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 Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]

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MessageSujet: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 10 Déc - 11:52
Lights in the darkest corner
Fort Hope - 15 août 2016+ ms.palmer

« Ne bougez pas Jonas, laissez le bras allongé, je sais que c’est douloureux, mais ça le sera dans toutes les positions. » dit-il alors qu’il sortait des compresses et des morceaux de bois taillés qu’ils avaient réalisé afin de faire des attelles. Malheureusement pour Jonas, ce n’était pas une plaie perforante ni une blessure compliquée, juste une fracture. Il n’aurait pas les anti-douleurs les plus puissants, mais les pilules bas de gamme qu’ils avaient récupéré dans diverses stations-services pas encore totalement pillées. Il ne pouvait en avoir qu’une toutes les six heures et les médecins du camp savaient très bien que les effets seraient très ténus, pour ne pas dire totalement inexistants. L’homme serrait les dents, gigotait ses jambes et respirait rapidement. Rien de bien sérieux, des signes habituels de douleur que Noah avait presque pris l’habitude de voir à présent. Il n’avait pas de seringue de morphine à passer rapidement dans les veines histoire que le patient ne bouge plus autant, ni de cocktails médicamenteux pour endormir et être tranquille quand il allait réparer son bras.

Car si Jonas s’était cassé le bras, il avait aussi légèrement délogé l’os de sa position initiale. On pouvait voir, sur le coté de son avant-bras, une bosse qui tendait la peau dans une image dérangeante. Aucun signe de saignements ou d’hémorragie qui se manifesteraient par des tâches violettes ou noires, une fracture relativement « propre » comme on disait dans le métier.

Noah se lava les mains, comme d’habitude. Ils avaient quelques gants stériles encore, mais ils les utilisaient pour des plaies ouvertes ou bien lors des rares opérations techniques que la chirurgienne du camp effectuait. Pour tout ce qui était petit bobo et petits accidents comme ça, ils se contentaient de se laver avec un peu de savon. « Juliet ? » appela Noah. « Il y a une fracture ici, est-ce que tu peux venir m’aider ? » Noah n’avait pas vraiment besoin d’aide, à part peut être pour tenir l’homme lorsqu’il allait remettre l’os en place… Mais il voulait aussi et surtout montrer à la jeune femme comment faire ce genre de chose. Il ne pouvait pas utiliser de mannequins, de modèles ou montrer une vidéo éducative. Chaque cas était une occasion d’apprendre à fin que les compétences soient passées de main en main. Au cas ou l’un d’eux venait à disparaître… Noah n’avait jamais vraiment été un professeur dans son ancienne vie. Il était un des plus jeunes de son service et n’avait eu le temps qu’entre apercevoir les nouveaux internes quand l’épidémie de rôdeurs avait commencé. Il ne se trouvait pas trop mauvais mais il avait tendance à se tromper dans les mots et à trop expliquer plutôt que montrer. Mais il essayait de s’améliorer, au moins pour rendre moins douloureuses les expériences des survivants dans l’infirmerie.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 13 Déc - 16:10
Cela faisait maintenant quelques mois que Juliet se rendait plusieurs fois par semaine au domicile d’Alair, chez qui Logan et elle avaient trouvé refuge lorsqu’une horde de rôdeurs leur avait barré la route, des mois plus tôt. Et bien qu’elle n’aurait jamais pu le soupçonner auparavant, la jeune femme appréciait ces longues heures passées à étudier les merveilles du corps humain, et les façons de pouvoir le soigner quand il connaissait des défaillances. Elle avait toujours aimé apprendre des nouveautés, de nouvelles informations, des faits inconnus, elle qui prenait toujours plaisir à parfaire sa culture générale, et à en apprendre chaque fois plus. Le nombre de ses professeurs n’avait pas tardé à s’allonger, puisqu’elle bénéficiait désormais des conseils avisés de Zayna, et de ceux de Noah, autrefois urgentiste, pour son plus grand plaisir. Elle qui n’avait jamais mis les pieds dans un hôpital, hormis le jour de la naissance d’Eulalie, avait bien besoin de trois tuteurs différents pour en apprendre le plus possible.

Elle était à l’étage en train de relire pour la dixième fois sans doute une page expliquant la façon de faire des points de suture, ne pouvant s’empêcher de grimacer face à ces lignes qu’elle lisait, et relisait. Elle se rappelait cette fois où elle avait observé Alair recoudre la paume de main de Logan, qui s’était méchamment coupé, et l’aiguille qui entrait, puis ressortait dans la peau, le fil qui glissait dans la chair, et la plaie qui se refermait peu à peu. Elle se souvenait également de la douleur qui crispait les traits de son ancien compagnon ce jour-là. Observer la scène ne lui avait posé aucun problème, elle y avait même trouvé une étrange fascination un peu dérangeante, mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle aurait ce qu’il fallait dans l’estomac, si elle devait un jour elle-même faire une telle opération. Elle ne s’était jamais sentie particulièrement brave ou courageuse, même si la fin du monde l’avait endurcie, comme beaucoup de survivants.

