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 Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]

Papa Ours
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MessageSujet: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Mer 29 Nov 2017 - 23:46


Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ?

20 Avril 2016 + Dans une grimace, Logan se força à ouvrir les yeux alors qu'il réalisait doucement que le tapotement qu'il entendait depuis quelques minutes ne venait pas de son rêve. Les rideaux de sa chambre avaient été tirés, plongeant la pièce dans une semi-obscurité jaunâtre et étrange qui lui évita au moins de se retrouver totalement ébloui quand il émergea. Depuis combien de temps dormait-il ? Impossible à dire avec précision, mais Octavia dormait toujours dans son berceau à côté du lit de son père, ça ne devait donc pas faire si longtemps que ça. Oubliant brièvement ce qui l'avait tiré de son sommeil, le barbu fit quelques pas dans la chambre, jusqu'à venir se planter devant la grande armoire dont l'une des portes était surmontée d'un miroir. Il observa son reflet un instant, replaçant ses cheveux trop longs d'un geste vague de la main, pour se donner l'impression de ressembler à quelque chose, jusqu'à ce que son regard soit attiré par une petite tâche rouge sur son débardeur blanc, qu'il souleva doucement en faisant la grimace. La morsure à sa hanche saignait encore sous le pansement de fortune que lui avait fait Juliet ce matin, mais il n'avait toujours pas de fièvre, aucun symptôme, rien qui présage qu'il pourrait mourir d'un moment à l'autre. Seulement ces traces de dents vaguement sanguinolentes et l'angoisse encore cuisante qu'il avait eu de mourir.

De nouveau, le tapotement s'éleva, mais il fallut un bon moment à Logan pour s'en apercevoir, alors qu'il continuait d'observer sa plaie avec attention, comme s'il espérait voir quelque chose changer tout à coup. Encore un peu ailleurs, il se décida tout de même à tirer légèrement sur le rideau pour observer l'extérieur, forcé de froncer les sourcils pour supporter la lumière encore trop forte du jour dehors. Il lui fallut chercher encore quelques secondes avant de trouver l'origine de ce bruit agaçant, mais finalement, son regard se posa entre les buissons qui bordaient le fond de son jardin au bord du lac et il vit la silhouette décomposée dont le corps se traînait sur la berge et qui frappait sans grande conviction contre la clôture en bois à la peinture blanche écaillée qui entourait son terrain. Un rôdeur probablement venu des profondeurs du lac avait fini par se hisser sur la terre ferme et semblait vouloir continuer son avancée jusqu'à atteindre les habitants de la grande maison.

Ces monstres envahissants, Logan en avait déjà vu des centaines, peut-être plus, au cours des deux dernières années. Ils étaient partout, tout le temps, jusque sous l'eau et c'était bien l'un d'entre eux qui était d'ailleurs responsable de la blessure sur sa hanche. Il ne s'en faisait plus pour ces choses depuis longtemps, ne rechignait plus à les tuer, parvenait même à les ignorer la plupart du temps. Mais tout à coup, de voir cette goule rampante et prête à tout pour atteindre son but, il fut pris d'un accès de rage qui l'étonnait lui-même. Ces choses lui donnaient la nausée, pas à cause de leur apparence dégoûtante, non, mais de leur simple existence. Deux ans que sa vie s'était transformée en un Enfer sans nom à cause de ça, deux ans qu'il collectionnait les cadavres, les épreuves, perdait tout ce qui pouvait avoir un jour compté dans sa vie au profit de ces bêtes avides et infatigables. Et pas plus tard qu'hier, il avait manqué d'y passer lui aussi, lorsque l'une d'entre elles était enfin parvenue à l'attraper dans l'espoir de se repaître de sa chair. La mort l'avait frôlé de si près et il comprenait encore mal par quel miracle il était toujours là. Quelle justice y avait-il à cela ?

Agacé, l'homme relâcha le rideau pour ne plus voir la chose et se détourna jusqu'à venir se rasseoir sur le bord de son lit, posant son regard sur le bébé qui dormait paisiblement dans son lit. On pourrait croire qu'après deux ans de cette vie et la moitié de ses proches, dont sa propre fille, morts à cause de tout ça, Logan aurait appris depuis longtemps la valeur de l'existence, mais il n'en était rien. Hier encore, il était de ces hommes tellement sûrs d'eux qu'ils ne craignent rien ni personne, qui s'imaginent à tort qu'ils étaient et resteraient intouchables jusqu'à la fin, sans vraiment savoir de quelle fin il s'agissait exactement. Mais après avoir cru mourir à son tour, son regard sur le monde venait enfin de changer. Son orgueil avait failli coûter son père à une fillette d'à peine un an qui n'avait jamais demandé à naître et jamais blessé personne. Au moment de mourir, comme n'importe qui à sa place, Logan avait ressenti le besoin urgent de mettre ses affaires en ordre et d'alléger son esprit, de faire la liste de ses regrets et, si possible de se débarrasser de certains et, comme n'importe qui à sa place, il avait réalisé tout à coup qu'il ne lui resterait jamais assez de temps pour quitter cette Terre l'esprit en paix. C'était un constat violent qui l'avait plongé dans un état de frustration peu commun. Par chance, par miracle, qu'importe, il s'en était pourtant sorti. Il s'était réveillé dans son lit à l'infirmerie, la fièvre tombée, la douleur disparue et toujours capable de penser, mais le soulagement n'avait pas vraiment suivi et depuis, les pensées désespérées qu'il avait eu sur son lit de mort continuaient de le hanter sans relâche.

À son tour, Octavia ouvrit les yeux en poussant quelques grognements adorables et finit par croiser le regard de son père jusqu'à tendre ses petits bras vers lui. Un grand sourire étira les lèvres de Logan et il se pencha sur le berceau pour la prendre dans ses bras et caresser tout doucement son visage. La seule pensée qu'il aurait pu ne plus jamais voir le sourire de sa fille l'abattit de nouveau, jusqu'à ce qu'il réalise, enfin, quelle merveille c'était d'avoir finalement droit à une seconde chance. Comme un condamné à mort soudainement gracié, il disposait d'une nouvelle occasion de prouver qu'il avait appris de ses erreurs et de réparer ses crimes. Et il savait très exactement ce que serait son premier acte en tant qu'homme nouveau. La journée entière lui avait servi à faire un constat froid de ce qu'avait été sa vie et la conclusion lui apparaissait désormais clairement, il savait très exactement ce qu'il voulait réparer, ce qu'il voulait retenter et comptait bien profiter de chaque seconde de cette seconde chance pour mener enfin l'existence qu'il voulait, être l'homme qu'il voulait.

Déposant un bref baiser sur le front de sa fille, il la reposa dans son berceau afin de s'activer et alla ouvrir l'armoire pour attraper un sac de sport inutilisé, qu'il remplit de vêtements au hasard, autant des siens que ceux de la petite. Il enfila un pull et retourna chercher Octavia et, son sac dans une main, sa fille dans l'autre, descendit à la cuisine pour vider les quelques placards dans le sac. Enfin, ainsi préparé et une fois ses armes en place dans leurs étuis, il quitta la maison pour remonter rapidement les quelques mètres de rue qui l'éloignait de son but. Très vite, il se retrouva devant la porte de la maison de Juliet et, tout aussi vite, perdit furtivement de sa motivation soudaine, le forçant à s'arrêter pour respirer un grand coup avant d'oser frapper à la porte. Lorsque Juliet apparut enfin de l'autre côté, son coeur se mit à battre beaucoup trop vite et son stress à grandir encore un peu et il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit pour s'inviter de lui-même à l'intérieur, jetant un bref regard nerveux dans son dos pour s'assurer que personne ne traînait dans le coin et ne viendrait se demander ce qui se passait ici.

Quelque part dans un coin de sa tête, un reste de conscience froide et logique savait pertinemment qu'il s'apprêtait à agir comme un égoïste et que, s'il venait de survivre à une épreuve indicible, ce serait aussi certainement le cas de la jeune femme qui venait de perdre sa meilleure amie et devait à peine se remettre de l'idée qu'il ne soit pas mort lui aussi. Pourtant, ça ne l'empêcha pas le moins du monde de poser son sac sur le sol et de s'approcher d'elle pour prendre ses mains dans la sienne, son agitation largement perceptible dans le moindre de ses gestes, de ses regards. « Tu te souviens cet hôtel dans le Rhodes Island ? » demanda-t-il sans préambule. « Et si on y allait maintenant ? » C'était complètement idiot et il le savait, il leur faudrait des siècles pour rejoindre le Rhodes Island maintenant, mais la destination lui importait finalement peu, tout ce qu'il voulait réellement, ce qu'il voulait depuis des mois, depuis la seconde où ils s'étaient retrouvés l'an dernier, c'était monter au volant de sa voiture et prendre la fuite avec elle, comme ils l'avaient fait des dizaines de fois par le passé, sans se soucier du reste du monde.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Sam 2 Déc 2017 - 20:31
Comment les choses avaient-elles pu dérailler à ce point ? Ce qui ressemblait à une journée banale dans leur vie de survivants était devenu en quelques heures un vrai cauchemar. Maddie était morte, bien que l’information eût encore du mal à faire réellement sens dans l’esprit de Juliet, Isha avait été tabassé, et Logan s’était fait mordre par un rôdeur, réduisant subitement son espérance de vie à quelques heures, tout au plus. Jules avait beau y penser, et retourner la situation dans tous les sens dans sa tête, elle ne comprenait pas comment les choses en étaient arrivées à cet état. Qu’est-ce qui avait foiré ? Où donc s’étaient-ils tous trompés ? Elle n’en avait tout simplement aucune idée, et son esprit embrumé ne parvenait à trouver aucun sens logique à cette situation. Maddie était morte, Logan n’allait pas tarder à la rejoindre, et plus rien n’avait de sens. Et alors qu’elle avait promis à son ex tout un tas de choses sur son lit de mort, la brune avait simplement rendu les armes, et s’était endormie, la tête de Logan posée contre son bras. Quelle importance cela faisait-il désormais, s’il se réveillait transformé en l’un de ces bouffeurs de chair, et qu’il lui arrachait la gorge ? Qui viendrait pleurer la disparition de Juliet Iris Whitman, alors que tous les gens qu’elle avait un jour aimé dans sa vie était maintenant morts ? Malgré les promesses qu’elle avait fait à Logan, celle de prendre soin d’Octavia et Isha, de se montrer forte, d’aller de l’avant, elle avait baissé les bras, lâchement. Parce qu’elle savait qu’elle n’arriverait plus à garder pied dans ce monde, et qu’elle s’éteindrait chaque jour un peu plus, jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune étincelle de ce qui faisait d’elle Juliet, et que rien d’autre ne survivrait qu’une carcasse décharnée qui ne savait même pas pourquoi elle prenait la peine de survivre. S’abandonner au sommeil, et espérer que tout s’arrêterait rapidement d’un coup de mâchoire était un acte faible, mais Jules n’avait plus le courage de subir cette vie qui se montrait indifférente, implacable et cruelle.

Pourtant, rien ne se passa comme imaginé, une fois encore. Juliet remua faiblement dans le lit au son d’une voix qui prononçait son prénom, et elle du faire un effort considérable pour ouvrir les yeux, les refermant presque aussitôt en voyant la lumière de ce début de matinée qui avait envahi la pièce. Logan était là, assis au bord du lit, dos à elle, pourtant, l’étrangeté de la situation ne sauta pas tout de suite aux yeux de Jules, qui se passa une main sur le visage, nauséeuse. Pourquoi se sentait-elle si mal ? Elle fouilla sa mémoire, et la douleur revint de façon fulgurante, s’insinuant dans chacune de ses cellules. L’arrivée de Joshua, la cabane, le coup de feu, la banque, Isha, la morsure de Logan…tout lui revenait en mémoire, agitant son corps de tremblements. Puis d’un coup, elle rouvrit les yeux, les posant une nouvelle fois sur le dos de Logan. Mais…sans même s’en rendre compte, Jules était une nouvelle fois sur ses pieds, plantée devant son ex, et son air blafard. « Mais…comment… ? » Elle attrapa le t-shirt du barbu et le souleva, constatant une nouvelle fois de ses propres yeux la morsure, qui barrait son flanc. Comment pouvait-il encore être vivant, lui parler, suivre chacun de ses mouvements de ses yeux alors qu’un rôdeur l’avait croqué ? A voir l’expression du mécano, il semblait que la réponse lui échappait, à lui aussi.

