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 The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]

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MessageSujet: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Ven 12 Jan 2018 - 1:09
[5 Septembre 2016] Pendant des heures, chaque jour, Will avait marché droit devant lui sans jamais faire plus qu'éviter les hordes que croisait son chemin. Avec ce qu'il restait des rations données par Elias, avec toute la hargne qui l'habitait, il était parvenu à sortir de Détroit au bout de trois jours, peut-être. Désormais, deux jours plus tard, il traînait dans une petite ville minuscule aux abords de la ville, où il était arrivé tôt ce matin. Cet endroit sentait la mort encore plus que le reste de la ville. Sans doute parce qu'il n'y avait vraiment rien à voir, pas âme qui vive, pas âme qui rôde. Le vide et le silence lui faisaient du bien. Du moins essayait-il de s'en convaincre alors qu'il déambulait dans les rues désertées à la recherche d'un endroit où passer la nuit. Après tout, il vivait avec depuis cinq jours maintenant. Le talkie dans son sac n'avait pas même grésillé une fois, personne ne l'avait pris par surprise. Il était seul, complètement seul. Et c'était ce qu'il avait voulu, pas vrai ?

Par miracle, le jeune homme n'eut pas vraiment l'occasion de chercher une réponse à cette question qui le hantait pourtant depuis un moment. Alors qu'il tournait au coin d'une nouvelle rue, il fut forcé de s'arrêter brusquement en avisant deux hommes plantés au milieu du trottoir, devant une épicerie délaissée. Hélas, il s'en était aperçu beaucoup trop tard, bien trop tourné vers ses pensées hantées par un certain soldat et deux canons se levèrent rapidement dans sa direction. À quelques mètres, il ne risquait pas d'échapper aux balles si les deux autres se décidaient à tirer. Ne sachant pas trop quoi faire de plus, le jeune homme leva son arbalète, qu'il pointa à son tour sur les deux autres et s'engagea un long combat de regards tendus qui firent monter l'angoisse. « Baisse ton arme ou on te bute ! » La demande était si joliment formulée qu'elle arracha un rictus mauvais au brun, le poussant à retenir encore un moment les tremblements de ses doigts. « Je ne ferais pas ça à votre place. » lança-t-il de ce ton détaché qui le caractérisait si souvent. « Ah ouais ? Et pourquoi pas ? » Lentement, le jeune homme décolla l'une de ses mains de l'arbalète et la glissa à son cou, où il tira sur la chaîne cachée sous son t-shirt. « Vous voyez ça ? » demanda-t-il, mauvais. « C'est ce qu'on m'a donné avant de m'envoyer au front, au cas où les tirs adverses m'auraient tellement déformé qu'on ne pourrait pas me reconnaître. Major Aiden Jacobs. Major, vous savez ce que ça veut dire, pas vrai ? À mon âge, on ne gagne pas autant de grades sans raison. Vous voyez où je veux en venir ? »

Des regards furent échangés entre les deux hommes, des hésitations les traversèrent visiblement alors que Will tâchait de se concentrer au maximum pour ne pas défaillir. Cette petite démonstration de bluff, il la sortait dès qu'il se retrouvait dans une merde comme celle-là, mais ça demandait une très grande maîtrise de soi et il n'était pas certain de l'avoir en ce moment, beaucoup trop préoccupé par Elias et tout le reste pour se contenir totalement. Mais peut-être qu'il parvenait quand même à donner le change assez bien, puisque les deux tireurs se mirent à discuter entre eux à voix basse, non sans lui lancer régulièrement des coups d’œil nerveux. Ils ne semblaient pas tellement d'accord l'un avec l'autre et c'était tant mieux, une chance de plus pour l'ingénieur de se sortir de ce pétrin sans avoir à franchir certaines limites.

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Ven 12 Jan 2018 - 17:01
Mes pas s’enchaînent à une allure folle, alors que le paysage défile rapidement sous mes yeux à toute vitesse. Je n’ai pas le temps de m’arrêter, pas le droit de trébucher, aucun espoir de survie si je perds ne serait-ce qu’un mètre de l’étonnante distance que j’ai réussis à mettre entre moi et mes poursuivants. Je saute les embûches, écrase les feuilles, passe au-dessus des obstacles, sans prendre le temps de regarder derrière moi. Ce sprint sans fin m’épuise. Je ne pensais pas pouvoir courir si vite, je ne pensais pas pouvoir fuir aussi loin en si peu de temps. Pourtant, ce n’est pas encore assez. J’entends plus loin, les rires et les mots de mes deux agresseurs. « Fuis pas poupée on veut juste parler ! On te fera rien de mal, on veut juste s’amuser un peu ! » J’ignore parfaitement ce que s’amuser et parler peuvent avoir à faire dans la même phrase quand on s’adresse à une inconnue seule, qui fuit devant deux types armés et de toute évidence, très loin d’être pacifistes. Je fais ce que je peux pour ne pas me retourner, consciente qu’un simple coup d’oeil en arrière peut me suffir pour trébucher et me blesser, ou pire, laisser les deux fous dangereux me rattraper. Je détale ainsi comme un lapin, décidée à ne freiner ma course, qu’une fois que j’arrêterais d’entendre leur voix derrière moi. Malheureusement pour moi et même avec une forte dose d’adrénaline qui me traverse tout le corps, je ne parviens pas à tenir la distance. C’est bien trop vite que je sens que je ralentis, que je sens que mes muscles tirent, que mon souffle ne parvient plus à rester régulier. Mon regard se fixe au loin, sur un bâtiment. Je ne cherche même pas à réfléchir, même pas à regarder de quoi il s’agit. Je repère l’une des fenêtres cassées et cela me suffit. Avec rapidité, presque beauté des enchaînements, je me glisse par cette dernière, retenant un petit cri en me coupant la main sur le rebord tranchant de la fenêtre. Ne réfléchissant pas, je longe le bas de la fenêtre et me cache entre deux piles de cartons déchiquetés. J’espère simplement que dans leur course, ils ne remarqueront pas ce bâtiment en particulier et continueront de courir plus loin, pensant que je ne me suis pas arrêtée ici. Mon souffle est désorganisé, parfaitement paniqué, mais sans réfléchir toujours, je fais ce que je peux pour me calmer.

