Back From The Dead



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Jeu 26 Oct 2017 - 3:09




Les pas chancelants du colosse creusaient dans les hautes herbes des tranchées plus ou moins parallèles. Il sortait d'un terrain vague pour rejoindre la rue. Plissant ses yeux océaniques, ayant la bonté et l’innocence d’une humanité si frappante, le géant à la silhouette déformée laissa planer son regard sur les étendues dévastées de la société en plein déclin. Le reflet vicieux du soleil sur les carrosseries des épaves éblouissait quelque peu l’erreur de la nature. Le manteau du brouillard matinal semblait recouvrir la déchéance que la civilisation venait de subir il y a plusieurs mois de ça. Tant de colère, de peur et de drame étaient maintenant camouflés par la froideur du paysage sans vie. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortel en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses lèvres émincées et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de circuler de nouveau dans les extrémités, engourdies par la froideur de ce matin de ce début d’été plus que timide. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercée sous la douceur bienfaitrice d’un soleil matinale, vers le ciel nuageux de ce mois de juin et Bobby sourit. Même si le malheur semblait prendre un malin plaisir à tourmenter les mortels qui semblaient résister au destin funeste qui rodait de manière chancelante et vorace, l’homme était heureux comme un enfant. Il voulait trouver des choses pour le petit bébé que l’ange à la chevelure d’or avait pris sous son aile. Heaven était une lueur d’humanité dans ce monde en pleine déchéance et Bobby fera tout pour la sauvegarder d’un destin horrible. Que valait sa vie, insignifiante et insipide, en comparaison de celle de la scientifique qui pourrait sauver la terre toute entière?

Lunatique comme à son habitude lorsqu’il songeait aux apparitions divines qui venaient de surgir dans son existence, les gestes de l’homme étaient un peu comme ceux d’un robot, L’automatisme de son être avait pris le pas et il a marché avec une régularité d’un métronome. Les muscles disproportionnés de la créature de Frankenstein emmitouflé dans sa veste de motard renforcé le propulsaient enfin dans la rue au bitume crevassé. Avec son armure anti-émeute disparate, le géant ressemblait à un guerrier apocalyptique bien décidé d’en découdre avec n’importe quelle menace. Mais une joie presque enfantine illumina le regard sérieux du colosse et les traits atypiques se transmuèrent en un masque de pur bonheur. Dame Nature avait décidé que les rayons du soleil tomberaient sur la lie de l’humanité. S’arrêtant subitement, le mineur pencha la tête vers l’arrière et ferma les yeux. Il laissa la chaleur de l’astre solaire entrer en contact avec son horrible faciès. Il ne se doutait aucunement qu’un regard affamé espionnait chacun de ses mouvements. Mais bienheureux étaient les simples d’esprits comme lui disait souvent les gens.

Après quelques instants d’un pur ravissement, un gémissement lointain fit reprendre le dur contact à la réalité à la créature difforme. Une silhouette chancelante essayait vainement de progresser entre les voitures vers la position du monstre de foire. Celui-ci décrocha sa lourde masse d’acier de sa ceinture et après avoir remarqué le lent cheminement de la goule, l’esprit lent de Robert compris qu’il aurait toute la lassitude voulut pour entrer à l’abri et ressortir un peu plus tard. Bien avant que l’aberration arrive à la portée du fil de sa masse d’acier étoilée. La maladie des infectés les pourrissait littéralement sur pattes, rendant leurs muscles encore plus faibles et atrophiés.

D’un côté de la rue se trouvait une multitude de maisons unifamiliales en plus ou moins bons états, vu les services que des émeutiers des premières heures du chaos ambiant avaient propagés. Dans l’esprit si lent de l’homme, avec l’effet du brouillard qui s’évaporait et les jeux d’ombres, les habitations ressemblaient à s’y méprendre aux maisons hantées qui faisaient frissonner sa nièce adorée. Dans l’imagination fertile de l’homme difforme, il vit des scènes d’anciens occupants décharnées qui frappaient pathétiquement à la porte barricadée de leur tombe familiale. En bordure de la route au bitume crevassé, quelques magasins représentaient l’économie d’un passé révolu. Certaines avaient la vitrine défoncée et surement leurs contenus pillés, mais quelques rares élues semblaient défier les parodies de vie putréfiée et les survivants déterminés de s’en prendre à elles. Un immense bâtiment, trônant comme un roi au milieu de ses sujets minuscules, attirant le regard bleuté si pur de l’homme difforme. Déchiffrant les quelques mots qui commençaient à disparaitre sous l’assaut de la neige, Robert comprit que c’était une bibliothèque.

Se dirigeant vers la porte d’un abri qui lui semblait sur, où il se doutait qu’il trouverait ce qui rendrait un semblant de sourire à son horrible faciès, le mastodonte n’avait aucune idée dans quel pétrin il allait encore se fourrer comme à son habitude. Juste le furtif espoir d’un souvenir, d’une sensation spectrale d’effleurement d’une main douce et satinée sur sa poigne massive et rugueuse donna le courage au colosse de saisir la barre transversale. Sa nièce adorée aimait par-dessus tout lire et venir dans ces endroits de cultures. Robert l’accompagnait parfois, se sentant étranger dans ce monde d’intellectuel, lui qui avait des difficultés des fois à écrire son nom. Il se forçait à lire, plus pour faire plaisirs à l’ange de son passé que par une réellement envie d’apprendre. L’adolescente aimait un type du nom de Jules Vernes. L’esprit lent du monstre de foire venait de comprendre qu’ils devraient surement abriter dans ce lieu de culte du savoir un bouquin ou deux de cet écrivain. Pour renouer avec l’esprit de la défunte, pour essayer de lire les mots compliqués avec le fantôme souriant de l’être qui importait le plus dans sa vie.

Mais la poignée du temple du savoir ne bougea pas d’un iota. Le sourire de la bête disparut, laissant entrevoir un air de déception sur ses traits atypiques. Avec son visage aux traits sculpté grossièrement dans le granit et son corps repoussant, l’homme ressemblait à cet instant à une gargouille qui veillait sur les toits des immeubles. Déçu, il descendit alors les marches pour se retrouver au milieu de la rue. La goule atrophiée n’avait fait que quelques mètres. L’aberration avait une lueur d’escargot asthmatique. Mais un mouvement rapide, semblable à du vif-argent, attira l’attention du colosse balafré. Celui-ci sortit de nouveau sa lourde masse étoilé de son étui de ceinture. Le bouclier anti-émeute, résistant autant aux ergots des goules que les projectiles des agresseurs bien vivants, sembla se matérialiser sur son avant-bras de la taille d’un tronc d’un jeune arbre. Hissa son imposante masse de muscles disproportionner dans la boite arrière d’une grosse camionnette, le golem de chair essaya de voir au loin. Alors, une jeune femme courait. Aux yeux de la chose immonde, elle avait la vitesse d’un ange en plein vol et la célérité d’une étoile filante. Sans s’en rendre compte, il leva un bras ayant la circonférence d’un tronc d’un petit arbre. Sa voix rocailleuse s’éleva dans le silence pesant de la rue comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été.

Robert- ICI !

Mais alors les râles de faims virent avertir le géant parsemé de cicatrices du pourquoi de la course de la jeune femme. Des aberrations la poursuivaient, quelques-unes courant même. Comme à son habitude le golem de chair sanctifier, ce gladiateur des temps apocalyptique allait s’interposer entre la mort putride et la vie d’un être humain qui allait sûrement le manipuler ou bien le blesser. Mais tel était la malédiction d’avoir l’âme pure et débordant de gentille et d’une candeur surnaturelle tout en ayant un corps de cauchemar absolu.

