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 Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.

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MessageSujet: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Ven 5 Jan 2018 - 14:55


Dernière édition par Astoria Blake le Dim 7 Jan 2018 - 15:46, édité 1 fois
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Grab a hold of my hand
N.I.H Virology center - Septembre 2016



Les mois s'écoulaient lentement. L'été laissait progressivement place à l'automne. Voilà très exactement deux ans que tout avait commencé. Deux ans qu'elle était venue à Detroit avec l'équipe de baseball de son lycée et le groupe de cheerleaders qu'elle dirigeait alors. Depuis, les choses n'avaient été qu'une succession ininterrompue d'épreuves et de pertes, toutes plus douloureuses les unes que les autres. La route avait été longue avant de pouvoir trouver un refuge fiable et sûr, dans lequel elle se sentirait, si ce n'était bien, au moins tranquille. Les anciens locaux du N.I.H et le groupe qui s'y était installé faisaient à présent partie de sa vie. Pour autant, elle ne les considérait pas comme une nouvelle famille. Ils étaient des compagnons de route, avec qui elle écrivait quelques pages de sa vie. Sa véritable famille n'était plus de ce monde.

Astoria respectait les règles qui lui étaient imposées pour la simple raison que de son obtempération dépendait sa survie. Elle n'aimait pas plus sa vie au N.I.H Virology center qu'ailleurs, mais au moins on la laissait tranquille, elle pouvait mener une vie plus ou moins calme, plus ou moins normale, dans la limite du possible. Mais elle savait qu'elle ne pourrait jamais plus retrouver ce qu'elle avait avant l'épidémie. Ses petites querelles d'adolescente et ses différents déboires la rendaient nostalgique à chaque fois qu'elle se permettait d'y penser, et un sourire triste naissait sur ses lèvres dès qu'elle se remémorait ces différents souvenirs. Même Brenda Nicholson, sa grande rivale et ennemie revendiquée, lui manquait. S'il lui avait été possible de faire marche arrière, elle l'aurait fait sans hésiter. Elle avait eu beau se plaindre, encore et encore, d'avoir dû déménager pour Grand Rapids, d'avoir été ajoutée à une famille qui n'était pas tout à fait la sienne, d'avoir dû cohabiter avec un garçon qui n'avait jamais été et ne serait jamais son frère, mais à présent elle réalisait à quel point elle avait été stupide. Tout cela lui manquait. Et certains détails plus que d'autres.

Si elle se demandait parfois si ses parents étaient toujours en vie, c'était véritablement vers Harvey que ses pensées se portaient le plus. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était au moment où les bombes au napalm avaient explosé dans Detroit, lorsqu'elle s'était retrouvée toute seule. Astoria le revoyait courir à en perdre haleine, tout devant, avec Kenji Yamamoto à côté de lui. Harvey était rapide, beaucoup trop pour elle. Et elle s'était retrouvée loin derrière lui, peinant à tenir la distance. Sa chute marqua leur séparation définitive, alors que le jeune homme disparaissait au loin. Elle lui en avait voulu longtemps, alors qu'elle ne comprenait pas pourquoi il l'avait abandonnée. Et puis vint ce jour de novembre 2015 où elle prit conscience que le jeune homme avait fait absolument tout ce qu'il pouvait pour la retrouver, allant jusqu'à inscrire les coordonnées de son abri de fortune pour lui permettre de le rejoindre. Il était déjà bien trop tard lorsqu'Astoria arriva sur les lieux ; le groupe avait été décimé. Persuadée qu'il n'était plus de ce monde, elle repensait toujours à lui avec un mélange de tendresse et de regrets, ainsi qu'une profonde tristesse. Elle se disait souvent qu'elle avait été stupide, qu'elle aurait dû agir autrement. Profondément aveuglée par la haine qu'elle éprouvait envers Brenda, elle n'avait pas réussi à réaliser ce qui était essentiel.

A présent il était trop tard, et elle se sentait condamnée à ne pouvoir vivre qu'avec les regrets qui la tourmentaient si souvent. Mais faisant de son mieux pour ne pas se laisser absorber par ces malheureuses pensées, la jeune femme tentait de se plonger dans d'autres choses, afin de tenir son esprit occupé. Assise toute seule à une table, elle relisait inlassablement les pages de son manuel de botanique. Sans doute aurait-elle préféré pouvoir varier ses lectures, mais bien malheureusement, les livres disponibles n'étaient pas légion. Repoussant dans un coin de son assiette la maigre ration de nourriture qu'elle était autorisée à manger comme chaque matin, la jeune femme poursuivait sa lecture, toute seule comme à son habitude.
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Soudain, une chose attira son attention. Un simple détail anodin qui n'aurait jamais dû lui faire lever le nez de son livre, mais elle y fut tout de même contrainte à cause des réactions des différents survivants présents dans la pièce. Las et agacée, elle soupira une fois de plus en touillant sa cuillère dans son bol. Ne pouvait-on pas la laisser tranquille ? Comme si la présence d'un survivant extérieur à leur groupe était une nouvelle assez spectaculaire pour susciter étonnement et stupéfaction. Pire, de l'énervement et de la méfiance ? Ah, ce qu'ils pouvaient être agaçants ! Bien que la visite inattendue d'un autre survivant lui importait peu, la jeune femme ne pu s'empêcher de tendre l'oreille. Le Fantôme était là. Au N.I.H Virology Center. Nul autre que l'homme à la tête de Fort Hope, alliés du Laboratoire dans le combat contre les Punishers. Et apparemment, il n'était pas venu seul.

Astoria, elle, s'en fichait. Qu'importe qu'il soit question d'un fantôme, d'un élève de Poudlard ou d'une sirène, tout ce qu'elle relevait, c'était que les deux visiteurs étaient la cause de tout ce chahut, et donc indirectement ceux qui l'empêchaient de se concentrer sur sa lecture. Rien que pour cela, elle haïssait cet intrus profondément. Refermant son livre d'un seul coup pour bien montrer son mécontentement aux personnes qui l'entouraient, la jeune femme se leva, tête haute, et passa entre les survivants avec dédain. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle essayait de faire des efforts pour rester là qu'elle devait laisser son caractère entièrement de côté. Après tout, Astoria sans sa mauvaise humeur, ce ne serait pas véritablement Astoria. La jeune femme n'avait aucune idée de la raison pour laquelle un visiteur se donnait la peine de se rendre jusqu'au N.I.H., mais après tout peu importe. Inutile de devoir supporter cela davantage.

Quittant la salle où elle se trouvait, la jeune femme voulu retourner au plus vite jusqu'à sa chambre. Mais alors qu'elle tournait à l'angle d'un couloir, elle frappa de plein fouet une autre personne, qui s'avérait être le visiteur inconnu. Etouffant une plainte à cause de la douleur qui irradiait de son bras jusqu'à son dos, elle manqua de peu de tomber à cause de la souffrance qu'elle subissait ; son épaule blessée supportait tout le choc. « Regarde où tu vas, espèce d'idiot ! », cracha-t-elle sans ménagement avant de poursuivre sa route. La jeune femme ne s'était même pas donné la peine de le regarder, bien trop préoccupée par la douleur fulgurante qu'elle ressentait à présent au niveau de son épaule gauche.