Je remonte mon t-shirt sur mon nez et tente de respirer à travers, afin de me calmer. Je laisse ma main ensanglantée à l’écart mais concernant l’autre main, elle est occupée à cacher ma bouche, pour étouffer le bruit de ma respiration haletante. J’entends les deux types se rapprocher, tous les deux entrains de courir. Je crois avoir gagné lorsqu’ils passent devant la boutique, mais finalement, leur course s’arrête elle aussi. Je n’entends pas ce qu’ils disent avec clarté, attendant mon cœur battre dans mes oreilles avec force. Je ferme les yeux, alors qu’une larme de stresse coule le long de ma joue.  Soudain, un miracle intervient. « Baisse ton arme ou on te bute ! » Ces paroles me rassurent, autant qu’elles m’inquiètent. Quelqu’un les a rejoints. J’ignore si ce quelqu’un pourrait me débarrasser d’eux, mais au moins, ils ont une diversion. Je profite de ce nouvel intervenant, pour ramper à quatre pattes, déchirer un morceau de tissu d’un torchon. Je viens l’enrouler autour de ma main, alors qu’un nom me fait soudain sursauter, tiquer. Aiden Jacobs. Mon regard devient rond, alors que je retourne près de la fenêtre. Profitant de l’obscurité du magasin, de la saleté des vitres et des planches de bois pour barricader, je risque un œil dehors. Je ne reconnais pas Aiden, mais bien Will. C’est ce que sa voix m’indiquait, même si j’ignore pourquoi il se fait appelé comme le défunt militaire. Je n’arrive pas à suivre le fil de leur conversation, mais par un miracle aussi incompréhensif qu’inexplicable de mon point de vu, les deux tarés s’en vont. Je déglutis franchement, alors que je continue avec un air sidéré, de fixer Will à travers la fenêtre. Avec des gestes lents, dès que je n’entends plus du tout les deux fous dans le coin, je me rapproche de la fenêtre cassée. J’y passe à nouveau, faisant bien attention au bout de verre que je n’avais pas vu avant ça. Mon regard se fige sur Will, alors que je me déplie entièrement. Mon regard est rond, mon visage perplexe. Je n’arrive pas à réaliser si c’est une hallucination, ou non. J’avance d’un pas, affichant un sourire qui grandit à chaque seconde.

- Will… T’es en vie !

A vrai dire, je n'attends pas davantage la réponse. Je m'approche rapidement, et serre mes bras autour de son dos avec force. Je n'arrive pas à y croire ! Je n'arrive pas à croire que nous soyons deux survivants. Je n'arrive pas à croire qu'il est là, qu'il se tient devant moi, qu'il est lui aussi un survivant dur à cuir. Sans le savoir, il vient de me sauver la peau, comme Aiden avant lui. Mais d'ailleurs... Pourquoi Aiden ?
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Ven 12 Jan 2018 - 21:22
Au bout de ce qui sembla une éternité à Will, les deux hommes cessèrent de se chamailler à voix basse pour se tourner de nouveau vers lui. Il avait semé le doute, c'était déjà ça, le moment n'était pas venu de perdre la face. Il resserra donc sa prise sur son arme, la soulevant légèrement pour viser le crâne de l'un des deux hommes. « Alors, qu'est-ce que vous choisissez ? Partir d'ici en vie ou voir lequel de nous trois est le plus rapide et le plus précis ? » lança-t-il avec une assurance parfaitement feinte. Il priait silencieusement pour que ça n'en arrive jamais là. « Sans vouloir vous offenser, entre le militaire entraîné et deux crétins suicidaires, je pense que je vais avoir l'audace de parier sur moi-même. » ajouta-t-il, plus arrogant. Il commençait à se sentir de moins en moins serein, la sueur perlant légèrement sur sa nuque et il devait s'accrocher de toutes ses forces à son arbalète pour qu'on ne perçoive pas ses doigts qui tremblaient. Mais, par miracle, les deux hommes baissèrent finalement leurs armes après un dernier regard échangé entre eux. « C'est bon, on se casse, pas la peine de s'énerver. »

Dès qu'ils eurent tourné à l'angle de la rue, Will se permit de fermer les yeux et de baisser son arme, poussant un soupir de soulagement. Enfin, au moins, le drame avait été éviter de peu. Même s'il se croyait parfaitement capable d'en abattre au moins un sur deux avec son arme avant de se prendre une balle, s'il pouvait éviter d'en arriver là, il n'allait certainement pas se plaindre. Le calme revint dans la rue et dans l'esprit du jeune homme, qui secoua les épaules pour se détendre un peu. Il rouvrit les yeux précipitamment lorsqu'il entendit une voix s'élever. Une voix qui connaissait son nom. Son regard se posa immédiatement sur la source, sur la jeune femme aux airs de fantôme malvenu qui se tenait droit devant lui. Non pas qu'elle soit pâle ou effrayante, mais elle n'aurait pas du être là. Elle n'aurait pas du se tenir debout devant lui, pas sans porter le masque de la mort. Elle n'aurait pas du pouvoir dire son nom. Elle n'aurait pas du réapparaître aujourd'hui, maintenant, après tout ce temps. Après qu'il se soit donné tant de mal à enfermer les souvenirs auxquels elle était rattachée dans une boite.

Le choc l'empêchait de bouger totalement, il en oubliait presque de respirer et, bien qu'il l'eût voulu de toutes ses forces, il ne parvint pas à avoir le moindre mouvement de recul lorsque la jeune femme fonça sur lui pour l'enlacer. Ses bras restèrent ballant contre ses hanches, son souffle incapable de retrouver une quelconque forme de cohérence. Il dût faire un effort surhumain pour parvenir à souffler, entre les longs cheveux bruns de la jeune femme qui lui entraient dans la bouche : « A..Azia ? » Prononcer son prénom aida Will à réaliser. À réaliser qu'il y avait une autre survivante au carnage qui avait finalement brisé sa vie pour de bon. Et il fallait qu'il la retrouve maintenant. Ça aurait pu arriver n'importe quand en un an, mais il fallait que ce soit aujourd'hui, le seul moment de sa vie où il aurait voulu que ça n'arrive pas. Ses bras s'activèrent presque seuls pour empoigner les épaules de la brune et la repousser brusquement. Dès qu'elle ne fut plus collée contre lui, le jeune homme eut l'impression de pouvoir respirer à nouveau, son cœur reprenant à un rythme trop soutenu. Il retira ses mains des épaules de la jeune femme en moins d'une seconde, comme si ce simple contact lui brûlait les doigts. « Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais ici ? Je t'ai vu... T'étais... » Les flash qu'il essayait d'enfouir depuis si longtemps passaient sous ses yeux au même rythme précipité que battait son cœur. Le sang, le corps de la jeune femme couchée au milieu de cette flaque rouge et profonde. Les coups de feu. Aiden qui le saisissait si violemment. Ses yeux bleus plongés dans ceux de Will. Le goût salé et ferreux des larmes et du sang mêlés sur ses lèvres. Elle ne pouvait pas se trouver là. Ils étaient tous morts, tous sauf lui.

