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 New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman

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MessageSujet: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Jeu 23 Nov - 10:45


Zayna & Juliet



07/03/2016

Comme il est détestable de devoir se confronter à une nouvelle situation. Les coups laisseront à une incompréhension totale. Aussi fou que cela puisse paraître, Zayna s'était habitué à son quotidien dans son groupe de bourreau. Malgré l'existence qu'elle vivait chaque jour, la jeune femme avait pu trouver ne serait qu'une utilité autant pour ces derniers que pour leurs victimes qu'elle avait aidé à fuir. Aujourd'hui, il lui était impossible de savoir si certain s'en était sorti après que des zombies sont arrivés dans le camp comme un cheveu dans la soupe. Comment aurait-elle pu agir autrement qu'en paniquant, délaissant la plupart de ses affaires pour opter pour l'essentiel comme la plaque de police de son père qu'elle tient fermement dans main comme une relique lui offrant une quelconque protection. C'est difficile à expliquer, mais la chaleur du métal lui permettait de croire en quelque sorte que son père se trouvait ici, tout à côté d'elle. Mais, selon l'esprit de la jeune femme, il ne tenait à elle de savoir si c'était pour la protéger ou bien pour la blâmer d'avoir commis l'acte affreux autant que d'avoir fait des choix aussi peu judicieux et surtout stupide et dangereux. Retournant si l'on peut dire à une époque où la jeune femme ne cherchait que l'attention de son père alors, que lui fuyait dans le travail.

Le regard rivé dans le vide, la jeune femme était épuisée, lasse de devoir survivre alors, qu'aucune réelle raison la retenait dans ce monde sans queue ni tête. Il n'y avait que sa propre peur d'en finir elle-même avec sa vie qui l'éloigne constamment de la mort. Foutue lâcheté ! À chaque fois, elle pensait transpercer son corps de la lame qu'elle avait trouvé dans un musée dévasté. Non pour les trésors qu'il renfermait, mais bien pour les armes anciennes qui servaient grandement aux gens qui passaient ici et là. Ces derniers pouvaient toujours servir d'une manière ou d'une autre. De plus, à qui ces derniers allaient manquer ? Ce n'est pas comme s'ils allaient punir pour vol n'est-ce pas.

Zayna n'était pas à son aise, à devoir attendre et avec pour seule compagnie son esprit divaguant vers des sujets qui ne faisaient que la plonger dans une dépression profonde. Son corps souffrait de la fatigue autant que des coups reçus durant presque plus d'un an. Elle s'y était faite. Son corps avait éteint la sensibilité pour mieux les supporter. L'habitude devenant une forme d'acceptation de ce qu'elle pouvait récolter. Son corps témoignait des multiples sévices, pas la peine de lui poser des questions pour savoir ce qui a pu lui arriver.

Par instinct de protection, Zayna avait refusé qu'un homme la touche et avait même reculé autant que possible malgré la voix rassurante de ce dernier. Elle se refusait à être touché par ce dernier, elle acceptait de passer l'examen médical parce qu'elle comprenait que le camp souhaitait se protéger contre le virus, mais la jeune femme avait demandé à ce que ce soit une femme. On avait accédé à sa demande, de toute manière, ce n'était pas le but de lui faire peur.

En attendant, son regard passa du vide à la plaque de police. Elle en caressait presque tendrement le métal et se souvenait peu à peu de celui qui le portait. Était-ce bon pour elle de sans cesse se rappeler les douloureux événements ? Elle le savait. Oui, elle savait que cela lui faisait plus de bien que de mal. Savoir qu'elle était l'instigatrice de bien des malheurs de son père ne l'aidait pas à sortir la tête de l'eau. Elle refusait de s'en sortir aussi facilement. Pourquoi avait-il fallu que le destin décide de mettre des zombies parmi le groupe où bizarrement, elle se sentait à son aise. Appelez ce symptôme comme vous le souhaitait, mais Zayna avait appris à voir les choses d'une façon plus positive. Elle était fautive de tout même des coups qu'elle a pu recevoir.

Toujours habillée, elle attendait. Patiemment. Sans un bruit. Des cris qui refusaient à ce qu'un homme la touche, elle était passée au silence comme si elle ne savait plus parler. Par la suite, la jeune femme offrit un coup d'œil circulaire à la pièce faisant office d'infirmerie. Elle se souvient alors de cet homme qu'elle avait soigné et aidé. Oh, bien sûr, il a tentait de la convaincre de le suivre, mais Zayna ne voulait pas lâcher une situation qu'elle avait appris à accepter. C'était mieux de se contenter de ce que l'on a aussi horrible que cela pouvait être que de se confronter à une autre route dont l'inconnue pouvait être mille fois plus effrayant. Zayna avait déjà eu son lot de terreur et ce n'est sans doute pas prêt à s'arrêter. Elle tentait de se convaincre qu'elle pouvait s'habituer à nouveau, mais la jeune femme se connaissait trop bien que cela ferait un effet yoyo. Un jour, tout ira bien et un autre, c'est catastrophique.

Quand le rideau bougea, Zayna leva son regard vers une femme. Son souffle avait arrêté avant de voir le visage de la personne. Au moins, pouvait-elle se sentir plus à son aise. Dans un silence qui pouvait faire naître un malaise certain, la pauvre survivante regarda celle qui s'approchait d'elle.

Que devait-elle faire ? Devait-elle commencer à retirer ses vêtements ? Ou bien va-t-elle lui poser des questions ? A sa place, Zayna prendrait connaissance avec chaque parcelle de peau à la recherche d'une quelconque morsure puis de proposer une douche et ensuite seulement la pris en charge des soins divers et variés. On ne pouvait pas faire des soins potables sur un corps sale. Et bien que Zayna a toujours attention à son hygiène, il n'en restait pas moins que dans un monde pareil, cela restait précaire. Elle avait véritablement connu le plaisir dans la maison dans laquelle elle avait élu domicile quelques jours pour se reposer. Cependant, la peur était là surtout quand on est seule et que l'on ignorait si quelqu'un allait apparaître lorsqu'elle venait à ouvrir une porte ou bien si elle allait faire un face-à-face avec une créature prête à mordre dans une chair fraîche et réceptacle d'un sang plus que délicieux pour cette dernière. Rien que d'y penser, Zayna eut un frisson qui parcourra son échine et une nausée prenait vie.

« Vous... Vous voulez que j'enlève mes vêtements sans doute. » Fit-elle simplement, d'une voix quelque peu éteinte et clairement épuisée par son périple solitaire à devoir se battre pour sa propre survie.

