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 You can't have a rainbow without a little rain

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MessageSujet: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 8 Nov - 21:11
Je fais défiler les vêtements sur le portant en grimaçant. Alors je veux bien que ce soit une banlieue bourgeoise, mais quand même, on devrait interdire certaines fringues. Genre cet ensemble rose de pétasse friquée là, c’est humainement possible de mettre ça ? Merde, en plus je suis persuadée qu’il coûte littéralement un bras ce truc… quelle horreur. Je le repousse avec le reste, continuant de chercher mon bonheur parmi la tonne de fringues de ce gigantesque dressing. Je suis sûre qu’il est plus grand que ne l’était ma chambre chez Drew… Enfin, c’est pas pour autant qu’elle était plus heureuse que moi à ce moment-là. Et puis surtout, elle est sans doute morte maintenant. Moi non. Moi, je suis toujours là. Même si c’est pas passé loin dernièrement.
J’inspire et pose ma tête contre le meuble, les yeux fermés. Je risque rien, je vais bien, tout va bien. Je crois qu’ils ont rien remarqué en plus, heureusement, j’aurais été dans la merde pour leur expliquer que j’ai failli me faire noyer par un mort qui voulait me bouffer. Quoiqu’il m’aurait peut-être bouffer avant de me noyer qui sait… Et va leur expliquer que j’ai été sauvé par un géant barbu… Ils me tueraient eux-mêmes. Avant de m’enfermer à double tour dans un donjon et de jeter la clef au fond d’un ravin. Manquerait plus qu’un dragon tiens… Je sais, ce ne serait pas forcément à tord pour le coup, mais j’ai pas envie d’être encore plus cloîtrée et surveillée. Tout justifié que ce soit, quand bien même j'ai vraiment eu peur, j'ai pas envie de devoir rester enfermée sans rien faire. Et puis, c'est pas possible non plus, on le sait tous, n'empêche qu'ils y penseraient et essaieraient de le faire. Et je veux pas. Je veux tellement pas rester enfermée que j'ai accepté de repartir en mission avec le simplet. J'avoue, c'est entre autre parce que de tous, c'est celui qui est le moins susceptible de me poser des questions si j'ai une sale tête, le moins susceptible aussi de capter que je vais pas aussi bien que je le dis, encore moins que d'habitude quoi. Et puis, j'ai besoin de me changer les idées, encore plus que d'habitude. Je me suis à nouveau réveillée en sursaut cette nuit, effrayant le gamin perdu qu'on a récupéré. Peter Pan ouais. Bref. J'ai souris et fait genre de rien, mais ça faisait longtemps que j'avais pas été aussi proche de me faire bouffer.... Et je suis même pas sûre d'avoir déjà été autant en danger sans eux, ce qui était bien pire encore que la simple idée de mourir. Je sais bien que c’est con parce que je serai morte et qu’ils seront les seuls à pouvoir le dire dans ce cas-là, mais je veux pas les perdre. Aucun. Jamais. J’inspire profondément et rouvre les yeux. Tout va bien.

Je reprends mon exploration de ce truc gigantesque, avant d’abandonner et de soupirer. Je sais même pas ce que je cherchais. Y a des jeans propres, des t-shirts, des pulls à peu près normaux, pourquoi je m’emmerde ? Et presque mieux, des sous-vêtements propres. Okay, c’est le moins chiant à laver, mais en avoir des neufs ou quasi, c’est quand même un peu du luxe de nos jours. Et le plus mieux du plus mieux, c’est que c’est à la taille. Enfin, je crois, j’ai perdu du poids, mais ça devrait aller… J’espère. Et j’ai trouvé des espèces de lingettes. Ça vaut pas une douche, mais vu les températures, et vu ma dernière expérience dans l’eau, je préfère éviter le contact avec pour le moment. Je rassemble les vêtements propres que j’ai choisis sur une chaise, parce que oui, il y a des chaises dans le dressing, et je regarde autour de moi. Il est en bas non ? J’en sais rien en fait. Et je m’en fous, tant qu’il hurle pas, c’est que ça va. Et cette baraque est safe, à défaut d’être remplie de bouffe. Alors j’attache mes cheveux en un grossier chignon et commence à retirer mes vêtements, les balançant au loin. Je garderai juste le pull, il est en bon état et chaud, mais le reste… le jeans commence à être troué à l’entrejambe, c’est dire…

Je sais bien que c’est pas le plus urgent, ni le primordial, mais non seulement, ça me fait sentir un peu mieux, comme mes couleurs, mais il fait un peu froid, alors être dehors avec des fringues pourries… Et puis, ça me change les idées…
Je frissonne malgré tout et fait au plus vite, même si je sais que c’est juste pour me sentir un peu propre et que dans le fond, ça change rien. Un pied dans une culotte, je me penche en avant pour l’enfiler, avant de me retourner pour attraper le soutien-gorge. Et je me fige en me redressant, restant un instant bouche bée, le cœur battant, en apercevant une silhouette dans l’encadrement de la porte. Je soupire malgré moi en me rendant compte que c’est Luke, avant d’écarquiller les yeux et de croiser les bras sur ma poitrine. Mais… Il se fout de moi ? Qu’est-ce que….

« Je te dérange pas ? » Je suis sèche, c'est pas mal vu que mon coeur veut pas vraiment ralentir et que je me sens rougir, mais okay, c'était la mauvaise question avec lui, il va me dire non. « Tu veux bien te tourner que je m’habille ? Je sais que pour toi ça change pas grand-chose, tu m’as vu quand j’avais 10 ans, y a rien qui a changé, planchapain, blablabla, mais tourne-toi quand même… »

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Lun 13 Nov - 12:55
Y a des jours avec et des jours sans. Et là, clairement, c’est un jour sans. Enfin, ça fait déjà quelques jours que ça dure en fait mais je préfère pas trop en parler aux autres. J’ai super mal au poignet depuis ma mésaventure dans l’arbre mais je sais que si je me plains, je vais m’en prendre plein la gueule. Parce que j’aurais dû le faire avant, parce que j’aurais pas dû monter sur cet arbre et blablablabla… bref, je préfère me taire donc. Mais j’ai mal. J’aurais pu faire la gueule en voyant que Kennedy ne m’a quasiment pas parlé pendant qu’on commençait à fouiller la baraque mais, dans le fond, ça m’a arrangé un peu. J’ai du mal à faire mine que tout va bien que je douille comme ça. Alors j’ai été soulagé quand elle a décidé de partir explorer je sais pas quoi un peu plus loin. Ca m’a permis de fouiller de mon côté pour trouver une bande ou un truc pour caler mon poignet et puis, je sais qu’elle craint rien, la maison est vide. Donc je me concentre sur mon truc, soulagé de pas avoir à faire semblant pendant un petit moment.

Sauf que j’entends un bruit. Un truc qui claque ou qui se pète, je sais pas trop. Je regarde autour de moi en plissant les yeux, comme si ça allait m’aider à mieux entendre ouais. Et j’attrape mon flingue avec une grimace de douleur. J’aurais mieux fait d’être gaucher tiens. "Kennedy, c’est toi ?" J’ai appelé un peu fort mais pas trop, en mode je suis cool. Sauf que j’ai aucune réponse, sinon ce serait pas drôle. Okay, je reste calme, y a pas de soucis, si ça se trouve j’ai rêvé ce bruit. C’est pas impossible vu que je dors super mal depuis quelques jours. Mais quand même, j’aimerais bien qu’elle me réponde. J’appelle une deuxième fois, toujours rien. Alors, je commence à ouvrir les différentes portes pour la chercher, normal quoi. Avant d’ouvrir la porte du plus grand dressing que j’ai jamais vu.

Et de la voir elle. A poil donc. Okay, tout est normal. Je déglutis, figé comme un lapin devant les phares d’une voiture, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. Je pense que mon cerveau fait des bulles en fait, pendant que je me rince l’œil. Alors ouais, je sais bien, elle est pas bien épaisse, y en a qui diraient qu’il y a pas grand-chose à regarder. Mais c’est Kennedy et c’est pas comme si ça faisait pas genre cinq ans que je fantasme sur le fait de la voir sans ses fringues. Mais là c’est peut-être pas le meilleur moment pour repenser à mes fantasmes. Carrément pas non. Parce que j’en connais un qui va être beaucoup trop réactif pour mon bien. Ah bah voilà, qu’est-ce que je disais. Le pire, c’est que je bouge toujours pas, cillant quand elle se met à parler et mon regard rivé sur sa poitrine donc. "… hein ?" Bon, au moins, je suis toujours capable de parler. De réfléchir, c’est pas dit par contre. Je laisse tomber le bandage par terre et je bafouille, alors que je me baisse pour le ramasser. "Désolé je… j’ai entendu du bruit. Tu répondais pas… je… ouais pardon." Mais faut vraiment que j’arrête de la regarder là, je vais finir par en prendre une. Je me rends même pas compte qu’elle doit voir mon poignet rouge et gonflé, vu que j’ai remonté mon pull jusqu’au coude, le truc que je me suis bien gardé de faire depuis quelques jours. On va dire qu’elle va pas faire attention hein. Ouais, qu’elle fera mieux que moi qui suis en train de continuer à la regarder comme un crétin, les yeux un peu trop écarquillés et la mine la plus sérieuse du monde. Tant que je me mets pas à baver, me restera encore un semblant d’amour-propre. Ou pas, on est bien d’accord. Et non, je suis toujours pas capable de me retourner si c’est la question.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 22 Nov - 21:38
Le pire, c’est que je l’entends m’appeler. Mais je vais pas lui dire oui, je suis là, il serait foutu de venir même si je lui dit d’attendre ce crétin. Alors je me dis juste que m’habiller, ça peut être pas mal. Et puis merde, y a rien d’urgent, on vient d’arriver non ? Et y a rien qui craint, donc je vois même pas pourquoi il se prend la tête. Et encore moins pourquoi il me la prendrait à moi. Je demande pas grand-chose pourtant. Des fringues propres, en bon état et chaudes. C’est pas le bout du monde quand même, encore moins du luxe quand on voit comment on vit au jour le jour. J’ai presque envie de faire un sac de fringues à ramener aux filles… à moins qu’on revienne à trois. Ce serait le coup qu’on voit pas le temps passer à faire des essayages et des trucs à la con, et que les mecs viennent nous chercher en mode pas contents. Mais bon, en même temps, ils se fâchent pour rien, c’est ridicule. C’est pas pour rien que je leur ai pas raconté l’histoire du lac… même s’il faudrait, ne serait-ce que pour mentionner Logan et son groupe…. Ouais, un jour, sans leur dire que j’ai failli mourir noyer et bouffer, ou l’inverse, parce que ce serait la fin du monde. Plus de sorties seule, plus de teinture, plus de liberté. L’horreur donc. Même si je suis momentanément beaucoup moins tentée de faire cavalier seul et de retenter à nouveau le coup. Et puis, j’ai les cheveux roses fluo là, ou peu s’en faut, donc ça va, je peux survivre un peu  sans me prendre la tête…. Quoique la prochaine fois, je tenterais bien de faire la licorne multicolore, avec toutes les colorations qu’ils ont réussi à me trouver pour mon anniversaire… La prochaine fois donc. Sauf qu’il me faudra plus de temps et d’eau, et un miroir… et quelqu’un pour veiller sur moi donc… mouais….

Tout ça pour dire, qu’à la base, je voulais me dépêcher et tout. Sauf qu’il a visiblement décidé de faire autrement, et de me faire chier. Et que je suis à poil ou presque devant lui. Je le fixe, les yeux écarquillés, le rouge me montant aux joues sans que je puisse rien n’y faire. Alors je commence à l’engueuler. Normal. Il déboule sans prévenir et je suis à poil, je vais quand même pas l’accueillir avec le sourire. Et encore, je me trouve hyper sympa, je lui balance pas de chaise à la gueule, c’est dire.
Mais non. Visiblement la gentillesse marche pas étant donné qu’il reste là, les yeux comme deux ronds de flancs… à me mater donc. Sérieusement ? Ça serait Axel encore, je pourrais comprendre, mais moi… Ouais, je sais, il a déjà dû la voir à poil… et peut-être même plus… Sans doute ? J’en sais rien et je veux rien savoir. Et cette pensée me dérange et me gêne ouais. Bref, y a vraiment rien à mater. Mais il s’en fout et me quitte pas des yeux. Mais bordel ! Je fronce les sourcils et le suit des yeux quand il se baisse pour ramasser… pour ramasser quoi ? Je vois son poignet, qu’il tient contre lui, et je plisse les yeux. C’est pas le genre de trucs qui apparait en une journée ça. Depuis quand il est comme ça ? Et pourquoi il dit rien ? Il se fout vraiment de moi ou comment ça se passe ? Et il se tourne pas en plus !
Et ma mâchoire se crispe. Je reprends, toujours aussi sèche, la colère montant au fur et à mesure que je parle.

