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(Event #5) Run or Die

In Your Flesh :: Walking on the Streets :: Détroit

 Shopping with the guuurlz [Lazare]

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MessageSujet: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Ven 29 Déc - 0:17
[3 Septembre] Une fois de plus perché sur les hauteurs d'un toit, Will observait la situation relativement désastreuse qui se dressait entre lui et l'endroit qu'il convoitait : une rue bordée de boutiques en tout genre à une centaine de mètres plus loin. Quelle mouche l'avait piqué pour qu'il décide de s'éloigner des quartiers tranquilles de Détroit pour venir se perdre ici, déjà ? Ah oui, évidemment... Poussant un soupir, le jeune homme observa les alentours un peu plus en détail, tâchant d'ignorer un instant la dizaine de rôdeurs qui s'étalaient sous ses pieds pour trouver un moyen plus tranquille d'atteindre le supermarché au bout de la rue. Ce serait relativement compliqué, mais quitte à avoir fait tout ce chemin, autant que ça ne soit pas pour rien, pas vrai ?

Remettant son arbalète bien en place dans son dos, le brun se releva rapidement et, prenant de l'élan, courut sur quelques mètres, jusqu'à faire un bond relativement effrayant au-dessus du vide. Il parvint à se rattraper de justesse au bâtiment voisin, prit sur lui de ne pas regarder en bas trop longtemps alors que ses jambes se balançaient dangereusement dans le vide et parvint à se hisser sur le rebord plat d'un nouveau toit non sans exciter un peu trop la horde qui lui servait de public. Et ça n'était que le début, parfait. Il eut à reproduire cet exercice périlleux encore trois fois avant d'arriver au-dessus du supermarché et passa encore une bonne dizaine de minutes à s'acharner contre une bouche d'aération pour parvenir enfin à poser le pied sur le carrelage sale qu'il cherchait à atteindre, au milieu d'une allée de produits cosmétiques complètement renversée. Un nouveau soupir fendit ses lèvres alors qu'il s'étirait doucement et tirait son arbalète pour la pointer devant lui. S'il faisait vite, il pourrait peut-être même se tirer d'ici avant la fin de la journée et retrouver des endroits plus tranquille où continuer son aventure le lendemain. Si seulement...

Cette motivation en tête, le jeune homme fit quelques pas précautionneux dans l'allée, enjambant tant bien que mal les divers tubes et autres boites qui traînaient sur le sol, pour se frayer un chemin au milieu du magasin. Pas besoin de s'enfoncer très loin pour deviner qu'il ne trouverait certainement pas son bonheur ici : tout avait été dévalisé, tout ce qui avait la moindre importance en tout cas, ne restant que les objets les plus inutiles qui soient. Mais bon... Tâchant de ne pas se décourager, il continua son ascension prudente jusqu'à ce que, enfin, il pose les yeux sur ce qu'il ne croyait vraiment pas trouver. Cela lui fit même lever les yeux au ciel un instant, mais il tendit quand même la main, prêt à attraper la sacro-sainte tablette de chocolat qui reposait encore sur son présentoir. Geste qui fut malencontreusement interrompu par un bruit sourd dans son dos, qui le força à se retourner brusquement, son arme pointée dans la direction du son.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Ven 29 Déc - 15:48
Shopping with the guuurlzft. Will Burbank

Septembre m’égaye très franchement. J’aime ces décors aux couleurs vives qui commencent à montrer le bout de leur nez. Quoiqu’il soit encore bien trop tôt pour cela et que la chaleur persiste à être bien trop écrasante à mon goût. Rien de tel qu’une virée en décapotable pour se rafraîchir les idées. Et avec un peu de chances, je pourrai mettre la main sur une station-service encore fonctionnelle. Ma corvette est un bijou de collection, mais c’est un gouffre sans fond au niveau du réservoir. Je quitte le motel et embarque donc dedans, faisant crisser les pneus. Mon cher coloc’ de Thor au rabais va gueuler pour avoir fait autant de vacarme, mais je serai déjà loin. On verra ça ce soir.

Par chance, notre coin isolé du grand Détroit nous offre des routes pas trop encombrées sur lesquelles je peux pousser le moteur, vacant à une vitesse de croisière qui, dans les temps anciens, m’aurait valu un retrait de permis. Un large sourire sur mes lèvres, je profite du vent qui vient se glisser dans mes cheveux. Ç’aurait été parfait que cet instant dure une éternité. Mais chaque chose a une fin… Alors que j’approche d’un centre commercial de type supermarché, je cherche ralentis et cherche du regard une station-service encore intacte, sur les airs de Teachin' blues de Bob Seger que je me chantonne à moi-même. Tout ce que je peux admirer, c’est cette horde. Bien heureux d’être dans ma voiture sécuritaire, j’appuies sur l’accélérateur. Mais d’à-coup en à-coup, la petite capricieuse se met à pétarader pour s’arrêter complétement, moteur coupé. Je vise de mes mirettes la jauge de carburant. Merde ! Panne sèche ! Je tente malgré tout de jouer du démarreur avec ma clef. Rien n’y fait. Es les bougres d’immortuae s’approchent déjà victorieux du banquet qui vient de leur être dressé. Si seulement j’avais le temps de remettre ma toiture… J’extirpe les clefs et bondis hors de la voiture. La horde est bien trop proche. Mon sang se glace. « Ok. Je retire ce que j’ai dit l’autre jour sur les gothiques. Au moins avec eux, tu peux négocier ! » dis-je plus pour moi même que mon assemblée de pourrissants. Ce supermarché semble être ma seule opportunité pour gagner du temps. Je me mets donc à courir dans sa direction, après un large détour pour contourner le comité d’accueil morbide.

Je me confronte à un tourniquet en verre. Je me jette dans celui-ci et tente de le pousser pour le faire tourner. Là encore, c’est peine perdu. Et mon trajet n’ayant pas échappé aux regarde cadavérique de mon fan-club, il vaudrait mieux pour moi ne pas rester confiné. Je ressors cherchant du regard une autre entée. Elle est là, illuminée par un excédent de rayon solaire, comme désigné par une quelconque divinité. Je le remercierai plus tard. Je reprends ma folle course jusqu’à cette dernière. Il s’agit de la porte de secours d’un drive entrouverte. Je pénètre la galerie marchande, fermant derrière moi l’issue. Je reprends quelques secondes mon souffle, attendant que ma vision s’habitude à l’obscurité des locaux.

Je me mets à déambuler dans les rayons, me demandant s’ils vendent des bidons de carburant. J’avais appris, à mes dépends, que certains magasins proposaient ce type de produit. Pourvu que ma divinité soit encore dans les parages. Me voici donc dans le rayon automobile, à farfouiller dans les débris des étagères pour repérer le pétrole salvateur. Hallelujah ! Je mets la main sur l’un d’entre eux ! Je le prends et le tient fermement par la poignée de ma main gauche. La droite étant bien trop occupé à tenir mon pistolet. Tant que je suis ici, autant en profiter ! Je m’approche d’un chariot à roulette abandonné et place ma trouvaille dedans. Je sors un mouchoir en tissu de ma poche intérieur et essuies la barre servant de commande avant de jeter le morceau de soie. Je place mon pistolet dans la petite chaise pliable destinée aux enfants et avance donc dans la boutique.

