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 Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?

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Robin AustenI walk a lonely road
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MessageSujet: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Sam 30 Sep - 23:48
Ils auraient sûrement jamais du sortir. C’était ce que Robin se répétait, alors qu’elle faisait le tour de la pièce dans laquelle elle était, pour tout fermer à clefs – les verrous étaient sur les portes, et ils avaient essayé, on pouvait pas ouvrir de l’extérieur. Même si ça pouvait être cassé facilement… Au moins, un rôdeur ne pourrait pas entrer. Ils n’étaient pas assez intelligents pour ça. Elle frissonna, un moment. Et s’il y avait des races supérieures de rôdeurs ? Des machins dégueulasses qui étaient intelligents, et qui ouvraient les portes, même quand on fermait la serrure ? Les stores étaient à moitié fermés, mais si Luke se tournait pour la regarder, il verrait l’horreur et la peur qui avaient pris place sur son visage, sans qu’elle ne parvienne à les en chasser.

Elle avait fait le tour des lieux, avec Luke, pour vérifier qu’il n’y avait rien, avant de s’y enfermer, donc il ne pouvait rien leur arriver, de toute façon, hein ? Ni rôdeurs, ni ennemis quels qu’ils soient… Elle l’espérait. Dire qu’ils étaient juste partis chercher un cadeau pour Kennedy. Elle voulait juste un tout petit truc, qui encombrerait pas son sac, et peut-être de la bouffe, mais quand même quelque chose qu’elle pourrait garder. Le mieux, ça aurait été des teintures, mais… Et s’il y en avait, dans la salle de bain de cette maison ? Ils pourraient aller voir, si Luke voulait bien. Il ferait tout pour elle, de toute façon, non ? Et tout pour faire plaisir à Kennedy aussi, même si elle se rendait compte de rien. Soupirant, elle finit d’inspecter les fenêtres pour vérifier que le seul moyen d’entrer par-là serait de les casser, et elle se laissa glisser au sol, à côté de son frère, comme s’il n’y avait pas un canapé juste au-dessus de leur tête, comme s’ils ne pouvaient pas s’asseoir dessus au lieu de s’y adosser en étant sur le sol. Mais c’était de la moquette, c’était pas du carrelage froid, ça allait.

Elle posa sa tête sur son épaule, comme pour se rassurer. « On va s’en sortir, tu crois ? » De la horde de saloperies, qui les avaient obligés à se réfugier ici. De la situation, de manière générale. De… tout. Elle était épuisée, comme eux tous, sur les nerfs constamment. Plus effrayée qu’elle n’aurait voulu l’admettre.
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Luke AustenI walk a lonely road
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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Dim 1 Oct - 20:51
J'ai toujours été doué  pour avoir des idées à la con. Même avant cette foutue fin du monde, enfin si on peut appeler ça comme ça. S'il y avait une connerie à faire, c'était pour Sid' ou pour moi. Voire les deux en même temps. J'aimerais bien me planquer derrière mon hyperactivité mais non, je suis un petit con de base. Et ça n'a pas changé. Même avec tous ces morts pas morts et toutes ces merdes qui nous sont tombées dessus. J'essaie de me calmer pourtant et ça a du marcher vu qu'on est toujours en vie après près de deux ans de vadrouille. Pourtant, des fois, c'est comme si mes mauvaises habitudes revenaient. Comme cette idée de merde. On a déjà trouvé des trucs avec Axel en plus, j'aurais pu m'en contenter. Mais non, 21 ans, ça se fête. Et c'est la plus jeune du groupe. Et c'est Kennedy. Comme si le dernier argument était pas le plus important. Je voulais trouver de la déco, un autre cadeau, n'importe quoi qui marquerait encore un peu plus le coup.

Alors j'ai embarqué Robin avec moi, qui avait autant besoin de prendre l'air que moi. Les autres nous ont laissé filer sans demander de détails, heureusement d'ailleurs. Kennedy s'est contenté de froncer les sourcils sans rien dire et c'est comme ça qu'on s'est retrouvés à arpenter les rues du quartier d'à côté. Avant que ça vire au drame. Autant je fais de la merde, autant j'ai des bons réflexes quand il le faut. J'ai embarqué Robin dès qu'on a commencé à entendre les grognements et on a fermé les portes, on les a verrouillées, cadenassées, j'ai même poussé des meubles où je pouvais.

Et maintenant, j'attends. Je guette l'extérieur à travers les stores, osant à peine respirer. Ils sont en train de passer, de se trainer en grognant. Une petite dizaine, pas plus. Suffisamment pour nous bouffer tout crus en tout cas. On a du bol, l'odeur dehors est tellement immonde que ça devrait couvrir la notre, celle des vivants. C'est un truc qu'on a remarqué avec le temps ça et je préfère éviter de me rappeler comme on a réussi d'ailleurs. Enfin, peu importe. On a l'air relativement en sécurité, tant qu'on fait pas de bruits. Dans quelques heures, ils seront partis et on pourra filer dans notre refuge du moment. Je finis par relâcher le store pour me tourner en direction de ma petite sœur. Celle que j'ai juré de protéger du haut de mes 14 ans quand nos parents sont morts et que sa petite main serrait la mienne. J'ai pas toujours réussi, j'avoue, mais depuis que je suis sorti de tôle, je fais comme je peux.

