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 Je m'en irai dormir dans le paradis blanc

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MessageSujet: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Sam 16 Déc - 22:24
10 juillet 2016.

Enfin elle avait réussi à s'enfuir de cette maudite clinique !
Il n'avait fallu que quelques minutes d'inattention de la part du docteur pour qu'elle se fasse la malle.
Ce n'était pas qu'il était désagréable mais il apportait régulièrement des plateaux de nourriture infâme qu'elle devait avaler, c'en avait été trop; elle avait attrapé tant bien que mal son sac à dos et était sortie sur la pointe des pieds.

Dehors il faisait un temps radieux. Le soleil était haut dans un ciel sans nuage et les hirondelles striaient l'azur avec des cris stridents.
Seule ombre au tableau estival, des nuées de mouches attirées par la pestilence chauffée à blanc des rôdeurs tournaient autour des oreilles en vrombissements agaçants mais Malou n'en avait cure; elle n'était pas là pour jouer les poètes oubliés, encore moins les entomologistes spécialisés en muscidae et autres sarcophagidae; blessée par l'intense luminosité, elle clignait des yeux et frissonnait malgré la chaleur avant de décider de son sort.

Elle allait un peu mieux qu'à son arrivée sur le billard. Entendons par là que ses nombreuses plaies avaient été suturées et qu'elle pouvait au moins tenir debout pour faire quelques pas; pour le reste elle était presque effrayante de pâleur et de maigreur. Si l'on rajoutait la chevelure hirsute et les deux bras bandés du poignet au coude, il pouvait être tout à fait possible de la confondre avec un mort-vivant.
Mais de cela aussi elle se fichait car elle n'avait pas l'intention de rencontrer qui que ce soit; elle voulait rester seule dans un coin à attendre la mort puisque le toubib avait eu la mauvaise idée de la sauver contre son gré.

Elle observa les environs, la rue était calme mais cela n'avait rien d'extraordinaire car hormis le manoir du doc, les autres habitations semblaient à l'abandon et vides de toute âme; les mangeurs d'hommes préféraient les centres villes où zonaient les humains à la recherche de nourriture et carburant.
Ne sachant pas trop où se réfugier pour laisser la nature accomplir son acte morbide sur un corps déjà bien engagé dans cette voie, elle scruta les maisons avoisinantes et en repéra une qui possédait un perron en béton, à demi fermé par un mur, à l'ombre de surcroît donc le luxe.

Très péniblement, les jambes tremblantes et manquant se dérober sous chaque pas, elle avança vers le lieu convoité, s'accroupit et se tassa dans l'angle le moins en vue de son futur tombeau.
Dans l'incapacité de mettre son sac sur son dos, elle le tint serré contre son buste tel un bouclier de fortune et passa sa main sur son visage; la tête lui tournait, elle voyait des petits points noirs devant ses yeux et était à deux doigts de perdre connaissance.
Respirant par petits à coups elle aurait pu passer pour un gros rat ayant ingéré du trioxyde d'arsenic ou pour un oiseau de mer qui aurait malencontreusement plongé dans le pétrole d'une marée noire.

Elle aurait aimé se laisser aller dans cet état comateux afin de penser une dernière fois à Nounours, l'Homme de sa Vie qui lui manquait tellement mais le destin avait l'air de vouloir en décider autrement car elle entendit des pas qui approchaient, trop rapides et trop précautionneux pour être ceux des immondices.
Se calant encore davantage comme pour disparaître derrière le ciment grisâtre, elle attendit qu'ils s'éloignent.
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Dim 17 Déc - 23:42
« Et là le Rabin répond : « - Non... Je crois que je vais attendre la police. ». Tu vois ? Il va attendre la police ?! »

Je suis mort de dire de ma blague mais un peu déçu du sérieux de Jésus, mon chauffeur et garde du corps de la journée. Sans rire, avec un nom pareil, mon recueil de blagues religieuse devrait au moins le faire sourire, non ? Je sais pas, avec mes fans il suffisait que je dise « prout » et ils était tous hilare. Lui ça fait une heure que j’égraine les meilleurs de mon répertoire et il continu à me faire son air de pitbull constipé. Je savais pas que Sam fréquentait d’ancien garde de la famille royal. Je ne vois que ça pour expliquer son absence de réaction et son balai dans le cul.

Enfin, ça ou le fait qu’il a rien bité. Si ca se trouve c’est juste qu’il est con. Sam a un trop grand cœur de ramasser des handicapés. Mais j’imagine que même l’Arène a besoin de son quota Quotorep.  Sam est vraiment trop bon. En attendant, moi j’aimerais bien lui fausser compagnie parce qu’il commence à m’ennuyer et je ne suis pas sur que j’ai envie d’essayer de lui expliquer pourquoi il faut rire à mes blague. Ok j’ai fait peu de comédie, mais je suis drôle, mon impresario n’arrêtait pas de le dire que je savais tout faire, pleurer et rire.

Un peu refroidi et boudeur je me concentre sur la fenêtre en me jurant que la prochaine fois, je prends l’impala et je pars en goguette tout seul. On n’arrive pas loin du golf de Detroit, je peux donc logiquement espérer trouver du matériel de golf dans les habitations du coin. C’est évident, qui irait prendre le risque de se prendre une balle de golf, en plus d’avoir une vue affreuse sur un green et le défiler de tous ces abrutis incapables d’avoir leur golf privé si ce n’est des passionnés ?

Fier de mon intelligence supérieure, je demande a Jésus d’arrêter la voiture et fait mon mini Sam pour descendre seul. Pas de mort debout en vue. Et puis j’ai mon fer 9 avec son angle pointu, le must have des approches et des fracassages de crane. J’ai hâte de trouver des balles pour travailler mon swing entre deux préparations de combats.

J’avance tranquillement vers une maison et, après hésitation devant la poigné de porte hideusement sale, je siffle Jésus pour qu’il vienne m’ouvrir la porte. Après tout, Sam a bien dit que je n’avais pas à me salir les mains quand j’avais des hommes a lui a proximité. Je vois Jésus commencer à s’agacer sur la clinche avec un amusement non dissimulé. La porte lui résiste et il fait une mimique de contrariété !! On pourrait croire qu’il est au bout de sa vie et de sa patience. Il n’y a pas de raison, on vient de passer 1 heure détendue dans la voiture avec de bonne blague.

Il me fait signe de me reculer pendant qu’il va défoncer la porte. Je ne me contente pas d’un petit pas en arrière, j’ai trop peur de me prendre des éclats de bois ou je ne sais quoi sur mon beau visage. Alors je me mets beaucoup plus loin sur le perron et manque de me vautrer dans un cadavre inerte.

Oula, non attendez, un cadavre, c’est rarement inerte. Du bout de mon club de golf je pousse ce qui est là et un gémissement de douleur, voir d’agacement, en imaginant qu’un mec comme moi puisse agacer qui que ce soit. Mon fan club l’a dit : ma présence est un don !

Je regarde d’un peu plus prêt ce que j’ai là. Ca a l’air vivant, un peu épais pour être mannequin, mais un peu maigre pour que son éventuelle amant ne se cogne pas dans un os en levrette. Ouai je suis un poète romantique. Mais tant que c’est pas a haute voix, maman a dit que j’avais le droit de rigoler de tout.

Sauf que là, c’est pas marrant. Je ne sais déjà pas comment les portes manteaux humains faisaient pour vivre quand elles pouvaient se gaver de pilules et avaient le droit a des perfs. Je pose mon club et m’agenouille prêt d’elle pour essayer de faire comme dans les séries médicales ou j’ai tourné. Je sens un poux et un souffle.

J’enlève ma veste et enveloppe la femme dedans avant de la soulever dans mes bras. Au moins elle ne pèse pas une tonne comme certaines actrices dont la décence m’oblige à taire le nom (mes reins se souvienne encore de Katy, l’actrice jouant Rosy dans « ils ont coulé le Titanic »).

