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 Tears in Heaven

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MessageSujet: Tears in Heaven   Lun 1 Jan - 23:44
Malou s'était sentie soulever, transporter, bringuebaler sur l'épaule du sosie de Nounours puis le rideau noir avait lentement voilé sa vue.
A présent le colosse courait comme un fou au travers des rues et des hordes avec un poids mort dans ses bras; la jeune fille était dans le comas.
Elle ne le vit pas risquer sa vie pour elle et ne put constater à quel point l'homme n'était qu'abnégation, exactement comme Albert, son frère jumeau.

Tout n'était que ténèbres, aucune sensation n'effleurait son corps, elle côtoyait le néant et elle était bien.
Plus une seule larme jamais, pour glisser sur sa joue; plus d'images en son esprit. Exit la sensation de tendresse qui étreignait son cœur quand elle pensait à Lui de même que celle, plus sournoise du terrible manque, ce trou béant, cette solitude sordide à hurler de douleur.
Nul besoin de survivre; ici pas de sang ni de miasmes collés sur les mains, nul mot à laisser franchir au bout des lèvres, pas de froid, pas de chaud ni de faim; rien.
La mort avait enfin daigné étendre le dais des mystères obscurs, la faux allait faire son office, son cœur allait cesser de battre au rythme d'une vie dont elle ne voulait plus un souffle.
Il n'y aurait plus qu'un grand silence ouaté qui ouvrirait ses bras pour l'accueillir dans un sentiment éternel d'amour universel.
Elle partirait tel un petit vaisseau par delà le Stix pour se fondre avec le soleil tout la bas, tout au bout, plus loin encore que la salle des trônes divins; elle s'évaporerait pour se mêler enfin, en une parfaite symbiose avec les particules d'or, d'argent et d'airain de l'Homme de sa Vie.
Puis, une fois ce Grand œuvre accomplit, Tout s'arrêterait là à jamais et pour toujours.

Elle avait dû être déposée sur un brancard ou sur un lit au milieu duquel, raide, d'une pâleur extrême, gisait un petit corps famélique à faire peur, le sien.
L'esprit était absent. Les yeux, enfoncés dans leurs orbites étaient clos et son visage ressemblait presque à un crâne mortuaire.
Y avait-il un pouls pour battre la mesure d'une fin proche sous ces filets de sang ?
Un soupir sortait-il encore de cette bouche exsangue aux lèvres gercées par les privations ?

Combien de temps était-elle restée ainsi ? Les minutes,les heures, les jours s'étaient-ils égrenés comme un épi de blé trop mûr ?

Elle ne le savait pas de même qu'elle ne sentait pas la silhouette affairée qui passait et repassait devant elle.
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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Sam 6 Jan - 22:42



Tears in Heaven
La bouilloire chante son refrain et je me dépêche d’enlever le canard sur le réchaud. Une petite partie de l’eau chaude sera pour le thé, mais la grande partie sera utilisée pour ma salubrité corporelle. Les premières notes de la Sonate au clair de lune enchantent mon ouïe. Que le propriétaire de ce lieu magnifique avait bon gout en matière de musique et surtout d’appareil pour apprécier ces chefs-d’œuvre. Comme de raison, le vieux phonographe n’est pas de la dernière technologie, mais il fonctionne avec régularité digne d’un maestro et surtout sans électricité. Je ne peux m’empêcher de faire mon éternel sourire pince-sans-rire lorsque je songe que les vieux artefacts de nos ancêtres soient encore utilisés par les nouvelles générations, surtout durant ces temps troubles.

Je lève mes mains pour suivre le tempo de la douce mélodie. Un peu comme un chef d’orchestre qui agite sa baguette vers son orchestre pour procurer un orgasme auditif aux spectateurs subjuguer. D’un mouvement souple je prépare la table pour le thé. Je m’avance vers la porte de la maison victorienne tout en prenant soin de claquer avec soin ma canne sur le parquet de bois franc. D’un coup de chiffon j’enlève un peu de poussière sur le manteau du foyer dans ma salle de repos. Être un maniaque de la propreté est devenue une manie pour un chirurgien qui doit opérer dans les meilleures conditions de salubrité qui soit. Mon œil valide, reflet brillant d’acier bleuté bourré d’intelligence, parcoure ma fierté du moment. Celle-ci est remplie de tableaux de maîtres, d’œuvres d’arts et de bouquins que j’ai pu sauvegarder de l’imbécilité des Yankees et de la dévastation causé par ce fléau. Je sais que je dois regarder l’avenir avec un bon œil, j’ose espérer simplement que c’est avec celui que j’ai d’intact que je regarde.

On toque à la porte et comme si l’apocalypse n’était qu’un mythe, j’ouvre le battant après avoir vérifié par le Judas du battant bien évidement. Mon sourire est au beau fixe et mon œil valide étincelle de joie. La montagne ambulante, le géant qui m’a aidé pour mon excentrique visite au musée et qui m'a ramener Heaven, reviens de son expédition. Il est un chouïa protecteur envers moi, mais qui ne rêve pas d’avoir un second beefeater loyal et de surcroit serviable? Bien le bonjour mon cher Robert. Alors vous avez découvert quoi inintéressante aujourd’hui? Pile poil pour le thé mon ami. Je ne suis que flegme et dignité. Mon ton est lent, chantant et des plus apaisants comme tout bon britannique qui se respecte. C’est une de mes habitudes, mais à dix-sept heures c’est l’heure du thé et j’y tiens mordicus. Mais c’est alors que je remarque la forme qu’il tient dans ses bras immenses, disproportionné même. Il me parle de sa voix rustre et rocailleuse. Mais j’ai eu l’honneur, que dis-je le privilège, d’entendre ce géant pousser la chansonnette. Calmez-vous mon cher. Je vais aider votre protégée naturellement. Vous pouvez l’emmener sur le brancard de ma salle de soin je vous prie? Aussi nous devons enlever ses armes et équipements.