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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Sam 6 Jan 2018 - 16:42
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Quitter le confort et la sécurité de Fort Hope, pour arpenter les routes accidentées de Détroit en compagnie de Logan, fut pour Harvey un moyen pour le moins radical de se changer les idées. Silencieux durant la totalité du voyage, il s’était contenté de regarder bêtement le paysage apocalyptique défiler sous ses yeux cernés. Accoudé contre l’intérieur de la portière côté passager, le véhicule faisait son bout de chemin en direction du fameux labo où le Fantôme avait des devoirs à accomplir. Harvey ne savait pas réellement de quoi il était question et ne cherchait pas vraiment à le découvrir. Sa présence serait invisible, tout comme il pouvait l’être depuis l’annonce officielle de la mort d’Isha. Une ombre timide qui s'évanouissait à côté d’une figure aussi étincelante que l’était le très réputé Fantôme. Mais ça lui convenait, de n’être qu’un survivant lambda, d’être personne. Un statut sans connotation excessive qui lui permettait de se tenir éloigné de bien des soucis.

D’un regard absent vers le bas, ses yeux se mirent à nouveau à lui provoquer de légers picotements. C’était ainsi depuis le début du mois de juillet. Et ça le désespérait. D’être aussi émotif. D’être aussi sujet à la mélancolie. S’il lui fallait autrefois une excellente raison pour lâcher ne serait-ce qu’une malheureuse larme, les choses avaient bien changés. Aujourd’hui, il ne pouvait plus penser à une chose simple sans penser à une autre bien plus sombre. Il fallait que ça cesse… Il fallait qu’il se reprenne. En avoir conscience n’était pourtant pas le remède à tous ses maux. Ce qui lui manquait, c’était un but. Car hormis celui de survivre et réparer ce qu’on lui demandait de réparer, Harvey n’avait plus aucun objectif à atteindre...

De sa tête de trois pieds de long, il claqua nonchalamment la portière de la voiture garée, avant d’approuver les instructions de Logan d’un bref signe de menton. Simples, claires et concises, ses directives n’avaient rien d’insurmontable en soit. Bien vite, ils furent séparés par les obligations du plus âgé et Harvey lui, se retrouva livré à lui même dans un bâtiment totalement inconnu. Tout naturellement, il se mit à comparer les lieux avec leur propre communauté. Et plus il s’enfonçait dans les couloirs sans savoir où ses pas allaient le porter et plus l’ambiance se révélait pesante. Le trop plein médical devait y être pour quelque chose. Vivre ici, dans cet environnement aseptisé lui serait désagréable. Pas impossible, car voilà longtemps que faire sa fine bouche n’était plus dans ses habitudes, mais compliqué malgré tout. Leur labo transpirait tout bonnement la mort. Venir se changer les idées ici n’était peut-être pas une si brillante idée que ça, finalement. Les regards qu’on lui lançait se résumait pour la plupart à de la méfiance ou de la curiosité. L’accueil n’était pas des plus chaleureux, mais une fois de plus il n’y prêta pas attention, Harvey n’était que de passage.

La démarche traînante, les mains dans les poches et la mâchoire astiquant lentement l’un de ses rares chewing-gum à la fraise, Harvey se déconnecta une nouvelle fois de la réalité alors qu’il passait l’angle d’un couloir. D’une plainte étouffée, il encaissait le coup qu’on venait de lui asséner en lui rentrant dedans comme un boulet de canon. Sous l'impact Harvey avala son chewing-gum. « Regarde où tu vas, espèce d'idiot ! » formula avec véhémence une jeune fille qui de toute évidence, habitait ici. Pestant à son tour entre ses dents un juron espagnol quasi imperceptible, il tourna la tête dans sa direction pour voir la chevelure brune de la furie s’éloigner au loin d’un pas déterminé. Les habitants du labo étaient définitivement tous des cons. D’un léger mouvement rotatif d’épaule, il délia ses muscles sollicités avant que la scène se rejoue dans sa tête. Un sentiment étrange l’envahissait à mesure que les reproches de la jeune fille se répétaient dans son esprit alerte. Sans pouvoir dire pourquoi, ça lui semblait familier. S’arrêtant finalement pour la deuxième fois, il marqua un temps d’arrêt avant de se retourner pour observer derrière lui. Plus rien, la personne qui l’avait bousculé n’était plus dans son champ de vision. La fréquence des battements de son cœur s’emballa soudainement. ‘Et si’. Et si c’était elle ? Chelsea ? Sa voix… Cette voix lui était familière. Tournant rapidement les talons pour revenir sur ses pas, il arpenta cette fois-ci les couloirs avec une rapidité qui le caractérisait si bien. Jusqu’à entrevoir à nouveau là silhouette frêle de la jeune fille. Comblant les derniers mètres d’une légère foulée courue, il tendit sa main dans la direction pour la saisir à l’épaule et la forcer à se stopper : “Chelsea… ?” souffla-t-il dans un soupire teinté d’appréhension.

Ce n’était pas elle. Non... Ce n’était pas elle. Plus la fameuse jeune fille lui faisait face et plus son cœur se serrait dans sa poitrine. Un haut le cœur, un vertige, une perte d’équilibre. D’un mouvement de recul, il détacha sa main de son épaule pour laisser une expiration tremblante scinder ses lèvres. Les traits de son visage lui revenaient, la couleur oubliée de ses yeux devenait limpide. Il voulait prononcer son prénom, mais aucun son ne parvenait à s'échapper de sa gorge resserrée alors que ses lèvres tentaient malgré tout de s’agiter. Deux ans. Cela faisait deux ans qu’ils s’étaient perdus l’un l’autre après les bombes. Deux longues années sans aucune nouvelle et durant lesquelles Harvey avait accompli bon nombre de stupidités dans l’unique espoir de la retrouver. Voilà qu’elle venait juste de le bousculer dans un couloir... Sa vision se brouilla et tout son corps bascula lourdement vers l’arrière. Plongé dans le noir de l’inconscience, Harvey n’avait pas su encaisser le coup. L'effervescence d'émotions avaient été trop fulgurante. Son corps, tout comme son esprit, venait de le lâcher.

***

Blanc… La lumière pour le moins agressive de la pièce lui brûlait les rétines. Alors que ses pupilles dilatées tentaient vainement de s'ajuster à la luminosité ambiante, Harvey pris une profonde inspiration salvatrice. ‘Qu’est-ce qui vient de se passer’ pourrait être la première de ses interrogations, mais quand son regard affolé se posa sur le visage qui se tenait près de lui, les mots lui manquèrent à nouveau. “Astoria…?” finit-il par susurrer en s’enfonçant un peu plus dans l’oreiller derrière lui. Sans décrocher ses yeux de la brune. Sans réussir à bouger le moindre petit doigt. Paralysé une fois de plus, il resta immobile à la détailler. “Je suis mort…?” un brin d’espoir, une phrase qu’il lâcha avec une légère esquisse aux coins de ses lèvres. L’avait-il finalement atteint ? Ce fameux repos éternel ?