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Sam 13 Jan 2018 - 17:50
J’ai le cœur gros, gonflé et même débordant de joie. Je n’arrive pas à croire qu’il soit en vie et bien présent ! Cela me paraît être un rêve, j’ai du mal à réaliser certaines choses, à me rendre compte de ce qui est en train de se passer. Je suis malgré tout rassurée, heureuse de savoir qu’il fait partit des gens que je connais à être encore en vie, à aller bien. Même s’il semble avoir un peu minci comparé aux jours où nous nous connaissions, je pense que c’est chose normale. J’ai surement maigri moi aussi et ça n’ira surement pas en s’arrangeant, vu que l'apocalypse laisse de plus en plus de morts, d’assoiffés et d’affamés derrière son passage. Je relâche un peu la pression de mon étreinte, n’ayant pas senti de toute manière le brun m’enserrer à son tour. Il me saisit soudain les épaules et me fait reculer à une longueur de bras, brutalement. J’ouvre de grands yeux surpris. Après réflexion, je peux comprendre qu’il soit surpris de me voir mais, à ce point, je ne m’attendais pas à ça. Je crois lire une certaine terreur dans son regard et ça m’inquiète quelque peu. Il semble avoir du mal à prononcer mon prénom et aussitôt, une petite grimace m’échappe. Il a dû me voir morte, étendue au sol pour être si inquiet. Peut-être qu’il croit être en pleine hallucination, en plein bad trip mais pourtant je suis bien là, en vie. Il en vint à me poser la question, du qu’est-ce que je fais là.

- Je te jure, c’est bien moi Will. Je suis en vie …


Ma main glisse sur ma gorge, alors que j’effleure ma cicatrice. Je viens appuyer un peu, me massant la gorge avec les doigts pour estomper davantage le maquillage qui dissimule mes marques. Je souris tendrement, simplement. Mon air se veut rassurant, alors que je reste à bonne distance de lui, pour éviter de le brusquer plus encore. Je me mords légèrement la lèvre. C’est vrai, que je ne m’étais jamais mise à la recherche des gens de notre groupe. Je n’ai pas pris le temps de compter les têtes au sol ce jour-là, ni même de voir s’ils étaient tous bien morts. En état de choc, je ne me rappelle d’ailleurs même pas de tous mes mouvements, conservant de ce jour funeste que des souvenirs fragmentés et imprécis. Si lui n’avait rien eu mais avait trouvé nos corps en sang, qu’il avait pris le temps de chercher qui était mort et qui ne l’était pas, je peux comprendre son état actuel.

- Le type qui m’a … Il ne l’a pas fait assez profond. J’ai perdu beaucoup de sang, je suis tombée inconsciente.

Je reste toujours immobile, à bonne distance de lui. Je suis très attentive aux moindres de ses réactions, inquiète. Je dois faire partit des passages de sa vie qu’il souhaitait oublier, c’est claire que nous trouver ainsi, le groupe avec qui il vivait, ça ne devait pas être une partie de plaisir pour lui, un traumatisme non négligeable de sa vie de survivant. L’envie de l’interroger sur Aiden me brûle, mais au lieu de ça, je décide de me rendre doucement vers cet objectif, d’aborder peu à peu le sujet ou de l'inciter discrètement à parler directement de lui.

- Un autre survivant solitaire m’est venu en aide, m’a aidé à survivre. J’ignore si d’autres sont encore en vie, je crois que nous sommes les deux seuls du groupe… Tu es seul ?

J’ai déjà fait plus habile, mais ce qui est sûr c’est qu’au moins, cela reste assez subtile et discret, rien de brutal, il peut même trouver facilement une autre réponse à me donner s’il décide éviter le sujet… Pauvre Will, il semble complètement ailleurs. J’espère ne pas trop le mettre dans un état de panique, cela me déplairait qu’il garde de moi un souvenir négatif.
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Dim 14 Jan 2018 - 14:15
Parfaitement incapable de se concentrer, Will n'entendait presque rien aux mots que lui lançaient la jeune femme. Comment pouvait-elle se trouver ici devant lui, après qu'il l'ait vu couchée morte sur le sol ? L'avait-il vraiment vu ? Il se souvenait de son visage pâle et maculé de sang, il se souvenait de ses yeux fermés, mais... Tout s'était rapidement précipité et ce qui était arrivé ensuite l'avait trop marqué pour qu'il conserve une vision claire de cette nuit. Ses souvenirs s'embrouillaient, se mêlaient un peu trop à d'autres images qu'il savait avoir imaginé et à certaines qui n'auraient jamais du se retrouver entraîné là-dedans. Et Azia continuait de parler, de le regarder. Il voyait sa silhouette se dessiner devant ses yeux, mais elle lui semblait presque plus floue que les images qui se bousculaient dans sa tête. Et pourtant, elle était bien là. Il l'avait senti, touché, même si ça n'était que pour quelques secondes. Sa peau n'était pas glacée par la mort et ses mots, il ne les imaginaient pas. C'était une bonne chose, une bonne nouvelle, dont il aurait du se réjouir. Après tout ce temps passé seul, persuadé d'avoir tout perdu, il retrouvait quelqu'un qui avait compté dans sa vie, quelqu'un qu'il aurait sans mal appelée une amie et qui l'avait connu à l'époque où il n'était encore rien de plus qu'un pauvre crétin paumé dans ce chaos comme tous les autres. Et pourtant, de la voir sous ses yeux en ce moment, la joie ne l'atteignait pas aussi brutalement que la colère.

