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 Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith

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MessageSujet: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Mar 16 Jan - 0:46

Et où vas-tu comme ça ?
Heaven & Bobby

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Send my angel - Scorpion »
C'est une douce berceuse qui s'élève dans la chambre de Heaven tandis qu'elle tentait de faire dormir Daniel. Rapidement, la jeune femme était parvenue à prendre son rôle de mère de substitution très à cœur. Son sommeil n'était plus aussi lourd maintenant qu'elle se savait responsable de ce petit bout de vie aux joues adorablement roses et qui la faisaient constamment craquer. Le revers de sa main caresse d'ailleurs l'une d'elles puis les cheveux et enfin, en bonne croyante, la jeune femme fit un signe de croix sur le front du bambin endormie. Aujourd'hui, la jeune femme prendra le temps de se reposer en même temps que l'enfant après avoir passé une nuit blanche à veiller sur ce dernier. Le pauvre faisait ces dents encore et cela n'était vraiment pas agréable fièvre et désagrément en un genre particulièrement peu ragoûtant se passait dans sa couche. Jamais la jeune femme n'aurait imaginé en arriver là, en tout cas, pas dans l'immédiat. Cependant, lorsque vous êtes responsable d'un enfant, mère ou non, un certain instant prend le dessus et vous savez quoi faire quand vous vous efforcez à comprendre ce dernier. Au début, ce ne fut guère facile pour la jeune femme qui s'est appuyée sur son oncle et Bobby qui étaient bien plus expérimentés qu'elle dans le domaine. Mais, par la suite, les choses devinrent une évidence et l'évidence son quotidien. Ce qui apaisait le cœur de Heaven, c'était de voir l'espoir endormi dans ce berceau de fortune. Daniel représentait à lui seule tellement de chose et il n'en avait pas encore conscience. Cependant, en grandissant, il s'en rendra compte et au moins sera-t-il dans une vie à laquelle il sera bien plus habitué que les survivants actuels. Il saura comment s'en sortir et que ce soit la jeune femme, le médecin ou encore ce golem au grand cœur, chacun apportera une pierre à l'édifice de sa vie.

Le voyant s'endormir, la jeune scientifique sourit soulagée. Il va pouvoir se reposer et elle aussi par la même occasion, en tout cas, c'était ce qui était prévu jusqu'à ce que des pas lourds et reconnaissables retentirent dans le couloir. C'est étrange, de coutume, Bobby arrivait à être particulièrement prudent dans sa démarche pour ne gêner personne. Là, quelque chose devait se passer et cela devait être important. Depuis le temps, qu'ils vivaient ensemble, Heaven commençait à connaître celui qu'elle considérait dorénavant comme son meilleur ami, sauveur et protecteur. Il avait tant fait pour elle, parfois des choses qu'il ne pouvait même pas soupçonner que forcément, une complicité et une proximité s'étaient liés entre eux. Et ce même, si Bobby s'évertuait à penser qu'il n'en était pas digne. Sottise que tout cela, son oncle et elle ne cessaient de lui répéter qu'il méritait largement cela et tellement plus encore. Mais c'est comme tenter d'obliger le vent à arrêter de souffler ou de demander aux morts de se repaître de chair humaine. L'objectif de la jeune femme n'était pas seulement de trouver un remède, mais également d'aider Robert à s'accepter et à avoir plus confiance en lui-même. Pour le moment, disons que cette route est extrêmement chaotique.

Étrangement, les bruits qui s'élevaient et qui heureusement, ne dérangeaient en rien le sommeil de Daniel, confirmaient à Heaven que les choses allaient empirer. Offrant un autre regard à Daniel, la jeune femme sourit et se dirigea vers le cabinet de son oncle et passa la tête dans l’entrebâillement et effectivement, ne fit que confirmer ses craintes surtout après avoir vu la silhouette de Bobby disparaître rapidement pour rejoindre sans aucun doute son lieu de vie aussi sombre que son esprit ces derniers. A croire que tout le monde se liguait contre les efforts que l'homme faisait et que Heaven encourageait à changer ne serait-ce que pour se sentir mieux dans sa tête. Ce qui pouvait énerver la jeune scientifiquement, c'est qu'il se dénigrait physiquement. Certes, il n'était pas un canon de beauté, mais la jeune femme ne se trouvait pas aussi grande qu'elle le souhaitait et fort comme les amazones. Mais, elle se contentait de ce que Dieu lui avait offert dans sa bonté. Et Dieu avait offert un cadeau merveilleux à Bobby. Sa gentillesse, sa générosité, une belle voix lorsqu'il se met à chanter et surtout une parfaite immunité contre ce virus qui a décimé la population mondiale.

Heaven ma chère! Vous tombez à point si j’ose parler de la sorte. Robert semble bouleverser et surtout, j’ai cru remarquer quelques lésions sur les rares endroits que son armure semble ne point protéger outre-mesure. Vous pouvez aller vous enquérir de sa santé ma chère?

Se redressant doucement, la jeune femme hocha la tête entrant tout de même pour prendre le nécessaire afin de nettoyer les blessures que ce pauvre Bobby a dû encore gagné dans l'une de ces multiples sorties et pour protéger cette jeune femme inconsciente et qui... « Mon dieu... » À peine avait-elle vu l'étendue des blessures que Heaven comprit que cette gravité n'était pas seulement physique, mais également psychologique. Un tel geste, Heaven aurait pu le commettre sans réfléchir si elle n'avait pas eu de soutien aussi fort et surtout un enfant qui l'attendait dans sa chambre. Sans traîner davantage, elle se rendit dans le sous-sol pour y chercher Bobby.

S'attendait-elle à cela ? Pas vraiment, mais plus d'une fois, la jeune femme avait songé qu'un jour cela arriverait, mais pas avec Daniel qui était à présent sous leur garde.

« Bobby ? C'est moi. » Fit-elle alors, qu'elle le regardait un peu tristement. « Oncle Alair m'a dit que tu avais sans doute besoin de soin. » Celle-ci se rapprocha lentement pour déposer ce qu'elle avait emporté du petit cabinet. « Je ne préfère pas parler maintenant... Commençons par tes blessures, tu veux bien ? Retire tout ça pour que je vois ce que tu as. » Si jamais Heaven venait à s'exprimer maintenant, cette dernière risquait fort de s'emporter. Décidément, Bobby était le genre d'être vraiment adorable, mais tellement instable et surprenant qu'on ne savait jamais ce qu'il allait faire.

Avec une certaine douceur, Heaven l'aida à retirer ces protections, lourdes pour elle, mais certainement de plume pour ce puissant mastodonte. Soudainement, une idée lui traversa l'esprit pour calmer son ami qui par moment ressemblait à un animal apeuré et ayant fait du bénévolat dans un chenil, Heaven savait que douceur et chant avaient toujours son petit effet. Alors, étant donné que les idées ne circulaient pas aussi rapidement qu'elle le souhaiterait, elle opta pour la chanson qui l'avait conduit jusqu'à elle.

Une fois libérée de ce carcan lourd et étouffant, sans arrêter de chantonner, elle entreprit les soins qui n'était pas très jolie, mais la quantité de sang venait plus de cette pauvre jeune fille que de son ami. « Dis-moi si je te fais mal d'accord ? » Fit-elle un instant avant de reprendre sa chanson.
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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Dim 21 Jan - 19:24
Des ruisseaux de cristaux salés coulaient librement sur les joues mal rasées de la chose pitoyable. Maintenant plus que jamais son existence pitoyable avait poussé une âme humaine au suicide. Si Robert avait trépassé au début, l’adolescente chétive sera vivante et n’aura aucune lésion. Rocky aboya de détresse, empathique avec son maître au grand cœur, de sentir les effluves du désespoir qui émanait de l’immense carcasse grotesque de la lie de l’humanité. Appuyant sa main immense et ensanglanté sur le mur de son refuge souterrain, le simplet à l’âme si pure essayait tant bien que mal de se ressaisir un peu. Il respira avec profondeur, son torse immense se souleva et s’affaissa comme un soufflet de forge. Le monstre de foire était totalement désemparé, se sentant de nouveau inutile et porteur de la pire malédiction qui se pouvait en ce bas monde. Le sosie de Frankenstein sentait au plus profond de ses tripes que s’il restait tout près des sublimes lueurs d’humanité qu’étaient les gens de la clinique, la Faucheuse impitoyable allait venir réclamer son dû odieux et prélever la vie de ces êtres formidables. Le géant ne pourra être présent, voire de ses yeux, la mort de ses anges qui lui avaient tendus la main alors que la masse des survivants le rejetaient en bloc. Sa décision prise, se fichant de ses blessures bégnines qui laissaient échapper des gouttelettes de fluides vitales, le colosse balafré rassembla avec frénésie ses maigres possessions.

