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 The little things [Zayna & Noah]

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MessageSujet: The little things [Zayna & Noah]   Dim 10 Déc 2017 - 20:39
The little things
Fort Hope - 17 août 2016+ ms.palmer

Des bacs à l’arrière du bâtiment de l’infirmerie permettaient de nettoyer les instruments et les bandages en tissus qu’ils réutilisaient. Malheureusement, ils ne pouvaient plus simplement jeter et envoyer chaque scalpel se faire nettoyer automatiquement dans les sous-sols d’un hôpital. Les robes des patients n’étaient pas simplement jetées et de nouveaux paquets n’étaient pas ouverts. Il fallait économiser, réutiliser et recycler. Bien entendu, ça voulait dire que le niveau d’hygiène de toute leur entreprise avait largement baissée mais au moins, ils arrivaient à sauver des vies. Les infections duraient plus longtemps et étaient plus difficiles à soigner et le temps de rémission avait presque doublé pour certaines maladies, mais ce n’était plus cela qui déterminait leur réussite mais la simple survie des habitants de Fort Hope.

Cette après-midi-là, Noah avait été de garde presque huit heures avant d’avoir laissé la main au prochain médecin. La coutume voulait que le personnel s’occupait du nettoyage de l’équipement utilisé et récupéré dans la journée pour que la personne de la prochaine garde puisse les utiliser. C’était simplement de la politesse en plus d’être nécessaire : si personne ne le faisait, personne d’autre ne le ferait. Il n’y avait plus d’armées d’aides médicales ou d’infirmières qui pourraient le faire sans soucis. Retour aux bases, comme quand il était interne.

Noah avait ainsi sorti un petit panier de compresses en tissus et une boite d’ustensiles sanguinolents et avait commencé à utiliser l’eau d’un bassin pour les nettoyer du mieux qu’il pouvait. Installé sur les marches menant à la porte arrière et donnant sur l’eau qui s’étendait à quelques dizaines de mètres, il trouvait cela presque agréable avec le soleil du mois d’Aout qui se réverbérait dans le métal qu’il frottait.

Il entendit la porte s’ouvrir derrière lui. Il se décala rapidement au cas ou la personne voulait passer et commenta « Si y a des trucs à nettoyer, faites passer, je suis lancé… » dit-il, toujours aussi concentré sur son labeur, se concentrant sur quelques scalpels qu’il avait utilisé pour sortit des cailloux d’une plaie. « Avec un peu de chance, je vais bronzer un peu… » il sourit avant de lever la tête pour constater que c’était Zayna, une femme qui l’évitait assez régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, il se sentit un peu gêné tout d’un coup et rajouta « J’ai pas de maillot de bain hein… » mais qu’est-ce qu’il racontait ?

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Mer 13 Déc 2017 - 11:50


Zayna & Noah



Fort Hope - 17 août 2016

Le temps d'adaptation ne fut guère facile pour Zayna qui éprouvait encore à ce jour des difficulté à se sociabiliser surtout avec la gente masculine. Bien sûr, Adam et Logan étaient des exceptions dans son petit monde et pouvaient entrer dans son cercle sans que la jeune femme n'éprouve une certaine crainte à leur égard, mais cela restait assez précaire. Par moment, l'infirmière pouvait faire plusieurs pas en avant pour ensuite reculer d'une centaine. Ce genre de guérison demandait du temps et inconsciemment ou non, la jeune femme évitait un maximum le contact avec les hommes, bien que dans l'infirmerie, elle se devait de prendre le dessus et parler et partager un minimum ne serait-ce que pour bien faire son travail. Très professionnel, elle parvenait néanmoins à mettre ses craintes de côté pour le bien être du patient. Zayna était ainsi, à s'oublier constamment considérant que ses soucis n'étaient rien comparé à la santé des autres. De plus, elle faisait office de psychologue pour la plupart des gens de Fort Hope qui en ressentait le besoin, elle ne pouvait donc pas se donner le loisir de choisir qui pouvait venir lui parler ou non. Et de toute manière, c'était une excellente chose que de se faire violence pour parvenir à une prochaine étape vers la guérison. Mais, personne ne pouvait ignorer la difficulté de ce genre de moment, devoir refaire confiance aux hommes et de ne plus croire que tous viendraient à la battre pour telle ou telle raison ou encore la violer ou faire d'elle un moyen de paiement quelconque. Depuis le début du chaos, Zayna est passé par tous les stades, à vouloir se battre et fuir avant de baisser les bras, se soumettre, obéir pour au final accepter sa sentence la considérant comme amplement justifier. Imaginez un peu son état d'esprit chaotique et prompt à l'auto-destruction. Il lui arrivait de ne rien garder de façon stable, mais plutôt à rejeter. Son amitié avec Adam était tendue, toujours sur le fil, mais c'était sûrement l'un des seuls à la mettre sur les railles et à lui prendre conscience que la vie son ancien groupe n'était plus d'actualité et qu'il fallait aller de l'avant. Ce dernier se donnait à cœur joie pour mettre en colère l'infirmière afin qu'elle puisse s'exprimer et ne pas rester inerte. Au fond, Zayna lui en était reconnaissante, bien que cela pouvait être assez épuisant par moment. Cet homme était épuisant avec son sarcasme, elle était perdue entre l'envie de l'étrangler ou de rire. Adam faisait de Zayna, l'adolescente pleine de vie et de caractère qu'elle fut avant l'accident de son père. Autant dire que parfois, l'infirmière se considère elle-même comme une étrangère. Tellement de temps à s'habituer à être une femme calme et résignée qu'elle fut à la fois attachante pour ses collègues, mais fade pour le peu d'hommes qui se sont intéressés à elle. La plupart sont même allés voir ailleurs et encore là, la jeune femme n'avait guère bronché se disant qu'en tant qu'homme, elle n'aurait sans doute pas supporté à devoir constamment deviner ce qui lui passait par la tête. Juste une fois où elle s'était confié à quelqu'un qui avait finalement décidé de la délaisser, c'est à ce moment-là que Zayna a fini par croire au bonheur et aujourd'hui, elle n'y croyait toujours pas.

De toute façon, ce monde est bien trop chaotique pour espérer qu'une telle utopie puisse exister, et ce, malgré les couples se formant autour d'elle. Zayna ne pensait qu'à faire son devoir du mieux qu'elle pouvait tout en s'effaçant du monde le plus possible, même si parfois cela se révélait impossible. Il suffisait de constater sa dernière agression alors qu'elle venait de terminer son poste. La nuit était tombée et largement bien avancé qu'un membre du groupe littéralement ivre l'avait arrêté et tentait de la contraindre. Si Taylor n'était pas intervenu, la jeune femme ignore encore ce qui lui serait arrivé. De quoi rendre néant les efforts fournis jusqu'à présent.

Un bac de bandages ensanglantés entre ses mains et l'envie pressante de rentrer chez elle et de s'affaler sur son lit et dormir jusqu'à pas d'heure. Épuisée. C'était le terme le plus adéquat que l'on pouvait dire pour l'état de la jeune femme. Des périodes d'insomnies et d'envie de dormir constamment lui prenait. Sa dépression allait et venait comme un vent d'été qui se faisait désirer. Et pourtant, elle répondait toujours autant présente, prête à remplacer quelqu'un si le besoin se faisait sentir. Pas mal de gens venaient la voir juste avant de finir son travail pour parler et se confier, soulage ce qui les tourmentait et la jeune femme n'avait tout simplement pas le cœur de les renvoyer. Cette dernière acceptait et tentait d'offrir des conseils judicieux le plus possible, bien que par moment, elle se dit que c'est l'hôpital qui se fout de la charité parce qu'elle-même ne suivait pas ce qu'elle disait. Comme si cela s'avérait bien plus dure pour elle que pour les autres qu'elle boostait un maximum leur conseillant même de se donner chaque jour un nouvel objectif à atteindre. Dans la plupart des cas, cela fonctionnait d'autre fois non, chacun allant à son propre rythme.

Quand elle poussa doucement la porte arrière du bâtiment, la jeune femme se stoppa sentant son cœur rater un battement. Un homme. Elle qui était trop épuisée pour en affronter un, mais peut-être que c'était l'occasion de suivre son objectif du jour. Parler à son collègue pour une fois et d'oublier que tous les hommes sont des êtres manipulateurs, violents et calculateurs.

« Si y a des trucs à nettoyer, faites passer, je suis lancé… »

La voix de ce dernier sonna comme le glas d'une bataille qui s'annonçait lentement à l'horizon et c'était ce qu'il se passait dans l'être de l'infirmière qui sentait son palpitant battre à une mesure qu'elle ne pouvait pas calmer. Son souffle venait même s'ajouter à la fête tentant plus de se calmer au risque de faire une crise de panique si cela venait à continuer.