La brune était en train de visualiser les gestes à faire, qu’elle mimait de ses doigts fins et agiles, quand elle entendit la voix de Noah, de garde en même temps qu’elle ce jour-là, la héler depuis le rez-de-chaussée, où il devait sans doute traiter un patient. Elle avait entendu la porte s’ouvrir un peu plus tôt, mais n’y avait guère prêté attention, se doutant que le médecin l’appellerait s’il avait besoin d’aide. Elle déposa un crayon en guise de marque-page, puis redescendit rapidement, en attachant ses cheveux. D’un regard, elle embrasa la situation, tâchant d’adresser un sourire rassurant à leur patient du jour. Juliet alla se laver les mains, tous ses mentors avaient bien insisté sur ce point, avant de venir rejoindre Noah, qui semblait l’attendre. La brune glissa un regard sur le patient, dont le visage était crispé de douleur. « -Essayez de vous détendre, vous êtes entre de bonnes mains. » dit-elle dans un nouveau sourire, tout en se doutant d’avance que c’était sans doute plus facile à dire qu’à faire, au vu de la situation. Elle avisa la bosse étrange qui déformait l’un de ses bras, avant de relever ses yeux azurs vers le médecin, en attente de ses instructions. « -Dis-moi tout. Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? » Il y avait bien une chose que l’on ne pouvait pas reprocher à la jeune femme, c’était qu’elle était toujours volontaire pour parfaire ses connaissances, et qu’elle ne manquait jamais une occasion d’apprendre en situation.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 17 Déc - 7:37


Dernière édition par Noah Richardson le Mer 20 Déc - 17:24, édité 1 fois
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Juliet arriva dans la salle et observa la scène. Elle alla directement se laver les mains avant de se rapprocher de la scène et de demander à Noah ce qu’elle pouvait faire. L’ancien urgentiste dit, la voix basse pour que leur patient n’entende pas trop ce qui se disait : « Tu vas remettre un os en place. Je vais te guider mais tu effectueras l’opération. Remettre un bras en place, ça marche aussi pour les jambes et les os longs avec des articulations aux deux extrémités. » il avait dit ça rapidement en jetant des coups d’œil au patient tout en préparant l’attèle qui devrait être posée sur le bras dans quelques minutes (si l’opération se déroulait correctement). Noah se souvenait encore de son premier os remit en place. C’était une jambe et, cette fois-ci, ce n’était pas une fracture propre. L’os avait légèrement déchiré la peau et ils avaient du d’abord s’occuper des saignements qui obstruaient la vue. Ensuite, il avait dû remettre l’os en place et immédiatement gérer le second saignement, débloqué par le mouvement effectué dans la chair. Cela avait été sanglant et stressant car il fallait agir vite, mais au moins, le patient avait été noyé d’anti-douleurs et était à moitié inconscient. Il avait été immobile, tranquille et silencieux pendant toute l’opération. Jonas, lui, sans médicament efficace pour gérer sa douleur, cela allait être autrement plus compliqué, même s’il devait avoir bien moins de dégâts que le premier os déplacé de Noah. Le rôle de ce dernier allait surtout être de tenir Jonas pour ne pas qu’il fasse de mouvement dangereux et n’empire sa fracture pendant que Juliet lui remettait l’os en place.

« Jonas, on va remettre en place votre os. Ça va faire un peu mal sur le coup, mais après vous vous sentirez un peu mieux. » ce qui était relatif. Car finalement, passer d’une douleur immense et lancinante à simplement une douleur immense, c’était quelque chose de très ténu pour les patients. Il ne verrait certainement pas la différence après quelques heures dans une attelle sans anesthésie : il allait souffrir des journées et des nuits entières avant que son corps ne le saoule de drogues naturelles et de fatigue. Mais ça, Noah allait garder cette information pour lui. Il s’approcha de l’homme et pointa le poignet du bras cassé. « Tu dois poser ta main gauche sur le poignet. Ensuite tu poses une main sur l’os déplacé, ne pousse rien à ce moment-là. Ensuite, en moins d’une seconde, tu dois d’abord tirer sur le poignet et ensuite pousser l’os en deux mouvements distincts mais rapprochés. Ça devrait aller directement là où ça doit aller sans encombre. » la démonstration de Noah fut interrompue par la voix grimaçante de Jonas « Ca devrait ? » Noah tapota l’épaule intacte du patient et dit « Ca ira directement là où ça doit aller sans encombre. » avant de grimacer un sourire gêné à Juliet. « Tu as compris ? » demanda-t-il finalement. Car si elle avait des questions, c’était le bon moment pour les poser, avant de torturer l’homme installé sur la table d’examen.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 20 Déc - 17:03
Une fois aux côtés de Noah et du patient, Juliet se pencha légèrement vers le médecin, tandis que celui-ci lui expliquait la situation, et qu’elle se figeait brusquement, malgré elle. Avait-elle bien entendu, c’était elle qui allait remettre en place cet os ? Mais…il avait bien conscience qu’elle n’avait jamais fait ça auparavant, et que tout ce qu’elle savait faire, plus ou moins, c’était désinfecter correctement une plaie, et appliquer un bandage digne de ce nom ? Là, on ne parlait plus de théorie, mais bel et bien d’un vrai bras blessé, sur le corps d’un homme en chair et en os, qui semblait, à l’expression de son visage, souffrir le martyr. Juliet releva son regard stupéfait vers Noah, alors que ce dernier expliquait à Jonas qu’ils allaient le soigner et qu’il n’allait pas tarder à se sentir mieux. Vraiment ? Et que se passerait-il si Juliet se loupait ? Est-ce que l’urgentiste saurait rattraper ses bêtises et éviter à l’homme de souffrir encore plus ?