Pourtant, à voir sa tête, c'est évident que ça va pas. Sa carapace se fissure un peu plus que les autres jours on dirait. On est planqués sous un putain de canapé renversé, on risque de se faire manger et là, tout ce qui m'importe, c'est le regard apeuré de Robin. Je lève mon bras pour la serrer doucement contre moi et j'embrasse le sommet de son crâne doucement, avant de souffler, d'un ton assuré. "Evidemment qu'on va s'en sortir. Tu me fais confiance non ? Ils vont se tirer, on trouvera des trucs cools et après on rentrera. Et après, on trouvera un coin où s'installer, je t'installerais même de quoi faire des trucs chelous au plafond là, tes arceaux ou je sais pas quoi. Et on ira à la plage. Ca te brancherait d'aller mettre les pieds dans l'eau ? On l'a pas fait depuis longtemps en plus. Tu te rappelles ? T'avais ramené des coquillages et tout." Je parle un peu vite et ce que je raconte n'a pas beaucoup de sens mais est-ce qu'il y en a besoin ? Tout ce qui compte c'est qu'elle perde ce voile qui obscurcit son regard et que déteste à chaque fois que je le vois.

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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Dim 22 Oct - 15:47


Dernière édition par Robin Austen le Ven 3 Nov - 11:10, édité 1 fois
Elle aurait sûrement été plus apeurée, si elle s’était retrouvée dans cette situation sans Luke ou l’un des autres, mais si elle était inquiète, elle l’était moins qu’elle n’aurait pu l’être. Quoi que tous puissent en dire, Luke était rassurant, même s’il semblait désinvolte et se faisait passer pour un idiot plus souvent que nécessaire. Et ils étaient suffisamment réactifs pour savoir quoi faire, entourés par une horde de zombies, ils étaient habitués, en fin de compte. Et cette idée là, plus que le reste à vrai dire, lui faisait peur. La peur d’avoir tant changé, de ne plus se reconnaître, d’être insensible et de juste se dire que c’était normal. Avant, ils se disaient que tout pourrait redevenir comme avant. Que c’était une phase, que quelqu’un trouverait comment y mettre fin.

Maintenant… Maintenant, la plupart du temps, elle se contentait de se dire qu’au moins, tout allait bien. Ils étaient tous ensemble. Ils n’avaient pas du s’amputer d’un membre, par peur de contamination. Aucun d’eux n’avait disparu. C’était presque un miracle, non, c’était carrément un tarnation de miracle, et elle bénissait chaque jour la personne, l’entité, la puissance, elle ne savait quoi, qui permettait ça. Le silence de la pièce, en comparaison avec le bruit alentours, lui fit soudain réaliser que ça ne serait pas forcément toujours le cas. Et que sa grand-mère et sa petite sœur étaient peut-être pas chanceuses, elle.

Une chape de tristesse assombrit soudainement son humeur, à cette pensée, alors qu’elle s’asseyait à côté de Luke en posant sa tête sur son épaule. Elle haïssait sembler aussi vulnérable, mais le bras de son grand frère sur ses épaules, son étreinte, ce léger bisou sur son crâne… Elle en avait besoin, plus qu’elle n’était prête à l’admettre, même s’il devait s’en être rendu compte, malgré tout. Et si ça n’était pas le cas, la question qu’elle laissait échapper devait y contribuer…

« Bien sûr, que je te fais confiance. Tu sais ce qu’on peut trouver ? Il y a peut-être des teintures, dans la salle de bain… Ça lui ferait plus plaisir que tout, je crois. Sauf si on trouve des bonbons, du genre des sucettes qui colorent la langue en bleu. » Elle se souvenait d’une crise de fou rire, quand Axel, Kenny et elle avaient mangé des sucettes comme ça sans savoir et qu’elles avaient eu l’air de schtroumpf, souriant malgré elle. « Vous avez une idée d’où on irait, toi et les autres ? Et c’est toi chelou. Mais ça me ferait drôlement plaisir ; et la plage… Tu crois qu’on pourrait se baigner, un peu ? Et si on trouve de la ficelle, je pourrais te faire un collier de coquillages, ou un bracelet, comme quand j’étais petite ? » Elle avait un ton légèrement moqueur, mais elle avait été très contente de le voir le porter, quand elle était plus petite.
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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Ven 3 Nov - 10:55
Je me rappelle encore du jour où je me suis promis de veiller sur Robin. On était pas bien vieux et nos parents venaient de mourir. Sa petite main serrait la mienne et je me suis senti plus responsable que je l'ai jamais été tout le reste de ma vie. Pourtant, même ça je l'ai foiré. J'ai pas été là pendant près de deux ans. Alors, je me rattrape comme je peux depuis. Je pense que je m'en sors pas si mal non ? Je vois bien qu'elle est parfois plus touchée que les autres mais Robin a toujours été hyper sensible et elle a toujours eu du mal à se confier, à se laisser aller. Ou à se blinder suffisamment pour donner l'impression que rien ne l'atteint. Je sais pas si ça changera un jour mais, en attendant, je fais en sorte qu'elle se sente jamais plus abandonnée, qu'elle arrive à avoir un semblant d'équilibre dans le bordel qu'est devenu notre vie depuis que ces monstres sont arrivés. Heureusement quand même que les autres sont là mine de rien. Parce qu'ils sont autant sa famille que moi et que je sais qu'ils veilleront sur elle, quoi qu'il arrive.  