Malgré l’urgence de la situation, surtout convaincu par le babillage de la masse de muscle sympathique et les aboiements de son adorable chien qui vient d'arriver du salon où il dormait, je reste de marbre. Je suis un médecin d’expérience et comme tout bon serviteur de Sa Majesté, j’ai du sang-froid à revendre. Robert dépose avec une grande délicatesse mon patient sur le brancard découvert dans une ambulance abandonné. J’aurai jamais cru voir un être aussi imposant être aussi doux pour tout vous avouez. Je n’ai pas le loisir de rajouter la moindre observation que ce cher Bobby disparait pour aller se cacher dans le couloir à proximité. Son berger allemand le suit en agitant la queue. Je devrais l’aider plus tard avec sa piètre estime de soi. Mais avant cette franche discussion, je dois ausculter cette personne qui semble avoir été emmitouflé par une mère protectrice. J’écarte les pans de la couverture. Mademoiselle? Je parle avec une bonne force pour essayer de la sortir des songes de l’inconscience. Une multitude de questions se bouscule en rafales dans mon esprit. Des blessures aux poignets à l’arme blanche fait par qui ou bien tentative de suicide? Comment ce géant fait pour découvrir des patients blessé un peu partout de la sorte? Qui est-elle au juste? Je me secoue la tête pour reprendre le contrôle de la situation et je fais un examen sommaire. Aussi j’ai remarqué le sang sur mon imposant ami.

Heureusement que ma nièce, dernière famille qui me reste dans ce bas monde, passe la tête par la porte entrebâiller. Heaven ma chère! Vous tombez à point si j’ose parler de la sorte. Robert semble bouleverser et surtout j’ai cru remarquer quelques lésions sur les rares endroits que son armure semble ne point protéger outre-mesure. Vous pouvez aller vous enquérir de sa santé ma chère? Elle disparait à la seconde, une inquiétude touchante dans son regard si semblable au mien. Je regarde de nouveau ma rachitique patiente, une adolescente qui semble combattre la mort elle-même. Sa peau trop blanche me murmure un début d’hypothèse que je dois vérifier à l’instant. Je prends son pouls. Bonté divine! Je suis soulager de sentir qu'il est régulier et lent. Mais malheureusement très faible. Après cette examen visuel pour évaluer les dégâts physiques que la condition de survivance doit avoir apporté à la jeune femme blonde, je sens que je vais avoir besoin de sang pour remplacer le fluide vitale que ma chère patiente à perdu.

Au moins à part un signe de malnutrition, assez commun certes pour l'époque que nous vivons, je ne décèle rien d'alarmant de plus. Heureusement en fait. Elle ressemble à une jeune femme que j'ai connue lors de ma période libertine. Ce qu'elle pouvait faire avec sa bouche, n'importe quel anglais de ma connaissance aurait perdu son flegme légitime pour hurler de joie.

Je m’auto-inflige une claque mentale retentissante pour me concentre sur le sujet de mon intervention. Bloody hell! Je respire et j’expire pour me calmer. La musique m'adoucit les nerfs et je redeviens enfin mon même. Mon flegme légendaire et mon stoïque sont revenus au beau fixe et maintenant je redeviens un britannique pur et dur. J’entreprends alors de nettoyer l’épiderme de ma patiente à la débarbouillette et à l’eau tiède. Mademoiselle? Vous m’entendez? Je suis le docteur Alair Wakeman. Vous êtes en sécurité. J'aurai besoin de savoir si vous avez des allégies et votre groupe sanguin. Je lui parle sans arrêt pendant ma séance d’ablution et ensuite en soignant son corps meurtrie. Malheureusement elle semble dans les vapes. Je refais naturellement des pansements propres et des points de sutures digne de ce nom pour soigner les épouvantables enfilades sur ses avant-bras. Au diable les risques comme le disait si bien mon aïeul lors du débarquement de Normandie. Il est revenu de la guerre avec quelques morceaux en moins, mais au moins grâce à ses compétences médicales il a pu ramener bon nombres de maris et de fils à la maison pour l’heure du thé. Bloody hell! Je dois lui faire une transfusion d’urgence. J’avise ma nièce de ma manœuvre somme toute risquée. Je m’installe alors sur la seconde civière avec un calme des plus professionnelles. J’ai déjà fait cet exercice à quelques reprises de par le passer. Étant un donneur universel, je dois être prêt à « remplir » certains blessés dans l’urgence de la situation. Je pourrais avoir l’esprit détourner et songer aux nombre de conquêtes que j’ai fait la piqure de l’amour alors que j’insère l’aiguille papillon dans le bras de la jeune femme. Je lui fais don d’un sourire apaisant et lui murmure quelques mots dont j'utilisais avec mes patients autrefois. Je fais les manœuvres nécessaires faire ce don de vie avec doigté et professionnalisme. Alors mon fluide vitale, riche en histoire et ayant coulé dans les veines de nombreuses générations de gentilshommes, se rue à la rescousse de l’adolescente dans l’espoir de l’arracher aux griffes de la mort.