Jules releva docilement son regard pas vraiment rassuré vers le médecin de leur groupe, alors qu’il lui dispensait de nouvelles instructions, qu’elle buvait avidement, ne loupant aucun détail sur la manœuvre qu’il était en train de lui expliquer. La théorie ne semblait pas bien compliquée, mais n’était-ce pas lorsque l’on tâchait de mettre en pratique ces idées théoriques que tout foirait immanquablement, pour des raisons inexplicables ? Elle déglutit péniblement, tiquant sur cette façon que Noah avait de dire que si elle s’appliquait, les choses devraient aller pour leur patient. Jonas lui-même s’arrêta sur ce mot, répétant les paroles tout juste prononcées par le médecin, d’un air sceptique. Celui-ci s’empressa aussitôt de rassurer son patient, avant d’adresser un petit sourire contrit à Juliet, qui ne parvint à lui répondre par rien d’autre qu’une grimace. Elle le fixa un long moment dans les yeux quand il lui demanda si elle avait compris, comme si elle lui laissait silencieusement l’opportunité de revenir sur sa proposition, et de soigner lui-même Jonas. Mais Noah ne se déroba pas, et continua de fixer Juliet en attente de sa réponse.

Doucement, peut-être même à reculons, la brune hocha finalement lentement la tête, alors que ses mains se posaient là où l’urgentiste le lui avait indiqué, quelques instants plus tôt. Une sur le poignet, l’autre sur l’os fracturé. Tirer. Pousser. Deux mouvements. Elle pouvait le faire. Enfin…elle pouvait le faire, pas vrai ? Noah ne lui aurait jamais confié Jonas s’il n’estimait pas qu’elle en avait pas les capacités. Du moins, c’était ce dont elle essayait elle-même de se convaincre. Elle prit une brève inspiration discrète, adressa un sourire figé à son patient, avant de rassembler tout son courage, et de prendre sa décision en moins d’une seconde. Elle tira sur le poignet, et poussa l’os vers sa position normale, tandis que la manœuvre arrachait un cri à Jonas, qui se débattit sous la douleur éprouvée. La petite bosse sur le bras disparut, mais sans trop savoir pourquoi, Juliet ne parvint pas à détacher tout de suite ses mains du bras blessé du survivant, tandis qu’elle relevait son regard inquiet vers Noah, en attente d’une approbation, ou de savoir si elle venait de bousiller définitivement le membre de l’homme allongé devant elle.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mar 26 Déc - 9:25
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Le visage cordial et sympathique de Juliet sembla se figer un instant. En effet, les os étaient souvent quelque chose que les gens trouvaient difficile à soigner ou à observer être soigné. Il y avait quelque chose de particulièrement dérangeant à voir quelqu’un de désarticulé, comme une poupée de chiffon, les membres n’allant pas dans le bon sens ou des bosses non naturelles qui se formaient sous la peau. Se casser un os, en lui même, n’était pas forcément très douloureux, c’était surtout les tissus autour qui envoyaient des signaux de détresse plus importants qu’une simple coupure ou déchirure. Les os et toutes les structures solides comme le cartilage ou les tendons, étaient souvent aussi les plus difficiles à soigner et à récupérer entièrement. Les zones comme les jambes et les épaules, souvent sollicités et devant effectués des mouvements compliqués, ne revenaient généralement jamais comme avant, laissant des douleurs, des inconforts ou alors empêchant le porteur de certains déplacements. Noah comprenait un peu le choc de sa collègue, mais malheureusement, dans leur contexte ils ne pouvaient pas être effrayés ou choqués bien longtemps sinon des dégâts irréversibles pouvaient être causés.

Juliet finit finalement par déglutir avant de hocher la tête avant de commencer à poser ses mains où elle devait les mettre. Les premières procédures compliquées étaient toujours un cauchemar. Quelque chose qu’on essayait d’éviter mais en même temps, il fallait bien commencer quelque part et se lancer, sans quoi on ne progressait jamais. Et en l’absence de mannequin d’entraînement, ne restait que la pratique sur patient vivant et bien blessé. C’était malheureusement, mais on faisait avec ce qu’on avait.

Noah s’approcha de Jonas et le maintint contre la table histoire qu’il ne bouge pas trop, rendant la procédure délicate. Il ne manquerait plus qu’ils fassent plus de dégâts à cause d’un faux mouvement de la part du patient… Juliet se mit ainsi en position et, après avoir pris une petite inspiration, effectua le geste. Bien entendu, il était moins précis que si Noah l’avait fait, l’ayant effectué des dizaines et des dizaines de fois dans son travail. Mais pour une novice qui n’avait jamais remit en place un os, c’était très bien.