Pendant quelques secondes, Jules ne sut rien faire d’autre que de fixer bêtement la morsure pas très belle sur la peau de Logan, avant de laisser retomber le vêtement, cette même question tournant en boucle dans son esprit. Finalement, le pourquoi et le comment avaient bien peu d’importance comparé à ce que cela signifiait réellement : il n’allait pas mourir, et Octavia n’aurait pas à grandir privée de ses deux parents. Et face à cette merveilleuse nouvelle, les mystères de la biologie avaient finalement peu d’importance. La brune s’excusa quelques instants, et alla récupérer dans une autre pièce de quoi soigner sommairement la plaie, ce qui avait paru plus que superflu la veille, quand ils étaient tous les deux persuadés que Logan allait y passer. Quelques instants plus tard, la blessure était désinfectée, et un pansement avait été posé dessus. Vivants, et en pas trop mauvaise santé, du moins physique, les deux survivants avaient finalement quitté l’infirmerie, pour rejoindre leurs maisons respectives.

Une fois la porte de la maison refermée sur le visage fatigué de son ex, il fallut un bon moment à Juliet pour quitter l’entrée, comme si elle était pétrifiée par le silence qui régnait dans sa maison. Les poings serrés, elle avait enfoncé ses ongles dans la paume de sa main, espérant vainement que la douleur physique l’empêcherait de perdre pied, et de laisser la peine qui étrillait son cœur l’emporter une nouvelle fois. Elle se traîna péniblement jusqu’à l’étage, se déshabilla, et entra dans la douche, laissant l’eau couler sur son corps longtemps, bien trop longtemps au vu des circonstances, comme si elle espérait que la souffrance glisserait elle aussi, et se perdrait dans les conduits d’évacuation de l’eau. Quelques instants plus tard, elle était assise sur le canapé de leur salon, les yeux dans le vague, des habits propres sur le dos. Et elle resta là, sans bouger pendant de longues, longues heures, insensible au temps qui passait, à simplement fixer le fauteuil d’en face.

Jules ignorait combien de temps s’était écoulé quand on frappa à la porte, déchirant le silence pesant de la maison, la faisant sursauter par la même occasion. Elle tourna son regard vers l’entrée, avant de se forcer à se lever, et à aller voir qui venait lui rendre visite. Son visage fatigué tomba sur le visage anxieux de Logan, accompagné d’Octavia, qui entra dans la maison sans attendre une seule seconde. La brune referma la porte et suivit du regard le sac qu’il avait à l’épaule, et qu’il laissa tomber dans son entrée. Elle n’eut aucun mouvement de recul lorsqu’il s’empara de ses mains, même si un léger froncement de sourcils se dessina sur le visage de Juliet. Pourquoi semblait-il si troublé tout à coup ? Elle n’eut l’occasion de prononcer aucun mot, qu’il prenait la parole, pour poser une question que Jules n’aurait jamais pu prédire. « -Qu…quoi ? » L’incompréhension se lisait sur les traits de la jeune femme, qui n’avait bien sûr pas oublié l’hôtel en question. Logan ignora totalement son intervention utile pour poser une nouvelle question, qui fit ouvrir des yeux ronds à la jeune femme.

Qu’est-ce qui lui prenait ? Est-ce que la morsure reprenait ses droits tout à coup, le faisant méchamment délirer, avant de l’emporter ? Pourtant, il n’avait pas l’air aussi mal que la veille au soir, ce qui n’empêcha pourtant pas Juliet de poser sa main sur le front du mécano, à la recherche de la moindre trace de fièvre…qu’elle ne trouva pas. Quoiqu’il soit en train de lui arriver, ce n’était pas lié à un état second. Pourtant, elle n’arrivait pas à comprendre cette proposition, totalement inattendue, mais ô combien alléchante. Plus rien ne la retenait à Fort Hope si ce n’était lui et les longues années qu’ils avaient partagé ensemble, et ce petit carré de terre dans lequel ils avaient enseveli leur fille. Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec cette maison dont tous les habitants l’avait quitté. Son regard azur quitta le visage nerveux de Logan pour fixer la petite, puis le sac au sol. « Tu veux quitter Fort Hope ? » demanda-t-elle d’un air incrédule, comprenant peu à peu qu’il ne plaisantait pas du tout, preuve en était le sac qu’il semblait avoir préparé pour son départ. Elle sonda son regard un instant, ne comprenant pas cette décision subite de laisser derrière lui tout ce qu’il s’était battu pour construire, tout ce qui lui avait demandé tant d’efforts, et ce groupe de survivants qui comptaient sur lui. Elle savait bien qu’Alex pourrait sans doute gérer, il lui avait témoigné de la confiance qu’il avait en elle cette nuit-même, mais était-ce vraiment le genre de décision qui devait être prise sur un coup de tête ? « -Tu veux t’assoir un peu ? Je peux faire du café. » demanda-t-elle, sans même savoir pourquoi, consciente que ça ne répondait absolument pas aux questions de Logan. Mais partir n’était pas une décision qui se prenait à la légère, ne serait-ce que pour quelques jours, pas quand tout pouvait basculer en quelques minutes.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Dim 3 Déc 2017 - 16:53
Un sourire étira les lèvres de Logan et il recula d'un pas, passant une main sur son visage alors que Juliet lui demandait s'il voulait quitter Fort Hope, comme s'il venait de lui annoncer qu'il voulait changer de sexe ou devenir funambule. À quoi s'attendait-il réellement ? Qu'elle dise oui sans réfléchir et qu'ils prennent la fuite juste comme ça ? Rien n'était jamais aussi simple, surtout pas maintenant qu'une sortie de quelques minutes pouvait les tuer. Il aurait fallu être idiot pour faire quelque chose comme ça sur un coup de tête et il l'était certainement. Mais pourquoi rester ici, après tout ? Pour les autres, leurs « amis » ? Si Logan avait mis tant d'efforts à créer cet endroit, ça n'était certainement pas pour offrir aux survivants de toute la région un endroit où s'installer. C'était pour que sa fille puisse grandir à l'abri et désormais, elle était morte. C'était pour avoir une chance de construire une famille avec Joy et elle batifolait maintenant avec ce crétin de Declan sans plus se soucier de lui, pas plus qu'il ne s'en souciait réellement. Alors à quoi bon ? Être le chef de cette communauté ne lui apportait plus aucune satisfaction depuis longtemps, si tant est qu'il ait aimé cela un jour. Le seul moment où il s'était senti bien ces derniers mois, c'était lorsqu'il avait quitté le camp pour rejoindre le chalet de Maxine quelques semaines plus tôt, seul sur la route au volant de sa Aston. Ça avait été difficile de résister à l'envie de ne jamais rentrer, il ne l'avait fait que pour ses enfants, mais même cet argument commençait à faiblir à la lueur de la nuit passée dans l'angoisse de mourir. Octavia était encore assez jeune pour qu'il puisse vivre sa vie sans qu'elle n'en soit trop perturbée et Isha... Probablement à tort, Logan se mettait à penser qu'il serait assez grand pour comprendre et peut-être même content pour son père adoptif. « Peut-être pas pour toujours, juste... Quelques jours, quelques semaines, j'en sais rien. » tenta-t-il de tempérer un peu.

Ça lui était égal, honnêtement, qu'ils ne doivent jamais remettre les pieds ici ou qu'ils ne partent que deux jours. Il voulait seulement s'éloigner. Vivre. Ce qu'il savait, en revanche, c'est qu'il allait devoir s'expliquer et être très convaincant s'il espérait vraiment qu'elle le suive. « Non merci, ça va. » refusa-t-il rapidement à son offre de s'asseoir. Il s'éloigna un peu, fit quelques pas au hasard dans l'entrée le temps d'ordonner ses idées, de chercher ses mots. Ils avaient discuté tellement souvent de leur relation ces dernières semaines que ça en devenait ridicule et qu'il ne savait même plus vraiment où il en était et ça l'agaçait prodigieusement d'être là ce matin, avec un nouvel avis sur la question pour la perturber encore plus. « Écoute, je... » De nouveau, il s'arrêta de tourner en rond pour lui faire face, conservant plus de distance cette fois, comme s'il craignait de l'effrayer pour de bon s'il s'approchait encore. Il devait ressembler à un fou et il le savait, mais ça ne l'inquiétait pas outre mesure pour l'instant. « On peut aller ailleurs, si tu préfères, ça m'est égal. Tout ce que je veux, c'est partir d'ici et être avec toi. »

Quelques secondes, il cessa de parler, pour lui laisser le temps d'assimiler l'information sans doute. C'était beaucoup et en totale contradiction avec ce qu'il lui disait et se répétait à lui-même depuis des mois. Mais finalement, ils avaient tous eu raison. Joy, Kelly, Maddie. Elles avaient toutes vu ce qu'il refusait d'admettre depuis une décennie entière. Et il était hors de question que Logan perde encore dix ans à se voiler la face, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rien changer, qu'il soit vraiment trop tard. Il voulait cesser de se poser des questions et d'hésiter à se lancer sous prétexte que Juliet ne lui offrait aucune réponse vraiment claire. Légèrement hésitant, il avança encore un peu pour réduire la distance qui le séparait de son ex et tenta un nouveau sourire, toujours presque invisible. Son ton était bien plus mesuré lorsqu'il osa reprendre la parole, son air plus calme enfin. « Je crois que ça nous ferait du bien d'être en tête à tête, pour une fois, sans tes parents ou Kelly ou Joy pour se mettre en travers de notre chemin. Peut-être que ça changera rien, peut-être que dans deux heures t'en auras assez de moi ou l'inverse et qu'on sera de retour, mais... J'ai pas envie de passer encore dix ans à me demander ce qui se serait passé si on avait essayé. » Le plus important, finalement, c'était ça. Ils n'avaient plus l'excuse d'être des gamins effrayés à l'idée de devenir parents ou blessés dans leur orgueil pour des raisons stupides. Les parents de Juliet ne viendraient plus s'interposer et les empêcher de vivre leur vie. Ni Kelly ni Joy ne se décideraient à repointer le bout de leur nez soudainement après avoir disparues pendant des mois. Ils ne restaient rien qu'eux deux, seuls avec leurs choix, qu'ils soient bons ou mauvais. Et peut-être que partir ressemblait à une solution un peu trop définitive simplement pour ce qu'il espérait, mais il ne le croyait pas. Ici, il y aurait toujours un problème, qu'il s'agisse d'un fantôme pesant sur leurs épaules ou une nouvelle difficulté se présentant à leur porte. Logan continuerait d'être assailli de responsabilités et l'on attendrait de lui qu'il débarrasse la ville d'un autre monstre bien vivant. L'absence de Maddie, d'Eulalie, continueraient de peser sur Juliet jusqu'à la tuer. Partir, c'était le seul moyen, aussi idiot et immature cela puisse sembler, de s'éloigner réellement de tout cela, de tout le monde et de ne se concentrer que sur eux, sans distraction, pendant un instant.