« Jésus ! »

J’arrive devant la porte ouverte et la mine déconfite de Jésus qui était en train d’inspecter la maison avant de m’imaginer agressé a tous les coups. Il faut dire que Sam lui a promis de lui faire bouffer ses couilles s’il m’arrivait quoique ce soit.

« Tu vois pas que j’ai besoin d’aide là ? A moins que tu me dises que tu as une blague drôle et en adéquation avec le moment, il faut réagir, on a une blessée là… »

Bon au moins je suis fixé à son air ahuri sur les raisons qui font qu’il n’a pas rigolé à mes blagues. Ce type a autant de neurones que Leo. Je le bouscule et entre dans la maison, la femme dans les bras, avec autant d’héroïsme que s’il y avait des cameras partout et que j’avais le rôle du héro parfait.

« La zone est nettoyée j’espère Jésus ? »


Enfin je le vois bouger ses fesses musclées en courant pendant que je pose la femme sur le canapé. Elle semble revenir légèrement a elle pendant que j’entends des bruits de combat compliqué venant de la cuisine.

« Jésus !! Tu peux faire ca moins fort, elle a besoin de calme c’est évident ! »


Je cale la tête de « la princesse du moment » sur un cousin et ajuste ma veste sur elle. J’essaye de gentiment la ramener a elle. Je note, au passage, qu’elle a déjà été blessée et soignée.

« Mademoiselle ? Mademoiselle ? Vous m’entendez ? »
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mer 20 Déc - 0:10
Pas de chance, les pas ne s'éloignaient nullement.
Ils approchaient même très exactement vers la maison où elle était planquée et il n'y avait pas qu'une paire de souliers qui raclait le bitume; à vue de nez, elles devaient être deux.
Elle aurait aimé les traiter de gros cons et leur demander d'aller visiter ailleurs que sur ses plates bandes mais dans l'état où elle était, elle ne put que grommeler vaguement et fermer les yeux de lassitude.

Tout à coup, une sifflement strident lui transperça les tympans suivi du fracas épouvantable d'une porte qui volait en éclat.
« Putentrailles !!! » songea t-elle « ils vont rameuter tous les mangeurs d'hommes du quartier ! »
C'était bien sa veine. Dans ce bled paumé, il avait fallu qu'à cet instant précis deux zigomars façon pieds nickelés débarquent dans un barouf digne du cirque Pinder à quelques centimètres du perron.
Elle se tassa encore davantage mais ce fut peine perdue; la suite des événements s'enchaîna très vite.
Un des gus manqua s'affaler sur sa carcasse, en bousculant son bras droit qui lui faisait encore mal tandis qu'une espèce de canne lui titillait les côtes. Sous le coup de la douleur, la jeune fille poussa un gémissement puis manqua de tomber dans les pommes. Bien mal lui en prit !
Elle sentit la présence se pencher sur elle et souffler comme un âne avec son haleine de mec qui n'a pas vu la brosse à dents le matin en se levant et une main tâter son pouls là où elle avait une coupure.
C'en était trop; son cerveau surchauffé par la colère contenue court-circuita et elle se transforma en Belle au Bois Dormant au moment où elle se sentait soulever de terre.

L'homme s'était trompé; ce qu'il avait dans les bras était pire qu'un mannequin sous perfusion. Il aurait presque pu oser la comparaison avec un ressortissant de camp de concentration tant elle était maigre à faire peur; du coup, les membres squelettiques de Malou bringuebalèrent de ci delà comme un pantin désarticulé à l'instar d'un film d'horreur jusqu'à ce qu'il pose le sac d'os sur le canapé poussiéreux.

L'épaisse volute de particules fines sortit moins la jeune fille de sa torpeur que la voix tonitruante de l'hurluberlu qui appelait...
Doutant de ce qu'elle avait entendu Malou préféra s'évanouir encore un peu afin de réfléchir sérieusement à la situation.

Après tout, elle n'était peut-être plus à Detroit et encore moins dans ce monde de merde qu'elle détestait...
N'entrevoyant pas d'autre hypothèse elle en conclut qu'elle avait dû passer l'arme à gauche ainsi que le grand portail de Saint-Pierre et qu'elle se retrouvait au ciel, assise sur un nuage aux côtés de Jésus Christ, transformée en ange benêt, dégoulinant de bonté.
« Jamais de la vie ni de la mort ! » s'insurgea son subconscient caractériel qui préférait les feux de l'enfer.
A ces mots le Bon Dieu arriva et lui flanqua une paire de gifle pour lui apprendre à blasphémer.
Qui de l'ange ou de Malou secoua la tête pour éviter de s'en prendre une autre ? Nul ne le saurait jamais car elle avait reprit ses esprits, ouvert à demi les yeux et avait découvert...
Non, ce n'était pas possible ! Dans quel monde était-elle tombée cette fois ?
Dans quel délire enfiévré sa faiblesse l'avait-elle conduite ? Etait-ce un rêve ou un cauchemar ?
Avait-elle été droguée ?

Ouvrant des yeux grands comme des soucoupes, elle se redressa à demi pour constater qu'elle n'avait pas la berlue: elle était bel et bien face à Dean Caulfield, le grand, le célébrissime acteur dont elle avait vu tous les films, toutes les séries et toutes les interviews !
Oui je vous entend... Murmura t-elle d'une voix blanche avant de poursuivre sourdement:
je pourrais avoir un autographe ?
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Ven 22 Déc - 13:54
Alors que j’essaye de ne pas être perturbé par le bordel qu’est en train de foutre Jésus à l’étage, et rester concentré sur le porte manteau mal en point sur le canapé, je me rends compte, avec horreur, de la plus terrible des omissions. Moi qui suis un maniaque de l’hygiène je crois que j’ai omis de me brosser es dent. Doux Jésus, enfin, pas celui qui n’arrive pas a respecter le moment a grand renfort de bruit de lute et de grognement, mais l’autre là, celui qui s’est fait épingler comme un papillon.

« Jésus !! Un peu de respect on a une blessée ici !! Massacre en silence s’il te plait ! »

Je soupire en me disant que je ne suis pas aidé avec lui. En tout cas la situation est très gênante !! Je ne peux qu’espère que la jeune femme, au regarde de sa faiblesse physique et de ses propres effluves ne s’apercevra de rien. Mais c’est désolant ce laisser aller !! Et dire que Sam se plaint je pourrais être un maniaque, la preuve que non. Oublier de se brosser les dents, si ca ne fait pas de moi un grand foufou Rebel, je ne sais pas ce qu’il lui faudrait.

La belle au bois dormant semble revenir a elle. Je la regarde et, si on oublie qu’elle aurait pu prétendre a un petit role dans le film, la To Do List de Schindler (ou je brillais dans le role de Goet, mon premier « méchant » ), elle avait quand même des bandage qui attestaient que des gens l’avaient soignés. Mais alors, que faisait elle en position fœtale, abandonnée comme un étron au sol ? Je sais que les mannequins sont souvent confondus avec des objets, mais bon, c’est pas une raison pour les laisser trainer sans perf partout comme ça, ça fait désordre.


Je la vois émerger et je me penche sur elle, en faisant attention avec mon haleine de mec dont le dernier acte d’hygiène buccodentaire remonte a la veille. Je lui souris et la regarde de la même façon que je regardais ma partenaire dans « ils ont coulé le Titanic ». D’après la presse c’est comme ça que toutes les femmes rêvent d’être regardées. Un savant cocktail censé les rendre unique, belle et merveilleuse l’objet de mon attention. Bref, le truc c’est de savoir allier un coté chevalier servant, amant ténébreux, chien dévoué avec un peu de myopie. Garce a cette technique je n’ai jamais manqué de rôle dans des films romantiques.


Merde… elle veut un autographe. Sans perdre mon sourire de prince charmant façon Twice Upon a Time, j’espère qu’elle ne me demandera pas une personnalisation parce qu’a part le gribouillis qui est censé être ma signature, je suis bien incapable d’écrire quoique ce soit sans un modèle. Et encore, même avec un modèle… j’ai du mal. Mais j’opine du chef en gardant bien pour moi mes craintes.