Jonas râlait, mais ça, c’était normal, même si il devait normalement avoir légèrement moins mal étant donné que l’os n’appuyait plus sur des nerfs à l’extérieur de sa position. Noah se déplaça aux côtés de Juliet et passa doucement sa main là où l’os dépassait il y a quelques secondes. Il appuyez rapidement avec ses doigts de chaque côté, maintenant rapidement Jonas, qui avait sursauté. « Désolé Jonas, je devais juste vérifier que l’os est au bon endroit. Ça semble bien en place. » dit-il avec un petit sourire adressé à Juliet. « Vous savez faire une attelle du coup ? » Il avait préparé les morceaux de bois et les bandages à emballer autour du membre à immobiliser, ce n’était qu’une affaire de nœuds et de ne pas trop serrer pour laisser respirer le bras mais il était difficile de jauger quand on en avait jamais fait une.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mer 27 Déc - 17:09
Juliet était pour l’instant incapable de bouger ses mains du bras du patient, se demandant si elle n’avait pas fait plus de dégâts encore, et si Jonas n’allait pas souffrir le martyr suite à sa manipulation. Elle avait relevé son regard inquiet vers Noah, qui plutôt que de lui répondre avec des mots, avait fait le tour de la table d’auscultation, pour se rapprocher du bras blessé de leur patient. Sans un mot, elle céda sa place au véritable médecin des lieux, qui passa un doigt sur la fracture du survivant allongé devant eux, avant de décréter que la jeune femme avait fait du bon boulot, et qu’elle avait réduit la fracture correctement. Juliet répondit au sourire de Noah par un sourire similaire, non sans cacher le soulagement que cette nouvelle provoquait en elle. Elle n’avait pas abîmé Jonas, et elle s’en était visiblement pas trop mal sorti pour une première. Ce qu’elle considérait comme plutôt encourageant.

Elle adressa par réflexe un nouveau sourire au patient, avant de reporter son regard sur l’urgentiste, et de froncer légèrement les sourcils. Si elle savait poser une attelle ? Pas vraiment. Et elle ne doutait pas que toutes les scènes du genre issues de différents films ou séries qu’elle avait pu regarder il fut un temps ne devaient être que vaguement indicatifs quant à la réalité. Elle fit donc un bref hochement de tête négatif à Noah pour lui signifier que non, avant de s’emparer de l’un des morceaux de bois préparés par le jeune homme. Juliet se montra une nouvelle fois particulièrement attentive, alors qu’il lui indiquait de placer chaque morceau d’un côté et de l’autre du bras, puis qu’il lui expliquait comment faire avec les bandages pour immobiliser le membre blessé au mieux.

Alliant la pratique à la théorie dictée par le survivant, Juliet prit son temps pour suivre les instructions, et poser l’attelle autour du bras de Jonas, avant que Noah fasse les vérifications nécessaires, et qu’il contrôlait le dispositif mis en place par la brune, qui attendit patiemment le verdict. Mais le docteur ne tarda pas à dispenser de nouveaux conseils au survivant blessé, qui avait ramené son bras désormais immobilisé contre lui, dans un geste protecteur. Juliet l’aida à se redresser, puis à se relever, tandis que l’homme après un regard suspicieux envers l’un puis l’autre, les remercia finalement, puis quitta l’infirmerie, en annonçant qu’il n’hésiterait pas à revenir si la douleur empirait, bien que Jules ne soit pas certaine que Noah pourrait grand-chose pour lui. Elle attendit tout juste que la porte soit refermée pour se tourner vers l’urgentiste, un sourire sur le visage. « -Wow, c’était…impressionnant ! » Elle fit un pas vers lui, avant de hausser une épaule, se rendant compte qu’il n’avait sans doute pas du voir les choses sous le même angle qu’elle, grande novice qu’elle était. « -Enfin, sans doute pas pour toi, bien sûr. Mais je t’assure que c’est un truc dont je me souviendrais longtemps ! » Elle aurait tôt fait de noter les enseignements dans le cahier qu’elle avait réservé spécialement à ces nouveaux savoirs qu’on voulait bien lui dispenser, dès qu’elle en aurait l’occasion. « -Je te remercie de bien avoir voulu me montrer ça. Même si Jonas a eu l’air d’apprécier nettement moins l’initiative ! » Elle agrémenta ces quelques mots d’un nouveau sourire, légèrement amusé, même si elle pouvait comprendre la réaction du survivant, qui avait du se sentir l’âme d’un cobaye pendant quelques instants.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Dim 31 Déc - 12:13
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La jeune femme semblait un peu choquée, probablement encore inquiète de faire des dégâts. Sa position n’était pas enviable. Noah connaissait la théorie, il avait étudié l’anatomie des années durant avec des professeurs tous plus doués les uns que les autres. Il avait eu le temps et l’occasion de réviser, de pratiquer de manière sûr et encadrée. Il avait pu observer encore et encore sur el flot de patients que vomissaient les portes d’entrée des urgences. Ainsi, quand il avait fait sa première résorption de fracture, il était à peu près sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cent qu’il faisait ce qu’il devait faire. Là, Juliet était lâchée au milieu du vide par elle même avec quelques indications. Qui sait, si Noah n’avait pas reçu sa formation initiale, il aurait possiblement été incapable de faire ce qu’elle avait fait et se serait retrouvé totalement inutile à tout le monde. Une pensée assez désagréable quand il était convaincu que sa survie jusque là s’était faite grâce à sa seule fonction : guérir et soigner. Il n’était doué en rien d’autre.

