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 Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]

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Noah RichardsonAnd miles to go before I sleep
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MessageSujet: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 10 Déc - 16:52
Lights in the darkest corner
Fort Hope - 15 août 2016+ ms.palmer

« Ne bougez pas Jonas, laissez le bras allongé, je sais que c’est douloureux, mais ça le sera dans toutes les positions. » dit-il alors qu’il sortait des compresses et des morceaux de bois taillés qu’ils avaient réalisé afin de faire des attelles. Malheureusement pour Jonas, ce n’était pas une plaie perforante ni une blessure compliquée, juste une fracture. Il n’aurait pas les anti-douleurs les plus puissants, mais les pilules bas de gamme qu’ils avaient récupéré dans diverses stations-services pas encore totalement pillées. Il ne pouvait en avoir qu’une toutes les six heures et les médecins du camp savaient très bien que les effets seraient très ténus, pour ne pas dire totalement inexistants. L’homme serrait les dents, gigotait ses jambes et respirait rapidement. Rien de bien sérieux, des signes habituels de douleur que Noah avait presque pris l’habitude de voir à présent. Il n’avait pas de seringue de morphine à passer rapidement dans les veines histoire que le patient ne bouge plus autant, ni de cocktails médicamenteux pour endormir et être tranquille quand il allait réparer son bras.

Car si Jonas s’était cassé le bras, il avait aussi légèrement délogé l’os de sa position initiale. On pouvait voir, sur le coté de son avant-bras, une bosse qui tendait la peau dans une image dérangeante. Aucun signe de saignements ou d’hémorragie qui se manifesteraient par des tâches violettes ou noires, une fracture relativement « propre » comme on disait dans le métier.

Noah se lava les mains, comme d’habitude. Ils avaient quelques gants stériles encore, mais ils les utilisaient pour des plaies ouvertes ou bien lors des rares opérations techniques que la chirurgienne du camp effectuait. Pour tout ce qui était petit bobo et petits accidents comme ça, ils se contentaient de se laver avec un peu de savon. « Juliet ? » appela Noah. « Il y a une fracture ici, est-ce que tu peux venir m’aider ? » Noah n’avait pas vraiment besoin d’aide, à part peut être pour tenir l’homme lorsqu’il allait remettre l’os en place… Mais il voulait aussi et surtout montrer à la jeune femme comment faire ce genre de chose. Il ne pouvait pas utiliser de mannequins, de modèles ou montrer une vidéo éducative. Chaque cas était une occasion d’apprendre à fin que les compétences soient passées de main en main. Au cas ou l’un d’eux venait à disparaître… Noah n’avait jamais vraiment été un professeur dans son ancienne vie. Il était un des plus jeunes de son service et n’avait eu le temps qu’entre apercevoir les nouveaux internes quand l’épidémie de rôdeurs avait commencé. Il ne se trouvait pas trop mauvais mais il avait tendance à se tromper dans les mots et à trop expliquer plutôt que montrer. Mais il essayait de s’améliorer, au moins pour rendre moins douloureuses les expériences des survivants dans l’infirmerie.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 13 Déc - 21:10
Cela faisait maintenant quelques mois que Juliet se rendait plusieurs fois par semaine au domicile d’Alair, chez qui Logan et elle avaient trouvé refuge lorsqu’une horde de rôdeurs leur avait barré la route, des mois plus tôt. Et bien qu’elle n’aurait jamais pu le soupçonner auparavant, la jeune femme appréciait ces longues heures passées à étudier les merveilles du corps humain, et les façons de pouvoir le soigner quand il connaissait des défaillances. Elle avait toujours aimé apprendre des nouveautés, de nouvelles informations, des faits inconnus, elle qui prenait toujours plaisir à parfaire sa culture générale, et à en apprendre chaque fois plus. Le nombre de ses professeurs n’avait pas tardé à s’allonger, puisqu’elle bénéficiait désormais des conseils avisés de Zayna, et de ceux de Noah, autrefois urgentiste, pour son plus grand plaisir. Elle qui n’avait jamais mis les pieds dans un hôpital, hormis le jour de la naissance d’Eulalie, avait bien besoin de trois tuteurs différents pour en apprendre le plus possible.

Elle était à l’étage en train de relire pour la dixième fois sans doute une page expliquant la façon de faire des points de suture, ne pouvant s’empêcher de grimacer face à ces lignes qu’elle lisait, et relisait. Elle se rappelait cette fois où elle avait observé Alair recoudre la paume de main de Logan, qui s’était méchamment coupé, et l’aiguille qui entrait, puis ressortait dans la peau, le fil qui glissait dans la chair, et la plaie qui se refermait peu à peu. Elle se souvenait également de la douleur qui crispait les traits de son ancien compagnon ce jour-là. Observer la scène ne lui avait posé aucun problème, elle y avait même trouvé une étrange fascination un peu dérangeante, mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle aurait ce qu’il fallait dans l’estomac, si elle devait un jour elle-même faire une telle opération. Elle ne s’était jamais sentie particulièrement brave ou courageuse, même si la fin du monde l’avait endurcie, comme beaucoup de survivants.

La brune était en train de visualiser les gestes à faire, qu’elle mimait de ses doigts fins et agiles, quand elle entendit la voix de Noah, de garde en même temps qu’elle ce jour-là, la héler depuis le rez-de-chaussée, où il devait sans doute traiter un patient. Elle avait entendu la porte s’ouvrir un peu plus tôt, mais n’y avait guère prêté attention, se doutant que le médecin l’appellerait s’il avait besoin d’aide. Elle déposa un crayon en guise de marque-page, puis redescendit rapidement, en attachant ses cheveux. D’un regard, elle embrasa la situation, tâchant d’adresser un sourire rassurant à leur patient du jour. Juliet alla se laver les mains, tous ses mentors avaient bien insisté sur ce point, avant de venir rejoindre Noah, qui semblait l’attendre. La brune glissa un regard sur le patient, dont le visage était crispé de douleur. « -Essayez de vous détendre, vous êtes entre de bonnes mains. » dit-elle dans un nouveau sourire, tout en se doutant d’avance que c’était sans doute plus facile à dire qu’à faire, au vu de la situation. Elle avisa la bosse étrange qui déformait l’un de ses bras, avant de relever ses yeux azurs vers le médecin, en attente de ses instructions. « -Dis-moi tout. Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? » Il y avait bien une chose que l’on ne pouvait pas reprocher à la jeune femme, c’était qu’elle était toujours volontaire pour parfaire ses connaissances, et qu’elle ne manquait jamais une occasion d’apprendre en situation.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 17 Déc - 12:37


Dernière édition par Noah Richardson le Mer 20 Déc - 22:24, édité 1 fois
Lights in the darkest corner
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Juliet arriva dans la salle et observa la scène. Elle alla directement se laver les mains avant de se rapprocher de la scène et de demander à Noah ce qu’elle pouvait faire. L’ancien urgentiste dit, la voix basse pour que leur patient n’entende pas trop ce qui se disait : « Tu vas remettre un os en place. Je vais te guider mais tu effectueras l’opération. Remettre un bras en place, ça marche aussi pour les jambes et les os longs avec des articulations aux deux extrémités. » il avait dit ça rapidement en jetant des coups d’œil au patient tout en préparant l’attèle qui devrait être posée sur le bras dans quelques minutes (si l’opération se déroulait correctement). Noah se souvenait encore de son premier os remit en place. C’était une jambe et, cette fois-ci, ce n’était pas une fracture propre. L’os avait légèrement déchiré la peau et ils avaient du d’abord s’occuper des saignements qui obstruaient la vue. Ensuite, il avait dû remettre l’os en place et immédiatement gérer le second saignement, débloqué par le mouvement effectué dans la chair. Cela avait été sanglant et stressant car il fallait agir vite, mais au moins, le patient avait été noyé d’anti-douleurs et était à moitié inconscient. Il avait été immobile, tranquille et silencieux pendant toute l’opération. Jonas, lui, sans médicament efficace pour gérer sa douleur, cela allait être autrement plus compliqué, même s’il devait avoir bien moins de dégâts que le premier os déplacé de Noah. Le rôle de ce dernier allait surtout être de tenir Jonas pour ne pas qu’il fasse de mouvement dangereux et n’empire sa fracture pendant que Juliet lui remettait l’os en place.