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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Jeu 11 Jan - 23:57
Durant tout le temps des différents soins prodigués par le docteur, Malou n'avait pas bougé ni même frémit au son de la voix. Allongée ainsi, elle ressemblait à un ressortissant de camps de concentration laissé pour mort sur une paillasse.
Le médecin avait pourtant dû passer un bon moment à suturer les innombrables coupures qu'elle s'était infligée; elle n'y était pas allée de main morte, elle n'avait pas l'habitude de faire les choses à moitié.

Une poche pleine d'hémoglobine rhésus O devait probablement avoir été installé au dessus de sa tête ou sur le côté tandis qu'une aiguille avait été plantée dans la veine radiale superficielle située au pli du coude et retenue par plusieurs tours de sparadrap.
Le liquide vital s'écoulait lentement à présent, pourtant la jeune fille ne réagissait toujours pas.
Elle n'avait reçu aucun choc à la tête pour provoquer ce coma, la seule explication ne pouvait être qu'un taux de sucre anormalement bas; il faut dire qu'elle n'avait pas été raisonnable depuis un moment, sautant les repas comme on joue à saute-mouton, trompant la faim en buvant de l'eau et anesthésiant les douleurs par une hyperactivité pathologique; à présent elle était bonne pour une cure multi vitaminée et autres pour combler les carences !

Il faisait nuit à présent.
Sauf complication la transfusion sanguine devait être terminée depuis longtemps.
Des effluves de repas avait peut-être légèrement envahi la pièce où elle gisait mais n'avaient pas titillé son odorat.
La salle devait baigner dans le silence à moins qu'au contraire, l'homme à son chevet ait fini par s'inquiéter d'une perte de conscience aussi longue et était-il en train de fureter dans son matériel à la recherche d'un autre soin.
Malou n'en savait rien. Elle était dans un trou noir et l'éternité pouvait passer ainsi à présent, elle n'en avait cure.

Les aiguilles d'une montre ou d'une pendule quelconque continuaient leur course invariable puis le soleil suivant la même cadence s'était levé.
Etait-ce le chant des oiseaux ou celui de l'eau qui bout qui sortit l'adolescente de sa torpeur ?
Ses yeux étaient toujours fermés mais elle entendait des bruits confus, peut-être même des voix; où était-elle ? Était-elle morte ou vivante ?
Une angoisse et une confusion totale envahit soudain son corps et son cerveau. Ses yeux s'ouvrirent d'un coup, élargis par la peur tandis qu'elle haletait d'anxiété.
"Où suis-je enfermée ?" Aurait-elle voulu crier mais aucun son ne sortait de sa gorge hormis des espèces de gémissements.

Tout à coup, comme prise de folie, elle tenta de s'extirper du drap qui la couvrait comme s'il était en feu.
Je suis enfermée, délivrez-moi ! Essaya t-elle de crier. Je ne veux pas être ici...
A bout de souffle, son corps sans force retomba sur le matelas mais la terreur et la colère étaient toujours présentes dans son regard qui devenait perçant.
Elle continuait de maugréer des choses à mi chemin entre réalité et délire, fixant de tant à autres le médecin qui se penchait sur elle.
Elle était réveillée.

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Mar 16 Jan - 18:37



Tears in Heaven
Je m’installe dans mon fauteuil à haut dossier plus que confortable avec une dignité que seuls les fidèles serviteurs de Sa Majesté ont le privilège d’acquérir. Les coudes surs les bras de ce meuble qui témoigne du bon goût de l’ancien propriétaire en matière de confort, la tasse de thé contenant le breuvage divin près de mes lèvres, je suis paré pour faire la veille de ma patiente. Je bois une gorgée de paradis fumant et réconfortant et je ferme mon œil valide pour en savourer l’agréable descente. Je me demande sincèrement ce qui a pu arriver à mon cher beefeater pour le plonger dans le plus profond des désarrois. Ces derniers temps il semblait de plus en plus émerger de sa coquille, de sourire et de faire mille risettes au petit Daniel. Au loin une douce odeur de ragoût, le mets le plus simpliste et nourrissant durant cette épopée apocalyptique, mijotait à feu doux au-dessus du foyer. Je ne sais pas de qui, Robert ou Heaven, avait décidé de produire cette pitance, mais je serais son éternel débiteur. Donner du sang bras à bras a miné mes énergies à la même cadence de l’arrivée des blessés à l’urgence d’une rixe de pub lors d’un match de Manchester United. Je lis alors un bouquin pour me changer quelque peu les idées et à mon grand dam c’est le recueil sur la Mythologie Grec. Comble de l’ironie, quitte à me tourner le fer chaud dans la plie que le départ d’une certaine demoiselle a causé à mon cœur défendant, la page qui se présente à mon œil bleuté d’acier est la déesse Artemis. Je dépose ma tasse sur la table basse à proximité et je soupire de lassitude. Cette jeunesse galopante qui se rue partout va avoir ma peau de dinosaure paternaliste un de ses jours. À la place du croquis de la déesse, je ne vois que le sourire et les traits sublimes de Billie. Je ne pensais jamais l’avouer, mais le texane me manque tellement que je pourrais sacrifier mon allégeance à l’Union Jack et détruire mes réserves de thé si ça me permettrait de pouvoir de nouveau discuter avec elle. Une nuit entière que je sommeille en réalité et songe, où la jeune femme qui a su me faire sourire et blaguer comme durant ma prime jeunesse me visite. Je me réveille à l’aube et je vais prendre les signes vitaux de ma rachitique patiente. J’ai dû la perfuser, lui envoyer des vitamines et un soluté pour essayer de la trainer vers le monde des vivants. À ma grande horreur je n’ai pas eu de nouvelle de ma nièce ni de Robert et je suis passablement inquiet. Alors ma question de la veille refait surface. Bloody Hell que diable s’est-il passé à l’extérieur des murs de ma clinique?