« Je sais que ça a l'air dingue, mais... Qu'est-ce qu'il nous reste, ici ? » demanda-t-il, désignant la maison autour d'eux d'un geste vague, le ton las. Ce serait mentir que de prétendre qu'il ne s'était pas attaché aux autres survivants du camp et il savait qu'il en allait de même pour Juliet, mais à choisir entre n'importe lequel d'entre eux et elle, la question ne se posait même pas pour lui, et certainement pas ce matin.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Mer 6 Déc 2017 - 21:21
Elle observa Logan se mettre à faire les cent pas dans son entrée sans broncher, se demandant ce qui pouvait bien se passer dans son esprit à cet instant précis, pour qu’il ressemble ainsi à un lion en cage. Il semblait en proie à une nervosité qu’elle ne lui connaissait pas, à une agitation perceptible, qui menaçait d’atteindre la jeune femme à son tour. Même la proposition de s’assoir un peu pour boire une tasse de café, cette boisson dont ils étaient devenus accros ensemble, ne sembla pas tenter le mécano, qui refusa, en proie à de nouvelles pensées qui échappaient totalement à Juliet. Cette dernière prit finalement appui sur le mur derrière elle, ne quittant pas du regard les gestes de son ex, qui s’arrêta subitement au beau milieu de l’entrée pour reprendre la parole, et prononcer des mots que Jules n’aurait jamais pu prédire. « -Avec…moi ? »

Elle resta à le fixa d’un air incrédule pendant de longues, très longues secondes, se demandant si elle avait bien entendu les paroles prononcées, si elle les comprenait bien, ou si c’étaient toutes les émotions récentes qu’elle avait ressenties, et la fatigue qui lui jouaient des tours. Il venait vraiment de dire qu'il voulait partir…avec elle ? «-Mais je croyais que...» Qu'il été passé à autre chose, avait tourné la page, été tombé amoureux d'une autre femme. N’avait-il pas passé ces derniers mois à lui répéter qu’il avait choisi une autre femme, et que désormais il voulait faire sa vie avec Joy ? Que c’était elle qu’il aimait, et qu’ils avaient manqué leur chance d’être ensemble ? C’était bien ça la conclusion de la conversation houleuse qu’ils avaient eu au bord du lac, non ? C’était Joy à présent. Joy, et pas elle. Il avait été clair sur le sujet, à maintes et maintes reprises, d’ailleurs. Et dieu savait que depuis l’arrivée de Maddie à Fort Hope, la rouquine avait abordé le sujet à de trop nombreuses occasions avec le barbu, enchaînant les sous-entendus aussi peu discrètement qu’elle savait le faire. Ce revirement de situation pour le moins inattendu laissa la jeune femme incapable de réagir, tandis que les paroles de Logan se répétaient en écho dans son crâne. Jules se passa une main sur le front, ses doigts se perdant dans ses longs cheveux bruns tandis qu’elle fixait le sol, tentant d’assimiler les paroles tout juste prononcées par Logan.

La jeune femme releva ses yeux vers le barbu lorsqu’il fit un nouveau pas vers elle, et elle plongea son regard azur dans les yeux sombres de Logan, tandis qu’il reprenait la parole, expliquant un peu plus ses envies, ce qu’il attendait de leur fuite de Fort Hope. Un nouveau départ. Une seconde chance. La possibilité de refaire un essai, et de réparer les nombreuses erreurs qu’ils avaient accumulés ces dix dernières années. Peut-être avait-il raison, sans toutes ces personnes qui avaient semé des embûches sur leur chemin depuis la dernière décennie, ils arriveraient peut-être à réparer les pots cassés, et à faire ce qu’ils auraient dû faire dix ans plus tôt, s’ils n’avaient pas été aussi fiers et bornés. Mais il n’y avait sans doute qu’un seul moyen de le savoir, aussi effrayant cela était-il.

Par réflexe, son regard suivit le geste vague de Logan, tandis qu’elle découvrait tous ces vestiges de ce qui avait été un début de matinée comme un autre : la tasse à thé de Maddie sur le plan de travail, qui devait sans doute contenir encore quelques gorgées de liquide désormais froid, ses écrits éparpillés sur la table du salon qu’elles utilisaient peu, ces photos que la rouquine avait tant tenu à disséminer un peu partout dans la maison pour s’approprier les lieux. Tant de fragments du passé qui serraient plus le cœur de l’artiste qu’ils ne la réconfortaient. Et puis il y avait ces deux chambres à l’étage aux portes closes, dont les locataires ne fouleraient plus jamais le sol, et qui ne faisaient que rendre l’endroit encore plus vide et froid. Il n’y avait plus rien pour Juliet ici, rien d’autres que des souvenirs pénibles qui viendraient la hanter à chaque instant. Ça avait été son ressenti sur Fort Hope quand Eulalie était morte, et qu’elle voyait sa fille partout, à chaque instant, en train de dessiner près d’elle sur le canapé, marcher à ses côtés dans les rues du camp, devant la porte de la maison de Logan, courir près du lac. Fort Hope ne rimait désormais qu’avec douleur. « -C’est insensé… » laissa-t-elle finalement échapper à mi-voix, sans vraiment savoir si elle se parlait à elle-même, ou si elle s’adressait à Logan.

Une nouvelle fois, elle passa une main dans ses cheveux, et garda le silence quelques instants de plus, avant de prendre une grande inspiration. « -Je vais chercher mon sac. » Puis après un regard vers Logan, Juliet grimpa à l’étage chercher ce sac à dos qui était toujours prêt pour faire face à toutes éventualités. Elle y fourra quelques vêtements supplémentaires, puis redescendit sans se retourner sur ce qu’elle laissait derrière elle, sans un regard sur ce qui restait dans sa chambre, sans s’arrêter sur le seuil de la chambre de Maddie, sans marquer la moindre hésitation. Il fallait qu’elle s’en tienne à sa décision de quitter la maison, Fort Hope, et cet endroit de malheurs, et pour cela, il fallait qu’elle s’interdise le temps de la réflexion. Elle ne voulait pas prendre la peine de vraiment penser au sujet, et se donner l’occasion de constater que c’était totalement irréfléchi et impulsif, elle voulait juste partir, quitter le camp, et saisir cette opportunité. Peut-être qu’ils se rendraient compte qu’ils n’arrivaient effectivement plus à se supporter, ou que quoi qu’ils soient désormais l’un pour l’autre, ça n’impliquait plus aucun sentiment amoureux. Mais le seul moyen d’en être bien certain, c’était de profiter de ces quelques jours que Logan leur offrait loin d’ici, de ce répit dont ils avaient tous les deux désespérément besoin. Et même s’ils n’arrivaient pas à renouer avec ces jeunes adultes fous d’amour qu’ils avaient été, Jules restait persuadée que changer d’air leur ferait sans aucun doute beaucoup de bien.

Arrivée au rez-de-chaussée, elle ajouta à son sac le livre d’Alair, la photo préférée de Maddie qu’elle ne pouvait laisser derrière elle, et qui leur avait valu un mauvais moment au club de golf de Détroit, puis se rapprocha de l’entrée, où se trouvaient toujours Logan et Octavia. Juliet enfila son sac à dos, puis regarda longuement son salon, comme si elle essayait d’en graver chaque détail, pour se souvenir plus tard des raisons exactes qui l’avaient poussé à fuir cette maison. « -Y’a plus rien pour nous ici. » Elle tourna son regard azur vers le barbu, avec cet air déterminé qu’elle arborait toujours quand elle avait décidé de quelque chose et qu’il serait très peu probable de réussir à la faire changer d’avis. Elle attrapa un gros gilet qu’elle noua autour de sa taille, ramassa le sac de Logan au sol, puis ouvrit la porte d’entrée prête à tourner la page Fort Hope, au moins pour ce chapitre-ci.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Ven 8 Déc 2017 - 12:04
Insensé était bien le mot et Juliet mettait le doigt dessus avec expertise, mais elle n'arrivait pas à faire perdre cette idée à Logan, pas plus qu'elle n'arrivait à faire faner son sourire. Insensé, oui, et alors ? Ça lui était égal, vraiment, même s'il mourrait au bout de dix kilomètres. Il aurait bientôt trente-six ans et qu'avait-il fait de tout ce temps passé sur cette Terre ? Rêvé de visiter un jour Hawaï et rencontrer enfin sa famille, tout en repoussant chaque année l'échéance pour une raison parfaitement sensée et logique. Rêvé de faire le tour du pays, du monde, de monter de sa Aston et de rouler jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et il avait repoussé ce projet à chaque fois pour une raison sensée. Rêvé de se planter face à Juliet et de lui dire une fois pour toutes qu'il l'aimait, depuis le premier jour où il l'avait vu derrière le comptoir de ce café dans son tablier vert et qu'il l'aimerait jusqu'à ce qu'il ne cesse de respirer et qu'il voulait l'épouser en dépit de ce qu'en pensait son père ou n'importe qui d'autre dans le monde, mais il avait repoussé cette folie chaque jour pour une raison parfaitement sensée. Il n'avait rien fait de toute sa vie que d'aller au garage tout les matins et de rêver à ce qu'il aurait pu faire s'il en avait eu le courage, s'il avait eu l'argent, s'il avait eu le temps ou l'occasion. Existait-il quelque chose de plus horrible que ça ? Que de passer sa vie à attendre le bon moment sans jamais le trouver ? Il n'y aurait jamais de bon moment, plus maintenant que le monde pourrissait et que les gens autour d'eux mourraient tous les uns après les autres. Ils finiraient par mourir eux aussi sans avoir rien fait d'autre de leur vie que de désespérer d'avoir une chance. Certains de leurs rêves ne pourraient plus jamais se réaliser dans ce monde, mais d'autres avaient encore une chance s'ils arrêtaient de penser deux minutes à ce qui serait le mieux à faire pour penser à ce qu'ils voulaient vraiment.

Alors oui, même s'il savait parfaitement qu'il proposait une idée complètement folle qui aurait toutes les chances de finir en désastre, Logan ne refusait de se laisser abattre par le bon sens et il resta là, à fixer Juliet patiemment tandis qu'elle se terrait dans le silence après avoir pointé du doigt l'évidence. Il souriait, un peu timidement, mais il attendait et il se préparait déjà à devoir attendre toute la journée s'il le fallait, mais il n'en eut pas besoin. Son sourire s'élargit considérablement alors qu'elle lui annonçait qu'elle allait chercher son sac. Il la laissa s'éloigner et se remit à bouger lui aussi, allant jusqu'à la table du salon où il attrapa un stylo oublié au milieu des pages du livre de Maddie. Il en prit une au hasard et y griffonna quelques mots pour Isha, essayant tant bien que mal de lui expliquer les raisons de son départ, le poussant peut-être un peu à vivre sa vie lui aussi quand il pourrait sortir de l'infirmerie, lui promettant sans doute à tort qu'ils reviendraient pour lui plus tard. Lorsque Juliet revint, il plia grossièrement la feuille et la fourra dans sa poche avant de retourner dans l'entrée pendant que la jeune femme continuait de préparer ses affaires. L'excitation du départ commençait à le gagner sérieusement, rendant interminables les quelques minutes qu'elle passa à fourrer dans son sac divers objets avant de revenir près de lui et d'ouvrir la porte. Il l'attrapa quand même par la main avant qu'elle n'ait le temps de faire un pas dehors et se tourna vers elle, pour l'observer simplement, mortellement sérieux tout à coup. Il aurait voulu dire quelque chose, faire quelque chose, mais il se sentait soudainement comme un gamin à son premier rancard, totalement stupide et préféra sortir vite pour éviter d'y penser trop longtemps.

Sa Aston attendait dans l'allée devant sa maison, flamboyante sous le soleil de cette matinée. Même cette simple image, qu'il voyait pourtant tous les jours, lui donnait le sourire. On pouvait le prendre pour un idiot fini d'avoir gardé cette voiture dans un état aussi rutilant pendant tout ce temps, mais ce matin plus que jamais, il en était ravi. Il installa la petite dans son siège à l'arrière et ouvrit le coffre pour que Juliet puisse y mettre les sacs, s'éloignant pour se rendre jusqu'à la maison d'Isha où il glissa la lettre sous la porte. Et en l'espace de quelques minutes, ils se retrouvèrent tous les deux à l'avant et remontèrent la rue pour traverser la grande porte à l'entrée du camp.

Dehors, tout était possible. C'était peut-être même trop, à vrai dire. Il avait pensé à cet hôtel en premier lieu, parce qu'il avait pensé à Eulalie, mais il n'y tenait pas particulièrement finalement. Au contraire, s'ils décidaient d'aller de l'avant ce matin, se plonger dans un road trip sur les traces de leur passé n'était peut-être pas tellement une bonne idée. Aussi, dès qu'ils arrivèrent au bout de Grand Marais Street, l'homme délaissa un instant la route pour poser ses yeux sur sa passagère. « Où est-ce que t'as envie d'aller ? » demanda-t-il avec entrain. « New-York ? La Floride ? La Californie ? J'irais n'importe où du moment que ça ne ressemble pas à Détroit de près ou de loin. » La situation serait très certainement exactement la même partout ailleurs dans le monde, mais du moment qu'il pouvait laisser derrière lui la grisaille de cette ville qu'il avait en horreur depuis dix ans... Il serait prêt à poser ses valises n'importe où.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Lun 11 Déc 2017 - 22:48
Juliet n’eut besoin d’aucun regard en arrière pour savoir qu’elle prenait la bonne décision. Il n’y avait rien d’autre que de sombres heures en perspective pour la jeune femme ici, et elle n’avait pas besoin de ça. Elle n’en avait pas envie. Peut-être même qu’après toutes les épreuves qu’elle avait traversées, elle méritait de penser à elle pour une fois, et de prendre une décision égoïste. Ils le méritaient sans doute tous les deux, d’ailleurs. Et si quitter Fort Hope était leur porte de sortie à toute la tristesse qui les assaillait sans cesse, Juliet était bien décidée à la prendre. Elle sentit les doigts de Logan attraper les siens sur le pas de sa porte, et Jules releva un regard légèrement surprit vers le visage du barbu, avisant son air sérieux, auquel elle tenta de répondre par un léger sourire confiant. Ils auraient bien le temps de regretter cette décision, cette fuite même, plus tard. Pour l’instant, elle n’avait pas envie de réfléchir plus à la question. Ne pas y réfléchir, ne pas se donner le temps de penser une seule seconde à cette décision, pour éviter à avoir à se poser trop de questions.

