me suis pas considérée en couple une seule seconde avec ce garçon. Je me souviens aussi que j’ai arrêté de le voir sans explication, du jour au lendemain, parce qu’il a eu la connerie de me dire qu’il était vraiment en train de s’attacher à moi, et que mon instinct de préservation a repris le dessus à ce moment-là. Je lâche un petit soupir, avant de reprendre : « -Et puis…t’imagines si le gêne de la mère indigne est héréditaire ? Je veux pas risquer de faire subir à mon enfant la même relation que celle que j’avais avec la femme qui m’a mise au monde… » De toutes façons, il a bien raison, non ? Il faudrait être sacrément débile pour vouloir un gosse dans un monde aussi pourri. Et puisqu’il semblerait que ce monde n’est pas prêt à changer de sitôt, les risques que je porte un jour un bébé sont vraiment très minces.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Lun 27 Nov - 21:45
Joey est vraiment une femme merveilleuse a plein d’égards. Trop peut-être pour son propre bien. Je ne sais même pas pourquoi je me suis ouvert aussi facilement pour parler de mes rêves de paternité mort avant d’avoir existés. Ça s’est fait naturellement. Tout comme sa réaction, spontanée, douce et altruiste. C’est difficile d’être mal à l’aise avec elle. Difficile, aussi, de se souvenir aussi que nous ne sommes que des partenaires de sexe.

Elle n’était pas obligée d’essayer de me remonter le moral pour Avalohn, surtout qu’il n’y avait aucun doute possible sur le fait que la Louve avait toujours eu du mal avec ma présence. Maintenant que j’ai rencontré Joey, qui a juste l’air de m’accepter tel que je suis, enfin, du moins, tel qu’elle m’imagine, ça met les choses sous un autre angle. De mon union avec Ava je ne garde que des blessures amères et je me rends compte que c’est à autre chose que j’aspire.  

J’ai une boule au ventre d’appréhension à ce que le séjour de la brunette à Fort Hope se termine. J’ai plus que l’impression de louper une sortie sur l’autoroute que je ne saurais plus jamais retrouver. Pourtant elle a été claire non ? Elle ne veut rien de sérieux, elle ne m’a donné aucun espoir sur le fait que je pourrais être plus pour elle qu’un partenaire de galipette. D’ailleurs ne vient elle pas de dire qu’elle n’a pas encore rencontré le mecs qui lui donnerait envie de se ranger?

Même si ca m’arrache de devoir me séparer d’elle, sans la menace de mon géniteur, je n’aurais certainement jamais réussi cette épreuve de force que je vais devoir subir. Je serais resté à prendre tout ce qu’elle pouvait me donner et j’aurais forcement été brisé le jour où elle aurait décidé d’y mettre un terme. Ce n’est peut-être donc pas plus mal que ça se termine ainsi maintenant, avant que ça ne devienne encore plus douloureux a gérer.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le pressentiment que nos routes ne se croiseront plus de sitôt et que je vais la perdre pour de bon en la mettant en sécurité. J’essaye de ne pas trop y penser maintenant, il sera bien temps de craquer quand elle sera de retour chez elle. Par contre je sais déjà que je hais à l’avance le type qui lui donnera envie d’avoir des enfants et d’offrir plus que des parties de jambes en l’air.

Je ne peux m’empêcher de grogner quand elle me parle d’hérédité du gène « mauvais parent ». Je la regarde en arquant les sourcils, façon silencieuse de lui rappeler que si sa théorie est vrai, il faudrait peut être que j’aille tout de suite me faire couper les bourses, vu le taré qui a engrossé ma génitrice.

Apres j’ai un bon contre-exemple dans mon entourage. De ce que j’ai capté, le père de Logan était pas un saint, ça n’a pas empêcher son fils de gérer a mort avec des gosses. Bon, si on oublie quelques corrections bien salées mais bien méritées aussi, ça le fait.

« T’inquiètes, j’ai la preuve que si c’est héréditaire, c’est que ça saute des générations, mon père, celui qui s’est occupé de moi, en est la preuve vivante. Tu le verrais avec ses filles… »

Je m’arrête contient que je viens de parler d’Eulalie comme si elle était encore vivante. Je ferme les yeux une seconde avant de reprendre :

« Je veux dire avec sa fille… »

Je me rends compte que je n’ai pas envie de gâcher ce qui nous reste de temps ensemble comme ça et je l’attire doucement a moi, pas dans une position invitant a baiser, mais plus dans une position tendre pour rester lover l’un contre l’autre. C’est plutôt nouveau pour moi, mais je laisse faire mon instinct.
Je la regarde avec un petit sourire en coin tout en passant ma main sur son drôle de machin dans le bras :

« En même temps, heureusement que tu ne me dis pas que tu rêves de gamin, parce qu’avec ton truc, ca m’a l’air sacrement compromis. »

En fait je ne sais pas du coup comment ca marche. Si ca se trouve elle ne pourra jamais avoir d’enfants.

« Je pense que grâce a ta génitrice tu sauras être la meilleure mère du monde si un jour tu rencontre le mec qui t’en donnera envie… et que tu sauras virer ton truc. »