« Jonas, on va remettre en place votre os. Ça va faire un peu mal sur le coup, mais après vous vous sentirez un peu mieux. » ce qui était relatif. Car finalement, passer d’une douleur immense et lancinante à simplement une douleur immense, c’était quelque chose de très ténu pour les patients. Il ne verrait certainement pas la différence après quelques heures dans une attelle sans anesthésie : il allait souffrir des journées et des nuits entières avant que son corps ne le saoule de drogues naturelles et de fatigue. Mais ça, Noah allait garder cette information pour lui. Il s’approcha de l’homme et pointa le poignet du bras cassé. « Tu dois poser ta main gauche sur le poignet. Ensuite tu poses une main sur l’os déplacé, ne pousse rien à ce moment-là. Ensuite, en moins d’une seconde, tu dois d’abord tirer sur le poignet et ensuite pousser l’os en deux mouvements distincts mais rapprochés. Ça devrait aller directement là où ça doit aller sans encombre. » la démonstration de Noah fut interrompue par la voix grimaçante de Jonas « Ca devrait ? » Noah tapota l’épaule intacte du patient et dit « Ca ira directement là où ça doit aller sans encombre. » avant de grimacer un sourire gêné à Juliet. « Tu as compris ? » demanda-t-il finalement. Car si elle avait des questions, c’était le bon moment pour les poser, avant de torturer l’homme installé sur la table d’examen.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 20 Déc - 22:03
Une fois aux côtés de Noah et du patient, Juliet se pencha légèrement vers le médecin, tandis que celui-ci lui expliquait la situation, et qu’elle se figeait brusquement, malgré elle. Avait-elle bien entendu, c’était elle qui allait remettre en place cet os ? Mais…il avait bien conscience qu’elle n’avait jamais fait ça auparavant, et que tout ce qu’elle savait faire, plus ou moins, c’était désinfecter correctement une plaie, et appliquer un bandage digne de ce nom ? Là, on ne parlait plus de théorie, mais bel et bien d’un vrai bras blessé, sur le corps d’un homme en chair et en os, qui semblait, à l’expression de son visage, souffrir le martyr. Juliet releva son regard stupéfait vers Noah, alors que ce dernier expliquait à Jonas qu’ils allaient le soigner et qu’il n’allait pas tarder à se sentir mieux. Vraiment ? Et que se passerait-il si Juliet se loupait ? Est-ce que l’urgentiste saurait rattraper ses bêtises et éviter à l’homme de souffrir encore plus ?

Jules releva docilement son regard pas vraiment rassuré vers le médecin de leur groupe, alors qu’il lui dispensait de nouvelles instructions, qu’elle buvait avidement, ne loupant aucun détail sur la manœuvre qu’il était en train de lui expliquer. La théorie ne semblait pas bien compliquée, mais n’était-ce pas lorsque l’on tâchait de mettre en pratique ces idées théoriques que tout foirait immanquablement, pour des raisons inexplicables ? Elle déglutit péniblement, tiquant sur cette façon que Noah avait de dire que si elle s’appliquait, les choses devraient aller pour leur patient. Jonas lui-même s’arrêta sur ce mot, répétant les paroles tout juste prononcées par le médecin, d’un air sceptique. Celui-ci s’empressa aussitôt de rassurer son patient, avant d’adresser un petit sourire contrit à Juliet, qui ne parvint à lui répondre par rien d’autre qu’une grimace. Elle le fixa un long moment dans les yeux quand il lui demanda si elle avait compris, comme si elle lui laissait silencieusement l’opportunité de revenir sur sa proposition, et de soigner lui-même Jonas. Mais Noah ne se déroba pas, et continua de fixer Juliet en attente de sa réponse.

Doucement, peut-être même à reculons, la brune hocha finalement lentement la tête, alors que ses mains se posaient là où l’urgentiste le lui avait indiqué, quelques instants plus tôt. Une sur le poignet, l’autre sur l’os fracturé. Tirer. Pousser. Deux mouvements. Elle pouvait le faire. Enfin…elle pouvait le faire, pas vrai ? Noah ne lui aurait jamais confié Jonas s’il n’estimait pas qu’elle en avait pas les capacités. Du moins, c’était ce dont elle essayait elle-même de se convaincre. Elle prit une brève inspiration discrète, adressa un sourire figé à son patient, avant de rassembler tout son courage, et de prendre sa décision en moins d’une seconde. Elle tira sur le poignet, et poussa l’os vers sa position normale, tandis que la manœuvre arrachait un cri à Jonas, qui se débattit sous la douleur éprouvée. La petite bosse sur le bras disparut, mais sans trop savoir pourquoi, Juliet ne parvint pas à détacher tout de suite ses mains du bras blessé du survivant, tandis qu’elle relevait son regard inquiet vers Noah, en attente d’une approbation, ou de savoir si elle venait de bousiller définitivement le membre de l’homme allongé devant elle.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mar 26 Déc - 14:25
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Le visage cordial et sympathique de Juliet sembla se figer un instant. En effet, les os étaient souvent quelque chose que les gens trouvaient difficile à soigner ou à observer être soigné. Il y avait quelque chose de particulièrement dérangeant à voir quelqu’un de désarticulé, comme une poupée de chiffon, les membres n’allant pas dans le bon sens ou des bosses non naturelles qui se formaient sous la peau. Se casser un os, en lui même, n’était pas forcément très douloureux, c’était surtout les tissus autour qui envoyaient des signaux de détresse plus importants qu’une simple coupure ou déchirure. Les os et toutes les structures solides comme le cartilage ou les tendons, étaient souvent aussi les plus difficiles à soigner et à récupérer entièrement. Les zones comme les jambes et les épaules, souvent sollicités et devant effectués des mouvements compliqués, ne revenaient généralement jamais comme avant, laissant des douleurs, des inconforts ou alors empêchant le porteur de certains déplacements. Noah comprenait un peu le choc de sa collègue, mais malheureusement, dans leur contexte ils ne pouvaient pas être effrayés ou choqués bien longtemps sinon des dégâts irréversibles pouvaient être causés.

Juliet finit finalement par déglutir avant de hocher la tête avant de commencer à poser ses mains où elle devait les mettre. Les premières procédures compliquées étaient toujours un cauchemar. Quelque chose qu’on essayait d’éviter mais en même temps, il fallait bien commencer quelque part et se lancer, sans quoi on ne progressait jamais. Et en l’absence de mannequin d’entraînement, ne restait que la pratique sur patient vivant et bien blessé. C’était malheureusement, mais on faisait avec ce qu’on avait.

Noah s’approcha de Jonas et le maintint contre la table histoire qu’il ne bouge pas trop, rendant la procédure délicate. Il ne manquerait plus qu’ils fassent plus de dégâts à cause d’un faux mouvement de la part du patient… Juliet se mit ainsi en position et, après avoir pris une petite inspiration, effectua le geste. Bien entendu, il était moins précis que si Noah l’avait fait, l’ayant effectué des dizaines et des dizaines de fois dans son travail. Mais pour une novice qui n’avait jamais remit en place un os, c’était très bien.

Jonas râlait, mais ça, c’était normal, même si il devait normalement avoir légèrement moins mal étant donné que l’os n’appuyait plus sur des nerfs à l’extérieur de sa position. Noah se déplaça aux côtés de Juliet et passa doucement sa main là où l’os dépassait il y a quelques secondes. Il appuyez rapidement avec ses doigts de chaque côté, maintenant rapidement Jonas, qui avait sursauté. « Désolé Jonas, je devais juste vérifier que l’os est au bon endroit. Ça semble bien en place. » dit-il avec un petit sourire adressé à Juliet. « Vous savez faire une attelle du coup ? » Il avait préparé les morceaux de bois et les bandages à emballer autour du membre à immobiliser, ce n’était qu’une affaire de nœuds et de ne pas trop serrer pour laisser respirer le bras mais il était difficile de jauger quand on en avait jamais fait une.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 27 Déc - 22:09
Juliet était pour l’instant incapable de bouger ses mains du bras du patient, se demandant si elle n’avait pas fait plus de dégâts encore, et si Jonas n’allait pas souffrir le martyr suite à sa manipulation. Elle avait relevé son regard inquiet vers Noah, qui plutôt que de lui répondre avec des mots, avait fait le tour de la table d’auscultation, pour se rapprocher du bras blessé de leur patient. Sans un mot, elle céda sa place au véritable médecin des lieux, qui passa un doigt sur la fracture du survivant allongé devant eux, avant de décréter que la jeune femme avait fait du bon boulot, et qu’elle avait réduit la fracture correctement. Juliet répondit au sourire de Noah par un sourire similaire, non sans cacher le soulagement que cette nouvelle provoquait en elle. Elle n’avait pas abîmé Jonas, et elle s’en était visiblement pas trop mal sorti pour une première. Ce qu’elle considérait comme plutôt encourageant.