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Malorie Erikson
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Sam 28 Oct 2017 - 16:32

La veille au soir, Malou avait quitté E. Jefferson Avenue et s'était immiscée tant bien que mal, en slalomant entre les véhicules abandonnés dans Lake Pointe Street, jalonnée de maisons presque toutes semblables avec la ferme intention d'aller les visiter tranquillement dès le lendemain matin.
Choisissant un espace où garer son ambulance, elle opta pour une place d'où elle pouvait apercevoir le grand bâtiment rouge et blanc qui était jadis la bibliothèque et coupa le moteur.
Observant les alentours déserts elle se dit qu'ici elle serait tranquille au moins jusqu'au lever du soleil et passa à l'arrière afin de s'obliger à avaler quelque bouchées d'une boite de conserve quelconque avant de se coucher.

Cela faisait un bon nombre de mois à présent qu'elle peinait à trouver le sommeil tant elle était angoissée par le rêve récurent qu'elle faisait toutes les nuits.
Invariablement, Nounours, en ange éblouissant lui apparaissait, grand sourire aux lèvres, tendant ses bras larges comme des tonneaux en signe d'invitation. Radieuse, éperdue d'amour, la jeune fille s'élançait vers le géant aux yeux plus beau qu'un ciel d'été mais au moment de poser ses lèvres sur les siennes, il s'évanouissait en une fumée blanche jusqu'au firmament et la laissait exsangue.

Au petit matin elle se réveilla une fois de plus en sursaut, d'assez mauvaise humeur et grelottante. Avec le changement de lune, la température avait chutée au point qu'elle se serait cru à peine au début du printemps.
S'extirpant difficilement de sous la couverture, elle s'empressa d'enfiler ses vêtements, d'avaler une petite portion de haricots puis décida de sortir faire sa gymnastique quotidienne comme le lui avait vivement recommandé Duncan le maître.
Sautant au bas de la camionnette, elle attrapa son sac à dos, referma les portes à clé et huma l'air ambiant.
Dehors le vent froid la saisit au point qu'elle n'eut pas le courage de faire les échauffements classiques; il lui fallait quelque chose de plus radical et le mort vivant qu'elle aperçut non loin feraient très bien l'affaire; elle allait enfin pouvoir s'amuser un peu.

Partant au petit pas de course dans la direction de l'ignominie ambulante qui était loin d'être fraîche, elle se mit à taper des mains en arrivant à sa hauteur afin d'attirer son attention ce qui ne manqua pas. C'était là que le jeu commençait !
Avec un grand sourire aux lèvres comme une enfant qui débuterait une partie du chat et de la souris en cours de récréation, elle piqua un sprint tout en vérifiant de temps à autres derrière son épaule si l'adversaire suivait puis d'un coup, elle fit volte-face pour l'attaquer.

Les mouvements étaient rapides et sûrs. On sentait que la force musculaire manquait mais la tension nerveuse et la souplesse palliaient aisément cette faiblesse.
D'un coup de pied bien porté elle déstabilisa l'ennemi avant de lui balancer des coups de rouleau à pâtisserie sur les avant-bras qui ne tardèrent pas se décrocher.
Sans cesser le combat, elle attaqua les tibias du mangeur d'homme déjà en position d'infériorité jusqu'à ce qu'il chute au sol, acheva de pulvériser les membres inférieurs et s'apprêtait à lui casser les dents quand elle vit arriver du coin de l'allée de la bibliothèque une horde de cinq ou six rôdeurs bien plus vaillants que celui qui se traînait lamentablement sur le bitume, condamné à râler de faim pour l'éternité.

Elle aurait malgré tout eut le temps de l'achever mais ne fit pas, c'était sa vengeance personnelle. D'un coup de rouleau elle lui brisa la mâchoire et reprit sa course dans l'espoir de semer tous les autres.
C'est alors qu'elle entendit quelqu'un crier d'une voix forte « ici ». Cela semblait provenir d'au-dessus d'elle mais n'eut pas la possibilité de vérifier car le simple mot avait alerté une meute plus importante qui sortait des maisons en face.

« C'est qui ce con qui ne sait pas encore qu'on ne crie pas dans les rues infestées par des crevures ?! » grommela t-elle intérieurement avant de slalomer entre les véhicules pour les semer.

L'adolescente qui n'avait que la peau sur les os commençait à donner des signes de fatigue.
Elle avait bien vu le camion dans la benne duquel une vague silhouette trônait, agitant les mains comme pour l'inviter à monter mais elle savait qu'elle n'aurait pas la force physique de prendre son élan pour sauter dedans.
Continuant son parcours du combattant, elle perdait du terrain; les mordeurs couraient eux aussi et ils étaient nombreux...
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Sam 28 Oct 2017 - 21:13

Le golem de chair voyait que la jeune femme semblait en difficulté. Le groupe de goules puant la putréfaction et la mort venait de gagner du terrain et déjà les affres de la fatigue semblaient déjà avoir gagné l’adepte du Parkour qui sautait partout. Une fuite qui semblait futile contre la faucheuse elle-même. À bout de force, l’être innocent semblait au moins avoir aperçu le gladiateur de l’apocalypse et l’aide salvatrice qu’il proposait. Sautant en bas de la benne à ordure, le pas pesant de l’immense immunité se fit rapide. Voyant ou la forme doté d’une certaine célérité qui semblait être gagné par la lourdeur de plomb de la fatigue allait surgir, Robert s’interposa en grimpant de nouveau sur un véhicule abandonné. Mais la petite roquette humaine entra en collision avec le géant au grand cœur et tomba au sol.

Le géant balafré recula d’un pas, secoué par le puissant impact qu’il venait de recevoir sur son torse large comme une barrique. À ses pieds, étendus sur le dos telle une comète divine venant de toucher sol, se trouver un être céleste. Une jeune femme à la cascade d’or en guise de chevelure et au corps rachitique. Alourdie par le temps légèrement frisquet, la dame leva des yeux paniqués et terrifiés vers le géant qui commençait à descendre ses yeux. En un instant il comprit. De par sa présence grotesque et inhumaine, il effrayait de nouveau des êtres vivants et surement qu’elle allait périr s’il restait sans bouger comme une gargouille grotesque. Le cœur du colosse se déchira et pendant que l’angoisse nouait ses tripes, le géant fit un pas. Sautant en bas de son fort Alamo improvisé, la suspension de la voiture grinça de soulagement. Le mineur était certes fort et résilient, mais la coordination de cette haute et massive silhouette était laborieuse. Au risque de se casser mille fois le cou à cause de son agilité grossière, Bobby n’en avait cure, il atterrit sur le bitume crevassé. Il devait gagner du temps. Des secondes vitales pour que l’ange soit remis sur pieds. Un être de lumière que l’erreur de la nature allait essayer d'arracher à des abominations cannibales car il croyait en son for intérieur que chaque survivant avait un bon fond. Une âme bonne, gentille et surtout remplie d’une bonté peu commune n'allait trépasser sous l’assaut des horreurs de ce monde. La voix rocailleuse, comme si la bête essayait de parler avec des multitudes de cailloux dans la bouche, s’éleva au travers du chœur macabre qui se profilait à l’horizon. Les yeux océaniques et les mots de la chose étaient vibrants de gentillesse et de sollicitude envers la jeune femme échouée dans ce monde chaotique.

Robert- Relevez-vous madame je vous en prie… Euh… Je vais les retenir pour que vous vous enfuir.

Mais au milieu de du chœur de gémissements affamés des goules un cri à faire glacer le sang se rajouta. Un hurlement en partie humain, mais indéniablement maléfique et sanguinaire percuta les zones d’échos de l’immense salle. L’homme qui avait été un plat de résistance de la meute de cannibales il y a peu de temps venait de se relever. Les yeux blanchâtres, le visage tordu par une haine inassouvie, il commença à repousser les parodies de vie pour se dégager une voie d’accès vers la divine apparition et le monstre de foire. Commençant à prendre son élan, la goule de fraiche date sprinta comme si sa vie en dépendait. Sur le coup, le colosse à l’esprit lent songea que l’individu était vivant. Voyant la fusée courir dans la direction de l’ange au regard si pétillant de vie et son ignoble carcasse, Robert crut dans un premier temps que l’homme n’était que blessé et il se sauvait de la petite meute de cannibales d’outre-tombe. Mais remarquant la blessure béante dans l’estomac de l’être immonde et les tripes qui flottaient derrière lui comme une parodie morbide de cape, même l’esprit pathétique de la chose savait que l’homme avait rejoint les rangs de la Faucheuse.