Quittant la table d'auscultation, la jeune femme retira ses chaussures puis son jean pour finir avec son dos. Les bleus parcouraient son corps comme si elle était une toile parlant de souffrance. Elle avait une trace de brûlure d'un mégot de cigarette sur son sein gauche. Cela ressemblait comme une marque. Un peu comme un éleveur marquant son bétail. La trace s'estompait doucement, mais le souvenir en restait douloureux puisque par moment, son protecteur avait pris plaisir à refaire encore et encore la marque au même endroit pour rappeler à qui Zayna appartenait réellement. Même si par moment, elle devait écarter les jambes pour d'autres hommes. Elle restait sa catin. Ce qui est horrible, c'est d'avoir ressenti une forme de tendresse malsaine envers ce dernier puisqu'il lui offrait l'essentiel tout de même. Il la protéger des monstres, mais pas de lui. Il la nourrissait bien qu'il se donnait le plaisir de l'affamé par simple jeu juste pour qu'elle soit sous sa pleine domination.

Retournant sur la table d'auscultation, la jeune femme observa celle qui lui faisait face. « Je n'ai pas été mordu... Mais je vous laisse le vérifier. » A nouveau, elle regarde autour d'elle. « Quel matériel avez-vous à votre disposition dans cette infirmerie exactement ? » Ose-t-elle demanda. Déformation professionnelle sans doute, elle ne voyait pas grand chose d'où elle était.

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Sam 25 Nov - 19:07
S’il y avait bien une chose que Juliet n’appréciait guère depuis qu’elle vivait dans son propre chez elle, c’était les tâches ménagères. Elle avait toujours eu une sainte horreur de ça, sans réellement pouvoir se l’expliquer pour autant. Jules n’avait pas manqué de stratagèmes pour essayer de rendre cette tâche un peu moins rébarbative : musique à fond dans l’appart, planning strict pour éviter d’avoir à tout faire dans une seule journée, rien n’y avait fait. Elle détestait être une fée du logis. Et la fin du monde n’avait rien changé à cela. Même si la brune ne pouvait nier que cela rajoutait une touche de normalité à cette vie qu’elle ne comprenait plus forcément, et qui partait à Volo. Au moins, maintenant que Maddie était venue vivre dans la même maison qu’elle, Juliet appréciait de pouvoir partager ces tâches avec sa meilleure amie, qui savait rendre n’importe quelle corvée supportable avec sa bonne humeur. Les deux jeunes femmes étaient en train de récurer leur cuisine, quand on était venu sonner à la porte de leur maison. C’était la rouquine qui était allée ouvrir, tandis que Jules finissait de désinfecter le plan de travail, sans vraiment se préoccuper de ce qui se disait dans l’entrée de leur maison.

La brune ne tarda cependant pas à lâcher son éponge lorsque Maddie l’appela depuis la porte d’entrée, alors que Juliet découvrait l’identité de leur visiteur du jour : le médecin de leur camp. Elle fronça les sourcils, son regard azur passant alternativement du visage de l’un, à celui de l’autre, comme si elle attendait la mauvaise nouvelle qu’elle était certaine que le doc était venu lui annoncer. Pourtant, à ses paroles, la jeune artiste compris qu’il s’agissait d’autre chose, et après un bref hochement de tête vers Maddie, elle enfila ses bottes, sa grosse veste, puis suivit Donovan jusqu’aux abords de l’infirmerie, tandis qu’il lui répétait encore une fois la situation, et que Juliet écoutait d’un air attentif, hochant simplement la tête pour montrer qu’elle écoutait et qu’elle comprenait. Ce fut seule que la jeune mère de famille entra dans l’infirmerie, retirant sa veste pour s’avancer vers la pièce qui servait aux auscultations, qui cachait la nouvelle venue derrière un rideau opaque. Juliet annonça son arrivée d’une voix douce, avant d’écarter le morceau de tissu, son regard tombant sur le visage d’une inconnue. La brune se para d’un sourire qu’elle voulait rassurant, en espérant que cela parviendrait à dissiper, au moins légèrement, l’air anxieux et inquiet qui crispait les traits de la jeune femme face à elle.

Lorsqu’elle lui demanda si elle voulait qu’elle retire ses vêtements, Jules acquiesça d’un signe de tête, alors que la survivante s’exécutait déjà, retirant ses vêtements sales pour dévoiler un corps marqué par des traces de coups, qui n’échappèrent pas au regard de Juliet. Elle fronça les sourcils sans prononcer le moindre mot, laissant ses yeux parcourir ce corps meurtri, sans prononcer le moindre mot. Puis lorsque la brunette se rallongea sur la table d’auscultation, en précisant à la jeune femme qu’elle n’avait pas été mordue, Juliet lui adressa un nouveau sourire avenant : « -Je vous crois. Mais le protocole exige quand même que je vérifie. Je vais faire au plus vite. » L’artiste repoussa une longue mèche de cheveux de devant son visage, avant de se pencher sur le corps de la nouvelle venue, qu’elle scrutait minutieusement, sans en omettre le moindre millimètre. Elle comprenait tout l’enjeu de cette auscultation, si bien qu’elle prenait la tâche très au sérieux. « -Vous pourriez vous mettre sur le ventre maintenant, s’il vous plaît ? » Elle attendit que la demoiselle s’exécute, alors que celle-ci lui demandait quel genre de matériel ils avaient, dans leur infirmerie de fortune. Juliet pinça les lèvres l’une contre l’autre pendant quelques secondes, faisant glisser par réflexe son regard sur la pièce autour d’elle.

Pour être tout à fait honnête, cela ne faisait pas très longtemps qu’elle était familière de cette infirmerie, à vrai dire, depuis qu’Alair l’avait prise comme élève, et qu’il avait accepté de lui donner quelques notions de médecine bien utiles par les temps qui courraient. Bien que cela l’ai fortement surprise, la brune avait pris goût à ces leçons quotidiennes avec le bon docteur Wakeman, et elle s’investissait réellement, en espérant que ces connaissances soient un jour utiles. Son regard poursuivit son parcours sur le dos, puis les jambes de la brunette, avant que Juliet reprenne d’une voix douce : « -Je vais écarter vos cheveux. » prévint-elle pour éviter toute réaction brusque de la part de la jeune femme, avant de s’exécuter, pour pouvoir examiner la nuque de la demoiselle. Elle consentit finalement à répondre, après avoir dressé un bref inventaire mental des produits présents dans les lieux : « -Malheureusement, on n’a rien de très sophistiqué. Quelques médicaments, des compresses, des bandages, de l’antiseptique, des kits de suture… » Enuméra-t-elle, en oubliant probablement la moitié de ce que contenaient les placards de leur infirmerie. Jules termina son examen visuel, avant d’indiquer à la jeune femme que c’était terminé, et qu’elle pouvait se redresser. « -Je m’appelle Juliet. Est-ce que vous avez mal quelque part ? Vous avez faim ? » Elle tâcha d’adresser un nouveau sourire à la demoiselle, alors qu’elle lui tendait une veste propre qui lui éviterait de remettre ses habits maculés de tâches.