Sa candeur surnaturelle lui fit déposer ses trouvailles du jour, les quelques chocolats pour l’ange à la chevelure doré comme un soleil majestueux, une trousse de soin pour le vieux praticien et un hochet pour le bambin dans les marches tout près. Le chien tourna en rond, essayant de calmer l’homme difforme dans sa razzia pour s’éloigner de ceux qui avaient pris une place primordiale dans son immense cœur lézardé par les griffes de la tristesse. Fourrant quelques effets personnels dans son sac à dos presque vide de tous souvenirs, une voix céleste fit figer l’erreur de la nature comme le serait un pauvre hère devant le regard pétrifiant de la méduse.

Heaven- Bobby ? C'est moi. Oncle Alair m'a dit que tu avais sans doute besoin de soin. Je ne préfère pas parler maintenant... Commençons par tes blessures, tu veux bien ? Retire tout ça pour que je voie ce que tu as.

L’empathique créature fit la tristesse dans les yeux merveilleux et lumineux de l’ange. Une preuve de plus qu’il devait partir loin de ces êtres divins à qui le monstre de foire n’amenait que douleur et chagrin. Elle pouvait aisément voir la détresse, l’incertitude et le désarroi dans les lueurs océaniques du regard de celui qui se voyait comme un moins que rien, la lie tout bonnement d’une société sur le déclin. Il se décala un peu aussi longtemps que la jeune femme n’ait mis des gants de protections pour se prémunir de sa laideur et du sang corrompu qui coulait dans son organisme honni de tous. Bientôt les lourdes plaques de l’armure fais de bric-à-brac chutèrent au sol. Heaven tendit une main gracile, débordant de pureté et de douceur, vers la peau immonde et crevasser de cicatrices de la bête. Les ergots tranchant d’une goule avait labouré le flanc du golem couvert de scarifications horribles. Secouant la tête, Robert supplia silencieusement que l’être de lumière ne lui demande d’enlever la mince protection de coton qui la sauvegardait des ravages de son torse qui ressemblait à paysage de haine désolé. Dans l’esprit lent de la chose, de l’homme difforme qui ne désirait que s’effacer de leur souvenir pour laisser la chance de survivre loin de son aura de malheur, il se disait en boucle qu’il n’avait pas le droit à autant de bonté et de gentillesse. Heaven était devenu si importante pour tous de par ses recherches, mais Robert ne voyait que l’âme scintillante et remplit de candeur de la jeune femme. Elle était devenue en fait plus importante que sa propre vie. Alors de ses lèvres pulpeuses et qui ne devait que s’adresser aux adonis de ce monde une douce chanson apaisa à la seconde le géant au cœur d’or tourmenter. Il aurait aimé la protéger, ériger autour d’elle et de sa famille des murs translucides que le mal ou les abominations ne pourront fracasser. Robert la voyait lui apprendre à déchiffrer des mots dans les recueils, de leurs discussions près du thé avec le vieil oncle si charmant. Des nuits qu’ils avaient passé coucher devant la porte de l’ange pour lui apporter un semblant de réconfort. Des chants que l’ancien mineur avait poussé à s’en faire casser la voix pour soulager la peine nocturne de celle qui avait dérobé son cœur sans le savoir. Des berceuses qu’il avait fredonner au petit chérubin et des heures qu’il avait passé à dormir dans les bras immenses et réconfortants de la chose pathétique. Il se laissa aller dos au mur et il glissa juste au sol comme subjuguer par la voix sublime que mêmes les émissaires de Dieu doivent être jaloux d’entendre.

Heaven- Dis-moi si je te fais mal d'accord ?

Le regard océanique ravager par la honte s’ancra dans celui céleste et semblable au ciel d’été de par la couleur et la pureté. Ses lèvres exsangues, tremblantes par la souffrance qui enserrait ce cœur d’or que peu avait su voir, bougèrent faiblement pour répondre dans un murmure au ton rocailleux.

Robert- Tu ne fais jamais mal… Euh… Moi j’emmène la mort et la souffrance ou je vais… Euh… J’aurai dû mourir à la place d’Albert…

Voyant le regard interrogateur de la belle, la bête passa sa large main ensanglantée pour essayer d’endiguer les larmes qui semblaient s’écouler à l’infini. Rocky se coucha sur les genoux de son maître, un geste de réconfort et surtout pour essayer qu’il ne bouge plus ou commettre une bêtise.

Robert- Albert est mon jumeau… Euh… Séparé à la naissance… Euh… Mamy me l’avait dit mais je croyais que c’était pour me consoler, de ne pas être le seul monstre de la création… Euh… Lui et l’ange blessé s’aimait… Euh… Il est mort…

Prenant une grande respiration, flattant l’encolure du berger allemand pendant que celui-ci léchait la paume gigantesque de son maître, le colosse balafré baissa les yeux de honte.

Robert- En me voyait elle à décider de se suicider pour le rejoindre… Euh… Si j’aurai pu prendre sa place elle aurait été heureuse et je n’aurai pas été un boulet pour personne… Euh… Toute ma vie j’ai toujours senti un vide dans mon cœur… Euh… La place que devrait occuper mon frère… Euh…


Avalant sa salive avec difficulté, le géant releva timidement les yeux vers l’ange de lumière et de bonté.

Robert- J’essaie d’aider et je ne fais que nuire… Euh… Si je serais toi je ne resterais pas et perdrait pas de temps avec moi… Euh… Je ne veux pas qu’ils vous arrivent des souffrances… Euh.. Je vais partir pour ne pas vous apporter poise… Euh… Tu peux garder Rocky avec toi? Il va te défendre…

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La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres.
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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Ven 26 Jan - 21:20

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À quoi m'attendais-je en me rendant dans les sous-sols ? Caverne de Bobby qui ne cesse de penser que les ténèbres lui convient mieux que la lumière. J'ai dû mal à le comprendre par moment pourquoi a-t-il si peu d'estime de soi ? Pourquoi se sent-il dans le besoin d'exercer sur lui-même des propos monstrueux ? D'autre viendrait à se battre pour prouver le contraire, alors que lui affirme la vérité de ce que peuvent penser les gens qui refusent de voir au-delà des apparences. Moi, j'ai su entrevoir la bonté tout comme mon oncle alors, pourquoi n'en fait-il pas autant ? Vous n'imaginez pas à quel point c'est fatiguant de devoir répéter sans cesse la même chose à un homme qui s'entête à penser qu'il a raison et que le monde ira bien mieux s'il n'était pas présent. Bobby ne semble pas saisir que sans lui, beaucoup seraient sans doute mort, moi par exemple. Je me serais jeté sans réfléchir dans la vague de ces êtres carnassiers ne désirant que mordre dans ma chair pour s'en repaître et boire mon sang comme des vampires dont la transformation fut un véritable échec. J'en soupire tellement de fois qu'il m'arrive de perdre tout espoir. Mais, cette vision semble s'effacer de son esprit lorsqu'il tient Daniel dans ses bras et tout le mal disparaît de son cœur et de son regard. Bobby devrait être plus souvent apaisé et pas uniquement la victime de la médisance des autres et de lui-même. S'il avait un plus confiance en lui sans doute qu'il se porterait bien mieux.

Je me suis fait un devoir de le lui rappeler au jour le jour même si je dois avouer que parfois, je me montrais un peu trop froide dans mes propos. Le grondant comme un enfant pris en faute lorsqu'il fait une bêtise. Mais croyez-moi, par moment, c'est dur, il semble que Bobby ait besoin d'une éducation solide et bien heureusement, oncle Alair s'est proposé à ce rôle. Je ne veux même pas savoir comment cela se passe espérant voir des résultats positifs sous peu. Mais, c'est comme donner des coups d'épée dans l'eau ou vouloir aller contre la marée. Bobby est tellement convaincu qu'il ne semble pas vouloir faire d'effort même s'il essaye, plus pour nous faire plaisir que pour une nouvelle vie.