Tandis qu’Octavia était installée dans son siège auto, puis que Logan allait faire elle ne savait quoi chez Isha, la brune déposa les sacs dans le coffre, puis alla s’assoir à l’avant du véhicule, à cette place qu’elle avait occupé des tas, et des tas de fois par le passé. Elle avait appris à aimer cette voiture, sans doute pas avec la même ferveur que Logan, parce que c’était sans doute impossible, mais elle aimait tous les souvenirs qui y étaient rattachés. Lorsque le mécano la rejoignit dans la voiture, elle lui adressa un simple signe de tête, comme pour lui signifier une nouvelle fois silencieusement qu’elle était toujours d’accord, et qu’il lui tardait même de quitter ce camp. Et bientôt, les portes de Fort Hope ne furent plus qu’un petit détail dans le rétroviseur de Rooney, un vestige qu’ils étaient tous les deux prêts à laisser derrière eux.

Juliet ouvrit la fenêtre, profitant de l’air clément qui régnait à l’extérieur, tout en veillant à ce qu’il n’y ai pas trop d’air qui rentre dans l’habitacle et vienne déranger Octavia à l’arrière. Elle passa sa main par la fenêtre, laissant les courants d’air jouer entre ses doigts, tandis que le coin de ses lèvres se relevait lentement. Elle avait l’étrange impression que plus elle s’éloignait de Fort Hope, plus le poids qui plombait ses épaules s’envolait peu à peu. Le chagrin de la perte de Maddie était toujours bel et bien présent, il était venu s’ajouter à la cicatrice qu’avait laissé Eulalie en mourant, mais il y avait autre chose, quelque chose d’assez fort pour tenir les larmes éloignées. Peut-être était-ce l’espoir, de nouveau, de pouvoir vivre des jours meilleurs, Jules n’aurait su le dire car cela faisait très longtemps qu’elle n’avait pas ressenti cela.

La brune tourna son regard azur vers le conducteur, ne pouvant s’empêcher de sourire légèrement quand elle remarqua l’entrain qui semblait vibrer dans la voix de Logan. Elle réfléchit un instant à la destination qui lui ferait plaisir, même si au fond, Juliet connaissait déjà la réponse. Elle voulait aller partout, et parcourir ce pays qui l’avait vu naître. Elle avait toujours voulu voyager, voir le monde, mais n’en avait jamais vraiment eu l’occasion, pas avec la venue au monde d’Eulalie, qui avait prit toute la place dans sa vie, faisant passer les envies de Juliet au second plan, sans pour autant que cela dérange la jeune femme. Elle pensait autrefois qu’elle aurait toute la vie devant elle pour profiter de sa gamine, et l’emmener à la plage avec elle, ou au bout du monde. Le destin, s’il existait vraiment, en avait pourtant décidé autrement.

Jules avait toujours rêvé d’aller dans tous ces endroits qu’il lui décrivait, rêvant de parcourir Hollywood Boulevard, de dessiner le pont de San Francisco, de grimper tout en haut du Rockfeller Center et d’attendre que les lumières de la ville commencent à s’y allumer, de se dorer la pilule sur les plages de Miami. Mais elle n’en avait rien fait, et par les temps qui courraient, Juliet savait bien que rien de tout cela ne serait plus possible. D’ailleurs, n’était-ce pas un peu dangereux de ne vouloir visiter que des grandes villes ? N’y aurait-il pas plus de rôdeurs, là-bas ? Plus de pilleurs ? Plus de barbares qui ne vivaient désormais que par la violence et pour le sang ? Et toutes ces voitures qui leur bloquerait sans doute la route, les empêchant d’accéder à leur destination ? Auraient-ils assez d’essence pour aller au bout de leur voyage ? Trop de questions, et trop peu de réponses.

Juliet se détourna légèrement pour couler un regard vers Octavia. Au final, peu importait la destination. Il leur suffisait juste de trouver un nouvel endroit, une place rien qu’à eux, et ils pourraient toujours en changer quand le cœur leur en dirait, pour trouver une nouvelle ville où se fabriquer de nouveaux souvenirs. « -Pourquoi tu roulerais pas tout simplement…et dès qu’on verra un nom de ville qui nous plaît, on s’y arrêtera ? » Pas de plan précis, et la place totale à l’imprévu. Ils étaient bien partis sur un coup de tête, ils pouvaient bien choisir de s’arrêter dans une ville, ou dans une autre, pour les mêmes raisons, non ?

Et c’est comme ça qu’ils avaient fini par s’arrêter devant une maison de Oak Grove, environ une heure trente plus tard, quand le doigt de Juliet s’était pointé sur une bâtisse, et qu’elle avait simplement dit « -Celle-là ! », sans pouvoir dire pour autant pourquoi celle-ci et non une autre. Ils auraient sans doute pu enchaîner les miles sans problème, Juliet ne doutait pas que Rooney supporterait la distance grâce aux bons soins de Logan, mais Octavia commençait à ronchonner à l’arrière, et l’arrêt devenait nécessaire. Juliet avisa la maison avec un sourire, avant de tourner son visage vers Logan. « -Ça te va ? » demanda-t-elle malgré tout, se disant qu’elle rejoindrait sans opposer la moindre résistance n’importe quelle autre maison qui aurait pu plaire davantage au jeune mécano. « -Et toi, ça te va ? » demanda-t-elle une nouvelle fois en se tournant vers Octavia, ne recevant de la petite fille qu’une nouvelle protestation, qui arracha une vague grimace à la brune. « -Je peux aller jeter un coup d’œil si tu veux... » se risqua-t-elle, même si elle pensait pouvoir prédire la réponse que le barbu adresserait à sa proposition.
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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Jeu 14 Déc 2017 - 10:32
Simplement rouler jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, voilà quelque chose dont Logan se sentait parfaitement capable, c'était peut-être même exactement ce qu'il lui fallait en ce moment. Les routes du Michigan manquaient de charme, grises et droites au point de lui filer ce même éternel désir de rentrer à la maison, pour de vrai, mais malgré cela, il avait choisi la direction totalement opposée, mettant d'autant plus de distance entre le Vermont et lui et ça ne le dérangeait pas tant que ça. Ils avaient roulé pendant un certain temps, entre les obstacles sur le chemin et le silence tranquille dans l'habitacle, seulement perturbé par Octavia qui babillait de temps à autre pour se rappeler au bon souvenir des adultes. Et lorsque Juliet demanda à s'arrêter, Logan aurait presque considéré qu'ils étaient désormais à une distance acceptable de Détroit, dans une minuscule petite ville perdue au milieu d'une plaine dénudée qui suffirait peut-être à lui offrir sa dose de verdure minimale. La maison qu'elle avait choisi n'inspirait pas grand chose à l'homme lorsqu'il se gara dans l'allée devant l'entrée et leva les yeux dessus pour l'observer, mais elle semblait en bon état et il ne demandait vraiment rien de plus à la vie actuellement. Le paysage totalement plat leur permettrait de voir venir le danger rapidement et la petite commençait à s'impatienter sérieusement, alors... C'était aussi parfait qu'ailleurs et il l'affirma à la jeune femme d'un simple hochement positif de la tête lorsqu'elle lui posa la question.

Sa mâchoire se crispa légèrement lorsqu'elle proposa d'aller inspecter les lieux, mais après une petite seconde de réflexion, il planta son regard dans celui de la brune et souffla, contre toute attente : « Ok, je garde un œil sur la petite alors. Mais fais attention à toi, d'accord ? » Il ne doutait pas le moins du monde qu'elle le ferait, mais il fallait bien qu'il le dise quand même, ne serait-ce que pour évacuer un peu de la frustration qu'il ressentait à ne pas tout contrôler de A à Z, pour une fois. Elle l'aurait sûrement laissé faire, pourtant, elle ne pouvait pas être passé à côté de ce tout petit défaut après quinze ans à le fréquenter et elle s'en accommodait souvent bien mieux que les autres, mais... Il faudrait bien qu'il apprenne à se reposer sur elle aussi, s'ils voulaient s'en sortir pendant ce road-trip improvisé. Aussi, il la laissa s'éloigner en parvenant même à retenir une quelconque grimace de déformer ses traits et profita simplement de se retrouver en tête à tête avec sa fille pour la sortir de son siège auto et la prendre dans ses bras quelques minutes, lui murmurant quelques mots en la berçant tranquillement pour faire passer la crise de larmes qui venait de la prendre à peine avait-elle posé les yeux sur son père. Il ne laissa pas plus de quatre ou cinq minutes d'avance à Juliet avant de sortir à son tour de la voiture, Octavia toujours dans ses bras, pour entrer dans la maison d'un pas prudent, mais désarmé sans une main libre pour tenir son couteau et il eut le plaisir de découvrir une maison vaste, peut-être un peu trop poussiéreuse, mais calme et rien qu'un petit brun de ménage ne réglerait rapidement. Le temps d'ouvrir une fenêtre pour dissiper l'odeur de renfermé qui régnait entre les murs et de rentrer leurs affaires et il se retrouva de nouveau sans rien à faire à attendre que Juliet n'en ait fini avec sa partie du travail.

Les choses se compliquèrent considérablement lorsque la visite anti-rôdeurs pris fin et qu'ils se retrouvèrent de nouveau dans la même pièce, tout danger écarté et le silence qu'ils maîtrisaient si parfaitement de retour quand Octavia fut calmée, nourrit et confortablement installée dans son siège posée sur un fauteuil du salon. L'agitation soudaine et violente qui avait secoué Logan en se réveillant tout à l'heure l'avait définitivement quitté désormais, il ne ressentait aucun regret, aucun remord d'avoir pris la fuite de cette façon, seulement une gêne étrange à se retrouver en tête à tête avec Juliet tout à coup, après avoir dit des choses sans en dire assez. Il y avait pourtant déjà eu d'autres moments de ce genre entre eux ces derniers mois et même plus que ça, des mots qu'ils n'osaient plus se dire depuis longtemps, un baiser, quelques étreintes, mais il y avait eu aussi tellement d'épreuves et de changement rien qu'au cours de l'année écoulée, de la nuit écoulée même... Trop pour que le moindre geste, la moindre parole, lui semble suffisamment naturel tout à coup. Il vint quand même se planter devant elle, accrochant son regard à celui de la jeune femme et poussant son courage jusqu'à étirer un sourire. « On l'a vraiment fait... » souffla-t-il, ponctuant cette remarque d'un petit rire étouffé qui mourut aussitôt. Ils l'avaient fait, oui, mais maintenant le manque de préparation de ce plan frappait Logan de plein fouet. Il avait eu tout un tas d'intention en allant la chercher, mais elles l'avaient toutes quitté désormais et la suite lui venait moins facilement.