Voyant très bien qu’il ne pourrait pas utiliser sa lourde matraque par manque d’espace, Bobby essaya une autre tactique. Laissant là la jeune femme qui reprenait contact alors la dure réalité mortelle, Bobby fonça vers les bras tendues doté d'ergots acéré de la mort elle-même sans peur ni hésitation. Plaçant son lourd bouclier devant lui, le mastodonte lancé en pleine vitesse percuta l’infecté revenu à la vie. Celui-ci décolla littéralement du sol et chuta lourdement sur le dos à quelques pas de distance. S’arrêtant tout près d’une lourde moto, Robert saisit les guidons pour la faire chuter sur la goule. Poussant un rugissement à la fois de défi et d’effort, Robert lança sa force phénoménale dans la lutte. Le simulacre de vie essaya de relever, mais le lourd engin tomba sur lui, l’écrasant de sa masse. Loin d’avoir donné son dernier souffle, le zombie bougeait ses bras pour essayer d’agripper sa proie. Proie qui était maintenant hors de portées. Dégainant la masse d’acier étoilée hors du fourreau improvisé de sa ceinture, Robert souffla et inspira. Une haine de ces créatures cauchemardesques coulait maintenant dans ses veines et son instinct bestial ne demanda qu’à cet instant d’aller satisfaire sa rage. Mais son regard tomba alors sur l’ange qui commençait à se relever. Elle semblait si gentille et le monstre de Frankenstein devait l’aider. Voyant la meute de trépasser s’approcher, Robert fit un pas vers l'être céleste et se plaça dans le sillage de l’être si pur. Il allait abattre toutes les menaces qui allaient oser s'approcher de l'auréole lumineuse de l'ange aux à la chevelure brillante comme le soleil. Robert allait faire un rempart de son corps innombrable et s’il devait payer le prix fort, il le ferait avec le sourire.

Robert- Je protège vos arrières… Euh… ALLEZ !


Pointant un index immense vers la rangée de maisons et de commerces, Robert indiquait à l'ange la voie de retraite. Car bientôt les aberrations allaient les encercler. Le regard tendre, un océan de gentillesse et de bonté en fait, se souda à l’azur céleste de l’ange près de l’homme difforme en armure anti-émeute hétéroclite. Une aura apaisante et de compassion recouvrait les larges épaules du mineur comme une cape sublime…

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Malorie Erikson
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Dim 29 Oct 2017 - 16:00

Si Malou n'avait pas deviné que la silhouette imposante entrevue allait venir à son aide d'un instant à l'autre, elle aurait pu faire un signe de croix tant elle se sentait épuisée.
Rassemblant ses dernières forces elle continuait pourtant à fuir avec l'énergie du désespoir quand soudain ce fut le choc.
Surgissant d'elle ne savait où l'homme avait tenté de prendre son élan pour sauter sur un véhicule juste au moment où elle déboulait et percuta de plein fouet un torse dur comme du métal avant de s'effondrer au sol.
Complètement groggy, elle avait tout de même eu le temps d'entrevoir le visage de l'inconnu et, à demi inconsciente, avait ouverts péniblement de grands yeux emplis d'effroi.
Nounours ! Nounours était face à elle et la regardait avec des yeux emplis d'amour... Mais Nounours était mort et enterré de l'autre côté des Etats-Unis et à moins que ce fut son fantôme, il ne pouvait pas être revenu d'entre les morts ?
Elle l'entendit vaguement parler et ce fut tout; ne voyant plus que trente six chandelles elle s'était évanouie.

Quand elle se réveilla, Nounours était à nouveau devant elle et lui intimait l'ordre de fuir pour sauver sa peau en lui montrant les maisons et quelques boutiques qui bordaient la rue.
Secouant sa torpeur elle se redressa et jaugea la situation d'un rapide coup d'oeil: l'heure était grave; l'Homme de sa vie était presque cerné par les morts vivants et malgré sa force colossale il n'était pas certain qu'il puisse venir seul à bout de la meute vociférante.

Faisant fi des conseils prodigués, elle se redressa complètement et partit le plus vite possible non vers les bâtiments indiqués mais en direction du bout de la route où était garée l'ambulance.
Arrivée devant la portière elle sauta à bord du véhicule, démarra et fonça vers l'endroit qu'elle venait d'abandonner.
Elle était tellement troublée par l'improbable apparition qu'elle avait du mal à se concentrer et une question tournait en boucle dans son cerveau: comment Nounours pouvait-il être à la fois ici, vivant, à Grosse Pointe Park et mort, sous un amas de terre au pied de son chalet dans les montagnes avoisinant Seattle ?

Elle n'eut pas le temps de formuler une réponse tangible à l'interrogation surréaliste, elle était arrivée sur le lieu des combats; elle devait agir efficacement tout en slalomant entre les carcasses abandonnées.
Faisant crisser les pneus, elle dirigea la camionnette droit sur le groupe et fonça dans le tas.
Comme par un effet de dominos, les premiers touchés s'effondrèrent sur leurs voisins qui chancelèrent sur les suivants et tombèrent le nez sur le bitume tandis que d'autres volaient par-dessus le véhicule ou s'écrasaient contre le pare-brise.
Machinalement, Malou mit en marche les essuies-glaces et poursuivit le carnage, aidée par le grand homme dont le visage était déformé par la haine.
Comme elle le comprenait ! Ces crevures lui avaient volé son Dieu, son Héros mais aussi son frère chéri et Josh son meilleur ami; ils n'avaient aucun droit à la survie, ils devaient dégager de cette planète sur laquelle ils n'avaient su laisser qu'un foutoir monumental, des larmes et des vies brisées.

Forte de ces récriminations, elle poursuivit son manège jusqu'au dernier, jusqu'à ce que l'asphalte ne fut plus qu'un ruban rouge de sang ponctué de conglomérats de chairs avariées et puantes.
Quand ce fut terminé, un silence de mort, à peine ponctué par le croassement des premiers corbeaux qui atterrissait pour le festin improvisé, s'installa sur la rue à nouveau déserte.
Lui, il était là, debout, divinement gigantesque sous les cieux et la regardait descendre de l'ambulance d'un pas mal assuré.

Alors, sans plus réfléchir à l'impossibilité de la chose, elle s'approcha doucement de Lui, le regardant dans les yeux avec un sentiment d'amour éperdu et une admiration sans borne.
S'en était fini de l'immense, de l'insoutenable et de l'insondable chagrin, Il était revenu la chercher et Il allait l'emmener pour toujours au chalet ou ailleurs; plus rien n'avait d'importance, elle était prête; elle se serait mise à genou ou aurait rampé devant Lui s'il le demandait tant la joie emplissait son coeur qui battait à tout rompre d'allégresse et de félicité.
Décrochant à regret de ces yeux aussi purs qu'un lac, son regard s'attarda sur le visage adulé. Comme il lui tardait de retrouver une à une toutes les cicatrices jadis tant chéries; comme il lui tardait de les caresser encore et encore afin de faire oublier à l'Idole les agressions de la vie.