« Avec un peu de chance, je vais bronzer un peu… »

C'est vrai qu'il faisait chaud aujourd'hui. Ne bougeant pas d'un pouce, Zayna tentait de se concentrer sur les battements de son cœur ne serait-ce que pour les calmer un minimum. C'était le cas, jusqu'à ce que Noah ne lève les yeux vers elle et ne se ravise. C'est vrai que depuis leur première rencontre à l'arrivée de la jeune femme, elle ne s'est aucunement montré coopérative que cela soit lui ou bien l'autre médecin, tous deux des hommes qui tentaient de la détendre, mais aucun des deux n'y étaient parvenus. Juliet avait su apaiser et mettre la jeune femme dans un état sécurisant. À ce moment-là, il était impossible pour Zayna de se laisser approcher semblable à un animal qui n'a connu que les coups et qui grognait pour intimider l'être qui s'approcher un peu trop.

« J’ai pas de maillot de bain hein… »

Penchant la tête de côté à sa dernière remarque, la jeune femme prit une profonde respiration pour se positionner en face de Noah afin de laver les bandages. Être ici, en compagnie de cet homme lui obligerait à parler. C'était une bonne chose, mais tellement effrayante aussi. Consciencieusement, elle frotta pour rendre le premier bandage non pas parfait, mais correcte. Concentré ainsi, cela lui permettait de calmer cette tempête en elle, mais aussi offrir malgré une atmosphère sans doute dérangeante pour son collègue qui ne jamais sur quel pied danser avec la jeune femme.

« Ne te risque pas à attraper un coup de soleil. » Se décida-t-elle à dire finalement en continuant de frotter. Voilà un premier pas de fait. Intérieurement, elle s'encourageait pour se dire que rien n'était impossible et qu'il suffisait de le vouloir pour y parvenir tout comme elle le faisait avec les patients. Ce n'était pas sorcier de parler avec un homme. Elle le faisait bien avec Adam et Logan, même Taylor lorsqu'il était venu à son secours. « Co... Comment vas-tu ? » C'était un peu bateau comme question, mais Zayna ne savait pas vraiment quoi dire d'autre en fait. Autant traiter de sujets qu'ils connaissaient, c'est-à-dire les soins. « C'est... En quelque sorte moins épuisant de ce que je connaissais dans le service des grands brûlés ou encore dans les urgences même si... Si le rétablissement se rallonge. »

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Jeu 14 Déc 2017 - 18:35


Dernière édition par Noah Richardson le Mar 2 Jan 2018 - 11:59, édité 1 fois
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Noah ignorait pourquoi Zayna l’évitait. Il avait quelques idées et quelques pistes. Il fallait dire que lui-même n’était pas quelqu’un qui allait spontanément vers les gens et il évitait des fois les personnes qui parlaient trop fort ou qui semblaient violentes, mais il n’était pas assez courageux pour apparaitre activement éviter quelqu’un. Il aurait bien trop peur de la conversation qui s’en suivrait. De plus, la fin du monde qu’ils connaissaient n’avait pas forcément révélé les meilleurs traits chez les humains qu’il avait fréquenté. Si son groupe s’était révélé un bel exemple de cohésion et de liens amicaux, il fallait avouer qu’ils avaient croisé la route de personnes bien moins bienveillantes et agréables. Ses yeux s’étaient posés sur les restes de désastres qui n’avaient pas été causé par des rôdeurs mais des hommes bien vivants et bien conscients de ce qu’ils faisaient. Pour peu qu’on ai eu la malchance de finir dans la trajectoire de telles personnes et Noah était convaincu qu’on serait dégouté à vie des autres représentant de son espèce.

Mais d’une manière générale, Noah ne voulait pas demander. Déjà, il n’aurait pas voulu mettre qui que ce soit dans l’embarras. Ensuite, il n’était pas forcément quelqu’un d’extrêmement curieux qui voulait tout savoir. Et enfin, il avait peur que le récit de cette femme soit aussi épouvantable que d’autres récits qu’il avait entendu lors de ses consultations à Fort Hope. Il s’était déjà fait la réflexion, comme d’autre, de savoir si c’était eux, les survivants, qui étaient chanceux ou les morts qui n’avaient rien vu de tout ça. C’était quelque chose qu’ils sauraient plus tard, bien plus tard, une fois qu’ils auraient enduré et, peut-être, résolu le mystère de toute cette folie. En attendant, ils survivaient, sur le fil, entre deux mondes, l’ancien et le nouveau, tentant de s’adapter tout en prétendant que leur quotidien était « normal », ou du moins, plus « normal » que celui d’autres personnes.

Pour cela, les travaux répétitifs et faciles étaient parfaits : prétendre que rien ne se passait et que tout était normal. Noah aimait ça, juste l’habitude. La jeune femme ne sembla pas trop relever sa maladresse sur les maillots de bain. Sur le coup, il avait eu peur qu’elle pense qu’il se pense en vacances, entrain de savourer une activité oisive. Le résultat avait été cryptique et ridicule, comme chaque fois que son cerveau paniquait et lui embrouillait la parole.

Elle s’installa en face de lui et commença, elle aussi à laver. Il y eu un court silence. L’avait-il offensée ? Était-elle énervée ? Mille possibilités se ruèrent dans son esprit avant que la jeune femme ne brise le silence en lui conseillant de ne pas attraper de coup de soleil. Noah hocha la tête timidement. « Je vais essayer d’éviter oui… » on lui avait déjà fait plusieurs fois la blague que vu qu’il était perché plus haut que les autres, les rayons devaient faire des désastres sur sa tête blonde…

Elle lui demanda s’il allait bien. La question le surpris un peu. Pendant tout le temps qu’ils avaient passé à avoir des gardes partagées à l’infirmerie, elle ne lui avait jamais pose la question. Il répondit « Oui oui ça va bien ! Et toi ? » sans oser trop la regarder, feintant de se concentrer sur ses bandages à laver. Elle commenta leur labeur en estimant que c’était moins épuisant que dans son ancien service. Noah hocha la tête. « En effet… Cela dit je crois que c’est parce que maintenant, ici, ils meurent plus vite. Ce qui fait moins de travail sur le long terme… » il s’arrêta avant de se rendre compte que ce qu’il disait était incroyablement pessimiste et triste pour une première conversation. Il tenta de se rattraper : « Mais… Je suis sûre qu’on va s’améliorer ! Il suffit de trouver de l’équipement et de le ramener ici… Enfin… Je crois… Tu travaillais où avant ? » mieux valait passer la main à quelqu’un d’autre que lui pour faire la conversation.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Dim 31 Déc 2017 - 12:00


Zayna & Noah



Fort Hope - 17 août 2016

Se libérer de ses démons, tout du moins de l'un d'eux était important pour Zayna qui passait la plupart de son temps à éviter la gente masculine. Loin de les haïr, la jeune femme était effrayée par eux après tout ce qui a pu lui arriver, mais aussi en sachant qu'elle était prompt à l'auto-destruction et à choisir le mauvais pour elle. Fuyant ce qui pouvait être bon pour elle, trop apeurée par un soupçon de bonheur, autant par son père que de sa famille, la jeune femme a suffisamment souffert au point de ne pas connaître la chaleur familiale ou encore l'affection d'un père. Peut-être le cachait-il, mais Zayna a toujours pensé qu'il l'ignorait parce qu'elle lui rappelait trop celle qui l'a quitté pour un autre et qui surtout la trompé. Zayna n'est la fille de personne, c'est ce qu'elle a entendu au cœur même de la famille paternel et la haine alla des parents aux enfants et ses cousins la maudissaient plus qu'ils ne l'accueillaient dans leur cercle. Toutes ces choses qu'elle a pu faire, ce n'était qu'une façon d'attirer l'attention, mais aussi un appel au secours que personne n'a su comprendre. C'est à cet instant que Zayna s'est pensé seule, plus encore après l'accident de son père où le monde s'est totalement brisé et elle a fini par délaisser beaucoup de chose, s'oubliant elle-même brisant ce qui pouvait lui arriver de meilleure.

Et vous savez quoi, le chaos n'a rien fait pour changer cela, bien au contraire, les vielles habitudes ont la vie dure et la jeune femme le prouve suffisamment au jour le jour. C'est une des raisons pour lesquelles, elle se dispute avec son colocataire et sauveur. Le seul homme en qui elle a suffisamment confiance pour le laisser entrer dans sa vie et connaître une partie de son véritable caractère, mais aussi ses moindres craintes et ses terreurs. Enchaînée à ces dernières, Zayna ne cherchait pas particulièrement à s'en défaire et pourtant, aujourd'hui, sous un coup de tête, la jeune femme en a décidé autrement. Faire en sorte d'aller au-dessus de tout cela. Mais, c'est tellement dur, de ne pas avancer avec la crainte au ventre, ça vous paralyse au point de vous faire mal. C'est tellement pire qu'une douleur physique. Tellement pire.

