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 Polish love their children too ft. Olivia Castillo

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MessageSujet: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Jeu 19 Oct - 20:06


Polish love their children too


Même si elle avait du mal à supporter cette fille, la polonaise n'en pouvait de voir le visage d'Olivia s'affaisser un peu plus chaque jour à mesure que son ventre s'arrondissait. Pas de beaucoup, mais assez pour que Ruth l'ai remarqué. L'idée d'aller lui parler avait commencer à germer dans sa tête quelques semaines plus tôt, mais elle avait préféré bien réfléchir plutôt que de foncer tête baissée.

Finalement, pendant une sieste de son fils, elle avait décidé d'aller lui parler. Aaron était reglé comme une horloge, et c'était en conséquence le seul horaire de la journée où elle pouvait faire quelque chose sans avoir réellement à le confier à quelqu'un. Elle avait juste demandé à Gracie de rester aux alentours pour l'alerter si le petit se mettait à pleurer. Comme quoi, avoir deux enfants s'était vraiment pratique. Ruth avait embrassé le front de sa fille adoptive avant de la laisser.

D'un pas décidé, elle traversait le laboratoire. Elle n'avait pas clairement décidé comment aborder le sujet avec Olivia, ni même ce qu'elle allait lui dire. Mais elle sentait que c'était dans ses obligations en temps que leader du groupe de veiller sur les membres de son groupe, qu'ils le veuillent ou non. Et personne mieux qu'elle ne pouvait comprendre ce que vivait Olivia en ce moment.

Elle la trouva en poste, montant la garde à la porte des barricades. Ruth hésita quelques secondes, mais fini par aller à sa rencontre. Avant que le silence n'est le temps de s'installer, elle commença :

« Salut. »

Un ton qu'elle espérait compatissant, mais encore une fois elle n'avait aucun moyen de le savoir. Pas trop agressif en tout cas. Son interlocutrice n'avait pas l'air ravie de la voir. Prévisible, vu le passif que les deux femmes avaient ensemble. En essayant d'oublier la personne qu'elle avait en face, la sourde continua sur un ton plus doux :

« Écoute, je sais que t'es enceinte. Et comme je suis passée par là je me suis dis que tu voudrais peut-être en parler à quelqu'un. »

Un sourire se forma sur son visage à la peau pâle, pour mieux inviter l'autre femme à se confier.


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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Ven 20 Oct - 14:15
« Salut… » Souffla-t-elle avant de tourner le regard et découvrir à qui elle avait à faire.

Liv avait la tête dans la lune, comme souvent depuis quelques semaines. Comme souvent depuis qu’elle se savait enceinte et qu’elle était à l’abri. Sa caboche fonctionnait comme une vraie machinerie, surchauffant douloureusement à chaque fois. La chute, loin de son monde plein d’incertitude, était compliquée au passage. C’était autre chose, une transition qu’elle ne vivait jamais normalement. Et en face d’elle, il y avait Ruth.

Qu’aurait-elle pu lui dire ? Un salut, ça n’impliquait rien. Mais quand la jeune femme resta à ses côtés pour poursuivre la conversation, Liv sentit l’angoisse s’éterniser avec elle. Elle allait lui parler, ne pas se montrer désobligeante, essayer d’être humaine pour une fois. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Les hormones, probablement. Et c’était presque à ce propos que la militaire se trouvait à ses côtés. Pour parler sur sa grossesse.

« Ah… » Fit-elle, comme à bout de souffle et surprise par la proposition. Plissant le regard, elle ne sut quoi rétorquer. « Ouais… Je vois pas trop quoi dire, en fait. » Admit-elle.

Nora n’était toujours pas rentrée. Darren l’évitait comme si elle avait la peste. Jordan n’était pas vraiment celle qui pourrait la rassurer sur sa grossesse. Thomas, c’était Thomas. La proposition de Ruth tombait un peu comme sur un cheveu sur la soupe, et elle ne sut comment réagir sur le moment. Comme si tout ça n’avait aucun sens. Comme si c’était inespéré, et plus attendu. Comme si le rendez-vous avait été manqué, mais qu’il tombait à pic cependant. Pourtant, Olivia n’aurait jamais pu admettre, au moins par fierté, que c’était le bienvenu.