« Tu vois assez bien ? Tu veux que j’écarte les bras en plus ? Que je tourne sur moi-même ? Bordel Luke, arrête de jouer au con ! »

J’attrape le soutien-gorge et le pantalon, avant d’aller me planquer derrière un des portant, parce que oui y a des étagères, des portants et d’autres trucs dont je connais même pas le nom.  

« Ça fait deux ans que t’as pas vu de nanas à poils, c’est à ce point difficile que même moi je te semble… quoi d’ailleurs ? Baisable ? Attirante ? Tu veux quoi ? Si y a que ça, si ça peut te faire plaisir ou te soulager, y a la chambre à côté, avec un lit kingsize, ou alors là, contre le mur. Y a une salle de bain attenante aussi, avec un lavabo qui devrait me supporter facilement, je suis pas bien lourde, ça devrait le faire. Si tu me baises, c’est bon, t’arrêtera de me mater comme un poisson hors de l’eau et on pourra recommencer normalement ? »

Tout en parlant, je m’habille et finis par ressortir de derrière le truc, pour aller chercher le t-shirt toujours sur la chaise. Ouais, bah on peut pas penser à tout. Je le dévisage, les sourcils levés, avant d’enfiler le t-shirt à paillettes que j’ai trouvé. En fait, le pire, c’est que je me rends compte qu’à la fin, j’ai ni été sèche, ni en colère. J’ai simplement énoncé ça, comme si je parlais du temps de merde dehors, ça craint. On s’en fout toute façon, il aura même pas capté, trop occupé à lorgner le peu de peau qu’il peut voir…
Je m’approche de lui et saisis son poignet, sans douceur ni complaisance, et le regarde avant de relever les yeux vers lui, la colère refaisant surface.

« Et ça ? T’en as parlé à quelqu’un ? Tu pensais juste ça se remettrait tout seul ? Tu crois que ta bande va suffire ? Tu comptais nous le dire quand il deviendrait violet ?? » Je soupire et relâche sa main, les sourcils toujours froncés. « Viens. »

Je l’attrape par le bras, et me dirige vers la salle de bain mentionnée quelques minutes plus tôt, bien trop grande pour que je m’y sente à l’aise, et je commence à ouvrir les placards. Ça a dû être pillé, mais sait-on jamais, il y aura peut-être du gel ou un truc…

« Assieds-toi ! » Je lui jette un coup d’œil, le regard noir. « Et aucun râlage ! »

Je saurais même pas dire si je suis plus en colère pour son air de poisson mort ou pour son poignet. Je sais juste que c’est un tarnation de boulet…

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Jeu 23 Nov - 13:21
Ouais, ouais, je sais, des fois, faudrait que je réfléchisse un minimum avant d’agir et ou de parler. Surtout avec elle. Pourtant, je devrais avoir retenu la leçon à force mais, visiblement, me faut toujours des piqures de rappel. Bon, après, à ma décharge, je m’attendais vraiment pas à tomber sur elle à poil comme ça, paf. Donc mon cerveau disjoncte un peu et je suis incapable de bouger ou de faire autre chose que la mater. Alors qu’elle continue de parler et qu’au ton de sa voix, je sens que ça va commencer à être vraiment tendu. Et pas tendu dans le genre on va se marrer non. Tendu dans le sens où je vais me prendre le premier truc qui lui tombe sous la main en pleine gueule. Je la suis des yeux alors qu’elle commence à se rhabiller mais, surtout, je commence à froncer les sourcils à ses propos. J’aime pas ce qu’elle dit et encore moins la façon dont elle le dit en fait. " … désolé. Je veux pas que tu crois que… enfin si t’es une jolie fille attirante et tout, vraiment très attirante. Et ça a rien à voir avec le fait que je vois pas vraiment de filles depuis deux ans. Mais ça me viendrait pas comme ça de vouloir te sauter juste parce que je t’ai vue sans fringues. Contrairement à ce que t’as l’air de croire, je sais me tenir un minimum. Surtout en voyant à quel point l’idée t’enthousiasme." J’écarquille un peu les yeux en parlant, essayant sans le moindre succès d’avoir un ton … léger ? Amusé ? Je saurais pas trop dire en vrai. Juste pour essayer de dédramatiser le truc. Ouais, je me doute que ça va être un échec cuisant, mais je peux tenter le coup quand même non ?

Et, je sais pas par quel miracle, j’arrive à détacher mon regard d’elle alors qu’elle est même pas entièrement habillée. Notez l’exploit parce que, franchement, c’était pas gagné. De toute façon, elle est toujours aussi énervée contre moi, j’aurais ptet dû continuer, au moins, elle aurait une bonne raison. Enfin une de plus quoi. Remarquez, elle en trouve une là et j’arrive pas à retenir une grimace de douleur quand elle me prend le poignet. "Doucement bordel ! Je sais que je t’ai énervée mais c’est pas la peine de …" J’ai pas le temps de finir ma phrase qu’elle m’entraine dans la salle de bains et me dit de m’assoir. Je me laisse faire, de toute façon, vu sa tête, si je moufte, je vais m’en prendre une. Je laisse filer un silence, lui rendant quand même son regard noir et je hausse une épaule avant de souffler, un peu sèchement. "Pas comme si on se disait tout, tout le temps. On cache tous des trucs non ? Je sais que ça se remettra pas tout seul mais y a rien que vous pouvez faire. Alors pourquoi je dirais quelque chose ? A part pour me faire plaindre ce qui, vu ta gueule, marcherait pas terrible." Je ferme les yeux quelques secondes, me massant le poignet avant de reprendre, un peu plus tranquillement. "Je me suis de nouveau cassé le poignet quelques mois avant que tout ça commence. Les médecins ont dit que c’était la fois de trop. Et que j’allais avoir du mal à guérir complètement, à moins de faire des infiltrations, des trucs électriques et je sais plus quelles conneries. J’en ai fait. Au début. Et après c’est devenu un peu compliqué de trouver des kinés dispo, je sais pas si t’as remarqué. Mais y a des jours où ça va. D’autres moins. C’est juste un mauvais jour là, ça va passer." Bon, y a plus qu’à espérer que j’ai l’ai convaincant, convaincu ou je sais pas quoi dans le même genre. Parce que bon, les mauvais jours sont quand même plus nombreux que les autres. Je cille avant de reprendre, essayant de paraitre moins gêné que je le suis réellement. "Ton t-shirt. L’est coincé dans la bretelle du soutif. On … enfin on voit tout quand t’es penchée comme ça." Alors oui, je sais, y a pas grand-chose à voir. Mais moi ça me va bien. Et non, je le vis pas particulièrement bien pourquoi ?

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 29 Nov - 11:41
C’est exactement le genre de trucs que je déteste. Même pas de me retrouver à poil devant lui, enfin si, c’est le problème de fond, mais surtout de me retrouver sans savoir quoi dire ou faire sur le moment. De me retrouver embarrassée, gênée, à cause de lui, de rougir, devant lui. Ouais, bon, d’être à poil devant lui quoi… mais il me regarderait pas avec cette tête de crétin en manque, ça irait déjà mieux. Ou pas. Parce qu’en fait, ça m’aide à l’envoyer bouler, ce qui marche pas des masses vu son manque de réactions. Et une partie de moi, que je fais taire de suite, se vexe un peu, parce que grosso modo, je me dis qu’il est juste en train de se dire que merde, j’ai vraiment pas grand-chose et que je mérite ce surnom pourri. Ce qui fait que je m’énerve toute seule. Avant que ça ne s’essouffle et que ça ne soit remplacé par une certaine lassitude, bien pire à mes yeux que la colère, parce que je me rends compte qu’au final, je m’en fous un peu, de ce qu’il peut vouloir, de ce qu’il pourrait faire. Non pas que je pense qu’il me ferait quoique ce soit, et pas seulement parce que je l’attire pas, mais parce que c’est Luke. Mais… si c’est juste pour baiser, je m’en cogne, ça me touche même pas. Et je trouve ça assez glauque ouais, quand bien même je le savais déjà.
Et je le vois froncer les sourcils, alors que j’enfile mon t-shirt, et je grimace quand il commence à parler. Je le dévisage et lève les yeux au ciel.

« Vraiment très attirante. Ouais, tu m’en diras tant. Je doute pas que tu saches te tenir, surtout face à ta frangine aussi plate aussi plate aujourd’hui qu’il y a 10 ans, je faisais que proposer des solutions, si ça t’intéresse pas… Tant mieux ? Et je vois pas trop pourquoi je serais ravie de me faire sauter, j’ai jamais trop pigé d’ailleurs, mais bref. »

Bon, la colère est là, derrière, sourde, mais mon ton reste détaché et léger. Et je dois y arriver bien mieux que lui, enfin j’espère parce que lui c’était un peu un échec, et peu importe pourquoi il se braque. Peut-être parce que sa sœur lui propose de la baiser dans un coin ouais. Je grimace malgré moi. Au moins ça veut dire qu’il en est pas encore au point de vouloir baiser sa sœur, c’est pas mal…
Et puis, surtout, y a plus urgent, et plus important. Encore qu’il apprécie pas des masses non plus que je rappelle son poignet à son bon souvenir. Je suis un peu brute, mais entre le fait d’avoir été à poil devant lui et qu’il cache l’état dudit poignet, j’ai raison. Et je fais pas si mal que ça, s’il grimace, c’est parce que c’est vraiment un con. Ma mâchoire se crispe et je me dirige vers la salle de bain, avec lui à ma suite, sans lui laisser le choix, sans le laisser parler davantage. Et j’ai presque envie de lui en retourner une alors qu’il me regarde. Que je sois en colère c’est normal, lui il a pas à faire la gueule bordel !

« Mais je m’en cogne que tu caches des trucs ! T’es pas obligé de le dire à tout le monde, mais au moins à l’un d’entre nous ! » Je le dévisage, le regard toujours noir. « Je te parle pas de me le dire à moi, ça j’y compte pas trop, mais j’en sais rien à Drew par exemple, ou à Axel ? Parce qu’on trouverait peut-être une solution. Même si ça le soigne pas complétement, ça te soulagerait espèce de crétin. »

Je continue de chercher dans les placards, lui jetant des coups d’œil quand il reprend la parole, avant de stopper un peu et de soupirer en le fixant.

« T’aurais dû le dire. On aurait fait gaffe, on aurait cherché des trucs. Genre un kiné pas mort… Ou un cabinet de kiné et ses machins et autres appareils bizarres, avec une batterie portable pour pouvoir continuer… J’en sais rien… » Je secoue la tête. « Mauvais jour tu parles… Il dure depuis quand ton mauvais jour ?! T’es vraiment con… Avoir des secrets et se mettre en danger, c’est pas la même chose hein. Surtout que là, tu nous mets tous en danger. Imagine, y a un truc, un mort ou je sais pas quoi, et t’as tellement mal que tu peux pas m’aider ? Bah paf, je me fais bouffer sans que tu puisses rien faire. »

Non mais pour de vrai en plus. S’il a trop mal, ou qu’il peut carrément pas bouger son poignet, genre comme là, il se passe quoi ? Et je me fige quand il reprend la parole, mes yeux suivant le sien, qui est donc fixé sur mes seins, ou mon absence de seins haha. Et mon visage se ferme à nouveau, et surtout, mes joues rosissent à nouveau. Et merde.

« T’es pas obligé de regarder pour autant ! » Je tire sur le t-shirt pour le remettre comme il faut, m’assurant qu’il est bien mis partout du coup. « T’en as assez vu et c’est bon, y a pas de quoi fantasmer, on oublie. » Je le fixe. « Et pas un mot aux autres, sinon je te vends toi et ton poignet fracassé ! »

Je soupire, la mâchoire toujours serrée, alors que je reprends mon exploration dessous le lavabo.

« Je dois faire un genre de fourreau pour la machette d’Axel… Je te ferais une attelle en même temps. Et t’auras intérêt de la mettre, pas de la jeter ou de la bruler. Si ça guérit pas, ça aidera au moins, ça soulagera un peu le poignet… »

Je finis par pousser une exclamation, retirant ma main et mes trouvailles de derrière les tuyaux. Je grimace et m’essuie la main sur une serviette, avant de rejeter un baume pour bébé et un paquet de coton moisi. Et de regarder en souriant le tube d’arnica. Je vais m’assoir par terre face à lui et j’attrape son poignet, un peu plus délicatement.