La clef de mon interrogation du moment semble commencer à se débattre, reprendre connaissance. Cette adolescente semble s’accrocher à la vie autant qu’un irlandais à son whisky ou un américain à son triple cheeseburger avec bacon. Elle semble vouloir quitter la couche et ce n’est pas une option digne de ce nom. Je dépose fermement mes mains sur ses épaules pour la clouer au lit. Elle est tellement faible que je crois que j’aurai placé un Almanach sur ventre et elle aurait immobilisé pour le compte. Bonté divine si un regard aurait pu tuer je serais en train de galopé sur les Champs Élysée en ce moment. Elle grogne, crache comme un chat de gouttière famélique qui essaie d’intimider un bouledogue anglais impassible. Maintenant on se calme mademoiselle! Mon ton est apaisant, fluide et digne comme un présentateur de nouvelles à la BBC. Vous êtes en sécurité. Je suis le docteur Alair Wakeman et vous êtes à ma clinique pour soigner une perte de conscience et des multiples lacérations au niveau des avant-bras. Je ne laisse paraître que flegme et stoïque comme l’exige mon digne héritage.

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Mer 17 Jan - 20:35
L'homme l'avait plaquée doucement sur le lit et lui parlait de manière réconfortante.
Un à un, les mots se firent une place dans son esprit embrumé jusqu'à devenir des phrases à peu près compréhensibles mais ce n'était pas ce qui faisait réagir le plus la jeune fille à bout de force.
Elle examinait à présent ce visage vieux mais pas trop moche si l'on exemptait l'oeil crevé.
Avec l'air qu'il avait, à tous les coups c'était lui le toubib de ces lieux et il allait dans quelques secondes s'enorgueillir de lui avoir sauvé la vie ! Quand elle irait mieux elle aurait une petite conversation avec ce gus sur le sujet mais pour l'instant, ce qui la titillait était son accent. Il n'était pas Américain, c'était certain ni même Australien comme le Bon Docteur de la ferme; en fait il parlait un peu comme le nain qu'elle avait croisé un soir dans une avenue de Detroit et elle voulu en avoir le cœur net.
Vous êtes Ecossais ? Demanda t-elle dans un souffle avant de laisser errer son regard dans la pièce tandis que le médecin répondait.

Le lieu était à mi-chemin entre une chambre d'hôpital et un intérieur d'habitation; elle était confortable et propre, ce qui était rare, surtout avec les conditions dans laquelle elle vivait habituellement.
Elle ferma les yeux un instant, tant par fatigue que parce qu'elle cherchait à se raccrocher à un souvenir, celui qui précisément, l'avait amené ici.
La mémoire était encore incertaine; pour l'instant elle ne voyait que Nounours et de cela elle l'avait l'habitude. Un film intérieur se déroula, toujours le même lui aussi.
La ferme à demi consumée, la porte d'entrée claquant au gré du vent, le silence parfois ponctué par le croassement de corbeaux égarés dans le ciel et elle, seule au milieu du marasme.
Tout à coup, un flash éclaira son cerveau et elle tressaillit en regardant d'un air effaré les quatre coins de la chambre.
Le frère jumeau... Balbutia t-elle.

Comme pour l'appeler à son secours, elle fixa Alair avec de grands yeux tristes puis finit par articuler difficilement:
je voulais mourir, pourquoi m'avez-vous soigner ? Je voulais quitter ce monde; vous auriez dû respecter ma volonté.
Evidemment l'homme allait raconter n'importe quoi, prétextant l'obligation professionnelle, lui laissant croire qu'une vie ne vaut rien mais que rien ne vaut la vie et tout le toutim sans se soucier un instant de ce qu'elle pouvait ressentir quand elle se posait la question: « que vais-je faire maintenant dans ce monde où tout ou presque est déjà mort ? Comment et où trouver une raison de survivre encore et encore sans Lui ? Quel est l'intérêt de fouiller quotidiennement des maisons en quête de nourriture et d'achever des mangeurs d'hommes toujours plus nombreux ? »

Après un moment de silence, elle reprit encore la parole pour demander:
Robert n'est pas là ?
Puis, se disant que le docteur n'était peut-être pas censé connaître l'individu elle précisa :
l'homme qui m'a amené ici... Il n'est plus là ?