Nettoyer les outils et bandages lui permettaient de reprendre un peu contenance, d'oublier cette phobie lourde et naissante qu'est de discuter avec une personne, qu'elle côtoie pourtant depuis un certain moment à présent. Sa respiration se fait lentement plus calme et son esprit paraît moins embrouillé que lorsqu'elle a ouvert la porte de l'infirmerie. Néanmoins, Zayna se félicitait mentalement d'avoir pu mettre quelques mots qui ont fini par former des phrases et au final, une certaine conversation naquit entre le médecin et l'infirmière, même si celle-ci restait maladroite d'une part et de l'autre.

« Oui oui ça va bien ! Et toi ? »

Doucement, Zayna lève les yeux vers Noah comme si sa question se révélait être un problème algébrique. Était-elle véritablement bien ? Qui l'était ici de toute manière, chacun faisait ce qu'il pouvait pour voir le bon côté des choses et la jeune femme en faisait de même puisqu'elle le conseillait lors des rares consultations que l'infirmière pouvait avoir avec des patients. Voir le verre à moitié plutôt qu'à moitié vide. Sourire au jour le jour même si cela paraît difficile. Si seulement, Zayna pouvait suivre ses propres conseils peut-être que la plupart d'entre eux viendraient à l'écouter et à prendre en compte ses paroles.

« Je n'ai pas à me plaindre en tout cas. » C'était une réponse comme une autre, mais, ceci dit, toujours autant maladroite venant de la part de la jeune femme. Elle espérait sincèrement que cela ne freine pas Noah à vouloir discuter avec elle. C'est pour cela que l'infirmière amorce à nouveau la conversation sur autre chose, en espérant une autre réponse de sa part.

« En effet… Cela dit je crois que c’est parce que maintenant, ici, ils meurent plus vite. Ce qui fait moins de travail sur le long terme… »

Zayna stoppe tout mouvement pour relever son visage vers le médecin. Vérité lourde à entendre certes, mais il n'y avait rien de plus vrai. Pessimiste sans doute, mais personne ne se voilait la face. Le manque considérable d'outils à leur disposition ne permettait pas de faire des miracles comme autrefois. Le personnel médical faisait tout leur possible, mais les choses ne pouvaient pas toujours finir de la meilleure façon qui soit.

« Mais… Je suis sûre qu’on va s’améliorer ! Il suffit de trouver de l’équipement et de le ramener ici… Enfin… Je crois… Tu travaillais où avant ? »

Noah semblait vouloir se rattraper, mais Zayna ne voyait pas vraiment de quoi. Sous ces mots ne pouvaient être perçu qu'une vérité que beaucoup semblait refuser. Mais, en tant qu'infirmière et médecin, ces deux-là savaient bien qu'avec les circonstances actuelles, il y a des situations qu'on ne pouvait changer. Zayna avait appris à accepter les choses et à se murer derrière un masque doux, mais impassible. Chaque cas était différent et touchait à leur manière, mais on ne pouvait pas faire preuve constamment de sensibilité sinon, s'en sortir se révélait très difficile.

« Et pouvoir le transporter sans mal... » Zayna n'avait pas les mêmes dispositions à autant de positivité. Il y avait beaucoup de facteurs à prendre en compte pour le transport de matériel médical que cela soit des morts errants ou encore des vivants qui veulent s'approprier égoïstement toutes les ressources existantes. « Je travaillais dans un hôpital de Los Angeles. Je partageais mon année entre 6 mois aux urgences et le reste dans le service des grands brûlés. » A tel point que le surnom de Perséphone est venue naturellement quand on parlait d'elle dans le service. Mais, Zayna savait que restait constamment dans le service des grands brûlés s'avéraient un combat mental plus que difficile et qu'il fallait s'en éloigner pour s'armer et revenir plus forte qu'on ne le pensait véritablement. Mais, il y avait des cas beaucoup horrible pour être constamment à bloc. Zayna le savait et s'y est confronté tellement souvent qu'elle s'est senti parfois mourir à petit feu. « Et toi ? Où as-tu exercé ? »

Elle lui laissa le temps de répondre, l'écoutant avec attention même si cela ne semblait pas le cas. Mais, elle donnait une attention constante à ce qu'elle faisait surtout quand il était question de nettoyer les bandages et autres outils. Après tout, il fallait stériliser le tout au mieux de leur maigre moyen.

« Je... Je n'ai pas eu l'occasion de m'excuser. » Après tout ce temps aurait-elle dû ajouter, mais elle avait peur que cela n'éveille une certaine rancune chez lui-même si elle n'avait pas vu ce trait de caractère chez son collègue. « Je ne me suis pas montrée très... Facile et gentille dès le début. » Peut-être s'en doutait-il, peut-être que non, mais les signes étaient assez évident pour des médecins et des infirmières qui ont eu à faire à ce genre de situation bien plus de fois qu'on ne pourrait réellement le dire. « Je ne suis pas la meilleure personne pour entretenir de bonne relation social par moment voir souvent... Cela doit être de famille. » Finit-elle par un petit point d'humour. Oui, mais quelle famille alors, qu'elle sait que l'homme qui l'a élevé n'est pas son véritable père et que sa famille n'a eu de cesse de le lui reprocher dès que celui qu'elle considérait comme tel avait le dos tourné.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Mar 2 Jan 2018 - 12:55
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Fort Hope - 17 août 2016+ ms.palmer

La jeune femme répondit sobrement qu’elle n’avait pas à se plaindre. En effet, considérant leur situation actuelle, entre les murs sécurisés de Fort Hope, avec des gens prêts à se battre pour les défendre, de la nourriture, de l’eau… Il y en avait d’autres sur le territoire qui devaient avoir des vies bien plus difficiles et compliquées. Rien que la route pour venir ici, en groupe soudé, avait été semée d’embûches et complexe. Respirer un peu au même endroit et avec les mêmes personnes était quelque chose de presque nouveau. Comme si son ancienne vie n’était plus qu’un rêve lointain qui s’effaçait avec les premières lueurs de conscience. Il savait qu’à une époque cela lui aurait semblé parfaitement naturel mais c’était comme si sa propre histoire avait été balayée pour ne commencer que le jour où il avait quitté la maison familiale pour tenter sa chance et survivre le plus longtemps possible.

Zayna pointa du doigt le fait que le transport de certains équipement serait aussi difficile. En effet. Vu la taille des matériaux et les rues encombrées de la ville, à ajouter à cela des rôdeurs et des survivants potentiellement hostiles, cela avait tut l’air d’être une situation compliquée et dangereuse. Ils auraient pourtant besoin d’un scanner ou d’une machine pour faire des échographies pour les personnes enceintes parmi les survivants aussi bien que pour certaines blessures. Mais ils requéraient beaucoup d’électricité et un savoir pratique. Si Noah pensait pouvoir se débrouiller avec la deuxième machine, les scanners demandaient du personnel formé, ce qu’il n’était pas… Ils devaient redémarrer de rien, la médecine pure et dure, des mains gantées et quelques objets coupants et c’était tout.

Noah déposait ses bandelettes lavées sur un petit plateau de métal sur le côté pour qu’elles puissent sécher alors qu’il écoutait la jeune femme sans lever les yeux. Il avait peur de l’effrayer ou même de rougir et de finir totalement embarrassé. « Oh le service des grands brûlés… Ça a du être bien difficile. Moi j’étais dans le service des urgences, en traumatologie même si dans ce genre de milieu, les spécialités ne servent qu’à des moments bien précis. » tout le monde mettait la main à la pâte et faisait de la médecine générale d’urgence mais on l’appelait ponctuellement sur des cas particuliers qui réclamaient une connaissance particulière ou un doigté expérimenté. « J’étais à Washington. C’était un bon hôpital. Plein de bons médecins. » dit-il en hochant la tête, rependant à ses collègues, ses chefs de service et certains patients habitués des urgences qui y venaient comme si ils avaient des rendez-vous. Juste avant que tout ne s’effondre autour d’eux, il n’avait jamais mesuré à quel point il était chanceux malgré tout ce qui lui était arrivé du côté sentimental et familial…