Je la serre quand même contre moi, alors que le silence se fait un peu plus oppressant. Je pensais m'y être habitué depuis le temps, mais c'est pas vraiment le cas en fait. Ca me donne parfois envie de hurler, juste pour me rappeler que je suis encore en vie, que je suis capable de percer cette ambiance pesante. Evidemment, je le fais pas, je suis pas encore suicidaire, mais c'est quand même sacrément tentant des fois. Alors, plutôt que de faire des conneries, je discute avec Robin. Pour la rassurer, pour me dire qu'on arrive à trouver un semblant de normalité. "Ouais les teintures, c'est un bon plan. Elle en a jamais assez et ça évitera qu'elle nous fausse compagnie pour aller se trouver un rose bubble gum qui sied à son teint blanc fluo. Remarque, on est pas beaucoup mieux en fait quand j'y pense. Après, je me dis qu'elle sera contente, quoi qu'on lui trouve. Ne serait-ce que parce qu'on a pas oublié son anniversaire. Et 21 ans c'est super important en plus." Je laisse filer un silence, réalisant quand même que Kennedy est super jeune et je fronce les sourcils, incapable de dire quoi que ce soit l'espace d'un instant. Pourtant, Robin est au courant. Ca me rappelle d'ailleurs un truc et je souffle, d'un ton pensif. "J'ai craqué et je l'ai dit à Axel… pour Kennedy et… enfin ce que je ressens quoi. J'sais pas trop pourquoi." Je la serre contre moi quelques instants avant de reprendre, esquissant un sourire. "C'est pas moi qui me pend du plafond avec des cerceaux je te signale. Et des idées, on en a des tas, mais je garantie pas qu'elles soient très bonnes. Ce serait cool de pouvoir aller à la plage et de se baigner ouais, carrément. Surtout que, malgré ce qu'on pourrait croire, c'est bientôt la saison. Tu sais que je l'ai gardé super longtemps ton bracelet ? Jusqu'à ce que je me pète le poignet pour la première fois en fait. Tu vois, je suis soigneux avec tes cadeaux."

Et je laisse filer un silence, guettant les bruits aux alentours. Ca a l'air plus calme en fait, mais je sais bien que ça peut être juste une impression . Et hors de question de mettre Robin en danger. Donc autant attendre un peu, ce sera ni la première, ni la dernière fois qu'on arrivera à la bourre. On sait tous qu'on peut tomber sur une horde comme ça, la seule chose à faire c'est de se planquer en serrant les fesses. "Et toi, t'aimerais aller où si tu pouvais ? Et faire quoi soeurette ?" Histoire de savoir si on peut réaliser quelques trucs, ce serait chouette non ?

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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Jeu 9 Nov - 19:07
Robin essayait de se concentrer sur ces bras qui l’entouraient, plutôt que sur tout le reste. C’était… plus facile. Mieux, que de paniquer, même si elle était en réalité habituée, et qu’elle était calme, compte tenu de la situation. Elle était effrayée, oui, mais si ça n’avait pas été le cas, elle aurait été inconsciente. Elle acceptait malgré elle cette peur, presque constante, plutôt que de se croire en sécurité. Elle était toujours là, tapie au fond, mais elle ne l’empêchait pas de vivre. Ni elle, ni les autres. Pas trop, en tout cas. Elle ne la paralysait plus, comme elle avait pu le faire. Ils avaient évité de sacrés ennuis, avaient eu beaucoup de chance, par rapport à ça. Et Luke le sait. C’est sûrement pour ça, d’ailleurs, qu’il parlait de choses si normales. Même si c’était la raison de leur expédition.

« Tu sais ce qui serait parfait ? De quoi lui faire une teinture multicolore. Une crinière de poney-licorne, quoi. Bon, elle devrait subir nos remarques mais… je crois que ça l’amuserait. Enfin, on peut peut-être trouver une perruque comme ça, et après des vraies teintures normales. Et pour le blanc fluo… C’est cool, on peut se déguiser en Casper et passer inaperçus. Ou en vampires. On pourrait faire un spectacle, presque. Kenny, le petit poney fluo. Moi, l’acrobate morte depuis 1000 ans. Toi, le cascadeur à moto. Axel elle danserait. Sid et Drew… Euh… On verra ? » Ouais, là comme ça, elle n’avait pas d’idées. « Ou alors on fait un spectacle pour elle. C’est important, 21 ans, comme tu dis. Et oui, elle sera contente, c’est sûr. Mais un petit tas de conneries, en plus des teintures, ça serait cool. »