Elle lui indiqua qu’elle ne savait pas faire une attelle, là comparer à l’acte de remettre un os en place, c’était facile. Noah lui indiqua où mettre les bandes de bois et où passer le tissus. « La peau doit respirer et dans quelques jours on devra vérifier l’état du bras, donc il ne faut pas que ce soit trop serré non plus. » tout devait tenir mais en même temps, il serait plus confortable pour le patient et pour eux plus tard, si la bande n’était pas attachée de manière trop serrée.

Encore une fois, Noah passa ses doigts le long des bandes et du bois et hocha encore une fois la tête. « Parfait. Jonas, je crois qu’on en a finit avec vous. Rentrez chez vous et reposez-vous. Et je sais que ça semble évident, mais on ne sait jamais : pas de mouvements ni d’efforts avec votre bras cassé. » puis il s’en alla non sans remercier les médecins. A peine fut-il partit que la jeune médecin se tourna vers Noah en admettant que tout cela avait été impressionnant et elle le remercia de lui avoir apprit.

« La traumato ça impressionne toujours car ça concerne des choses pas supers agréables mais tu t’es très bien débrouillé en tout cas. Et pour Jonas… Un membre cassé c’est toujours très douloureux quoi qu’on fasse sans anesthésies. » dit-il pensif en jetant un coup d’oeil à leur cabinet à médicaments. Ces derniers étaient gardés précieusement et seuls les cas les plus graves bénéficiaient de calmants ou d’anti-douleurs.

« Mais tu apprends très vite, c’est très bien. Plus on peut former de personnes, plus ce sera… Prudent. » Noah n’avait pas beaucoup confiance en sa capacité de survie si il n’y avait pas de gros bras avec lui pour rentrer dans le lards des marcheurs écervelés. Il avait cru aussi mourir lors de l’attaque des Punishers. Transmettre le plus possible garantissait que quand il finirait dévoré, quelqu’un d’autre pourrait veiller sur les autres. « Tu avais déjà fait de la médecine avant tout ça ? On m’a dit que tu n’étais pas médecin mais tu as l’air de quand même assez bien t’y connaître. » il n’avait pas vraiment eu le temps d’apprendre à connaître tout le monde. Entre la gamine dont il avait la charge et les anciens membres de son groupe avec qui il avait déjà sympathisé, il n’avait pas énormément agrandit son cercle social… En éternel timide qui n’était pas fan des regroupements et des discussions bateau, il avait passé quelques mois sans trop parler aux gens, à seulement travailler et soigner.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Lun 1 Jan - 17:10
Le regard de Juliet pétillait, et il était sans doute difficile de savoir si c’était parce qu’elle était contente d’avoir réussi correctement la manœuvre, ou juste contente de ne pas avoir amoché un peu plus le survivant blessé qui s’était présenté à la porte de l’infirmerie. Elle ne quitta pas Noah du regard, alors qu’il lui parlait des spécificités de son ancien métier, et que la brune hochait doucement de la tête, certaine qu’elle-même n’aurait jamais eu les tripes pour faire un boulot comme le sien. Elle esquissa malgré tout un léger sourire face au compliment de l’urgentiste, avant de lever légèrement une épaule : « Merci. Mais…j’ai eu un bon professeur ! » Sans les explications claires de Noah, et sa présence à ses côtés, nul doute que Jules ne s’en serait pas aussi bien sortie.

Il lui livra un nouveau compliment qui fit détourner brièvement les yeux de la jeune femme, qui n’avait jamais vraiment réussi à s’habituer à ce genre de paroles, qui la mettaient le plus souvent mal à l’aise. Mais il aborda bien vite un sujet bien plus délicat, et Juliet devait bien dire qu’elle rejoignait son point de vue sur le sujet. Ils avaient la chance de compter plusieurs anciens personnels soignants parmi les survivants de Fort Hope, mais elle était d’avis, et Noah également apparemment, qu’il n’y aurait jamais assez de personnes formées aux soins médicaux pour le monde qui était désormais le leur. Tout pouvait basculer tellement vite désormais, la moindre sortie se révéler mortelle, qu’il valait mieux faire en sorte que quelqu’un puisse combler un quelconque poste vacant qui pourrait se présenter à l’infirmerie.