« Pour une magnifique jeune femme telle que vous, je ne saurais pas dire nom, mais il me faudra votre nom »

Je lui offre tout le tralala du héro de Love Presently, regard inquiet, sourire rassurant, je lui prends même délicatement la main malgré le fait que j’ai un doute de savoir si les siennes sont bien propres.

« Que vous est-il arrivé ? »


C’est le moment que choisit Jesus pour débouler les escaliers avec une de ses choses mortes et malodorante. Je soupire et lève les yeux au ciel.

« Veuillez m’excuser je reviens tout de suite, ne bougez pas »

Jésus, en bas de l'escalier, est en train de se débattre sous un mort corpulent. Il semble visiblement un peu sonné par cette chute. Je remarque qu’il y a déjà 3 cadavres de zombie dans la pièce adjacente sans trop m’émotionner. Avec Ultranaturel, je suis un peu blasé des trucs pas très naturel depuis des années.

D’un coup de pieds de dégage la chose. Même si Jésus est inutile, pas drôle, pas souriant, je l’aime bien. Et on n’abime pas mes affaires. Je regarde la créature essayer de se relever avec la coordination de Stephen Hawkins.

« Je ne sais pas qui tu es, mais tu ne vois pas que l’on est occupé là ? Tu ne veux pas aller manger des gens ailleurs ? Je ne sais pas, genre voir dehors si on y est ? »

La chose se retourne et me regarde en gémissant en même temps qu’elle se redresse. Je le regarde avec un air appréciateur. C’est un beau spécimen de mort, il ferait son effet dans l’arène avec un bon relookage et quelques piques..

« Dis moi, tu as un agent ? je sens que je vais faire de toi une star ! »


Sans prévenir je lui mets un coup de club de golf dans les jambes pour le faire chuter, avec l’habitude de gérer ce genre d’artiste capricieux, je lui coince la table de cuisine sur lui, le bloquant au sol. Je retourne pour m’occuper de la blessée, mais avant je ne peux m’empêche de lâcher a Jésus, toujours au sol :

« Quand tu auras fini de faire la sieste, tu pourras me l’emballer ? Sam va l'adorer. »

Puis je retourne au chevet de porte manteau et reprends mon rôle de prince parfait.  

« Ou en étions-nous ? Ah oui, as-tu une adresse ou nous pourrions t’escorter ou des gens qui sauraient prendre soin de toi ? Moi c’est Dean, et lui, la bas c’est Jésus. Tu as faim ? »

Comment j'imagine la tronche de Jesus:
 
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Sam 30 Déc - 23:35
A peine avait-elle ouvert la moitié de l'oeil qu'un boucan innommable se fit entendre à l'étage. Inquiète, Malou fronça légèrement les sourcils; l'homme là-haut avait-il des ennuis ?
Reprenant peu à peu ses esprits, elle comprit rapidement que le Jésus en question devait être l'homme de main de la star qui se penchait vers elle comme si elle incarnait la beauté et le talent d'une jeune première reposant savamment sur un sofa choisi pour les besoins d'un film mélo-dramatico-romantique cucul à souhait.
Pas dupe, Elle faillit laisser éclater sa colère et lui demander s'il ne se foutait pas de sa gueule mais se ravisa. Après tout, n'avait-elle pas le droit de se laisser traiter comme une princesse de Walt Disney une fois dans sa vie ?

Il faut dire que le caractère de l'artiste était contagieux; il était tellement hyper-actif qu'il ne se passait pas une seconde sans rebondissements et qu'on le veuille ou non, on se sentait comme embarqué sur un plateau de tournage, projos sur rails, caméras au poing, clap en main, criant « moteur » suivi de « action » !
La jeune fille n'échappa pas à l'atmosphère ambiante et se décontracta légèrement d'autant que le Grand Dean Caulfield savait trouver les mots pour mettre à l'aise.
Se laissant prendre la main elle répondit:
je m'appelle Malou. Dans mon sac à dos j'ai un carnet, vous pourrez signer dedans et quand j'irai mieux je dessinerai votre portrait.

Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour narrer son histoire quand Jésus, suivi d'une immondice dévalèrent les escaliers.
Dommage, elle s'était sentie tout à coup en veine d'offrir une version psychodramatique de sa vie digne d'un ou plusieurs oscars ou même une tragédie en alexandrin adaptable en comédie musicale, traduite dans 21 langues qui aurait fait un tabac.
Curieuse malgré l'aléa, Malou se redressa légèrement et découvrit un énergumène colossale, laid avec un air stupide à souhait. Comment le brillant acteur pouvait-il s'entendre avec un tel ahuri ?
Elle n'eut pas le temps d'observer leur relation plus en détail que déjà l'histrion s'embarquait dans un autre film dont le nouveau héro potentiel n'était autre qu'un mangeur d'homme grommelant et puant.
S'en suivit un monologue bien senti, une action digne d'un post-apo série B, une boutade méritant des rires pré-enregistrés pour bien comprendre qu'ici était la chute, non de Jésus mais de l'histoire puis le retour du parfait prince charmant vers Blanche Neige accoudée sur son cercueil de verre.

Puis, l'homme légendaire passa à autre chose et lui demanda si des gens pourraient prendre soin d'elle.
Hélas bon prince, répondit-elle naturellement, nulle âme qui vive en ces lieux ne saurait me délivrer du mal dont je souffre et je n'ai trouvé que toi, ô seigneur pour protecteur et pour sauveur, en cette ville accablée par la contagion.
Ne me refuse donc ni les augures par les oiseaux, ni les autres divinations et efface la souillure due au meurtre de l'homme de ma vie que des rôdeurs ont tué; mon salut en dépend.
Il n'est pas de tâche plus illustre pour un homme comme toi que de mettre sa science et son pouvoir au service d'une pauvre hère telle que moi...


Malou leva vers lui un visage éploré. Jamais elle ne s'était comportée de telle façon; toutes mauvaises pensées à l'égard d'autrui s'étaient évaporées et elle rêvait d'accéder au monde de Dean, de voir enfin la vie au travers d'un kaleïdoscope fait de paillettes multicolores. Cela durerait le temps d'une poignée de secondes magiques dans ce monde anéanti par la pestilence mais cela valait le coup; elle le désirait, elle en avait terriblement besoin.

Plus simplement elle l'informa:
ma maison est une camionnette, enfin... une ambulance avec un pare-buffle à l'avant. Elle est garée presque en face de la bibliothèque et je voudrais bien la récupérer avant qu'on me la vole.
Le souci est que je n'aurai pas la force ni de la conduire, ni de me défendre en cas de besoin.


Elle laissa à l'acteur le soin de trouver une idée qui arrangerait tout le monde à commencer par elle et écouta la suite de sa phrase.
Il avait fait les présentations en bonne et due forme et elle salua Jésus d'un mouvement de tête avant d'accuser le coup des trois derniers mots mille fois maudits: "tu-as-faim".
« Tu as » était acceptable et ouvrait la phrase sur un millier d'hypothèses aussi vertigineuses que l'univers mais les quatre lettres suivantes enfermait le voyage littéraire dans un immonde taudis débordant de détritus abjects tels que viandes, légumes, féculents, vitamines, protéines, fromages et même desserts.

Diantre, que me demandes tu là félon ??? s'exclama t-elle soudain furieuse, tu oses me demander si j'ai faim ?
Par les couilles bringuebalantes de Belzebuth jamais, tu m'entends, au grand jamais je n'avalerai ces infamies qui escagassent mon transit digestif en son entier; plutôt mourir !
Et si tu daignes encore prononcer ce mot devant moi tu seras occis ou pendu haut et court séance tenante !


Que le cabotin propose d'escorter la belle et de conduire lui-même l'ambulance vers un endroit sûr était chose aisée. Trouver un lieu où cacher la malade en attendant son rétablissement était tout à fait faisable mais devoir la faire manger, voire la forcer relevait de l'impossibilité à moins d'être magicien.
Pourtant, si le porte-manteau allongé face à lui n'ingurgitait pas un minimum de nourriture à chacun des repas, il aurait sous peu un cadavre sur les bras qui ternirait pour longtemps son image de marque.
Imaginez la une des journaux titrant:
« Atroce ! Le grand Dean Caulfield a laisser mourir de faim une jeune mannequin...»