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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Sam 6 Jan 2018 - 21:17
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Le choc avait été rude. Se faire bousculer dans un couloir - ou plutôt bousculer quelqu'un de plein fouet dans un couloir - n'était de toute évidence pas la chose idéal pour Astoria. La jeune femme souffrait à présent atrocement alors qu'elle parcourait les couloirs en direction de sa chambre, seul endroit où elle serait un peu tranquille pour poursuivre la lecture de son ouvrage. Masser son épaule douloureuse par des mouvements circulaires ne changeait bien évidemment rien. Qu'importe, elle serait bientôt au calme dans sa chambre. Pour autant, la jeune femme ne se doutait absolument pas de ce qui était sur le point de se passer. Arrivant bientôt dans l'aile qui regroupait les anciens laboratoires reconvertis en chambres, une main se posa bientôt sur son épaule, la stoppant nette dans son élan et la faisant sursauter. Le jeune homme s'était déplacé si vite qu'elle n'eut même pas le temps d'entendre le bruit de ses pas, mais le prénom qu'il prononça lui glaça le sang. « Chelsea ». Son ancienne meilleure amie. Disparue elle aussi, comme tous les autres. « Comment m'as-tu appelée... ? », demanda-t-elle dans un murmure, le teint livide. Elle se tourna avec une lenteur exagérée, sans réellement comprendre ce qui se passait ni qui se trouvait là. Mais lorsque son regard se posa sur lui, que leurs yeux se croisèrent et qu'elle revit face à elle celui avec qui elle avait tant partagé, elle laissa s'échapper un léger cri de stupeur tout en portant une main jusqu'à ses lèvres. Impossible. C'était impossible. Et pourtant...

Ils se firent face quelques instants, quelques malheureuses secondes pendant lesquelles elle eut l'impression que le temps se figeait complètement. Dans son esprit rien n'était clair, et elle se retrouvait à paniquer intérieurement ; de dehors, elle restait de marbre. Etait-ce vraiment lui ? Ou son esprit commençait-il à dérailler complètement ? Mais bien vite le jeune homme parvint à mettre un terme à ses interrogations, alors qu'il perdait connaissance. « Harvey ! », cria-t-elle en le voyant tomber au sol. Astoria réagit si vite qu'il pouvait presque sembler qu'elle le rejoignait dans sa chute ; il n'en était en fait rien. La jeune femme ne fut pas assez rapide, cependant, et il était déjà au sol alors qu'elle n'était pas parvenue à le rattraper. Elle prononça son prénom si fort que bien vite des gens approchèrent, deux garçons qui se dirigeaient sans doute vers leurs propres chambres. « C'est qui lui ? ». « Je le connais ! », dit-elle, à genoux à côté d'Harvey, les doigts posés sur le visage du jeune homme. « On va le porter. L'infirmerie est pas loin ». Moins d'une seconde plus tard, elle avait vrillé son regard azur sur celui qui cherchait à l'aider. « Hors de question. Ma chambre est là. Je te dis que je le connais. Je m'en occupe. Tu l'amènes là ». « Il vaudrait quand même mieux le conduire à l'infirmerie. J'ai vu Joey dans le coin je pense que... ». Ce garçon voulait sans doute bien faire, mais lorsqu'Astoria avait une idée en tête il était bien difficile de la faire changer d'avis. Plus encore à cet instant, alors qu'il était question d'Harvey. Astoria le coupa sans ménagement, et posa son regard perçant sur lui. « Je m'en occupe », insista-t-elle avec véhémence. Capitulant face à son insistance, les deux hommes le conduisirent dans la chambre qu'occupait Astoria Blake, à tout juste quelques portes de l'endroit où Harvey s'était évanoui.

Et tandis qu'ils le déposaient sur le matelas de la jeune femme, Astoria entreprit de retirer l'épais blouson en cuir qu'il portait, et qu'elle jeta sans plus d'attention sur l'un des lits voisins. Dans la foulée elle délaça ses chaussures, de sortes qu'il soit plus à l'aise, avant de les poser au coin du lit. Astoria attendit qu'ils sortent pour refermer la porte derrière eux, et surtout tourner le verrou. Elle n'était pas seule à vivre là, et elle ne voulait pas être dérangée. Pas maintenant. Elle avait besoin d'être seule, de reprendre son souffle. D'empêcher sa tête de tourner furieusement alors qu'elle ne parvenait toujours pas à remettre ses idées en place. Son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine, elle se laissa glisser jusqu'au sol, une main contre la porte pour garder un semblant d'équilibre, prenant soin de ne pas irriter son dos une fois de plus. Là, assise sur le carrelage, elle peinait à reprendre une respiration normale. La jeune femme avait l'impression d'avoir couru pendant des heures, alors que pourtant, elle n'avait fait que quelques pas. Harvey était là, endormi sur son lit.

Astoria avait vu un fantôme. Un vrai. Pas comme celui qui était venu depuis Fort Hope et autour de qui toutes les discussions semblaient tourner. Son fantôme à elle était bien différent, au point d'être parvenu à lui donner la chaire de poule en une seule seconde. Elle tremblait de tout son corps, et sa respiration saccadée ne parvenait pas à ralentir. Il était à ses yeux plus important que tout, quand bien même ne parvenait-elle pas réellement à comprendre ce qui était entrain de se passer. Il aurait été facile de penser à un rêve, mais elle était pourtant bien consciente. Tout était réel. Harvey était réel. Après peut-être un bon quart d'heure perdue dans ses pensées les plus floues, elle se releva enfin pour s'approcher de lui. Et à mesure que ses pas la conduisaient à son chevet, son coeur s'affolait encore, jusqu'à ce qu'elle s'asseye au pied de son lit. De là, elle ne parvint plus à le quitter des yeux, scrutant avec la plus grande des attentions chacun des traits de son visage endormi. Il avait changé.  

Tandis qu'elle traçait du regard les contours de son visage, les yeux d'Harvey tremblèrent avant de s'ouvrir, complètement perdus. Lorsqu'il murmura son prénom, elle eut l'impression que sa voix était la plus belle chose au monde. « Hey... tout vas bien », dit-elle en essayant de sourire. Une main posée sur son épaule, juste à côté de son cou, elle tentait de le rassurer par un geste tendre, afin qu'il ne s'affole pas. « Non non... tu n'es pas mort... on n'est pas morts... », répondit-elle, cette fois un peu perdue, alors qu'elle avait le sentiment que dans le ton de sa voix et dans ses mots, transparaissait un profond soulagement. Aurait-il préféré que ce soit le cas ? Aurait-il préféré être mort ? Oui, sans doute. Comme beaucoup de gens. Comme Astoria l'aurait sans nul doute préféré. Mais pas maintenant, pas à cet instant. Car même si elle était complètement perdue par la situation, le revoir la rendait profondément heureuse. « Tu m'as fait vraiment très peur, Harvey Queen ».

Elle attrapa délicatement son poignet, les mains tremblantes, pour l'amener doucement vers elle, avant de le tourner légèrement de sorte que l'intérieur de son bras soit vers le haut. Avec toujours cette douceur qui lui était pourtant d'habitude bien étrangère, elle passa timidement ses doigts sur la marque qu'il portait encore, celle de la morsure qu'Astoria lui avait infligée voilà bien des années de cela. « Oui... c'est bien toi ». Un sourire profondément heureux et soulagé sur les lèvres, elle fixait cette marque qui lui avait valu plusieurs insultes en espagnoles. Elle ne s'était pas trompée. Dès l'instant où ses yeux s'étaient posés sur lui, elle avait su que c'était Harvey. « Non t'es pas mort, Harvey », répétait-elle une fois de plus. Cette fois, elle ne parvint pas à retenir une larme qui roula bien vite le long de sa joue pâle. Astoria passa rapidement ses longs doigts fins sur son visage, vaine tentative pour qu'il ne remarque pas qu'elle se retenait de pleurer ; une seconde perle traitresse s'échappa de ses yeux peut-être une seconde plus tard. « Tu es avec moi. On est dans ma chambre, tout va bien ». Elle aussi, elle était perdue. Astoria n'avait aucune idée de comment faire ou réagir. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'il était là, avec elle ; rien d'autre ne comptait. Alors elle entrelaça ses doigts aux siens, et serra un peu plus sa main dans la sienne.