Il me faut environ une dizaine de minute pour arriver face à un jeune homme, en train de farfouiller dans l’une des étagères, penchée au-dessus de cette dernière, offrant une vision déconcertante de son postérieur et ce dans le but de l’engrosser encore un peu plus avec du chocolat. « Allons mon chou, ça n’est pas sérieux, tout ça ! » lui dis-je, pour annoncer ma présence. « Je pense que tu ferai mieux de travailler un peu plus tes abdos-fessiers plutôt que de les alourdir un peu plus avec une cochonnerie pareille ! »

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Sam 30 Déc - 17:15
Lentement, les sourcils de Will s'enfoncèrent jusqu'à dessiner une intense expression d'ahurissement sur son visage. C'était quoi... ça ? À première vue, on aurait parié sur un homme, mais... Wow. Des gens étranges, l'ingénieur en avait croisés plusieurs au cours des dernières années. De sa vie entière, même. Mais là... Sa main trembla une seconde, son arbalète menaçant d'aller regarder le sol, mais il se reprit rapidement, retrouvant un air parfaitement impassible. Le moment aurait été venu pour lui de sortir l'une de ses habituelles petites remarques pleine de sarcasme dont il avait le secret, mais sincèrement... Il restait sans voix et ça commençait même à devenir gênant, là. Il fallait qu'il se reprenne et vite...

« Si tu veux ce chocolat, tu peux aussi demander, on peut trouver un arrangement, pas besoin d'être blessant. » souffla-t-il finalement, décrochant sa main gauche de l'arbalète pour attraper enfin la tablette esseulée dans son dos. Il la tendit légèrement devant lui, dans la direction du type, mais bien loin de lâcher l'affaire, ses doigts s'y accrochaient de toutes ses forces et son regard planté dans l'inconnu semblait comme le mettre au défi d'oser approcher. « C'est quoi cet accoutrement ? T'as rendez-vous avec ton petit copain ? » demanda-t-il en faisant un petit signe de tête vers l'homme pour désigner son costume. Sérieusement, qui se baladait dans cette tenue de nos jours ? Ça ne devait pas être très pratique pour fuir une horde ou tout simplement pour s'en sortir dans un monde aussi hostile. Pourquoi fallait-il toujours que Will tombe sur les plus crétins, hm ? Foutue vie de merde.

Et dire que sans ce foutu soldat et ses histoires de chocolat, le jeune homme aurait pu être quelque part dans le sud de la ville à regarder le soleil briller tranquillement sur la Detroit River, sans penser à rien d'autre qu'au vide constant de son existence et de l'Univers en général. Il aurait pu lire un bon bouquin ou s’entraîner à tirer sur des rôdeurs au hasard, juste pour le sport. Mais non, il fallait qu'il soit là, à faire face à ce clown... Cette journée avait commencé de manière vraiment regrettable et visiblement, elle n'allait pas s'arranger avec un peu de temps.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Dim 31 Déc - 17:46
Shopping with the guuurlzft. Will Burbank

Le jeune homme face à moi tient la tablette de chocolat dans sa main tremblante, comme s’il me l’offrait. Il avait peur de moi ? Impossible. Sa phrase prouve qu’il veut négocier. Mais je pense qu’il est bien plus comme un drogué en manque que comme un type flippé. Devais-je le rassurer ? Sans doute avant qu’il ne se mette en tête de pouvoir me refroidir avec son arbalète. « Calme toi, Robin des bois! Je ne suis pas là pour détrousser les pauvres ! Tu peux la garder la tablette ! Je suis tombé en rade devant le supermarché et y’a pas mal d’immortuae qui me trouvent délicieux ! Donc je suis rentré ici et je suis venu chercher de l’essence ! » dis-je, en désignant le bidon dans mon caddie. Je lui faisais un sourire qui se voulait à la fois rassurant et à la fois moqueur. Parfois, je me demande comment j’arrive à tirer de pareilles têtes. Mais le jeune archer semblait ressentir le besoin de se jouer de moi et de ma tenue. J’affiche ma fierté sur mes traits faciaux et réponds dans un largue sourire dévoilant mes dents. « Il n’y a pas d’apocalypse suffisante pour m’empêcher d’avoir la classe, et ceux, en toute circonstance ! Dirons-nous que je porte mon dernier costume, prêt à être le mort le plus classe de ces deux dernières années et prêt à jouer mon rôle de rongeur d’os humains ! » réponds-je en passant mes mains sur ma veste pour retirer le peu de poussière qu’il y a. « Tu sais, je ne veux vraiment pas de ton chocolat, tu peux le rager, mon chou ! J’ai juste peur que ça te tombe directement sur les hanches, vu ton état ! Ton corps va vouloir stocker le moindre sucre que t’avale ! Tu as l’air si affamé mon pauvre… »

Je le regarde intensément de la tête au pied. « J’ai une idée! On est dans une grande épicerie après tout… On devrait bien trouver de quoi se faire un bon repas, pas vrai ? Pourquoi ne pas chercher un ou deux trucs encore potables ? Et peut-être qu’on tombera sur quelques vêtements qui ne feront clairement pas de mal à ton look, mon chou. Viens avec moi ! On va se régaler ! » dis-je en ouvrant la voie en direction d’un rayon alimentaire. Mais avant que je n’ai le temps d’aller plus loin que son regard, un pourris me tombe dessus, me faisant tomber à la renverse. Je rampe en arrière, laissant s’échapper un ou deux cris de peurs. « Pitié! Pitié! Pitié! Mais pourquoi seigneur ? » Je m’éloigne bien trop de mon arme pour pouvoir le tuer. Je ne peux compter que si l’intervention de mon nouvel ami pour me tirer de ce mauvais pas. « Aide-moi, je t’en supplies! Tue ce… Ce truc !! » tandis que je lui demande en lui jetant un rapide regard paniqué. Mon attention se recentre bien assez vite sur le mort.



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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Mar 2 Jan - 22:52
La tentation de laisser un carreau s'échapper malencontreusement pour rencontrer brutalement le crâne de ce type était forte, vraiment très forte. Malheureusement ou non, Will n'était pas de ce genre là, il n'avait même encore jamais tué qui que ce soit en deux ans et ça n'allait certainement pas commencer aujourd'hui, même si l'homme qu'il tenait en joue était incroyablement antipathique. Enfin, au moins, les deux hommes n'auraient pas à se battre pour une tablette de chocolat dont Will ne voulait même pas vraiment, monsieur n'était là que pour l'essence et puisqu'il avait déjà ce qu'il voulait, le moment de partir ne tarderait pas, n'est-ce pas ? « Je vois. » glissa simplement Will, acceptant tout de même de baisser un peu son arbalète et de se détendre, légèrement. Il n'arrivait toujours pas à se faire au style très particulier de cet homme, mais ça ne méritait certainement pas de se fatiguer le bras pour si peu. Quoi que... En plus de son drôle d'accoutrement, ce type avait aussi un évident talent pour les monologues délirants et le jeune ingénieur ne parvint à retenir un soupir en l'entendant reprendre la parole, jusqu'à ce qu'il baisse son arme pour de bon, laissant l'arme frapper mollement sa cuisse alors qu'il se mordait les lèvres pour retenir un soupir. Attaquer le physique était visiblement une spécialité chez cet homme et cela poussait étrangement Will à la violence. « C'est pas possible, je suis en plein cauchemar... » souffla le jeune homme, plus pour lui que pour l'autre.