Alors elle s’arma de sa plus grande indifférence :

« Je sais même pas ce que je vais en faire, et si… Si je veux mener cette grossesse jusqu’au bout alors… » Haussant les épaules, elle fit mine de rien. Mais sa main se posa instinctivement sur l’arrondi bien marqué de son ventre. Même elle n’y croyait pas : elle ne pourrait pas abandonner son enfant à naître, peu importe qu’elle se voit comme une mère ou non. « T’as p’t’être des conseils à me donner pour que ça soit moins insupportable ? » Lui demanda-t-elle en tournant son regard vers sa voisine.

Que pouvait-elle demander de plus ? Ruth était mère, elle. Une bonne, disait la rumeur. Alors, tout conseil était bon à prendre, même d’une personne qu’elle méprisait.

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Mer 8 Nov - 1:06


Dernière édition par Ruth Horowitz le Ven 15 Déc - 22:11, édité 1 fois
Olivia semblait plus surprise que fâchée de la voir, ce qui étonna Ruth. Ce n'était un secret pour personne que les deux femmes ne s'appréciaient pas, et elle s'était attendu à un accueil glacial, digne de la guerre froide qui sommeillait entre elles. Cet air surpris fut vite enfoui sous une montagne d'indifférence, ce qui fit penser à Ruth qu'elles n'étaient peut-être pas si différentes qu'elles le croyaient. La polonaise aussi cachait ses états d'âme, mais elle trouvait le calme olympien mille fois meilleur que l'indifférence agaçante. Restant patiente, elle écouta ce qu'Olivia voulait lui dire. Ou au moins faire se qu'elle savait faire mieux qu'écouter : lire sur les lèvres.

La jeune mère se reconnaissait dans ce que l'autre femme lui disait. Les mêmes questions avaient stagnées dans sa tête pendant longtemps, alors qu'elle essayait encore de survivre en pleine nature. Sans savoir si elle passerait l'hiver, ou où était le père de son enfant. La principale étant celle de la poursuite de la grossesse. Mais en voyant la façon dont la femme enceinte caressait son ventre à peine gonflé, Ruth compris qu'elle la mènerait à bout. La sourde la laissa finir de lui parler, et chercha des conseils pour elle. Tout ce qu'elle aurait voulu qu'on lui dise quand elle avait compris qu'elle était enceinte.

« Dis-toi que tu es en sécurité. Tant que tu restes entre les murs du laboratoire, tout ce passera bien. On a des médecins, du matériel médical et tout ce dont il y a besoin. Ne t'inquiètes pas pour les conditions matérielles, t'en auras assez avec le reste. »

Mais ce bref laïus, tout le monde avait du lui sortir. Elle continua sur un ton plus léger, et avec des informations plus pratiques.

« Évite de faire des efforts, la grossesse ça fatigue. Oh, et bois de l'eau, beaucoup. C'est traître à ce niveau là. Après, ça vaut ce que ça vaut, mais je suis là si tu as des questions, ou besoin de quelque chose. »

Ne sachant pas trop si elle devait rester ou non, la polonaise accorda quelques secondes à son interlocutrice pour voir si elle voulait ou non continuer leur échange.

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Sam 18 Nov - 11:31
« Des questions… » Répéta-t-elle dans la foulée, sans trop savoir par où commencer.

C’était… étrange. Elle en avait des centaines, à dire vrai, des milliers peut-être même. Mais elle n’osait pas les poser. Pourtant, Ruth avait annoncé la couleur : elle ne devait pas hésiter. Liv dansa un peu sur ses appuis, incapable de savoir quoi faire. Sa situation lui avait foutu un sacré coup au moral. Il n’y avait pas seulement sa grossesse qui pesait dans la balance : le départ de Nora, sa rupture avec Darren, le fait qu’elle devait être seule. La sécurité du campement était déjà un plus, qui l’empêchait de s’inquiéter. Au moins, elle n’était pas sur les routes à devoir se débrouiller.