Tout en pâlissant Malou se recula tout à coup de quelques pas, les yeux agrandis par l'horreur de la situation.
Comment avait-elle pu confondre Nounours, le Seul, l'Unique avec cet... Cet énergumène ?
L'inconnu devant elle avait lui aussi beaucoup de scarifications mais ce n'était pas les mêmes; elles ne faisait les mêmes dessins que sur le visage de l'Adoré.
Celui-là qui la regardait était moins beau, moins grand, moins fort, moins intelligent et certainement moins gentil, comment avait-elle pu s'illusionner de la sorte face à l'ersatz d'Amour Absolu qui campait face à elle ?

Perdue, affolée, souffrant mille morts, le coeur crucifié par cette méprise, par l'extrême cruauté de la vie qui lui présentait sous son nez le sosie du tant Aimé et tellement regretté Amour de sa vie, elle recula encore, livide, offrant au partenaire d'infortune des yeux noyés dans une douleur qui dépassait l'humainement supportable.
"Casse-toi ! fout le camps de ma vue !" crevait-elle d'envie de hurler aux oreilles de l'intrus mais aucun son ne pu sortir de sa gorge tant elle était nouée.
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Mar 31 Oct 2017 - 20:46

Le combat titanesque pour la survie de la vie pathétique du golem de chair balafré venait de débuter brutalement pour l’erreur de la nature. Du coin de l’œil il put voir la rachitique adolescente, à moins que ce soit une enfant en fait, se relever avec difficulté et s’enfuir avec célérité dans une direction contradictoire que celle préconisé par le monstre de foire. Bobby voulu à cet instant avertir de son étourderie la petite blonde au regard d’azur céleste, mais déjà la brute épaisse était sollicité par la meute prédatrice d’abominations putride. Comme avec son habitude, le combattant monstrueux déploya ses compétences de briscard qu’il avait aiguisé tout au long d’une vie de rejet et de souffrance par la main de ses semblables. Exécutant des moulinets puissants et dévastateurs avec sa lourde masse en acier étoilée, le géant aux muscles saillants et disproportionné serra sa dentition inégale à s’en faire l’émail lorsque les ergots des doigts décharnés glissèrent sur la paroi balistique de son bouclier. Le bruit était comparable à des ongles pourrissants qui passaient furieusement sur le tableau noir d’une classe du primaire. Propulsant son pied immense dans une cage thoracique d’une goule, dont le plexus solaire éclata comme du verre corrompu, le gladiateur de l’apocalypse  se décalant de la cohue inhumaine pour trouver un espace libre. Reculant rapidement, un cri de douleur menaça de sortir de sa gorge immonde alors que la boule de remorquage rouillé lacéra son pantalon au niveau de son mollet gauche et une profonde entaille lacéra la peau dure comme du cuir du mastodonte. Une giclée de fluide vitale, une cascade écarlate au goût cuivreux, jaillit de la blessure somme toute bégnine. Les goules semblèrent alors à cet instant sombrer dans une sorte de frénésie chaotique et sanguinaire  lorsque l’odeur atteignit leur odorat de prédateur de chair humaine. Sans une ni deux le colosse balafré en armure hétéroclite composé essentiellement de morceaux de cuir et de plaques de kevlar grimpa dans la boite d’un vieux pick-up aux pneus fendus. À cet instant Robert ressemblait à un naufragé resapé sur un radeau de métal partiellement rouillé affrontant une marée de membres putrides disposant d’ergots tranchants et de mandibules gorgées de virus trois fois maudits. Chaque coup porté par le géant au cœur d’or et au courage surnaturel faisait chuter un réceptacle vidé de son âme sur le bitume de plus en plus glissant à cause des humeurs noirâtres. Mais deux monstres semblaient combler l’espace libérer à la seconde. La danse macabre qui se formait à cet instant semblait inégale pour le survivant isolé, un peu les derniers défenseurs du fort Alamo. Mais c’était sans compter sur la résilience surhumaine, la force phénoménale et la volonté d’airain qui animait le cœur immense et pur du gaillard labouré de cicatrices immonde. L’esprit lent et pathétique de la créature de Frankenstein se focalisa sur deux vies lumineuses pour se donner du cœur au ventre. Permettre à l’adolescente de distance la rampante et putride dans un premier temps. Pour la seconde personne ce fut un être magnifique, un ange qui venait de surgir dans la vie lamentable du colosse balafré. Un être céleste au sourire qui promettait rédemption, apaisement et un aperçu tout simplement d’un paradis inaccessible  pour l’homme difforme maudit. Une chevelure composé d’une cascade d’or qui faisait sembler pâle et terne le plus magnifique soleil de midi. Si le géant revenait de sa vadrouille, Heaven allait peut-être vouloir soigner ses plaies et lire quelques avec lui du livre de Jules Vernes qui avait tant rêvé sa nièce adoré.

Laissant sa rage alimenter sa fureur du juste, l’adrénaline gonfler ses muscles disproportionnés, le gladiateur de l’apocalypse allait vendre chèrement sa peau couvert de stigmates horribles à souhaits. Mais l’ouïe amoindrit de l’ancien mineur perçut alors un grondement mécanique, un peu comme si les cavaliers de l’apocalypse arrivaient tout à coup. Des centaines de chevaux vapeurs laissé aux galops qui tiraient un chariot d’acier tel un char dans le colisée de la Rome antique. Une ambulance tourna le coin, tel un requin fendait les eaux et percuta de plein fouet les rangs de chairs en putréfactions des ennemis de l’humanité. Comme le ferait une moissonneuse-batteuse dans un champ de blé mur, le lourd véhicule d’urgence abattait ses cibles comme un ouragan layait les fœtus de paille. Le fluide corrompu, noirâtre et opaque, vola dans tous les sens au petit bonheur de la conduite erratique du pilote. Bobby eut alors un immense sourire de joie et surtout libérateur en voyant la horde être proprement décimer sous son regard océanique si pur et enfantin. Il n’avait que quelques crânes à porter de sa masse. Des rescapés macabres de l’ambulance déchaînée. L’arme contondante entama sa sinistre partition de percussion mortelle et bientôt aucune abomination ne put prétendre profiter de sa deuxième vie impie. Sautant de nouveau sur le bitume crevassé noyé sous le fluide corrompu des goules, retenant une grimace de douleur à cause de sa plaie à son mollet, le golem de chair alla remercier son sauveur. Sauveuse en fait car c’était la petite blonde rachitique. La voix douce, mais comparable à des pierres qui s’entrechoquaient furieusement, s’éleva alors dans le silence de mort qui avait remplacé le chœur macabre des damnés.

Robert- Merci… Euh… D’être revenu… Euh… Ça va? Pas de bobo? Euh…


Pendant un bref instant, une multitude de seconde pour le commun des mortels, Robert vit un tourbillon d'émotions dans le regard semblable à un ciel pur d'été de la jeune femme. Une tendresse, une affection et une joie qui fit sourciller le géant de stupeur. Bobby n'avait jamais eu de si doux sentiments à son égard, même si l'amour semblait dominer le tout alors que lui était en terrain inconnu en cet matière. Il voulut tendre la main pour serrer doucement la gracile paume de l'adolescente, mais l'attitude de biche amouracher changeant abruptement. Alors le géant vit l’horreur, le dégout et la répugnance la plus profonde qui soit dans le regard d’azur de la jeune femme. L’empathique créature avait trop vécu de ce moment angoissant dans sa vie de misère. L’adolescente pinça ses lèvres comme si elle désirait s’empêcher de vomir son petit déjeuner devant la laideur chronique de l’horrible faciès de la lie de l’humanité. La survivante recula même d’un pas pour s’éloigner de l’aura corrompu d’humanité du monstre de foire. Baissant alors son regard océanique de honte et de gêne de paraître encore plus affreux que les parodies d’humanité cannibales qui s’étaient hissé au sommet de la chaine alimentaire, Bobby s’empressa de décrocher son casque anti-émeute pour recouvrir sa honte d’exister. D’un rabat de sa paume gantée il referma sa visière pour camoufler ses traits atypique de gargouille de granit à peine sculpté. D’une voix douce, malgré les cailloux qui semblaient être en permanence dans sa bouche, le golem de chair parla simplement et avec une sincérité touchante.