De toutes façons, il n'eut pas vraiment l'occasion de savoir si l'homme l'avait entendu que monsieur tournait les talons et, à peine eut-il disparu du champ de vision de Will qu'il lançait un hurlement à vous rendre fou. « C'est pas vrai, dites-moi que je vais me réveiller... » Levant les yeux au Ciel de façon très théâtrale, Will se décida tout de même à faire quelques pas pour suivre l'inconnu dans les allées et le retrouver surtout. « Qu'est-ce qui se passe, t'as vu une paire de chaussures de la saison dernière ? » demanda-t-il avec une certaine mauvaise humeur dans la voix. Pour toute réponse, il n'obtint qu'un appel à l'aide qui le força à mettre un peu plus de bonne volonté dans ses gestes et, relevant son arme prête à servir, s'arrêta à quelques pas derrière un rôdeur qui venait de se jeter sur le pauvre bougre en costard. Le carreau siffla dans l'air lorsqu'il fut décoché et il se planta droit à l'arrière du crâne de la créature, qui s'écrasa de tout son poids sur sa victime couchée au sol, arrachant une petite grimace à Will qui restait pourtant sans bouger. « J'espère que tu connais un bon teinturier dans le coin, le sang et les tripes, c'est l'horreur à laver. » lança-t-il en repassant la bandoulière de son arme autour de son épaule pour la laisser pendre dans son dos. Si monsieur comptait sur Will pour l'aider à se défaire de l'emprise du mort, il aurait l'occasion de devenir un cadavre à son tour avant que ça n'arrive. Pour autant l'ingénieur s'approcha quand même et récupéra tranquillement le carreau dans le crâne de sa victime, l'essuyant grossièrement sur le dos du cadavre avant de le ranger avec le peu qu'il lui restait. « Bon alors, on y va à ce pique-nique ou tu vas rester là toute la journée à faire des câlins à ton homme ? » demanda-t-il en faisant un pas en arrière.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Mer 3 Jan - 16:17
Shopping with the guuurlzft. Will Burbank

Je ne le sens pas très enthousiaste, ce jeune homme. Pour ma part, je viens d’échapper à une petite horde. J’ai encore les nerfs à fleur de peau, mais fort heureusement je canalise tout ça en énergie positive. Il aurait bien besoin d’une cour, ce petit ! Ses remarques suintent la négativité. Surtout lorsqu’il évoque un cauchemar. Je dois le rassurer. « Oh mais ne t’en fais pas, mon chou, je suis sûr que cette horde va bien finir par s’éloigner ! » dis-je d’un sourire. Certes, je l’espérais sans doute plus que lui. Il faut dire que ces immondices me font clairement paniquer. Je décide de l’inviter dans ce même hypermarché. Je me vois déjà m’adresser à une caissière pour dire qu’on consomme sur place. Enfin… Si tant est qu’il en reste encore une qui tienne ses fonctions !

Après mon invitation, je m’éloigne déjà, le pensant sur mes talons. Mais non. Et je ne m’en rends compte que bien trop tard, lorsqu’un immortuae s’en prend à moi. Bien qu’éloigné, je parviens à entendre le cynisme de cet inconnu. En d’autres circonstances, j’aurai approuvé et été d’accord avec lui. Pour sûr que cette effroyable mode des hipsters n’y est pas pour rien dans cette fin du monde. Mais en l’occurrence, je lui fais grâce de mes remarques sur le sujet, me contentant de tenir éloigner griffes et crocs de ce tas d’os et de chair en décomposition. Fort heureusement, le chou n’est pas un de ceux qui abandonnent les gens de classe comme moi. Il vient me sauver. Mais je lui attribue de mauvais point. « Mince… Mon costume… Enfin… Je suppose que je dois te dire merci. » Je m’arrête pour essayer de repousser le cadavre et m’en défaire. Je constate les dégâts. Fort heureusement, le mélange cervelle-liquide-céphalo-rachidien et hémoglobine ont atterris sur le côté du crâne ne salissant pas d’un pet mon costume plus que ce qu’il ne l’était déjà en rampant à cause de cette fange mi-vivante mi-morte. « Je te dois des excuses. Du travail propre, mon chou. Allons-y ! Je t’ai promis un repas, j’escompte bien honorer ma parole ! » lui dis-je avant de reprendre ma marche. Je m’assure cette fois-ci qu’il ne soit pas loin, reprenant en main mon beretta. Ne sait-on jamais, ces choses se déplacent bien souvent en couple. Un peu comme les sith dans Star Wars.

On parvient à un rayon de boites de conserves. Certes ce dernier est presque vide, mais l’on peut y faire quelques découvertes. Ceux détériorés ont propagés leurs champignons de pourrissures un peu partout, mais certains de ces mets sont encore en consommable. « Oh regarde! Du foie-gras ! Directement importé du sud-ouest de la France ! Beurk… Ces gens sont de mauvais goût ! Lorsque j’y suis allé pour un concert, j’y ai très vite découvert qu’ils n’étaient pas les bienvenues dans leur propre pays. Ils déforment la langue française avec leurs chocolatines… Enfin… Pour ce qui est du foie gras, ils s’y connaissent et ça, on ne peut leur retirer ! » Je m’arrête un instant en voyant au loin le rayon alcool, presque totalement ravagé. Mais elle apparaît, illuminée par un rayon de lumière filtré par les ouvertures sur le toit, cette belle bouteille de Champagne. J’imagine une belle contrefaçon américaine, mais je tuerai pour en reboire. Même du faux !



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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Sam 6 Jan - 12:49
Sans beaucoup de grâce, le mec en costume se débarrassa du poids mort qui pesait sur ses épaules, arrachant un soupir à Will qui attendait sagement en le suivant des yeux sans rien dire. Il n'avait pas vraiment besoin de manger, pas avec tout ce qu'Elias lui filait à chaque fois qu'ils se retrouvaient en tout cas, même si l'ingénieur faisait en sorte d'économiser au maximum ses réserves, mais quitte à devoir rester ici enfermé avec un inconnu qui ne soit pas forcément son style de mec, autant le faire en trouvant quelque chose d'agréable pour s'occuper, pas vrai ? Le temps de traverser les rayons plus dévastés et pillés les uns que les autres, Will n'ajouta rien et il eut l'agréable surprise de ne pas entendre l'autre la ramener non plus. Le silence n'était pas forcément appréciable aux oreilles de l'ingénieur, mais là... Il s'en accommodait avec un plaisir non dissimulé et aurait presque pu afficher un sourire lorsqu'ils arrivèrent enfin dans un rayon beaucoup plus intéressant, celui autrefois rempli de boites de conserve, particulièrement vide désormais, mais pas complètement. L'odeur, elle, par contre, était plus forte que dans le reste du magasin, le reste du monde, mais si ce ne fut pincer les lèvres une seconde pour s'y habituer, Will tenta de s'en accommoder rapidement, tandis qu'il suivait l'autre homme tranquillement en écoutant un autre monologue.