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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Ven 19 Jan 2018 - 0:07
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A la manière d'une boucle intemporelle, le dernier cri teinté d’effroi d'Astoria se répétait contre les parois de son esprit absent sous forme d’échos sibyllins. Perdu dans les dédales de l'inconscience, ce cri désespéré - aussi éloigné soit-il à présent - lui procurait encore de légers frissons. Il voulait la rejoindre, sans pour autant savoir le chemin à emprunter pour y parvenir. 'Astoria', un prénom qu'il avait dû murmurer durant son état de léthargie. Un son bien faible à côté de la puissance avec laquelle il hurlait son prénom dans sa tête. Afin de se réveiller plus vite, afin de s’extirper de cette cage des plus contraignantes. Oui, la chute avait été violente. Mais les émotions qui l'avaient traversé, l'étaient d'autant plus. Ce cri représentait la dernière chose qu'il parvenait encore à se souvenir, la dernière information que son cerveau avait eu le temps de traiter avant de sombrer dans l'inconscience. Doucement, ses yeux tremblèrent sous ses paupières closes et avec une lenteur significative, il ouvrit finalement les yeux.

Accueilli dans cette lumière éblouissante par le visage inquiet d’Astoria à quelques mètres du sien, le brun marqua un temps d’arrêt avant de prononcer quelques mots maladroits encore coincé dans son état d’engourdissement post-léthargique. Tout allait bien, qu’elle lui assurait d’un sourire timide. Des paroles rassurantes qui n’eurent malheureusement pas l’effet escompté sur le jeune homme soudainement en proie à un brin d’angoisse. Plus agité qu’il ne l’était depuis les dernières minutes, Harvey tenta dans un effort vain de se redresser légèrement sur ses coudes avant d’essuyer un nouveau vertige. Ce n’est qu’à ce moment précis qu’il remarqua la main de son amie posée sur lui. Cette dernière, lui opposant une certaine résistance. Elle était si réelle. Déposant machinalement l’une de ses propres mains sur celle d’Astoria placée près de son cou, il laissa sa tête alourdie basculer en arrière, sur l’oreiller sous sa nuque. Ils n’étaient pas morts… Fermant longuement les paupières pour les laisser battre frénétiquement la seconde suivante, Harvey tentait avec tant de bien que de mal de rassembler ses esprits. Malgré son état lamentable, Astoria semblait être heureuse et même satisfaite de la situation. Harvey aussi, bien qu'il peinait à reprendre contenance. Harvey lui avait fait peur... Disait-elle ça de manière générale, ou parlait-elle davantage de l'incident du couloir ? « Ça serait plutôt à moi de dire ça... » susurra-il faiblement un sourire aux coins des lèvres. « Tu m'as tellement fait peur que j'en ai perdu toute notion de la réalité. » Elle au moins n'était pas tombée dans les pommes... Une simple constatation qui lui prouvait une fois de plus ô combien Astoria avait toujours été plus solide qu'il ne le serait jamais.

Depuis qu'il était éveillé, son regard n'avait pas dévié une seule fois du visage pâle de la brune. Totalement silencieux, il redécouvrait les traits sculptés de sa mine comme s'il les observait pour la toute première fois. Ses cheveux n'avaient-ils pas légèrement poussés...? Depuis quand ses yeux étaient-ils aussi bleus...? Aussi tristes...? Lorsque la jeune fille attrapa délicatement son poignet gauche, il n'opposa aucune résistance. Les contacts étaient maladroits et pourtant si réels. A la suite de l’effleurement délicats de ses deux doigts sur la cicatrice de son avant-bras, Harvey ne pu contenir un léger soupire tremblant, partagé entre de l'appréhension et du soulagement. « Tes mains… Sont si froides » murmura-t-il alors. Il ne s'agissait pas là d'un reproche, ni même d'une quelconque insulte. Ses mains étaient réellement glaciales, raison pour laquelle il resserra légèrement l'étreinte de sa main autour de la sienne. Celle toujours posée près de son cou. Penchant légèrement la tête dans leur direction pour que sa joue réchauffe un peu plus ses doigts fins. Puis arriva les larmes, délicates et cristallines. Se ruant sur ses joues à une vitesse affolante si bien qu'il ne pu les voir arriver. Astoria pleurait... La voir si attristée étira un peu plus ses lèvres dans une expression désolée. « Je ne pensais pas voir ça un jour... » dit-il, une pointe de tendresse parfaitement audible dans la voix. « Toi, pleurer » précisa-t-il avant de redresser sa tête vers le centre de l'oreiller. Il aurait pu l'observer ainsi durant des heures sans même s'en lasser. La retrouver  dépassait l'entendement. Elle allait tout changer. Par son apparition, sa vie venait de prendre un nouveau tournant. Elle était là, avec lui... Cette fois-ci, plus rien ne se mettra entre eux. Jamais plus Harvey ne s'élancera dans une course folle sans l'avoir dans son champ de vision. Cette fois-ci, il ne l'abandonnerait pas. « Tu as changé » plaisanta-t-il soudainement ne sachant pas comment réagir autrement face à ses larmes. Elle était différente, tout comme lui l'était aujourd'hui.

Allongé depuis déjà plusieurs minutes, Harvey se sentait enfin en mesure de pouvoir se mouvoir de son propre chef. Ce qu'il fit, non sans éprouver une certaine difficulté à user de ses abdomens. Déliant doucement leurs doigts pour mieux rabattre ses jambes vers lui et s’asseoir à son tour sur le milieu du lit, il ne tarda pas à entourer de ses deux bras le corps frêle de son amie, autrefois demi-sœur. Il avait tant à lui dire, mais les mots restaient tous bloqués au fond de sa gorge. Par sa simple apparition Astoria venait de faire remonter en lui deux années de survie cauchemardesque. Tous ses efforts pour oublier furent réduit à néant par une seule et unique personne. Et pourtant... « Merci... » d'être en vie, de l'avoir retrouvé, de ne pas lui en vouloir... Lors de son remerciement sa voix s'était légèrement enrouée, comme éprise d'une pointe d'émotion. Ses yeux autrefois fatigués se mirent à leur tour à briller légèrement, des perles de regret apparaissant aux commissures de ses paupières mi-closes. « Je suis désolé, pour tout ce que j'ai pu faire, ou dire... » Avoua-t-il à demi voix, resserrant un peu plus son étreinte autour d'elle pour la rendre plus vraie. Il voulait qu'elle sache qu'il était désolé pour ne pas s'être retourné, mais aussi pour ce qui avait pu se passer bien avant le début de cette épidémie. Il était navré pour tout. Maintenant qu'il avait l'opportunité de se faire pardonner, il ne pouvait pas se contenter de garder le silence. « Je suis tellement... Heureux... » souffla-t-il dans un soupire animé d'un léger rire. Quelle ironie, lui qui ne pensait plus éprouver un tel sentiment de bien être depuis la mort d'Isha... Se détachant d'elle, il laissa son regard flâner sur la pièce dans laquelle ils étaient tous deux. « Ta chambre… » C'était donc là qu'elle vivait. Dans cette atmosphère aseptisé. Tout semblait si propre et impersonnel. Cette ambiance était si différente de Fort Hope. « Tu es... Ici, depuis combien de temps... ? »