Du haut des escaliers, je l'ai vu s'affairer à préparer ces affaires, prêt à s'envoler comme un oiseau décidé à quitter son nid. Je sens ça comme une trahison de sa part, comme un abandon. S'il décide véritablement à s'en aller, pourrai-je seulement le lui pardonner ? Dans l'état actuel des choses, je l'ignore, je reste perplexe quant à ma propre réaction. Durant un instant, je reste figée ne sachant quoi faire, je prends simplement le temps de calmer l'affluence de mes pensées pour ne pas me montrer trop brute dans mes paroles. Mais, l'impassibilité et l'once de déception qui s'élèvent, ont eu raison de moi et de mes efforts. Je pense qu'il a dû le sentir et s'en vouloir immédiatement, ce n'était pas mon envie qu'il se sente plus mal qu'il devait l'être. Cela m'a échappé et je me suis sentie mal de le blesser, lui qui est plus sensible qu'on ne peut le croire. Bobby a cette facilité à aller d'un extrême à l'autre. Il pouvait être d'une douceur étonnante, mais d'une foudroyante colère surtout quand on s'en prenait à un innocent. Cependant, quand on le critiquait, il se renfermait dans sa coquille et il était difficile de l'en sortir, il ne trouvait que du réconfort dans l'amour de son chiot et aussi du bébé à présent. Parfois, j'ai l'impression que je ne pouvais pas accéder à son cœur, je voudrais tant l'aider, mais sa façon de s'éloigner me donnait l'impression d'être rejeté. Pourtant, je sais que c'est pour me protéger de lui, mais cela n'empêchait pas de ressentir cette maudite impression.

A ma demande, il se contente de s'exécuter, un peu comme un androïde programmé pour obéir. Tout est automatique, mais son visage ne peut se séparer de cette profonde lueur de terreur et de tristesse qu'il éprouve. Mais que s'est-il passé pour qu'il soit dans un état pareil ? Qu'est-ce que cette fille a fait ou a dit pour mettre Bobby dans un état pareil. Déjà, j'en veux à cette pauvre fille allongée sur le brancard que mon oncle tente de soigner et sauver au vu du sang considérable qu'elle continue de perdre. Soupirant intérieurement, je me prépare au soin mettant des gants pour éviter toute prolifération de microbe, c'est la base en matière de science et de médecine. Mettre des gants pour se protéger et protéger les autres.

Voir l'étendue de ces blessures m'étonne toujours autant, mais ces dernières ne me dégoûtent aucunement. Chacune représente sa vie et aussi celles qu'il a pu sauver depuis le début du chaos. À nouveau, il a dû jouer les gargouilles protectrices pour empêcher qu'on fasse du mal à cette jeune fille. Je me retiens de soupirer et j'observe son air hésitant.

« Allons Bobby, ne fais pas l'enfant, tu dois retirer ton haut pour que je puisse te soigner. » Je ne fais pas attention à sa supplique silencieuse, même ce regard qu'il m'offre ne me fait rien. Je suis obligée d'être ferme par moment pour qu'il s'exécute, je sais qu'il le fera, mais avec regret. Quand il retire son haut, il peut voir que mon regard est absent de tout dégoût.

Non, cela ne me fait rien de voir le désastre sur son torse. Cela fait partie de lui et je suis plus triste qu'autre chose en vérité. Bobby a vécu trop d'horreur pour si peu d'année de vie. Mon cœur se fend et mon âme se déchire un peu plus. Je sens le désespoir émaner de son corps et son torse semble se faire plus transparent pour que je puisse voir le mal qui ronge son cœur de plus en plus.

- Tu ne fais jamais mal… Euh… Moi j’emmène la mort et la souffrance ou je vais… Euh… J’aurai dû mourir à la place d’Albert…

Mon geste se suspend alors que je désinfectais les blessures récentes. Mon regard croise le sien, mais c'est comme s'il m'évitait honteux de ce qu'il disait et de ce qu'il pensait représenter pour ce monde.

« Bobby... Pourquoi dis-tu cela ? Et qui est Albert ? »

Il y a des moments où je ne saisis vraiment rien de ce qu'il me disait. Il avait tellement de douleurs qui se mélangeaient en lui que c'était difficile de le suivre.

- Albert est mon jumeau… Euh… Séparé à la naissance… Euh… Mamy me l’avait dit mais je croyais que c’était pour me consoler, de ne pas être le seul monstre de la création… Euh… Lui et l’ange blessé s’aimait… Euh… Il est mort…

Mes mains se crispent soudainement devant cette étonnante révélation. Je ne peux m'empêcher de penser à ma sœur et de comprendre ce vide immense qui devait régner en son cœur et en celui de cette pauvre jeune fille qui avait perdu l'homme de sa vie. Je me retiens de pleurer alors, que je ne souhaite que cela. Cette histoire me touche bien plus qu'on pourrait le croire. Oh oui, je sais ce que c'est que de perdre une moitié de soi et un amour. Oui, je sais, le désarroi dans lequel cela nous plonge et le désir irrépressible de vouloir mettre fin à sa vie pour rejoindre celui qui a fait battre notre cœur et en rendre la mélodie si belle. Oh mon pauvre Bobby, combien de temps dois-tu souffrir encore. Combien de fois, devra-t-on te sauver de ta douleur et de toi-même.

- En me voyait elle à décider de se suicider pour le rejoindre… Euh… Si j’aurai pu prendre sa place elle aurait été heureuse et je n’aurai pas été un boulet pour personne… Euh… Toute ma vie j’ai toujours senti un vide dans mon cœur… Euh… La place que devrait occuper mon frère… Euh…

Doucement, je termine les soins sachant que ma rapidité allégera le dégoût de me montrer son corps, même si à sa vue, je n'éprouvais rien de ce genre. Je pose des bandages ici et là tout en l'écoutant et cherchant de quoi alléger son ressenti.

« Bobby... » Finis-je par murmurer. « Ce n'est pas ta faute, c'est sa douleur qui lui a fait faire ce geste. Elle souffrait déjà avant de te voir. » Me séparant des gants que je déposais sur le plateau, je finis par porter ma main à son visage pour effacer une perle salée qui coule au coin de son œil gauche. « Crois-moi, je sais ce que tu éprouves. Ce vide au fond de toi, chaque jour, je le ressens. Le manque d'Heather est parfois si pesant que je peine à respirer. Mais, il y a des choses qui méritent que l'on se batte, j'ai trouvé mon combat. Oncle Alair, Daniel, mes recherches... » Je lui souris. « Et toi Bobby. » Prenant son visage en coupe, je l'observe et l'oblige à me regarder. « Moi aussi, j'ai pensé à mettre fin à ma vie. Plusieurs fois même. Pourquoi crois-tu que mon oncle dormait à peine. Pourquoi je me plongeais dans un état de mutisme. Ma douleur m'était parfois trop pesante que je me disais que la mort valait mieux pour moi. La tristesse et le deuil vont faire des choses incompréhensibles, mais qui nous semblent tellement logique aussi. Cela a été le cas pour cette jeune fille, tu ne dois pas te sentir coupable de ce geste. »

- J’essaie d’aider et je ne fais que nuire… Euh… Si je serais toi je ne resterais pas et perdrait pas de temps avec moi… Euh… Je ne veux pas qu’ils vous arrivent des souffrances… Euh.. Je vais partir pour ne pas vous apporter poise… Euh… Tu peux garder Rocky avec toi? Il va te défendre…

« Et quoi, tu vas passer ton temps à fuir ? » Fis-je en l'obligeant à rester assis. « Bobby, tu ne portes la poisse à personne. Si tu n'avais pas été là, beaucoup seraient morts sans ton intervention et j'en fais partie. » J'esquisse un sourire. « Ils ne nous arrivera rien. Ne pense plus aussi négativement s'il te plaît. » Doucement, je me redresse et le prends contre moi, l'enlaçant sachant qu'il a besoin d'alléger sa peine. Je pensais me montrer plus cru envers lui, mais je comprends l'étendue de son désarroi et je ne peux que le comprendre, mais je refuse qu'il se pense fautif de quoi que ce soit. « Nous t'aimons tous Bobby... On veut que tu restes avec nous, moi aussi, je le veux et puis... Contre qui Daniel va s'endormir et se calmer si je n'y arrive pas. » Je relève son visage vers moi à nouveau. « Au cas où cela t'aurait échappé, nous sommes parents maintenant. Le père de Daniel nous a désigné toi et moi pour prendre soin de son fils. C'est qu'il a vu en toi quelqu'un de formidable. Ne me dis pas que tu ne l'as pas compris. Cet homme n'a pas vu de monstre en toi, mais un homme capable d'élever et d'aider son fils à devenir un homme aussi bon que tu l'es. » Mes yeux brillent. Les larmes me piquent, mais je me retiens. Sa douleur semble se lier à la mienne, celle que je vis chaque jour et pourtant, je me bats pour Daniel que je considère déjà comme mon fils, ma chair, mon sang. « Je ne vais pas te mentir Bobby, si tu décides de partir, je me sentirais abandonné et je ne sais pas si je pourrai te le pardonner. »

Je finis par m'éloigner lui désignant la sortie d'un geste de la main. « Je ne vais pas t'empêcher de partir si c'est vraiment ce que tu souhaites, mais je ne pourrai pas empêcher la rancune et la tristesse de naître en moi. » Je finis par lui tourner le dos, non pas par dégoût, mais pour cacher les larmes que je ne parviens plus à retenir. Son histoire me rappelle la mienne et je ne peux m'empêcher de pleurer en la mémoire de nos disparus.