« Tu vois. T’en parles, j’ai une solution… temporaire certes, mais c’est déjà pas mal. »

Et je commence à étaler de la pommade sur son poignet, le massant doucement. Ouais, je sais, je suis vraiment trop sympa.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Jeu 30 Nov - 11:11
Le pire dans tout ça, parce que ouais, ça peut être pire, c’est que j’ai l’impression d’avoir les images de son corps gravés dans ma rétine. Au moins, vu la façon dont elle m’envoie balader, je risque pas d’être hyper content de la voir. Ca aurait pu, c’était vraiment pas loin mais au moins, on peut dire que j’ai du bol, même si ouais, je vais repenser à cette scène souvent. Trop souvent. Ouais bon, on va éviter de penser à ça en fait, je serais quand même capable de déconner tout seul. Et là, si elle le voit, je vais tellement en prendre pour mon grade que je vais pas m’en remettre. Enfin, ce qu’elle dit est quand même super glauque, j’arrive pas trop à piger pourquoi. Son ton ? Probablement. Surement même. Alors, forcément, je fronce encore plus les sourcils avant de souffler, d’un ton un peu agacé, incapable de faire autrement. "Quoi, j’ai pas le droit de te trouver attirante ? Qu’est-ce que ça changerait de toute façon ? Rien du tout. Et t’es ptet plate mais t’as d’autres… bref. T’es jolie. Vraiment. Et tes solutions… tu parles, tu montrerais plus d’intérêt à essayer de me vendre un micro-ondes. J’ai pigé que ça te branchait pas, en tout cas avec moi."

Ouais, j’avoue, je suis un peu vexé quand même. Je sais qu’elle ressent rien pour moi, enfin si, de la colère et probablement un peu de mépris dans les bons jours, mais quand même, elle aurait pu au moins me trouver attirant. Ca fait des années qu’on traine ensemble, elle pourrait avoir envie de quelque chose. Ouais ou alors, c’est plus Drew son genre. Remarquez, ce serait pas déconnant, peut-être qu’elle est allée chez lui pour ça au fond. A cette pensée, mes sourcils se froncent de plus belle, sauf que j’ai pas vraiment le temps de me pencher sur le sujet qu’elle remarque mon poignet. Et que j’en prends pour mon grade. J’avoue, ce qu’elle dit me plait vraiment pas du tout, surtout la façon dont elle le dit. "Mais j’ai PAS envie d’en parler, tu comprends pas ça ? J’ai pas envie qu’on me prenne la tête dessus alors qu’il y a rien à faire. Et ouais, j’ai pigé que niveau confidences, toi et moi, c’est clairement pas ça. Je suis un crétin mais j’ai retenu le message de la dernière fois t’en fais pas." Le fait qu’elle soupire et se calme un peu marche pas des masses sur moi pour une fois et je continue de faire la gueule avant de hausser les épaules. "Je vous mettrais jamais en danger. J’ai déjà réussi à soulever des trucs avec mon poignet en vrac, quand il était dans un état pire que celui-là. Et j’aurais jamais assez mal pour pas pouvoir t’aider de toute façon. Au pire, je me casserais le poignet pour de bon mais on s’en fout, je… bref. Vous auriez rien trouvé et ça vous aurait pris la tête pour rien. Et vous vous seriez mis en danger pour trouver du matos qu’on aurait jamais réussi à utiliser de toute façon."

Bon, là, je déconne un peu, j’avoue. Mais je me suis pas encore vraiment remis de l’avoir vue toute nue. Le pire, c’est de la voir rougir comme ça, dans le genre parfait pour me faire craquer là, on est pas mal. J’inspire longuement, histoire de garder les idées claires. "Suis pas obligé, mais c’est sympa à voir." Okay, alors, la prochaine fois, je me tais. Pour toujours. Ce serait probablement faire enfin preuve d’un semblant d’intelligence. "Je dirais rien aux autres, je veux pas que Sid me tue pour t’avoir matée toute nue." Et je la regarde s’affairer dans la salle de bains, alors que je finis par m’assoir par terre, laissant mon poignet sagement sur mon genou. "Tu vas faire ça comment ? Avec quoi ? Et je vais pas jeter un truc où t’auras passé du temps dessus, je suis pas aussi con quand même." Contrairement à ce que tout le monde a l’air de croire. Ca devient fatiguant à la longue, mais j’avoue que je fais pas grand-chose pour changer cet état de fait. Et je la suis des yeux quand elle attrape mon poignet avant de souffler, dans un murmure. "Pourquoi tu fais ça ? Tu pourrais me laisser me débrouiller avec la pommade. Ce serait déjà beaucoup plus que ce que t’es obligée de faire. Et je comprendrais que t’aies pas envie de faire ça." J’ai quand même une grimace de douleur alors que je fixe mon poignet. C’est vrai qu’il est un peu plus gonflé que d’habitude. C’est vraiment pas de bol.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Jeu 7 Déc - 12:04


Dernière édition par Kennedy Lancaster le Ven 8 Déc - 10:57, édité 1 fois
Savoir que quoi qu’il dise ou fasse, ça fera que m’énerver et me saouler, ça compte ou pas ? Je devrais lui dire ? Non, je déconne. Je vais pas lui dire, il le prendrait mal. A raison peut-être, mais à l’instant T, en même temps, je vois pas trop de raison d’être souriante et pas en colère. Pourtant, je ne hurle pas, je suis même hyper calme, un peu trop même, mais bon, on s’en fout. Même si ça a pas l’air de lui plaire non plus. Mais il se fout de ma gueule, j’y suis pour rien moi. Je me crispe un peu alors que je le dévisage en mode mi-fâchée, mi-gênée. Et oui, mes joues rosissent de nouveau légèrement.

« Ça change que dalle, c’est pas le souci. Mettons que je suis jolie, j’ai pas envie de me lancer dans le débat. » Surtout pas avec lui. Genre il le pense quoi. Je fronce les sourcils, le côté pas content prenant le pas sur le côté embarrassé. « Que ce soit toi ou un autre. C’est quoi le souci ? Je peux prendre une voix de pétasse du téléphone rose si y a que ça. Et non, on est pas obligés d’aimer tous ça… Bref ! »

Ça aussi il va mal le prendre ? Oh et puis merde, je m’en fous, c’est pas mon problème, d’autant que je pige absolument pas ce qui l’énerve dans tout ça. Peut-être que ça lui rappelle juste ce qu’il a perdu, les parties de jambes en l’air avec des barbies siliconées, ce genre de trucs. Et oui, je m’en fous j’ai dit. Mais je m’emporte un peu concernant son poignet, mais vu son état, j’ai le droit.

« Le message ? De quoi tu parles ?... Laisse tomber. Tu m’as jamais parlé, ça va pas changer. Et c’est pas question de te prendre la tête. » Je soupire. Et si je parviens un peu à chasser cette colère, c’est pas vraiment son cas à lui. Et ma mâchoire se crispe à nouveau quand il parle. « Et si c’était Robin ? Ou n’importe qui ? Tu voudrais pas chercher et trouver des trucs pour les aider et les soulager ? En quoi c’est différent que ce soit toi ? Alors okay, tu pourras me sauver, nous sauver, quel que soit l’état de ton poignet, mais c’est pas une raison. C’est histoire qu’on prenne soin de toi, que tu… sois pas tout cassé. Ou que tu souffres inutilement. »

Ma bonté d’âme me perdra, ou un truc du genre. Mais j’ai raison, et il le sait aussi bien que moi. C’est ridicule de dire qu’il peut faire des trucs, si c’est pour se retrouver dans cet état après. Il aura l’air malin tiens s’il se le pète pour de bon. Et paf, à nouveau rouge. J’aurais jamais changé aussi souvent de couleur, c’est moche. Mes sourcils se froncent, plus d’incompréhension ce coup-ci. Mais on va pas insister. Bon, peut-être un peu quand même.

« Genre. Il serait plus à se marrer et à m’engueuler parce que je fais encore un truc con et irresponsable et imprudent. »

Alors que franchement, dans le genre tête brulé et imprudent, il se pose lui. Mais bon, j’ai arrêté de vouloir changer leur côté purement macho et protecteur. Oui, c’est un mensonge, parce que ça me lourde toujours autant, mais j’essaie vraiment de passer outre. Comme là, j’essaie de pas me focaliser sur le fait qu’il me mate.

« Le mieux serait du cuir, même si sans outil, ça va être un peu difficile à travailler. Ça va dépendre de ce que je trouve. Mais je me dis qu’au pire, on peut trouver du tissu thermocollant pour rigidifier la structure, ou quelque chose approchant. Pour toi, on pourrait peut-être glisser un morceau carrément rigide entre deux morceaux de tissu. Je sais pas trop encore, faut que je réfléchisse. » Je lui jette un coup d’œil. « J’ai jamais pensé que tu pouvais être vraiment con. Pas autant. Borné surtout. Je disais ça parce que t’as pas l’air de vouloir qu’on s’occupe de toi, c’est tout. »

Et je finis par trouver mon bonheur et m’installer face à lui pour m’occuper de son poignet. Je me fige un peu et relève la tête vers lui, le visage encore plus fermé qu’avant.

« Je me comporte vraiment comme une telle connasse ? Tu penses vraiment que je suis aussi horrible ? » J’avoue, ça, ça fait mal un peu quand même. Même avec lui. Surtout avec lui. Je sais pas, mais c’est blessant, et vexant. Même si je sais que je peux être une peste en général. Je baisse de nouveau le regard sur ce que je fais, reprenant mes mouvements encore plus doucement après sa grimace. Je hausse les épaules, butée et blessée, même si j’essaie de garder un visage neutre. « T’arriveras pas à le faire d’une seule main, mais si tu y tiens, je peux te laisser faire. » Je soupire malgré moi. «Je prends soin de vous comme je peux. C’est pas grand-chose en général, mais j’essaie… Je te laisserai tranquille et tu feras ce que tu veux. Tout seul, ou en demandant à quelqu’un d’autre. Ça te va ? »

Voilà, j’ai l’air sympa et tout. Je boude pas. Du tout.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Ven 8 Déc - 10:50
Alors, comme d’habitude ou presque, quand je suis avec elle, je me demande à quel moment ça va déraper. Quand est- ce que je vais dire le mot de trop qui la fera vriller et elle m’enverra bouler. Je sais, ça fait victime, caliméro et j’en passe dit comme ça mais, à bien y réfléchir, c’est quand même toujours comme ça que ça se passe. Le pire, c’est que je la trouve jolie comme tout à rougir comme ça mais, je suppose que je devrais la fermer. Faut dire que, point positif, enfin si on peut dire ça comme ça, elle m’envoie tellement bouler que j’ai pas le temps de partir dans mes délires. Au moins, je risque pas de craquer et de lui dire ce que je ressens. « Ca change que dalle oui, mais je voulais quand même le préciser. Donc oui, t’es jolie. Vraiment très jolie. » Je fronce quand même les sourcils avant de souffler, d’une voix penaude. « J’ai jamais demandé à ce que tu … enfin… je… laisse tomber ouais. » Ca me saoule de voir ce qu’elle peut penser de moi. Et quoi que je puisse dire, je suis persuadé que ça changera rien de toute façon. Alors ouais, elle réussit un peu à m’agacer mais j’inspire longuement, histoire de pas m’engrainer tout seul.

Mais autant dire que c’est carrément pas facile. Je me retiens de balancer un truc genre vraiment méchant et je me contente de baisser les yeux en marmonnant un « c’est ça ouais, laisser tomber. C’est le bon plan. » Avant qu’elle se penche sur mon cas. Et autant dire que ça me gonfle. « … bien sûr que si. Mais c’est pareil. J’suis habitué à avoir mal. Ca va faire quoi ? 10 ans ? Plus même, que c’est lancinant. Tout le temps. Déjà qu’on pouvait rien faire avant, là, c’est pire. » Je lève les yeux vers elle, un peu sceptique quand elle parle de prendre soin de moi et je finis par hausser les épaules, incapable de lui répondre. Et je devrais pas la mater, je sais bien. Mais j’y peux rien. Vous feriez quoi si vous aviez la nana dont vous êtes amoureux juste là, sous votre nez ? Et avec une vue plongeante sur… bah un peu tout en fait. J’essaie quand même de me tenir et j’ai une ombre de sourire à sa réplique. « Se marrer ? Je suis pas sûr. T’engueuler c’est plus probable. Et j’aurais pris un pain entre temps. » J’en mettrais mes deux mains à couper en tout cas.