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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Sam 20 Jan 2018 - 17:27
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Revoir Harvey lui donnait presque le sentiment de s'extirper d'un songe, à la fois doux et inquiétant. Si c'était lui qui avait perdu connaissance, Astoria avait, quant à elle, le sentiment que le temps s'était arrêté, et que plus rien n'était vraiment réel. A mi-chemin entre rêve et réalité, elle était dans un état assez nébuleux, et ce, même si elle était restée consciente. Elle agissait en vérité plus machinalement qu'autre chose, perdue face à ce qui se passait. L'espace d'un instant, elle se demanda si son esprit ne lui jouait pas des tours. Mais Harvey était bien réel. Ce qu'elle vivait actuellement n'était pas le fruit de son imagination mais bien le fait d'un curieux concours de circonstances ; tout semblant s'être mis en oeuvre pour leur permettre de se retrouver. Et quand elle le vit rouvrir les yeux, elle tenta d'être la pour lui avec la plus grande des prévenances. « Oui, j'ai vu ça », répondit-elle, amusée, lorsqu'il lui assura avoir eu si peur qu'il s'était évanoui. Son sourire ne la quittait plus depuis qu'il avait posé sa main sur la sienne. « J'ai cru que je commençais à voir des fantômes, je me suis inquiétée... ». De toute évidence, ni l'un ni l'autre ne s'était, pour le moment, véritablement remis du choc. Nul doute qu'il leur faudrait un peu plus de temps. Astoria, en tous cas, avait bien du mal à reprendre pied.

La jeune femme se lança bien vite dans l'observation de sa cicatrice, ultime preuve qui lui permettrait d'être bien certaine que tout ceci était réel. Quand elle la vit, passant ses doigts sur cette marque qu'elle lui avait elle-même infligée, elle sourit d'autant plus. Lorsque le jeune homme souligna la froideur de ses mains, elle reporta son attention vers lui, juste au moment où il posait sa joue contre ses doigts pour réchauffer sa peau. Il ne lui en fallut pas plus pour que l'émotion la fasse chavirer, et que de ses yeux clairs s'échappent quelques larmes. « Tu t'es cogné la tête un peu fort. Tu te trompes, je ne pleure pas ». Elle passa encore plus vite ses longs doigts fins sur ses joues, afin de dissimuler toute preuve. Cela n'aurait sans doute pas l'effet escompté, elle en avait bien conscience. Et à cet instant, elle passait sans doute pour une bien piètre menteuse. « Toi aussi tu as l'air d'avoir changé... ». Plus elle observait ses traits et moins elle parvenait à réaliser ce qui se passait. « Mais pas assez pour que je ne te reconnaisse pas ». Lui souriant doucement, elle rebondit sur sa remarque concernant ses larmes, sur le fait qu'il n'aurait jamais pensé la voir pleurer. « Moi, c'est toi que je ne pensais pas revoir... ». Pas depuis qu'ils s'étaient quittés sous les bombes. Et si les inscriptions qu'il avait taguées sur les murs de la ville lui avaient redonné de l'espoir pendant un temps, les locaux qu'elle trouva saccagés eurent bien vite fait d'achever toutes ses espérances. « Mais tu... ». Elle se détourna, cherchant ses mots tout autant qu'elle essayait de se remémorer avec exactitude ses souvenirs. Il était mort, elle en était certaine. Il ne pouvait pas avoir survécu, pas après le massacre qui avait eu lieu...  Pourtant, elle ne parvint pas à ajouter quoi que ce soit d'autre, et elle laissa sa phrase en suspend.

Les bras d'Harvey se refermant sur elle lui firent tout oublier. Du chamboulement que ses réflexions lui imposaient, jusqu'aux douleurs que son pauvre dos, lapé par les flammes, l'obligeait à éprouver. Pour autant, ces dernières se rappelèrent bien vite à elle, et la jeune fille se serra d'autant plus fort contre lui, tout autant parce qu'elle était profondément heureuse de le revoir que parce qu'elle pensait que cela lui permettrait d'oublier ses souffrances. Qu'importe si elle avait mal, elle était beaucoup trop heureuse pour y penser plus encore. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était profiter de lui, de sa présence. Jamais elle n'aurait pensé être aussi heureuse d'être dans ses bras. Et tandis qu'il la remerciait, Astoria enfouissait son visage dans son cou. Un peu maladroite, elle entourait à son tour de ses bras le dos du jeune homme, tout en l'effleurant doucement de ses mains. Elle n'était pas très démonstrative malheureusement, mais elle faisait ce qu'elle pouvait.

Mais si elle avait pu faire abstraction de la douleur, au moins assez pour qu'il ne remarque pas vraiment qu'elle souffrait, à présent la tâche semblait bien plus ardue. Et alors qu'il resserrait un peu plus son étreinte autour d'elle, elle eut un rapide sursaut, alors qu'elle tentait bien trop difficilement de se contrôler. Enfouissant un peu plus encore son visage contre lui, elle serra les dents et ferma très fort les paupières, tout en essayant de ne pas - trop - trembler. Et l'espace d'un instant, elle se figea alors qu'il s'excusait. Se pouvait-il qu'il ait compris qu'elle souffrait à cause de son étreinte ? Mais la suite de sa phrase se fit plus claire. « Tu es bête, Harvey... », murmura-t-elle bien difficilement, alors qu'il lui disait être désolé, ses mots sans doute à moitié étouffés alors qu'elle les prononçaient contre lui. Elle ne lui en voulait pas le moins du monde. « Arrête de t'excuser pour rien ». Qu'importe en quoi consistaient ses remords, la jeune femme savait parfaitement que rien n'était de sa faute. Elle ne voulait pas qu'il s'excuse car il n'y avait rien à pardonner.

Astoria resta ainsi, contre lui dans ses bras, en bougeant le moins possible, jusqu'à ce qu'il ne prenne de lui-même la décision de s'éloigner. Cela lui avait sans doute donné une posture un peu trop rigide et froide, mais c'était là sa seule solution. Pour autant, malgré la douleur, elle aurait préféré qu'il ne s'éloigne pas d'elle. Son dos tiraillait encore lorsqu'il commença à la questionner sur son ancienneté au sein de la communauté qui l'avait accueillie. Réfléchissant quelques instants, elle lui répondit bien vite. « Quelques mois. Depuis janvier, en fait... ». Ça commençait à faire long. « J'étais avec un autre groupe avant », précisa-t-elle tout en haussant les épaules. Elle se remémora un instant les mois qu'elle avait passés au St John's Hospital, et eut presque un frison d'horreur. « Je ne les aimais pas du tout ». Même si son jugement était sans doute faussé par les souffrances qu'elle avait éprouvées à son arrivée, à cause des brûlures. Astoria se sentit presque obligée d'ajouter, dans un soupire : « Et eux je ne les aime pas beaucoup plus », dit-elle en parlant des personnes habitant au laboratoire, bien qu'il y avait quelques exceptions. Elle avait toujours été difficile, exigeante. C'était un fait. Et quand on connaissait Astoria, il était aisé de se souvenir qu'elle n'aimait pas grand monde. Rares étaient ceux qui semblaient trouver grâce à ses yeux. « Mais au moins ils ne m'embêtent pas trop ». Sauf lorsqu'un dénommé Fantôme semblait être au centre de toutes les discussions.