Inconsciemment, Will fit un nouveau pas en arrière, ajoutant encore un peu plus de distance à cette réalité qu'il ne parvenait pas à accepter. Il aurait voulu se contenir, mais il n'y arrivait pas, ça n'était même plus lui aux commandes dans son crâne. « Si je suis seul ? » souffla-t-il, son ton sifflant, narquois, laissait deviner la réaction stupide qu'il n'aurait pas du avoir. Choqué, secoué, il se défendait contre quelque chose qui n'aurait rien du avoir d'agressif. « Personne n'est venu me sauver, moi. Alors ouais, je suis seul et c'est très bien comme ça. » Il n'arrivait pas tellement à se l'expliquer, mais il lui en voulait sincèrement d'être en vie et plus encore de débarquer maintenant. Elias avait déjà fait bien assez de dégâts comme ça en le poussant à replonger dans ces souvenirs, il n'avait pas besoin qu'elle en rajoute une couche. Il n'avait pas besoin de qui que ce soit, en fait. Un an. Il avait passé un an à se débrouiller tout seul, sans que personne ne vienne lui prendre la tête, sans que personne ne se soucie de lui. Et ça lui allait vraiment très bien. C'était plus simple, moins douloureux. Alors que là... Là, à regarder Azia bien en face, des visages qu'il ne voulait plus voir s'imposaient.

Il lui lança un nouveau regard plein de haine et se détourna finalement. Le pas rapide, le cœur battant à s'en rompre les côtes, il parvint à faire quelques pas avant de s'arrêter, incapable d'avancer plus. Seulement quelques mètres, à peine assez pour qu'il cesse de sentir sa présence dans son dos. Il rêvait de prendre la fuite, une fois encore, mais son corps refusait totalement de coopérer, le laissant planter là à dix pas de la jeune femme sans même avoir la force de se tourner vers elle pour la regarder. Il rêvait de prendre la fuite, mais elle était vivante et le mur qu'il avait bâti autour de son cœur au cours de ces douze derniers mois avaient commencé à se fissurer depuis quelques jours, laissant passer quelque chose qu'il détestait profondément. L'espoir. « Tu aurais du revenir, tu aurais du essayer de chercher d'autres survivants. » lâcha-t-il, toujours en colère, mais plus abattu. « Il a donné sa vie pour nous et t'as juste tourné le dos sans broncher. Est-ce que t'as pensé à nous au moins une fois pendant tout ce temps ? » Ses accusations étaient injustes et il le savait, mais... Il n'arrivait pas à les contenir non plus. Elle était là, elle n'aurait pas du et elle allait payer pour tous les autres, pour tous ceux qui ne reviendraient pas.

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Dim 14 Jan 2018 - 14:50
Voir Will, m’a dans un premier temps empli de joie. J’étais sûr qu’à présent, tout irait mieux. On resterait ensemble, on s’occuperait l’un de l’autre, on combinerait nos savoir-faire pour pallier aux manques et aux carences de l’apocalypse. Mais au lieu de ça, j’ai un horrible sentiment de déchirure. Un horrible sentiment de trahison, d’abandon. Me voir ne lui fait pas plaisir. Pire encore, cela le dégoûte. Ma présence seule le dégoûte, le rempli de haine. Je ne pensais jamais lire ça dans le regard de Will, du moins pas à mon égard. Une peur innommable me saisit, alors que je fais tout pour rester zen, loin de lui. Nous avons tous traversé d’horribles choses et Will et moi, en partageons une en commun ; le soir du massacre. J’y ai perdu un groupe d’amis formidable et solidaire, un groupe de survivants gentils et bienveillants. Mais le concernant, il a perdu Aiden et à en croire les plaques qui se trouvent autour de son cou ; soit le militaire les lui a donné avant le massacre. Soit il est venu les récupérer sur son cadavre après la nuit rouge. Ça doit lui briser véritablement que je, sois en vie. Moi, mais pas Aiden.

Sa voix résonne, comme un écho dans mon esprit. Il se tient maintenant à plusieurs mètres de moi, me tournant le dos. Il paraît toujours aussi remonté, aussi venimeux dans ses paroles. Je reste un instant muette, sidérée de tout ce que je viens d’entendre comme reproches en seulement quelques secondes de monologue. Je ne pleure pas souvent, je me considère comme quelqu’un de fort en temps normale. Mais là, Will vient de me poignarder avec rage en plein cœur, plusieurs fois de suite, sans se soucier des dégâts qu’il peut causer sur le passage de sa lame de palabres. Rester maîtresse de mes sentiments, des émotions que je lui transmets, serait une véritable victoire. Mais j’ai du mal, à ne pas me laisser atteindre par la violence de ses propos.

- C’est horrible ce que tu me dis … Je te connais, je sais que tu le pense pas, mais … C’est horrible malgré tout.

Mes yeux sont brumeux, mes mains tremblent. Mon regard se lève vers le ciel alors que je me force à respirer profondément, à rester calme et rationnelle. Aucune larme n’a le droit de couler ici, pas pour lui. Pas pour celui que je ne connais plus. Ma mâchoire est un peu tendue, crispée, mais assez rapidement, je me calme à nouveau et reprends le contrôle, après la vague d’émotions négatives qui me submergent.

- Tu n’as pas le droit de me reprocher d’avoir survécu. Tu n’as pas le droit, de me reprocher d’avoir trouvé quelqu’un pour soigner ma gorge ! Après m’avoir soigné, nos chemins se sont séparés et depuis, je suis moi aussi seule dans Détroit et ses alentours. Bien sûre que j’ai pensé à vous. Il ne s’est pas passé un jour sans que je ne pense à vous.

Je reste à bonne distance, même si mes pieds trépignent au sol et que mes mains crispées et tordues viennent ranger mes cheveux sur mon crâne. Je respire durement, mais vite, je m’apaise.

- Je sais que tu es déçu, que je sois la seule survivante. Je sais même que tu es déçue, que je sois encore en vie mais … Mon seul crime a été le même que le tien, survivre. Non, j’admets ne pas vous avoir cherché, pour la même raison que tu ne m’as pas cherché. Tu étais censé être mort. Moi aussi. Mais Will … C’est une chance, un miracle que nous soyons là, qu’on se croise avec un si parfait hasard !