Je lui dépose un baiser sur le front. Même si c’est dit avec maladresse, c’est pensé. Elle a eu moult occasion de me laisser derrière comme une vielle merde, mais elle a toujours été loyale et prévenante a mon égard. Ce qui semble être tout le contraire de sa propre mère.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Mar 28 Nov - 20:41
C’est l’espèce de grognement sorti de la gorge d’Isha qui me ramène brutalement dans la chambre de sa baraque à Fort Hope, loin des souvenirs liés à cette enfance pas toujours très heureuse que j’ai vécu. Je relève les yeux vers lui pour observer son visage aux sourcils levés si hauts qu’ils se perdent sous une longue mèche de cheveux. Quoi, qu’est -ce que j’ai dit ? Je fronce légèrement les sourcils, avant que ça fasse subitement « tilt » dans ma tête. Oui, effectivement, en termes de parents peu recommandables, son père détient sans doute la palme d’or. Je marmonne un bref « ça va, j’ai rien dit… », alors qu’il reprend presque aussitôt la parole pour me parler de cet homme qui l’a pris sous son aile, des années plus tôt. J’esquisse un léger sourire à la mention de ce père qu’il a l’air d’idolâtrer, sourire qui ne tarde pas à se figer quand je vois l’expression qui se teinte sur le visage d’Isha. Il ferme les yeux un bref instant, alors que mes sourcils sont plus froncés que jamais, puis reprend la parole en se corrigeant tout seul. Il n’est plus question de filles au pluriel, mais seulement d’une seule. Même si je pense avoir compris toute la tristesse de la situation, je n’ose poser aucune question, sur cette petite sœur qui d’après ce que je crois comprendre, les a quittés. J’en éprouve quand même un petit pincement au cœur, ayant toujours trouvé injuste, comme certainement tout un chacun, que la vie s’acharne sur ces petits êtres sans défense que sont les enfants. Pourtant, je ne pose aucune question. Je devine à son expression, aux traits de son visage que c’est quelque chose de douloureux pour lui, et j’imagine que comme il l’a fait pour ce bébé qu’il pensait avoir d’Avalhon, il se confiera à moi quand il en aura envie. Si toutefois il en a un jour envie.

Je ne l’ai toujours pas quitté du regard quand il m’attire une nouvelle fois à lui, et qu’il fait courir ses doigts sur mon bras gauche, à la recherche de la petite bosse sur ma peau. Je le laisse faire, amusée, avant de laisser un rire s’échapper de mes lèvres. « -En fait, il a une durée de vie de trois ans. Il sera plus efficace d’ici quelques mois, alors il faudra que je le retire… » Je hausse une épaule, posant mon regard sur les doigts d’Isha qui parcourent le petit renflement. Je finis par attraper sa main qui triture toujours mon bras, et par nouer mes doigts aux siens, au moment même où il reprend la parole. Je ne réagis pas pendant quelques secondes, esquissant un léger sourire en sentant ses lèvres se poser sur mon front, puis je relève la tête pour plonger mes yeux dans les siens. Je ne suis pas forcément d’accord avec son point de vue, même pas du tout, mais sans que je ne puisse le soupçonner, entendre ces mots de sa bouche me fait un bien insoupçonné. Je tends le cou pour déposer un léger baiser sur sa bouche, avant de murmurer un simple « merci » contre ses lèvres. C’est vrai que j’ai toujours eu un feeling assez particulier avec les enfants, mais je me voyais plus comme la tata cool que comme une mère hors pair. Et si jamais je me laissais à croire aux douces paroles du brun, et qu’il s’avérait malgré tout que je suis encore pire que Marianne ? Est-ce que j’ai envie d’infliger ça à un enfant ? Non, définitivement pas.

En proie à des questions qui m’échappaient totalement avant que l’on aborde ce sujet de conversation, je finis par poser ma tête contre l’épaule d’Isha, pensive. Et s’il s’avérait que j’ai déjà rencontré ce mec dont il me parle, mais que je l’ai laissé filer parce que je suis trop bête ? Et s’il faisait parti de ces types qui avaient envie de plus qu’un plan baise et que j’ai viré de ma vie, sans même prendre la peine de connaître ? Et s’il était devenu l’un de ces nombreux rôdeurs qui arpentent aujourd’hui les rues de Détroit ? Et s’il n’existait tout simplement pas ? Et si…les deux pires mots au monde. Tant de possibilités, et aucune réponse à portée de main. Je finis par fermer les yeux, et par me laisser engourdir par la chaleur réconfortante du corps d’Isha. Ma bouillote humaine. C’est marrant, enfermée dans cette cage avec lui, sur la péniche des cannibales, je n’aurai jamais pu soupçonner des semaines plus tôt qu’on finirait par passer la nuit lovés l’un contre l’autre, à parler d’enfants hypothétiques qui ne verront sans doute jamais le jour. Penser à la péniche me fait immédiatement penser à cette boutique de robes de mariées qui est devenue notre quartier de baise, et un sourire lascif étire doucement mes lèvres pendant quelques secondes…qui ne durent cependant pas. Je repense à tout ce qu’il s’y est passé la dernière fois que j’y ai mis les pieds, et je me raidis malgré moi face à ces images sordides. Je n’ose même pas imaginer l’état des lieux après le passage du géniteur d’Isha, et sa mise en scène visiblement macabre. « -Tu sais…il va falloir qu’on se trouve un autre endroit que la boutique. Malgré tous les bons moments qu’on y a passé, je pense pas que j’arriverai à y remettre les pieds… » Ma voix trahit la fatigue qui m’assaille, et le sommeil, qui n’est pas si loin que ça. Pourtant je lutte, vaillamment, sans ciller, appréciant cet instant de calme, de complicité, de confessions inattendues. Et d’une certaine forme de tendresse aussi.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Jeu 30 Nov - 23:11
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu le sentiment d’être un de ses vieux chiens tout moches et tout cabossés que personne ne veut récupérer dans sa maison et dont on tolère juste l’existence, tant qu’il est utile, dans les arènes canines. Ça serait mentir que de ne pas dire que ça m’a pris a un moment de ma vie d’espérer un peu plus qu’être le gamin sale et mal aimé qu’on préfère repousser.

Quand on m’a parlé de famille d’accueil, j’ai bien grogné pour la forme, mais j’avais vraiment espéré un truc comme dans les séries de ma mère.
La déception a été grande de comprendre que le terme « famille d’accueil » était plutôt mensonger pour ses marchands d’aides sociales qui accumulait autant de gosse que leur baraque pouvait en contenir. Je sais bien que je n’étais pas facile, plus on me rejetait, plus je me sentais en colère ce qui n’aidait pas pour avoir le droit a la moindre marque d’affection. Un déchet. Voila comment je me voyais. Un Déchet toxique, le genre de truc qu’on ne touche pas sans gants et sans dégouts.