Mais il fallait bien continuer d'aller de l'avant, pas vrai ? Aussi, Logan avança encore d'un pas vers la jeune femme, jusqu'à ce que leurs corps se frôlent presque, qu'il puisse sentir son souffle le balayer doucement et la tension grandir jusqu'à emplir tout l'espace. « Isha va sûrement nous tuer si on se décide à rentrer un jour. » Sa voix venait de baisser de quelques octaves encore et ces mots ne servaient qu'à lui faire gagner du temps, ce qui était relativement stupide dans le fond. S'il y avait bien une chose dont ils n'avaient pas manqué ces dernières années, c'était bien de temps. S'il tenait à ce point à parler – et il y tenait, la nervosité le rendait particulièrement bavard – il aurait eu tellement de choses à dire plus importantes, moins tristes aussi. Mais ça ne semblait pas vraiment correct pour le moment, pas avant d'avoir fait le tri. Le moment était plutôt venu pour Logan de prendre son courage à deux mains et, inspirant discrètement mais profondément, il en leva une pour glisser ses doigts contre la joue de Juliet, l'incitant doucement à relever le visage vers lui. Son sourire s'étira un peu plus sérieusement avant qu'il ne se penche un peu plus vers elle et n'ose enfin poser ses lèvres sur celles de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Mer 20 Déc 2017 - 20:54
Même si elle pensait réellement sa proposition quand elle avait demandé à Logan s’il voulait qu’elle aille jeter un coup d’œil à l’intérieur de la maison, Juliet ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il lui réponde de façon affirmative. Elle pensait sans l’ombre d’un doute que le barbu lui dirait qu’il préférait y aller lui, par prudence, et qu’il valait mieux qu’elle reste à l’attendre en retrait, avec la petite. Pourtant, ce furent d’autres mots qui quittèrent les lèvres de Logan, et si Jules en fut hautement étonnée, elle tâcha de ne rien montrer d’autre de cet étonnement qu’un léger haussement de sourcils. Elle hocha rapidement la tête quand il lui demanda d’être prudente, puis elle quitta bien vite la voiture, comme si elle craignait qu’il change d’avis et lui dise que finalement, il préférait aller faire un tour dans la maison lui-même.

La brune sortit donc son couteau, et s’avança d’un pas assuré dans l’allée de la maison, dont elle se retrouva bien vite devant la porte. A l’intérieur, il ne régnait rien d’autre qu’un profond silence, et une odeur tenace de renfermé qui la prit au nez immédiatement. Mais l’heure n’était pas à son petit confort personnel, pas encore, et raffermissant sa prise sur le manche du couteau, Juliet avança dans la maison, visitant chacune des pièces du rez-de-chaussée, avant de grimper les marches pour rejoindre l’étage. Mais force était de constater qu’il n’y avait aucune présence indésirable dans les lieux, humains, ou rôdeurs. La couche de poussière parfaitement uniforme qui couvrait les meubles et les objets en attestait d’ailleurs. Elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir puis se refermer, et elle resta encore quelques instants à l’étage pour finir d’inspecter les pièces qui se trouvaient là-haut. Quatre belles chambres qui devaient jadis accueillir une grande famille, un bureau doté d’une belle bibliothèque qui ferait le bonheur de la brune, et une salle de bain aux dimensions assez impressionnantes. La maison parfaite pour une retraite de quelques jours. Ou plus.

Puisque tout était sécurisé, elle repositionna le couteau dans son étui, avant de redescendre les escaliers pour retrouver Logan et Octavia dans le salon. Les fenêtres ouvertes dissipaient peu à peu l’odeur tenace qui régnait dans les lieux. Le regard azur de la brune se posa sur le père et la fille, qui était en train de retrouver son siège, tandis que Jules sentait une certaine de gêne monter lentement mais sûrement, en elle. C’était ridicule, bien sûr, de se sentir comme ça, mais après tous les non-dits qui existaient entre Logan et elle, toutes les paroles ravalées, elle n’avait aucune idée de par quel bout prendre les choses. Le barbu ne tarda pas à se rapprocher d’elle, commentant à voix haute leur fuite, qu’il semblait avoir du mal à réaliser. Pour toute réponse, Juliet hocha vivement de la tête, le coin de ses lèvres se relevant légèrement. Oui, ils l’avaient vraiment fait. Ils avaient pris leurs affaires, et ils étaient partis, sans plus y réfléchir, sans même se retourner. Et ils étaient là désormais, comme deux idiots, à ne pas savoir vraiment quoi dire, ou faire. Ou du moins, elle ne le savait pas vraiment.

Logan se rapprocha davantage, tandis qu’ils se trouvaient désormais vraiment près l’un de l’autre. Malgré elle, et ses efforts, Juliet sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine, et se mettre à battre un peu trop vite, tandis qu’une certaine tension la gagnait peu à peu. Elle se sentait dans le même état que ce soir-là de janvier, quinze ans plus tôt, au bord du lac Ontario. Elle se mordilla doucement la lèvre inférieure, c’était un tic involontaire qu’elle avait toujours eu quand elle était nerveuse, tandis qu’elle écoutait Logan lui parler d’Isha. Quoi, sérieusement ? Maintenant ? Autant dire qu’elle-même n’avait pas envie de parler du gamin adopté par le mécano. Ni de personne de Fort Hope, ou même de leur passé. En fait, là, tout de suite, elle n’avait tout simplement pas envie de parler du tout. De toutes façons, ils avaient toujours manqué de mots, tous les deux, l’un envers l’autre. Heureusement, Logan semblait partager ses envies, et il la délivra bien vite de toute cette tension en caressant doucement sa joue, et en venant poser ses lèvres sur les siennes.

Les premières secondes furent timides, presque hésitantes, comme s’ils étaient deux adolescents maladroits qui ne savaient pas tellement comment s’y prendre, bien qu’il n’en était rien. Leur passé, l’histoire qu’ils partageaient, ces quinze années derrière eux rendaient la situation particulière, nouvelle, et à la fois, déjà vécue. Intimidante, et excitante. Il ne fallut cependant pas plus de quelques secondes à la brune pour se hausser sur la pointe des pieds, et venir coller sa poitrine au torse du brun, lui rendant ce baiser auquel elle ne croyait plus depuis longtemps. Du moins, jusqu’à ce que Logan vienne toquer à la porte de chez elle, ce matin-même. Elle glissa ses mains sur les hanches du mécano, puis les noua dans son dos, prenant quelques petites secondes de plus pour profiter de ce baiser, avant de se séparer doucement des lèvres du brun. Juliet glissa alors son regard dans les yeux bruns de Logan, tandis que ses lèvres se relevaient petit à petit, jusqu’à ce qu’un large sourire éclaire, enfin, son visage. Est-ce qu’ils avaient vraiment besoin de mots ? Leurs gestes ne pouvaient-ils pas raconter à leur place ce que leur bouche ne parvenait pas à prononcer ?

Profitant de l’instant, et sans se poser davantage de questions, Juliet fondit dans les bras de Logan, ce qui n’était pas vraiment dans ces habitudes. Mais aujourd’hui n’était vraisemblablement pas une journée comme les autres, et là, à cet instant, elle ressentait ce besoin de l’enlacer, et d’enfouir sa tête dans son cou. Et c’était aussi agréable qu’elle l’avait soupçonné. Ce fut la voix fluette d’Octavia qui convainquit Juliet de s’écarter du barbu, un sourire toujours sur les lèvres. Elle posa son regard sur la gamine, fronçant légèrement le nez. La brune se mordilla la lèvre inférieure, avant de se rapprocher doucement de la gamine. « -Je peux la prendre ? » demanda-t-elle presque timidement en s’adressant à Logan, même si elle ne doutait pas vraiment qu’il lui dirait non. Après tout, ils s’étaient lancés tous les trois dans ce road-trip improvisé, et Juliet n’allait certainement pas laissé au barbu le soin de s’occuper tout seul de ce petit bout de chou.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Lun 25 Déc 2017 - 22:37
La sensation était étrange et d'abord assez peu naturelle, les gestes manquaient d'assurance et la gêne se sentait facilement. Ça faisait dix ans. Dix ans que Logan attendait ce moment sans oser l'imaginer, le rêvant quand même et ça ne ressemblait absolument pas à ce qu'il aurait cru, ça n'avait rien d'un grand moment comme on peut en voir dans les films, il avait oublié le goût de ses lèvres et le grain de sa peau, il avait oublié la chaleur de son souffle et la douceur de ses cheveux caressant vaguement ses doigts quand il glissa sa main dedans. Pendant quelques secondes, c'était un peu gênant et peut-être même un peu décevant. Et puis, la pression énorme qu'il ressentait s'envola lorsque la jeune femme se colla contre lui et qu'il réalisa un peu mieux ce qu'il faisait, qu'il avait attendu ça pendant tellement longtemps que ça aurait été totalement stupide de gâcher ce moment en se concentrant sur les différences qui existaient entre la réalité de ce baiser et le souvenir fantasmé qu'il gardait de ceux échangés par le passé. Ce fut tout de suite beaucoup mieux une fois qu'il eut laissé le passé à la porte, sa main se glissant naturellement contre la taille de Juliet, se posant dans son dos pour la presser contre lui. Sa respiration perdait peu à peu le rythme et il aurait pu s'emballer plus encore si seulement la brune ne s'était pas éloignée si rapidement, mettant une fin assez brutale aux ardeurs du barbu.

Mais il se retint de faire quoi que ce soit d'autre, pourtant. C'était facile d'aller de l'avant quand il fermait les yeux, ça l'était beaucoup moins quand il retrouvait le visage de Juliet et que tout devenait tellement réel. Il répondit quand même à son sourire et à son étreinte, tâchant de se réhabituer, de réapprendre et surtout de se calmer, de ne pas trop penser. Ça ne servait à rien pour l'instant, il faudrait qu'ils se retrouve et ça prendrait forcément plus de temps qu'un seul baiser. Déjà s'il parvenait à se débarrasser de cette nervosité bien gênante qui occupait tous ses muscles, ce serait un bon début. Octavia offrit une diversion parfaite, accaparant totalement Juliet pour quelques secondes. « Bien sûr que tu peux la prendre, t'as même pas besoin de demander. » répondit Logan à la question plus que surprenante de la jeune femme, fronçant les sourcils très brièvement. S'il fallait qu'ils passent un long moment juste tous les trois, il faudrait bien qu'elles apprennent à se connaître elles aussi, même si ça n'était peut-être pas aussi évident pour Juliet. Il n'y avait pas pensé, mais il n'aurait pas laissé sa fille de huit mois derrière lui dans tous les cas.

Il la laissa s'échapper pour aller prendre la petite et les observa toutes les deux pendant quelques secondes et ça aussi, ça avait un petit côté étrange. Ils auraient presque pu passer pour une famille, tous les trois, mais il restait une ombre à ce tableau qui serra le cœur de Logan une seconde, le poussant à secouer la tête pour balayer ça au loin et s'approcher pour glisser une main dans le dos de Juliet, remontant jusqu'à son épaule où il s'accrocha finalement et se pencha pour embrasser sa fille sur le front. Il n'aurait pas laissé Octavia derrière, non, mais sa présence risquait de poser quelques difficultés, ne serait-ce que pour que Juliet et lui puissent se retrouver en tête à tête et parler ou faire tout ce qu'ils auraient à faire pour ouvrir pour de bon une nouvelle page entre eux. « Tu veux rester avec elle un moment ? » demanda-t-il finalement. « On pourra parler quand elle dormira. Si ça arrive un jour. » Repousser le moment ne le dérangeait pas tellement, à vrai dire, même s'il faudrait bien s'y résoudre un jour ou l'autre, ne serait-ce que pour décider s'ils restaient ici ou allaient voir ailleurs et quand, pour aller où. Mais pour l'instant, il n'arrivait pas à se détendre et toutes les excuses étaient bonnes pour repousser la conversation. « Je vais m'occuper de la porte et tout ça, qu'on puisse passer la nuit ici sans problème. »

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Mar 26 Déc 2017 - 12:36
Juliet fixait désormais le visage d’Octavia, ses grands yeux qui la fixait sans qu’elle puisse bien sûr comprendre ce qui se passait réellement dans la tête de la brune à cet instant précis. Exactement comme elle s’y attendait, Logan lui confirma qu’elle pouvait prendre la petite dans ses bras, et qu’elle n’avait même pas à demander l’autorisation. Elle savait très bien qu’il ne lui refuserait jamais cela, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de poser la question malgré tout, assez timidement, tout aussi ridicule cela était. Alors Jules avait fait quelques pas de plus, et avait prit Octavia dans ses bras, celle-ci n’opposant aucune résistance à l’idée qu’une inconnue la porte. Elle s’intéressa aussitôt aux longs cheveux bruns de la jeune femme, alors que cette dernière ne la quittait pas du regard, les sourcils légèrement froncés, sa main glissant dans le dos du bébé. C’était…étrange, pas vraiment désagréable, mais Juliet ne pouvait rien faire contre son cœur qui s’était un peu trop serré à son goût. Pourtant elle prit sur elle, et parvint même à adresser un petit sourire à Logan lorsqu’il se rapprocha d’elles, et déposa un baiser sur le front d’Octavia.