La nouvelle question qu’il lui posa fit ouvrir à Juliet de gros yeux, et si la surprise la laissa muette quelques secondes, elle ne put finalement retenir un léger éclat de rire, face à cette question étonnante. Elle adressa au survivant un nouveau sourire, avant de secouer légèrement la tête. « -On ne t’as pas menti ! Je possédais une galerie d’art…alors tu vois, rien à voir avec la médecine ! » Elle n’avait jamais mis le nez dans un livre d’anatomie ou de médecine avant qu’Alair ne lui en mette un entre les mains, et cela ne l’avait d’ailleurs jamais réellement intéressé. Ce que Juliet aimait, c’était la peinture, les peintres qui les avaient faits, les sculptures, la photographie, le dessin, bref, tout ce qui touchait de près, ou de loin, à l’art l’intéressait toujours outre mesure. Elle ne comptait plus les expositions, musées, et visites de galeries qu’elle avait fait en solitaire pour assouvir cette passion qu’elle avait toujours eu. « -Quand je suis motivée, j’ai tendance à m’impliquer peut-être un peu trop…Mais tu l’as dit, plus il y a de personnes qui en savent un minimum sur les soins, mieux ce sera, alors c’est pas plus mal si mon cerveau est une éponge. »

Elle alla finalement s’installer sur l’une des chaises qui entourait la petite table ronde dans un coin de la pièce, avant de poser une nouvelle fois son regard azur sur le médecin, un peu plus loin. « -Et toi, alors ? C’était ta vocation de travailler dans un hôpital ? » Noah lui avait toujours semblé assez sur la réserve, à ne pas trop parler de lui, mais puisque c’était lui qui avait abordé le sujet du passé, elle se disait qu’il n’était peut-être pas hostile à une conversation avec elle. Ils avaient travaillé ensemble plus d’une fois, mais ils s’étaient la plupart du temps contentés de parler de tout ce qui avait directement attrait à l’infirmerie, sans réellement essayer de faire connaissance. Peut-être qu’ils en avaient à cet instant l’occasion, si le jeune médecin n’était pas contre le fait de parler un peu de lui avec elle.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Sam 6 Jan - 16:00
Lights in the darkest corner
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Il sourit et rougit légèrement quand Juliet lui dit qu’il était un bon professeur. S’il avait encore été à l’hôpital il n’aurait pas pu prendre d’internes sous sa garde pendant encore quelques années. Il avait terminé ses stages lui-même il y a seulement quelques années et il apprenait encore à naviguer son propre métier même si les automatismes étaient arrivés très vite. A force, on finissait par avoir ses habitudes, les mêmes infirmier s qui travaillaient pendant ses gardes, les mêmes secrétaires, les mêmes patients des fois, qui étaient habitués du service et passaient leur temps à revenir pour divers problèmes. Il avait fini par se sentir comme chez lui, à défaut d’avoir vraiment un chez-lui. Entre son ex qui l’avait jeté comme un malpropre et son père qui ne le reconnaissait pas une fois sur deux, l’hôpital avait eu l’air presque chaleureux et rassurant à cause de sa routine qui donnait des repères au jeune homme.

Juliet lui expliqua ensuite qu’elle possédait une galerie d’art. En effet, c’était des compétences assez éloignées de la médecine. Lors de son parcours, Noah avait constaté que les gens se tournant vers le côté « soin » des groupes de survivants avaient généralement un rapport au côté manuel et précis. Des anciens couturiers ou artisans qui avaient les mains exercées et qui apprenaient mieux à les manier qu’un employé de bureau qui passait son temps installé dans une chaise dix heures par jour. Noah devait avouer qu’il ne savait pas trop ce qu’on faisait dans une galerie d’art à part accrocher des tableaux et les exposer ou les vendre… Cela devait certainement avoir à faire avec le business international ou l’organisation de gala certainement… Peut-être… S’il avait traîné un peu plus dans des galeries, il le saurait certainement, malheureusement les horaires qu’il avait à l’hôpital n’étaient pas compatibles avec une vie sociale culturelle. « Ha je vois… En tout cas, tu aurais peut-être pu faire médecine, dans une autre vie. » Certaines personnes prenaient un cheminement de vie bien différent de ce pour quoi ils étaient destinés. Peut être que dans un autre univers, Juliet était une chirurgienne reconnue ?

Elle lui retourna en quelque sort la question en l’interrogeant sur son travail à l’hôpital. Noah avait commencé à remettre en place certains outils qu’ils avaient utilisé en en mettant certains de côté pour être nettoyés à nouveaux. « Plus ou moins oui… Je me suis essayé à la psychiatrie avant de me décider à la traumatologie et aux urgences. » commenta-t-il. Son séjour en psychiatrie l’avait secoué plus que de raison, peut être à cause de vieux traumatismes bien enfouis ou alors à cause de sa nature sensible. « Au moins avec les urgences on ne s’attache pas autant que dans les services spécialisés. On gère le problème le plus grave et ensuite, ils s’en vont. On ne s’attache pas autant que dans les autres étages. » même si certains patients nécessitaient un suivi plus long pour savoir dans quels services on devait les envoyer, ça ne durait en général pas plus de quelques jours alors que certains docteurs suivaient des patients pendant de longs mois ou années. « C’est un autre monde les urgences. Et c’est très différent de… ça. » dit-il en faisant référence à l’infirmerie. « On manque surtout de matériel plus développé. Si des survivants développent des maladies particulières, on va se retrouver à voir des gens mourir lentement et douloureusement. » Il se passa une main sur le visage. « Désolé, je suis un peu pessimiste si je fais pas gaffe… » dit-il en se reconcentrant sur les ciseaux et bandages, en évitant de lever ses yeux sérieux et froids.