Il releva un instant les yeux quand Zayna se mit à s’excuser. Il rebaissa le regard sur son travail en écoutant attentivement avant de répondre « Ne t’excuses pas ! » avec un petit sourire « On va dire que notre… Environnement ne motive pas à faire confiance aux gens. » si il était relativement naïf et espérait toujours que les gens seraient gentils et prévenants, ses mois passés sur la route avaient légèrement denté ce trait de personnalité. Et il arrivait à comprendre que d’autres aient beaucoup plus de mal que lui à retourner à leurs vieilles habitudes. « Je suis pas un spécialiste des relations sociales non plus pour être tout à fait honnête… Il n’y a aucun article Buzzfeed sur comment parler avec un autre survivant après une apocalypse. Ça aurait été pratique. » Noah aimait bien lire ce genre d’articles écrit à la va-vite par des semi-journalistes, les top, les vidéos d’animaux mignons… Sous bien des aspects, l’activité internet du médecin ressemblait à celle d’une adolescente mais il n’en avait pas particulièrement honte finalement. « Et puis, comparé à Logan, t’es possiblement la personne la plus chaleureuse de tout Fort Hope. » dit-il avec un petit sourire, tentant de faire une blague pour détendre l’atmosphère.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Lun 15 Jan 2018 - 10:58


Zayna & Noah



Fort Hope - 17 août 2016

Il y avait les bons jours, les moins bons et bien entendu les pires. Zayna se retrouvait prisonnière d'un tas d'émotions qu'elle ne parvenait pas toujours à contrôler. Parfois, seule, dans sa chambre, elle se retrouvait prise par des convulsions résultant d'une puissante crise d'angoisse. C'est pour cela, qu'elle s'évertuait à toujours trouver du chocolat noir, cela lui permettait de palier avec la faiblesse et de reprendre contenance. Elle n'en montrait rien à personne, se battant pour aller mieux et ne pas se confiner dans ses appartements au risque de perdre le goût de tout. La dépression n'était plus étape qu'elle souhaitait passer et combattre à nouveau. Certes, elle y était victime comme tous les êtres ayant souffert d'un profond traumatisme, la preuve en est qu'elle a énormément de mal avec la gente masculine et que même si elle s'évertue à combattre la moindre de ses peurs, les choses ne se révélaient pas toujours aussi simple aussi fort qu'on puisse l'espérer, on ne peut pas toujours parvenir à une réussite satisfaisante. Le travail de Zayna l'aidait beaucoup et surtout lui remémorait au quotidien le pourquoi elle a choisi ce métier. Il y a des moments où la jeune femme s’effondrait en larmes sous les images de son passé. Hantise qui ravive la douleur au quotidien. Elle ne peut s'empêcher de voir le visage de son père tant sur le lit d'hôpital où elle l'avait retrouvait après le passage à tabac qu'il a eu que sur sa chaise roulante, diminué et à moitié lui-même à devoir supporter sa rage de se sentir impuissant. Zayna n'a guère eu une vie simple de par les choix fait durant sa jeunesse que par la vie qu'elle a décidé de mener de front.

La jeune femme s'est même rendu compte que certains membres de sa famille ont peu à peu changé d'avis à son propos. Beaucoup avaient été convaincu qu'elle délaisserait son père, mais non. Elle a toujours été présente pour lui oubliant sa propre vie et ne se consacrant qu'au seul homme qu'elle a véritablement fait souffrir. Tous ses souvenirs lui donnent malencontreusement des tremblements et elle se met à serrer les poings et les secouent doucement pour faire croire que ce sont des fourmillements qui la gênent et rien de plus. Zayna priait intérieurement pour que Noah n'ait pas fait attention à cela et qu'il reste concentrer sur sa tâche. Mais, le connaissant, sans doute a-t-il remarqué quelque chose, mais fait comme si de rien n'était.

« Oh le service des grands brûlés… Ça a du être bien difficile. Moi, j’étais dans le service des urgences, en traumatologie même si dans ce genre de milieu, les spécialités ne servent qu’à des moments bien précis. »

« Oui, mais c'est dans les urgences que j'ai beaucoup appris. J'aimais bien l'atmosphère et le fait de bouger. J'ai toujours eu horreur de faire du sur place. » Penser à autre chose qu'à la misère que son père lui réservait, juste retour du comportement qu'elle-même à adopter durant son adolescence pour se venger d'un manque que personne ne parvenait à comprendre. Du rôle et de la faute qu'on lui donnait alors, qu'elle n'avait rien à voir avec les choix de sa mère. Celle-ci avait décidé de se conduire ainsi et Zayna en a récolté beaucoup trop et des responsabilités trop lourdes pour une enfant si jeune. Se rebeller était une forme de libération et de tenter de faire comprendre qu'elle n'allait pas bien. Personne ne la comprit, et même dans la mort, son père s'est montré égoïste dans sa façon de prendre les décisions. Au fond, peut-être que personne n'a jamais pensé à elle et c'est pour cela qu'elle refuse que cela soit le cas aujourd'hui.

« J’étais à Washington. C’était un bon hôpital. Plein de bons médecins. »

« Oui, il y a de bons hôpitaux. Un de mes amis a été muté là-bas. » Ami ou plutôt ex. L'un des seuls à qui elle s'est attaché et qui l'a laissé tombé pour une femme habitant justement à Washington. Vivant ou mort, cela avait peu d'importance. Après tout, Zayna a souffert de son comportement et une fois qu'on la dégoûte, elle ne ressent plus grand chose même plus de compassion ni d'intérêt. Enfin, c'est ce qu'elle dit, mais certaines choses reste malgré tout assez vives.

Préférant changer de sujet et aussi parce qu'elle avait des choses à dire à Noah depuis son arrivé, elle préféra s'excuser du comportement adopté jusqu'à ce jour. Ce pauvre médecin a été la cible de sa froideur alors, qu'il ne lui avait clairement rien fait. Depuis son arrivée, Zayna a constaté l'extrême gentillesse de ce dernier envers les autres et le fait qu'il soit si posé, tellement calme que cela rassurait tout de même l'infirmière.

« Ne t’excuses pas ! »« On va dire que notre… Environnement ne motive pas à faire confiance aux gens. »

« Je suis contente que tu veuilles les accepter. » Fit-elle en levant les yeux vers lui en esquissant un léger sourire. « Plus personne n'a confiance en qui que ce soit, ça a toujours été le cas, mais ça l'est plus encore depuis que tout cela a commencé. »

« Je suis pas un spécialiste des relations sociales non plus pour être tout à fait honnête… Il n’y a aucun article Buzzfeed sur comment parler avec un autre survivant après une apocalypse. Ça aurait été pratique. »

« Je crois que même ça, ça ne m'aurait pas aidé. » Fit-elle en riant un peu. « C'est peine perdue avec moi. »

« Et puis, comparé à Logan, t’es possiblement la personne la plus chaleureuse de tout Fort Hope. »

Elle rit à nouveau sous les paroles de Noah. « Tu exagères un peu. Aussi étrange que cela puisse paraître, moi j'arrive mieux avec Logan que tous ces gens trop sociable et chaleureux. Probablement parce que je sais à quoi m'attendre, je suis habituée avec ce genre d'attitude. Mon père était pareil et sa famille aussi... » Mais c'est une autre histoire. « En même temps, on ne peut pas vraiment s'attendre à grand chose d'un inspecteur de police. » Fit-elle en esquissant un sourire. Malgré tout, elle a toujours profondément aimé son père parce qu'il l'a élevé tout en sachant qu'elle n'était pas sa vraie fille.

Passant une main dans ses cheveux, elle le regarde à nouveau. « Sinon... Tu pourrais passer à la maison un de ces jours pour parler un peu mieux et en dehors du cadre du travail. » Les efforts de la jeune femme sont grands, peut-être trop rapides, mais il fallait se faire violence pour ne pas sombrer dans l'insociabilité sinon à quoi s'être dirigé ici. « On pourrait s'entre-aide au niveau social, puisqu'on a dû mal tous les deux. » Fit-elle amusée et en faisant un léger clin d’œil.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Mer 17 Jan 2018 - 20:18
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Zayna avait connu les urgences et des services compliqués à l’hôpital. Elle devait potentiellement être la personne qui comprenait le mieux son milieu professionnel. Les chirurgiens et les praticiens plus particuliers évoluaient souvent plus dans des environnements paramétraient et calmes. Ils étaient assez peu dans l’urgence absolue constamment. Alors que les urgences symbolisaient bien leurs noms. Cette tension qui ne quittait jamais vraiment les médecins qui s’y déplaçaient. Même pendant les pauses, même aux toilettes ou entrain de remplir des papiers, on était prêt à sauter, courir et réagir au quart de tour. Elle devait certainement avoir cet esprit pratique et rapide que développaient tout personnel œuvrant dans le hall de réception de l’hôpital. Ce sens de l’action et ce manque d’hésitation dans les gestes. Car finalement, une seule petite hésitation pouvait laisser mourir le plus fragile des patients. Si Noah possédait ce trait, il semblait que sa parole, ses pensées et sa manière de se comporter socialement était à l’opposé de tout ça. Il hésitait, tournait autour du pot, ne savait pas bien comment s’y prendre, abandonnait régulièrement… L’infirmerie était un lieu qu’il qualifiait de reposant car dans ces murs, il savait quoi faire, quand le faire et comment le faire. Il n’avait pas besoin de trop réfléchir pour soigner, organiser les placards ou répertorier leur matériel. Tout venait naturellement comme s’il avait fait ça toute sa vie. Mais la seconde où il sortait et se faisait vomir dans les rues et allées de Fort Hope, il se retrouvait funambule tentant de ne pas tomber de trop haut.