C’est triste à dire, mais il a fallu attendre que j’arrive chez Logan pour que, pour la première fois de ma vie, quelqu’un me tienne la main. Un geste con qui venait d’un mec désarmé incapable de trouver autre chose pour aider le gamin en pleine crise de manque qui avait atterri chez lui. C’est avec ce simple détail que je pense que j’ai réussi à oublier ma nature de chien enragé pour finalement lui donner une chance de m’apprivoiser.

Quand elle plonge sa main dans la mienne, et que ses doigts entrelacent les miens, je sens tout ce qui est violent et sauvage en moi presque s’évaporer. Je laisse presque échapper un râle de bien être. Me voilà transformer en gentil toutou a ses pieds. Sa tendresse, sa douceur, ses petits gestes si naturels pour elle, si surnaturelles pour moi me désarme au point que je n’ai pas d’autre choix que de baisser les armes et me laisser aller entre ses bras sans trop savoir où cela va nous mener. Je me rends compte à quel point elle nourrit un besoin d’affection, d’être plus qu’un objet de dégout, que je découvre.

Je veux désespérément qu’elle reste, qu’elle me voit plus que comme un plan cul… je la serre contre moi en faisant le vœu que les prochaines 48h ne se terminent jamais. Je la sens se détendre contre moi et je savoure cette présence. Etrange que je prenne autant de plaisir à être près d’une femme sans avoir envie de sexe ? Je commence presque a somnoler dans cette petite boulle douillette qu’elle a réussi a nous faire rien qu’avec sa présence. Mais je me sens soudain très réveillé quand elle pose LA question pleine de tentation a laquelle je n’ai pas envie de répondre.

Je me décale pour la regarder dans les yeux sans pour autant me résoudre à ne plus l’avoir dans mes bras. Elle ne peut pas imaginer la détresse qui est la mienne ni le combat que je mène. Ça serait si facile de lui répondre par une adresse, ou même de lui dire de rester ici… déjà une partie de mes neurones me chantent les louanges de « refaire un essai et être plus discrets ». Mais, malgré mon envie, je sais très bien que ça ne sera jamais suffisant contre mon vieux. La vision du corps de Matthew l’emporte sur tout le reste. L’idée même de la savoir perpétuellement en danger et de me dire que, la prochaine fois, je ne serais peut-être pas assez rapide, me ramène a la réalité. Quoique je puisse vouloir, la seule personne a qui il faut que je pense maintenant c’est pas a ma pomme mais a elle. Je lui caresse tristement son beau visage :

« Ce n’est pas possible Joey, même si on déniche un autre endroit, il finira par le trouver aussi… ou pire il ira directement te faire du mal au labo. »


J’ai du mal a articuler la suite tellement de tout mon être je n’ai pas envie de prononcer ses mots là.

«Après demain je te ramènerais au Labo et… ne me contacte que si tu es en danger d’accord ? Tant que c’est pas régler avec mon vieux je ne veux pas te mêler à ça… »


J’ai envie de lui dire de m’attendre mais je me rends compte que ca serait dégueulasse de ma part. Je n’ai presque aucun espoir que ca ne se finisse pas mal pour ma tronche. Alors autant qu’elle ne perde pas son temps a se demander si un de ses plans culs va revenir ou pas.

« Je sais que tu es une grande fille, mais tu ne peux rien faire contre un type comme lui, je te montrerais un dessin de sa tronche demain, si tu le vois, tu ne réfléchies pas, tu te barres, et si tu ne peux pas, tu ne lui pose aucune question et tu obtempères autant que possible… »

Drôle de résumé du guide de survie de mon géniteur.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Sam 2 Déc - 20:33
Les yeux fermés, le corps et l’esprit détendu, je dois me forcer avec tout ce qu’il me reste de volonté pour réussir à ouvrir les yeux quand je sens Isha se détacher de moi. Il s’écarte mais ne va pas bien loin, comme s’il voulait plonger ses yeux dans les miens, mais m’empêcher de quitter la chaleur réconfortante de ses bras. Comme si c’était quelque chose que je pourrais avoir envie de faire, là, tout de suite. Je sens ses doigts parcourir délicatement mon visage, et je ne peux pas m’empêcher de froncer les sourcils, et de me dire que ça y est, la trêve est finie, et que les hostilités ne vont pas tarder à reprendre, comme si c’était écrit sur sa tronche, et chacun des gestes qu’il fait. Ce qu’il ne tarde d’ailleurs pas à confirmer en prenant la parole, pour dire à voix haute ce que j’ai déjà compris à l’expression de son visage. C’est la fin. Je pousse un soupir audible, volontairement, le genre de soupir qui montre clairement mon exaspération, et mon désaccord profond.

Je n’arrive pas à croire qu’on ai encore ce genre de conversation, qu’il me pousse vers la sortie une nouvelle fois, sans même prendre en considération mes propres sentiments, ou envies. Il en rajoute une nouvelle couche en me disant qu’il me montrera un dessin de son psychopathe de géniteur, et la chose la plus stupide qu’il puisse dire au vu de ce que je lui ai montré de ma personnalité. Coopérer, non…quel mot a-t-il utilisé déjà ? Ah oui…obtempérer. C’est vraiment ça qu’il veut que je fasse, obtempérer avec un taré qui a essayé de me zigouiller ? Aucune chance que ça arrive. « -Donc en gros, j’ai pas mon mot à dire, c’est ça ? Je dois accepter bien gentiment le programme que TU m’as choisi ? Mon corps porte les cicatrices de ses actions, je suis déjà mêlée à ça. » Malgré moi, ma voix est un peu plus dure que ce que j’avais prévu. C’est instinctif, je n’arrive pas à réagir autrement quand on me prive de mon libre arbitre, ou qu’on me croit incapable de décider des batailles que j’ai envie de mener. Il aurait pourtant dû s’attendre à ce genre de réaction.