Elle fronça les sourcils, quand le silence s’installa, un peu trop longtemps peut-être. A quoi pensait-il ? Elle le regarda, sans rien dire, pourtant. Le questionner n’aurait fait que le brusquer, de toute façon. Même si grimacer, comme elle venait de le faire en l’entendant, n’était pas le mieux. Elle ne doutait pas qu’Axel soit digne de confiance, loin de là, mais elle pouvait être… emportée. Et elle ferait surement tout pour que Luke parle. Ce n’était pas forcément une mauvaise chose, mais ça pouvait s’avérer compliqué. Surtout si Kenny finissait par apprendre que plein de gens étaient au courant, avant elle. Elle le prendrait pas forcément bien. « Et elle a dit quoi ? Je… Comment c’est venu sur le sujet ? » Elle brûlait de lui demander si elle avait essayé de le pousser à se confier, mais elle ne voulait pas l’inquiéter.

Elle se laissa plutôt aller contre lui, alors qu’il la serrait davantage dans ses bras, lui souriant doucement. « J’entretiens mon corps de rêve et mes muscles féminins, grand frère. C’est parfaitement normal, t’es jaloux de ma souplesse et de ma force, c’est tout. Et pour les idées… bah, on pourra en parler tous ensemble, déclarer ce qui est complètement nul, et ce qui l’est pas. Il faut pas un endroit trop à l’écart, mais pas trop au milieu de gens non plus. Que ça se passe pas trop mal. Une maison sur la plage, c’est pas trop excentré, ça serait cool, non ? Si elle ferme bien, et qu’il y a pas d’immenses baies vitrées qui nous grilleraient direct.

Tu l’as perdu quand ? Tu as gardé ma médaille, dis ?
» Elle savait que oui, ou croyait que oui, mais elle avait besoin de lui redemander, souvent. Elle, elle contemplait régulièrement tous les objets qui lui venaient d’eux, quand elle se retrouvait seule ou que personne la regardait. Elle parlait à voix assez basse, pour ne pas se faire repérer, comme lui d’ailleurs. Et elle écoutait le silence, aussi. « Revoir un gymnase. Prendre la craie qu’on utilisait, pour monter sur les barres. Faire une compétition, rien que pour vous. Je sais, tu vas encore dire que je suis bizarre. Mais je pensais à vous, à chaque fois. C’était pour vous, que je voulais gagner. Parce que je savais que vous regarderiez, tôt ou tard. » C’était pas tout à fait vrai, ils n’avaient pas vu toutes les retransmissions ou tous les enregistrements de ses compétitions, mais c’était malgré tout ce qui la motivait à faire de son mieux, à essayer d’être sur le podium.
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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Dim 19 Nov - 18:27
Des fois, j'ai l'impression que c'était il y a des siècles que j'ai pris la main de Robin, le jour de l'enterrement de nos parents. Et, parfois, quand je la serre dans mes bras dans un jour comme aujourd'hui, je me dis que c'est pas si vieux. Qu'elle est pas si vieille ma petite sœur et qu'elle en a sacrément bavé ces derniers mois. Comme nous tous c'est sûr, mais je me dis qu'elle était peut-être la moins prête du lot à pouvoir affronter tout ça. Alors, j'essaie de la protéger comme je peux, même si c'est pas toujours super efficace. J'ai un sourire à ses propositions, avant de laisser filer un vrai rire à ses idées. "Je parie que la crinière poney-licorne, elle kiferait. Ca lui irait tellement bien en plus. Mais oui, les teintures, elle sera toujours contente de toute façon, même si j'aurais aimé marqué le coup un peu différemment. C'est important comme âge quand même, même si ça a un peu perdu de sa symbolique aujourd'hui. Avant ce bordel, on l'aurait embarquée dans un bar pour qu'elle agite sa carte d'identité et commande de quoi picoler pour tout le monde. T'aurais froncé le nez devant les alcools forts, elle aurait voulu tout goûter  et on se serait marrés. Ou un truc du genre quoi." Je cille, réalisant que j'aurais probablement jamais passé cette soirée avec elle en vrai si rien n'avait changé et je préfère me focaliser sur le reste des délires de Robin. Plus simple à gérer ouais. "Vache, t'as un tas d'idées à la con toi aussi dis donc. Mais ouais, un spectacle pourrait la faire marrer aussi je pense."