Un peu plus tôt, Astoria avait insisté sur le fait qu'Harvey s'était cogné la tête pour détourner l'attention de ses larmes naissantes. Pour autant, elle s'inquiétait réellement des répercussions que cela pourrait avoir sur lui et bien entendu, elle redoutait que la violence du choc n'ait entraîné une commotion cérébrale. Et s'il semblait en pleine possession de ses souvenirs anciens, en attestaient les mots qu'il murmurait à Astoria, la jeune femme restait tout de même soucieuse. « Comment ça se fait que tu sois ici ? Tu ne fais pas partie du labo, je t'aurais vu en quarantaine, sinon... », prononça-t-elle alors qu'une ride d'expression préoccupée naissait entre ses sourcils. D'un côté elle voulait en savoir plus sur lui, sur les raisons qui avaient entraîné sa présence ici. D'un autre côté, elle voulait être certaine qu'il était en pleine possession de sa mémoire à court terme. Se réinstallant sur son lit, cette fois à genoux et assise sur ses talons, elle posa ses deux mains sur les joues d'Harvey. « Désolée... ». Elle s'excusait de la froideur de ses mains qui ne l'avait toujours pas quittée malgré la précédente tentative d'Harvey pour la réchauffer - sans doute ne s'était-elle toujours pas remise du choc. Astoria scrutait alors son regard avec anxiété, cherchant le moindre signe avant coureur d'un nouveau problème. « Comment tu te sens... ? ». Elle ne cherchait même pas à masquer son inquiétude. Ça aussi, ce devait sans doute être étrange : la voir s'inquiéter à ce point pour quelqu'un d'autre. « Tu vas bien, tu es sûr ? ».



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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Mer 24 Jan 2018 - 22:22
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“J’en suis peut-être un, de fantôme. On ne cesse de me répéter que mon teint blafard est à lui-seul un parfait déguisement pour Halloween” tendre calomnie que voici, mais ça Astoria n’était pas censée le savoir. Harvey possédait réellement une mine palichonne. Son regard, quant à lui chargé de fatigue et alourdi par des poches de surmenage, donnait un peu plus de crédit à ses dernières paroles.  “Bouuuh-ouuuuhouuh” tenta-t-il de détendre l’atmosphère par une bien piètre imitation de fantôme. Un sourire taquin étira mielleusement ses lèvres à mesure des secondes passées à ses côtés. Qu’il était bon de retrouver un visage connu. Et qu’il était agréable de la retrouver elle, plus qu’une autre... Que ce rêve éveillé dans lequel il était plongé depuis son retour parmis les vivants ne soit jamais altéré, la voilà sa seule et unique prière.

Quand la jeune Blake tenta pour la seconde fois de masquer ses larmes cristallines, Harvey se contenta de fermer les yeux. Après quoi, il se mit à mimer de sa main libre le geste d’une fermeture éclair au niveau de ses lèvres, jetant ensuite la clé de son silence par dessus son épaule. Quelqu’un venait de pleurer ? Harvey n’était pas au courant, vraiment. Il préférait de loin la savoir lâcher quelques larmes de joie, plutôt que de tristesse. A travers le timbre de sa voix, Harvey arrivait à capter une certaine nostalgie, notamment lorsqu’ils abordèrent le fameux jeu des sept différences. Ce n’était pas grave de changer, tout le monde finissait par évoluer. Et contrairement à d’autres survivants, Harvey pouvait se considérer chanceux d’avoir évolué en bien. Tout du moins, c’était ainsi qu’il se percevait. Comme quelqu’un de bien et de respectable malgré ses quelques erreurs de parcours. “Oui. On finit tous par changer… J’essaie de me faire pousser la barbe. Tu aimes ?” Isha avait définitivement fini par déteindre sur lui. Voilà qu’il se mettait - tout comme son ainé - à briser le rythme des discussions sérieuses sans même s’en rendre compte. C’était à croire que parler sérieusement plus de quelques minutes, lui était aujourd’hui totalement impossible. Menton imberbe tendu vers l’avant, il montra sa joue parfaitement lisse à Astoria dans l’attente d’avoir son retour sur la question. Après une attention un peu plus poussée, c’est vrai que quelques poils se mettaient à couvrir d’un léger duvet les joues d’Harvey. Rien de comparable à la barbe de Logan cela dit...

Si Harvey était celui à avoir montré le plus grand signe de faiblesse en tombant dans les pommes, Astoria elle, semblait rencontrer bien plus de difficulté à tenir sur le long terme. A côté du jeune Queen, elle semblait si triste et bouleversée… D’un sourire doux, il la regardait chercher ses mots. Ce qu’elle ne parvenait pas à accomplir pour une raison qui lui échappait. Aussi prit-il les devants pour la capturer précautionneusement dans une étreinte se voulant réconfortante. “On t’a cherché. Longtemps… Même après avoir… Retrouvé Chuck.” lui confia-t-il d’une voix faible pour ne pas avoir à prononcer le prénom de Chuck plus qu’il n’était nécessaire de le faire pour l’entendre. Elle devait savoir qu’ils ne l’avaient pas abandonné. “Tu avais disparu. Pourtant, j’étais persuadé que tu étais en vie.” Et c’était à cause de son entêtement à la penser en vie, que bien d’autres avaient perdu la leur. “On a été contraint d’arrêter les recherches quelques mois plus tard.” Ses propos pouvaient paraître assez flous et c’était le but. Le garçon ne tenait pas à donner trop de détails au risque de se remémorer des souvenirs douloureux. Ou pire, de la faire culpabiliser elle. Harvey savait bien que derrière ce caractère parfois bougon et revêche se cachait un cœur sensible. C’était du moins le cas autrefois. Qui sait combien elle pouvait avoir changé aujourd’hui. Ce qui s’était passé après leur séparation n’avait plus d’importance. Ce qui importait, c’était le avant et le aujourd’hui. “Je suis désolé, de ne pas m’être arrêté ce jour là.” Non, il ne s’excusait pas ‘pour rien’. Il s’excusait pour sa lâcheté, pour essayer d’alléger sa culpabilité. “Je n’avais tout simplement pas réalisé à l’époque, que ma plus grande peur se cachait en réalité tout autour de moi et non pas, dans le ciel.” Oui, sa plus grosse erreur avait été de croire que les bombes causeraient sa perte. Alors que ce qui avait réellement eu raison de sa santé mentale, n’était autre que les morts successives de ses proches. Durant cette fameuse sortie, tous étaient décédés. Kenji, Chuck, Astoria... Jamais plus Harvey n’accepterait de rentrer seul, avec le poids d’une telle culpabilité sur les épaules.