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Mar 28 Nov - 16:56


Zayna & Juliet



07/03/2016

Il était plus acceptable pour Zayna d'être touché et ausculté par une femme qu'un homme. La pauvre n'a pas réussi à être coopérative avec le médecin malgré tout le calme et la douceur dont ce dernier a tenté de faire preuve. Mais, on ne peut pas obliger une femme qui a souffert et qui est touchée par un traumatisme profond à accepter une évidence loin d'être facile pour elle. Comme elle pouvait haïr sa condition qui a radicalement changé. Son quotidien n'était peut-être pas paradisiaque, mais elle avait fini par s'y habituer à la longue. Consciente que les corrections et les viols s'accumulaient, elle avait appris à s'éteindre durant ces moments pour songer à tout autre chose et voilà qu'elle allait devoir vivre constamment avec une réalité qui ne lui plaisait pas. S'habituer à un luxe et un confort qui avaient été éliminé quand le chaos a commencé. C'était dur de devoir se fondre dans un monde dans lequel on ne s'y retrouvait pas forcément. Certes, tout est une question d'habitude, mais là, c'est un miracle qu'on demandait à Zayna et non un simple effort. Sentir l'odeur du propre loin de l'humidité et de la moisissure appuyait déjà sur le fait de la nouveauté. Dans cette salle, on ne comptait ni désordre ni poussière, tout était impeccable comme l'on pouvait s'y attendre d'une infirmerie, même de fortune. L'hygiène devait être à son maximum pour ne pas engendrer de nouvelles infections sur les patients qui passaient par ici.

Quand une voix s'éleva derrière le lourd rideau blanc qui ne laissait apparaître aucune ombre, Zayna releva la tête tendant l'oreille par besoin de se sécuriser. De savoir que celle qui s'annonçait, se trouvait bel et bien seule. Pas d'homme à l'horizon qui attendait le rapport de son auscultation. Généralement, l'infirmière se montrait toujours compréhensive et soumise, mais là, c'était une histoire compliquée tant par le passé vécu que par ces derniers temps à survivre seule évitant absolument toute trace de vie humaine pour ne pas être à nouveau une proie qui que ce soit. Elle en avait eu déjà bien assez avec ce groupe de qui, elle était étrangement en deuil. Peut-être ont-ils été odieux envers elle, mais ils avaient représenté une certaine sécurité pour Zayna. Oui, admettons que cela soit très compliqué à saisir, mais c'est ainsi. Le chaos qui s'est installé dans le monde ne permettait pas à espérer meilleure situation, alors, on se contente de ce qui se présente à nous et on fait en sorte de rendre le sort plus doux. Certains ont plus de chance que d'autre, mais Zayna n'avait pas cherché de quotidien tendre, confortable et aimant. Non, elle partait vers l'auto-destruction et la punition des actes commis malgré elle ou bien consciemment. Elle pense entre autre au venin qu'elle a pu cracher au visage de son père alors, qu'elle était encore adolescente. Bien sûr, beaucoup diront qu'elle n'était encore qu'une enfant, mais non, cela ne changera rien à ce que Zayna peut penser d'elle-même. Il y a des personne qui ont souffert et qui ne se sont pas comportés comme elle a pu le faire. La vie et les épreuves ne sont pas une excuse suffisante. Cela laisse des traces, mais on peut combattre les ombres en nous.

Quand la femme entra, Zayna ne put s'empêcher de pousser un soupire de soulagement en constatant qu'elle n'était accompagnée de personne. Lentement, elle se détendit bien que la pauvre restait tout de même sur la défensive. Autre que ses geôliers, les autres victimes de ces derniers ne s'empêchaient pas de frapper ou de cracher au visage de Zayna pour la punir d'accepter et de suivre comme parole de dieu les directives de ces hommes. Peu comprenait que c'était pour avoir pleinement la confiance de ces hommes permettant ainsi d'aider les condamnés à fuir. Enfin, quand elle le pouvait, ce n'était malheureusement pas toujours possible. Ce qui est honteux, c'est que Zayna prenait plaisir à se venger de celles et ceux qui ont été particulièrement horribles avec elle, les laissant à leur propre sort. D'où le fait que l'acte de pénitence sera plus lourd et long à suivre.

« -Je vous crois. Mais le protocole exige quand même que je vérifie. Je vais faire au plus vite. »  

« Je comprends... » Fit-elle simplement alors, qu'elle se levait pour retirer ses vêtements les mettant dans un coin sur le sol afin de ne rien salir. Il faut dire que ces derniers étaient dans un mauvais état, mais on ne peut pas faire la fine bouche. Seule, il était difficile de pouvoir se détendre même en sécurité entre les murs d'une maison. Il y avait toujours une possibilité que quelqu'un arrive ou bien qu'une de ces choses apparaisse appâté par le bruit que faisait le survivant.

Prenant place sur la table d'auscultation, Zayna laissa l'inconnue inspecter son corps dans son entièreté même si parfois, elle sursauté quand elle touchait un endroit encore sensible de ces bleus et blessures eu avant sa libération de son camp de geôlier ou bien après. Les chutes et les fuites ont été nombreuses et les douleurs multiples n'ont pas manqué au bon souvenir de cette pauvre femme à présent égarée dans un monde où tout est à nouveau plus ou moins normal. Une vie en communauté à laquelle il faut s'y faire même si cela risque d'être difficile. C'est son choix, Zayna a opté pour être ici, ce n'était pas comme si on lui avait mis le couteau sous la gorge.

« -Vous pourriez vous mettre sur le ventre maintenant, s’il vous plaît ? »

Hochant simplement la tête, Zayna s'exécuta et dû serrer les dents pour ne pas jurer sous les piques de douleurs dont son corps était victime. Son dos n'a guère été épargné par les traitements des hommes. Il y avait encore des traces de boucle de ceinture qui s'effaçaient à peine. Des traces de brûlures de cigarette qui se faisaient également discret, mais qui ne s'effaceront jamais totalement. Mais tout ceci n'est rien. Zayna se disait toujours qu'elle aurait pu connaître un sort bien pire. Elle remerciait le ciel d'avoir des connaissances dans la médecine. C'est la seule chose qui l'a sauvé de la lapidation ou bien d'être jeté d'un trou plein de zombie ne désirant qu'une chose. Dévorer la chair et boire le sang.