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Jeu 25 Jan - 13:54



Tears in Heaven
Des grands yeux me fixent sans me voir alors que j’essaie de résonner ma jeune patiente. Je dois ressembler à pirate dans son imaginaire, comme quelques Yankees ont pu me faire cette remarque qu’ils croyaient fortement comiques. Poliment j’avais ri, les cataloguant dans la liste des petits finauds que même les évidences les plus frappantes seront dites à hautes voix alors que tous pouvaient le deviner. Alors à mon grand étonnement la lucidité de l’adolescente reprit le dessus. Je lui fais don d’un sourire apaisant et remplis de sollicitude. Alors une petite voix cassé par la fatigue posa une première question qui me laissa ma foi perplexe. À savoir si j’étais Écossais. Habituellement les gens sous le choc demandent où ils sont, ce qui s’est passé. C’est bien la première fois que ma nationalité bien aimée est le premier soucis d’un de mes patients.

Il fallait bien que la fin du monde soit à nos portes pour je sois témoin de cet interrogation. J’aillais lui faire rectifier le tir, mais à son regard elle semblait avoir replonger dans un douloureux souvenir. Soulevant mes épaules dans un signe de dépit, ne voulant pas la déranger dans son introspection, je me prépare à me diriger de nouveau vers ma bouilloire sifflant un air de sirène que je ne peux ignorer. Le thé est ma marotte et une habitude ancré au plus profond de mes valeurs ancestrales. Mais de nouveau la voix cassé de la jeune femme et son regard de chien battu me fait arrêter dans ma progression vers mon addiction. Je soulève un sourcil broussailleux poivre et sel et je ne peux que remercier mon éducation strict et charmante à cet instant. Bien des gens auraient proférer que c’était de folie de s’enlever la vie, que c’était leur vocation ou bien l’allégeance prête au serment d’Hippocrate. Je me rassis alors en restant de marbre, stoïque et débordant de flegme comme tout bon serviteur de Sa Majesté se doit de posséder. J’ancre mon œil valide serin et calme à celui de ma patiente et je lui répond. Je vous prie de m’excuser de vous avoir soigner et de commettre la folie de vous donner de mon hémoglobine pour vous permettre de rester parmi nous. La prochaine fois je vous prie d’avoir une décharge m’attestant que je dois vous laisser vous vider de votre sang sur le plancher et ensuite me faire part de vos dernières volontés. Je ne veux que la faire réfléchir à sa déclaration saugrenue. Mon ton ressemble à un présentateur de la BBC et je croise mes mains derrière mon dos dans une posture noble et digne. Mais avant de continuer sur cette voie vertigineuse, j’aimerais savoir le pourquoi de votre geste et naturellement votre opinion sur le sujet. Je fis alors un sourire rassurant et surtout apaisant. Des fois parler fait un bien énorme. Et pour répondre à votre première interrogation je suis Britannique.

Je m’assoie dans mon fauteuil qui est situer près de sa couche et en l’écoutant me parler je vérifie son pouls. Je ne peux que rajouter une observation des plus judicieuses. Vous savez je n’ai qu’était qu’un instrument pour vous maintenir en vie. Votre volonté à décider que vous allez survivre. Au cours de ma longue carrière j’ai vu bien des blessés ayant toutes les chances de guérison baisser les bras et laisser la mort les emporter. Je prends une pause et je continue sur ma lancée. D’autre que les pronostics n’auguraient rien de bon ont su faire face à l’adversité et se remettre à jouir de la vie. Quand elle me parle de mon beefeater attitré je soulève les sourcils de manière inquisitrice. Il est retiré dans ses appartements au sous-sol. Il était totalement paniquer quand il vous a emmener dans ma clinique et il est venu rendre de vos nouvelles avec la régularité d’un métronome. Je tends la main vers ma bouilloire. Pour votre gouverne il a été blessés à plusieurs reprises durant votre sauvetage par les griffes de ces vermines putrides. Je lui fait don d’un sourire avenant et remplit d’une douceur sincère. Voulez-vous manger ou boire un peu? Pendant que je vous prépare votre désir, vous pouvez me dire exactement ce qu’il s’est passé pour vous plonger dans le trouble tous les deux à ce point?

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Sam 27 Jan - 23:25
Comme elle s'en était doutée, le médecin usa d'arguments débiles pour excuser son geste de sauvetage qui n'était rien de plus qu'une déformation professionnelle de vieux croulant.
Elle aurait bien aimé lui dire cela en face mais elle n'en avait pas la force et surtout elle s'en fichait comme elle se foutait royalement du lieu où elle avait bien pu atterrir. De toutes façons, elle n'était pas à Tombouctou, cela se serait vu.

Tandis que le doc faisait son laïus sur la capacité de s'en sortir, l'instinct de survie profondément ancré et sur la résilience dont elle pourrait être capable à terme, son esprit était reparti vagabonder.
Pourtant elle aurait aimé porter une oreille attentive à l'homme qui parlait pour le simple plaisir de le contredire ou le contrarier mais quelque chose dans cette maison, de particulier et qu'elle n'arrivait pas cerner avait fait que toute son énergie s'était à nouveau concentrée sur un unique souvenir: la ferme dans les montagnes.