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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Ven 2 Fév - 14:35
Le monstre de foire, la lie de l’humanité, la chose immonde du manoir du docteur Wakeman ne veut guère lever les yeux de honte. Il à causer tant de souffrance sans le savoir, lui qui croit à tort que c’était son destin d’encaisser les pires blessures pour permettre aux lueurs d’humanité de s’épanouir. Les doigts de l’être céleste, celle dont son prénom est synonyme de paradis et bonté pour le géant à la peau lézarder par l’incompréhension des hommes, mets des digues de coton pour étancher la coulé du fluide vital de l’être difforme et indigne. La voix de l’ange s’éleva, magnifique ballet aérien à la sonorité si pur, pour apaiser la douleur qui s’était formé dans la totalité de ce corps honni de tous. Des mains à la douceur infinie, donnant à la soie la plus pur la texture d’un torchon répugnant, se déposèrent sur les joues mal rasé du sosie de Frankenstein. Chaque phrase, mot, mot prononcer par l’être le plus merveilleux de l’univers selon l’erreur de la nature furent comme des traits. Au début c’était des lacérations de douleur pour le cœur si pur de la bête de foire. Mais bientôt l’empathique créature comprit la souffrance et la douleur que ressentait l’ange à la chevelure de parcelle de soleil. Quand elle tourna le dos au mineur durement éprouvé, Robert laissa les bras ballants de désarroi.

Malgré son ouïe déficiente, le géant au cœur d’or trop souvent déchiqueter par les peines pouvait deviner la détresse de Heaven. Les sanglots qui émanait de la gorge de la jeune femme à la grâce surnaturelle, des diamants salés dégringolant les joues de porcelaine de l’être de lumière. Se relevant avec peine, déployant sa silhouette massive et honni de la presque totalité de la population, le mastodonte se balança d’un pied à l’autre sans réellement savoir quoi faire. D’un côté il ne voulait que consoler, rendre le magnifique sourire à l’ange qui l’avait accepté comme étant un homme. Elle se tuait à le convaincre qu’il devait se considérer humain, de voir cette beauté qu’elle seule semblait déceler sous la répugnance de son apparence. De l’autre la peur, la terreur de faire une faute grave, de commettre un acte qui briserait ce lien si fort qui semblait s’être tissé entre la Belle et la Bête. Une petite poussée, un coup de museau de son ami à quatre pattes fit faire un pas hésitant vers celle qui représentait tout pour lui. Un autre pas et la frontière de sa gêne permanente vola en éclat. Il ne suivait que maintenant son cœur, chassant sa peur au loin et la projetant avec une force si grande que rien ni personne ne pouvait détourner le mastodonte de l’acte de folie qu’il s’apprêtait de faire. Contournant la forme endeuillée de la jeune ange, le géant fit un acte de foi des plus grandioses. Il ouvrit ses bras en s’avançant pour accueillir l’être de lumière qui sanglotait. Jamais personne, exception faite de sa famille, n’avait trouvé le réconfort tendre et douceâtre de ses bras immenses. Laissant la tête de la magnificence se poser sur son torse recouvert de scarifications immonde, oubliant qu’il n’avait pas remis sa mince armure de coton, le golem de chair serrant avec une douceur presque surnaturelle. Heaven pouvait entendre ce cœur si pur, si immense, battre autant qu’un tambour de guerre qui sonnait la charge. Si elle pouvait comprendre, le rythme chantonnait à l’infini son prénom. Prouvant l’immensité de l’affection, de l’amour que Robert lui portait en secret depuis les premiers jours de leur rencontre. Passant une main hésitante, mais apaisante, dans le dos de la blonde merveille, l’erreur de la nature répétait cette unique phrase réconfortante en boucle juste à son apaisement.

Robert- Jamais je ne t’abandonnerais mon ange… Jamais je ne t’abandonnerais mon ange…

Quand le doux visage de l’être de lumière, une perfection qui éclipse sans peine toutes les femmes de l’univers pour Bobby, le regard océanique s’ancra fermement à l’azure d’Heaven. L’ange pouvait lire la sincérité, la douceur et l’affection que lui porterait éternellement la chose. Il laissa alors l’oiseau du paradis s’extirper de son étreinte douceâtre. Robert tendit le bras, comme son tuteur anglais lui avait enseigné, et escorta la jeune femme qui devait être surprise de voir ce changement soudain. Il lui offrit le vieux fauteuil défoncé qui lui servait de lit et l’erreur de la nature s’assit alors à même le sol devant elle. Avec une certaine timidité, chassé le naturel et il revient au galop, le géant au cœur d’or proposa un mouchoir en tissus rouge carotté de blanc à la Belle. Une autre attention enseignée par le persévérant docteur Wakeman. Alors la voix rocailleuse s’éleva dans l’atmosphère du sous-sol pour caresser l’ouïe de la femme formidable qui encourageait la bête à devenir un homme.

Robert- Je m’excuse pour ma peur… Je ne voulais pas vous causer de tort…

Le chien sauta sur les genoux de son maitre comme pour l’encourager de s’exprimer, de s’extérioriser pour une fois dans sa pitoyable vie.

Robert- Je sais que tu as beaucoup souffert de la perte de ta sœur et de ton amoureux… Le soir je veillais près de ta porte… Je chantais quand je t’entendais combattre tes cauchemars et au matin je partais pour laisser le docteur Wakeman être là pour toi… Je me maudissais car je ne pouvais pas t’aider comme je voulais… Prendre ta peine pour te permettre de sourire de nouveau…

Avalant sa salive douloureusement le mineur continua de parler, mettant son cœur une nouvelle fois en bandoulière.

Robert- À part ma famille personne avant toi ne m’a dit que des gens pouvaient m’aimer… Je peux tout faire pour le docteur, Daniel, Rocky et… Toi… Tu sais je te dis souvent que tu es importante pour tout le monde avec le vaccin?

Il fit un petit sourire où sa timidité excessif pouvait encore largement se voir. Le golem de chair couvert de cicatrices immondes n’était guère habituer de s’exprimer de la sorte, mais se savoir accepter lui fit perdre ses éternelles hésitations.

Robert- Pour moi tu es mille plus importante car tu es toi… Une personne au grand cœur et qui aide sans compter… Je ne veux plus te faire pleurer…

Une douceur et une sincérité pur comme l’amour naissant reluisait dans le regard apaiser et si tendre du golem de chair immonde.

Robert- Je ne veux plus fuir… Je veux rester avec vous juste à mon dernier souffle… Je crois prendre une des chambres de libre en haut si le docteur le veut… Mais je ne sais pas comment dormir dans un lit…

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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Jeu 1 Mar - 15:43

Et où vas-tu comme ça ?
Heaven & Bobby

« The wise man said just walk this way
To the dawn of the light
The wind will blow into your face
As the years pass you by
Hear this voice from deep inside
It's the call of your heart
Close your eyes and your will find
The passage out of the dark

Send my angel - Scorpion »
Je pouvais largement comprendre sa peine et sa peur, c'était tellement de s'en éloigner et la fuite nous semblait être la meilleure des solutions. Mais, à force de s'échapper, on en vient à oublier l'essentiel passant à côté de ce qui est réellement important dans la vie. Bobby ne pouvait pas voir cela sauf si bien sûr, on lui montrait la voie, ce fut de même pour moi et je sais fort bien que cela prendre du temps pour que l'on mette les pièces de ce puzzle immense en place. Trop d'informations à accepter pour son cerveau épuisé par tous les efforts qu'il fait au quotidien. Même moi, j'aurais dû mal à voir où je me trouve au milieu de ce marasme chaotique, peut-être bien plus qu'il ne l'est à l'extérieur du manoir. Sensible comme je suis, je ne peux retenir mes pleurs, c'est tellement dur de constater que mon meilleur ami et protecteur puisse vivre ce que moi-même je vis au quotidien. Apprendre la perte de son jumeau et faire face à la tentative de suicide de la femme que son frère a aimé, est très dur. Lui qui est un être à l'empathie extrême, il se voit démuni et se sent coupable du mal que cette jeune femme ressent et je lui en veux terriblement de rendre Bobby aussi misérable. Il ne mérite plus ce genre de situation, il a le droit de se sentir homme et humain, il est important pour tellement de monde que lui-même ne s'en rend pas compte. J'aimerais le protéger et combattre contre les médisances des autres, mais je sais que je ne peux pas être constamment présente et qu'il faut que ce dernier s'exprime pour mettre un terme à la méchanceté que le monde semble éprouver envers lui. Même mon oncle en dirait de même, si Heather serait encore de ce monde, elle se serait montré plus impulsive et plus mordante, elle a toujours été du genre vindicative. La vengeance est un plat qui se mange froid pour elle et nombre de fois, j'ai pu constater l'étendue de sa vengeance quand les personnes osaient s'en prendre à quelqu'un de son entourage et c'était pire lorsque cela me concernait.