Les mots de Zayna transpiraient d’une amertume très personnelle. Elle semblait soudain très inconfortable, comme si tout l’incommodait et cela se manifestait par de petits tremblements jusque dans ses mains. Les yeux baissés de Noah avaient repéré ça du coin de l’œil mais il prit soin de ne rien montrer, prétendant être terriblement concentré sur son propre ouvrage. Il hocha la tête en l’écoutant. Il avait peut-être le défaut de faire confiance aux gens trop souvent. Il avait été chanceux avec le groupe qu’il avait rejoint. Il aurait pu très mal tomber et se retrouver dans une situation inextricable. Dans toute cette merde et dans ce monde dangereux, il avait quand même réussi à avoir de la chance. Elle avait tourné lorsque le trajet de son groupe avait croisé celle des Punishers et il espérait avoir assez payé. Quand elle mentionna sa bonne relation avec Logan, il hocha la tête une fois de plus, sauf que cette fois-ci son sourire s’était transformé en petite moue « On va dire que Logan et moi n’avons pas les mêmes principes… » et surtout, il essayait de préserver les vies plus qu’il ne voulait les sacrifier dans une bataille meurtrière. « … Même s’il a réussi à établir une communauté très impressionnante. »

Lorsqu’elle lui proposa de passer dans sa maison pour parler en dehors du travail, Noah ne se rendit pas compte qu’il s’était arrêté de frotter les bandes de tissus pour relever légèrement les yeux. Il sourit et dit « A… Avec plaisir. Je pourrais ramener du thé… Enfin… C’est des plantes que j’ai ramassé à droite et à gauche avant d’arriver à Détroit et qu’on a fait sécher. » expliqua-t-il avant de se remettre précipitamment au travail en espérant que la jeune femme n’avait rien vu de son léger choc. Il rajouta « C’est pas une mauvaise idée… Hier soir, un autre habitant me disait qu’il voulait démarrer un genre de club de jeu ou un bar, je ne sais plus… Mais j’avoue que l’idée de me retrouver au milieu d’un groupe de personnes dans une pièce fermée me stress un peu. » admit-il. De manière naturelle, il cherchait constamment une issue de secours où qu’il soit. Il réfléchissait aussi toujours au moyen le plus rapide de retourner dans sa maison pour chercher la gamine et s’enfuir… Au cas ou. « Je crois que j’ai perdu l’habitude de la foule. Rien que le mot me fait penser à… » il suspendit sa phrase, décidant que son interlocutrice devait certainement savoir de quoi il parlait. Il décida de changer de ton et de sujet. Sa voix s’était comme creusée et baissée quand les images de hordes de marcheurs lui revinrent en mémoire. « Tu avais le temps de faire quoi que ce soit entre tes heures de gardes toi ? » demanda-t-il. Les femmes étaient souvent plus douées que les hommes pour organiser une vie sociale en dehors de leurs boulots médicaux. Lui, il fallait dire, était surtout bloqué par la maladie de son père solitaire à l’époque, qui ne lui autorisait que peu de temps personnel.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Ven 19 Jan 2018 - 11:20


Zayna & Noah



Fort Hope - 17 août 2016

Peut-être que Noah et moi sommes faits pour nous entendre. Plus je discute et plus je me sens prise dans un tourbillon de sérénité. Je le vois mal me lever la main dessus ou profiter de moi. Cependant, mon esprit est assez vil pour me prouver que même les plus beaux visages peuvent cacher leur jeu. Néanmoins, je tiens à voir le bon côté des choses et ne pas me concentrer sur le négatif, sinon, je risquais de ne plus vivre et surtout ne plus trouver de goût à continuer ma route. Je ne voudrais pas me retrouver chez moi avec la question ultime dans ma tête. En finir ou continuer, rien que d'y penser me fait trembler et sans doute que mon père serait capable de revenir d'entre les morts pour me botter les fesses pour oser penser à une telle extrémité. Nous étions des battants quoi que l'on peut ressentir, sous l'impuissance ou la fragilité, nous restions dignes et nous poursuivons la route même si l'on devait ramper. Immédiatement, je repense à lui et bien sûr au fait qu'il ait voulu mettre fin à ces jours en m'obligeant à le seconder. Je me souviens encore des lourdes paroles qu'il a pu avoir pour me faire plier sous la colère. Quand la détente a retentit, mon cœur s'en était arrêté. J'aurai pu louper le coup, mais non, j'ai visé la tête. J'avais bien réussi ce que mon père attendait de moi et je revois encore son sourire. Il était heureux malgré que ce soit moi qui lui aie offert le repos qu'il désirait depuis son accident, mais qu'il n'avait pas étreint pour ne pas me laisser. Combatif tout en voulant balancer la vie par la fenêtre.

Pourquoi fallait-il toujours que je songe à ce genre de chose alors, que la journée était si belle. Agréablement chaude, même si la brise était absente jouant les timides. L'air était étouffant et parfois, j'avais la désagréable impression de sentir l'air des morts, mais à la longue, on s'y fait. Même si la perception n'est toujours pas aussi préférable qu'un parterre de fleurs printanier. Cette description mentale me fait sourire inconsciemment alors, que je reste toujours auprès de Noah qui persévère dans son nettoyage.

« On va dire que Logan et moi n’avons pas les mêmes principes… »

« Tu sais ce que l'on dit... Il faut de tout pour faire un monde. » Tous les hommes et femmes sont faits pour tenir un rôle qui leur sont propre. Bon ou mauvais, la place était pour tous. Un équilibre à tenir et à entretenir. Cependant, les mauvais n'arrive pas à comprendre que le mal suffit, ces hordes de zombies qui jonchent le monde dorénavant devrait être suffisant pour maintenant l'équilibre de l'univers.

« … Même s’il a réussi à établir une communauté très impressionnante. »

J'esquisse un sourire. Noah sait très bien que pour maintenir une société sur une certaine ligne de conduite, il faut parfois se montrer dur et froid voir violent pour préserver ceux qui ont décidé de vous suivre. Il y a les pacifistes et les combatifs. Noah et moi avions choisi notre côté, même si je sais que je pourrais très bien lever les armes moi aussi, si le courage venait à repointer le bout de son nez.

Au lieu de trop tourner autour de la situation actuelle et de ce qui nous sépare de telle ou telle personne, le tout dans une position peu confortable, j'en viens à proposer à Noah de passer à la maison pour que l'on puisse mieux discuter.

« A… Avec plaisir. Je pourrais ramener du thé… Enfin… C’est des plantes que j’ai ramassé à droite et à gauche avant d’arriver à Détroit et qu’on a fait sécher. »

Je suppose que ma proposition étonne et pour tout avouer, c'est le cas pour moi-même également. C'était venue spontanément avec Noah, sans doute une impression positive supplémentaire le concernant. Je me suis montrée tellement froide et parfois un peu désobligeante que je voulais me rattraper, montrer celle que je suis vraiment même si je sais fort bien que je ne suis pas la meilleure des femmes sur terre.

« C'est une bonne idée, on infusera ça. »

« C’est pas une mauvaise idée… Hier soir, un autre habitant me disait qu’il voulait démarrer un genre de club de jeu ou un bar, je ne sais plus… Mais j’avoue que l’idée de me retrouver au milieu d’un groupe de personnes dans une pièce fermée me stress un peu. »

« Oui moi aussi. Je n'ai plus l'habitude de ce genre de chose. Mais, cela pourrait aider la communauté à se souder et à penser à autre chose. »

En soit, ce n'était pas une mauvaise idée. Réunir des gens dans un seul et même endroit pour danser et jouer, même si je n'approuve pas vraiment le jeu qui implique des paris alors, qu'on se retrouve déjà assez démuni et économisant sur tout et rien à la fois.