Les sourcils froncés, Will attrapa la boite de foie gras dont il venait d'entendre parler et la regarda un moment. « C'est encore consommable, tu crois ? » La boite ne semblait pas tellement gonflée, même si elle avait une sale tête, honnêtement. Mais elles avaient toutes une sale tête, en fait. Il en attrapa une autre, un mélange de champignons cette fois, pour lui jeter le même regard. Il y avait encore quelques boites traînant de manière éparse sur les étagères, pratiquement de quoi se faire un festin et permettre à Will de conserver encore un jour de plus les rations préparées par le soldat. Parfait. Il s'empara d'une soupe de tomate en conserve, la levant brièvement en lançant : « Pour les vitamines ! » et remarqua seulement que son nouvel ami lorgnait furieusement vers le rayon d'à côté, qu'il observa à son tour. « Un peu d'alcool pour arroser ce festin ? » demanda-t-il. Finalement, l'idée de se nourrir le détendait un peu et lui faisait perdre de sa mauvaise humeur peu à peu. Monsieur Costard ne deviendrait sans doute pas son meilleur ami avant la fin de la journée, mais ils pouvaient sortir d'ici vivant tous les deux. « C'est quoi, ton nom, au fait ? » Et tandis qu'il allait vers le rayon d'alcool, il continuait de ramasser les boites de conserve qu'il trouvait sur son chemin, ne prêtant guère plus d'attention à l'homme, ravi d'avance de ce petit pique-nique qui s'annonçait prodigieux.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Sam 13 Jan - 0:48
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Mon nouvel ami se chargeait de ramasser les boîtes de conserves encore à peu près potables. Même si j’ai réussi à repérer la première d’entre elle, il avait beaucoup plus l’œil pour ça. En dehors des produits un peu chic, je ne connais pas grand-chose. Je lui répondais à sa question sur la possibilité à consommer le fameux tartinable de foie français. « T’en fais pas, mon chou! Tu fais partie de ce magnifique pays que sont les Etats-Unis d’Amérique ! Autrement dit, cette boite doit être blindée de conservateur à ne plus savoir quoi en foutre. Un peu comme tout en fait… » Je me figeais lorsque je vois cette bouteille de Champagne au loin. J’en salivais déjà. « Mon ami, le Champagne n’est pas simplement que de l’alcool. C’est avant tout un élixir divin. Jamais tu ne trouveras meilleure boisson en ce monde ! Son goût me manque tant... » Je m’avançait à grand pas dans ce rayon, suivi par Will qui s’arrêtait bien plus souvent que moi. Mais ça ne m’empêchait pas d’entendre sa question. Je m’arrêtais, me tournais vers lui et lui accorde un sourire. J’étais surtout en train de taper une pose. « Je suis le grand Lazare Bowman. Pianiste de renom et propriétaire du label Black Hole Corp. Je suis le fils d’Elsa Bowman. Une actrice d’Hollywood. Elle a surtout eu sont quart d’heure de gloire dans les nineties. Mais honnêtement, je ne t’en veux pas si tu ne connais rien à ses œuvres. Même moi je n’allais pas les voir… C’était d’un chiant ! » Je levais les yeux au ciel rien qu’à parler d’elle avant de reprendre. « Et toi? Tu t’appelles comment ? Je ne vais pas t’appeler mon chou toute la vie… Je vais bien devoir te nommer un jour ! » J’attendais sa réponse avant de reprendre mon chemin.

J’étais presque arrivé au bout. Je la voyais, de ses courbes gracieuses et son teint vert duquel on devinait l’or en son fort intérieur. Un grand sourire fendait mon visage. « Vient voir papa, ma chérie ! » Mais j’eu à peine posé la main sur cette dernière au niveau de son col que le corps de la bouteille se mit à éclater en morceau. Le bruit de la détonation aurait pu en réveiller un mort. La pression de la bouteille cumulé avec le temps passé dans des conditions peu propices ont dû fragiliser le verre qui n’attendait qu’un déclencheur pour éclater. Son bouchon étant trop solidement attaché, aucun relâchement de pression ne put se faire par son sommet. Je fus éclabousser de ce fameux breuvage qui dégoulinait à présent sur mes pieds. Je m’étais de nouveau figeais, mon expression se décomposait. Je me retourne vers Will, une larme coulant au coin de l’œil, mon costume suintait l’alcool. Je tenais encore en ma main les vestiges de la bouteille.


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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Mar 16 Jan - 13:47
Les boites de conserve hétéroclites s'empilaient dans les bras du jeune homme sans qu'il ne se sente troublé à l'idée de pouvoir mélanger du foie gras avec de la soupe à la tomate, bien trop heureux d'avoir une occasion de manger quelque chose d'assez copieux et qui ne serait pas encore l'une de ces foutues rations militaires dont il se gavait depuis des semaines. Tellement heureux, en fait, qu'il parvenait même à se détendre réellement et poussa le vice jusqu'à demander son véritable nom à Monsieur Costard, histoire de prétendre un instant qu'il puisse en avoir quelque chose à faire d'un autre être humain que lui-même. Ce à quoi il ne s'attendait pas, en revanche, ce fut d'avoir droit à la biographie complète du type. Pourquoi les gens ne répondaient jamais simplement aux questions qu'on leur posait ? Un travers de l'humanité dont Will savait tirer parti lorsque son intérêt était piqué, mais qui l'agaçait profondément quand il n'arrivait pas à accrocher son esprit aux conversations. Ce qui arrivait très souvent, soyons honnête. Au mois, bien qu'il n'en ait jamais douté, il eut confirmation du narcissisme de son nouvel ami et conserva cette information dans un coin de son crâne tandis qu'il soufflait. « Moi, c'est Will. Juste Will. »

Non, il ne donnerait pas le résumé de sa vie par le menu, il ne donnerait pas d'informations à son sujet qui ne serviraient à rien de plus qu'à le dévoiler trop aux yeux d'un inconnu qu'il ne comptait pas mieux connaître. S'intéresser aux gens était une erreur qu'il avait bien trop souvent commise, la dernière s'étant soldé par un échec douloureux dont il peinait encore à se remettre, pas certain que ce soit possible un jour d'ailleurs. Alors cette fois, monsieur Costard resterait monsieur Costard.

Ils arrivèrent à quelques pas de la bouteille sur laquelle Costard se jeta presque littéralement, sous le regard perplexe du jeune homme qui ne mesurait sans doute pas suffisamment l'intérêt d'une bouteille de champagne bon marché. Pas sa faute si on l'avait élevé avec une petite cuiller en argent dans la bouche, après tout. Il prenait déjà bien assez sur lui de se nourrir des restes laissés par l'humanité, il n'allait pas en plus se mettre à baver devant du champagne de petites gens. De toute façon, le moment d'en arriver là ne se présenta jamais, alors qu'un bruit assez violent éclata dans le silence du magasin, poussant Will à se baisser légèrement comme s'il faisait face à un danger. Quelques boites de conserve tombèrent sur le sol tandis qu'il regardait dans tous les sens. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'ils ne venaient pas de se faire attaquer, mais que la bouteille venait tout bonnement d'exploser sous les doigts du musicien. Et le pauvre semblait prêt à éclater en larmes de voir cela.