Elle adressa par réflexe un nouveau sourire au patient, avant de reporter son regard sur l’urgentiste, et de froncer légèrement les sourcils. Si elle savait poser une attelle ? Pas vraiment. Et elle ne doutait pas que toutes les scènes du genre issues de différents films ou séries qu’elle avait pu regarder il fut un temps ne devaient être que vaguement indicatifs quant à la réalité. Elle fit donc un bref hochement de tête négatif à Noah pour lui signifier que non, avant de s’emparer de l’un des morceaux de bois préparés par le jeune homme. Juliet se montra une nouvelle fois particulièrement attentive, alors qu’il lui indiquait de placer chaque morceau d’un côté et de l’autre du bras, puis qu’il lui expliquait comment faire avec les bandages pour immobiliser le membre blessé au mieux.

Alliant la pratique à la théorie dictée par le survivant, Juliet prit son temps pour suivre les instructions, et poser l’attelle autour du bras de Jonas, avant que Noah fasse les vérifications nécessaires, et qu’il contrôlait le dispositif mis en place par la brune, qui attendit patiemment le verdict. Mais le docteur ne tarda pas à dispenser de nouveaux conseils au survivant blessé, qui avait ramené son bras désormais immobilisé contre lui, dans un geste protecteur. Juliet l’aida à se redresser, puis à se relever, tandis que l’homme après un regard suspicieux envers l’un puis l’autre, les remercia finalement, puis quitta l’infirmerie, en annonçant qu’il n’hésiterait pas à revenir si la douleur empirait, bien que Jules ne soit pas certaine que Noah pourrait grand-chose pour lui. Elle attendit tout juste que la porte soit refermée pour se tourner vers l’urgentiste, un sourire sur le visage. « -Wow, c’était…impressionnant ! » Elle fit un pas vers lui, avant de hausser une épaule, se rendant compte qu’il n’avait sans doute pas du voir les choses sous le même angle qu’elle, grande novice qu’elle était. « -Enfin, sans doute pas pour toi, bien sûr. Mais je t’assure que c’est un truc dont je me souviendrais longtemps ! » Elle aurait tôt fait de noter les enseignements dans le cahier qu’elle avait réservé spécialement à ces nouveaux savoirs qu’on voulait bien lui dispenser, dès qu’elle en aurait l’occasion. « -Je te remercie de bien avoir voulu me montrer ça. Même si Jonas a eu l’air d’apprécier nettement moins l’initiative ! » Elle agrémenta ces quelques mots d’un nouveau sourire, légèrement amusé, même si elle pouvait comprendre la réaction du survivant, qui avait du se sentir l’âme d’un cobaye pendant quelques instants.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 31 Déc - 17:13
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La jeune femme semblait un peu choquée, probablement encore inquiète de faire des dégâts. Sa position n’était pas enviable. Noah connaissait la théorie, il avait étudié l’anatomie des années durant avec des professeurs tous plus doués les uns que les autres. Il avait eu le temps et l’occasion de réviser, de pratiquer de manière sûr et encadrée. Il avait pu observer encore et encore sur el flot de patients que vomissaient les portes d’entrée des urgences. Ainsi, quand il avait fait sa première résorption de fracture, il était à peu près sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cent qu’il faisait ce qu’il devait faire. Là, Juliet était lâchée au milieu du vide par elle même avec quelques indications. Qui sait, si Noah n’avait pas reçu sa formation initiale, il aurait possiblement été incapable de faire ce qu’elle avait fait et se serait retrouvé totalement inutile à tout le monde. Une pensée assez désagréable quand il était convaincu que sa survie jusque là s’était faite grâce à sa seule fonction : guérir et soigner. Il n’était doué en rien d’autre.

Elle lui indiqua qu’elle ne savait pas faire une attelle, là comparer à l’acte de remettre un os en place, c’était facile. Noah lui indiqua où mettre les bandes de bois et où passer le tissus. « La peau doit respirer et dans quelques jours on devra vérifier l’état du bras, donc il ne faut pas que ce soit trop serré non plus. » tout devait tenir mais en même temps, il serait plus confortable pour le patient et pour eux plus tard, si la bande n’était pas attachée de manière trop serrée.

Encore une fois, Noah passa ses doigts le long des bandes et du bois et hocha encore une fois la tête. « Parfait. Jonas, je crois qu’on en a finit avec vous. Rentrez chez vous et reposez-vous. Et je sais que ça semble évident, mais on ne sait jamais : pas de mouvements ni d’efforts avec votre bras cassé. » puis il s’en alla non sans remercier les médecins. A peine fut-il partit que la jeune médecin se tourna vers Noah en admettant que tout cela avait été impressionnant et elle le remercia de lui avoir apprit.

« La traumato ça impressionne toujours car ça concerne des choses pas supers agréables mais tu t’es très bien débrouillé en tout cas. Et pour Jonas… Un membre cassé c’est toujours très douloureux quoi qu’on fasse sans anesthésies. » dit-il pensif en jetant un coup d’oeil à leur cabinet à médicaments. Ces derniers étaient gardés précieusement et seuls les cas les plus graves bénéficiaient de calmants ou d’anti-douleurs.

« Mais tu apprends très vite, c’est très bien. Plus on peut former de personnes, plus ce sera… Prudent. » Noah n’avait pas beaucoup confiance en sa capacité de survie si il n’y avait pas de gros bras avec lui pour rentrer dans le lards des marcheurs écervelés. Il avait cru aussi mourir lors de l’attaque des Punishers. Transmettre le plus possible garantissait que quand il finirait dévoré, quelqu’un d’autre pourrait veiller sur les autres. « Tu avais déjà fait de la médecine avant tout ça ? On m’a dit que tu n’étais pas médecin mais tu as l’air de quand même assez bien t’y connaître. » il n’avait pas vraiment eu le temps d’apprendre à connaître tout le monde. Entre la gamine dont il avait la charge et les anciens membres de son groupe avec qui il avait déjà sympathisé, il n’avait pas énormément agrandit son cercle social… En éternel timide qui n’était pas fan des regroupements et des discussions bateau, il avait passé quelques mois sans trop parler aux gens, à seulement travailler et soigner.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Lun 1 Jan - 22:10
Le regard de Juliet pétillait, et il était sans doute difficile de savoir si c’était parce qu’elle était contente d’avoir réussi correctement la manœuvre, ou juste contente de ne pas avoir amoché un peu plus le survivant blessé qui s’était présenté à la porte de l’infirmerie. Elle ne quitta pas Noah du regard, alors qu’il lui parlait des spécificités de son ancien métier, et que la brune hochait doucement de la tête, certaine qu’elle-même n’aurait jamais eu les tripes pour faire un boulot comme le sien. Elle esquissa malgré tout un léger sourire face au compliment de l’urgentiste, avant de lever légèrement une épaule : « Merci. Mais…j’ai eu un bon professeur ! » Sans les explications claires de Noah, et sa présence à ses côtés, nul doute que Jules ne s’en serait pas aussi bien sortie.

Il lui livra un nouveau compliment qui fit détourner brièvement les yeux de la jeune femme, qui n’avait jamais vraiment réussi à s’habituer à ce genre de paroles, qui la mettaient le plus souvent mal à l’aise. Mais il aborda bien vite un sujet bien plus délicat, et Juliet devait bien dire qu’elle rejoignait son point de vue sur le sujet. Ils avaient la chance de compter plusieurs anciens personnels soignants parmi les survivants de Fort Hope, mais elle était d’avis, et Noah également apparemment, qu’il n’y aurait jamais assez de personnes formées aux soins médicaux pour le monde qui était désormais le leur. Tout pouvait basculer tellement vite désormais, la moindre sortie se révéler mortelle, qu’il valait mieux faire en sorte que quelqu’un puisse combler un quelconque poste vacant qui pourrait se présenter à l’infirmerie.