Robert- Désolé… Euh… Je ressemble à un monstre mais j’en suis pas un… Euh… Veut pas vous dégouter encore plus je vais partir… Euh… Près d’ici il y a un garage municipale avec de l’équipement pour la neige et réparer véhicule peut-être… Euh… Si vous voulez je peux aider… Euh…


Reculant alors un peu pour s’éloigner de la vue de l’Adolescente, le géant au cœur d’or de nouveau déchirer parce énième rejet sorti sa flasque d’alcool maison. Serrent ses dents inégale, il aspergea sa plaie et aussitôt il prit une longue rasade pour essayer de retrouver une contenance qui n’avait hélas pas souvent. Ensuite prenant du ruban gris tout usage de sa ceinture à outils, il se façonna un bandage de fortune maladroitement. Se redressant de toute sa hauteur, mais les épaules basse de dépit, Robert choisit au hasard de prendre une direction aléatoire pour continuer de faire fouille de la journée. En vérité il ne désirait que se transformer en courant d’air et s’enfuir à la clinique pour retrouver les seuls gens qui le croyait humain un peu…

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Malorie Erikson
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Jeu 2 Nov 2017 - 23:50

Ne me touchez pas ! Cracha t-elle entre ses dents quand l'homme tendit la main vers elle.
Je vous l'interdit ! Ajouta t-elle encore avant de reculer davantage.

Malou ne savait plus si elle devait s'effondrer de chagrin ou ruer de colère face au pied de nez des plus indélicat que la vie venait de lui faire alors elle se replia et s'adossa à l'ambulance afin d'être soutenue par quelque chose tant ses jambes en coton la portaient difficilement.
Tremblant de tous se membres elle encaissa avec rage les propos de l'inconnu.
Non seulement il avait l'outrecuidance d'avoir confondu l'immense peine qui se lisait sur son visage avec du dégoût et en plus, il gémissait sur son sort juste parce qu'il se croyait laid !
S'il savait...
S'il savait comme il avait la chance de ressembler à un Dieu sculpté dans le bois le plus pur à la serpe d'airain, s'il pouvait mesurer l'incroyable cadeau que la nature lui avait fait en le dotant d'un corps solide comme un roc et d'un courage digne de tous les Héros réunis, il ne serait pas planté là, à chialer dans son casque stupidement devant une jeune fille qui n'était plus que l'ombre d'elle-même.
S'il avait été Nounours, il aurait lu à l'instant l'effroyable cataclysme dans lequel elle se débattait, il aurait vu dans quelle misère inhumaine son coeur avait chaviré et il aurait su trouver des mots simples mais de toute beauté pour panser la plaie béante.
Car Nounours, en plus d'être parfait était poète ce qui était loin d'être le cas de ce poivrot qui buvait de l'alcool pour garder contenance.

Je vous interdit d'affirmer que vous êtes un monstre ! S'exclama t-elle alors qu'il faisait un pas pour s'en aller.
Vous n'en avez pas le droit parce que c'est faux et qu'à dire cela vous souillez la mémoire de l'être le plus extraordinaire que la Terre ait jamais porté en son sein.

Le presque sosie avait peut-être marqué un arrêt de surprise ou peut-être s'était-il carrément retourné. Peut-être encore s'était-il mit à pleurer plus fort planqué comme il l'était sous son intégral de motard ou alors il avait poursuivit son chemin indifférent à l'injonction; Malou n'en avait cure. S'il le fallait, elle le rattraperait pour lui mettre le papier devant la tronche pour qu'il voit comme dans un miroir combien il brillait de splendeur et pour qu'il constate l'infime différence dans le positionnement des cicatrices qui ornaient le sublissime visage.

Fouillant dans son sac à dos, elle sortit un cahier et un crayon et se mit à dessiner de mémoire le portrait du tant Aimé.
Quand se fut terminé, elle se dirigea vers l'ersatz et lui montra l'oeuvre.
L'esquisse était réussie, on ne pouvait s'y tromper; elle ressemblait à l'inconnu et plus encore, elle ressemblait à l'Homme de sa Vie tant elle connaissait chacune des scarifications par coeur. L'homme ne pouvait qu'être étonné de se voir lui-même et deviner un autre.

Regardez !
Ordonna t-elle en tendant le dessin et en fixant le simplet avec des yeux qui lançaient des éclairs d'acier.
Regardez et dites-moi qui vous voyez... Et surtout, racontez-moi: trouvez-vous sincèrement que cet homme ressemble à un monstre ?

Tandis que la force de la nature examinait ce qu'il avait sous les yeux, Malou baissait la tête avec une envie de pleurer telle que ses yeux la piquaient. Orgueilleuse, ne voulant rien montrer du trou noir qui la dévastait, elle se retenait mais c'était tellement difficile qu'elle en avait le souffle court.
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Ven 3 Nov 2017 - 14:40

Robert commença à avancer de son pas gauche et maladroit vers le vieil immeuble d’habitation qu’il avait inconsciemment choisi comme destination suivant. Les réactions contradictoires de la rachitique adolescente avaient complètement jeté le doute et surtout le trouble dans l’esprit simplet et pathétique de la créature cauchemardesque. Les épaules basses de dépit et de honte, pencher vers l’avant comme si Atlas venait d’éprouver une faiblesse en tenant toutes les misères du monde sur le dos. Pour une des rares fois de sa vie le colosse balafré avait essayé de faire preuve d’humanité, de civisme comme le disait si souvent le vieux médecin, en tendant la main. Mais de nouveau il fut blessé et rejeter. Mais cette unique fois de son existence lamentable, le sosie de Frankenstein était dans le tort pour la raison exact de cette réaction virulente. Mais la suite le plongea dans la perplexité la plus totale. L’adolescente parla de mémoire d’un homme parfait selon elle. Le temps parut alors se suspendre, comme si la terre elle-même avait arrêté de rouler sur son axe pendant que la survivante sortait un calepin et laissait danser sa plume sur le papier. Interloquer, falot et surtout inquisiteur, le gladiateur de l’apocalypse s’approcha quelques peu de l’artiste autodidacte qui produisait littéralement un chef-d’œuvre. Mais l’instinct de protection de la chose immonde prit le relais, laissant les pensées parasites courir librement sur les plaines désertiques de l’esprit du géant à l’intellect limité. Les sens aux aguets, le regard océanique si pur se promenant allégrement sur le paysage d’une civilisation sur le déclin, le colosse balafré protégeait la jeune femme qui affirmait haut et fort qu’il n’était pas une monstruosité sans nom. Au loin le chant des infectés résonnait faiblement dans l’air frais du matin. Une idée approximative en fait de la distance des premières goules avaient à parcourir avant d’arriver au contact de leur sirène sonore. Car oui l’usage d’un moteur à essence provoquait instantanément la curiosité des abominations sans noms qui erraient sur cette terre maudite. C’était un appel irrésistible pour les créatures d’outre-tombe qui savaient d’instinct que seul les vivants, sources de nourritures sanglantes et savoureuses pour leur appétit impie, pouvaient encore produire en utilisant la machinerie à sa disposition. Alors la voix autorité, un brin condescendant et surtout direct s’éleva de nouveau pour faire focaliser les rares cellules grises de la bête de foire en armure disparate sur le dessin. Relevant la visière avec son pouce de la circonférence d’une saucisse, le regard du géant au cœur d’or et pur put capter pendant une seconde le visage fuyant de l’adolescente. Les yeux d’azur pulsaient littéralement de défi et d’un fond de tristesse palpable que Robert ressentit comme un coup de poing en plein estomac.