Un sourire moqueur s'afficha brièvement sur les lèvres de l'ingénieur et il dut se faire violence pour se contenir de le laisser plus s'exprimer alors qu'il s'approchait de la victime couvert d'alcool. « En voilà une à qui tu as fait de l'effet, mon pote. C'était ta première fois ? » souffla-t-il, sans parvenir à contenir le ton beaucoup trop narquois de sa voix. « Allez, pleure pas, on a encore de quoi manger et il faudrait peut-être penser à s'y mettre si tu ne veux pas que les cadavres ne s'invitent à notre pique-nique. » Se détournant aussi simplement que cela, le jeune homme ramassa les quelques conserves qu'il avait laissé échapper avant d'ajouter : « Pique-nique sur le toit, avec vue imprenable sur les rues de la ville envahies de monstres, ça te tente ? » En tout cas, lui n'ayant pas envie de finir dévorer par les créatures qu'il entendait grogner dangereusement de l'autre côté des portes, ça le tentait bien et il s'empressa de repartir dans les allées pour retrouver l'accès au toit qu'il avait emprunté pour entrer, avant que les assauts répétés des rôdeurs n'aient raison de la porte du magasin.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Ven 2 Fév - 22:23
Shopping with the guuurlzft. Will Burbank

« Attends, je pige pas… Will c’est ton nom? Et Juste ton prénom, c’est ça ? Ou l’inverse ? Tu as voulu te la faire à la James Bond ? » dis-je en m’arrêtant, le temps de comprendre un peu mieux la situation. Bien que ça me rappelle une scène d’un film français que j’ai eu la chance de voir à Paris, je devais m’assurer de ne pas me planter en l’appelant par son prénom. S’il y a bien une chose dont j’ai horreur, c’est qu’on écorche le mien. Mais je reprends mes activités bien assez vite après son explication. J’ai jeté mon dévolu sur cette bouteille de champagne, d’aussi basse qualité soit elle. Mais à peine la saisis-je que cette dernière décidée d’exposer sa péremption d’elle-même, dans une explosion de verre et du faveux liquide dorer. Il ne m’en faut pas plus pour rester figé, tenant ce qu’il reste du contenant dans ma main, et tremblant légèrement.

Je ne parviens à retrouver mes facultés motrices qu’à l’approche de mon camarade, dont la voix a un léger effet rassurant sur moi. Quoique mon oreille encore sifflante ne me permet pas de tout comprendre, je pense en saisir la moitié. Suffisamment pour que ce type me paraisse un peu plus bizarre. Ma réponse se fait par une question que je hurle à moitié, tant ma surdité passagère ne me permets pas de jauger ma propre voix. « Comment ça, c’est un coup de la fée des bottes ? Arrête tes sottises, mon chou ! Les fées n’existent pas ! » Je laisse retomber le morceau de bouteille avec un regret presque palpable. Je me remets à cligner des yeux et glisse mon petit doigt d’en l’oreille afin de dégager le larsen sifflotant qui m’empêche de capter correctement ce que me dit mon interlocuteur.

« Tu as rencontré Dominique au Havre ? Mais… A moins qu’elle ne soit ici, ça n’est pas très utile ! En tout cas, si c’est le cas, dis-lui de se joindre à nous ! On a assez à manger je pense ! Au fait… C’est bien une femme hein ? » Je baille à plusieurs reprises. Suffisamment, en tout cas, pour que mon audition revienne. « Excuse-moi, jeune homme, j’ai beau avoir l’air jeune et plutôt en forme physiquement, mon âge ne mens pas quand un truc m’éclate dans l’oreille. Ça me va ce pique-nique sur le toit ! Mais ne compte pas sur moi pour profiter de la rue. Je me porte bien mieux quand je ne vois pas ces choses pendant mon déjeuner. »

Je fais de la place dans mon caddie de course pour récupérer ce qu’on a pu trouver -enfin surtout lui- et commence à pousser le chariot à roulette en direction de ce que je présume être des escaliers. Je frissonne, lorsque j’entends les morts marteler après la porte. « Eh, dis, elle va tenir, n’est-ce-pas ? Parce que je ne sais pas comment tu es rentré dans le magasin, mais j’ai pas envie d’être piégé sur un toit, avec des immortuae qui intentent à ma vie… Je ne veux pas mourir. Encore moins ici, et maintenant… » Mon costard est bien trop dégueulasse pour que ça soit ma dernière tenue, de toute manière.

Je le suis sagement, jetant des regards frénétiques derrière nous. Je m’aperçois que l’on traverse un rayon animalerie. Ce n’est qu’à moitié étonnant. Les rares bêtes qui sont restées enfermées dans les cages se sont laissé mourir, laissant place à des eaux, ou des momies d’animaux. Je sens que ce repas va être plus difficile que prévu à avaler. Mais je me m’arrête lorsque j’aperçois les cages de trop. Mon teint vire au pâle et je sens une boule au ventre. « Des a… Des araig… Des araignées ! » Ce sont là les derniers mots que je pu dire avant de tomber littéralement dans les pommes, désignant du doigt les cages remplies de mygales, dont certaines n’ont pas été suffisantes pour retenir leurs taulards.


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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Sam 10 Fév - 18:42
Oh mon Dieu... Quelques secondes, Will resta immobile, les yeux grands ouverts posés sur Costard, se demandant sérieusement s'il serait mal venu de sa part de partir en courant avec les boites de conserve et abandonner derrière lui ce mec complètement dingue qui lui était tombé dessus. Ce serait certainement mal vu et ça ne l'aiderait pas à se faire des amis, deux choses dont, très sincèrement, Will se fichait complètement. Il ne bougea pourtant pas, non pas pour éviter de vexer son interlocuteur, mais tout simplement parce qu'il n'y arrivait juste pas. Paralysé par l'effarement, voilà. Peut-être qu'au final, il apprendrait avant la fin de la journée que ce pauvre homme avait échappé à un asile de fou grâce à la fin du monde et qu'il vaquait maintenant à ses délires dans les rues de Détroit. Chacun ses problèmes, après tout. Il fallut tout de même quelques secondes à Will pour retrouver son calme et oser proposer d'aller manger, idée qui le mettait de très bonne humeur, au point de lui faire oublier qu'il se trouvait peut-être en présence d'un malade mental en ce moment même.

Secouant la tête légèrement pour chasser cette pensée alors que Costard acceptait enfin de le suivre pour rejoindre le toit, Will se mit en marche. Malheureusement, il n'eut pas l'occasion de s'approcher réellement de la sortie tant convoitée qu'une nouvelle question de son nouveau meilleur pote ne l'arrêta en pleine course, l'obligeant à poser le regard vers l'entrée du magasin en fronçant les sourcils le temps de mesurer ses mots. « Hum... » Comment lui dire ? Maintenant qu'il se savait en face d'un patient en psychiatrie, Will se sentait un tout petit peu moins à l'aise à l'idée d'être direct. Des fois que monsieur ne sorte une machette de derrière son dos et ne décide de le scalper pour un mot de travers... « Ne t'en fais pas pour ça, l'ami, on pourra sortir, ce ne sont pas quelques cadavres qui vont venir gâcher ma journée. » assura-t-il finalement, tapotant gentiment son arbalète comme pour assurer à l'homme qu'il ferait le nécessaire s'il fallait en arriver là. Aucune chance que ça n'arrive, honnêtement, il préférait encore laisser le pauvre type se pisser dessus et prendre la fuite que de gâcher les quelques carreaux qu'il lui restait. Lui, il pourrait parfaitement sortir d'ici comme il y était entré, si Costard ne se sentait pas de suivre, tant pis pour lui !