La nouvelle question qu’il lui posa fit ouvrir à Juliet de gros yeux, et si la surprise la laissa muette quelques secondes, elle ne put finalement retenir un léger éclat de rire, face à cette question étonnante. Elle adressa au survivant un nouveau sourire, avant de secouer légèrement la tête. « -On ne t’as pas menti ! Je possédais une galerie d’art…alors tu vois, rien à voir avec la médecine ! » Elle n’avait jamais mis le nez dans un livre d’anatomie ou de médecine avant qu’Alair ne lui en mette un entre les mains, et cela ne l’avait d’ailleurs jamais réellement intéressé. Ce que Juliet aimait, c’était la peinture, les peintres qui les avaient faits, les sculptures, la photographie, le dessin, bref, tout ce qui touchait de près, ou de loin, à l’art l’intéressait toujours outre mesure. Elle ne comptait plus les expositions, musées, et visites de galeries qu’elle avait fait en solitaire pour assouvir cette passion qu’elle avait toujours eu. « -Quand je suis motivée, j’ai tendance à m’impliquer peut-être un peu trop…Mais tu l’as dit, plus il y a de personnes qui en savent un minimum sur les soins, mieux ce sera, alors c’est pas plus mal si mon cerveau est une éponge. »

Elle alla finalement s’installer sur l’une des chaises qui entourait la petite table ronde dans un coin de la pièce, avant de poser une nouvelle fois son regard azur sur le médecin, un peu plus loin. « -Et toi, alors ? C’était ta vocation de travailler dans un hôpital ? » Noah lui avait toujours semblé assez sur la réserve, à ne pas trop parler de lui, mais puisque c’était lui qui avait abordé le sujet du passé, elle se disait qu’il n’était peut-être pas hostile à une conversation avec elle. Ils avaient travaillé ensemble plus d’une fois, mais ils s’étaient la plupart du temps contentés de parler de tout ce qui avait directement attrait à l’infirmerie, sans réellement essayer de faire connaissance. Peut-être qu’ils en avaient à cet instant l’occasion, si le jeune médecin n’était pas contre le fait de parler un peu de lui avec elle.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Sam 6 Jan - 21:00
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Il sourit et rougit légèrement quand Juliet lui dit qu’il était un bon professeur. S’il avait encore été à l’hôpital il n’aurait pas pu prendre d’internes sous sa garde pendant encore quelques années. Il avait terminé ses stages lui-même il y a seulement quelques années et il apprenait encore à naviguer son propre métier même si les automatismes étaient arrivés très vite. A force, on finissait par avoir ses habitudes, les mêmes infirmier s qui travaillaient pendant ses gardes, les mêmes secrétaires, les mêmes patients des fois, qui étaient habitués du service et passaient leur temps à revenir pour divers problèmes. Il avait fini par se sentir comme chez lui, à défaut d’avoir vraiment un chez-lui. Entre son ex qui l’avait jeté comme un malpropre et son père qui ne le reconnaissait pas une fois sur deux, l’hôpital avait eu l’air presque chaleureux et rassurant à cause de sa routine qui donnait des repères au jeune homme.

Juliet lui expliqua ensuite qu’elle possédait une galerie d’art. En effet, c’était des compétences assez éloignées de la médecine. Lors de son parcours, Noah avait constaté que les gens se tournant vers le côté « soin » des groupes de survivants avaient généralement un rapport au côté manuel et précis. Des anciens couturiers ou artisans qui avaient les mains exercées et qui apprenaient mieux à les manier qu’un employé de bureau qui passait son temps installé dans une chaise dix heures par jour. Noah devait avouer qu’il ne savait pas trop ce qu’on faisait dans une galerie d’art à part accrocher des tableaux et les exposer ou les vendre… Cela devait certainement avoir à faire avec le business international ou l’organisation de gala certainement… Peut-être… S’il avait traîné un peu plus dans des galeries, il le saurait certainement, malheureusement les horaires qu’il avait à l’hôpital n’étaient pas compatibles avec une vie sociale culturelle. « Ha je vois… En tout cas, tu aurais peut-être pu faire médecine, dans une autre vie. » Certaines personnes prenaient un cheminement de vie bien différent de ce pour quoi ils étaient destinés. Peut être que dans un autre univers, Juliet était une chirurgienne reconnue ?

Elle lui retourna en quelque sort la question en l’interrogeant sur son travail à l’hôpital. Noah avait commencé à remettre en place certains outils qu’ils avaient utilisé en en mettant certains de côté pour être nettoyés à nouveaux. « Plus ou moins oui… Je me suis essayé à la psychiatrie avant de me décider à la traumatologie et aux urgences. » commenta-t-il. Son séjour en psychiatrie l’avait secoué plus que de raison, peut être à cause de vieux traumatismes bien enfouis ou alors à cause de sa nature sensible. « Au moins avec les urgences on ne s’attache pas autant que dans les services spécialisés. On gère le problème le plus grave et ensuite, ils s’en vont. On ne s’attache pas autant que dans les autres étages. » même si certains patients nécessitaient un suivi plus long pour savoir dans quels services on devait les envoyer, ça ne durait en général pas plus de quelques jours alors que certains docteurs suivaient des patients pendant de longs mois ou années. « C’est un autre monde les urgences. Et c’est très différent de… ça. » dit-il en faisant référence à l’infirmerie. « On manque surtout de matériel plus développé. Si des survivants développent des maladies particulières, on va se retrouver à voir des gens mourir lentement et douloureusement. » Il se passa une main sur le visage. « Désolé, je suis un peu pessimiste si je fais pas gaffe… » dit-il en se reconcentrant sur les ciseaux et bandages, en évitant de lever ses yeux sérieux et froids.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mar 9 Jan - 22:12
Faire médecine dans une autre vie ? Juliet s’arrêta quelques instants sur la phrase, en fronçant légèrement le nez. Pour être exacte, dans cette vie-ci, elle n’avait jamais eu à se questionner pendant de longues heures sur le métier qu’elle voudrait faire plus tard, ou à arpenter le bureau de divers conseillers d’orientation, qui auraient sans doute cherché à l’enfermer dans une case, pour se conformer aux normes de la société. Non, Jules avait su très tôt ce qu’elle voulait faire, ou plutôt, dans quel domaine, elle voulait travailler. Si elle avait toujours rêvé de devenir peintre, et de signer ses propres toiles, la vie, et ses aléas, l’avaient poussé à mettre ses rêves de côté, mais sans qu’elle renonce pour autant à ce qui la passionnait, depuis aussi loin qu’elle puisse s’en souvenir. Alors effectivement, elle ne serait jamais Juliet Whitman, neurologue, chirurgienne, pédiatre, ou une quelconque autre spécialité médicale, et ne serait que Juliet Whitman, propriétaire d’une galerie d’art, sans doute au grand damne de son père, mais c’était la vie qu’elle s’était choisie, la vie qu’elle aimait. Et qu’elle ne regrettait pour rien au monde.

Et puis, elle était convaincue que pour se lancer dans des études aussi complexes, et longues, que celles pour être médecin, il fallait une rigueur, une ténacité et une passion sans faille. Il lui semblait clair, peut-être à tort, que seule une personne hautement déterminée, et passionnée pourrait s’investir dans un métier aussi exigeant que celui-là. Et elle ne doutait pas que Noah était de ceux-là. Elle n’avait pourtant pas pu s’empêcher de grimacer légèrement quand il lui avoua avoir commencé par la psychiatrie, elle qui supposait ce domaine particulièrement compliqué. Elle ne parvenait pas à s’imaginer comment ces médecins réussissaient à rester détachés face à tout ce qui devait leur être confié, ni même comment ils pouvaient laisser à la porte de leur cabinet, ou de leur salle de consultation, toutes les confidences qu’ils avaient reçues, ou toutes les scènes dont ils avaient pu être témoin. Elle-même savait qu’elle aurait été du genre à tout ressasser, en boucle, et qu’elle n’aurait jamais été assez forte mentalement pour s’engager dans cette voie. La brune ignorait les raisons qui avaient poussé le jeune homme à changer de spécialisation, mais il lui annonça bientôt avoir choisi la traumatologie, qui d’après ses dires, semblait lui convenir bien mieux. La jeune femme hocha lentement la tête, comme pour lui signifier silencieusement qu’elle comprenait parfaitement ce point de vue qu’il lui exposait. Tout devenait toujours beaucoup trop compliqué quand un attachement s’installait entre deux personnes. « -Je comprends. En tout cas, tu devais avoir une vie bien remplie, et pas une minute à toi, avec tout ça ! »

Par réflexe, le regard de Juliet suivit celui du jeune médecin, qui englobait l’infirmerie, avec ce que la brune pouvait identifier comme un certain dépit. Effectivement, ici, ils étaient loin, bien loin même, de posséder le même équipement que celui dont Noah devait bénéficier à l’hôpital où il travaillait, même s’il n’était pas faute de faire diverses sorties pour renflouer les stocks de l’infirmerie, ou trouver du matériel médical supplémentaire. Elle sentit malgré elle un brusque coup de poing dans son estomac aux paroles du jeune homme, alors qu’elle détournait subitement le visage pour éviter de présenter au médecin son air blessé. Elle comprenait parfaitement son point de vue, peut-être mieux que n’importe qui dans ce camp, à l’exception sans doute de Logan. Leur fille, Eulalie, était décédée en fin d’année précédente, des complications d’une maladie contre laquelle ils n’avaient trouvé aucun traitement, ou médicament à pouvoir lui administrer. Les deux parents n’avaient pu qu’assister, impuissants, au lent déclin de leur fille, jusqu’à cet issu fatal qu’ils n’avaient su éviter.