Dos tourné à lui, une part de moi était convaincue qu'il allait plier bagages et s'en aller dans une certitude absurde que la vie se déroulerait bien mieux sans lui alors, que tout est faux. Loin de là, elle ne serait ni meilleure ni mauvaise, elle serait simplement faite d'une nouvelle habitude à prendre, en sachant qu'il ne serait plus là et oui, je lui en voudrais terriblement. L'abandon injustifié n'est pas une chose que je pardonne aussi facilement et pas venant de Bobby. Il continue de faire profil bas au quotidien malgré le fait que nous lui prouvons qu'il a sa place parmi nous et qu'il est tout aussi humain que chacun d'entre nous si ce n'est plus. C'est dur de faire entrer une information dans une caboche aussi butée que la sienne. Bobby a vécu toute sa vie persuadé qu'il n'était rien de plus qu'un outil ainsi qu'un défouloir pour le monde. Mais, personne, je dis bien personne n'a le droit de le déprécier sans son consentement, mais si je dois agir à sa place, je le ferais le temps qu'il reprenne espoir et force dans un combat de longue haleine. Ce n'est pas du jour au lendemain que les gens vont s'habituer à sa stature. Au début, ce fut le cas pour moi, c'est vrai qu'il est très impressionnant, mais sa douceur a su me faire oublier mes craintes et aujourd'hui, je m'approche de lui sans tremblement ni avec dans l'esprit ces mauvaises pensées qui vous tournent toutes les actions en mal. Même les plus sincères et généreuses.

M'attendais-je à ce qui allait se produire ? Absolument pas, Bobby est tellement timide, qu'il n'ose jamais bouger de sa place préférant observer et écouter le silence entrecoupé par nos respirations communes. Alors, le voir me faire à nouveau face en écartant ces bras pour me prendre contre lui me laissa coi. Plus que surprise par sa réaction, dans un premier temps, j'ignorais comment réagir face à ce geste inattendu. Je m'étais crispée sur le moment et je suis sûre qu'il l'a ressenti doutant de son geste l'espace d'un instant. Mais rapidement bercé par les battements de son cœur, je me laissais à entourer sa taille ignorant les cicatrices de son corps qui n'étaient pour moi que son histoire malheureuse ancrée dans sa chair, bien injustement par les plumes de la violence des hommes qu'il a rencontré durant son chemin.

- Jamais je ne t’abandonnerais mon ange… Jamais je ne t’abandonnerais mon ange…

Des paroles qui me réconfortèrent en un instant. Je savais que tout ce qui sortait de sa bouche était une promesse ferme et qu'il ne viendrait pas à trahir. Je n'avais pas à douter de lui et malgré cela, je reste sur la défensive parce que Bobby est un homme particulièrement fragile, que le temps et les expériences ont rendu si peu confiant en ses propres capacités. Lentement, je viens à resserrer mon étreinte même si je parais bien ridicule devant lui, je suis tellement petite alors, que lui se trouve être de la catégorie des géants. J'entends son cœur et cela me permet de caler ma respiration sur ce dernier pour me calmer peu à peu.

Quand, je décide de nous séparer en douceur, je lève alors, la tête pour le regard et je capte facilement son regard qui ne m'a pas quitté un seul instant comme persuadé que j'allais porter mon regard vers lui répondant à une demande silencieuse de sa part. J'esquisse un sourire malgré les larmes qui apparaissent toujours au coin de mes yeux. Un sourire apparut néanmoins lorsque je le vis tendre son bras, voyant une note d'apprentissage de mon oncle. Je passe alors, le mien sous le sien me laissant guider vers son fauteuil qui lui faisait office de lit, une fois que le soleil à quitter le ciel pour laisser place à son amante argenté. Je me rends compte en cet instant que nous représentons l'un et l'autre les deux astres. Moi étant le soleil et lui la lune. Cela me fait sourire tout comme le fait qu'il me tende son mouchoir pour que je puisse essuyer mes larmes.

« Merci Bobby... » Fis-je simplement.

- Je m’excuse pour ma peur… Je ne voulais pas vous causer de tort…

Secouant ma tête de gauche à droite pour signifier ma négation, je prends le temps de d'inspirer profondément. « Tu n'as pas à t'excuser, je peux comprendre ton état, je me suis peut-être montré un peu trop dur envers toi Bobby. Mais, j'ai peur que tu viennes à m'abandonner aussi... » Je l'avais déjà vécu une fois avec mon père, alors que cela vienne de lui ou de mon oncle, je crois que je ne pourrais pas leur pardonner.

- Je sais que tu as beaucoup souffert de la perte de ta sœur et de ton amoureux… Le soir, je veillais près de ta porte… Je chantais quand je t’entendais combattre tes cauchemars et au matin je partais pour laisser le docteur Wakeman être là pour toi… Je me maudissais, car je ne pouvais pas t’aider comme je voulais… Prendre ta peine pour te permettre de sourire de nouveau…

J'ignore ce qui m'étonne le plus, c'est que Bobby se laisse aller à la confidence ou bien qu'il s'exprime de cette façon. Il n'y a plus ce manque de confiance dans ces mots, au contraire, j'ai l'impression de faire face à un homme certes timide, mais qui a eu une sorte de prise de confiance. Mon étonnement doit se lire clairement sur mon visage. J'ouvre la bouche, mais aucun son ne sort pour le moment. « Mais tu étais là Bobby. » Finis-je par dire finalement avant de reprendre. « Et cela suffisait à diminuer ma peine à me sentir moins seule, même si je me refusais à accepter cette évidence. Savoir que tu étais de l'autre côté de ma porte me permettait de dormir sur mes deux oreilles parce que je savais que rien ne pouvait m'arriver. Je savais que tu viendrais si jamais quelque chose n'allait pas. »

- À part ma famille personne avant toi ne m’a dit que des gens pouvaient m’aimer… Je peux tout faire pour le docteur, Daniel, Rocky et… Toi… Tu sais, je te dis souvent que tu es importante pour tout le monde avec le vaccin?

« Et je le pense vraiment Bobby. Tu es quelqu'un qu'on ne peut qu'aimer. » Je me mets à rougir, je ne me pense pas vraiment importante parce que j'ai un manque considérable d'information sur le virus et de ce fait, je ne peux faire que des suppositions. « C'est gentil Bobby, mais comme je te l'ai dit, j'ai encore bien des recherches à faire. Les suppositions que j'ai en ma possession ne m'aident pas à trouver quoi que ce soit de tangible pour un vaccin. »

- Pour moi, tu es mille plus importante car tu es toi… Une personne au grand cœur et qui aide sans compter… Je ne veux plus te faire pleurer…

Je penche la tête sur le côté en esquissant un sourire, mais doucement, je prends conscience que sans doute, les mots prononcés par mon ami à une signification plus profonde encore. Peut-être que je me fais sans doute des idées, mais je ne suis plus sûre de rien ces derniers temps.

- Je ne veux plus fuir… Je veux rester avec vous juste à mon dernier souffle… Je crois prendre une des chambres de libre en haut si le docteur le veut… Mais je ne sais pas comment dormir dans un lit…

Je viens prendre la main de Bobby dans la mienne en gardant un sourire sur mes lèvres. « Je suis fière de toi Bobby. Tu prends de plus en plus confiance en toi et je l'entends quand tu parles. » Je la serre doucement sans le quitter des yeux. « Et je suis sûre qu'oncle Alair sera très heureux de savoir que tu veuilles enfin prendre une chambre et non plus te cacher ici, dans cette cave triste et sombre. » Ma main vient caresser sa joue attendrie, mais aussi inquiète qu'il se mette en tête de dormir à même le sol parce qu'il ignore s'il a sa place dans un lit. « Pour le lit, ça viendra instinctivement. »

Un silence un peu gênant vient de naître entre nous cette fois-ci. Je ne sais pas quoi dire hormis songer à toutes les paroles prononcées jusqu'à présent. Il semble vouloir me faire comprendre quelque chose et une part de moi saisie ces fonds de pensées, mais une autre se refuse de penser à cette éventualité un peu trop simple pour ma part.