Je hoche la tête, pas très convaincu parce qu’elle raconte mais bon, elle a l’air sur de son coup. Autant tenter, maintenant qu’elle est au courant non ? « J’sais pas si c’est utile mais ça fait mal que quand je fais certains mouvements. Pas tout quoi. Et…» Je soupire doucement avant de souffler, après un énième haussement d’épaules. « Je dois te remercier j’imagine ? Et… je suis pas borné. J’ai juste pas l’habitude de… ça. » Qu’on s’occupe de moi comme ça. Que ce soit elle surtout. J’essaie, la plupart de temps, de faire mine que tout va bien, que ça se fissure pas, que j’ai pas mal, pas vraiment besoin de réconfort. Et ça marche, la plupart du temps en tout cas. Sauf des jours comme aujourd’hui. Et ce qu’elle dit me serre le cœur, plus que ça le devrait je suppose. Je cille et je laisse filer un silence avant de souffler, dans un murmure. « Je pense surtout que tu… enfin que t’as pas spécialement envie de passer du temps avec moi. Et que tu m’aimes pas trop. Et c’est pas déconnant. » J’ai un peu fait ce qu’il fallait pour ça hein, réussite critique, je crois qu’on peut dire ça comme ça non ? Mon soupir fait écho au sien alors que je sursaute à cause de la douleur, mon regard rivé sur mon poignet. « Tu te débrouilles très bien. Pour prendre soin de tout le monde. C’est juste… moi le problème. Mais j’ai pas envie que tu me laisses tranquille. » Ca sonnait vachement moins pathétique dans ma tête, je vous jure. Pourtant c’est le cas. On a jamais autant parlé que ces dernières semaines, comme si le temps arrivait enfin à faire qu’elle soit moins fâchée. Bon, je sais que c’est pas le cas et qu’elle retrouvera rapidement ses esprits, alors autant en profiter un peu avant non ? Dans le doute, quand même, avant de sombrer totalement dans le mélo, je lâche, un peu plus fort. « J’ai pas envie que les autres sachent non plus. Alors je vais avoir besoin de toi sur ce coup-là. Si… enfin… si tu veux bien. » Ah non, en fait, c’est toujours aussi pathétique. Parfait. Tout simplement parfait.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 13 Déc - 20:48
Avec lui, j’ai appris à réagir assez rapidement. Pas forcément excessivement, vu que ça m’arrive assez souvent de l’ignorer ou dans le genre, mais disons qu’au tout début ça m’a fait assez mal qu’il m’évite et me raye de son existence, pour que je préfère prendre le dessus et soit lui dire d’aller se faire foutre, soit oublier qu’il est là comme il faisait avec moi. Ça marche moins bien maintenant qu’on est un peu forcée de vivre les uns avec et sur les autres c’est vrai. Et je fais des efforts, pour pas que ça pèse non plus sur les autres. Lui aussi visiblement, sauf qu’il sait jamais quand s’arrêter et qu’il en fait toujours trop… Je le fixe donc, l’embarras prenant le pas sur le reste, et je fronce les sourcils en haussant les épaules, ignorant ostensiblement le raté de mon cœur. Et je crois que je lui en veux encore plus de ça, de vouloir me faire croire ça, que pour le reste. Et quand bien même ce serait vrai, ce que, à la limite, je veux bien croire, ça ne change rien. Ça ne l’a jamais empêché de se conduire comme un connard, et ça n’a jamais rien changé tout court à ma vie. Enfin, si peut-être, mais pas dans le bon sens. Qu’importe.
Il s’énerve, je m’en fous, et je lève donc mes yeux au ciel., même si ma voix se fait un peu cassante.

« Tout le temps… Ouais, donc ça sert à rien qu’on puisse essayer de te soulager. Vu que t’as mal depuis 10 ans… Même si c’est totalement débile. »

Aussi débile que de continuer à me mater. Non pas que ça m’arrive pas à moi de le mater, loin de là même, il est carrément bien foutu, mais déjà je suis discrète, et puis, bah comme dit, il est sacrément sexy, même maintenant. Contrairement à moi donc sans aucun doute. Je plisse le nez, non sans esquisser un sourire à mon tour.

« Peut-être. Vous avez tous des réactions un peu cons nous concernant, c’est pas nouveau. Et il a mauvais caractère, je sais pas d’où il tient ça. »

Parce que moi je suis adorable. Ahem. La preuve d’ailleurs, je vais me casser le cul pour lui bricoler une attelle.

« Certains mouvements genre ? Quand tu tourne ton poignet ? Quand tu le baisses, le lèves ? Ça pourrait aider pour savoir dans quel sens il faudrait maintenir oui. » Je fronce les sourcils, soupirant de nouveau à mon tour. « Tu me remercieras si j’arrive à te faire un truc convenable. Et ça, c’est… ?Qu’on s’occupe de toi ? Je me doute, vu que vous vous croyez, vous autres mâles dominants, en charge de tout le bien-être et de la santé de chacun… Alors qu’on sait tous que c’est nous, frêles demoiselles, qui nous occupons de tout. »

Je lui jette un coup d’œil amusé, qui ne dure pas bien longtemps. Parce qu’au final, quoique je dise, pense ou veuille me persuader, il n’y a bien que lui qui soit capable de me faire aussi mal avec si peu de mots, sans même forcément le bouloir ou y penser. Mais ça, encore une fois, je préfère l’oublier et ne pas m’y appesantir, enfouissant cette pensée sous une tonne de gravats. Ça aurait fait mal, venant de n’importe qui, c’est tout. Sauf qu’à nouveau, il arrive à sortir dans un murmure une connerie plus grosse que lui. Qui certes pourrait sembler justifiée, je le reconnais.

« Tout le monde passe du temps avec tout le monde. » Je hausse les épaules.« Pas déconnant hein… J’adorais passer du temps avec toi. Plus que tout. » Je déglutis, reprenant toujours sur le même ton que lui, sans le regarder évidemment. « Et même maintenant, ça me dérange pas autant que tu sembles le croire. Quant à t’aimer ou pas, je confirme, t’es vraiment un boulet. T’es mon frangin crétin. »

Quoi ? Forcément que je l’aime, rien pour ça. Pas que ce soit inclus de base quand il est question de fratrie, mais avec eux, c’est évident, avec lui, c’est évident. C’est tout… Ouais, c’est tout. Je suspens mes gestes quand il sursaute, sans quitter son poignet des yeux, et je recommence, frôlant à peine sa peau pour le coup. Sérieux, il a mal à ce point et il a rien dit à personne ? Ça me met autant en colère que ça m’inquiète. Et que ça me fait mal pour lui, tout comme sa voix quand il me répond.

« J’en ai pas l’impression, mais tant mieux, si c’est quand même le cas. Juste toi donc... »

Mais il faut quand même qu’il en parle, à moi ou à quelqu’un d’autre. Tant qu’il se retrouve pas de nouveau, avec le poignet violacé et gonflé comme ça. Je m’arrête et le fixe en silence, me demandant combien cette demande peut lui coûter, surtout à moi.

« D’accord. Ça reste entre nous. Donc… Le problème que tu es acceptera de venir me voir  si ça ne va pas mieux ? Et si tu te retrouves de nouveau dans cet état ?… Promis ? » Je le dévisage et secoue la tête, le regard plus doux. « Idiot. Comme si j’allais refuser. »

Et je pourrais dire aux autres que ça c’est bien passé et qu’on a discuté. Ils me regarderont avec des yeux ronds en se demandant si j’ai fumé, ce sera amusant. Le fait est que je n’ai jamais refusé de l’aide pour quoi que ce soit à aucun d’entre eux, et que je ne commencerai certainement pas maintenant. Et puis… il a l’air tellement mal.
Je referme le tube et le range dans mon sac.

« Je peux pas faire grand-chose de plus pour le moment. » Je commence à enrouler la bande autour de son poignet, serrant un peu, mais pas trop. « On peut trouver une écharpe pour te faire maintenir le poignet pour le moment, ça évitera qu’il ne bouge trop. J’en ai vu une rose et or… ça t’irait bien. »

J’ai un mince sourire à son intention, avant de finir en faisant un nœud tant bien que mal. Ça limitera les dégâts, c’est toujours ça…

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Lun 18 Déc - 15:07
J’aimerais tellement que les choses s’arrangent entre nous. Ouais, je sais, si j’avais vraiment voulu que ça aille, j’aurais pas autant déconné dès le départ. Mais, à ma décharge, je pensais avoir le temps de changer les choses, de trouver comment gérer, comment la retrouver sans avoir à lui dire ce que j’ai sur le cœur. Sauf qu’il a fallu qu’on ait une foutue fin du monde et que ça pète tous les plans que j’avais pas encore eu le temps d’échafauder. Et depuis deux ans c’est… compliqué. Non, en vrai, c’est super simple. Elle ne m’aime pas. Pire encore, elle me supporte uniquement parce que sinon ça casserait la dynamique de groupe. Le tout, c’est que j’arrive à m’y faire pour de bon. Et ça ira peut-être mieux après du coup. Ou alors, sinon, y a aussi la possibilité que je me sois monté la tête tout seul comme un grand et qu’en fait, elle en a rien juste rien à foutre de ma petite gueule. C’est pas totalement impossible, pour ne pas dire que c’est hautement probablement mais, quand on est amoureux, c’est pas vraiment l’option qu’on a envie de voir s’avérer être la réalité. Je suis maso, mais pas à ce point-là. Enfin bref, tout roule quoi. Encore plus maintenant qu’elle est au courant pour mon poignet. Je sais, j’aurais du minimiser le truc mais, quand je l’ai vu à poil, j’avoue que mon cerveau a pas vraiment pensé à ça. Bon, il a pas pensé à autre qu’à se dire qu’il était temps de graver tout ce qu’il avait sous les yeux pour plus tard. Oui, je suis dégueulasse. Je sais.

Enfin, quand même, pour le principe, je la toise une seconde avant de souffler, non sans un sourire narquois. « Donc toi, t’aurais pas du tout fait pareil pour épargner aux autres le fait qu’ils allaient se prendre la tête pour trouver des solutions qui n’existent pas, voire pire, prendre des risques pour aller dehors chercher des trucs qui ne serviront à rien vu que les médecins n’aidaient déjà pas beaucoup avant. » Bon là, je devrais quand même arrêter de la regarder comme un mort de faim devant un beignet. C’est pas gagné, autant le dire tout de suite, et heureusement qu’elle me sert le poignet un peu fort, ça m’évite d’être super content de nouveau. Elle a rien vu de ça, tant mieux, sinon j’aurais pris cher je pense. « Des réactions un peu con ? Du genre ? Et ouais, je vois pas du tout de qui il peut tenir ça, surtout quand on voit sa sœur qui est un modèle de douceur, de gentillesse et de … j’en fais trop ou pas ? J’me rends pas compte. » J’ai une grimace à regarder mon poignet et je laisse filer un instant de silence, me faisant un rien plus sérieux. « Quand je le bouge d’avant en arrière. Ca fait une espèce de clac hyper désagréable. Et douloureux accessoirement. Sur le côté, ça va. Et je peux soulever des trucs sans que ça fasse mal si je m’y prends bien. » Et je lui jette un regard en coin, non sans une moue penaude. « … merci d’y penser. T’es pas obligée comme je disais. Et ouais, qu’on s’occupe de moi. C’est pas une question de mâles dominants ou quoi que ce soit. Disons que c’est comme toi, ou Sid. On est habitués à serrer les dents plus que les autres. »

Je laisse filer un silence avant d’esquisser un sourire un peu triste. « Ouais, tout est dans l’emploi du passé gamine. J’ai pourtant l’impression que t’es toujours à deux doigts de vouloir m’en coller ou de vouloir m’envoyer chier pour de bon. Je me trompe ? » Et si j’arrive à lui rendre un sourire convaincu, ou presque, je pensais pas que ça ferait aussi mal. En vrai, je devrais être content. Elle m’aime toujours comme un frère. Donc c’est cool. C’est super. C’est la fête. Tout ça. Au moins. Mais je me rends compte que j’ai jamais été aussi soulagé là, de suite, de jamais lui avoir rien dit. Déjà que j’ai tout foutu par terre, ça aurait été encore pire. « Frangin et crétin c’est pas des synonymes chez nous ? » Je me focalise sur la douleur. Pour le coup, c’est toujours moins pire en fait. Comment j’ai pu être con et me dire qu’Axel ou Robin avaient probablement raison et que je devrais tenter ma chance. Ou au moins lui dire. Pour un peu, j’aurais envie d’éclater de rire. Ou pas d’accord. J’espère que ça se voit pas trop en fait et je me contente de hocher la tête au reste de ses propos en soufflant, à mi-voix. « Ouais, c’est moi qui déconne. Et tu t’occupes très bien de tout le monde. Pour de vrai. » Malgré son caractère de merde, nos caractères de merde. On s’en sort pas si mal en vrai. J’hésite un instant à sa question et je finis par hocher la tête. « Si tu me fais pas la morale à chaque dois que je viens te voir… c’est promis. » Et je cille, quand mon regard croise le sien, incapable de m’empêcher d’effleurer doucement sa joue une fois qu’elle a remis le tube dans son sac. « … t’aurais pu refuser. Tu peux toujours changer d’avis. Et… merci. Ça fait moins mal. » Je reste quelques secondes à la fixer sans bouger avant de reprendre, d’un ton plus léger. « Je porte très bien le rose, mieux que toi alors méfie-toi ! » Et je crois que je souris comme un idiot en voyant son sourire à elle. Ouais, ouais, ça craint, je sais.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 20 Déc - 21:12
Ma mâchoire se crispe et mes lèvres se plissent. Qu’il ait totalement raison sur ce que j’aurais fait ou pas, sur le fait que j’aurais sans aucun doute fait comme lui pour éviter de mettre les autres en danger et tout, ça ne rentre pas en ligne de compte. Parce qu’on parle pas de moi, mais bien de lui. Et ça change tout effectivement.