C’est une chance que le boucher qui m’a attaqué cette nuit, n’ai pas creusé son attaque assez profond.
Je ne lui dis évidemment pas, je n’ajoute rien de plus. Il n’est pas en état d’écouter et ça fait si longtemps, que je ne suis plus certaine de rien. Je n’arrive pas à savoir comment l’apaiser, le rassurer, lui faire comprendre qu’il n’est pas en plein délire… Will, je suis bien là ...
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Mar 16 Jan 2018 - 18:39
Ses mots claquaient dans l'air comme un coup de fouet et, sans voir le visage d'Azia, il devinait son poison s'insinuer dans les veines de la jeune femme. Il allait trop loin, il le savait, il était injuste et mauvais. Et tellement en colère. Tellement brisé par cette situation, par la réalité qui s'imposait sur lui en ce moment et qui venait détruire tout ce qu'il s'efforçait de construire pour se protéger dernièrement. Par toute la colère, la peine et la peur qui se mélangeaient dans son esprit sans qu'il n'arrive à contrôler quoi que ce soit. Ses accusations se portaient sur Azia parce qu'elle était là, mais c'était à lui qu'il en voulait réellement, il le comprit alors que des larmes commençaient à perler aux coins de ses yeux en lui rappelant la dernière fois qu'il avait pleuré. Un an auparavant, alors qu'Aiden lui avait ordonné de partir et qu'il avait couru, droit devant lui, sans se retourner, le souffle coupé et ses yeux débordants d'eau, incapable d'ignorer les bruits dans son dos. Il avait pris la fuite, il avait abandonné Aiden et les autres derrière lui. Il était coupable, pas elle.

Et pourtant, les mots de la jeune femme ne faisaient que l'accabler un peu plus, qu'amplifier sa colère, totalement incapable d'exprimer ce qui le perturbait réellement, incapable de faire le tri dans tout ce qui se précipitait dans son esprit en ce moment, aujourd'hui, ce mois-ci. Sa vie était en train de prendre un tour qu'il ne savait plus contrôler, il se perdait et la seule personne qui aurait pu l'aider à y voir plus clair, il venait de l'agresser de la pire des façons. Soudainement, le jeune homme se retourna, assez empli de rage pour parvenir à faire face à la jeune femme, mais incapable tout à coup de lui hurler dessus à nouveau. « Je ne suis pas déçu que tu sois en vie. » souffla-t-il peut-être trop bas pour qu'elle puisse l'entendre. Quoi que le silence était tellement profond, perçant, qu'on aurait entendu même le moindre petit soupir. Il essuya ses yeux d'un revers de la main, refusant de laisser quelqu'un voir ça, même si ce quelqu'un partageait sa peine et ses secrets.

Il ne savait pas comment lui parler, en fait. C'était ça la difficulté en ce moment. Comment dire tout et se débarrasser de tout pour être e mesure d'apprécier sa présence. « C'est juste... Je ne m'attendais pas à te voir, pas comme ça, pas aujourd'hui. » L'effort que ça lui coûtait de prononcer ces simples mots le rendait fou, sérieusement. Pourquoi fallait-il que tout soit si compliqué en ce moment ? Il avait envie de tourner les talons et de disparaître pour de bon, d'oublier à nouveau. Azia, Aiden, la ferme. Elias. Et tout ce qui lui donnait envie de fuir le retenait ici en même temps. « Comment... Comment t'as fait ? T'étais où, tout ce temps ? » demanda-t-il finalement, détournant les yeux en passant une main sur son visage dans l'espoir de se calmer, de chasser les images et la colère.

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Mer 17 Jan 2018 - 19:03
Will se retourne d’un coup, presque brutalement vers moi. Je ne me sens vraiment pas à l’aise, perdue entre tout ça. Je ne pensais pas que cette retrouvaille arriverait un jour, mais c’est le cas. Si j’avais un jour eu l’espoir de retrouvailles entre moi et d’autres membres du groupe, j’aurais vraiment cru que cela se déroulerait mieux. J’imaginais surement plus de joie, plus d’enthousiasme. Pourtant, j’en viens à me demander si je n’aurais pas dû rester silencieuse finalement... Je ne sais pas si la faute vient de moi. J’aurais peut-être dû rester loin de lui, pour qu’il puisse respirer, prendre le temps de réaliser ce qu’il se passe. Je lui ai carrément sauté dessus mais j’admets que je n’ai pas réfléchis, que j’ai fait ce qui m’est naturellement venu. Et le sentir bien vivant, faisait partit de mes premiers réflexes, ne lui déplaise.
Je reste sage, immobile. Au moins, il a trouvé la force de me faire à nouveau face, mais de loin, le spectacle que je vois me fend véritablement le cœur. Il s'essuie les yeux rapidement, avec des gestes emplis de rage. Comment rester loin de lui, alors qu’il se met dans un tel état ? Will a sans doute souffert de sa solitude. C’est l’impression qu’il me donne, qui transpire dans ses paroles. Personnellement après un tel choc émotionnel, une telle histoire, vivre seule m’a un peu rassurée.

- Tu te souviens, avant l’apocalypse. Je t’avais dit que je m’étais gavé de vidéos sur la survie, sur tous ces trucs … Donc j’avais de bonnes bases.

Je n’ose évidemment pas parler de l’aide d’Aiden, qui m’a appris à me battre au corps à corps. Je suis sûr que le sujet Aiden est encore une plaie béante dans le cœur du brun. Je tente un petit pas vers l’avant, tout en fixant ses réactions. Il est si proche et pourtant si loin. Je ne veux pas qu’il fuit, je veux qu’on puisse parler encore un peu, juste un peu …

- Quand je n’arrivais plus à m’en sortir parce que les denrées se faisaient trop rares, je rejoignais des petits groupes le temps d’un soir, d’une nuit, grand maximum d’une semaine. J’ai faillis mourir plusieurs fois, mais comme tu le vois, je suis encore là et je compte rester en vie longtemps encore…

Je tente un petit sourire rassurant. Quoi qui puisse nous horrifier, tout est loin à présent. Tout ça est derrière nous. Pour l’instant, aucun danger ne nous guette, aucun événement ne nous presse, il n’y a que lui, et moi.

