Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?



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I walk a lonely road
Robin Austen
Matricule n°001
I walk a lonely road
Sam 30 Sep - 23:48

Ils auraient sûrement jamais du sortir. C’était ce que Robin se répétait, alors qu’elle faisait le tour de la pièce dans laquelle elle était, pour tout fermer à clefs – les verrous étaient sur les portes, et ils avaient essayé, on pouvait pas ouvrir de l’extérieur. Même si ça pouvait être cassé facilement… Au moins, un rôdeur ne pourrait pas entrer. Ils n’étaient pas assez intelligents pour ça. Elle frissonna, un moment. Et s’il y avait des races supérieures de rôdeurs ? Des machins dégueulasses qui étaient intelligents, et qui ouvraient les portes, même quand on fermait la serrure ? Les stores étaient à moitié fermés, mais si Luke se tournait pour la regarder, il verrait l’horreur et la peur qui avaient pris place sur son visage, sans qu’elle ne parvienne à les en chasser.

Elle avait fait le tour des lieux, avec Luke, pour vérifier qu’il n’y avait rien, avant de s’y enfermer, donc il ne pouvait rien leur arriver, de toute façon, hein ? Ni rôdeurs, ni ennemis quels qu’ils soient… Elle l’espérait. Dire qu’ils étaient juste partis chercher un cadeau pour Kennedy. Elle voulait juste un tout petit truc, qui encombrerait pas son sac, et peut-être de la bouffe, mais quand même quelque chose qu’elle pourrait garder. Le mieux, ça aurait été des teintures, mais… Et s’il y en avait, dans la salle de bain de cette maison ? Ils pourraient aller voir, si Luke voulait bien. Il ferait tout pour elle, de toute façon, non ? Et tout pour faire plaisir à Kennedy aussi, même si elle se rendait compte de rien. Soupirant, elle finit d’inspecter les fenêtres pour vérifier que le seul moyen d’entrer par-là serait de les casser, et elle se laissa glisser au sol, à côté de son frère, comme s’il n’y avait pas un canapé juste au-dessus de leur tête, comme s’ils ne pouvaient pas s’asseoir dessus au lieu de s’y adosser en étant sur le sol. Mais c’était de la moquette, c’était pas du carrelage froid, ça allait.

Elle posa sa tête sur son épaule, comme pour se rassurer. « On va s’en sortir, tu crois ? » De la horde de saloperies, qui les avaient obligés à se réfugier ici. De la situation, de manière générale. De… tout. Elle était épuisée, comme eux tous, sur les nerfs constamment. Plus effrayée qu’elle n’aurait voulu l’admettre.
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Luke Austen
Matricule n°001
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Dim 1 Oct - 20:51

J'ai toujours été doué  pour avoir des idées à la con. Même avant cette foutue fin du monde, enfin si on peut appeler ça comme ça. S'il y avait une connerie à faire, c'était pour Sid' ou pour moi. Voire les deux en même temps. J'aimerais bien me planquer derrière mon hyperactivité mais non, je suis un petit con de base. Et ça n'a pas changé. Même avec tous ces morts pas morts et toutes ces merdes qui nous sont tombées dessus. J'essaie de me calmer pourtant et ça a du marcher vu qu'on est toujours en vie après près de deux ans de vadrouille. Pourtant, des fois, c'est comme si mes mauvaises habitudes revenaient. Comme cette idée de merde. On a déjà trouvé des trucs avec Axel en plus, j'aurais pu m'en contenter. Mais non, 21 ans, ça se fête. Et c'est la plus jeune du groupe. Et c'est Kennedy. Comme si le dernier argument était pas le plus important. Je voulais trouver de la déco, un autre cadeau, n'importe quoi qui marquerait encore un peu plus le coup.

Alors j'ai embarqué Robin avec moi, qui avait autant besoin de prendre l'air que moi. Les autres nous ont laissé filer sans demander de détails, heureusement d'ailleurs. Kennedy s'est contenté de froncer les sourcils sans rien dire et c'est comme ça qu'on s'est retrouvés à arpenter les rues du quartier d'à côté. Avant que ça vire au drame. Autant je fais de la merde, autant j'ai des bons réflexes quand il le faut. J'ai embarqué Robin dès qu'on a commencé à entendre les grognements et on a fermé les portes, on les a verrouillées, cadenassées, j'ai même poussé des meubles où je pouvais.