Les traits grossiers, à peine sculpté de la gargouille de granite se figèrent alors dans une stupeur totale. Devant son regard ébahi, surpris était un mot faible, la lie de l’humanité se contemplait sur l’esquisse magistrale de l’adolescente qui baissa les yeux totalement ravagé et bouleversé. L’ensemble globale du visage était identique au sien, mais les cicatrices et stigmates de violence différente. Même crâne en forme d’œuf, menton viril et carré avec la fossette, la barbe de trois jour, traits monstrueux mais démontrant une certaine harmonie. Même le nez, long et cassé à quelques endroits par des bagarres pour la survie ou bien par des matadors qui désiraient éblouir la galerie, était similaire. Mais les deux oreilles étaient présentes, une longue estafilade courait de la mâchoire juste au sommet du crâne du sosie de Bobby. La voix blanche à cause du choc, le Goliath des temps moderne cligna des yeux et fit un simple non de la tête. C’est alors une évidence que seuls les êtres empathiques pouvaient ressentir à des lieus à la ronde. Le golem de chair fléchit des genoux et attendit alors que la jeune femme le regarde à son tour. L’océan calme et doux du regard du géant semblait fusionner à cet instant avec l’azur des cieux chargé d’insolence et de chagrin de la petite blonde. Un sourire qui était à la fois douceâtre et remplit de sollicitude s’était déposer sur les lèvres exsangues de la chose. Une lueur de candeur, de gentillesse et d’humanité surnaturel semblait se dégager de l’être immonde, un peu comme si une cape majestueuse venait d’être déposé sur les larges épaules du mastodonte. Alors la voix rocailleuse et raque de Bobby s’éleva et la lie de l’humanité parla avec les accents de la sincérité et de l’honnêteté d’une telle simplicité surprenante.

Robert- Il est magnifique… Euh… Tu dessines très bien… Euh… Et je sens qu’il devait d’aimer comme toi tu l’aimes… Euh… Tu peux me parler de lui… Euh… Car il y a un truc qui s’est passé quand je suis né que mammy m’a raconter… Euh… Mais je croyais qu’elle disait ça pour me consoler tu sais…


Jetant un coup d’œil circulaire autour de lui pour vérifier la présence d’un danger, le géant à l’âme innocente et si pur qui pouvait éblouir les marches du paradis prit une profonde respiration.

Robert- Euh… J’avais un jumeau… Euh… Identique selon elle… Euh… Séparer par maman et donner à une tante… Euh… Mammy disait qu’il s’appelait Albert mais que son nom de famille elle savait pas… Euh… Je croyais que c’était invention de sa part… Euh… J'ai toujours senti une sorte de vide, une absence... Euh... Mais je suis lent de la tête alors je croyais que c'était ça.


Se redressant alors doucement, comme si l’équilibre du monstre de foire était incertain, le gladiateur de l’apocalypse rajouta avec une sympathie et une douceur que peu de gens pouvait égaler dans ce monde chaotique.

Robert- Moi c’est Robert... Euh… Tu viens on peut se cacher pour parler… Euh… Éviter que des mordeurs arrivent… Euh… Ou j’habite j’aide un docteur et un ange qui veut trouver un remède pour aider les gens… Euh… Elle prend soin d’un bébé et je veux lui trouver des trucs… Euh… Je voudrais regarder dans les appartements… Euh… J’aimerais que tu viennes pour me parler de lui et de toi…

Malgré l’hostilité de l’adolescente rachitique, la sauvageonne dans un sens, le protecteur surdimensionné ne désirait que la savoir sauve et en sécurité. Comme à son habitude le géant voulait aider les survivants au détriment de sa propre vie. C’était pour cela qu’il courait les rues infester par les fils de la Faucheuse.

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Malorie Erikson
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Sam 4 Nov 2017 - 23:28

L'homme était revenu sur ses pas et avait daigné se saisir du cahier afin d'ausculter le portrait.
Malou, tête baissée ne pouvait voir le maelström de sentiments qui faisait frémir le visage de l'inconnu et attendait que sa propre tempête se calme un peu; elle ne voulait pas que l'individu la vit pleurer, elle ne voulait pas prendre le risque d'être consolée par lui et était à deux doigts de penser qu'il n'avait même pas le droit d'exister, pâle copie qu'il était du Grand Homme.
En fait, elle le détestait et refusait de voir la pureté et la bonté qui émanait du sosie. Seul Nounours était ainsi, l'autre n'était qu'un artefact, un fourbe, un hypocrite, un trompeur; en bref, un vulgaire imposteur.

C'est alors que le Tartufe ploya les genoux pour se mettre à sa hauteur. Rapide comme l'éclair, la jeune fille fit un bond de côté et sortit son rouleau à pâtisserie prête à lui cogner le crâne s'il osait bouger encore puis leva vers lui un regard guerrier, froid comme la glace et cynique à souhait.
Le gus semblait avoir compris et ne bougeait plus. Même ses yeux paraissaient transformés en carte postale vantant la vue paradisiaque d'un lac de montagne entre chien et loup. Le même regard que l'Adoré en fait, mais en moins bien...
Puis il avait sourit légèrement, presque comme l'Aimé, ce qui avait ravivé d'autant la hargne de l'adolescente. Elle ne se laisserait pas prendre à son piège; il avait même intérêt d'arrêter sur le champs ses simagrées sinon il allait se prendre un coup sur le coin de la tronche en moins de temps qu'il fallait pour dire ouf !

Mais le faux-semblant n'avait pas ouvert la bouche pour faire « ouf » mais au contraire pour articuler des mots exactement comme Nounours avec une voix juste un peu moins belle, évidemment.
Il avait affirmé que le visage du sosie était splendide.
Encore heureux !
Ce constat lui sauvait la peau car, à peine avait-il articulé le premier son que Malou tâtait déjà son rasoir coupe-choux dans la poche de son pantalon. Personne, au grand jamais, ne pourrait élever une critique même infime à propos de l'Homme de sa Vie sous peine de mort.

Il l'avait complimenté pour la qualité du dessin mais la jeune fille, insensible aux flatteries avait levé les yeux au ciel avec impatience, s'attendant à le voir déguerpir rapidement; mais non.
Voilà que Monsieur prenait ses aises comme un gros bourgeois dans son salon et entamait carrément une conversation sur ses souvenirs familiaux !
Elle s'apprêtait à lui balancer vertement:
« mais qu'est-ce que j'en ait à foutre de ta connasse de vie et de ton enfance de merde !!! dégage maintenant, du vent ! Sinon... ». Les mots restèrent à l'état d'embryon, coincés entre deux neurones car l'homme semblait maintenant aux aguets des dangers de la rue.
Alertée, elle regarda de droite et de gauche. Pour l'instant la voie était libre mais les grognements se rapprochaient; dans une ou deux minutes tout au plus, les immondices seraient à nouveau là.

Elle voulait partir maintenant; remonter dans sa camionnette et rouler au hasard, loin de préférence. Les montagnes lui manquaient tout à coup; l'odeur des sapins, le cri de l'aigle dans le ciel, les nuages caressant les cimes et l'eau vive des torrents scintillante au soleil... Pourquoi s'était-elle arrêté à Detroit dont l'horizon était plat comme la main ? Pourquoi n'était-elle pas restée enfermée dans le petit chalet au milieu des objets de Nounours, à fleurir sa tombe régulièrement ?

La voix de l'ersatz soudainement plus grave et emplie d'émotion la réveilla de sa torpeur et elle tendit l'oreille prête à l'arrêter sur le champs s'il continuait à déblatérer un passé révolu dont elle se fichait royalement.
Qu'elle ne fut pas sa surprise quand les paroles de l'individu prirent enfin le chemin de sa compréhension.
Interdite, elle ouvrit une bouche comme un four et des yeux ronds comme des soucoupes.
Nounours... Nounours avait un frère un jumeau ?
Les accents de sincérité de l'inconnu ne trompaient pas et Malou ne douta pas un seul instant de sa parole car certains détails se regroupaient mais pourquoi ne lui en avait-il jamais parlé ?
« il ne devait pas le savoir », songea t-elle. L'Aimé n'avait eu aucun secret pour elle et s'il avait été au courant, non seulement il le lui aurait confié mais en plus il n'aurait eu de cesse de chercher ce frère aux quatre coins du monde.