Comment le grand acteur allait-il bien pouvoir se tirer d'affaire sans esclandre ?
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mar 2 Jan - 7:12
Quand elle me donne son nom je suis rassuré, au moins, le cerveau a été correctement irrigué. Ca peut vous faire rire mais si vous saviez combien de porte manteau on du mal a aligner trois mots ou se mette en perd pour donner le change faute de comprendre quoique ce soit… quand le cerveau n’est plus alimenté, y’a pas que la culotte de cheval qui disparait.

Je reste donc avec mon sourire patient et ma bienveillance naturelle a écouter la maigre Malou en évitant de montrer que j’essaye de visualiser quel petit dessin je pourrais bien faire pour symboliser son prénom lors de mon gribouillis d’autographe que je ne manquerai pas de lui donner. Je pense que je m’illumine quand elle parle de portait.
Une artiste !!! Merveilleux !!! Moi qui voulait un tableau de moi pour ma nouvelle chambre !! Il faudra que je me décide si je pose en armure de Minimus ou si je m’offre dans ma perfection la plus simple : nu comme au premier jour.

Hélas, je n’ai pas le temps de trancher cet étrange dilemme qu’elle se met a déclamer comme une débutante d’art dramatique. Ça me rappelle les cours de théâtre que maman m’obligeait a faire. Moi qui espérait que les tragédies classiques étaient loin derrière. Pourtant, si je suis déconfit, une fois de plus, mon talent prend le dessus et je n’en montre rien. Je suis tellement gentil que je pousse le vice a positionner légèrement le tête sur le coté pour prendre un air positivement étonnée.

Oui, j’ai vu dans une saison au zoo qu’il fallait usé du renforcement positif pour aider à l’épanouissement des panda et comme on est un peu tous des pandas au fond de nous, en plus joli pour ma part, je ne me vois pas faire une grimace en lui hurlant PITIÉ ! Arrête de tuer Shakespeare et sois directe !

Je sais que l’on dit de moi que je suis superficielle, narcissique et certainement pas très empathique, il y a beaucoup de vrai dans ces propos, du moins, je fais en sorte que les gens me vois comme ça. Je pense que ca les rassure que je sois dans ce rôle et puis, avouons-le, c’est moins fatiguant pour moi. Pourtant, je ne pense pas qu’un acteur puisse réussir sans un minimum d’empathie et d’ouverture aux autres. Et puis, rare sont ceux qui savent comment se passait un tournage, mais on est loin de l’image récréatif des gens qui se déguisent et s’amusent sur un plateau. Si ce n’est pas a la porté de tous, c’est peut être que j’ai un QI supérieur a celui d’une moule.

Et en parlant de moule, la jeune fille sur le canapé me fait vraiment de la peine. J’ai fréquenté assez d’anorexiques pour savoir qu’il ne suffirait pas de lui dire MANGE pour que ça aille mieux. Ensuite sans hospitalisation, je n’ai pas, non plus, de solution miracle. Mais il est hors de question de l’abandonner a son triste sort et, même si j’évite de lui demander qui l’a soignée, si elle laisse entendre qu’elle est seule, et bien on va faire comme si.

« Et bien, belle princesse, permets-moi de braver le destin et, d’un pas incertain, de t’enlever sur mon moderne destrier pour, dans mon château. Je ne connais pas de malédiction qui d’un, baiser ne saurait être levée, aussi, noble beauté, offre-moi la chance d’essayer. »

Pour le moment j’évite les sujets alimentaires, grâce à la série, Doctor Mouse, je sais qu’il ne faut jamais forcer une personne anorexique à manger sans pour autant entrer dans son jeu. Mais bon, le coté plutôt mourir que de manger s’applique à merveille avec sa situation.

« Alors noble damoiselle, ne me faite pas souffrir plus longtemps et, par vos charmantes lèvres, donnez-moi votre consentement pour vous mener loin de ce lieu de mécréants »

Je claque des doigts et d’un coup d’œil, saluer par un grognement, Jésus est prêt a aller chercher le véhicule de la malade que je compte bien ramener à l’Arène. J’attends juste le consentement de Malou pour l’embarquer dans la voiture et je jubile à l’avance en me disant que je vais pouvoir conduire cette fois.

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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mer 3 Jan - 12:34
Presque rayonnante malgré sa grande pâleur, Malou buvait littéralement les paroles de l'acteur; elle était prise dans son jeu, fascinée et en oubliait le monde réel même si ses répliques en vers étaient beaucoup plus fade que la tirade de haute volée qu'elle lui avait concoctée grâce à un auteur totalement inconnu, Australien ou Brésilien, peut-être.

Heureusement, l'homme avait rapidement abandonné l'idée des repas et lui proposait de la mener en voiture à l'endroit où était garée la camionnette; cela tombait bien, c'était exactement ce qu'elle voulait, cet acteur savait également être un excellent serviteur, elle saurait en profiter car la jeune fille malgré sa faiblesse du moment n'était pas du genre à jouer les sous-fifres: c'était elle qui demandait, qui ordonnait, qui posait les question et non l'inverse.
D'ailleurs, à ce propos, elle n'acquiesça pas tout de suite, il restait une ou deux choses à régler avant de partir, à commencer par l'autographe.

Sans répondre à la poétique injonction, elle se pencha pour atteindre son sac à dos, l'ouvrit et en sortit un cahier de croquis et un stylo.
Le feuilletant jusqu'à trouver une page vierge, elle l'ouvrit en grand sur ses genoux, tendit le bic au (peut-être) trentenaire et lança:
tu peux faire l'autographe ici et en dessin tu n'as qu'à reproduire l'affiche du Titanic ou sinon rien que le bateau, c'est pas trop dur.

Tandis que l'homme s'exécutait et que Jésus qui avait été sifflé tournait en rond dans la pièce, Malou rêvassait ou plutôt recommençait à broyer du noir.
En tournant les feuillets du calepin, elle avait entrevu le dernier portrait dessiné à savoir celui de Robert, le frère jumeau de Nounours, l'Homme de sa Vie.
Pourquoi le docteur Wakeman l'avait-il sauvée contre son gré et de quel droit ?
En cet instant le comédien la distrayait mais combien de temps cela durerait ? Elle finirait par se lasser, elle partirait mais pour aller où et pour quoi faire ?

Elle n'eut pas le loisir de tenter des réponses, son cerveau était trop embrumé et Dean lui présentait son œuvre.
A son tour elle eut envie de lui faire découvrir son talent.
On pouvait dire que Malou était douée. Les premières esquisses étaient au crayon,c'était du temps où l'on pouvait encore en trouver facilement. Le comique pouvait voir s'étaler le visage d'une enfant blonde, puis celui d'un roux balèze, celui d'un vieux triste. Chaque fois l'adolescente donnait un prénom ou une précision géographique.
Ça c'est Josh, mon meilleur ami, ça c'est Allan... Tous de Seattle où j'habitait avant...
S'en suivait des croquis au stylo. Les ombres étaient moins douce qu'à la pointe carbone mais donnaient tout de même un très bon résultat.
Ça c'est Riley une pote, ça c'est Daemon un autre ami, ça c'est Logan le mécano qui m'a posé le pare-buffle, ça c'est John et ça...
Devant le portrait de l'erzatz de son dieu elle marqua un temps d'arrêt avant de conclure rapidement sans autres explication:
c'est un type qui s'appelle Robert Smith. Tu connais ?
La faciès était particulier et à moins d'être atteint de la maladie d'Alzeimer, il ne pouvait être possible de l'oublier.
Le suivant sera le tien quand mes bras seront guéris et s'il te plait bien, je te le referait sur une très grande feuille et te l'offrirai.
Il était évident que ce serait à la star de trouver le papier à la dimension espérée.