« Est-ce que… ça va être très douloureux ? » Demanda-t-elle dans la foulée, interrompant la polonaise sur le départ. C’était la première question qu’elle avait, celle qui lui serrait le ventre à chaque fois qu’elle y pensait. Son accouchement n’était pas pour tout de suite, mais… il fallait qu’elle sache : « Je crois que… Je sais que ça va faire mal, mais… a quel point est-ce que ça va faire mal ? » Questionna-t-elle. « C’est ça qui… Me fait le plus flipper, en vrai. Avoir vraiment très mal. »

Elle eut un petit rire crispé, sans trop savoir où donner de la tête. Se reculant de quelques pas, la blonde vint se poser contre les marches menant aux étages, collant ses coudes sur ses genoux et sa tête dans ses paumes. Elle réfléchissait. Elle parlait à haute voix, même, sans s’adresser spécifiquement à Ruth. Il fallait que quelqu’un l’entende, et sache qu’elle n’était pas un monstre sans cœur :

« J’suis… Je veux le garder. J’m’y suis faite, j’veux dire. » Se reprit-elle. Monstre sans cœur, peut-être pas, mais pas vraiment humaine à cent pour cent non plus. « Je sais que je vais l’avoir cet enfant, je… »

Je l’aime déjà, eut-elle envie de dire. Un sourire crétin fila sur ses lèvres, elle se passa une main sur le visage en essayant de chasser ce sentiment qui l’étreignait. Un mélange de bonheur et de doute, qui la mettait mal à l’aise.

« J’aurais peur tout le temps, pour lui ? » Demanda-t-elle à Ruth.

Elle ne voulait pas seulement savoir comment elle mènerait sa grossesse à terme. Liv voyait déjà plus loin. Elle se projetait. Elle aurait cet enfant, l’enfant de Darren, et elle l’aimerait vraiment très fort.

HS : Déso du retard, j'espère que ça te conviendra <3

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Dim 3 Déc - 22:55


Dernière édition par Ruth Horowitz le Ven 15 Déc - 22:11, édité 1 fois
« Je vais pas te mentir, ça fait mal. »

En fait, je n'ai jamais rien connu de plus douloureux depuis. On parle quand même de faire passer un crâne humain d'une dizaine de centimètre de diamètre dans un vagin. Mais jamais Ruth n'aurait osé parlé comme ça. En ASL peut-être, et seulement à une personne qu'elle connaissait vraiment. Certainement pas avec une future mère apeurée à qui elle cherchait à apporter un peu de réconfort.

« Mais c'est pas la douleur qui est importante. La douleur, c'est passager et on l'oublie. Le moment qui compte, c'est celui où on te posera ton bébé sur le ventre. Là, tu pourras te dire que c'est fini. »

Quand elle disait ses mots, elle pouvait presque sentir de nouveau la chaleur sur sa propre poitrine quand Mathilde y avait déposée son fils. Ce moment incroyable, qui avait totalement redéfini sa vie, et où elle avait cessé d'être Ruth pour devenir la mère d'Aaron. Et ça, Olivia semblait déjà l'avoir compris. Elle parlait avec émotion de cet enfant à naître, confortablement niché au cœur de ses entrailles.

« J’aurais peur tout le temps, pour lui ? »

La question chassa immédiatement le maigre sourire qui avait commencé à prendre forme sur le visage de la polonaise.

« Oui. »

Aussi nette qu'un couperet, la réponse imposa un blanc dans la conversation. Dans une volonté précipité de rétablir la conversation, Ruth essaya d'expliquer comment elle ressentait les choses. Mais le résultat était brouillon, et pas très contrôlé.

« C'est moins facile après, c'est quelque chose qui pèse toujours sur la conscience. Mais ça m'a donné la force d'accomplir des choses dont je ne me pensait pas capable, juste pour le mettre en sécurité. Sans Aaron, jamais je n'aurai voulu diriger un groupe. J'ai toujours peur pour lui, mais ça m'aide à tenir. »

Et ça, elle ne l'avait jamais dit à personne. Un peu gênée, elle se devait de garder le regard fixé sur le visage de son interlocutrice. Sinon, comment poursuivre l'échange ?