Dans l’embrassade qu’ils partageaient l’un l’autre, quelque chose clochait. Astoria ne semblait pas vraiment rassurée, ni même à son aise. Harvey avait même l’impression que cette étreinte provoquait l’effet inverse de ce pourquoi il l’avait initié de base. Se détachant alors d’elle pour ne pas lui infliger ce contact forcé plus longtemps, il évita pour autant le regard de cette dernière avant de rétablir une certaine distance de sécurité - bien plus raisonnable cette fois-ci. “Janvier… Ça fait un moment, oui.” Et dire qu’ils auraient pu se retrouver depuis Janvier… Pourquoi aucun des deux n’avait pris l’initiative de se rendre dans le camp de leurs alliés respectifs ? Sur ce coup, ils n’avaient pas géré. Comme sur beaucoup d’autres plans en fait. “Il s’est passé quelque chose dans ton ancien groupe ? On t’a blessé ?” s'inquiéta-t-il sincèrement tandis qu’elle lui parlait vaguement d’un de ces anciens groupes, avant de rejoindre le labo. L’entendre répéter à tout bout de champ qu’elle ne les aimait pas, ni eux, ni ceux du labo lui arracha un rire franc : “le jour où tu aimeras vraiment quelqu’un, ça sera à noter dans les annales.” Certaines choses ne changeaient décidément pas. “Mais… Tu es bien ici ?” lui demanda-t-il en laissant pour la seconde fois son regard caresser la pièce. “Tu devrais rentrer avec moi. Le camp dans lequel je suis… Tu as forcément dû en entendre parler, depuis Janvier. Le camp du Fantôme, Fort Hope. Il y a de la place, tu pourrais venir, on a une grande maison avec pas mal de chambres disponibles.” Certes les sept gamins prenaient de la place, mais inutile d’en parler pour l’instant. Ça ne ferait que la faire fuir.

Soudainement enthousiasmé par l’idée de rentrer avec elle à Fort Hope, il ne remarqua pas immédiatement que le regard que lui portait la brune avait changé. Elle s'inquiétait. Pourquoi s'inquiétait-elle pour lui au juste ? Avait-il fait ou dit quelque chose qui laisserait sous-entendre qu’un truc ne filait pas droit ? Littéralement pris de court par les deux mains d’Astoria encadrant son visage blême, Harvey s’immobilisa. La froideur de ses doigts sur ses joues enflammées n’avaient aucun impact sur lui tant le regard ancré d’Astoria dans le sien semblait accaparer toute son attention. De manière chorégraphiée, ses pupilles se mirent à se dilater légèrement, créant dans son œil gauche un écart significatif de dilatation qui l’avait toujours caractérisé. Son daltonisme était soi-disant un des facteurs de cette erreur de fabrication, à cause de sa photosensibilité si particulière. Harvey n’avait jamais réellement cherché à en savoir plus. De loin, ce n’était pas voyant. De près… C’était une toute autre histoire. Observant tour à tour ses opales chatoyantes, puis ses lèvres, il cligna frénétiquement des paupières à la question qu’elle lui posa. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. “Je…” Pourquoi était-il ici déjà…? Un moment de doute, d’hésitation, le visage d’Astoria si près de sien et si inquiet ne l’aidait en réalité pas à organiser ses pensées désordonnées. “Je… Je suis venu avec Logan.” Logan… Fuck ! L’électrochoc fut total. Harvey dégagea son visage des mains d’Astoria dans un mouvement de recul pour reposer presque dans la même foulée ses deux pieds hors du lit. “D-Depuis combien de temps je suis comme ça ? Quelqu’un d’autre m’a vu ici ? Quelqu’un d’autre sait que je suis ici ?” Merde, Logan n’allait pas être content s’il venait à disparaitre. Si Harvey ne risquait pas de passer un sale quart d’heure, les autres rien n'était moins sûr. “Prends tes affaires, on rentre ensemble” se contenta-t-il de lui dire avant de se stopper net. “Où sont mes chaussures... Et mon blouson ?” A retardement, il réalisa finalement que bon nombre de ses affaires n’étaient plus. Le raisonnement montait doucement. Plus Harvey s’imaginait la scène qui avait suivi son évanouissement et plus ses yeux s’écarquillaient pour n’être à présent que deux énorme billes bien rondes. De son regard de lémurien apeuré, il tourna doucement la tête en direction d’Astoria pour faire glisser avec une lenteur excessive ses deux mains vers ses propres épaules. Comme s’il cherchait à cacher son corps, à protéger sa vertu. “Tu m’as déshabillé…?” Oh. Mon. Dieu.

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MessageSujet: Re: Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.   Jeu 25 Jan 2018 - 16:05
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L'imitation qu'Harvey lui fit d'un fantôme réussit à lui retirer un léger rire, qui se termina en un sourire attendrit. « Si tu es vraiment un fantôme... alors j'espère que tu choisiras de me hanter pour tout le reste de ma vie. Mais juste moi. Ça te prendrait beaucoup trop de temps sinon ». Par ces quelques phrases, elle voulait lui dire, à sa façon, qu'elle ne voulait plus qu'ils soient séparés. Qu'importe ce qu'elle devrait vivre, elle voulait qu'Harvey fasse partie du paysage. Ils avaient été séparés bien trop longtemps, et elle avait l'intime conviction que toute une vie ne serait pas suffisante pour effacer ces deux années loin l'un de l'autre. Jamais rien ne lui rendrait ces mois où elle l'avait cru mort, rien ne pourrait effacer toutes ces nuits où elle s'était réveillée en sursaut après un cauchemar trop réel. Et de fil en aiguille, Astoria s'était mise à pleurer. Les larmes traitresses étaient arrivées bien trop vite pour qu'elle ne parvienne à les retenir, et elle fut heureuse quand, finalement, Harvey lui fit comprendre qu'il ne dirait pas un mot à ce sujet. « Non, c'est très moche. Ça te va super mal ». Avec une franchise implacable, Astoria avait bien vite répondu, donnant son avis sur sa barbe inexistante avec beaucoup de rapidité. Mais une fois de plus, ça la faisait rire, et son amusement ne la quittait à présent plus.

Bouleversée par leurs retrouvailles, la jeune femme laissa complètement de côté son caractère revêche, et elle fut vraiment heureuse lorsqu'il la prit dans ses bras. Ils n'avaient jamais été aussi proches que ce qu'elle aurait souhaité, mais néanmoins, il avait toujours énormément compté pour elle. Même si elle s'était longtemps appliquée à faire parler son mauvais caractère en sa présence, il avait toujours tenu une place importante à ses yeux. Alors elle l'écoutait, buvant ses paroles comme si elle ne souhaitait pas en perdre une seule miette. Et soudain, le prénom qu'il prononça aurait réussi à la faire chanceler si elle n'était pas en sécurité dans ses bras. « Chuck... », murmura-t-elle dans un soupire attristé. « Ce n'était pas moi... ». Astoria déglutit difficilement, tout en secouant vivement la tête. Il avait agonisé des heures durant près d'elle, avant d'être achevé par des survivants. Elle voulait vraiment qu'Harvey sache qu'elle n'aurait pas pu faire ça. Même si c'était pour abréger ses souffrances, Astoria n'aurait pas eu la force de le tuer. « Ce n'est pas moi qui l'ai... ». Tué. Oui en un sens c'était un peu elle. Il avait voulu lui venir en aide et à cause de cela il y était resté. C'était grâce à lui qu'elle était toujours vivante. Fermant les yeux, elle se sera un peu plus contre Harvey tandis qu'il poursuivait.