La jeune fille, dévastée par la nouvelle, comme en état second peina à articuler:
Smith... Il se nommait Albert Smith... Mais tout le monde l'appelait Alby...
La gorge nouée par une peine infinie, elle ne réussit pas à en dire davantage.
Elle avait devant elle le double de son Dieu mais ce n'était qu'un double, là était le problème et plutôt que de combler le manque, cette nouvelle l'aggrava d'autant.
Face à l'homme, en tous points pareils à son Amour hormis les cicatrices elle se sentit encore plus seule et encore plus désespérée.
Il faudrait pourtant qu'elle trouve le courage de lui raconter quel être d'exception il était et au moins de l'informer de son décès et du lieu de sa tombe; il avait le droit de savoir...

Elle entendait les morts-vivants se rapprocher mais cela ne lui faisait ni chaud, ni froid. Elle qui habituellement allait au devant d'eux, les traquaient jusque dans leurs retranchements pour le plaisir de les massacrer avait perdu sa fougue et sa soif de vengeance.
Robert vivait exactement comme Nounours: tout le monde était des anges, il passait son temps à chercher des vêtements de bébés et à aider son prochain mais contrairement à toute attente, ce qu'elle avait adoré chez Alby, l'agaçait chez le frère vivant.
Elle aurait largement préféré reprendre la route et fuir la réalité mais elle n'en avait plus la force ni physique, ni mentale aussi accepta t-elle d'un signe de tête la proposition malgré le fait que tout lui semblait absurde à présent; ce monde, cette course à la survie, ces fouilles systématiques pour trouver de la nourriture trop souvent avariée, ces crânes à fendre. Et l'odeur de mort putride, révulsante, le sang partout qui collait jusque sur la semelle des chaussures et s'immisçait à l'intérieur des draps, colorant tout d'un rouge qui virait au brun puis au noir sans jamais disparaître, les tournoiements de corbeaux au-dessus des cadavres et les mouches... Les centaines de milliers de mouches qui vous agaçaient le visage dès le petit matin.

La horde se rapprochait dangereusement alors Malou se tourna vers l'homme qu'elle avait du mal à regarder en face tant ce visage faisait affluer sous son crâne images et souvenirs d'un passé révolu et lui indiqua du doigt le premier immeuble à leur portée.
Serait-elle prête un jour à estimer Robert davantage ? De voir en lui un peu de Nounours vivant grâce au sang – le même – qui coulait dans les veines de l'inconnu ?
Il était beaucoup trop tôt pour répondre à ces questions; la jeune fille n'y songeait même pas.
Visage fermé, pas lent, elle le suivait tel un robot tandis qu'il ouvrait la porte vitrée.
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Mer 8 Nov 2017 - 3:14

Le golem de chaire labourer d’innombrables cicatrices autant disgracieuses que repoussantes avança vers l’immeuble d’habitation tout près. Malgré ses carences intellectuelles évidentes, le géant au regard si pur rappelant l’océan savait pertinemment que la zone sera très bientôt polluée par un groupement nauséabond de réceptacle pourri privé de leur âme. Glissant l’imposant bouclier balistique dans son dos par un système de courroie vu dans un des livres du bon docteur, le gladiateur de l’apocalypse sortit ses premières armes de sa ceinture à outils. Un vieux marteau de couvreur et un pied-de-biche qui n’était plus de première jeunesse furent dans un premiers temps des outils pour le dur labeur de chantier de l’erreur de la nature. Mais quand Dieu avait décidé de tourner le dos à ses ouailles et de laisser le Malin répandre une semence trois fois maudites pour transformer l’humanité en une cohorte d’abominations putrides doublés de cannibalismes, le géant avait utiliser ses armes improviser contondantes pour se frayer un chemin vers la survie et permettre à plus qu’un de voir un nouveau lever de soleil. Toute sa vie composée par les rejets de la population suivant un standard de perfection et de jalousie vis-à-vis une force de la nature si phénoménale, Robert avait dû se battre à chaque jour de sa pitoyable existence. Au fil des combats de rue, des rixes de bars et des bagarres à une monstruosité contre une meute les talents de briscard du Goliath des temps modernes n’avaient cessé de croître. Sans le savoir toutes ces escarmouches et ses raclés avaient contribué grandement à la survie de l’homme difforme lors du commencement de l’apocalypse. Maintenant le guerrier à la musculation disproportionner était devenu le fléau des simulacres de vie et des êtres viles qui voulaient attenter à la vie des êtres de lumières qui avait su accepter le géant comme un homme et non un outil pratique mais jetable après usage.

D’une pression de son pouce de la circonférence d’une saucisse sur l’interrupteur de la lampe de poche accroché sur le devant de son treillis, Robert laissa un mince faisceau blanchâtre percer la pénombre de l’appartement. Un salon ou les meubles ravager par la folie de ses anciens occupants s’offrait au regard de l’ancien mineur. Un coup sonore, donné par le bout du manche du bois du marteau, fit un écho dans le silence. Un appât pour attirer les charognards du coin. Mais aucun mouvement n’alerta les sens du protecteur hors-normes. Ouvrant la porte vitrée, il laissa entrer la rachitique adolescente. La sauvageonne était un mystère pour le simplet. Un instant était rempli de hargne et d’une fureur palpable et la seconde après une tristesse sans nom et une douce mélancolie envahissait le regard d’azur de l’ange. Le destin semblait se jouer de la pitoyable créature, lui donnant un peu d’espoir avec l’arrivée des êtres divins dans sa vie avant de la replonger dans la fiente pestilentielle avec l’annonce d’un frère jumeau qui n’aura jamais la chance de connaître. D’une voix rocailleuse, semblable à deux pierres qui s’entrechoquaient furieusement, le colosse balafré parla avec une douceur et une candeur qui soulignaient la pureté de son âme.

Robert- Euh… On va aller en haut… Plus de sécurité et on va attendre que les mordeurs partent… Euh…

Grimpant l’escalier avec la discrétion d’un pachyderme dans un magasin de porcelaine, le géant au cœur d’or ayant si souffert rejoignit la sécurité du second étage. Prudent comme à son habitude le combattant hideux fit le tour des lieux. Une seule abomination morbide rampait péniblement au sol dans la petite salle de bain. Une jeune femme en nuisette dont presque la totalité du bas du corps avait été nettoyer juste à l’os par les fils de la Faucheuse, transmettant par le même coup la malédiction à la femme et lui faisant subir un sort bien pire que la mort. Ramper sur le sol comme un vermisseau à la recherche d’une pitance sanglante pour assouvir une faim éternel. Péniblement elle tendit un bras de la taille d’un boyau d’arrosage vers la source hautement protéiniques que représentait l’immense carcasse de Bobby. Plissant son regard doux pour ne laisser que deux fentes ou reluisaient la haine viscérale que ressentait le gladiateur de l’apocalypse envers les goules, le géant leva son pied immense pour l’abattre avec force sur le crâne de la morte-vivante. Les os fragilisé par le virus trois fois maudits éclatèrent comme un fruit mur. Robert s’essuya ensuite la botte avec énergie sur le tapis de bain moisie pour enlever le maximum de matières grises corrompues. Dans une chambre le géant trouva une bonne partie de ce qu’il désirait découvrir. Des jouets pour Daniel, des vêtements, des couches lavables, des articles pour nourrisson et un parc transportable. Le géant aux muscles saillants remplis son sac à dos raz la gueule et rejoignit alors la sauvageonne dans un coin lecture avec deux chaises. Au travers de la vitre couverte d’une épaisse couche de crasse la lueur du jour semblait jouer des ombres spectrales dans la pièce. Comme si le colosse balafré était un revenant, un spectre surgi du passé. Mais cela l’esprit lent et pathétique de Robert n’avait pas saisit le choc que sa présence répugnante pouvait causer sur l’esprit fragilisé de la jeune femme. Cet ange qui avait perdu un être si cher à ses yeux que plus rien n’avait d’importance, même pas sa vie. Bobby avait passé par le même chemin, mais à l’instant un mélange de joie et de tristesse combattait le for intérieur de la gargouille à peine sculpté. Il allait avoir enfin la vérité sur sa moitié, celui qui avait partagé les neuf premiers mois de sa vie avait de le perdre définitivement. La petite montagne humaine prit son temps pour s’assoir alors, testant avec délicatesse le meuble qui grinça en signe de protestation alors que le fessier se déposa. Soupirant tout doucement, ne sachant aucunement que Albert faisait le même mouvement, Bobby déposa ses mains calleuses et parsemer de cicatrices sur ses genoux. À l’extérieur le chœur macabre des goules chantaient leurs déceptions d’avoir raté leurs proies et les membres de la cohorte commencèrent à marcher à l’aveuglette pour essayer de découvrir une pitance sanglante et gigotant.