Juliet releva ses yeux bleus vers le mécanicien lorsqu’il proposa qu’elles passent un peu de temps ensemble, et bien que Juliet n’était pas certaine qu’elle parviendrait réellement à se sentir à l’aise toute seule avec Octavia, elle accepta d’un bref hochement de tête. Il fallait bien qu’elles commencent quelque part, après tout. Elle tiqua en revanche sur la phrase suivante de Logan, qui annonçait une future conversation qu’ils devraient visiblement avoir, alors que ce n’était clairement pas leur fort à tous les deux. Mais pour l’instant, cette discussion, et l’angoisse que cela faisait monter en Juliet sans qu’elle n’y puisse rien, était remise à plus tard, le temps que Logan puisse sécuriser les lieux. « -On te laisse travailler alors. Je vais lui faire visiter l’étage. » Elle se doutait bien qu’Octavia n’en avait rien à faire des pièces en haut des escaliers, mais cela donnerait en même temps l’occasion à Juliet de pouvoir voir s’il y a avait quoi que ce soit d’utile dans ces chambres. Une fois en haut, elle remarqua au bout d’un long moment, après avoir fait le tour de la première chambre, qu’elle n’avait pas adressé le moindre mot à Octavia, qui ne s’en formalisa pourtant pas, et après un certain effort de sa part, Juliet commença à décrire à la gamine tout ce qu’elle voyait, et en quoi ça pourrait leur servir. Elle se sentait un peu ridicule au début, vraiment pas à l’aise, il fallait dire que ça faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas eu à pouponner, mais au fur et à mesure que les minutes passaient, tout semblait lui revenir avec assez de naturel. Oh, ce n’était encore pas suffisant pour la détendre complètement, et calmer son cœur qui se serrait par vagues, mais ça suffisait à ce qu’elle se sente plus à l’aise, et plus sûre dans ses gestes.

Les deux filles rejoignirent bientôt la dernière chambre, qui avait dû appartenir à un gamin plutôt jeune, très porté sur l’espace et les planètes, si on en croyait les différents objets qui surchargeaient sa chambre, le globe terrestre qui prenait toute la place sur le bureau, les étoiles fluorescentes au plafond, et le mobile des planètes qui pendait du plafond, et qui attira immédiatement l’attention d’Octavia. Elle tendit la main vers le soleil pour essayer de l’attraper, alors que sans trop savoir pourquoi, Juliet lui expliquait de quoi il s’agissait, bien que la gamine soit totalement incapable de comprendre ce qu’elle pouvait lui raconter. Des souvenirs, parfois assez vagues, de ce qu’elle faisait avec Eulalie quand elle avait huit mois lui revinrent en mémoire, mais Juliet les chassa pour l’instant. Elle attrapa la couette pleine de poussière du lit entre deux doigts avec mille précautions, et la tira tout doucement pour éviter qu’un nuage de poussière ne vole en leur direction, puis elle attrapa le drap en dessous, propre, et l’étala par terre pour s’y installer avec Octavia. Sous la couette, elle découvrit un petit castor en peluche qui paraissait en bon état, et elle l’attrapa d’une main, tandis que la petite se mettait à avancer sur les fesses, d’une façon qui fit sourire Juliet, à la découverte de la pièce. Cette dernière ne la quitta pas un seul instant du regard, la ramenant fréquemment au centre du drap pour éviter qu’elle n’aille se salir sur la moquette pas vraiment propre.

Elles passèrent pas mal de temps ensemble, Jules réussissant à se détendre relativement, et même à apprécier réellement de passer ce temps avec Octavia. Oh, elle ne doutait pas qu’inconsciemment elle devait encore être sur la réserve, mais rien que quelques heures et beaucoup de patience ne parviendraient pas à vaincre. Elles avaient finalement quitté l’étage pour rejoindre une nouvelle fois Logan, qui ne tarda pas à finir ses vérifications. Juliet reposa alors Octavia dans son siège, puis annonça qu’elle allait faire un brin de ménage, ce qui semblait impératif s’ils ne voulaient pas mourir étouffés par toute cette poussière. Elle commença donc par secouer les coussins du canapé par la fenêtre, puis jeter la nappe qui recouvrait la table du salon, dont le bois était encore en excellent état, avant de s’attaquer aux meubles. Quelques heures plus tard, le salon était dans un état déjà plus acceptable, et Juliet se laissa tomber sur le canapé. Ils avaient mangé l’une des conserves apportées par Logan, et venaient de fermer les volets du rez-de-chaussée pour allumer quelques bougies sans risquer de se faire remarquer. Certes, cette maison n’avait pas tout le confort que Fort Hope pouvait leur offrir, pas d’électricité, pas d’eau courante, mais c’était sans doute le cadet des soucis de la brune. Ils n’avaient fait qu’échanger des banalités, quelques mots par-ci, par-là, mais maintenant que la petite commençait à somnoler dans son siège, Juliet ne pouvait s’empêcher de sentir une légère tension venir crisper une nouvelle fois ses muscles, à l’idée d’avoir cette conversation dont Logan avait parlé. Pour gagner un peu de temps, ou repousser de quelques minutes l’échéance qui viendrait à terme bien trop rapidement quoi qu’il en soit, Juliet entreprit de débarrasser la table, emportant dans la cuisine les assiettes et couverts sales, qu’elle déposa aussi silencieusement que possible dans l’évier. Là, elle profita d’un petit moment de solitude pour fermer les yeux et se masser les cervicales, sentant tout le stress accumulé au cours de ces derniers jours lui retomber dessus. Il lui faudrait pourtant attendre d’avoir la fameuse discussion avec Logan pour se sentir définitivement plus détendue, elle en était bien consciente.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Jeu 28 Déc 2017 - 20:08
Sans rien dire, Logan laissa Juliet s'éloigner avec Octavia dans ses bras et les suivit du regard jusqu'à ce qu'elles disparaissent totalement, le laissant seul au milieu du salon. Il resta encore un instant sans bouger après leur départ, à regarder autour de lui en poussant un soupir. La maison n'était pas si mal, plutôt grande de ce qu'il avait vu, ce serait certainement un endroit agréable où rester quelques jours du moment qu'ils se faisaient discret.... Après un moment, il se décida quand même à bouger, s'occuper l'aiderait au moins à calmer un peu le stress ou à l'empêcher de penser, en tout cas. Il ne pouvait pas faire de miracle, mais pendant un long moment, il s'occupa de bloquer les issus de la maison à l'aide des meubles qu'il déplaçait d'un peu partout autour de lui, s'assurant que personne ne pourrait entrer de l'extérieur sans y mettre assez d'effort pour qu'ils soient prévenus rapidement. Il devait certainement rester des failles, mais ça suffirait pour la nuit en tout cas. Et lorsque Juliet revint, il était plus ou moins satisfait de ses installations et la relaya pour s'occuper d'Octavia tandis qu'elle nettoyait un peu les alentours.

Le reste de la soirée passa dans cette même ambiance étrangement tendue et normale à la fois, où la banalité de ce qu'ils faisaient, manger, discuter, s'occuper de la petite, tranchait profondément avec la nervosité qui soulignait chaque mot, chaque geste. Mais alors que la soirée s'étirait doucement, que le soleil commençait à disparaître à l'horizon, les paupières de plus en plus lourdes d'Octavia ne laissaient plus beaucoup de place au doute concernant ce qu'elle comptait faire désormais. Logan eut presque envie de la garder éveillée encore un peu, mais il abandonna très vite cette idée, elle méritait bien un peu de repos après cette longue journée, elle aussi. Il informa donc Juliet qu'il montait la coucher à l'étage et profita de cette dernière occasion d'avoir l'excuse de sa fille pour disparaître rapidement. Le manque de préparation de cette sortie lui offrit encore un peu de temps en solitaire, nécessaire pour déplacer le petit lit du garçon qui avait autrefois vécu dans cette maison dans la chambre des parents, où il installa la petite aussi bien que possible pour qu'elle ne tombe pas pendant la nuit.

Malheureusement, une fois la petite couchée et définitivement endormie, les excuses manquaient pour éviter ce que Logan redoutait. La tension était à son comble lorsque le regard du barbu se posa sur Juliet qui avait fini par les rejoindre dans la chambre et ce fut certainement à contrecœur qu'il s'éloigna du petit lit pour s'asseoir au bord de l'autre, invitant la jeune femme à le rejoindre d'un geste de la main. Un sourire éclairait pourtant son visage, sans qu'il n'arrive à le retenir réellement. Il fallait certainement parler, maintenant, il l'avait réclamé bien plus que Juliet d'ailleurs, mais les mots lui manquaient pas mal tout à coup. « Je crois que j'ai pas été aussi nerveux depuis... depuis notre premier rancard. C'est affreux. » Sa main se souleva lentement, jusqu'à se glisser distraitement dans les cheveux de Juliet et retomber mollement sur le matelas. « Pas de regrets ? » demanda-t-il finalement, avec une pointe d'humour parfaitement feinte.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Ven 29 Déc 2017 - 19:27
Juliet ne resta pas seule bien longtemps dans la cuisine, puisque Logan ne tarda pas à se présenter sur le seuil de la pièce pour annoncer qu’il allait coucher Octavia, dont les paupières avaient semblé plus lourdes à chaque instant qui passait. La brune lui répondit par un hochement de tête, avant de rester encore quelques instants seule dans l’obscurité de la cuisine. Puis finalement, comme s’il lui avait fallu rassembler tout son courage, elle quitta la pièce, puis retourna au salon souffler sur les bougies, et récupérer leurs deux sacs. Ses pas étaient silencieux tandis qu’elle gagnait l’étage, puis repérait la chambre parentale, où Logan avait installé Octavia pour la nuit. Toujours aussi discrète, la brune déposa les sacs à l’entrée, avant de s’adosser au cadre de la porte, pour observer cette scène, pourtant incroyablement banale, de ce qui pourrait désormais être son nouveau quotidien. Si seulement cette fois-ci, elle parvenait à ne pas foirer les choses. Elle ressentit un pincement au cœur en se faisant la remarque qu’elle les avait privés tous les deux de ce genre d’instants par le passé en prenant la fuite, mais il n’y avait plus rien qu’elle puisse faire à ce sujet désormais.

Logan finit par remarquer sa présence, et il s’installa sur le lit, puis invita la jeune femme à venir le rejoindre, alors que Jules glissait un regard vers Octavia, puis consentait finalement à venir s’assoir à côté du survivant. C’était ridicule, mais elle se sentit soudainement encore plus mal à l’aise, son cœur s’emballant subitement dans sa poitrine, son regard peinant à soutenir celui du mécanicien. Elle répondit à son sourire par un sourire identique, quoique relativement crispé. Pourtant, l’aveu que le barbu ne tarda pas à faire lui arracha un léger éclat de rire, faisant de même baisser la tension que ressentait la jeune femme, qui parvint à relever ses yeux azurs pour les poser sur le visage de Logan. « -Ouais, moi aussi je suis un peu nerveuse. » Ce qui était à la fois ridicule, et totalement compréhensible. Trop d’années étaient passées pour qu’ils parviennent à se comporter de façon totalement naturelle l’un envers l’autre. Elle sentit vaguement la main du mécano se perdre un instant dans ses cheveux, alors qu’il lui demandait si elle n’avait pas de regrets.

Silencieuse un moment, Juliet leva sa main pour la poser sur la joue de Logan, réapprivoisant après de longues années le contact de sa peau sur la sienne. Elle dessina le contour de sa mâchoire du bout de l’index, avant de passer doucement son pouce sur ses lèvres. Et après ce qui ressemblait à quelques secondes d’hésitation, elle se pencha pour capturer les lèvres du survivant entre les siennes, posant spontanément sa main sur sa cuisse. Elle n’essayait pas vraiment de gagner du temps, pour retarder au maximum cette conversation qu’il avait évoqué un peu plus tôt dans la journée, elle avait juste ressenti cette envie, là soudainement, de l’embrasser, comme pour lui certifier que non, elle ne regrettait absolument pas de l’avoir suivi le matin-même. Un peu à contre-cœur, elle devait bien l’admettre, Juliet finit par se détacher, sans aller pourtant bien loin, tandis qu’un sourire léger fleurissait sur ses lèvres. « -Aucun. » certifia-t-elle malgré tout, préférant le dire à voix haute, comme pour éviter tout non-dit, ou malentendu. Ce qui était malheureusement en quelques sortes, leur grande spécialité.