Je me rends compte que je suis en train de me ronger un autre et je secoue la tête avant de hausser les épaules à ses questions. "On parlait du fait qu'on se prenait tout le temps la tête avec Kennedy. Enfin qu'elle me faisait la gueule. Et je sais pas, c'est sorti tout seul." J'hésite un instant avant de continuer, à mi-voix. "Elle a été compatissante et s'est même pas foutue de moi. Ca change pas grand-chose au final et c'est pas comme si je comptais le dire un jour à Kenny hein." J'ai un sourire sans joie avant d'inspirer et de secouer la tête. "C'est tellement débile de se prendre la tête pour ça, surtout avec ce qui se passe en ce moment. Je me sens particulièrement con tu sais petite sœur. Enfin, encore plus que d'habitude." Je la serre conter moi un instant avant de rire doucement quand elle reprend. "Parle pas de muscles féminins, dans ma tête, t'as toujours 12 ans tu sais. Et je suis hyper souple, regarde, quand je me casse la gueule en moto, je fais ça avec beaucoup d'élégance et de souplesse. Une maison sur la plage, ce serait cool ouais, mais faut un truc où on peut bien se chauffer et pas se faire repérer ouais." Je fronce les sourcils, essayant de me rappeler pour le bracelet et je grimace avant d'agiter mon poignet. "La dernière fois que je me le suis pété, y a quelques mois en fait. J'ai pas eu le temps de l'enlever avant de commencer la course et ils ont du le couper aux urgences. Suis désolé. Et j'ai toujours ta médaille, évidemment. Tu crois quoi toi ?" Je lui poke le nez avant de lui demander doucement ce qu'elle aimerait faire si elle le pouvait.

Et je laisse filer un silence à ses propos, effleurant doucement ses cheveux avant de souffler, d'une voix douce. "J'ai toujours tout regardé. Axel enregistrait tout et on regardait tous les deux dès qu'on était à l'appart'. Tu sais que c'était pareil pour moi ? Je pensais à vous avant chaque course, avant de m'élancer, je vous imaginais en train de me regarder. Et j'essayais de faire mon mieux pour vous." Plus d'une fois j'avais réussi à me persuader que l'un d'entre eux était là, même Kennedy. Mais on avait tous eu des vies hyper chargées avant que les morts ne reviennent foutre le bordel. Donc je savais bien que c'était super rare qu'ils puissent venir. Et Kenny encore moins que les autres. "Tu sais ce que je trouvais drôle ? T'avais toujours cette espèce de grimace, ce froncement de sourcils avant que tu commences à faire tes pirouettes. Maman avait exactement la même tête quand elle était concentrée sur quelque chose. Tu lui ressembles tu sais. De plus en plus."

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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Dim 10 Déc - 22:49
Il est agréable à entendre, ce rire. Depuis quand n’en a-t-il plus laissé échapper ? Robin est incapable de s’en souvenir, mais elle le chérira, et essaiera de ne pas l’oublier. Et de le faire rire, encore. Parce que c’était réconfortant, et rassurant, et que ça lui donnait un peu d’espoir, pour le futur. Même si elle n’envisageait pas un seul instant qu’ils pourraient se sortir de cette situation, s’ils avaient encore à passer du bon temps ensemble, alors rien de tout cela ne serait en vain. Ces jours d’angoisse, d’errance, de recherche de tout et de rien auraient peut-être un intérêt ou un but du moins. « C’est un début… pour lui faire croire qu’on a fait quelque chose de totalement basique. Avant de sortir l’artillerie lourde, la surprise immense, celle qui la fera s’évanouir de surprise et de bonheur. Oui, au moins ça. Et on peut toujours lui faire une carte d’identité de 21 ans, même si elle doit avoir la vraie – je pense pas que les gens aient décidé de piller toutes les plastifieuses du monde. Et on doit pouvoir trouver quelques alcools ! Avoue tout, Sid et toi, vous avez votre réserve, pour faire des paris débiles ? » Elle lui adressa un petit clin d’œil, ne pensant pas une seconde qu’il s’agissait de la réalité. « J’ai appris des meilleurs ! Mais tu te ramollis, fut un temps, tu aurais surenchéri. J’attends tes idées, allez ! »

Oui, enfin, elle les aurait écoutées avec plaisir, s’il n’avait pas surenchéri sur un sujet beaucoup plus délicat, qui la surprit grandement. Il avait parlé à Axel ? C’était une bonne chose, mais… Il gardait le secret depuis tellement longtemps, c’était étonnant, qu’enfin il se confie. Elle le regarda avec suspicion. « Je te crois sans mal, ou presque mais… Balance les vraies raisons, qui t’ont fait te confier. Tu ne peux nier qu’il y en a d’autres, hein ? Je peine à croire que c’est juste de parler d’elle, même pour dire qu’elle te fait la gueule, qui te fait parler. Elle sait quelque chose ? Kenny lui parle ? » Quoi d’autre ? Elle soupira, en l’entendant refuser de parler à Kenny. Robin n’avait aucune idée de la façon dont sa sœur réagirait – après qu’elle ait pu assimiler, parce que ça comptait pas, sa réaction immédiate -, mais… Il se faisait du mal, à garder ça pour lui. Et si elle n’en disait rien, elle était super peinée, pour son frère. Elle souffrait, de le voir lui-même souffrir de ce secret qu’il ne pouvait confier à la principale intéressée. Elle secoua pourtant la tête, sans lui dire, une nouvelle fois, de dire la vérité à Kenny. C’était inutile, si ça ne venait pas de lui.