A présent Malou était prête. Elle rangea soigneusement ses affaires et se leva avec difficulté tout en disant:
on peut aller chercher mon ambulance à présent, je vous accompagne.
Il était hors de question qu'un des deux aille seul récupérer la prunelle de ses yeux. Elle ne pourrait pas la conduire et serait obligée de confier ses clés mais elle ne perdrait pas de vue le véhicule.
Tandis qu'elle passait la porte d'entrée, elle se retourna vers l'artiste et demanda:
après vous m'emmenez où exactement ?

Elle monta dans la voiture.
Jusqu'aux abords de la bibliothèque les rues n'étaient pas trop encombrées mais arrivés à hauteur de la camionnette les choses se gâtèrent. Des hordes de morts-vivants allaient et venaient en grommelant, il était impossible de se garer à sa hauteur et l'atteindre à pieds était risqué.
Sans se démonter la jeune fille sortit de sa poche un trousseau de clé, le tendit aux comparses et annonça:
quand vous aurez nettoyé le secteur, venez me chercher; je monte dans Mon ambulance avec celui qui la conduira.
Les deux gus avaient beau être sympa, elle ne perdait pas sa méfiance pour autant.
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Ven 5 Jan - 0:38
Je pense que tous les acteurs connaissent ces moments de solitude où, lors de salons, de festivals ou de tournées de promotion, certains de vos fans se sentent obligés de vous raconter toutes leur vie, de vous montrer les photos de bubule leur poisson rouge ou moumoune, leur copine obèse dans un cosplay improbable, en pensant, sincèrement, que ce genre de chose pourrait avoir de l’intérêt pour leur idole.

Heureusement, je sais me composer une mine de circonstance, ouverte, captivé, en attendant que les organisateurs fassent leur travail. Parce que, si moi je suis payé à l’apparition, eux le sont à la signature, généralement, ils ne trainent pas pour faire un petit rappel à l’ordre courtois mais efficace, de laisser sa place aux autres. Alors je fais ma tête de « trop déçu » comme si j’aurais adoré savoir la suite de la super anecdote des vacances au camping d’illustres inconnus, mais que je ne suis qu’une victime du système. Sauf que là, y’a pas d’organisateurs et Jésus brille par son manque d’efficacité sur ce coup-là.

C’est donc avec le même comportement que si elle me montrait la recette de la beauté éternelle que je regarde son carnet. Heureusement, c’est vrai qu’elle dessine admirablement bien. Cela rend cette expérience, assez inédite, plutôt attrayante. Grace aux cours de Miss Whiteman, j’arrive même a apprécier la technique de l’artiste.  Si j’ai envie de lâcher un « Diantre qu’il est laid » devant un Robert truc, mon visage s’illumine face à un visage familier.

« Attends !! Lui je le connais ! C’est un super ami ! Il a changé le pneu de mon impala une fois ! Tu ne trouves pas, toi, qu’il ressemble à Jason Momoa ? »

La notion d’amis est assez vague à Hollywood. Dans le monde du showbiz on est tous amis avec tout le monde, enfin, sauf quand on montre ses fesses a une remise d’oscar, mais ça c’est une autre histoire.

Je n’ai pas le temps d’approfondir le sujet que Miss Malou enchaine avec moult demandes. Je n’ai pas trop l’habitude qu’on me parle comme ça, c’est donc assez déconcerté que je fais signe à Jésus de gérer ces trivialités féminines. Maman avait raison je ne suis pas fait pour les femmes. Lui est plus habitué que moi à obéir, et je suis sûr qu’il apprécie ce genre de choses, ça doit le rassurer ou un truc comme ça. Moi je suis une star, je ne peux pas m’abaisser à cela sans risquer de froisser ma nature profonde.

Je la remercie avec chaleur à l’avance pour son cadeaux, autant par reflexe que parce que sa façon de faire est assez anxiogène je trouve. Elle me fait penser à une femme qui a tout été pour moi, qui a compté dans ma vie comme personne, qui a été plus proche que nulle autre et qui avait ce don de « demander » les choses sans que l’on ose dire non. Je parle bien sûr de Moman.

« Je vous emmène dans mon petit pied a terre, vous verrez c’est modeste, mais au moins vous pourrez vous reposer en toute sécurité. »


La patinoire de Detroit, un immense complexe pour certains, une future arène pour d’autres, un lieu manquant du confort de base pour moi. L’eau courante étant le travail de quelques de mes nounous pour acheminer et chauffer de quoi remplir ma baignoire pour mes ablutions quotidiennes, le chauffage se résume a un poil a bois sans charme et mon lit n’est pas un convivial king size. Les temps sont durs et Pittsburg me manque quelque pet quand je dois me contenter d’un éclairage à la bougie pour me mirer.  

Au moins nous nous retrouvons en route vers son véhicule qui est, malheureusement, aussi noyé de morts qu’une vedette en goguette en famille serait cernée de paparazzis. Il nous faut un plan. Au sifflement de Jésus, je comprends déjà qu’il désapprouve mes idées avant que j’arrive à en avoir. D’un signe de main je lui demande de se taire, bien que je ne suis pas sûr de connaitre vraiment le son de sa voix sur plus de 2 mots consécutifs.

S’il y en a bien un dans cette voiture qui doit avoir une idée, c’est moi ! Je ne suis pas aussi fort qu’une sentinelle, mais ce n’est pas pour rien que j’ai toute ma place dans la grande institution de César, je suis un créatif. Je fais mon visage de concentré mystérieux en espérant que cela va aider mon inspiration. Il ne faut pas beaucoup de temps pour que mon génie m’éblouisse.

« Je sais !! On va faire comme dans Fast et Curious 4 !!! Version spin off de Bad Max Curious Road 3 !!!! Tu te souviens la scène que j’ai rebaptisé flipflap l’ornithorynque ? Imagine sans le flip et … sans la bestiole !!!»

Je suis sur-enthousiaste comme avant une scène d’actions !! Tout se place dans ma tête avec limpidité. J’ai presque le storyboard mental qui apparait devant mes yeux. Je vois Jésus monter les yeux au ciel, certainement pour louer le seigneur d’avoir un homme aussi brillant que moi à ses côtés.

« Monsieur vous n’êtes…
- oui je sais je suis brillant !!!!
- Monsieur je dois vous dire…
- Chut Jésus !!! J’ai besoin de me concentrer. On fera la séquence émotions plus tard !
- Mais Monsieur il est hors de…
- Jésus ! Pour l’amour du ciel avec ta diarrhée oral j’ai presque envie de sauter dans une horde tant tu es agaçant, n’essaye pas d’aller au-delà de tes capacités et respectes moi comme je respecte ce que tu es, quoique tu sois ! »


Je respire, joint mes mains dans un geste théâtrale de héros qui va sauver le monde au péril de sa vie. C’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas de camera en vue.

« Toi et Miss Malou, vous allez descendre et rester en retrait le temps que je vous dégage un passage, ensuite vous foncez, enfin, tu fonces en portant Miss Malou si tel est son désir, vous investissez son véhicule et on se retrouve à la maison ! »


Voilà un plan qui ne peut que se dérouler sans accroc. Je fais sortir d’autorité mes deux passagers, prends le volant et, après un clin d’œil digne de John Bond, l’agent 009, à la représentante du 1er rôle féminin, je lance l’auto radio et fait vrombir le moteur mieux que dans yYy. Bon j’essaye de ne pas froncer les sourcils, ca ride trop, quand la musique retenti.

Tu es là au coeur de nos vies
Et c'est toi qui nous fais viiiIIiiiiiiiIiiiIiivreuuuuuuh


Hum du rock chrétien mais sans rock, j’aurais préféré un truc plus en adéquation avec la situation mais on va dire que je vais faire avec. Je fais un regard intense à Malou, je me cale sur le tempo et lance à fond le véhicule dans la rue en klaxonnant. Mon plan fonctionne, et ça, j’en ai jamais douté, les morts se mettent à me suivre comme des sangliers d’élevage derrière un camion leur apportant la pitance qu’ils ne savent pas trouver tout seul.  Mais très vite je me rends compte qu’un intestin moisi se déroule mieux que ma stratégie. Les morts sont moins vigoureux que mes fans te je les perds en route, pris dans l’ambiance de la playlist de dingue de la voiture de Jésus.