« Je crois que j’ai perdu l’habitude de la foule. Rien que le mot me fait penser à… »

« Oui moi aussi Noah. » La seule foule que nous connaissons, ce sont bien ces âmes errantes dont le but est de se repaître de chair. Cela me donne des frissons rien que de songer à ma propre errance après la dissémination du groupe auquel j'appartenais par obligation de pénitence et de survie. Je préférais être maltraitée que d'être voué à la débrouillardise en solitaire.

« Tu avais le temps de faire quoi que ce soit entre tes heures de gardes toi ? »

« J'avais des propositions de sorties, mais c'était trop compliqué. Si ce n'était pas au travail, je m'occupais de mon père à la maison. Il est devenu paraplégique à cause d'une tentative de meurtre. Il était inspecteur de police à la criminelle. J'avais très peu de temps voir pas du tout pour moi. Les collègues ont rapidement oublié de m'inviter avec le temps, ça m'arrangeait parce que la fête me manquait aussi. » C'était devenu simple de se confier tout à coup, sans doute parce que l'impression de violence venait de se muait en véritable envie. J'esquisse un sourire pour rassurer Noah sur mon silence. « Et toi ? Tu arrivais à avoir du temps ? » Je n'en suis pas sûre personnellement, être dans un métier comme le nôtre rendait les choses compliquées et j'étais toujours en admiration devant les infirmières mariées et mère de famille qui parvenaient sans mal à concilier le tout. Personnellement, cela devenait une corvée de rentrer et de devoir faire face à un père absent, lunatique et en colère. Je ne savais jamais comment il allait m'accueillir. Il y avait des jours avec et des jours sans. Je devais palier avec tout cela, et même l'infirmière à domicile que j'avais engagé avec un courage fou de devoir faire face à la bête.

« Vu que notre garde se finit bientôt, tu peux passer chez moi pour le boire ce thé. T'en penses quoi ? »

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Sam 20 Jan 2018 - 15:44
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Il fallait de tout pour faire un monde, mais Noah aurait quand même préféré qu’on mette la violence de côté une bonne fois pour toute. Malheureusement les circonstances actuelles avaient tendance à augmenter la violence et libérer des instincts primaux. Noah s’était posé la question en laissant la maison familiale derrière lui, partant pour essayer de trouver un endroit où survivre, s’il deviendrait comme un sauvage, assoiffé de violence et de guerre. Mais rien. Rien ne lui était venu à part de la peur, beaucoup de peur. Les évènements s’étant abattu sur eux du jour au lendemain lui avait donné maintes fois l’envie de se rouler en boule dans un fossé et y mourir tranquillement et lentement. Mais tout au fond de lui, quelque chose l’avait forcé à continuer jusqu’à tomber sur son ancien groupe de survivants.

Zayna partageait au moins en partie l’angoisse sociale que Noah ressentait quelques fois. Au milieu des urgences bondées, toujours en mouvement, il s’était bien senti. Au départ, tout ça avait été très inconfortable, avec temps de choses à savoir et de gens à connaître. Mais après un certain temps il avait commencé à se sentir un peu comme chez lui d’une certaine manière. A présent, il devait tout recommencer encore une fois. Une toute nouvelle vie où rien n’était comme avant. Ainsi lâché au milieu d’un territoire totalement unconnu, il semblait perdre pieds des fois, plus très sûr de comment réagir ou parler aux gens. L’infirmerie commençait à devenir un lieu qu’il appréciait particulièrement mais il lui faudrait encore un peu de temps avant de réellement considérer cette communauté comme sa maison.

La jeune infirmière lui avoua qu’elle n’avait pas beaucoup de temps en dehors de ses gardes et quand elle mentionna le fait de s’occuper de son père à la maison, Noah s’arrêta un instant pour lever les yeux vers elle, intrigué par le point commun qu’ils semblaient partager soudainement. A croire que les personnes qui travaillaient dans les soins ne pouvaient jamais totalement s’arrêter dans leur vie privée. Noah trouvait beaucoup de réconfort dans l’idée d’être utile et de pouvoir aider les autres. Cela devait certainement être vrai pour bien d’autres docteurs et infirmières. Elle lui retourna la question et il sourit doucement en avouant : « … Plus ou moins comme toi. Je m’occupais aussi de mon père. Ma mère est morte d’un cancer et il a commencé à manifester des signes de démence donc je m’occupais de lui quand l’infirmière à domicile n’était pas là. Du coup je pense que c’était exactement comme toi, boulot et ensuite à la maison pour un autre type de garde. » la démence était traitresse dans le sens où à n’importe quel moment, son père pouvait faire n’importe quoi. Il s’était déjà levé en pleine nuit pour allumer le gas, voulant cuisiner, pour ensuite aller se promener dans le jardin… Ils avaient frôlé plusieurs fois des incendies, des explosions et d’autres accidents aussi dangereux.

Finalement, Zayna lui proposa d’aller directement chez elle après leurs gardes pour boire le fameux thé. Encore une fois légèrement pris au dépourvu, Noah balbutia « Ha ? Heu… Oui ! » il reprit avec une voix plus assurée « Oui c’est une bonne idée. Cette garde a été longue… Je passerais chez moi récupérer le thé. Tu habites dans quelle maison ? » demanda-t-il. Les rues n’étaient pas compliquées et il était facile de remonter chaque chemin, cela ne lui prendrait pas beaucoup de temps. Au moins, la gamine qu’il gardait arrêterait un peu de se plaindre qu’il ne faisait rien de ses journées à part travailler. Il parlait avec les gens et il était même invité chez eux !

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Ven 26 Jan 2018 - 21:10


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Fort Hope - 17 août 2016

« … Plus ou moins comme toi. Je m’occupais aussi de mon père. Ma mère est morte d’un cancer et il a commencé à manifester des signes de démence donc je m’occupais de lui quand l’infirmière à domicile n’était pas là. Du coup je pense que c’était exactement comme toi, boulot et ensuite à la maison pour un autre type de garde. »

Voilà soudainement que je l'envie. Surtout pour sa mère, la sienne est morte d'une maladie tandis que la mienne n'a pas eu cette décence, elle a préféré se casser à la première occasion en me laissant derrière. Je me souviens encore de ce jour comme si c'était hier et la petite fille en moi continue à se poser des questions. Est-ce de ma faute si elle est partie ? À cause d'elle, j'ai dû subir tellement de médisance et un certain rejet de mon père sans doute n'était-il pas aussi fort que j'ai pu l'imaginer. Après tout, il m'a demandé de le tuer parce qu'il n'était pas capable de le faire lui-même. Il a posé comme excuse qu'il ne souhaitait pas devenir l'une de ces choses, mais c'était trop dure de poser le canon sur sa tempe et de tirer. Non, il me l'a demandé à moi et la raison de ce choix m'échappe toujours. Mourir de la main de quelqu'un, mieux vaut que ce soit sa fille. Est-ce sa manière de me faire payer ma propre existence ? Encore à ce jour, je l'ignore, mais ce que je sais, c'est qu'à cause de lui, j'ai un poids sur les épaules qui ne me quitte jamais et ma phobie des armes à feu me paralyse à l'extrême.

Presqu'instinctivement, je relève les yeux vers Noah toujours occupé par son ouvrage. Il semble que nous n'ayons pas eu de vie lui moi en dehors du travail. Dans les deux cas, le rôle que nous ayons choisi de porter ne nous quittait jamais, même pas à la maison. Pour ma part, quand j'ai tenté d'être comme toutes ces femmes, cela n'a pas fonctionné, mon petit-ami m'a trompé avec une autre en disant que je ne valais pas la peine que l'on se batte pour maintenir un couple qui n'avait aucun sens. Je me suis tellement sentie diminuée et humiliée que j'ai décidé de ne plus rien tenter dans l'ordre du personnel rajoutant pour moi-même que c'était un juste retour de mes erreurs passées.

Je ne pense pas que cela soit nécessaire d'argumenter sur son passé tout autant que le mien. Pour ma part, bien que douloureux sous certains angles, le présent l'est tout autant. Nous sommes confrontés à bien pire encore que je pense que ceux qui nous ont quitté depuis longtemps sont à présent en paix, même si j'estime que certains ne le méritent. Les membres de la famille de mon père et ma mère. Enfin, plutôt la femme qui m'a mise au monde pour ensuite lâchement m'abandonner comme si je n'étais rien de plus pour elle. Je me revois encore à regarder la porte qu'elle a emprunté pour ne plus jamais revenir. Quand je me suis reconnectée avec la réalité, mon père me tenait fort contre lui en s'excusant un millier de fois alors, que rien n'était de sa faute. Non, c'était la sienne et par la suite, j'ai vraiment cru que j'étais fautive de quelque chose à force de l'entendre de la bouche de ma famille paternelle. Tu parles d'une famille aussi médisant qu'eux, il n'y avait pas. Comme je peux les détester et les savoir morts, ne me fait ni chaud ni froid.