Le silence étant trop pesant, voir un peu dérangeant. Zayna tenta de le combler en posant quelques questions et aussi pour satisfaire sa curiosité. Qu'est-ce que l'infirmerie renfermait comme trésor ? Les médicaments quels qu'ils soient autant que les compresses et autre chose utile pour un médecin sont un luxe d'une grande rareté. Les antibiotiques également et il faut palier aussi avec les patients qui sont allergiques à la pénicilline également. Trouver un palliatif quelconque.

« -Je vais écarter vos cheveux. »

Elle n'avait pas l'air très à son aise ce qui donnait quelques indices sur la personne qui avait la charge de cette auscultation.

« -Malheureusement, on n’a rien de très sophistiqué. Quelques médicaments, des compresses, des bandages, de l’antiseptique, des kits de suture… »

« Je vois... Vous n'êtes pas du métier de ce que j'ai compris. » Fit-elle simplement. « Une véritable infirmière aurait fait une liste exact de ce qu'il y a sans rien omettre. » Tout se redressant lentement, Zayna prit le temps de ne pas faire d'autre mouvement brusque et de reprendre un peu sa respiration coupée par la douleur qui la lancinait par moment.

« -Je m’appelle Juliet. Est-ce que vous avez mal quelque part ? Vous avez faim ? »

« Et moi Zayna. » Se présenta-t-elle à son tour, regardant à nouveau la pièce comme si la découvrait pour la première fois. « Ce n'est pas grand chose. La douleur partira avec le temps. Je n'ai pas de commotion ou d'autres blessures qui méritent de soin particulier ne vous en faites pas. » La plupart du temps, Zayna s'administrait les soins nécessaires et les geôliers prenaient la peine de ne pas trop l'abîmer étant donné l'utilité qu'elle représentait pour le groupe entier autant au niveau médical que de défouloir. « Faim ? Oui, mais j'ai surtout besoin d'une bonne douche et de me changer. J'ai des affaires propres dans mon sac à dos. Mais... Désolé de demander ça, mais auriez-vous une crème anti-inflammatoire pour m'aider à calmer la douleur ? Je sais que je demande beaucoup, mais je pourrais m'en mettre un peu après m'être nettoyé. »

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Sam 2 Déc - 14:27
Concentrée au possible, Jules avait inspecté chaque centimètre carré du corps de la nouvelle venue, sachant à quel point c’était important. Elle ne doutait pas un seul instant que la brune n’avait pas menti, et qu’elle ne découvrirait aucune trace de morsure sanguinolente sur son corps, mais elle savait à quel point il était important de vérifier que le nouvel arrivant au sein de leur groupe ne risquerait pas de se transformer en rôdeur avide de chair humaine dans les heures à venir, et qu’il ne sèmerait pas la panique dans les rues de Fort Hope. Jules savait bien qu’on ne l’avait pas faite venir pour ses connaissances en médecine, elle ne connaissait pour l’instant que de grandes théories apprises dans son livre d’anatomie, et dans celui de soins d’urgence donné par Alair, qui prenait de son temps libre pour enseigner à la jeune femme comment survivre par les temps qui courraient. Non, ce qui justifiait la présence de Juliet dans l’infirmerie, à ce moment précis, c’était la volonté de cette demoiselle de se faire examiner par une femme. Donovan avait dû estimer qu’elle ne devait pas être sérieusement blessée, ce qui avait sans doute expliqué qu’il se soit effacé si facilement au profit de la jeune infirmière en herbe.

Juliet releva ses yeux vers le visage de l’inconnue quand celle-ci reprit la parole, annonçant à voix haute ce qu’elle avait cru deviner, à raison d’ailleurs. Ce qui fut loin d’offusquer l’artiste. « -Vous avez raison. Je suis devenue ce que ce nouveau monde a imposé que je devienne. » répondit-elle, non sans dispenser un nouveau sourire à la jeune femme. Jamais Jules n’aurait pu s’imaginer qu’elle aurait un jour prit cette voie-là, mais quand le bon docteur Alair lui avait proposé de lui enseigner quelques petits trucs, elle avait trouvé que ça avait été une très bonne idée. Depuis ce jour, elle essayait vainement de faire taire la petite voix dans sa tête qui lui indiquait qu’avec ces connaissances-là, elle aurait peut-être pu faire quelque chose pour Eulalie, et que le triste sort qui lui avait été réservé aurait pu être différent. Mais au fond, Juliet savait bien que ce n’était pas la vérité. Même Katherine n’avait rien pu faire pour la petite, et elle ne doutait pas qu’elle avait fait à l’époque tout ce qui était humainement possible pour sauver Eulalie, en vain.

A la réponse de la jeune femme sur si elle avait mal ou non, Juliet ne put s’empêcher de hausser un sourcil, sans faire cependant la moindre remarque. Une personne lambda aurait sans doute répondu simplement par « oui » ou « non », mais la demoiselle se montrait étonnamment précise, utilisant même un vocabulaire particulier, médical. Si Jules prenait en considération sa précédente remarque, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’on lui avait confié quelqu’un qui en savait beaucoup plus qu’elle-même sur le sujet, et pour le coup, elle se sentait sacrément bête. Elle fit le tour du lit pour refaire face à Zayna, alors que celle-ci reprenait la parole, provoquant un froncement de nez involontaire de la part de la brune. « -Je vais faire le tour de l’infirmerie pour essayer de vous trouver ça. » Ca ne ferait sans doute que conforter Zayna dans l’idée que Juliet n’était qu’une novice en la matière, mais après tout, il fallait bien qu’elle commence quelque part avant de pouvoir réellement être utile à sa communauté. Elle lui adressa un sourire confiant, avant de montrer une porte ouverte un peu plus loin d’un signe de tête. « -Il y a une douche à l’étage. Prenez votre temps là-haut. En attendant, je vais aller chercher de quoi manger, et mettre la main sur la crème dont vous avez besoin. »

Après un dernier regard, elle se détourna pour quitter l’infirmerie et se diriger vers sa propre maison, où Maddie avait reprit les tâches ménagères, s’acquittant de celle de sa meilleure amie sans même poser de question. Juliet lui exposa très brièvement la situation, sans entrer dans les détails, et la brune n’eut même pas le temps de dire qu’elle était venue chercher de quoi donner à manger à la nouvelle venue que la rouquine lui proposait déjà de ratisser leurs placards pour lui offrir un repas digne de ce nom. Jules lui adressa un sourire reconnaissant, puis repartit les bras chargés vers l’infirmerie. Elle déposa tout sur la table qui se trouvait là, avant d’aller farfouiller dans le matériel, comme promis. Mais Jules avait beau tout retourner, elle ne réussit à mettre la main sur aucune crème anti-inflammatoire qui pourrait soulager la douleur de Zayna. Elle attrapa néanmoins une boîte d’anti-douleur dans laquelle il restait quelques comprimés, et les déposa à côté du repas improvisé destiné à la demoiselle. Ce n’était certes pas ce qu’elle avait demandé, mais c’était toujours mieux que rien.