PS : Vraiment désolée du retard, j'avais adoré ton post :coeur :
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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Ven 8 Déc - 18:52
« Et… Il sort dans… quel état ? » Enchaîna Liv avec un air suspicieux, presque craintif. « Tout fripé et tout rouge ? » Elle se racla la gorge. « Comme dans les documentaires ? » Bon sang ce qu’elle pouvait se sentir stupide avec ses doutes : elle allait sortir une pastèque par la zone probablement la plus étroite de son corps, et elle s’inquiétait de savoir si son bébé allait être fripé… « J’suis désolée, mes questions doivent te donner l’impression que je suis idiote… »

Elle eut un rire crispé, alors qu’elle se passa la main dans les cheveux pour essayer de se détendre. Ça n’avait rien d’une chose facile. Ses yeux se baissèrent instinctivement vers son ventre déjà arrondi : dire que ça lui causait déjà du souci. Dire que d’ici quelques mois, ça serait cent fois pire ! Ruth ne la ménagea pas, mais Liv n’avait pas besoin de ça. Tant pis pour la douleur : c’était une certitude à laquelle elle devrait se préparer. Et tant pis pour l’instinct de mère qui l’obligerait à s’en faire : c’était comme ça désormais.

« Genre, toi, tu as peur ? » Répéta-t-elle avec un léger sourire mutin, le premier du genre qu’elle offrait à la polonaise. « Personne n’y croit. »

Elle baissa le regard, un peu honteusement.

« Tu as l’air… Plus faite pour ça que… Moi. » Gémit-elle dans un soupir.

En fait, Olivia avait l’impression que tout le monde était fait pour ça. Sauf elle. Personne ne l’imaginait mère, pas elle. Elle était pourtant obligée de s’y faire, parce que le choix n’était plus une option. Elle garderait cet enfant. Elle ne savait cependant pas si c’était seulement parce qu’elle adorait contrarier Darren et montrer son majeur bien droit à tout ceux qui doutaient d’elle. Il n’y avait pas que de ça. Elle était partagée : prête, et loin de l’être.

« Est-ce que ça a été évident ? De savoir comment tu devais t’occuper de lui ? » Questionna-t-elle ensuite. « Tu as pu lui faire des biberons, ou le sein, ou… ? » C’était si bizarre de la questionner sur tout ça. Il était pourtant temps de s’en inquiéter. « Désolée le… Père d’Aaron n’est pas ici, n’est-ce pas ? »

Elle ne s’intéressait que peu à la vie de Ruth : les deux femmes n’étaient pas amies alors… Pourquoi se serait-elle posée la question avant.

« Je suis pas sûre que Darren s’en occupera. » Admit-elle avant de réaliser :
« Et oui, c’est lui le père… » Fit-elle, en lui demandant de garder le silence là-dessus. Ça n’était pas encore « officiel ». Il n’en voulait pas, de cet enfant. « Je vais devoir le faire toute seule, je pense. Alors… C’est compliqué ? »

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Lun 18 Déc - 19:19
Ruth aurait cru avoir fait un voyage dans le passé. Olivia posait exactement les questions qu’elle avait ressassées encore et encore. Quand elle essayait de se rappeler de ce que sa mère et sa sœur avait pu lui raconter des années plus tôt, où qu’elle se réveillait la nuit, hantée par des images de documentaires sur l’accouchement qui revenait à sa mémoire. Difficile à croire, pour quelqu’un dont le travail avait consisté pendant des années à trouver les meilleures façons de transformer un être humain en gaspacho.