Je les vois, avec horreur, repartir sur leur pas, mais, tel l’ancien cascadeur que je suis, je réagis promptement. J’effectue un drift parfait en faisant demi-tour au levier de vitesse totalement inutile puisque j’avais le temps et la place de faire une manœuvre classique facilement. Je sacrifie donc l’intégrité des pneus de Jésus pour un plaisir visuel mais que voulez-vous, je suis emporté par la fougue de l’adrénaline.

Je retourne attirer les cadavres loin de mes partenaires. Cette fois je fais attention d’aller moins vite et je me sens tel un cowboy guidant ses vaches vers son ranch. Quand j’estime que mes comparses ont eu suffisamment de temps, je change à nouveau de direction afin de semer mes fans. Direction mes pénates !! Je suis trop désireux d’accueillir comme il se doit notre invitée et de trouver un moyen pour obliger la jeune femme à s’alimenter un minimum. Mais je ne suis pas inquiet, je sais que ne je manque pas de ressources pour arriver à mes fins. Je mets un certain temps à trouver la pose parfaite contre la voiture pour attendre Malou et Jésus de façon héroïque. Mais honnêtement, au fond de moi, c’est paillette et confetti tellement je me sens trp fort et puissant. C’est qui le plus fort ? C’est qui le plus beau ? C’est bibi !! Bon ils foutent quoi là ? Avec tout ça on va rater la collation du gouter.

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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mer 10 Jan - 23:08
La star avait prêté grande attention à la description des portraits que Malou lui avait présentés de même qu'il avait admiré son talent.
Il avait eu la décence de ne pas critiquer le faciès de Robert Smith; cela avait dû être grâce à son sixième sens ultra développé et il avait eu le nez creux car elle avait déjà assassiné une survivante pour moins que cela !
Malou méprisait le frère jumeau de l'Homme de sa vie, pour elle il n'était que pâle copie de l'original donc moins beau, moins grand, moins fort, moins intelligent et moins gentil que Nounours mais ce n'était pas une raison; il représentait malgré tout la famille directe de l'Aimé, une sorte de double, un brouillon qui n'en était pas moins intouchable.

Puis, quand elle lui avait montré Logan, le comédien s'était écrié que c'était un « super ami ».
A cette seconde précise la jeune fille s'était raidie et avait planté dans les yeux de l'histrion un regard froid, plus coupant qu'une lame d'acier.
Qu'entendait-il par là ? avait-il des relations particulières avec le chef de Fort-Hope ou était-il juste reconnaissant de l'avoir dépanné ?
Elle ne lui posa pas de questions, elle savait d'expérience que les gens pouvaient mentir mais elle ferait sa petite enquête personnelle afin de jauger la profondeur et la sincérité d'une telle affirmation car elle était liée à ce Grand Homme par un code d'honneur presque signé avec son sang. Quiconque approcherait le balèze avec de mauvaises intentions serait trucidé sur le champ et sans sommation.

Enfin, ils étaient montés en voiture et étaient arrivés presque devant l'ambulance entourée de problèmes de tailles diverses mais tous puants.
Dean dont l'esprit restait bloqué dans le rouge sur le bouton surchauffe s'écria qu'il avait une idée et l'exposa avec documentation à l'appui.

Si elle connaissait Fast et Curious 4, version spin off de Bad Max Curious Road III ?
elle l'avait visionné plusieurs fois !!! pourtant, elle n'avait aucun souvenir de la scène flip flap l'ornithorynque avec ou sans bestiole... Ne confondait-il pas avec le Marsupilami tome 7, page 38 ?
Qu'importe, elle savait où il voulait en venir: une course poursuite sonore sur les chapeaux de roues sauf que leur réalité comportait une légère différence: les mangeurs d'hommes étaient aussi lents que des limaces tandis que Bad Max avait avoisiné les 180km/h !
Jésus qui devait connaître la référence tentait de le raisonner mais c'était peine perdue car apparemment quand la star avait une idée dans la tête elle ne l'avait pas ailleurs.
Malou elle, ne se bilait pas car dans le fond l'idée était excellente pour la bonne raison qu'elle l'avait souvent appliquée avec son propre véhicule. Le seul hic était que l'acteur voulait qu'ils décanillent rapidement de l'auto. Pour l'homme de main ce ne fut pas un problème mais pour la jeune fille aux deux bras bandés et aux jambes en guimauve, ce fut moins évident.
Elle s'extirpa tout de même de la banquette en râlant tout en se protégeant derrière le colosse non comme une jeune première effarouchée mais plutôt comme une mégère frustrée de ne pas pouvoir utiliser son rouleau à pâtisserie, ce qui était moins romantique. D'un autre côté un type avait dit qu'on ne faisait pas de bonne littérature avec des bons sentiments, pour les films cela devait certainement être la même chose.

Le cabotin n'avait pas attendu pour s'installer au volant et mettre la musique à fond: fin de la messe sur French-Culture, était-on dimanche aujourd'hui ?
Elle répondit à son regard intense par un air franchement désolé puis il démarra.
Au début tout se passa comme convenu mais rapidement le cascadeur ne put s'empêcher d'accélérer à cause de la déformation professionnelle et ce qui devait arriver arriva. Il sema les immondices qui rebroussèrent chemin pour se diriger droit vers eux deux.
L'adolescente n'attendit pas de savoir si l'esprit de Jésus saurait improviser une parade adéquate, elle se pencha puis se glissa sous la première bagnole venue; ainsi planquée elle n'avait rien à craindre d'autant que le comique avait de la ressource: d'un rapide coup d'oeil averti dans son rétroviseur il avait eu tôt fait de rectifier l'erreur sur une nouvelle cascade qui envoya la poussière et la fumée des pneus en plein dans le nez de Malou avant de repartir plus lentement.

Cette fois la voie était libre.
Aidée, soutenue comme une princesse par le majordome, elle s'installa sur le siège passager de l'ambulance et lui tendit les clés.
Le géant fit tourner le moteur et s'engagea dans l'avenue sans encombre.
Ils traversèrent tout Pointe Park et arrivèrent dans Detroit. Au loin, Malou pouvait apercevoir l'ancienne patinoire ou du moins ce qu'il en restait.
Jésus ralentit au niveau de Dean qui avait pris la pose comme James (Dean) contre sa voiture.
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Dim 14 Jan - 21:18
Après avoir trouvé la meilleure pose pour attendre la deuxième équipe, j’aperçois, enfin, l’ambulance arriver. Drôle de véhicule qui me fait me demander si Miss Malou ne s’est pas échappée d’un hôpital encore en fonction ou un établissement du genre. Bon, en même temps, pour le moment ce n’est pas la question. Même si j’ai eu l’habitude de fréquenter des femmes qui se faisaient vomir, que ca soit pour des chips ou des gorgées d’eau gazeuse aromatisée, je ne suis pas certain d’avoir jamais assisté a leur gavage autrement que par perf, du coup, je suis en train de pointer, intérieurement, toute ma filmographie pour trouver comment gérer la crise.

Faute de mieux pour le moment, je vais, tel le gentleman que maman m’a appris a être, aider la jeune fille, pas seulement a sortir de la voiture, mais a marché vers l’intérieur de la patinoire. Au moins, je ne me brise pas les hanches avec son point. Ce n’était pas le cas de Kathy Winterley sur le tournage de « Ils ont coulé le Titanic » où j’ai bien failli avoir un lumbago dans les scènes de portée. Elle devait au moins faire du 36 de tours de taille ! Pas la peine de dire que l’équipe l’avait surnommée la baleine.