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Mer 13 Déc - 3:47


Zayna & Juliet



07/03/2016

Cette femme était d'une patience d'ange et on ne pouvait pas dire que par moment, Zayna preuve de douceur quand elle parlait. La fatigue, les nerfs à fleur de peau et le fait d'avoir été trop proche d'un homme avait su augmenter une peur qui commençait à peine à se calmer. Cependant, même si elle comprenait l'utilité de cette inspection, elle avait bien du mal à accepter qu'on voit son corps encore meurtris par les blessures causées tant par le groupe dans lequel elle se trouvait quelques temps plus tôt, mais également par ce parcours d’endurance et de danger qu'elle avait dû subir durant ces derniers jours... En fait, il lui était plus que difficile de donner un temps précis à sa course. Dans son esprit, cela avait duré une éternité et plus d'une fois, Zayna pensait qu'elle allait mourir et pourtant la chance avait décidé de planer au-dessus de sa tête alors, qu'au fond, elle n'en était aucunement digne. Combien de fois n'avait-elle pas prié pour que la mort vienne la chercher au lieu de tourner odieusement autour d'elle avec cet air perpétuellement moqueur. Combien de fois, seule, la jeune femme avait craqué en insultant dans le vide et haïssant son père de lui avoir fait commettre ce parricide. Comment avait-il pu croire que Zayna pourrait continuer à vivre sans remords alors qu'elle avait dû le supporter depuis le jour où il avait eu ce grâce accident. N'avait-il pas eu seulement conscience, ne serait-ce que pour un laps de seconde, comment la pauvre allait se sentir après cela ? Les armes à feu la soumettaient à la terreur et son esprit la menait de plus en plus vers l'auto-destruction. Son père a été véritablement stupide et horrible durant cette minute à l'insulter pour la faire sortir de ses gonds afin qu'elle appuie sur la détente. Quitte à mourir autant que ce soit par sa main, c'était ce qu'il lui avait dit. Mais, Zayna portait un poids si lourd qu'elle se demandait comment faisait-elle pour avancer dans sa vie qui n'avait plus réellement de sens.

Pourquoi avait-elle fini par choisir Fort Hope au lieu de se laisser guider vers un suicide lent et douloureux ? Franchement, la jeune femme l'ignorait et ce n'était pas juste de sa part, d'avoir une voix à la fois froide et détachée vers cette femme qui agissait avec gentillesse et douceur. Certes, elle n'était pas infirmière de métier, mais sa patience était une qualité non-négligeable pour emprunter cette voie.

« -Vous avez raison. Je suis devenue ce que ce nouveau monde a imposé que je devienne. »

Honteusement, Zayna se replia un peu sur elle-même et le sourire de son infirmière n'arrangeait en rien. Décidément, son entrée ici ne se passait pas aussi bien qu'elle l'aurait voulu. D'abord, ce fut avec ce médecin avec qui elle se montra violente le poussant et lui criant dessus et maintenant avec elle. Comme elle pouvait être stupide.

« On devient facilement quelqu'un d'autre depuis que le monde est devenu un enfer. » Fit-elle simplement, dans un souffle à peine audible, mais Zayna ne doutait pas que la femme ait entendu ses paroles. Elles étaient suffisamment proches l'une de l'autre pour se comprendre.

Quand celle-ci lui posa une nouvelle question sur son état de santé ou sur d'autres blessures, Zayna se contenta de répondre avec son professionnalisme habituel, de quoi donner la puce à l'oreille de cette dernière. Pour la survivante, c'était une réponse naturelle, mais sans doute pas pour cette nouvelle infirmière. Zayna se contenta alors, de se rhabiller non sans demander une crème pour les douleurs musculaires, elle en avait grand besoin et tant pis s'il n'y en avait pas, elle supporterait comme elle l'avait fait jusqu'à présent.

« -Je vais faire le tour de l’infirmerie pour essayer de vous trouver ça. »

« Merci, vous êtes gentilles. » Fit-elle reconnaissante. Zayna récupérait doucement une voix plus posée et douce. Elle pouvait se sentir en sécurité, elle qui avait si peur de rejoindre un autre groupe. Dans son esprit, l'image d'Adam la frappa et elle le voyait avec son sourire ironique à lui dire que la tête de mule avait fini par l'écouter. Qu'était-il devenu d'ailleurs ? Elle le savait assez fort pour résister à ce qu'il se passait, mais la jeune femme ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiète à son propos comme elle l'était pour les autres prisonniers du camp qui avaient sûrement profiter de la venue des zombies pour s'échapper.

« -Il y a une douche à l’étage. Prenez votre temps là-haut. En attendant, je vais aller chercher de quoi manger, et mettre la main sur la crème dont vous avez besoin. »

Un sourire reconnaissant suivi d'un hochement de tête et voilà que Zayna se dirigeait vers l'étage pour cette douche salutaire. Voilà longtemps, qu'elle n'avait pas prit du temps pour elle-même sans avoir à craindre quoi que ce soit. La maison où elle fut quelque temps plus tôt n'était pas aussi sécurisante que l'infirmière l'aurait espéré. Seule, on se fait tellement d'idée qu'on ne faisait que le strict nécessaire pour ensuite attendre dans le silence que le destin veuille se montrer gentil envers vous. Mais, Zayna savait que ce dernier était moqueur et traître alors, avant qu'il ne change, la jeune femme s'en était allée pour rejoindre le camp dont lui avait parler Logan tandis qu'elle le soignait avant de lui permettre de fuir aussi loin que possible de ses bourreaux.

Mais, à présent, elle goûtait avec plaisir à la caresse de l'eau sur sa peau nettoyant la saleté sur son passage, le savon aidant à cette tâche ainsi qu'à désinfecter les quelques blessures restantes. Un long soupire de bien-être s'échappa de ses lèvres suivit d'un rire nerveux puis de larmes.

Vivante ! Elle était encore en vie alors, que d'autre le méritait bien plus qu'elle. Zayna se demandait ce qu'elle pouvait avoir d'important pour avoir le rôle de survivante. Faible, elle l'était sans nul doute préférant fuir que faire face à ces horreurs, mais préférant recevoir les coups des hommes et se faire utiliser par eux parce qu'au fur et à mesure c'était devenue une habitude. Quelque chose de bel et bien normal alors, qu'Adam lui avait certifié le contraire. Mais, c'était sa vie, elle l'avait choisi, agir comme ça pour permettre à d'autres de se sauver alors, qu'elle resterait éternellement en arrière. Oui, c'était bien mieux ainsi.