Robert- On va être tranquille pour un temps… Euh… J’ai même trouvé des trucs pour le bébé et aussi pour l’ange… Euh… Ça te dérange de me parler d’Albert? Je suis sûr qu’il était très intelligent… Euh… Genre Enstin… Non… Tintin… Non Intsein… Non Enstein… Oui car si j’ai pas le bon cerveau lui devait être fort là-dedans… Euh… C’est comme ça chez jumeaux on m’a dit… Un est meilleur que l’autre et juste te voir il devait être mille fois mieux que moi… Euh… Sauf si tu as mal d’en parler je peux attendre tu sais… Euh… Tu as soif j’ai eau… Alby c’est beau comme surnom… Euh… J’aurai aimé le serrer contre moi et être heureux avec lui…

Comme son défunt jumeau, Bobby n’était que candeur et gentillesse surnaturelle. Il se rabaissait sans arrêt et essayait de s’effacer comme Albert en fait. Les deux étaient en fait identiques dans leurs qualités et leurs défauts…

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Mar 14 Nov 2017 - 23:16

Tel un automate, Malou avait suivi le sosie sans broncher, sursautant à peine au coup porté sur la paroi en guise de vérification de présences abjectes dans le couloir et les étages.
Seul le silence avait répondu en écho; la voie était libre.
Tout en montant péniblement les escaliers elle repensa à l'immeuble des soeurs de l'ami Josh, de l'incendie qu'elle avait indirectement déclenchée, du petit mot qu'elle avait écrit et posé sur la table basse du salon et de leur cascade périlleuse par la fenêtre.
Les deux filles étaient-elles revenues chez elles et avaient-elles découvert le cahier ? Josh était-il encore en vie et les avaient-il retrouvé ? Autant de questions sans réponses s'entrechoquaient sous son crâne embrumé par la douleur.
Comme elle regrettait à présent de ne pas avoir scruté de plus près les détails de la ferme dévastée du bon docteur, à la recherche d'indices sur ce qui s'était réellement passé. Paniquée, ivre d'angoisse, elle n'avait pensé qu'à Nounours et avait fuit le lieu semblable à un sanctuaire figé dans la mort et la désolation pour l'éternité.

Arrivée au deuxième étage, elle regarda d'un oeil morne ce qui restait de la mangeuse d'homme, laissa le géant régler le problème et s'adossa au mur, indifférente à la fouille qui aurait pourtant pu lui procurer ce qui lui manquait.
Que faisait-elle là ? Pourquoi avait-elle suivi l'homme plutôt que reprendre le volant et partir ?
Elle ne savait pas; elle ne savait plus. Tout acte lui semblait absurde désormais jusqu'à celui de respirer. Pour quoi faire ? Dans quel but ? La jeune fille n'avait plus d'objectif et avait la sensation qu'avec cette rencontre inopinée la boucle était bouclée; Nounours était ressuscité mais ce n'était pas Nounours et le rêve de l'Ange Alby qui la réveillait toutes les nuits tournait au cauchemar pour disparaître à tout jamais.

La faiblesse semblait envahir le corps de Malou aussi décida t-elle d'aller s'assoir sur la moquette poussiéreuse d'un petit coin lecture aménagé par les anciens occupants. Des livres étaient encore rangés sur l'étagère, objets peu prisés par les pillards. Son regard indifférent caressa à peine l'alignement de volumes d'encyclopédie, de livres pour enfants, de romans et la collection complète de Jules Verne, auteur totalement inconnu et dont elle se foutait éperdument. Nounours aimait lire les bandes dessinées et découpait les extraits de cet art dans tous les journaux qui lui tombait sous la main. Il les lisait puis s'en servait de papier cadeau. C'est avec l'un de ces morceaux qu'il avait enveloppé la chainette et le pendentif qu'elle portait encore au cou.

Elle fut interrompue de sa rêverie par l'arrivée de Robert, sac à dos comble et une chaise sous chaque bras qu'il posa près de l'adolescente.
Dédaignant le siège, restant à même le sol, elle tourna la tête à la vue déchirante de la façon de s'assoir du jumeau; on aurait dit l'Aimé s'installant dans le fauteuil éventré de son chalet.
Sous le coup de l'insoutenable émotion son souffle devenait court et elle baissa les yeux afin de plus voir ce visage candide, presque inquiet penché vers elle.
Elle le laissa parler de la layette découverte sans prendre la peine de rétorquer qu'elle n'aimait pas les mioches des autres et qu'elle n'aurait adoré que les siens; cette ribambelle d'enfants que l'Adoré avait promis de faire avec elle quand elle aurait été un petit plus âgée puis, tout naturellement, le double demanda de lui parler de son frère...

Malou leva les yeux vers Robert et le regarda sans le voir comme si elle apercevait un fantôme au-delà de sa silhouette. Un pâle sourire effleura ses lèvres et l'homme pouvait lire sur ce visage rendu ingrat par la dureté de la vie une tendresse infinie, un amour qui rejoignait presque la dévotion religieuse, une pureté sans égale et resté intacte malgré l'enfer dans lequel ils étaient plongés quotidiennement.
Elle ouvrit doucement la bouche comme pour prononcer des milliards de mots semblables à des caresses, joyaux étincelants, roses fraîchement cueillies d'un petit matin d'été, délicats baisers posés sur un front enfiévré mais tout à coup ses prunelles s'assombrirent et ce fut à nouveau une figure tourmentée par mille peines qu'elle offrit à celui qui attendait qu'elle parle de sa moitié.

Comme elle aurait aimé lui décrire Alby dans les moindres détails, au point où, accroché à la moindre syllabe, buvant les paroles, tenu en haleine par la narration des péripéties, riant des anecdotes, les oreilles chauffées à blanc par le flot des informations, il aurait noyé le lac tranquille de ses yeux dans ceux, vifs, glacés et scintillants comme un torrent bouillonnant le long des pentes rocheuses de la jeune fille et serait resté là en équilibre entre deux univers à écouter la vie de son frère, à se l'imaginer tombant dans ses bras, les mêmes bras, la même tête s'épanchant sur la même épaule, mêlant leurs larmes, les mêmes, se touchant les mêmes mains et s'aimant d'un même amour... Mais une boule d'angoisse était monté dans la gorge de Malou et serrait comme un étau au point où pas un son ne franchit les lèvres devenues pâles et tremblotantes.

Anéantie, incapable de bouger sous l'emprise d'un maelström de sentiments funèbres, elle éclata en sanglots, le corps ramassé comme un animal blessé, les mains cachant son visage, masquant une réalité devenue insupportable.
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