Je me mords fort l’intérieur des joues pour éviter d’en rajouter une couche, et faire définitivement éclater ce petit moment parfait, qui est déjà en train de s’évaporer. Je me force vraiment à la fermer, je mords encore un peu plus fort. En vain. « -Tu sais, je fais partie des survivants qui veillent au ravitaillement du labo. Autant te dire que je passe pas mal de temps dehors, et il est hors de question que ça change. Alors si ton père peut venir me choper jusqu’à l’intérieur de ma planque, c’est qu’il peut le faire n’importe où. » Je hausse une épaule dans le lit, avant de fixer Isha avec un regard ferme. « -Je vais pas passer mon temps à fuir un fantôme qui a pas d’autre raison de me faire la peau que sa folie. Et je compte pas vivre en flippant à chaque pas, ou en sursautant à chaque bruit. » J’essaye d’ignorer la petite voix qui me souffle que je perds mon temps, et ma salive, à essayer d’expliquer qu’aucune des paroles qu’il pourrait dire m’empêcheront de reprendre ma vie exactement là où elle s’est arrêtée avant que je me fasse tirer dessus, et taillader pour le plaisir d’un fou. « -Et puis si ça se trouve, il pense qu’il a réussi son coup, et que je suis morte. » C’était bien son intention, non ? Peut-être qu’il a été assez confiant pour s’imaginer qu’il avait réussi, et que s’en était fini de la gentille petite Joséphine Desrosiers.

Je replie le bras sous ma tête, définitivement réveillée cette fois. Je n’aime pas la tournure que prend cette nuit, ni même la tension que je sens monter une nouvelle fois en moi, lentement, mais surement. La mâchoire crispée, je remonte mon regard vers Isha, me maudissant d’avoir abordé le sujet de la boutique, au lieu de la boucler. J’ai toujours eu un don assez particulier pour gâcher de bons moments, il semblerait que l’apocalypse n’ai pas entaché ce cadeau. Finalement, je finis par rouler sur le dos, le bras du brun juste sous ma nuque, me servant d’oreiller. Fais chier. Je fixe le plafond vers cette tâche en forme de tasse que j’ai repéré il y a des jours, au cours de ces longues heures de convalescence. « -C’est con. Je pense que je vais te manquer, tu sais. » Je voudrais ponctuer ma phrase d’un sourire, mais rien ne vient étirer le coin de mes lèvres, et je ne ressens rien d’autre qu’une certaine forme de lassitude et de fatigue. On va rester campé chacun sur nos positions, et aucune des conversations qu’on pourrait avoir n’aura une autre issue que celle déjà décidée par les bons soins d’Isha. De toutes façons, ce n’est pas comme si je pouvais m’imposer de force dans ce camp qui n’est pas le mien, où on m’a visiblement gentiment accueillie, et ce n’est pas non plus comme si j’en avais réellement envie. Je voudrais passer chaque minute de ces prochains deux jours à lui démontrer point par point à quel point sa proposition est inutile, et ne me convient pas, mais je ne veux pas gâcher le précieux temps qui nous est donné avant cet au revoir final auquel nous ne pourrons visiblement pas échapper.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 3 Déc - 11:30
Oula Oulalalalala rien qu’a l’éclat qui se met à luire dans le regard doré de mon soleil, je sens que sa combativité, aussi adorable qu’agaçante, est de retour. Dès qu’elle ouvre la bouche je me rend compte que, malgré le peu de temps que nous avons passer ensemble, le fait que je m’interdis presque toutes les questions personnelles, on commence a bien se connaitre. Certes d’une façon intuitive, mais n’empêche, c’est effrayant.

Je la laisse vider son sac convaincu que si elle avait vu l’état de Matthew, si elle savait tout ce que je sais de mon géniteur, elle ne tiendrait pas le même discours. De nouveau la petite voix de Robin me rappelle mesquinement que j’ai qu’a laisser faire, qu’au final c’est sa décision a elle, alors je n’ai pas a me prendre la tête des conséquences.

Mais voilà, je ne peux pas, je ne veux pas vivre dans un monde ou elle ne serait pas vivante quelque part. Ca colère et sa froideur me heurtent et j’essaye de ne pas me refermer comme je sais si bien le faire dès qu’il y a une merde. Au moins je suis d’accord avec elle sur un point, elle n’a pas a vivre dans la trouille du vieux a cause de moi. Je dois la libérer de ça.

Je panique presque quand elle se met sur le dos. J’ai peur qu’elle parte du lit, qu’elle m’abandonne, que l’on passe a coté de ces toutes dernières heures ensemble que je veux plus que tout. Si je ne peux pas l’avoir elle, je veux profiter de chaque minute que nous pouvons avoir ensemble. J’hésite à lui parler d’Avalohn, de ce qui s’est déjà passé et que je suis le seul a savoir maintenant, avec Logan. Mais ce n’est pas le moment, il est tard et je n’ai pas envie de détruire ce qui nous reste d’intimité. Je me contente juste de me mettre sur le côté, coller contre elle et de lui répondre :

« Il sait déjà que tu es vivante Joey. Je ne sais pas comment… mais il est envisageable qu’il soit passé ici depuis ton arrivée, en fait je suis épuisé de me poser des questions de comment il sait. Tant qu’il pensera qu’il peut m’atteindre avec toi, il le fera. »

Je passe doucement ma main contre son visage. Je suis incapable d’aller plus loin, de lui dire le reste de ma phrase. Je sais juste que je ferais ce qu’il faut pour la protéger. Elle ne saura jamais que je me suis injecté une dose sans réfléchir, pour elle, que je me suis foutue dans une merde noire avec Donovan, pour elle, et que là je suis en train de me faire du mal comme jamais, une nouvelle fois pour elle. Je crois que finalement, pour un plan cul, je suis une calamité.