Elle se sentait légèrement apaisée, bien qu’elle ne pouvait nier qu’une certaine tension l’habitait toujours, un peu malgré elle. Elle ne savait pas réellement si c’était le genre de tension qui pouvait être étanchée par des mots, ou bien si seul le temps, et le fait de reprendre quelques habitudes auprès de Logan, viendraient à bout de cette pression étrange. Juliet se passa un peu nerveusement la main dans les cheveux, avant de glisser un regard sur la gamine, paisiblement endormie à quelques pas de là. « -Tu veux discuter ici, ou on redescend ? » C’était sans doute un peu maladroit, comme proposition, mais elle essayait simplement de certifier à Logan qu’elle n’était pas hostile à la moindre conversation, alors que l’initiative était surtout venue de lui depuis leur départ de Fort Hope. A vrai dire, la jeune femme redoutait un peu ce moment, aucun d’entre eux n’était vraiment un fin orateur, capable d’exprimer clairement ce qu’il ressentait, mais si c’était une étape par laquelle le jeune homme avait envie, ou besoin, de passer, Juliet ne comptait certainement pas le lui refuser.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Mar 2 Jan 2018 - 19:29
Aucun regret. La réponse tira un sourire à Logan, moins crispé peut-être. C'était compliqué, vraiment compliqué, mais il parvenait à se détendre un peu, une seconde après l'autre, un geste après l'autre. Un peu trop lentement pour que le moment soit vraiment parfait, mais ça avait quelque chose d'agréable, dans le fond, de ressentir tout ça. Comme s'il vivait un moment vraiment important. Comme s'il se réveillait tout doucement après un profond coma l'ayant maintenu presque mort une trop grande partie de sa vie. Son regard restait figé sur Juliet, ses mains posées sur elle aussi légèrement que si elle avait été faite de cristal et un sourire fin, timide, continuait de l'habiller tranquillement.

Malheureusement, l'envie de parler réellement s'estompait un peu plus à chaque seconde qu'il perdait pour se lancer. Ça n'était pas si naturel, finalement. Savoir par où commencer, pour aller où aussi et comment... Trop de questions, pas assez de certitudes. Et Juliet termina de les abattre en demandant s'il valait mieux descendre ou non. Le regard de Logan s'arracha à elle pour se poser un instant sur Octavia, paisiblement endormie dans l'indifférence du monde autour d'elle et des changements que sa vie était en train de subir. Elle ne risquait certainement pas grand chose, mais l'idée de la laisser seule réveilla une tempête immense dans les entrailles de Logan, une angoisse aussi profonde que passagère. La veille seulement, il avait cessé de la surveiller quelques heures et elle les avait passé seule et avait risqué de mourir. Elle allait bien, mais... Il se sentait assez incapable de ne pas la surveiller sans arrêt pour le reste de sa vie. Même le temps d'une conversation à l'étage du dessous, alors qu'il serait entre elle et la porte si quoi que ce soit devait arriver, même s'il n'y avait aucune chance que Joshua les trouve ici et qu'il devait même être mort à l'heure actuelle... « Je préfère pas laisser Octavia toute seule pour l'instant. » admit-il finalement, fronçant les sourcils en s'entendant parler. Ça lui semblait ridicule, mais... C'était comme ça, peut-être que ça passerait dans quelques jours.

« On est pas obligés de discuter non plus... » souffla-t-il finalement, baissant les yeux une seconde alors qu'il prenait la main de Juliet dans la sienne. Il observa les doigts de la jeune femme dans sa paume un instant, se mordant la lèvre légèrement tandis qu'il cherchait ses mots. Objectivement, ces deux-là n'avaient jamais été très bon pour faire la conversation et ça semblait encore plus forcé en ce moment que ça ne l'avait jamais été. Il y avait des choses que Logan avait envie de mettre au clair, certes, des choses qu'il aurait voulu lui dire une fois pour toute et passer pour de vrai à la suite, mais s'il n'y arrivait pas... ça ne servait à rien de se forcer, après tout. « Je veux juste que tu saches que je suis désolé, de tout ce qui est arrivé ces dernières années. » reprit-il toujours aussi bas, mais se forçant tout de même à relever le regard peu à peu vers elle. « On a tous les deux dit et fait des choses complètement stupides, mais je ferais tout mon possible pour pas te perdre de nouveau. »

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Jeu 4 Jan 2018 - 22:47
Elle n’avait jamais été des plus à l’aise pour discuter de ce qu’elle pensait et ressentait réellement, et seule Maddie pouvait se vanter d’être l’oreille attentive qui recevait toutes les confidences de Juliet, même les plus inavouables. Oh bien sûr, lorsque Juliet était encore avec Logan, ils discutaient et ne passaient pas leur temps murés dans un profond silence pesant, mais leurs sujets de conversation étaient le plus souvent légers, traitaient de leurs quotidiens, des projets qu’ils avaient ensemble. Ce soir, à cet instant, à voir la façon dont chacun d’entre eux était crispé, le visage sérieux, il n’était pas compliqué de comprendre que la conversation qu’ils devraient avoir relèverait bien moins de la badinerie. Pourtant, Jules était prête à en passer par là si c’était quelque chose dont Logan avait envie, et si ça leur permettait de repartir sur de bonnes bases, pour ce renouveau qu’ils s’offraient.

Par mimétisme, elle posa à son tour son regard sur le petit visage d’Octavia, qui dormait déjà profondément, et elle hocha imperceptiblement la tête quand Logan lui annonça qu’il préférait garder un œil sur sa fille. Juliet ne pouvait pas vraiment dire qu’elle ne comprenait pas, si elle avait cru qu’elle allait y passer, elle aussi, et qu’elle risquait de ne plus revoir le visage de sa fille, mais que contre toute attente elle avait survécu, elle aussi aurait été bien incapable de s’éloigner. Et puis, elle ne savait pas réellement ce qu’il s’était passé la veille au soir, avant que Neo ne vienne la sauver de ce coffre qui la retenait prisonnière. Son regard retourna à Logan quand elle sentit la main du barbu s’emparer de la sienne, et que les yeux du brun lui échappaient, tandis qu’il observait elle ne savait quoi, leurs mains, visiblement. Juliet ne chercha pas à interrompre le cours de sa pensée, et elle resta silencieuse, tandis qu’il se déroulait dieu seul savait quoi dans l’esprit du mécano, lui laissant le temps dont il avait besoin pour décider si oui, ou non, ils devaient discuter.

Finalement, Logan reprit la parole, tandis que Juliet sentait que sa mâchoire se crispait, un peu malgré elle, à ses paroles. Elle se mordit l’intérieur de la joue, tandis que le survivant lui présentait des excuses pour ces années qu’ils avaient gâché, pour leur bêtise, pour tout le mal qu’ils s’étaient fait. Il avait raison, bien sûr, les torts étaient partagés, mais Juliet n’était pas convaincue qu’en discuter, même toute une nuit, parviendrait à guérir ces vieilles blessures pas encore tout à fait cicatrisées. Elle garda le silence quelques secondes suite aux déclarations de Logan, tâchant d’ordonner au mieux ses pensées qui fusaient dans tous les sens. Gardant sa main dans celle du brun, elle se rapprocha sensiblement, se tournant dans le lit pour être face à lui. « -Logan… » commença-t-elle, s’arrêtant presque aussitôt en se demandant par quoi elle devait commencer. Il y avait tant à dire, tant à faire également, qu’il était compliqué de choisir un bout pour débuter les choses.

Elle tenta malgré tout un léger sourire crispé, avant de se décider à se lancer pour de bon. « -Hier, à l’infirmerie, tu m’as demandé si je voulais bien te pardonner. Tu te souviens de ce que je t’ai répondu ? Que c’était fait. Pardonné, et oublié. » Elle n’était pas certaine de vraiment savoir si elle n’allait pas elle-même s’emmêler les pinceaux en commençant comme ça, mais il était sans doute trop tard pour faire marche arrière à présent. « -Je me suis demandée si j’avais dit simplement parce que…hé bien, parce que tu allais mourir, et que je voulais que tu partes en paix, ou une connerie comme ça. Mais c’est pas le cas…je le pensais vraiment. » Elle fronça légèrement les sourcils, se rendant compte à quel point c’était contre nature pour elle, de parler aussi librement de ce qu’elle avait sur le cœur. Elle doutait d’être un jour vraiment à l’aise dans l’exercice, mais maintenant qu’elle avait commencé, il n’était plus question de s’arrêter brusquement, ou d’avoir un retour de pudeur. « -T’as raison, on a été deux imbéciles pendant dix ans, on a passé un temps fou à se manquer, à passer l’un à côté de l’autre, pour de mauvaises raisons. Et j’en suis vraiment, sincèrement désolée. » Elle quitta la paume de Logan pour attraper sa main entre les siennes, et serrer brièvement ses doigts. « -On a la chance de pouvoir refaire les choses biens, et…et j’ai pas envie qu’on gâche ça. Alors…je sais pas, peut-être qu’on pourrait laisser le passé où il est, et…et réapprendre à être ensemble, pas à pas ? » C’était un concept étrange, elle en convenait volontiers, mais elle ne se leurrait pas, et savait parfaitement qu’elle ne se sentirait pas totalement à l’aise envers Logan du jour au lendemain, et qu’il lui faudrait peut-être un peu de temps pour s’autoriser les gestes, et les mots, qu’elle aurait voulu lui adresser cette dernière décennie. Il en allait peut-être même d’ailleurs de même pour lui. Ils avaient changé, tous les deux, en dix ans, et il leur faudrait sans doute du temps pour apprendre à s’apprivoiser de nouveau, et à agir avec naturel l’un envers l’autre.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Sam 6 Jan 2018 - 18:17
Pardonné et oublié... Mieux qu'il ne l'aurait cru, Logan comprenait finalement que c'était peut-être bien possible. La veille, il s'était demandé un instant si elle disait cela pour le rassurer, pour lui permettre de partir en paix et même s'il avait effectivement cru que c'était bien cela, il ne lui en avait pas voulu, avait accepté ce pardon égoïstement. Mais les choses avaient changé. Totalement, complètement. Mourir était et resterait certainement l'expérience la plus angoissante et la plus traumatisante que Logan ait jamais vécu. Et maintenant, tout cela, ces dix années de rancœur, de douleur, ça lui semblait tellement négligeable qu'il réalisait qu'effectivement, il avait oublié et pardonné, même les pires choses que Juliet ait pu lui faire. Mais fallait-il réellement laisser le passé derrière eux pour de bon ? Logan n'arrivait pas à répondre à cette question et il ne trouvait pas mieux la solution dans les yeux de Juliet. Il y avait eu tant de choses, tant de moments difficiles et de douleurs. Il ne voulait plus de ça, il voulait tout balayer, mais craignait bêtement qu'en choisissant d'oublier sans en parler, ils laissent simplement la douleur s'endormir jusqu'à ce qu'elle ne se réveille soudainement un matin, sans crier gare, et qu'amplifiée par le temps, métamorphosée en violente tempête, elle ne leur arrache tout sur son passage. Ils s'étaient manqués, perdus si souvent et il savait dores et déjà qu'il ne supporterait pas de la perdre à nouveau et que si cela arrivait, ce serait la dernière fois.

Malheureusement, il ne savait pas mieux comment expliquer tout cela, comment mettre des mots sur cette crainte. Il n'était pas comme elle, même s'ils partageaient tout deux cette difficulté à s'ouvrir honnêtement, il fallait voir la vérité en face, les choses avec le spectre logique et froid de la réalité. Au-delà de manquer de la maturité émotionnelle pour s'exprimer sincèrement, Logan manquait aussi de vocabulaire, de complexité dans son discours et dans son raisonnement. Des choses triviales, sans doute, mais qui l'accablaient actuellement et le poussèrent finalement à faire un simple signe de tête, un hochement positif pour approuver la décision de Juliet de ne pas se lancer sur cette pente glissante qui menaçait de les précipiter au fond du gouffre à la moindre erreur dans une parole. À la place, il dégagea ses mains de celles de la jeune femme et se pencha de nouveau vers elle, attrapant son visage pour la garder contre lui tandis qu'il l'embrassait une fois de plus, en chassant rapidement toute pensée qui puisse vouloir s'imposer. S'il ne savait pas mettre de mots sur ce que contenaient son cœur et sa tête, alors tant pis, il y mettrait des gestes et s'exprimerait d'une façon qu'il maîtrisait.