- Will… t’imagine pas à quel point je suis heureuse de te voir en vie ! Je suis désolée si tu t’es senti seul, si j’avais su, je t’aurais cherché je te jure … tu t’en sors ? Tu sais, j’ai du bœuf séché dans mon sac… ça te dis ? On pourrait aller s’asseoir tous les deux dans l’épicerie, prendre le temps de discuter ? T’es super tendu, manger te feras peut-être du bien…

Avant l’apocalypse, rien ne pouvait plus me détendre qu’un bon bain chaud, un repas complet et une soirée à ne rien faire devant la télé. Ca ou sortir séduire dans de multiples bars. Mais comme aucun de ses plaisirs n’est aujourd’hui accessible, j’espère que partager un peu de viande avec moi lui fera du bien. Je n’ose rien dire, mais je sens qu’il a un énorme boulet accroché à sa cheville, qu’il tire seul depuis bien trop longtemps ...
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Jeu 18 Jan 2018 - 18:38
Trop lentement, Will parvenait à chasser la colère et tous les sentiments négatifs qui l'assaillaient pour se laisser gagner par l'indifférence. L'abattement aurait été plus juste. C'était trop lent, trop frustrant, mais il valait mieux qu'il évite de repartir dans l'énervement pour ce seul détail. Et d'une certaine manière, Azia l'aidait un peu à se détendre en lui fournissant des informations qui ne parvenaient pas à capter son attention malgré ses efforts. Mais l'effort en question arrivait à lui faire retrouver son calme et sa concentration. Et il avait échappé à l'explosion lorsque la jeune femme arrêta de parler sur une offre à laquelle il ne savait pas comment répondre. Le manque de nourriture n'était plus tellement une réalité pour lui ces temps-ci et son sac contenait même encore quelques rations préparées par Elias avant qu'il ne prenne la fuite si soudainement. De quoi tenir encore quelques jours, peut-être même plus s'il se contenait, ce qui ne serait clairement pas un problème. La vraie question ne tenait donc pas à savoir s'il voulait manger, mais plutôt s'il voulait avoir une conversation avec son amie, s'il voulait rester ici tout simplement. Et ça, il n'arrivait pas à le savoir, en fait, raison pour laquelle il laissa un silence s'étirer un peu trop longtemps.

Finalement, incapable de faire plus pour l'instant, le jeune homme hocha la tête d'un geste assez nerveux pour confirmer son accord de rester et dépassa rapidement la jeune femme pour entrer dans l'épicerie qui se dressait dans son dos. L'endroit était tout aussi infect et mort que le reste du monde, ça ne le dépaysait pas, au moins et il en fit rapidement le tour, par réflexe plus qu'autre chose, pour s'assurer qu'aucune mauvaise surprise ne finirait par leur tomber dessus. Il revint à l'entrée après quelques minutes, déposant son sac et son arbalète sur le tapis mécanique de la caisse et il s'installa à côté, croisant ses doigts qu'il tirait nerveusement devant lui. Son regard fuyait encore Azia, son malaise pouvait se sentir dans l'air, mais au moins il était là. Le stress le rendait tellement intenable qu'il finit par s'emparer de son sac pour y récupérer l'une des rations qu'il n'ouvrit même pas, jouant seulement avec pour s'occuper les mains, refusant au passage, silencieusement, l'offre de la jeune femme de partager sa nourriture.

« Je me suis débrouillé tout seul avec le peu que je sais faire pendant tout ce temps. » souffla-t-il au bout d'un nouveau moment de silence. Il s'efforçait de rétablir un contact, sans y parvenir vraiment. La conversation ne revenait pas naturellement, il ne savait même pas quoi dire, comment résumer avec plus que cela l'année qui venait de s'écouler pour lui, plongé dans la solitude et la banalité, plongé dans un profond coma qui l'avait probablement sauvé, d'une certaine façon. « Pas de groupe, pas de compagnon de route passager. Juste moi. » Et il n'y avait vraiment rien de plus à dire si l'on excluait les bouleversements de ces dernières semaines, mais ça... Ça n'était pas un sujet sur lequel il se sentait de s'étendre maintenant, sans y être encouragé d'une façon ou d'une autre du moins. « Rien à perdre, rien à craindre. » énonça-t-il comme s'il récitait une règle savamment étudiée et éprouvée. Et elle l'était d'une certaine façon, la vie le leur avait prouvés à tous les deux depuis longtemps.

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Ven 19 Jan 2018 - 21:02
Juste un sourire. C’est tout ce que je souhaitais, un simple sourire gageant qu’il était au moins un peu heureux de me revoir, m’aurait réconforté. Mais rien, aucune marque de joie ne se lit sur son visage ! Un silence plat règne autour de nous, alors que mon cœur se gonfle pourtant de joie, quand je peux remarquer qu’il semble s’être calmé… Au moins, il ne semble pas envisager fuir, peut-être qu’on va pouvoir un peu discuter, qu’il va accepter ma proposition. J’aimerais juste qu’on se pose et qu’on discute, sans forcément remuer les fantômes du passé, simplement comprendre ce qu’il se passe dans sa vie en ce moment, voir si on ne pourrait pas arranger ça. Même si je me refuse à intégrer un groupe, Will est surement le seul avec qui établir de nouveau un contact régulier ne serait pas un problème. Il me passe à côté, alors que mon cœur se serre lorsqu’il me frôle. Tout ça me met dans un état d’angoisse absolument insoutenable … Je me tourne ainsi très lentement et vient me caler juste derrière lui. Je rentre à mon tour dans le bâtiment délabré, et viens m’asseoir vers le centre de la pièce. Will tourne en rond, comme un tigre en cage depuis des mois, vérifiant un peu les lieux. C’est chose que j’ai complètement oublié de faire en me réfugiant ici pour fuir mes assaillants, mais comme je n’ai pas été agressée et que je n’ai rien entendu autour de moi, j’en ai tout simplement conclu, par automatisme, que rien de dangereux ne venait rôder autour de moi… J’ouvre sagement mon sac, silencieuse alors que je le laisse s’installer comme il l’entend après son tour des lieux. Mon visage est assez fermé, mais nullement agressif. Il est même un peu triste, mais je tente de ne rien laisser paraître.