L'image était très nette, c'était l'hiver et il devait être aux alentours de 17h00, moment sacré entre tous du « Bon Docteur Australien » qui vénérait le tea time Britannique et ne l'aurait manqué pour rien au monde.
Tous était là pour le rituel.
Nounours s'était écroulé dans son vieux fauteuil défoncé, elle s'était assise sur ses genoux; Josh et Charly s'étaient installé sur un canapé trouvé au hasard d'une fouille, le chien était allongé devant le poêle où brûlait un bon feu tandis que le vieillard posait tasses, cuillers et sucre sur la table.
Les discussions n'étaient que des murmures tant par fatigue que par l'attente du breuvage oscillant au palais entre douceur et astringence qui allait flatter leurs gosiers en ondes brûlantes et réconfortantes parfois accompagné de petits gâteaux quand les quêtes en ville avaient été fructueuses.
Tous écoutaient vaguement le doux murmure de la bouillotte posée sur le feu attendant presque avec impatience le sifflement.
Enfin il était là le bruit sublime, chantant joyeusement comme un petit train entrant en gare. Tous les corps se redressaient et tous les yeux étaient braqués sur la tasse encore vide.
Elle se levait et allait prendre dans le sucrier trois morceaux au grand dam du bon docteur qui criait à l'hérésie tandis que Nounours répondait benoîtement: « bah, si elle aime ça... »
Et oui, même dans ses pire moments de crises d'anorexie elle avait toujours adoré boire du thé fortement sucré.
Il fallait attendre encore un peu; les feuilles séchées devaient avoir macéré juste le temps qu'il fallait pour qu'elles libèrent tout leur arôme en évitant l'âcreté.
La bouilloire sifflait... Jamais le Bon Docteur ne l'avait laissé siffler si furieusement, ses oreilles ne l'auraient pas supporter car alors l'eau aurait été trop chaude pour l'alchimie de l'élixir...

Les yeux de la jeune fille redevinrent tout à coup fixes et attentif: c'était ici-même que la bouilloire se fâchait d'être ainsi abandonnée ! Et tandis que l'homme lui donnait des nouvelles de Robert, elle dit d'une voix entrecoupée de sanglots:
votre bouilloire docteur... Si vous la laissez se fâcher votre thé sera moins bon...
Elle laissa le médecin officier avant de répondre à sa proposition:
oui, j'en veux bien une tasse... Avec trois sucres.
La gorge de Malou était serrée, elle ne pourrait peut-être pas raconter son histoire, pourtant il le fallait; quelque chose lui disait qu'elle ne reverrait pas le géant de sitôt et qu'il fallait déposer les informations qu'elle détenait dans une oreille empathique avant qu'elle-même ne reparte au Diable Vauvert.

Elle attendit que le toubib la serve, se redressa sur son lit, attrapa la tasse par l'anse afin de ne pas se brûler les doigts et posa son regard sur la couleur d'ambre fumante tandis que ses narines palpitaient de délice en sentant l'odeur suave qui s'émanait.
Les réminiscences affluaient de nouveau comme sous une lumière crue, violente et de grosses larmes se mirent à couler sur ses joues.
Elle trempa les lèvres dans le liquide sacré et ferma les yeux de douleur et de jouissance mêlées.
Darjeeling... Murmura t-elle.
Ce doit être un darjeeling mais je peux me tromper, cela fait si longtemps...

Quand elle eut vidé la tasse elle se détendit légèrement et raconta:
je ne me souviens plus trop où est né l'homme dont je vais vous parler; la seule chose que je sais c'est qu'il n'a pas été élevé par sa mère mais par une tante à Seattle qui n'était pas toujours gentille avec lui puisqu'elle lui interdisait de dormir dans un lit.
Pour cette femme, sa place était au sol, sur une paillasse, juste parce qu'il était différent des autres et pourtant...

Un léger silence s'installa. Elle avait besoin de le revoir mentalement avant de continuer.
Il était beau, il était grand, il était gentil, c'était un poète et un guerrier. Il était mon Dieu, mon Héro, mon Géant, mon Nounours... c'était mon amoureux et il s'appelait Albert; Albi pour les intimes.
Albert Smith...

Elle laissa un temps afin que le docteur entende bien ce nom et poursuivit:
Il est mort... Il y a presque deux ans maintenant. La ferme où on habitait et qui appartenait à un vieux docteur Australien qui adorait le thé comme vous a dû être attaquée et je n'ai retrouvé aucun de ceux qui habitaient avec nous.
Une tombe a été creusée pour mon Adoré derrière le petit chalet qui lui appartenait; c'est tout ce qui reste de lui.

J'ai désiré me tuer mais déjà à l'époque la mort n'a pas voulu de moi alors je suis partie. J'ai fui les montagnes pour me retrouver ici à Detroit.
Elle baissa la tête et souffla:
Il appelait tout ceux qu'il aimait ses « Anges » et moi, j'étais son Chaton...

Elle repartit quelques instants dans les nuages puis continua:
Robert Smith, celui que vous connaissez est en tous points pareil. Seules les cicatrices du visage les différencient, elle ne sont placées aux mêmes endroits.
Albert Smith était le frère jumeau de votre Robert. Alby n'en a jamais rien su mais Robert, lui, le sait à présent car nous nous sommes rencontré dans la rue pas loin de la bibliothèque.
Le voir m'a fait un choc terrible; j'ai cru que...