« Bobby... Tu veux me parler un peu plus de ce qui te tracasse ? Des choses que tu aimerais comprendre ? Après cette nouvelle, je suppose que tu as plein de questions par rapport à ton jumeau. » Je l'observe un instant, attendris par son regard. « Je sais ce que tu ressens... On est semblable toi et moi, sur plus de points que je ne l'aurais cru. » Je prends sa main dans la mienne et dépose un petit baiser dessus. « Je suis là... Et je reste ici le temps que tu en éprouves le besoin. On peut parler pendant qu'on range tes affaires. » Une idée me vient alors. « Tu pourrais occuper la chambre qui communique avec la mienne. Comme ça, tu seras proche de Daniel et de moi. Qu'en penses-tu ? »

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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Mer 14 Mar - 12:57
La bête de foire, la lie de l’humanité, prit une grande respiration. Habituellement la chose immonde était du genre silencieux, préférant la pénombre salvatrice qui la cachait du regard dégouter des gens. Bobby évitait aussi de parler, ne voulant pas embêter les rares lueurs d’humanité et de gentillesse de s’éteindre subitement face aux multiples carences intellectuelles qui ralentissait l’esprit du simplet. Mais une sorte de prise de conscience, une envie de confidence avait saisi la créature pathétique. Le golem de chair se sentait à la fois si à l’aise et intimider par l’ange à la chevelure d’éclat de soleil qui lui faisait face. Ses yeux si intelligents, d’une couleur d’émeraude qui pouvait envouter n’importe quel homme sur cette terre dévasté, étaient simplement les plus merveilleux que le regard océanique si pur de l’homme difforme avait eu le loisir de contempler. L’être honni de tous avait été charmé par l’éclosion musicale des mots si harmonieux et il faillit chuter au sol d’étonnement alors que l’être céleste vient lui prendre la main. Une petite main douce, gracile et si parfaite de la Belle dans l’ignoble battoir couverte de scarifications de haine et d’incompréhension de la Bête. Il voulut parler, mais sa mâchoire tombante par la surprise ne pouvait aucunement remuer. Mais quand la promesse d’un Paradis interdit au monstre, la seconde main de l’être parfait, se déposa sur sa joue mal rasé, celui-ci trembla de gêne et de honte. Heaven touchait l’immondice, la laideur sacrilège qui pourrait corrompre la perfection de son âme. Mais l’empathique créature sentait la tendresse, la bienveillance de ce geste accomplit sans aucun dégoût ni révulsion. À cet instant le cœur de Bobby tambourinait fortement dans sa poitrine large comme un tonneau. Il devait être mort et un ange avait descendu du paradis pour lui donner un peu de béatitude et de bonheur avant que son âme monstrueuse aille rejoindre les confins de l’enfer. Gêner, les traits atypiques de l’homme à la musculation disproportionné gagnèrent une rougeur qui pouvait être perçu de la lune. Le silence envahit la pièce, laissant enfin le temps à l’horrible gargouille de se ressaisir que trop brièvement. Car aussitôt la voix mélodieuse, une apothéose de beauté et une sonorité exceptionnelle pour l’ouïe fatiguer du mineur, de la jeune femme d’ascendance divine s’éleva dans l’atmosphère envahi par une pénombre rassurante. Elle se préoccupait du golem de chair, de vouloir l’aider à comprendre les sentiments qui était un maelström de feu roulant qui avait émergé dans son cœur déchiqueter et essorer par la souffrance de ces dernières nouvelles. Alors le monstre de foire sentit des lèvres aussi douces que du miel, pur comme la soie se déposer sur le cuir tanné de sa main. Les yeux exorbiter par la stupeur, Bobby senti le rythme effréné de son cœur augmenter et même faire quelques ratés. Déposant sa main libre derrière sa nuque, signe d’un malaise et d’une timidité sans borne, les joues en feu, le géant de fer avala sa salive de manière bruyante. Il parla alors dans un murmure, son ton rauque et rocailleux étant toutefois baigner par une bienveillance infuse.

Robert- Merci Heaven… Je parle mieux avec ceux que j’aime et que je vois comme ma famille tu sais… Sandra me l’a dit… Selon l’amoureuse de mon frère jumeau, Alfred me ressemblait beaucoup… Physique et caractère… Mais en plus mieux… Je ne l’ai jamais connu, mais j’ai toujours senti un vide près de moi… Et cette part est morte sans que j’aie pu la connaître… Je n’ai jamais pu serrer mon frère dans mes bras… Tu crois qu’on aurait pu s’entendre, se comprendre même si on a été séparé quand on était bébé?

Se relevant avec difficulté, l’agilité et la souplesse n’étant guère dans les forces du colosse balafré, le géant au cœur d’or ancrant son regard paisible et tendre dans celui de l’être de lumière. Il l’écouta lui parler, appréciant chaque envolé lyrique des lèvres sensuels et duveteuses de l’ange. Pour Bobby, Heaven était la perfection incarnée, une âme pur et lumineuse dans un corps de rêve. Mais la Bête si inférieur aux hommes ne devait se leurrer, une femme d’une telle magnificence ne pouvait tout simplement pas éprouver autre chose que de la compassion et de l’amitié envers l’erreur de la nature. La Belle pourra avoir comme soupirant n’importe quel prince charmant, alors pourquoi elle s’abaisserait à frayer avec la lie de l’humanité. Hochant tout doucement la tête, la voix rocailleuse de l’ancien mineur s’éleva avec une sincérité désarmante.

Bobby- Comment tu sais ce que je ressens? Toi aussi tu es atypique… Non euphonique… Non… Tu sais le mot qui dit sentir ce que les autres ressentent?

Souriant doucement alors que la divine apparition lui répondit, la gargouille à peine sculptée remercia chaleureusement Heaven.

Bobby- Oui c’est ça emphatique… Merci c’est un mot difficile… Mais on n’est pas semblable tu sais… Je suis grand et moche et toi lumineuse et bell… EUH souriante… Oui c’est ça…


Heureusement que le golem de chair couverts de stigmates était dans la pénombre à cet instant, sinon le regard de jade de la Belle aurait vu l’éruption de rougeur écarlate gagner les joues mal rasés de la Bête. Il voulait cacher ce qu’il ressentait à la merveilleuse jeune femme, de peur de la dégouter et de rendre en péril leur relation. Même si des questions, la créature en avait plus qu’une. Si c’était bien l’amour qui avait donné naissance à une nuée de papillons dans son estomac, cette béatitude qui s’emparait de son âme dès que l’ange était près de son horrible aura. Mais l’homme difforme enterra ses interrogations au plus profond de son esprit. Rapidement il se tourna pour ramasser quelques maigres effets personnels sur l’établi. Rassurer que le regard envoutant de la Belle ne pouvait voir que le dos de la Bête, le mastodonte respira profondément pour chasser sa timidité et sa gêne maladive.

Robert- Tu peux regarder autour du fauteuil si j’oublie rien? Moi je range mes outils et fais un dernier tour... Ensuite on pourra monter...

Près du lit de fortune du géant à l’armure de chaire rapiécer gisait un vieux recueil patiné par le passage du temps et des manipulations. À l’intérieur se trouvait une multitude de composition, toutes si belles et inspirer. Une artiste, jeune mais remplis de talent, avait déposé notes et mots avec une calligraphie soigné. Mais la dernière page était symbolique et remplis d’espoir pour un être dont l’amour lui était interdit. Sandra avait persuadé son oncle adoré d’écrire une chanson pour une femme qui sera tout pour lui. Que son cœur immense allait battre comme un tambour de guerre à l’arrivée de l’être aimée. Une promesse fait par la voix rocailleuse de l’homme difforme, sachant qu’aucune femme ne désirait avoir une relation sentimentale avec une horreur issue d’un cauchemar de savant fou tel que lui. Mais Heaven lui était apparu les et les strophes avaient jaillit au même moment que les papillons et les palpitations. L’écriture soignée et délicate de Sandra avait été déposé sur la page, intitulant le titre « Chanson pour » et accompagner d’un premier verset. Mais après c’était le désastre orthographique. La grosse paluche mal habile, écrivant comme un enfant de première année, avait rajouté au titre le nom de l’ange. Le reste de la chanson n’échappait aucunement au massacre des carences intellectuelles de l’homme difforme, mais le choix des mots n’était que douceur et tendresse. Une once de l’immense amour qui résidait dans le cœur écorcher du monstre de foire scintillait tout au long de la chanson. Toujours dos à la jeune femme trop merveilleuse pour lui, Bobby releva un défaut dans l’attribution des chambres.