Sur cette décision qu'il eut le bon sens de ne pas partager, Will se remit en marche, avisant avec espoir les escaliers qui les mèneraient à l'étage supérieur et qui seraient la première étape vers le toit tant désiré. Il marchait assez vite pour semer rapidement l'homme traînant derrière, mais il eut tout juste posé le pied à la sortie du rayon dans lequel ils se trouvaient que la voix affolée de son compagnon résonna une fois de plus dans le silence. Levant les yeux au ciel, le jeune homme se retourna sans grande envie et chercha de son regard perçant et agacé monsieur casse-pied qu'il retrouva couché au milieu du rayon, blanc comme un linge et l'air parfaitement inconscient. « Putain, c'est une blague... » souffla Will en s'approchant tranquillement. Il s'agenouilla devant le type et, posant une main sur son épaule, le secoua légèrement. « Eh, Costard ? » Aucune réponse, évidemment... « Je rêve... » Un craquement sur sa droite l'informa que la porte ne tiendrait pas beaucoup plus longtemps et arracha un nouveau soupir au jeune homme avant qu'il ne se décide à passer ses mains sous les bras du malade pour le tirer de son mieux sur le sol. Il n'arrivait clairement pas à le soulever, quand bien même Elias s'évertuait à le remplumer depuis des semaines, sa musculature n'avait toujours pas retrouvé sa superbe d’antan. Il eut donc à traîner le type sur quelques mètres puis dans les escaliers, sans faire réellement attention à ce qu'il ne sente rien et parvint, difficilement à le hisser jusqu'en haut de l'échelle d'accès au toit, où il l'abandonna couché sur le béton pour retourner en bas chercher la nourriture. Il venait de perdre un bon quart d'heure pour tout cela et, lorsqu'il retrouva enfin le toit à son tour, les rôdeurs s'étaient complètement infiltrés dans le magasin, les bloquant pour de bon où ils se trouvaient. Jetant un dernier regard à l'évanoui, Will s'installa par terre à quelques mètres de lui et ouvrit une boite de soupe qu'il commença à manger en silence.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Mer 21 Fév - 21:31
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Je n’ose ouvrir les yeux tandis que je reprends peu à peu conscience. Je sens l’air souffler sur mon visage. Aux dernières nouvelles, les climatisations de magasin ne fonctionnent plus. Impossible donc que cela ne vienne de ça. D’autant plus que la brise était assez puissante pour me décoiffer. Que je me remémore mes derniers instants de conscience. J’étais avec un jeune homme et cherchait de la nourriture dans un super-marché. Qu’est-ce-que je fous dehors ? Et qui plus est dans ce monde de mort-vivants ? J’ai l’impression de me réveiller après un bad trip coke/champagne. Oh mais… Et si tout ça n’était qu’un rêve et qu’en fait je n’ai jamais vécu ces deux dernières années ? De joie, pressé de découvrir ma surprise, j’ouvre les yeux en grand. Je suis sur une grande surface presque plane, jonchée de ventilation et autres conduits en tout genre, et entouré d’une bordure. De l’une d’entre elle, je peux apercevoir l’arrière d’une enseigne dépasser. Mais elle a l’air en piteux état. Et le lichen s’est empressé de laisser son empreinte partout.

Je me lève et m’approche du bord et voit en bas une horde de morts. « Oh mon Dieu! J’ai pas rêvé!... » Je tourne mon visage et voit le jeune homme, en train de se repaître de nos trouvailles. Je m’approche de lui. Il était non loin de mon point d’éveil, mais assez pour être dans l’angle mort de ma vision. Je m’assieds à côté de lui et avise la nourriture au sol. « Merci, mon chou. Tu n’aurais pas été là, j’aurai encore été dans de beaux draps on dirait… » Je soupire et attrape un truc, n’importe quoi. Ça ressemble à de la viande séchée. Je le déballe et commence à le ronger en grimaçant. Même après autant d’année, j’arrive à trouver le moyen d’être toujours aussi difficile, à mon grand regret. Mais je ne vais pas gâcher ce repas. Je n’ai rien avalé depuis un bon moment. Et quoiqu’il en soit, ça sera toujours meilleur que ce que peux préparer Dwight, avec ses talents de chasseurs bas de gamme et ses recettes de cuisine dignes d’un élève de cours préparatoires.

J’avise l’air dur du jeune homme. Il doit être plus jeune que moi d’une bonne dizaine d’années, si ce n’est plus. Et pourtant, ses compétences valent trois voire quatre fois les miennes. En tout cas niveau survie. Pas besoin de le voir à l’œuvre pour le savoir. Ceux qui en sont arrivés à ce stade ont forcément appris des choses !... Sauf moi. Silencieusement, je me pose des questions. Pourquoi je n’y arrive pas ? Pourquoi je n’ai pas ce même déclic ? Pourquoi ai-je l’air si fragile ? J’ai bien des réponses mais elles ne me plaisent pas. Je devrais au moins faire semblant, pour ne pas attirer la méfiance de ceux qui me croisent et qui me prennent pour un fou. Mais je ne peux juste pas me contenter de survivre. Je veux vivre. Et même si c’est pour une courte durée, ça me sera satisfaisant. Passer son temps à chercher de la nourriture, à chercher un abri, de l’essence, s’assurer d’avoir les bonnes armes et de protéger ceux qu’on aime… C’est d’un ennui ! C’est clair que ma chance y est pour beaucoup, mais si l’on me prive d’un piano, ou de ma voiture, alors tout ça ne vaut pas la peine.

Et je peux voir à son air qu’il porte sur moi son jugement lui aussi. Je finis ma bouchée de viande séchée et attend avant d’en reprendre une. « Je sais ce que tu te dis, petit : mais comment un clown pareil a-t-il survécu à tout ça ? Eh bien… Je n’aurai jamais pu sans les gens que j’ai croisé. Mais dépendre des autres à toujours été mon quotidien. Clairement. Même quand le monde tournait rond, j’avais besoin d’un guide, même si je refusais de l’admettre. Donc je te suis redevable pour tout ça. Et tout ce que j’ai à te proposer en échange, c’est de faire un tour de voiture. » Je me lève et me dirige vers le rebord du magasin. Je montre du doigt ma chevrolet au loin. « Tu vois ce petit bijou ? C’est à moi. Alors je sais que je ne la prête que très rarement, mais si le cœur t’en dit, et que tu me maintiens en vie assez longtemps pour que je puisse refaire le plein avec le… » je me fige et cherche mon bidon d’essence. « Merde ! Il est où le jerrycan que j’avais tout à l’heure?! »


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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Ven 23 Fév - 11:52
Tandis que Costard restait inconscient, un silence salvateur se réinstallait dans la vie du Will. Du moins, un silence aussi profond qu'il soit possible dans ce monde, le murmure de la horde en bas continuant de s'élever légèrement. Au moins, pour quelques minutes, le jeune homme parvint à se plonger dans ses pensées, tout en avalant sa soupe froide et dont le goût commençait à devenir légèrement acide. Il pensait aux pâtes et à la sauce bolognaise. Le repas qu'Elias lui avait servi le premier soir qu'il avait passé à Fort Hope. Il pensait à l'eau. Le lac éclairé par la lumière de la Lune et la conversation sur l'amour qu'ils avaient eu en observant la surface d'eau lisse. Il pensait à ce sentiment étrange de plénitude qui l'avait traversé en sentant les lèvres du soldat contre les siennes le lendemain après-midi, quelques heures seulement avant qu'il ne gâche tout. À son corps brûlant contre celui de Will et à ses muscles parfaitement dessinés sous ses doigts, aux soupirs de plaisir qu'il laissait s'échapper alors que Will s... Costard rouvrit enfin les yeux, faisant sursauter Will aux prises avec un mélange incongru de désir et de rage. Le jeune homme ne lâcha pas un mot alors que le type se relevait et explorait le toit, fermant les yeux et inspirant profondément dans l'espoir de faire disparaître de son esprit l'image d'Elias. Il fallait qu'il l'oublie définitivement.