Je me saisis enfin de mon paquet de viande séché, alors que je regarde faire. Il attrape son sac et l’ouvre à son tour, attrapant un paquet de nourriture lui aussi. Je lui tends un morceau, mais il fait celui qui n’a rien vu ou peut-être n’a-t-il vraiment rien vu ? Dans le doute, je me retiens simplement de faire une remarque. Pas du tout rassurée, peut-être même un peu gênée. Le brun vint prononcer quelques phrases, qui me déchiraient le cœur et qui sans raisons, me firent même culpabiliser… Sa solitude semble avoir été corrosive pour lui. Il ne l’a pas bien vécu du tout, s’est même senti purement abandonné en fait. Je suis un poil tendu, parce que j'aimerais au moins lui frotter la cuisse, lui arracher un sourire, mais je reste au lieu de quoi, pétrifiée. Je n’ose pas le toucher, parce que je ne sais pas du tout comment il pourrait réagir.

- Will… tu n’es plus obligé de rester seul maintenant tu sais ?

Je lui souris tendrement, penchant légèrement la tête sur le côté afin de capter mon regard. Même en devenant aveugle, je pourrais voir qu’il ne veut pas me regarder, qu’il fuit littéralement mon regard. Je tente pourtant de paraître le plus détendue possible, le plus naturelle du monde. Je mastique tranquillement ma viande, faisant bien attention de prendre le temps, de manger lentement et de petits bouts, afin de ne pas trop en manger sur mon paquet. La viande séchée est un apport certain en protéines, c’est donc essentiel pour moi que de considérer tout ça comme très précieux.

- On pourrait … reconstituer notre groupe, mais avec simplement deux membres. Je te dis pas qu’on… doit rester sans arrêt ensemble. Mais on pourrait se trouver un petit QG, éloigné de la ville ? Passer quelques jours là-bas ensemble, bouger en se laissant juste un petit mot sur la vitre à l’aide de la poussière, être sûr qu’on va bien, qu’on est toujours de ce monde …

Tout ça paraît un peu idyllique prononcé de la sorte, mais je l’imagine vraiment ainsi. Si on s’y met à deux, on pourrait faire des folies ! Je suis plus que déterminée. On pourrait trouver une maison pas trop délabrée, cherché dans le coin, pleins de matelas. On s'organiserait une pièce entière au sol tapis de matelas rebondit, de couettes en tout genre trouvées dans les maisons, on se ferait une vraie zone de repos. Barricader les fenêtres, se faire une vraie forteresse où on pourrait aller quand on veut, mais aussi où on pourrait accueillir de pauvres survivants le temps d’une nuit…

- Moi je suis très contente de te revoir … t’es sûr de pas vouloir un morceau de viande ?
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Hier à 16:42
Assez brusquement le regard de Will se releva pour se poser sur la jeune femme et il l'observa sans rien dire, sans parvenir à se détendre. Plus obligé d'être seul... C'était un très joli rêve, vraiment et il aurait pu s'y laisser prendre à une époque, mais aujourd'hui... Les choses se révélaient un peu plus compliquées que ça. Et Azia avait une façon de présenter les choses assez particulière, assez maladroite en fait. Reconstituer leur groupe, mais seulement à deux. Le dire comme ça, ça n'était vraiment pas une très bonne idée pour convaincre Will. Il n'arrivait tout simplement pas à se visualiser avoir encore quelque chose, quelqu'un à qui s'accrocher, un endroit où revenir à la fin de la journée, quelqu'un qui s'en ferait de ne pas le voir. Il avait pris la fuite de Fort Hope à cause de cette peur idiote. Il venait de laisser Elias derrière lui exactement pour éviter tout cela. Et à peine une semaine plus tard, tout recommençait. Il n'était pas prêt pour ça, tout simplement. Peut-être qu'Azia aurait pu l'aider avec cela, elle le connaissait, elle connaissait les squelettes cachés dans son placard, mais il n'était pas certain de pouvoir s'exprimer.

« J'ai de quoi manger pour des semaines, ne t'en fais pas pour moi. » souffla-t-il finalement, revenant précipitamment à lui en tendant légèrement la ration qu'il tenait. Il était toujours trop maigre, mais il reprenait doucement du poids, de la vie. Enfin, ça repartirait aussi vite maintenant que le soldat ne serait plus là pour le nourrir, mais pour le moment il lui restait encore de quoi s'en sortir quelques temps. Il laissa un nouveau silence s'installer légèrement avant d'inspirer profondément. Il ne considérait pas devoir énormément au reste du monde, mais Azia... Ils avaient été amis, à une époque. Plus que deux simples survivants dans le même groupe et elle devait bien être la seule personne au monde à comprendre réellement ce qui le retenait en arrière. « C'est compliqué pour moi, en ce moment. » avoua-t-il à voix basse. « Je suis heureux de savoir que tu vas bien, c'est juste... Tout va trop vite, j'ai du mal à faire le tri. » Elle en aurait sans doute aussi s'il continuait de parler de cette manière, mais il n'arrivait vraiment pas à faire mieux. Il fallait d'abord qu'il se calme, qu'il se pose. « Je croyais que j'étais prêt à être avec d'autres personnes, à tourner la page sur la ferme et sur Ai... » Il s'arrêta brusquement, la gorge nouée incapable de lâcher un mot de plus et ferma les yeux quelques secondes le temps de se reprendre. « Mais ce n'est pas le cas. » souffla-t-il finalement, prenant sur lui de résumer au mieux la conclusion qui s'imposait d'elle-même dans son esprit après plusieurs jours. Il y avait encore trop de fantômes du passé qui le hantait et Azia en serait un plus que les autres. « Je suis désolé, je me doute que ce n'est pas ce que tu veux entendre. »

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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Hier à 18:02
Cet instant, où je me sens impuissante et malhabile. J’ai l’impression qu’à chaque fois que je bouge, qu’à chaque fois que je parle ou même que je respire, Je pense que de toute manière vu l’état mental de Will, aucune palabre, aucune phrase ne pourrait sonner assez juste pour ne pas l’atteindre en plein cœur. J’aurais beau, même tirer les yeux fermés, mes mots auraient l’effet d’un poison sur son esprit. Je me sens désemparée, pas mal nul, mais je refuse de lui montrer. Je me contente de hocher la tête et d’écouter ce qu’il me dit. Son refus me mets évidemment un léger coup au cœur, mais je peux tout à fait comprendre ce qui le pousse à refuser, à s’éloigner de moi une nouvelle fois. Peut-être qu’un jour nos chemins se recroiseront, que ce jour-là il sera prêt à me revoir mais dans ma parfaite honnêteté, je doute que cela n’arrive un jour. Je pense simplement faire partie d’un passé trop douloureux à porter pour lui et malgré ma déception, je ne peux lui en vouloir. Je m’approche très légèrement de lui, grattant quelques millimètres entre nous pour me pencher et lui serrer le genou doucement, avec affection et chaleur. Mon visage est toujours pourvu de ce sourire simple, tendre et bienveillant.