Les mots qu'il prononçait la touchaient profondément. L'émotion se faisait si présente qu'il lui semblait presque qu'elle était à deux doigts de suffoquer. Et ainsi il lui confirmait ce qu'elle avait longtemps supposé : qu'il l'avait cherchée, qu'il n'avait pas voulu l'abandonner. « Je sais Harvey... je sais... ». Sa voix était chevrotante. « Moi, je pensais que tu étais mort... », avoua-t-elle, honteuse et bouleversée, en se replongeant dans ces souvenirs. Elle ne parvint pas à parler de ce qu'il avait tagué sur les murs de la ville, mais nul doute qu'il comprendrait ce qu'elle insinuait. « Tout était saccagé... la pièce était... c'était un vrai bain de sang, j'ai... Je n'ai pas réussi à te chercher... ». D'une part car les lieux étaient tellement retournés que toute recherche semblait particulièrement difficile. D'autre part car trouver son corps inerte aurait fini de l'achever. Astoria ne se rendait même pas compte d'à quel point son discours était décousu, et sans doute difficilement compréhensible. Ne parvenant plus à réellement organiser ses pensées, elle expira un peu fort. « Je voulais pas te voir mort toi aussi... », avoua-t-elle enfin. Penser qu'il était mort était une chose ; le voir de ses yeux en était une autre. Et à présent, le jeune homme s'excusait. « Je t'ai appelé, mais tu pouvais pas m'entendre... c'était pas ta faute ». Tout explosait autour d'eux, tandis que les rues s'enflammaient. Et s'il est vrai qu'elle l'avait longtemps tenu pour responsable, pestant contre lui et contre le monde entier, la peine engendrée par sa perte avait surmonté toute autre chose. Un frisson lui parcourut l'échine, tandis qu'elle se remémorait tout cela. « Je comprends pas ce que tu veux dire... », finit-elle lorsque ses paroles commencèrent à se faire nébuleuses. Mais au fond, elle n'était que bien peu certaine de vouloir poursuivre sur le sujet, et sans même vraiment attendre une réponse de sa part, elle reprit : « On peut aussi... ne plus parler de tout ça, d'accord ? Ou pas maintenant du moins... voire plus du tout ». En vérité, elle ne voulait plus se replonger dans ces souvenirs douloureux, et son malaise devait aisément être palpable.

La discussion se poursuivait, orientée à présent sur le précédent groupe d'Astoria. L'insistance que mit la jeune femme à souligner qu'elle ne les aimait pas suffit à inquiéter Harvey, qui se demanda bien vite si elle avait été malmenée. Elle le regarda, surprise. « Non », mentit-elle à moitié avec le plus de conviction dont elle était capable. Après tout, c'était vrai. Ce n'était pas au camp qu'elle avait été blessée. Ils n'avaient pas eu besoin de le faire, elle était déjà bien assez mal en point comme ça. « Rassure-toi. Je ne compte pas me donner cette peine. C'est trop fatiguant d'aimer quelqu'un », répondit-elle lorsqu'il se mit à rire. Et quand Harvey lui demanda si elle était bien ici, elle se contenta d'hausser les épaules, sans véritablement répondre. On ne pouvait pas dire qu'elle était mal traitée ou qu'elle se sentait mal au laboratoire, mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle n'était pas à sa place. Astoria n'était pas chez elle. Le temps lui avait d'ailleurs mis dans l'idée que, peu importe où elle irait, elle ne se sentirait bien nulle part. « Fort Hope ! », s'écria-t-elle. Qu'il soit question du camp en lui-même ou bien du Fantôme... comment ne pas en avoir entendu parler ? « J'en ai eu quelques échos, en effet ». Très sérieuse cette fois, elle réfléchit quelques instants. « Fort Hope... c'est pas très loin d'ici en plus... ». Ces longs mois toute seule auraient pu se terminer bien plus vite si seulement leurs chemins s'étaient croisés plus tôt. Et, silencieusement, elle se mit sérieusement à considérer l'idée de le suivre. De toutes façons, s'il n'était pas décidé à rester, elle ne comptait pas pour autant être séparée de lui. Dès lors, il n'y avait pas beaucoup de solutions envisageables.

Mais pour l'heure, autre chose la perturbait. Il fallait qu'elle sache si Harvey allait bien ou si le coup qu'il s'était donné en tombant au sol serait plus sérieux que ce qu'il n'y paraissait. A peine lui avait-elle demandé s'il allait bien que sa réaction la prit de court. « Logan ? ». Mais de qui parlait-il ? Astoria n'eut toutefois pas le temps de lui poser la question qu'Harvey sautait déjà sur ses pieds. « Un quart d'heure... peut-être vingt minutes... je sais pas, j'ai pas compté... et... évidemment que d'autres gens t'ont vu ici... je n'ai pas pu te porter toute seule... j'ai demandé à deux garçons de le faire pour moi... ». Soudain, elle se demanda si elle avait fait une erreur. La réaction du jeune homme, si brusque et paniquée, la laissait dans l'incompréhension la plus totale. Et tout à coup il lui demanda de prendre ses affaires pour partir avec lui, comme ça, de but en blanc. Il se stoppa net lorsqu'il réalisa qu'elle avait retiré sa veste et ses chaussures. « Je ne t'ai pas ' déshabillé '... je pensais juste que tu serais plus à l'aise comme ça ». Ça tombait sous le sens. Mais sous la mine profondément choquée d'Harvey, cette fois, elle soupira. « La prochaine fois que tu t'évanouiras, je te laisserais étalé sur le sol. Tu te débrouilleras tout seul ».

La jeune femme se figea un peu lorsqu'elle réalisa qu'ils partaient, là, comme ça, maintenant. Il lui avait dit de faire ses affaires et de le suivre. Dans un autre contexte elle aurait rouspété tant et plus, expliqué par A + B qu'elle était une femme forte et indépendante qui ne se laissait guider par personne d'autre qu'elle-même (un peu de théâtralité et de drame n'avait jamais fait de mal à personne), mais pas ce jour-là. Bouche bée, elle le regardait s'affairer dans l'idée de quitter la chambre d'Astoria le plus vite possible. Et quant à elle, elle doutait. Comme si partir sans prévenir qui que ce soit l'avait déjà particulièrement ennuyée. Après tout, quand elle avait quitté l'hôpital, elle n'avait prévenu personne. Elle avait simplement pris ses affaires, et elle était partie. Quasiment du jour au lendemain. Elle avait ramassé le peu de choses qui lui appartenaient, et elle avait quitté les lieux sans rien dire véritablement à qui que ce soit. Il pouvait très bien en être de même ce jour-là. D'autant plus qu'elle pourrait toujours repasser un peu plus tard.

Laissant s'échapper un profond soupir qu'elle ne se donna cette fois pas la peine de cacher, Astoria se leva à son tour, pour avancer un peu dans la pièce. Bien vite, elle se trouva tout près du lit sur lequel elle avait lancé le blouson en cuir. « Tes chaussures sont au pied de mon lit », dit-elle, un peu boudeuse. La jeune femme se saisit alors de l'épais blouson de cuir noir que le jeune homme avait avec lui au moment où il était tombé au sol. D'un geste rapide et sans doute un peu brusque, elle lui lança ce dernier dans sa direction, bon gré mal gré. « Il est si joli... », dit-elle distraitement. Bien vite, elle revint à côté du jeune homme et, tout d'un coup, elle se mit à sourire, se jeta sur lui, et attrapa son bras avec tout autant de douceur que d'empressement. « Si je viens avec toi à Fort Hope, tu me donnes ton blouson ? ». Après tout, qui ne tente rien n'a rien. Et malheureusement, Astoria ne pouvait pas connaître l'histoire qui se cachait derrière ce vêtement. Nul doute que, si elle l'avait sue, elle se serait abstenue de poser une telle question. « Je suis sûre qu'il m'irait trop bien ! ». Mais quoi qu'il arrive, elle était de toutes façons décidée à le suivre.



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Grab a hold of my hand - Harvey&Astoria.
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