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Mar 9 Jan - 17:12
Faire médecine dans une autre vie ? Juliet s’arrêta quelques instants sur la phrase, en fronçant légèrement le nez. Pour être exacte, dans cette vie-ci, elle n’avait jamais eu à se questionner pendant de longues heures sur le métier qu’elle voudrait faire plus tard, ou à arpenter le bureau de divers conseillers d’orientation, qui auraient sans doute cherché à l’enfermer dans une case, pour se conformer aux normes de la société. Non, Jules avait su très tôt ce qu’elle voulait faire, ou plutôt, dans quel domaine, elle voulait travailler. Si elle avait toujours rêvé de devenir peintre, et de signer ses propres toiles, la vie, et ses aléas, l’avaient poussé à mettre ses rêves de côté, mais sans qu’elle renonce pour autant à ce qui la passionnait, depuis aussi loin qu’elle puisse s’en souvenir. Alors effectivement, elle ne serait jamais Juliet Whitman, neurologue, chirurgienne, pédiatre, ou une quelconque autre spécialité médicale, et ne serait que Juliet Whitman, propriétaire d’une galerie d’art, sans doute au grand damne de son père, mais c’était la vie qu’elle s’était choisie, la vie qu’elle aimait. Et qu’elle ne regrettait pour rien au monde.

Et puis, elle était convaincue que pour se lancer dans des études aussi complexes, et longues, que celles pour être médecin, il fallait une rigueur, une ténacité et une passion sans faille. Il lui semblait clair, peut-être à tort, que seule une personne hautement déterminée, et passionnée pourrait s’investir dans un métier aussi exigeant que celui-là. Et elle ne doutait pas que Noah était de ceux-là. Elle n’avait pourtant pas pu s’empêcher de grimacer légèrement quand il lui avoua avoir commencé par la psychiatrie, elle qui supposait ce domaine particulièrement compliqué. Elle ne parvenait pas à s’imaginer comment ces médecins réussissaient à rester détachés face à tout ce qui devait leur être confié, ni même comment ils pouvaient laisser à la porte de leur cabinet, ou de leur salle de consultation, toutes les confidences qu’ils avaient reçues, ou toutes les scènes dont ils avaient pu être témoin. Elle-même savait qu’elle aurait été du genre à tout ressasser, en boucle, et qu’elle n’aurait jamais été assez forte mentalement pour s’engager dans cette voie. La brune ignorait les raisons qui avaient poussé le jeune homme à changer de spécialisation, mais il lui annonça bientôt avoir choisi la traumatologie, qui d’après ses dires, semblait lui convenir bien mieux. La jeune femme hocha lentement la tête, comme pour lui signifier silencieusement qu’elle comprenait parfaitement ce point de vue qu’il lui exposait. Tout devenait toujours beaucoup trop compliqué quand un attachement s’installait entre deux personnes. « -Je comprends. En tout cas, tu devais avoir une vie bien remplie, et pas une minute à toi, avec tout ça ! »

Par réflexe, le regard de Juliet suivit celui du jeune médecin, qui englobait l’infirmerie, avec ce que la brune pouvait identifier comme un certain dépit. Effectivement, ici, ils étaient loin, bien loin même, de posséder le même équipement que celui dont Noah devait bénéficier à l’hôpital où il travaillait, même s’il n’était pas faute de faire diverses sorties pour renflouer les stocks de l’infirmerie, ou trouver du matériel médical supplémentaire. Elle sentit malgré elle un brusque coup de poing dans son estomac aux paroles du jeune homme, alors qu’elle détournait subitement le visage pour éviter de présenter au médecin son air blessé. Elle comprenait parfaitement son point de vue, peut-être mieux que n’importe qui dans ce camp, à l’exception sans doute de Logan. Leur fille, Eulalie, était décédée en fin d’année précédente, des complications d’une maladie contre laquelle ils n’avaient trouvé aucun traitement, ou médicament à pouvoir lui administrer. Les deux parents n’avaient pu qu’assister, impuissants, au lent déclin de leur fille, jusqu’à cet issu fatal qu’ils n’avaient su éviter.