Finalement, elle ferma l'eau et sortit de la douche pour s'essuyer avec la serviette propre et sentant si bon. Douce à souhait, elle devait être passée dans un sèche-linge, elle était loin d'être rugueuse comme lorsqu'on la laisse sécher à l'air libre. C'était tellement agréable. Zayna se crispa sous la douleur ayant presque oublié son état. Finalement, elle se dirigea vers son sac à dos pour sortir des affaires propres et placer les sales dans son sac, elle les lavera à la première occasion. Descendant l'escalier, elle fit face à son infirmière qui avait préparé une table pour elle.

De quoi manger se trouvait sous le regard étonné de la jeune femme. Des mets qu'elle n'avait plus eu l'occasion de goûter. C'était simple, mais cela ressemblait à un miracle pour cette dernière qui avait du mal à croire. Plus elle s'approchait et plus elle pensait que la table allait s'éloigner et que le repas allait s'effacer. La première chose que la jeune femme fit, c'était de prendre le cachet avant de se jeter à corps perdu sur la nourriture. Le verre d'eau coula agréablement dans sa gorge et c'est un soupire de pur bonheur qui s'échappa de sa bouche lorsqu'elle le termina. Son estomac déjà presque plein à cause du peu de nourriture eut jusqu'à présent, son estomac s'était donc rétrécit.

Zayna prit place sur la chaise suppliant Juliette d'un regard de lui tenir compagnie, ne voulant plus de silence autour d'elle. Sa voix était bien plus mélodieuse que celle de ces horribles choses autrefois humaines qui erraient sur les routes.

« Je ne sais pas comment vous remercier... » Finit-elle par dire. « Et je tenais à m'excuser, j'ai dû vous paraître froide et maladroite pendant l'examen. Je ne voulais pas me montrer désagréable... C'est juste que... Que je ne suis plus vraiment habituée au contact humain... Doux... » Elle hésita un long moment à le dire, mais ne souhaitait pas davantage en dire alors, que le médecin et cette femme devaient se douter de quoi il en retournait. « Je m'appelle Zayna Alvarez. Avant tout ça, j'étais infirmière au service des grands brûlés à Los Angeles et parfois aux urgences. Je me suis attendu à voir pas mal de chose, mais pas ça. » Elle soupira en avalant une première bouchée de son véritable repas. « C'était un cauchemar aux urgences quand ça a commencé. » A tel point que le personnel médical a fini par déserter les couloirs de l'hôpital pour rejoindre leur famille en se rendant compte que c'était quelque chose contre lequel, il n'y avait rien à faire. « Vous vous êtes bien débrouillée. La patience est l'une des meilleures qualités d'une infirmière ainsi que le sourire. Je comprends pourquoi ce... Ce médecin a fait appel à vous. Il y avait un autre avec lui... Noah, je crois, mais... Je ne voulais pas me faire toucher par eux. » Tout en mangeant, les larmes coulèrent sans qu'elle ne puisse les retenir, c'était trop lourd à présent.

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Sam 16 Déc - 22:41
Tandis qu’elle achevait de tout déposer sur la table, puis qu’elle retournait mettre un peu d’ordre dans l’étagère qu’elle avait retourné, Juliet repensait aux mots que Zayna lui avait adressé, quand elle avait dit qu’elle était gentille. Elle ne pensait pas l’être particulièrement, enfin, elle ne jugeait pas vraiment qu’elle était un monstre non plus, mais elle estimait qu’elle avait simplement fait preuve de la même empathie que celle qu’elle aurait voulu que l’on ai à son égard, dans la même situation que la jeune femme. Et puis au fond, elle n’avait pas fait grand-chose, elle l’avait juste examinée, et lui avait proposé une douche, la moindre des choses aux yeux de la brune. Perdue dans ses pensées, et dans sa tâche, Jules n’entendit pas tout de suite que l’eau avait cessé de couler, et que la jeune femme avait fini par redescendre, propre comme un sou neuf.

Jules laissa couler un regard sur la brunette, tandis qu’elle s’approchait de la table et s’emparait du cachet pour soulager la douleur qui maltraitait son corps. Puis elle s’approcha, tirant l’une des chaises pour s’assoir en face de la jeune femme, qui venait de prendre place autour de la table. Juliet ne voulait pas lui donner l’impression qu’elle voulait s’imposer, alors qu’elle avait peut-être besoin de calme et de tranquillité. La jeune artiste détourna le regard pour le poser sur la fenêtre un peu plus loin, tandis qu’elle laissait à Zayna l’occasion de pouvoir se désaltérer et manger à sa faim. Elle aurait voulu pouvoir dire qu’elle ignorait de savoir ce que ça faisait d’avoir à survivre par ses propres moyens, et de devoir se débrouiller seule, mais ça aurait été un mensonge. Juliet était passée par-là, elle aussi, survivant pendant quelques temps avec sa fille Eulalie. Elle se souvenait de chaque nuit d’angoisse, de la peur de s’endormir sans savoir si elle se réveillerait, ou dans quelles conditions, elle se rappelait tous leurs déplacements pour rester en vie. Rien n’était pire que ces moments-là d’incertitude, où chaque bruit, chaque mouvement faisait battre votre cœur un peu plus vite, et monter l’angoisse en vous. Elle s’en souvenait comme si c’était hier, et elle doutait de pouvoir perdre un jour cette sensation-là.

Zayna la ramena à la réalité, l’éloignant de ces souvenirs pénibles, tandis que Juliet reportait son regard azur vers la jolie survivante. Tout d’abord, Juliet ne fit qu’acquiescer légèrement de la tête, parce qu’il n’y avait pas grand-chose à dire de plus sur le sujet. Elle avait fait ce qui lui semblait bien, et juste, et malgré le monde misérable qui était désormais le leur, elle ne parvenait pas à faire partie de ces personnes qui refusaient délibérément de tendre la main à un de leurs semblables. Et elle comprenait la réaction qu’avait eu l’infirmière, parce qu’elle pensait, sans doute à raison, qu’elle aurait eu la même dans des circonstances similaires. « -Je suis une inconnue. Vous aviez toutes les raisons du monde d’être méfiante, je ne m’en offusque pas. » Surtout quand on voyait ce qu’était devenue leur ancienne société, et ce que les hommes faisaient désormais, en se servant de leur survie comme d’une excuse acceptable. Jules croyait comprendre ce que les mots de la jeune femme ne taisaient qu’à moitié, et pour toute réponse, elle essaya de lui adresser un sourire compatissant. C’était la seule chose qu’elle avait à sa portée. Elle ne connaissait pas du tout la demoiselle, et elle ne voulait pas se répandre en paroles qui ne la réconforteraient sans doute pas du tout. A voir les nombreuses traces de coups qui coloraient encore la peau de la brune, Juliet ne doutait pas un seul instant qu’elle avait dû passer par des moments sacrément rudes, et que sa vie, surtout ces derniers temps, était sans doute loin d’être rose. Elle en était désolée, bien sûr, mais il n’y avait malheureusement rien qu’elle puisse faire pour changer cela, ou effacer les nombreuses images traumatisantes qui devaient sans doute venir la hanter sans répit.