Elle rit de concert avec lui, profitant de l’étreinte avant cela, quand il la reprit sur ses muscles, avant de lui faire une pichenette sur l’oreille. « Je parle de ceux que j’ai eus en montant sur les barres, les anneaux, ce genre de choses, crétin ! J’en avais déjà à douze ans. Et tu es le plus élégant cascadeur, c’est vrai. Tu aurais peut-être du te reconvertir ! » Elle lui adressa un sourire doux, n’en pensant pas le moindre mot. Il était doué dans ce qu’il faisait, en réalité. « Ça sera notre maison secondaire, alors. Pour les étés, quand on voudra voir du pays, dont la mer. Et on fera des châteaux de sable, de plein de formes différentes ! »

Elle grimaça de concert avec lui, en le voyant agiter son poignet. « Tu as encore mal ? Mais t’excuses pas, s’il fallait, il fallait. Au pire, je t’en ferai un autre. Et puis… La médaille, je l’ai gagnée pour toi, alors tant que tu l’as encore, c’est l’essentiel. » S’il la perdait… Elle le vivrait un peu plus mal. Mais tant qu’elle l’avait lui, ça ne serait pas vraiment grave.

Elle sourit pour elle-même, en sentant sa main dans ses cheveux. Il faisait souvent ce geste, quand ils étaient plus jeunes, plus souvent ensemble. « Je m’en doute. Et on te regardait. Pas forcément en direct, on pouvait pas toujours, mais… quand même. Et ensemble, si on pouvait. Sinon, on en parlait quand même. Parce que t’étais le meilleur, et qu’on était très fiers de toi. » Oui, tous. Même Kenny. L’avaient-ils vraiment regardé ensemble, après son retour chez Drew ? Elle ne s’en souvenait pas vraiment. Elle l’écouta attentivement enchaîner, déglutissant et laissant échapper un sanglot. Elle ne s’attendait pas à ça. « Elle me manque… Malgré les jours qui passe. » Elle n’aurait pas du dire ça, si ? Elle aurait du dire que lui aussi, ressemblait à leur père ? Partager un souvenir heureux ?
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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Ven 15 Déc - 15:34
Ca fait longtemps qu'on s'est pas retrouvés juste tous les deux avec Robin. On passe tellement notre temps les uns sur les autres que ce genre de moment est devenu rare. Et je me rends compte qu'en fait, la personne avec qui je passe le plus de temps ces derniers temps, c'est Kennedy. Autant dire que ça fait sacrément bizarre en vrai. Mais ça me détend de lui parler de tout et de rien, d'envisager une soirée d'anniversaire comme si le monde n'était pas totalement parti en vrille, comme si on pouvait vraiment faire tout ce dont on parle. Ce serait cool et faudrait vraiment marquer le coup. Pour Kennedy. "Le tout, c'est qu'elle voit qu'on a rien oublié et qu'on s'est mis en quatre pour elle. Qu'elle oublie pas qu'elle est importante, parce que j'ai l'impression qu'elle a tendance à pas vraiment s'en rendre compte. La carte d'identité ça peut être marrant ouais. Et… je vais te décevoir mais ça fait bien longtemps qu'on a pas bu une goutte d'alcool en fait. Depuis ton anniversaire et la bouteille de téquila qu'on a trouvée je sais plus où. Et si on avait une réserve secrète, tu crois vraiment que je te le dirais ?" Je lui poke gentiment le nez avant de grimacer. "A croire que je suis rouillé à force de plus faire autant de conneries en fait. Je sais que c'est débile mais j'aimerais juste que, pour une soirée, on oublie tous le monde dans lequel on vit maintenant. Ca, ce serait super cool."

Je sais pas trop pourquoi je lui parle de ma discussion avec Axel. J'ai une moue à ses questions et je soupire longuement, baissant les yeux en direction de mes baskets. Vu qu'elle tape un peu dans le mille, pour pas changer. "Si Kennedy lui parle, je suis pas au courant, elle me l'a pas dit. C'est juste que… ça commence à faire long en fait. Et autant j'arrivais à gérer et à faire comme si de rien était quand je pouvais éviter de la croiser tous les jours… autant là, ça fait deux ans où on passe nos journées ensemble et, j'ai l'impression que j'arrive plus à tout garder pour moi, que ça fuite, que je le veuille ou non. Et je sais ce que tu vas me dire, si Kennedy apprend que vous êtes au courant et pas elle, elle va me péter un câble. Mais de toute façon, elle m'en voudra, d'une façon ou d'une autre… alors…" Je hausse les épaules, la mine fataliste, attendant la sentence fraternelle, même si elle arrive à me faire marrer une fois de plus. J'esquive la pichenette avant de la fixer, malicieux. "Ah parce que t'as développé d'autres muscles en vrai ? Mais j'ai toujours été particulièrement élégant, je suis heureux de voir que tu l'admets. Pense à le dire aux autres parce qu'ils ont l'air de ne pas être au courant." Et je hoche la tête, effleurant le sommet de son crâne avec affection. "Vendu pour la maison secondaire. On gardera une maison à la campagne pour le reste de l'année et on bougera, dès qu'on en aura envie. T'es douée pour faire les châteaux de sable ? J'ai surtout souvenir que, quand on était petits, tu t'amusais à me recouvrir des pieds à la tête en rigolant toute seule."