Robert- Je ne pourrais pas prendre celle que tu parles Heaven… Angel l’occupe déjà… Et la dernière de libre est pour les blessés… Je ne veux pas enlever un lit à une personne qui va en avoir besoin… Je vais dormir sur le canapé de la salle de lecture… Sur même étage que les chambres… Je serais proche de toi et de Daniel…

Comme à son habitude la lie de l’humanité faisait preuve d’une candeur surnaturelle et d’une gentillesse sans borne…

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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Mar 24 Avr - 17:00

Et où vas-tu comme ça ?
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Bobby est un être si peu sûr de lui, trop brimé par les gens qu'il a pu rencontrer au cour de sa vie et surtout par sa propre mère. Honnêtement, je ne peux pas comprendre par quoi ce dernier ait passé. Moi-même, je n'ai jamais connu ma mère, elle s'est donnée la mort alors que ma sœur et moi venions de naître. Trop lâche pour faire face à son chagrin, le fait d'être devenue maman ne l'a pas encouragé à faire face à la vie et à la tristesse qui avait envahit sa vie. Je ne la critique pas, parce que moi-même, j'ai bien failli à plusieurs reprises de mettre un terme à la souffrance qui a occupé mon cœur et qui l'occupe toujours par moment, mais je sais tellement ce que c'est que d'être abandonné que je n'ai pas pu faire cela à Daniel. Ce bébé m'a donné la force qui me manquait pour aller de l'avant et chaque jour en me levant, je trouve dans le sourire de ce bébé, la raison pour laquelle je suis encore là, en ce monde pourtant dévasté par la mort et la maladie. Je ne peux pas me permettre de rendre triste Bobby qui a sacrifié sa vie pour me sauver et d'attrister mon oncle qui tient tellement à moi. Je ne suis pas seule, qu'importe ce que je peux penser lors de mes passages dépressifs. Parfois, on se rend compte que l'on est bien plus entouré qu'on ne peut le croire en premier lieu et cela doit être pareil pour Bobby. Lui qui pense qu'il est tellement différent des autres alors, que ce n'est guère le cas. Tout comme nous, il a des passage où il se sent nuisible et inutile, forcément, cela nous emmène vers des décisions illogiques et incompréhensibles. Mais, c'est pour ça que je suis là, pour l'aider à voir clair dans sa tristesse et son mal-être, tout comme il le fait pour moi quand je ne vais pas bien. Cet homme est devenu très important pour moi et je refuse qu'il abandonne un combat, qui sera certes difficile, mais dont la victoire n'est pas impossible. Oui, il connaîtra des difficultés, mais c'est ainsi que la vie est faite. De petits combats quotidiens. Cependant, cela ne fait que nous prouver que la vie vaut la peine d'être vécu. Oui, même dans cette horrible atmosphère, elle a le mérite qu'on se batte pour elle et personnellement, je ne compte pas suivre la lâcheté de mon père, non, je compte bien me battre, aussi faible puis-je être, je ne compte pas baisser les bras. Cela serait faire honte à mes ancêtres, surtout ceux qui ont fait preuve de courage dans leur vie et je ne veux pas non plus décevoir mon oncle.

- Merci Heaven… Je parle mieux avec ceux que j’aime et que je vois comme ma famille tu sais… Sandra me l’a dit… Selon l’amoureuse de mon frère jumeau, Alfred me ressemblait beaucoup… Physique et caractère… Mais en plus mieux… Je ne l’ai jamais connu, mais j’ai toujours senti un vide près de moi… Et cette part est morte sans que j’aie pu la connaître… Je n’ai jamais pu serrer mon frère dans mes bras… Tu crois qu’on aurait pu s’entendre, se comprendre même si on a été séparé quand on était bébé?

Malgré mon sourire, j'étais triste pour lui. Apprendre qu'il avait un frère jumeau qu'il n'a pas pu connaître doit être difficile pour lui. Je reste forte pour lui parce que je sens les émotions qui l'étreignent autant que je peux sentir ce gouffre qui l'habite. Moi-même, je dois vivre avec tous les jours avec et c'est difficile d'avoir cette impression qu'une part de soi n'est plus.

« Si ton frère te ressemblait alors, je suis certaine que vous vous serez très bien entendu. » Fis-je sincèrement puis je soupire. « Je sais ce que cela fait de ne plus sentir une part de soi. Depuis la mort de ma sœur, je dois vivre avec chaque jour, mais je sais qu'elle ne voudrait pas que je me laisse abattre et tu dois te dire la même chose pour ton frère. S'il est comme toi, alors, il t'aurait dit la même chose. Bats-toi, vis, aime... Sois heureux et ignore les gens qui te méprisent. Ce ne sont pas eux qui importent, mais ceux qui t'aiment et te soutiennent. » J'esquisse un sourire tout en observant son visage. J'y vois le chagrin, mais aussi le soulagement de savoir qu'il avait eu un frère, un petit bonheur, même si ce dernier est petit parce qu'il n'a pas pu connaître sa moitié.

- Comment tu sais ce que je ressens? Toi aussi tu es atypique… Non euphonique… Non… Tu sais le mot qui dit sentir ce que les autres ressentent?

« Empathique. » Je lui souris. Je comprends beaucoup de choses, c'est un don que j'ai hérité de mon oncle. Lui aussi arrive à percevoir les émotions des gens et c'est pour ça qu'il est doué pour les apaiser. Ce n'est pas pour rien qu'il fut réputé pour être le meilleur chirurgien.

- Oui c’est ça emphatique… Merci c’est un mot difficile… Mais on n’est pas semblable tu sais… Je suis grand et moche et toi lumineuse et bell… EUH souriante… Oui c’est ça…

« Je ne dirais pas ça Bobby. Moi, je te trouve bel homme, mais c'est vrai qu'on trouve plus de défauts sur soi que de défaut. » Fis-je simplement. « Regarde-moi, j'ai un visage de bébé alors, on ne me prend quasiment pas au sérieux et ça m'a porté préjudice plus d'une fois. » Être jolie pouvait être problématique, pour moi, c'était assez lourd à porter. J'aurais préféré être dans la catégorie de gens normaux, mais ce n'était pas possible. J'ai eu des propositions indécentes et forcément, cela m'a fait manquer des occasions dans la vie. Beau ou moche, la différence est moins grande qu'on pourrait le croire.

- Tu peux regarder autour du fauteuil si j’oublie rien? Moi je range mes outils et fais un dernier tour... Ensuite on pourra monter...

« Oui bien sûr. »

Je m'approche du fauteuil en question pour voir si des affaires ne s'y trouvaient. Effectivement, mon regard fut attiré par un cahier abîmé par le temps. Durant un moment, j'hésite à le feuilleter, ce n'est pas à moi et je ne pense pas que Bobby serait enchanté que l'on fouille dans ces affaires. Ce n'est pas dans mes habitudes, mais c'est comme si quelque chose m'y poussait. Non pas la curiosité, mais tout autre chose. Je n'arrive pas à comprendre cette envie irrépréhensible. Finalement, je l'ouvre et je découvre une écriture soignée qui constitue des paroles de musiques. C'est magnifique, enfantin et naïf. J'en conclu rapidement que c'est une jeune femme qui les a écrits, parce que j'y retrouve l'esprit qu'Heather et moi avions quand nous étions adolescentes. Nous aussi, on s'amusait à faire des poèmes et des chansons parce que la musique nous guérissait l'une et l'autre. Elle nous harmonisait plus que nous l'étions déjà.

La dernière page afficha la même écriture, mais par la suite... Mon prénom me fit arquer un sourcil. Je n'arrivais pas à bien tout lire. L'écriture était celle d'un enfant, quelque chose que l'on tentait de bien soigner, mais avec une grande difficulté. Quelques mots sortaient du lot et j'y lisais, des sentiments tellement profonds, magnifique à tout point de vue.