Elle tâcha de s’ancrer à la voix de Noah lorsqu’il reprit la parole pour éviter de sombrer dans des souvenirs trop douloureux, alors qu’elle lui disait qu’il n’avait pas à s’excuser. Il avait fréquenté la mort bien plus souvent qu’elle, pour savoir à quel point elle pouvait être moche. « -On a fait plusieurs sorties, dans des pharmacies du coin, pour essayer de récupérer des produits, des médicaments, ou tout ce qui pourrait nous être utile, en fait. Mais je crois que tous les survivants de Détroit ont eu la même idée. » Un poussa un soupir las, tandis qu’elle haussait les épaules d’un air impuissant. Ils n’étaient qu’au mois d’août, pourtant, l’hiver viendrait toquer à leur carreau bien vite, et elle espérait qu’ils n’auraient pas à lutter contre la même maladie que celle qui avait sévit au camp l’an passé. « -Je ne sais pas si tu ne l’as pas déjà fait…mais tu pourrais peut-être faire une liste des produits dont on aurait vraiment besoin ici. Je pourrais la recopier et la transmettre au conseil, qui pourra en informer les membres du groupe qui sont chargés du ravitaillement. Plus il y a de personnes au courant de ce dont on pourrait avoir besoin, mieux ce serait, non ? » Elle faisait un peu cette proposition en l’air, sans savoir si Noah avait déjà eu l’idée, ou pas. Mais qui mieux qu’un médecin pourrait dresser un inventaire de ce dont ils manquaient cruellement ici, pour soigner les habitants de Fort Hope ?

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Jeu 11 Jan - 23:34
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Juliet commenta qu’il devait avoir eu une vie bien remplie. Il sourit doucement en hochant la tête. Plus ou moins… Passer sa vie au service des autres, ne pas compter les heures, finir endormi sur un brancard dans une cage d’escalier jusqu’à son prochain service… Pouvait-on vraiment appeler ça une vie ? Et quand son ex l’avait largué comme un moins que rien en public ? En regardant en arrière, en se rappelant de sa situation juste avant que les choses ne s’enveniment et qu’il ne prenne la route avec ses nécessaires de chasse, il habitait chez son père sénile et ne se séparaient de son habit de médecin que tard le soir quand ses insomnies à répétition avaient finis de totalement l’épuiser ou quand il avait enfin cédé à la tentation des sommeils médicamentés. Il ne savait pas si il avait eu une vie remplie, mais en tout cas, cela lui avait laissé un grand vide à l’intérieur qu’il n’avait même plus le temps de constater à présent.

Noah semblait avoir pas mal refroidi la pièce après qu’ils aient plutôt dû être satisfaits que Juliet maitrise une nouvelle technique médicale. Après tout, dans leur monde à présent, les succès et les progrès se faisaient rares voir inexistants. Ils titubaient et tâtonnaient chaque jour histoire d’essayer de rester à flot. Noah avait des fois l’impression de ne pas avoir assez de temps pour respirer et reprendre son souffle avant de retourner sous l’eau et sentir le sel lui remplir les narines. Mais se battaient-ils contre les vagues ou étaient-ils submergés dans le déni, et étaient-ils vraiment entrain de se noyer en réalité, silencieusement et doucement comme le voulait la réalité. Pas de grands débats, pas de bras qui battent les vagues, pas de cris déchirants, juste des vies qui s’éteignaient tranquillement sans vraiment se rendre compte qu’ils avaient déjà traversé le Jourdain et payé leur tribu. Cette pensée, l’idée que leurs efforts étaient totalement inutiles et vains, hantait chaque jour Noah.


La jeune femme médecin de vocation mais galeriste de métier lui expliqua que les pharmacies et hôpitaux avaient déjà été pas mal pillé et elle lui proposa de soumettre une liste de médicaments au conseil pour les futures expéditions. Il hocha la tête et finit par s’installer sur un des tabourets de l’infirmerie. Malgré son mètre quatre-vingt-dix qui le rendait grand, même assis, il semblait soudainement ratatiné sous un poids invisible. Les épaules affaissées, le dos légèrement vouté, le cou courbé… « Hum… On manque de tellement de chose que la liste serait bien longue. Et puis à ce stade je dirais que tout est envisageable. » il dit une pause un moment. « Vous avez été voir dans les cliniques vétérinaires, les maisons de retraite et les centres résidentiels médicalisés ? » les médicaments pour les animaux avaient quelques spécificités mais leurs principes actifs, en théorie, ne différaient pas forcément des principes actifs des médicaments pour les humains. Même si Noah ne connaissait rien en animaux, en lisant les étiquettes de certains produits il pourrait certainement prédire certains effets. La fierté de certains en prendraient un coup mais pouvait-on vraiment faire la fine bouche en matière de vie et de santé quand on était au point où ils en étaient ? Si les lieux évidents avaient déjà été pillé dans la précipitation alors ils devraient peut-être chercher dans les lieux moins évidents mais souvent tout aussi fournis. Les maisons de retraites, même si elles étaient souvent gérées et fournies par des hôpitaux ou des cliniques privées, gardaient certains produits sur place en cas d’urgence la nuit ou de traitements réguliers des habitants… Cela pouvait être une piste potable. « Il faudrait peut-être que j’accompagne certaines expéditions, pour essayer de voir ce qui pourrait être utile… » c’était une réflexion qu’il avait dit à voix très basse, comme pour lui-même. Une petite voix venue du fond de son ventre et qui le démangeait : sa couardise qui s’agrippait à ses tripes comme une espèce de cancer, tenace et solide. Il faudrait peut être bien un jour qu’il s’y colle…

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Lun 22 Jan - 22:03
Bien sûr qu’elle se rendait compte qu’ils manquaient cruellement de médicaments, de matériel, de tout, à vrai dire. Elle en avait bien trop conscience à son goût, mais qu’y pouvaient-ils ? Ils avaient fait le tour des pharmacies du coin, et force était de constater que d’autres survivants avaient eu les mêmes intentions qu’eux, et que les denrées médicales se faisaient de plus en plus rares. Ils faisaient ce qu’ils pouvaient, bien sûr, mais ce n’était pas suffisant pour autant, et Juliet s’en rendait parfaitement compte. Elle regrettait d’ailleurs de ne pas pouvoir faire plus, de ne pas pouvoir aller plus loin, de ne pas pouvoir chercher davantage.

Elle l’observa s’assoir à la table qui semblait ridiculement petite pour lui, tandis qu’elle-même s’appuyait contre le meuble derrière elle, et croisait les bras sur sa poitrine en fixant le jeune docteur. Ce dernier ne tarda pas à répondre à la question de Juliet, qui se devait bien d’admettre, malgré elle, qu’il avait totalement raison. Ils étaient équipés pour soigner les petits bobos, les fractures, mais en cas de blessure sérieuse, ou de grave maladie, ils risquaient bien vite d’être incapable de faire quoi que ce soit. Et par les temps qui courraient, elle ne doutait pas que des cas comme ça puissent se présenter, malgré toutes les précautions. Jules releva néanmoins la tête quand Noah reprit la parole, alors qu’elle fronçait légèrement les sourcils. C’était une bonne question, une question à laquelle elle n’était pas certaine d’avoir la bonne réponse. Elle plissa le nez, tandis que son index grattait sur son bras d’un geste machinal. « -Hm…je suis pas certaine à 100% que ça a été fait. Mais je poserai la question à Logan pour m’en assurer, et je lui transmettrais tes idées quoi qu’il en soit. » Elle ne soupçonnait pas un seul instant qu’il serait possible d’utiliser des médicaments ou des produits pour animaux à destination des humains. Mais aux grands maux, les grands remèdes, non ? Si ça pouvait leur permettre de sauver leurs semblables, la question ne se posait pas vraiment.

Juliet se rapprocha de Noah, et s’installa à table à son tour, croisant ses jambes tandis qu’elle se perdait de nouveau dans ses réflexions. Elle avait toujours vécu à Détroit, à quelques années près, et elle réfléchissait déjà aux quelques cliniques vétérinaires qu’il lui avait été donné de croiser, ou aux maisons de retraire du coin. Elle ne se rendait pas réellement compte de la dangerosité des lieux, s’ils devaient mettre en place une expédition pour renflouer leurs stocks, mais il allait falloir trouver une solution, assez rapidement. C’était soit ça, soit aller encore plus loin, chaque fois davantage, tout en n’étant pas certain pour autant qu’ils trouveraient mieux ailleurs. La brune releva la tête vers le médecin urgentiste lorsque celui-ci prit la parole, alors qu’elle hochait légèrement de la tête. « -Oui, c’est une bonne idée. Au moins, ça éviterait de s’encombrer de trucs sans intérêt, et on sera sûrs de ramener que des choses qui seront vraiment utiles à nos survivants. » Elle se passa une main sur le front, avant de se tapoter doucement la tempe, en proie à de nouvelles pensées. Elle trouvait cela étrange que Donovan n’ai jamais proposé cette alternative, mais quand elle repensait à leur précédent docteur, en qui elle n’avait eu qu’une confiance toute relative, et qui la mettait profondément mal à l’aise, elle ne s’en étonnait que très peu.