Je me penche juste vers elle et lui pose un léger baiser que j’enchaine presque avec un second. Je laisse mon instinct et mes gestes s’exprimer mieux que moi. Et le résultat est assez… étrange. Tout est si naturel, presque tendre, sans cette espèce de tension sexuelle frénétique que nous avons toujours eue. Je passe sur elle, butinant ses lèvres en même temps que mes doigts enlacent les siens. Je n’ai pas vraiment de mot pour expliquer la suite. Non je ne la prends pas. J’ai toujours fait ça avec toutes les nanas que j’ai baisées, mais là, c’est hyper différé. Il y a cette douceur que je ne me connaissais pas pendant que je vais et je viens en elle, je ne suis pas pressé, je n’ai pas ce sentiment de faim a assouvir, j’ai juste envie de savourer cette inhabituelle forme de communion.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Ven 8 Déc - 19:16
Il fait trop sombre pour que la tâche en forme de tasse m’apparaisse clairement, et pourtant, je suis sûre qu’elle est là, quelque part. Un peu comme le type qui a mit la mère d’Isha enceinte, et qui rôde visiblement dans l’ombre, attendant de pouvoir allonger encore un peu sa liste de victimes. Pendant quelques secondes, je me demande si ma réaction n’est pas que de la vantardise, et si je ne flippe pas de m’éloigner du brun par peur que son géniteur me retombe dessus pour terminer le travail qu’il a commencé, et que le mécano ne soit pas assez rapide cette fois pour me sauver la peau. Mais ce n’est pas ça. Je crois que la vérité est toute autre. Je n’ai juste pas l’intention de laisser la peur guider ma vie, et m’empêcher d’être la survivante que la fin du monde a fait de moi.

Je n’ai de toutes façons pas le temps de me pencher plus sur la question qu’Isha vient se coller à moi, tandis que je tourne légèrement la tête pour plonger mon regard dans le sien. La colère qui bouillonnait en moi encore quelques secondes plus tôt est déjà en train de s’estomper, alors que je fronce les sourcils face aux paroles du mécano. Quoi ? Comment ce type a-t-il pu s’infiltrer dans Fort Hope, venir jusqu’à mon chevet, sans que personne ne s’en rende compte ? Et s’il y est parvenu, alors pourquoi est-ce que je suis toujours en vie ? J’ouvre la bouche pour protester, mais les mots m’échappent face à la nouvelle réplique de ma bouillotte. Comment ça, l’atteindre à travers moi ? Ce n’est pas comme s’il allait s’effondrer et pleurer durant des semaines la mort de son plan cul. Ouais, c’est plutôt torride entre nous, mais son père est sacrément débile s’il croit que ce simple détail va faire se morfondre le brun pendant des jours et des jours. Certes, les nanas se font rare à Détroit, mais je suis sûre qu’il finira par trouver une autre gonzesse prête à réchauffer son lit, sans même qu’il n’ai a la supplier. Et cette simple perspective me fait subitement froncer les sourcils. Je ne comprends toujours pas la décision d’Isha de m’éloigner de lui, pas alors qu’il m’a clairement dit que son père était venu jusque dans ma chambre, qu’il était capable de venir me cueillir au labo, ou à n’importe quel autre endroit de Détroit. Si je ne suis en sécurité nulle part, alors pourquoi me renvoyer chez moi ?

Je n’ai pas l’occasion de poser la question, je ne sais même pas si j’en ai envie d’ailleurs, que je sens les lèvres d’Isha se poser sur les miennes, et mon corps réagir d’instinct au contact du sien. Ses doigts glissent entre les miens, tandis que son corps recouvre le mien, et qu’il se perd en moi. Je ne retrouve dans aucun de ses gestes la frénésie qui agite habituellement nos corps au contact l’un de l’autre, alors qu’il fait même acte d’une certaine douceur, dont il n’a jamais fait preuve avec moi jusque-là. Je sens mon cœur s’emballer dans ma poitrine, et ça n’a rien à voir avec les va-et-vient lents de son bassin. Mes yeux sont grands ouverts, mes doigts se crispent sur ceux d’Isha, et tout mon corps se raidit face à cette tendresse qui m’est inconnue. Putain, mais qu’est-ce qu’il fait ? Je n’arrive pas vraiment à savoir si j’apprécie, ou si au contraire, je trouve ça insupportable. Un gémissement s’échappe de mes lèvres entrouvertes, et je rejette la tête un peu plus en arrière, comme pour lui offrir davantage mon cou, ce qui contraste avec ce début de tempête qui commence à gronder en moi. Je crois que c’est bien la première fois depuis qu’on s’est rencontrés sur cette péniche qu’on n’est pas simplement en train de baiser pour assouvir notre faim de l’autre, et je sens une certaine forme de panique monter en moi, d’incompréhension, mêlées à un plaisir assez inédit.

Et sans que je comprenne comment, ou même pourquoi, ses baisers tarissent l’angoisse qui grandit dans mon ventre, et mon corps se détend peu à peu entre les mains délicates du mécano. Je perds le fil du temps, de ses caresses, de ses lèvres qui parcourent ma peau, et m’abandonne totalement entre ses mains, au rythme de ses coups de rein. Je murmure son prénom au creux de son oreille, et quitte sa main pour l’enserrer de mes deux bras, et le rapprocher davantage. Quand Isha atteint finalement l’extase, il enfouit sa tête au creux de mon cou, et mes bras se referment encore un peu plus, comme pour l’empêcher de s’éloigner et de me laisser. Et on reste là, moi lui servant de matelas, et lui me servant de couverture, pendant je ne sais combien de temps, à simplement reprendre nos souffles, et apprécier la simplicité de cet instant. Je ne trouve aucune parole à dire, rien de très spirituel, et plutôt que de gâcher ce moment, je laisse mes doigts parcourir ses cheveux, tandis que je fixe une nouvelle fois la tâche, qui cette fois est bel et bien visible. J’essaye de garder le contrôle de mes émotions, mais sans trop savoir d’où vient ce ressenti, je sens une forme de vulnérabilité s’emparer de moi. Ça, et une certaine angoisse que j’ai du mal à identifier.