Malheureusement, il était trop tard pour chasser la mauvaise humeur, comme le prouva le soupir exaspéré qu'il lâcha quand Costard revint vers lui pour le remercier de l'avoir sauvé. Quelle idée stupide il avait eu là, d'ailleurs... Il le regrettait sincèrement, maintenant qu'il mourrait d'envie d'être seul et de frapper dans quelque chose pour retrouver son calme. Avalant une dernière gorgée de soupe, Will reposa la boite en fer sur le sol sans offrir la moindre réponse à l'homme qui s'installait près de lui pour manger à son tour. Les grognements partout autour détruisaient pour de bon tout espoir de sortir de là rapidement. Et Will n'en pouvait plus. Il sentait son sang bouillir violemment dans ses veines, la colère d'être aussi stupide, aussi faible, l'assaillir complètement. Il attrapa son sac posé sur le sol et l'ouvrit pour trouver une bouteille d'eau, ses doigts se refermant par mégarde sur le tissus brodé de l'omamori qu'il avait volé dans le sac du soldat. Il le garda dans son poing, sans trop savoir pourquoi et s'empara de la bouteille pour avaler une longue gorgée d'eau alors que Costard continuait de l'assaillir de paroles agaçantes. « Dans le rayon où tu t'es écroulé comme une gonzesse pour une raison obscure. » fut la seule réponse qu'il trouva à donner devant l'air paniqué de Costard quand, enfin, monsieur arrêta de parler. Son ton venimeux perçait clairement. Ça l'agaçait profondément qu'Elias ait autant de pouvoir sur lui, mais il n'arrivait pas à se calmer. Et à défaut de pouvoir passer ses nerfs sur le responsable, Lazare allait prendre. « Tu peux toujours retourner le chercher, si tu veux, mais je te préviens d'avance, ce sera sans moi. Je ne suis pas ta baby-sitter et je n'irais pas crever pour un bidon d'essence et un allumé en costard. » reprit-il, mauvais. Oh, il ne l'empêcherait pas le moins du monde de descendre affronter la horde qui se pressait désormais dans le magasin. Chacun sa merde, pas vrai ? Mais lui, il viendrait à bout de cette journée en vie, sans la moindre égratignure et sans avoir perdu un seul carreau d'arbalète. « Je décolle dans cinq minutes, à toi de voir. » Ses doigts jouaient distraitement avec le porte-bonheur, s'acharnant contre le tissus comme il aurait pu étrangler un homme s'il avait eu cela en lui. Il détourna le regard, le posant sur la silhouette de la ville qui s'étendait au-delà du toit, laissant à Lazare tout le luxe de prendre la décision qu'il voulait et attrapa un sachet de bonbons au hasard pour piocher dedans et les avaler rageusement.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Ven 23 Fév - 22:33
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Le ton du jeune homme devient un peu plus agacé. Ça fait tout le temps ça, au bout d’un moment. Les gens ne me supportent plus. Ou au contraire, ils m’adorent. Enfin… m’adoraient. J’ai beaucoup moins de fan parmi les survivants… Je crois que pour une fois, il vaut mieux le mutisme. Je le laisse me rembarrer comme il se doit. Après tout, il a bien le droit d’avoir ses sautes d’humeur. S’il est aussi bien luné qu’une femme réglée, c’est son problème ! De mon côté je n’ai jamais eu de soucis de menstruations. Et le désespoir, je le fuis. Pas de raison d’être aussi lunatique. Mais de ce que je peux en voir, c’est un véritable bouquet de nerf, ce type. C’en serait presque effrayant, si je n’avais pas eu l’habitude de travailler avec des artistes capricieux. Je n’ai pas finis ce que j’ai entamé qu’il me parle de partir. J’avale ma bouchée avec difficulté, tant c’est immonde, et m’essuies le coin des lèvres avant de prendre la parole. « Oh mais je compte bien te suivre ! Enfin… Pas tout le temps non plus ! Je ne suis pas un stalker ! Je veux juste descendre de ce toit pour rechercher de l’essence avant la nuit. Rien de plus. Et comme je pense que tu n’as pas très envie de chercher de l’essence avec moi, je te demande un dernier coup de main pour me montrer la voie ! » Je m’étais levé d’un bon, dés fois qu’il décide de partir sans m’attendre.

L’espace d’un instant je cherche mon bidon, mais me souvient que c’était le sujet de ma remontrance : il est en bas. « En plus, je devrai pouvoir te suivre ! Je suis loin d’être encombré. Bon, on va où ? » Je lui accorde mon plus beau sourire. Faudrait pas qu’il pense que je veuille le nuire non plus. Je n’ai pas envie de tester la capacité de son arbalète. Ce serait idiot qu’elle serve à me sauver pour finir par me tuer.

Je sais que j’ai l’air complétement à la ramasse, mais c’est ainsi. Je n’y peux rien. Et ça doit sans doute l’énerver de voir qu’un incapable comme moi a survécu à tout ça, alors que d’autres, plus compétents, n’ont pas eu cette chance. Au fond de moi, je ne suis pas du genre à m’en vouloir. Je me dis juste que c’est ainsi. Mais pour d’autres, ça peut représenter un véritable affront. Aussi, en m’approchant de la bordure du toit, et regardant la benne encore remplis de déchet en pleine décomposition, j’estime que je dois faire semblant d’être désolé. « Je peux comprendre que tu m’en veuille, jeune homme. Je suis du genre pitoyable comme gars. Le genre de type qui s’extasie encore devant une bouteille de champagne, alors qu’on ne peut plus se permettre ce genre de luxe. Et en prime qui n’a rien fait d’utile pour survivre et dépend des autres. Mais c’est ainsi… C’est pourquoi je te présente mes excuses, Will, sincèrement ! » … Menteur ! « J’imagine que tu as perdu beaucoup et j’en suis navré ! »

Je me tourne de nouveau vers lui et peut clairement voir que je suis soit très loin du compte, soit il m’en veut encore plus. Je grimace. Ok. Je commence à sincèrement flipper. Je me recule un peu. Trop sans doute. Je trébuche sur le petit muret entourant le toit et vacille en arrière, en hurlant. Je m’étale de tout mon corps dans la benne à ordure. Je lâche un gémissement de douleur. Et je n’ai pas à me plaindre. Le dernier rayon a avoir été vidé était celui des fruits et légumes !... Et la poissonnerie on dirait bien aussi… Je me retiens de vomir le bœuf séché que je viens d’avaler tant c’est dégoûtant et que l’odeur est intense. Je m’extirpe de la benne. L’odeur a déjà imprégnée mes vêtements. Je ne retiens pas le bœuf et le recrache par terre.