« Non, c’est pas idiot, tu peux pas savoir. C’est un peu comme dans les documentaires oui. Mais bon, tu vas pas voir grand-chose. Il y aura bien un médecin parmi nous pour le laver avant de te le donner. »

Quand Olivia lui dit qu’elle avait l’air faite pour ça, Ruth cru au départ qu’elle avait mal lu sur ses lèvres. Même si elle se sentait à sa place en tant que mère maintenant, c’était quelque chose qui était venu avec la naissance d’Aaron. Jamais on ne lui avait dit qu’elle était faite pour ça. Quelque part, la carriériste qu’elle avait été se sentait profondément insultée. Mais la mère qu’elle était devenue pris le compliment avec un sourire timide.

« Tu m’aurais connue avant… »

Sourire qui s’effaça dès que la notion de « père d’Aaron » fut évoquée. Avec un soupir, elle commença par répondre aux questions techniques.

« J’irai pas jusqu’à dire que c’était évident. L’alimentation au sein, oui, parce que ça avait l’air naturel. Pour le reste, j’étais un peu perdue au départ, mais je n’étais pas la première à devenir mère, et j’ai eu un bon coup de main de plein de gens.»
Puis avec un soupir :

« Et le père d’Aaron… N’est pas ici. »

Elle n’avait pas envie de partager cette partie-là de son histoire avec Olivia, pas tout de suite. Un jour peut-être. La situation de l’autre femme était encore pire aux yeux de la polonaise. Si le père d’Aaron avait disparu sans dire un mot, Darren vivait avec elles. Sa voix se teinta d’un mélange d’amertume et de colère.

« T’as pas besoin de lui, mais ça veut pas dire que tu seras toute seule. On vit tous les uns sur les autres ici, et y aura toujours quelqu’un pour aider, si tu t’en sors pas.»

Elle se désigna avec un demi-sourire.

« Comme une autre mère célibataire, par exemple. »


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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Lun 15 Jan - 20:58
Alors, son bébé, en sortant de son ventre, serait probablement aussi moche et fripé que dans le film. Il ne ressemblerait pas à un joli poupon qu’elle prendrait plaisir à regarder. Olivia n’était pas sûre de pouvoir le voir avec les yeux de l’amour pour l’instant, probablement parce que sa situation était trop tendue pour qu’elle réussisse à entrevoir du positif. Elle s’en voulait de penser ainsi, de laisser croire qu’elle ne serait pas une bonne mère. La vérité, c’était qu’elle doutait sérieusement d’avoir quelque chose à apporter à sa progéniture, et elle avait peur d’être cet imposteur qu’elle avait toujours été aux yeux des autres. Qui pour la comprendre ? Elle ne pouvait pas dire ça à Ruth, malgré sa gentillesse aujourd’hui pour tenter de lui remonter le moral.

Le soutien qu’elle lui offrit à demi-mot lui arracha un rire nerveux. Certes, elle n’avait pas besoin de Darren, et certes, elle ne serait pas seule pour assurer ça. Jordan et Thomas avaient déjà prouvé qu’ils seraient présents pour elles, quoi qu’il arrive. Et ça comptait beaucoup à ses yeux. Mais la proposition de Ruth la mettait mal à l’aise, parce qu’elle s’était montrée plusieurs fois monstrueuse à son égard. Elle ne méritait pas cette sympathie, son sourire, cette bonne volonté. Encore moins ses conseils.

C’était grotesque, et la blonde se retint de prendre sa tête entre ses mains, consciente que sinon, la sourde ne pourrait pas comprendre ce qu’elle lui disait :

« Pourquoi tu ferais ça pour moi ? » Questionna-t-elle de but en blanc. Qu’est-ce qu’elle y gagnait ? A part… Une alliée, éventuellement ? Une alliée qui avait dans ses gênes la capacité de sauver l’humanité avec son immunité, tiens. « Je me suis toujours montrée odieuse avec toi, je ne mérite pas ta sympathie ou ton soutien. » Appuya-t-elle ensuite.