Ne voulant pas trop m'attarder sur un sujet qui n'est pas autant plaisant qu'à lui et moi, je préfère dévier sur mon invitation qu'il semble apprécier. Personnellement, je n'ai pas envie de m'enfouir dans les couvertures à penser au lieu de me reposer. Je le ferais plus tard. Parler avec mon collègue me fera autant de bien que m'aidera à améliorer mon côté sociable.

« Oui c’est une bonne idée. Cette garde a été longue… Je passerais chez moi récupérer le thé. Tu habites dans quelle maison ? »

« J'habite la numéro 22. » Fis-je en esquissant un sourire, plateau en main. « Dans ce cas, on se retrouve chez moi Noah. » Naturellement, je lui fais un clin d’œil avant de partir agrémentant ma sortie d'un : A plus tard.

C'était comme si certaine chose revenait à la charge. J'étais tellement plus sympathique et fêtarde dans mon adolescence, j'étais également plus prompt à faire toutes les bêtises possibles et inimaginables. Je ne complus les décente d'alcool et les joints que j'ai pu fumer en compagnie de mon groupe d'ami. Les exclus. Voilà comment on s’autoproclamait. Personne ne nous comprenait et on ne cherchait pas non plus à trouver une personne compréhensive. Beaucoup d'entre nous fermaient le clapé des profs en obtenant de bonnes notes ou bien en séchant les cours les plus barbants. Moi, je pouvais être autant intelligente que celle qui met du poil à gratter dans le costume des pom-poms girls qui me prenaient la tête à se trémousser et qui se moquaient de nous à longueur de journée. Vengeance personnelle pour toutes les insultes que je récoltais à cause de mon physique trop voluptueux. Avais-je demandé à avoir des formes ? Absolument pas et pourtant, j'ai toujours été très sportive, les cours de sports étaient une véritable bouffée d'air. J'étais plus endurante qu'un stylo avec des cheveux. Par la suite, bien plus tard en fait, j'ai appris que mes formes étaient plus désirables que dégoûtantes. Jouant plus souvent de l'auto-dérision, il était compliqué de savoir si l'on me blessait. Au fond, c'était le cas, je souffrais de mon apparence parce que ma propre famille m'insultait et moi, je me taisais et m'en allais ne trouvant absolument aucune consolation nulle part. Sans doute à l'église du coin, croyante malgré mes conneries, j'avais une brève lumière dans les paroles du prêtre qui me disait que Dieu m'aimait. Moi, je me souviens lui avoir dit un jour que c'était sans doute le seul. Souvent, j'allais le voir, rien que pour m'imprégner de la tranquillité de son église. J'y passais des heures assise sur le banc à regarder les statues religieuses sans un mot comme happé par la magnificence que cela dégageait. Un visage figé dans une plénitude que j'enviais.

C'est rapidement que j'arrive chez moi et que je me dirige vers la salle de bain pour me laver le visage à l'eau froide afin de me rafraîchir un peu. C'est plaisant d'avoir de l'eau courante, ces derniers temps, avec cette chaleur, je préfère me laver à l'eau froide. Étant habituée à l'urgence, je prends le temps de me doucher rapidement et de me changer pour passer quelque chose de plus léger et plus supportable avec cette vague de chaleur. Avec ce monde, il n'y a pas que les hommes qui changent, mais également le climat. Je coiffe mes cheveux en un chignon désordonné et à peine sortais-je de la salle de bain que l'on toque à ma porte. Juste à temps.

D'un pas léger, je m'y dirige et j'ouvre à Noah. « Viens rentre, il fait plus frais à l'intérieur. » Je l'invite à me suivre à la cuisine et à prendre place tandis que je m’attelle à mettre la bouilloire sur la plaque. « Alors, tu as su t'habituer à la vie à Fort Hope ? Moi, j'avoue que parfois, j'ai dû mal à trouver ma place. »

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Sam 3 Fév 2018 - 11:50
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Une fois le matériel rangé et la garde passée aux docteurs suivants, Noah se dirigea vers sa maison. Il sentait son pas aller plus vite que sa vitesse normale. Il était impatient. Discuter avec quelqu’un autour d’une tasse de thé ou une boisson chaude, il en raffolait. Il n’était pas de ces hommes qui favorisaient l’action, le sport, les activités manuelles ou viriles. Il aimait bien se poser dans un parc, boire à la terrasse d’un café, aller faire des dégustations de fromage et de vin, lire dans son salon au calme… Souvent ses activités de comprenaient pas beaucoup de personnes, et pour cause : il n’était pas franchement doué niveau social. Il avait eu des amis d’enfances avec lesquels il avait réussi à trouver comment parler et comment communiquer. Mais l’effort de devoir tout recommencer avec quelqu’un lui semblait être une activité éprouvante. Paradoxalement, l’apocalypse avait changé sa personnalité en ceci qu’il se rendait compte qu’il cherchait le contact. Dans un monde où trouver des gens sympathiques et qui ne voulaient pas vous tuer, avoir une conversation agréable devenait rare. De plus, le contexte actuel facilitait la conversation : on demandait des nouvelles des autres survivants ou on se renseignait sur la santé ou l’acclimatation des gens. Des sujets faciles à border et des phrases types à pouvoir ressortir. Pas de grands discours à faire et pas de jeux de popularité à gagner.

Dans la maison, Noah ramassa vite fait quelques affaires que la gamine avait laissé traîner. Il les mit sur un canapé du salon dont le tissu semblait sérieusement souffrir d’humidité. Il ouvrit un des deux placards réellement utilisés et en sortit des petits sachets de thé. Ce n’était rien de bien luxueux ou impressionnant. Des plantes séchées qui, potentiellement, n’avaient pas vraiment de théine dedans mais qui rendait au moins l’eau qu’on buvait plus agréable. En ces temps de restrictions, le moindre petit rien apportait une quantité énorme de réconfort. Il mit deux petits sachets dans ses poches et ressortit.

Il longea la rue et arriva finalement à la porte de la maison numéro vingt-deux. Il était soudainement légèrement complexé. Il espérait que personne ne le voit aller dans la maison de Zayna. Il n’avait pas forcément envie d’être vu comme un tombeur, ou un prédateur. Il monta les petites marches avant de toquer timidement à la porte. Il tira sur sa chemise histoire d’essayer de la rendre moins froissée mais il se rendit compte assez rapidement que c’était peine perdue. En l’absence de fer à repasser, ce genre d’efforts serait vain.

La porte s’ouvrit sur une Zayna plus fraiche et changée que lui. Elle l’invite à l’intérieur et se dirige vers la cuisine. L’agencement de la maison étant très similaire à celle de Noah, et de toutes les maisons de la rue, l’homme arrive assez bien à se repérer et devine qu’un étage abrite lui aussi quelques chambres et une salle de bain. Noah sortit les petits sachets de ses poches « J’ai du thé aux fleurs, je ne sais pas exactement ce qu’il y a dedans par contre ; et un thé citron gingembre. » en les tendant à Zayna il se rendit soudainement compte à quel point ils étaient petits et misérables. Ils suffiraient pour encore cinq tasses maximum, si on n’était pas trop gourmands. Alors que la jeune femme mettait sa bouilloire sur une plaque, elle s’enquit de l’expérience de Noah à Fort Hope.

Poliment, l’homme s’installa à la table en attendant sagement. « Je suis un peu pareil je pense… Cela dit, on est les médecins donc j’imagine qu’on a notre importance. » dit-il avant de faire une courte pause. Puis il sembla vouloir se rattraper d’une ânerie qu’il venait de dire et rajouta : « Mais ça ne veut pas dire que tu ne pourras pas être considérée autrement… Je suis sûre que… » il avait commencé une phrase dont il ne connaissait pas la fin maintenant, et il termina enfin « Je suis sûre que tu vas finir par mieux te sentir. En tout cas, j’espère. » dit-il, regrettant de ne pas avoir sa tasse d’eau brûlante maintenant tout de suite pour noyer ses mots maladroits dedans.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Jeu 8 Mar 2018 - 12:36


Zayna & Noah



Fort Hope - 17 août 2016

« J’ai du thé aux fleurs, je ne sais pas exactement ce qu’il y a dedans par contre ; et un thé citron gingembre. »

« Cela fait longtemps, que je n'ai pas eu l'occasion de goûter à du citron. » Fis-je en disposant les sachets dans deux tasses que je mis à table.