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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Jeu 1 Mar - 13:39
Juste là, sous la surface, le sang battait à toute vitesse contre sa tempe, emplissant les oreilles de Will du rythme incohérent de son cœur. La colère. Allait-elle le quitter un jour ? Depuis l'instant même où, de sa propre volonté, il avait laissé Fort Hope derrière lui, elle revenait sans arrêt. Et le pauvre type assis devant lui en ce moment ne méritait certainement pas d'en être la victime. Pourtant, après que Will lui ait annoncé de la façon la plus désagréable au monde qu'il ne comptait pas rester là à tailler le bout de gras avec lui plus de cinq minutes supplémentaires, il continuait de sentir la colère pulser dans son corps. Costard lui parlait, ne se démontait pas et c'était insupportable. Will aurait voulu, juste une seconde, voir l'homme perdre son calme et sa bonne humeur pour faire au moins semblant d'être affecté par les paroles assassines de l'ingénieur. Mais rien à faire. Dans un bond, Will se releva finalement et son pied frappa dans la boite de conserve qui contenait autrefois la soupe qu'il venait tout juste d'avaler. Le son du métal rebondissant contre le béton résonna dans le silence relatif des lieux tandis que la boite en fer roulait sur quelques mètres et frappait fortement contre le rebord du toit. Pas très écologique, comme manière de faire et, dans un autre monde, Will n'aurait jamais fait une chose pareille. Mais ce monde n'existait plus, n'est-ce pas ? Il attrapa son sac et l'ouvrit en grand, balançant autant de sachets et de boites de conserve qu'il le pouvait, penché en avant au-dessus de leurs trouvailles, sa mine rageuse refusant de se calmer. En moins de quelques minutes, son sac plein était de nouveau sur son dos, son arbalète dans ses mains et l'omamori relégué au fond de la poche de son jeans comme si ce n'était rien d'important et sans qu'il ne parvienne à s'en éloigner réellement non plus. Et son regard, noir et scrutateur, reposait sagement sur Lazare qui lui présentait maintenant... un genre d'excuse ?

Mais pour qui il se prenait, celui-là ? D'où se permettait-il de juger ce que Will pouvait avoir ou non perdu ? Si un regard avait pu tuer, Lazare serait mort juste là où il se tenait en ce moment, au bord du toit. Beaucoup trop proche du bord, d'ailleurs. La suite arriva beaucoup trop vite pour que Will ait le temps de réaliser. Il n'avait toujours pas dit un mot, mais sa mâchoire serrée se détendit à l'instant où sa bouche s'ouvrit en grand quand il vit Costard basculer en arrière et tendre les bras dans le vide dans l'espoir de se rattraper. Will abandonna sa colère momentanément pour courir vers le bord, son regard suivant la chute vertigineuse de l'autre homme qui s'écroula lamentablement dans une benne à ordure quelques mètres plus bas. Un léger choc s'était emparé du jeune homme, mais lorsqu'il vit l'autre type et son si précieux costume au milieu des ordures, il ne parvint à réprimer un sourire qui se transforma rapidement en rire presque hystérique. Il s'offrit quelques minutes pour se calmer avant de passer l'arbalète dans son dos et d'enfiler ses gants, pour descendre contre la façade du bâtiment et poser les pieds sur le sol à côté de la benne à ordure. L'odeur lui tira une grimace affreuse. « T'es vraiment pas possible toi, tu le sais ça ? » demanda-t-il, un peu plus doux mais toujours incroyablement hautain. « Dépêche-toi de te bouger de là ! » Il attrapa l'homme par le bras et le tira de toutes ses forces pour l'aider à sortir de la poubelle et retrouver la terre ferme. Les grognements dans leur dos ne l'aidaient pas à se détendre et ses yeux entraînés scannèrent rapidement les alentours. Dès qu'il eut l'assurance de trouver un exutoire, la main toujours fermement accrochée au bras de l'autre, il courut à toutes jambes vers le bout de l'allée en traînant Lazare dans son sillon. Il ne s'arrêta pas avant d'avoir la voiture de l'homme dans son champ de vision, quatre ou cinq rôdeurs se tenant entre eux et la Corvette. Son poing fermé sur le tissus de la veste se rouvrit alors qu'il empoignait son arbalète à la place et qu'il la levait devant lui. Les carreaux filèrent à une vitesse impressionnante, tandis qu'un léger sourire satisfait, presque heureux, étira doucement les lèvres du jeune homme. Il visait juste à chaque fois, chaque carreau trouvant exactement la bonne direction, droit dans le crâne des créatures qui furent bientôt toutes couchées au sol. « Ne me remercie pas. » souffla-t-il en se tournant vers Lazare lorsque le dernier cadavre eut touché le bitume. « Mais par contre, tire-toi aussi vite que tu peux et, par pitié, reste loin de moi. » Il frappa dans le dos de l'homme, comme on l'aurait fait avec un ami et lui jeta un dernier regard avant de tourner brusquement les talons et de reprendre la rue dans le sens inverse. Il avait fait sa part, sauver ce type, ce total inconnu, plus d'une fois dans cette seule journée. Avant qu'on ne décide de dire de lui qu'il était finalement un type bien, mieux valait que Will disparaisse.

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MessageSujet: Re: Shopping with the guuurlz [Lazare]   Mar 6 Mar - 22:25
Shopping with the guuurlzft. Will Burbank

Je dois être en plein cauchemar. L’odeur est atroce. J’ouvre les yeux et voit le ciel, encadré par les bordures de la benne et le toit où j’étais un peu plus tôt. Et je vois le jeune homme, penché au-dessus de moi se marrer. Si je ne risquais pas de manger cette peau de banane pourrie en ouvrant la bouche, je l’aurais insulté. Mais mieux vaut ne pas énerver ce petit gars. Il a une grosse arbalète après tout. Je retire la peau alors qu’il lui a fallut peu de temps pour me rejoindre et me dire que je ne suis pas possible. Je ne peux répondre, trop occuper à cracher les morceaux de trucs autour de mes lèvres. Faut pas que ça rentre. Faut pas que ça rentre. FAUT PAS QUE JE BOUFFE CETTE MERDE !

Il me tire en m’ordonnant de me dépêcher. J’entends les grognements et obtempère sans broncher, me mettant à courir comme je sais bien le faire, dépassant même le jeune homme. Ça, courir après avoir flippé, c’est l’histoire de ma vie. On arrive prés de ma voiture. Je retire ma veste que je jette côté passager. Faudra que je la nettoie… La veste ? Non. Ça je vais le brûler ! La voiture, oui ! Je ne vais pas brûler ce bijou. Et le jeune homme se marre limite en tirant ses carreaux. Je profite du temps qu’il m’offre pour chercher un bidon d’essence dans les carcasses de voitures alentours. Je dois être en veine, j’en trouve un au bout de la deuxième. Je m’empresse de le vider dans mon réservoir alors qu’il me demande de ne pas le remercier. Quelle idée. Je suis tombée dans une benne à cause de lui, et je suis poisseux de la tête aux pieds. J’allais le lui dire, mais il ne m’en laisse pas le temps, m’ordonnant de me tirer aussi vite que je le puisse et de rester loin de lui. Ça, oui, je vais clairement le faire !

« Oh que oui ! Je compte bien me tirer pour un bon moment ! Mais tâche de faire attention à toi ! » J’avais dû crier les derniers mots tant il s’était déjà éloigné. Je hausse les épaules et monte dans ma voiture, faisant machine arrière. Je trouverai de l’essence sur la route. Je regarde dans mon rétroviseur et le voit disparaître, occupé à tuer du mort. « T’en fais pas mon grand. On se retrouvera bien assez vite. J’en suis sûr. » Un large sourire fend mon visage. Si je croise autant d’inconnu, ça n’est sans doute pas pour rien. Quelqu’un doit décider de quelques chose pour moi, là-haut.


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Shopping with the guuurlz [Lazare]
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