Elle ne poursuivit pas sa phrase. D'ailleurs le docteur avait dû comprendre l'effroyable situation.
Si vous voulez voir le visage d'Albert et comparer, fouillez dans mon sac à dos, vous y trouverez un carnet de croquis; j'ai dessiné son portrait; c'est pour Robert, en souvenir.

Elle avait encore plein de choses à raconter, mille et unes anecdotes, des centaines d'aventures mais elle fatiguait à présent.

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Sam 17 Fév - 17:20



Tears in Heaven
Je commence alors le rituel de la préparation du thé. Mais contrairement à mes habitudes sacrées, je suis légèrement déconcentrer. Je me doute que ma chère nièce doit avoir maille à partir avec notre géant bouleversé. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais c’est une certitude que je vais apprendre le comment du pourquoi. Quitte à mettre le couvre-chef de Sherlock Holmes et laisser parler ma rationalité toute britannique. Mais la petite voix brisée par des sanglots de ma patiente me fait tirer l’oreille et me ramène brusquement à mes occupations. Je ferme rapidement l’arrivée de gaz et lève mon canard de fer blanc du rond. Je soulève la valve de vapeur et je soupir de soulagement. Bloody Hell! Vous pouvez-vous vanter d’avoir sauvé le thé d’un britannique ma chère. Je ne vais plus jamais me faire jouer de tour de la sorte à l’avenir. Je soulève un sourcil inquisiteur et une lueur d’espièglerie de bon enfant. Je vois que vous êtes audacieuse de prendre votre thé sucré! Bon nombre d’Anglais de ma connaissance crieront à l’outrage d’entendre votre souhait. Un sourire pince-sans-rire se déposa alors sur mes lèvres. Heureusement que je suis à moitié Yankee ma chère et que je suis un parangon d’ouverture d’esprit. J’emmène le plateau pour lui permettre de choisir avec la pincette argentée les carré de sucres et je prends un petit verseau en porcelaine. Un nuage de lait pour accompagner votre breuvage au goût divin?

De nouveau elle me surprend avec une connaissance que peu de Yankee connaît. Que voulez-vous, un peuple qui déguste de la restauration rapide et écoute des émissions de téléréalité insipide n’est peu enclin à élargir leurs horizons académiques. Avec le flegme, le panache et le stoïque qui caractéristique si bien un fidèle serviteur de Sa majesté je bois une gorgée de mon exquis breuvage. Ma voix est tel un présentateur de la BBC, calme, posé et surtout un embellissement chanté des mots. Vous avez parfaitement raison ma chère. C’est bien un Darjeeling indien à l'arôme léger et délicat que vous savourez à l’instant. Je hoche ma tête en signe de connaisseur. Je bois mon thé de manière plus corsé, mais la majorité des gens préfère le thé délicat. Et c’est alors qu’elle commença à me narra une histoire, un épisode de son existence. Je cache parfaitement mon jeu, le stoïque Anglais à son apogée, mais intérieurement je suis captivé et avide de révélations croustillantes. Albert Smith. Il ne faut guère de temps que je comprenne que cet individu est parenté à notre géant qui semblait sous le choc d’une terrible révélation. Mais la suite me scie littéralement en deux si j’ose m’exprimer de la sorte. Mais l’apothéose pour un vieux dandy comme moi est la vérité qu’elle me sert avec une touche de douleur. Robert et cet Alfred était des jumeaux. Et identique selon ma patiente. Elle m’invite à regarder le dessin et je ne me fais guère prier. J’écartèle mon œil valide de surprise devant la finesse de ce trait de crayon et de l’exactitude de la ressemblance avec mon beefeater attitrer. Maintenant je comprends parfaitement leurs réactions et je ne peux que prodiguer une sollicitude et une présence apaisante pour la jeune adolescente rachitique alité.

Sincèrement je crois qu’il sera touché si c’est vous qui lui offrez cette esquisse magnifique ma chère. Je ne suis que flegme et stoïque comme l’exige mon héritage et mon éducation de gentilhomme. Je ne peux qu’être peiner et vous offrir mes sympathies pour l’être que vous aimez. Une perte si cruelle est toujours difficile à surmonter. Je songe à cet instant à une jeune femme que j’ai perdu de vue, une beauté rebelle qui a su ravir mon vieux cœur de britannique qui s’était fait une raison d’être un vieux garçon. Mais heureusement, ou malheureusement selon le cas de l’angle personnel ou bien de la société que nous plaçons, l’âge est un fossé insurmontable à remplir. Je dispose de nos tasses désormais vide de leurs contenu et je tends la feuille de papier à sa légitime propriétaire. Si je peux me permettre de faire cette suggestion, vous êtes les deux en liens avec Alfred. Vous pourrez franchir ce deuil ensemble. Je me redresse soudainement et sur mon visage stoïque on peut discerner les frasques d'une brillante idée. D’un coup de pied j’enlève le mécanisme de de stationnement de la civière. Tenez-vous bien mademoiselle, je vous emmène dans mon étude personnelle. Je crois que votre âme d’artiste va apprécier d’être dans ce lieu d’éveil spirituel.