Un soupir lui échappa. La présence de Ruth à ses côtés lui donnait désormais des remords, elle qui n’en avait jamais. Ou alors était-ce les hormones qui la travaillaient et l’obligeaient à se montrer plus humaine. Faible aussi, elle avait l’impression. Olivia avait l’intime conviction qu’elle prêtait le flanc à la blessure, comme avec Darren. Pourtant, sa dernière plaie faisait un mal de chien et elle n’avait pas envie d’être attaqué à nouveau…

« Je ne suis pas une gentille personne, et je ne suis pas persuadée d’être une bonne mère. » Ajouta-t-elle. C’était maintenant que tous ses doutes refaisaient surface. Pas en face de Darren, où elle s’était montrée incroyablement fière, voire arrogante. Maintenant, face à Ruth, qui n’était pas une amie pourtant. « J’ai l’instinct maternel d’un tabouret ! » Geint-elle comme une idiote avec la certitude qu’elle ferait tout de travers.

Peut-être qu’au fond, mettre au monde ce bébé et le laissait à Ruth était une meilleure idée.

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Mar 16 Jan - 12:04
Le ton remontait brutalement entre les deux femmes. Olivia était extrêmement paniquée, et Ruth ne comprenait pas ce qu’elle avait pu dire pour provoquer cet état. Elle resta calme, mais ses hormones commençaient à bouillir sous sa peau. Froidement, elle répondit.

« Parce que je suis en charge ici ! Ça veut dire que je m’occupe des gens, même ceux que je n’apprécie pas.»

Même sans entendre sa voix, elle sentait son accent slave s’imposer. L’articulation anglaise, qui paraissait pourtant si naturelle, se faisait la malle à la moindre trace d’émotion dans la voix. Ce qui, Dieu merci, n’arrivait pas souvent. Elle croisa les bras, comme pour se donner une contenance. Olivia rentrait dans une phase d’autodépréciation puissante, et ça allait être le rôle de Ruth de faire quelque chose.

« Tu sais ce que c’est l’instinct maternelle ? C’est une connerie inventée pour garder les femmes à la maison. La vérité, c’est qu’on est toute paumée de toute façon, et qu’on apprend sur le tas. La plupart des jeunes mères traversent une période de dépression par ce qu’on ne sait pas faire. Y a pas d’instinct maternelle, tu feras juste comme tout le monde. »

Elle reconnaissait presque un discours, sorti des années plus tôt à sa mère. Mais dont le thème central était plutôt « pourquoi je ne veux jamais d’enfants ». La polonaise acheva son laïus d’un ton plus doux, comme si elle s’était calmée.

« Et je m’en fous qu’on ne soit pas spécialement amies, j’ai juste voulu venir en aide à une personne avec qui je vis, parce que je pouvais le faire. On a besoin de compter les uns sur les autres. »

Ruth réalisa alors qu’elle venait de s’emporter contre quelqu’un. Ce n’était pas arrivé depuis réellement longtemps, et elle ne savait pas comment se comporter à présent. Devait-elle s’excuser ? Jamais, elle était bien trop fière pour ça. Elle attendit de voir comment réagirait la future mère. De toute façon, vu les relations qu’elles avaient entretenues jusque-là, ça ne pouvait pas être pire.

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Sam 20 Jan - 11:26
Il n’y avait pas d’instinct maternel, vraiment ? Olivia releva le regard vers Ruth un instant en la scrutant. Est-ce qu’elle avait dû faire sans à la naissance de son enfant ? Militaire de carrière, apparemment motivée à prendre du galon, avait-elle de toute façon vraiment voulu d’un enfant ? L’espace d’une seconde, la blonde eut un doute. Et le pire dans tout ça, c’était que la polonaise avec probablement raison : l’instinct maternel, c’était fait pour garder les femmes à la maison, pour s’occuper des gamins. Une vision assez archaïque de la manière d’élever les enfants, mais qui s’était tout de même ancrée en elle.

Olivia avait une vision en soi de la manière dont elle devait être mère, comme la sienne au fond. Pourtant, elle ne s’était jamais vu comme une mère au foyer, à s’occuper de ses enfants et de la maison. Darren n’était pas tombé vaguement amoureux d’elle pour ça. C’était sa liberté, son indépendance, qui l’avait séduit, comme tous les hommes avant lui. Nora aurait fait une bonne maman, elle en était sûre. Pas elle. Entre les deux sœurs Castillo, c’était de toute façon l’aînée qui avait les plus belles qualités humaines, mais son homosexualité lui avait mené la vie dure, notamment à cause de la vision qu’avait les autres sur elle.