Il ne la laissa pas lui échapper jusqu'à ce que son souffle commence à s'épuiser et s'éloigna alors légèrement, détournant le regard pour le poser brièvement sur le petit lit où Octavia dormait paisiblement, regrettant un instant de l'avoir installée ici. Tant pis. Rapidement, il se remit debout et prenant la main de Juliet dans la sienne, l'invita à se lever aussi. Dès que ce fut chose faite, il ne perdit pas un instant de plus pour quitter la chambre, prenant seulement le temps de refermer la porte assez doucement pour ne pas réveiller sa fille et traversa le couloir en traînant la jeune femme derrière lui, jusqu'à ce qu'il ne retrouve la trace d'une autre pièce, une chambre d'amis sans doute, cela ne le préoccupait pas du tout à vrai dire. Une légère hésitation le traversa lorsque la porte fut refermée derrière eux, alors, certainement, qu'il réalisait ce qu'il s'apprêtait à faire, après tant d'années. Mais il l'ignora, repoussa ce doute au loin en s'approchant de nouveau de Juliet, posant ses mains sur les hanches de la jeune femme qu'il repoussa doucement mais fermement contre la porte, gagnant de nouveau le chemin de ses lèvres qu'il n'avait finalement plus aucun mal à franchir. Son cœur s'emballait assez vite pour qu'il ne ressente plus rien d'autre que ce qui tenait presque du besoin viscéral de la sentir, de la toucher. De la retrouver, tout simplement.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Lun 8 Jan 2018 - 22:03
C’était une opération plutôt compliquée que d’exprimer exactement, à cet instant précis, tout ce qu’on avait pu retenir des dix années qui venaient de s’écouler, et qu’on avait préféré garder pour soi. Bien sûr, quoi qu’ils fassent, ou disent, Logan et Juliet ne pourraient jamais effacer ce passif qui existait entre eux, tout ce qu’ils s’étaient fait subir mutuellement, et qu’ils avaient dû endurer en silence. Pourtant, il fallait bien admettre, du moins tel était le point de vue de Jules, qu’il valait mieux pour eux éviter de se replonger dans ces événements, ces décisions, ces choix pas toujours très bons qu’ils avaient fait, pas toujours pour les bonnes raisons. Ça aurait pu être le cas, pourtant, la brune n’avait pas menti quand elle avait dit à son ex que tout était pardonné et oublié, et désormais, dans cette grande chambre, elle se sentait prête à aller de l’avant, et à saisir cette nouvelle opportunité de faire désormais les choses correctement, de prendre les bonnes décisions. En silence, ses yeux rivés dans le regard sombre du mécano, elle attendait sa réponse, peut-être un peu anxieusement, aux paroles qu’elle venait de dire. Logan gardait pour l’instant le silence, ce qui ne manquait pas d’inquiéter la jeune femme. Peut-être qu’après tout, il y tenait vraiment à cette conversation dont il lui avait parlé un peu plus tôt, et que pour lui, il fallait parler du passé, pour éviter d’en réitérer les erreurs. Pourtant, au bout de ce qui ressembla à une éternité pour Juliet, il hocha lentement de la tête, pour signifier à la jeune femme qu’il approuvait ses paroles. Alors seulement, la brune s’autorisa un léger sourire, contente de constater qu’après toutes ces années d’incompréhension entre eux, ils parvenaient encore à être d’accord sur quelque chose.

Juliet n’avait pas esquissé le moindre mouvement, ou prononcé le moindre mot, quand les mains de Logan se posèrent sur son visage, et qu’il l’attirait à lui pour lui donner un long baiser. Petit à petit, c’était comme si son corps retrouvait l’habitude du contact de celui du jeune homme, et Jules se redressa légèrement pour se rapprocher, prenant appui sur l’une des cuisses du survivant. Elle perdit le fil de ses pensées, en oublia la nervosité qui animait ses gestes, et la tension qu’elle ressentait quelques instants plus tôt, alors que toute son attention était désormais focalisée sur la pression qu’exerçaient les lèvres de Logan sur les siennes. Quand il se recula légèrement pour poser son regard sur la gamine endormie un peu plus loin, Juliet ne le quitta pas du regard, le souffle court. Elle aurait donné cher pour comprendre ce qui traversait son esprit à cet instant précis, et elle ne tarda pas à en avoir un aperçu lorsqu’il attrapa sa main, et l’entraîna dans son sillon, loin du bébé endormi.

Sa main dans celle de Logan, ils rejoignirent une pièce un peu plus loin dans le couloir, alors que la porte fut bientôt refermée sur eux, et Juliet doucement poussée contre le battant en bois. Elle sentait les mains chaudes du barbu à travers le tissu fin de son t-shirt, et ses lèvres s’emparer des siennes, pour ne plus les quitter. Oubliant bien vite ses résolutions d’y aller pas à pas, comme elle l’avait pourtant mentionné elle-même un peu plus tôt, Juliet glissa l’une de ses mains dans la nuque de Logan, comme pour le rapprocher davantage d’elle. Son cœur cognait contre sa cage thoracique de façon désordonnée, semant le trouble dans ses pensées, et l’empêchant de réfléchir de façon cohérente. Mais il y avait-il encore matière à réfléchir ? Ils savaient tous les deux pourquoi ils avaient pris la route ce matin, ce qu’ils faisaient dans cette maison, et même ce qui les attendaient quand la porte de cette chambre s’était refermée sur eux. Les choses étaient claires, plus claires qu’elles ne l’avaient été ses dix dernières années, et rejetant au loin ce qui traversait son esprit, Juliet décida de mettre son cerveau sur OFF, et de laisser, pour une fois, son cœur prendre les rennes.

Ses mains quittèrent finalement la nuque de Logan pour venir se faufiler sous son haut, et caresser la peau douce de son torse, et de son dos. Elle ne tarda pas à le débarrasser de ce t-shirt qui n’avait désormais plus aucune utilité, et qui rejoignit donc le sol. Ses mains retrouvèrent bien vite la peau chaude de Logan, tandis que du bout des doigts, elle dessinait le contour de ses muscles, de ses épaules. A son tour, la brune fut débarrassée de son t-shirt, et il ne faisait aucun doute que le reste de leurs habits ne tarderait pas à subir le même sort. Elle échappa quelques secondes aux lèvres de Logan, tâchant de reprendre un souffle un peu plus régulier, alors que ses yeux s’ancraient dans ceux du survivant. Et tout en défaisant le bouton du pantalon du barbu, elle l’entraîna vers le lit qui se trouvait à l’autre extrémité de la pièce. Comme supposé, leurs vêtements se retrouvèrent bientôt dispersés au petit bonheur la chance un peu partout dans la pièce, alors qu’ils finissaient par s’étendre sur les draps du lit dont ils avaient retiré la couette.

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   Ven 12 Jan 2018 - 9:43
L'espace d'un baiser, les doutes et les hésitations s'étaient finalement envolés. Et, un geste après l'autre, Logan avait retrouvé l'assurance et le naturel qui lui manquait tant face à Juliet, pour se plonger dans leur étreinte sans plus penser au reste. Son corps avait fini par reprendre le dessus, c'était finalement tout ce qui importait réellement. Dix ans s'étaient passés sans qu'ils ne se touchent, sans qu'ils ne fassent plus qu'imaginer que cela arriverait de nouveau un jour, mais ça n'était rien, vraiment rien, au moment de passer à l'acte. Et jusqu'à les laisser essoufflés entre les draps d'un lit qui n'étaient pas le leur, Logan était même parvenu à ne plus penser à ces dix années, envolées d'un seul coup par un souffle. Il n'y pensa de nouveau que lorsque ses yeux se posèrent sur le plafond usé de la chambre, alors que son cœur retrouvait doucement un rythme plus convenable et que le corps nu de Juliet contre le sien continuait de réchauffer sa peau légèrement. Ses bras toujours passés autour d'elle, il se sentait finalement apaisé. Pas tant par l'activité physique et les substances qui courraient dans son sang pour lui donner l'illusion du bonheur, mais par l'impression étrange que toute chose avait retrouvé sa place. Le vide immense que la jeune femme avait laissé dans sa vie en prenant la fuite venait d'être comblé et les craintes, de la plus ridicule à la plus pertinente, avaient fini par s'estomper contre sa peau. Et tout à coup, au milieu de cette nuit d'Avril un peu fraîche, il savait. Tout ce temps, ça n'avait été que Juliet. Qu'importe les femmes passées dans son lit, qu'importe celles, même, qui étaient parvenues à le toucher un peu plus profondément qu'une caresse sur son corps. Qu'importe combien il avait aimé Joy, combien il avait désiré tourner la page réellement. Sa vie ne trouvait de sens, son âme ne trouvait le repos que pour Juliet. C'était elle et ça avait toujours été elle, depuis la première fois qu'il avait posé les yeux sur elle dans ce petit café du centre-ville de Burlington, un matin d'hiver seize années plus tôt.

Le silence était total dans la maison toute entière et le calme imperturbable. Quelques minutes semblables à des heures, Logan profita de tout cela, sans bouger, sans parler, sentant simplement le poids léger et la chaleur rassurante de la jeune femme couchée contre lui. « J'aimerais passer quelques jours chez moi. » souffla-t-il pourtant au bout d'un moment. « Voir la tombe de ma mère une dernière fois, récupérer quelques affaires pour Octavia... » Faire le tri dans ce qui lui importait réellement ou non devenait finalement plus simple. Et d'une certaine manière, ce qui venait de se produire l'aidait à tourner enfin la page sur le passé. Il se sentait prêt à avancer, pour la première fois depuis des années. Prêt à laisser les fantômes en arrière et ne garder que ce qui apporterait un apaisement constant à sa vie. Ce qui lui permettrait de fermer les yeux sans regret la prochaine fois que son heure viendrait. « Après ça, on ira où tu voudras. On rentrera même, si tu veux. » L'idée de retrouver Fort Hope l'angoissait encore, pourtant. Mais il savait, il croyait en tout cas, que lorsque ce voyage serait fait, il pourrait retourner là-bas et assumer d'autres de ses actes les plus regrettables sans craindre quoi que ce soit.

Une fois de plus, le barbu laissa retomber le silence tandis que ses doigts arpentaient doucement la peau de Juliet, dessinant des cercles et des arabesques dans son dos. Ses pensées continuaient de filer et de s'ordonner tout naturellement. Le plus grand regret de sa vie se trouvait désormais derrière lui, les autres seraient faciles à abattre aussi. Il n'en resterait, finalement, plus qu'un qui continuerait de peser à jamais sur son cœur et ses épaules, mais il ne pourrait jamais rien faire pour l'effacer. Doucement, Logan se décida finalement à bouger, se tournant légèrement pour faire face à Juliet. Un sourire auquel il ne croyait plus depuis quelques temps étira ses lèvres, tandis que ses doigts s'affairaient à glisser dans les cheveux de la jeune femme. Et puis, son regard s'accrocha à celui de la brune et ses traits se crispèrent légèrement, sans se durcir pourtant. Il ouvrit les lèvres, revenant finalement sur sa décision, ses dents s'enfonçant légèrement dans sa peau pour retenir les mots. Et il changea d'avis encore, osant souffler tout bas : « Je t'aime. » Ça n'était même pas la première fois qu'il le lui disait depuis dix ans, loin de là. Mais c'était la première fois que ça ne lui brisait pas le cœur de l'admettre. La première fois qu'il ne craignait pas de la voir tourner les talons juste après. La première fois qu'il ne craignait pas de l'entendre répondre la même chose. C'était peut-être trop tôt pour le dire à voix haute, mais pouvait-on réellement parler d'aveu précipité à leur niveau ?

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MessageSujet: Re: Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]   
 
Do you ever wonder what we could have been if we had the courage to speak the truth ? [Juliet + Logan]
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