Et maintenant, j'attends. Je guette l'extérieur à travers les stores, osant à peine respirer. Ils sont en train de passer, de se trainer en grognant. Une petite dizaine, pas plus. Suffisamment pour nous bouffer tout crus en tout cas. On a du bol, l'odeur dehors est tellement immonde que ça devrait couvrir la notre, celle des vivants. C'est un truc qu'on a remarqué avec le temps ça et je préfère éviter de me rappeler comme on a réussi d'ailleurs. Enfin, peu importe. On a l'air relativement en sécurité, tant qu'on fait pas de bruits. Dans quelques heures, ils seront partis et on pourra filer dans notre refuge du moment. Je finis par relâcher le store pour me tourner en direction de ma petite sœur. Celle que j'ai juré de protéger du haut de mes 14 ans quand nos parents sont morts et que sa petite main serrait la mienne. J'ai pas toujours réussi, j'avoue, mais depuis que je suis sorti de tôle, je fais comme je peux.

Pourtant, à voir sa tête, c'est évident que ça va pas. Sa carapace se fissure un peu plus que les autres jours on dirait. On est planqués sous un putain de canapé renversé, on risque de se faire manger et là, tout ce qui m'importe, c'est le regard apeuré de Robin. Je lève mon bras pour la serrer doucement contre moi et j'embrasse le sommet de son crâne doucement, avant de souffler, d'un ton assuré. "Evidemment qu'on va s'en sortir. Tu me fais confiance non ? Ils vont se tirer, on trouvera des trucs cools et après on rentrera. Et après, on trouvera un coin où s'installer, je t'installerais même de quoi faire des trucs chelous au plafond là, tes arceaux ou je sais pas quoi. Et on ira à la plage. Ca te brancherait d'aller mettre les pieds dans l'eau ? On l'a pas fait depuis longtemps en plus. Tu te rappelles ? T'avais ramené des coquillages et tout." Je parle un peu vite et ce que je raconte n'a pas beaucoup de sens mais est-ce qu'il y en a besoin ? Tout ce qui compte c'est qu'elle perde ce voile qui obscurcit son regard et que déteste à chaque fois que je le vois.

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Robin Austen
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Hier à 15:47

Elle aurait sûrement été plus apeurée, si elle s’était retrouvée dans cette situation sans Luke ou l’un des autres, mais si elle était inquiète, elle l’était moins qu’elle n’aurait pu l’être. Quoi que tous puissent en dire, Luke était rassurant, même s’il semblait désinvolte et se faisait passer pour un idiot plus souvent que nécessaire. Et ils étaient suffisamment réactifs pour savoir quoi faire, entourés par une horde de zombies, ils étaient habitués, en fin de compte. Et cette idée là, plus que le reste à vrai dire, lui faisait peur. La peur d’avoir tant changé, de ne plus se reconnaître, d’être insensible et de juste se dire que c’était normal. Avant, ils se disaient que tout pourrait redevenir comme avant. Que c’était une phase, que quelqu’un trouverait comment y mettre fin.

Maintenant… Maintenant, la plupart du temps, elle se contentait de se dire qu’au moins, tout allait bien. Ils étaient tous ensemble. Ils n’avaient pas du s’amputer d’un membre, par peur de contamination. Aucun d’eux n’avait disparu. C’était presque un miracle, non, c’était carrément un tarnation de miracle, et elle bénissait chaque jour la personne, l’entité, la puissance, elle ne savait quoi, qui permettait ça. Le silence de la pièce, en comparaison avec le bruit alentours, lui fit soudain réaliser que ça ne serait pas forcément toujours le cas. Et que sa grand-mère et sa petite sœur étaient peut-être pas chanceuses, elle.

Une chape de tristesse assombrit soudainement son humeur, à cette pensée, alors qu’elle s’asseyait à côté de Luke en posant sa tête sur son épaule. Elle haïssait sembler aussi vulnérable, mais le bras de son grand frère sur ses épaules, son étreinte, ce léger bisou sur son crâne… Elle en avait besoin, plus qu’elle n’était prête à l’admettre, même s’il devait s’en être rendu compte, malgré tout. Et si ça n’était pas le cas, la question qu’elle laissait échapper devait y contribuer…

« Bien sûr, que je te fais confiance. Tu sais ce qu’on peut trouver ? Il y a peut-être des teintures, dans la salle de bain… Ça lui ferait plus plaisir que tout, je crois. Sauf si on trouve des bonbons, du genre des sucettes qui colorent la langue en bleu. » Elle se souvenait d’une crise de fou rire, quand Axel, Kenny et elle avaient mangé des sucettes comme ça sans savoir et qu’elles avaient eu l’air de schtroumpf, souriant malgré elle. « Vous avez une idée d’où on irait, toi et les autres ? Et c’est toi chelou. Mais ça me ferait drôlement plaisir ; et la plage… Tu crois qu’on pourrait se baigner, un peu ? Et si on trouve de la facile, je pourrais te faire un collier de coquillages, ou un bracelet, comme quand j’étais petite ? » Elle avait un ton légèrement moqueur, mais elle avait été très contente de le voir le porter, quand elle était plus petite.
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