- Je ne pourrais pas prendre celle que tu parles Heaven… Angel l’occupe déjà… Et la dernière de libre est pour les blessés… Je ne veux pas enlever un lit à une personne qui va en avoir besoin… Je vais dormir sur le canapé de la salle de lecture… Sur même étage que les chambres… Je serais proche de toi et de Daniel…

J'entends à moitié ces paroles parce que cette chanson me laisse interrogative. Qu'est-ce que c'est ? On dirait... Non, cela ne peut pas être cela. Peut-être que si. Je n'en sais rien. Je me tourne finalement vers Bobby qui me tourne toujours le dos, il n'est pas encore conscient de ce que je viens de lire. Gênée, je me mords la lèvre. Que dois-je faire ?

« Bobby ? » Finis-je par dire tout en gardant le cahier ouvert à la page où se trouvait des paroles qui m'étaient clairement dédié. Tellement de sentiments, cela en était autant touchant de troublant. Je ne m'étais pas imaginé que cela pouvait arriver encore ni même penser que je souhaitais que cela arrive. En fait, quand on devient responsable des recherches et surtout quand on devient maman, on finit par se laisser de côté. On choisit les plus grandes priorités et celle de Daniel et de mes recherches restaient les points culminants de ma vie. « Cette chanson... Elle est pour moi ? » Je me mets à rougir le refermant avec précaution comme si je craignais qu'il ne se brise. « Pardon, je n'aurais pas dû. »

Je le tiens contre mon cœur comme si j'étreignais cette jeune fille qui a débuté ces chansons et... Oui, comme si je cajolais Bobby. J'aime beaucoup cet homme, mais j'ignore comment encore. Il est important pour moi après tout, il ne cesse de risquer sa vie pour nous, pour le rêve de mon oncle, pour protéger la vie de Daniel et moi. Mais, jusqu'où vont les sentiments qui m'étreignent quand je le regarde. Est-ce de la simple affection ? Ou bien plus ?

« Bobby ? Est-ce que ça ? » Je m'avance en le voyant si confus et si rouge. « Tu te sens mal ? Tu es tout rouge. »

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MessageSujet: Re: Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith    Jeu 26 Avr - 18:01
Pour la première fois depuis si longtemps la créature difforme de foire, le phénomène qui provoquait que révulsion et dégout sur son passage gauche et lent à souhait, souriait avec une joie qui n’était que l’égale de la douceur de son immense cœur pur. Dos à l’ange de la compassion, celle qui lui avait ouvert les yeux sur la formidable famille qui semblait avoir accepté la chose immonde en leur sein sans aucun jugement, le géant à la musculation disproportionné venait de rassembler quelques parcelles de sa vie d’autrefois. Un tournevis multifonction, qui fut le cadeau des trente ans de la part de ceux qui étaient devenu tout simplement des anges de par leur trépas tragique, se trouva dans la main immense et couverte de stigmates d’une existence de rejets et souffrances quand la voix musicale de l’être divin résonna. Une symphonie magistrale, phénoménale et semblable au vent roulant amoureusement au travers des feuilles d’un arbre centenaire rendait justice à cette envolé lyrique. Le chant des oiseaux, le rire de Daniel n’était que des simples bruits de fond devant la magnificence des syllabes qui franchissaient les lèvres sensuelles de la blonde beauté. Elle était Belle, lui la Bête, un monstre qui fera tout pour elle. Mais Robert allait enfouir au plus profond de lui ces sentiments, cette tendresse et amour infinie, pour le pas faire voler en éclats cette belle amitié. Comme à son habitude la gargouille à peine sculpté allait vivre dans la pénombre de lui-même, ne voulant pas déranger qui que ce soit et ne voulant pas s’imposer. Le ton lent et rauque à souhait du colosse balafré s’éleva avec une sincérité surnaturelle.

Robert- On n’a jamais associer mot beau avec moi tu sais… Sauf Rosalie et Sandra… Je vais toujours croire ce que tu dis et te prendre au sérieux… Je suis désolé que les gens n’aient pas été sympas avec toi… Tu ne mérité pas tristesse ni souffrance… Que bonheur et joie…

Mais les prochains mots de la divine apparition glacèrent le sang dans les veines du géant monstrueux. Une simple interrogation ayant comme sujet le golem de chair. Le gladiateur de l’apocalypse pivota son faciès horrible et honni de tous et son regard océanique si pur vit le résultat de sa stupidité. La sublime femme à la chevelure d’or étreignait contre son sein le vieux cahier de Sandra, ce legs d’une artiste en a devenir pour un oncle qui ne connaissait aucunement son don qui le rendait si beau par le chant. Le regard d’émeraudes envoutants et ensorcelants, yeux qui avait capturé le cœur immense et lézarder de plaies de la Bête, de la Belle qui semblaient inquisiteur. Pendant un instant d’espoir fou le Goliath espérait de tout son être qu’Heaven n’avait pas vu son essaie maladroit d’écriture. Sa piètre tentative pour honorer une promesse à sa nièce si romantique. Ce début de chanson q qu’ils avaient écrit ensemble mais dont la fin devait venir exclusive de la main maladroite du géant. Une chanson pour l’ange qui allait voir au-delà de la laideur, des carences intellectuelles et des défauts de la bête de foire. Il avait laissé toute son adoration, sa tendresse, sa douceur et même l’amour qu’il ne connaissait pas encore les murmures que lui dictait son cœur, se transvider par l’encre de la plume tremblante pour s’étendre sur le papier promis. Mais les mots suivants brisèrent cet espoir en mille morceaux. L’être divin avait lu cette chanson issue de son cœur et écrite sur le papier sans prendre le temps de consulter cet esprit si lent. Faisant face, baissant son regard de honte, espérant tout à tout pouvoir se faufiler entre les lattes du plancher, le monstre de foire fit un léger signe positif de la tête. La voix trébuchante, saccader par le stress et la gêne de cet instant stressant, le golem de chair s’exprima dans un murmuré qui semblait se déverser de ses lèvres exsangues.

Robert- Oui… Sandra m’avait demandé d’écrire pour un ange qui allait voir au-delà du stupide monstre que je suis… Mais je ne voulais pas que tu vois… Pas voir ce que cœur à décider comme mots car cerveau pas capable de penser souvent…


Alors la rougeur écarlate de la honte gagna l’entièreté du visage à peine taillé et sillonné des sévices de la violence de Bobby. Pressant sa main immense en arrière de sa nuque dans une pathétique tentative de réconfort, le golem de chaire dandinant d’un pied à l’autre. Laissant tomber le tournis au sol, porta sa paluche immense à son front brulant, le colosse balafré se laissa aller lentement au mur pour glisser au sol. Aussitôt le chiot sauta sur les genoux de son maître pour le consoler, lui lécher les débuts de larmes qui naissaient dans l’océan mouvementer de ses yeux. La voix blanche de l’homme difforme s’éleva avec difficulté.

Robert- Oui c'est ok… Je suis juste très gêné… Je sais que tu ne voudrais pas m’approcher avec ce que tu as lit… Je ne voulais pas te dégouter ou …


Respirant difficilement, La bête osa lever son regard vers la Belle. Jamais il n’avait ressenti cette force, cette légèreté et cette douceur dans tout son être envers une femme. Il fera tout pour elle : toquer aux portes des Enfers, combattre des légions de fils putrides de La Faucheuse, se faire torturer et éviscérer, connaître mille souffrance, déplacer des montagnes à mains nues, mourir pour l’épargner… Mais Bobby savait qu’il ne pourrait jamais rien lui avouer, être silencieux et aimer de loin cet être divin qui sera la croix à porter, Cet amour interdit de par tant de choses. Se relevant avec peine, tenant le chiot dans ses mains comme source de réconfort et de courage, le géant au corps honni de tous parla alors avec une douceur que peu pouvaient être encore capable de par cette époque infernale.

Robert- Tu peux garder le livre…. J’ai toute les paroles des chansons de ma nièce dans mon cœur… J’aimerais qu’au moins une autre personne puisse voir son talent… Je n’aurai pas dû écrire comme ça… Mais c’était comme si Sandra m’aidait à trouver les mots… L’homme qui va avoir ton cœur sera béni… (il rougit un instant) Car tu es un ange comme je le dis dans la chanson… Mais je sais que je ne pourrais pas être cet homme… Il te faut une personne intelligente, pouvant te faire plaisir et tendre… Le meilleur qui soit… Pas une erreur de la nature comme moi qui a manqué le jour de l’intelligence… Je serais heureux de te voir sourire et je vais te supporter toujours…

Toujours la tête en forme d’œuf baissé, le géant commença à gravir les marches pour rejoindre l’étage. Rocky semblait disparaître dans les bras du géant vaincu, au jardin secret violé et dont les sentiments réelles venait d’être mis à nues par une simple lecture…

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Et où vas-tu comme ça ? | PV : Robert Smith
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