Je crois qu’Isha n’a pas tardé à s’endormir, insensible au milliard de questions qui se pressent dans mon esprit. Putain…mais c’était quoi ça ? Et pourquoi est-ce que ça m’a fait autant de bien ? Je n’ose pas bouger pour éviter de le réveiller, et maudit pour la millième fois depuis le début de l’apocalypse l’absence de cette meilleure amie, qui aurait sans doute comprit avant moi pourquoi je me sens si…bizarre.

Ce sentiment ne me quitte que très rarement pendant les heures et les jours qui suivent. J’ai beau essayer de penser à n’importe quoi sauf à cet instant si spécial qu’on a partagé, tout m’y ramène toujours, et je ne trouve aucune réponse. Du moins, aucune réponse satisfaisante qui n’entraîne pas à son tour une nouvelle série de questions tout aussi sensible. Je crois bien que c’est la première fois que je donne l’occasion à l’un de mes plans cul de virer comme ça. Et cette part d’inconnu est à la fois totalement flippante, et grisante. Je ne sais pas comment réagir face à un Isha présent de tous les instants, qui dispense mille attentions dont je n’ai pas l’habitude d’être l’objet. Je trouve ça à la fois agaçant au possible, et terriblement attendrissant aussi. Et je m’inquiète moi-même d’avoir ce genre de réactions. Depuis quand un plan baise est-il censé être attendrissant ? J’essaye de me convaincre que le fait que ce soit bientôt fini est finalement une bonne chose…en vain.

On ne se lâche pas d’une semelle pendant les heures qui suivent, et ce n’est même pas une métaphore. On passe pas mal de temps dans le lit qui ne me sert plus vraiment à me reposer, dans le jardin à surveiller du coin de l’œil nos chiens, à baptiser chaque pièce de cette maison que je ne vais pas tarder à quitter, à rigoler comme des gamins insouciants qui arrivent à oublier pendant quelques instants qu’au dehors le monde est d’une laideur absolue, et qu’un type malsain va nous obliger à nous dire adieu, bien trop rapidement. Comme si on avait passé une sorte d’accord tacite, Joshua, son géniteur comme il préfère l’appeler, ne revient plus dans aucune de nos conversations à partir du moment où il me montre son portrait, qui malgré mes efforts, ne m’a vraiment rien dit. On oublie tous les sujets qui fâchent, tous nos désaccords, pour profiter de chaque instant. Et je pousse même le vice à faire ce truc que je n’ai jamais fait, et qui me fait paniquer plus que nécessaire : rencontrer sa famille. Je suis assise en bas des escaliers, en train d’enfiler péniblement mes bottes, dans l’attente d’Isha, repartit chercher je ne sais quoi en haut. Ça m’arrange je dois dire, ça me laisse quelques secondes de répit, quelques secondes à stresser davantage face à cette rencontre qui semble lui tenir à cœur.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Ven 8 Déc - 22:24
Je ne sais pas trop comment qualifier cette expérience, en fait je ne suis même pas sûr de savoir exactement ce que j’ai autre que de laisser parler mon instinct et de me laisser aller a faire comme je le ressentais. Je ne suis pas sûr, mais je crois qu’elle a été aussi surprise que moi. Je ne savais même pas que c’était possible de se donner du plaisir de la sorte, mais je ne regrette absolument pas l’expérience. Je risque de passer pour un niais, mais je crois que le seul mot qui me vient à l’esprit est « irréel ».

L’autre miracle est venu du fait que j’ai trouvé une forme d’apaisement dans ses bras, sous ses caresses. Non seulement je me suis laissé toucher sans me tétaniser a l’avance de peur de répliquer violemment ou de faire une crise de panique, mais en plus, je crois que j’ai vraiment apprécier ses mains sur mon corps. Malgré une journée riche en horreurs et en révélations abjectes, malgré la peur et la tension, malgré le fait que je n’ai pas su faire une nuit sans cauchemars depuis presque 2 ans… cette nuit j’ai réussi à dormir.

Quand je dis dormir, je ne parle pas de ce sommeil subi quand la fatigue vient vous cueillir après de longueur heures à angoisser et à refaire un monde avec des « si » amères, non je parle vraiment de m’endormir, calme, serein, juste bien et délivré de tout ce qui pouvait peser sur mes épaules. Cette petite bulle que nous nous sommes construites s’apparente presque à un cocon éphémère dont je ne suis pas pressé de sortir.

Le lendemain cette atmosphère semble vouloir continuer de nous envelopper et je crois ne pas avoir passer une aussi merveilleuse journée de ma vie. J’essaye de lui faire plaisir et je dois dire que Joey n’est pas une femme difficile à contenter. Je doute fort qu’elle n’envoi jamais celui qui aura la chance d’être le bon pour elle risquer ma vie pour un arbre ou un cheval.

C’est presque indécent que j’ose avoir ce sourire cucul et sortir toutes mes idioties qui la font rire alors que je suis responsable de la mort et de la souffrance de tant de monde. A cause de moi un gosse de 10 ans doit vivre l’enfer et moi je fais quoi ? J’ose me prendre une parenthèse de bonheur le plus égoïstement possible.

Cette petite boule de culpabilité fini par exploser quand je vais lui présenter ma sœur et mon père. L’ambiance est pour le moins froide et tendu, je n’ai pas besoin de note la mâchoire crispée de mon père ou son œil accusateur pour comprendre le reproche muet qu’il me formule. Il ne se montre guère chaleureux envers Joey que je lui présente comme une amie. Je préfère ne pas prolonger cette entrevue si tendue.

Après un dernier câlin a Octavia qui semble contente de me revoir et très intéressée par les cheveux longs de Joey. Je prends vite congé en entrainant mon soleil dans mon sillage. Je me sens gêné, tant par cet accueil que par le fait que Logan a raison. Je ne devrais plus être ici ou en train de me remuer le popotin pour trouver une solution.