Quelques pas nous séparent de cette salle où sont exposés les trésors d’arts et de connaissances que j’ai pu arracher à la folie des hommes. Des tableaux hors de prix ornent les murs, deux immenses bibliothèques croulent sous le poids d’innombrables bouquins, des sculptures complètent ce lieu où je me recentre avec l’univers. Je lui fais don d’un sourire pince-sans-rire et sans un mot je me dirige vers le vieux gramophone pour choisir un disque d‘un des grand maître de la musique classique. Bienvenu dans mon étude jeune femme. J’espère que vous allez vous reposer autant l’esprit que le corps. Si vous désirez un livre, du papier pour dessiner ou bien une musique en particulier juste à le réclamer. J’ose espérer que vous allez bien récupérer de vos blessures et que vous allez parler avec Robert pour mettre les choses au clair. Ne laisser pas un froid s’installer alors que vous avez tant à gagner.

Voici les toiles et la clinique dans son ensemble!


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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   Ven 23 Fév - 0:00
Le docteur Australien de la ferme disait comme vous pour les trois sucres dans le thé !
S'était exclamé la jeune fille tout en repoussant avec un visage horrifié la proposition de lait, cette chose infecte, dans sa tasse de darjeeling puis l'homme avait regardé le portrait d'Albert tandis que son œil unique semblait apprécier la qualité du croquis.
Malou était fière; elle avait la sensation de ne savoir faire que cela de bien dans ce monde où tuer était devenu monnaie courante.
Si tout était resté comme avant, j'aurais aimé être artiste... Murmura t-elle avec une grosse pointe de nostalgie, à la place je suis obligée de passer ma vie à massacrer des immondices mortes et puantes qui marchent encore et qui dévorent tout sur leur passage.
Elle avait dit cette dernière phrase en regardant le visage de son aimé à jamais fixé sur une feuille de papier.
Ils m'ont tout pris, insista t-elle; je ne leur pardonnerai jamais. Albert était l'homme le plus merveilleux que j'ai jamais connu et en plus il était poète; ma vie est gâchée à présent, c'est pour cela que je voulais mourir.

Le docteur lui parlait gentiment et surtout il était calme ce qui incitait la jeune fille à lui faire confiance et à lui parler de choses qu'elle n'aurait dites à personne aussi, quand il laissa entendre qu'elle pourrait offrir le dessin à Robert, sous entendu de visu, elle secoua la tête négativement et répondit:
non, je ne pourrai pas, pas encore; il lui ressemble trop.
Quand je le regarde j'ai l'impression de voir Albi tout en sachant que ce n'est pas lui. Alors, dans mon esprit il n'y a plus que la tombe de l'Homme de ma Vie et c'est insupportable.

Elle laissa un temps et conclut:
vous lui donnerez vous-même et vous lui direz de ma part que quand il se sent laid, stupide ou inutile, en plus de se faire du mal c'est la mémoire de son frère qu'il salit, qu'il insulte. J'espère que cela l'aidera à s'aimer enfin.
Moi, je vais rester quelques jours chez vous mais dès que j'irai mieux je repartirai pour tuer encore et encore les morts vivants jusqu'à mon dernier souffle pour venger mon amoureux, c'est la seule chose qui me reste; je n'aurai jamais envie de faire le deuil comme dites, je veux garder Nounours vivant pour toujours même si cela me fait mal.

Comme elle restait songeuse, presque prostrée devant l'esquisse, le docteur avait ôter le frein de son lit médicalisé et pour l'emmener dans un endroit étrange.
Ayant peu de culture, elle ne savait pas trop ce que pouvait être un lieu d'éveil spirituel mais elle se laissa diriger plus par fatigue que par acceptation.
Quand elle arriva dans le bureau personnel de l'homme, elle ouvrit de grands yeux étonnés, non à la vue des livres qui ne l'intéressaient pas trop puisqu'il n'y avait ni BD ni mangas mais bien plutôt à la vue des œuvres d'art.
En premier elle regarda les tableaux.
Elle adorait le couple de petites jeunes filles assises dans l'herbe et passa un long moment à étudier chaque détail. Elle passa rapidement les toiles de saints qui ne l'intéressait pas et tomba sous le charme du portrait de l'homme avec un chapeau de paille.
Elle ne connaissait pas l'impressionnisme et était estomaquée de voir qu'il était possible de peindre à petits traits ou petites touches.
Je n'aurais jamais pensé à faire comme cela... Murmura t-elle comme à elle-même avant de s'amuser à s'approcher puis se reculer.
C'est drôle ! S'exclama t-elle, quand je suis tout prêt ça fait flou et quand je m'éloigne c'est tout net !
Devant ce chef d'oeuvre, Malou ressemblait à un petit enfant qui se découvre pour la première fois dans un miroir puis, d'un coup, elle baissa les yeux et annonça:
ça sert à quoi de me montrer tout ça ? Dans ce monde pourri je ne pourrai jamais apprendre à peindre, il n'y a même plus de couleurs nulle part !
Elle admira les sculptures, s'enhardit à en toucher une du bout des doigts avant de répondre à la proposition du docteur:
oui, dit-elle, j'aimerais bien écouter de la musique. Vous avez Eminem ? Ou alors Kanye West ? C'est mes préférés !
Par contre, elle refusa de dessiner annonçant qu'elle était exténuée de même qu'elle resta totalement fermée à l'idée de parler avec Robert.

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MessageSujet: Re: Tears in Heaven   
 
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