« Non, j’aurais pas fait pareil et j’en aurais parlé, au moins à quelqu’un. Parce qu’on peut pas savoir ce qui peut servir ou pas, les médecins avaient pas la science infuse. Et au moins, au cas où, si ça tourne mal ou quoi, pour que quelqu’un soit au courant... »

Je soupire, bien audiblement, et je le rappelle un peu à l’ordre, pas très gentiment, grâce à son poignet. Je le fixe et je plisse les yeux, avant de lui faire une grimace en tirant la langue.

« Léger ouais, même si j’aime bien avoir des compliments du genre... J’ai jamais prétendue être parfaite. Et ma douceur n’est dispo que pour ceux qui me prennent pas pour une conne, comme ma gentillesse en fait. Et des réactions genre : on va contrôler ça, vous restez ici en sécurité. On part en exploration à trois en vous laissant seules. Oh mon dieu, tu as une écharde, vite, tu vas mourir, faut l’enlever. Quoi ? Tu es sortie deux minutes toute seule, on va te cloîtrer pour les 6 mois à venir… Des trucs improbables et stupides. »

J’exagère même pas. À peine. Un peu peut-être. Je regarde son poignet, qui me fait mal pour lui quand même j’avoue, et je grimace.

« D’avant en arrière. Okay. Évite de soulever des trucs. S’il te plaît. » Et je hausse les épaules, comme pour rejeter ses remerciements. « C’est normal. Quand on parle, on aide, tu vois, ça fonctionne comme ça…. » Je grimace un petit sourire triste. « On en a pris trop sur la gueule pour s’éterniser sur des détails du genre ?… oui, je vois. Et quand bien même ce serait vrai, c’est pas une raison. T’es pas tout seul. Laisse les autres se rendre utiles et t’aider. Tu veux bien ? »

Et encore une fois, que je cherche à me débrouiller toujours toute seule aussi n’est pas la question. Et de nouveau, ça dérape un peu. Ce mélange de rancoeur et de… nostalgie, souvent quand je suis avec lui. Je me crispe un peu, les sourcils froncés.

« M’appelle pas gamine. » Je souffle sans même y penser ces quelques mots, avant de détourner les yeux et de secouer la tête. Il fait une drôle de tête  et j’aime pas trop la façon dont il dit ça en plus, malgré son sourire. « Tu te trompes pas forcément non… Enfin, je t’enverrai pas chier pour de bon, et non, en fait, je te… je sais pas, peut-être qu’un jour je t’en collerai une, mais quand t’auras vraiment déconné. Et c’est pas ma faute si c’est au passé... »

J’aurais pu éviter ce rajout, prononcé dans un souffle aussi, mais d’un autre côté, faut bien remettre les choses à leur place. c’est pas moi qui ait commencé et qui ait merdé à ce point. Et je hoche la tête à sa question, sans répondre. Oui, ce sont des crétins, certains plus que d’autres, ou du moins, pas forcément sur les mêmes points. Je fronce les sourcils en le voyant comme ça, j’aime pas trop, sans bien piger pourquoi, ni pourquoi le ton de sa voix picote un peu ce que je m’efforce d’oublier. À savoir que je l’aime bien ou un truc du genre, tout boulet de frangin qu’il soit. Je le dévisage et essaie de me convaincre que pour le coup, il me raconte pas de conneries. Que je m’occupe bien d’eux et que je les aide. Pour de vrai. Comme là, avec lui. Histoire de pas être aussi inutile ou nulle que j’en ai l’impression parfois. Je plisse le nez et soupire.

« J’essayerais. Mais tu fais tellement de conneries, ça risque d’être difficile de pas râler… Mais ce sera pas à chaque fois, promis. » J’esquisse un sourire, avant de me figer un peu quand sa main me frôle, les yeux un peu écarquillés. Pas que j’ai plus l’habitude des contacts, mais… un peu quand même. Et avec lui, encore moins. On a beau écouter de la musique ou parfois dormir ensemble, et pas dans le sens que tu crois, c’est pas la même chose... J’inspire lentement, restant à lui rendre son regard, avant de déglutir et de retrouver lentement mon sourire. « Bien sûr que non. T’as besoin de moi, je suis là…. Et euh, de rien, c’est cool si ça va un peu mieux… »

Je toussotte et cligne des yeux, avant de froncer les sourcils et de me faire mécontente, enfin d’essayer de paraître mécontente, mais mon sourire doit légèrement me trahir je pense.

« T’es en train de sous-entendre que le rose me va pas ? Ou que tu souhaites une coloration rose toi aussi ? T’es jaloux de ma classe c’est ça ? »

Je me relève et époussette mon jeans tout beau tout neuf. Je le fixe une seconde, avant de lui tendre une main.

« Allez debout, qu’on trouve ça et des trucs vraiment utiles, histoire de rentrer avant que les autres paniquent. »

Voilà une idée qu'elle est bonne. En fait, j'ai que des bonnes idées.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Jeu 21 Déc - 16:51
Ah, je le savais que j’allais bientôt atteindre le point de non-retour. Je le vois, à sa mâchoire crispée là. C’est fou de connaitre autant quelqu’un et d’en être si éloigné d’une certaine façon. Ouais, je fais dans la réflexion philosophique pourrie aujourd’hui, c’est jour de fête. Bref, j’en étais où moi ? Ah ouais, à me faire engueuler donc. « Tu parles que t’aurais parlé. Je sais que t’es une bonne menteuse mais me prend pas pour un con quand même. Et j’ai pas non plus une maladie incurable hein… bref, t’es au courant maintenant, satisfaite ? » Je lève les yeux au ciel quand elle soupire avant de la fixer, non sans un sourire en coin. « Tu veux pas des vrais compliments plutôt ? Des trucs crédibles quoi. Et…» Et bah, au moins, elle sait comment faire disparaitre mon sourire en moins de deux, c’est bien. « … okay. Pour le reste. Vous voulez qu’on vous dise quoi ? Allez vous balader les filles et si vous tombez sur six mecs en chaleur, vous plaignez pas ? C’est dégueulasse ce que je vais dire mais c’est devenu la réalité. Vous êtes des… enfin y a des mecs qui auront aucun scrupules. C’est pas une question d’être moins fortes, moins intelligentes ni rien. Et nous on s’en sortira à peine mieux, mais ils auront quand même un minimum de réticence avant de vouloir se taper des mecs. Mais devant trois mecs, ça les fera réfléchir. Un peu en tout cas. » Je sais, ça va pas lui plaire mais faut pas se leurrer. Les trois filles, niveau force physique, elles feraient carrément pas le poids face à des types un peu costauds. Et elles sont jolies comme tout. J’ai jamais été aussi sérieux de ma vie là, de suite et je laisse filer un silence avant de reprendre, avec un soupir. « Mais si tu veux, continue de te dire que c’est parce que tu risques de te retourner un ongle qu’on joue aux super-protecteurs ouais. »

Je baisse les yeux et regarde mon poignet, les mâchoires un peu contractées entre la douleur et le reste. « … je peux pas éviter de soulever des trucs, on le sait tous les deux. Je peux faire plus attention si tu veux. Et… c’est juste difficile de me dire que je peux être un poids pour vous. Je veux pas. Comme dit, on en a déjà pris trop dans la gueule. Même si je suis pas tout seul non. » Je devrais me taire là, tout de suite, je flirte déjà plus que dangereusement avec les limites. Mais je continue et je souffle, d’un ton narquois. « Quoi, tu préfères grand-mère ? » Je hoche la tête. Je le savais hein, mais l’entendre confirmer que je me trompe pas, ça fait quand même mal. Alors je me contente de souffler, un peu penaud. « Je peux aussi me débrouiller pour que tu m’aies moins dans tes pattes si ça porte autant sur les nerfs. Et c’est ma faute. Je sais. » J’ai parlé sur le même ton qu’elle. Un peu plus sèchement peut-être mais, dans le fond, ça change pas grand-chose. C’est acté que je suis un sale con donc. Et autant dire que je me sens pas terrible. J’aurais tellement aimé que ce soit un peu différent. Pas qu’elle m’aime, faut pas déconner, mais juste… ché pas. Pas ça quoi. Pourtant, j’essaie de la rassurer, sur la place qu’elle occupe parmi nous. Alors que moi, je me demande quand même un peu ce que je fous là mine de rien. M’enfin, elle a pas à le savoir ça, même si elle doit voir que j’ai pas ma tronche de crétin habituel. Et puis, elle m’aime bien qu’elle a dit. Comme un frère. Mouais, j’y crois moyen, elle a juste dit ça pour arrondir un peu les angles hein, on va pas se leurrer. J’arrive même à sourire à ses propos tiens, je suis pas si nul pour jouer le jeu en fait. « Tellement de conneries ? Arrête, je suis pas Sid ! Et donc pas à chaque fois. Je suppose que je vais devoir m’en contenter…» Et on se regarde comme deux idiots, même si j’aurais tellement envie d’autre chose là, de suite. Ne serait-ce que la prendre dans mes bras. « … tu sais que je suis là, si t’as besoin aussi. » Au cas où, je préfère préciser. La façon dont elle fronce les sourcils m’arrache par contre un vrai sourire et je la fixe un instant, la mine narquoise. « Non je te dis que ça me va mieux je parie. Le rose te va très bien même si j’ai préféré ta période bleue. » J’attrape sa main pour me relever et j’hésite juste une seconde avant de la serrer brièvement contre moi en l’embrassant sur le front. Là c’est que fait un grand frère non ? Reste plus qu’à avoir l’air convaincu maintenant. « On commence par fouiller où alors ? Je suppose qu’à part des nouvelles culottes, t’as rien trouvé de plus dans ce dressing où j’aurais pu faire rentrer mon appart ? » Hey, je suis cool non ? Non. Je sais.

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 27 Déc - 19:32
Je reste à le fixer quelques secondes, ne sachant pas si j’ai envie de l’envoyer chier ou si j’ai envie de… Bon, okay, j’avoue, j’ai surtout envie de l’envoyer chier. Mais il a raison. Jamais j’en aurais parlé. Mais c’est pas pour autant qu’il doit être aussi borné que moi… Ouais, ouais...
J’inspire profondément et acquiesce distraitement, une moue toujours mécontente sur le visage. Je suis au courant, c’est déjà ça. Et je fronce de nouveau les sourcils.

« Des vrais compliments ? Genre aussi crédible que je suis vraiment très jolie ? Non merci. »

Oui, je suis sèche. Mais j’ai un peu horreur qu’on me prenne pour une conne, et encore plus que lui se foute de ma gueule, d’autant plus sur ce genre de sujet. Je me fige un peu quand il rebondit sur le côté macho relou, les yeux rivés sur son poignet.

« Ça a toujours été la réalité. » Je déglutis et tente de reprendre d’une voix plus forte que ce murmure sorti de nulle part, toujours sans le regarder. « On est des nanas. Baisables. Et encore plus maintenant oui. Et les mecs sont des porcs, surtout quand personne n’est en face pour leur répondre. Je sais tout ça. Je suis pas stupide. On sait que c’est pour nous que vous faite ça. Mais faudrait nous comprendre aussi… J’ai pas envie d’être catalogué petite chose fragile, truc inutile,  d’être un poids ou… Pas par vous. » Je relève les yeux vers lui, même si j’ai pas réussi à avoir une voix aussi forte que j’aurais voulu. « Je suis pas fragile. Protégez Axel et Robin, elles en ont peut-être besoin. Moi… au pire, je m’en remettrais. Et au mieux, ça n’arrivera pas. »

Je cille et me concentre à nouveau totalement sur son poignet en respirant lentement. Je vais bien. Je sais même pas pourquoi je lui parle autant. Je sais qu’il est pas con, mais quand même… j’aurais pu rajouter qu’au pire, ça sera pas la première fois, que ça aurait pas été pire… Quoiqu’un peu peut-être quand même…

« Fais attention alors… et essaie d’éviter… si possible. » Et je le dévisage, les sourcils levés. « Un poids ? Pourquoi tu serais un poids ? A cause de ça ? C’est ridicule, on a tous eu nos bobos et problèmes, et toi, malgré ton poignet en vrac, tu nous as protégé autant que Sid et t’as ramené plus de nourriture que la plupart d’entre nous… T’as jamais été un poids, je vois pas pourquoi ça changerait t’es con. »

Bah quoi ? C’est pas parce que je comprends encore une fois ce qu’il veut dire et que je ressens la même chose me concernant qu’il a raison.