Ce sont des moments éphémères de prendre le thé avec quelqu'un tout en discutant de tout et de rien. Surtout rien qui ne concerne la survie ou l'horreur qui se passe à l'extérieur des forteresses de Fort Hope. Je me rends bien compte de ma chance présente, mais il m'arrive d'avoir du mal à l'accepter. C'est difficile de se considérer comme normale quand on a souffert pendant longtemps et que l'on a estimé cette dernière une juste punition. Lors de ma rencontre avec Adam, ce dernier m'a bien dit que rien dans ma façon de penser n'était logique et que je n'ai absolument pas mérité ce sort. Mais, il ne comprend pas pourquoi je pense ainsi parce que je ne lui en ai pas dit la raison. Ce sont encore des choses que je tiens à garder en moi. Mes torts, le mal que j'ai pu causer tout en y prenant du plaisir. La vengeance est un plat qui satisfait chaque humain, je ne déborde pas d'une parfaite gentillesse. Ma rancune peut être horrible et sans doute que mon collègue ignore cette part de moi. Je suppose qu'à force d'avoir traîné avec des monstres, on finit simplement par prendre le même chemin. Le regard rivé sur la bouilloire qui, lentement, chauffait, je tentais de comprendre pourquoi cette envie subite m'était apparu. Pourquoi avais-je envie de faire comme les êtres humains. Comment ai-je pu proposer à un homme d'entrer chez moi pour simplement parler. D'expérience, je sais que le loup se fait connaître lorsqu'il entre dans l'intimité. Même si Noah me semble un homme bien qui n'a pas fait connaître un aspect mauvais, je sais de par mon métier que les gens normaux dissimulent les pires secrets.

Secouant la tête, je retire ces mauvaises pensées de mon esprit. Elles n'y ont pas leur place et me renfermer ne m'aidera pas à redevenir une personne plus simple, plus normale sans problème post-traumatique. Je sais que le chemin de la guérison est long, mais guère impossible. Je saurais y faire face comme à chaque difficulté que j'ai pu rencontrer au cours de ma vie. À ma manière, j'ai surmonté l'abandon de ma mère, la haine de la famille de mon père, l'ignorance de ce dernier, son accident et le fait de devoir prendre soin de lui. Rien n'a été facile, surtout que j'ai dû me battre seule. Les familles unies, je n'ai jamais connu cela. Mon existence se résume à une profonde solitude, même si je me suis entourée durant mon adolescence de personne en souffrance, cela ne m'a guère aidé à aller mieux, au contraire, je n'ai fait que bêtise sur bêtise. Boire et fumer pour oublier mon rôle ingrat dans un monde qui me dépassait. Aujourd'hui encore, je pense la même chose, si je pouvais m'évader sous une goutte d'alcool ou de joint, je le ferais sans doute, mais ce n'est pas cela qui va m'aider à affronter le cœur du problème.

« Je suis un peu pareil je pense… Cela dit, on est les médecins donc j’imagine qu’on a notre importance. »

Je suis un peu surprise par sa réponse, mais avouons qu'y a du vrai là-dedans. En tant que personne connaissant la médecine, nous avons une importance plutôt capitale. Cela a pu m'épargner la mort jusqu'à présent et à Fort Hope, on a su ce que l'on pouvait faire au moment même où nous sommes entrés ici. En plus de mes connaissances d'infirmière, j'ai eu une formation en psychologie et de ce fait, j'aide les gens en les écoutant et les conseillant. Bien que ce second rôle, peut être pris par beaucoup de personne apte à prêter une oreille attentive. Qu'aurais-je pu faire, si je n'avais pas été infirmière ? Je l'ignore.

« Mais ça ne veut pas dire que tu ne pourras pas être considérée autrement… Je suis sûre que… » … « Je suis sûre que tu vas finir par mieux te sentir. En tout cas, j’espère. »

C'est la bouilloire hurlante qui finit par détourner mon attention. Je me lève pour tout arrêter et remplir nos tasses d'eau. Soudain, j'imagine un bon thé au citron glacé, avec une température pareille, cela aurait la bienvenue en y ajoutant des glaçons. Comme la simplicité pouvait manquer. Je me demande ce que sera la société de demain. Est-ce qu'on pourra rebâtir quelque chose ? Tant de choses qui se sont écroulés en si peu de temps alors, qu'une civilisation met des siècles a se construire et à résister contre les guerres, les maladies et j'en oublie peut-être.

« Mais tu as raison. Si nous n'étions pas médecins et infirmière qu'aurions-nous fait à Fort Hope On aurait eu plus de mal encore à trouver notre place et notre utilité ici. » Personnellement, je n'ai jamais pensé à un autre métier. Adolescente, je me moquais de tout, même de mon avenir que je n'ai pas perçu comme très reluisant. « Médecin a toujours été une vocation pour toi ? Ou bien, tu t'imaginais dans un autre métier si tu n'avais pas pu l'être ? » Peut-être que oui, sans doute ou bien n'étais-je pas la seule dans ce cas-là.

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MessageSujet: Re: The little things [Zayna & Noah]   Ven 9 Mar 2018 - 20:32
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Finalement, le sifflement soudain de la bouilloire donna à Noah quelques secondes pour remettre ses pensées en ordre. Enfant, le silence n’avait jamais été dérangeant. En effet, enfant unique, il avait passé de longues journées tout seul à s’occuper comme il pouvait quand il n’était pas dehors à en apprendre plus sur la chasse avec son père, feintant une expression légèrement intéressée. Il avait passé la plupart de son enfance et adolescence à satisfaire la vision que ses parents avaient pour lui. Il était bien éduqué, poli, sa mère rigolait quelquefois en le décrivant comme un gentleman du Sud, lui rappelant ses racines près du Mississippi. Noah avait suivi le chemin tout tracé par ses géniteurs sans se poser particulièrement de question, et pour cause : il n’avait jamais vraiment eu d’envies très urgentes à propos de son avenir. Ses envies et ses choix ne vinrent qu’après, lorsqu’il fallut faire un choix d’orientation pour son internat.

Zayna arriva avec les tasses et les posa sur la table. Noah esquissa un « Merci beaucoup. » avant de mettre ses mains de part et d’autre de la tasse. La chaleur irradiant à travers la porcelaine. Ce genre de petit moment de pause qu’il avait régulièrement en rentrant de ses gardes lui manquaient. Souvent il expérimentait ces minutes (des fois secondes) de flottement, avant de devoir s’occuper de son père, comme une pause hors du monde où il pouvait être seul avec lui-même. Avec le temps, il s’était rendu compte qu’il n’était pas quelqu’un de très intéressant. Il se surprenait parfois avec des réflexions qui semblaient un peu plus intelligentes que d’habitude mais il préférait tout garder pour lui. De peur de se faire ridiculiser ou de peur de se rendre compte qu’il n’aimait pas sa propre compagnie. Quelque chose en lui semblait inéluctablement vide, en attente… Comme incomplet et cherchant sans cesse quelque chose pour enfin être entier.

La jeune infirmière s’enquit à propos de sa vocation de médecin. La question sembla prendre Noah de cours. Ses grands yeux bleus se détachèrent de la tasse pour considérer un instant la jeune femme avant de revenir au sachet dont un des coins dépassait de l’eau bouillante. « Heu… Vocation je ne sais pas. Je… Pour être franche je ne sais pas ce qu’on ressent quand on a une vocation. » Une envie irrépressible ? Un instinct caché qui se révélait soudainement au grand jour ? Une seconde nature qui apparaissait chaque fois qu’il entrait dans l’infirmerie ? Il n’avait pas l’impression qu’il était de ces médecins super-héros qui avaient des doigts en or et qui sauvaient la situation à la fin d’un épisode de la trilogie du dimanche.

« J’ai fait médecine… J’aimais bien la biologie, la chimie tout ça. Et une fois en médecine, j’ai bien aimé la traumato donc c’est ce que j’ai fait. J’ai voulu aller en psychiatrie pendant un moment. Mais ce n’était pas pour moi. » il évita de dire qu’il était bien trop sensible et empathique pour se retrouver de manière prolongée avec des gens en détresse psychologique, mais même quelqu’un d’aussi naïf que lui savait que ce genre de chose faisait tâche pour un homme… Il sourit doucement avant de prendre une gorgée de sa tasse et commenta « Je n’ai pas un parcours très impressionnant ni d’histoires intéressantes désolé… Et toi ? Comment tu t’es retrouvé en service des grands brûlés ? C’est souvent un service évité en école de médecine… » tout ce qui impliquait des maladies de longues durées et des chances de rémissions minimes ne semblait pas particulièrement glamour pour de jeunes gens qui espéraient sauver la terre entière et rentrer chez eux avec la récompense de savoir qu’on avait sauvé les vies. La mort lente, même digne et exempt de toute souffrance, n’était pas vendeuse.

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