En tout cas, s’ils avaient la possibilité de ramener du matériel médical, des médicaments, quoi que ce soit pour améliorer cette infirmerie, il ne fallait pas hésiter, pas une seule seconde. Et elle-même était partante pour rejoindre toute expédition, pas pour y apporter ses lumières, bien trop primaires en la matière, mais seulement pour aider, et apporter une paire de bras supplémentaires, le mieux qu’elle puisse sans doute faire. C’était décidé, sitôt sa garde terminée, elle irait demander à Logan ce qu’il en était pour les cliniques vétérinaires et les maisons de retraite, et se pencherait sur une carte de Détroit si besoin en était. Rassérénée par cette idée, la brune se laissa aller contre le dossier de sa chaise, avant de glisser un nouveau regard sur Noah, qui semblait plongé dans ses pensées. A tel point que Juliet hésita quelques secondes avant de l’interrompre. « -Est-ce que, malgré notre infirmerie de fortune, tu te plais quand même, ici ? » Elle posa un léger sourire sur son visage, espérant ne pas se montrer trop envahissante. Elle espérait simplement que celui qu’elle considérait aujourd’hui comme son collègue, mais qui serait peut-être un jour un ami, se sente ici comme chez lui, parmi les siens.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Sam 27 Jan - 17:43
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Les moments de battement, entre deux sutures et entre deux traitements de malades, occupaient l’esprit de Noah avec des soucis, des problèmes et des angoisses. Et dans ce nouveau monde qu’ils venaient à peine de découvrir, il y avait de quoi bien s’occuper l’esprit avec tout ça, toute la journée et toute la nuit. Et encore, il ne pensait qu’au médical. Quelque part dans Fort Hope, il y avait des gens entrain de s’inquiéter des réserves de nourriture, de l’eau, des constructions, des barricades, des protections, des armes, des munitions… Ils manquaient virtuellement de tout car quoi qui leur arrive, n’importe quel accident pouvait leur être fatal. Que ce soit un imprévu météorologique ou une attaque d’autres survivants, ils souffriraient sur tous les fronts et n’auraient pas de marge d’erreur pour s’en remettre. Cette pensée était angoissante car dans ces circonstances, ce n’était pas une question de qu’est-ce qui leur tomberait sur la figure, mais quand cela arriverait. Il fallait qu’ils se stockent, le plus possible en tout sans rien négliger. Car finalement, ce n’était que quand on manquait de quelque chose qu’on se rendait compte à quel point ça nous manquait. Les premiers jours de panique totale dans la population, après le début de toute cette apocalypse avaient rappelé douloureusement aux américains à quel point ils dépendaient de choses fragiles et inutiles.

Juliet sembla réfléchir un instant avant de déclarer qu’elle en parlerait à Logan. Un nom qui ne plaisait pas à Noah. Déjà qu’il considérait l’homme comme violent, il n’était pas sûr qu’il sache mesurer l’importance d’une proposition médicale. Mais après tout, Noah voulait bien se laisser surprendre positivement par ce type. Il n’attendait que ça, des raisons de bien l’aimer mais son aura et sa manière d’agir lui rappelait chaque fois qu’il le croisait pourquoi son aversion pour lui s’était formée dans un premier temps. On aurait presque dit qu’il n’agissait que dans le but d’offenser le médecin. Noah était conscient que son agacement le rendait particulièrement paranoïaque, encore plus quand il était en conflit avec d’autres, mais ça n’enlevait en rien sa désagréable impression. Cette dernière semblait d’ailleurs être réciproque. Il rajouta rapidement « Évites peut être de dire que la question vient de moi… Logan ne m’apprécie pas énormément. » dit-il, persuadé que ce n’était pas un secret pour quiconque était légèrement observateur. Les deux s’évitaient et leurs premiers jours ne s’étaient pas très bien passés, juste après que Noah ai perdu la presque totalité de son groupe dans un combat démarré par Logan…

Juliet lui demanda ensuite s’il se plaisait quand même ici. Il sembla comme sortir de ses pensées et se réveiller et s’exclama « Ha oui je me plais beaucoup ici ! Et les gens de mon groupe aussi ! » dit-il. Il était arrivé avec une dizaine de personnes, les restes d’un groupe quand même plus grand dont la plupart avait été massacrée par les Punishers. « Je m’inquiète, je ressasse comme une mémé… Mais en fait nous avons été vraiment chanceux de trouver Fort Hope. C’est mieux que camper dehors avec la peur de devoir se réveiller en urgence et s’enfuir constamment. » dit-il. Tout était mieux que ça finalement. Il rajouta « Et puis travailler avec des collègues doués et sympathiques, ça vaut potentiellement une pharmacie bien remplie. » avec un léger sourire. S’ils n’avaient pas la connaissance, les meilleurs scalpels et les meilleurs scanners ne servaient simplement à rien. Les manuels eux même étaient écrit et fait pour des scientifiques spécialisés avec des années d’étude. C’était autre chose qu’un manuel ikéa. « Tu es arrivée quand à Fort Hope ? » lui étant assez nouveau, il avait découvert des gens d’horizons bien différents qui arpentaient les rues.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Lun 29 Jan - 22:25
Alors qu’elle nouait ses mains devant elle, sur la table de leur petite infirmerie, Juliet ne put retenir une exclamation d’étonnement quand Noah lui précisa qu’il valait peut-être mieux qu’elle évite de préciser à Logan que l’initiative d’une sortie à but médical venait de lui, le jeune médecin semblant penser que cette simple information pourrait jouer en sa défaveur. La brune fronça les sourcils un instant, prête à se lancer dans un débat ouvert, ou à défendre le père de sa fille selon les points de vue, pour expliquer que malgré des querelles personnelles, qui pouvaient bien sûr exister, Logan été du genre à faire passer les besoins des survivants du groupe avant ses griefs avec certains des habitants du camp. Et puis…les deux survivants avaient douloureusement compris ce qu’une infirmerie trop peu remplie, ou trop peu pourvue de médicaments utiles pouvait avoir comme conséquence, lorsqu’il avait enterré leur fille unique dans le jardin de la maison du mécanicien. Pourtant, Jules prit le parti de ne pas s’engager sur cette voie, elle qui ne voulait pas se mêler des histoires des autres survivants. Noah et Logan étaient deux hommes adultes, bien capables de régler leurs différends par eux même. « -D’accord, je ne dirai rien. » souffla-t-elle néanmoins, même si elle trouvait cela dommage qu’il préfère ne pas dire que l’initiative venait de lui. Après tout, ça ne ferait que marquer son engagement dans le groupe, ce qu’elle ne voyait que d’un bon œil.

Et puis, la question sur la vie du jeune docteur à Fort Hope était venue naturellement à Juliet, qui ne put retenir un léger sourire face à la réponse enthousiaste de l’homme face à elle. Au moins, elle était contente de constater que malgré ses différends avec le leader du groupe, Noah prenait plaisir à vivre derrière les barricades de leur camp. Et lorsqu’il ne tarda pas à rajouter que cela était également le cas des membres de son groupe, le sourire de la jeune femme s’agrandit davantage. Voilà qui était une nouvelle qui la réjouissait. Cet aveu qu’il ressassait comme une grand-mère ne fit pas disparaître le sourire de la brune, au contraire, alors qu’elle finissait par hocher la tête pour approuver ses propos. Effectivement, c’était là l’un des avantages à la vie en communauté, dans un espace protégé, le fait de savoir qu’on pouvait dormir sur ses deux oreilles, était vraiment quelque chose de non négligeable, et même de plutôt agréable. « -C’est vrai. C’est l’un des avantages de vivre dans un camp comme le nôtre. Même si on n’est pas totalement à l’abri du danger pour autant, on doit bien avouer que la vie ici est moins rude qu’au dehors. » Même si Juliet n’oubliait pas qu’ils n’étaient à l’abri de rien pour autant, qu’un groupe de survivants mal intentionnés, qu’une horde même, pourrait parfaitement faire voler en éclats leur vie ici. Elle repensait à l’attaque sur la caserne, qui n’avait pas été sans conséquence. Mais…ils avaient appris de leurs erreurs depuis…non ?