« Je suis plus une enfant, c’est tout. Et surtout t’es pas beaucoup plus vieux crétin. »

Et il est vraiment chiant. Je sais jamais comment me comporter avec lui. Un coup, il s’inquiète et je lui parle trop, un coup, il raconte des conneries idiotes, puis, il me gonfle et j’ai envie de le cogner, et après, il arrive malgré tout à me faire sentir coupable. Genre là, même si j’arrive pas à savoir pourquoi il fait cette gueule, surtout que j’ai été sympa. Enfin presque, si l’on omet une ou deux phrases quoi.

« J’ai pas dit ça. T’es saoulant, mais… Reste comme ça. Si j’ai besoin d’air ou que t’es insupportable, je vais faire un tour. Ça marche aussi bien. Sauf si toi, tu préfères... »

S’il m’évite, les autres vont se poser des questions, et je veux pas foutre la merde. Et puis… j’ai déjà subi ça pendant plus d’un an avant toute cette merde, alors si je peux éviter d’avoir à nouveau à me faire à l’idée qu’il me supporte plus… même si ce serait visiblement pour moi comme il dit. Et il sait. Bien. Ça me fait une belle jambe tiens. Je parviens pourtant à retrouver une ombre de sourire en le regardant.

« Parce qu’il y a une différence ? Vous êtes pas aussi tête brûlée l’un que l’autre ? Ou a vouloir toujours savoir qui pisse le plus loin ? Et c’est mieux qu’à chaque fois oui... » Et je hausse les épaules en clignant des yeux, essayant de reprendre contenance sans trop piger comment je l’ai perdu. « Ouais, je… Je sais. »

Le pire c’est que oui, je sais. Quoi qu’il se soit passé, quoi qu’il pense de moi, quoi qu’il puisse se passer, il sera là. Dommage que ça ait pas été le cas avant quoi. Hum.
Je le dévisage une seconde, les yeux un peu écarquillés.

« Alors non déjà ça t’ira pas mieux. Et euh… bleue, pour de vrai ? Même si ça me donnait l’air à moitié malade comme le vert ?… Je savais pas. »

J’en ai en plus du bleu. Je crois. Non, pas comme si j’allais changer la couleur parce qu’il préfère autre chose, faut pas déconner. Et là, à nouveau, il est chiant, parce qu’il fait un truc auquel je m’attendais pas vraiment. Pas du tout même en fait. Résultat, je me laisse aller contre lui, et même si ça ne dure pas longtemps, j’entends mon coeur faire une embardée alors que je suis dans ses bras et que je respire son odeur. Et je fronce un peu les sourcils, remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille, quand il m’embrasse sur le front.

« Euh… à part des fringues non, même pas de cachettes de dope… Peut-être dans la chambre à côté qui sait… Je vais chercher l’écharpe, je reviens. »

Non, je ne me sauve pas, je vais chercher un truc pour l’aider. Et je le retrouve dans la chambre en lui montrant ma trouvaille, imprimé girafe rose et or donc, un sourire aux lèvres.

« Tu préfères attendre qu’on sorte pour la mettre peut-être ?… si tu fais gaffe, c’est okay. »

Voilà. Tout va bien. Tiens, je vais aller fouiller là-bas moi… Et je commence à farfouiller dans les cartons et les boites entassées, avant de stopper et de retirer une paire de genre de baskets montantes de marche de là-dessous. Je les tourne dans tous les sens, un sourire étendant mes lèvres, et je vais m'assoir sur le lit pour les essayer.

« Et regarde, elles sont cools hein ?! Elles sont piles à ma taille en plus ! »

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Dim 7 Jan - 17:12

Je vois bien que je l'agace mais, comme toujours, surtout ces derniers temps, j'ai pas envie de lâcher l'affaire. Parce que, même si c'est tendu, on discute quand même de plus en plus. Alors oui, ça dérape souvent mais, au final, je passe du temps avec elle, j'apprends des trucs et, quand elle fait pas gaffe, elle oublie même d'être fâchée avec moi. Du coup, quand elle fronce les sourcils, j'ai un sourire en coin et je souffle, d'un ton léger. "C'était un vrai compliment, ne t'en déplaise. T'es jolie Kennedy et, comme dit, je vois pas l'intérêt de te mentir dessus." Je retiens un soupir en voyant qu'elle se tend au reste de mes propos mais elle le prend nettement moins mal que je l'aurais cru en fait. Je laisse filer un silence, fronçant les sourcils avant de reprendre, d'une voix plus douce. "Je sais que ça vous agace. Et les garçons le savent aussi. Mais on a que ça pour nous. Veiller sur vous, empêcher qu'on vous fasse du mal, empêcher ces connards de vous approcher. A défaut de pouvoir faire autre chose. Personne a jamais dit que t'étais un truc fragile ou inutile. Ou pire, un poids. Aucune de vous ne l'est. Au contraire, même." Et j'attrape son menton pour relever sa tête et lâcher, le plus sérieusement du monde. "Je crois que je suis pas trop mal placé pour dire que c'est pas parce qu'on s'en remet plus ou moins, ou qu'on croire s'en remettre, que ça suffit. Et ça veut pas dire qu'on est fragiles ou pas." Je me doute qu'elle a vécu des trucs vraiment pas cools quand elle était dans la rue. Et encore, je fais dans l'euphémisme pour éviter d'avoir envie de casser la gueule de types qui sont probablement morts.

Je grimace en regardant mon poignet je me sens incapable de lui répondre l'espace d'un instant. Pour finir par hausser les épaules. "Je… pas qu'à cause de ça… bref. Oublie, c'est stupide. On a tous nos bobos donc. Et je suis pas un poids inutile. Ou un simplet… ah si, ça je le suis." Je grimace avant de hausser les épaules. "Je sais que t'es plus une enfant. Mais on a presque 7 ans d'écart. C'est pas rien non plus si ?" Et je baisse les yeux quand elle reprend, me sentant un peu mal à l'aise. Bon, pas qu'un peu en fait. Alors je murmure, d'un ton à peine audible. "Désolé d'être saoulant donc. Et je préfère pas que tu m'évites tout le temps. Mais je ferais ce que tu préfères." Je peux au moins faire ça à défaut du reste non ? J'inspire longuement, me frottant la nuque avant d'esquisser un sourire à la pensée de Sid. "Y a pas à chercher, c'est moi qui pisse le plus loin. Et c'est… mieux. Okay." Ouais, c'est pas terrible tout ça hein. Et à sa façon de me répondre, je me demande à quel point ça fait parano de me dire qu'elle est pas vraiment convaincue. J'y pourrais pas grand-chose si c'est le cas en fait. Du coup, je préfère déconner sur sa couleur de cheveux, ouais, c'est pas mal ça. "Bien sûr que si ça m'irait mieux. Et oui, pour de vrai. Ca met tes yeux en valeur je trouve."

Je suis à peu près naturel non ? Et vache, qu'est ce que ça fait du bien de la serrer dans mes bras. Je pensais pas que ça pouvait être à ce point-là. Ca dure pas longtemps, juste le temps qu'il faut pour qu'elle se reprenne quoi mais je réalise qu'à ce moment-là à quel point j'ai besoin d'elle. Mais je suis obligée de la lâcher et de faire comme si de rien était. Je toussote  avant d'arquer un sourcil. "Des cachettes de dope ? Sérieusement ?" Et j'ai pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'elle a filé. Je dois le prendre comment concrètement ? Bon, remarquez, elle m'a pas repoussé directement, c'est plutôt pas mal au fond. J'écarquille les yeux quand elle revient et je laisse filer un petit sifflement en secouant la tête. "Ah ouais quand même… t'es jalouse de ma beauté naturelle, avoue ! Je le mettrais en sortant, là ça va mieux. Merci." Je lui jette un regard alors qu'elle s'éloigne de nouveau pour aller fouiner dans la pièce et je fais de même, sans grande conviction, avant de tomber sur un bouquin. Je me fige un instant, assailli par des souvenirs que j'ai d'un coup du mal à gérer et je mets quelques secondes à percuter qu'elle me parle. "Oh des pompes. Bien ça. Nickel. Elles tiennent bien aux chevilles, c'est bon, t'es sûre ?" Tout en parlant, je serre le livre entre mes doigts, sans bien savoir si je le prends ou pas, alors que dans ma tête, j'ai l'impression d'entendre mon père me raconter l'histoire de David Copperfield le soir, avant que j'aille dormir.  

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mar 9 Jan - 22:24
Non, je vais pas lui envoyer le tube de pommade à la gueule, et encore moins partir en boudant et en claquant la porte, j’ai passé l’âge je crois. Mais je peux pas m’empêcher de le fixer un peu durement, même si j’ai l’impression d’être vide de réactions en fait. Mettons qu’il me mente pas parce qu’il y voit pas l’intérêt, et alors quoi ? Rien, niet, nada. Donc on s’en cogne, et ça vaut pas le coup que je m’énerve pour ça, même si j’aime pas. Pas plus que j’aime le reste de la conversation en fait, mais au moins, il en discute. Et oui, je sais qu’il a raison, je dis pas le contraire d’ailleurs, sauf que sa voix encore plus douce me heurte. Comme s’il avait peur de… je sais pas, de me blesser ou de me faire fuir. Et okay, ça, c’est une possibilité avec lui, alors je reste à fixer son poignet, la mine un peu butée, parce que je sais bien qu’ils font ça pour nous, et parce que c’est un des seuls trucs qu’ils peuvent gérer, jusqu’à ce qu’il me relève le menton. Je cherche même pas à me défaire de son contact, ce qui est déjà pas mal, et mes yeux s’écarquillent quand il poursuit. Il parle de lui ou de moi là ? Oui, je sais, des deux. Mais il a jamais parlé de lui et de ce qui s’était passé, pas plus que moi d’ailleurs, alors pourquoi maintenant ? Et pourquoi moi ? J’inspire lentement, cherchant à calmer mon coeur qui s’est un peu emballé à ses paroles.

« Tu t’en es pas remis ? » Les yeux ancrés dans les siens, ma voix n’est qu’un murmure et j’ai déjà l’impression que c’est trop. « Et si on s’en remet jamais, ça fait quoi ? Et même si c’est le cas, même si ça suffit pas, ça change quoi ? Rien. Alors pas la peine de s’y apesantir. » Je déglutis et baisse de nouveau le regard, les sourcils un peu froncés. « En vrai, quelque part, j’aime bien savoir que vous veillez sur nous, que vous êtes là, mais parfois, c’est juste étouffant et on se sent tellement… Même si c’est pas votre but et que vous en avez besoin, ça me donne juste l’impression de pas être capable de m’en sortir seule. Et c’est sans doute le cas, sauf que… »

Je hausse les épaules et inspire lentement. J’ai pas envie de parler de tout ça, que ce soit à lui ou à d’autres, parce que soit je vais m’énerver, soit je vais pleurer. Et j’ai carrément pas envie de pleurer devant lui donc.

« A cause de quoi alors ? Moi, je sais pourquoi j’ai cette impression, mais toi, je vois pas, tu as toujours su remonter le moral de tout le monde, en faisant ou disant des conneries, mais faut pas trop t’en demander, t’as toujours été là quand il fallait, tu trouves toujours des trucs cools… qu’est-ce que tu veux de plus ?… Ne plus être un simplet ? Ce serait pas cool pour Sid, il se retrouverait tout seul, penses un peu à lui. » Je grimace un sourire, me demandant un instant pourquoi je tiens tant à lui remonter le moral. Peut-être parce qu’il l’a fait avec moi, ou peut-être parce qu’il a l’air pas bien et qu’il le montre pas souvent… « Comme avec Sid ou Robin. Comme entre Drew et Axel… Quand tu as 12 ans, c’est beaucoup, mais là… C’est pas tant que ça. » Je hausse les épaules et je dois tendre l’oreille pour l’entendre quand il reprend. « Arrête de t’excuser, c’est pire. Je sais que je suis pas un cadeau non plus et… enfin, c’est le moins qu’on puisse dire… Enfin, si tu t’en fous, laisse tomber, c’est que c’est pas si important. Mais pas la peine de changer. »

Non, je boude pas, mais sérieux, me dire qu’il préfére pas, mais qu’au fond, c’est pas grave, ça veut bien dire qu’il s’en cogne non ? Ça devrait pas me vexer, même pas un peu, mais c’est pourtant un peu le cas, même si je parviens à sourire quand il renchérit concernant Sid alors que je secoue la tête. Les mecs sont tous un peu crétins quand même y a pas à dire. Même si je sais que ces crétins-là seront toujours là pour nous. Même lui. Et même si ça me fait plus de bien que prévu.