- Je ne t’en veux pas Will, je comprends tout à fait. Les blessures mettent du temps à se refermer, certaines finissent par disparaître et d’autres laissent leur marque.

De ma main libre, j’effleure pensivement ma gorgée marquée par un passé également douloureux à porter. Mais je ne me laisse pas abattre, consciente que ce n’est pas moi le sujet, mais bien Will. Je lâche son genou et reprend un petit bâton de viande. Mon regard sombre reste rivé sur lui avec neutralité, lui laissant sentir bien qu’il continue de l’éviter que mes paroles sont sincères. Je suis déçue, mais n’en montre rien. Je préfère esquiver les choses, c’est bien mieux de ne pas le blesser davantage. Peut-être est-il trop tôt dans nos retrouvailles pour parler, mais j’ai un réel besoin de lui dire quelque chose.

- Tu ne devrais pas t'empêcher d’avancer pour Aiden, tu devrais au contraire avancer en son nom, en sa mémoire. Aiden nous a permis d’avancer, s’il était là, je doute qu’il apprécierait qu’on se retarde en son souvenir. C'est sincère.

Selon moi, ça crève les yeux que Will n’est pas prêt à entendre ça, ça crève les yeux qu’il n’a pas pu faire son deuil et que ma résurrection n’arrange rien à tout ça. Mais je pense qu'un point de vu à l'opposé de ses idées ne peut être que bénéfique.

- On se reverra surement, je n’ai aucun doute là-dessus. Et quand ça arrivera peut-être que tu y seras prêt !

Avec douceur, le dos de ma main effleure l’angle de sa mâchoire, pour l’encourager à lever la tête, à enfin affronter mon regard même si celui-ci peut lui faire mal. Je suis toujours aussi détendue, le mot heureuse peut peut-être convenir d’ailleurs, car c’est une vraie joie pour moi de savoir qu’il est encore en vie.

- Tu es bien plus fort que tu ne le crois Will. Tu l’as toujours été. Même si les épreuves que tu as traversé t’ont affaibli en surface, je sais que t’es le même à l’intérieur. Même si tu te crois perdu tu sais où tu vas et un jour tu t’en rendras compte.
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MessageSujet: Re: The key to having no fear, is having nothing to lose [Azia]   Hier à 23:35
Il n'avait fait que lui dire, du mieux qu'il pouvait, ce qui le retenait encore, ce qui l'empêchait d'avancer et d'imaginer un monde dans lequel être avec une autre personne ne serait pas une source constante de malheur. Elle pouvait comprendre, non ? Et puis, il venait de lui dire, rien à perdre c'était sa nouvelle philosophie quand bien même la vie lui mettait dans bâtons dans les roues à ce sujet. Mais sans aucune surprise, Azia ne comprit pas tellement ce qui le bloquait. Ou peut-être qu'au contraire, elle ne comprenait que trop bien. Elle disait qu'elle comprenait, en tout cas. Et autre chose, qui força Will à relever les yeux vers elle et à la regarder fixement pendant quelques secondes. Ce qu'Azia disait avait du sens, sans doute. Il connaissait Aiden mieux qu'elle, théoriquement et même lui ne pouvait pas nier qu'elle avait raison. Mais il n'arrivait pas à tourner cette page, on ne lui en avait jamais réellement donné l'occasion tout simplement. Il avait eu à se refermer pour survivre après l'attaque et depuis... Il n'avait jamais pris ce temps.

Un peu trop longtemps sans doute, Will essaya de lutter contre son envie de hurler, son envie de fuir, de baisser les bras. Il continuait d'entendre Azia lui parler, mais les mots arrivaient difficilement à trouver un sens. Ce ne fut qu'au ton de la jeune femme qu'il comprit qu'elle était en train de lui dire au revoir. Et, précipitamment, il releva les yeux, tendant une main pour la retenir, pour l'empêcher de disparaître. Il ne se voyait vraiment pas repartir d'ici avec elle, c'était au-dessus de ses forces à l'heure actuelle. Et il lui en voulait peut-être un peu d'oser prononcer le nom d'Aiden devant lui, mais certainement parce qu'il n'arrivait pas à le faire tout seul. « Je l'ai laissé mourir. » souffla-t-il à voix basse, évitant rapidement de croiser le regard de la brune. « J'aurais pu l'aider, mais il m'a dit de partir et je l'ai fait. Sans me retourner. Comment tu veux que j'avance ? »

Il se doutait qu'elle n'aurait pas la réponse à cette question, mais pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés face à face, Will osa regarder la jeune femme dans les yeux sans essayer de s'échapper. Pour la première fois, il ne cherchait pas à la fuir et attendait juste qu'elle lui trouve la solution miracle qui n'existait probablement même pas. « J'ai rencontré quelqu'un. » reprit-il, plus bas encore. « Chaque fois que je regarde ce mec, je cherche à trouver un point commun avec lui, c'est... Comment tu fais pour tourner la page ? Comment tu fais pour vivre avec un souvenir comme ça et laisser de la place au reste quand même ? Je ne comprends pas comment tu peux avoir envie de partir avec moi alors qu'on a déjà tout perdu et que ça peut arriver de nouveau. Et ce type... C'est encore pire. Il a carrément tout un groupe, de l'eau, une maison... Comment on s'en relèvera, si ça arrive une seconde fois ? » Le simple fait qu'il ait besoin de poser cette question le rendait fou, en fait. Qu'il ne sache pas. Que pour la première fois de sa vie, il ne sache pas quelque chose et qu'aucun livre au monde ne puisse lui expliquer, lui donner la solution. Que d'avoir un Q.I au-dessus de la moyenne, un cerveau capable de réfléchir à une vitesse folle, que rien de tout cela ne l'aide à trouver la bonne réponse. Ça n'avait rien de logique et il ne savait pas comment vivre sans la logique. Plus maintenant, en tout cas.

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