Au reste de ses propos, je secoue la tête, n'ayant aucun scrupule à lui mentir. "Nan ça va. Mais j'en veux bien un nouveau ouais, on pourra te trouver le matos pour faire de la … couture ? T'appelles ça comment ? Tu pourras en faire aux autres aussi, ils seront contents. Tu l'as vraiment gagnée pour moi ? C'est cool ça." Et je me fais affectueux profitant de ce moment de tranquillité, même si dehors, c'est encore le chaos pour pas changer. Enfin, ça a l'air de s'être calmé, même si j'ai pas envie de sortir pour le moment. On rentrera plus tard, on est pas pressés de toute façon. Et je souffle, dans un murmure. "Tsais, quand on s'est retrouvés tous les deux, je pensais qu'on serait toujours seuls. Et puis, on les a trouvés. Je pensais pas qu'ils pourraient devenir tout aussi importants que nos parents. Au début, j'avais un peu mauvaise conscience qu'ils prennent autant de place mais je t'ai vu t'attacher à eux et je me suis dit qu'on avait eu de la chance dans notre malheur. Et j'étais le meilleur pour vous donc. Comme tu faisais de ton mieux pour qu'on soit fiers de toi, même si on l'était tout le temps." Je grimace à sa réaction et je la serre contre moi en hochant la tête. "Ils me manquent aussi. Mais je veux pas que tu les oublies, même si ça commence à faire longtemps." Ca se dit pas ce genre de trucs je crois, je veux pas lui faire de la peine. Mais j'ai pas pu m'en empêcher.

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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Sam 6 Jan - 21:21
Un sourire orna ses lèvres, en l’entendant. « Elle sera notre reine pour la journée, avec tout pour la rendre meilleure et drôle. Et lui faire voir qu’elle est plus qu’importante pour nous, oui. Je comprends pas pourquoi elle s’en rendrait pas compte, mais bon. » Sûrement parce qu’elle avait cru qu’ils l’avaient tous abandonnée, alors que c’était pas vrai du tout. Mais elle leur avait pas laissé le temps de leur dire, préférant les inquiéter. Et même si Luke avait merdé, quand Drew l’avait retrouvée – ou qu’elle s’était pointée à sa porte, mais peu importe -, tous avaient été la voir aussitôt, s’inquiétant plus que tout. Elle grimaça à l’idée de la téquila. C’était vraiment dégueulasse comme alcool. « Arrête, je suis plus une petite fille ! Et moi aussi, j’aimerai bien. Même si on faisait des trucs débiles. Genre jouer à des jeux de société. Tu te souviens quand on se cachait dans le grenier, la nuit, pour faire ça ? » Elle sourit doucement. C’était un bon souvenir, même si ses parents étaient encore en vie à ce moment là, et qu’ils lui manquaient cruellement.

Elle soupira à son tour, n’aimant pas l’entendre soupirer comme ça, paraître si… perturbé. Elle se souvenait de bien des moments où tout semblait lui passer par-dessus la tête, même si elle savait que c’était faux. Qu’il n’était pas ce gars insouciant qui semblait n’accorder aucune importance à quoi que ce soit. Bien au contraire. Elle se gardait souvent de le démentir, pourtant, pas sûre que ça lui aurait plu – même s’il ne devait pas se leurrer non plus. Mais le voir se torturer comme ça, à cause de Kennedy… Elle n’y était pour rien, et Robin le savait, elle ne l’en blâmait d’ailleurs pas, mais elle déplorait que les choses soient si compliquées. Elle ne pouvait même pas démentir qu’elle lui en voudrait, quelle que soit la situation. « Mais le plus tôt tu le lui diras, le plus tôt elle arrêtera de faire la gueule, et elle pourra… accepter l’idée. » Le ferait-elle ? Sourire stupidement parce qu’on avait un béguin de gamine qui était jamais réel, et réellement entamer une relation avec quelqu’un, surtout dans les conditions de vie qui étaient les leurs, ça n’avait vraiment rien à voir. Et c’était surtout absolument pas facile. Comment pourraient-ils s’en sortir ? Elle se tut cependant, à lui maintenant de décider quoi faire.

Elle fit la moue, en le voyant esquiver sa pichenette, même si elle fronça les sourcils en l’entendant la charrier sur ses muscles, et se comporter encore comme si elle était une enfant. Elle avait beau apprécier ses gestes d’affection, elle le nierait – elle était adulte, maintenant, elle aussi. Elle se laissa aller à rire silencieusement, quand il parla de son élégance, hochant la tête. Pourrait-elle seulement le dire avec sérieux ? Elle en doutait. Rire qui se transforma bien vite en air offusqué, cela dit. « Tu riais avec moi, et après tu me faisais manger le sable ! Tu mens ! Mais je ferai le plus beau château de sable, et tu en seras vert de jalousie ! » Parfaitement. Elle poussa un soupir de soulagement, quand il lui dit ne plus avoir encore mal, même si elle n’était pas sûre de pouvoir le croire. Elle en avait envie, en tout cas. Et elle aurait toujours le temps de l’engueuler, s’il avait menti. « Euh… Je sais pas trop. C’est pas de la couture, en tout cas. Du tressage ? En quelque sorte. Je sais pas. Mais ouais, ça me dit. Comme ça, vous aurez l’air débiles à porter des bracelets comme seuls les enfants en font, mais vous serez mes débiles, et vous porterez mes bracelets. Et ça, ça me ferait drôlement plaisir. » Elle lui tira la langue, ne pensant pas du tout qu’ils seraient débiles en vrai.