« N’importe quoi, ça me va très bien le rose. Et le bleu pas si mal donc en fait… Je changerais peut-être un jour… si j’ai plus de rose... »

Ouais voilà, pour économiser mon rose. Pas parce qu’il est chelou ou que je le suis autant à accepter un câlin de sa part. Câlin qui me fait plus de bien que je ne l’avouerai jamais, même à moi. Et s’il me questionne, moi, j’ai déjà filé, genre je gère, tout va bien, alors je réponds en haussant le ton pour qu’il m’entende. Si, ce truc est vraiment grand je vous jure.

« On sait jamais, chez les pétasses friquées, ça doit être courant. Et puis, ça peut toujours servir, en médoc, calmant ou somnifère ou j’en sais rien. »

Pas comme si j’avais déjà testé et que j’avais presque perdu pied à un moment hein. Ahem. Et je reviens avec ma trouvaille. Et j’avoue que j’ai pris la plus belle de toutes pour lui. Je souris encore plus en voyant sa tête et j’acquiesce.

« C’est ça, je me suis dit qu’avec ça, j’aurais une chance de te surpasser… ou alors ça fera ressortir ta classe naturelle et ce sera encore plus foutu. Un truc du genre. »

Je le fourre dans ma poche, et non, je n’oublierai pas de lui filer en sortant, et je vais farfouiller dans un coin, pendant qu’il fait pareil de son côté. Et si c’est pas de la bouffe ou des médocs, je tombe malgré tout sur des chaussures plutôt classes, et surtout qui paraissent neuves, et à ma taille donc.

« Ouep, ça a l’air. » Je fais quelques pas avec et me tourne vers lui. « Je vais pouvoir balancer ces trucs qui commençaient à avoir des trous donc ! »

Je le fixe alors qu’il tient un bouquin entre les mains, l’air un peu paumé, et je le rejoins, relevant ses mains pour voir ledit livre.

« Oh, David Copperfield. Je l’ai jamais lu ! » Je le dévisage et hausse un sourcil. « Honte sur ma vache tout ça, c’est ça ? Il est bien ?… Luke ? Ça va ? »

Je continue de le dévisager, les sourcils levés. Mais non, je m’inquiète pas pour lui…

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 10 Jan - 11:21

Laisser couler c’est bien parfois. J’y arrive pas souvent mais, pour une fois, j’évite trop insister. Faut dire que vu la tête qu’elle tire, elle va vraiment finir par m’envoyer chier. Alors, du coup, on change de sujet. Je sais pas si c’est beaucoup mieux vu qu’au final, on touche à des trucs autrement plus sensibles. Je garde mes yeux rivés aux siens et je souffle, sur le même ton qu’elle. « … pas vraiment non. Mais c’est pas comme si on pouvait y faire quelque chose comme tu dis. C’était juste pour que tu saches que… t’es pas toute seule et que c’est pas pour autant qu’on a pas envie de veiller sur toi. » Et que ça m’empêche pas de l’aimer, bien au contraire. Mais ouais, je vais éviter de le dire à voix haute ça, on est d’accord. « T’es tellement plus forte que t’as l’air de le croire, c’est quand même un truc de dingues. Et c’est pas le but de vous étouffer. Vous êtes tout ce qu’on a, depuis toujours ou presque. Bref…  faudrait qu’on trouve un juste équilibre mais c’est pas gagné hein…» Je vois bien que ça la touche et je sais pas si je dois insister ou pas. Alors je la regarde sans rien dire quelques secondes avant de soupirer au reste de ses propos.

« C’est juste débile. J’ai l’impression de pas être pris au sérieux alors que je fais rien pour. C’est pas si grave donc hein… et ça passe, la plupart du temps. Je me dis juste que le jour où je vais balancer des trucs importants, personne me croira. Mais donc je dois rester un simplet. Pour Sid. » J’ai un sourire identique au sien, pas vraiment convaincu donc et je fronce les sourcils avant de lui répondre, un peu hésitant. « … tu trouves que ça fait pas trop alors ? » Genre, ça changerait quelque chose pour elle. Commence pas à espérer quoi que ce soit espèce de crétin, on parle de Kennedy là. Je grimace avant de secouer la tête. « J’ai jamais dit que je m’en foutais. Mais je veux pas que tu te forces à quoi que ce soit pour moi. J’en vaux pas vraiment la peine. » Et j’ai un sourire malicieux quand on parle de Sid’ avant de ricaner un peu, par principe. « J’ai jamais dit que ça t’allait pas. Juste que je serais plus beau gosse que toi si j’avais des cheveux roses. Et ce serait cool, pour le bleu. » Ouais, ouais, je sais, elle le ferait pas pour moi. Pas vraiment. Mais j’ai envie d’y croire, ne serait-ce que cinq minutes. Ca peut pas faire de mal non ?

Du coup, on fouille un peu la baraque. Et si je hoche la tête à ses propos, je suis quand même pas hyper convaincu. Prendre des médocs et pas pouvoir se réveiller en cas de pépin, ce serait quand même sacrément la merde. Je lui souris quand même de toutes mes dents avant de rétorquer au reste de ses propos, d’un ton léger. « T’as pas idée d’à quel point ma classe naturelle peut ressortir. Tu vas voir quand je la mettrais. » Et donc, elle trouve des pompes. C’est cool vu l’état des siennes. Mais j’écoute plus vraiment en fait, vu que je suis tombé sur un bouquin qui me rappelle un tas de souvenirs. Des bons et des moins bons. Je cille à ses questions et je déglutis en secouant la tête, comme pour les chasser de mon esprit. « C’est… c’est rien. Juste que… mon père adorait me lire cette histoire quand on était gosses. Et on a parlé de nos parents avec Robin y a pas longtemps. Ca fait… beaucoup. Mais il est vraiment bien oui. » Ca va, j’ai une voix à peu près normale quand je parle non ? Je vais pas me mettre à chialer pour un bouquin de toute façon, faut pas déconner.


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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Lun 15 Jan - 21:04
Ça fait combien de temps que j’ai pas parlé comme ça à quelqu’un ? Que j’ai pas parlé autant ? De trucs sérieux et importants je veux dire, sinon je sais bien que je suis un moulin à paroles. Enfin on se dit pas tant de trucs, ou du moins, on en a pas l’air… Alors ouais, je me demande forcément pourquoi lui et pourquoi maintenant et pourquoi ça. Sans doute parce qu’il sait de quoi je parle oui. Et parce que c’est lui a lancé le sujet, enfin je crois, je suis même pas sûre que ce soit pas moi en fait, mais c’est pas vraiment l’important. Et puis… parce que c’est Luke. Et que je lui ai toujours plus parlé qu’aux autres, sauf à Drew quand je suis revenue peut-être, et oui, même si on se parle plus vraiment comme avant depuis 5 ans. C’est triste un peu de se dire qu’on parle pas à sa famille de trucs importants, mais je pourrais pas, ils comprendraient pas. Sauf lui et Sid peut-être pour certains trucs donc. Et Drew dans une certaine mesure, parce qu’il sait dans quel état j’étais. Sauf que… J’inspire lentement, toujours sans pouvoir le quitter des yeux.

« ...Désolée. » Qu’est-ce que je peux dire d’autres ?  Et je hausse les épaules avant de piquer du nez. « Okay. Ça change rien pour vous. C’est noté. » Mais, oh surprise, ça change que dalle ou presque, parce que j’arrive pas vraiment à m’en convaincre, même après tout ce temps, parce que moi, ça me ronge de l’intérieur la plupart du temps. Et je fronce un peu les sourcils, sans le regarder. « Je sais que je suis pas fragile, pas vraiment, mais… quand je suis avec vous, j’ai toujours l’impression de faire les trucs de travers et de pas être... » à la hauteur. Je secoue la tête et je soupire. « Ouais, c’est pas gagné. C’est pas si grave va. »

L’une de nous pétera un plomb de temps à autre comme c’est déjà le cas et puis voilà, rien d’irréversible ni de dramatique. Et je relève les yeux pour le dévisager, reprenant toujours un peu lentement, toujours un peu doucement, précautionneusement presque.

« Y a que Drew qu’on prend au sérieux, cherche pas. Mais ça veut pas dire pour autant qu’on ne t’écoute pas, ou qu’on te croira pas si tu nous dis un truc sérieux, loin de là. » J’ai une grimace. « On sait bien que t’es pas si con que ça… Même Sid n’est pas aussi con que ça… Enfin je crois… J’espère… » Enfin, vu la frangine, je jurerais de rien… Et je fronce les sourcils en parfait reflet. « Trop ? Pourquoi trop ? Non, c’est rien ça, c’est… Tu t’es pris un coup de vieux en fêtant nos anniversaires à Robin et à moi, c’est ça ? T’es pas si vieux, t’en fais pas, t’as encore de beaux restes papy. »  J’ai un sourire un peu moqueur, qui s’efface un peu quand on poursuit. « Parce que j’ai l’air de me forcer à quoi que ce soit en général ?… Et t’es un crétin. Bien sûr que t’en vaux la peine, même si oui, t’es un boulet de compet parfois comme là… »  

Mais d’où il en vaut pas la peine ? Ouais, ouais, je sais, je lui en veux, c’est un connard et un abruti, mais… Merde, ça reste Luke. Et si lui en vaut pas la peine, je dois dire quoi moi hein ? Et je le fusille du regard un instant, les yeux plissés quand il se vante, sans prendre la peine de lui répondre. Plus beau gosse que moi, qu’est-ce qu’il faut pas entendre… et j’enregistre malgré moi le bleu. Fait chier. Et il peut pas s’empêcher d’en rajouter encore un peu, mais pour le coup, ça me fait sourire, un vrai sourire amusé, même si je secoue la tête de dépit. Et ça va qu’on passe à autre chose, de vachement plus utile et constructif, même si c’est l’échec complet de mon côté. Je trouve des godasses, c’est cool, mais y a rien de transcendant non plus. Enfin, ça reste cool. Et lui trouve un bouquin, ce qui est encore moins transcendant, du moins en apparence, parce que vu sa gueule, je parierais pas non plus.

« Oh. » Et le prix de l’éloquence revient à… « … Ils te manquent ? Enfin, question conne, sans doute que oui, mais… Si ça fait déjà trop, je suppose que tu veux pas trop en reparler hein ? » Robin s’en souvient, elle ? Elle avait le même âge que moi, et moi, je… ça s’efface. Plus ça va, moins je me souviens d’eux, de leur visage, de leur voix, de leur odeur, même si j’ai des réminiscences parfois… C’est horrible non ? Et pourtant, je m’en fous à moitié. Parce que je me suis trouvée ma famille à moi. Mais faut vraiment que j’arrête de trop traîner avec lui. Je deviens gentille. Quelle idée. Mais comment je pourrais l’envoyer bouler et faire genre je m’en tape en le voyant comme ça sérieux ? Alors j’esquisse un sourire. « Tu nous le liras ? Je le connais pas… Je sais, je suis un puits d’ignorance, honte sur ma vache, au moins tout ça… » Je serre doucement sa main en le dévisageant. « Ça va aller ?... Je peux faire quelque chose ? »

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Lun 22 Jan - 11:09

A lui parler comme ça, je me rends compte, encore plus que d’habitude, à quel point elle me manque. Ouais, je sais, c’est débile. Elle est là, on se voit tous les jours mais y a un truc de cassé entre nous depuis longtemps déjà. Et je sais pas si elle a envie que ça se répare. Bon, en vrai, je suis persuadé du contraire, même si je donnerais… okay j’ai rien à donner en vrai… bref, j’aimerais bien qu’elle ait envie qu’on se rapproche de nouveau. Même si ce sera jamais comme je voudrais, parce que clairement, vu la façon dont elle me regarde, je vois bien que j’ai aucune chance de ce côté-là, mais juste… la retrouver. Un peu. Et je continue de la fixer dans les yeux, incapable de détacher mon regard, avant d’esquisser une ombre de sourire. « Désolée ? De quoi ? T’y es pour rien et… mais ouais je sais qu’il y a pas vraiment de truc intelligent à répondre en fait. Et prends l’air convaincue pour le reste… Tu fais mieux semblant d’habitude. » Je lève la main pour effleurer sa joue avant de me reprendre et de me contenter de croiser les doigts.