Pinçant les lèvres, Liv hocha la tête, calmée peut-être. Ruth avait eu raison d’hausser le ton, parce que la blonde, malmenée par les hormones, était désormais impressionnable.

« D’accord, tu… Tu as raison. » Admit-elle en fermant les yeux, prenant une grande bouffée d’air frais. « L’instinct maternel, ça existe pas, les hommes ont inventé ça pour s’assurer de garder les femmes dans le « droit » chemin. » Répéta-t-elle lisiblement. « C’est une manière de penser très féministe. Je ne te pensais pas… Très regardante là-dessus. » Lâcha-t-elle, plus légèrement.

Elle pouffa d’un rire un peu troublé ensuite, pas certaine de comment elle le prendrait. Ruth était encore insaisissable à ses yeux, une sorte d’humaniste qu’elle ne parvenait pas à comprendre. Olivia n’était pas encore assez perturbée pour s’excuser de son comportement – surtout qu’elle restait méfiante à son égard – mais elle l’entrevoyait sous un nouveau jour. Elles ne seraient probablement jamais amies, mais alliées lui suffisait.

« Si tu m’aides, je te devrais quelque chose en retour. Une dette. » Ajouta Olivia. « N’importe quoi, pour peu que je puisse te rendre la pareille. Tu ne devras pas hésiter à me le demander le moment venu, je tiens à payer mon dû. »

Le destin l’avait mis dans une position où elle était présentement impuissante. Mais viendrait un moment où la vapeur s’inverserait, elle le savait. Dès que sa fille serait née, elle pourrait reprendre les rennes. Pour l’instant, elle laissait à qui de droit.

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MessageSujet: Re: Polish love their children too ft. Olivia Castillo   Mar 30 Jan - 14:19
Victoire de la polonaise, son petit discours avait eu de l’effet sur Olivia. Soulagée, elle laissa son visage reprendre un air plus sympathique. Quand Olivia lui dit qu’elle ne l‘imaginait pas féministe, Ruth se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Elle avait fait une école d’ingénieur militaire, puis une carrière dans l’armée. Les collègues féminins s’était raréfiés jusqu’à disparaître, et elle était resté en se battant constamment pour avoir de la crédibilité. Le combat s’était intensifié quand elle avait perdu l’audition. Sa vie entière avait été un combat contre le monde.

« Si tu savais… »

Un peu gênée par cet instant de relâchement, elles redevinrent sérieuses. Olivia disait lui devoir quelque chose. Et Ruth savait exactement quoi répondre.

« Je peux t’appeler si j’ai besoin de quelqu’un pour surveiller Aaron ? »

C’était toujours le même service qu’elle demandait aux gens, pour être sûre d’avoir toujours quelqu’un sous le coude. Seule, elle aurait surement eut du mal à jongler entre tenir le laboratoire et surveiller le petit. Quand il serait un peu plus grand, elle pourrait commencer à l’emmener partout avec elle, et à le confier à Rajesh pour qu’il apprenne à lire.

« Je te laisse, n’hésite pas si tu as besoin. »

D’un signe de la main, elle salua Olivia avant de repartir vers le bâtiment. Elle n’avait plus rien à ajouter, et son horloge biologique interne lui tapotait l’épaule en lui disant qu’Aaron était surement réveillé ou pas loin. Sans possibilité de l’entendre pleurer, elle avait été obligée de prendre des habitudes horaires très strictes, et avait eu la chance d’avoir un bébé rapidement réglé come une horloge. Elle arriva dans une chambre étonnement calme.

En fixant le petit humain encore endormi dans son berceau, elle songea à son parcours, et à celui qui attendait Olivia. Et tristement, réalisa qu’elle n’aurait jamais eu son fils si on lui avait donné le choix. Que la plus grande aventure de sa vie était un accident. Elle espérait pour Olivia qu’il en serait de même.


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Polish love their children too ft. Olivia Castillo
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