Elle se fit plus sérieuse, pourtant, quand il parla de sa médaille, puis de leurs parents. « Bien sûr, que je l’ai gagnée pour toi. Je n’avais plus que toi, et je… j’avais besoin de toi. » Même s’ils étaient déjà auprès des autres, elle les connaissait pas tant que ça, à l’époque. Et elle pensait qu’elle trahirait ses parents, comme Luke, visiblement… Elle grimaça de surcroit, avant d’être atteinte par quelques sanglots. « Tu les oublies, toi, des fois ? » Parce qu’elle oui. Elle se sentait obliger de regarder leurs photos, pour se souvenir de ce à quoi ils ressemblaient. Et elle se sentait horriblement coupable.
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MessageSujet: Re: Dis, tu te souviens de nos cache-caches ?   Dim 7 Jan - 18:03
Je laisse filer un silence, avant de souffler, pensif. "Ouais, ce serait bien qu'elle s'en rappelle de temps en temps. Et je crois qu'on sait tous les deux pourquoi elle s'en rend pas compte." Difficile de trop lui en vouloir, les circonstances ont pas aidé à ce qu'elle se persuade du contraire. Et on a jamais pris le temps de vraiment lui expliquer, comme si ça pouvait effacer ce qui s'est passé. Moi en tout cas. Je sais pas trop pour les autres, j'ai jamais osé poser la question sur ce qu'elle savait ou pas. J'ai un clin d'œil au reste de ses propos et je lâche, d'un ton léger. "Tu seras toujours ma petite sœur, que tu le veuilles ou non. Même quand t'auras 70 ans. J'aimais bien quand on faisait ça ouais. Même si je perdais tout le temps. Je maintiens que tu trichais un peu quand même. Faudrait qu'on trouve de nouveaux jeux tiens, ce serait marrant." Ou pas si on se met sur la gueule en fait. A voir quoi. J'aime bien ça avec Robin. Repenser aux vieux souvenirs sans pour autant qu'ils nous bouffent, sans se dire que la vie n'a plus vraiment d'intérêt maintenant que tout ou presque a disparu.

Parler de ce que je ressens pour Kennedy, c'est carrément pas simple, même si Robin est au courant depuis un moment déjà. Et elle a jamais trop rien dit. D'un coté, ça m'arrange en fait, ça m'évite d'avoir à trop me pencher sur la question. Mais c'est ma faute cette fois, j'aurais pas dû en parler comme ça. Je grimace à ses propos et je lâche, dans un murmure. "Et si c'est pire ? Si elle me déteste encore plus ? T'y penses à ça ?" Comme si elle pouvait accepter l'idée. Et j'imagine même pas qu'elle pourrait… penser pareil, faut pas déconner. J'ai un regard un peu penaud en direction de ma sœur avant de laisser filer un silence, le regard un peu perdu dans le vide. Avant de secouer la tête pour revenir à la réalité et juste à temps pour esquiver sa pichenette. "Moi ? Te faire manger du sable ? Je vois pas du tout de quoi tu parles soeurette. Et j'attends de voir pour le château de sable. Moi j'embaucherais des crabes pour te déranger tout le long, tu verras." Et lui mentir est plus facile que je l'aurais cru, surtout qu'elle a besoin de croire à ce mensonge. A quoi ça servirait de lui dire la vérité de toute façon ? Elle s'inquiéterait pour rien et ce serait pire de la voir me surveiller pour éviter que je me fasse mal. "Du tressage, ça me parait bien. Et pourquoi on aurait l'air débiles ? On aura la classe et des trucs que personne d'autre ne porte. Ca te ferait vraiment plaisir ?"

Et on se fait plus sérieux tous les deux, à l'évocation de nos parents. Je laisse filer un silence, déglutissant avant de lui répondre, d'une voix douce. "J'ai toujours besoin de toi tu sais. Depuis qu'ils sont plus là. Mais on est plus tous seuls tous les deux. On a de la chance de les avoir tous les quatre." Je la berce contre moi quelques secondes avant de reprendre, toujours sur le même ton. "Oui… quand on était plus jeunes, j'oubliais parfois qu'ils étaient morts. Je me disais, quand je gagnais un prix, que j'allais leur montrer. Et ils étaient pas là. Mais le temps a passé et j'ai parfois tendance à les oublier, tellement je suis focalisé sur le fait qu'on survive à tout ça." J'essuie une larme qui roule sur sa joue avant de reprendre, avec un sourire. " Et puis je te vois. T'as le sourire de notre mère, le regard de notre père. Alors je me dis que je pourrais jamais les oublier tant que je t'ai toi. Et c'est pareil pour toi." Si elle me demande ça, c'est que c'est son cas pour elle aussi non ? J'espère que non, parce que je saurais pas trop quoi faire pour l'aider.

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