Au lieu de la reconduire vers la maison, je nous dirige vers le lac, pas seulement pour lui montrer les couleurs qu’il prend en fin de journée, mais aussi pour qu’elle voit la péniche que l’on a réussi a ramener et qui est presque nettoyée. Un vestige de notre première rencontre que je ne savais pas abandonner derrière moi.

Avant d’arriver aux abords du lac je m’arrête conscient que si je suis remué, elle ne doit pas comprendre pour mon père a été si froid.

« Ne lui en veux pas, je te l’ai dit, hier mon vieux a tué à nouveau et a kidnappé un petit garçon de 10 ans… ce n’était pas contre toi qu’il était fâché mais contre moi, je ne devrais pas avoir le droit de faire autre chose que de suer sang et eau pour essayer de sauver le gosse et faire pénitence... loin d'ici. »

Ma voix se fait petite en repensant a hier, en me souvenant que je n’ai peut être plus de père, que les seules personnes qui semblent avoir un peu d’affection pour moi maintenant sont un bébé de 9 mois et une jeune femme que je m’apprête à quitter. Je sens la chape lourde de la réalité revenir s’abattre sur moi.


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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 10 Déc - 22:19
Rencontrer sa famille. La vache, c’est quoi ce plan foireux, sérieux ? Et comment ça se fait que je me sois faite embarquée là-dedans si facilement ? Isha finit par descendre et me rejoindre dans le hall, alors que je fais semblant d’être hyper concentrée sur mes bottes pour grapiller encore quelques instants, quelques infimes secondes qui ne serviront qu’à me stresser davantage. Et d’ailleurs…pourquoi est-ce que je me mets comme ça la pression ? Je finis par me relever et par trainer les pieds jusqu’à cette maison qui se trouve, par chance, juste à côté. Moi qui espérait qu’on aurait à traverser tout le camp me retrouve un peu déçue. Je n’ai du coup pas vraiment l’occasion de voir grand-chose du lieu de vie d’Isha qu’on se retrouve devant la porte de la maison d’à côté, et qu’un colosse barbu nous accueille. Je me planque à moitié derrière le brun, avant de marmonner un vague « salut » quand il me présente à celui qu’il appelle son père. L’expression de ce dernier n’est pas très engageante, mais je tente malgré tout un sourire figé, avant d’entrer dans la maison. La petite sœur du mécano est là également, un adorable petit bout de chou qui offre de larges sourires à la pelle. Isha s’empresse de la prendre dans ses bras, sous le regard passablement sévère de Logan, son père et le leader de cette communauté, et j’avoue que j’ai du mal à savoir quoi faire dans cette ambiance hostile. Dire que j’ai envie de me planquer derrière le canapé, ou de repartir illico est un euphémisme, mais je n’ai plus le temps de faire le moindre geste que le brun s’avance avec la petite dans les bras, et que j’oublie pendant quelques secondes mes réactions de flippée. Elle attrape l’une de mes longues mèches de cheveux, essaye de la porter à sa bouche, avant de sourire à nouveau. Je récupère mes cheveux avant qu’ils soient tout mâchouillés et couverts de bave, et caresse doucement sa joue de l’index.

Notre visite ne dure pas très longtemps, j’ai l’impression de sentir les petits cheveux dans ma nuque se hérisser face à cette espèce d’électricité présente dans la pièce, une hostilité à peine voilée qui me met profondément mal à l’aise. Je savais bien que c’était une mauvaise idée. La pire idée qui soit. Je n’ai d’ailleurs décroché que deux mots, un peu comme chacune des personnes présentes dans la pièce. C’est moche à dire, mais je crois bien que ça a été Octavia la plus bavarde. Je m’autorise un soupir de soulagement quand on retrouve les rues de Fort Hope, et que cette rencontre, sans doute prématurée, se termine enfin. Je fronce les sourcils en constatant qu’Isha ne prend pas la direction de sa maison, mais je le suis sans broncher, trop contente de pouvoir me dégourdir les jambes, et de passer du temps dehors. On marche en silence, tandis que je tourne la tête de tous les côtés pour découvrir cet endroit qui semble plutôt pas mal. J’en oublierai presque la rencontre pas si réussie avec le père d’Isha, si celui-ci ne tirait pas une tête de trois mètres de long. Il s’est refermé comme une huître, et je ne suis pas certaine de savoir aborder le sujet sans commettre d’impair. Une chance, c’est lui qui finit par s’arrêter, pour reprendre la parole.

Je glisse le regard vers lui, m’arrêtant à mon tour, avant de pencher légèrement la tête sur le côté. Isha a une façon de se sentir toujours responsable ou coupable, qui m’agace prodigieusement. En fait, ça me fait royalement chier qu’il se sente mal pour des choses qui ne sont pas de son ressort. D’accord, son géniteur est le genre de psychopathe qu’on ne rencontre habituellement que dans les pires scénarios de films d’horreur, mais il n’est pas responsable des agissements de ce mec-là. Je sais d’avance que je pourrais passer les prochaines heures, semaines, années à lui répéter ça, ça n’entrerait probablement pas dans sa tête de pioche. Je finis par hausser une épaule, cherchant à capter son regard. « -Il n’a pas à t’en vouloir pour ça. Personne ne devrait t’en vouloir pour ça, d’ailleurs. Et surtout pas toi. » Je penche la tête sur le côté, le nez légèrement froncé. Je voudrais pouvoir faire plus que simplement balancer de gentilles paroles en espérant que ça le déculpabilisera un peu, surtout en sachant que ça rentrera par l’une de ses oreilles pour ressortir aussitôt par l’autre. Après tout, lui aussi à bien le droit de prendre un peu de temps loin du danger que représente son géniteur. « -Je t’aiderai bien à trouver comment aider ce petit garçon, mais je pressens que tu risques de me renvoyer au lit pour me reposer. » Je dis ça d’un ton très sérieux, même si je sais d’avance qu’avec sa volonté de ne pas me mêler à ça comme il l’a déjà dit, malgré mon implication, je ne doute pas une seule seconde qu’il refusera mon aide.