« Bienvenue dans mon humble demeure ! »

C’est donc portée comme une jeune mariée que je lui fais passer les cerbères suspicieux de la porte de l’Arène de César. Autrefois un des plus ambitieux complexe sportif autour des sports de glace de Detroit. Actuellement c’est aussi un grand et vaste chantier grouillant des amis de mon frère et de « désigné » volontaires qui ont envie de manger et, surtout, de ne pas froisser Sam. Mon grand frère a ses petits travers malgré toutes ses qualités et j’avoue que, par moment, certes très rares, il serait, un chouilla, soupe au lait quand il est contrarié. Et vu les grognements que j’entends, certainement a cause du retard pris dans les travaux, je devine que ce n’est pas le bon moment pour les présentations avec mon invité.

« Comme tu peux le voir nous sommes en travaux, mais bientôt tu auras le plus grand complexe de divertissement post apocalypse de Detroit. Mais je te propose de remettre la visite a plus tard. »

Je fais signe a jésus de nous ramener de quoi manger, boire et surtout de l’eau chaude pour la baignoire. Il lève les yeux au ciel, comme à son habitude, sa façon à lui de remercier le seigneur de m’avoir comme patron direct.

Je ramène la demoiselle dans ce qui me sert de modeste appartement, a peine 40 m a cause des travaux. Une ancienne loge VIP relooké avec le minimum de confort possible. Un poil, un lit en dessous du king size, des draps même pas en soie et lavé sans adoucissant à la lavande, un bureau de moins de deux mettre de large, une chaise a roulette en cuir mais sans repose pieds, un éclairage à la bougie, des tapis même pas de designer connu, un canapé en cuir pas assorti au rideau, bref je vie dans des conditions proches de l’indécence. Mais, mon caractère héroïque m’oblige à m’accommoder et a ne pas me plaindre.

J’espère que Miss Malou ne me jugera pas trop durement au regard de mon lieu de vie. Un peu gêné, je me sens obligé de préciser :

« C’est provisoire le temps des travaux. »

Je crois que je n’assume pas mon cadre de vie. Dans ue réflexe de survie, je la dépose sur le canapé plutôt que le lit, c’est plus facile a nettoyer. Je m’assois a côté d’elle en espérant que Jésus ne trainera pas quant à mes commandes. En attendant, je décide d’entrer dans le vif du sujet

« Miss Malou, maintenant que nous sommes au calme et en attendant que les sentinelles t’apportent de l’eau chaude et te trouvent une chambre, j’aurais une proposition. Comme tu l’a vu, nous allons bientôt ouvrir un complexe de loisir dans Detroit. J’en suis, en quelques sorte, le directeur artistique et je sens en toi un œil aussi rare que ton coup de crayon. J’aurais besoin d’une personne fiable pour m’épauler dans cette tâche. Ça voudra dire lire quelques notes, en rédiger d’autre, relayer de façon autoritaire des consignes… tu sais lire et écrire bien sûr ? M’aider à me faire entendre aussi, les gladiateurs et les sentinelles sot parfois un peu compliqué a gérer… Tu penses que ça te plairait ? Tu seras logé, vêtues, et les sentinelles t’obéiront. Mais... hum… j’aurais quand même une petite contrepartie a te demander avant. »

Jésus choisi ce moment pour entrer avec le plateau contenant un bol de soupe, une petite bouteille d’eau, et des friandises. Il le pose sur la table basse devant et repart comme il est venu.

« J’ai bien compris que manger était une torture, mais je te promets beaucoup contre quelques efforts de mastication. Notes bien que je ne te demande pas ça pour mon plaisir, mais juste que j’ai VRAIMENT envie que tu travailles pour moi et que morte ou agonisante, j’ai peur que tu ne sache même pas faire le portait que tu m’as promis. »


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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Lun 15 Jan - 22:36
Malou était fière de voir Dean prendre la pose contre la voiture; c'était une vraie star qui savait se tenir même dans ce monde d'apocalypse et être ainsi rentrée dans la vie d'un tel artiste flattait son ego. Du coup, elle n'hésita pas à ordonner à Jésus de garer son ambulance dans un endroit sûr; après tout, il n'était qu'homme de main et s'il ne menait pas à bien son service elle saurait à qui se plaindre !

Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu'il entrait dans l'enceinte de la patinoire comme s'il était chez lui bientôt suivi par l'acteur.
L'endroit était gigantesque, ceint de bâtiments à plusieurs étages formant une véritable protection architecturale difficile à détruire où il devait être possible de loger une flopée de personnes et entouré de plusieurs parkings également clos. C'est dans un de ceux-là que le colosse coupa le moteur du véhicule avant de tendre les clés à la jeune fille qui les empocha.
Wow !
Ne put-elle s'empêcher de s'écrier quand le comédien lui présenta le complexe comme étant sa demeure tout en se demandant comment il avait fait main basse sur un lieu aussi grand pour lui tout seul.

Elle n'eut pas le loisir d'articuler la question car sans même lui demander son avis, il avait entrepris de la porter jusqu'à l'intérieur.
Elle marmonna quelques instants pour le principe mais se laissa faire tant ses jambes peinaient à la soutenir.
Quand ils passèrent l'entrée elle resta bouche bée devant le spectacle qui s'offrait à elle car ce qui finalement ressemblait à une arène ovale, surmontée d'un nombre incroyable de sièges en gradins était démesuré.
Qu'est-ce que Dean pouvait bien faire de tout cet espace ?
Le lieu tombait en décrépitude mais n'avait pas été trop vandalisé; malgré tout, des ouvriers, sous l'oeil vigilant d'un contremaître ronchon, s'affairaient à restaurer le plus urgent.

Mille et une questions se bousculaient sous le crâne de la jeune fille mais là non plus il ne fut pas possible de formuler un son puisque l'homme avait décidé de remettre la visite à plus tard et l'emmenait chez lui, l'installant sur un canapé des plus douillet.
Les yeux grands comme des soucoupes, elle détailla le luxe qui s'offrait à elle: du cuir, des tapis, un grand lit, un bureau... Comment avait-il fait pour dénicher tout cela ? Cet homme était vraiment doué !
C'est déjà très bien comme cela...
Bafouilla Malou un peu gênée quand l'histrion, tout en s'asseyant, laissa entendre qu'il n'y avait là qu'un confort minimum.
C'est à ce moment qu'il partit dans des explications qui laissèrent l'adolescente perplexe.
Il parlait d'eau chaude, de chambre, de complexe de loisir, de directeur artistique, de gladiateurs et d'un projet d'envergure pour elle... était-il devenu fou ou l'avait-il toujours été ?
Malou restait songeuse, elle avait du mal à croire à une telle chose et d'ailleurs, de quel amusement parlait-il réellement ?
Quand elle entendit le mot « contrepartie » elle se secoua et reprit pied avec la réalité en biaisant un regard de glace vers l'interlocuteur. Il n'était pas né celui qui serait capable de lui imposer quoi que soit !
A ce moment la porte s'ouvrit sur Jésus tenant un plateau sur lequel un bol de potage fumant était posé. Rien qu'à l'odeur elle eut la nausée, ce parfum de légumes bouillis était vraiment immonde !
Malgré tout, elle en profita pour prendre la parole avant que Dean, décidément très bavard reparte dans d'autres tirades.
Je sais un peu écrire, annonça t-elle mais je fais beaucoup de fautes par contre je sais très bien compter, surtout les additions et les multiplications; je n'aime pas trop soustraire ou diviser sauf en ce qui concerne les mangeurs d'hommes.
Elle laissa le temps à la star de changer d'avis ou non quant à sa proposition du contrat de secrétaire et poursuivit:
avant tout, je voudrais savoir ce qu'est ce « loisir » très exactement; du sport ? Et qu'est-ce qui te fais dire que je serai un bon coach, j'étais nulle à l'école autant pour modeler des tasses en pâte à sel que pour monter à la corde à nœuds !
Par contre commander... Oui, ça je sais faire. C'est ce que tu veux ? Mais pour faire quoi ?


Quand l'acteur entreprit de détailler le projet, ses yeux s'agrandirent encore mais d'admiration cette fois. Cet homme était un véritable génie d'autant qu'il avait trouvé la corde sensible de la jeune fille: l'orgueil.
Elle, la maigrichonne allait devenir le bras droit du créateur artistique d'une véritable arène, la conseillère, la secrétaire-comptable et la donneuse d'ordre d'une star mondialement connue; elle en avait la tête qui tournait et sentait qu'un virage à 90 degré était en train de s'amorcer dans sa vie.