Je fronce les sourcils au reste de ses propos et je finis sa phrase, d’un ton pensif. « … de pas être la hauteur. De décevoir. De pas trouver ta place. J’ai bon ? Et c’est quoi les trucs de travers que tu crois faire ? » Ouais, je sais, y a des chances qu’elle se renfrogne et me dise de laisser tomber. Mais on sait jamais, sur un malentendu, tout ça. « Et c’est pas grave mais ça vous prend la tête on dirait. On va… essayer donc. Enfin je vais essayer. Je garantis pas pour les deux autres, ils sont pires que moi dans le genre protecteur. » Je grimace quand elle reprend, haussant une épaule, pas franchement convaincu par ce qu’elle dit. Je laisse filer un silence et un soupir avant de secouer la tête. « … mouais. Si tu le dis. On verra le jour où je me décide à sortir des trucs intelligents donc. Et Sid’ est loin d’être con, je confirme. » Je cille à sa question, pas très à l’aise avant de hausser de nouveau les épaules. « Trop pour… je… ouais voilà, j’ai pris un coup de vieux. Dans ma tête Robin a toujours 10 ans, ça aide pas. Mais merci pour les restes, je suppose que c’est un compliment. » Je lui jette un regard franchement pas convaincu quand elle me dit qu’elle se force à rien et, pire encore, que j’en vaux la peine. Mon cul ouais. Surtout elle, comment elle pourrait se dire ça ?

Pour le coup, je préfère éviter de lui répondre en fait. Elle risquerait de m’envoyer chier. Je préfère raconter des conneries sur les couleurs de cheveux et son sourire me réchauffe le cœur, beaucoup plus qu’il le devrait soit dit en passant. Mais ça se saurait si elle me laissait indifférent hein. Et on finit par fouiner un peu. Si elle tombe sur un truc cool, on peut pas vraiment dire que ce soit mon cas. Je grimace à ses questions et je fronce les sourcils en regardant le livre. « … j’en sais rien. Enfin si, ils me manquent. Tout le temps. Mais… je les oublie des fois. Parce qu’un moment, il a fallu faire un choix. Soit je me noyais dans mes souvenirs, soit j’acceptais le fait qu’avec vous, j’avais une nouvelle famille. Alors… » Je laisse filer un silence, retournant le bouquin dans tous les sens, comme s’il était super intéressant. « … je devrais être heureux en vrai. J’arrive encore à me souvenir de leur visage, de leurs voix. C’est plus le cas de Robin. J’ai encore des vrais souvenirs, même si ça s’estompe, surtout avec tout ce qui se passe. » Mon regard finit par se détacher du livre pour voir ses doigts qui serrent les miens et je reste comme ça sans rien dire quelques instants, avant d’inspirer. « C’est pas Drew qui lit les histoires ? Et t’es pas un puits d’ignorance, je te rappelle que t’as lu des livres que je connaissais même pas ou pas ? » Quant au reste… j’ai un sourire sans joie et je reprends, d’un ton léger même si mon regard reste un peu éteint. « Ca ira. Ca passe toujours de toute façon, non ? » Bon en vrai, je dirais pas non à un câlin. Mais c’est Kennedy. Faut pas déconner. Pas deux fois dans la même journée quoi. Alors je serre le livre contre moi, avec un sourire un peu paumé. Super, je dois avoir l’air encore plus con que d’habitude en fait.



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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Jeu 1 Fév - 20:31
Bon, si je cherche un peu et que je soulève le drap là dans le coin, et la tonne de gravas jetée dessus, je m’avouerais que ça m’a manqué, mais genre vraiment, de lui parler comme ça. Ou de lui parler tout court. Sauf que non, parce que ça reviendrait à admettre tout un tas de trucs que j’ai pas forcément envie de soulever pour le moment, comme le fait qu’il puisse me manquer ou que je regrette parfois de m’être éloignée de lui. Même si c’est de sa faute et que c’est lui qui a soigneusement commencé à m’ignorer et m’éviter. Hum. Donc on va pas y penser, c’est aussi bien pour ma tranquillité d’esprit. Même si là… ouais bon, ça me fait du bien, malgré le sujet hyper délicat.  Je grimace en faisant la moue et en haussant de nouveau les épaules. J’y suis pour rien, mais comme il dit, y a trop rien à répondre. Et je suis désolée que tout ça lui soit arrivé. Si, pour de vrai. Mes sourcils se froncent un peu, mais je réponds rien. Toute façon, je vois pas trop quoi répondre, vu qu’effectivement, je suis pas convaincue. Et je me fige un peu, inspirant profondément, avant de relever lentement les yeux vers lui. Je le dévisage une seconde, me demandant vaguement comment il fait pour taper aussi juste, avant de me dire que c’est peut-être la même chose pour lui en fait… non ? Ce serait ridicule.

« Je… Ouais, un truc du genre, surtout que ça a déjà le cas une paire de fois quoique vous en disiez. Et si je réponds tout, ça marche ou pas ?… Laisse tomber, j’ai pas envie d’en parler. » Ma mâchoire se crispe un peu alors que je détourne les yeux. Non, même lui pourrait pas comprendre ce sentiment de malaise que j’ai quand je les regarde parfois, même maintenant, à me demander ce que je fous avec eux, ou plutôt à me demander ce que eux foutent avec moi. Il comprendrait pas, alors qu’il essaie de me convaincre que ce que j’ai pu faire ne change rien pour eux, que je mérite pas vraiment de les avoir, d’être entourée comme ça, que je ne suis clairement pas à ma place entre le champion de motocross, celle de gym, le petit génie ou même Axel. Mon crétin de frère à la limite… Pourtant, je saurais pas faire sans eux. Même s’ils se montrent étouffant parfois donc. J’esquisse un sourire et hoche la tête. « Essayer c’est djéà bien.  Le plus drôle, c’est que c’est Robin qui se prend le plus la tête dessus… » Pas la peine que je dise que même de mon point de vue, c’est la moins apte à se protéger hein ? Je hausse un sourcil, conservant mon semblant de sourire amusé. « C’est pas toi qui dis d’avoir l’avoir l’air convaincu et tout ? Et promis, on t’écoutera si tu décides un jour donc... »

Et je fronce un peu les sourcils en le regardant, mon sourire vacillant malgré moi. Évidemment. Pourquoi il aurait changé depuis le temps et nous verrait autrement que comme des gamines ? Le fait qu’on soit majeures et tout le reste, ça compte pas vraiment. Et c’est nul, je tiens à le dire. Enfin, je le dis pas vraiment, mais ma grimace doit être assez explicite en soi. Et je plisse les yeux quand il me jette un regard incertain, me faisant lever les yeux au ciel. Il serait presque pire que moi en fait, à jamais croire un mot de ce que je dis. Je vais pas me faire chier à dire ou faire un truc si c’est pas vrai, surtout avec lui, alors c’est quoi le problème ? Je sais pas trop, et je cherche pas davantage à savoir en fait, d’autant qu’il enchaine sur des conneries et que je le suis avec plaisir. Parce que pour ça aussi, on a toujours été forts tous les deux, les conneries… jusq’à ce qu’il trouve un bouquin et qu’il se retrouve un peu con. Je le dévisage et grimace un sourire navré.

« Je comprends oui. Tu peux pas vivre dans tes souvenirs, comme tu dis… tu dois avancer, c’est normal.  Mais c’est chouette si tu arrives malgré tout à les retrouver… » Je déglutis, avant de cligner des yeux quand il parle de Robin. Je suis pas la seule. Je devrais pourtant pas m’en sentir soulagée hein, ça reste moche… Le tout en essayant d’avoir l’air indifférente, ce qui est un peu un échec oui. Mais au moins je le regarde pas. « Je suis obligée de prendre leur photo pour les dessiner, comme si les coucher sur le papier allait me rendre mes souvenirs... » Je secoue la tête en soufflant un rire sans joie qui meurt aussi vite qu’il est apparu. « Mais je vous ai, alors c’est pas grave. Ce qui est encore pire hein ? »

Mais non, je vais pas pleurer. c’est lui qui a besoin de soutien là, pas moi, moi je m’en fous j’ai dit. La preuve, je garde sa main dans la mienne. Je hausse les épaules et souris un peu.

« Et alors ? Ça pourrait changer non ? Enfin, si tu veux pas, il en sera ravi. Et c’est pas des… classiques ? Œuvres mondialement connues ? Mais okay, je suis pas totalement inculte... » Et mon regard reste rivé sur lui. « Ca passe toujours oui. Mais on est là quand même. Si y a besoin… » Je le fixe, lui et son livre serré contre lui, lui et son sourire paumé, et mon coeur se serre un peu. Sans réfléchir, je me hausse sur la pointe des pieds et je l’embrasse sur la joue. « Je suis là aussi, okay ? »

Je lui souris doucement, avant de toussoter et de m’éloigner pour rejoindre la porte.

« Allez, viens. » Je l’attends. « Tu veux continuer ou on rentre ? » J’agite l’écharpe rose et or en lui faisant un clin d’oeil. « Et je veux te voir là-dedans. »

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MessageSujet: Re: You can't have a rainbow without a little rain   Mer 7 Fév - 19:01

Bon, je vais arrêter de me prendre la tête et profiter de ce moment vu qu'au final, le reste importe pas vraiment. Enfin si, mais c'est pas comme si je pouvais y faire grand-chose de toute façon. Même si le sujet abordé est pas des plus plaisants, on va pas se mentir. Pourtant, je me rends compte que lui en parler, même à mi-mots, ça fait plus de bien que je l'aurais cru. Et pour la première fois, j'arrive à y penser sans me sentir complètement merdique. Pour le reste, je vois bien que je fais mouche, vu que c'est un peu… beaucoup en fait… ce que je peux ressentir de mon côté. Et je me demande à quel point c'est pareil pour les autres. "Un truc du genre donc… Et tout… ça marche ouais." Je soupire avant de reprendre, à mi-voix. "Okay, j'insiste pas. Juste… oublie pas que t'es pas la seule à penser ce genre de trucs. Tu pourrais être surprise." Je laisse filer un silence, histoire de bien lui montrer que je compte pas la faire chier avec ça et je grimace un sourire au reste de ses propos. "Robin ? Vraiment ? Je suis étonné tiens. Pourtant, c'est celle de vous trois qui aurait le plus besoin qu'on… veille sur elle en plus." Je garde un silence perplexe avant de tousser un rire. "Fais ce que je dis, pas ce que je fais, un truc du genre donc. On verra donc le jour où je me décide à être sérieux."

Ca risque pas d'arriver, on est bien d'accord. Parce que vu ce que j'aurais à balancer, je suis pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire, surtout concernant Kenny. Bon, y a un nouveau temps de flottement entre nous deux, alors qu'elle lève les yeux au ciel à mon attitude mais j'avoue que j'oublie un peu tout ça quand je tombe sur un vieux bouquin. Je sais, j'aurais pu faire comme si de rien était, ça aurait pas changé quoi que ce soit au déroulement de la journée. Mais vu qu'on a pas mal causé, j'ai du mal à garder mon masque de petit con qui se moque de tout. "Disons que ça doit rester des souvenirs et je peux pas me payer le luxe de me laisser bouffer par eux. J'ai jamais vraiment pu en fait. Mais c'est notre cas à tous au final. Et je devrais pas me plaindre, j'avais 14 ans quand ils sont morts, mes souvenirs s'effaceront pas comme ça." J'ai quand même un sourire sans joie avant de la fixer, remarquant bien qu'elle, elle me regarde pas. "… ça peut aider non ? Robin me raconte souvent ce dont elle se rappelle. Comme pour se convaincre que ce sont bien ses souvenirs et pas les miens. Et c'est ce que je lui ai dit la dernière fois. On a pas toujours la chance de se trouver une deuxième famille qui compte autant que la première."

J'ai un bref regard en direction du bouquin que je tiens toujours dans des mains et je hausse les épaules. "Ouais, si vous supportez ma voix ça pourrait lui laisser un peu de répit aussi. Et alors ? Y a des classiques qui sont chiants à mourir. Je me rappelle de certains bouquins qu'on nous a fait lire aussi lycée, c'était juste horrible." Mon regard accroche le sien et je hoche doucement la tête avant de souffler, à mi-voix. "C'est gentil et…" Je me fige quand elle m'embrasse sur la joue, essayant sans succès de réprimer le sourire niais qui me vient spontanément. "… okay, t'es là aussi." Je dois vraiment y croire ou pas ? Je me rends pas compte. Et il me faut un temps d'attente avant que je ne hoche de nouveau la tête. "Ouais, j'arrive. Et… j'aimerais autant qu'on rentre. On a un bouquin à lire non ?" Je grimace et j'attrape l'écharpe en la toisant un instant. "J'oublierai pas, tu le sais hein…" Tout comme le reste. Mais ça, on le sait tous les deux. En tout cas, j'espère.


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