La nouvelle remarque de Noah lui arracha un nouveau sourire en coin, alors qu’elle se faisait la remarque qu’elle n’était peut-être pas douée, pas tant que ça, mais qu’elle n’était peut-être pas la pire compagnie que l’on pouvait trouver dans ce camp. « -C’est vrai que c’est toujours plus agréable de travailler en bonne compagnie ! » Elle lui adressa un nouveau sourire franc, ne pouvant s’empêcher de se rappeler comment l’ambiance pouvait parfois être pesante lorsque Juliet se retrouvait seule avec Donovan, et qu’elle préférait fuir dans l’une des chambres de l’étage pour être tranquille, et ne pas avoir à subir les coups d’œil malaisants du médecin. Elle préférait largement la compagnie de Noah, qui était toujours agréable avec elle, et qui ne rechignait jamais à lui apprendre de nouvelles choses, comme en témoignait la petite leçon donnée un peu plus tôt.

La brune observa par la fenêtre deux survivants qui passaient par là, alors qu’elle se demandait s’ils allaient avoir de nouveaux patients…mais ils passèrent devant la porte de l’infirmerie, sans même s’arrêter. Elle n’aurait pas été contre un nouveau cours pratique, qui était selon elle la meilleure façon d’apprendre. Noah capta une nouvelle fois l’attention de la jeune femme, alors qu’il lui demandait quand est-ce qu’elle était elle-même arrivée à Fort Hope. Cette question arracha à la jeune femme un sourire nostalgique, alors qu’elle se plongeait dans des souvenirs datant d’une éternité plus tôt. « -Je suis là depuis le début, en fait. » Elle était arrivée quelques jours à peine après que Logan et quelques autres survivants de la caserne aient trouvé cet endroit, qu’elle avait vu grandir et s’épanouir, jour après jour, jusqu’à devenir le grand camp dans lequel ils vivaient tous désormais.

A l’époque, Juliet était loin de s’imaginer que le camp prendrait cette taille, ou même qu’elle se retrouverait à travailler à l’infirmerie, en tant qu’infirmière de fortune, qui ne se distinguait que par sa soif de savoirs, et par le fait qu’elle était toujours prête à en apprendre davantage. Le groupe en avait fait du chemin depuis son arrivée ici, elle aussi d’ailleurs, même s’il ne lui était pas toujours évident de voir les progrès qu’elle avait pu faire, ou les changements qui s’étaient opérés dans son caractère, ou dans sa façon d’être. Elle était pourtant devenue plus combattive, plus sûre d’elle dans sa vie de survivante, et ce n’était sans doute pas négligeable dans la vie qui était désormais la leur. « -Je ne pensais pas qu’on aurait un jour cette taille, ni même qu’on accueillerait autant de survivants. Avec le recul, c’est difficile de se rendre compte de tout le travail qui a pu être accompli ici. Mais ça valait bien chaque heure de labeur, chaque goutte de sueur, chacune de nos incertitudes, aussi. » Juliet n’avait peut-être pas des compétences bien précises en ce qui concernait les barricades qui entouraient leur camp, dans ce système hydraulique que Maddie avait installé, dans les armes à feu, mais elle avait aidé, à sa façon, du mieux qu’elle l’avait pu.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 18 Fév - 11:30
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Juliet avoua que la vie au dehors devait certainement être plus compliquée qu’à l’intérieur de Fort Hope. En même temps, le fait d’avoir des murs assez solides réglait pas mal de soucis que posaient les marcheurs morts. Ils avançaient inexorablement et même s’ils ne pouvaient pas démonter de constructions, la pression qu’ils appliquaient sur des barricades ou des planches, finissaient bien souvent par suffire. En effet ils s’emblaient agir telle une coulée de boue, la pression constante et engluée des corps contre les structures ? Qu’importe si vous étiez le meilleur architecte et ingénieur du monde, le temps et la pression étaient deux ennemis implacables qui avaient souvent raison de toute l’ingéniosité des êtres humains. Ainsi, posséder des humains par-dessus les barricades qui arrivaient à « nettoyer » la zone, c’était une organisation qui était incroyablement vitale pour un groupe aussi grand et avec des personnes aussi vulnérables comme les enfants.

Juliet lui avoua ensuite être là depuis le début. Elle avait dû voir le camp naître et évoluer petit à petit, commençant comme tous les autres groupes de survivants avant de prendre avantage de leur position géographique pour se développer géographiquement parlant. Noah n’avait vu que le résultat plus ou moins final et il avait du mal à imaginer ce que les personnes ayant construit le camp avaient dû faire pour avoir un camp tel que celui-ci aujourd’hui. Ils avaient dû rencontrer autant de défis techniques qu’humains, ne serait-ce qu’avec les Punishers. L’apocalypse ne révélait pas seulement des caractères admirables mais pouvait largement développer aussi les aspects les plus abjects des êtres humains. Même si Noah reconnaissait avoir lui-même une part d’égoïsme comme tout le monde, il espérait cependant que son empathie et son envie de bien faire pouvoir surpasser ce genre de trait détestable mais nécessaire pour la survie. Construire un tel camp c’était aussi être égoïste. Vu les questions et examens prodigués à l’arrivée de chaque nouveau survivant, il était clair que Fort Hope essayait de garder les éléments indésirables le plus possible hors de ses murs. Et qui pourrait leur en vouloir ? Une seule âme mal intentionnée pourrait facilement tout faire s’effondrer en un instant, rendant ce havre de paix en véritable boucherie. Cela devait bien être un domaine dans lequel Logan était compétent : sa méfiance limite paranoïaque et son sale caractère lui permettait certainement de rejeter les mauvais candidats sans trop y penser et sans trop le faire penser aux possibles conséquences.

Noah se leva de la table pour aller prendre une bouteille d’eau dans son sac. Il en proposa une à Juliet et commenta « C’est un superbe camp que vous avez fait et les habitants de Fort Hope, moi-même inclus, vous sommes très reconnaissants. » il ouvrit la bouteille pour boire une gorgée avant de rajouter « Si on continue d’accueillir des gens, il va peut-être falloir agrandir le camp, voire même penser à des systèmes d’organisation plus complexes. Qui sait, peut-être que dans quelques années on ressemblera à un semblant de civilisation organisée et fonctionnelle… Sans marcheurs pour nous faire peur, sans autre Punishers pour nous massacrer… » le docteur n’était pas naïf au point de croire que le reste de l’aventure ne serait qu’un fleuve tranquille, mais il avait aussi espoir en l’ingéniosité de tout ses compagnons et dans leur résolution à vouloir un monde meilleur. Après tout, ils ne le faisaient pas seulement pour eux mais pour les enfants qui étaient dans le camp ou qui arriveraient un jour dans ce monde.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 25 Fév - 15:51
Il n’était pas forcément toujours évident de constater tous les progrès qui avaient été faits au sein d’une communauté quand on y vivait depuis le début, et ce n’était qu’avec le recul, et les commentaires de Noah, que Juliet se rendait compte de tout le travail qui était accompli, des efforts qui avaient été faits, jusqu’à ce que leur camp ressemble à ce qu’il était aujourd’hui. Un lieu de vie agréable, fortifié, où la brune, ainsi que pas mal d’autres survivants, devaient se sentir en sécurité. Pourtant, elle ne put s’empêcher de détourner légèrement le regard lorsque le jeune médecin exprima sa reconnaissance à la brune, qui ne se sentait pourtant pas assez méritante pour les accepter. Cela ne faisait que depuis le début de cette année qu’elle s’était vraiment investie dans ce groupe dans lequel ils vivaient. Auparavant, elle était surtout occupée à prendre soin de sa fille, à la protéger comme elle le pouvait, mais pas suffisamment malheureusement, quand on connaissait la fin tragique qu’avait connu la petite. Ce n’était que pour noyer son chagrin, et tromper son esprit ravagé par la douleur, qu’elle avait commencé à se chercher une place dans le groupe, rejoignant quelques équipes de travail dans lesquelles elle se faisait peu à peu une place. Jules n’avait jamais réellement pris part aux travaux d’agrandissement, à de la surveillance, ou quoi que ce soit. Elle estimait toujours, au fond d’elle, qu’on la prenait pour une empotée, une nana qui ne devait sa survie qu’à la chance, ou aux autres, et c’était sans doute pour cela qu’on l’avait laissée dans son coin, avec Eulalie. Cet aspect là de la vie de Juliet avait cependant changé ces derniers temps, même elle s’apercevait qu’elle devenait plus débrouillarde, plus combattive, grâce aux leçons que lui donnait Lïnko.