Le problème était la contrepartie.
A cela elle n'ajouta rien car les arguments étaient justes; si elle ne mangeait pas, elle ne pourrait rien faire d'autre que rendre son dernier souffle sur un canapé en cuir mais la proposition n'était pas suffisamment intéressante; il fallait plus à Malou pour accepter de tremper ses lèvres dans la soupe qui refroidissait aussi posa t-elle ses conditions:
ok, je me débrouillerai pour manger ce qu'il faut à une condition: je veux aussi combattre les morts-vivants dans l'arène et choisir moi-même mes armes. Je veux des pâtes, du riz, de la viande, du chocolat, des fruits et des légumes et... je dois me trouver un fouet en nerf de bœuf.
Je veux également pouvoir circuler ou m'en aller faire un tour à l'extérieur chaque fois que je le désire; moi aussi j'ai des contacts à ne pas négliger.
Elle laissa un petit temps et enchaîna:
par contre je ne remplirai jamais la baignoire d'eau chaude ni n'apporterai de plateaux repas à qui que ce soit, de même que je n'irai border personne, je ne nettoierai pas les chiottes ni rien, je ne suis pas une bonne à tout faire.
Si tu acceptes mes conditions, j'accepte les tiennes sinon, demain je m'en vais.


Dean voulait un commandant, il était à deux doigts d'embaucher un petit dictateur.
C'est à prendre ou à laisser, conclut t-elle histoire d'enfoncer le clou.
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mar 16 Jan - 22:57
Bon, au moins, a part pour la boustifaille, elle m’a l’air plutôt enthousiaste. Mais c’est qu’elle en a de revendication pour une si petite femme. Elle est pire que tout un syndicat des ingénieurs son a elle toute seule. Bien, au moins elle sait écrire et lire. D’ailleurs quand elle me donne cette information je plisse jusque ce qu’il faut les paupières pour me donner un air sérieux et réfléchit. Je n’ose pas lui dire que même avec des fautes, ça sera toujours mieux que moi.

« Je pense que je ne serais pas très regardant pour les fautes, ne t’inquiète pas. »

Et pour cause, quand on sait pas lire ni écrire, on risque pas de les voir. Compter c’est toujours utile aussi.

« Ca tombe bien, mon frère aussi préfère les additions et les multiplications, c’est un peu les clés de son succès. Vous allez vous adorer!!!»


Bon je sais bien qu’il fait des soustractions de temps a autre. On ne fait pas d’omelette sans éventrer la poule ou je ne sais plus ce que dise ses amis, mais, Sam sait quand il faut trancher pour mieux repartir. Comme je n’entends rien a cette partie du business, je lui laisse le soin de gérer ça. Lui ne vient pas interférer dans les préoccupations artistiques. C’est aussi ça les frères Caulfield, on se fait une confiance aveugle et on sait que nous sommes bons, l’un et l’autre, dans notre partie respective.

« Quant a tes revendications, elles me paraissent tout a fait honnêtes et raisonnables, enfin quand tu seras en état d’aller te battre bien sûr, je tiens à la longévité de mes employés Miss Malou. Et, je ne pensais pas te dédier aux petites œuvres d’intendance, j’ai déjà Jésus pour ça. D’ailleurs, tu verras avec lui la taille du nerf de bœufs dont tu as besoins, je crois que nous avons un peu de tout pour les gladiateurs. Bon, puisqu’il me semble que nous avons un accord, levons nos bols fautes d’autres choses »

Je leve un bol de soupe en me disant que je suis vraiment un homme semple pour réussir à m’amuser de trinquet avec juste ce genre de breuvage. Mais c’est certainement ce qui fait mon charme, savoir me contenter de peu et des petites joies du quotidien.

« A Miss Malou, ma nouvelle assistante !! »

Je bois une bonne rasade de mon bol avec ce toast tout à fait romain. J’hésite a lui parler tout de suite que, lorsqu’elle sera remise, si elle veut mettre les mains dans le cambouis, j’aurais peut-être besoin de son aide pour coacher un des gladiateurs qui a plus qu’une forte tête. Mais autant lui faire la surprise pour plus tard.

« Je vais aller m’assurer que l’on te prépare une chambre aussi confortable que possible malgré les travaux. As-tu d’autres questions avant que je n’aille régler les détails avec Jésus ? »

J’ose espérer que ce balourd aura la décence d’attendre qu’elle se soit remplumée pour la marquer.

HRP:
 

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Dean Caulfield Arene
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   Mer 17 Jan - 23:11
Le célébrissime acteur avait tout accepté. Les fautes d'orthographe, les carences en matière de soustractions ainsi que la longue liste de desiderata, elle n'en croyait pas ses oreilles !
Il lui avait même révélé avoir un frère qui s'entendrait très bien avec elle, elle avait hâte de le connaître.
Malou avait l'impression de vivre un véritable conte de fée sans prince charmant qui viendrait l'embrasser sur les lèvres. Dean avait beau être séduisant, elle n'en était pas amoureuse et c'était tant mieux car ce qui se profilait pour son avenir était bien plus attrayant à ses yeux qu'une future vie de couple.

Il ne restait qu'un problème de taille: la nourriture.
En théorie, la jeune fille était très motivée mais dans la pratique elle savait que ce serait difficile. Elle se promit malgré tout de faire ce qu'il faudrait pour avoir des forces à commencer par tendre le bras vers le brouet infecte qui stagnait dans le bol...

Royale, la star leva le récipient afin de lui porter un toast à elle, la famélique aux deux avant-bras bandés. Si elle avait eu un peu de culture générale elle aurait pu le comparer à Jules César, brandissant une coupe en or remplie du vin sucré de Rome mais elle n'en avait pas; c'était tout juste si elle se rappelait de l'avant dernier président des USA.
Prise au jeu, presque rayonnante, elle imita le héro et trempa ses lèvres dans le breuvage tout en essayant de masquer la nausée qui lui tordait les tripes.
Longue vie à ton arène ! Réussit-elle tout de même à balbutier entre deux hoquets.

L'homme avait dû remarquer le malaise car il se leva et annonça qu'il allait s'inquiéter des préparatifs de sa chambre.
Comme elle n'avait plus aucune question à poser, elle répondit par un hochement de tête et le laissa filer.
Maintenant qu'elle était seule, elle pouvait se concentrer.
Elle reposa le bol qui représentait une trop grande torture et décida de grignoter une friandise agrémentée d'une bonne rasade d'eau, c'était mieux que rien.

Peu de temps après, Jésus frappa, entra et l'invita à le suivre dans le couloir, ouvrit une porte et lui présenta sa chambre avant de disparaître.
Il y avait là tout ce dont elle pouvait rêver: un bon lit, un petit fauteuil, une armoire avec quelques vêtements propres, une chaise poussée devant une table pleine de victuailles et même une baignoire dans un coin avec de l'eau propre et fumante.

Malou n'avait plus qu'à s'occuper de sa personne afin de mener à bien ses nouveaux projets.
Au fil des jours elle se forcerait à manger des quantités chaque fois plus importantes, elle reprendrait ses exercices de krav maga et s'entraînerait autant que possible afin d'avoir de bons muscles bien saillants.
Fin juillet, elle ôterait définitivement ses bandages. Il ne lui resterait plus, en souvenir de sa vie d'avant que de longues et nombreuses cicatrices sur les deux avant-bras mais cela ne donnerait-il pas du charme au personnage qu'elle voulait devenir ?
Entre temps, lui fut autorisé de reprendre son ambulance pour faire un tour chaque fois que désiré; que demande le peuple ?!!!
Du pain et des jeux...

HRP : moi aussi j'ai adoré RP avec toi ! Et j'ai vu le petit giff clin-d'oeil de Dean et Malou à table !
Vivement la suite...
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MessageSujet: Re: Je m'en irai dormir dans le paradis blanc   
 
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
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