Quand elle enchaîna finalement en se présentant réellement, Juliet remarqua que ses premières intuitions s’étaient avérées vraies, et que la jeune femme était bel et bien du métier. Malgré elle, Juliet pensa immédiatement au bien que ferait sa présence au sein de leur communauté, si Zayna acceptait toutefois de rester parmi eux. Elle secoua doucement la tête de droite à gauche quand l’ancienne infirmière lui parla des débuts de l’épidémie, et Jules imaginait sans peine les scènes d’horreur qui avaient dû se jouer dans tous les hôpitaux du monde, quand le personnel soignant avait dû s’escrimer pour soigner ces gens qui avaient fini par se relever pour leur arracher des morceaux de chair, et se repaître de leurs corps. Elle imaginait sans peine la confusion, l’incompréhension, et la terreur qui avait dû s’emparer des lieux. Un long frisson parcouru son échine, et par réflexe, Juliet secoua ses épaules, comme pour s’en débarrasser. Mais ce n’était pas si simple d’échapper aux images de son propre esprit. Au moins, bien à l’abri dans sa galerie, elle n’avait pas eu à voir les hommes se dévorer entre eux.

La voix triste de la jeune brune ne tarda pas à rompre une nouvelle fois le silence qui s’était installé entre elles, alors que Jules relevait spontanément la tête vers elle, ses lèvres se soulevant très légèrement face aux compliments que lui offrait l’infirmière. Il était sans doute un peu faux de dire que Donovan avait voulu d’elle, à vrai dire, il n’avait que très peu de considération pour les femmes, et Juliet elle-même ne savait pas forcément comment elle s’était retrouvée là. Sans doute grâce à Alair, et à cette envie qu’elle avait de pouvoir faire plus que ce qu’elle offrait actuellement à son groupe. Elle n’avait fait que peindre, toute sa vie, autant dire que ce n’était pas avec ses compétences artistiques qu’elle allait pouvoir être utile à qui que ce soit. En revanche, ce que Jules n’avait pas prévu, c’était les larmes qui emplirent bien vite les yeux de la jeune femme, dévalant sur ses joues sans qu’elle ne puisse visiblement rien y faire.

L’artiste fronça les sourcils, pas certaine de savoir quoi faire. Elle n’était jamais vraiment très à l’aise quand les sujets devenaient vite personnels, bien qu’elle soit d’une écoute infaillible. Elle était, et avait toujours été, cette amie qu’on pouvait réveiller au beau milieu de la nuit pour parler d’un chagrin d’amour, à la condition que l’on n’attendait pas d’elle qu’elle se confie de la même façon. Juliet n’osa pas lever la main pour toucher le bras de Zayna dans un geste compatissant, pas alors qu’elle ne savait pas comment celle-ci risquait de réagir. « -Hé, écoutez-moi Zayna. Tout va bien, d’accord ? Vous êtes en sécurité ici, personne ne vous fera le moindre mal. » Cela sonnait comme des paroles vides, que les survivants que l’infirmière avait croisé depuis le début de cet apocalypse avait dû lui répéter plus d’une fois. Avant de la frapper ou d’abuser de son corps. Elle se leva pour aller fouiller dans l’un des tiroirs du meuble de l’entrée, en tirant un paquet de mouchoirs qu’elle déposa devant la jeune brune en pleurs. « -Je sais que vous ne me connaissez pas, et que vous n’avez aucune raison de me croire, mais je vous promets que personne ne vous touchera ici. Aucun homme ne lèvera la main sur vous dans ce camp. » Et Juliet savait dur comme fer que c’était le genre de promesses qui ne serait jamais brisée. Logan ne permettrait jamais qu’un violeur trouve refuge derrière les fortifications de Fort Hope.

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MessageSujet: Re: New life. New fears. | PV : Juliet I. Whitman   Ven 19 Jan - 11:21


Zayna & Juliet



07/03/2016

La douche m'avait fait le plus grand bien, mais je peinais à croire que ma vie ne serait pas celle à laquelle je m'étais habituée jusqu'à présent. Dans un univers de violence, je m'étais parfaitement formalisée. Ce n'était pas un quotidien de rêve, mais j'avais réussi à m'y habituer trouvant là, le juste retour des choses. On pourrait croire que je suis touchée par un quelconque syndrome psychiatrique, ce qui peut-être est juste d'une façon, mais entre nous, qui de nos jours n'est pas touché par cela ? Si l'on devait remonter loin dans mon passé, sans doute aurait-on capté déjà cette particularité qui n'a rien d'envieux. Abandonnée très tôt par une mère qui a trompé son mari avec un autre et dont le mari a élevé une enfant qui n'était pas de lui. Oui, mon père était un homme bien, mais il m'a fait payer de son absence la tromperie de ma mère et la famille de ce dernier ne s'est pas épargné le droit de me punir d'une faute que j'ai représenté, mais dont je ne suis pas coupable. Comment pourrait-on en vouloir à une enfant qui n'a rien fait pour attirer la médisance et la méchanceté des autres. Le fait d'avoir choisi cette route était sans doute le plus simple pour moi, tout simplement parce que je le connaissais mieux que quiconque. La souffrance a toujours fait partie de mon quotidien et je l'ai fait payer à mon père en me rebellant jusqu'à m'en sentir coupable. Nous n'étions que des parfaits imbéciles à ne rien nous avouer, moi en expiant mes fautes comme je le pouvais et lui rageant de se sentir si diminué. Voulait-il m'épargner quelque chose en me donnant son arme ? Ou bien voulait-il me faire payer à son tour mon existence ? C'est une réponse que je n'aurai sans doute jamais, seule la mort me l'apportera, mais celle-ci se fait désirer. Alors, que je pensais ne pas pouvoir m'en sortir toute seule, je suis parvenue jusqu'à Fort Hope et maintenant, me voilà douché, propre et devant un somptueux repas que je n'ai pas connu depuis fort longtemps.