Je pousse un léger soupir, avant de reprendre la marche, l’entraînant avec moi. « -Je te proposerai bien de ramener ton amie au labo aujourd’hui plutôt que demain, mais ça me ferait royalement chier que tu dises oui… » J’insiste volontairement sur le mot « amie », sur ce terme qu’il a utilisé pour me décrire auprès de son père, et qui après coup, m’arrache un petit sourire amusé. C’est vrai que c’est toujours moins risqué de me présenter comme ça que comme la nana qu’il saute à l’occasion. On arrive finalement aux abords d’un lac, et je reste un instant interdite face à ce vestige de notre rencontre, ce qui aurait pu être notre dernière demeure. Je n’avais aucune idée qu’il l’avait fait venir jusqu’ici. Il faudrait peut-être qu’on songe à baiser un peu moins, et à discuter un peu plus. Cette simple idée me fait moi-même ricaner, et je préfère la garder pour moi.

Et soudain, mon expression se fige malgré moi, alors que je repense aux paroles du type qui m’est tombé dessus à la boutique de mariées. Il a bien accusé Isha de s’en être pris à son groupe, non ? Parce que…il s’agit bien de la même péniche, hein ? Il ne doit pas y avoir un million de péniches qui flottent sur Detroit River, pas vrai ? Comment expliquer la présence de ce bateau, ici, visiblement débarrassé de tous les types qui y vivaient quelques temps plus tôt. « -Isha ? » Ma voix est blanche, à l’image de mon visage certainement, alors que je finis par me tourner vers lui comme une automate. « -Ils sont passés où les cannibales qui vivaient là-dedans ? Comment ça se fait que ton groupe a récupéré la péniche ? » Je crois que je fais le truc le plus débile qu’il m’ai jamais été donné de faire, et je prie silencieusement un dieu auquel je ne crois même pas pour qu’il existe une autre explication que celle qui me vient naturellement en tête.

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MessageSujet: Re: Unable to stay, unwilling to leave   Dim 10 Déc - 23:33
J’ai un sourire un peu forcé quand elle essaye de me consoler. Il n’y a pas de mots qui pourrait m’apaiser. Elle ne connait pas la moitié de l’histoire. Peut être que pour une partie je ne suis pas totalement responsable de tout, mais jamais je n’irais m’offusquer des regards des gens qui ont croisé mon vieux et qui ont souffert entre ses mains. Que Joey le comprenne ou non, sans moi, mon géniteur ne serait pas en train de faire vivre un enfer a ces gens. Et je ne me sens pas de lui raconter les horreurs qu’il a commises. Mais rien que de penser a Avalohn ou Matthew je presque envie de vomir.

Je la regarde en coin quand elle me parle de m’aider pour Peter. Je refuse catégoriquement de la mêler de près ou de loin a quoique ce soit qui l’expose a mon géniteur. Je fronce les sourcils quand elle dit vouloir rentrer des aujourd’hui au labo. Ça serait certainement plus raisonnable mais je crois que j’ai autant envie que besoin de ces quelques heures avec elle.  C’est quand même triste de me dire qu’elle est la seule nana que j’ai jamais présenté à mon père et qu’a cause des tensions, non seulement ca a été minable, mais en plus ca doit s’arrêter là.

Mais avant je veux lui montrer la péniche, pas n’importe qu’elle péniche, celle ou l’on s’est rencontrée. Je sais qu’au regard de ce qui s’est passé, je devrais me maudire de l’avoir embrassé ce jour là et de lui avoir donné un rdv. Ça aurait éviter bien des malheurs. Et pourtant je n’arrive pas a penser comme cela. En fait je ne sais pas regretter cette rencontre.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en lui montrant ce vestige de notre rencontre. Je crois que c’est un peu naïvement que j’espérais qu’elle voir l’importance que j’ai donné a ce symbole de beaucoup de choses pour moi. Certes je ne l’ai pas ramené seul et sans ennui ici. D’ailleurs je n’ai pas recroisé ce type, Neo, qui voulait me saigner après cette conquête.

Mais une fois de plus Joey ne fait jamais rien comme je l’anticipe et me surprends, encore. Pale, elle me pose une question inattendue. Elle… elle s’inquiète pour les cannibales ? Sans déconner ? Je reste une minute à la regarder tenté de lui mentir honteusement. Je serre les mâchoires et je la regarde droit dans les yeux avant de le lancer :

« Je pense que tu connais déjà la réponse. Ils ont failli te tuer, ils avaient déjà piégé la mère d’un des types du camps, demain ça aurait pu être mon père ou je ne sais qui d’encore suffisamment gentil pour essayer de sauver une personne en détresse. »

J’essaye de ne me radoucir pas certain que je puisse la faire adhérer a mon point de vue. Si j’ai fait ça c’est pour que des gens comme elle ne soit pas en danger. Je me penche vers elle en posant ma main sur la sienne doucement, craignant qu’elle me repousse. Mais a son regard je crois que, sans le savoir, je viens de briser le petit lien que l’on avait elle et moi. C’est fini la magie où elle me voyait meilleur que j’étais. C’est un peu tristement et résigné que j’enchaine.

« Je ne t’ai jamais menti et je n’ai jamais prétendu être un mec bien. Je suis désolé que tu aies peut-être pensé voir autre chose en moi… mais je n’aurais pas pu dormir la nuit en sachant ces mecs en train de chasser ici ou d’imaginer que des gens bien soient obligé de perdre un peu de leur âme a faire le sale boulot.»

J'ai vraiment peur de sa réaction, peur de la perdre pour de bon avant l'heure. Mais une fois de plus, je suis plutôt du genre a assumer, du moins avec elle. Avec Logan j'ai été plus fuyant sur ce qui s'est passé avant qu'il ne mette le pied sur ce bateau.

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    Isha Cornwell


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Unable to stay, unwilling to leave
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