Elle tâcha de s’ancrer à la voix de Noah lorsqu’il reprit la parole pour éviter de sombrer dans des souvenirs trop douloureux, alors qu’elle lui disait qu’il n’avait pas à s’excuser. Il avait fréquenté la mort bien plus souvent qu’elle, pour savoir à quel point elle pouvait être moche. « -On a fait plusieurs sorties, dans des pharmacies du coin, pour essayer de récupérer des produits, des médicaments, ou tout ce qui pourrait nous être utile, en fait. Mais je crois que tous les survivants de Détroit ont eu la même idée. » Un poussa un soupir las, tandis qu’elle haussait les épaules d’un air impuissant. Ils n’étaient qu’au mois d’août, pourtant, l’hiver viendrait toquer à leur carreau bien vite, et elle espérait qu’ils n’auraient pas à lutter contre la même maladie que celle qui avait sévit au camp l’an passé. « -Je ne sais pas si tu ne l’as pas déjà fait…mais tu pourrais peut-être faire une liste des produits dont on aurait vraiment besoin ici. Je pourrais la recopier et la transmettre au conseil, qui pourra en informer les membres du groupe qui sont chargés du ravitaillement. Plus il y a de personnes au courant de ce dont on pourrait avoir besoin, mieux ce serait, non ? » Elle faisait un peu cette proposition en l’air, sans savoir si Noah avait déjà eu l’idée, ou pas. Mais qui mieux qu’un médecin pourrait dresser un inventaire de ce dont ils manquaient cruellement ici, pour soigner les habitants de Fort Hope ?

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MessageSujet: Re: Lights in the darkest corner [Juliet & Noah]   Jeu 11 Jan - 18:34
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Juliet commenta qu’il devait avoir eu une vie bien remplie. Il sourit doucement en hochant la tête. Plus ou moins… Passer sa vie au service des autres, ne pas compter les heures, finir endormi sur un brancard dans une cage d’escalier jusqu’à son prochain service… Pouvait-on vraiment appeler ça une vie ? Et quand son ex l’avait largué comme un moins que rien en public ? En regardant en arrière, en se rappelant de sa situation juste avant que les choses ne s’enveniment et qu’il ne prenne la route avec ses nécessaires de chasse, il habitait chez son père sénile et ne se séparaient de son habit de médecin que tard le soir quand ses insomnies à répétition avaient finis de totalement l’épuiser ou quand il avait enfin cédé à la tentation des sommeils médicamentés. Il ne savait pas si il avait eu une vie remplie, mais en tout cas, cela lui avait laissé un grand vide à l’intérieur qu’il n’avait même plus le temps de constater à présent.

Noah semblait avoir pas mal refroidi la pièce après qu’ils aient plutôt dû être satisfaits que Juliet maitrise une nouvelle technique médicale. Après tout, dans leur monde à présent, les succès et les progrès se faisaient rares voir inexistants. Ils titubaient et tâtonnaient chaque jour histoire d’essayer de rester à flot. Noah avait des fois l’impression de ne pas avoir assez de temps pour respirer et reprendre son souffle avant de retourner sous l’eau et sentir le sel lui remplir les narines. Mais se battaient-ils contre les vagues ou étaient-ils submergés dans le déni, et étaient-ils vraiment entrain de se noyer en réalité, silencieusement et doucement comme le voulait la réalité. Pas de grands débats, pas de bras qui battent les vagues, pas de cris déchirants, juste des vies qui s’éteignaient tranquillement sans vraiment se rendre compte qu’ils avaient déjà traversé le Jourdain et payé leur tribu. Cette pensée, l’idée que leurs efforts étaient totalement inutiles et vains, hantait chaque jour Noah.


La jeune femme médecin de vocation mais galeriste de métier lui expliqua que les pharmacies et hôpitaux avaient déjà été pas mal pillé et elle lui proposa de soumettre une liste de médicaments au conseil pour les futures expéditions. Il hocha la tête et finit par s’installer sur un des tabourets de l’infirmerie. Malgré son mètre quatre-vingt-dix qui le rendait grand, même assis, il semblait soudainement ratatiné sous un poids invisible. Les épaules affaissées, le dos légèrement vouté, le cou courbé… « Hum… On manque de tellement de chose que la liste serait bien longue. Et puis à ce stade je dirais que tout est envisageable. » il dit une pause un moment. « Vous avez été voir dans les cliniques vétérinaires, les maisons de retraite et les centres résidentiels médicalisés ? » les médicaments pour les animaux avaient quelques spécificités mais leurs principes actifs, en théorie, ne différaient pas forcément des principes actifs des médicaments pour les humains. Même si Noah ne connaissait rien en animaux, en lisant les étiquettes de certains produits il pourrait certainement prédire certains effets. La fierté de certains en prendraient un coup mais pouvait-on vraiment faire la fine bouche en matière de vie et de santé quand on était au point où ils en étaient ? Si les lieux évidents avaient déjà été pillé dans la précipitation alors ils devraient peut-être chercher dans les lieux moins évidents mais souvent tout aussi fournis. Les maisons de retraites, même si elles étaient souvent gérées et fournies par des hôpitaux ou des cliniques privées, gardaient certains produits sur place en cas d’urgence la nuit ou de traitements réguliers des habitants… Cela pouvait être une piste potable. « Il faudrait peut-être que j’accompagne certaines expéditions, pour essayer de voir ce qui pourrait être utile… » c’était une réflexion qu’il avait dit à voix très basse, comme pour lui-même. Une petite voix venue du fond de son ventre et qui le démangeait : sa couardise qui s’agrippait à ses tripes comme une espèce de cancer, tenace et solide. Il faudrait peut être bien un jour qu’il s’y colle…

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