Les nouvelles paroles de Noah la tirèrent de ses réflexions maussades, alors qu’elle glissait un regard sur le médecin, qui avait l’air d’avoir réfléchi à la question, à ces nouveaux changements qu’il leur faudrait mettre en place s’ils continuaient d’accueillir plus de survivants dans leur camp. Il n’avait peut-être pas tort, peut-être auraient-ils besoin de nouvelles règles, de nouveaux lieux de vie, d’agrandir leurs cultures. Tout un tas de conversations qui devaient sans doute avoir cours lors des réunions du conseil, desquelles Juliet était exclue. Elle ne savait pas vraiment ce qui était prévu pour leur camp, il n’y avait que Maddie, qui lâchait quelques informations par-ci, par-là, au détour des conversations qu’elles avaient. Si l’évolution de leur camp intéressait vraiment le jeune homme, il faudrait sans doute qu’il se rapproche de la rouquine, une vraie pipelette qui ne loupait jamais une occasion de pouvoir faire un brin de conversation. Enfin…qui ne loupait jamais cette occasion avant de passer entre les mains de Joshua.

Jules secoua légèrement la tête, comme pour chasser ses idées noires, bien qu’une moue un peu trop cynique monta bientôt à ses lèvres. Elle ne voulait pas que son manque d’optimisme affecte Noah, mais elle doutait qu’un jour leur monde puisse être ce qu’il décrivait : débarrassé de tout rôdeur, ou de tout Punisher. Enfin…elle était plutôt d’avis que maintenant que ce groupe-là avait été exterminé, un autre ne tarderait pas à prendre sa place, sans doute parce que c’était dans l’ordre naturel des choses. Les hommes devenaient des loups pour l’homme, et la survie, le manque d’humanité, les temps durs faisaient souvent ressortir ce qu’il y avait de pire chez certaines personnes. Elle se força néanmoins à poser un sourire sur ses lèvres, sans pouvoir se résoudre à expliquer au médecin qu’elle ne rejoignait pas son point de vue. « -Ça ressemble à un joli futur ce que tu imagines-là. » Un futur qui, malgré son manque flagrant d’optimisme, elle espérait quand même, pour les survivants du camp, et tous les autres aussi. Peut-être qu’un jour, ils feraient plus que survivre simplement au jour au jour, comme Juliet avait elle-même l’impression de le faire à chaque instant. Survivre un jour de plus, en espérant voir le soleil se lever le lendemain. « -J’imagine que Logan a déjà dû prévoir tout ça, ou en parler avec les membres du conseil. Je suis comme les autres survivants, je découvre ce qui est prévu que quand c’est déjà mis en place, la plupart du temps. » Elle lui adressa un nouveau sourire, avant de se relever, et d’entreprendre de ranger la pièce, pour s’occuper les mains, alors que les lieux étaient déjà quasiment nickel.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 28 Fév - 21:57


Dernière édition par Noah Richardson le Ven 9 Mar - 20:55, édité 1 fois
Lights in the darkest corner
Fort Hope - 15 août 2016+ ms.palmer

Lorsque Juliet commenta sa vision d’avenir plutôt optimiste il hocha la tête avant qu’elle ne rajoute qu’elle imaginait que Logan et le conseil avaient déjà dû penser à tout ça et qu’ils découvriraient certainement les prochaines améliorations une fois qu’elles seraient mises en place. Noah n’était pas forcément très énervé que les décisions soient prises entre portes closes par une poignée de survivants. Après tout, ils n’étaient pas très nombreux et ce genre de système pourrait perdurer encore longtemps s’ils ne grossissaient pas trop en nombre. Le seul bémol qu’il aurait pu éventuellement émettre était que malgré la communauté florissante qu’il avait réussi à établir, Logan avait l’air bien trop impulsif et têtu pour avoir le dernier mot sur les actions entreprises dans le groupe. Noah se rendait compte quelques fois qu’il n’avait pas une vue objective par rapport au leader du groupe, mais en même temps, il se disait qu’il ne devait pas être le seul à ne pas aimer la manière forte et revancharde du molosse. Il était peut-être simplement le seul à ne pas réussir à cacher son scepticisme par rapport à l’énorme type.

Pour le moment il n’avait jamais vraiment mis des bâtons dans les roues de Noah et l’avait laissé relativement libre de ses mouvements sans trop commenter, mais Noah s’attendait à chaque instant à ce que la montagne de muscle ne vienne « régler » son problème de manière physique. Le médecin savait très bien que sa taille ne réglerait pas grand-chose dans un affrontement pareil. Il ne savait pas se battre et était persuadé que qu’importe le volume de muscle qu’il parvenait à rassembler sous sa peau frêle, il ne ferait jamais le poids.

« J’espère qu’il n’y aura pas trop d’embuches sur le chemin. » commenta-t-il finalement avant de se redresser de la table en se frottant les mains. « Je dois nettoyer quelques compresses, et après j’aurais terminé ma garde. » expliqua-t-il alors qu’il attrapa un petit bol en métal plein de compresses usagées dont le sang avait déjà commencé à s’estomper en nuances de noir et de brun. Il se dirigea vers la porte arrière du bâtiment qui contenait un robinet, de l’eau et un peu de savon pour nettoyer le matériel. « Si je ne te revois pas avant de partir, n’hésite pas à passer par la maison pour boire un thé. Ça me ferait plaisir. » dit-il avec un petit sourire, avant de rajouter, comme s’il avait dit une ânerie « Enfin si tu veux… » effrayé de la possibilité d’avoir eu l’air un peu trop entreprenant ou assuré. La vérité étant que Noah avait toujours peur d’avoir l’air de draguer tout le monde pour la simple et bonne raison qu’il ne savait pas draguer… Il ne manquerait plus qu’il ai une réputation de coureur de jupon à Fort Hope maintenant…

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Jeu 8 Mar - 23:06
Si on avait dit à Juliet, des mois plus tôt, quand Eulalie venait tout juste de mourir, qu’elle aurait souhaité continuer vivre à Fort Hope sans la petite, et qu’elle finirait par s’y investir au point d’y trouver ces espèces de petits boulots, qu’elle faisait avec plaisir, elle n’y aurait pas cru. Outre le fait qu’elle trouvait ainsi une occupation à ce qui pouvaient être de longues journées, cela lui permettait de faire connaissance avec les autres habitants du camp, avec ces survivants qui partageaient son quotidien. Et puis, Jules se découvrait des centres d’intérêt qui lui étaient clairement passés au-dessus de la tête jusque-là, mais qu’elle apprenait aujourd’hui avec plaisir.

Elle aussi, elle espérait sincèrement qu’ils n’auraient plus d’embûches sur leur chemin, elle avait l’impression qu’ils en avaient déjà eu bien trop. Leur départ précipité de la caserne, la peur que cela avait généré, le doute aussi, qui malgré toutes les précautions qu’ils prenaient désormais, restait bien présent dans l’esprit de la brune. Sans doute comme dans celui des autres survivants qui avaient vécu cet épisode assez traumatisant. Après toutes ces épreuves, ils méritaient bien d’avoir un peu de tranquillité, et de vivre une vie en toute sûreté. La voix de Noah la tira de ces espoirs de vie meilleure, alors qu’elle se tournait spontanément vers lui : « -N’hésite pas, si tu as besoin d’aide ! » La jeune femme lui adressa un sourire amical, alors qu’elle terminait de ranger ce qu’elle avait entre les mains.

Le jeune médecin ne tarda pas à lui annoncer qu’après cette petite besogne, sa garde serait terminée, et qu’il rentrerait chez lui. Il ne tarda pas à proposer à la brune de passer lui rendre une petite visite, pour boire un thé, avant d’afficher une mine que Jules crut identifier comme…gênée. Elle afficha à son tour un sourire amusé, et s’empressa de rassurer Noah, qui pensait visiblement s’être montré trop entreprenant. « -Merci Noah, ce sera avec plaisir ! » Sa réaction était étonnante, mais avait un petit côté attachant qui faisait sourire la jeune femme. « -Je passerai quand je finis. Je te dis à toute à l’heure. » Puis après un nouveau regard, elle l’observa quitter la pièce, pour aller dans la celle attenante où il pourrait nettoyer les compresses avec lesquelles il était reparti. Juliet termina ce qu’elle était en train de faire dans la pièce, puis elle la quitta à son tour, regagnant l’étage où ses livres et ses notes l’attendaient, revigorée par cette perspective de bonne soirée à venir.

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Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]
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