Le cachet est rapidement pris à grande gorgée d'eau fraîche qui me fait du bien chassant par chance les mauvaises pensées, bien que ce ne sera qu'éphémère, je me connais assez bien pour savoir qu'ils reviendront à la charge tout comme les abeilles dont on vient de déranger leur nid menaçant ainsi leur reine. Je soupire intérieurement alors, que je commence à me repaître doucement de mon repas non sans éprouver une boule à la gorge comme si celui-ci ne devrait pas m'être accordé. C'est dur de pouvoir totalement se reposer. Trop même, mais il faut que je me fasse violence. Durant les jours à venir, j'ai le droit à un repos total avant de pouvoir trouver ma place dans cette communauté dont m'avait parlé Logan lors de notre rencontre. Lui aussi, avant Adam avait souhaité me conduire ici, mais je m'y étais refusée bien trop effrayée de disparaître d'un lieu que je connaissais mieux même si violent. Mon corps éprouvait encore les douleurs des sévices reçu comme si le simple fait d'avoir une paix d'esprit à présent m'apportait la souffrance qu'il a connu et que j'ai éteins avec violence pour pouvoir bouger et supporter mon quotidien. Quelle piètre personne je fais. Je subis des choses que je réprouvais lors de mes années de service aux urgences et au service des grands brûlés. Oui, j'en ai connu des passages de personne violentant ceux de leur famille pour on ne sait quelle raison soit répétant ce qu'ils ont eux-mêmes subi durant leur enfance ou tout simplement parce qu'ils ne pouvaient pas s'empêcher de faire autrement. Combien de fois n'ai-je pas appelé la psychologue du service ou encore la police. Combien de fois ai-je vu une nouvelle fois la même victime avant que celle-ci ne s'éteigne sous les coups.

« -Je suis une inconnue. Vous aviez toutes les raisons du monde d’être méfiante, je ne m’en offusque pas. »

Un sourire adoucit mes traits accablés et je relève les yeux vers elle. C'est une bonne personne, cela se sent tout de suite, mais m'aurait-elle autant apprécié dans la communauté où je me trouvais avant qu'une horde de morts ne vienne à s'en repaître. Probablement, qu'elle m'aurait détesté comme tous ceux qui ne pouvait pas comprendre pourquoi j'acceptais ce sort. Quand on est épuisé de tout et que l'on se pense coupable, on est prêt à tout accueillir dans l'espoir de se faire pardonner. J'ai autant aidé que laisser tomber des gens estimant que je ne pouvais pas jouer les bons samaritains avec ceux qui me crachaient au visage. Ce n'est pas très chrétien de ma part ou encore tout simplement digne d'une infirmière. Mais, ce monde, il a le don de vous changer et vous vous sentez obligé de suivre un rythme qui vous effraie, mais que vous acceptez tout de même.

Je craque. Comment pourrais-je me retenir longtemps ? Je raconte tellement que j'en suis étonnée moi-même. Je ne cherche pas de pardon là où il n'y en a pas. Les urgences étaient devenues inutiles et bien trop dangereuses quand l'épidémie à commencé à proliférer. Quand nous avons vu que nos actions ne servaient à plus rien, nous nous sommes empressé d'abandonner notre poste pour nous soucier de notre famille. Mon père était un être faible avec sa condition de paraplégique alors, comment aurais-je pu le laisser seul ! Cela m'aurait été impossible. Je suis restée avec lui jusqu'à ce qu'il décide de m'imposer son destin et le mien par la même occasion. Quand je me suis faites enlever, je savais qu'un cauchemar allait débuter, mais cela me convenait.

« -Hé, écoutez-moi Zayna. Tout va bien, d’accord ? Vous êtes en sécurité ici, personne ne vous fera le moindre mal. »

Je lève les yeux vers elle. Éprouvais-je de l'espoir en ces paroles ? Cette société a été conçu avec des règles, mais je sais par avance que tout le monde n'est pas bon ni droit. Les hommes cachent en leur fort intérieur des ombres qu'on ne soupçonne pas en un claquement de doigts. Les humains savent cacher leur plus noir secret, j'en sais quelque chose.

« Je... Veux bien vous croire. » Finis-je par dire même si je m'abstiens avec mes doutes par respect pour Juliet. Elle est assez gentille pour s'occuper de moi et me tenir compagnie pendant que je mange. Je lui serai redevable pour très longtemps.

« -Je sais que vous ne me connaissez pas, et que vous n’avez aucune raison de me croire, mais je vous promets que personne ne vous touchera ici. Aucun homme ne lèvera la main sur vous dans ce camp. »

Elle a compris et bien sûr, elle doit continuer à douter de ce qui traverse mon esprit. Pour moi, un homme reste un homme, j'ai été battu, humilié, violé et soumise de toutes les façons possibles pour que l'on soit sûre que je sois une bonne femme obéissante. Si l'on m'a gardé vivante, c'est uniquement grâce à mes connaissances. Je servais mieux vivante que morte.

« Vous pensez qu'il y aurait de la place pour travailler à l'infirmerie quand je me serais reposée ? Mes compétences pourraient peut-être vous servir. Je n'ai pas envie de me morfondre toute seule dans mon coin. »

Peut-être était-il mieux de faire savoir que je souhaitais me montrer utile, mais avant même qu'elle me réponde, un homme est entré et cela a eu pour effet de me faire lever de la chaise pour m'en éloigner. Un comportement qui l'a étonné, mais je préfère maintenir une distance entre lui et moi. Je serre les poings à tel point que mes jointures sont blanches et que mes ongles s'ancrent dans mes paumes. Je n'arrive plus à réagir avec cohérence, je laisse aller à une peur que j'ai dû taire depuis tellement longtemps. Non, mon chemin vers une certaine confiance sera long, je le sais par avance, mais je veux bien faire des effort, mais pas dans l'immédiat. Je dois poser mes marques avant toute chose, trouver ma place. Mon regard terrifié a dû avoir raison de quelque chose, mon esprit s'étant déconnecté, j'ignore ce qui a pu se passer. Tout ce que je sais, c'est que j'ai repris conscience une fois assise. Quand j'ai remarqué que nous étions à nouveau seules dans la pièce, je prends le temps de boire un peu d'eau. Mon souffle est court comme si je venais de faire un marathon. Mon cœur me fait mal à un point que l'on ose à peine imaginer. « Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il s'est passé... » Je murmure à peine, je sais bien que je ne me suis pas évanouie, mais j'ai été dans un été de choc si intense que j'en ai oublié ce qu'il s'est passé.

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